Estelle Tharreau
Broché – 5 novembre 2026
Éditions : Taurnada Éditions

La petite Emma disparaît dans les marais d’Obey.
Après la découverte de son cadavre, l’enquête conclut à un accident. Mais la présence sur les lieux d’une famille marginale et sulfureuse fait naître le doute et attise les fantasmes. Dans une atmosphère suffocante, la rumeur et les thèses complotistes ne tardent pas à se répandre sur fond de réseaux sociaux.
La chasse aux sorcières est lancée.
Les bûchers sont prêts à être rallumés.

Avec Sulfure, Estelle Tharreau m’a une nouvelle fois embarqué dans une histoire dont je ne suis pas ressorti indemne !
Tout commence par une découverte macabre. Emma, une petite fille de trois ans, est retrouvée noyée dans un marais, alors qu’elle assistait à un mariage avec ses parents. Dès les premières pages, je suis happé par ce drame et par cette construction narrative qui ne fait qu’aiguiser mon besoin de comprendre.
À Obey, petit village en apparence tranquille, les policiers concluent rapidement à un accident. Mais les rumeurs, les mensonges et les manipulations vont bientôt prendre le dessus. Et lorsque la fameuse sorcière est désignée comme responsable, je comprends que je suis loin d’avoir tout vu !
Impossible pour moi de deviner où Estelle souhaite m’emmener. Les indices s’accumulent, les questions se multiplient et les certitudes vacillent. Derrière cette intrigue redoutable se cache une réflexion glaçante sur les préjugés, la désinformation et cette facilité avec laquelle nous acceptons parfois les suppositions comme des vérités. Dans ce village gangrené par la peur, les réseaux sociaux deviennent le formidable amplificateur des rumeurs. Une famille vivant à l’écart de la communauté devient la cible idéale. Les habitants s’enflamment, les accusations fusent et la justice populaire prend dangereusement le pas sur la raison.
J’ai retrouvé dans cette histoire les mécanismes des chasses aux sorcières, avec leurs boucs émissaires et leurs certitudes meurtrières. Il suffit d’un peu de propagande pour que la haine collective s’emballe. Et quand la machine se met en marche, elle ne laisse personne indemne !
Mais Sulfure ne s’arrête pas là. Estelle fait également ressurgir les secrets d’un ancien couvent où des religieuses venaient trouver refuge après avoir subi des violences physiques et psychologiques. Un passé trouble qui ajoute encore à l’épaisseur de cette intrigue.
J’ai particulièrement apprécié la profondeur psychologique des personnages. Du plus monstrueux au plus attachant, chacun possède ses failles, ses motivations et ses zones d’ombre. Je me suis surpris à douter, à changer d’avis et à chercher sans cesse la vérité. L’atmosphère est sombre, oppressante, presque suffocante. Les chapitres s’enchaînent, les rebondissements se succèdent et la tension ne retombe jamais. Et lorsque tout finit par exploser, croyez-moi, ça fait mal !
J’ai refermé ce roman avec le sentiment d’avoir lu bien plus qu’un thriller. C’est une histoire terriblement actuelle, intelligente et dérangeante, qui m’a poussé à réfléchir sur notre rapport à l’information, aux croyances et à la différence. Car non, la majorité n’a pas toujours raison, et les vérités toutes faites sont parfois les mensonges les plus dangereux.
J’ai adoré cette lecture coup de poing, qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout et qui, surtout, ne m’a pas laissé indifférent.
Un immense merci à Estelle Tharreau pour cette histoire, et à Joël des Éditions Taurnada pour cette belle découverte !
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Extraits :
« Ma chérie, je te présente la forêt des Charmeresses. Regarde comme c’est merveilleux !
Les premiers arbres passés, ils découvrirent un décor féerique et secret, une bulle hors du temps préservée par la canopée protectrice et dentelée, qui recouvrait un canal tranquille flanqué d’une route approximativement bitumée et d’une piste en terre sur l’autre berge. Tout un camaïeu de vert parsemé d’éclats dorés miroitants se déployait sous leurs yeux : les vert marron des berges, les vert bleuté des eaux dont l’ombre du sous-bois avait empêché l’évaporation, les vert profond des mousses, les vert tendre des feuilles, les vert jaunissant des herbes brûlant au soleil estival, qui perçait la voûte végétale, dans quelques trouées de lumière, tantôt en traits fixes et intenses, tantôt en taches mouvantes et douces. »
« Huit semaines s’étaient écoulées depuis que Christopher avait débarqué au volant de son bolide rouge. Il se souvenait parfaitement de cet après-midi, celui de la mort de cette gamine, parce qu’il avait souffert d’une chaleur comparable à celle d’aujourd’hui. Il se demandait si la puanteur ambiante ne s’était pas accrue en août après un mois de juillet pluvieux qui avait brassé la vase précoce de juin. »
« On me condamne aujourd’hui pour diffamation et diffusion de fausses infos. Et à votre avis, c’est qui tous ces types qui veulent me faire taire ? C’est les mêmes qui ont caché les scandales Seveso, Médiator, la vache folle, le sang contaminé et le nuage Tchernobyl. Alors, selon vous, qui a raison ? Le G7, les technocrates et les lobbies, la finance des Rothschild, Big Pharma, la Tech ou des lanceurs d’alerte comme moi ? Moi au moins, je montre mon visage devant des millions de gens. (applaudissements) Je prends de gros risques, chaque fois, parce qu’on va pas se mentir, les amis, j’ai pas leur pouvoir, moi. Mon seul pouvoir, c’est vous ! (applaudissements) Et je vous remercierai jamais assez d’être là tous les soirs ! (applaudissements) Merci à vous de garder les yeux ouverts ! »
« – Dénoncer un prêtre revient à s’en prendre à un intermédiaire de Dieu, à profaner son vœu d’obéissance. Que ce soit elles ou nous deux, nos vies de pécheurs et nos souffrances sont dérisoires par rapport au coup que porteraient de telles révélations. La faute de quelques-uns ne doit pas porter atteinte à l’intégrité de tous les autres. »


Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.
La peine du Bourreau (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/
Les Eaux noires (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/
Digital Way of Life (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/
Il était une fois la guerre (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/
Le Dernier festin des vaincus (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/01/le-dernier-festin-des-vaincus/
L’Alpha & l’Oméga (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/11/07/lalpha-lomega/
Point de fuite (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/11/04/point-de-fuite/





































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