de François Chevallier Broché – 21 février 2026 Éditeur : autoédition
Antoine Blondel, 50 ans, ancien flic devenu détective privé est engagé par un haut fonctionnaire en retraite pour rouvrir le dossier de sa fille Louise. Etudiante à Sciences Po, engagée à l’extrême gauche, elle a disparu cinq ans plus tôt. Antoine est bientôt rejoint par Vincent Le Goff, 26 ans, journaliste de terrain pour le magazine d’investigation controversé Ligne Rouge.
La piste d’un réseau de trafic de mineurs se dessine derrière le paravent d’une idéologie progressiste, avec la complicité des institutions. D’auditions en filatures, de la banlieue à la province, l’enquête mobilise toute l’équipe du journal, ainsi qu’un hacker lanceur d’alerte et un avocat à contre-courant. Elle poussera jusqu’à Bruxelles et Budapest, se transformant bientôt en séisme politique.
Quant à Antoine et Vincent, ils forment bientôt un duo aussi inattendu qu’incandescent. Entre ces deux hommes que tout oppose – l’âge, l’expérience, le caractère — se tisse un lien puissant que ni l’un ni l’autre n’avait prévu.
Un récit immersif et transgressif, à mi-chemin entre Millénium et Houellebecq, ciselé dans une écriture nerveuse, sensorielle et cinématographique. Le roman noir politiquement incorrect que la fiction française contemporaine n’avait pas encore osé écrire.
Dès les premières lignes de LIGNE ROUGE de François Chevallier, je me suis retrouvé happé par une atmosphère sombre, pesante, presque suffocante. Une tension qui ne m’a plus quitté jusqu’à la dernière page. Je découvre ici un nouvel auteur, et très vite, j’ai été marqué par son style. Direct, percutant, extrêmement visuel. Son écriture, efficace, sans détour, qui ne cherche jamais à adoucir ce qu’elle a à dire, à été pour moi un grand plus, à travers les pages.
Je me suis alors plongé dans une intrigue dense, portée par des personnages solides. Antoine, d’abord, flic à l’ancienne, homme cabossé, père maladroit qui s’est peu à peu éloigné de ses enfants. Puis Vincent, journaliste engagé, qui enquête pour un média incisif, Ligne Rouge, entouré d’une équipe prête à faire éclater des vérités dérangeantes. Leur rencontre va les entraîner dans une affaire aussi sombre que troublante. Une disparition ancienne, des enfants vulnérables instrumentalisés, et surtout un système opaque où tout semble organisé pour que rien ne remonte à la surface. Ensemble, ils creusent, avancent, malgré les menaces, malgré les pressions, y compris venues de sphères censées protéger. Et ils ne sont pas les deux seuls à porter l’intrigue ! Je peux vous assurer que tous les personnages présents dans ce livre ont un “vrai” rôle à jouer dans cette enquête tendue, immersive, où chaque piste ouvre sur un gouffre plus profond encore. Mais au-delà du polar, le roman porte aussi des messages forts, parfois clivants. Certains passages m’ont mis mal à l’aise, d’autres m’ont interrogé, parfois même dérangé. Pourtant, je pense qu’il est important de lire aussi ce qui bouscule, ne serait-ce que pour mieux comprendre… mieux contester…
Le roman de François m’a emmené bien au-delà d’une simple enquête. Des beaux quartiers parisiens aux capitales européennes, en passant par des zones plus troubles, il dessine une toile inquiétante, faite de silences, de complicités et d’aveuglements. Ce qui m’a marqué, c’est aussi la relation entre les deux hommes. Qui peu à peu apprennent à se comprendre, à se compléter. Comme un vieux lion qui veille sur un jeune loup. Une alliance inattendue, mais essentielle. Car au fond, je reste convaincu que, quelles qu’elles soient, nos différences sont une richesse, elles devraient être un point d’équilibre, et non une fracture.
L’intrigue est riche, parfois foisonnante, la narration nerveuse, non linéaire, et l’ensemble dégage une énergie brute. François Chevallier propose un roman noir qui sort clairement des sentiers battus, un texte qui m’a dérangé autant qu’il m’a captivé. Tout ne m’a pas forcément convaincu, mais l’intensité, l’audace et la force du propos l’emportent largement. Pour moi, un polar engagé, troublant et indéniablement marquant.
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Extraits :
« Jean-Louis Berger portait un costume trois pièces anthracite, une cravate prune, des souliers noirs aux reflets discrets. Ses cheveux gris, soigneusement disciplinés, encadraient un visage où la fatigue s’était muée en autorité. Le regard d’un homme qui a appris à ne rien laisser paraître. Il avait dû être beau. Il l’était encore, à la manière de ceux que la douleur polit au lieu de les briser. Il ne proposa pas de café. Juste un geste bref vers le fauteuil. Antoine Blondel s’assit sans un mot. »
« Antoine Blondel sortait de la salle. Une heure de boxe anglaise, sans musique, sans miroir, sans commentaire. Rien que le sac, la sueur, la corde, le souffle. Une manière de rester vivant, de différer la décrépitude. Il avait bientôt cinquante ans sur les papiers, dix de moins sur le ring, dix de trop au réveil. Mais tant que son poing claquait juste, il gardait la main sur le fil. Il s’était douché sans traîner, les muscles encore vibrants. Pull gris clair sur chemise blanche, col déboutonné, cou dégagé. Pas de veste. Pas de parfum. Juste l’odeur du savon de Marseille, du cuir de son sac et d’un corps tenu. »
« Et voilà qu’à trente-deux ans, il était devenu rédacteur en chef du magazine Ligne Rouge. Un mensuel d’opinion, étiqueté complotiste ou extrême droite par réflexe. Pas de compromission, pas de chantage. Les sujets que d’autres évitaient, ils les traitaient – frontalement, avec dossiers, visages, chiffres. Ça parlait d’insécurité, d’islamisme, de corruption, de justice à deux vitesses, de dérives progressistes, le tout sans prendre de gants. Pas de comité de rédaction pléthorique: juste un cercle restreint, une escouade de rédacteurs à poil dur, tous jeunes, parfois repentis d’une gauche d’avant. Format vidéo soigné, esthétique sobre, presque ascétique. Pas de slogans, pas d’envolées lyriques. Le calme, le regard, l’enquête. »
« — Je bois du vin rouge, je mange de la viande et je fume des clopes. Je fais le con à table, je dis Mademoiselle et je regarde les jambes des femmes dans la rue. J’en ai même baisé quelques-unes, et en plus, elles en sont pas mortes. Moi, j’appelle ça vivre. Mais tout ça, aujourd’hui, c’est archive ou délit. Il se leva d’un coup et arpenta la pièce. — Je suis un ancien modèle, tu comprends ? Périmé, bientôt interdit à la vente. Pour eux, je suis classé « toxique ». Eux, ils rêvent d’un monde pastel, sans odeur, sans bruit. Un monde sans viande, sans vin, sans clope, sans fessée. Où les hommes demandent pardon d’avoir des épaules. »
« — C’est particulièrement courageux de témoigner ainsi, à visage découvert, devant des millions de téléspectateurs. Pourquoi avoir fait ce choix ? Perrine releva légèrement le menton. — Si je me taisais, ou si je me cachais, cela voudrait dire que j’ai honte. Ou que j’ai peur. Or je n’ai rien à me reprocher. Et ils ne pourront jamais me faire pire que ce qu’ils m’ont déjà fait. Elle se tourna vers la caméra. — Je ne veux plus me taire. Je veux que les autres sachent qu’on peut parler. »
Psychologue de profession, François Chevallier a beaucoup travaillé sur les questions d’embrigadement et d’emprise sectaire, d’identité masculine ainsi que de fragilisation des repères dans l’Occident contemporain. Ayant longtemps exercé au coeur du XI° arrondissement de Paris, les tragédies collectives de Charlie Hebdo et du Bataclan, qu’il a vécu de près, ont marqué sa vision des fractures et des tabous de notre société.
« Auteur indépendant, je m’inscris dans une tradition du roman noir français où l’atmosphère compte autant que l’intrigue. Mes influences actuelles vont de Simenon à Houellebecq, en passant par certains thrillers nordiques, avec un intérêt particulier pour les zones grises — morales, politiques, humaines. Ligne Rouge est mon premier roman. »
de Serge Bertrand Broché – 26 mars 2026 Éditions : Les Presses du Midi
Nul ne pouvait imaginer… L’incivilité, le trafic de drogues, l’insécurité se répandent comme une tache d’huile dans les quartiers de Marseille. En effet un caïd de cité mégalomane flanqué de sa bande de dégénérés fait régner la terreur. Les actes de violence et autres règlements de comptes se multiplient. Même la police n’est pas épargnée. C’est dans ce contexte apocalyptique que le commissaire Patrick Blanchard et son adjointe Mélusine Merle sont mandatés par le préfet pour rétablir l’ordre. Les deux enquêteurs débutent ainsi une mission dont ils ne sortiront pas indemnes… Avec cet ouvrage, Serge Bertrand clôture sa trilogie sur Marseille, en emmenant le lecteur au fin fond des ruelles les plus sombres de la cité phocéenne.
Il m’a suffi de quelques pages pour comprendre que je ne quitterais pas mon fauteuil avant d’avoir atteint le mot “FIN”. Terreur sur Marseille, de Serge Bertrand, m’a happé sans la moindre échappatoire. J’ai littéralement dévoré ce roman, emporté par une intensité rare.
Après Les Deux Visages du Chaos et Ils doivent tous mourir, ce dernier volet ne prend aucun détour. L’auteur frappe fort, droit au but, et c’est précisément ce que j’ai aimé. Le rythme est effréné, les chapitres courts et nerveux. À plusieurs reprises, j’ai eu la sensation d’être en apnée, pris dans un tourbillon dont il m’était impossible de sortir.
Et puis soudain… ce moment. Celui où je me suis arrêté, incrédule : “Non, il n’a pas osé ?” Et pourtant si. Serge franchit des lignes, bouscule, surprend. Je me suis même surpris à relire certaines phrases, tant j’étais pressé de comprendre, d’anticiper, de savoir si j’avais bien saisi ce qui venait de se produire.
Dans ce roman, rien n’est épargné. J’ai plongé dans un Marseille en ébullition, à la limite du chaos. Violence omniprésente, règlements de comptes, trafics qui gangrènent les quartiers… La ville semble glisser inexorablement vers un point de non-retour. Face à cela, les forces de l’ordre sont dépassées, poussées dans leurs retranchements. Mandatées pour une mission de la dernière chance, elles s’engagent dans un affrontement brutal, presque apocalyptique, et pourtant terriblement crédible.
Ce qui m’a frappé, c’est ce réalisme cru, presque dérangeant. Serge Bertrand possède ce talent rare de rendre chaque scène palpable, comme si j’y étais. Et au cœur de ce chaos, j’ai retrouvé avec plaisir le commissaire Patrick Blanchard et Mélusine Merle. Leur humanité, leurs failles, leurs doutes apportent une lumière précieuse dans cette noirceur.
Et puis il y a cette présence mystérieuse, ce “fantôme” qui agit dans l’ombre, presque en silence, et qui peu à peu influe sur le cours des événements. Une figure intrigante, subtile, presque philosophique, qui donne une profondeur inattendue au récit.
J’ai également été touché par ces phrases en fin de chapitre, comme des respirations. Paroles de chansons, extraits poétiques… Elles résonnent avec l’histoire et m’ont souvent amené à prolonger ma réflexion, à regarder au-delà de l’action.
Ce roman est noir, rapide, percutant. Un polar social, nerveux, maîtrisé de bout en bout avec une fin époustouflante. Serge Bertrand confirme ici tout son talent et s’impose, à mes yeux, comme une voix incontournable du thriller français. Une lecture que je recommande sans hésiter.
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Extraits :
« Plus de montre, les portables déconnectés, ils n’ont plus aucun contact avec la France, ils passent leurs soirées à rigoler et à boire des bières locales. Ils mangent du kangourou et du crocodile avec leurs hôtes, qui sont d’authentiques Australiens. La journée, ils partent en Land Rover avec Sam, leur guide, à la découverte de paysages merveilleux et de grandes étendues éloignées des villes. Le soir, autour du feu, ils écoutent les histoires ancestrales du « Temps du rêve », les origines de leur monde, que raconte avec sagesse le chaman, traduit par Sam. Après avoir subi des épreuves très difficiles lors de leur précédente enquête à Marseille, ils avaient besoin de se ressourcer et de se reconstruire. Ce break était indispensable pour leurs santés mentales. »
« J’ai tout sacrifié pour mon métier. Chaque jour, j’ai peur quand je pars en mission. J’ignore si je vais rentrer chez moi vivant. Les jeunes racailles des cités n’ont plus de limites. Ils sont mieux armés que nous et déterminés à tuer. Je ne sais pas si des délinquants ne vont pas me suivre pour me faire la peau. Le monde a changé, les gens sont devenus complètement fous. Il n’y a plus de valeurs, je n’ai plus ma place nulle part. Je n’ai plus aucun espoir, il est temps que j’abrège mes souffrances. Ce soir, je n’ai pas eu le courage de me tirer une balle dans la tête avec mon arme de service. »
« Les chasseurs de primes traquaient les canailles mort ou vif et faisaient le ménage. À présent, on se prétend civilisé, mais nous retournons à la sauvagerie la plus cruelle, sans état d’âme. Le plus insupportable, c’est le manque de justice. Nous constatons de plus en plus que les malfaiteurs défient les forces de l’ordre sans se soucier des conséquences. Ils sont convaincus qu’ils ne risquent rien. »
« Chaque jour, quand je vois la réalité de l’actualité, je suis révolté. Je méprise les gesticulations de nos dirigeants. Au fond de moi, je reste un rebelle insoumis et j’ai envie de crier: “Bande de guignols, cravatés comme des pendus, retirez un peu les mains de vos poches et le cul de vos fauteuils ! Allez voir sur le terrain, rendez-vous enfin compte que la situation s’est dégradée d’une façon inquiétante. Les mots ne suffisent plus, vous devez apporter des solutions et prendre des mesures urgentes contre la délinquance, l’insécurité et le trafic de drogue.” »
Après avoir réalisé son autobiographie en deux volumes qui témoignent de son parcours de rocker-voyageur, Destination Rock et Dans le feu du tempo, Serge Bertrand propose avec sa trilogie sur Marseille des enquêtes percutantes sans complaisance sur sa ville qui ne laissent aucun répit au lecteur : Ils doivent tous mourir, Les Deux Visages du chaos et Terreur sur Marseille.
de Alissa Wenz Broché – 19 août 2020 Éditeur : Denoël
Il n’y avait aucun doute : Tristan était violemment épris. Elle le rencontre, et c’est un émerveillement. Tristan est un artiste génial qui transforme le rêve en réalité. À ses côtés, la vie devient une grande aire de jeux où l’on récite des poèmes en narguant les passants. Il ne ressemble à personne, mais cette différence a un prix. Le monde est trop étriqué pour lui qui ne supporte aucune règle. Ses jours et ses nuits sont ponctués d’angoisses et de terreur. Seul l’amour semble pouvoir le sauver. Alors elle l’aime éperdument, un amour qui se donne corps et âme, capable de tout absorber, les humeurs de plus en plus sombres, de plus en plus violentes. Jusqu’à quel point ? Au point de s’isoler pour ne plus entendre les insultes, au point de mentir à ses proches, au point de s’habituer à la peur ? Est-ce cela, aimer quelqu’un ? Un premier roman d’une rare justesse sur l’emprise amoureuse.
Je n’ai pas lu ce livre. Je l’ai encaissé.
Quelques jours plus tôt, j’avais rencontré Alissa Wenz, une femme habitée, vibrante, au Château de l’Hermitage. Elle m’avait déjà bouleversé avec son dernier roman “Le Désir dans la cage”. Alors forcément, j’avais envie d’y retourner. Mais je ne m’attendais pas à ça.
Dès les premières pages, de À trop aimer, j’ai pris une claque. À chaque ligne, une question m’a poursuivi. Est-ce du vécu ? Ou simplement une fiction terriblement réaliste ? Plus j’avançais, plus je me sentais happé, pris dans un tourbillon qui ne cessait d’accélérer. Une spirale où l’amour se mêle à la violence, où la passion devient un piège. Je me suis lancé dans cette lecture sans savoir, je n’avais pas lu le sujet. Et je me suis retrouvé au cœur d’une emprise. Pas en simple lecteur. Non. Tantôt témoin impuissant, tantôt proche invisible, avec cette envie irrépressible de tendre la main, de dire “pars”, de la protéger.
Ce qui m’a troublé immédiatement, c’est aussi ce choix narratif. Lui a un nom. Tristan. Elle, non. Elle est “je”, elle est “tu”. Et moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir l’autrice. De ressentir quelque chose de profondément intime, presque dérangeant.
Elle est libre, créative, vivante. Enseignante, artiste, entière. Et puis il y a Tristan. Il est libraire, mais rêve de devenir très vite un grand photographe. Leur rencontre. L’évidence. L’amour fulgurant. Celui qui emporte tout. Très vite, ils deviennent inséparables. Ils construisent, ils rêvent.
Mais peu à peu, quelque chose se fissure. Au début, ce sont des détails. Des réactions excessives. Des tensions. Puis viennent les colères, les mots qui blessent, les silences lourds. Et malgré tout, elle reste. Parce qu’elle aime. Parce qu’elle pense pouvoir réparer.
Et moi, lecteur, petit à petit je suffoque. La mécanique est implacable. L’emprise s’installe. Les cris deviennent menaces. L’amour devient peur. Et cette question ne me quitte plus, jusqu’où peut-on aller par amour ?
L’écriture est directe. Sans détour. Sans artifice. Alissa ne cache rien. Elle expose. Elle met à nu. Et c’est précisément ce qui rend ce texte si puissant. Ce roman, je ne l’ai pas simplement lu. Je l’ai vécu.
Il m’a dérangé. Touché. Bousculé. Et il m’a rappelé que certains livres ne racontent pas une histoire… Ils vous obligent à la traverser.
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Extraits :
« J’étais à Cherbourg, à la recherche d’un parapluie, de Catherine Deneuve, d’un « Je ne pourrai jamais vivre sans toi », j’étais partie m’offrir vingt-quatre heures loin de Paris, un cadeau d’anniversaire à moi-même, une virée en solitaire, dans le plus grand secret. »
« Il vint. Il aima mes chansons. Il m’aima. Il aima mes textes tissés de ratages sentimentaux, de tendresse voluptueuse, de volcans inassouvis. Il aima mon engagement sur scène. Le soir même, il m’envoya un message dans lequel il me disait à quel point le concert l’avait bouleversé, atteint. Une claque, pour ainsi dire. « Tu es violente, tu sais.» Ces mots provoquèrent en moi des frissons sans égal, charnels, animaux. Il n’y avait aucun doute : Tristan était violemment épris. »
« Il était la révolte, et l’enfance. Il était tout à la fois Patrick Dewaere et Nanni Moretti – mélange improbable, et pourtant réel. Du premier, il avait les vives écorchures, l’âme en feu. Du second, cet humour à la fois sophistiqué et puéril, cette immaturité jubilatoire que savent cultiver les grands intellectuels. Tristan était fâché contre le monde, il entretenait avec délice une marginalité du cœur et donnait le sentiment d’être toujours un peu à côté de tout et de tous. Il me confia que son enfance n’avait pas été facile et qu’il avait tout fait pour fuir sa famille sans ambition et sans culture, fuir la morne banlieue qui l’avait vu grandir, fuir, se libérer, vivre à Paris, gagner sa vie même modestement, ne rien devoir à personne, accéder à de belles études par la seule force de son cerveau et de sa curiosité, construire ses idéaux, ses occupations et son art de ses propres mains. »
« L’averse dissipée, nous sommes rentrés à l’hôtel, et brusquement Tristan a explosé. Il a hurlé qu’il ne supportait pas les vacances, que je n’aurais pas dû l’emmener ici, il disait des choses comme «les vacances c’est pour les gens qui travaillent, pas pour les gens qui sont au chômage comme moi, tu crois vraiment que j’ai que ça à foutre de partir en vacances ». J’ai essayé de le calmer, ça ne marchait pas, alors je suis partie dans la salle de bains, j’ai fait couler un bain, je me suis allongée dans l’eau et j’ai enfoncé ma tête jusqu’à noyer mes oreilles pour ne plus entendre ses cris. »
Après une formation de piano et de chant en conservatoire, des études de lettres à l’École normale supérieure, ainsi qu’une formation théâtrale, Alissa Wenz choisit de partager sa vie entre la chanson et l’écriture.
Autrice compositrice interprète, elle se produit dans de nombreuses salles à Paris et en région, soutenue par Contrepied Productions.
Elle a étudié à la Fémis, et poursuit des activités de scénariste et enseignante de cinéma.
Elle est également écrivaine. Ses deux romans, À trop aimer (2020) et L’Homme sans fil (2022), sont publiés aux Éditions Denoël. L’homme sans fil fait partie des finalistes du Prix Pampelonne-Ramatuelle, ainsi que du Prix Orange du Livre.
Son album Je, tu, elle paraît chez EPM / Universal le 9 septembre 2022. Romain Didier en signe les arrangements. Un nouveau spectacle accompagne cet album.
La Saga de Newtown III de Martine Chifflot Broché – Broché – 12 mars 2026 Éditions : Éditions localement transcendantes
Ce roman fantastique nous transporte en Ouralie, un royaume pacifié que des disparitions en série désolent depuis quelque temps. Qui viendra à bout du mal qui s’est abattu sur l’Esternie et qui menace la paix des États Fédérés ? Les lecteurs rencontreront Helda, Franck, Gina, Wladimir Alevisky et tous les autres gardiens du sanctuaire dans des situations inextricables, confrontés aux manigances sophistiquées des pouvoirs occultes criminels. Des aventures extraordinaires et des personnages hors du commun attendent à chaque page, au gré d’un récit télescopique qui nous embarque dans toutes les dimensions. La littérature policière fantastique trouve ici son acmé en convoquant les figures les plus saisissantes de l’imaginaire, des tréfonds infernaux aux plus paradisiaques séjours. C’est un livre vertical qui déploie les plis et les replis de récits enchâssés et de secrètes résonances. Frissons et sensations fortes garanties.
À propos de La Maison des Innocents : « J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises. Je crois n’avoir jamais lu à ce jour, un roman du genre d’une telle qualité. » J-P Dos Santos
J’ai eu la très belle surprise d’être contacté il y a quelques jours par Cyril Soler-Bonnet des éditions localement transcendantes pour me proposer la lecture du troisième volet de la saga de New Town, de Martine Chifflot, “Le Voyage en Ouralie”. Mais la “belle” surprise ne s’est pas arrêtée là… En effet, j’avais déjà vu mon nom sur certaines couvertures de romans. Mais là, c’est une véritable émotion qui m’a emporté en le voyant figurer, non pas en tant que graphiste cette fois, mais en tant que lecteur !
Il y a des lectures qui marquent, et d’autres qui vous happent sans retour. Le Voyage en Ouralie, appartient clairement à la seconde catégorie. Après avoir découvert La maison des innocents puis Les Gardiens du Sanctuaire, je ne m’attendais pas à être de nouveau embarqué avec une telle intensité… ni à vivre une émotion aussi personnelle
Je dois l’avouer, depuis quelques années j’avais mis de coté les sagas fantastiques et horrifiques pour des romans plus contemporains. Pourtant, ici, tout m’a saisi. L’écriture est d’une précision remarquable, exigeante, presque ciselée. Les phrases s’étirent, les chapitres s’enchaînent, et je me suis souvent retrouvé à chercher, sur quelques lignes, à quel personnage j’étais en train de m’attacher. Cette construction singulière participe à l’immersion totale. J’ai même enrichi mon vocabulaire, découvrant des termes rares comme “anatopique”, qui désigne un monde analogue au nôtre.
Mais plus j’avance dans cette saga, plus je suis bousculé. Le récit est d’une violence extrême, sans concession. Certaines scènes sont difficiles, dérangeantes, parfois insoutenables. Pourtant, rien n’est gratuit. Tout s’inscrit dans une logique sombre et cohérente, où le fantastique se mêle au pire de l’humanité. Ici, les ombres dominent, pesantes, et les thématiques abordées, le cannibalisme, le trafic d’organes, satanisme, renforcent cette atmosphère oppressante.
En Ouralie, ce monde imaginaire si proche du nôtre, les disparitions se multiplient. Hommes, femmes, enfants… nul n’est épargné. Helda, inspectrice déterminée, accompagnée d’une équipe d’élite, poursuit un combat qui dépasse l’entendement. Il ne s’agit plus seulement d’enquêter, mais de lutter contre des forces obscures, contre des réseaux impensables mêlant trafic, rituels et perversions. C’est une guerre silencieuse entre ceux qui défendent l’humanité et ceux qui cherchent à la détruire.
Avec ce troisième volet, Martine m’entraîne encore plus loin, dans une descente presque hypnotique. J’ai été captivé, troublé, parfois même mal à l’aise. Et malgré le cadre imaginaire, certains noms, certaines résonances m’ont semblé étrangement familiers, comme un écho troublant à notre propre réalité.
Je referme ce livre encore sous le choc. Une lecture puissante, dérangeante, une œuvre noire, intense, qui confirme tout le talent d’une autrice qui maîtrise son univers avec une redoutable intelligence.
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Extraits :
« LE LENDEMAIN des verdicts, un terrible orage avait éclaté au cours de la nuit. La ville s’en était trouvée purifiée, lavée, mais aussi remuée de fond en comble. Les habitants avaient craint, pendant un moment, que l’apocalypse ne fût en cours, l’intempérie s’était révélée tempête et des toitures avaient été arrachées. Les plus gros dégâts s’étaient produits sur les rives de l’Hedson, où de nombreuses masures avaient été foudroyées. Le fleuve avait brutalement grossi et ses rives avaient été submergées, les flots emportant arbustes et terres au large, vers l’océan, qui, furieux, avait aussi menacé les abords lointains de la cité. De mémoire humaine, jamais pareille intempérie n’avait assailli la capitale et tous les New-Towniens avaient connu la peur qui s’empare des cours à l’approche de la fin des temps. »
« Elle partageait les inquiétudes du président Sunert à ce propos car, dès sa nomination ministérielle, ils s’étaient tous deux appliqués à démanteler le réseau des Manipulateurs du Temps, dont les attaques climatiques avaient dévasté plusieurs États et mis les populations en péril. Les opérations avaient été rapidement menées et, grâce à l’efficacité redoutable de Helda, les installations mortifères avaient été détruites tandis que leurs ingénieurs et leurs techniciens avaient été incarcérés dans la prison administrative, où ils connaîtraient une reprogrammation irréversible, à moins d’être condamnés pour haute trahison et sabotage. »
« Il lui semblait subir un arrachage général de tous les organes et celui de son cœur causait évidemment la plus mortelle souffrance, sa poitrine ouverte laissait passer le cœur palpitant et sanguinolent que des mains avides attrapaient, récupérant le sang au passage dans des réservoirs blanchâtres et transparents qui s’assombrissaient au fur et à mesure de leur remplissage. Les officiants murmuraient des formules incompréhensibles et un gigantesque affairement secouait tous ces lieux que les ricanements démoniaques emplissaient aussi d’une odieuse vague sonore. »
« Un homme avait jailli de l’arrière du véhicule et l’avait plaquée contre le côté gauche de l’engin. Le conducteur avait secondé son complice et, tous deux la soulevant, ils l’avaient enfournée dans le véhicule, basculée sur une couverture et bâillonnée avec un chiffon humide qui empestait le chloroforme. Elle avait alors glissé dans un sommeil opaque que des rêves effrayants traversaient par intermittences. »
« Mais où suis-je ? Où sont mes parents, mes amis, mon fiancé ? Vous m’avez kidnappée ! Comment puis-je les rejoindre ? Laissez-moi partir. »
Écrivaine, autrice et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe son troisième thriller romanesque “Le Voyage en Ouralie” de la saga de New Town, après “La Maison des Innocents” et “Les Gardiens du Sanctuaire”, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.
Docteure en philosophie (HDR) et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.
Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.
Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films. Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.
Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.
de Maxime Girardeau Broché – 19 mars 2026 Éditeur : Robert Laffont
Il ne se contente pas de tuer. Il programme une seconde mort.
Paris, juin 2026 14 h 17 Un homme meurt chez lui, asphyxié, son corps martyrisé, une horloge tailladée dans sa chair. Sur son torse, un smartphone s’allume et affiche un sablier accompagné d’un message : “Vous n’avez droit qu’à une question.” À l’intérieur se trouve capturée toute sa mémoire. La bonne question permettra de déverrouiller l’appareil, toute autre proposition provoquera un effacement total des données, une seconde mort. Paul Moreau est la cinquième victime ayant subi cette sordide mise en scène de son agonie, ce piège numérique. Lorsque Bianca découvre son père, elle décide de s’enfuir avec le téléphone avant que la police n’arrive. Elle doit absolument trouver la bonne question, et préserver ce qu’il reste de la vie de son père. Le compte à rebours a commencé. Dans un Paris au bord de la rupture, les policiers, les scientifiques et la jeune fille vont s’affronter pour résoudre l’énigme posée par ce mystérieux serial killer que la presse a déjà surnommé le “Sablier noir”.
UNE EXPÉRIENCE DE LECTURE VERTIGINEUSE
J’ai découvert Maxime Girardeau en juillet dernier avec Je te mens, un thriller vertigineux qui m’avait littéralement happé. Alors quand Nicolas Hecht de Babelio m’a proposé de découvrir Mourir deux fois, je n’ai pas hésité une seule seconde.
Et très vite, j’ai replongé.
Dans ce nouveau roman, l’intelligence artificielle est partout. Pas en toile de fond. Non. Elle est au cœur de tout. De chaque chapitre. De chaque réflexion. Et c’est précisément ce qui m’a troublé. Parce que cette IA, elle n’est pas qu’un concept de fiction. Elle est déjà là, dans nos téléphones, nos ordinateurs… et même dans mon propre métier, puisque depuis quelques mois, elle a pris ma place dans les créations visuelles que je proposais à mes clients. Difficile alors de ne pas me sentir directement concerné.
Mais là où l’auteur frappe fort, c’est dans les questions qu’il soulève. Des questions éthiques, humaines, presque vertigineuses. Très vite, je me suis laissé entraîner dans une intrigue pourtant simple en apparence, mais qui m’a ouvert un véritable abîme intérieur. Un récit profondément psychologique, qui m’a poussé à réfléchir… à mes souvenirs, à ceux que j’ai perdus, à ceux que j’aimerais retrouver.
Juin 2026, à Paris. Cinq meurtres. Cinq jours. Un même rituel. Un tueur insaisissable que l’on surnomme le “Sablier noir”. Les enquêteurs non aucun début de piste. Le compte à rebours est lancé pour les policiers, pour résoudre une mystérieuse énigme ! Et pendant ce temps le monde vacille. Les tensions montent. La colère gronde, les français sont révoltés par la crise économique et par l’incompétence des politiques. Dans cet équilibre fragile, tout semble prêt à basculer.
Dans ce roman choral, structuré autour des étapes de développement de l’IA : acquisition, alignement et évaluation, Maxime propose une idée aussi fascinante qu’effrayante, et si l’on pouvait faire survivre une personne après sa mort… à travers ses souvenirs, ses émotions, ses doutes ? Avec un simple téléphone comme réceptacle d’une vie entière.
J’ai trouvé ça brillant, haletant, voire envoutant. Dérangeant aussi…
Une intrigue addictive parfaitement orchestrée, avec des thèmes forts et des personnages très atypiques, notamment Bianca et Mathilde, pour ne citer qu’elles, qui apportent une vraie densité au récit, renforçant encore cette tension qui ne m’a jamais quitté.
Comme pour son précédent roman, j’ai été complètement embarqué. Un thriller intelligent, addictif, et profondément actuel. Et une chose est sûre, je suivrai désormais cet auteur de très près.
Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte.
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Extraits :
« MES PAUPIÈRES SE SOULÈVENT. Ma main droite reste crispée sur le manche du scalpel, mes articulations blanchies par la tension. Dans la pièce haussmannienne, Paul Moreau respire encore. Ses inspirations sifflent à travers le bâillon tandis que ses expirations projettent des gouttes de sang sur le parquet massif. – Nous devons continuer, dis-je. »
« 14 h 17. Le sablier se retourne sur l’écran. La voix synthétique résonne encore : « Vous n’avez droit qu’à une question. » Je m’approche de la tête de Paul et lui ôte son bâillon. Il ouvre la bouche, mais il est trop tard. Je plonge une seringue dans son cou d’un geste vif et précis. Ses muscles se tendent un instant sous la surprise, puis son corps entier se raidit. Je maintiens l’instrument enfoncé tandis que le pentobarbital se répand et libère son effet. Ses lèvres laissent échapper quelques mots à peine audibles : — Ma petite étoile… »
« Douleur = 73 %. Terreur = 81 %. Fonction motrice = maintenue. C’est comme ça que je vis depuis que Maman est partie. Je transforme l’insupportable en données. Je convertis le chaos en probabilités. Sinon, je me noie dans les couleurs de ma propre souffrance. Papa ne le comprenait pas. Il ne comprenait pas mes équations, mes bouées de sauvetage. Maintenant il ne comprendra plus jamais rien. Et moi, je dois protéger ses derniers octets, même si ça doit me détruire pixel par pixel. »
« LES STATIONS DÉFILENT. RÉPUBLIQUE. CHÂTELET. Les voyageurs montent, descendent, m’ignorent. Une adolescente qui pleure dans le métro, ça n’a rien d’extraordinaire. Mes poumons brûlent, ma gorge se serre. Les sanglots viennent par vagues, tsunami de douleur brute qui défie toute catégorisation. Durée crise : 11 minutes 34 secondes. Déshydratation légère. Fonction cognitive = restauration 67 %. Peu à peu, les larmes se tarissent. Le damier mental se rallume, case par case. BitGrid recalibre ses paramètres. Je dois réfléchir. Analyser. Survivre. Le smartphone avec les restes de Papa contient peut-être des réponses. Mais quelle est la question ? Qui pourrait m’aider ? »
« La piqûre dans mon cou est professionnelle. L’aiguille trouve la veine jugulaire du premier coup. Le liquide brûle en entrant. Ma vue se trouble. Les lumières de Paris deviennent des traînées colorées. Ma bouche se tapisse d’un goût métallique. Abou ne saura pas. Personne ne saura. Le message était un piège et j’ai… »
Maxime Girardeau a passé plus de dix ans à travailler dans le marketing pour Microsoft. Il partage aujourd’hui son temps entre l’écriture et la direction d’un incubateur de startups. Il est l’auteur de PERSONA (Fayard, 2020) sélectionné pour le Prix des Nouvelles Voix du Polar et d’EGO (Fayard, 2022), finaliste du Prix Landerneau du Polar. Les livres de Maxime ont été publiés au Japon, en République tchèque et en Russie.
de François Rabes Broché – 26 mars 2026 Éditeur : TAURNADA
Et si votre vie basculait en quelques secondes ?
C’est ce que le destin réserve à Sofiane, médecin urgentiste, pris dans la tourmente d’un violent règlement de comptes. Lui s’en sort indemne, mais Clara, l’amour de sa vie, tombe sous une balle perdue. Rongé par le chagrin, consumé par le désir de vengeance, Sofiane s’engage dans une quête sans merci pour traquer les responsables en prenant tous les risques…
… Ainsi qu’un aller simple pour l’enfer.
Depuis quelques mois, chaque service de presse reçu des éditions Taurnada est pour moi une promesse de lecture intense. Avec Indemne de François Rabes, cette promesse est une nouvelle fois tenue… et même largement dépassée.
Dès les premières pages, je me suis retrouvé plongé dans un récit dense, profond, éprouvant aussi, mais terriblement addictif. Les 400 pages ont défilé à une vitesse folle. J’ai dévoré ce roman, happé par un univers où la peur, la manipulation, les intérêts et les compromis règnent en maîtres. Mais ici, c’est surtout la vengeance qui domine tout, qui écrase tout, qui guide chaque pas du récit.
Sofiane, un urgentiste passionné, est amoureux de Clara. Ce soir-là, ils célèbrent dix ans d’amour dans un bar. Un moment simple, heureux… jusqu’à ce que tout bascule, au moment où elle s’apprêtait à lui annoncer quelque chose d’à priori très important. Des coups de feu éclatent. Une fusillade. Et en quelques secondes, l’irréparable. Clara s’effondre, victime d’une balle perdue. Sofiane n’a rien pu faire.
À partir de là, je plonge avec lui dans une véritable descente aux enfers. Sa douleur devient palpable et devient presque mienne. Et lorsque la police classe l’affaire comme un banal fait divers, sans réelle volonté de trouver les responsables, quelque chose se brise définitivement en lui.
Alors, la vengeance prend le relais. J’étais enfermé dans ses pensées, à me poser cette question dérangeante. Qu’aurais-je fait à sa place ? Comment réagir face à une telle injustice ? Sofiane n’a plus rien à perdre, et c’est précisément ce qui le rend dangereux… mais pour moi, terriblement humain aussi.
François Rabes maîtrise et explore avec justesse cette zone trouble où l’homme bascule. Où la douleur justifie l’inacceptable. Et je dois l’avouer, malgré mes craintes, j’espérais qu’il aille jusqu’au bout.
Le roman interroge profondément sur l’amour, la perte, la justice… et sur cette frontière invisible que l’on franchit parfois sans même s’en rendre compte. Où un homme ordinaire, passionné par son métier, qui aimait la vie va progressivement devenir aussi dangereux, sinon plus que ceux qu’il traque. La plume est rythmée, visuelle, percutante. Les rebondissements s’enchaînent avec efficacité, jusqu’à un final explosif qui m’a laissé sans voix.
Une lecture marquante, intense, que je ne suis pas prêt d’oublier. Superbe…
Un grand merci à Joël et aux éditions Taurnada pour cette claque, ce coup de cœur littéraire.
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Extraits :
« Il avait beau avancer sa montre de dix minutes pour gagner du temps, rien à faire, Sofiane passait ses journées ou ses nuits à courir après. C’est le métier qui voulait ça. Il portait d’ailleurs bien son nom : URGENCES. Huit lettres rouge sang alignées sur un panneau aveuglant de lumière, pilier central de tout établissement hospitalier. »
« Alors qu’il avançait vers Clara, le médecin aurait voulu figer cet instant, voler cette image. Mais sentant sa présence, la jeune femme brisa le charme en tournant légèrement la tête vers lui au moment où il atteignait « leur » table. Sofiane déchiffra aussitôt une lueur sombre dans ses yeux clairs. « Pardon… j’ai vraiment fait au mieux pour partir à l’heure… » Il embrassa Clara dans le cou, tout près du petit pli niché dans le creux de son oreille qui n’appartenait qu’à lui, chaviré par la douceur de sa peau et de son délicieux parfum aux effluves de fleur d’oranger et d’ambre blanc qu’elle portait depuis toujours, avant de prendre place de l’autre côté de la banquette. « J’ai dû poser des points sur le bras d’un patient très agité, l’infirmière n’y arrivait pas… »
« Lui, ce soir, la mort n’en avait pas voulu. Lui, le survivant, le miraculé comme l’avait qualifié la jeune policière avec un rictus aux allures de sourire raté, visiblement secouée par les événements et pressée de le laisser aux mains du médecin de garde, fuyant son malheur comme une maladie contagieuse. Mais à quoi bon survivre lorsque vous êtes désormais seul, déjà oublié de tous. C’est bien la seule chose qu’il pouvait encore ressentir de manière aiguë au milieu de ce long couloir en sous-sol de l’hôpital, assis sur une chaise en plastique, en attente d’une ordonnance et d’un véhicule pour le ramener chez lui. »
Après des études littéraires et un passage éclair en fac de cinéma, François Rabes décroche un poste de stagiaire mise-en-scène sur « La cité des enfants perdus » (1995) de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro après avoir envoyé une demande sous forme de story-board.
La rencontre avec les nombreux talents qui composent l’équipe du film est déterminante. Cette expérience lui offre un apprentissage en accéléré et l’encourage à mettre sur pied, à l’âge de 20 ans, un premier court-métrage.
Alternant films courts, clips musicaux (Johnny Hallyday, Pascal Obispo, Dj Abdel, Mister You…) et autres publicités, François Rabes développe des projets de longs-métrages dont il signe les scénarios.
L’univers du groupe Apollo, créé par sa sœur Alice, s’inscrit dans cette démarche artistique. Volonté de proposer des minis histoires pour accompagner les chansons, identité visuelle forte, références cinématographiques… autant d’éléments pour nourrir sa passion de raconter en images.
Francois Rabes signe son premier roman avec « Les racines des ombres » (2022) et remporte le concours Les Lieux Noirs 2021, organisé par Fyctia et les éditions Hugo & Cie.
de Lucie Delacroix Broché – 1 juin 2025 Éditeur : Auto-édition
Vous aimez la romance, mais également le suspense et les page-turners ? Ce roman va vous plaire !
Et si un jour on se manque, on s’appelle, mais pas avant dix ans. Dix ans ont passé et Alice a tenu la promesse qu’elle avait faite à Axel, son amour de jeunesse. Mais lorsqu’elle décide de le recontacter, c’est trop tard, Axel a disparu dans des circonstances douteuses. Entre Saint-Malo et San Francisco, elle doit alors défier le temps et se replonger dans ses souvenirs pour tenter de changer le cours des choses et sauver celui qu’elle n’a jamais cessé d’aimer.
Un roman chargé d’émotions et de sentiments, qui nous pousse à nous interroger sur la puissance des souvenirs, nos regrets et nos rendez-vous manqués.
Quelle claque… quelle merveilleuse surprise !
Dès les premières lignes de Et si un jour on se manque… de Lucie Delacroix, je me suis laissé emporter sans résistance. Pourtant, je pensais en deviner la structure après nos divers échanges autour de la préparation et de la réalisation de la couverture… mais je me trompais complètement.
Très vite, l’autrice m’a pris à contre-pied avec une idée aussi inattendue que brillante. Elle a glissé, au cœur de ce récit profondément humain, une touche de fantastique. Et là, tout a basculé. Chaque certitude que j’avais construite s’est fissurée. À partir de cet instant c’est la magie qui a opérée en plus de des émotions, du suspense et des frissons que je ressentais… Une impression troublante que tout pouvait s’effondrer ou renaître à tout moment. Le roman s’est alors transformé, sous mes yeux, en une romance psychologique d’une rare profondeur.
Je découvre Alice, installée à Saint-Malo, vivant une relation stable avec Marc. Mais une demande en mariage, à une date hautement symbolique, vient raviver un passé qu’elle n’a jamais vraiment laissé derrière elle. Dix ans plus tôt, il y avait Axel. Son premier amour. Un amour immense, inattendu, presque irréel pour la jeune femme timide qu’elle était. Puis, brutalement, Axel a choisi de partir. Pas par manque d’amour, mais par conviction. Ils étaient trop jeunes, n’avaient pas assez vécu, devaient expérimenter, grandir… et surtout laisser à Alice la liberté de choisir sa vie en toute conscience et non suite à un premier “béguin”. Son idée ? Se retrouver dix ans plus tard, jour pour jour afin de faire le point. Alice ne comprend pas, elle qui est tellement amoureuse, pense alors qu’Axel ne l’aime pas comme elle l’aime, elle est malheureuse.
Je me suis immédiatement projeté dans la douleur d’Alice, dans son incompréhension, dans ce cœur brisé qui ne cessera pourtant jamais de l’aimer. Les années passent, mais le souvenir reste intact. Et lorsque cette fameuse date arrive… tout vacille. Chaque page m’entraînait plus loin dans une quête bouleversante, jusqu’à ce choc, la mort d’Axel, survenue dans des circonstances troublantes.
Et là… tout explose. J’ai littéralement dévoré le roman, porté par une tension incroyable et des rebondissements qui dépassaient toutes mes attentes. Et cette fin… quelle fin !
Ce troisième roman que je lis de Lucie Delacroix confirme tout son talent. Elle m’a surpris, déstabilisé, poussé à réfléchir. Elle m’a amené à me questionner sur mes propres choix, sur mes regrets, sur ces chemins que je n’ai pas pris. Qu’aurais-je fait à la place d’Alice si les mêmes portes ouvertes s’étaient présentées à moi ? Aurais-je osé tout recommencer ? Entre rêve et réalité, Lucie Delacroix m’a tenu en haleine comme rarement. Son histoire, construite comme un véritable jeu de piste, m’a fait voyager de la Bretagne aux États-Unis avec une belle intensité.
Un roman magique, troublant, profondément humain… et inoubliable…
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Extraits :
« Je ferme les yeux. Il est là, près de moi. Ses yeux bleus me dévisagent tendrement, oscillant entre mon visage et le pare-brise. Sa fenêtre ouverte laisse dépasser son bras, au bout duquel une Camel se consume entre ses doigts. L’odeur de nicotine parvient jusqu’à mes narines. La voiture file à vive allure dans les rues angevines, après avoir quitté le parking du Gaumont Multiplexe où nous avons visionné Bruce tout-puissant. »
« Ses yeux bleus me transpercent. Ma réaction est immédiate, je me liquéfie sur ma chaise. Je dois détourner le regard. Il faut que je sois forte, que je pense à mes nouvelles résolutions. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à lâcher ces pupilles qui me fixent intensément. J’suis foutue, premier jour de cours, j’suis amoureuse. Eh merde. »
« Je beurre ma tartine de pain en pleurant. Je pleure encore et encore, mon esprit est obnubilé par Axel depuis l’appel de Thierry. Je ne parviens pas à réaliser. Je repense sans cesse à nos souvenirs, à tous les moments partagés ensemble. Je visionne en boucle nos photos et nos vidéos. Entendre sa voix me fait terriblement mal, le voir rire me transperce le cœur. Une véritable douleur étreint ma poitrine, tant mon cœur est serré. Pourtant, je ne peux m’empêcher de tout regarder, plusieurs fois d’affilée. Comme pour confirmer que tout ce qu’on a vécu était bien réel. J’écoute cette chanson qui reste dans ma tête. »
« Je passe Rennes et Ploërmel avant de parvenir enfin à Vannes. Je trouve facilement le salon funéraire avec l’aide de mon GPS. En me garant sur le parking, la boule qui me tord les boyaux s’intensifie. Je reconnais son frère et son parrain, parmi la dizaine de personnes qui patientent devant le bâtiment. Le salon doit être bondé. Je descends de ma voiture et m’approche de la porte. Je salue les visages que je croise et me reconnaissent. Revoir des personnes avec qui on a partagé de bons moments dans de telles circonstances est terrible. Je pénètre dans la chambre mortuaire et ferme la porte derrière moi. Je redoute le moment où je vais le voir. Je m’intéresse d’abord à toutes les fleurs qui l’entourent, puis jette un coup d’œil rapide aux personnes assises à ses côtés. Certaines sont debout au fond de la salle comble. Le silence est complet. Seuls quelques sanglots se font entendre. Je remarque d’abord ses amis, que je salue brièvement d’un signe de tête. »
Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.
Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.
de Jorge Volpi Broché – 5 mars 2015 Éditeur : Seuil
Le 17 septembre 2008, J. Volpi, fondateur et directeur du fonds d’investissement J.V. Capital Management et mécène du Metropolitan Opera, est accusé d’avoir détourné quinze milliards de dollars et prend la fuite. Quelque temps plus tard, d’un lieu tenu secret, il envoie à un agent littéraire un manuscrit autobiographique révélant comment les maîtres de Wall Street se sont enrichis sans limites pendant la bulle immobilière tandis que des experts financiers de tout poil orchestraient une des plus grandes catastrophes économiques mondiales.
Mais à la différence d’autres confessions, celle de J. Volpi est une passionnante histoire de famille aux accents de roman noir et la quête d’un fils dévoyé qui cherche à découvrir si son père disparu, employé au Département du Trésor pendant la Seconde Guerre mondiale, était vraiment un espion à la solde de Moscou. Afin de connaître la vérité, J. Volpi charge une jeune historienne de mener une enquête.
De mensonges en escroqueries, où s’entrecroisent personnages de fiction et personnages historiques, le lecteur plonge dans les méandres de la fragilité humaine, les coulisses de Wall Street et les passages secrets de la guerre froide.
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli
Avec Les bandits, je découvre l’univers de Jorge Volpi. Et quelle découverte ! Dès les premières pages, je me suis retrouvé face à une construction romanesque fascinante, d’une grande maîtrise. Le style est marqué, parfois dense, presque vertigineux. L’érudition de l’auteur est impressionnante et m’a obligé, je l’avoue, à faire plusieurs pauses pour digérer toutes les informations qui se bousculaient au fil des pages. On sent derrière ce roman un travail colossal de recherches. Les références historiques, économiques et politiques s’entrelacent dans un récit ambitieux qui demande une attention constante. Il m’est arrivé de me perdre un peu dans cette forêt de détails financiers et d’analyses, mais impossible de ne pas reconnaître le talent de l’auteur dans cette critique frontale d’un capitalisme débridé, cynique et profondément amoral.
Le personnage principal porte d’ailleurs le même nom que l’auteur, Jorge Volpi. Un choix aussi surprenant qu’audacieux. Dans ce roman, ce Volpi-là est un escroc qui raconte avec un aplomb presque désarmant comment il s’est enrichi sur le dos de la classe moyenne, notamment jusqu’à la crise des subprimes. À travers la création de sociétés d’investissement douteuses, il manipule, trompe et dépouille des milliers d’investisseurs pour accumuler des fortunes.
Mais l’intrigue ne s’arrête pas là. En parallèle de ses propres turpitudes, le narrateur part aussi à la recherche de la vérité sur son père, un homme qu’il n’a jamais connu et qui aurait été soupçonné de sympathies communistes en pleine guerre froide. Cette quête intime vient perturber le récit principal et ouvre de nouvelles ramifications, tout aussi passionnantes.
Je ne m’attendais pas à pénétrer dans une œuvre aussi foisonnante. Entre crises financières, escroqueries internationales, espionnage, guerre froide, URSS, 11 septembre ou encore la création du Fonds monétaire international, l’auteur explore de multiples facettes de notre monde contemporain. À travers cette fresque dense, se dessine une vision profondément cynique du pouvoir et de l’argent. Un monde où les mensonges, la manipulation et la duplicité semblent être les véritables moteurs de l’histoire. J’ai particulièrement apprécié cette narration atypique, qui entremêle habilement fiction et faits historiques. Les personnages évoluent dans un univers où rien ne semble vraiment normal, et c’est justement ce qui rend la lecture si captivante.
Une lecture exigeante, parfois déroutante, mais indéniablement stimulante et passionnante.
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Extraits :
« Tel est, à peu de chose près, le récit de la mort de mon père que me fit Judith, laquelle, comme on a pu s’en rendre compte, a la langue bien pendue. Je devais avoir cinq ou six ans quand elle a évoqué devant moi cet épisode et, plus que de la présence du pigeon, je me souviens de sa langue de serpent, de son ton venimeux que je ne puis reproduire, de son regard d’acier planté dans ma timidité, et des pirouettes que traçaient en l’air ses doigts aux ongles rouge vif, jusqu’au moment où ses paumes, à la hauteur de mon visage, claquaient l’une contre l’autre pour illustrer sans le moindre tact, sans la moindre pudeur, l’écrasement des os de mon père contre le ciment. »
« Avons-nous été les responsables ? Véritablement ? Ce n’est pas que la question m’obsède, ni que je redoute de craquer si ma supposition se confirme – au point où nous en sommes, vous devez savoir que j’ignore la culpabilité -, mais quand j’y songe, par exemple pendant une séance de massage thailandais ou tandis que j’écris ces lignes à l’ombre d’un cocotier, je ne manque pas d’être surpris par ce qui ressemble à une histoire fantastique ou, mieux encore, à de la science-fiction. »
« Parce que, quelques années plus tard, après leur union avec les prêts hypothécaires à risque, les crédits subprime, notre invention allait devenir une arme de destruction massive. Mais au moment dont je parle, nous n’y pensions même pas. »
« Notre virus n’a pas tardé à se répandre. À la fin des années quatre-vingt-dix, les CDS, nos contrats de couverture de défaillance, assemblés selon le modèle BISTRO, avaient de par le monde été repris par des centaines de banques, toujours désireuses de libérer de grandes quantités de risques et de capitaux. À la J.P. Morgan, nous avons concocté d’innombrables combinaisons pour des banques de crédit japonaises et américaines, et deux géants, Crédit Suisse et Paribas, n’ont pas tardé à proposer leurs propres produits dérivés de style BISTRO. Dès lors, l’épidémie est devenue incontrôlable. Nous n’en revenions pas : certes, nous avions compté sur les charmes de notre créature, mais nous n’avions pas prévu qu’elle se multiplierait à une telle vitesse. »
México, D.F. a 27 de Septiembre del 2013 Jorge Volpi, director del Festival Internacional Cervantino.
Foto: Octavio Hoyos/Milenio Diario.
Né à Mexico en 1968, Jorge Volpi a d’abord étudié la littérature et le droit avant de devenir avocat. Il est l’auteur de romans et d’un essai sur l’histoire intellectuelle de 1968. Son roman, À la recherche de Klingsor, publié en 19 langues, a reçu le prestigieux prix Biblioteca Breve en 1999, attribué avant lui à Mario Vargas Llosa et Carlos Fuentes. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des écrivains les plus importants d’Amérique latine.
de Christine Adamo Broché – 5 mars 2026 Éditeur : TAURNADA
Moi, c’est Tom. J’ai 7 ans, un cerveau trop fort, une maman trop horrible, un papa et un chien trop gentils que je veux rejoindre dans les Ardennes. Mais entre un double pas sympa dans ma tête et des gens qui sont morts partout sans prévenir, c’est pas gagné.
Une histoire drôle, noire et bizarre, comme la vie. Mais en pire.
Tom a sept ans. Tom est un enfant surdoué. Et très vite, je comprends qu’il n’est pas tout à fait seul dans sa tête.
Dès les premières pages de “Je suis un monstre”, un mot s’impose à moi. Troublant. Puis viennent terrifiant, fascinant, déroutant… et même amusant. Une avalanche de mots en “ant”, comme un clin d’œil involontaire à cette lecture et à son style totalement… captivant.
Tom pense vite. Trop vite. Ses idées s’entrechoquent, ses raisonnements fusent, ses émotions débordent. Et dans ce tourbillon mental, il y a “l’autre”. Le deuxième Tom. Celui qui murmure, qui pousse, qui dérange, prend de plus en plus de place. Celui qui n’est pas gentil du tout… Alors Tom lutte. Il tente de reprendre le contrôle, d’étouffer cette présence qui prend de plus en plus de place.
Je me suis laissé happer par cette voix d’enfant à la fois drôle, lucide et terriblement inquiétante. Car sous ses remarques naïves se cache une noirceur déconcertante. Tom observe le monde avec une logique implacable, presque clinique. Et moi, lecteur, je me suis retrouvé enfermé dans sa tête, prisonnier de ses pensées, balloté entre sourire et malaise.
Le récit est sombre, cynique, parfois cruel. Il bouscule les repères. Où est l’innocence ? Où commence le mal ? Et pourtant… j’ai ri. Oui, ri. Parce que Christine Adamo manie l’humour avec une audace folle, glissant de la légèreté là où je ne l’attendais pas.
Rarement un style m’aura autant marqué. Du premier mot jusqu’au point final, l’auteure assume une écriture singulière, presque dérangeante. Un style qui aurait pu me fatiguer… mais qui m’a au contraire ébloui. Elle ne transige pas. Elle va au bout de son parti pris, et c’est précisément ce qui rend le roman si puissant.
Je suis un monstre est un texte qui interroge profondément les notions de bien et de mal. Il dérange, il amuse, il inquiète. Et contre toute attente, je me suis attaché à ce petit monstre en culotte courte. Et si finalement Tom était tout seul dans sa tête ?
Un roman audacieux, brillant, impossible à lâcher.
Un immense merci à Joël et aux éditions Taurnada pour ce nouveau service de presse qui, une fois encore, frappe très fort.
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Extraits :
« Moi, c’est Tom. Et ça veut dire que Tom, c’est mon prénom. Et « c’est le plus important », que dit papa, surtout maintenant que maman a été divorcée, et qu’en plus de plus habiter avec lui, elle veut plus qu’on porte son nom, ni moi, ni elle. Donc, il faut que je trouve une solution pour aller le retrouver, et c’est pour ça que j’écris, vu que les virgules et les points, ça oblige mes idées à se mettre dans le bon ordre. »
« Maman dit : « Ça ne sert à rien ! Tu deviendras un bavard inutile comme ton père ! » N’empêche que moi, papa, je le trouve méga-plus marrant qu’elle. Rien qu’à la regarder, maman, je m’ennuie. Elle est grande et maigre comme une jambe de girafe, ses cheveux sont noirs, courts et raides comme le poil d’un ours. La différence, c’est que sa figure est beaucoup moins gentille que celle d’une girafe ou d’un ours. Une girafe, ça fait pouet quand c’est une Sophie en jouet, un ours, ça console quand c’est un Paddington en peluche. Dans ma chambre à moi, il y a pas de peluches ni de jouets, vu que « on ne sait jamais, tu pourrais faire une allergie ». En plus que maman a aussi une petite bouche méga aplatie avec plein de poils dessus. »
« Je me souviens qu’au début, quand je voyais maman gonfler du ventre, j’avais peur qu’elle éclate et en mette partout. En plus, comme elle était déjà super-maigre, ça faisait comme une grosse cloque sur le doigt quand on se brûle avec la poêle-à-pommes-de-terre-rôties. Le père-de-maman était méga-furieux. « Marie-Céline ! Tu es folle ! Comment vas-tu faire pour t’occuper de moi si tu as un autre enfant ? Je vais devoir prendre une infirmière à domicile et ça va me coûter une fortune ! De nos jours, les locataires sont de tels feignants que j’ai dû faire des travaux dans les appartements et je n’ai plus un sou devant moi ! Tu ne veux pas que je te déshérite, n’est-ce pas ? »
« Le décorticage d’idées, c’est peut-être ce qui a fait qu’après l’enterrement du père-de-maman, j’ai fait un cauchemar. Sauf que, ce cauchemar, il en était pas vraiment un. J’explique. Un cauchemar, c’est juste un rêve qui fait peur. Ça se passe dans la tête pendant qu’on dort. Et ça donne l’impression du pour-de-vrai, même si ça peut pas l’être (à cause que, dedans, il y a quelque chose de bizarre, genre, un renard avec une brosse à dents). Le souci, c’est quand le cauchemar sort de la tête et vient dans la vraie vie. Comme ce soir-là, après l’enterrement. »
Écrivain française, Christine Adamo est issue du monde de la recherche comme l’est aussi Fred Vargas.
Enseignant-chercheur spécialisée dans l’information scientifique, sa passion pour la recherche environnementale et sa rencontre avec le cœlacanthe, l’ont amenées à participer à l’élaboration d’un parc naturel aux Comores pour la sauvegarde de ce fameux « chaînon manquant ».
Ses diverses activités professionnelles lui ont permis de voyager de par le monde, pour enseigner, participer à des conférences ou des colloques et écrire des articles scientifiques, pour finalement se mettre au roman.
de Laure Bonnet Alain Decker Emmanuel Giampino Stéphanie Jore Rose Mallai Sylvie Marchal Sèverine Mazières Marco Pianelli Patrice Quélard Marc Schaub Boris Sciutto Christophe Tabard Sébastien Theveny Sébastien Vidal
Broché – 2 février 2026 Éditeur : auto édition
Quatorze auteurs se sont joints à l’aventure. Un projet collectif porté par le plaisir d’écrire, le goût des récits qui savent vous tenir en haleine pour un recueil qui ressemble exactement à ce qu’on aime : du noir, du suspense, de la passion… et surtout l’envie de partager. Alors installe toi bien. Tourne la page. On t’attend de l’autre côté car les histoires sont plus belles quand on les partage.
STOP !!! Posez ce café. Lâchez ce téléphone. Éteignez la télé. J’ai quelque chose de grave à vous dire.
Mais qu’est-ce que c’est que ce recueil de nouvelles ?! Et ils sont QUATORZE à s’être ligués pour écrire ça ?! Mais c’est quoi ce délire ???
Franchement, je ne comprends pas qu’on n’en parle pas davantage. Courtes peines, c’est un concentré de pépites. Des nouvelles qui claquent, qui giflent, qui chatouillent… parfois tout en même temps.
Écrire une nouvelle, c’est capturer un instant avant qu’il ne file en douce. C’est tendre un fil invisible entre le souffle et la chute. Aïe. C’est dire énormément avec presque rien… enfin si, quand même quelques mots, mais bien aiguisés, oui mais pas trop, sinon, ce n’est plus une nouvelle !
Et là, ils sont quatorze à jouer du scalpel.
J’en ai reconnus certains… les filous ! Les tordus magnifiques, les malins qui se glissent dans leurs propres textes pour égratigner les copains. Oui, je vous ai vus. Quel plaisir de lecture… C’est drôle, très drôle parfois même, mais pas tout le temps, c’est vrai. Il y a aussi la peur, le stress, de la noirceur, des envies de meurtre… pas moi hein ! Eux ! Enfin… leurs personnages. Je crois. Les auteurs, vous croyez ?
Résultat, ils m’ont retourné le cerveau. À tel point que j’ai loupé ma station de train. Demi-tour obligatoire. Et devinez quoi ? J’avais déjà fini le livre. Panique totale. Mais qu’est-ce que je vais faire ? Relire une seule nouvelle ? Impossible. Les treize autres vont me tomber dessus. Et vu tout ce qui se passe dans leurs têtes, je préfère éviter ! Surtout qu’elles sont toutes très bonnes. Mais si je les relis toutes, c’est le risque de louper une nouvelle fois ma station !!! Dilemme existentiel.
Mais qu’est-ce que j’ai ri ! Pas tout le temps, c’est vrai…
Quatorze voix. Quatorze univers. Quatorze ombres plus ou moins bienveillantes — plutôt moins que plus, d’ailleurs. Je ne sais pas ce que Géraldine leur a promis pour qu’ils excellent à ce point, mais si ce collectif ne remet pas ça l’an prochain… je rends mon badge de lecteur enthousiaste.
Euh, j’en étais où ? Alors, euh, j’ai ri… euh j’ai été emporté, euh… Ah oui !!!
STOP !!! Arrêtez immédiatement ce que vous êtes en train de faire et courez commander Courtes peines chez votre libraire préféré, ou le plus rapide, ce sera plus sûr.
Pas parce que je vous l’ordonne. Mais parce qu’ils le méritent. Vraiment.
Chapeau bas aux quatorze auteurs, que je ne nommerai plus, ça suffit maintenant !!! Mais bon, ils ont frappé très fort.
Mais qu’est-ce que j’ai ri…
Bon. D’accord. J’arrête. 😄
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Extraits :
LAURE BONNET « — C’est vrai. Laissez-moi m’expliquer et je m’en vais. Je n’ai pas beaucoup de temps devant moi, de toute façon. Jeff soupire profondément. Il est contrarié de cette intrusion qui va lui faire perdre du temps sur son travail, et le temps, c’est de l’argent. Mais la détermination dans l’œil de la jeune fille en rouge lui laisse deviner qu’elle n’abandonnera pas son idée folle. Autant régler cette histoire maintenant plutôt que de la retrouver tous quatre matins sur son seuil. Alors, il lâche la porte et la laisse entrer. »
ALAIN DECKER « Le but de cette inspection sur le terrain? Relever la localisation de l’espèce, mesurer son niveau de radiation et effectuer des prélèvements sanguins. Le résultat de ces analyses avait été édifiant : les chercheurs américains avaient identifié des régions spécifiques du génome du loup, capables de résister à un risque accru de cancer, en dépit de la forte dose de radiation subie (six fois supérieure au seuil normalement toléré). Autrement dit, une nouvelle race de loups mutants était apparue : plus forte, plus puissante, plus résiliente. »
EMMANUEL GIAMPINO « 9h00 ! Top départ! Merci la S.N.C.F. ! Enfin un train à l’heure. Du moins au départ. Altitude, 12 mètres… Hydrométrie? O… Température extérieure, 31 °C… “Mais ça ne va pas durer !” »
STÉPHANIE JORE « Elle. Elle grelotte. Le quai quasi désert revêt des allures inquiétantes dans la pénombre. Le jour se fait encore désirer et le vent résonne en lugubres sifflements à ses oreilles. Elle ne peut pas s’empêcher de se sentir vulnérable, en cet instant, et elle déteste ça. Elle consulte la grande horloge qui semble la narguer. 6 h 48. »
ROSE MALLAI « — Hello tu te souviens de moi ? Chloé relit pour la troisième fois le message. Évidemment qu’elle se souvient. Elle clique sur le profil et survole le compte Instagram associé. Peu de vidéos, quelques clichés et parmi eux, une photo de classe avec la mention: école Anne Franck-CE1- 2019 L’adolescente esquisse un sourire. Elle a la même, punaisée sur le mur de sa chambre. Elle observe attentivement la photo de profil pour essayer de reconnaître les traits de Charles, son ancien voisin, son ami, son amoureux. Son premier chagrin aussi, lorsqu’un camion de déménagement l’a emporté à des centaines de kilomètres. »
SYLVIE MARCHAL « – Tu es prêt? questionne le colosse. – Il faut que tu m’en dises plus. J’ai compris que tout ce que tu m’offres a un but spirituel. Mais jusqu’où irons-nous ? – Dans ma culture, fils, on ne s’affronte pas pour se battre, mais pour traverser jusqu’aux esprits. J’espère que tu donneras le meilleur de toi-même. Tu serais mon allié pour rejoindre ma famille. »
SÈVERINE MAZIÈRES « Il s’était réveillé trempé de sueur. Après deux mois de cauchemars sans nouvelles, il avait pris une décision : aller voir madame Lemoine en personne. C’était son nom sur les lettres. C’était elle qui gérait son dossier. Il l’imaginait : tailleur gris, lunettes, voix sèche. Il s’était dit qu’en face, peut-être, elle comprendrait. En face, il pourrait lui expliquer. En face, il redeviendrait un être humain. »
MARCO PIANELLI « Dès lors, j’abandonnai ma conscience lourdement sur le sol, pour me réveiller à l’arrière d’un van aux pieds de deux kidnappeurs cagoulés. Dans un virage serré, je me ramassai les semelles de mon poto dans le visage. Nous étions étendus tête-bêche, et j’espérais encore qu’il puisse s’agir d’une erreur. C’est ainsi quand on est génétiquement optimiste. »
PATRICE QUÉLARD « De fait, il était en piteux état. Le coin de la bouche tombante qui lui donnait un chuintement d’élocution caractéristique, un œil fermé du même côté, il ne pouvait marcher qu’appuyé sur une béquille et était engoncé dans des fringues constellées de taches de graisse et trop grandes pour lui. Michel se tenait debout à trois mètres de son hôte, pourtant son odeur de sueur rance lui picotait le nez. S’il l’avait rencontré dans la rue, il aurait pris ce type pour un mendiant. Il devait avoir quarante-cinq ans environ, mais il en paraissait quinze de plus. »
MARC SCHAUB « Je détournai les yeux, mal à l’aise. Je repensai à tous les livres que j’avais commencés sans jamais les finir. À ceux dont je n’avais jamais retenu le nom du héros. Et si… certains d’entre eux étaient là, coincés pour l’éternité dans cette ville suspendue, condamnés à errer sous des visages sans mémoire ? »
BORIS SCIUTTO « — Carla ? C’est moi, c’est papa. Le visage de la jeunette s’assombrit subitement, elle recule d’un pas et retire la main de Pierre d’un mouvement brusque de l’épaule. – Qui êtes-vous ? Je ne vous connais pas ! – Mais enfin ma chérie, c’est moi, Pierre. Papa ? Souviens-toi ? »
CHRISTOPHE TABARD « En observant son fils, concentré sur sa tâche, elle le trouva différent. Pas comme d’habitude. Un élément qu’elle mit quelques secondes à définir: sa moustache. Certes, à son âge, et la puberté aidant, il commençait à avoir une ombre qui se dessinait sous le nez. Mais là, c’était plus qu’une ombre. Son rejeton arborait une moustache finement taillée au poil conséquent. Rien à voir avec le fin duvet qu’il exhibait encore fièrement la veille et qui était l’objet des railleries de son géniteur. »
SÉBASTIEN THEVENY « Même le chat Pompon s’était fait la malle sous le conteneur destiné au recyclage des revues, magazines et autres livres destinés au pilon. C’était là sa place privilégiée en cas de pluie, de fortes chaleurs ou de fréquentation trop nombreuse. Le félin aimait sa tranquillité bien qu’il ne tarisse pas d’une certaine curiosité prudente inhérente à sa race. »
SÉBASTIEN VIDAL « – L’homme s’appelle Claude François. Il… — Claude François ? Sérieusement ? — Oui, il y a des parents qui ont de l’humour, hein, mais je ne suis pas sûr que demain on ait le lundi au soleil. Bref, soudeur au chômage en fin de droit, il ne paye plus les traites pour la maison. Il a plus ou moins sombré dans l’alcool, le truc classique, sa femme l’a quitté et a emmené leur gosse avec elle. Il est resté seul avec son chien. De ce qu’on a réussi à savoir, la situation s’est compliquée quand ses nouveaux voisins ont emménagé il y a cinq mois de cela. — Pourquoi ? — Disons que ce sont des gens tatillons qui n’aiment pas trop les étrangers. — Mais…Claude François c’est un nom tout ce qu’il y a… — Il a été adopté tout petit, il est cambodgien. »
Les auteur(e)s Laure Bonnet : Autrice au parcours éclectique, Laure Bonnet exerce aujourd’hui tour à tour et parfois en même temps dans les domaines du théâtre (particulièrement la dramaturgie) et de la santé. Elle est diplômée de l’Ecole du TNS (comédienne), de la Fémis (scénario) et plus récemment du DE d’Aide-Soignante, métier qu’elle pratique assidûment et avec passion, quand elle n’est pas en train d’écrire des histoires qu’elle espère que les lecteurs auront envie de mettre dans leur valise s’ils doivent aller à l’hôpital. Son premier roman, « Silver Scalpel » écrit avec sa sœur Colombe, a été édité aux Éditions du Gros Caillou. Ce thriller a été remarqué parmi des centaines de textes lors du 2eme concours du Gros Caillou, parrainé par Pétronille Rostagnat.
Alain Decker : est un photographe, globe-trotter, enseignant et auteur. Il a longtemps voyagé à l’étranger et vécu aux Etats-Unis et travaille aujourd’hui en Normandie, dans le domaine de l’enseignement supérieur. Son premier roman (auto-édité) « Derrière le brouillard » est aujourd’hui intitulé « Jours de ténèbres ». Publié dans la prestigieuse collection « La Bête Noire » (Robert Laffont), il a remporté le « Grand Prix des Enquêteurs » 2023.
Emmanuel Giampino : Emmanuel Giampino est un écrivain, auteur de polars et thrillers originaire du sud de la France. Aujourd’hui enquêteur dans la Police Nationale, anciennement de la brigade anti-criminalité, ses vingt années d’expérience lui offrent un vécu « inspirant » qu’il a mis à profit en l’associant à sa passion pour l’Histoire. Il en résulte un trilogie haletante parfaitement menée avec « Mnesik » (2021), « Gardien » (2022) et « Révélation » (2023). S’en suivent « Les légendes d’Alba » (2024), roman tout public dans lequel le lecteur devient voyageur et traverse l’Ecosse avec de jeunes héros. Enfin « Semper Amemus » (2024), premier polar de l’auteur qui a aussi été finaliste de plusieurs concours littéraires.
Stéphanie Jore : est depuis toujours passionnée par la lecture et l’écriture. En 2019, elle prend la plume pour son premier roman. Femme et maman comblée (traduire heureuse et épuisée) de deux enfants, Stéphanie se plaît à donner dans ses écrits la parole à des héroïnes du quotidien.
Rose Mallai : se découvre une passion pour l’écriture à l’occasion d’un atelier portant sur les courtes nouvelles. Son premier roman, « Et ensuite, le silence » (2024), pour lequel elle a reçu le prix Coquelicot Noir 2025, a rencontré un vif succès auprès des lecteurs et des bibliothécaires. En 2025, elle signe « Ne reste que la nuit », en sélection pour le prix Hors-Concours. Quand elle n’écrit pas des thrillers psychologiques, Rose s’adonne régulièrement à la pratique de l’escalade et vit en Normandie avec ses deux enfants.
Sylvie Marchal (Kara) : est une auteure française. Elle grandit en Franche-Comté. Après des études de droit à Strasbourg, elle devient professeur des écoles dans les Landes. Elle est aujourd’hui enseignante spécialisée et s’occupe d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers. Curieuse par nature, elle reprend en 2016 des études de psychologie à Toulouse en parallèle de son travail puis commence à écrire, sans penser à publier ses textes. En 2020, elle participe au concours littéraire proposé par le journal 20 minutes. Le manuscrit du roman « Le disparu de la corniche » sera retenu pour faire partie des 4 finalistes parmi plus de 500 romans. En 2021, l’auteure poursuit son travail et propose « Des pissenlits à travers le bitume » au concours Kobo Fnac des talents de demain. Il y trouvera ses mille premiers lecteurs puis il sera diffusé plus largement. En 2022, l’auteure propose Socoa, son roman le plus sombre. En 2023, « Marie » est finaliste sur Fyctia et sera édité en 2024 aux éditions Terres de l’ouest sous le titre « Dans les méandres du fleuve ». Un roman noir, social, engagé et percutant.
Sèverine Mazières : Périgourdine, Sèverine Mazières a le Sud-Ouest chevillé au corps. Autrice depuis qu’elle a appris à écrire, elle est devenue écrivain public biographe en 2013, après avoir œuvré 15 ans en tant que prof de français et de cinéma. « Mots Nés d’Échanges », c’est son entreprise – les échanges étant son moteur et la raison pour laquelle elle aime écrire. Pour elle, l’écriture n’est pas un acte solitaire, mais un partage. Après plusieurs participations à des concours de nouvelles, elle publie son premier recueil, Des Nouvelles d’ici, en 2016. Un deuxième, Entre gris clair et gris foncé, sort en 2023. Par ailleurs, elle participe à la publication de recueils collectifs : 11 Bruits de couloir (2021) et 12 Trains de vie (2023). Épigone, son premier roman, mûrit depuis le changement d’heure d’hiver d’octobre 2017. D’abord écrit sous la forme d’une nouvelle, elle s’est lancé le défi d’en faire tout un roman. Il sort aux Éditions Alter Real Suspense en juillet 2024. Épigone a remporté le prix du salon de Chasseneuil 2024 et il est finaliste du prix du polar de Mauves en Noir 2025. Il remporte le troisième prix du salon du polar de Miallet en 2025. Il est également sélectionné pour le prix Loiret Crimes 2025 et des Mordus de thrillers 2025, et sélectionné pour les salons de La Plume assassine et Cha’polars 2025.
Marco Pianelli : est un écrivain français. Il s’appelle Marco Pianelli en hommage à une grand-mère corse, probable inspiratrice de son goût de la lecture. Après des études littéraires, il part à l’étranger en Europe Centrale, où il devient enseignant. De cette période, il en a gardé une saveur fictionnelle d’être l’inconnu dans un milieu, suscitant le doute, l’intérêt, la méfiance, et parfois la menace. Depuis son retour il pratique avec assiduité les sports de combat et la littérature. « L’ombre de la nuit » (septembre 2021 Éditions Jigal) est son premier roman. Réédité en juillet 2023 aux Éditions du 38. « La mécanique du pire » (mai 2022 Éditions Jigal) est son deuxième roman. Réédité en septembre 2023 aux Éditions du 38. « Malovics » (novembre 2023 M+ Éditions) est son troisième roman. Le jeudi 14 mars 2024, dans le cadre prestigieux du Quartier des Célestins, état-major de la Garde républicaine, Marco Pianelli a reçu le Prix du roman de la gendarmerie nationale. Son thriller « Les entrailles de la nuit », désigné par le jury à une nette majorité, est désormais publié par les éditions Plon. « Zéro Karma » (novembre 2024 Éditions du 38), roman inédit, 3e volet des aventures de Paco Sabian. Avril 2025 ; sortie des Entrailles de la nuit, version poche aux Éditions Pocket. Septembre 2025, Marco Pianelli est le Lauréat du Prix Loiret Crimes 2025 avec son roman Les entrailles de la nuit.
Patrice Quélard : Diplômé de l’Institut universitaire de formation des maîtres d’Amiens (1995), Patrice Quélard a déjà consacré plus de la moitié de sa vie à l’enfance : d’abord animateur, puis directeur de centre de vacances, il est enseignant et directeur d’une école élémentaire. En 2010, il publie son premier album de jeunesse. En 2016, sa première pièce de théâtre est mise en scène. « Fratricide » (2013), son premier roman, a été finaliste du concours des lecteurs France Loisirs, et lauréat pour la catégorie « romans historiques » en 2013, puis Lauriers d’Or des auteurs indépendants en 2017, lors de sa réédition. En 2018, Patrice Quélard a écrit « Jeux de vilains », un roman graphique pour la jeunesse sur la première guerre mondiale, illustré par Eric Dodon. Patrice Quélard a également publié de nombreuses nouvelles chez plusieurs éditeurs, dont Arkuiris. En 2021, il est lauréat du premier prix du roman de la Gendarmerie nationale avec « Place aux immortels » (Plon). Il vit à Saint-Nazaire où il mène parallèlement une carrière dans l’éducation. Il continue à se documenter de façon approfondie sur les sujets évoqués dans ses livres.
Marc Schaub : Grand lecteur, photographe de charme, mais pas que, et joueur d’échecs. Chroniqueur pour « Le collectif polar », il aime lire, tout simplement, et en permanence.
Boris Sciutto : Fonctionnaire de police depuis 20 ans, Boris a travaillé en région parisienne où il puise une grande partie de son inspiration. Retranché dans son Var natal, il s’évade par l’écriture de romans policiers dans lesquels il essaie de rester au plus proche de la réalité des enquêtes et du terrain. Son premier roman policier, « Black out », trouve refuge auprès de la maison d’édition des Presses du midi qui lui voue une totale confiance pour la suite de ses projets. S’en suit « Noël au balcon », qui s’avère être la première enquête du commandant Archibald Letesquieux, flic à la vie tourmenté qui arpente les rues parisiennes à la recherche d’une ombre qu’il suspecte d’être responsable de meurtres maquillés en suicides. Son troisième opus, « Un fauteuil a la mer », poursuit les aventures d’Archibald qui a fini par muter au commissariat de Toulon et dont l’enquête sur le meurtre d’un bijoutier va l’orienter sur un suspect en fauteuil roulant. Ce roman finit finaliste du prix de l’Evêché 2021, prix récompensant le meilleur roman policier se déroulant dans la zone « Grand Sud ». L’histoire d’Archibald se poursuit avec « Mo(r)t compte double », qui terminera également finaliste du Prix de l’Évêché 2023. Son cinquième roman, « Clarisse », relate les tourments d’une enquête grenobloise au sein de laquelle Mike Vila, capitaine de police emblématique, sera suspecté de la mort d’une jeune fille et mettra tout en œuvre pour prouver son innocence. Dans « Les malaises d’Etretat », Boris met en œuvre Maguy, lieutenant de police parisienne à la vie personnelle et professionnelle fade et ennuyeuse. le corps d’une jeune fille au pied des falaises à Etretat va bouleverser son quotidien, la jeune victime ayant dans ses affaires la carte de visite de Maguy, alors que les deux femmes ne se connaissent pas. Avec l’accord de sa hiérarchie, Maguy va enquêter en terre normande aux côtés des gendarmes pour comprendre la vérité. Dans » le secret de l’ours », une femme va être découverte morte à son domicile dans des circonstances effroyables: déchiquetée par un ours. Les enquêteurs toulonnais vont alors se replonger dans un cold-case vieux de 13 ans impliquant un ancien flic surnommé le Grizzly, innocenté faute de preuve. Un terrible événement va survenir au sein du groupe et Archibald va être forcé d’écourter ses vacances en famille pour prêter main-forte à son équipe et résoudre ce double-meurtre.
Christophe Tabard : est un écrivain français. Après avoir fourbi ses premières armes dans la BD en qualité de scénariste, il se lance dans l’aventure solitaire de l’écriture. Des nouvelles, d’abord. Certaines primées, d’autres participant à des recueils. Puis, enfin, le grand saut vers l’écriture d’un roman et son édition, suivi d’un autre, de quelques recueils et d’un dictionnaire loufoque en autoédition. En 2022, il a intégré la maison d’édition Des livres et du Rêve pour son livre : « Miam ».
Sébastien Theveny : est aujourd’hui un auteur hybride : à la fois autoédité et au catalogue de plusieurs maisons d’édition. C’est en 2016 que débute pour lui la grande aventure de l’édition. Cette année-là, son premier roman Trouble Je paraît aux Editions Douin, le jour-même de ses 40 ans. Un anniversaire haut en couleurs qui allait augurer d’une suite inespérée.
Sébastien Vidal : Enfant de la Xaintrie, Sébastien Vidal a partagé ses brèves études entre Cantal et Corrèze et vit à Saint Jal (Corrèze). Passionné d’histoire, il a entamé une saga romanesque en hommage à la Résistance avec un diptyque « Les Fantômes rebelles » puis « Les clandestins de la liberté » en 2011 et 2012. En 2017, Sébastien Vidal se lance dans le monde du polar avec le premier volet de sa « trilogie des Sentiments Noirs » : Woorara. A suivi ensuite Carajuru fin 2017. La fin de cette trilogie s’annonce pour octobre 2018 avec Akowapa. L’écrivain retraité de la gendarmerie Sébastien Vidal a reçu le prix Landerneau du polar pour De neige et de vent (Le mot et le reste), un roman noir ayant pour décor les Alpes en hiver. C’est le cinquième roman de cet auteur originaire de Corrèze qui a passé 24 ans dans la gendarmerie.
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