Noir, Émotion, Drame, Suspense, Anticipation, Dystopie

Et toujours les Forêts

de Sandrine Collette
Broché – 2 janvier 2020
Éditions : JC Lattès

• Bandeau_Intro.jpg

Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts.

Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

« Cette épopée ne s’oublie pas. » Le Figaro

« Pour Sandrine Collette, l’espoir ne meurt pas tant que subsiste un souffle de vie, si chétif soit-il. » Le Monde des livres

« Un roman très prenant et cinématographique » Madame Figaro

« À mi-chemin entre La Route de Cormac Mc Carthy […], et En un monde parfait, de Laura Kasischke, Sandrine Collette réussit une très belle œuvre et trouve l’équilibre entre l’effroyable et le beau, faisant pousser la poésie au milieu de la poussière » ELLE

 

• Couv_103_Collette Sandrine - Et toujours les forêts.jpg

 

Un récit incroyable !
Saisissant, terrifiant, dérangeant et plus encore… mais en même temps, magnifique et introspectif.
J’en suis encore tout retourné.

La vie commence très mal pour le petit Corentin. Très jeune sa mère le place dans diverses familles, le récupérant régulièrement afin qu’il n’ai pas le temps de s’attacher. Sa mère nocive, n’ayant aucune once d’amour envers son fils, fera tout pour le perturber et le rendre malheureux. Puis un jour, elle l’abandonne chez Augustine, une vieille dame, qui petit à petit va “l’apprivoiser”, elle saura l’aimer et le faire grandir !
Les années passent… Le réchauffement climatique se fait de plus en plus présent, les journées de plus en plus chaudes et deviennent même caniculaires, toute la nature s’assèche. Ce qui devait arriver, arrive, un cataclysme se produit rasant toute la surface de mille feux. La nature a disparu. Plus que quelques arbres disséminés ici ou là, des millions d’animaux et d’humains ont été emporté par la vague mortelle.
Corentin fera partie des rares survivants.
Mais est-ce vraiment une chance de survivre, alors que tout a disparu ?

Un récit qui a fait naître pour moi, beaucoup de questions qui pourraient malheureusement être bientôt d’actualité.
Et si demain n’existait plus ?
Quel serait notre avenir ?
Pourrions-nous survivre, et si oui, pourquoi ?

Voilà un récit très inhabituel et terriblement réaliste.
Sandrine nous donne avec ses mots, simples, pesant parfois, mais tellement juste, une description de ce qui pourrait arriver aux survivants. Leur quotidien, leur lutte pour subsister et de nouveau essayer de vivre une nouvelle vie dans ce monde gris et silencieux…

J’ai passé un bon moment de lecture avec cette histoire triste, mais malgré tout avec de l’espoir.

Après avoir lu, “Animal”, “Des nœuds d’acier”, “Les Larmes noires sur la terre”, “Il reste la poussière” et “Juste après la vague”, Sandrine confirme pour moi, avec “Et toujours les Forêts”, sa place sur le podium des auteur(e)s français(es) à suivre absolument !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Les vieilles l’avaient dit, elles qui voyaient tout : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon.
Les vieilles ignoraient, alors, à quel point elles avaient raison, et ce que cette petite existence qui s’était mise à pousser là où on n’en voulait pas, connaîtrait de malheur e et de désastres. Bien au-delà d’elle-même : ce serait le monde qui chavirerait. Mais cela, personne ne le savait encore. »

« La route vide. Ce serait le dernier souvenir.
Il n’oublierait rien, ni le long trajet muet, ni l’instant où elle l’avait fait descendre de voiture, ni la lettre qu’elle l’avait forcé à prendre. Il n’oublierait pas le petit chemin jusqu’au virage, et sa respiration qui accélérait, et la peur au fond de lui.
Enfin, il n’oublierait pas les derniers mots de sa mère pour lui.
File, merde. »

« Ce fut la fin du monde et il n’en surent rien.
Engloutis dans la terre, engloutis dans l’alcool et les rêves. Ils avaient tant bu, tant absorbé, tant bataillé pour les pensées à dire et à défendre. Ils étaient descendus sous le macadam et sous les voitures, les bras chargés de provisions, la migraine tapant déjà aux tempes et ils s’en réjouissaient à l’avance. Perdre leurs repères, s’enfoncer, se laisser couler. Ils reviendraient pleins d’hallucinations et pleins de poésie.
Pleins de mélancolie.
Où ils ne reviendraient pas. »

« Dévasté.
Y avait-il un autre mot ?
Corentin s’était assis à côté d’Albane, à côté des autres. Comme eux, il contemplait.
Mais contempler quoi ?
Tout ce qui était vif était devenu cendres.
Tout ce qui existait était détruit.
Tout n’était que silhouettes noires et atrophiées et brûlées – les immeubles, les arbres, les voitures.
Les hommes. »

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar “Une brume si légère”, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).

« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre ».

Son huitième roman, « Et toujours les forêts », une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Sandrine Collette partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Émotion, Fantastique, Suspense

La chinoise du tableau

de Florence Tholozan
Poche – 20 mai 2021
Éditions : M Plus Pocket

• Bandeau_Intro - copie.jpg

Si comme Mélisende et Guillaume vous découvriez un tableau très étonnant ?
Au second plan, derrière une jeune Chinoise, se tiendrait un couple. Un couple qui ressemblerait en tout point au vôtre. À un détail près : les personnages représentés sur la toile seraient bien plus âgés.
Une curiosité irrésistible vous entraînerait jusqu’en Chine, à la recherche de la Chinoise du tableau.
Et si vous vous aperceviez que cette dernière détenait un secret qui va bouleverser votre vision de la vie ?

Un roman contemporain envoûtant. Des sentiments purs et forts. Un récit à plusieurs voix de toute beauté, où la particularité de chacun s’imbrique dans une continuité intemporelle.

 

• Couv_102_Tholozan Florence - La chinoise du tableau

 

2022 a été pour moi, un peu l’année des premiers romans… et bien m’en a pris !
Il se dégage des premiers romans, une force, une envie de partage que je trouve assez incroyable et touchante.

Florence Tholozan signe avec “La chinoise du tableau” un livre très atypique et nouveau. C’est un voyage dans le temps, dans l’histoire, dans l’espace, avec une pointe de fantastique… ou pas !
Voyage en Chine avec sa culture magnifiquement retranscrite par l’auteure. Voyage historique puisque Florence partage avec nous deux sauts au sein des deux guerres mondiales comme si nous les vivions, et un voyage au-delà de la vie, à travers la mort.
J’ai passé un excellent moment de lecture, et j’ai regretté d’arriver si vite à la fin de cette intrigue, qui m’a amené à réfléchir sur des possibilités que nous offre la vie, qui sont peut-être encore à découvrir.
Une très belle histoire, où l’amour est le centre de tout, un roman extrêmement bien documenté, et même si j’ai noté une ou deux incohérences historiques, le récit est tellement beau, tellement vivant, que je les ai bien vite oubliées… au bénéfice d’un rythme entrainant avec une telle simplicité dans les mots, qui m’a fait énormément de bien au cœur.

Le but de la lecture, n’est-elle pas de nous faire rêver et voyager ?
Une très belle découverte pour moi. Florence un grand bravo à toi, tu as rempli ton premier contrat avec “une main de maître” !
Et je pense, d’ors et déjà, qu’il va falloir que je prévois de la place sur mes étagères pour tes prochains ouvrages…

Florence Tholozan, une auteure à suivre…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :
« Tout le monde me connaît aux alentours.
Cependant, il serait plus exact de dire que l’on croit me connaître. On me rencontre quotidiennement, on m’adresse la parole, on me sourit… Néanmoins, personne ne sait l’essentiel, jusqu’à mon nom de naissance. Nul, n’imagine qui je suis en réalité. Ceux qui m’appellent Shushan sont les rares survivants d’une lointaine époque où je n’étais qu’une petite fille. Ils se comptent dorénavant sur les doigts de la main.
Pour tous, jeunes et vieux, hommes, femmes et enfants, peu importe, je suis la “passeuse d’offrandes”. Voilà comment on me nomme dans mon village natal, “passeuse d’offrandes”. »

« Nos cœurs qui battent à l’unisson, nos souffles accordés sur la même mesure. Sa peau veloutée. Les bouches qui se trouvent, les mains qui courent sur nos corps ; lesquels se cherchent, se découvrent, s’apprivoisent timidement, et se reconnaissent. Tout est si simple, si évident. »

« Mélisende… Regarde-la. Elle fonce dans la vie, elle envoie valser les obstacles et elle avance, le nez au vent, à l’écoute de ses intuitions, dont elle a le sens, particulièrement aiguisé… Oh, elle a bien des tourments ! Rares sont ceux qui y échappent. Mais j’admire son courage. Les femmes en ont beaucoup… Plus que les hommes. On le dit. J’en suis convaincu. Bah, des généralités. Je suis cependant obligé d’admettre que nombre d’entre elles ont une force intérieure qui me fascine… »

« “Voyons, si tu as poussé, fiston !” Mon objectif était d’atteindre la marque à hauteur de sa taille à lui, la plus haute de la famille. Constater que je m’en approchais chaque coup un peu plus, me rassurait. Quand, enfin, mon encoche a daigné, dépasser celle de mon paternel, au lieu d’en éprouver, l’orgueil escompté, j’ai réalisé avec effroi que, si lui ne grandissait plus, il continuait de vieillir. Et à cet instant-là, alors que je n’étais déjà plus un enfant et que mon père n’était plus une montagne, j’aurais voulu que plus rien n’évolue et profiter de mes parents, d’égal à égal. Et je songeais que si le temps n’épargnait ni ma mère, ni lui, il ne m’épargnerait pas, moi non plus…
C’est cela, devenir adulte, perdre une certaine innocence, prendre conscience qu’un jour, nous serons vieux et qu’après nous disparaîtrons. »

 

 

Florence Tholozan réside dans les proches environs de Montpellier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu l’amour des mots.

Diplômée en psychologie clinique, elle enseigne dans l’Hérault.

“La Chinoise du tableau” est son premier roman. Il a été présenté pour le Prix de la 1ère Œuvre d’une auteure 2020 et a concouru au Prix du Livre Romantique 2019 pour lequel il a été finaliste. Traduit en plusieurs langues il a été récompensé par le Prix Paroles d’Auteur(e)s.

“L’écho de nos jours” est son deuxième roman.

Histoire, Émotion, Drame, Suspense

Aux quatre vents

de Amélie Antoine
Broché – 13 octobre 2022
Éditions : XO

• Bandeau_Intro.jpg

On dit que chaque famille a ses secrets. C’est encore plus vrai en temps de guerre…

1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.

Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.

Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Aux quatre vents est l’histoire fascinante d’un homme qui, sans même en avoir conscience, se lance dans une quête éperdue d’identité. Car qui est-on quand on ignore d’où l’on vient ?

 

• Couv_099_Antoine Amélie - Aux quatre vents

 

– J’ai fait un vœu, maman, tu crois qu’il va se réaliser ?
– Si tu as réussi à souffler, tout ton pissenlit d’un seul coup, je pense que oui, Charlotte…
– Alors, ça veut dire que j’aurai bientôt un chien !
– Ah ça, je ne sais pas… Ton père ne sera jamais d’accord…
– Mais, un vœu, c’est un vœu, non ? Je voudrais tellement, tellement avoir un chien, je sais déjà à quoi il ressemblerait : il serait grand, noir, avec des poils doux, comme de la soie et un regard malicieux… J’ai soufflé tout le pissenlit, regarde, il ne reste plus que la tige !
– Dans ce cas, tu as sans doute raison d’y croire, ma chérie. Tu as sans doute raison d’y croire…

Voilà.
J’ai terminé ma lecture. L’un des plus beaux et des plus tristes romans qu’il m’ait été donné de lire cette année. Chacun des nouveaux romans d’Amélie Antoine est une véritable découverte. Celui-ci, plus encore… Une histoire très émouvante qui nous ramène au cours de la Seconde Guerre mondiale à Sabran-sur-la-Lys, petit village du nord de la France et qui se poursuit jusqu’au début des années 80.

Tout le roman se déroule ainsi une cette double temporalité, à travers la vie de deux familles aux destins tragiques.
Je ne sais pas par où commencer sans vous ôter le plaisir de la découverte, chaque idée, chaque détail est tellement fort et intense.

En tant que lecteur, ce roman est magnifique. Tout est là.
La violence, la guerre, les rapports familiaux compliqués, l’amour, les naissances, la haine, la mort, la vengeance et j’en passe… Mais c’est aussi LE LIVRE que j’aurais aimé écrire si j’étais auteur. La justesse des mots, la sensibilité omniprésente. J’ai vécu le roman, parfois en apnée, parfois en colère, souvent très ému. Amélie est une auteure qui ne cesse de m’étonner au fur et à mesure de ses écrits ! Un roman que je relirais sûrement, que je n’oublierai jamais !

Si nous pouvions, prendre suffisamment de recul, prendre nos décisions après une juste réflexion, au lieu de laisser monter en nous la haine, la lâcheté et la violence…

Amélie voit juste… Nous sommes imparfaits. “Aux quatre vents” est plus qu’un roman !
Énorme coup de cœur pour moi.
Je suis, et reste un lecteur heureux…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :
« Il n’y a encore pas si longtemps, c’était un vrai, petit village de carte postale.
Un petit village d’environ quatre cents âmes en bordure de la rivière Lys, dans le Pas-de-Calais, en Flandre française. Pour y accéder, un pont en pierre de taille voûté composé de trois grandes arches, qui enjambe la rivière depuis longtemps, domestiquée en canal. »

« Ils sont une vingtaine à être entassés les uns contre les autres, à se regarder d’un air effrayé, à se demander où ils vont être emmenés. Isaac passe son bras autour des épaules de Ludmilla, tente de garder la tête froide malgré la peur qui s’insinue aussi sournoisement qu’un serpent. »

« Soudain, elle entend un pas de bottes lourdes sur sa gauche. Quelques instants plus tard, deux soldats allemands, vêtus de leurs uniformes, et calots vert-de-gris, tournent au coin de la rue et remontent dans sa direction. Quand ils passent devant elle, ils lui adressent un petit signe de tête poli, auquel, par principe, elle ne répond pas. À Sabran-sur-la-Lys, tous les villageois, agissent de même, sans jamais s’être vraiment concertés. Tous se refusent à leur attribuer la moindre humanité, et même si le geste peut paraître futile, il n’en reste pas moins symbolique. »

« Aujourd’hui, Charlotte est bien placée pour savoir que la gentillesse ne suffit pas. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui transforme le bas-ventre d’une femme en un brasier. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui donne envie à une femme de bouleverser toute sa vie, au mépris du danger, de la bienséance, du qu’en-dira-t-on. Ce n’est pas la gentillesse qui rend folle d’amour, au point de ne même plus savoir ce qu’était la vie, avant lui.
Oh que non. »

 

 

Amélie Antoine est née en 1984. Elle vit à Lille avec sa famille.

“J’aimerais vous dire que j’ai toujours voulu être écrivain, mais ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire qu’il n’y a pas un jour sans que j’écrive, mais ça non plus, ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire que, quand je m’installe à mon ordinateur, c’est un plaisir, un vrai bonheur de me mettre à taper des mots, former des phrases jusqu’à ce qu’elles deviennent des chapitres de mon histoire. Mais ce ne serait pas vrai.

Alors je vais vous dire que, depuis toute petite, j’ai toujours pensé que l’écriture était le meilleur moyen de communiquer. Je ne l’ai pas choisi, c’était comme ça (Et nul doute qu’un psychologue aurait sans doute beaucoup de conclusions à tirer !).
Je n’étais pas timide ni renfermée, mais j’ai toujours préféré écrire quand j’avais quelque chose à partager. Des petits mots à mes parents pour leur annoncer des choses importantes que je n’aurais pas su formuler à l’oral, pour leur demander la permission de faire telle ou telle chose, pour m’excuser d’erreurs que j’avais pu commettre, parfois.
Écrire, c’est pour moi une manière de poser ma pensée. De peser et choisir chaque mot afin d’être sûre de moi. D’entendre la musique en ayant pris le temps de la composer. De parler sans être interrompue.

Je vais vous dire que s’il peut se passer des semaines sans que j’écrive la moindre ligne, il ne se passe pourtant pas un jour sans que je réfléchisse à une histoire, sans que je façonne un personnage, sans que je note des idées à la volée sur le premier papier venu (souvent perdu par la suite, d’ailleurs !), sans que je mémorise des anecdotes qu’on me raconte parce qu’elles résonnent en moi d’une manière particulière.
Je vais vous dire à quel point ce que j’aime, c’est inventer des histoires. Nouer des intrigues, trouver des rebondissements, manier toutes la palette des émotions qu’on peut ressentir.
Et, surtout, donner vie à des personnages auxquels je m’attache aussi fort que s’il existaient vraiment, auxquels je voudrais que vous vous attachiez aussi fort que s’ils faisaient partie de votre famille, de vos amis.

Je vais vous dire que, si je n’ai jamais rêvé depuis l’enfance d’être un jour écrivain, ce n’est pourtant que depuis que j’écris des romans que j’ai l’impression d’être à ma place. De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
D’avoir trouvé mon chemin, d’avoir trouvé un sens.
De savoir qui je suis et où je dois aller”.

http://www.amelie-antoine.com
Page Facebook : https://www.facebook.com/AmelieAtn/

Émotion, Suspense

Hanna

de Laurence Peyrin
Poche – 6 avril 2017
Éditions : Pocket

• Bandeau_Intro.jpg

Pour oublier les périls qu’a surmontés son couple, Hanna a quitté l’Irlande et ouvert à New York une librairie/salon de thé dont le succès n’est qu’un début. Mais si l’avenir semble son unique préoccupation, c’est le passé qui hante Hanna. Eleanor, d’abord, gazouillant bébé de 6 mois dont la présence lui rappelle sans cesse un amour sacrifié… Et puis Zelda, la vieille dame à l’identité mystérieuse dont le souvenir solaire vient souvent la visiter.
Il suffira d’un impromptu retour en terre natale pour, d’un souffle, écrouler le château de cartes qu’est devenue sa vie… Et rebondir à nouveau.

 

• Couv_095_Peyrin Laurence - Hanna

 

Le mois dernier, j’ai lu “La drôle de vie de Zelda Zonk”.
Quand j’ai appris qu’il y avait une suite, je ne pouvais pas la laisser passer…

J’ai retrouvé les personnages que j’avais aimés et récupéré très vite les repères du récit, dans une « légère” avancée dans le temps, et avec la présence de celle qui va bousculer le roman, “Eleanor” !
Zelda elle, est un peu moins présente que dans le premier volet, mais elle nous réserve quand même, malgré son décès, de “belles surprises”.
Alors que Laurence Peyrin avait surtout abordé la thématique du mensonge dans le couple et de l’amitié dans son premier volet, ici, après la maternité, ce sont surtout les relations dans la “Famille” qui prennent de l’importance. Je ne sais pas pour vous, mais elle arrive à me faire trouver une part de moi-même dans presque chacun de ses personnages, tantôt une scène presque vécue, tantôt une réaction que j’aurais pu avoir, ou des décisions que j’aurais prises sans hésitations…

Laurence transmet beaucoup de sensibilité tout le long du récit. C’est émouvant, mais c’est aussi drôle, piquant et très humain !

La fin de “Hanna”, confirme donc ma première idée.
Laurence sera pour moi une auteure à suivre… Elle aborde ses sujets avec une simplicité déguisée qui me plaît. Elle nous fait tourner en rond à volonté, donne un rythme à une scène pour mieux nous faire languir à la suivante, et le fil rouge qui sert d’intrigue, malgré le fait qu’on y revienne régulièrement n’est pas, le plus important !
Pour moi… Le plus important, ce sont ceux qui restent, c’est l’amour, la passion et les gazouillis d’un bébé…

Une belle histoire à lire sans aucune modération !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Hanna était ce jour-là, à ce moment-là, complètement immobile, plantée à l’orée de Central Park.
C’était un jour comme un autre à New York, deux mois après qu’elle avait quitté Paris, puis l’Irlande. La jeune femme en exil n’avait guère mis de temps à développer ce fameux sentiment d’appartenance à la ville – Jeffrey avait raison, Manhattan n’était pas farouche : il suffisait d’une bonne paire de chaussures et elle s’offrait à vous. »

« Après une grossesse qui lui avait semblé durer des années, Hanna avait repris sa marche dans Manhattan – mais aujourd’hui, elle ne marchait plus seule. Dans les allées qu’elle arpentait le nez en l’air, s’attachant à observer les étourneaux sansonnets qui se réinstallaient sur les bras des lampadaires, elle avait adopté la démarche lente et chaloupés des mères-à-poussettes qu’elle avait si longtemps enviées. »

« Mais maintenant, il fallait qu’Hanna se réveille. Michael le lui demandait. Elle était à la fois terrorisée, incandescente, en pièces… Ses sentiments étaient indescriptibles. Elle avait dû recourir à une bonne vieille bouteille de whisky hors d’âge pour calmer les chevaux qui, dans un vacarme assourdissant, galopaient dans ses veines. »

« Elle frémit, arc-boutée sur la douleur qu’allaient lui infliger les mots à venir, mais il hocha simplement la tête. Une plainte monta qu’elle ne put étouffer, puis sa main fut sous sa chemise, ses lèvres fondant sur les siennes. Elle perdait la tête, repoussant chaque centimètre de tissu qui gênait ses caresses. Libérée, elle psalmodiait son nom en tirant sur les boutons, la ceinture, chuchotait tous les mots d’amour du monde sans retenue.
Sans lui répondre, il la couvrit de baisers, achevant de la déshabiller sans ménagement. Ils chassèrent le restant du jour de leurs souffles erratiques, puis la nuit se coucha. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…

Émotion, Histoire, Suspense

La Sorcière, le forgeron et les cathédrales

de Aurore Dandoy
Broché – Livre grand format, 15 septembre 2022
Éditions : de Borée Éditions

• Bandeau_Intro.jpg

Janvier 1286, Kirian, compagnon forgeron, assiste au sacre du roi Philippe IV à Reims. Parti de Vaufleury six plus tôt, son village natal où femme et enfants l’attendent, il fait appel aux chevaliers Templiers pour transporter son pécule sur les dangereuses routes de France. A Vaufleury, Isabeau, veuve, vit seule dans sa ferme. Guérisseuse, elle se complait dans cette vie libre et autonome jusqu’à ce jour d’octobre 1286 où Kirian, blessé, traqué et désabusé s’écroule sur le pas de sa chaumine. Sa vie devient alors une route sinueuse dont chaque péripétie semble la conduire au bûcher ou à la fuite.

 

• Couv_094_Dandoy Aurore - La sorcière, le Forgeron et les Cathédrales

 

Nous sommes en 1286.
Philippe le Bel vient d’être élu roi de France. Les Templiers qui tiennent encore une place prépondérante, sont de moins en moins tolérés suite à des factions internes et aussi à cause de leur richesse, de leur pouvoir qui font de nombreux jaloux au sein de la nouvelle royauté.
Mais, nous sommes aussi en pleine période de construction des cathédrales dans tout le pays, à Paris, à Reims, et à Strasbourg… L’auteure nous fait voyager dans le monde des guildes artisanales, des artisans et des compagnons à travers des chantiers gigantesques, qui s’étaleront sur plusieurs dizaines d’années…

Isabeau, femme cultivée et indépendante, est guérisseuse dans son village, Vaufleury, se situant près de Laval. Elle prépare onguents et infusions et intervient dès que possible pour aider son entourage. Elle est veuve, et contre la bienséance, elle décide de vivre seule à cette époque bien compliquée, où l’Église condamne toute liberté chez les femmes. Elle va finir par soulever bien des soupçons à son égard et susciter de la jalousie, jusqu’à être accusée de sorcellerie et de pratiquer la magie…
Kirian est forgeron. Rejeté par son père, il décide de parcourir le pays accumulant les chantiers afin de subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants, jusqu’au moment, où il est renvoyé chez lui pour un motif mensonger. Blessé durant son retour, il décide d’aller directement chez Isabeau, son ancienne maîtresse…

Sur fond d’un amour impossible, Aurore nous propose un premier roman passionnant, construit comme un thriller historique, très riche en détails, en événements et en rebondissements. Les personnages secondaires sont attachants et les chapitres courts rendent le récit très vivant et rythmé. La plume d’Aurore est agréable, et même si le roman se penche plus sur “l’Humain” que sur cette période de l’Histoire, qu’elle maîtrise d’ailleurs parfaitement. Le décor posé, je n’avais plus qu’à me laisser porter par son récit, par sa vision du moyen-âge et des divers conflits entre les Guildes et les Chevaliers du Temple. Une lecture vraiment très agréable que je vous recommande.
Aurore Dandoy… Une auteure à suivre !

Merci, aux Éditions de Borée pour cette étonnante découverte, en attendant, je l’espère un nouveau roman à venir…
Une suite peut-être ?

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Sa main remonta le long de sa cuisse avec une douceur équivoque. La jeune femme cambra son dos tandis qu’il embrassait son cou en partie découvert. Leur souffle s’accélérait, entre deux baisers enflammés, leurs doigts s’entremêlèrent vigoureusement. La natte, bien attachée le matin même, était défaite en une cascade de cheveux bouclés couleur caramel. Dans un soupir contrit, il remonta la manche qui découvrait l’épaule dénudée, pour la remettre en place. Elle rouvrit les yeux de surprise et de déception. Il prit alors son visage en coupe et, les yeux dans les yeux, lui déclara :
– Je t’aime, Isabeau. Je t’aime et rien ne pourra changer cela. »

« Elle avait été séparée de sa famille très jeune et elle avait très vite compris que l’interprétation des principes religieux dépendait surtout de qui elle rencontrait. Par exemple, à ses huit ans, un prêtre, vivant en concubinage avec une femme et ses cinq enfants, avait tenté de lui apprendre “les choses de la vie”. »

« Les jours qui suivirent la visite à La Sorbonne ramenèrent Kirian à sa réalité : son maître forgeron Everny l’envoya de l’autre côté du chantier, travailler en renfort sur une porte avec du fer forgé, qui venait de perdre deux de ses artisans : un forgeron que Kirian avait aperçu une fois ou deux, et un apprenti charpentier. Ce n’était pas sans raviver de mauvais souvenirs liés au portail de Notre-Dame de Strasbourg. »

« – Elle semble tellement forte et fragile à la fois.
– C’est une femme ! N’oublie pas que ce sont les femmes qui portent les enfants dans ce monde.
– Tu as raison… »

« Pour ne pas céder aux idées noires qui menaçaient de la submerger, Isabeau décida de partir à la découverte de la ville. Elle s’aventura dans les ruelles malodorantes, évitant comme elle pouvait les marchands pressés et les mains baladeuses des orphelins qui apprenaient à voler en même temps qu’à marcher. Elle se retrouva rapidement face au parvis de la grande cathédrale. La grandeur symbolique, tout autant que la grandeur physique déjà achevée, coupait le souffle et imposait un silencieux pieux, qui contrastait avec le capharnaüm des artisans et des marchands des alentours. D’abord intimidée, Isabeau se tint à distance respectable de l’immense bâtiment. Elle prit le temps d’embrasser la vision entière de la cathédrale. »

 

 

Aurore Dandoy écrit depuis l’âge de 8 ans. Avec son frère, elle imaginait des mondes et des personnages qui prenaient vie sur le papier. En grandissant, elle a noirci des milliers de pages, de journaux intimes aux scénarios de films. En 2019, elle débute un travail de recherche sur les Templiers, la grande passion de son père qu’elle sait malade. Il deviendra son premier roman historique.

Histoire, Suspense, Thriller

L’archéologue*

Épaves en mer d’Oman
de Philippe Ehly
Broché – 1 octobre 2022
Éditions : Éditions Encre Rouge

• Bandeau_Intro - copie.jpg

Officiellement mort depuis dix-neuf ans, un assassin sans nom et sans visage exécute impitoyablement les volontés d’un petit groupe fanatique dirigé par celui que les agences de renseignement occidentales ont surnommé l’Ombre. Leur ambitieux projet vise à transformer par la terreur le Moyen-Orient en un khalifat unique et éternel.

Brillant ingénieur et archéologue passionné, solitaire et rigoureux, Marc Miller voit sa vie basculer le jour où le prince Turki, neveu du Sultan d’Oman, le charge d’explorer l’espace maritime de son pays pour lui rendre son histoire égarée dans les méandres du temps.

De découverte en découverte, entouré d’une équipe aussi compétente que fidèle, encouragé par le sultan en personne, Marc Miller se forge une place dans un pays ancré dans ses traditions qui cherche à s’ouvrir au monde.

Cependant, le danger guette. Car, tapi dans son repaire, l’Ombre prépare un plan machiavélique…

 

• Couv_090_Ehly Philippe - L'archéologue*

 

Philippe Ehly est un auteur que je ne connaissais pas à la lecture de son roman.

Le tome 1 de “L’archéologue” est un thriller, mais cela a été pour moi surtout un sacré roman d’aventures qui se déroule au fond des mers…

Marc Miller à 14 ans est devenu ingénieur sans même savoir que le terme existait !
Il a acheté un détecteur de métaux et très vite, il se rend compte que l’outil ne correspond pas du tout à ses demandes. Il le démonte, regarde le fonctionnement et y “ajoute” de nouvelles fonctions qui feront de cet outil, celui le plus utilisé au monde pour les recherches. Vous l’avez compris, Marc est quelqu’un de très brillant…

Sollicité par le neveu du sultan, il va explorer les côtes d’Oman à la recherche d’épaves, entouré d’une équipe qu’il aura lui-même choisie, des jeunes passionnés.
Très vite, la chance lui sourit, il trouve un premier bateau et va aller de découverte en découverte qui changeront les acquis de l’Histoire…

Philippe, grâce à son écriture m’a complètement transporté. On ressent très vite son amour pour l’Histoire et l’archéologie, mais pas seulement… Plus que de raconter une histoire, il nous propose une réelle immersion, pleine de précisions techniques, sans que cela ne nuise à la fluidité du récit, et les promenades aussi qu’il nous propose à travers ce pays où évolutions dans le temps et traditions figées dans l’Histoire ont beaucoup de mal à cohabiter.

Un premier tome très maîtrisé qui m’a vraiment intéressé, mais…
J’aurai aimé une “présence” de l’ombre plus marquée dans le récit. Peut-être les tomes suivants vont-ils répondre à toutes les questions que je me suis posées, là où, j’attendais des réponses peut-être précipitées ?

Philippe Ehly, une belle découverte, avec ce roman qui m’a tenu en haleine jusqu’au point final !
Passionnés de romans historiques, ce roman devrait vous intéresser…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« L’homme n’était ni grand, ni petit. Ni gros, ni maigre. Un visage anonyme, aussitôt aperçu, aussitôt oublié. Quant à ses vêtements, un simple pantalon de toile et une chemisette, ils étaient aussi ceux des centaines d’hommes qui parcouraient les rues de Valence à l’heure de l’apéritif du soir.
Pourtant, l’anonyme noyé dans la foule de la fin d’après-midi, était tout sauf un promeneur ordinaire. C’était un des terroristes les plus habiles du Moyen-Orient. Mais même cette compétence exceptionnelle était aussi peu connue que son physique n’était remarquable. »

« La mer était absolument vide sur 360°, comme le montrèrent d’un coup d’œil à l’écran radar et un balayage à la jumelle, néanmoins l’enseigne tourna la proue vers le nord-est et la pleine mer tout en poussant doucement vers l’avant la double manette des gaz. Miller gardait les yeux fixés sur certains cadrans du tableau de bord : le loch, le compte-tours et les deux cadrans de température. »

« On a plein d’interdits religieux et sociétaux qui nous sont entrés dans le dans la tête dès l’enfance et on a sacrément intérêt à s’y conformer. Chez les Saoudiens, c’est pire et les histoires de crimes d’honneurs au Pakistan, c’est tout sauf une légende. Quand ton frère ou ton cousin te raconte qu’une fille a été lapidée par sa famille parce qu’elle avait parlé, rien que parlé, avec un garçon ou qu’une autre a été défigurée à l’acide par son père ou son oncle pour s’être montrée le visage non couvert sur la terrasse de la maison et qu’on pouvait la voir de la rue, je t’assure que ça calme la libido. »

« Les mots “exceptionnel découverte archéologique” prononcés par le journaliste à la télévision attirèrent l’attention de Danièle. L’écran montrait la reconstitution d’un navire antique, puis présenta une salle de conférence et un orateur qui s’exprimait en anglais, mais dont le commentaire du journaliste couvrait la voix. La caméra s’attarda trois secondes sur le conférencier et Danièle poussa un cri en reconnaissant son fils, portant une veste bleu marine et une cravate, ce qui pour lui constituait un exploit. »

 

 

Philippe Ehly, conseiller juridique et financier, a longuement voyagé en Asie, tant professionnellement que pour satisfaire sa passion pour l’histoire et l’archéologie.

Adolescence, Émotion, Drame, Suspense

Il faut beaucoup aimer les gens

de Solène Bakowski
Broché – 5 mai 2022
Éditions : PLON

• Bandeau_Intro.jpg

À quoi tient la vie ? À nos liens invisibles.
Nous, inconnus, sommes raccordés sans le savoir.
Nos existences se percutent en silence.

Après un séjour en prison, Eddy Alune, 31 ans, est devenu veilleur de nuit, un métier qui lui permet d’échapper aux gens et aux ennuis. Il vient de perdre son père. En vidant l’appartement de son enfance, il retrouve des effets personnels qu’il a volés, vingt ans plus tôt, à proximité d’une SDF morte dans la rue. Poussé par la culpabilité, il décide de rendre à cette femme l’histoire qui lui a été confisquée.
Une enquête commence, dans laquelle Eddy se lance magnétophone à la main, pour ne rien oublier. De rencontre en rencontre surgissent plus que des souvenirs. Des liens nouveaux se tissent et la mémoire, ravivée par Eddy, va bouleverser bien des vies.

Il faut beaucoup aimer les gens trace le parcours d’un homme ordinaire qui, voulant réparer ses fautes, se trouve réparé par les autres. Ce roman pudique et profondément humain dessine les contours extraordinaires des visages qui font notre quotidien.

 

• Couv_089_Bakowski Solène - Il faut beaucoup aimer les gens

 

J’attendais un roman dans cet esprit depuis un moment… et le voilà.
Un roman sur les gens, ceux que l’on croise tous les jours, que l’on ne voit même plus, des invisibles, à peine un bonjour, rarement un sourire…
Il y a quatre ans, j’ai eu des soucis de santé, et soudain, je les ai vus. Ils m’ont permis de m’accrocher, de lutter, de ne plus me plaindre…
Alors, je les regarde, je leur souris et mon premier mot du matin est régulièrement le “Bonjour” que je leur souhaite…

Solène a écrit un roman magnifique… J’ai eu très vite plein de fourmis qui courraient sur mes doigts, le long de mon dos, jusque dans ma tête pendant ma lecture.
Solène a éclairé de sa lumière, le destin de ceux dont on ne parle pas et qui font pourtant partie de notre quotidien, les invisibles, ces êtres perdus qui vivent cachés dans l’ombre.

Eddy n’a pas eu une vie simple. Enfance compliquée, adolescence perturbée. Il n’a pas été un bon fils et a honte d’avoir déçu son père. Aujourd’hui après avoir purgé une peine de prison, il est veilleur de nuit dans un parking, et tous les soirs, et ce depuis ses “années cellules”, il écoute une émission à la radio présentée par “Luciole” jusqu’au petit matin. Il écoute les gens qui parlent de leurs problèmes, de leur envie de mourir, ceux qui veulent tout plaquer, ceux qui sont perdus, ceux qui n’en peuvent plus…
Mais Eddy lui aussi, vit avec un secret dans son cœur depuis qu’il est enfant, et aujourd’hui, il culpabilise et a besoin de faire quelque chose afin de se dédouaner.
Un matin, alors qu’il se rendait à l’école, il a failli tomber sur une SDF cachée dans un coin, elle était décédée. Eddy appelle très vite les secours, mais ne peut s’empêcher de voler une photo à la pauvre défunte.
Des années plus tard cette photo pèse de plus en plus dans son cœur.

À l’aide d’un magnétophone et de trois cassettes, pour ne rien oublier, Eddy va ainsi remonter le cours du temps et essayer de redonner une identité à celle qui n’avait jamais été identifiée depuis son décès… Lui rendre son nom, lui rendre sa vie.
Il va ainsi petit à petit accumuler “sa rédemption”, qu’il va transmettra à Luciole, la voix de la radio qui l’apaise et rassure les gens comme lui, toutes les nuits, sa lueur dans l’obscurité, mais tout va prendre un chemin différent de ce qu’il escomptait, tout va aller beaucoup plus loin, tellement plus fort…

Je termine ce roman bouleversé.
Cette histoire, je ne l’ai pas lue.
Cette histoire, c’est Solène qui me l’a chuchoté directement à l’oreille. C’était beau, j’étais bien… entouré de Rosa, d’Eddy, de Diane, d’Amalia, de Patrick et tous les autres… Enfin unis comme une grande famille.

Un roman magnifique qui m’a chargé d’émotions, un roman coup de cœur que je vais partager autour de moi, un roman tendre, poignant et triste, car c’est souvent comme ça que les souvenirs sont.

J’ai été Eddy, nous avons tous été Eddy à un moment de notre vie.
Solène, nous montre le chemin.
Il ne tient qu’à nous de voir le verre à moitié plein, de tendre la main lorsque c’est nécessaire, de regarder et de dire bonjour, de sourire…
“Il faut beaucoup aimer les gens”.
Et dire que tout était déjà dans le titre…

Énorme coup de cœur pour ce roman sensible, plein de pudeur et d’humanité.
Je me dois aussi, où que tu sois, de te remercier, Joseph B pour son ton interaction…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Eddy, naufragé sur son radeau, se cramponnait à des maximes maison, du style « Un jour de plus en moins » ou « Tout jour débuté tire vers la fin », pour se motiver à aller au collège.
Il fila vers sa chambre, attrapa son sac lesté de manuels inutiles qu’il devait apporter sous peine de se retrouver coller et fit halte dans le couloir. Sur la commode traînait le chèque de la cantine. Le délai de paiement était dépassé depuis trois semaines. Son père avait attendu son salaire. Mais l’intendant, la veille, l’avait prévenu. Déboulant en plein cours, il avait asséné à tue-tête : « Monsieur Alune, si vous ne payez pas cette semaine, nous ne pourrons plus vous accueillir. En cas de difficultés, vos parents doivent se rapprocher de l’assistance sociale. » Les rires de ses camarades avaient jailli en fontaine : « Alune, tête de lune qu’a pas une thune ! », « Eddy, tes baskets sont toutes pourries ! ». »

« Savez-vous qu’il faut environ un siècle pour que le souvenir d’une personne disparaisse tout à fait ? C’est à la fois triste et rassurant de se dire que tout finit par passer, n’est-ce pas ? Un monde sans le souvenir de ma femme, j’ai quand même du mal à m’y résoudre. Enfin… Savez-vous de quoi Rosa est morte ?
– Mort naturelle, d’après le rapport. Le cœur peut-être. »

« Enfin bref, le soir où Rosa est arrivée, il pleuvait comme vache qui pisse. Elle est entrée avec son air triste, sa robe noire et un sac en plastique. Elle s’est attablée près de la vitrine, a commandé une tisane et est restée longtemps, immobile, à contempler la rue dégouliner derrière le carreau. »

« – Vous avez intégré l’école tout de suite en arrivant ?
– Dès l’entrée, oui, en sixième. Au début, ce n’était pas évident, mais je me suis accrochée. J’avais la rage d’appréhender le monde qui nous tenait à l’écart, alors je passais mes nuits à apprendre des listes de vocabulaire, je dévorais tout ce que je trouvais, de l’énumération des ingrédients sur la boîte de biscuits aux romans d’Albert Cohen.
– Votre bibliothèque est bien remplie…
– Dire que la littérature m’a sauvée peut paraître très romantique, pourtant, c’est vrai. Je lui dois beaucoup. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019), “Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.

J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une “folie douce” à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira. Je suis évidemment ravie de l’intérêt que vous me portez en naviguant sur cette page et je fais le voeu de vous garder longtemps à mes côtés.

Vous voulez en savoir plus ? Retrouvez-moi sur ma page Facebook, Instagram ou Twitter

Au plaisir de vous lire et d’échanger avec vous !

Émotion, Roman, Suspense

La drôle de vie de Zelda Zonk

de Laurence Peyrin
Poche – 2 juin 2016
Éditions : Pocket

• Bandeau_Intro.jpg

Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

“Notons la plume alerte et rafraîchissante de Laurence Peyrin, qui fait preuve d’un talent d’écriture rare. Une véritable gourmandise.” Metronews

Cet ouvrage a reçu le Prix Maison de la Presse
Prix Maison de la Presse – 2015

 

• Couv_087_Peyrin Laurence - La Drôle de vie de Zelda Zonk

 

La semaine dernière, j’ai découvert une nouvelle plume…
Cela faisait un moment que je voyais des romans de Laurence Peyrin exposés, mais je ne me sentais pas visé du tout. Dernièrement, l’orientation de mes lectures ayant changé, je me suis dit… et pourquoi pas ?

Je commence ma lecture.
Les premières pages sont plutôt agréables, le sujet plaisant et les personnages tendres et très vite attachants. Puis soudain, ma lecture devint plus immersive, un petit je ne sais quoi qui me titille, qui me plaît et qui m’emporte. Le sujet est profond, mais traité avec humour et délicatesse, voire même de la tendresse…

Nous sommes en Irlande, suite à un accident Hanna partage sa chambre d’hôpital avec une vieille dame mystérieuse, Zelda Zonk. Elles font connaissance et un lien se tisse entre elles, elles parlent de tout, de rien, mais sentent bien au fond d’elles-mêmes qu’il y a quelque chose qui se met en place.
Zelda à un fils, Michael qui est bel homme, et qui va très vite “piquer” le cœur d’Hanna.
Dès lors, elle va se demander quel chemin elle devra suivre à partir de ce moment.
Quitter son mari, qui lui assure un quotidien bien rangé et sans encombre, ou bousculer sa vie et choisir une vie de passion ?

Et puis, il y a cette fixation de la part d’Hanna. Zelda, est-elle Marylin Monroe ?
Zelda Zonk, n’était-il pas le nom qu’utilisait Marilyn pour se déplacer tranquillement et incognito ?

Un roman très agréable. De l’amour, de la passion, du suspense, de l’amitié et des choix de vie qui pourraient mener à la culpabilité, voire aux regrets.
Mais… la vie n’est-elle pas un tourbillon ?

Une lecture sans regret pour ce roman bien mené, que j’ai apprécié et savouré page après page…
… Suffisamment pour étendre ma PAL d’un roman supplémentaire, “Hanna”, la suite directe de celui-ci !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Patti avait des rondeurs d’enfance que sa mère craignait de voir partir.
Déjà, son corps se déliait, ses jambes se faisaient plus maigrichonnes, ses pieds moins dodus. À chacun de ses retours, Gail redoutait de voir sa fille changer de chaussures. Ses pieds, si doux, si ronds, éveillaient en elle une sorte d’appétit ; elle en adorait les petits ongles, nacrés comme des coquillages, calés par des coussinets roses – comme des bébés cochons –, les plis sur les orteils replets, l’absence de corne sous les talons. Elle les portait souvent jusqu’à son nez, sa bouche, avec une gaieté vorace, en reniflant l’odeur sans retenue. »

« Tu sais, dit Hanna, depuis ce foutu accident, je me suis posé plein de questions. Et je n’ai eu qu’une seule réponse, pour toutes : “C’est comme ça…” Pourquoi ai-je survécu alors que d’autres sont morts ? C’est comme ça. Pourquoi mes parents ne se sont pas précipités à l’hôpital ? C’est comme ça… Pour le bébé, c’est pareil : c’est comme ça. Je ne serai peut-être jamais enceinte, c’est comme ça. Je me fais à l’idée. C’est la vie qui décide. Moi, je ne veux plus y penser. »

« Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait ces yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux et en lâcha une moitié dans sa tasse. »

« Elle prit le temps de s’asseoir, ses deux pieds bien plats sur les ronds en caoutchouc noirs et usés qui recouvraient le sol.
“Michael… Donnez-moi deux jours”, dit-elle sans réfléchir.
Sa voix tremblait, mais elle était forte, et rebondissait dans les parois du sarcophage qu’il la ramenait à Dearbly.
Un silence, de son côté à lui. “Deux jours ?” Finit-il par demander. Elle prit son élan : “Deux jours avec vous, n’importe où. Vous et moi. Deux jours, deux nuits.” Il comprit. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…

Émotion, Drame, Roman, Suspense

Rue du Rendez-Vous

de Solène Bakowski
Broché – 20 mai 2021
Éditions : PLON

• Bandeau_Intro.jpg

Rien ne prédestinait Alice Beausoleil et Marcel Dambre à se rencontrer. Pour que le vieil homme ouvre sa porte à la jeune femme trempée, il aura fallu une grève des transports, un GPS capricieux et un terrible orage. De leur tête-à-tête inattendu va naître ce qui ressemble à une seconde chance. Un nouveau rendez-vous avec l’existence, peu importe le temps qui reste…

Marcel, quatre-vingt-sept ans, vit rue du Rendez-Vous, reclus dans son atelier de bottier menacé par les bulldozers. Vendeuse en boulangerie, Alice offre son sourire à tous ceux qu’elle croise. En réalité, depuis deux ans, trois mois et quatre jours, en proie à une profonde tristesse, elle s’empêche de vivre.

À mesure que la pluie et les heures s’écoulent, le passé resurgit. Sous l’impulsion de la jeune femme qui l’écoute sans se dévoiler, Marcel raconte la guerre, sa carrière et son amour fou pour sa mère. Et s’il trouvait à son tour la clé pour délivrer Alice de son silence ?

 

• Couv_086_Bakowski Solène- Rue du rendez-vous

 

Bienvenus dans la Rue du rendez-vous, bienvenus dans la boutique de Marcel, ce havre de paix hors du temps… Il aura fallu un violent orage pour que le destin de deux êtres perdus se trouve modifié à jamais.
Comment ne pas succomber au charme de ce récit ?
Venez donc rencontrer Alice, Marcel, Georgette, Nini, la Jaunisse, Suzanne et bien d’autres aussi…

Ce roman a été pour moi, comme une parenthèse hors du temps, une parenthèse bienveillante.
La vie, n’est-elle pas faite de hasards ?
Pour moi, complètement.

Je me suis plongé dans le récit Solène. J’ai aimé toutes les rencontres que j’ai faites grâce à elle. Je me suis amusé, je me suis inquiété. J’ai eu peur, j’ai pleuré, puis je me suis révolté avant de m’effondrer.

Alice Beausoleil et Marcel Dambre ont un pouvoir qu’ils ignoraient.
C’est en se révélant l’un à l’autre petit à petit qu’ils vont le découvrir.
Un duo inattendu, une écriture pleine de douceur et de poésie, Solène signe un roman tendre et magnifique !

C’est le sixième roman de Solène que je lis.
J’avais déjà ressenti, une certaine douceur dans ces thrillers, qui se glissait parfois entre ses mots, entre ses phrases. Dans “Avec elle / sans elle”, qu’elle a écrit en collaboration avec Amélie Antoine, c’était même devenu une évidence. Mais là…

… Je suis obligé de reconnaître que, pour mon plus grand bonheur, ma sensibilité a été grandement éprouvée !

Un superbe roman que je conseille à tout type de lecteurs…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Voilà pour le premier début.

Parce que tout ce qui est arrivé a donné naissance à ceux qui arrivent aujourd’hui. De tout ce qui arrive aujourd’hui, découle ce qui arrivera demain. Quoi que nous fassions, et peu importe le degré d’indépendance et de liberté que nous revendiquions, nous sommes toujours l’enfant de quelqu’un ou de quelque chose. »

« En France depuis sept ans, il est éboueur. C’est un boulot, on ne peut pas dire que ça lui plaît, mais il y met du cœur, il fait coucou aux gamins fascinés par le camion-poubelle, il aide les gardiens d’immeuble à rentrer les containers, il caresse les chiens qui passent. Parce que, quitte à faire quelque chose, autant le faire bien, sinon ça n’en vaut pas la peine. »

« Marcel a quatre-vingt-sept ans. Il est assis à son établi branlant. Derrière lui, une radio diffuse une musique jazzy. Jamais d’actualités, voilà bien longtemps que les nouvelles des hommes ne sont pas bonnes, les informations parlent d’un univers qu’il n’habite plus assez pour le comprendre. »

« Quatre-vingt-sept années qu’il use son corps sur le plancher des vaches. Il a choisi son cercueil, le caveau est prêt, la concession louée pour les trois prochaines décennies. Ce n’est pas qu’il tienne tant, à prendre de la place, mais ça le rassure de savoir que c’est réglé, que c’est prêt, qu’il n’aura qu’à sauter dans le trou. Il n’a plus envie d’être ici, sa vie et derrière, tout ce qu’il désire, si tant est qu’il désire encore quelque chose, c’est rejoindre ceux que la faucheuse a déjà emportés. Il ne demande rien d’extraordinaire, au fond, juste que ça s’arrête. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019). “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.
“Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), est mon sixième roman.
J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie douce » à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira.
Vous voulez en savoir plus ? Retrouvez-moi sur ma page Facebook, Instagram ou Twitter

Au plaisir de vous lire et d’échanger avec vous !

Histoire, Suspense

La Quête

de Robert Lyndon
Broché – Poche – 21 août 2014
Éditions : Pocket

• Bandeau_Intro.jpg

Fin du XIe siècle, à la veille de la Première Croisade.
Ce jour-là, Vallon, chevalier et mercenaire franc, croise le chemin d’Hero aux portes de l’Italie. Cet étudiant est porteur d’une demande de rançon pour un seigneur, dont le fils et prisonnier des musulmans. Le prix de sa libération : quatre faucons blancs, d’une espèce rare, qu’il faut aller chercher en Norvège.
Vallon et Hero embarquent alors pour un long périple, du Groenland à Constantinople, en passant par la Russie, à travers des continents dévastés par la guerre. Une quête de rédemption pour le chevalier, doublée d’une quête secrète pour Hero, qui recherche bien plus que de simples faucons…

“Un coup de maître… Une quête impressionnante.”
Le Monde des Livres

“Si vous ne devez lire qu’un roman d’aventures dans l’année, c’est celui-ci.”
Le Courrier de l’Ouest

 

• Couv_082_Lyndon Robert - La Quête

 

“La Quête” est un roman passionnant.
On y traverse de nombreux pays, et on fait la connaissance de nombreux personnages attachants.

Cette aventure initiatique, dans une époque médiévale cosmopolite, est construite comme un vrai roman d’aventures. Malgré ses plus de mille cent pages, cette quête se lit sans aucun temps morts. J’ai été emporté par le récit, par son rythme et les multiples tribulations des héros qui frôlent le désastre régulièrement, mais toujours pour mieux rebondir tout le long de leur périple incroyable.

Nous sommes en 1072. L’Émir d’Anatolie a fait emprisonner un Anglais qui détient un document très secret. Pour sa libération, l’Émir demande des gerfauts blancs en guise de rançon. Commence alors une épopée maritime qui va nous faire voyager de l’Angleterre à l’Islande, du Groenland au Cap Nord, en traversant toute l’ancienne Russie, de la Baltique à la Mer Noire.

Fauconnier lui-même, l’auteur utilise son savoir et nous donne envie d’en connaître plus.
Un premier roman remarquablement construit et très érudit, dont il se dégage beaucoup de poésie, c’est très visuel et très bien construit. Je tenais à signaler aussi le travail exceptionnel de la traductrice Élodie Leplat qui utilise un vocabulaire très riche, très souvent inusité, mais fort adapté à ce type de roman historique !

Robert Lyndon est un homme qui aime son métier, qui aime la nature, qui aime la vie… et ça se ressent !
Les faucons blancs… j’ai vraiment eu l’impression de les voir voler…

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Ce matin-là, une patrouille de la cavalerie normande avait capturé un jeune Anglais qui fourrageait dans les bois au-dessus du fleuve Tyne. Après interrogatoire, il fut considéré comme insurgé et pendu au sommet d’une haute colline en guise d’avertissement pour les habitants de la vallée. Transis de froid, les soldats attendirent que les spasmes de leur victime, cessent, puis s’éloignèrent sur leurs montures. On les apercevait encore quand les charognards qui décrivaient des cercles dans le ciel fondirent sur le cadavre, où ils s’amassèrent telle une nuée de chauves-souris infernales. »

« La solitude le submergea. Pour la première fois depuis des années, il se languissait de la compagnie des hommes. Il songea aux fugitifs. S’ils avaient suivi ses directives, ils devaient camper à quelques lieues en amont de la rivière. Se servant de son arc comme d’une béquille, il se mit debout et baissa la tête.

Très chers parents, très cher grand-père, mon cher frère, mes chères sœurs, pardonnez-moi. Je dois partir. J’ignore où me conduiront mes pas, mais je doute qu’ils me ramènent ici. Jamais je ne vous oublierai. Où que j’aille, je chérirai votre souvenir. »

« “Es-tu en train de dire que la Terre est ronde ?

– Évidemment. C’est pour ça que l’horizon décrit une courbe quand on voit la mer de haut.
– Je n’ai vu la mer qu’une fois, quand on a rallié l’Angleterre depuis la Normandie. J’ai été malade pendant toute la traversée”.
Richard fronça les sourcils.
“- Si la Terre est ronde, alors on vit sur le dessus. Sinon on tomberait.
– Les guêpes marchent bien autour des pommes sans tomber.
– Elles ont plus de pâtes que nous. Elles sont capables de marcher à l’envers au plafond.
– Il doit exister une force qui nous maintient au sol, concéda Hero. La même, peut-être, que celle qui fait pointer l’aiguille de ma boussole vers le sud et vers le nord.” »

« J’y ai réfléchi. Les fleuves n’ont aucun mystère. Ils naissent dans les montagnes, où ils sortent d’un ruisseau comme un nouveau-né émerge du ventre de sa mère. Ils ont un début de vie tumultueux, jaillissent en tous sens avec une énergie intarissable mais sans aucun but. Petit à petit, ils gagnent en profondeur, se calment. Ils deviennent vastes, majestueux et fiers. Puis ils se font paresseux, l’hésitation les gagne et ils s’égarent parfois dans des bras morts. Enfin, ils perdent leurs forces et se coulent dans la mer. »

 

 

Robert Lyndon est fauconnier.
La Quête est son premier roman. Il a été traduit dans plus de vingt langues.