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Roman

Extension du domaine de la lutte

Extension du domaine de la lutte
de Michel Houellebecq (Auteur)
Poche – 8 septembre 2010
Éditeur : J’ai lu

Voici l’odyssée désenchantée d’un informaticien entre deux âges, jouant son rôle en observant les mouvements humains et les banalités qui s’échangent autour des machines à café. L’installation d’un progiciel en province lui permettra d’étendre le champ de ses observations, d’anéantir les dernières illusions d’un collègue – obsédé malchanceux – et d’élaborer une théorie complète du libéralisme, qu’il soit économique ou sexuel.

2019_011_Michel Houellebecq-Extension du domaine de la lutte

Récit court et concis de la prise de conscience d’un cadre moyen célibataire, sur l’illusion de sa situation et les véritables enjeux de pouvoir, sa descente aux enfers mentaux avec en prime une réflexion sur la psychanalyse…. Sur fond d’inhumanité de la société française on oscille entre désespoir et sourire….
Un premier roman qui pose la quasi-totalité des thèmes chers à Houellebecq (incompatibilité au bonheur, rôle du sexe dans la société, etc.). Ce premier livre semble presque écrit par quelqu’un d’autre tant il est original dans l’œuvre de l’auteur.
Justesse de ton, style concis, efficace, en dépit de la « noirceur » du propos.

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Extrait :
« Vendredi soir, j’étais invité à une soirée chez un collègue de travail. On était une bonne trentaine, rien que des cadres moyens âgés de vingt-cinq à quarante ans. À un moment donné il y a une connasse qui a commencé à se déshabiller. Elle a ôté son T-shirt, puis son soutien-gorge, puis sa jupe, tout ça en faisant des mines incroyables. Elle a encore tournoyé en petite culotte pendant quelques secondes, et puis elle a commencé à se retaper, ne voyant plus quoi faire d’autre. D’ailleurs c’est une fille qui ne couche avec personne. Ce qui souligne bien l’absurdité de son comportement.
Après mon quatrième verre de vodka, j’ai commencé à me sentir assez mal, et j’ai dû aller m’étendre sur un tas de coussins derrière le canapé. »

 

Michel Houellebecq a publié plusieurs romans, Extension du domaine de la lutte, Les particules élémentaires, Plateforme, La possibilité d’une île et Sérotonine. Il est aussi l’auteur de poèmes (Le sens du combat, La poursuite du bonheur, Renaissance), d’une étude sur Lovecraft, d’essais (Rester vivant, et Interventions 2) et d’un récit accompagné de photographies (Lanzarote). Il a écrit avec Bernard-Henri Lévy une correspondance, Ennemis publics. Son œuvre est traduite dans une quarantaine de langues.

Thriller historique

“L’Affaire des Corps sans Tête” (T.1) de Jean-Christophe Portes

L’Affaire des Corps sans Tête (T.1)
de Jean-Christophe Portes (Auteur)
Poche – 31 mai 2017
Éditeur : City Edition

1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’émoi populaire, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie n’a guère le temps de s’en préoccuper : Lafayette, son mentor, l’a chargé d’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui appelle au meurtre des aristocrates. Mais la mission tourne vite au cauchemar.

Les vainqueurs de la Bastille sont-ils de vrais patriotes ou des activistes corrompus ? Existe-t-il vraiment un Comité secret agissant en sous-main pour le roi ? Et n’y aurait-il pas un lien avec ces corps flottant dans la Seine ? Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot, une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution…

Une enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.

2019_010_Jean-Christoph Portes - l'affaire des corps sans tete

Bonjour à toutes et à tous…

Il y a quelques semaines j’ai rencontré Jean-Christophe Portes par hasard dans ma banque. Il est venu vers moi nous avons discuté un peu, puis avons décidé de nous revoir. C’était la bonne occasion pour le lire. Cela faisait un moment que je voyais ses romans dans divers blog.
Du coup, un peu de pression à la lecture de ce roman que j’avais vraiment envie de lire ainsi que le reste de la saga de Victor Dauterive…

Au début, j’ai un peu peiné. Des phrases très bien écrites auxquelles nous ne sommes plus tellement habitué.
Il a fallu que je m’accroche car beaucoup de personnages et, un début avec assez peu d’action. J’ai trouvé le personnage principal, Victor Dauterive très attachant, mais un peu jeune comme gendarme, mais toujours cette très belle écriture et, petit à petit, j’ai trouvé mon rythme.
Finalement par le contexte historique j’ai aimé ce roman surtout, lorsque l’intrigue est devenue prenante, là, il m’a été difficile d’arrêter ma lecture.
Une belle histoire policière qui se déroule au début de la Révolution française.

Un bon moment de lecture, malgré le début un peu lent. Écriture vraiment superbe et un final qui est un vrai régal. À suivre…
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Extrait :
« Mercredi 15 juin 1791 L’affaire avait fait grand bruit. Pendant deux jours, on ne parla plus que de ses affreux meurtres, si bien que les jeunes filles du quartier Saint-Marceau se mirent à éviter de circuler seules le soir. On avait multiplié les gardes et les patrouilles, mais aucune d’entre elles ne remit la main sur ce jeune officier sanguinaire. La ravaudeuse, surtout, vit au quotidien bouleversé. Plusieurs hommes vinrent l’interroger chez elle, puis on l’emmena à la maison commune de la section où l’attendait un commissaire vêtu de noir, à la mine sévère. L’homme parlait remarquablement, aussi bien qu’un curé, mais ses manières étaient brusques. Flanqué de deux gardes nationaux, il lui posa des questions à l’étourdir, toujours les mêmes. S’avait-elle où le jeune homme avait quelque refuge ? Qu’avait-elle vu le jour des meurtres. »

 

Après des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs, Jean-Christophe Portes est devenu journaliste et réalisateur. Auteur de documentaires d’investigation ou d’histoire,
il travaille pour les principales chaînes de télévision.
Il est également l’auteur de L’affaire de l’homme à l’escarpin (City).

Humour

“Paris-Venise” de Florent Oiseau

Paris-Venise
de Florent Oiseau (Auteur)
Poche – 17 janvier 2019
Éditeur : Pocket

Une bonne pâte, ce Roman. Une bonne tête. Un peu mou, mais honnête, comme le bon pain. Pas étonnant qu’il déniche ce boulot idéal : garçon de cabine dans le Paris-Venise – train-couchettes. De quoi redonner le sourire à Mlle Pajot, sa banquière. Et à lui le goût du voyage. Car il s’en passe, la nuit, dans ce monde en perpétuel mouvement : les objets perdus qu’on empoche, les clandestins qu’on planque moyennant finances, les combines en loucedé… C’est qu’il en faut, de l’argent, quand on est amoureux et qu’on roule vers Venise. Et Roman est amoureux…

 » L’écriture dans le sang et la vanne au bord des lèvres.  » Sophie Delassein – L’Obs

 » Il devient ardu de savoir quoi acheter en librairie pour lire tout en riant à gorge déployée. Florent Oiseau pourrait bien être la solution.  » Nicolas Ungemuth – Le Figaro Magazine

 » L’humour le dispute à l’ironie au gré de chaque voyage.  » L’Express

2019_009_Florent Oiseau - Paris-Venise

Bonjour à toutes et à tous…

Les gens dernièrement ont tendance à me donner des conseils de lecture. Pas facile de leur dire que j’ai une PAL de plus de 400 romans qui grandit chaque jour. (9 encore hier…) Alors, lorsque Samantha de la fnac Rosny 2 m’a conseillé gentiment celui-ci, dont elle m’avait déjà parlé quelques semaines plus tôt, j’ai été bien avisé de l’écouter et tant pis pour ma PAL !!!

Une histoire qui aurait pu être banale, une histoire qui aurait du être banale. Si je n’avais très vite ressenti la sincérité de l’auteur, voire peut-être d’un certain vécu ? Le style narratif, en fait une histoire qui m’a donné envie de lire “ce petit” livre d’une seule traite.

Paris-Venise de Florent Oiseau m’a agréablement surpris.
Dès la première page, Florent, s’attache à décrire avec humour, simplicité et conviction la difficulté des « petits boulots » et le quotidien de certains travailleurs. L’auteur utilise à bon escient l’humour et cela fonctionne parfaitement. La justesse des personnages aussi. La simplicité de leur quotidien, leurs difficultés à se trouver une place dans la vie.

Avec un thème original et profond, j’ai suivi avec plaisirs les tribulations de Roman, banlieusard un peu paumé qui n’a toujours rien fait de sa vie, dans un univers un peu surréaliste, avant de travailler dans le train de nuit qui relie Paris à Venise.

Je conseille ce voyage agréable et divertissant…

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Extrait :
« – Les taxis à Prague, ils roulent comme des dingues.
– Ah bon ?
– Ouais, des furieux, les gars.
– Et c’est beau, Prague ?
– En sait rien. Jamais allé.

Didier, il savait des trucs. Il ne disait pas toujours d’où il les savait, mais le gars maîtrisait ses sujets. Une pointure, selon ses dires.
Didier, ce n’était pas la peine de lui parler de poissons, il en avait forcément chopé un plus lourd que toi. si tu évoquais le moteur de ta bagnole, c’était pareil, le siens faisait le double au bas mot. Avec lui, c’était tout le temps la même histoire. Mais en réalité, la seule chose que Didier avait de plus gros que les autres, c’était sa femme Shirley »

 

Florent Oiseau a 28 ans. Il a été pompiste, chômeur, barman, plongeur, réceptionniste de nuit, ouvrier dans une usine de pain, crêpier et couchettiste sur le Paris-Venise. Son premier roman, Je vais m’y mettre (Allary Éditions, 2016), a été salué par les critiques et désigné
 » le livre le plus drôle de l’année « .

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“J’irai tuer pour vous” de Henri Lœvenbruck

J’irai tuer pour vous
de Henri Lœvenbruck
Broché – 24 octobre 2018
aux Éditions, Flammarion.

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

2018_94_Henri Loevenbruck - J'irai tuer pour vous

Bonjour à toutes et à tous…

Roman “coup de poing“ !!!

La 4e de couverture, n’était que la partie visible de cet iceberg percutant. Je sais d’ores et déjà que « J’irai tuer pour vous » va continuer a résonner encore longtemps dans mon esprit.

Henri Loevenbruck nous livre un magnifique pavé, au sens propre comme au sens figuré, basé sur des faits réels. Il nous plonge au cœur des services de renseignements dans la France du milieu des années 80. Les attentats à Paris, les journalistes français kidnappés, un monde politique en pleine effervescence à la veille de nouvelles élections présidentielles, des secrets d’état et autres magouilles politiques.
Récit choc, très intense, plein de suspense et de rebondissements dont l’écriture hypnotisante alterne entre phrases courtes, dialogues très denses, entrecoupés d’extraits du carnet du héros.
Et malgré tout, en parallèle, Henri Loevenbruck arrive à nous offrir aussi une très belle histoire d’amour, dans ce récit qui malgré tout, comme à son habitude reste un condensé d’émotions assez incroyable.
Le parcours tortueux de celui qui va devenir “Hadès” ne vous laissera insensible…

Ce roman est un véritable hommage pour ces hommes de l’ombre, qui au delà de leur vie, font passer leurs devoirs avant tout, n’hésitant pas à se mettre en danger au quotidien !
Henri n’a pas fini de m’étonner… Excellent moment de lecture.

Je remercie Masse critique et Babelio pour m’avoir transmis ce roman quelques jours avant sa sortie et aussi pour leur confiance !

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Extrait :
“Très jeune, j’ai été déçu par le sens que le monde moderne a donné à la politique. Et par ceux qui la font. J’ai le sentiment que, comme va le monde, les gens s’intéressent trop à la politique et pas assez à la philosophie. La norme semble non plus d’avoir une pensée, mais un avis. Un avis politique. Au lieu de se forger chaque jour une philosophie de vie propre, on se sent obligé de choisir un camp, on devient un partisan, dès lors on cesse de penser.
…/…
Les gens qui font de la politique et ceux qui les élisent ne le font plus pour des raisons philosophiques, mais partisanes. Ils ne pensent plus à l’humanité, à leur portefeuille.
J’ai toujours pensé que l’homme ne devrait se battre que pour protéger les faibles, jamais pour les assouvir. L’homme ne devrait pas être dirigé par l’homme, mais pas ses idées, ou ses idéaux, il faut s’instruire, apprendre, écouter, chercher questionner, remettre tout en question à chaque instant, y compris ses propres convictions.”

 

Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. A 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général. Il est l’auteur de nombreux polars qui ont rencontré un vif succès, dont Le Syndrome Copernic, L’Apothicaire et Le Mystère Fulcanelli (Flammarion, 2007, 2011, 2013).
En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

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“La délicatesse” de David Foenkinos

La délicatesse
de David Foenkinos (Auteur)
Poche – 27 mai 2014
aux Éditions, Gallimard.

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

La délicatesse a obtenu dix prix littéraires et a été traduit dans plus de quinze langues.

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Bonjour à toutes et à tous…

Encore un roman dévoré en quelques heures !
L’histoire est très agréable, légère, qui m’a porté dans une histoire sentimentale qui ne sombre à aucun moment dans la niaiserie.
Un vrai plaisir !
J’ai été surpris par ce style si particulier (je ne connaissais pas l’auteur…) un mélange de légèreté, de fantaisie et d’humour très décalé !
Le rythme est soutenu tout au long du livre, sans essoufflement, et encore une fois des personnages très attachants.
J’ai beaucoup ri au vu de certaines trouvailles d’écriture, avec aussi des propos très poétiques par moment, qui m’ont fait relire certaines phrases plusieurs fois et même à voix haute à ma femme…

Un très bel univers que j’ai hâte de retrouver dans d’autres œuvres de l’auteur !

Extrait :
“Elle les embrassa, et les remercia. Elle était soulagée d’être seule. D’autres n’auraient pas supporté la solitude à ce moment-là. Nathalie en avait rêvé. Et pourtant, la situation ajoutait de l’insoutenable à l’insoutenable. Elle avançait dans le salon, et tout était là. À l’identique. Rien n’avait bougé. La couverture toujours sur le canapé. La théière aussi sur la table basse, avec le livre qu’elle était en train de lire. Elle fut saisie tout particulièrement par la vision du marque-pages. Le livre était coupé en deux ; la première partie avait été lue du vivant de François. Et à la page 321, il était mort. Que fallait-il faire ? Peut-on poursuivre la lecture d’un livre interrompu par la mort de son mari ?”

Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Auteur de treize romans traduits en quarante langues, il a notamment publié aux Éditions Gallimard, Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse, Les souvenirs et Je vais mieux. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

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“Poste restante à Locmaria” de Lorraine Fouchet

Poste restante à Locmaria
de Lorraine Fouchet (Auteur)
Broché – 5 avril 2018
aux Éditions, Héloïse d’Ormesson.

Élevée dans le culte d’un père mort par accident, Chiara, 25 ans, apprend fortuitement que son père biologique vit à Groix en Bretagne. Chamboulée par cette révélation, Chiara part à sa recherche sur l’île aux grenats. Elle remplace la factrice pour s’intégrer à la communauté groisillonne et mener son enquête. Mais tout se complique lorsque la jeune femme apprend que deux frères Tonnerre étaient sur l’île en même temps que sa mère vingt-cinq ans plus tôt.
Sur place, Chiara se lie d’amitié avec Urielle, une jeune groisillonne, qui ne supporte plus le stress de Paris, et Perig, un vieux correspondant de presse dont le fils a disparu en mer. Alors que l’île l’envoûte et l’invite à rester, elle rencontre Gabin, un écrivain Corse qui prête sa plume à des romanciers célèbres. Cette histoire d’amour inattendue s’épanouira-t-elle ?

Un roman breton où la tendresse ne reste pas poste restante, où les liens du sang n’accusent pas réception, où le bateau du courrier est porteur de bien des surprises, où les boites aux lettres recèlent de lourds secrets.

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Bonjour à toutes et à tous…

C’est le premier roman de Lorraine Fouchet que je lis.

Comme il est agréable de tomber sur une écriture sensible, douce et vraiment humaine.
Il se dégage de cette jolie histoire, malgré le sujet, une infinie tendresse, beaucoup de nostalgie, qui m’ont emporté avec douceur.
Je suis passé par une palette de sentiments et de ressentis très large.
Du sourire aux lèvres, aux larmes dans les yeux puis des émotions plein le cœur.

Certains « détails » qui n’en sont pas…
– des boîtes aux lettres colorées,
– des petites ritournelles, des chansonnettes qui nous suivent tout le long du roman,
– des objets qui pensent,
– des envies de voyage, L’Italie avec ses sublimes couleurs, l’île de Groix où tout le monde se connaît,
– des personnages emblématiques et plein de caractère, tout en restant forts attachants,
– des histoires qui se croisent et s’entrecroisent amenant l’amour là, où il n’était pas attendu !

Et en refermant ce livre, je me suis senti bien, léger, avec l’envie de vivre une autre vie.
Mais n’est-ce pas ce que l’on demande aux auteurs, de nous faire voyager avec leurs mots ?

Merci Lorraine, J’inscris d’ores et déjà une nouvelle destination à de prochaines vacances !
A très vite…

PS. Il me tarde d’essayer la recette du cake au romarin !

Extrait :
“Il l’aperçoit à la terrasse du caffe Rosati et c’est l’été bien qu’on soit en avril. Elle est seule devant un espresso. Il n’aime plus dormir depuis qu’ils sont ensemble, parce qu’ils sont séparés lorsqu’il rêve. Elle a littéralement kidnappé son cœur. Ce jour là, elle porte une robe orange, sa couleur favorite – il voit la vie en orange désormais. Elle entoure sa tasse de ses mains d’un geste si sensuel qu’il envie la porcelaine.
La terrasse est bondée, les autres clients deviennent flous, s’effacent devant sa beauté. Elle a croisé ses longues jambes, ses cheveux sont ébouriffés. Il a une chance inouïe : elle l’aime ! Il a eu l’audace de la demander en mariage, d’oser le bonheur avec elle. La semaine dernière, il l’a épousé, ils n’ont pas encore déballé les cadeaux. Ils devront remercier le zio Peppe pour l’horrible lampe et la zia Maria pour l’affreux tableau qu’il faudra accrocher quand elle viendra les voir. Désormais, il se réveillera tous les matins à côté d’elle. Comment aura-t-il la force de s’arracher à ses bras pour partir travailler ?”

 

Romancière, Lorraine Fouchet a fait ses études de médecine au CHU Necker-Enfants malades. Elle a été urgentiste pendant quinze ans, avant de se consacrer à l’écriture.
Elle est l’auteur de seize romans, dont L’Agence (prix des Maisons de la Presse),
Couleur Champagne et d’un récit, J’ai rendez-vous avec toi, publié chez EHO en 2014.
Entre ciel et Lou, paru chez EHO en 2016, a remporté le prix Bretagne et le prix Ouest.
Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

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“VOSTFR – Version Originale Sous-Titrée Français” de Élodie Torrente

VOSTFR – Version Originale Sous-Titrée Français
de Élodie Torrente (Auteur)
Broché – 11 avril 2018
aux Éditions, Ndb Editions.

Nina est une jeune femme sourde ; elle l’a toujours été. Elle s’en accommode, vit même plutôt bien avec, ayant grandie dans un cocon familial tolérant et à l’écoute. Mais voilà, Nina, elle, ce qu’elle veut, c’est devenir actrice. Depuis toujours, elle ne peut pas comprendre ces films sur DVD en raison de l’absence des sous-titres pour les sourds. Au cinéma ? C’est pareil. Mais Nina est déterminée, ambitieuse. Surtout, elle ne conçoit pas ce clivage dans l’inconscient collectif. Pourquoi le fait d’être sourde l’empêcherait-elle de crever le grand écran ? Non, elle en a à revendre, elle a du talent. Quand un casting pointe le bout de son nez pour interpréter un rôle de figuration dans l’un des longs-métrages les plus prometteurs au côté de Sullivan Juhel, la jeune femme n’hésite pas une seconde.
Et il se pourrait bien que cette initiative bouleverse sa vie, celle de Sullivan, mais remette aussi en questions bon nombre de ce que l’on croit acquis.

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Bonjour à toutes et à tous…

Petit “break“ dans mes lectures « POLARS » qui ces derniers temps prennent beaucoup de place !
Ce n’est pas de ma faute si nous avons de très bons auteurs en France…

Mais j’ai une petite envie, les vacances peut-être, de passer à quelques romans qui étaient en attentes depuis un moment en espérant qu’ils vous plairont tout autant.

Ce récit aborde une thématique importante, sur laquelle nous devrions tous nous pencher pour y réfléchir : la surdité.

Lors de la sortie du film « La famille Bélier » j’avais été très surpris que seule les parties signées avaient été sous-titré, pour que les entendants comprennent. Pourquoi ?
L’idée du film était excellente. Enfin un film qui faisait un réel lien entre entendants, mal entendants et sourds.
Pourquoi ne pas avoir sous-titré le film complet pour aller jusqu’au bout de la démarche ?
C’est dommage…

J’ai eu la chance de rencontrer Élodie il y a quelques semaines avec laquelle j’ai pu discuter longuement de son roman et de plein d’autres choses. (qui ne vous regardes pas petits coquins !!!)
J’appréhendais un peu son roman car connaissant le sujet et l’implication directe d’Élodie, j’avais peur que cela soit dur émotionnellement.
Mais le roman est parfaitement construit et très frais, mais malgré les réalités de l’histoire j’ai conservé le sourire durant une bonne partie de la lecture, car c’est avec beaucoup d’humour qu’Élodie évoque ce sujet peu connu et encore tabou en France qui est celui du handicap des sourds et malentendants. Handicap peu considéré et méconnu car, silencieux et invisible.

Je suis entré dans un monde méconnu où le bruit n’existe pas. Les dialogues, la musique, un avion qui traverse le ciel, les oiseaux qui chantent… La difficulté qu’ont nos amis, familles ou proches à s’intégrer dans un monde très peu adapté à leurs quotidiens…
La sensibilité d’Élodie en fait une très belle histoire. Une histoire où les difficultés sont constantes, c’est vrai, mais aussi une très belle histoire d’amitié une histoire d’amour qui loin d’être linéaire met en place des chassé-croisés plein de suspenses jusqu’à une très belle fin

Merci Élodie pour ce très bon moment de lecture.
Un premier roman très prometteur, à suivre… à lire, à relire et à offrir.

Extrait :
“Je m’appelle Nina. J’ai vingt-deux ans. Je déteste qu’on me prenne pour une anglaise, une russe ou je-ne-sais-quoi et, par-dessus tout, qu’on ne me comprenne pas. Lorsque c’est le cas, j’ignore la personne. L’équilibre rétabli, la frustration est partagée. Je suis comme ça. J’aime redresser les torts et surtout les tordus.
Je vis à Paris, dans le XIIIe arrondissement, place Jeanne d’Arc, au numéro 10, métro Nationale, ligne 6. Ça fait plan de métro cette description, mais j’aime la précision des lieux.“

Après un premier recueil de nouvelles, Comment ça va, des nouvelles de nous, publié en 2008 aux Éditions La Voix au Chat Libre, Élodie TORRENTE a disséminé ses autres nouvelles dans des collectifs (Short ! Numéros 1, 2, 3, 5, 8, Shorts fashion stories, 2045, Quotidien du médecin.) après avoir été élue plusieurs fois lauréate par le comité éditorial Short Édition et primée par David Foenkinos lors de la Matinale 2012 (live d’écriture dans un bar parisien). D’autres nouvelles ont été éditées depuis septembre 2014 chez Ska Éditions et Éditions du 38. Son premier roman VOSTFR, Version Originale Sous-Titrée Français sortira en mai 2018 chez NDBéditions.
Élodie Torrente a la passion des mots et des autres. Elle anime des ateliers d’écriture chaque semaine, organise le Prix international de la Nouvelle humoristique francophone depuis 2014 en plus de son métier de conceptrice-rédactrice. Ses écrits sont disponibles sur http://www.elodietorrente.fr. Ses ateliers d’écriture et son Prix de la Nouvelle humoristique sur http://www.libresplumes.fr.