de Bernard Minier
Poche – Novembre 2013
Éditeur : Pocket

Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest ?
Une prof assassinée, un éleveur dévoré par ses propres chiens… et un mail énigmatique, peut-être signé par le plus retors des serial killers.
Confronté à un univers terrifiant de perversité sur les terres de son adolescence, le commandant Servaz va faire l’apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.
« Bernard Minier persiste et signe. Après l’éclatant succès de son premier roman, Glacé,
le voilà qui confirme son talent avec Le Cercle. »
Le Figaro littéraire
« L’auteur mène son suspense de main de maître
et on ralentit sa lecture pour que le livre ne se termine pas. »
Version Femina

Après Glacé, lu il y a quelques semaines, j’avais hâte de retrouver le commandant Martin Servaz dans ce deuxième volet, Le Cercle, de la trilogie de Bernard Minier.
Et une nouvelle fois, dès les premières pages, je me suis retrouvé happé par une intrigue sombre et particulièrement inquiétante.
Dix-huit mois après les événements de Glacé, les blessures sont encore ouvertes et Julian Hirtmann, le terrible meurtrier évadé, est toujours en liberté. Il est devenu l’obsession de Martin Servaz, mais aussi celle d’Irène Ziegler, la jeune gendarme, désormais rétrogradée dans une gendarmerie rurale. Cette nouvelle enquête va ramener Martin à Marsac, là où il a vécu et étudié autrefois. Un retour dans son passé qui n’a rien d’anodin, puisque la femme qu’il a aimée jadis, Marianne, l’a appelé à l’aide. En effet son fils Hugo, suite à l’assassinat de l’une de ses institutrices devient rapidement le principal suspect, tandis que le nom de Hirtmann ressurgit une nouvelle fois.
J’ai beaucoup aimé cette façon qu’a Bernard de mêler l’enquête policière aux blessures personnelles de son personnage. Servaz m’a une nouvelle fois touché par son humanité. Fragile, tourmenté, parfois perdu, mais toujours debout.
J’ai également apprécié Margot, sa fille, elle-même étudiante à Marsac. Sa présence ajoute une dimension intime à cette histoire et permet de comprendre un peu mieux les failles de cet homme qui tente de concilier son métier et sa vie de père.
L’atmosphère m’a particulièrement marqué. L’auteur sait créer un environnement oppressant où chaque lieu semble cacher quelque chose. Les morts s’enchaînent, les mystères s’accumulent et je me suis rapidement demandé qui pouvait bien tirer les ficelles. J’avoue m’être parfois un peu perdu parmi les nombreux personnages et leurs trajectoires complexes. Mais cette densité participe aussi à la richesse de l’intrigue et m’a obligé à rester constamment attentif. J’ai beaucoup apprécié également les aspects médicaux et psychiatriques, expliqués avec suffisamment de clarté pour renforcer la crédibilité du récit sans alourdir l’ensemble.
Et puis il y a le suspense !
J’ai échafaudé de nombreuses hypothèses, cherché le, la ou les coupables, essayé de comprendre les liens entre les différents protagonistes… sans parvenir à tout anticiper.
Jusqu’aux dernières pages, Bernard entretient le doute et distille ses indices avec précision. La révélation finale m’a surpris, tout en me semblant parfaitement cohérente. Avec Le Cercle, j’ai retrouvé ce que j’avais aimé dans Glacé. Une intrigue sombre, une tension permanente et cette sensation désagréable que le danger peut surgir à tout moment. J’ai aimé aussi et surtout les phrases glissées par l’auteur ici et là, sur la Politique, La Religion, les manipulations diverses de ceux qui nous contrôle, et puis il y a la musique très présente dans tout le récit, la poésie aussi…
Un thriller intense et addictif qui m’a une nouvelle fois donné envie de poursuivre l’aventure avec Martin Servaz… et de découvrir jusqu’où Julian Hirtmann pourra encore l’entraîner.
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Extraits :
« Son esprit n’était qu’un cri.
Une plainte.
Dans sa tête, elle criait de désespoir, elle hurlait sa rage, sa souffrance, sa solitude… – tout ce qui, mois après mois, l’avait dépouillée de son humanité.
Elle suppliait aussi.
Pitié, pitié, pitié, pitié… laissez-moi sortir d’ici, je vous en supplie…
Dans sa tête, elle criait et elle suppliait et elle pleurait. Dans sa tête seulement : en réalité, aucun son ne sortait de sa gorge. Elle s’était réveillée quasi muette un beau matin. Muette… Elle qui avait toujours aimé s’exprimer, elle à qui les mots venaient si facilement, les mots et les rires… »
« Combien d’années ? Dix-neuf ? Vingt ? Elle l’avait rejeté hors de sa vie, elle était partie avec un autre et elle avait trouvé le moyen de faire retomber la faute sur lui. Il l’avait aimée, oh oui… Peut-être plus qu’aucune autre femme avant et après elle… Mais cela s’était passé dans un autre siècle, il y avait si longtemps… »
« — Vous n’aimez pas le sport à la télé ? le taquina Servaz.
— Du pain et des jeux. Rien de très nouveau. Au moins les gladiateurs mettaient-ils leur vie en jeu, ça avait tout de même une autre allure que ces gamins en short courant après un ballon. Le stade n’est que la version extralarge de la cour de récré. »
« — Vous vous intéressez aux religions ? demanda-t-il.
Winshaw sourit. Il but une gorgée, son œil brasillant malicieusement au dessus du verre.
— Elles sont fascinantes, non ? Les religions, je veux dire… Comment de tels mensonges peuvent aveugler autant de gens ?
« — Les gens votent, dit soudain la Baleine. Ils croient qu’ils décident… Ils n’ont aucun pouvoir de décision. Aucun. Parce qu’ils ne font que reconduire à l’infini la même caste, élection après élection, législature après législature. Le même petit groupe de gens qui décident de tout pour eux. Nous… Et quand je dis « nous », j’inclus nos adversaires politiques. Deux partis. Qui se partagent le pouvoir depuis cinquante ans. Qui font semblant de n’être d’accord sur rien alors qu’ils le sont sur presque tout… Cela fait cinquante ans que nous sommes les maîtres de ce pays et que nous vendons au bon peuple cette arnaque nommée « alternance ». Les cohabitations auraient dû lui mettre la puce à l’oreille : comment deux pouvoirs aux options radicalement opposées pourraient-ils cohabiter ? Mais non : il a continué à gober l’escroquerie comme si de rien n’était. Et nous, a profiter de ses largesses. »
« Il avait deviné un homme qui, comme lui, détestait la vulgarité des loisirs modernes, la stupidité consumériste des générations actuelles, la pauvreté de leurs centres d’intérêt et de leurs goûts, la platitude de leurs idées, leurs comportements moutonniers et leur incurable philistinisme. Un homme seul, aussi. Oh oui, ils se comprenaient, tous les deux. Même si Martin avait sans doute du mal à l’admettre. Ils étaient aussi proches que pourraient l’être deux vrais jumeaux séparés à la naissance. »
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Bernard Minier, né en 1960, originaire de Béziers, a grandi au pied des Pyrénées. Glacé (2011), son premier roman, a reçu le prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac et figure dans la liste des 100 meilleurs polars du Sunday Times depuis 1945. Le livre a été adapté en série télévisée en 2017 par Gaumont Télévision et M6 est disponible sur Netflix.
Glacé (2011, Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac),
https://leressentidejeanpaul.com/2026/02/24/glace/
Le Cercle (2012),
N’éteins pas la lumière (2014),
Une putain d’histoire (2015, Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac),
Nuit (2017),
Sœurs (2018),
M, le bord de l’abîme (2019),
La Vallée (2020)
La Chasse (2021),
Lucia (2022),
Un œil dans la nuit (2023),
Les Effacées (2024).
En 2024 paraît également chez Pocket un recueil de nouvelles inédit, Les Chats et 14 histoires mystérieuses diaboliques cruelles.
Son dernier ouvrage, H, a paru en 2025. Bernard Minier est considéré aujourd’hui dans toute l’Europe comme l’un des maîtres du thriller.
Ses romans, traduits en 28 langues, sont tous publiés aux Éditions XO et repris chez Pocket.






























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