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Noir, Thriller

Ils ont rencontré John

Ils ont rencontré John
Ludovic Metzker (Auteur)
Broché – 30 août 2019

Je m’appelle Samantha, j’ai 16 ans. À mon journal intime, j’ai avoué être victime de harcèlement scolaire et de violence. Je lui ai révélé mes intentions qui font suite à ce drame qui a détruit ma vie. C’est ce jour-là qu’il est intervenu et qu’il m’a fait la promesse de me protéger.
« Pour sauver Samantha, il va réveiller le démon qui est en lui »
Découvrez le tout premier THRILLER imaginé par l’auteur de « LE MUR DU TEMPS » et « ET SI DEMAIN N’EXISTAIT PLUS »
Rendez-vous sur le site internet : http://www.ludovicmetzker.com

 

2019_052_Ludovic Metzker - Ils ont rencontré John

 

Bonjour à toutes et à tous…

Ludovic Metzker, l’homme qui a déjà créé une multitude de monde, glisse non pas un pied, mais coup de poing fulgurant dans le monde du thriller !

Après avoir lu dernièrement “Le mur du temps”, j’avoue avoir été gêné et déstabilisé par cette écriture incisive et violente dès les premières lignes…
En fait je ne m’étais pas mis à la bonne place. J’ai commencé ce roman en tant que lecteur, mais je n’avais rien compris. Il a fallu que je relise le premier chapitre en me mettant dans une nouvelle “condition”.
J’étais devenu “Samantha” une jeune collégienne, et j’étais la victime du récit…

Ce roman m’a profondément pris aux tripes, touché et bouleversé.
Ludovic a su trouver les mots pour désigner la peur de ceux qui souffrent d’harcèlement, la haine et la violence qui gonfle à l’intérieur de leur corps, mais malheureusement souvent il est déjà trop tard et resteront des personnes, des fantômes perdus à jamais…

Le personnage de John fonctionne très bien, malgré le fait qu’il soit un peu stéréotypé. Ludovic alterne le présent avec de nombreux flasbacks qui nous permettent ainsi d’essayer de comprendre pourquoi l’ancien militaire, “l’homme au costume” est devenu John.

Une histoire sombre, cruelle et violente, dérangeante même, des personnages qui ont une vraie emprunte, une mission à accomplir au mépris de tous les dangers, un soupçon de fantastique… Heureusement Ludovic a glissé ça et là quelques petites répliques “douce” pour alléger son chant !
Pour un premier thriller, Ludovic, c’est un pari plus que réussi.

Je pense que nous avons tous un peu de John en nous.
À consommer sans modération !

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Extrait :
« En ce jour, voici que tu te présentes à moi, vierge de toute vie… J’entends les pleurs de ton cœur qui saigne la douleur de toutes ces pertes et au fond de ton âme, je ressens ce désir brûlant, comme le feu de l’enfer dans lequel je vis depuis l’éternité, de te venger ! Il est temps que ton nom fasse trembler l’injustice et mette à genoux ceux qui pense avoir le droit divin ! Dès à présent, toi et moi, nous voici unis à jamais pour combattre mille démons, car il est ici, le fils de l’Homme, celui qui pense répandre la haine au nom de ces dieux… Ils sont lâches et faibles… Admire-les… Ont-ils besoin de moi pour persécuter le souffle de la vie ? L’enfer se trouve ici, sur terre ! À toi de faire ce qu’il faut… au nom de John, tu répondras ! Au nom de John, ils sauront que nul démon ne peut résister à ma sombre colère ! »

 

 

Ludovic Metzker voit le jour à Paris, le 28 juin 1974. Amateur d’histoire et de mythologie, l’auteur voue une passion pour la lecture grâce à des auteurs comme Boris Vian, Alexandre Dumas ou encore Bernard Cornwell et débute l’écriture d’un premier essai lors de ses 20 ans. Mais il commencera la création de son premier projet en 2013 avec la saga L’homme sans nom et la saga Et si demain n’existait plus ?

Commercial dans la bureautique, ancien responsable d’achat dans le prêt-à-porter féminin, passionné d’informatique, de cinéma, l’auteur imagine des mondes qui se veulent novateurs tout en mélangeant les genres.

À ce jour, plusieurs titres sont disponibles :

L’HOMME SANS NOM 1
L’HOMME SANS NOM 2 – PARTIE 1
L’HOMME SANS NOM 2 – PARTIE 2
ET SI DEMAIN N’EXISTAIT PLUS ? 1 – MARIE
ET SI DEMAIN N’EXISTAIT PLUS ? 2 – DIANE
ET SI DEMAIN N’EXISTAIT PLUS ? 3 – KATIA
MORPHEA, LA GARDIENNE DES RÊVES 1
LES CONTES QUI SE RACONTENT
HISTOIRES FANTASTIQUES – VOLUME 1
CONTE D’UNE NUIT D’HIVER
LE MONDE A L’ENVERS
LE MUR DU TEMPS
LA GROTTE
ILS ONT RENCONTRE JOHN

Émotion, Histoire, Philosophique

L’arche du passé

L’arche du passé
de Joëlle Giraud-Buttez (Auteur)
Broché – 26 novembre 2018
Éditeur : Éditions ThoT

Rien n’aurait pu préparer Julia au destin qui serait le sien ni à assumer l’étrange héritage de sa lignée. Protégée par le silence de son père, elle n’a connu qu’insouciance et liberté, à l’image de ces montagnes qui l’ont vue naître et grandir. Jusqu’au jour où l’Italie s’imposa à elle, avec le secret de ses origines. Un secret qui la laissera, des mois durant, exsangue de repères. Une autre Julia vivait en elle. De retour à Levanto pour répondre à sa quête de justice ainsi qu’aux attentes d’Anna et d’Amélia, ses ancêtres disparues, elle explorera, épaulée par son ami Flavio, les profondeurs du passé. Deviendra-t-elle, à son tour, la gardienne d’un secret afin de préserver son grand-père d’une vérité synonyme de souffrance ? Les non-dits ont-ils parfois leur raison d’être ? Après Le Réveil des mémoires, Joëlle Giraud-Buttez poursuit avec virtuosité une saga familiale envoûtante, dévoilant peu à peu une réalité imperceptible.

 

2019_051_Joëlle Giraud-Buttez -L'Arche du passé

 

Bonjour à toutes et à tous…

L’arche du passé est la digne suite du premier volet : Le Réveil des mémoires.
Texte sublime, très bien écrit qui nous mène dans un monde tantôt magique, tantôt historique…

Romancière discrète et spontanée, Joëlle Giraud-Buttez affectionne la simplicité des rencontres humaines, comme les voyages aux quatre coins du monde, d’où elle puise son inspiration. Avec ce nouveau roman de 254 pages, l’auteur poursuit avec virtuosité sa saga familiale envoûtante, dévoilant peu à peu une réalité imperceptible.

Julia retourne dans les Cinq Terres en Italie afin de comprendre son histoire familiale bien complexe. Aidé de Flavio et de son grand-père, elle avance imperturbable afin de connaître la vérité sur ses ancêtres…

Les dernières lignes sont vraiment très émouvantes au point que j’ai eu du mal à retenir mes larmes.
J’espère qu’il y aura une suite !

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Extrait :
« L’homme courait-il à sa perte ?
Las de trop de soumission, les éléments, tels des géants endormis, se réveillaient, s’entendaient pour réclamer justice : le sol tremblait, les océans se révoltaient, l’air s’asphyxiait, se réchauffait, les pôles fondaient à vitesse grand V, rappelant à ceux qui n’étaient que des hôtes de passage leurs racines nourricières sans lesquelles ils n’auraient pu être.
Devenue au fil du temps esclave de l’avidité humaine, la nature en apnée cherchait désormais à se faire entendre, trouvant écoute auprès de quelques âmes conscientes de l’urgence d’endiguer le processus en cours avant que toute irréversibilité ne soit acquise.
Dans son égarement et sa démesure, l’homme avait impunément pris. Le temps était venu de restituer, de renouer avec l’altruisme écologique ; à défaut, civilisations et générations à venir seraient sacrifiées. Pour cela, il lui fallait sans plus tarder réparer, réviser son appétence en réajustant sa conscience à ses besoins vrais, afin de rétablir et perpétuer la belle et fragile harmonie de la vie. »

 

Joëlle Giraud-Buttez est une auteure discrète et authentique. Elle affectionne la simplicité des rencontres humaines. Citadine, elle surprend son entourage par ses trekkings aux quatre coins du monde. Elle y puise son énergie, son inspiration et emmène ses lecteurs dans son univers aux mille facettes.

Émotion, Philosophique

Le Réveil des mémoires

Le Réveil des mémoires
de Joëlle Giraud-Buttez (Auteur)
Broché – 13 novembre 2015
Éditeur : Éditions ThoT

Julia, journaliste-reporter, partage sa vie entre Hières, un hameau des Hautes-Alpes où elle a grandi dans le silence de ses origines et Paris. À la disparition de son père, l’Italie l’appelle. Pour la jeune femme, c’est le début d’une longue descente dans les méandres d’un passé sombre et inconnu, dissimulé au cœur de la petite ville de Levanto. Le secret de son père se dévoile petit à petit, entre omerta, obscurantisme et trahison. À travers un journal intime, la vérité émerge. Julia pourra-t-elle surmonter ses peurs et ses angoisses pour devenir celle qu’on lui demande d’être ? Cette autre Julia…
Le Réveil des mémoires nous entraîne aux limites du monde connu dans une dimension au-delà des croyances définies. Un roman profond et troublant.

 

2019_050_ Joëlle Giraud-Buttez - Le Réveil des mémoires

 

Bonjour à toutes et à tous…

Il y a plus de deux ans après une période d’efforts trop soutenus, je me suis écroulé.
j’étais exténué, fatigué dès le matin…
J’avais le sentiment d’avoir de moins en moins d’énergie.
Il a fallu que je me reprenne.
Il m’a aussi fallu l’aide d’un groupe qui comme moi avait subi la même chose.
Nous nous sommes soutenus.

Il y a même eu un vide dans ma lecture.
Je ne savais plus quoi lire… Je ne prenais plus de plaisir…

Depuis quelques mois, j’ai décidé de me remettre à lire.
De lire tout type de lecture. Mais surtout de lire à mon rythme.
De rester dans une lecture “plaisir” et non lecture “obligation”.

Je voudrais dire un grand merci à Yolande Legras pour cette excellente découverte.

À travers les cinq terres en Italie mais aussi à travers une histoire familiale complexe, Joëlle Giraud-Buttez avec virtuosité m’a entraîné dans une saga envoûtante, dévoilant peu à peu une réalité imperceptible, aux limites du monde tangible et des croyances définies, où l’héroïne, Julia, va devoir assumer l’étrange héritage de sa lignée…
C’est tout à fait le genre de roman que l’on voudrait ne pas voir s’arrêter…
Comment ne pas être touché par ce récit.
Entre passé et présent, ce livre est aussi une véritable invitation au voyage.

J’ai adoré ce livre, que je garderai en mémoire !

Quelle écriture… Impossible de ne pas poursuivre avec le tome 2 !

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Extrait :
« Derrière elle, perchées sur le promontoire surplombant le petit port, de nombreuses villas inondées des lumières du soleil couchant. De vieilles dames tout droit sorties de la Belle Époque veillant sur l’horizon. Le jour glissait doucement sous les prémices de la nuit. Le soleil satisfait de sa belle prestation se retirait au-delà de l’horizon. Elle lui emboîta le pas. L’heure se faisait de plus en plus discrète. La fraîcheur pointait le bout de son nez. Les promeneurs désertaient la jetée, se diluant dans l’évanescence du jour.
Levanto s’endormait.
…/…
Qu’il lui semblait bon de renouer avec de vieilles habitudes.
La douce introduction au sommeil. Les mains au contact du livre, elle sentit un frisson de plaisir lui parcourir le dos. Depuis combien de temps ne s’était-elle pas accordé ce petit instant de bonheur, celui de tourner les pages avec un avant-goût de délice acidulé, la lumière rasante du chevet délicatement posée sur les lignes à venir. Ses yeux croisèrent le bouquet de fleurs champêtres fraîchement déposées sur un petit guéridon. Il trônait sur un petit napperon d’un autre temps brodé par une patience qui avait appris à apprivoiser les heures et les saisons. »

 

Joëlle Giraud-Buttez est une auteure discrète et authentique. Elle affectionne la simplicité des rencontres humaines. Citadine, elle surprend son entourage par ses trekkings aux quatre coins du monde. Elle y puise son énergie, son inspiration et emmène ses lecteurs dans son univers aux mille facettes.

Émotion

La librairie de l’île

La librairie de l’île
de Gabrielle Zevin (Auteur),
Poche – 4 mai 2017
Éditeur : Pocket

A.J. Fikry a l’un des plus beaux métiers du monde : il est libraire sur une petite île du Massachusetts. Mais il traverse une mauvaise passe. Il a perdu sa femme, son commerce enregistre ses pires résultats depuis sa création et il vient de se faire dérober une édition originale et précieuse. A.J. s’isole au milieu des livres jusqu’au soir où il découvre un couffin devant sa librairie. Un bébé que sa mère a abandonné là avec un mot :  » Je tiens à ce qu’elle grandisse entourée de livres et de gens pour lesquels la lecture compte.  » Réticent au premier abord face à l’ampleur de cette mission, le libraire tombe rapidement sous le charme du nourrisson et entrevoit avec lui la possibilité d’un nouveau bonheur.
Et si la vie valait bien qu’on lui accorde une seconde chance ?

 » Un optimisme rafraîchissant pour les amoureux des livres !  »
The Washington Post

Livre_2019_049_Gabrielle Zevin - La librairie de l'ile

 

Bonjour à toutes et à tous…

Ce livre raconte l’histoire d’une vie.
La vie de A.J.
Ce bel ouvrage est déroutant et attachant. Difficile de ne pas se prendre d’affection pour ces personnages que la vie n’a pas épargné, qui se croisent, s’enchevêtrent.
C’est une belle surprise.

Une histoire qui parle d’une librairie et de livres ne pouvait que m’intéresser…
J’avoue avoir même ralenti le rythme de ma lecture pour pouvoir le savourer page après page… Repoussant le point final, le plus longtemps possible.

Une histoire d’amour, de solitude, de famille, d’amitié et de deuil…
Le tout empli de poésie avec aussi de nombreuses références littéraires, qui malheureusement s’adressent plutôt à des lecteurs d’outre atlantique, mais qui ne gâchent en rien le plaisir de la lecture.

Je suis conquis et curieux de lire un autre roman de Gabrielle…

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Extraits :

« On supprime toutes les meilleures choses de ce monde les unes après les autres, un peu comme le gras de la viande, se dit souvent A.J. D’abord, les magasins de disques, puis les vidéoclubs, ensuite est venu le tour des journaux et des magazines et désormais, même les grandes enseignes de librairie disparaissent. Il part du principe qu’un monde sans grandes librairies est bien pire qu’un monde avec. Ces boutiques là, au moins, vendent des livres et non des médicaments ou du bois de construction. Elles emploient des diplômés en littérature qui savent lire et conseiller leurs clients. »

 

 

Gabrielle Zevin, née en 1977, est écrivain et scénariste. Diplômée de Harvard en littérature anglaise et américaine, elle vit à Los Angeles et a déjà publié huit romans aux États-Unis, dont quelques-uns pour la jeunesse, qui ont été traduits en France et publiés chez Albin Michel. La Librairie de l’île a paru sous le titre L’Histoire épatante de M. Fikry & autres trésors chez Fleuve Éditions en 2015.

Émotion, Philosophique

Le Rire du Monde

Le Rire du Monde (Fragments de Voyage…)
de Lou Vernet (Auteur)
Broché – 27 septembre 2018
Éditeur : Éditions La Trace

“Ces instant bénis où chaque souffrance endurée, chaque sueur perlée, chaque pas accompli ouvrent sur la rencontre.
Avec soi bien évidemment mais aussi l’autre, cet étranger, ce galopin hors frontière…”

Une réflexion originale, passionnée et attachante sur les voyages, nos voyages…

 

2019_048_Lou Vernet - Le rire du Monde_Fragments de voyage…

 

Bonjour à toutes et à tous…

Le Rire du Monde (Fragments de Voyage…)
Ce n’est pas par hasard qu’il y a des majuscules à certains mots.

Rire, Monde, Fragments, Voyage.
Tout est résumé en quatre mots Tellement simples.
Il y en a pourtant un cinquième qui se cache et revient régulièrement tout le long de la lecture de cet ouvrage.

Émotion.

Lou Vernet nous invite à partager une partie de Son Monde. Elle nous invite à Voyager avec elle. Elle avance, doucement un pied devant l’autre, Pas après Pas. Sa Respiration est posée sur un Rythme ou chaque Souffle de Souffrance finira par se transformer en souRire. À travers ses mots j’ai voyagé, dans le Monde Entier. Ses Rencontres avec les Autres, avec Elle parfois. Le Doute, la Peur, la Souffrance et des Déceptions, aussi… Trente deux fragments de Vie qui vont s’étirer jusqu’à l’Infini, sur le chemin de Sa vie, sur un chemin tout en poésie.
Lou, J’ai eu l’impression de Marcher à tes cotés et seul le Silence rythmait la Cadence de nos pas et de nos Respirations. Telle une Quête spirituelle, à la recherche d’un horizon qui s’éloignait à chaque pas…

Merci pour ce Voyage.
Tes Mots, telles des Photos m’ont porté durant ces Moments Silencieux, où seul le Froissement des Pages accompagnait ta Plume…

Le Bonheur existe… À chacun de trouver le Sien…

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Extraits :

« Le retour est toujours brutal. La violence des contrastes peut rendre survolté et agressif. D’un seul coup, il y a trop de monde, trop de bruit, trop de pollution et trop d’odeurs. Ça te bloque le plexus dès l’arrivée
…/…
Pendant une semaine, plusieurs fois, je me suis arrêtée de marcher et j’ai regardé autour de moi. Complètement ahurie.
…/…
Hommage XXL à ses cueilleuses de thé pour ne citer qu’elles. Si je vous demande expressément de savourer votre prochain thé en pensant à la somme de travail que cela représente, le ferez-vous ? »

 

 

Rédiger une biographie, même succincte, de Lou Vernet s’avère être plus compliqué qu’il n’y paraît, tant l’auteur est inclassable selon les codes habituels du genre.

Lou est une autodidacte.
Passionnée. Libre. Têtue. Et un peu barrée. Sa devise : “Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant !“ B. le Bovier de Fontenelle.

“Je veux partir. Loin. Ailleurs. Partir comme on voyage. La folie devant, les doutes derrière. La première fois que j’ai voyagé, c’était à dos de livres. Les mots m’avaient ouvert la voie, j’ai suivi les lignes. Et j’ai aimé. La respiration des virgules, le repos des points, l’essentielle interrogation, la folle exclamation. J’ai aimé à outrance, dans l’absolu, la passion, la servitude. J’ai aimé à vouloir écrire aussi. Le voyage des autres ne me satisfaisait plus, il me laissait à quai, ne comblait plus mes manques. Mais comment voyager seule quand on ne l’a jamais fait ? Comment créer le partir, quand on est encore amarrée ? Qui étais-je pour ainsi vouloir créer ? Dieu est créateur, je n’étais pas Dieu, je ne pouvais pas créer. Alors j’ai copié. Les bons mots de l’un, les maximes de l’autre. Comme ils ne me satisfaisaient pas non plus, j’en ai changé le sens, le rythme et puis l’idée. Ecrire c’est ne pas savoir dire. C’est s’être trop tu. Qu’avais-je à dire qui ne soit déjà révélé ? Mes premiers accents m’ont fait pleurer. Ils étaient aigus, n’en finissaient pas de hurler. Les graves devenaient solennels, pour ne pas dire ennuyeux. Les circonflexes m’ont sauvée, leurs chapeaux m’abritaient. Alors les mots sont devenus mes amis et les verbes ont fini par se conjuguer. Au passé d’abord, dans l’espoir d’un futur ensuite, dans le plaisir du présent enfin. Maintenant il me suffit de les écrire pour jouir. Jouir de les voir prendre vie. Grâce à moi, puis malgré moi, presque en dehors de moi, presque plus fort que moi. Ils sont un voyage, de l’intérieur vers l’extérieur, de moi à vous, de moi pour vous. Ils sont mes ailleurs, ce qui n’est pas si loin.”