Drame, Thriller psychologique

L’Innocence des bourreaux

de Barbara Abel
Poche – 13 octobre 2016
Éditeur : Pocket

Bandeau_Intro

Dans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses, un jour comme tant d’autres. Parmi eux une jeune mère qui a laissé son fils de 3 ans seul à la maison devant un dessin animé, un couple adultère, une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s’il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent… Des gens normaux, sans histoire, ou presque. Et puis un junkie qui, en manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé pour voler quelques dizaines d’euros. Mais quand le braquage tourne mal, la vie de ces hommes et femmes sans histoire bascule dans l’horreur.
Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière devient mince. Si mince…

« On pénètre dans un huis clos, mais on traverse un roman choral sur les tourments qui rongent les existences ordinaires de ces personnages. » Le Point

« Une tension psychologique qui grimpe jusqu’à son paroxysme, c’est notre quotidien qui devient glaçant. » LiRE

 

Livre_2021_004_Abel Barbara - L'innocence des bourreaux.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Un thriller époustouflant et addictif !
Difficile de lâcher le livre avant la fin.
L’écriture de Barbara Abel est incisive, agréable et décrit les scènes avec beaucoup de réalisme. À ce jour j’ai vraiment aimé tous ses romans. Elle arrive à chaque fois à se renouveler et à me surprendre…

Joachim Fallet, jeune drogué est en manque.
Il a beau regarder dans toutes ses “planques”… Il n’a plus un sou !
Il décide de braquer une supérette de quartier.

Dès les premiers chapitres, on fait connaissance avec tous les personnages.
Très vite on comprendra les failles et les faiblesse de certains. Mais cela n’a gâché en rien mon plaisir de lecture au contraire. Le braquage va évidemment révéler les personnalités de chacun. Ils devront faire au mieux dans cette situation déjà bien compliquée.

Une histoire captivante où tous les “acteurs” se retrouvent catapultés dans l’horreur, là, où personne ne sortira indemne…

Beaucoup de suspense !

Merci Barbara

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Il était grand et solide, il avait cette épaisseur qui rend tout concret, les mots, les gestes, les intentions. Il était de ceux qui déplacent le monde dans leur sillage. Le corps d’aplomb, l’esprit en apesanteur. Aujourd’hui, Théo ne voit plus qu’un vieillard sinon chétif, du moins flétri, comme fané, tristement défraîchi. Les traits en ruine. L’organisme en jachère, l’âme en surpoids. À peine l’ombre de celui qu’il a été. »
…/…
« Aujourd’hui, il a tout perdu.
Ou plutôt, aujourd’hui, il n’a plus rien à perdre.
Alors il prend la décision qui s’impose. La dernière chance qui s’offre à lui, pour ne pas mourir seul, comme une merde. Comme un chien. Le fric, il va le prendre là où il se trouve. Par la force. Il a demandé gentiment, ça n’a servi à rien. Personne ne l’a écouté, personne ne l’a entendu. Alors il va demander méchamment. Il va exiger. Il va ordonner. En criant très fort, pour être sûr qu’on l’entende, qu’on l’écoute. Il va menacer. Et il va se servir. Fini d’être la victime. Il va devenir bourreau, celui qui commande, celui que l’on craint. »

 

 

Née en 1969, Barbara Abel vit à Bruxelles, où elle se consacre à l’écriture. Pour son premier roman, L’Instinct maternel (Le Masque, 2002), elle a reçu le prix du Roman policier du festival de Cognac en 2002. Aujourd’hui, ses livres sont adaptés à la télévision, au cinéma, et traduits dans plusieurs langues. Après L’Innocence des bourreaux (Belfond, 2015) et Je sais pas (Belfond, 2016), Je t’aime est son douzième roman.

Émotion, Suspense, Thriller psychologique

À pas de loup

de Isabelle Villain
Poche – 14 janvier 2021
Éditeur : Taurnada Editions

Bandeau_Intro

 

Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein coeur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons. Mais l’équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s’infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique. Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar.
Votre pire cauchemar…

 

2021_003_ Villain Isabelle - À pas de loup.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

C’est un plaisir que de retrouver la plume d’Isabelle…

Tout d’abord, un très grand merci aux éditions Taurnada et à Joël pour ce roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

Rosalie et son fils Martin ont quitté “leur vie” pour aller dans un village complètement isolé. Ils ont décidé de quitter le monde consumériste et de s’intéresser à ce qu’il y a de plus intéressant, pour eux, le rapport entre l’Homme et la mère Nature…
Tout commence très bien. Ils ont rejoint Michel et quelques autres dans un hameau abandonné qu’ensemble ils ont “retapé”. Très vite ils sont complètement autonome, et s’autosuffisant. Ils sont heureux…

Arrive le jour où Martin est enlevé.
C’est le début du cauchemar !

Isabelle encore une fois a fait très fort.
Je n’ai rien vu venir.
J’étais tellement heureux pour tous les personnages, leur façon de vivre, de s’entraider que j’avais moi-même l’impression de faire partie de leur communauté. Mais surtout je n’ai pas fait attention que très insidieusement, Isabelle est arrivé à créer une ambiance, un univers qui devient étouffant, mais c’est déjà trop tard…

J’ai été, comme vous l’aurez très vite compris, d’abord happé puis complètement conquis par le récit, lu d’une traite et ce jusqu’au dénouement final…
Je ne peux rien dire de plus, mais l’intrigue est un véritable coup de poing !
“À pas de loup”, ou comment, un roman “feel good” se transforme en un thriller psychologique et violent plus que réussi, très bien maitrisé et bien documenté.
Ça fait froid dans le dos !

Merci Isabelle, j’ai aimé tes personnages, j’ai aimé l’intrigue, mais, j’ai surtout aimé n’avoir rien vu venir !

N’hésitez plus, soyez tous les bienvenus au hameau de La Barberie.

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Caroline et Alain on pensé au départ que ce nouveau projet de vie allait déplaire profondément à leurs trois enfants, adeptes des consoles de jeux, d’Internet et des réseaux sociaux. Mais ils se sont trompés. Les jeunes générations sont désormais fortement préoccupées par l’environnement, par le « zéro déchet». Ils ont envie de léguer à leurs descendants un monde intact. Ils ne considère plus à l’inverse de leurs aînés, que la planète est comme un puits sans fond, dans lequel il est tellement facile de puiser sans jamais contribuer. Alors, lorsque Caroline tombe sur une interview de Michel dans la presse locale, elle est sous le charme. Cette micro-société vivant en quasi-autonomie, dans un endroit de rêve, c’est tout ce qu’ils recherchent. Le retour à l’essentiel. La terre. L’entraide. La communication. Un nouvel équilibre. Un nouveau départ. »

 

Née au Maroc à Casablanca en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’évènementiel et l’organisation de salons professionnels.
Passionnée de romans policiers depuis l’enfance. Elle décide de se lancer dans l’écriture pour mettre par écrit les nombreuses histoires qui lui trottent dans la tête.
Son quatrième roman “Peine Capitale”, publié aux Editions Auteurs d’Aujourd’hui, a reçu le prix Maurice Bouvier en 2015.
“Âmes battues”, le second volet des enquêtes du commandant de Lost, découvert dans “Peine capitale” à reçu le prix du festival du polar de la ville d’Arcachon en 2016, et le prix polar du festival Jeter l’Encre.
“Mauvais genre”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 15 novembre 2018.
“Blessures invisibles”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 9 janvier 2020.
“À pas de loup”, son 7e roman, publié aussi aux Éditions Taurnada est sorti le 14 janvier 2021.

Noir, Thriller psychologique

Le quatrième rassemblement

de Cyril Carrère
Broché – 8 octobre 2020
Éditeur : Cosmopolis

Bandeau_04.jpg

Visalia, Californie centrale.

William, l’homme d’affaires, rêve de créer un nouveau pôle d’excellence dans la région qui l’a vu naître, loin de la Silicon Valley et de la Baie de San Francisco. Lorsque sa société Educorp fait faillite, étourdi par le désir de revanche, il accepte l’aide d’un fonds privé sans en avertir ses associés.
Quand Carl, l’avocat fiscaliste, met son nez dans les affaires d’Educorp, ce qu’il découvre va l’aspirer au cœur d’un engrenage incontrôlable.

Philip s’active pour offrir une fin de vie décente à sa mère. Pour y parvenir, le lieutenant de police est prêt à tout.

Le destin de ces trois hommes va se télescoper quand William doit revoir ses associés, une semaine plus tard, à l’occasion du Rassemblement, rituel instauré depuis la fin de leur aventure commune. Parfaite symétrie des situations et des hommes : dans ce dédale de faux-semblants, de violences feutrées et de trahisons, le face-à-face s’annonce comme la plus dangereuse réunion à laquelle ils aient jamais participé.

Après Grand Froid, plébiscité par les lecteurs, Cyril Carrère tisse avec Le Quatrième Rassemblement une toile dangereuse très cinématographique qui va incontestablement marquer le lecteur. Thriller efficace et racé, Le Quatrième Rassemblement dépasse les frontières du genre et se clôture sur une séquence finale magistrale.

Cyril Carrère partage sa vie entre la France et le Japon depuis 2018. Pharmacologue, ce surdoué des fausses pistes a longtemps travaillé dans l’industrie pharmaceutique, avant de devenir chef de projet d’ingénierie d’application.

 

2020_085_Carrère Cyril - Le quatrième rassemblement

 

Bonjour à toutes et à tous,

Véritable page turner, bien trop court à mon goût !
Cyril nous a concocté un thriller “coup de poing” à travers lequel j’ai suivi un homme qui a perdu son âme dans une machination incroyable, ne cessant de me surprendre. Jusqu’au bout je me suis demandé qui tirait véritablement les ficelles.

Quel est le point commun entre une araignée qui tisse lentement sa toile, un serpent qui rampe doucement la nuit sous votre lit et un scorpion qui tue dès sa première piqure ?
– Vous hésitez encore ?
Cyril Carrère, a construit ce roman d’une main de maitre. Tel une araignée, il a tissé un scénario sans faille, tel un serpent, il s’est enroulé autour de nous, pour nous attraper dans son piège, puis vient le scorpion qui nous frappe violemment !

Après “Le glas de l’innocence”, et l’excellent “Grand Froid”, Cyril a eut l’extrême gentillesse de me faire parvenir son dernier roman que je pourrai résumé en un seul mot : “machiavélique” !

Plusieurs fois j’ai eu cette impression, non pas de lire une très bonne intrigue, mais carrément d’être au cinéma et de regarder en apnée un très bon thriller… Et pour cause, c’est très cinématographique.

Cyril se “joue” de nous et nous noie dans une spirale infernale, en nous faisant revivre plusieurs événements, vus par des instigateurs différents à chaque fois. Certains scènes violentes m’ont même clouées à mon fauteuil. Cyril sait tenir son lecteur en haleine. Les chapitres courts s’enchaînent dans un rythme on ne peut plus prenant.

Mais qui est cette mystérieuse Emily ?

Bravo et merci Cyril, pour ce récit qui brise pas mal de codes, et ce, jusqu’à une chute magistrale…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Il trouvait étrange qu’Anne ne dorme pas à cette heure-ci, mais dans un sens, ça l’apaisait. Sa femme était du genre bouquineuse, grande consommatrice de thrillers. Elle devait surement être dans le final d’un énième polar islandais ou finlandais avec un thé bien chaud, en pensant à la chronique qu’elle devait rédiger le plus tôt possible, selon les délais saugrenus qu’elle s’était infligés à elle-même. Impossible de décrocher avant la dernière page, disait-elle souvent. Il ne comprenait pas cette passion dévorante et encore moins cette lubie de partager ses ressentis avec de parfaits inconnus, au travers des réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Instagram. Et même un blog à son nom. A quoi ça rimait, sérieusement ?
Elle ferait mieux de s’occuper des gosses. Ça, c’était du temps bien passé. C’était bien à ça qu’elle servait, non ?
Putain que ça l’exaspérait. »

 

https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/27/le-glas-de-linnocence-de-cyril-carrere/

https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/10/grand-froid-de-cyril-carrere/

 

 

Né en 1983, Cyril Carrere partage sa vie entre la France et le Japon où il vit depuis 2018. Pharmacologue de formation, Cyril a travaillé dans l’industrie pharmaceutique pendant 7 ans, avant de devenir chef de projet de développement d’applications dans le secteur scientifique et auto-entrepreneur.
Passionné de littérature, de culture et de voyages, il est l’auteur du Glas de l’innocence (finaliste prix Fyctia) et du très remarqué Grand Froid (finaliste prix VSD-RTL), plébiscité par le public.
Cyril Carrere signe chez Cosmopolis en juin 2019.

Polar, Thriller psychologique

Robe de marié

de Pierre Lemaitre
Poche – 20 janvier 2010
Éditeur : Le Livre de Poche

Bandeau_Lemaitre.jpg

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

Avec Robe de marié, dont on comprendra le titre dans les dernières pages, Pierre Lemaitre livre un polar parfaitement orchestré où le mal n’épargne personne. Allan Kaval, Marianne.

Une fable cruelle et amorale sur le harcèlement et la vengeance. Philippe Lemaire.

 

2020_078_Lemaitre Pierre - Robe de marié

 

Bonjour à toutes et à tous,

Un thriller psychologique parfaitement mené par l’auteur.

La première chose qui m’a surpris, c’est le titre “Robe de marié” sans e.
Il vous faudra attendre la toute fin du récit pour comprendre le pourquoi !

Nul n’est à l’abri de la folie.
Sophie a tout pour être heureusement, elle mène une existence paisible, gagne bien sa vie, son mari Vincent travaille dans une société de pétrochimie. Ils vivent à Paris dans un très bel appartement.
Pourquoi commence-t-elle à sombrer lentement dans la démence ?
Quel est le déclencheur qui la mène doucement dans la folie ?
Elle perd ses clés, ne trouve plus sa voiture, ne retrouve plus les objets de son quotidien dans son appartement. Mille petits signes inquiétants s’accumulent ainsi, et elle finit par perdre son travail…
Puis tout s’accélère, sa belle-mère décède, Vincent a un accident de voiture, il se suicide un mois plus tard…
Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres, dont curieusement, elle n’a aucun souvenir.
Sophie est devenue en quelques jours la femme la plus recherchée de France !
Elle va organiser sa fuite, va changer de nom, de vie, mais son passé douloureux va finir par la rattraper…

Quel roman… Du grand Pierre Lemaitre !!!

Le premier quart du roman est une transcription cauchemardesque du vécu de Sophie. Chaque petit détail compte, tout est archi important… Je n’ai pu m’empêcher de le relire une seconde fois dans la foulée pour comprendre à quel moment je m’étais fait abusé.

C’est excellent, superbe. Et même si tout n’est pas crédible, le roman est tellement bien ficelé que l’on plonge implacablement avec Sophie dans la folie.

Pourquoi accumule-t-elle les meurtres derrière elle ?
Qui est-elle vraiment ?

C’est diabolique…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« J’ai peur. Tous les morts remontent. La nuit. Je peux les compter, un à un. La nuit, je les vois assis à une table, côte à côte. La nuit. En bout de table, Léo, avec son lacet autour du cou.
Il me regarde avec un air de reproche. Il demande : “Tu es folle, Sophie ? Pourquoi m’as-tu étranglé ? Tu es folle, c’est vrai ?” et son regard m’interroge et me transperce. Je connais son air dubitatif, il penche la tête un peu sur la droite avec l’air de réfléchir. “Oui, mais ce n’est pas nouveau, elle a toujours été folle”, dit la mère de Vincent.
Elle se veut rassurante. Je retrouve son air mauvais, ce regard de hyène, sa voix pointue.
“Avant de commencer à tuer tout le monde, à détruire tout ce qu’il y a autour d’elle, elle était déjà folle, je l’avais dit à Vincent, cette fille est folle…”
Pour dire ça, elle prend son air pénétré, elle ferme les yeux longuement en parlant, on se demande si elle va les rouvrir ou non quand elle parle, elle passe la moitié du temps les paupières fermées à regarder au dedans d’elle-même.
“Tu me hais, Sophie, tu m’as toujours haïe, mais maintenant que tu m’as tuée…”
Vincent ne dit rien. Il secoue sa tête décharnée comme s’il demandait pitié. Et tous me regardent fixement. Ils ne parlent plus.
Je me réveille en sursaut. Quand c’est comme ça, je ne veux plus me rendormir. Je vais à la fenêtre et je reste des heures à pleurer et à fumer des cigarettes.
J’ai même tué mon bébé. »

 

 

Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes pendant de nombreuses années, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Auteur de romans policiers et de romans noirs, Pierre Lemaitre est reconnu comme un des meilleurs écrivains du genre et récompensé par de très nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Au revoir là-haut a reçu le prix Goncourt 2013 et a été adapté au cinéma par Albert Dupontel. Ses romans sont traduits en trente langues et plusieurs sont en cours d’adaptation au cinéma et au théâtre.

Noir, Polar, Thriller psychologique

L’instinct maternel

Barbara Abel
Poche – 27 février 2013
Éditeur : Le Masque

Bandeau_Barbara

Richard et Jeanne Tavier jouent, depuis de nombreuses années, la comédie du bonheur parfait dans le milieu huppé qu’ils fréquentent. Leur agressivité et leur mépris sont renforcés par le fait qu’ils n’ont jamais pu avoir d’enfant. Edwige, la confidente de Jeanne, l’aide de son mieux en lui procurant conseils et tendresse. Un soir, celle-ci débarque chez elle et lui annonce que Richard s’est rompu le cou en tombant dans l’escalier. Edwige n’est pas dupe mais couvre son amie en l’assurant de son silence. À l’ouverture du testament, le notaire annonce à la veuve que Richard lègue sa fortune à une inconnue. Blessée et dépitée, Jeanne transforme son ressentiment en une boule de fiel qui lui fait perdre la raison. Décidée à retrouver la femme qui a hérité à sa place, elle a bien l’intention de la supprimer.

 

2020_076_Abel Barbara - L'instinct maternel.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Dès le début de ma lecture, j’ai été un peu surpris de ne pas retrouver la “patte” de Barbara Abel. J’ai bien retrouvé certains thèmes qu’elle affectionne, pas son style. Mais, j’ai continué ma lecture, qui en soit reste agréable malgré le sujet traité, et je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Je ne savais jamais ce qui allait se passer à la page suivante !

Âmes sensibles, s’abstenir !

C’est un thriller sanglant qui se déroule quasiment en huis clos, avec un très bon suspense de la première à la dernière ligne. J’ai pensé à “Misery” de Stephen King, mais le roman de Barbara ne se limite pas à ça.

C’est surtout Jeanne, le personnage principal, qui tient le roman, qui m’a fait froid dans le dos. Comment une épouse arrive-t-elle à perdre d’un seul coup tous ses repères et sombre dans la folie, même si parfois je n’ai pu m’empêcher d’avoir un peu d’empathie pour elle. Avec ça, un portrait au vitriol de la bourgeoisie.
Un roman qui m’a marqué par la froideur de Jeanne qui s’enfonce à chaque chapitre un peu plus… Elle DOIT absolument accomplir son rêve !

La pauvre Suzanna elle, va vivre l’enfer, et on se demande bien comment elle va arriver à s’en sortir. Les rapports de force entre les personnages qui permutent régulièrement donne du rythme au récit. C’est l’instinct maternel qui les guide.

Mais jusqu’où ira le récit ?

Meurtres, plans machiavéliques et mutilations…
Oserez-vous le lire jusqu’au bout ?

Je me suis rendu compte en fin de lecture que “L’instinct maternel” était son premier roman. Alors, merci Barbara…
Tu m’as permis d’entrevoir une version différente de la femme qui VEUT un enfant.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Les deux jeunes femmes se regardèrent, longuement, puisant dans l’effroi de l’autre une sorte de force, celle de n’être pas seule, celle de lire la souffrance s’inscrire dans un regard étranger, comme si le malheur avait soudainement décidé de choisir une autre victime. »

…/…

« C’était fou le nombre de gens qui ressentaient le besoin de la toucher, comme si la proéminence de son ventre permettait une familiarité qu’ils ne se seraient jamais permise auparavant. »

 

 

Barbara Abel vit à Bruxelles où elle se consacre à l’écriture et à ses chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique. L’Instinct maternel a reçu le Prix Cognac 2002, et Un bel âge pour mourir a été sélectionné par le prix du Roman d’Aventures 2003 puis adapté à la télévision en 2008 par Serge Meynard avec Emilie Dequenne et Marie-France Pisier. Ses romans sont traduits en plusieurs langues.

Noir, Polar, Thriller psychologique

Si je serais grande

Bandeau_Angelina

Angélina Delcroix
Broché – 21 mars 2019
Éditeur : Nouvelles Plumes

Le nouveau roman d’Angélina DELCROIX, la révélation du thriller français !

2006. Deux petites filles disparaissent le même jour, sans laisser de traces. Elles sont voisines, mais n’étaient pas ensemble au moment de leur enlèvement.
Eleanor, bientôt six ans, vit dans la crainte de déplaire à ses parents. La tête pleine d’images et de souvenirs, est-elle la menteuse que décrit sa mère ?

2016. Des cadavres d’enfants viennent d’être découverts. Au milieu des corps, une survivante. Enceinte de quatre mois et toujours profondément marquée par sa précédente enquête, l’adjudante Joy Morel se retrouve à la tête d’une enquête éprouvante qui va l’entraîner aux frontières de l’inimaginable…

 

2020_070_Delcroix Angelina - Si je serai grande.jpg

 

2006, Charlie, 6 ans, disparaît.
Sa petite voisine, Manon, disparaît aussi le même jour sans laisser de trace.
Deux familles détruites.

Dix ans plus tard, un charnier est découvert. Se sont des corps d’enfants…

Wahou ! Quel roman…

“Si je serais grande” est la suite de “Ne la réveillez pas”.
Je vous recommande de lire les livres d’Angélina dans l’ordre de parution pour la psychologie et les personnalités de chacun des personnages.

Sujet difficile.
Quand on touche aux enfants dans les romans, j’ai tendance à me recroqueviller, je suis moins à l’aise… Je ne veux pas imaginer ce qu’ils peuvent subir.
Alors, je ne peux pas parler de plaisir de lecture, mais c’est diablement bien écrit.
Angélina a su me toucher pas son écriture qui est vraiment très belle, en douceur et en émotion.
J’ai trouvé incroyable sa capacité d’écrire avec la vision et le ressenti d’une enfant de six ans. D’ailleurs dans la construction de son roman, l’alternance des voix est très importante. Elle créée le rythme du récit, en utilisant par ailleurs une écriture nette, précise dans des chapitres très courts.

Véritable page-turner.
Attention âmes sensibles, ce roman est destiné aux lecteurs avertis.
Violences envers des enfants, kidnappings, humiliations, manipulations, rites sataniques, menaces, privations dès le plus jeune âge des victimes… Un monde où la violence n’a plus de limite.
Dans une actualité qui nous en apporte régulièrement la preuve, ce roman, m’a fait froid dans le dos.
C’est brut, c’est dur. C’est… vrai !

Du début à la fin, Angélina joue au chat et à la souris avec nous, lecteurs.
Elle distille ses informations au compte-gouttes. Juste ce qu’il faut, quand il le faut, elle transporte le lecteur dans des chapitres bien sombres, et elle appuie là où ça fait mal.

Avec “Si je serais grande”, Angélina Delcroix démontre pour moi, qu’elle fait partie des grands auteurs français à suivre…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Ma maman est là, près de moi, son regard est inquiet et plein d’amour. Mais j’en fais quoi de cet amour ? Personne ne m’a jamais appris. Je ne sais pas faire. Je suis habituée à autre chose. Mes doigts viennent agripper les bandages sur mes poignets pour tenter de les arracher. Maman m’en empêche.
– Non, Charlie ! Je t’en supplie, arrête !
C’est plus fort que moi, une force me pousse, je ne me contrôle plus. Je laboure les bandages comme un chien creuserait pour trouver un os. Au passage je me griffe la peau autour. Maman crie. Je l’entends, mais de loin. Je suis partie dans mon monde. Le seul que je connaisse. Celui de la souffrance. »

 

 

Angelina Delcroix est née en 1978, à Luçon. Elle envisage de faire l’École de Gendarmerie pour travailler dans la police scientifique, mais après une Licence de Génétique et des études en Psychothérapie, elle exerce comme psycho-praticienne en Vendée et consacre son temps libre à sa passion, l’écriture. Forte de ses diplômes, elle choisit le genre thriller psychologique, gardant toujours à l’idée la préparation d’un diplôme en Criminologie.

Un premier roman, “Ne la réveillez pas” paraît en 2017 aux Éditions Nouvelles Plumes, dans lequel l’auteure crée le personnage de Joy Morel, adjudante, suivi par “Si je serai grande” en 2018, deux romans qui rencontrent le succès. En 2019, sort son 3ème roman, “Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort”.

Angelina Delcroix se consacre désormais entièrement à l’écriture.

Thriller psychologique

La peine du bourreau

Bandeau_Estelle.jpg

Estelle Tharreau
Broché – 1 octobre 2020
Éditeur : Taurnada Éditions

McCoy est « bourreau » au Texas. Après 42 ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451. Il ne leur reste que quatre heures pour faire revivre les souvenirs de McCoy avant l’injection létale. Quatre heures dans l’isolement de la prison de Walls. Quatre heures pour cinq crimes qui déchaînent les passions. Quatre heures pour ce qui pourrait être la dernière exécution de McCoy. Quatre heures pour jouer le sort d’un homme. Un thriller psychologique aussi troublant que fascinant : une immersion sans concession dans le couloir de la mort et ses procédures d’exécution.

 

2020_066_Tharreau Estelle - La peine du Bourreau.jpg

 

« La peine du bourreau », est le cinquième roman d’Estelle Tharreau.
C’est une découverte pour moi, et je dirai même, une très belle découverte !

Pas le temps de m’ennuyer. Dès les premières lignes, Estelle m’a emmené dans l’univers carcéral américain.
Je m’y suis vraiment cru…

À minuit, Ed condamné numéro 0451 sera exécuté.
Le récit commence à 19h00…
Quatre heures de lecture en compagnie du condamné numéro 0451.
Tout est superbement documenté. Le couloir de la mort, la violence, les odeurs, un racisme latent qui plane constamment entre chaque ligne.
Le tout, avec énormément de psychologie, et de tristesse aussi je dois dire. Pas facile de rester serein en arrivant à la dernière ligne du roman.
Je suis passé pas tout un tas d’émotions.
Wahou !
C’est énorme…

Comment et pourquoi Ed, ancien bourreau, se donne le droit de faire justice en se “débarrassant” de quelques hors-la-loi, et toujours sans regret aucun.
Voilà le récit incroyable que j’ai eu entre les mains…
Je ne peux en dire plus, sans vous dévoiler la quête psychologique entreprise par Estelle.

J’ai pris ce roman comme une confession.
Celle d’un bourreau, d’un homme juste torturé par toutes les malveillances qui sévissent aux États-Unis, alors que lui n’a plus rien à perdre.

« La peine du bourreau » est un livre très profond et puissant, mais c’est surtout le rythme donné au récit qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout.
À aucun moment je n’ai eu envie, ni pu m’arrêter.
Que de rebondissements jusqu’au twist final que je n’ai pas vu venir du tout.

Quatre heures, c’est le temps qu’il m’a fallu pour arriver à la fin du récit !
Quatre heures de lecture pour quatre heures à vivre…

Bravo et merci Estelle !
Je sais ce qui me reste à faire… Ce sont encore les étagères de ma bibliothèque qui vont en baver !!!

Une nouvelle fois un grand merci à Joël, des Éditions Taurnada, qui me permet de découvrir de véritables pépites littéraires à chaque fois !

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Tout ce que je savais, c’est qu’on allait exécuter le violeur est le meurtrier d’une gamine blanche de 11 ans. C’était un noir. Le fils d’un ouvrier agricole du comté de Lee, Mississippi. On m’a formé rapidement. On m’a montré la chaise électrique. Elle ressemblait à ces grands trônes en bois du Moyen Âge. On m’a expliqué comment ça fonctionnait et comment ça se déroulait. Tous les petits trucs pour ne pas être emmerdé et pour que ça ce passe proprement. En principe, j’aurais dû être dans l’équipe qui sangle le condamné, mais comme je comprenais vite et que j’étais particulièrement motivé, le gardien-chef m’a proposé d’envoyer le jus moi-même pour mon baptême de feu. Je n’ai pas hésité une seconde. J’ai dit oui. »

 

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire.

Polar, Thriller psychologique

Déviation nord

Thierry Berlanda
Broché – 3 septembre 2020
Éditeur : de Borée

Bandeau_Thierry.jpg

Le soir de Noël, Milton Walsh, un chirurgien respecté, son épouse Agathe, une jeune anesthésiste, et leur fille Lola, s’engagent sur les routes enneigées pour aller fêter le réveillon avec leur famille : ils ne parviendront jamais à destination ! Lehmann, un adjudant-chef proche de la retraite et loin des procédures, et Emilie Casanave, une jeune adjointe brillante, dotée d’un sixième sens incroyable mais dénuée de second degré, vont tout faire pour les retrouver…

 

2020_068_Berlanda Thierry - Déviation Nord.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous…

Une fois encore, Thierry Berlanda est arrivé à se jouer de ses lecteurs !
Il distille par-ci par-là des détails, des idées qui finalement ne sont que des fausses-pistes. J’adore !!!
Le lecteur n’a qu’à bien se tenir… Un seul moment d’inattention et c’est la sortie de route. Vous êtes prévenu !
Je me suis laissé complètement prendre aux pièges de ce polar.

24 décembre. 18h30. Les routes enneigées. À bord de leur Range Rover, Milton et Agathe Walsh s’apprête à rejoindre leurs proches pour fêter Noël.
À l’arrière du véhicule, la petite Lola s’est endormie avec son chien.
Toutes les routes sont enneigées. Au bout de quelques kilomètres, la route est coupée suite à un camion qui s’est renversé un peu plus loin.
Le plus sage serait de faire demi-tour. Mais les Walsh décident de prendre un autre itinéraire. La déviation nord.
Ils n’arriveront jamais à destination…

Thierry nous a concocté un véritable thriller à lire bien au chaud sous la couette, tellement l’ambiance anxiogène de son roman est glauque et glaciale.
Aucun temps morts. L’écriture est fluide et tout se déroule très très vite. J’ai suivi pas à pas l’enquête menée par les gendarmes Lhemann et Casanave qui forment un drôle de duo, et vont se lancer à corps perdus dans la recherche de la vérité… À la poursuite du coupable. Mais qui peut-il bien être ? Pourquoi s’en prendre à cette famille ?
L’adjudant-chef Lhemann est proche de la retraite alors qu’Émilie Casenave, jeune adjointe, n’a peur de rien, elle est dotée d’un sixième sens mais totalement dénué de second degré !
Certaines répliques d’Émilie sont vraiment à mourir de rire. Elles m’ont permis de souffler un peu et de sortir de l’immersion totale “ambiance tempête de neige qui fait rage, alors que nos héros sont poursuivis par un camion qui ne veut pas les lâcher”… Les personnages sont tous très attachants, mais j’espère que j’aurai l’occasion de retrouver Émilie dans un prochain roman, son personnage est vraiment très intéressant… Où trouve-t-elle autant de force et de courage ?

Je me suis régulièrement mis à la place des Walsh… qui vivent un véritable enfer !
Toute leur vie va basculer en quelques instants !

Un vrai coup de cœur !
Une histoire digne des plus grands…
Je vous conseille vivement de lire ce roman qui risque de vous tenir éveillé un bon moment !

Un grand merci au Éditions de Borée…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« C’est moche, tout ça. Ce monde pourri. On parle souvent, Agathe et moi… je lui dis toujours que les affreux sont en train de gagner la partie, et d’abord parce que maintenant c’est eux qui écrivent les règles du jeu… – Qu’est-ce qu’elle vous répond ? – Que chacun fasse le mieux possible ce qu’il sait faire, à la place où il est ! C’est ainsi que le monde guérira ! Nouvelle interruption de Maud, que l’émotion écrase. – C’est vraiment une chic fille, vous ne trouvez pas ? – C’est ce que tout le monde dit. Et Milton ? Maud s’essuie les yeux et se se mouche dans une serviette en papier posé sur la table, sous le regard abattu des quelques autres personnels en pause. – Je ne le connais pas. Enfin, sauf de réputation. Milton Walsh est LE boss. »

 

 

Thierry Berlanda est écrivain et philosophe. Il est l’auteur de vingt romans. Après Naija (2017) et Jurong Island (2018), Cerro Rico (juin 2019) clôt sa trilogie de techno-thrillers (Éditions du Rocher). Ses autres romans récents sont L’Affaire Creutzwald (2018), un roman noir, et L’Orme aux Loups (2017), un suspense médiéval, parus aux Éditions De Borée. L’Insigne du Boiteux, un thriller pur jus, est ressorti en poche chez le même éditeur en 2019. Pour septembre 2020 sont annoncés la version poche de L’Affaire Creutzwald et un nouveau thriller en grand format, DÉVIATION NORD, dans la collection Marge Noire des Éditions De Borée.

Polar, Thriller psychologique

Les nouveaux Prophètes

Åsa Larsson
Poche – 26 février 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

Bandeau_Asa.jpg

Dans la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, Viktor Strandgård, celui que l’on surnomme « le pèlerin du paradis » pour avoir miraculeusement survécu à un grave accident, est retrouvé mort dans le temple de cristal, où il officiait. Qui a pu assassiner, aussi sauvagement et avec un tel acharnement, cet éminent membre de l’Église de la Force originelle ? Sollicitée par son amie d’enfance, Sanna, la sœur de la victime, Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste à Stockholm, va mener l’enquête. Menacée par les disciples de la communauté, la jeune femme se met rapidement en danger…
Avec cette première enquête de Rebecka Martinsson, la star du polar scandinave fait preuve d’une remarquable maîtrise du genre et d’un grand sens de l’intrigue policière.

PRIX DU PREMIER ROMAN POLICIER SUÉDOIS.

 

2020_067_Larsson Asa - Les nouveaux prophètes.jpg

 

Qui n’a jamais lu de Polar Suédois ?
Je dois avouer que je suis assez fan… Les ambiances bien sombres, peu d’actions, beaucoup de psychologie, des décors incroyables, la neige, le froid, un sentiment de solitude…

“Les nouveaux Prophètes” est le premier roman de Åsa, paru initialement sous le titre “horreur boréale” en 2006.

Dans la ville de Kiruna, le pasteur Viktor Strandgard, surnommé « le pèlerin du paradis » suite a une révélation divine après un accident grave, se consacre depuis à Dieu, dans une Église réunifiée, l’Église de la Force Originelle.

Un meurtre horrible est perpétré dans le Temple de Cristal. Viktor Strandgard est retrouvé, par sa sœur Sanna, le corps allongé au milieu de l’allée, éventré et sauvagement mutilé. Pour ne pas être accusée, Sanna contacte Rebecka Martinsson une avocate fiscale qu’elle connait. Plus jeune Rebecka vivait dans la ville de Kiruna aussi. Elle connait le lieu du décès, la victime, mais surtout elle connait le pourvoir de l’église qu’elle a fuie des années plus tôt.

J’ai toujours aimé les romans ou les films parlant d’histoires de religions et de sectes.
Avec ce roman j’ai été comblé !
C’est la religion qui rythme les vies de cette communauté, les dirige et surtout les brime…
Un voile plane au-dessus de tous les habitants qui doivent obéir à quatre prophètes, à la tête de la Force Originelle, qui tissent petit à petit une sorte de toile où tous les habitants s’engluent sans le savoir…

Au niveau des personnages, il y a un bon travail de recherche de la part de l’auteur, et ce, dès le début de l’intrigue.
Le récit met en avant deux personnalités contradictoires : Rebecka, qui a refusé de se soumettre. Elle a pris ses distances avec la communauté et son église, et est partie vivre à Stockholm dans un grand cabinet d’avocats et Sanna qui n’a jamais quitté sa communauté, qui est effacée, complètement soumise…

Un roman prenant et intéressant sur les dérives des Églises en Suède.
Ce roman est le premier opus, pour moi ce ne sera pas le dernier !

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Comment te sens-tu ? lui demanda Maria.
– Je préfère ne pas me poser la question. »
Rebecka secoua la tête et tourna les yeux vers la fenêtre pour éviter de croiser le regard inquet de Maria. Elle se mordait l’intérieur des lèvres avec fureur. La pluie s’était arrêtée. « Tu sais, ma chérie, tu n’es pas toujours obligée d’être si forte, lui dit doucement Maria. Quelquefois, toi aussi tu as le droit de lâcher prise et de crier un bon coup. »
Rebecka croisa les doigts autour de son genou.
Lâcher prise, songea-t-elle. Et qu’est-ce qu’on fait si on s’aperçoit ensuite qu’on ne s’arrête plus de tomber ? Et qu’on ne peut plus s’arrêter de crier, non plus ? On ce retrouve à cinquante ans, bourrée de médicaments, enfermée dans un hôpital psychiatrique. Avec ce cri incessant dans la tête. »

 

 

Åsa Larsson compte des millions de lecteurs à travers le monde. Bien que née à Uppsala, elle grandit à Kiruna en Laponie suédoise. Elle fait des études de droit à l’Université d’Uppsala. Avant de devenir écrivain à plein temps, elle est une avocate fiscaliste, une profession qu’elle partage avec l’héroïne de ses romans policiers, Rebecka Martinsson. Son premier roman, Horreur boréale (Solstorm), publié en 2003, est traduit en plusieurs langues et est adapté au cinéma en 2007 par Leif Lindblom (sv). L’année suivante paraît son deuxième roman, Le Sang versé (Det spillts blod som), remporte le prix du meilleur roman policier suédois, tout comme pour le roman Till offer åt Molok en 2012. Sa série consacrée à Rebecka Martinsson est traduite dans 30 pays.

Elle a également écrit des scénarios pour le feuilleton télévisé suédois Vita lögner.

Polar, Thriller, Thriller psychologique

Goliat

Mehdy Brunet
Broché – 3 septembre 2020
Éditeur : Taurnada Editions – Le tourbillon des mots

La mer de Barents, au large des côtes norvégiennes : Goliat, une plateforme pétrolière en proie aux éléments déchaînés, est le sinistre théâtre d’une série de meurtres odieux. David Corvin, ex-agent du FBI, va devoir utiliser toutes ses compétences pour stopper l’hécatombe. Mais au bout du chemin, il risque de perdre son âme… Et bien plus encore…

 

2020_059_Brunet Mehdi - Goliat.jpg

 

Je tiens, avant tout, à remercier Joël des Editions Taurnada pour cette belle surprise !
Décidément “le tourbillon des mots” est une collection palpitante et percutante qui ne m’a jamais déçue à ce jour…

Je découvre donc Mehdy Brunet avec “Goliat”

J’ai tout d’abord été assez perturbé par la manière de Medhi d’appréhender sa “ligne du temps” dans le récit ! Il a fallu que je me recentre un peu.
Mais très vite je m’y suis fait, donnant même, il me semble un rythme supplémentaire puisque le lecteur évoluera ainsi sur plusieurs années en même temps (2013, 2015, 2016 et 2019) dans un chassé-croisé infernal.

Le rythme.
Voilà la base de toute la construction de l’histoire. Et c’est en étant ballotté ainsi d’années en années que la structure du récit se met en place comme dans un échiquier fou, où l’auteur avance ses pions comme il l’entend, afin de dérouter le lecteur…

Un avion de l’Asiana Airlines en direction San Francisco s’écrase durant l’atterrissage.
Voilà le début de toute l’intrigue.
L’auteur place son premier pion et à partir de là, j’ai été complètement aspiré par sa narration…
Crash d’un avion, meurtres en série, choc post-traumatique lié à la guerre, FBI, tempêtes, meurtres laissant des corps sans organes…

D’où vient cette soif de meurtres ?
Pourquoi sont-ils si sanglants ?

Les personnages, principaux ou pas, créés par Mehdy, sont particulièrement bien développés et je me suis très vite attaché à eux.
Bien évidement j’ai été frappé par les tragédies et la sauvagerie des crimes, tout en ayant une part de mon esprit qui “comprenait” la folie dans laquelle était entrée le meurtrier…
Mais je n’en dirai pas plus, afin que chacun se fasse son opinion.

Assez vite j’ai trouvé qui était le coupable, mais cela n’a gâché en rien le plaisir de ma lecture et vous comprendrez le pourquoi quand vous le lirez. Le côté huit-clos oppressant, par le choix de situer l’action sur une plateforme au cœur de l’océan Arctique en pleine tempête, isolant de ce fait toutes les personnes se trouvant livrées à elles-mêmes, est vraiment une très bonne idée. Tout le monde va savoir qu’il y a un tueur parmi eux. Mais qui peut-il bien être ?
Une atmosphère suffocante va monter ainsi jusqu’à la fin du récit.

Un récit profond et très bien mené que je conseille aux accros du genre !
Lu d’une traite.

Encore une dernière chose.
Bravo Mehdy !!!

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« “Tu sais quoi, le citadin, tu devrais le jeter ton engin.
– De quoi ? Dis-je, surpris. Mon smartphone ?
– Oui, petit gars. On te fait croire que ce truc est merveilleux et qu’il va soulager ta vie, mais crois-moi, c’est aussi utile qu’une paire de couille en boîte. C’est jamais qu’un moyen de plus pour te pousser à la consommation. Ils te chantent à longueur de journée et sur toutes les télés et radios du monde que sans ça et tous les artifices vendus avec t’es un loser. Et dès que tu le mets en marche on te glisse dedans les pubs que t’as pas chopées à la télé, comme ça ils sont certains de te lobotomiser l’intérieur de la tête pour en faire de la marmelade modulable. ”

Une chose que je n’arrive pas à définir se dégage de ce gars, j’ai une impression étrange. Derrière ses gestes posés et malgré un tempérament grognon, semble se trouver une sorte de sérénité. Une sérénité… paternelle.
“Et, vous réservez cet opinion spécialement aux téléphones portables, ou vous avez une dent contre toutes les formes d’avancées technologiques ? ”
– Les “avancées technologiques” ? Relève-t-il avec un léger rictus.
– Oui. Quelque chose me dit que comme Chaplin vous fuyez les temps modernes. Je me trompe ?
– Là, tu te plantes, mon petit gars. Pour moi, le progrès est arrivé lorsqu’on a planté un lave-linge dans la salle de bain de ma grand-mère pour lui retirer les mains de son lavoir. Et “l’avancée” ce serait que les bonshommes apprennent à s’en servir. »

 

 

Né en 1974 à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, Genève, île de la Réunion, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume. Avec “Sans raison…” il signe un premier roman réussi, un thriller aussi dramatique que haletant. Très vite suivi de “Le fruit de ma colère”, un autre thriller.
Son dernier roman “Goliat” est sorti le 3 septembre 2020.