Fantastique, Histoire, Suspense, Thriller

Le Manuscrit des Damnés

de Mathieu Bertrand
Broché – janvier 2020
Éditeur : Editions Eaux Troubles

Bandeau_Intro.jpg

Royaume des Francs, 1135 : L’Abbé Suger entreprend la rénovation d’une église Carolingienne qui deviendra l’Abbaye de Saint- Denis, nécropole des rois de France. France, juillet 2013 : À son retour de Jérusalem, où il a caché la couronne d’émeraudes, Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican et ancien Franc-maçon, est envoyé à Paris par le Saint-Siège. Il fait la connaissance d’un Cardinal et de deux chercheurs qui lui révèlent la présence d’un secret oublié depuis de nombreux siècles dans les cathédrales. Cette aventure le plongera dans les mystères de la Grande Pyramide et des lacs sacrés du Tabor. Il voyagera de l’histoire tragique de la nuit de la Saint-Barthélemy à celle plus secrète des recherches ésotériques du IIIe Reich. Assisté d’Elaheh, dernière descendante de la secte des Assassiyines, ils réaliseront ensemble que certains manuscrits devraient demeurer fermés à tout jamais… Une enquête qui mettra en péril bien des croyances et qui verra la mise en place d’une union inattendue afin de préserver l’humanité.

 

2021_071_Mathieu Bertrand - Le Manuscrit des Damnés

 

Encore un énorme merci pour Mathieu qui m’a envoyé la suite de “Les Émeraudes de Satan” !
Cette suite, “Le Manuscrit des Damnés” est la suite directe du premier volet, et quand Hervé Gagnon dit que le récit est palpitant je ne peux être que d’accord avec lui…
Maintenant il ne me reste plus qu’à attendre (impatiemment !!!) le troisième volet.

Dès les premiers chapitres, très vite j’ai de nouveau été plongé dans une enquête incroyable !
J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce mélange de mythologie, d’histoire, de religion, bien sûr et d’Ésotérisme, avec ce petit plus fantastique qui change vraiment la donne du récit. J’imagine assez difficilement le travail nécessaire pour la construction d’un tel scénario, mais, Whaou, ça le fait vraiment !!!
Je me suis retrouvé en immersions dans des lieux que je connaissais, mais aussi dans des endroits que je n’ai pas eu encore l’occasion de visiter et j’avais vraiment l’impression d’y être, jusqu’à ressentir l’atmosphères de certains lieux.
Mathieu a le souci des détails et ses descriptions sont parfaite, à mon sens, dans cet opus, il provoque l’interrogation sur la genèse des origines des religions.

C’est donc le retour de notre duo, le père Paul Kaminsky, prêtre catholique appartenant aux services spéciaux du Vatican et Elaheh, une musulmane iranienne, descendante de la secte des Assassiyines. Ils seront, dans cette nouvelle quête, assistés d’un enseignant à Oxford, David Jameson et de Lena Larsson, professeur du Centre d’études médiévales de Stockholm, tout les deux membres de l’Opus Dei. Mais nous apprendront très vite que Lena fait aussi partie des “Walkyries”, divinités nordiques et filles d’Odin, des guerrières vierges et pures dont la mission consistait à choisir les plus valeureux guerriers, tombés sur les champs de bataille, afin de les conduire à Asgard au Valhalla dans le palais d’Odin.

Après sa dernière enquête, le père Paul Kaminsky n’aspirait qu’à un peu de repos. Mais le Cardinal Ferron va lui confier une nouvelle mission, qu’il peut difficilement refuser.
Il en va peut-être de l’avenir de l’humanité !
Un voyage palpitant au cœur des constructeurs de pyramides, qui va les mener très vite de nouveau à travers le monde et l’Histoire de nos ancêtres, des maîtres-maçons constructeurs de cathédrales grâce aux découvertes incroyables que lui livreront les deux membres de l’Opus Dei. Il s’est dégagé énormément d’émotions pendant ma lecture, un vrai sentiment d’entraide, entre religions et idéologies diverses.

Quel est donc ce nouveau secret que le Vatican veut absolument garder caché une fois de plus ?

À partir de ses quelques mots, l’intrigue du récit appartient aux futurs lecteurs.
Une course contre la montre où chaque action aura une répercussion.
C’est très bien mené, surprenant et addictif. L’écriture est soutenue, rythmée et dynamique.
Vous serez embarqué dans leurs quêtes, dans leurs sentiments et dans leur vie.

Une plongée au fond des enfers… une quête “diabolique” que je recommande vivement.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le taxi venait de les déposer face a la crypte archéologique du parvis. Dès qu’il sortit du véhicule, ses yeux balayèrent avec plaisir, presque du réconfort, les arches gothiques de ce qui était pour lui la plus belle cathédrale du monde. Le soleil de ce début d’été qui filtrait à travers ses Ray-Ban noires inondait les façades de l’édifice dans les tours veillaient sur la scène depuis huit cents ans. Sur la droite, la statue du Charlemagne couverte de vert-de-gris paraissait être un jouet pour enfant, tant sa petitesse contrastait avec la grandeur de Notre-Dame de Paris. L’empereur, assis sur sa monture, était encadré de deux de ses chevaliers, qui menaçaient de leurs armes quiconque voudrait s’approcher de l’illustre souverain. Les deux côtés de la place étaient décorés d’arbres feuillus, de haies coupées avec une précision d’horloger et de lampadaires ridiculement petits pour un endroit si majestueux. »

« Je crois que je suis en train d’arriver au bout. Vous comme moi, nous œuvrons pour tenter de protéger le monde des maux qui le guettent. Mais qui le sait ? Vous rendez-vous compte de tout ce que nous cachons à l’humanité ? Je suis membre d’une Église qui a la prétention de porter la voix de Dieu alors que nous mentons perpétuellement. Je ne crois plus aux fait que pour protéger les hommes, nous devons les laisser vivre dans l’ignorance. »

 

Bertrand Mathieu, est né en 1969 en région parisienne et a grandi en Corse. Professeur à l’École de droit de la Sorbonne-Université Paris I, préside l’Association française de droit constitutionnel. Il est membre du Conseil supérieur de la magistrature et a été membre de la Commission Avril sur le statut pénal du chef de l’État (2002) et du Comité Balladur chargé de proposer une révision de la Constitution (2007). Il dirige la revue Constitutions.

Il est passionné par la visite des lieux chargés d’histoire et d’Histoire en général avec une attirance particulière pour le moyen âge.

En 2016, il publie son premier roman intitulé « Les émeraudes de Satan ». Son second roman « Je pleurerai plus tard » sort en 2017, puis « Le manuscrit des damnés » en 2020.
« La porte d’Abaddon », son dernier roman est sorti en juillet 2021.

Noir, Suspense

Transaction

de Christian Guillerme
Poche – 9 septembre 2021
Éditeur : Taurnada

Bandeau_Intro.jpg

Un site de petites annonces en ligne comme il en existe des dizaines. L’arnaque de trois amis, noyée parmi des milliers de bonnes affaires. Un individu dangereux qui sommeille au milieu des acheteurs potentiels. Quelle était la probabilité qu’ils se croisent ? Transaction… l’engrenage fatal est enclenché !

 

2021_067_Guillerme Christian - Transaction

 

Avez-vous déjà été la cible d’arnaques sur internet ?

Alphonse vient de se faire avoir.
Il a acheté une caméra mais elle est inutilisable, malgré ses diverses tentatives pour joindre le vendeur peu scrupuleux, impossible de se faire rembourser…

Johan et Manal ses meilleurs amis, lui propose alors de faire la même chose.
Trouver un nouvel acheteur pour s’en débarrasser…

Mais malheureusement pour eux, cette solution toute simple fera tout basculer.
Ils ne sont pas tombés sur le “bon pigeon” !
Commence alors pour notre groupe d’amis une véritable descente aux enfers…

Un sujet qui aurait pu être banal, mais entre les mains de Christian Guillerme, tout n’est pas si simple, l’angoisse monte crescendo, sans aucun retour possible en arrière !
“La chasse est ouverte” !
Ça appuie bien là où ça fait mal, un vrai régal pour le lecteur.

“En tout cas pour moi, finies les arnaques sur Internet”, lol !!!

Merci aux éditions Taurnada pour cette nouvelle proposition de lecture qui sort vraiment des sentiers battus.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Je te vois partout et nulle part à la fois. Je ne connais pas encore ton visage, mais je suis persuadé que le jour où je t’apercevrai, je saurai que c’est toi, sans l’ombre d’une hésitation.
Je te cherche depuis si longtemps…
Je suis à tes trousses. Tu es devenu mon gibier.
Tu as réveillé la bête en moi, et je ne te lâcherai pas.
Je suis là, quelque part.
Tu dois sentir ma présence, mon souffle chaud dans ton cou. »
…/…
« Il scruta les alentours et remarqua un homme pouvant correspondre à la description faite par Alphonse : il avait bien un sac de sport en bandoulière, mais à cette distance il ne voyait pas s’il arborait un cobra. Sa taille impressionna, il devait mesurer plus d’un mètre quatre-vingt-dix. Il était brun et solidement charpenté. Johan alla à sa rencontre. Le colosse lui fit un léger signe… qu’il lui rendit. C’était bien lui !
« Bonjour, Monsieur, vous êtes là pour la caméra ?
– Oui.
– Je vous ai reconnu grâce au sac. »
L’autre resta de marbre puis il lui demanda s’il était bien Alphonse. Johan ne put s’empêcher de se raidir. »

 

 

Christian Guillerme est un auteur français, né à Clichy la Garenne, dans le 92 (Hauts de Seine). Il a longtemps été musicien (bassiste) dans différents groupes de metal de la scène parisienne.
Il est dorénavant Chef de projet dans une très grande société d’assurances dans le quartier d’affaires de La Defense (92).

Le 18 juin 2020, aux éditions Taurnada, il sort son second thriller, « Urbex Sed Lex ».
Son 1er roman, « La corde de mi », toujours disponible, aux éditions Art En Mots, continue de remporter un franc succès auprès de ses lecteurs.

Il est également l’auteur d’une dizaine de nouvelles pour le compte de la plateforme Short Editions et a participé à plusieurs recueils, dont le dernier, « L’heure du néant » disponible chez Art En Mots.

Suspense, Thriller historique

La preuve ultime

de Peter James
Broché – 20 février 2020
Éditeur : Fleuve Noir Éditions

Bandeau_Intro.jpg

À la recherche de la preuve ultime… de l’existence de Dieu.
Le journaliste d’investigation Ross Hunter a failli ne pas répondre à l’appel qui allait changer sa vie, et l’avenir de l’humanité pour toujours. Au bout du fil, un certain Harry Cook, ancien professeur d’histoire de l’art, lui demande de l’aider à révéler au monde sa récente découverte : la preuve irréfutable de l’existence de Dieu. Peu après avoir accepté la mission, Ross trouve le chercheur assassiné dans son appartement, ainsi que trois mystérieuses coordonnées géographiques. Décidé à honorer la dernière volonté de Cook, Ross se lance alors dans la quête de cette preuve ultime, au risque d’être éliminé avant d’atteindre son but.
Car menacer les grandes religions n’est pas sans danger…

“Nous sommes sur le territoire de Dan Brown, mais les athées et les croyants trouveront matière à réflexion dans cette épopée planétaire.” The Guardian

“Le roi du crime s’aventure dans le monde des miracles.” The Sunday Express

 

2021_063_James Peter - La preuve ultime

 

Ross Hunter, journaliste d’investigation, met son travail au-dessus de tout, au risque de sa vie parfois. Un jour il reçoit un appel étrange. Un certain Harry F. Cook lui annonce qu’il sait où se trouvent les preuves irréfutables de l’existence de Dieu. D’abord peu intéressé, il finit par accepter de le rencontrer, plus par curiosité que par réel intérêt. Apprenant qu’il avait été “choisi” pour cette quête, entre scepticisme et curiosité Ross accepte. Ses recherches attireront très vite la convoitise et la jalousie. Dès lors, la mort rôdera autour de lui.

Ross va se lancer aux quatre coins du monde, dans une enquête susceptible de changer à tout jamais la face du monde. Plus il avancera dans ses recherches, plus il sera ébranlé dans ses propres convictions.
Et si le fils de Dieu était déjà revenu parmi nous ?

Cela faisait un petit moment que je ne m’étais pas attaqué à un thriller ésotérique… Peut-être parce que les derniers que j’avais lu malgré un bon suspense en général, finissaient un peu trop “facilement” pour moi. N’est pas Dan Brown qui veut !

Peter James est un auteur anglais que j’apprécie particulièrement pour ses polars et ses thrillers. Je me suis attaqué donc à ce pavé dans un genre dans lequel je ne l’attendais pas du tout, le “polar ésotérique”. Très vite je retrouve les caractéristiques de l’auteur, fluidité de l’écriture, personnages pour lesquels on éprouve de l’empathie, et beaucoup de suspense, mené par un rythme à cent à l’heure… Une mise en avant des travers de nos sociétés fort bien pointés.
Comme Ross j’ai rêvé au fur et à mesure de ma lecture, comme lui, j’avais envie de savoir quelle était cette Preuve Ultime…

Peter James a mis près de vingt-neuf ans de recherches et d’investigations avant de finaliser son roman.
Je me suis complètement laissé prendre dans les filets de ce récit plein de rebondissements, et pour lequel je ne me suis pas ennuyé un seul instant.

Êtes-vous prêt à vous lancez à la recherche de nos origines ?
Dans une quête moderne, haletante sur une croyance originelle ?

Pour moi, un excellent roman !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Mais l’émotion qui l’animait en ce moment, tandis qu’il pianotait sur le clavier de son ordinateur, c’était la colère. La colère d’avoir assisté au viol et au massacre de femmes et d’enfants par les talibans. La colère contre ce dont il avait été témoin la veille, dans une maison qu’il avant investi avec des soldats. Ils avaient d’abord découvert un homme âgé pendu et le corps nu d’une jeune femme à la gorge tranchée. Puis ils avaient entendu les sanglots d’une femme et avait trouvé l’épouse du pendu, cachée dans une armoire, à l’étage. Elle répétait en boucle le même mot. Un soldat afghan le traduisit à Ross.
« Pourquoi ? »
Lui-même se demandait ce que Dieu fabriquait. Trouvait-Il ce carnage amusant ? »
…/…
« Sa compagnie pharmaceutique et les autres, qu’elles soient petites ou grandes, dépendaient d’une seule chose : que personne ne trouve le remède miracle à toutes les maladies.
Elles ne faisaient de profits qu’en maintenant en vie des personnes souffrantes.
Le plus longtemps possible.
Sans jamais les guérir. »

 

 

Peter James (né en 1948 à Brighton, Grande-Bretagne) est un auteur de thriller et un producteur. Diplômé d’une école de cinéma, il a passé quelques années en tant que scénariste et producteur aux Etats-Unis. Sa vie se partage désormais entre le Sussex et son appartement de Notting Hill, à Londres. Il a publié près d’une vingtaine de romans traduits dans vingt-neuf langues et a reçu le prix Polar International 2006 du salon de Cognac et le prix Coeur Noir 2007.
Il compte parmi les auteurs de romans policiers les plus lus du Royaume-Uni, grâce notamment à la série mettant en scène le commissaire Roy Grace, traduite dans trente-quatre pays. En 2016, il a reçu le prestigieux Diamond Dagger Award pour l’ensemble de son œuvre. Il revient aujourd’hui avec une nouvelle aventure, centrée autour de la question de l’existence de Dieu, qui s’est hissée dès sa sortie en tête des meilleures ventes en Angleterre.

Émotion, Histoire, Suspense

Dessiner les nuages

de Sandrine Roy
Broché – 23 juin 2021
Éditeur : Éditions du Loir

Bandeau_Intro.jpg

Angeville. 1943. Malo, un jeune homme simple d’esprit, vit depuis des années en retrait du village, dans une cabane au milieu de la forêt. À l’arrivée des Allemands, il va recueillir Antoine, un enfant retrouvé vivant dans la tombe fraîchement creusée d´un couple de Juifs. Sur fond d’antisémitisme et d’Occupation, une relation forte va naître entre eux, dans un village confiné et divisé, où l’innocence de Malo est bien souvent trahie. Grâce à ses prédispositions pour la peinture et son instinct de protection poussé à l’extrême, Antoine va mettre des touches de couleur dans cette période noire, liant, sans le savoir, la petite et la grande Histoire.

 

2021_061_Roy Sandrine - Dessiner les nuages

 

Comme de nombreux auteurs avant elle, Sandrine Roy a “glissé” vers un nouveau genre littéraire… et elle a bien fait !
Non que je n’ai pas aimé ses autres romans, mais dans celui-ci, je trouve que sa sensibilité y trouve sa place…

Quand j’ai vu que le roman était préfacé par Mireille Calmel, dont je suis un grand fan, je me suis dit c’était forcément du “lourd” !
Je ne m’étais pas trompé, ce livre est magnifique, et je pèse mes mots. J’ai été fortement impressionné, voire admiratif à certains passages !

Dès le début du roman l’émotion règne en maitre.

Les personnages, le village, la situation historique…
J’ai Ressenti l’ambiance et la pression de l’Occupation Allemande, la peur chez tous les habitants. Et comme cela s’est malheureusement passé, certains “français” y voient très vite une occasion de se démarquer en trahissant les leurs et leur patrie.
Les poils de mes bras se hérissaient de colère à certains moments.
Mais ce n’est pas le plus important, ce n’est pas ce que je retiendrai du roman.

Le plus important dans l’histoire, pour moi, c’est l’amour !

C’est l’amour de Malo, un simple d’esprit, fragile et fort à la fois, pour sa vie, pour son travail, mais surtout pour la belle Rachel…
C’est l’amour d’Antoine, un enfant trouvé par Malo. Un enfant pas comme les autres. Il parle peu, ne se mélange pas, ne sais pas d’où il vient, mais voue un amour et un respect sans faille pour Malo qui l’a adopté. Il aime aussi les animaux, tous les animaux, car ils le comprennent, il aime son professeur Firmin, qui très vite a vu en lui l’être exceptionnel qu’il est, il aime aussi dessiner, les nuages surtout…
C’est l’amour de Frantz, officier allemand, pour Malo qui deviendra très vite son ami, l’amour pour Adèle surtout, qui dès leur première rencontre a rayonné dans sa vie…
Mais c’est surtout l’amour que l’auteur porte à tous les personnages qu’elle a créé, qu’elle a choyé avec beaucoup d’affection et d’humanité aussi, au point de les avoir rendu vivants pour moi.

Ce roman beau et triste à la fois, j’aurais voulu le conserver plus longtemps, j’aurais aimé qu’il ait beaucoup plus de pages, il m’a touché profondément le cœur, m’a ému jusqu’à verser quelques larmes, m’a fait ressentir le meilleur de moi-même. J’avais déjà lu des romans ayant une thématique approchante, mais là, c’est un gros coup de cœur.

Vous aimez les belles histoires ?
Ce livre, qui vous attend déjà quelque part, est fait pour vous !

Un grand bravo, aux Éditions du Loir, pour cette belle mise en avant…

Sandrine Roy a reçu en juillet dernier, au Salon du livre du Château Le Verdoyer, le 1er prix littéraire du Verdoyer 2021, pour « Dessiner les nuages ».

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Malo vit au milieu de la forêt, à deux km du village d’Angeville. On y accède par une route en pente raide qui descend vers le moulin en longeant la Serre. Arrivée à la lisière de la forêt, la route devient un chemin pour se terminer par un sentier où les chariots ont creusé de profonds sillons.
Les habitants d’Angeville ont tous plus ou moins contribué à l’aménagement d’une maison afin que ce pauvre Malo ait un abri où vivre, suffisamment éloigné du village.
On ne lui connaît aucun proche. Sa mère, débarquée de la ville enceinte jusqu’aux yeux, sans mari, sans famille, est morte en couches. L’enfant qu’elle venait de mettre au monde tarda à pousser son premier cri. C’était un mauvais signe. »
…/…
« À la mairie, Mességué reçoit un nombre considérable de lettres anonymes de bons Français accusant l’un ou l’autre des citoyens de cacher un poulailler dans une remise ou un cochon dans une cave.
La jalousie, le désir d’échapper à l’oppresseur en collaborant, la peur : voilà ce qui motive ces dénonciations.
D’autant que depuis l’arrivée des Allemands, beaucoup de fils de paysans ont été envoyés de force au STO, en Allemagne. Quelques-uns ont pris le maquis, refusant de quitter leur pays ainsi que leur famille dans le but de travailler pour l’ennemi. Pas question ! C’est ainsi qu’à Angeville, Maurice merle – dit Mémo – et Marcel Cabrol se sont enfuis un beau matin de décembre, sans trop savoir où ils iraient, mus par des rumeurs racontant que des hommes se réunissaient dans les campagnes isolées et organisaient des actes de résistance.
Au sein du village, peu à peu les camps se sont formés d’eux-mêmes. La défiance entre les deux est de mise. »

 

 

Sandrine Roy est originaire de Bègles, près de Bordeaux. Des études de Lettres modernes ont affirmé son goût déjà très prononcé pour la lecture et l’écriture, qu’elle pratique depuis on plus jeune âge. Elle vit depuis 14 ans dans la région de Montauban, où elle travaille en milieu scolaire. Elle est connue pour ses romans policiers et tout particulièrement sa série, mettant en scène Lynwood Miller, ancien membre des forces spéciales américaines.
Dessiner les nuages est sa première incursion dans le roman historique.

Émotion, Fantasy, Suspense

Le livre de Gwybod

de Morgane Muller
Broché – 4 juin 2021
Éditeur : AFNIL

Bandeau_Intro.jpg

Un parcours d’étudiante tranquille, une vie sociale limitée, Mahé, à 24 ans, n’est pas de celles que l’on remarque. Et cela lui convient parfaitement, préférant rêver le nez dans ses livres et passer ses journées seule à la bibliothèque.

Pourtant, un désir de vivre les aventures qu’elle dévore dans les romans bouillonne en elle.
Alors, lorsqu’elle surprend une discussion au sujet d’un livre ancien, mystérieux, relatant la fin du règne du Roi Arthur, la curiosité de Mahé prend le dessus.
Entraînée malgré elle dans une folle aventure – allant de la forêt de Brocéliande en Bretagne aux Cornouailles en Angleterre – avec deux professeurs de son université, poursuivie par des chasseurs de trésors, Mahé aura enfin l’occasion de découvrir quelle femme se cache vraiment en elle.

Parviendra-t-elle à dépasser ses peurs ?
Trouveront-ils cet objet mythique dont l’existence est enveloppée de magie ?

Pour Mahé, sa vie commence maintenant…

 

2021_060_Muller Morgane - Le livre de gwybod

 

Mahé, 24 ans, étudiante en littérature, ne trouve pas sa place. Elle a beau essayer, c’est plus fort qu’elle, elle ne se fait pas confiance, et elle a beaucoup de mal à participer lorsqu’elle est en groupe. Ainsi elle vit ses soirées par procuration grâce aux aventures qu’elle dévore dans ses livres, seule, chez elle ou à la bibliothèque. Un jour elle surprend une conversation au sujet d’un livre ancien qui parle du règne du Roi Arthur, sa curiosité est très vite piquée.
Contre sa volonté, elle sera ainsi entraînée dans une aventure incroyable et dangereuse – partant de la forêt de Brocéliande en plein cœur de la Bretagne, jusqu’aux Cornouailles en Angleterre. Avec deux professeurs d’université, elle va devoir se surpasser et rechercher la femme intrépide et courageuse qui se cache en elle.

Je vous conseille vivement ce premier roman de Morgane Muller “Le livre de Gwybod” !

Mais pourquoi donc, me direz vous ?
Pour tout un tas de bonnes et belles raisons…

La première ?
Dès les premières lignes l’auteure est parvenue à m’accrocher. J’ai eu soudain l’impression d’être dans mon lit, quand j’habitais encore chez mes parents et que je lisais en cachette sous les draps avec une lampe torche pour ne pas réveiller mon frère !!! J’adorais ça… Ne pas faire de bruit en tournant les pages, lire en apnée avec cette excitation de l’“interdit” !

La seconde ?
Qui n’a jamais rêvé de vivre des aventures incroyables. Dans ce roman, je les ai vécues comme si j’y étais…
Écriture soignée, fluide et pleine de rebondissements. Mahé part à la quête de la fameuse épée du roi Arthur, Excalibur, afin qu’elle ne soit récupérée par un horrible receleur d’objets rares, qui ne reculera devant rien…
Dans cette aventure qui se déroule à cent à l’heure, Mahé devra se battre, non seulement pour aider ses “compagnons”, mais aussi afin de conserver sa vie !

Une troisième ?
La magie…

D’autres raisons ?
Des décors superbes, Merlin, des objets mythiques, des passages souterrains millénaires oubliés depuis bien longtemps, des runes, les fameuses brumes d’Avalon, une ambiance et un monde où tout peut arriver…

Voilà ce que vous découvrirez à travers ce récit de Fantasy, mais ma que… Il y a de l’émotion, du romanesque, de la psychologie. Les personnages sont attachants, l’atmosphère des lieux est palpable, quel plaisir.
Mais je n’irai pas plus loin pour ne pas gâcher votre lecture.
Cette histoire vous touchera forcément, que vous soyez adultes où adolescents…
Une belle manière et originale aussi, de découvrir, ou redécouvrir peut-être une partie de la vie du roi Arthur et de ceux qui à un moment ou un autre lui ont prêté main forte !

Une très belle surprise pour moi !
Merci Morgane pour cette belle histoire enchantée, j’espère que tu continueras à me surprendre ainsi par tes écrits !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Mahé aimait la petite boutique d’objets du monde devant laquelle elle venait de s’arrêter, l’appréciant pour le dépaysement mais aussi pour les entêtantes odeurs de patchouli, santal et vanille qui s’en dégageaient.
La jeune femme y entra comme c’était souvent le cas le soir avant de prendre son bus, fit le tour du magasin, sourit à la vendeuse qui ne semblait jamais la reconnaître et lui répondait chaque fois laconiquement. Du bout des doigts elle caressa les carnets de voyage en cuir. Mahé adorait feuilleter ces objets vierges de tout et engageant à tous les possibles. Elle regarda celui en cuir marron, à l’aspect tanné ; il sentait bon. Les pages jaunies lui conféraient une certaine authenticité. On eut dit le carnet d’un aventurier, peut-être le carnet de notes d’un conquistador à la découverte d’un nouveau monde ou encore le calepin d’un prévenu de la Grande Guerre. L’imagination n’a pas de limites pour peu qu’on en ai suffisamment. »
…/…
« Mahé était pétrifiée, sentant le canon froid de l’arme contre sa peau. Elle ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Pas comme ça. Si Merlin, Arthur ou Morgane existaient, où étaient-ils donc ? Allaient-t-ils permettre que ce lieu soit souillé du sang d’innocents ? La jeune femme observait Catherine qui ne bougeait pas, ne parlait pas, en proie à des sentiments contraires. Qu’attendait-elle pour lui donner cette foutue épée ? Entre la vie et ce maudit objet, le choix selon elle était vite fait. Le temps était suspendu à cet instant surréaliste. Mahé avait l’impression d’être dans l’une de ces scènes de cinéma dans lesquelles les figurants sont à l’arrêt, tels des statues, et où le personnage principal se déplace en les regardant un par un sans comprendre ce qui leur arrive, spectateur de ce phénomène étrange. »

 

 

Issue d’un mélange entre l’Espagne, l’Allemagne et la France, Morgane Muller a toujours eu soif de découvertes et de voyages, quand bien même ils se faisaient par l’imagination.
Grande rêveuse, les livres furent une merveilleuse source d’évasion lorsqu’elle était plus jeune. Puis l’écriture s’est imposée peu à peu d’elle-même.
Passionnée par les mythes et les légendes, fascinée par les émotions et les rapports humains, Morgane Muller, après avoir écrit des nouvelles et un spectacle théâtral, s’est lancée dans l’écriture de son premier roman.
Amoureuse de la Bretagne, sa région de cœur, elle y a puisé son inspiration. La magie, les artefacts, les mystères ont bercé sa jeunesse et c’est tout naturellement qu’elle a entraîné l’héroïne de son premier roman dans cette Bretagne mystérieuse, secrète et envoûtante, au cœur de la légende du Roi Arthur.
Ses héroïnes sont des femmes fortes qui, malgré leurs doutes et leurs failles, relèvent les défis qui se présentent à elles. Les liens qui unissent les personnages leur permettent d’évoluer et de se dépasser. Le parcours initiatique est un thème cher à l’auteure.
La vie est faite d’aventures qu’il ne faut pas s’empêcher de vivre.

Frisson horreur, Nouvelles, Suspense, Thriller

Storia

de Nicolas Beuglet, Roy Braverman, Ian Manook, Armelle Carbonel, Christophe Dubourg, Nicolas Duplessier, Damien Eleonori, Thomas Enger, Jacques Expert, Victor Guilbert, Johana Gustawsson, Vincent Hauuy, Lorraine Letournel laloue, Jerome Loubry, Mo Malo, Ludovic Miserole, Alice Morgane, Ivan Zinberg, Guy Alba
Poche – 15 octobre 2020
Éditeur : Hugo poche

Bandeau_Intro.jpg

17 AUTEURS DE THRILLERS DÉTOURNENT LES CONTES POUR ENFANTS AU PROFIT DE L’ASSOCIATION ELA

Blanche-Neige à Amsterdam, Pinocchio à Los Angeles, le Petit Chaperon rouge à Paris, Boucles d’Or qui tombe en panne là où elle aurait mieux fait de ne jamais s’arrêter, le Petit Bonhomme de pain d’épices en proie à un serial killer trop gourmand… mais aussi Peau d’Âne, saint Nicolas, Poucet, Cendrillon et beaucoup d’autres : dix-sept auteurs de thrillers détournent les contes de fées, les légendes et les mythes de notre enfance au profit de l’association ELA.

 

2021_058_Collectif - Storia.jpg

 

Une très belle initiative que ce recueil de nouvelles, “Storia”. Non seulement cet achat permet de faire une bonne action pour l’association ELA, tout comme le précédent opus “Phobia”, puisque les droits sont entièrement reversés pour les enfants atteints de leucodystrophie, mais de plus on passe un “agréable” moment de lecture.

17 auteurs de thrillers ont détourné pour notre plus grand plaisir des contes populaires pour les transformer en nouvelles terriblement noires.

Il était une fois…
Qui n’a jamais frissonné à ces quelques mots ?

Enfants, j’ai toujours adoré les contes. La plupart, je les ai découvert un peu tard, car mes parents ne maitrisaient pas le français. Mais, j’ai le souvenir d’une maitresse à la maternelle qui nous en lisait très régulièrement… Nous étions tous assis parterre en rond… Seule sa voix perturbait le silence.

Il est toujours un peu difficile de parler d’un recueil de nouvelles. Les textes trop courts ne permettant pas souvent un développement optimal.

Comme pour chaque ouvrage de ce type, certaines nouvelles m’ont beaucoup plues, certaines sont même excellentes et j’ai même eu un coup de cœur. Mais malheureusement, j’avoue avoir été un peu déçu par certaines… C’est dommage.
Mais qu’importe mon ressenti très inégal, ce qui compte avant tout, c’est la démarche accomplie par les auteurs à travers ce livre.
De plus cela m’a permis de découvrir certains auteurs que je ne connaissais pas encore !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« “Madame, si l’on en croit le conte, elle aurait du se réveiller, la princesse…”
Le sang bouillonnant dans ses veines, Clara se mit à hurler, si fort que le tonnerre grondant sur les plaines n’osait rivaliser. Surpris par sa réaction, les enfants se mirent à pleurer abondamment. La femme étendue sur le lit humide paraissait sur le point de s’éveiller, mais la plaie dessinée autour de sa gorge attestait le contraire. Paralysée par l’horreur, Clara fixait un point imaginaire dans le décor anxiogène. Puis, réalisant que l’auteur de cette macabre mise en scène pourrait encore errer dans les parages, elle mobilisa toutes ses facultés pour conserver son sang-froid. Se détournant du cadavre, la jeune femme s’adressa calmement à ses petits protégés.
“Rentrons au campement”.
Puis elle ajouta :
“Maintenant !” »
…/…
« Mais j’étais surtout désabusé depuis un bail. Par ce que mes yeux avaient déjà pu constater auparavant : l’état du monde. Le fric et le pouvoir.
– L’éternelle lutte des classes, les nantis et les pauvres, approuve Ferguson, résigné.
– Oui, mais pas seulement. Vous avez vu ce qui se passe dans ce monde, justement ? Cette moralité à deux balles, cette police du rire, ce puritanisme de pacotille. À terme, on régulera l’amour, le droit d’aimer une personne et pas une autre, on te dira avec qui baiser ou avec qui ne pas le faire. Tu ne trouves pas ça paradoxal, toi, qu’à une époque où on glorifie les libertés individuelles, où l’on a accès à tous, le moralisme soit devenu une arme de destruction massive ? Et puis merde… Pourquoi suis-je ici parmi vous ? »

Storia.jpg

Émotion, Humour, Suspense

Les Couleurs de la vie

de Lorraine Fouchet
Poche – 4 avril 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

Bandeau_Intro.jpg

Fraîchement débarquée de son île bretonne à Antibes pour devenir la dame de compagnie de Gilonne, Kim est frappée par la complicité qui unit cette ancienne actrice à son fils unique. Aussi, quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle apprend que celui-ci aurait disparu des années plus tôt… Gilonne est-elle victime d’un imposteur ? Guidée par son désir de protéger celle qui pourrait être sa grand-mère, Kim va tenter de percer le secret de cette mystérieuse famille.
Des vagues de tendresse, un parfum de Bretagne, une pincée de suspense et de l’humour à foison… : Lorraine Fouchet déploie ici toute la magie de son écriture.

Un véritable hymne à la vie, bourré de charme et résolument optimiste.
Valérie Gans, Madame Figaro.

Un roman choral parfaitement mené et attachant.
Anne Michelet, Version Femina.

Un trio stimulant.
Philippe Vallet, « Le Livre du jour », France Info.

 

2021_054_Fouchet Lorraine - Les couleurs de la vie

 

Lorraine Fourchet fait partie de ces auteures qui nous permettent, non seulement de rêver mais aussi de sortir un peu de notre quotidien…
Avec “Les Couleurs de la vie”, elle nous offre un roman délicat sur l’enfance, la vie, l’amour et aussi la mort…
Beaucoup d’émotions se dégagent de ce roman. J’ai retrouvé l’île de Groix, comme dans beaucoup de ses romans, mais Lorraine nous fait aussi voyager dans le midi de la France, là où les cigales chantent avec un accent différent, là où se soleil est toujours au rendez-vous !

“Les Couleurs de la vie”, c’est l’histoire de Kim, une Bretonne qui vit dans l’île de Groix, elle est libraire. Elle vient de perdre sa grand-mère qui l’a élevée après à la mort de ses parents, et cherche à savoir pourquoi elle s’est suicidée. Finalement elle décidera de quitter son île, de quitter son amoureux, et partir pour Antibes…
Elle trouve un travail. Elle va s’occuper d’une vieille dame, Gilonne, qui commence à perdre la mémoire. C’est son fils Côme qui l’a voit une fois par semaine qui va l’embaucher. Mais très vite, Kim apprendra que le fils unique de Gilonne est décédé deux ans plus tôt !
Qui donc l’a engagé pour s’occuper de Gilone ?
Qui est cet homme qui se fait passer pour son fils ?
Kim va mener “Son enquête” afin de découvrir pourquoi est-il entré dans la vie de cette femme.

“Les Couleurs de la vie” est un très beau roman plein d’amour, de tendresse.
Tous les personnages qui gravitent autour de Kim ont une vraie importance, certain sont un peu fous, mais tous brillent à un moment ou un autre.

Lorraine Fouchet est une personne qui aime les gens, les animaux et la vie, et je m’en rends bien compte à travers ses mots. Non contente de nous faire vibrer avec ses personnages, elle donne dans ce récit encore une fois la parole à certains objets. Un réfrigérateur, un miroir, un piano…

Cela a été pour moi un très joli moment de lecture sur le refus de la vieillesse, sur l’amitié, sur l’amour.
La musique aussi a une part très importante dans ce récit. Je me suis composé ma “play-list” musicale et je l’ai écoutée tout le long de ma lecture…

Ce roman demande à s’ouvrir. Il faut le lire avec son cœur.
Merci Lorraine, pour cette histoire agréable, délicate, triste et belle à la fois !

Aimons-nous et profitons de la vie…
Kenavo d’an distro…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le ciel n’a pas le même bleu, les jardins n’ont pas le même parfum, les Méditerranéens pas les mêmes inflexions que les Groisillons. Les cigales chantent, je suis téléportée sur une autre planète. Même les oiseaux ont l’accent du Midi, leur pépiement fleure la lavande. La mer ici est plate, sereine, je n’arrive pas à m’habituer à l’absence de marées. On se baigne à toute heure, les bateaux sont amarrés court, aucun marin d’eau douce ne se retrouve pendu au quai à marée basse. Il est loin, le temps des clichés : coiffe bretonne et sabots chez moi, fichu et tablier provençal ici. Tout le monde s’habille pareil maintenant : jeans et tee-shirts. Le phrasé, l’atmosphère, les pins et les vagues, eux, diffèrent. Intensité versus joie. Cantilène versus cavatine. »
…/…
« Le blanc s’étend sur ma tête, comme lorsque la neige recouvre les champs de coquelicots en hiver Mais je demeure rousse pour la vie. Nous sommes une élite, Kim. La rousseur est lié à un gène sur le chromosome 16. Ramsès II était roux, le roi David et Judas aussi. Nous avons plus d’allergies, plus d’accidents d’anesthésies, plus de coups de soleil, plus d’intensité, plus de hargne, plus de passion. Nous subissons plus de moqueries à l’école, nous nous défendons tôt, nous aimons plus fort, nous vivons plus grand. »

 

 

Lorraine Fouchet a perdu son père à 17 ans, juste après son bac. Elle est devenue médecin urgentiste pour sauver les papas des autres. Elle a travaillé pendant quinze ans au SAMU et à SOS Médecins, avant de se consacrer à l’écriture. Elle est l’auteur de 22 romans, dont Les Couleurs de la vie, Poste restante à Locmaria et Tout ce que tu vas vivre. Entre ciel et Lou, paru chez EHO en 2016, a remporté le prix Bretagne/priz Breizh, le prix Ouest et le prix Système U. Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

Émotion, Histoire, Polar, Suspense

Devoir de mémoire

de Éric Dupuis
Broché – 12 juin 2017
Éditeur : Ravet-Anceau

Bandeau_Intro.jpg

Durant la Seconde Guerre mondiale, Edith Cuvelier fut malgré elle la favorite d’un colonel SS. Une expérience qui la hante toujours. Aujourd’hui âgée et malade, elle décide de se cloîtrer, fusil à la main, dans sa résidence du bassin minier. Son but ? Se protéger des « hommes en noir ». Alertés par l’entourage de la vieille dame, le major Kaczmarek et l’agent à la retraite Constantini font chez elle une macabre découverte. Son mari, égorgé. Pour Constantini, les coïncidences n’existent pas : le mode opératoire lui rappelle une ancienne affaire menée par son père. Affaire sur laquelle Edith avait déjà été inquiétée… Kaczmarek, quant à lui, décide de n’écarter aucune piste et interroge les proches de la suspecte. La même question est sur toutes les lèvres : peut-on échapper au passé ?

 

2021_053_Dupuis Eric - Devoir de mémoire

 

Dernièrement, j’ai plutôt été déçu par les derniers Polar que j’avais lu… Certains même, je ne les avais pas chroniqués, cela ne me semblait pas utile.

Avec “Devoir de mémoire”, Éric Dupuis me réconcilie avec le genre !

Édith Cuvelier est une jeune fille, durant la seconde guerre mondiale. Lorsque les allemands envahissent sa région, contre sa volonté elle va devenir la muse d’un colonel SS, elle subira alors tous les outrages. À la fin du conflit, lorsque les allemands sont partis, elle pense alors enfin souffler… On la traitera de “pute à Nazi”. Elle sera battue et on lui rasera la tête…
Aujourd’hui des années plus tard, elle est devenue une vieille dame, elle a 90 ans, elle est malade et vit avec son mari malade aussi. Un soir, elle prend une arme conservée par son mari après la guerre et se met à tirer dans tous les sens pour se protéger des « hommes en noir »…

La police arrive très vite et trouve une scène de crime horrible, son mari a été égorgé durant son sommeil.
Pour Constantini, policier à la retraite, le mode opératoire lui rappelle une ancienne affaire qui n’a jamais, à son grand malheur, jamais été résolue.
Le tueur en série est-il revenu 20 ans plus tard ?
Est-ce un Copycat ?

Une nouvelle enquête, et pas des moindres, pour nos enquêteurs de choc !

Étant passionné d’Histoire, j’ai beaucoup aimé ce roman. Les différents passages se déroulants à la fin de la seconde Guerre mondiale, l’intervention des Nazis qui à ce moment là, sont toujours dans l’espoir de régner durant mille ans, L’intrusion dans un monde que je connais assez peu, celui du troisième âge, de la maladie et de la perte de repères que nos anciens d’un seul coup subissent…
Mais, c’est surtout sa région natale que l’auteur à décidé de développer, la région du Nord-Pas-de-Calais, et parfois j’ai vraiment eu l’impression d’y être. “Devoir de mémoire”, se déroule après “Aussi noir que le charbon”, j’étais content de retrouver les mêmes enquêteurs qui sont attachants, mais ce récit est encore plus “fouillé” que le précédent je trouve. Il n’est d’ailleurs pas utile de l’avoir lu pour comprendre cette “suite”, mais pour une meilleure vision globale des personnages principaux et de leur vécu, personnellement je préfère. Dans ce nouvel opus il y aura encore beaucoup recherches historiques et régionales.
Le récit est fluide et très bien construit, les personnages vivants. La lecture est prenante, sans temps mort et très agréable…

Une intrigue très bien menée qui va vous plonger au cœur de la Seconde Guerre mondiale dans un premier temps, puis dans une enquêtes qui va de rebondissements en rebondissements, mais aussi aussi un récit très humains qui m’a forcé à réfléchir et me remettre en question sur beaucoup de choses.

Et quel final ahurissant…

Merci Éric et bravo, encore une fois tu m’as bien baladé, là, où vraiment tu le souhaitais…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« – Je suis obligée de nous protéger. Ton père ne fait plus rien contre eux, il dort tout le temps ! Je n’ai pas envie qu’ils nous fassent du mal… Je ne veux plus souffrir…
– Qui oserait vous faire du mal ? Les gens qui s’occupent de vous ? Tu sais que je suis capable de les arrêter, alors donne-moi leurs noms !
– Oh, je ne sais plus… Je ne m’en souviens plus… Tout ce que je sais, c’est qu’ils sont plusieurs… L’autre jour, on m’a porté des coups et ton père a crié, tellement on lui faisait mal… Je ne veux plus voir personne. et j’ai trop souffert. Gamine, mon père me frapper. J’étais l’aiînée, donc je devais montrer l’exemple, en travaillant toujours bien à l’école et en étant un modèle pour mes frères et ma sœur. Mon père, André, ancien poilu de la guerre 14-18, aimait la discipline et l’ordre, raison pour laquelle il ne supportait pas le moindre écart de conduite. J’étais de suite giflée, sanctionnée et punie. Direction le cachot… le local à charbon. Tu imagines le nombre de fois où j’ai pleuré au cours de mon enfance ? C’est terminé, je ne veux plus qu’on me fasse du mal… »
…/…
« Une fois agrippée par les cheveux, j’ai été traînée jusqu’à la place publique d’Acheville. Tous les villageois qui ne me connaissaient même pas scandaient mon nom et crachaient toute leur haine sur moi, pendant qu’un résistant m’attachait à une chaise devant le monument aux morts de la guerre 14-18. J’entendais hurler « salope ! Putain ! Chienne de Boches ! » tandis que les touffes de mes cheveux dégringolaient inlassablement devant mes yeux, tailladés à coups de ciseaux, jusqu’à l’arrivée de la tondeuse qui acheva le carnage. J’étais forte et je savais que je n’avais rien à me reprocher. Outre le fait d’avoir été enrôlée de force dans ce manoir de malheur, bordel à Boches, j’avais réalisé des actes de résistance à l’ennemi. Les Américains l’avaient reconnu et dans quelques temps, je serai lavée de toutes ces atrocités. J’ai fait preuve de courage en leur montrant que la honte ne me gagnerait pas.
Une fois le crâne à nu, une femme lui avait peint une croix gammée sur la tête puis on l’avait attachée à une carriole tiré par un cheval de trait pour l’exhiber dans les rues. »

 

 

Né dans les années 1960 à Courrières dans le Pas-de-Calais, Éric Dupuis poursuit ses études secondaires à Lens avant d’incorporer le premier contingent de policiers auxiliaires en octobre 1986, puis de devenir gardien de la paix en 1987. Après plusieurs années sur la voie publique et trente ans de carrière dans la police nationale en région parisienne, il devient major-instructeur. En tant que formateur en sécurité intérieure, il enseigne aujourd’hui activités physiques et professionnelles : tir, auto-défense et techniques de sécurité en intervention. Il est également passionné par les arts martiaux et notamment par le krav maga, une discipline d’auto-défense qu’il pratique et enseigne en tant que 4e dan.

Dans le cadre de son travail d’acteur et de conseiller technique pour le cinéma et les séries télévisées, il se lance dans l’écriture et propose ses récits. Après Aussi noir que le charbon, il publie un autre polar se déroulant dans le bassin minier : Devoir de mémoire. Un retour aux sources, en quelque sorte…

Drame, Noir, Suspense

Coïncidences

de Eric Oliva
Broché – 1 juillet 2021
Éditeur : Des Livres et du Rêve

Bandeau_Intro.jpg

Je vais vous raconter une histoire. Une histoire vraie, comme il en existe tant d’autres. Mais celle-ci, c’est l’histoire de Caroline et de Jacques. Deux êtres dont les chemins n’avaient qu’une infime chance de se croiser. Pourtant ce fut le cas à deux reprises. Le 25 novembre 1978, lors d’une enquête hors du commun, en plein cœur de Paris, puis trente-huit ans plus tard, tandis que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel venait d’assassiner quatre-vingt-six personnes à Nice.
Sur la terre, il existe de multiples destinées. Certaines, d’une belle simplicité, gorgées d’implications et d’altruisme en côtoient parfois d’autres, emplies de douleurs et d’avatars. Les voici réunies.

 

2021_052_Oliva Eric - Coïncidences

 

Une histoire inspirée de faits réels écrite avec beaucoup d’émotions.

Les coïncidences ont régulièrement suivi ma vie, et cela depuis mon plus jeune âge.
Pourquoi ?

Est-ce parce que je fais plus attentif aux détails en général, mais que nous sommes tous concernés de la même façon ?
Ou bien n’y a-t-il que certains “élus” ?
J’avoue que je suis incapable de répondre à cette question, mais le dernier livre d’Eric Oliva a résonné en moi comme quelque chose de familier…

Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à entrer dans “la ligne du temps” du récit. Pratiquement chaque chapitre se passe à une période différente. Mais très vite, la thématique du sujet m’a capté, et cette histoire terriblement humaine m’a touché tel un uppercut !

Si la plupart des personnages sont marquant, L’auteur va surtout s’intéresser à deux d’entre eux, sur près de 40 ans de vie, qui vont se dérouler à toute vitesse…

Caroline, bébé, jeune fille, et femme admirable, au destin incroyable, elle aurait pu avoir une vie normale, si le malheur n’était pas venu roder autour d’elle et ce dès l’âge de 8 mois. Un “drôle” de destin à couper le souffle.
Jacques, jeune policier attachant, un VRAI, un de ceux qui sont honnêtes, qui ne supporte pas ceux qui ne jouent pas la règle, que l’on suivra sur plusieurs enquêtes jusqu’à sa retraite.

Deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, mais la vie en avait décidé autrement !
J’ai suivi intrigué, pas à pas, la vie de nos 2 protagonistes.

Bien écrit, ce récit m’a pris aux tripes, et m’a tenu en haleine jusqu’à la fin, telle une spirale où finalement, notre monde est vraiment petit.
Mais le plus fou, est de me dire que c’est une histoire vraie !!!

Alors, un grand merci à Jacques Notta, d’être ce qu’il est et ce qu’il a été, et bravo à Caroline d’avoir trouvé les ressources nécessaires pour être heureuse malgré ce qu’elle vécu tout le long de sa vie.
Je penserai à vous deux le 30 juillet prochain ! Vive la vie…

J’ai passé un excellent moment de lecture, merci Eric !
Il est bon de savoir que malgré les difficultés, la vie nous réservera aussi de très belles surprises !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La petite, c’est toi ?
La réponse fut immédiate. Sans même réfléchir, le garçon acquiesça d’un mouvement de la tête. Peut-être par peur ou perclus de remords, ses explications furent tout aussi soudaines, presque naturelles. Il avait demandé à Nassima de le suivre jusqu’au sous-sol pour rechercher son bébé chien, ce qu’elle avait fait sans difficulté. Comme il le lui avait raconté, le chiot avait fugué et il avait besoin d’aide pour le retrouver. Une ruse somme toute banale, mais qui avait déjà fait ses preuves. Christian Ranucci, depuis le fameux ce fameux jour de juin 1974, avait selon toute vraisemblance fait des adeptes.
 »
…/…
« À l’appel au secours d’une Caroline qui leur avait paru au bout du rouleau, ses grands-parents n’hésitèrent pas un seul instant et l’accueillirent à bras ouverts. Dans la vaste maison que le couple occupait sur les collines de cette petite commune en front de mer, Antonia avait rapidement préparé sa chambre et James avait remis au goût du jour le bureau que les fillettes utilisaient autrefois.
Moins d’une semaine plus tard, à son arrivée, tous deux avaient été aux petits soins pour elle. Les bons petits plats de mamie et les réminiscences de ce qui était une vie de famille lui rappelèrent que des choses normales existaient et que celles-ci lui avaient terriblement manqué.
 »

 

 

Je suis né à Casablanca en juillet 1967.
Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.
Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.
Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.
Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.
À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.
Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.
L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.
En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.
Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.
La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.
Fin février 2015, Chroniques d’une vie de flic voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.
Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)
Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.

Émotion, Noir, Suspense

Femmes en colère

de Mathieu Menegaux
Broché – 3 mars 20210
Éditeur : Grasset

Bandeau_Intro.jpg

Cour d’assises de Rennes, juin 2020, fin des débats : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Elle est accusée d’un crime barbare, qu’elle a avoué, et pourtant c’est elle qui réclame justice. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?
Neuf hommes et femmes en colère doivent choisir entre punition et pardon.
Au cœur des questions de société contemporaines, un suspense haletant porté par une écriture au scalpel.

 

2021_051_Menegaux Mathieu - Femmes en colère.jpg

 

C’est à chaque fois la même chose quand je lis un roman de Mathieu Ménégaux !
Impossible de le lâcher avant le mot fin. Alors, encore une fois je me suis fait avoir et je me suis retrouvé à veiller très tard…
Quel excellent page-turner !
J’avoue avoir terminé ma lecture “un peu” sonné, mais surtout bouleversé. Rarement je n’ai eu autant de facilité à me mettre dans la peau d’une femme, de comprendre sa colère et de vouloir me venger. Mathieu nous propose ici un roman vraiment efficace, et mon esprit n’a cessé depuis de me poser des questions sur le sujet.

Oui, j’ai haï les violeurs.
Oui, j’ai ressenti de la colère régulièrement au fur et à mesure de ma lecture.
Oui, j’ai été dégoûté suite à certaines réactions des jurés.

Mathilde Collignon a subit le pire, elle a été violé par deux hommes la même soirée, suite à un rendez-vous pris sur des réseaux sociaux…
Elle souffre, n’arrive pas à faire la paix avec elle-même. Alors quelques jours plus tard, elle décide alors de se venger.
Sa vengeance sera terrible !

“Femmes en colère” m’a entraîné dans les coulisses d’une Cour d’Assises.
Avec un jury, composé de trois magistrats et de six jurés, qui vie un véritable duel tous face à face.
En effet de femme violé, Mathilde est devenue la femme “barbare” qui doit être punie absolument, suite aux mutilations qu’elle a fait subir aux deux hommes qui ont abusé d’elle.
Elle a reconnu les faits, et a avoué s’être vengée. Malheureusement la justice ne reconnaitra pas le viol, faute de preuve. De plus Mathilde s’est rendue elle-même chez l’un de l’un des agresseurs !

Commence alors un jugement dont les délibérations vous nous mener très loin dans la réflexion.
Le ton de l’écriture est neutre et juste, et nous allons ainsi alterner entre les chapitres… Se sera tantôt le journal intime de Mathilde qu’elle écrit petit à petit en attendant le verdict, ou alors au sein même de la cour d’assise où nous assisterons au procès mais surtout aux délibérations, un domaine très peu connu. J’ai été captiver de suivre ainsi les arcanes du Code Pénal, les tenants et aboutissants qui mènent à une condamnation ou bien à un acquittement. Comment une majorité est acquise en fonction des questions posées.

Je me suis complètement laissé happer par le roman, et les délibérations m’ont régulièrement mis hors de moi…Comme Mathilde, j’attendais le verdict.
Peut-on se faire vengeance soi-même ?
Comment peut-on en arriver à une telle extrémité ?
Est-ce le résultat régulier d’inégalités de droits de la femme qui ne sont que rarement écoutées ?⁠

Qui de Mathilde ou de ses violeurs l’emportera ? Ce sera aux jurés de le déterminer !

Un très grand merci à l’auteur qui a su trouver les mots et qui est parvenu à trouver le bon équilibre entre la réflexion et l’émotion.
Je n’ai pas honte de dire qu’au dernier tiers, j’ai eu plusieurs fois les yeux qui piquaient.

Ce nouveau roman de Mathieu Menegaux ne déroge pas à la règle, il est aussi haletant et percutant que ses précédents.
Il est impressionnant et bien écrit. Il offre un suspense garanti, avec un final que je n’ai pas vu venir du tout !

Mathieu propose un très beau témoignage à toutes les femmes…
Coup de cœur, à lire absolument !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« À présent je suis détruite. Je n’y arriverai pas. Je n’ai plus la force. La rage s’est éteinte en moi. Je savais que le combat était mal engagé, je ne suis pas idiote. Je n’attendais pas la couronne de lauriers ni les applaudissements de la foule. Il y a eu crime et je mérite un châtiment. Mais pas vingt ans. Pas ma vie. Pas une deuxième fois. Ils me l’ont prise, ma vie. Et eux ? Et mes agresseurs ? Ils jouent une parfaite partition. Ils ne jubilent pas, n’échangent pas un regard de connivence. Ils sont investis dans leur rôle de victime, avec un V. Victime de la barbare. Victime de celle qui mérite d’être condamnée à vingt ans de réclusion criminelle. Pourritures ! »
…/…
« Comme de bien entendu ! La démocratie, c’est bien commode dès lors que le petit peuple vote tout bien comme les élites lui on indiqué qu’il convenait, n’est-ce pas ? Mais si le résultat n’est pas dans la ligne, c’est que le peuple n’a pas compris, que le pouvoir n’a pas fait suffisamment de pédagogie et il convient pour les dominants de trouver d’urgence une entourloupe pour enfumer le peuple. Les femmes se rebellent, affirment qu’il ne s’agit ni de barbarie ni de vengeance mais bien de justice et toc, les hommes s’empressent de retirer le droit de vote aux femmes, c’est bien cela ? »

 

 

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris.

Il travaille dans un cabinet de conseil en management. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d’avoir 45 ans avant d’enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint.

Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset. Il a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet, et a reçu 5 autres prix littéraires.

Un fils parfait, son deuxième roman, a été publié le 1° février 2017. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir, et a été porté à l’écran sous le titre « Un homme parfait », diffusé sur France 2 en mars 2019.

« Est-ce ainsi que les hommes jugent ?« , son troisième roman, est sorti en mai 2018, et a reçu le prix Yourcenar. Il est en cours d’adaptation pour France 2, pour une diffusion en 2021

« Disparaître« , son quatrième roman a vu le jour en Janvier 2020, juste avant le Grand Confinement.

Son dernier roman, « Femmes en Colère » est sorti en mars 2021.