Émotion, Drame, Noir, Thriller

Matricule 2022

de Lou Valérie Vernet
Broché – 18 août 2022
Éditions : M+ éditions

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D’un côté, il y a Ivy, 25 ans, pleine de rage et d’amour, animé d’un puissant sentiment d’injustice, en guerre pour régler ses comptes à ce qu’elle nomme elle-même « ses sept charognards et demi ». De l’autre, l’envers du décor. Ce qu’il dévoile de sordide et d’horreur. Chaque jour, à chaque carrefour, sous nos yeux. Le passé qui crée les failles. Le présent qui les perpétue. Sans états d’âme. Parce qu’ainsi va la vie. Et puis au centre, une immersion plein coeur dans les plus grands fléaux de notre humanité pour lesquels l’héroïne de « Matricule 2022 » va tout risquer. Tout sacrifier. Tout expier.

L’auteur signe ici un thriller implacable.
L’humanité côtoie la barbarie.
La violence d’une plume
contre la violence des hommes.

 

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Attention, thriller très engagé à sensations très fortes !

Grosse claque littéraire…
Lou Valérie se donne à nous…

Avec “Matricule 2022”, elle ouvre son cœur dans tous les sens du terme… et par la poésie, la tendresse qui se dégage tout le long du roman et par la thématique, dure, violente, due à une véritable soif de vengeance !
N’est pas “Lou Valérie Vernet” qui veut…

Ivy, malgré son cœur qui déborde d’amour, malgré sa gentillesse et toute sa sensibilité est une tueuse.
Enfant perdue, brisée par son vécu, adulte écorchée, comme ses véritables amis, son clan, sa “famille”. Un jour, elle a décidé de dire “STOP” !
Dès lors, elle n’hésitera pas, à tout simplement “éliminer” ceux qui lui ont fait du mal. Elle partira en guerre et fera ce qui doit être fait sans états d’âme, elle a fait son choix…

Impossible de lâcher le roman avant la fin. Les chapitres très courts donnent un rythme incroyable au récit, on rebondit dans tous les sens, présent, passé, traque, meurtres, chaque ligne, chaque page nous fait comprendre qu’elle ne peux pas faire autrement. Une fois sa décision prise, une fois sa liste établie, elle écrase tout sur son passage… On a du mal à reprendre son souffle tant chaque action est liée et justifiée… Les charognards n’ont qu’à bien se tenir…

Lou, m’a entraîné dans un monde aussi sombre qu’il peut être lumineux…
Tout devrait se dérouler sans aucun encombre, mais comme la vie en décide autrement, l’auteure prends sur elle.
Elle pointe du doigt, elle coupe, arrache même, tout ce qui dépasse, dans un seul but… Retrouver la beauté, l’amour, la paix, ne plus jamais croiser de femmes obligées de baisser leur regard et cacher leurs yeux meurtris, ne plus entendre les cris et les pleurs de tous ces enfants abusés… Lucas, Evan, Lény… et bien d’autres…

Ivy, est rapide, précise et efficace.
Lou, pose ses mots, chaque virgule a un sens, chaque point voulu, avant de repartir encore plus fort.

Il faut prendre soin d’elles…
Elles ont beaucoup de choses puissantes à nous transmettre !

Un grand merci à M+ éditions.

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Extraits :

« X : Pourquoi avez-vous fait ça ?
Y : Vous le savez bien.
X : Ce n’est pas très malin ? Il y avait peut-être une autre solution ?
Y, du tac au tac, énervé comme si c’était encore possible de l’être.
– Vous savez bien que non. C’était même la seule solution. Et je suis content.
X, affligé.
– Mais à quoi cela sert-il ? Vous n’allez même pas en profiter.
Y, Affligé plus encore.
– Vous ne comprenez vraiment rien. C’est tout l’intérêt. Mourir pour qu’elle vive. C’est encore mieux. Ça rachète tout. »

« Il y a des gens qui ne méritent pas une ligne dans le grand livre de la vie et encore moins une page d’histoire. À peine plus dans un entrefilet en bas de page. Et certainement pas en héros dans un polar. Ou alors au climax, quand le moment vient de bouffer le cœur pourri du méchant, de le déchiqueter avec les dents, d’en faire de la bouillie tout juste bonne à donner à un chien galeux. Et même et encore, il y en a qui ne méritent rien.
Que de se voir crever, encore et encore, en vagissant et en suppliant alors que la dernière minute s’éternise. »

« Le monde enfin redevenu neuf.
Silencieux. Nu. Vierge.
Et voilà, ça en sera fini de cette course contre la montre. De tous ces cycles de réincarnation – naissance, survivance, mort. De la maladie. De l’abjection. De l’ignominie.
Ça en sera fini d’imaginer, qu’à chaque seconde, on ne parle pas de minutes là, on est bien d’accord, mais de putain de secondes, plus de 900 viols et 500 homicides sont perpétrés, le plus souvent dans une totale impunité. Oui, à chaque seconde. »

 

 

Lou Valérie Vernet, auteure multicartes, signe ici, avec « Matricule 2022 » son troisième thriller, après les très remarqués, Surtout le Pire et Acouphanges. Elle a aussi publié sept autres romans. Tous confirment son talent à manier en virtuose, l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme.

Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Émotion, Drame, Polar, Thriller

La mort est parfois préférable

de Sacha Erbel
Poche – 8 septembre 2022
Éditions : Taurnada

Yan est flic à la police judiciaire de Lille. Depuis quelque temps, un “passager clandestin” s’est invité dans sa vie : “l’Araignée”, c’est le surnom qu’elle lui a donné. Alors que Yan traque l’auteur du meurtre d’un journaliste connu pour ses reportages à sensation, elle n’a pas d’autre choix que de composer avec son “invisible ennemie’ : insidieuse, omniprésente, l’Araignée tisse sa toile, cuisante morsure dans ses chairs survenant n’importe où, n’importe quand… En parallèle, Brath, son collègue, enquête sur la mort étrange d’un homme retrouvé décapité, assis au volant de sa voiture, la tête reposant sur la banquette arrière. En équilibre sur un fil, Yan ne baisse pas les bras, avance sur son chemin de douleurs au risque de se perdre… définitivement.

 

C’est le second roman de Sacha Erbel que je lis.
Dans son premier roman “L’Emprise des sens”, Sacha nous avait amenés du côté de la moiteur de la mystérieuse Nouvelle-Orléans, pleine de magie noire, de magie blanche et d’incantations diverses dans une enquête sur un tueur en série qui utilisait le Vaudou pour arriver à ses fins.

Pour “La mort est parfois préférable”, l’auteur nous emmène à Lille au sein de la police judiciaire, où une série de suicides intrigue la police.

Exceptionnellement, je vais commencer par mon Ressenti négatif, comme ça, nous serons débarrassé !

MAIS QU’EST-CE QUE TU AS FAIT SACHA ???
SI VOUS AVEZ PRÉVU UN ROMAN BARBANT, REDONDANT, SANS RYTHME ET ENNUYEUX, NE LISEZ SURTOUT PAS “La mort est parfois préférable” !
À PEINE ENTAMÉ… ET JE SUIS DÉJÀ À LA DERNIÈRE PAGE !!!
J’EN VOULAIS PLUS… ET ENCORE PLUS, PARTAGER ENCORE LA VIE DE YAN, DE SON ÉQUIPE, EN SAVOIR PLUS SUR EUX QUOI !!!

Alors, Sacha… Avoue que je t’ai bien eu là !

Encore une fois agréablement surpris, par ce polar qui très vite va “transformer” en véritable Thriller. Mais un thriller très humain, autant de la part de la Police, où Sacha développe des personnages avec de la sensibilité, de la sincérité dans leurs remarques et dans leurs pensées, mais aussi vis-à-vis du personnage qui ayant vécu le pire décide aujourd’hui de se venger après des années de souffrances.
Cela aurait pu être une histoire simple… Point final et on n’en parle plus !
Mais non. Sacha a décidé de nous embrouiller en nous embarquant avec une efficacité implacable dans une réalité, sa réalité, son quotidien. Chaque personnage est développé à la perfection avec sa propre psychologie, vers une thématique très originale et pleine de rebondissements.

“La mort est parfois préférable” ?
C’est une histoire d’araignée qui prend de plus en plus de place, une histoire où la mélancolie vous attrape au risque d’en perdre la tête, à moins que cela soit dû à un coup-de-poing américain…, où la dépendance aux médicaments et aux drogues prend un tout autre sens, où il sera aussi question de manipulation mentale, et d’un lointain voyage au Pakistan…
Grâce à cette lecture fluide et addictive, mon regard et ma perception ont forcément changé aujourd’hui.

Sacha, tu peux souffler maintenant.
Merci pour ce récit à plusieurs niveaux où j’ai appris plein de choses…
Merci aux Éditions Taurnada, pour leur confiance renouvelée…

“La mort est parfois préférable” ?
À lire absolument !

Roman disponible à partir du 8 septembre 2022

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Extraits :

« La porte de l’ascenseur coulisse sur une Yan aux yeux si rouges qu’on pourrait penser qu’elle n’a pas dormi depuis des jours. Elle lâche ses affaires sur son bureau. Son soupir en dit long sur sa lassitude et sa fatigue, mais comme d’habitude, elle fait comme si.
Elle reconnaît la voix grave et rassurante de Brath. Au passage devant la cafetière, elle se sert une tasse du breuvage fumant et se dirige vers le bureau de son ami.
Elle se laisse tomber lourdement sur un fauteuil à roulette et se met à tourner sur elle-même. Brath la scrute de son regard inquiet, sans toutefois éveiller les soupçons de Michel. »

« …dans le domaine de la psychiatrie, la mélancolie est une pathologie bien plus grave que la dépression. C’est-à-dire qu’une personne diagnostiquée comme telle par un psychiatre doit être surveillée comme le lait sur le feu, car elle va vraiment tenter de se suicider. Ce n’est plus un appel à l’aide, mais une certitude. C’est plus fort qu’elle. On, n’est pas face à un état d’âme. C’est une vraie maladie, comme la dépression. »

« Yan se perd dans ses réflexions. Toujours les mêmes remises en questions, qui la mettent un peu mal à l’aise. Elle ne réalise pas vraiment ce qu’est une fin de vie. La fin, c’est quoi ? Est-ce qu’on flotte au-dessus de son corps en se moquant de ces pauvres cons qui pleurent autour d’une enveloppe vide ? Est-ce que l’on part sans se retourner dans ce fameux tunnel, attiré par cette lumière douce et ardente à la fois ? Ou, est-ce qu’il n’y a rien ? Rien du tout ? Sans être portée sur la religion, n’y aurait-il rien d’autre que le néant ? Toute une vie construite de souvenirs pour que tout disparaisse aussi vite ? »

« 1… Vous commencez à ressentir une sensation énergisante parcourir tout votre corps…
2… Vous vous éveillez de plus en plus… votre respiration est calme, naturelle… vous vous sentez parfaitement énergisée et cette sensation d’énergie va demeurer tout au long de vos activités… Vous prenez une grande inspiration profonde…
3… À votre rythme, vous pouvez revenir tranquillement, pleinement ici et maintenant. »

 

 

Diplômée en Criminologie appliquée à l’expertise mentale, Sacha Erbel (un nom de plume) est fonctionnaire de police depuis plus de 20 ans. Elle travaille au Service de la protection (SDLP) où elle est en charge de la protection rapprochée de différentes personnalités politiques ou civiles.

“Mes passions ?
L’écriture, depuis mon premier roman,
l’Emprise des Sens, car avant ça, je n’avais rien écrit, à part quelques dissertations à l’école. J’aime aussi beaucoup le cinéma, et… les fringues ! Mdr !
En matière de musique, j’adore David Bowie que j’ai eu la chance de voir deux fois en concert, Indochine et aimons-nous vivant de François Valéry ! Lol ! Pour ceux qui en douteraient, ils auront la pièce à conviction sur ma page facebook !
Mes loisirs vont avec mes passions : je vais beaucoup au ciné, j’écris quand j’ai du temps libre, et je vais courir au stade pour réfléchir à mes histoires !”

L’Emprise des sens
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/29/lemprise-des-sens-de-sacha-erbel/

Thriller, Fantastique, Drame

Émersion**

de Michael Fenris
Broché – 7 octobre 2021
Éditions : Les Nouveaux Auteurs

Personne n’y croit mais Jedediah Lafkin en est convaincu, sa ville natale, Hope Falls, a bien été détruite par une tempête de feuilles, les esprits de la nature ont puni ceux qui ne la respectaient pas. Depuis Jedediah n’est plus que l’ombre de lui-même. Interné contre son gré dans un hôpital psychiatrique, gavé de médicaments destinés à lui faire perdre la mémoire, il ne se souvient plus de son identité. L’instigateur n’est autre que le sénateur Maccallan, l’homme qui a failli devenir son beau-père, et qui lui voue une haine féroce depuis la mort accidentelle de sa fille Barbara. Alors que Jed croupit dans sa cellule, victime des brimades répétées de certains membres du personnel, une mystérieuse inconnue lui fait discrètement passer un message. La carte postale d’Hope Falls l’avertit : le cauchemar recommence, cette fois à bien plus grande échelle. Alors que l’invasion de feuilles se prépare à frapper Manhattan le jour d’une conférence sur le climat à l’ONU, Jed s’échappe de l’hôpital, et il sait qu’il va devoir affronter la pire de ses terreurs : la feuille d’érable rouge et tout ce qu’elle représente.

“ Un thriller palpitant qui nous tient en haleine
de la première à la dernière page.”

Femme Actuelle

 

 

Dès ma dernière ligne sur le roman “Feuilles”, j’ai tout de suite enchaîné avec “Émersion” !
Il me fallait absolument connaître le dénouement du combat engagé par Jedediah…
Et quelle fut ma surprise…

J’avais tellement aimé “Feuilles”…
Au bout de quelques pages de ma nouvelle lecture, je me suis finalement rendu compte que, “Feuilles” n’avait été qu’une “ébauche”, un premier pas vers cette suite incroyable et surprenante !

Pour tous ceux qui ont lu le premier volet, n’essayez surtout pas d’anticiper ou de deviner cette suite que je tiens encore entre mes mains, vous ne feriez que perdre votre temps !
Il ma été impossible de la lâcher. Il a fallu que je la lise d’une traite, je ne pouvais pas faire autrement. En effet, Michaël a composé son récit de telle sorte que, plus on avance dans l’intrigue et plus l’histoire va crescendo, c’est malin. C’est efficace. Et cela ne s’arrêtera qu’à la dernière page, la dernière ligne même, qui je dois le dire m’a complètement

Et puis non, finalement je ne le vous dirai pas !

Vous ne savez pas ce qui vous reste à faire ?
Faites-moi confiance, vous ne le regretterez en aucun cas. Je dirai même plus… Vous risquez même de me remercier !
Mais celui qu’il faudra remercier c’est bien Michaël Fenris, car sans lui, vous ne liriez pas mes mots.

Après un début très personnel je trouve, sur les fissures et les “erreurs” commises par notre héros, qui va ainsi pendant plusieurs années rester caché derrière ses doutes et ses peurs bien malgré lui d’ailleurs, Jedediah décide enfin de reprendre son destin en main et d’affronter la nature qui se venge des humains qui ne la respectent plus, et ce de plus en plus. Dès lors, le scénario vire à 90° et à partir de là tremblez…
Le cauchemar recommence, mais cette fois, la nature s’attaque à Manhattan puis se seront toutes les grandes villes du monde qui très vite vont se trouver prises au piège.

J’ai adoré ce thriller fantastique et cette écriture si pointue.
C’est pour moi une vraie et belle réussite, c’est même un nouveau gros coup de cœur !
“Émersion” mériterait non seulement que l’auteur soit davantage connu pour une diffusion beaucoup plus large, mais aussi une adaptation cinématographique digne des plus grands réalisateurs.

Vous savez, je n’avais pas fais attention à toutes ces feuilles qui sont déjà par terre depuis quelques jours et qui se déplacent lentement avec avec le vent…

Et vous ?

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Extraits :

« J’avais eu tort d’interrompre trop tôt son traitement sous prétexte qu’il m’assommait et m’empêchait d’avoir les idées claires. Il m’évitait surtout d’avoir des hallucinations. La feuille d’érable rouge avait disparu en même temps que ma ville natale, et si je n’avais pas trouvé la mort là-bas, ce n’était pas pour périr ici. Presque rasséréné à cette idée, je m’apprêtai à m’installer dans le salon lorsque le téléphone se mit à sonner. Aucun numéro ne s’afficha sur l’écran numérique. Je décrochai, m’attendant à une erreur, mais la voix féminine à l’autre bout du fil me prouva le contraire :
– Vous êtes Jedediah Lafkin ? »

« La douche acheva de réveiller mon corps, pas mon esprit. Je me traînai vers la table, m’assis et attendis, l’œil rivé sur la pendulette fixée au mur. Un truc moche, en plastique orange, auquel le créateur pour faire bonne mesure avait ajouté une citation en italique : Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus, singula dum capti circumvectamur amore*. Virgil. le datomètre indiquait deux chiffres : 18. De quel mois, je l’ignorais. »

« Quelque chose monta en moi, de très loin. Une vague intérieur immense, un tsunami de souvenirs qui afflua en forçant les ultimes barrages que mon cerveau avait dressés, volontairement ou non. Le col fut si violent que je me cabrai, basculai en arrière et me roulai sur le sol, en proie à ce qui ressemblait à une convulsion. Je clignai des yeux, mes dents claquèrent, je me mordis la langue, le sang chaud coula de ma bouche et se mêla à celui de mes narines. C’était comme se noyer. »

« Je sais que c’est difficile à croire, mais il faut partir du principe que la nature est régie par une force du bien. Elle ne demande que de vivre en bonne intelligence avec l’Homme. Depuis des centaines d’années, nous l’avons meurtrie, martyrisée, détruite pour notre seule satisfaction égoïste, nous avons multiplié les constructions, arraché au sol des millions d’hectares… Alors aujourd’hui, la nature se venge. »

* Mais en attendant, il fuit : le temps fuit sans retour, tandis que nous errons, prisonniers de notre amour du détail. 

 

 

Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.

Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.

Sont respectivement sortis :

  • Chez Prisma : Feuilles en 2015, le Syndrome Noah en 2016, Thérianthrope en 2018, L’île en 2019, Déviation en 2020 et Émersion en 2021.
  • Chez Evidence : Neige, Whistlers, Horizons Funèbres et le Fétichiste.
  • Chez Eaux Troubles : Diamants sur Macchabées (reprise d’un auto édité) et Vengeance sur Pellicule.
  • En autoédition : Aaverhelyon, Diamants sur Macchabées 1° version et les 7.

En parallèle il développe les aventures de Don et de Luc Dassaut sous un autre nom, et travaille au scénario de plusieurs BD.

Michaël Fenris – Feuilles*
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/17/feuilles/

 

Thriller, Fantastique

Feuilles*

de Michael Fenris
Broché – 7 octobre 2021
Éditions : Les Nouveaux Auteurs

À Hope Falls, petite ville américaine isolée au milieu d’une immense forêt, près de la frontière canadienne et des anciens territoires algonquins, tout est régi par Vernon Krueger. Maire, directeur de la plus grosse scierie de la région et propriétaire de la moitié de la ville, cet homme peu scrupuleux n’hésite pas à déforester sans aucune considération pour la nature environnante. Jed, son bras droit, cautionne de moins en moins ses pratiques douteuses, et tente vainement de préserver la forêt. Un phénomène étrange se produit alors : les feuilles des arbres commencent à tomber et, portées par un vent inhabituel, envahissent sans fin la ville, jusqu’à la recouvrir dangereusement. L’inquiétude s’empare peu à peu des habitants coupés du monde par ces murs de feuilles mortes et la tempête, à mesure qu’ils perdent tout contrôle sur des événements de moins en moins naturels. Tandis que l’angoisse grandit et que les habitants de Hope Falls plongent dans un véritable enfer auquel ils vont devoir survivre coûte que coûte, secrets enfouis et véritables caractères se révèlent au plus mauvais moment. Jed prend la tête des équipes de secours, mais bientôt il devra accepter l’incroyable et se résoudre à suivre ses intuitions…

 

 

Cela faisait un moment que “Feuilles”, premier roman de Michael Fenris me narguait. Dans les Fnac, chez ma libraire, sur FaceBook et dernièrement sur divers messages relayés par mon téléphone !

J’avais beau me retenir… je ne suis qu’un humain, et finalement, j’ai craqué !
Il va falloir que j’aie, deux trois mots avec les auteurs.
Si cela continue comme ça, c’est sûr, un déménagement s’impose !!!
Où vais-je continuer à ranger mes livres ?…

J’ai donc effectivement tardé sur cette lecture, mais je n’en apprécie pas moins la qualité. Écriture prenante, fluide et rapide, Michael a du répondant. Les personnages mêmes semblent vivants à travers la lecture. À plusieurs reprises, je me suis demandé si l’auteur était américain, tant les scènes sont justes et découlent naturellement. Mais ouf ! Honneur sauf, Michaël est bien de chez nous !

On ne peut pas s’empêcher de ressentir les influences d’au-delà du pacifique. Dans les décors, dans la mise en place de l’intrigue, un petit coté “Stephen King” aussi, dans la montée de l’intrigue et une “bande son” que je n’ai pu m’empêcher d’écouter pendant ma lecture… J’ai trouvé l’écriture très intelligente aussi ! Quelques petits détails, glissés ici et là, l’air de rien, ni vu ni connu pour ferrer le lecteur. On ne me la fait pas à moi !!!

Imaginez… c’est l’automne. La petite ville canadienne d’Hope Falls perdue au milieu des forêts. Vernon Krueger est un “sale” patron. Tout le monde le hait, personne n’ose le dire. Il a construit sa fortune dans la coupe des arbres et l’industrie du bois. Ses seuls moteurs, l’argent et son Ego. Le plaisir de donner des ordres qui ne seront jamais remis en cause, l’argent qui s’amasse, la population qui le craint et baisse les yeux. Il agit en despote, et ignore délibérément la loi. Il tient “sa” ville entre les mains. La plupart des emplois dépendent de lui. Il règne en maître absolu. Mais s’il n’y avait que ça… Un matin, deux inspecteurs de l’EPA (Environnemental Protection Agency) débarquent en ville pour un contrôle suite aux coupes arboricoles drastiques du ”tyran“. Mais ce qu’ils vont découvrir ira bien au-delà de ce à quoi ils s’attendaient !

Imaginez… une forêt de plus en plus appauvrie, des hectares dévastés… D’étranges événements sont signalés tout autour de la petite ville. Des feuilles d’arbres qui s’éparpillent, se déplacent, se forment en tas de plus en plus gros, créant des murs de plus en plus haut, recouvrant chaque rue, détériorant les installations électriques, puis téléphoniques, très vite la ville est complètement isolée du reste du monde…
La forêt a décidé de se rebeller, de se venger même de tout ce qu’elle a subi…

Imaginez… une nature qui se vengerait et reprendrait ses droits !

Un très bon thriller fantastique, qui vient soudain percuter et presque détrôner l’enquête policière en cours !
Un récit très original, qui m’a tenu éveillé jusqu’à la dernière ligne.
L’homme face à la nature, ou l’homme face à son destin ?
Imaginez… Et si ce cauchemar n’était que le début d’une nouvelle ère ?

Un premier roman qui force le respect. Dynamique et intelligent !
Michael Fenris, un nouvel auteur à suivre…

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Extraits :

« Dans mes souvenirs, pour peu qu’ils fussent encore clairs, tout débuta avec l’arrivée de l’automne, et la mort de l’ancien vétéran Milton Hoggs.
Je n’avais jamais aimé l’automne, je détestais même cette saison. Peut-être pas autant que Milton Hoggs… Mais personne ne pouvait sentir ce type, ses manières brutales vis-à-vis des Indiens de la région, sa façon de tout braconner, sa tendance à la destruction gratuite. »

« – En quoi le fait d’être une femme serait un handicap, demandai-je.
– Réveillez-vous Lafkin !, répondit-elle. Nous vivons dans un monde d’hommes, fait par et pour les hommes. Même à notre siècle des types comme Krueger, Lockwood ou Dolbert pensent encore que les femmes ne seront jamais leurs égales. Vous avez vu l’attitude de votre patron à mon égard ? Et son avocat n’est pas en reste.

Deux ordures, murmurai-je pour moi, mais elle entendit et me fixa d’un air interrogateur. »

« Nous nous assîmes en bordure de terrasse, pour profiter des dernières lumières naturelles de l’après-midi et des reflets de la rivière qui coulait un peu plus loin. Montant de la forêt, la brume s’élevait peu à peu et donnait l’impression que les troncs n’étaient plus solidaires du sol, mais flottaient librement dans l’espace. Dans le silence environnant, à peine troublé par le bruit des voitures dans la rue et celui plus ténu des engins forestiers plus éloignés, on aurait presque pu entendre le murmure de l’eau cheminant entre les galets polis. Tout aurait été parfait sans cette absence de vie animale et cette odeur de renfermé. »

« C’est à ce moment que je la vis. La feuille d’érable rouge sang, comme un avertissement brillant sous le soleil matinal. Un danger ou une interdiction. Elle semblait m’avoir suivie depuis la scierie pour se reposer sur le monticule, étalée devant moi. À travers le pare-brise du GMC, je distinguais sa découpe régulière, son limbe bordé de petites dents, son pétiole recourbé tel un dard de scorpion, ses nervures dont la couleur plus sombre me fit penser à des vaisseaux sanguins. Il émanait d’elle une sorte de vibration intermittente, régulière, qui la secouait à chaque fois que je posais les yeux sur elle. »

 

 

Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.

Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.

Sont respectivement sortis :
– Chez Prisma : Feuilles en 2015, le Syndrome Noah en 2016, Thérianthrope en 2018, L’île en 2019, Déviation en 2020 et Émersion en 2021.
– Chez Evidence : Neige, Whistlers, Horizons Funèbres et le Fétichiste.
– Chez Eaux Troubles : Diamants sur Macchabées (reprise d’un auto édité) et Vengeance sur Pellicule.
– En autoédition : Aaverhelyon, Diamants sur Macchabées 1° version et les 7.

En parallèle il développe les aventures de Don et de Luc Dassaut sous un autre nom, et travaille au scénario de plusieurs BD.

Émotion, Drame, Thriller

Je pleurerai plus tard

de Mathieu Bertrand
Poche – 9 juillet 2020
Éditions : M + Éditions

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Au cœur d’une petite ville de province, Patrice Lorenzi mène une vie rangée entre des semaines en déplacements professionnels et des week-ends en famille. Le jour où son enfant disparait, ses certitudes sur la réelle valeur de l’existence s’envolent alors que sa vie de fonctionnaire modèle bascule dans l’horreur. Une parole donnée et l’étrange proposition d’un inconnu aux allures de mercenaire vont l’entrainer dans un cauchemar dicté par la haine et animé par la vengeance. Le compte à rebours de son destin, désormais réglé sur huit semaines, ne lui laissera que le répit nécessaire à un seul et unique objectif : devenir un assassin.

 

Couv_047_Bertrand Mathieu - Je pleurerai plus tard

 

J’ai découvert récemment Mathieu Bertrand avec ses thrillers ésotériques. Dans ses romans, le rapport à la mort m’avait beaucoup intéressé, et j’y avais trouvé de nombreux points communs avec mes propres ressentis. Après avoir lu ses trois romans “historiques”, j’ai appris qu’il avait aussi écrit un Polar. Je n’ai pas pu résister, je voulais connaître “son regard” sur cette nouvelle thématique… Dès son premier “essai”, il place la barre très haute !

Attention, pas de courses-poursuites, pas d’enquêtes non plus à proprement dit, quoique… Non, Mathieu s’intéresse ici aux divers ressentis de ceux qui restent lorsqu’il y a un meurtre au sein d’une famille. Très très psychologique, philosophique aussi, on se retrouve très souvent dans “la tête” du héros… Et toujours la mort qui plane…
C’est bien fait, c’est dur et émotionnellement très fort.
J’ai compati, j’ai compris… Mais qu’aurais-je fait à sa place ?

Quelle est la plus terrible épreuve que peuvent vivre des parents ?

C’est l’horreur qui dès lors s’empare de toute une famille, chacun la vivant à sa façon.
Patrice Lorenzi, fonctionnaire dans une prison, n’a plus qu’une seule idée en tête. LA VENGEANCE.
Mais comment faire ? Comment passer au-delà du sentiment d’injustice que ressent toute la famille ? Patrice, lui, ne dort plus, il ne mange plus, il voit sous ses yeux sa femme qui s’éteint petit à petit. Il lui fait une promesse. Peu lui importera les conséquences de celle-ci, ils seront désormais liés à jamais.
Ce roman est un focus sur l’âme d’un homme qui a perdu toutes ses raisons de vivre. Il y a beaucoup d’émotions, de peine, mais jamais de haine, ce qui aurait pu et du être normal. Je n’ai pas pu, ne pas me mettre sa place.

Mathieu nous tire, Mathieu nous emporte dans un tourbillon qu’il a mûrement réfléchi. Il est fort, très fort… et ce jusqu’au “chemin menant à l’enfer…”

Un excellent thriller, qui avec une vraie richesse d’écriture, ne trahit pas ses lecteurs !
Je conseille vivement ce récit…

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Extraits :

« Beaucoup de personnes ont sûrement peur quand ils savent que leur fin est imminente. Ce n’était pas mon cas. Habité d’une certaine quiétude, je me sentais calme. Et pour cause : mon âme allait rejoindre celles de mes proches dans l’au-delà. À moins qu’ils ne soient au Paradis et que je m’en aille en Enfer ? Allez savoir ce qui se passe réellement quand on meurt… personne n’est jamais revenu pour le raconter ! »

« Dans des situations comme celle-ci, l’homme est étrange. Ses réactions et ses décisions sont souvent peu cohérentes. Ainsi, je décidai de me rendre au milieu du jardin d’un pas lent. Après m’être arrêté, les jambes écartées, les bras tendus le long du corps, je serrais mes poings jusqu’à sentir mes ongles pénétrer dans mes chairs. Défiant la Voie lactée de mon regard le plus provocant, le plus haineux, je me mis à crier de toutes mes forces. Mes hurlements de rage durèrent plusieurs minutes jusqu’à ce que ma gorge ne puisse plus sortir le moindre son. La situation semblait avoir réveillé quelqu’un au fond de moi. Un personnage dans l’ombre qui ne cherchait qu’à se manifester, une bête noire tapie dans les profondeurs de mon âme qui ne demandait qu’à sortir. »

« Je n’avais pas réalisé jusque-là combien mon comportement semblait détaché de la réalité. Comme si cette disparition ne me touchait pas. Hormis les deux crises de larmes dans le jardin puis en forêt, je prenais toute cette affaire, aussi dramatique soit-elle, avec un recul étrange, presque indécent. J’aimais pourtant mon fils de tout mon cœur. La plupart des pères seraient en train de courir partout en hurlant, en pleurant, voire même en priant. Pourquoi pas moi ? »

« Cet échange m’avait permis de comprendre combien l’amour d’une personne pour une autre pouvait se transformer en l’impossibilité de vivre l’une sans l’autre, quitte à se laisser mourir pour la rejoindre au paradis, en enfer, ou Dieu sait où… »

« Les deux décès dans ma petite famille m’avaient changé en plaie béante. Cette promesse, à laquelle je venais de m’engager, allait me transformer en bête et me mènerait probablement à ma perte. Ce qui me semblait une fin acceptable, voire même souhaitable. »

 

Mathieu Bertrand est né en 1969 en région parisienne et a passé son enfance en Corse. Ancien élève des Instituts Régionaux d’Administration, il est cadre de la fonction publique. Diplômé de l’Université d’Avignon, il habite en Champagne et est passionné par l’histoire des religions et de façon plus générale, par tout ce qui touche à l’ésotérisme. Son envie d’écrire s’est concrétisée en découvrant les lieux historiques et les légendes d’Aquitaine.
En 2016, il publie son premier roman intitulé “Les émeraudes de Satan”. Son second roman “Je pleurerai plus tard” est un thriller reposant sur la vengeance d’un père meurtri par le destin. Il habite dans la région de Toulouse à Agen.

S’appuyant sur sa passion pour l’ésotérisme et pour certains romanciers tels qu’Éric GIACOMETTI, Jacques RAVENNES, Dan BROWN ou encore Umberto ECO, il écrira deux thrillers “ésotériques” supplémentaires. Actuellement il est en écriture de son cinquième roman qui devrait sortir à l’été 2022.

Drame, Noir, Suspense, Thriller

La toile aux alouettes

de Lou Valérie Vernet
Poche – 5 mai 2022
Éditions : M + Éditions

Deux enquêteurs aux méthodes singulières, surnommés « Les Concertistes », se penchent sur la disparition d’une femme. Tous les indices portent à croire que trois jours auparavant elle a pété les plombs et prémédité son départ. Quand ils soupçonnent qu’elle est la victime d’un redoutable prédateur, sadique et manipulateur, le compte à rebours est déjà lancé.

« J’ai découvert une fin diabolique bien loin des premiers chapitres policés, qui fera hoqueter et lever les sourcils, mais qui est la signature d’un livre réussi, original, audacieux. Un livre que l’on n’oubliera pas, longtemps après l’avoir fermé ».

Maud Tabachnik, écrivain.

 

 

“La toile aux alouettes”, est le premier polar signé par Lou Valérie Vernet.
Il est sorti en 2017, et a été primé du Prix Polar CMB en 2018. Réédité le 5 mai 2022, il refait peau neuve !
C’est le premier tome d’une trilogie à paraître courant 2022…

Tous les matins Clara est réveillée par son voisin qui chante à tue-tête… Mais Clara ne dit jamais rien. Elle s’efface au point presque de devenir “invisible”. Invisible dans son quotidien, sur son lieu de travail, même envers sa propre famille. Elle n’ose pas, ne se plaint jamais, baisse la tête…

Mais un jour, le réveil trop matinal imposé par son voisin est la goutte de trop ! Elle réagit du tac au tac à coups de perceuse dans le mur, met à son tour la musique à fond et dans une même lancée se rend sur son lieu de travail avec une détermination toute nouvelle ! Gare à ceux qui croiseront son chemin…

Mais que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui a poussé Clara à réagir de la sorte, à réagir après toutes ces années ?

Lou Valérie Vernet a construit son récit en trois parties.

  • Dans la première, Lou nous invite à découvrir Clara.
    Une Clara réservée, timide qui passe du temps, beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et ce dès qu’elle sort de son travail. Elle fera la connaissance de Domino en naviguant sur la toile, le “frère” qu’elle n’a jamais eu.
  • Dans la seconde, ce sont “Les concertistes” qui entrent en scène, des enquêteurs vraiment très atypiques, qui m’ont agréablement surpris et porté dans leur monde disjoncté !
    Dans cette partie, le ton du récit se durcit, devient plus violent…
  • Et enfin dans la troisième… Wahou !!!
    Une tension extrême m’a mené vers un final que rien ne laissait présager en tout début de ma lecture…
    Cette construction originale, m’a permis d’appréhender petit à petit les différents protagonistes du récit, de m’y attacher ou de les détester.

L’intrigue est bien menée. Lou a cette plume, mordante et poétique, elle nous transporte dans son récit, elle joue avec les mots et les idées à travers une tristesse omniprésente. Ses personnages à la psychologie exacerbée sont toujours décrits avec finesse et elle leur offre des dialogues sur mesure, qui fusent en un rebondissement incessant.
Attention, âmes sensibles le “pire” reste encore à venir !
Clara va sombrer dans un cauchemar, blessée et manipulée par un horrible prédateur, prise dans sa toile… elle n’aura de choix que de céder à tous ses vices pour rester en vie.

Ce premier polar de Lou, très atypique est très différent des polars que j’avais lus jusqu’alors. Mais le plus simple, serait que vous vous fassiez votre propre opinion.
Dans tous les cas, je recommande vivement !

Je remercie M+ Éditions pour leur envoi en SP. Une relecture pour moi, mais toujours un vrai plaisir… Hâte de découvrir les tomes suivants (que je n’ai pas encore lus !).

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Extraits :

« C’était un matin blanc recouvert de givre, un matin serti de froid aux reliefs argentés. Les voitures gisaient telles des congères ; une armée blanche en déroute. Quiconque aurait levé la tête aurait découvert un ciel bleu et immobile, mais quiconque à cette heure-ci n’était pas dehors. On était dimanche, il était à peine huit heures du matin, la ville dormait encore. Un homme seul marchait sur le trottoir. Cheveux en bataille, grisonnants, yeux clairs, la silhouette fine, le pas énergique, vêtu d’un jean marron, il avait enfoncé ses mains dans les poches latérales de son bombers. Une allure à la Gérard Lanvin dans ses meilleurs jours. Bourrue et renfrognée. »

« Il n’y a que deux couleurs existantes au monde Petite Sœur : le jour et la nuit. Soit tu es dans l’ombre, soit tu es dans la lumière, mais l’entre-deux n’existe pas. Le courage est de choisir son camp, de ne pas fermer les yeux, d’accepter son sort. C’est comme de prétendre que la solitude existe. Mais ça aussi c’est faux. La solitude n’existe pas. Personne n’est jamais seul. Tout le monde est habitée continuellement, soit par des fantômes, soit par des fantasmes. Ou cet autre est un espoir ou cet autre est un regret. L’homme est peuplé de tellement d’autres qu’il ne peut plus être seul un seul instant. Ce que chacun nomme la solitude n’est rien d’autre que de l’absence physique. Mais la solitude n’existe pas. »

« Partout dans le monde des gens écrivaient des choses que personne ne lisait. Il lui suffisait de fureter à la recherche de tous ces pseudos écrivains en mal de reconnaissance. Le plagiat d’inconnus : qui avait le temps de s’en soucier ? Une vraie mine d’or ! Il n’avait jamais eu à écrire une ligne. N’aurait pas su. Il n’avait eu qu’à se servir. Recopier. Au moins, tous ces prétendus poètes, scribes maudits, étaient lus. Grâce à lui. Et pas qu’une fois. Il avait tissé sa toile, jour après jour, comptabilisant au final plus de mille connexions partout dans le monde. »

« Le commun des mortels était saturé de tout et c’était la misère sociale qui envahissait le décor des rues, qui se fissurait à la moindre agression, qui pointait sa violence dans un ras-le-bol de frustrations, griffant les hommes de plus en plus jeunes dans des explications de plus en plus banales. Chaque seconde, un être humain entrait en collision avec un autre qui, absous de son humanité, ne se retenait plus d’étouffer sa femme, d’égorger son voisin, de battre son enfant, de violer une inconnue, d’éjaculer sa colère pour un tête-à-queue fait à son existence. »

« Il fait trop beau. Le soleil n’a aucune pudeur. Il est cru, tapageur, je suis obligée de voir. Cette fois-ci, les ombres sont en moi. Continuer de faire semblant serait un leurre, je l’ai usé. Usé comme peut l’être un vieux vinyle trop de fois passé en boucle. Toute ma vie, j’ai fait semblant. D’abord, j’ai fait semblant de grandir. Et puis, j’ai fait semblant d’apprendre. J’ai fait semblant de travailler, semblant de ne rien ressentir à travailler. J’ai fait semblant de trouver bonnes des choses que je détestais. Hier encore, je me suis levée et j’ai fait semblant. Comme hier et avant-hier et avant-avant-hier. J’avais juste à me répéter. Je me décalquais. J’allais mine de rien. J’agissais comme si. J’étais une apparence, un doublon. J’ai fait semblant de croire que c’était peut-être le dernier jour que je faisais semblant. Qu’il n’y avait plus que cette nuit encore à passer et que demain, au réveil, c’est sûr, je n’aurais plus à faire semblant. Souvent, j’ai fait semblant de sourire, parfois même, j’ai fait semblant de souffrir. Pour qu’on m’aime un peu plus. J’ai fait semblant de tout et j’ai bien réussi. Et tout ça pour quoi ? Pour cacher quoi ? Si j’étais quelqu’un d’autre, qui suis-je ? »

 

 

Lou Valérie Vernet, auteure multicartes, signe ici son tout premier polar, déjà paru en 2017 et primé du Prix Polar CMB en 2018. Premier opus d’une trilogie (à paraître courant 2022), elle a aussi publié deux thrillers et sept autres romans. Tous confirment son talent à manier en virtuose, l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Émotion, Drame, Noir, Suspense, Thriller

Requiem des ombres

de David Ruiz Martin
Poche – 12 mai 2022
Éditions : Taurnada

Hanté depuis l’enfance par la disparition de son frère, Donovan Lorrence, auteur à succès, revient sur les lieux du drame pour trouver des réponses et apaiser son âme. Aidé par une femme aux dons étranges, il tentera de ressusciter ses souvenirs. Mais déterrer le passé présente bien des dangers, car certaines blessures devraient parfois rester closes… au risque de vous entraîner dans l’abîme, là où le remords et la honte règnent en maîtres. Où le destin semble se jouer de vous. Et cette question, qui bousculera sa quête de vérité : peut-on aller à l’encontre de ce qui est déjà écrit ?

 

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C’est le second de David Ruiz Martin que je lis, et bêtement, je m’attendais à une lecture un peu identique. Huis clos psychologique à l’écriture directe et puissante comme dans son roman “Seule La haine”.
Et bien non !
Dans ce roman, la sensibilité et les émotions sont omniprésentes, malgré le fait que ce soit un « VRAI” thriller, sombre sur un fond de vengeance et teinté d’ésotérisme, obtenant ainsi plusieurs degrés de lectures.

Automne 1973.
Un brouillard très épais, rendant toute visibilité impossible dès quelques mètres, est resté suspendu au-dessus de Neuchâtel pendant près de neuf semaines…
C’est un soir de novembre, que Donovan Lorrence a été retrouvé blessé dans les bois et que son jeune frère Virgile, a disparu. Malgré les efforts déployés par la police, il n’a jamais été retrouvé…
Donovan reste persuadé que son frère a été enlevé, ou mieux, qu’il a fugué pour échaper à leur père violent, qui les maltraitait au quotidien, mais les années passent… et il n’a toujours aucune nouvelle de Virgile.

Après avoir vécu plusieurs années à Paris, la cinquantaine passée, Donovan décide de retourner en Suisse afin de régler la succession de son père récemment décédé. Entre temps, il est devenu un auteur “Banquable” qui profite d’une certaine notoriété, mais dernièrement en panne d’inspiration.

À son arrivée, il croise dans un bar, un ancien policier qui à l’époque s’était occupé de la disparition de son frère. Après une discussion un peu tendue, Donovan “plante” l’ex-flic en colère. Il refuse tous les arguments donnés par celui-ci sur la disparition de Virgile. Il décide d’aller dans sa maison familiale en espérant trouver une trace quelconque qui l’aiderait dans ses recherches…
Mais, en arrivant, la maison est en feu ! Malgré les efforts des pompiers, le feu détruit tout, et ne sera circonscrit qu’au bout de plusieurs heures. Donovan décide d’enquêter pour essayer de comprendre ce qui a bien pu arriver…
Dès lors, les menaces à son encontre commencent…

Et puis, il y a sa rencontre avec Iris, une jeune fille à l’air perdu, perturbée peut-être, qui va changer radicalement l’axe à ses recherches.
Mais qui est donc Iris ?
Amie, ennemie ?
Dans tous cas, la mort rode autour d’elle au quotidien…

Un très bon thriller ésotérique, plein de surprises et de rebondissements, le héros n’est pas vraiment sympathique, mais qu’importe, il veut la vérité et c’est bien compréhensible. L’intervention d’Iris est très originale et donne au fil rouge du récit une autre vision. David maîtrise parfaitement son sujet !

Je ne serai pas surpris qu’on entende parler de David Ruiz Martin de plus en plus régulièrement… “Requiem des ombres”, un roman que je vous conseille vivement !

Merci aux éditions Taurnada pour ce beau cadeau.

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Extraits :

« La brume est dense, poisseuse. Si palpable que je parviens à la sentir du bout de mes doigts engourdis. Elle m’enveloppe de ses bras monstrueux. M’empêche tout mouvement. Me garrotte et me rend aveugle. Un mur de vapeur froide me maintient hors du temps. Masse imperceptible où il est vain de me débattre. J’éprouve de la peur. Ainsi que cette folie contagieuse, en embuscade. Elle se faufile comme une mélodie exaspérante qu’il faut donne encore et encore. »

« Je me mis à revivre les jours précédant le drame. L’année de la grande brume, période cauchemardesque qui avait duré près de neuf semaines et que tous avaient fini par nommer ainsi. Dans toute la région, autour du lac dans ses hauteurs, un brouillard épais était apparu un matin. J’avais cru au départ à un événement naturel ; il était banal, durant les dernières semaines d’automne, d’observer une brume matinale se former lorsque l’air froid était emprisonné par de l’air chaud. Mais ce brouillard-là semblait différent des précédents ; habituellement cantonnée au pied des montagnes, elle s’était invitée jusqu’au sommet de Chaumont, après mille deux cents mètres d’altitude, avait recouvert toute la région est fait de nous ses prisonniers. Elle était épaisse, poisseuse et semblait l’œuvre du diable. »

« Iris ôta manteau et chapeau, les suspendit à une branche et demeura sans bouger quelques secondes. Elle était habillée comme la veille : longue robe blanche et étincelante, ondulant sur son corps et dissimulant ses pieds. Ses cheveux étaient parfaitement lissés. Iris s’écarta et s’approcha du bord du lac, face à moi, les mains toujours dissimulées dans des gants blancs. Elle semblait observer quelque chose au fond de l’eau. Le ciel gris sombre se reflétait dans le lac, tandis que son corps, d’un blanc éblouissant, contrastait au milieu de ces eaux limpide, ses ombres tranquilles qui ne semblaient nullement l’impressionner. »

« La période qui a suivi “l’absence” de Virgile reste un moment étrange. Je vivais avec le sentiment d’être de trop, comme si disparaître avec lui était mon seul espoir de sortir du tunnel.
Et s’il était mort, je l’étais aussi. Car je ne vivais plus vraiment. Je ne ressentais plus aucune émotion, plus aucune sensation. Tel un zombie errant au milieu d’inconnus qui me parlaient et cherchaient à me tirer à eux… ces êtres étranges qui ne ressemblaient plus à rien. »

« Dieu ? Il n’existe pas ! fulminai-je. Ou au mieux, c’est un incapable ! Sinon, il ne laisserai jamais des enfants sauter sur des mines en Afrique ou d’autres se faire embarquer à travers le monde dans des trafics d’êtres humains ! Dieu, c’est une idée inscrite dans les chairs, une information involontairement transmise par le génome humain, comme un legs absurde et sans fondement basé uniquement sur l’espoir, l’ignorance et la solitude ! Vous me parlez de Dieu comme s’il s’était présenté à vous un bon matin ! Moi, il ne m’a jamais aidé ! Pas même regardé ! »

 

 

David Ruiz Martin est né le 01.12.1978 à Madrid, Espagne. C’est à l’âge de quatre ans qu’il part vivre en Suisse.

Issu du domaine de la construction, et menuisier de formation, il n’a suivi aucun parcours littéraire.

Autodidacte et touche-à-tout, ce passionné de cinéma et de littérature débute, vers vingt ans, son parcours d’auteur, dans l’ombre et à l’insu de tous, avec quelques nouvelles qu’il garde pour lui encore à ce jour. Puis, durant près de dix ans, seule sa femme est mise dans la confidence de sa passion. C’est à l’âge de trente-deux ans qu’il se lance dans l’écriture de son premier roman, « Le syndrome du morveux », thriller autoédité, qui surprend son entourage, suivi d’un second, « Que les murs nous gardent », roman d’épouvante, l’année suivante. Fort d’un accueil enthousiaste, il prend plus de deux ans afin de peaufiner un troisième, « Je suis un des leurs », une histoire le tenant particulièrement à cœur depuis de nombreuses années, prenant au dépourvu ses lecteurs tout en se dévoilant davantage, en leur offrant un roman personnel et qui colle à ses racines.

Depuis le succès de son premier roman, David Ruiz Martin se laisse du temps afin de mettre sur papier les histoires qui germent dans son esprit.

Noir, Thriller

Le Tricycle rouge

de Vincent Hauuy
Poche – 28 mars 2018
Éditions : Le Livre de Poche

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Noah Wallace est un homme usé, l’ombre du brillant profileur qu’il était jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais un appel téléphonique va le contraindre à reprendre du service. Son ami et ex-coéquipier Steve Raymond a besoin de lui. Une carte postale trouvée sur le lieu d’un crime atroce au Canada l’implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Tout porte à croire qu’un tueur en série présumé mort, le Démon du Vermont, est de nouveau à l’œuvre.
Dans le même temps, à New York, la journaliste-blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix.
Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?

 

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“Le Tricycle rouge” démarre très vite et très fort.
Vincent Hauuy, en quelques lignes a su m’agripper…
Je suis arrivé à la fin de l’ouvrage.
Je suis estomaqué !

Et si tout cela existait vraiment…

Nous sommes au Canada, un environnement froid et triste.
Steve Raymond, lieutenant américain, fait appel à un ami, Noah Wallace, ancien profiler, devenu amnésique et infirme suite à un accident où il a perdu sa femme. Il n’est plus que l’ombre de celui qu’il était. En effet, une carte postale à son nom a été retrouvée sur le lieu d’un crime particulièrement horrible. Le mode opératoire correspond à celui du « Démon », que poursuivait Noah juste avant son accident.
S’agit-il du même homme ou d’un adorateur qui réplique son “modus operandi” ? Qu’est-ce qui peut bien lier le tueur à Noah ? Pourquoi cette vision d’un tricycle rouge lorsqu’il est arrivé sur la scène du crime ?

Pendant de temps, Sophie Lavallée, blogueuse et journaliste,0 cherche à résoudre la disparition de Edgar Trout, un reporter qui n’a jamais été retrouvé. Elle cherche, elle creuse et publie ses résultats sur son blog. Un jour, elle reçoit un mail anonyme qui très vite va la mettre en danger, et va la conduire à croiser l’enquête suivie par Noah, pendant qu’il part à la recherche de ses souvenirs, au travers de cette enquête sanglante et violente.

Vincent est un amoureux des mots.
Rarement dans mes lectures, je n’ai autant ressenti le plaisir d’un auteur à placer ses mots à bon escient. Vincent en joue. Il joue avec le lecteur, mais joue aussi bien sûr avec ses personnages. J’ai eu parfois l’impression de lire une partition musicale où les dialogues se répondaient, se faisant écho. Son utilisation “de mots”, que je n’ai lus ou entendus que très rarement m’a donné une impression toute particulière… Vincent me chuchotait son récit aux courts chapitres, plein de suspense et de retournements, directement dans mes oreilles…

Mais l’auteur ne s’arrête pas là !
En plus d’avoir développé la forme, tel un écrin protecteur, Vincent nous propose un fond qui est un véritable bijou !
J’ai imaginé la réflexion qui était sienne, à chaque fois qu’il donnait des titres à ses chapitres…
Un vrai thriller mâtiné d’énigmes, de sixième sens, effleurant délicatement le paranormal.

Attention ! “Le Tricycle rouge” est très addictif, sa construction parfaitement menée et maîtrisée avec des scènes particulièrement violentes. Pour son premier roman, Vincent fait une entrée très méritée pour moi, dans le monde de l’écriture !
Noah est à la recherche de ses souvenirs, au travers une enquête sanglante et violente.
Amateurs de thriller, surtout, n’hésitez pas !

Personnellement, je vais me pencher sur le “cas” Vincent Hauuy et ses autres romans…

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Extraits :

« Steve porte la main à sa bouche grande ouverte et ses yeux s’écarquillent, mais Noah ne le remarque pas. Autour de lui, les sons se tordent et s’étirent comme le ferait un enregistrement sur une vieille bande magnétique qui se serait coincée. Un bourdonnement pulsatile s’amplifie puis donne naissance à un acouphène qui siffle dans ses oreilles comme une théière sur le feu. Il décrispe sa mâchoire et fait jouer ses mandibules pour chasser les bruits qui envahissent sa boîte crânienne. En vain. »

« Pour comprendre ce puzzle, il va devoir plonger dans les abysses. Son regard devra porter au-delà des apparences pour espérer déceler l’ombre du tueur dans la mosaïque sanglante. L’autre envisageait toujours les scènes de crime comme des symphonies silencieuses, il en percevait le rythme, le tempo et les notes. Il pouvait deviner la rage ou la colère dans la forme des blessures, la méticulosité dans le découpage ou le placement, la vanité dans l’exposition.
Noah ne voit plus la partition, mais peut-être peut-il encore entendre la musique. »

« Bordel, j’aimerais savoir ce qu’il foutent dans tes médicaments. Putain de BigPharma ; on est tous des putains de cobayes. Ça me bouffe de savoir que ce monde est corrompu jusqu’à la moelle par ces gros porcs. »

« Le cadavre a été positionné nu sur un fauteuil roulant. Les morceaux de peau arrachée sur le cuir suggèrent qu’il a été collé dessus – super glue – et qu’il s’est débattu.
– Toutes les dents ont été ôtées. À mon avis avec une pince, déclare Clémence. Puis son sourire a été étiré façon Joker, au couteau. Belphégor est souvent représenté avec une grande bouche.
Noah ne relève pas. Ce n’est pas ce genre de détails qui l’intéresse. Pourquoi ne voit-il rien d’autre ? Pourquoi ce corps reste-t-il muet ? Où est passée la musique ?
– Je ne vais pas toucher le cadavre, mais je pense que le tueur à placé des clous à la base des cornes et a utilisé un marteau pour les enfoncer sur le crâne, poursuit Clémence. »

 

 

Né à Nancy en 1975, Vincent Hauuy vit au Portugal avec sa famille. Concepteur de jeux vidéo et fan incontesté de Stephen King, J. R. R. Tolkien et George R.R Martin, il construit un monde fictif fait de paranormal, de sang et de complexité qui donnent à ses romans des intrigues très riches.
Son premier roman, “Le Tricycle Rouge”, paru en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 100 000 lecteurs.
Depuis, il a écrit deux autres romans, “Le Brasier” et “Dans La Toile” aux Éditions Hugo Thriller.

Noir, Polar, Thriller

Idol

de Thierry Berlanda
Broché – 24 mars 2022
Édition : M Plus

 

À la sortie de son concert au Zénith de Paris, Pete Locust embarque une prostituée cubaine. La vie flamboyante de la Rockstar va alors dérailler… Sauvagement agressé dans l’appartement loué par son agent, Locust devra compter sur Dodeman, lieutenant de police lancé sur la piste d’un improbable suspect.

Dans ce thriller particulièrement sauvage, les chapitres défilent au rythme rapide d’une enquête déroutante, parmi les monstres qui peuplent les enfers de Locust et jettent une lumière aveuglante sur l’aspect le plus troublant de la nature humaine.

 

031_Berlanda Thierry - Idol

 

La particularité des romans de Thierry Berlanda est d’aller systématiquement, là où on ne l’attend pas, et pour “Idol”, il ne déroge pas à sa règle…

Amoureux de Polar, de flics borderlines, de VRAI suspense et surtout de Rock’n’roll, le tout porté par des dialogues croustillants et des textes ciselés au couteau, ce roman est définitivement fait pour vous !
Attention, ça va vous déboucher les oreilles…

Dans ce récit archi rythmé, la musique et l’intrigue se mélangent continuellement, impossible pour moi, de ne pas rechercher les morceaux cités par l’auteur, et de ne pas les écouter à “donf” !
Rarement, je n’avais ressenti ce besoin d’une telle manière. Thierry est très fort à ce jeu-là !
L’histoire n’a rien de linéaire. J’ai suivi, comme Dodeman, cette enquête à plusieurs niveaux et ce n’était pas pour me déplaire. En effet, j’avais cru, honte à moi, dès le début du récit, que le coupable avait été trouvé, bien trop vite à mon goût.
Que nenni !
Soudain, Thierry tire de nouvelles ficelles et “boom-Patatra”, retour à la case départ… Je reste sur le cul. Trop fort l’auteur !

En sortant de son concert, joué à guichets fermés au Zénith de Paris, la “rock star” américaine Pete Locust, mondialement connue, a été retrouvée assassinée en compagnie d’une prostituée cubaine qui lui tient la main. C’est un coup de poignard dans le cœur pour des millions de fans inconditionnels.
Fan, lui-même de la rock star, Dodeman va se retrouver piégé dans une enquête qui va le hanter, tant qu’elle ne répondra pas à toutes les questions qu’il se pose… Mais impossible pour lui d’anticiper sur quoi que ce soit. Toutes les ouvertures éventuelles, se ferment au fur et à mesure de son avancement. Envie de me ronger les ongles !!!
Et… “Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité”, dixit, Arthur Conan Doyle.

Alors, oui, Dodeman est un peu un stéréotype de flic. Paumé, largué par sa femme, il ne voit que rarement sa fille, sa vie ne tient que par son travail et qui se “lève” seul contre tous, mais j’avoue avoir été touché… J’adore ce mec !

Musique, violence, rythme particulièrement soutenu, personnages troublants (mais attachants), tout est intimement lié dans ce récit gigogne que j’ai dévoré en quelques heures, il vous fera tourner la tête dans tous les sens, avant que vous ne puissiez reposer les pieds sur terre… Non pas les enfants !
Alors, les amis n’hésitez pas, venez lever le voile sur ce mystère musical… Et plus encore…

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Extraits :

« Dès que l’info avait fuité, le trafic SMS avait atteint un pic à mi-hauteur entre l’élection d’un pape et la mort de Lou Reed. Pete Locust débarquait à Paris pour la première fois depuis trente ans ! La légion de ses fans dispersés n’avait pas attendu le signal des rabatteurs d’Instagram pour jaillir de l’anonymat où elles barbotaient depuis trop longtemps. Le Locust arrivait ; il leur fallait illico savoir quand, pour combien de temps, et dans quelle salle il allait jeter ses éclairs. Vite submergé, le dispositif commercial des soi-disant sorciers du média planning n’avait pas tenu une journée sous la mitraille de ce genre de tweets capables de pourrir en quelques heures la réputation d’un label. Du coup, l’ouverture de la vente des billets avait été avancée, et tout le stock vendu dans la seconde après le clap. »

« Mercredi, 2h00 du matin.
La deuxième nuit de Tiago dans sa cellule est aussi la millième sans sommeil pour Dodeman. Les poignets croisés sous la nuque, son regard glisse sur les zébrures projetées au plafond par des phares à travers des volets gangrenés. Il y devine Manon, penchée sur ses camions de chantier, qui lève de temps en temps le nez pour lui sourire. Mais plus comme avant. Depuis quelques semaines, l’ingénuité s’est muée en une sorte d’indulgence cruelle. »

« 11h00.
Le panneau « Comparution en cours » à dissuadé Magloire de frapper à la porte de Deshayes. Elle s’assoit sur une chaise du couloir, et commence à faire ce qu’elle pratique avec art depuis l’enfance : attendre. Vingt minutes plus tard, Myriam Lombard apparaît sur le seuil. Pour la surprendre, il aurait fallu que l’avocate ait troqué son tailleur duveteux contre une combinaison d’homme grenouille :
– Bonjour maître.
– Puis-je voir Madame le juge entre deux, s’il vous plaît ?
– J’espère que ce sera possible. Je lui demande.
La greffière s’efface pour laisser sortir une panthère aux griffes bleues et son avocat, et elle se penche dans l’entrebâillure de la porte :
– Maître Magloire souhaiterait vous voir quelques instants. »

« Holly est morte avec sa main dans la tienne, Pete. Dans les dernières minutes de sa vie, cette fille t’a aimé comme elle n’avait jamais aimé personne. Pourquoi ? Qu’est-ce que tu lui avais donné ? Qu’est-ce qui s’est passé, cette nuit-là ? Qu’est-ce que le démon qui vous a tué a absolument voulu faire cesser ? Est-ce que c’était trop beau ? Il n’a pas pu le supporter, c’est ça ? Mais qu’est-ce qui a été si beau entre cette fille et toi ? »

 

Thierry Berlanda est l’auteur de vingt romans.

Après Naija (2017) et Jurong Island (2018), Cerro Rico (juin 2019), il clôt sa trilogie de techno-thrillers (Éditions du Rocher).
Ses autres romans récents sont L’Affaire Creutzwald (2018), un roman noir, et L’Orme aux Loups (2017), un suspense médiéval, parus aux Éditions De Borée. L’Insigne du Boiteux, un thriller pur jus, est ressorti en poche chez le même éditeur en 2019. Pour septembre 2020 sont annoncés la version poche de L’Affaire Creutzwald et un nouveau thriller en grand format, DÉVIATION NORD, dans la collection Marge Noire des Éditions De Borée.

Émotion, Drame, Polar, Suspense, Thriller

Du soleil vers l’enfer

de Éric Oliva
Broché – mars 2022
Éditeur : Des livres et du rêve

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Sous le soleil de la côte d’azur, Emma avait tout pour être heureuse. Jusqu’au jour où la mort accidentelle de son mari, peu de temps avant la perte de son emploi, va lentement la plonger dans le bain de la précarité.
Pour subvenir aux besoins de ses enfants, Emma va faire les mauvais choix qui vont l’entraîner vers les mauvaises rencontres.

Décisions que l’on croit salvatrices mais qui sont parfois lourdes de conséquences.
Commencera alors sa longue descente aux enfers…

À Nice, la police judiciaire va tout mettre en oeuvre pour la sortir de son cauchemar.

 

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Ça vous dirait un bon film ?
Alors, installez-vous sur votre meilleur fauteuil ou canapé, là, voilà…
Vous êtes bien assis ?
Tournez la première page… C’est parti !

« Emma, passablement essoufflée par la montée d’escalier avalée en trottinant, appuya sur la sonnette. Dans l’appartement, une voix lointaine lui signifia qu’elle arrivait.
– Bonjour Martine, lança-t-elle lorsque la nounou ouvrit.
– Bonjour, Emma.
– Désolée, mais ce matin, je suis très en retard. Je ne peux vraiment pas traînasser.
La femme jeta un œil à sa montre.
– Ah ben, oui ! Comme c’est parti, tu ne risques pas d’être à l’heure au bureau !
… »

J’avais déjà eu l’occasion de lire ce roman d’Éric Oliva, il y a quelques années, lors de sa première sortie, alors que le roman avait remporté le Prix “Fondcombe” en 2014…
Cela m’a fait très plaisir quand les Éditions “Des livres et du rêve” m’ont envoyé cette version inédite, encore plus poussée.

Dans ce polar que je définirai presque plus comme un thriller, tant l’angoisse et le suspense sont omniprésent, Éric m’a complètement emporté. Je n’ai pu que ressentir les souffrances physiques et psychologiques vécues par Emma, mais impossible de lâcher le roman tant j’ai souhaité un retournement de situation efficace et à la mesure de tout ce qu’elle avait supporté. Oui, il y a de nombreuses scènes difficiles. Oui, il y a une pression constante et qui augmente au fur et à mesure du récit. Oui l’écriture et froide et clinique, mais quelle efficacité, je l’ai quasiment lu d’une traite, et je peux vous assurer qu’à aucun moment il y a une faiblesse quelconque dans le style !
Les personnages ne pourront vous laissez indifférents, vous les aimerez où vous les détesterez.

Emma perd son mari dans un “banal” accident de voiture, puis elle est licenciée. N’arrivant plus à joindre les deux bouts avec ses deux enfants à charge, elle décide alors de prendre un travail où elle pense gagner facilement beaucoup d’argent…
Emma, une femme qui aurait pu être votre mère, votre sœur ou votre fille, va vivre l’invivable…

Certaines décisions sont parfois très lourdes de conséquences, ce travail “facile”, sera le premier pas de sa chute en enfer… Viols, tortures sur fond de trafic de stupéfiants !
Les enquêteurs de la police de Nice, parviendront-ils à la sauver avant une fin plus que tragique ?

C’est le troisième roman d’Éric que je lis, et je n’ai jamais été déçu !
Un livre que je vous conseille, même si parfois, dans cette tornade d’émotions, il vous faudra avoir le cœur bien accroché.

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Extraits :

« Bientôt sept mois qu’Emma avait été licenciée. Au début, les jours s’étaient écoulés à une vitesse déconcertante puis, au fil des semaines, une étrange inertie s’était installée. Aujourd’hui, plus le temps passait, plus il semblait ralentir.
Ses indemnités, bien que correctes, avaient fondu comme neige au soleil et les allocations chômages étaient loin de rivaliser avec son ancien salaire. Plus de primes de paniers, plus de treizième mois, finis ces petits bonus qui permettaient autant de petits extras. Un manque à gagner dont elle voulait à tout prix épargner les enfants. »

« Les larmes coulaient maintenant à flots et, derrière ce voile liquide, elle devinait avec pleine les escaliers qui défilaient sous ses pas. La panique s’était de nouveau emparée d’elle. Que voulait-il cette fois-ci ? qu’avait-il fait de ses enfants ? Était-il à ce point dépourvu d’humanité pour s’en prendre à eux ? »

« J’aurais dû partir avec lui, grogna Noël, un sentiment d’abandon au bord des lèvres. Mais comment je pouvais faire pour cracher mille deux cents balles comme ça ! Tu comprends ? C’est ça qui m’emmerde ! Risquer la vie d’un pote parce que l’administration n’est pas foutue de lâcher mille euros ! Dans quel monde on vit ? Celui des nantis d’un côté et des assistés de l’autre ! Pendant ce temps, nous, on se retrouve au milieu de ce panier de crabes et on n’en prend plein la gueule ! »

 

 

Né à Casablanca en 1967, Éric Oliva embrasse très tôt une carrière dans la Police nationale. Exerçant à Paris puis à Marseille, il travaille aujourd’hui à la PJ de Nice. Passionné par son métier et les fonds sous-marins, c’est après avoir lu les livres de Clive Cussler que se déclenche sa passion pour l’écriture.