Polar, Suspense, Thriller psychologique

Les Eaux noires

de Estelle Tharreau
Poche – 7 octobre 2021
Éditeur : Éditions Taurnada

Bandeau_Intro.jpg

Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés. L’assassin restant introuvable, à l’abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer sur son passage… Les révélations d’un corbeau, la détresse d’une mère et le cynisme d’un flic alimenteront l’engrenage de la rumeur, de la suspicion et de la haine. Joséfa réussira-t-elle à survivre à la vérité ?

 

2021_075_Tharreau Estelle- Les Eaux noires.jpg

 

Les nouveautés des Éditions Taurnada sont régulièrement de belles surprises !
“Les eaux noires” d’Estelle Tharreau, n’ont pas échappé à la règle…

J’ai découvert Estelle en septembre 2020 avec “La peine du Bourreau”, que j’avais beaucoup aimé. Une écriture fluide, percutante et allant droit au but. Alors, lorsque Joël, que je remercie au passage, m’a proposé son dernier roman il y a quelques jours, je n’ai pas hésité du tout et j’avais vraiment hâte de le recevoir !

Comme pour ma précédente lecture, j’ai lu le roman d’une traite, impossible de le lâcher !
“Les eaux noires” est un vrai polar psychologique avec une atmosphère sombre et pesante, une descente aux enfers…

Suzy, la fille de Joséfa (Jo) est retrouvée morte, assassinée dans la petite ville d’Yprat à âge de dix-sept ans, recrachée par les eaux noires.
Très vite des rumeurs commencent à courir, et quelques voisins vont s’acharner sur Jo. Malgré une sacrée personnalité va se retrouver au centre de tous les regards.
– Mais comment une mère a-t-elle pu délaisser ainsi son enfant ?
– Elle a bien eu ce qu’elle mérite, au lieu de s’occuper de sa fille…

Seule maintenant et vivant un enfer au quotidien, elle demande justice, elle veut que la police retrouve l’assassin de son enfant.
Mais l’enquête piétine…
Personne n’a rien vu, personne n’a rien entendu.
Dès lors, pour cette maman qui a tout perdu, tous les coups seront permis. Elle décide de chercher elle-même le coupable !

Finalement, c’est un “corbeau” qui va balancer des révélations dévastatrices qui vont monter très vite les uns contre les autres les voisins de Jo et aussi les habitants de la Baie des Naufragés qui sont peut-être les derniers à avoir vu Suzy vivante.
Le climat est de plus en plus malsain, potentiellement tout le monde peut-être coupable et la haine qui s’installe au sein de la population n’aidera en rien l’enquête !

Personnellement, cette lecture m’a complètement chamboulé, le rythme, la méchanceté, le vice qui se dégage de certains personnages, la pression qui monte petit à petit et un final que je n’ai pas vu arriver du tout !

Bravo Estelle, tout est savamment distillé dans ce récit, c’est fin et très addictif, un vrai “bonheur” pour le lecteur que je suis.
Un roman surprenant et très efficace à lire absolument !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Doucement, il lui pris le bras et l’aida à sortir de la voiture. Elle le regardait toujours, comme pour faire abstraction du décor qui les entourait. Pour gagner du temps. Trouver une autre explication. Pour repousser le moment où Cédric allait parler.
La partie réfractaire de l’esprit de Jo tenta une ultime rébellion tandis que ses yeux pleuraient déjà.
« Tu me la ramenée ? Hein, Cédric ? Tu me l’as ramené ma Suzy ?
– Jo…
– Elle est à la maison ? S’étrangla-t-elle. Elle est pas blessée ?
– Jo… »
Cédric ne pouvait contenir ses larmes.
« Vous l’avez soignée ? Hein ? Ça va aller ?
– Jo… Suzy est morte. »
Puis, le hurlement d’un esprit qui vacille. D’une âme qui vole en éclats.
Jamais plus les humains présents dans la Baie n’entendraient un cri aussi déchirant.
Un cri qui couvrit le grondement des eaux noires. »

« En approchant de la cabine, Jo se représenta l’image qu’elle allait renvoyer : celle d’une bête en cage. C’était ça, sa punition pour avoir enterré sa fille dans l’intimité, pour avoir demandé des nouvelles de l’enquête, pour avoir rejeté les médias, pour n’avoir pas pu sourire, pour avoir refusé qu’on allume des bougies.
Malgré ça haine et sa rancœur, elle entra docilement dans sa prison. Suzy et elle n’avaient rien fait et pourtant, ils leur en voulaient tous. C’était elle qu’on enfermait alors que le meurtrier de sa fille était en liberté. »

 

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

Son précédent roman, « La Peine du bourreau », est sélectionné au prix 2021 du Roman Noir des Bibliothèques et des Médiathèques de Grand Cognac. Il est également nominé au prix Dora-Suarez 2021
Estelle a été finaliste au prix du Polar du Festival de Cognac 2019 avec son roman « Mon ombre assassine ».

Anticipation, Émotion, Drame, Thriller psychologique

Acouphanges

de Lou Valérie Vernet
Broché – 12 août 2021
Éditeur : M PLUS

Bandeau_Intro.jpg

Un homme meurt assassiné, d’un couteau en plein cœur, chez lui. Le seul témoin, Athéna, sa fille, 13 ans, échappe à la police. Innocente ou coupable ? Ingénue ou machiavélique ? Victime au bourreau ? Sensée ou démente ? Fuyant de Roussillon à Paris un éprouvant et noir passé, l’héroïne sème les enquêteurs et brouille les repères.
L’ambivalence de ce thriller psychologique qui prend, tantôt le point de vue des enquêteurs en chasse, et tantôt celui d’Athéna enfuit, tient le lecteur sous emprise jusqu’au dénouement.

 

2021_062_Vernet Lou Valérie - Acouphanges

 

Tout d’abord, je tenais à remercier mon amie Blandine Carron pour toutes les belles lectures qu’elle me fait découvrir…
Blandine, je t’envoie de gros bisous !!!

Une atmosphère étrange et sombre s’installe dès le début de ma lecture.

Quelle fut ma surprise, de me rendre compte que “Acouphanges” était la suite de “Surtout le pire” que j’avais déjà bien aimé. On retrouve du coup certains personnages en commun, mais ici le rythme de lecture et l’ambiance sont complètement différents.

Anne Manon Nathalie qui a décidé de se faire appeler Athéna, vient de fêter ses 13 ans. Elle est recroquevillée près du cadavre de son père. Il a un couteau planté dans le cœur. Que s’est-il passé ?
Elle seule a l’air de le savoir, mais elle refuse de parler à quiconque. Elle s’enfuit, emportant avec elle un cahier qui pourrait tout aussi bien la disculper que l’incriminer. Commence alors une longue traque à travers le pays qui va la mener jusqu’à Paris…

Comment vous donner envie de lire ce roman qui sort vraiment des entiers battus ?
Vous dire qu’il est étrange ?
Que vous ne devinerez jamais la chute ?
Qu’il en est parfois presque dérangeant ?

Avant tout c’est un roman inclassable, qui va évoluer au fur et à mesure de ma lecture.
Ce thriller glauque est plein de poésie aussi, on frise le fantastique, le mystique aussi, quand ce n’est pas carrément fantasmagorique. L’écriture est superbe, on se trouve constamment dans l’esprit d’Athéna. On subit la violence psychologique qu’elle vit dans son quotidien. Athéna donne l’impression d’être une fille perdue dans le monde qui l’entoure. C’est l’impression qu’elle veut donner, car elle sait…
Malgré ses attitudes bizarres, elle a été formée pour le combat, pour tout anticiper, pour la survie, car elle attend…
Papa Raph et PJ se sont occupés d’elle, l’ont formée en alternance depuis sont plus jeune âge. Ils n’acceptent pas la faiblesse. Elle se doit dès lors d’être la meilleure. Meilleur que les 2D et 3D, esclaves de la matrice, qu’elle croise au quotidien, car elle espère devenir une 5D… et pourquoi pas une 6D !

Une étrange traque que vous allez aimer adorer ou bien détester…
Ici pas de juste milieu. L’hésitation est pour les faibles, pour les lâches.

Désormais la Matrice vous attend.

Oserez-vous, vous confrontez à elle, en accompagnant Athéna dans sa quête impossible ?
Dans ces cas là, et uniquement dans ce cas, soyez les bienvenus !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La Terre est un lieu d’enseignement. Chaque jour que tu vis, tu apprends, tu grandis, tu t’améliores. Sinon c’est que tu renonces, que tu deviens lâche. Et la lâcheté, c’est l’apanage des faibles. N’oublie jamais ça. Fait honneur à ta mère. Toujours. »
…/…
« C’est une scène de crime comme on n’en voit plus. Et même jamais. Surtout ici, à Roussillon, dans cette enclave paradisiaque, fief du plus grand gisement ocrier de France. L’odeur vous saute à la gorge en même tant que l’image foudroie le regard. Toutes les synapses en sont immédiatement anarchisées et. L’information s’arrête net, incapable d’agencer de façon cohérente la pagaille qui agite les neurotransmetteurs.
Pour les témoins, liquéfiés sur le seuil de la pièce, il y a un mouvement de recul, une subite envie de faire demi-tour, une bile acide ravalée de justesse. On peut être gendarmes et ne pas savoir faire face pour autant. L’uniforme a des limites qui s’arrêtent à l’homme qui le porte. Il faut un temps pour voir, un autre pour encaisser et un dernier pour oser affronter ce qui peine à émerger d’un probable scénario de film d’horreur. »

 

 

Auteure, voyageuse, photographe, Lou Valérie Vernet est une autodidacte. Passionnée, libre, têtue et un peu barrée. Sa devise “Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant !” Quand on lui demande ce qui est essentiel pour elle, elle répond, sas coup férir : son âme : Aimer, Marcher, Écrire. Née à Paris, elle en fait souvent le personnage principal de ses romans. Elle vit actuellement dans le 95.

Thriller psychologique

Seule la haine

de David Ruiz Martin
Poche – 10 juin 2021
Éditeur : Éditions Taurnada

Bandeau_Intro.jpg

Persuadé que le psychanalyste Larry Barney est responsable du suicide de son frère, Elliot le prend en otage dans son cabinet. Sous la menace d’une arme, Larry n’a pas d’autre choix que de laisser l’adolescent de 15 ans lui relater ses derniers mois. Mais très vite, c’est l’escalade de l’horreur : Larry est jeté dans un monde qui le dépasse, aux frontières de l’abject et de l’inhumanité. Tandis que les détails scabreux se succèdent, une seule idée l’obsède : celle de s’en sortir, à tout prix… Un thriller psychologique qui va vous retourner la tête !!!

 

2021_035_Ruiz Martin David - Seule la haine

 

Encore une fois un grand merci à Joël des Éditions Taurnada pour cette “précieuse” découverte !!!

Elliott est un jeune homme très intelligent mais aussi très perturbé.
Il est convaincu que c’est le thérapeute de son frère qui est responsable de son suicide.
En partant de cette hypothèse, Elliott séquestre le thérapeute dans son bureau et commence alors un face-à-face dont l’issue sera incertaine.

Dès les premières lignes l’auteur met en place, petit à petit, un remarquable huis clos. J’ai complètement plongé dans ce thriller où la tension est réellement palpable, violente, implacable. David Ruiz Martin frappe vite et très fort. Très peu de préambules, je me suis très vite retrouvé dans un climat très anxiogène.
Et à mesure qu’Elliot va raconter la spirale qu’il a vécue et entraînée là où il se trouve, on se rends compte soudain que le pire reste encore à venir !

Les deux “adversaires” vont se retrouver face-à-face. J’ai eu beaucoup de mal à ne pas me mettre à la place des deux instigateurs. Tantôt j’étais Elliot, tantôt Larry…
C’est incroyable comment l’auteur arrive à nous retourner le cerveau, il a une plume très addictive et je vais vite me renseigner sur ses autres romans…

Je ne peux que vous recommander vivement de découvrir ce roman, mais attention, on ne ressort pas indemne après une telle virée dans les méandres de l’esprit…
Ce thriller psychologique vous poursuivra encore longtemps au plus profond de votre pensée.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« C’est nous qui feront les lois plus tard ! Ce sont des types de mon âge qui décideront un jour de bombarder des pays ! Ou de construire des écoles dans d’autres ! D’amener l’éducation ! D’amener enfin l’eau potable pour tous ! Et peut-être même de condamner l’excision ! Ce sont des types comme moi qui décideront de sauver la planète ou de la laisser croupir dans l’état dans lequel vous nous l’avez léguée ! Qui décideront de s’arracher les œillères avec lesquels vous avez accepté de vivre ! Ce sont des types de mon âge qui devront trimer comme des chiens jusqu’à 75 ans pour tenter de renflouer les caisses de votre retraite ! On paie pour vous ! Chaque jour ! On subit cette vie à cause de vous ! On n’a même plus le temps d’être des gosses et de jouer ! On sait à peine marcher que vous nous jetez déjà dans des classes surpeuplées pour apprendre ! Pour rejoindre l’élite ! Pour être meilleur que l’autre et pour mieux le piétiner le jour de l’embauche ! »
…/…
« Avec le temps, j’ai fini par considérer mes patients et mon travail comme un simple revenu nécessaire afin d’assouvir mes plaisirs futiles. J’ai balayé d’un revers de la main tout le côté humain, le travail de fond, l’implication, oublié à quoi je m’engageais, lorsqu’un patient pénétrait dans mon cabinet, affublé de ses tourments. J’ai sombré dans un matérialisme à outrance dans lequel j’ai commencé à me noyer. »

 

Né en Espagne, David Ruiz Martin part vivre en Suisse à l’âge de quatre ans.
Menuisier de formation, c’est en 2009 qu’il reprend l’entreprise familiale avec son frère.

Il débute, aux alentours de vingt ans, son parcours d’auteur. Durant près de dix ans, seule sa femme est mise dans la confidence de sa passion. Puis, à l’âge de trente-deux ans, il se lance dans l’écriture de son premier roman, Le syndrome du morveux”, un thriller auto-édité, qui surprend son entourage, suivi d’un second, Que les murs nous gardent”, une histoire d’épouvante, l’année suivante.

Avec Je suis un des leurs”, il signe un troisième roman, un roman d’amour, d’aventures, un roman qui nous retrace une bonne partie de l’histoire espagnole, de la Guerre Civile au mouvement des Indignés.

“Seule la haine” est son quatrième roman, un thriller psychologique qui a obtenu le prix littéraire des lectrices du salon Sans pour Sang thriller en 2020.

David Ruiz Martin est marié et vit à Cressier, en Suisse.

Frisson horreur, Thriller psychologique

Sans retour

Tom Clearlake
Broché – 24 janvier 2021
Éditeur : Moonlight

Bandeau_Intro.jpg

 

Lors d’un séjour à la montagne, John Gardner, dirigeant d’un groupe de sociétés, et sa famille, reçoivent amis et associés dans un lodge luxueux, au cœur des Rocheuses. Au deuxième jour, une tempête de neige se lève. Les routes sont bloquées. Les réseaux hors-service. Ils se retrouvent coupés du monde. Quand le blizzard cesse, dix-huit jours ont passé. Les occupants du lodge sont secourus et placés en observation. Cinq d’entre eux sont portés disparus. Les survivants sont extrêmement amaigris. Et en état de choc. Ils ne parleront pas. Ils garderont le secret. Le plus atroce des secrets.

 

2021_029_Clearlake Tom - Sans retour

 

La famille Gardner décide passer une semaine dans leur nouveau Lodge avec des amis.
Le second jour de leur séjour, un terrible blizzard s’abat sur eux. Ils doivent alors se confiner en attendant que cela cesse…
Après 18 jours de tempête, les Gardner sont retrouvés affaiblis.
Mais que s’est-il vraiment passé durant ces 18 jours ?
Il ne faudra surtout pas le dévoiler.

J’aurai pu résumer ce roman en un seul mot.
Wahou !!!

Dès les premières pages, Tom parvient à créer une atmosphère vraiment glaçante. Il nous plonge au cœur du stress, de la peur. C’est une immersion totale au cœur des événements comme si on y était. Ce thriller noir en huit clos est horriblement implacable ! Énorme “Coup de cœur” pour ce thriller palpitant avec ses 630 pages, qui ne m’a pas laissé un instant de répit.
L’auteur a frappé encore une fois très fort. Encore plus fort même !
La psychologie, juste et fine qu’il distille à chacun de ses personnages, se révèle parfaite du début à la fin. L’histoire remarquablement écrite et structurée avec des rebondissements réguliers jusqu’à la fin du récit. Je suis littéralement entré dans le roman… Et régulièrement dans ma lecture j’en suis venu à souhaiter que ce roman soit adapté au cinéma afin qu’il touche un maximum de personnes…

Le récit se divise en plusieurs parties.
Il y a l’avant cauchemar, “Le cauchemar”, le sauvetage, l’après sauvetage, mais pas que…

Vous n’avez pas fini de vous ronger les ongles.
L’écriture est telle que je n’ai pu faire autrement que de subir. Il y a des rebondissements à chaque chapitre et rien ne va jamais dans le sens que je pouvais imaginer.

Tom Clearlake reste fidèle à ses habitudes dans son roman. Violence, hémoglobine, peur, malaise, mais c’est tellement captivant… Il y a même un peu avant la fin un passage très beau, tout en poésie qui laisse entrevoir un autre visage de l’auteur.

Amateurs de sensations fortes, je ne peux que vous conseiller ce livre incroyable, mais attention… il vous faudra avoir le cœur bien accroché !

Merci Tom !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Dans la pénombre de la chambre dix-huit, John Gardner s’efforçait à penser clairement. Le traitement qu’on lui donnait le shootait à tel point qu’il avait du mal à bouger. D’un côté, il avait besoin de ça. D’un autre, il lui fallait toute sa tête pour réfléchir. Anticiper. Tout s’était bien passé jusque-là. Il fallait que ça continue. Il entendit Sally remuer dans le lit d’à côté. Parfois, elle parlait dans son sommeil. Que pouvait-elle dire ? Et si une infirmière avait entendu quelque chose… Cela lui était arrivé à deux reprises. Il l’avait patiemment écoutée et n’avait rien perçu de compréhensible, Dieu merci. Elle bougea à nouveau. Il s’assit tant bien que mal et appuya son dos contre la tête de lit. Elle s’agita encore, puis passa son bras hors des draps et se redressa pour s’asseoir sur le bord du sommier. Ses yeux fixaient le sol. Il la regarda attentivement, scruta ses plus infimes gestes. Elle releva la tête vers lui.
– John… Tu es là ? Dit-elle d’une voix faible. »
…/…
« Une heure plus tard, tout le monde s’était réuni dans le grand salon. Le vent hurlait de plus belle. La neige tombait encore plus fort. Des flocons énormes, qui filaient à l’horizontal et venaient s’écraser sur la baie vitrée, tels des bourdons albinos ivres. La toiture grinçait et, de temps à autre, on pouvait même sentir le sol vibrer. »
…/…
« Bien. Alors, écoute moi attentivement : l’auriculaire, l’annulaire et le majeur d’une de tes mains, peu importe laquelle, joueront le rôle des trois petits lutins. Tu vas te trancher ces trois doigts avec ce hachoir, Jack.
Une boule de glace se forma brutalement dans son estomac. »

 

Thomas Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

“Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir.”

 

Drame, Thriller psychologique

L’Innocence des bourreaux

de Barbara Abel
Poche – 13 octobre 2016
Éditeur : Pocket

Bandeau_Intro

Dans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses, un jour comme tant d’autres. Parmi eux une jeune mère qui a laissé son fils de 3 ans seul à la maison devant un dessin animé, un couple adultère, une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s’il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent… Des gens normaux, sans histoire, ou presque. Et puis un junkie qui, en manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé pour voler quelques dizaines d’euros. Mais quand le braquage tourne mal, la vie de ces hommes et femmes sans histoire bascule dans l’horreur.
Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière devient mince. Si mince…

« On pénètre dans un huis clos, mais on traverse un roman choral sur les tourments qui rongent les existences ordinaires de ces personnages. » Le Point

« Une tension psychologique qui grimpe jusqu’à son paroxysme, c’est notre quotidien qui devient glaçant. » LiRE

 

Livre_2021_004_Abel Barbara - L'innocence des bourreaux.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Un thriller époustouflant et addictif !
Difficile de lâcher le livre avant la fin.
L’écriture de Barbara Abel est incisive, agréable et décrit les scènes avec beaucoup de réalisme. À ce jour j’ai vraiment aimé tous ses romans. Elle arrive à chaque fois à se renouveler et à me surprendre…

Joachim Fallet, jeune drogué est en manque.
Il a beau regarder dans toutes ses “planques”… Il n’a plus un sou !
Il décide de braquer une supérette de quartier.

Dès les premiers chapitres, on fait connaissance avec tous les personnages.
Très vite on comprendra les failles et les faiblesse de certains. Mais cela n’a gâché en rien mon plaisir de lecture au contraire. Le braquage va évidemment révéler les personnalités de chacun. Ils devront faire au mieux dans cette situation déjà bien compliquée.

Une histoire captivante où tous les “acteurs” se retrouvent catapultés dans l’horreur, là, où personne ne sortira indemne…

Beaucoup de suspense !

Merci Barbara

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Il était grand et solide, il avait cette épaisseur qui rend tout concret, les mots, les gestes, les intentions. Il était de ceux qui déplacent le monde dans leur sillage. Le corps d’aplomb, l’esprit en apesanteur. Aujourd’hui, Théo ne voit plus qu’un vieillard sinon chétif, du moins flétri, comme fané, tristement défraîchi. Les traits en ruine. L’organisme en jachère, l’âme en surpoids. À peine l’ombre de celui qu’il a été. »
…/…
« Aujourd’hui, il a tout perdu.
Ou plutôt, aujourd’hui, il n’a plus rien à perdre.
Alors il prend la décision qui s’impose. La dernière chance qui s’offre à lui, pour ne pas mourir seul, comme une merde. Comme un chien. Le fric, il va le prendre là où il se trouve. Par la force. Il a demandé gentiment, ça n’a servi à rien. Personne ne l’a écouté, personne ne l’a entendu. Alors il va demander méchamment. Il va exiger. Il va ordonner. En criant très fort, pour être sûr qu’on l’entende, qu’on l’écoute. Il va menacer. Et il va se servir. Fini d’être la victime. Il va devenir bourreau, celui qui commande, celui que l’on craint. »

 

 

Née en 1969, Barbara Abel vit à Bruxelles, où elle se consacre à l’écriture. Pour son premier roman, L’Instinct maternel (Le Masque, 2002), elle a reçu le prix du Roman policier du festival de Cognac en 2002. Aujourd’hui, ses livres sont adaptés à la télévision, au cinéma, et traduits dans plusieurs langues. Après L’Innocence des bourreaux (Belfond, 2015) et Je sais pas (Belfond, 2016), Je t’aime est son douzième roman.

Thriller psychologique, Émotion, Suspense

À pas de loup

de Isabelle Villain
Poche – 14 janvier 2021
Éditeur : Taurnada Editions

Bandeau_Intro

 

Lorsque Rosalie, Philippe et leur petit Martin, âgé de six mois, décident de s’installer à La Barberie, un éco-hameau niché en plein coeur des Alpes-de-Haute-Provence, c’est bien pour fuir un quotidien devenu trop pesant. Pour tenter une expérience audacieuse. Vivre autrement. En communion avec la terre et en harmonie avec les saisons. Mais l’équilibre de cette nouvelle vie va un jour se fissurer. Un grain de sable va s’infiltrer, déstabiliser et enrayer cette belle mécanique. Et ce très beau rêve va se transformer peu à peu en un véritable cauchemar.
Votre pire cauchemar…

 

2021_003_ Villain Isabelle - À pas de loup.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

C’est un plaisir que de retrouver la plume d’Isabelle…

Tout d’abord, un très grand merci aux éditions Taurnada et à Joël pour ce roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

Rosalie et son fils Martin ont quitté “leur vie” pour aller dans un village complètement isolé. Ils ont décidé de quitter le monde consumériste et de s’intéresser à ce qu’il y a de plus intéressant, pour eux, le rapport entre l’Homme et la mère Nature…
Tout commence très bien. Ils ont rejoint Michel et quelques autres dans un hameau abandonné qu’ensemble ils ont “retapé”. Très vite ils sont complètement autonome, et s’autosuffisant. Ils sont heureux…

Arrive le jour où Martin est enlevé.
C’est le début du cauchemar !

Isabelle encore une fois a fait très fort.
Je n’ai rien vu venir.
J’étais tellement heureux pour tous les personnages, leur façon de vivre, de s’entraider que j’avais moi-même l’impression de faire partie de leur communauté. Mais surtout je n’ai pas fait attention que très insidieusement, Isabelle est arrivé à créer une ambiance, un univers qui devient étouffant, mais c’est déjà trop tard…

J’ai été, comme vous l’aurez très vite compris, d’abord happé puis complètement conquis par le récit, lu d’une traite et ce jusqu’au dénouement final…
Je ne peux rien dire de plus, mais l’intrigue est un véritable coup de poing !
“À pas de loup”, ou comment, un roman “feel good” se transforme en un thriller psychologique et violent plus que réussi, très bien maitrisé et bien documenté.
Ça fait froid dans le dos !

Merci Isabelle, j’ai aimé tes personnages, j’ai aimé l’intrigue, mais, j’ai surtout aimé n’avoir rien vu venir !

N’hésitez plus, soyez tous les bienvenus au hameau de La Barberie.

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Caroline et Alain on pensé au départ que ce nouveau projet de vie allait déplaire profondément à leurs trois enfants, adeptes des consoles de jeux, d’Internet et des réseaux sociaux. Mais ils se sont trompés. Les jeunes générations sont désormais fortement préoccupées par l’environnement, par le « zéro déchet». Ils ont envie de léguer à leurs descendants un monde intact. Ils ne considère plus à l’inverse de leurs aînés, que la planète est comme un puits sans fond, dans lequel il est tellement facile de puiser sans jamais contribuer. Alors, lorsque Caroline tombe sur une interview de Michel dans la presse locale, elle est sous le charme. Cette micro-société vivant en quasi-autonomie, dans un endroit de rêve, c’est tout ce qu’ils recherchent. Le retour à l’essentiel. La terre. L’entraide. La communication. Un nouvel équilibre. Un nouveau départ. »

 

Née au Maroc à Casablanca en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’évènementiel et l’organisation de salons professionnels.
Passionnée de romans policiers depuis l’enfance. Elle décide de se lancer dans l’écriture pour mettre par écrit les nombreuses histoires qui lui trottent dans la tête.
Son quatrième roman “Peine Capitale”, publié aux Editions Auteurs d’Aujourd’hui, a reçu le prix Maurice Bouvier en 2015.
“Âmes battues”, le second volet des enquêtes du commandant de Lost, découvert dans “Peine capitale” à reçu le prix du festival du polar de la ville d’Arcachon en 2016, et le prix polar du festival Jeter l’Encre.
“Mauvais genre”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 15 novembre 2018.
“Blessures invisibles”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 9 janvier 2020.
“À pas de loup”, son 7e roman, publié aussi aux Éditions Taurnada est sorti le 14 janvier 2021.

Noir, Thriller psychologique

Le quatrième rassemblement

de Cyril Carrère
Broché – 8 octobre 2020
Éditeur : Cosmopolis

Bandeau_04.jpg

Visalia, Californie centrale.

William, l’homme d’affaires, rêve de créer un nouveau pôle d’excellence dans la région qui l’a vu naître, loin de la Silicon Valley et de la Baie de San Francisco. Lorsque sa société Educorp fait faillite, étourdi par le désir de revanche, il accepte l’aide d’un fonds privé sans en avertir ses associés.
Quand Carl, l’avocat fiscaliste, met son nez dans les affaires d’Educorp, ce qu’il découvre va l’aspirer au cœur d’un engrenage incontrôlable.

Philip s’active pour offrir une fin de vie décente à sa mère. Pour y parvenir, le lieutenant de police est prêt à tout.

Le destin de ces trois hommes va se télescoper quand William doit revoir ses associés, une semaine plus tard, à l’occasion du Rassemblement, rituel instauré depuis la fin de leur aventure commune. Parfaite symétrie des situations et des hommes : dans ce dédale de faux-semblants, de violences feutrées et de trahisons, le face-à-face s’annonce comme la plus dangereuse réunion à laquelle ils aient jamais participé.

Après Grand Froid, plébiscité par les lecteurs, Cyril Carrère tisse avec Le Quatrième Rassemblement une toile dangereuse très cinématographique qui va incontestablement marquer le lecteur. Thriller efficace et racé, Le Quatrième Rassemblement dépasse les frontières du genre et se clôture sur une séquence finale magistrale.

Cyril Carrère partage sa vie entre la France et le Japon depuis 2018. Pharmacologue, ce surdoué des fausses pistes a longtemps travaillé dans l’industrie pharmaceutique, avant de devenir chef de projet d’ingénierie d’application.

 

2020_085_Carrère Cyril - Le quatrième rassemblement

 

Bonjour à toutes et à tous,

Véritable page turner, bien trop court à mon goût !
Cyril nous a concocté un thriller “coup de poing” à travers lequel j’ai suivi un homme qui a perdu son âme dans une machination incroyable, ne cessant de me surprendre. Jusqu’au bout je me suis demandé qui tirait véritablement les ficelles.

Quel est le point commun entre une araignée qui tisse lentement sa toile, un serpent qui rampe doucement la nuit sous votre lit et un scorpion qui tue dès sa première piqure ?
– Vous hésitez encore ?
Cyril Carrère, a construit ce roman d’une main de maitre. Tel une araignée, il a tissé un scénario sans faille, tel un serpent, il s’est enroulé autour de nous, pour nous attraper dans son piège, puis vient le scorpion qui nous frappe violemment !

Après “Le glas de l’innocence”, et l’excellent “Grand Froid”, Cyril a eut l’extrême gentillesse de me faire parvenir son dernier roman que je pourrai résumé en un seul mot : “machiavélique” !

Plusieurs fois j’ai eu cette impression, non pas de lire une très bonne intrigue, mais carrément d’être au cinéma et de regarder en apnée un très bon thriller… Et pour cause, c’est très cinématographique.

Cyril se “joue” de nous et nous noie dans une spirale infernale, en nous faisant revivre plusieurs événements, vus par des instigateurs différents à chaque fois. Certains scènes violentes m’ont même clouées à mon fauteuil. Cyril sait tenir son lecteur en haleine. Les chapitres courts s’enchaînent dans un rythme on ne peut plus prenant.

Mais qui est cette mystérieuse Emily ?

Bravo et merci Cyril, pour ce récit qui brise pas mal de codes, et ce, jusqu’à une chute magistrale…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Il trouvait étrange qu’Anne ne dorme pas à cette heure-ci, mais dans un sens, ça l’apaisait. Sa femme était du genre bouquineuse, grande consommatrice de thrillers. Elle devait surement être dans le final d’un énième polar islandais ou finlandais avec un thé bien chaud, en pensant à la chronique qu’elle devait rédiger le plus tôt possible, selon les délais saugrenus qu’elle s’était infligés à elle-même. Impossible de décrocher avant la dernière page, disait-elle souvent. Il ne comprenait pas cette passion dévorante et encore moins cette lubie de partager ses ressentis avec de parfaits inconnus, au travers des réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Instagram. Et même un blog à son nom. A quoi ça rimait, sérieusement ?
Elle ferait mieux de s’occuper des gosses. Ça, c’était du temps bien passé. C’était bien à ça qu’elle servait, non ?
Putain que ça l’exaspérait. »

 

https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/27/le-glas-de-linnocence-de-cyril-carrere/

https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/10/grand-froid-de-cyril-carrere/

 

 

Né en 1983, Cyril Carrere partage sa vie entre la France et le Japon où il vit depuis 2018. Pharmacologue de formation, Cyril a travaillé dans l’industrie pharmaceutique pendant 7 ans, avant de devenir chef de projet de développement d’applications dans le secteur scientifique et auto-entrepreneur.
Passionné de littérature, de culture et de voyages, il est l’auteur du Glas de l’innocence (finaliste prix Fyctia) et du très remarqué Grand Froid (finaliste prix VSD-RTL), plébiscité par le public.
Cyril Carrere signe chez Cosmopolis en juin 2019.

Polar, Thriller psychologique

Robe de marié

de Pierre Lemaitre
Poche – 20 janvier 2010
Éditeur : Le Livre de Poche

Bandeau_Lemaitre.jpg

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

Avec Robe de marié, dont on comprendra le titre dans les dernières pages, Pierre Lemaitre livre un polar parfaitement orchestré où le mal n’épargne personne. Allan Kaval, Marianne.

Une fable cruelle et amorale sur le harcèlement et la vengeance. Philippe Lemaire.

 

2020_078_Lemaitre Pierre - Robe de marié

 

Bonjour à toutes et à tous,

Un thriller psychologique parfaitement mené par l’auteur.

La première chose qui m’a surpris, c’est le titre “Robe de marié” sans e.
Il vous faudra attendre la toute fin du récit pour comprendre le pourquoi !

Nul n’est à l’abri de la folie.
Sophie a tout pour être heureusement, elle mène une existence paisible, gagne bien sa vie, son mari Vincent travaille dans une société de pétrochimie. Ils vivent à Paris dans un très bel appartement.
Pourquoi commence-t-elle à sombrer lentement dans la démence ?
Quel est le déclencheur qui la mène doucement dans la folie ?
Elle perd ses clés, ne trouve plus sa voiture, ne retrouve plus les objets de son quotidien dans son appartement. Mille petits signes inquiétants s’accumulent ainsi, et elle finit par perdre son travail…
Puis tout s’accélère, sa belle-mère décède, Vincent a un accident de voiture, il se suicide un mois plus tard…
Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres, dont curieusement, elle n’a aucun souvenir.
Sophie est devenue en quelques jours la femme la plus recherchée de France !
Elle va organiser sa fuite, va changer de nom, de vie, mais son passé douloureux va finir par la rattraper…

Quel roman… Du grand Pierre Lemaitre !!!

Le premier quart du roman est une transcription cauchemardesque du vécu de Sophie. Chaque petit détail compte, tout est archi important… Je n’ai pu m’empêcher de le relire une seconde fois dans la foulée pour comprendre à quel moment je m’étais fait abusé.

C’est excellent, superbe. Et même si tout n’est pas crédible, le roman est tellement bien ficelé que l’on plonge implacablement avec Sophie dans la folie.

Pourquoi accumule-t-elle les meurtres derrière elle ?
Qui est-elle vraiment ?

C’est diabolique…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« J’ai peur. Tous les morts remontent. La nuit. Je peux les compter, un à un. La nuit, je les vois assis à une table, côte à côte. La nuit. En bout de table, Léo, avec son lacet autour du cou.
Il me regarde avec un air de reproche. Il demande : “Tu es folle, Sophie ? Pourquoi m’as-tu étranglé ? Tu es folle, c’est vrai ?” et son regard m’interroge et me transperce. Je connais son air dubitatif, il penche la tête un peu sur la droite avec l’air de réfléchir. “Oui, mais ce n’est pas nouveau, elle a toujours été folle”, dit la mère de Vincent.
Elle se veut rassurante. Je retrouve son air mauvais, ce regard de hyène, sa voix pointue.
“Avant de commencer à tuer tout le monde, à détruire tout ce qu’il y a autour d’elle, elle était déjà folle, je l’avais dit à Vincent, cette fille est folle…”
Pour dire ça, elle prend son air pénétré, elle ferme les yeux longuement en parlant, on se demande si elle va les rouvrir ou non quand elle parle, elle passe la moitié du temps les paupières fermées à regarder au dedans d’elle-même.
“Tu me hais, Sophie, tu m’as toujours haïe, mais maintenant que tu m’as tuée…”
Vincent ne dit rien. Il secoue sa tête décharnée comme s’il demandait pitié. Et tous me regardent fixement. Ils ne parlent plus.
Je me réveille en sursaut. Quand c’est comme ça, je ne veux plus me rendormir. Je vais à la fenêtre et je reste des heures à pleurer et à fumer des cigarettes.
J’ai même tué mon bébé. »

 

 

Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes pendant de nombreuses années, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Auteur de romans policiers et de romans noirs, Pierre Lemaitre est reconnu comme un des meilleurs écrivains du genre et récompensé par de très nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Au revoir là-haut a reçu le prix Goncourt 2013 et a été adapté au cinéma par Albert Dupontel. Ses romans sont traduits en trente langues et plusieurs sont en cours d’adaptation au cinéma et au théâtre.

Noir, Polar, Thriller psychologique

L’instinct maternel

Barbara Abel
Poche – 27 février 2013
Éditeur : Le Masque

Bandeau_Barbara

Richard et Jeanne Tavier jouent, depuis de nombreuses années, la comédie du bonheur parfait dans le milieu huppé qu’ils fréquentent. Leur agressivité et leur mépris sont renforcés par le fait qu’ils n’ont jamais pu avoir d’enfant. Edwige, la confidente de Jeanne, l’aide de son mieux en lui procurant conseils et tendresse. Un soir, celle-ci débarque chez elle et lui annonce que Richard s’est rompu le cou en tombant dans l’escalier. Edwige n’est pas dupe mais couvre son amie en l’assurant de son silence. À l’ouverture du testament, le notaire annonce à la veuve que Richard lègue sa fortune à une inconnue. Blessée et dépitée, Jeanne transforme son ressentiment en une boule de fiel qui lui fait perdre la raison. Décidée à retrouver la femme qui a hérité à sa place, elle a bien l’intention de la supprimer.

 

2020_076_Abel Barbara - L'instinct maternel.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Dès le début de ma lecture, j’ai été un peu surpris de ne pas retrouver la “patte” de Barbara Abel. J’ai bien retrouvé certains thèmes qu’elle affectionne, pas son style. Mais, j’ai continué ma lecture, qui en soit reste agréable malgré le sujet traité, et je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Je ne savais jamais ce qui allait se passer à la page suivante !

Âmes sensibles, s’abstenir !

C’est un thriller sanglant qui se déroule quasiment en huis clos, avec un très bon suspense de la première à la dernière ligne. J’ai pensé à “Misery” de Stephen King, mais le roman de Barbara ne se limite pas à ça.

C’est surtout Jeanne, le personnage principal, qui tient le roman, qui m’a fait froid dans le dos. Comment une épouse arrive-t-elle à perdre d’un seul coup tous ses repères et sombre dans la folie, même si parfois je n’ai pu m’empêcher d’avoir un peu d’empathie pour elle. Avec ça, un portrait au vitriol de la bourgeoisie.
Un roman qui m’a marqué par la froideur de Jeanne qui s’enfonce à chaque chapitre un peu plus… Elle DOIT absolument accomplir son rêve !

La pauvre Suzanna elle, va vivre l’enfer, et on se demande bien comment elle va arriver à s’en sortir. Les rapports de force entre les personnages qui permutent régulièrement donne du rythme au récit. C’est l’instinct maternel qui les guide.

Mais jusqu’où ira le récit ?

Meurtres, plans machiavéliques et mutilations…
Oserez-vous le lire jusqu’au bout ?

Je me suis rendu compte en fin de lecture que “L’instinct maternel” était son premier roman. Alors, merci Barbara…
Tu m’as permis d’entrevoir une version différente de la femme qui VEUT un enfant.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Les deux jeunes femmes se regardèrent, longuement, puisant dans l’effroi de l’autre une sorte de force, celle de n’être pas seule, celle de lire la souffrance s’inscrire dans un regard étranger, comme si le malheur avait soudainement décidé de choisir une autre victime. »

…/…

« C’était fou le nombre de gens qui ressentaient le besoin de la toucher, comme si la proéminence de son ventre permettait une familiarité qu’ils ne se seraient jamais permise auparavant. »

 

 

Barbara Abel vit à Bruxelles où elle se consacre à l’écriture et à ses chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique. L’Instinct maternel a reçu le Prix Cognac 2002, et Un bel âge pour mourir a été sélectionné par le prix du Roman d’Aventures 2003 puis adapté à la télévision en 2008 par Serge Meynard avec Emilie Dequenne et Marie-France Pisier. Ses romans sont traduits en plusieurs langues.

Noir, Polar, Thriller psychologique

Si je serais grande

Bandeau_Angelina

Angélina Delcroix
Broché – 21 mars 2019
Éditeur : Nouvelles Plumes

Le nouveau roman d’Angélina DELCROIX, la révélation du thriller français !

2006. Deux petites filles disparaissent le même jour, sans laisser de traces. Elles sont voisines, mais n’étaient pas ensemble au moment de leur enlèvement.
Eleanor, bientôt six ans, vit dans la crainte de déplaire à ses parents. La tête pleine d’images et de souvenirs, est-elle la menteuse que décrit sa mère ?

2016. Des cadavres d’enfants viennent d’être découverts. Au milieu des corps, une survivante. Enceinte de quatre mois et toujours profondément marquée par sa précédente enquête, l’adjudante Joy Morel se retrouve à la tête d’une enquête éprouvante qui va l’entraîner aux frontières de l’inimaginable…

 

2020_070_Delcroix Angelina - Si je serai grande.jpg

 

2006, Charlie, 6 ans, disparaît.
Sa petite voisine, Manon, disparaît aussi le même jour sans laisser de trace.
Deux familles détruites.

Dix ans plus tard, un charnier est découvert. Se sont des corps d’enfants…

Wahou ! Quel roman…

“Si je serais grande” est la suite de “Ne la réveillez pas”.
Je vous recommande de lire les livres d’Angélina dans l’ordre de parution pour la psychologie et les personnalités de chacun des personnages.

Sujet difficile.
Quand on touche aux enfants dans les romans, j’ai tendance à me recroqueviller, je suis moins à l’aise… Je ne veux pas imaginer ce qu’ils peuvent subir.
Alors, je ne peux pas parler de plaisir de lecture, mais c’est diablement bien écrit.
Angélina a su me toucher pas son écriture qui est vraiment très belle, en douceur et en émotion.
J’ai trouvé incroyable sa capacité d’écrire avec la vision et le ressenti d’une enfant de six ans. D’ailleurs dans la construction de son roman, l’alternance des voix est très importante. Elle créée le rythme du récit, en utilisant par ailleurs une écriture nette, précise dans des chapitres très courts.

Véritable page-turner.
Attention âmes sensibles, ce roman est destiné aux lecteurs avertis.
Violences envers des enfants, kidnappings, humiliations, manipulations, rites sataniques, menaces, privations dès le plus jeune âge des victimes… Un monde où la violence n’a plus de limite.
Dans une actualité qui nous en apporte régulièrement la preuve, ce roman, m’a fait froid dans le dos.
C’est brut, c’est dur. C’est… vrai !

Du début à la fin, Angélina joue au chat et à la souris avec nous, lecteurs.
Elle distille ses informations au compte-gouttes. Juste ce qu’il faut, quand il le faut, elle transporte le lecteur dans des chapitres bien sombres, et elle appuie là où ça fait mal.

Avec “Si je serais grande”, Angélina Delcroix démontre pour moi, qu’elle fait partie des grands auteurs français à suivre…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :

« Ma maman est là, près de moi, son regard est inquiet et plein d’amour. Mais j’en fais quoi de cet amour ? Personne ne m’a jamais appris. Je ne sais pas faire. Je suis habituée à autre chose. Mes doigts viennent agripper les bandages sur mes poignets pour tenter de les arracher. Maman m’en empêche.
– Non, Charlie ! Je t’en supplie, arrête !
C’est plus fort que moi, une force me pousse, je ne me contrôle plus. Je laboure les bandages comme un chien creuserait pour trouver un os. Au passage je me griffe la peau autour. Maman crie. Je l’entends, mais de loin. Je suis partie dans mon monde. Le seul que je connaisse. Celui de la souffrance. »

 

 

Angelina Delcroix est née en 1978, à Luçon. Elle envisage de faire l’École de Gendarmerie pour travailler dans la police scientifique, mais après une Licence de Génétique et des études en Psychothérapie, elle exerce comme psycho-praticienne en Vendée et consacre son temps libre à sa passion, l’écriture. Forte de ses diplômes, elle choisit le genre thriller psychologique, gardant toujours à l’idée la préparation d’un diplôme en Criminologie.

Un premier roman, “Ne la réveillez pas” paraît en 2017 aux Éditions Nouvelles Plumes, dans lequel l’auteure crée le personnage de Joy Morel, adjudante, suivi par “Si je serai grande” en 2018, deux romans qui rencontrent le succès. En 2019, sort son 3ème roman, “Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort”.

Angelina Delcroix se consacre désormais entièrement à l’écriture.