Roman

Le Secret de Miette

de Marie de Palet
Broché – 7 novembre 2024
Éditions : De Borée

Michel est abasourdi : Miette l’aime mais ne peut l’épouser. La petite sauvageonne, dont il est tombé éperdument amoureux, n’en dira pas plus. Quel secret peut-elle bien garder ?
Mobilisé pour la guerre de 1870, le jeune homme part avec l’espoir que la distance et le temps joueront en sa faveur. À son retour, c’est pourtant la désillusion : Miette est devenue la maman d’une petite Antoinette, dont personne au village ne connaît le père…
Que s’est-il passé en l’absence de Michel ?

Une couverture magnifique et un résumé captivant, qui m’ont donné envie de découvrir cette histoire…

Nous sommes au XIXe siècle, dans un petit village de Lozère où tout le monde se connaît. C’est une époque très difficile où les hommes doivent partir à la guerre et beaucoup ne reviendront pas. Ensuite, ce sont les hivers difficiles qui n’épargneront pas les paysans qui n’ont pas été suffisamment prévoyants, quand ce ne sont pas les épidémies qui dévastent la population.

Au début de l’histoire, Miette a 14 ans, son père Arsène est un homme extrêmement agressif et brutal. Il entretient peu de relations avec les autres villageois et vit une vie très difficile pour sa fille et le reste de sa famille.
Un jour, en se rendant à son travail, Michel, alors âgé de 30 ans, rencontre Miette endormie juste au bord d’un chemin. Depuis toujours, il la connaît et il l’apprécie, mais qu’est-ce qu’elle fait dehors seule à cette heure si matinale, allongée sur le sol ?
Pourquoi a-t-il fallu qu’il la croise ce jour-là ? Il s’est épris d’elle ce matin de juin… Depuis, elle hante ses pensées.
Michel est mobilisé, il doit partir pour la guerre. Il part le cœur lourd en se demandant pourquoi Miette a refusé sa demande en mariage. Il l’aime tellement fort…
À la fin de la guerre, à son retour au village, il apprend que Miette est devenue maman d’une petite fille. Il a l’impression que sa vie s’arrête. Celle qui était perçue dans le village comme une sauvageonne est désormais très mal vue, car devenue maman alors qu’elle n’est pas mariée et qu’elle refuse de donner le nom du père de l’enfant. Miette est perdue, elle ne sait plus comment réagir. D’autant que Michel est toujours amoureux d’elle…

Un livre fleure qui bon le terroir, et cette époque particulièrement dure à vivre…
Je découvre une “nouvelle” autrice à la plume touchante et plaisante. Il est indéniable que la puissance de ce roman réside dans ces personnages durs et courageux qui font face à des difficultés quotidiennes.
Je pense que Marie de Palet a trouvé un style parfaitement adapté à la dureté et aux descriptions de la vie des campagnes d’autrefois grâce à des mots sobres et directs.
Cette histoire m’a profondément touchée, et m’a totalement emportée… Avec une émotion particulièrement intense dans le dernier chapitre, que j’ai trouvé magnifique !

Je serai ravi de lire d’autres romans de Marie de Palet, qui me semble être une autrice talentueuse à suivre…

Virginie, je te suis reconnaissant de m’avoir offert ce moment de lecture hors du temps !

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Extraits :

« La faux sur l’épaule, Michel s’en allait vers le pré du Riou. Le jour se levait à peine. Le pays sortait de la nuit et paraissait tout enchifrené. Le jeune homme sourit : on aurait cru que le village, les prés et les champs s’éveillaient d’un sommeil profond et d’une longue nuit… Mais la nuit n’était pas longue puisqu’on était en juin – les jours les plus longs de l’année. L’obscurité ne régnait que quelques heures et, bientôt, la clarté et le soleil allaient réveiller toute la campagne endormie. »

« Mais, alors qu’il allait poursuivre son chemin, il entendit quelque chose qui ressemblait à un hoquet. Inquiet, il se dirigea vers l’endroit, derrière une haie, d’où venait le bruit. Il découvrit une forme accroupie, les mains sur les genoux. Il s’approcha et reconnut Miette en proie à une crise de larmes.
– Miette, demanda-t-il, qu’est-ce qu’il y a ?… Pourquoi pleures-tu ?
Miette se leva d’un bond comme si une guêpe l’avait piquée et regarda Michel d’un air hagard. Ses yeux étaient rouges d’avoir pleuré et toute sa personne exprimait un désespoir qui fit chavirer le cœur du jeune homme :
– Miette, fit-il en s’approchant encore à la toucher, ne pleure pas. Quelqu’un t’a fait du mal ? »

« C’est ton père qui veut te marier avec un autre, ou bien il ne veut pas que tu te maries du tout ?
Le jeune homme ne savait que penser et posait toutes les questions qui lui traversaient la tête. Miette cessa de le regarder, lui tourna le dos et s’éloigna vers l’autre extrémité du champ. Michel la suivit. Il avait imaginé beaucoup de choses, mais n’avait pas pensé qu’il se heurterait à ce mutisme et à cette fin de non-recevoir. »

« Ils se sourirent et, dans ce sourire, on pouvait deviner tout le bonheur du monde. »

La notoriété de Marie de Palet s’est développée à l’heure de la retraite, lorsqu’elle a troqué son stylo rouge d’institutrice pour la plume d’écrivain. Lozérienne de racines et de cœur, elle met en scène sa province d’origine dans ses livres, dans lesquels elle dévoile sa connaissance intime du monde paysan d’autrefois. Un succès mérité jamais démenti, couronné en 2019 par le Grand Prix d’honneur pour l’ensemble de son oeuvre décerné par la Ligue auvergnate (Prix Arverne).

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