Fantastique, Noir, Nouvelles, Psychologie, Suspense

La face cachée de l’arc-en-ciel

de David Ruiz Martin
Broché – 14 juillet 2018
Éditions : Independently published

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Sept couleurs. Sept histoires. Sept nuances aux pigments sombres, aux teintes douloureuses, parfois merveilleuses, où la peur côtoie la haine et où la haine, dans l’ombre, libère ce besoin viscéral de vengeance. Des histoires où le courage se montre en surface, où l’espoir évince la fatalité et où parfois, l’accablement et la honte poussent à la folie. Des récits qui souvent tutoient la mort, où les plus téméraires osent l’affronter, et où les plus couards préfèrent l’éviter. Certains tenteront de se jouer d’elle, mais elle finira, s’ils ne prennent pas garde, par les saisir… Et une fois dans ses serres, la mort ne relâche pas sa proie… Ne vous éloignez donc pas du chemin… Car la peur sème le doute… Et le doute finit toujours par vous perdre… Alors un conseil : restez prudents en tournant les pages de ce recueil de nouvelles.

 

Couv_052_Ruiz Martin David - La face cachée de l'arc-en-ciel

 

J’enchaîne avec un nouveau recueil de nouvelles “La face cachée de l’arc-en-ciel”…

La nouvelle est un support que j’affectionne tout particulièrement. Il oblige l’auteur à se dépasser, à synthétiser et faire abstraction de tout ce qui est futile, inutile et qui ne captera pas le lecteur dès le début de sa lecture… Une “bonne” nouvelle c’est un piège qui se referme sur vous sans que vous vous en rendiez compte et David Ruiz Martin y arrive horriblement bien !

Je vous en prie… N’hésitez surtout pas à me suivre, ouvrez la première page de ce “petit“ ouvrage qui vous mènera vers de nouveaux horizons…
Je sens votre tension palpable, des doutes qui s’immiscent dans votre cœur peut-être… Allez, plus que quelques centimètres… Prenez… C’est à vous maintenant.

“Les hommes.
Entre elle et eux, un conflit éternel subsistait.
Se sentant constamment observée, traquée, elle tentait tant bien que mal de les éviter, afin de s’écarter de tout danger. Mais aujourd’hui, le danger était bien présent…”

L’écriture de David est vraiment très efficace. Il nous balade d’un univers à l’autre au gré de ses envies, mais toujours avec des textes d’une excellente qualité.
Impossible de vous dire quelle est la nouvelle qui a eu ma préférence… Toutes ont une structure et des situations tellement différentes. Beaucoup de fluidité avec cette force de vouloir nous amener à lui systématiquement… Bravo David !
Je l’ai lu en un peu plus de deux heures, et j’avoue que quelques pages de plus, n’auraient été pour me déplaire.

Sept moments de lectures très différents, qui “grattent” là où ça fait du bien et parfois soumettent à rude épreuve.
Malgré les sept couleurs de l’arc-en-ciel, c’est surtout le noir qui domine. Un peu de fantastique, on ne coupe pas aux thrillers, une pointe de magie et un suspense moite qui plane le long de chaque récit. Vous souhaitiez des ambiances sombres, vous serez servis. Mais ce n’est pas que cela !
Que peut-il bien se cacher, dans l’ombre de “La face cachée de l’arc-en-ciel” ?

Êtes-vous vraiment prêt à en subir toutes les conséquences ?

Un livre que je vous conseille…
À savourer sans modération, si vous n’avez pas peur pour vos ongles !

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Extraits :

« Les médecins sont formels. La moelle épinière est touchée. Je ne marcherai plus. Je ne bougerai plus. Pas même le moindre doigt, le moindre cil, même le visage demeurera inerte. Plus aucun sourire possible. Je suis comme un enfant abandonné qui braille dans un corps ou la flamme a décliné. Qui hurle et qui pleure, mais que personne ne se risquer à contempler. »

« Le temps s’écoule différemment ici… tout est plus long… certaines choses se répètent… et en ce moment… ta peau brûle encore dans la carcasse de ta voiture… tu souffres tellement que tu n’as simplement plus la force de hurler… car tes poumons se sont collés sous la chaleur… »

« C’est en ouvrant ce livre que tout commença. Ma première réaction fut de sourire, évidemment. Puis, au fil des pages et de cette lecture insolite, ce sourire pourtant si sûr, si… assumé, se figea en une sorte de léthargie obscure, une inquiétude perverse et un profond mal-être. C’est alors que je me remémorai ses mots : « Ne prêtez pas attention à cette situation étrange, prenez le temps nécessaire pour lire les premières pages et, uniquement après cela, faites-vous votre propre opinion. »

« La tension est palpable au bout de mes doigts rongés par l’angoisse.
Car je connais mes faiblesses.
Sous l’effet de la peur, mes genoux tremblent, ma nuque frissonne et mes dents claquent, tandis qu’un sourire qui n’a rien de plaisant s’esquisse au bout de mes lèvres sèches.
Et dans le doute…
… une lettre après l’autre…
… à nouveau…
… s’inscrivent…
… hésitant…
… ces mots :
Chapitre sept »

 

 

David Ruiz Martin est né le 01.12.1978 à Madrid, Espagne. C’est à l’âge de quatre ans qu’il part vivre en Suisse.

Issu du domaine de la construction, David Ruiz Martin, menuisier de formation, n’a suivi aucun parcours littéraire.

Autodidacte et touche-à-tout, ce passionné de cinéma et de littérature débute, vers vingt ans, son parcours d’auteur, dans l’ombre et à l’insu de tous, avec quelques nouvelles qu’il garde pour lui encore à ce jour. Puis, durant près de dix ans, seule sa femme est mise dans la confidence de sa passion. C’est à l’âge de trente-deux ans qu’il se lance dans l’écriture de son premier roman, “Le syndrome du morveux”, thriller autoédité, qui surprend son entourage, suivi d’un second, “Que les murs nous gardent”, roman d’épouvante, l’année suivante. Fort d’un accueil enthousiaste, il prend plus de deux ans afin de peaufiner un troisième, “Je suis un des leurs”, une histoire le tenant particulièrement à cœur depuis de nombreuses années, prenant au dépourvu ses lecteurs tout en se dévoilant davantage, en leur offrant un roman personnel et qui colle à ses racines.

Depuis le succès de son premier roman, David Ruiz Martin se laisse du temps afin de mettre sur papier les histoires qui germent dans son esprit.

David Ruiz Martin est marié et vit à Cressier, en Suisse.

Émotion, Drame, Psychologie

J’aurais aimé te dire

de Blandine Bergeret
Broché – 30 mars 2022
Éditions : Les Editions de l’ArtBouquine

Dijon. Sophie, dix-huit ans, voit sa vie brusquement bouleversée. Vingt ans plus tard, la maladie fait son apparition. L’occasion pour Sophie d’écrire à son fils, Martin, et de lui narrer leur vie. À deux, et à trois avec la voix de Madeleine, leur voisine et grand-mère de substitution, la mémoire des années après-guerre, qui vient s’intercaler dans les lettres de Sophie. Des anecdotes, des questionnements, des joies, des désillusions. Deux femmes, deux générations, deux écoles de vie, Martin au centre et un drame qui s’immisce au présent.

 

 

C’est avec beaucoup d’émotion que je termine le second roman de Blandine Bergeret.
Ohhh… Cette dernière lettre…
D’ailleurs, c’est tout le livre qui m’a mis dans un drôle d’état. Mais cette dernière lettre.

Par où commencer ?

Tout d’abord, en fin de lecture, je me pose plusieurs questions.

  • Mais où Blandine a-t-elle puisé autant de tristesse ?
  • Comment a-t-elle eu cette idée de roman, et d’où est venue cette construction si particulière, si rythmée ?
  • A-t-elle vécue, elle-même ou des proches, cette situation si pesante ?
  • Et comment se remet-on d’une telle expérience ?

On sent que chaque mot, chaque phrase, chaque idée est longuement pesée… étudiée avec beaucoup de finesse avant de nous être “offerte”.
J’ai pris ce récit comme ça. Comme un cadeau que Blandine me faisait. Un cadeau longuement réfléchi évidemment, qui nous montre une voie qui nous fait peur, que l’on ne veut surtout pas voir, une vie que l’on ne souhaite à personne.

“J’aurais aimé te dire” est un roman choral qui se décline à trois voix.
– La première, des lettres que Sophie écrit à son fils Martin. Elle commencera en 2010, et pendant un an, fera défiler plus de vingt ans de leur vie.
– La seconde, un journal tenu par Madeleine une voisine, devenue “la” grand-mère de substitution de Martin. Elle décrit sa vie, ses envies, ses enfants, ses chagrins.
– Et enfin la troisième. Une succession froide, rigide et scientifique, de dates, de rendez-vous, de résultats d’examens médicaux… Mais qui est donc la personne concernée ?

C’est ainsi que toute leur vie va se dérouler en alternance sous nos yeux.
Sous mes yeux, qui ont eu du mal à y croire, qui auraient tellement voulus que les choses se déroulent autrement, que ces drames n’ai jamais eu lieu.
Sophie. Très tôt orpheline, suite un accident de la route où ses parents se tuent, éternelle maman qui se découvre, qui tâtonne, qui apprend, ne renonce jamais et mène un combat quotidien pour protéger Martin, né de père inconnu.
Madeleine. Elle, vient d’un autre temps, d’une autre époque. Ses parents ont vécu la guerre. Dans sa fratrie de neuf frères et sœurs, ils n’ont pas eu le temps de se poser trop de questions. Il fallait avancer, travailler, nourrir, élever, punir quand ils ne marchaient pas droit. C’est cette éducation aux idées bien arrêtées qu’elle transmet à Martin. Pas facile tous les jours, mais pas méchante non plus. Elle soutient Sophie, et ce, sans jamais rien demander en retour.
Les ressentis de Martin m’ont manqué. J’aurais aimé savoir ce qu’il avait en tête, qu’elles étaient ses envies au fur et à mesure de son évolution, de son éducation…
Deux femmes, trois générations, trois destins qui s’entremêlent sur un peu plus de deux cent cinquante pages, mêlant présent et passé, trois destins qui ne demandent qu’à vivre…

Un livre bouleversant à tous niveaux. Un style concis et précis qui ne supporte pas l’a peu prêt. Je n’ai pu qu’admirer le courage, la pudeur de Sophie, personnage central de tous ces destins croisés. L’amour d’une mère n’aura jamais aucune limite…

Tout simplement, merci Blandine pour tes mots…

À lire absolument !

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Extraits :

« 1er janvier 2010
Maux de tête
Migraine
Céphalées
Quel que soit le terme, la douleur est là
Omniprésente
Elle frappe tel un tambour
Sur le front
Les tempes
Les yeux pétris de douleur ne forment plus qu’un interstice plissé pour empêcher la lumière d’entrer »

« Sans être naïve, à aucun moment, je n’avais songé à cette éventualité. Mon cerveau était sans doute submergé pour que l’idée n’affleure à sa surface. Pendant un an, sans précaution aucune, j’ai couché avec pléthore de type. Des jeunes, des moche, des vieux, des gars traînant dans la rue, des dépressifs, des basanés. Peu importait le style, l’accoutrement, la propreté. Je voulais du sexe masculin. Je me servais dans la rue. Les hommes n’étaient pas farouches. Je ne l’étais pas non plus. Je me suis vautré dans l’alcool et le sexe. »

« J’aimais m’observer nue dans le miroir du couloir. Mes formes s’arrondissaient. La peau tendue, l’abdomen proéminent, Madeleine m’avait prédit une fille Régulièrement, elle m’offrait des vêtements qu’elle tricotait pour ta naissance. Bonnet. Chaussons. Barboteuses. Brassières. Dans des tons de rose et mauve. Elle me tenait compagnie. Me racontait son enfance, sa jeunesse, post-seconde guerre mondiale. »

« Tu es né dans la douleur. Des pleurs plaintifs, tels des miaulements, ont pris la relève de mon ultime hurlement. Animal. Viscéral. Guttural. Pas de péridurale. Le col n’était pas assez ouvert, je n’ai pas pu en bénéficier. »

« Les changements sont apparus insidieusement pour, à la cinquantaine, s’installer de façon permanente. J’ai pris du poids, des bouées accrochées à mes hanches avec une silhouette digne d’une bouteille d’Orangina. J’avais alors constaté mon invisibilité aux yeux des hommes, moi qui les avais toujours fait se retourner sur mon passage. Je m’étais empâtée, la peau de mon visage s’était relâchée, mes paupières affaissées. Je me souviens de mon moral en Berne, de mes sautes d’humeur que personne ne comprenait à la maison. J’étais irritée, mon impatience exacerbée, tout m’agaçait, en particulier les enfants, alors adolescents, qui se fichaient bien de moi, de mes hormones et de ma chute inexorable. »

 

 

Formatrice pour de grandes entreprises, Blandine Bergeret consacre maintenant son temps à l’écriture. “J’aurais aimé te dire” est son second roman après le succès de “Elle voudrait des étoiles, des étincelles et des papillons verts dans ses cheveux”.

Lectrice à mes heures perdues et auteure de 2 romans aux éditions de l’ArtBouquine. “Elle voudrait des étoiles, des étincelles et des papillons verts dans ses cheveux” qui a obtenu le 1er prix lors d’un appel à manuscrits (nov. 2020) et mon tout dernier, “J’aurais aimé te dire” (avril 2022).

Je rêve d’écrire depuis petite, j’ai toujours eu cette passion. Au commencement, ce fut “le secret des 12 princesses”, puis je me suis mis à écrire des nouvelles il y a une douzaine d’années avec des parutions dans des revues spécialisées. Après avoir mis en place le journal “Supply Planet” lorsque j’étais responsable logistique chez Pepsico, j’ai continué l’écriture journalistique en créant mon site internet. Repérée par deux magazines dans le domaine, j’ai collaboré à de nombreux articles et dossiers durant deux ans. J’ai enfin décidé d’accorder ma plume à l’écriture personnelle en me lançant dans un roman. Puis deux. Et le troisième est en cours.

Quand j’écris, je suis ailleurs. J’enfile les chaussures de mes personnages. Je plonge en eux. Je suis dans une bulle. Légère et insouciante.

Anticipation, Psychologie, Roman, Science Fiction, Suspense

La Guilde des Supras

de O’Scaryne
Broché – novembre 2019
Éditions : Elenya

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2066.
Une panne générale paralyse toute la planète. Les machines, usines, centrales nucléaires, appareils électriques, véhicules s’arrêtent. Le système économique planétaire est en souffrance, obligeant l’Humanité à le repenser.
Dans ce Nouveau Monde, La Guilde des Supras ― une unité composée d’hommes et de femmes dotés de capacités psychiques hors du commun ― lutte contre le crime. Des « suprasens » qui ne mettent pourtant pas à l’abri les membres de la Ligue du Grand Paris d’attaques répétées.
Toutes leurs capacités vont devoir être mobilisées pour se lancer sur la piste du coupable qui les menace, eux et leurs proches.

Quelque part entre « Soleil Vert » et « Minority Report », La Guilde des Supras est un thriller d’anticipation où les sens tiennent une place conséquente dans ce Nouveau Monde qu’est devenue la Terre !

 

2022_034_O'Scaryne - La Guilde des Supras

 

Je découvre la plume d’O’Scaryne avec ce thriller psychologique et psychique, mené tambour battant !

24 mai 2066.
14h29 (heure de Paris).
La Terre subit une panne globale. Plus rien ne fonctionne nulle part, toutes les machines sont à l’arrêt.
22h10, le même jour, tout se remet en place.
Pas la société… Elle vient de s’écrouler…

Tous les habitants de la planète sont obligés de revoir complètement leur travail, leur système économique et leur mode de vie.
Oubliées les frontières, les barrières professionnelles, les gens se donnent “ la main”. Mais petit à petit, deux tendances vont se former.
La “Sphère E” et la “Sphère A”.

La Sphère E :
La sphère écocapitaliste. Leur mode de vie est axé sur la libre entreprise, la recherche du profit, des richesses et de la réussite personnelle. Ils ont certaines obligations. Abandon définitif des énergies fossiles et une politique “zéro déchet, zéro pollution”.
Police, justice et armée restent les garants de l’ordre public.

La Sphère A :
La sphère alter-créative. Les citoyens de cette sphère ont opté pour la mise en avant des consciences humaines. La sécurité, la paix, la bienveillance, l’intelligence collective sont au cœur de leurs développements. Ils sont libres de s’installer où ils le souhaitent, sous condition de respecter le vivant et l’environnement. Chez eux, le pouvoir fait place à l’épanouissement universel.
Une Guilde a été créée. C’est elle qui veille au bon fonctionnement des échanges et de la vie. Cette Guilde est constituée de “supras”, sélectionnés, formés et triés sur le volet. Des hommes et des femmes qui ont développé leur côté psychique. Ils peuvent, soit lire les pensées des autres, se déplacer par l’esprit, communiquer dans n’importe quelle langue sans l’avoir apprise, etc… Ils sont tous dotés d’une très haute sensibilité aux forces vibratoires…

Un jour, les membres des Supras font face à des attaques de plus en plus violentes et très ciblées.
Mais qui peut bien en vouloir à cette élite bienveillante, alors qu’elle ne souhaite que la paix ?

Bienvenus dans un Paris futuriste, avec une atmosphère bien “étrange”, entièrement crée par O’Scaryne.
Je m’y suis cru !
C’est moderne, rythmé, les dialogues bien construits, l’écriture très agréable est captivante. Une enquête sans “grandes” surprises soit, mais une belle utilisation du suspense et de la psychologie pour les différents protagonistes. Plusieurs fois, je me suis cru dans un film, c’est très visuel avec une belle montée en puissance jusqu’au final, que je n’ai pas vu venir…

Personnellement, j’ai trouvé le roman trop court à mon goût. J’aurais aimé m’en prendre plus encore dans les yeux, dans la tête…
Une suite ? pourquoi pas…

J’ai passé un agréable moment lecture, et (allez, j’insiste un peu…), je ne serais pas contre retrouver tous les personnages, pour suivre leur “évolution” dans une nouvelle aventure !

Merci O’Scaryne

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Extraits :

« Le souffle et les jambes coupées, Ludmila descendit de son vélo avant d’avoir atteint le haut de la rue. Le début de la longue côte abrupte avait eu raison de ces dernières forces.
Grosse journée !
Et nuit courte en perspective puisqu’elle devait participer, dans moins de quatre heures, à une Web-conférence entre Supras de la “sphère A”. Bien sûr, elle pouvait se connecter depuis son domicile, mais elle devait être présentable : habillée et le visage débarrassé des traces d’oreiller et d’autres stigmates nocturnes décalqués sur sa peau de quinquagénaire en déficit d’élastine. L’impossible donc de se jeter sur la toile au saut du lit ! »

« Une panne générale paralysa, partout dans le monde, l’ensemble des machines, usines, centrales, appareils, véhicules… fonctionnant aux énergies fossiles. Dans la foulée, les places financières s’écroulèrent. Les bulles spéculatives explosèrent. Dommage collatéral : des faillites spontanées frappèrent les multinationales de tous les secteurs économiques et géographiques. En quelques heures, les notions de “valeur marchande” et “valeur monétaire” perdirent leur sens. »

« Elle pénétra dans la pièce où l’attendait son premier rendez-vous ; une femme de vingt-cinq ans. Quatre ans plus tôt, alors qu’elle était encore étudiante, elle avait tué un homme qui harcelait sa sœur. Son crime avait fait d’elle une atypique. La Guilde était chargée de les repérer, les arrêter puis les guérir.
Il fallait du temps, des années parfois. Mais, le plus souvent, les séances de “reprogrammation bienveillante” portaient leurs fruits. Associées aux peines de travaux d’utilité collective, elles assuraient la réinsertion sans récidive de quatre-vingt-seize pour cent des criminels. Les quatre pour cent restant, les inflexibles, étaient emprisonnés dans des stations orbitales. »

« Les deux femmes s’exécutèrent. Agenouillé devant elles, il prit une main dans chacune des siennes et se concentra pour leur transmettre un flux d’énergie sereine. Abby et Yelleen sentirent une onde apaisante parcourir leur corps jusqu’à l’intérieur de leur crâne. Leurs muscles se détendirent et elles se laissèrent porter par cette vague bienfaisante ; l’une comme l’autre se sentit enfin en parfaite sécurité ; à l’abri dans un cocon de douceur ou rien ne pouvait les atteindre. »

 

 

Sylvie O’Scaryne Vannier est romancière et nouvelliste.

Enseignante puis Directrice Déléguée aux Formations Technologiques dans un lycée public, elle est tombée dans les livres quand elle était petite au point de se dire : « Un jour j’en écrirai ! »

Le temps passe… L’envie demeure et O’Scaryne prend la plume pour des adaptations puis des créations collectives de spectacles amateurs mêlant théâtre et chant. Jusqu’au jour où elle réalise, à l’aube de son 47e automne qu’il est temps de tenter d’aller au bout de son rêve !

Elle se jette alors à l’encre et écrit son premier roman : « Au-delà des dunnes », un récit initiatique mêlant ambiance gothique et fantasy, publié en 2015 (Ed. Langlois Cécile).

En 2016, elle publie un thriller psychologique : « L’Echantillonneuse » (LC éditions). Deux de ses nouvelles sont également éditées dans les ouvrages collectifs « Super-Heros » (2014) « L’apocalypse selon Jonas » et « Dans l’ombre » (2016) « Un chant dans la lagune » publiés par Elenya Éditions.

Elle est également auteur d’une nouvelle intitulée « La clé de FAH » publiée dans le recueil collectif « Dyrméa » (Elenya Éditions, 2017).

Émotion, Psychologie, Suspense

Cent millions d’années et un jour

de Jean-Baptiste Andrea
Poche – 19 août 2021
Éditeur : Folio

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“Cette fois, pas besoin de traduction pour comprendre la loi de la montagne. Les seuls monstres, là-haut, sont ceux que tu emmènes avec toi”. Alpes, août 1954. Stan mène une carrière de paléontologue sans éclat. Il ne lui reste qu’une chance de connaître la gloire : découvrir un squelette de dinosaure qu’on dit préservé par la glace depuis des millénaires. Stan imagine alors une folle expédition et entraîne avec lui un vieux guide italien et les scientifiques Umberto et Peter. Mais l’ascension du glacier est périlleuse, surtout pour ces hommes inexpérimentés. Tandis que le froid, l’altitude, la solitude se referment sur eux, leurs fragilités affleurent, les vieilles blessures se rouvrent. L’amitié qui les lie leur permettra-t-elle de réaliser ce rêve d’enfant ?

 

2022_023_Andrea Jean-Baptiste - Cent millions d'années et un jour

 

Une très belle histoire qui se lit en quelques heures…
Les chapitres sont courts, rythmés, très imagés et très poétiques.

Stan est un paléontologue. Il est persuadé qu’un dinosaure est enseveli dans les montagnes, entre la France et l’Italie.
Lorsqu’il était enfant et que ses parents n’étaient pas là, il participait avec d’autres enfants de l’immeuble à des “réunions” organisées par le vieux concierge qui leur racontait alors, de belles histoires. Un jour, il raconta à cette “société secrète aux dents de lait”, l’histoire de son dragon, dont il aurait conservé un fragment d’os !
Stan, passera alors sa vie à penser à cet animal fantastique.
À la fin de sa carrière, et toujours aussi obsédé par ce projet incroyable, de retrouver peut-être une espèce de dinosaure encore inconnue, il embarquera avec lui deux autres scientifiques et un vieux guide.
Mais là-haut, tout n’est pas si simple. Engagés dans cette expédition improbable, les trois hommes et leur guide vont vivre un huis-clos qu’ils n’imaginaient pas.

Jean-Baptiste Andrea, encore une fois, a l’art de sublimer l’histoire grâce à ses mots. Il m’a embarqué et je n’ai pu m’arrêter jusqu’à la dernière ligne.
C’est un récit plein de poésie. Rêves de reconnaissance et souvenirs d’enfance se mêlent dans ce roman sur fond de montagnes enneigées. La psychologie des personnages est finement développée, leurs sentiments, leurs expériences et leurs émotions aussi, dans cette recherche d’un animal mythique, née du rêve d’un enfant maltraité par un père violent.

Un roman qui m’a enchanté, transporté, et ému, au cœur duquel la nature joue un rôle important.
Je pense que “Cent millions d’années et un jour” fait partie de ses romans, qui se relisent avec plaisir…

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Extraits :

« J’oublierai bien des choses, c’est inévitable, jusqu’à mon propre nom peut-être. Mais je n’oublierai pas mon premier fossile. C’était un trilobite, un petit arthropode marin qui n’avait rien demandé à personne quand mon existence percuta la sienne un jour de printemps. Une seconde plus tard, nous étions amis pour la vie. »

« Elle chuchota pour ne pas que ses parents l’entendent. Quand les adultes n’étaient pas là, le vieux concierge réunissait les enfants de l’immeuble, les encerclait dans la lumière de l’unique ampoule de la cave et leur racontait des histoires. La plus appréciée de cette société secrète aux dents de lait, c’était celle de son dragon. »

« Je n’allais pas me laisser escroquer par une bande de bouseux. Parce que les bouseux, je connaissais bien, j’en étais un. Je savais, moi aussi, comment truquer une balance les jours de marché en lestant les plateaux, enlever un fruit ou deux au moment d’emballer. »

« La prochaine fois que l’aube me secouera, je n’ouvrirai pas les yeux. C’est un piège. L’aube ment à ceux qu’elle réveille, à l’homme d’affaires, à l’amoureux, à l’étudiant, au condamné à mort et, oui, au paléontologue aussi. Elle nous remplit d’espoir pour mieux nous décevoir. Le crépuscule, plus vieux et plus sage d’une journée, m’a fait la leçon : j’ai été bien naïf de la croire. »

 

 

Jean-Baptiste Andrea est né en 1971. Il est écrivain, réalisateur et scénariste. Ma reine, son premier roman, a été récompensé par de nombreux prix, dont le prix du Premier Roman et le prix Femina des lycéens en 2017. Depuis, Jean-Baptiste Andrea a publié Cent millions d’années et un jour ainsi que Des diables et des saints, pour lequel il a reçu le Grand Prix RTL-Lire 2021.

Émotion, Drame, Psychologie, Romance

Et puis au pire on s’aimera

de Thierry Cohen
Poche – 10 février 2022
Éditeur : Mon Poche

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Ça commence comme une belle histoire d’amour. Du genre… à l’eau de rose. D’ailleurs, le roman débute par une rose déposée sur le palier d’Alice, trentenaire rongée par la solitude. Il y a du mystère également, car la dite Alice ignore qui lui envoie des fleurs et lui offre de belles déclarations. Une situation romantique à souhait mais qui peut également paraitre… quelque peu inquiétante. Tout prend donc la forme d’une comédie romantique pleine d’humour et… de doutes. Entre les copines du travail, heureuses de voir Alice ainsi courtisée, et son directeur, pressé de la licencier, Alice passe par des émotions contrastées qui la rendent tour à tour heureuse, désespérée, charmée, affolée. Tant de bouleversements dans une vie monotone sont fantastiques et perturbants à la fois. Ne sont-elles pas nombreuses, les âmes seules qui rêveraient d’être emportées par un mystère aussi romantique ? Jusqu’au jour où… ça dérape. Où le rêve devient cauchemar. Où, comme dans les cauchemars, le pire ne se révèle jamais sous la forme attendue.

 

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Alice a la trentaine, elle est très timide et n’a aucune confiance en elle.
Elle est très belle, mais, n’a aucune conscience de ses qualités et de ses compétences. Professionnellement, elle est appréciée, mais en dehors de son travail, elle passe presque toutes ses soirées avec sa voisine, Sandrine, qui est une amie fidèle et très attachante. Alice vit dans une routine. Sa routine, dans laquelle elle se sent comme dans un cocon. Mais, un matin, alors qu’elle sort de chez elle, Alice trouve une rose devant sa porte.
Le “grain de sable” qui va faire chavirer son quotidien !

C’est le premier roman de Thierry Cohen que je lis et j’avoue avoir été très surpris par son écriture. J’ai vraiment eu l’impression que le roman était écrit par une femme tant il est juste sur le fonctionnement des relations. C’est assez incroyable. J’ai aimé aussi la façon dont il dénonce les aspects les plus pervers de notre société avec beaucoup de psychologie.
Alice bien sûr, m’a beaucoup touchée et je me suis vu parfois en elle…

Il y a pas mal de mystères dans ce roman, chaque chapitre est raconté par un personnage différent, et les personnages sont très bien développés que ce soit chez les hommes ou les femmes.
Avec beaucoup de suspense et de psychologie, une certaine pression monte tout le long du récit, et je me demandais comment cette comédie romantique pouvait-elle tourner au tragique. Au final, un excellent dénouement auquel je ne m’attendais pas du tout !
C’est très fort… Alice va être acculée, dos au mur, face à l’un de ses pires cauchemars.
Heureusement, elle n’a pas dit son dernier mot.

Une agréable surprise !!!
Un grand merci à Virginie et aux Éditions “Mon poche”, de m’avoir permis de découvrir Thierry Cohen, que je ne manquerai pas de suivre…

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Extraits :

« À défaut d’être la réalisatrice de mon existence, je me suis toujours contentée d’en générer la bande-son. Chaque moment de mes journées est accompagné d’un refrain, d’un couplet mixé par un DJ planqué au fond de mon cerveau. Des paroles et une musique qui surfent à la surface de mes émotions pour leur donner un sens plutôt que me laisser les mystifier ou les ignorer. »

« Je reçus l’information comme une gifle. J’allais être virée ! Des images et des questions surgirent aussitôt dans mon esprit, comme brutalement réveillées par la sirène de mes peurs, s’entrechoquèrent et obstruèrent toute ma capacité de raisonnement. Que ferais-je sans emploi alors que la crise offrait si peu d’opportunités d’embauche ? Comment payer mon loyer ? Combien de temps tiendrai-je avec mes maigres économies ? »

« C’est vrai, Alice n’était pas l’assistante la plus éclatante de cette boîte. Sa timidité, sa réserve, ses tenues has been, sa démarche bizarre et son incapacité à participer à la vie sociale de l’entreprise n’en faisaient pas une personne dont on aspire spontanément à devenir l’amie. Mais doit-on s’arrêter aux apparences ? Professionnellement, elle était sans doute l’assistante la plus compétente et la plus consciencieuse. Et, d’un point de vue humain, elle était… touchante. »

« Les hommes sont des cons, Alice. La plupart tout au moins. Ils ne comprennent rien à la sensibilité des femmes, à leurs attentes. Ils se comportent comme des adolescents immatures. Parce qu’ils le sont. Ils jouent simplement à être des adultes. Regardez-les au travail s’enivrer de leurs petits pouvoirs. Regardez-les au volant s’énerver, tenter d’accélérer pour gagner une place. Incapables de vraies conquêtes, ils sont en quête de minuscules victoires, de marques de respect. Des cons, je vous dis. »

 

 

Thierry Cohen est un écrivain français. Il est l’auteur de 10 romans, il vit à Lyon, marié et père de 4 enfants.

Son premier roman, J’aurais préféré vivre a obtenu le Grand Prix Jean d’Ormesson en 2007, prix récompensant un roman pour sa capacité à défendre la langue française. Il a connu un grand succès et a été traduit en 15 langues. Le roman traite du suicide chez les jeunes selon une approche originale, entre l’histoire d’amour et le thriller psychologique.

Thierry Cohen a ensuite écrit des romans aux thématiques variées dont le ressort est toujours profondément humain et fort en émotions.

J’aurais préféré vivre, Plon, Pocket 2007
Je le ferai pour toi, Flammarion, 2009
Longtemps, j’ai rêvé d’elle, Flammarion, 2011
Si tu existes ailleurs, Flammarion, 2012.
Si un jour la vie t’arrache à moi, Flammarion, 2013.
Je n’étais qu’un fou, Flammarion, 2014.
Avant la haine, Flammarion, 2015.
L’Académie des âmes abimées, Plon 2017.
Et puis au pire on s’aimera, Plon, 2019
Rien ne nous séparera, Plon, 2022

Thierry Cohen est également fondateur de l’association Noël Ensemble dont la vocation est de réunir juifs et musulmans pour offrir un réveillon de Noël aux personnes âgées sans famille et et sans moyens.

Émotion, Drame, Psychologie

Nos vies insoupçonnées

de Anaïs Jeanneret
Broché – 13 janvier 2022
Éditeur : Mon Poche

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Une petite fille perdue. Une femme qui a fait le mauvais choix. Un commissaire de police désabusé et romantique. Une institutrice en colère. Une gloire des médias au parcours inattendu. Une mère et son fils dont la rencontre a scellé des liens d’autant plus solides que leurs passés furent chancelants… Autant de vies en apparence banales dont l’écriture d’Anaïs Jeanneret dévoile les subtils décalages et entrelacs : cette part du hasard, de la rencontre, ou encore du désir, qui les fait soudain palpiter et les relie les unes aux autres sous l’effet d’une force insoupçonnée.

 

2022_017_Jeanneret Anaïs - Nos vies insoupçonnées

 

“Nos vies insoupçonnées”, c’est l’histoire d’une petite fille qui se cache sous l’armoire d’une salle de classe et qui…

“Nos vies insoupçonnées”, se sont sept chapitres plus émouvant les uns que les autres.

Dès le début de ma lecture, j’ai eu l’impression de lire une nouvelle, avec une belle écriture, claire et limpide.
Puis le second chapitre. Où suis-je ? Que se passe-t-il ? Où sont mes personnages devenus si vite attachants ?
Vient le troisième… Et rebelote !
Et le quatrième…

Je suis dans un labyrinthe qui m’emporte sur plusieurs récits, mais toujours cette écriture fine et délicate. Petit à petit certains liens apparaissent fragiles d’abord, puis de plus en plus ténus, et toujours l’émotion, beaucoup d’émotion. Mon imagination tourne à toute vitesse, je cherche des raccourcis, des lignes droites ?
Il n’y en a pas. Ce serait beaucoup trop simple.
L’auteure ralentit le temps. Elle nous incite aux questionnements, à la réflexion…
Bien sûr, je me doute que les personnages de tous les chapitres vont se retrouver. Mais où ? Pourquoi ? Comment ?

Et puis ça monte, ça monte encore, et le labyrinthe se transforme en boucle, et c’est la vie va les réunir. Certains, pas tous. Pour un recommencement, un nouveau départ, gommer certaines erreurs si possible… et toujours cette belle écriture avec ce qu’il faut de pudeur…

Découverte “coup de poing” d’Anaïs Jeanneret.
Anaïs a des mots qui touchent, qui brûlent parfois, mais l’esprit reste doux, il m’a particulièrement touché. Je me suis retrouvé parfois au milieu du récit. Enfin, mon autre moi, celui qui s’est éclipsé il y a quelques années.
Anaïs regarde, elle écoute, comprends puis retransmet.
À nous d’ouvrir les yeux, d’accepter, puis d’ouvrir aussi nos bras afin de la recevoir avec toute sa simplicité.

Un livre très émouvant à lire absolument, car finalement, il y a TOUJOURS de l’espoir…

Merci aux éditions de Borée pour cette découverte à suivre…

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Extraits :

« J’ai découvert combien j’aimais le silence, prendre le temps d’admirer un ciel d’orage sur un champ de blé qui ondule dans la brise, ou le tableau moderne que forment les juxtapositions de néons publicitaires illuminant la nuit des grandes villes. Je pourrais, comme tant de femmes seules, m’inscrire à un atelier de sculptures, aux Arts-Déco, me mettre au golf ou prétendre me lancer dans l’écriture d’un roman. Je pourrais chercher à remplir mon emploi du temps. Occuper chaque heure du jour. Paraître débordée. Mais je préfère rêver. Je ne redoute pas l’ennui. Il y a longtemps, j’avais voulu avoir un destin. À présent, je me laisse porter au gré du vent, légère est libre. À présent, je veux me perdre et découvrir des horizons incertains. Je veux de nouveau rivages. Je veux tanguer jusqu’au vertige. Je veux retrouver la mémoire. Je veux me souvenir de tout et profiter de chaque seconde. »

« Il adorait jouer avec le rythme des phrases, se laisser porter par la musique des mots et, surtout, disparaître derrière ses personnages. Là était sa drogue favorite : s’oublier, devenir quelqu’un d’autre, n’importe qui d’autre que lui. Il était cette femme abîmée par l’existence. Il était un vieux cheval qui ne servait plus à rien et attendait paisiblement la mort. Il était un enfant. Il était le vent. Autant de façons d’explorer les recoins les plus obscurs de l’âme, de se glisser dans les plus minces anfractuosités du mystère humain. Tout devenait alors possible. »

« Celui qui naît bienheureux, qui connaît des orgasmes desquels naîtront de beaux enfants, celui-là n’est rien d’autre qu’un animal chanceux. Le bonheur qui vous tombe dessus comme une bassine d’eau tiède n’est pas le bonheur. »

 

 

Valérie Jeanneret, dite Anaïs Jeanneret, est une actrice, mannequin, romancière et photographe française.

Actrice (1983-1997)
Elle commence sa carrière de comédienne en 1983, où elle alternera longs métrages de cinéma et téléfilms.Elle fait sa première apparition aux côtés de Jacques Dufilho, sous la direction de Jean-Daniel Verhaeghe. En 1985, elle tourne Péril en la demeure de Michel Deville, dans lequel elle interprète le rôle de Viviane Tombsthay.

En 1986, elle tourne Twist again à Moscou de Jean-Marie Poiré, et la même année, L’Été 36, sous la direction d’Yves Robert. Elle a également endossé plusieurs personnages dans des téléfilms et fait une publicité pour une marque d’huile avec Patrick Bruel et Maria Pacôme en 1984.

En 1991, elle joue dans Le Gang des Tractions Avant de Josée Dayan, l’année d’après dans L’Amour assassin d’Élisabeth Rappeneau, et dans Les Vaisseaux du cœur d’Andrew Birkin. De 1993 à 1995, elle tournera à quatre reprises sous la direction de Miguel Courtois. Elle abandonne sa carrière d’actrice en 1997 pour se consacrer à la littérature.

Romancière
En 1990, elle publie son premier roman, Le Sommeil de l’autre, préfacé par Flora Groult qui écrit : « ce livre construit avec rigueur dans un mouvement symphonique qui accorde toute leur place aux bonheurs d’écriture, est un roman romantique, dans le sens le plus lyrique du terme ».

Elle reçoit le prix du Quartier latin en 1993 pour son livre Les Poupées russes. Dans Le Nouvel Observateur, Jean-Louis Ezine, souligne : « Mais c’est la maîtrise à recomposer le puzzle qui étonne, le rythme exact et la couleur toujours précise des années disparues ».

En 1999 sort Les Yeux cernés. Dans Dernières Nouvelles d’Alsace, François Busnel, écrit : « On sort, bouleversé, et les larmes aux yeux, de ce livre qui doit absolument prendre place dans votre Panthéon littéraire. […] Rarement un écrivain aura su décrire si fortement le trouble de la jeunesse, cette partie de nous-même qui bégaie son admiration pour ce qu’elle n’est pas. […] Il a fallu 160 pages à Anaïs Jeanneret pour nous convaincre que l’amitié désintéressée, pure, splendide entre un homme et une femme était possible. Il ne lui faut que 30 pages, les plus violentes jamais écrites sur le sujet, pour ruiner nos illusions et démasquer l’écœurante mollesse de l’amitié ».

En 2002, paraît La Traversée du silence. Elle reçoit le prix François Mauriac 2014 de l’Académie française pour La Solitude des soirs d’été paru en 2013. Dans Lire, Alexandre Fillon, déclare : « L’auteur des Yeux cernés (Anne Carrière) joue très subtilement avec l’ombre et la lumière, les fêlures de ses personnages, leurs blessures. Celles qui font avancer et celles qui ne se referment jamais ».

En avril 2016, elle publie Nos vies insoupçonnées. Olivia de Lamberterie écrit dans le magazine Elle : « D’une plume délicate, plutôt que de décrire les plaies à vif, elle ausculte ces moments où la douleur s’est épuisée et où l’on peut faire sereinement le choix du bonheur ».

Photographe
Dans les années 2000, Studio Magazine lui commande en tant que photographe plusieurs séries de photos ; elle réalise alors les portraits de Gérard Darmon, Serge Gainsbourg, Paul Boujenah… Elle publie en outre un reportage photos sur Michel Deville à l’occasion du tournage de La Lectrice.