de Vincent Villa Broché – 9 juin 2026 Éditeur : auto-édition
Léa, sept ans, appelle soudain sa mère au secours dans l’eau de son bain en lui avouant l’horreur qu’elle subit : son père, Maxence, lui « gratte la zézette ». Pour Émilie, séparée de cet homme qu’elle a fui avec sa fille, débute alors un cauchemar au long cours. Indifférent à la souffrance de Léa, le système cogne sur Émilie autant qu’il caresse Maxence, s’acharnant sur la protectrice pour mieux protéger le violeur. L’amour maternel, l’arme des plus poignants combats, même les plus désespérés, lui permettra-t-il de sauver l’être le plus cher à ses yeux ?
Journaliste et auteur, Vincent Villa, déjà six thrillers dans son sillage créatif, signe là son premier roman noir, entre intrigue fictionnelle et réalité documentaire, sur le sujet révoltant des mères désenfantées.
Avant toute chose, je tenais à remercier Vincent Villa pour la confiance qu’il m’a accordée en me confiant la réalisation de la couverture de « Les Mutilées ». C’est un projet qui m’a profondément touché, mais je n’imaginais pas, en ouvrant ce livre, à quel point son contenu allait me bouleverser. Durant ma lecture, j’ai eu beaucoup de mal à le considérer comme un simple roman tant le sujet abordé est grave, documenté et profondément humain. À chaque chapitre, j’ai senti le travail de recherche de l’auteur, sa volonté de comprendre avant de raconter, mais surtout de donner une voix à celles et ceux qui peinent parfois à être entendus.
Tout commence lorsque Léa, sept ans, révèle à sa mère, Émilie, les violences sexuelles qu’elle subirait lors des visites chez son père. Dès cet instant, la vie de cette mère bascule dans un combat dont elle ne mesure pas encore l’ampleur. Elle pense protéger son enfant. Elle va pourtant se retrouver confrontée à une mécanique judiciaire et institutionnelle qui la pousse progressivement dans ses retranchements. J’ai ressenti beaucoup de colère, des envies de tuer aussi, puis une immense détresse en suivant son parcours. Vincent ne cherche jamais l’effet spectaculaire. Il montre, avec une grande sobriété, l’usure psychologique d’une femme qui s’effondre peu à peu sans jamais renoncer à défendre sa fille. L’écriture est incisive, rythmée, parfois presque poétique, mais cette beauté de la langue ne fait que renforcer la violence de ce qui est raconté. Le suspense, les rebondissements et la construction du récit rendent la lecture impossible à interrompre. J’avais constamment besoin de connaître la suite, tout en redoutant ce que j’allais découvrir. Ce qui m’a le plus marqué reste cette réflexion sur la difficulté, pour certaines victimes, de faire entendre leur parole. Le roman met en scène des mécanismes institutionnels qui interrogent profondément et qui nourrissent une véritable réflexion sur la manière dont sont vécues certaines procédures judiciaires.
J’ai également été très sensible à la force du lien entre une mère et son enfant. Cet instinct de protection traverse tout le récit et donne à Émilie une puissance émotionnelle remarquable malgré son épuisement.
« Les Mutilées » est un roman noir, mais c’est aussi un texte profondément humain. Un livre qui dérange, qui secoue, qui révolte et qui pousse le lecteur à réfléchir bien au-delà de son intrigue. J’ai refermé ce roman avec une émotion immense, le cœur lourd, mais convaincu d’avoir lu un ouvrage important.
Merci Vincent pour ta confiance. Je suis profondément fier d’avoir participé, à ma manière, à cette aventure… Ton roman mérite d’être lu, partagé et discuté. Parce que certaines histoires dépassent la fiction et qu’elles nous obligent, tout simplement, à ne plus détourner le regard.
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Extraits :
« Elle assécha ces sanglots belliqueux d’un violent revers de manche. Ce n’était pas le moment d’abandonner à ses émotions la conduite, risquée, de ses actes, qui la propulseraient encore plus loin sur les chemins de l’illégalité. Une perspective assumée depuis qu’elle avait hâté l’heure de coincer leur existence dans quelques bagages, de la compresser, de la ratatiner, d’en emporter l’essentiel en réduisant le reste à une infinité d’insignifiances. Léa – de grands yeux sombres qui pataugeaient dans l’étendue sans fin de son chagrin – n’avait cure de ce sacrifice maternel orienté vers une quête ultime qui transcendait toutes les autres : apparier de nouveau le quotidien de sa fille avec l’allégresse, la légèreté, si du moins son trauma l’autorisait un jour à prétendre à ces douceurs que tout enfant de son âge devait revendiquer. »
« — Vous ne pouvez pas nier, maître, que les deux paroles s’opposent et que dans ces situations antagonistes, coutumièrement, il est compliqué de se forger un avis clair. — Celui exprimé au printemps 2022 était le bon. Ma cliente avait été littéralement chassée par monsieur du domicile familial dans un climat très tendu, prémices de violences conjugales. Bardés de douleur, les yeux d’Émilie lançaient des appels au secours silencieux, SOS écrits avec le cœur: la gifle, la gifle, la gifle! — Y a-t-il eu un dépôt de plainte, à tout le moins de main courante, maître? — Non, monsieur le juge. — Très bien. Si chacun en a terminé avec ses arguments, l’audience est finie. Vous recevrez le délibéré dans un mois environ. Sans aucun délai, Maxence tourna vers elle un visage dur fardé d’une assurance tranquille, comme habité par la certitude ostensible de triompher: ses pouces levés, provocateurs, célébraient déjà sa victoire écrasante. »
« — Tu veux te cacher à ton tour, Zoé ? demanda Jeanne en lui tendant un paquet de crocodiles, friandises molles, colorées et évidemment très sucrées, qu’elle avait largement contribué à décimer. La question a priori inoffensive déclencha une rafale de pleurs ! La terreur soudaine, irrépressible, semblait ressusciter un trauma au sein du cerveau de Zoé, activer les zones les plus sensibles de sa mémoire ! Mylène jaillit et devança l’adulte inquiète pour prodiguer un réconfort morcelé en une étreinte et quelques bisous, baume tendre sur blessure à vif. La voix de Judith perça les pensées bouleversées de Jeanne, dans lesquelles s’entrechoquaient les échos d’une souffrance tenace. — On dirait qu’elles se sont reconnues, jugea la nouvelle arrivante. — Ce sont des sœurs de douleur… Elles doivent se reconstruire, à des degrés divers. D’où le surnom de l’endroit qui nous accueille, l’Atelier des cœurs brisés ? Une lueur sombre traversa le regard clair de Judith, fila dans un ciel bleu bordé de mélancolie. »
« — Je sais que je prends le risque d’être sanctionnée pour ce que je dis. Mon avocate m’a mise en garde plusieurs fois. Parler doit être bien plus grave que violer, aux yeux des juges. D’après elle, quand un papa passe très bien avec son avocat qui sait parfaitement le défendre, c’est plus facile de se dire que c’est lui qui incarne la société française et pas l’hystérique en train de hurler qu’on lui vole son enfant, qui se répand dans la presse et sur les réseaux sociaux, fait des vidéos, écrit au ministre de la Justice puis au président de la République, ou encore à la première dame de France. Bref, qui ne sait plus quoi faire, alors qu’elle n’est pas une mère protectrice, mais une mère empêchée de protéger son enfant! On ne me fera pas taire pour autant. Vous entendez ? On ne me fera pas taire ! Je n’accable pas ces mères qui font un compromis et acceptent ce qu’il se passe pour continuer à recevoir leur enfant chez elle, mais c’est au-dessus de mes forces, me concernant ! »
Spécialiste du ballon rond à France Football puis à L’Equipe, Vincent Villa est attiré par l’écriture romanesque depuis longtemps. Mais ce journaliste sportif attend 2017 pour enfin céder à ses envies de saisir la plume dans le but d’écrire des fictions plutôt que d’informer, même si les deux ne sont pas incompatibles. Depuis des années, les polars comme les thrillers accaparent ses moments de lecture et c’est à ce moment-là que s’engager sur le chemin de la littérature noire devient une lumineuse évidence à ses yeux.
Une année plus tard nait son tout premier roman, “Je mangerai ton cœur« . Tour à tour sombre, romantique, haletant, journalistique, ce thriller attire l’attention des défricheurs de talent chez France Loisirs. Fin 2019, il rejoint les nouveaux auteurs des “Editions du 123. » En 2020, ce titre est lauréat du prix du salon du livre du Pays Noir, à Charleroi.
Mais un second roman est déjà prêt, et édité à peine quelques mois plus tard. À travers “PARADICTION« , paru au printemps 2021, la plume devient davantage sombre et tortueuse, trempée dans le machiavélisme et l’obscurité des âmes. Son troisième thriller, « #JE SUIS LILLY« , renoue avec une thématique chère à cet écrivain sensible, les violence faites aux femmes, en même temps qu’avec la noirceur vengeresse et les rebonds macabres, en arrière-plan de l’insoutenable résignation pour un fait divers tragique : un meurtre, un féminicide.
Écrivain à la plume percutante et inspirée de questions sociétales ancrées dans l’actualité, Vincent Villa aime l’écheveau conflictuel de la conscience, aux confins de la moralité et des pulsions primaires, et les intrigues entrelacées libèrent la tension du dénouement, comme l’achèvement complexe d’un puzzle littéraire. Une manière de concevoir ses histoires récompensée en 2023 lorsque son quatrième ouvrage, “ADHaine« , remporte le prix des salons Loiret Crimes et Noires Sœurs.
Le suivant, « Le cimetière des enfants perdus« , lui permet pour la première fois de remettre en scène des personnages d’un livre précédent, « #JE SUIS LILLY« . Axé sur la pédocriminalité, ce nouveau roman dénonce ce fléau sans verser dans la glauque. Dans sa double volonté de divertir et de dénoncer, Vincent Villa cherche en permanence un équilibre très subtil à trouver, tant l’écriture est sans filet. Une volonté confirmée avec « ANIMAL LECTER« , son sixième thriller, consacré aux animaux, avant une incursion dans le roman noir. Sa nouveauté, en effet, porte sur le scandale des mères désenfantées et l’inceste : un cri du cœur et de colère poussé à travers « Les Mutilées« .
de Maxime Chattam Broché : 24 octobre 2018 Éditeur : Albin Michel
La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Un havre de paix. Du moins c’est ce qu’ils pensaient…. Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents… Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite? Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…
Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ?
J’ai retrouvé avec Le Signal un Maxime Chattam déjà au sommet de son art. Dès les premières pages, il m’a entraîné dans une histoire dont il m’a été impossible de m’échapper. Ce qui semblait n’être qu’un simple déménagement vers une paisible petite ville de Nouvelle-Angleterre se transforme rapidement en un véritable cauchemar.
J’ai suivi la famille Spencer avec une inquiétude grandissante. Leur installation à Mahingan Falls, censée marquer un nouveau départ, devient peu à peu une descente dans l’inexplicable. Les phénomènes étranges, les morts violentes, les secrets enfouis et cette forêt inquiétante composent une atmosphère oppressante qui ne cesse de gagner en intensité. Bien sûr, certains passages rappellent volontairement les grands classiques du cinéma d’horreur. Pourtant, Maxime dépasse très vite ces codes pour construire un thriller fantastique d’une redoutable efficacité. Chaque chapitre alimente l’angoisse, chaque révélation ouvre une nouvelle porte sur l’horreur.
J’ai particulièrement aimé la famille Spencer, profondément humaine et soudée. Je me suis également laissé séduire par cette bande d’adolescents qui m’a rappelé l’univers de Stranger Things ou encore les romans de Stephen King. Les références sont évidentes, mais l’auteur parvient à leur donner une identité bien à lui.
Impossible également de ne pas saluer l’objet-livre lui-même, avec ses pages noires qui annoncent déjà la noirceur du récit. Et que dire des deux cents dernières pages… Elles sont tout simplement magistrales. J’avais parfois l’impression d’assister à un film tant les scènes prenaient vie sous mes yeux. Certaines descriptions m’ont véritablement donné des frissons.
J’ai même prolongé l’expérience en écoutant la playlist proposée par l’auteur. L’immersion est alors devenue totale, au point que le moindre bruit autour de moi semblait soudain suspect.
Avec Le Signal, Maxime signe, à mes yeux, l’un de ses romans les plus ambitieux et les plus aboutis. Un thriller fantastique puissant, angoissant, remarquablement construit, qui m’a captivé de la première à la dernière page.
Une lecture qui fait peur… et que je ne suis pas près d’oublier.
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Extraits :
« Filant en pleine nuit, la camionnette ressemblait à un minuscule vaisseau perdu dans l’immensité du cosmos. Entourée d’obscurité, elle flottait dans le néant, guidée par ses phares blancs, comme propulsée par les lueurs rouges à l’arrière. La Ford se mit à tourner pour suivre la route à flanc de colline. Elle était seule sur des kilomètres à la ronde. À l’intérieur, Duane Morris se concentrait pour ne pas perdre de vue le ruban d’asphalte étroit qui défilait face à lui. Il était hors de question de ralentir. Il devait maintenir une allure suffisante pour rester le moins de temps possible dans le secteur. »
« Lise se pencha vers le miroir de la salle de bains pour vérifier si le léger renflement qu’elle avait perçu sous son doigt n’était pas un point noir au milieu de son front. Rien qu’une miette qu’elle fit voler d’un coup d’ongle. Elle fixa son reflet. Ses cheveux d’ébène tombaient de part et d’autre de son visage blanc, comme le voile d’une veuve. Khôl pour souligner les yeux, presque jusqu’à s’en faire un masque, rouge à lèvres noir, vernis assorti, tout était parfait. Corset en vinyle sur un T-shirt résille, jupe plissée écossaise et bottes lacées jusque sous le genou, rien n’était laissé au hasard C’était important car son look la définissait, il était sa véritable carte d’identité au quotidien, l’empreinte vive que Lise apposait sur les rétines, parfois sensibles, qu’elle croisait. Mais plus que tout, c’était capital qu’elle soit irréprochable pour ce soir. Le grand soir. »
« — C’est vrai. Et surtout s’il y a quoi que ce soit, tu n’hésites pas, tu m’appelles. — Pas de problème. — Oh, et le babyphone est sur la table de la cuisine. Lise acquiesça, elle savait tout cela. Elle n’avait qu’une envie : être seule avec le morveux assoupi. Elle était plutôt attention-née, voire carrément investie émotionnellement, avec les gosses qu’elle gardait. Arny était l’exception. Ce gamin, elle le détestait. Capricieux, moche et douillet de surcroît ! Dès qu’elle le pinçait – ce qu’elle faisait lorsqu’il l’énervait à brailler pour un rien -, il continuait à hurler pendant dix minutes, comme s’il avait été mutilé. Une vraie lopette. Un fils à papa qui allait se croire tout permis à l’adolescence, un de ces connards pour qui l’argent n’est pas un problème, et qui ne vivent que pour l’exercice du pouvoir. Dominer. Asservir. Maîtriser. Jouir. »
« Le piano tanguait, en équilibre sur la plateforme arrière du camion de déménagement, lorsque Thomas Spencer vit la sangle se rompre brutalement, libérant le monstre de cordes qui s’effondra aussitôt sur le manutentionnaire tout en nerfs qui se tenait dessous, l’écrasant contre le bitume de la route. Le plateau du clavier vint lui fracasser la boîte crânienne dans un terrible craquement humide et une éclaboussure de sang noir. Thomas cligna des yeux pour chasser cette horrible image. »
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Maxime Guy Sylvain Drouot, connu sous les noms de plume Maxime Chattam et Maxime Williams, est un romancier français, spécialisé dans le thriller.
Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis : sa première destination en 1987 est Portland dans l’Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman. Rêvant d’abord d’être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.
En 1988, il passe un certain temps dans la jungle thaïlandaise, rédigeant un journal de cette expérience. Cela marque ses premiers pas dans l’univers de l’écriture. Il ébauche son premier roman, Le coma des mortels. Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit Le Cinquième règne à cette époque puis fin 1999 il devient vendeur de romans policiers à la FNAC. « Le Cinquième règne » est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams, et obtient le Prix du Roman Fantastic’Arts du Festival de Gérardmer 2003.
Il suit une formation en criminologie pendant un an à l’Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale.
Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller. Il rédige L’âme du mal en 2001, qui est publié l’année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de « Chattam », en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la Trilogie du mal, suivi de In Tenebris (2003) et Maléfices (2004). Il a par la suite écrit un préquel à sa Trilogie du Mal, La Promesse des ténèbres (2009).
Il a vendu plus de 7 millions d’exemplaires en France et est traduit dans une vingtaine de pays. Plusieurs de ses romans ont été adaptaté en série télé.
de Douglas Preston & Lincoln Child Poche – 4 mai 2016 Éditeur : J’ai lu
Medicine Creek, localité paisible du Kansas. Quand le shérif Nazen découvre le cadavre dépecé d’une inconnue au milieu d’un champ de maïs, il se demande s’il ne rêve pas : le corps est entouré de flèches indiennes sur lesquelles ont été empalés des corbeaux. OEuvre d’un fou ? Rituel satanique ? Il faut le flair de Pendergast, l’agent du FBI, pour comprendre que cette sinistre mise en scène annonce une suite.L’épouvante saisit les habitants de la petite ville, mais pour Pendergast, il ne fait pas l’ombre d’un doute que le tueur est l’un d’eux…
Quel plaisir de retrouver une nouvelle fois l’univers de Douglas Preston et Lincoln Child, ainsi que leur fascinant inspecteur Pendergast… Avec Les croassements de la nuit, je me suis replongé avec bonheur dans une enquête sombre, inquiétante et totalement addictive.
Dès les premières pages, l’atmosphère m’a happé. Un crime sauvage est découvert au milieu d’un champ de maïs, dans une petite ville agricole perdue au cœur de l’Amérique profonde : Medicine Creek. Très vite, la tension devient palpable. Pendergast, officiellement en repos après les événements de La chambre des curiosités, se retrouve malgré lui entraîné dans cette affaire aussi brutale qu’inexplicable. J’ai adoré le décor choisi par les auteurs. Cette campagne américaine, conservatrice et refermée sur elle-même, cache sous ses apparences tranquilles une foule de secrets et de rancœurs. Les fermiers luttent pour survivre face à l’industrie agroalimentaire, les marginaux sont rejetés, et chacun semble dissimuler quelque chose.
Comme toujours avec Preston et Child, les descriptions sont extrêmement précises. Les scènes de crime, notamment, sont détaillées avec un réalisme parfois glaçant. J’avais l’impression d’être aux côtés de Pendergast, au milieu des champs, de la poussière et des silences lourds de menace. Mais ce qui m’a particulièrement marqué dans ce roman, c’est la présence de Corrie Swanson. Cette adolescente autochtone, rebelle, abandonnée par son père et vivant avec une mère alcoolique dans un mobile-home, apporte une vraie fraîcheur au récit. Derrière son insolence et son humour, elle cache une profonde solitude qui m’a beaucoup touché. La relation qui se construit entre elle et Pendergast fonctionne merveilleusement bien. Elle devient peu à peu son assistante improvisée, le conduisant dans ses investigations à travers la région. Ensemble, ils vont fouiller le passé trouble des habitants de Medicine Creek afin de comprendre qui se cache derrière ces meurtres atroces.
L’enquête est haletante, tendue du début à la fin. Le suspense monte progressivement jusqu’aux derniers chapitres, particulièrement oppressants. Entre superstitions indiennes, secrets enfouis et horreurs indicibles, les auteurs construisent un thriller redoutablement efficace.
Impossible pour moi de refermer ce livre avant d’en connaître le dénouement. Les amateurs de Pendergast retrouveront ici tout ce qui fait le charme de la série : une ambiance sombre, une intrigue intelligente, des personnages marquants et ce mélange si particulier entre enquête classique et étrangeté presque surnaturelle.
Une aventure captivante, inquiétante et terriblement divertissante.
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Extraits :
« Le légiste releva le drap très lentement, laissant apparaitre le cadavre gonflé de Stott dont les chairs se détachaient des os. Hazen avait détourné machinalement les yeux; honteux, il se força à regarder le corps. Il avait vu pas mal de choses répugnantes dans sa vie, mais jamais rien d’aussi éprouvant. la peau s’était déchirée au niveau du torse, comme si elle avait rétréci, laissant échapper des lambeaux de chair. »
« Dans toutes les enquêtes qu’il lui avait été donné de mener par le passé, l’inspecteur s’était toujours efforcé de comprendre son adversaire afin de mieux anticiper ses réactions, mais cela lui était impossible dans le cas présent. La logique du meurtrier ne correspondait à aucun schéma connu, et il ne s’était jamais senti aussi éloigné de la psychologie d’un assassin. Pour la première fois de son existence, l’inspecteur Pentergast se sentait démuni. »
« Corrie, était au bord des larmes. pour une fois que sa vie l’intéressait, pour une fois qu’elle rencontrait une personne digne de respect et d’admiration, pour une fois qu’elle prenait tout simplement plaisir à ce lever le lever le matin, voilà qu’on la renvoyait à la médiocrité de son quotidien. Malgré tous ses efforts, elle ne put empêcher une larme de rage et d’impuissance de rouler sur sa joue. Elle s’empressa de l’essuyer du revers de la main. »
« Smit Ludwig, installé au comptoir chez Maisie, remuait machinalement sa cuillère dans sa tasse de café. Il avait à peine touché sa tourte de viande. Il était plus de six heures et il n’avait pas encore rédigé une ligne. Cette histoire le dépassait, ou bien alors c’est qu’il ne faisait pas le poids. À force de faire le compte rendu des foires agricoles et autres chiens écrasés, il avait peut-être perdu la main. Si tant est qu’il l’ait jamais eue. »
« Elle lui tendit le livre et Pendergast eut le temps d’entrevoir l’illustration. Le livre était tout taché et déchiré, mais l’inspecteur reconnut aussitôt un tableau qu’il ne connaissait que trop bien. Il recula d’un pas, saisi par cette révélation. »
Le duo américain formé par Douglas Preston et Lincoln Child a bâti, en près de trente ans de carrière, un univers aussi cohérent que foisonnant, dominé par l’agent spécial Pendergast et agrémenté de personnages hauts en couleur tels que Gideon Crew, Nora Kelly ou encore Constance Greene, entre autres. Leurs romans sont devenus des classiques du thriller contemporain et se prêtent particulièrement bien au format audio. Un duo d’auteurs devenu une véritable marque
Douglas Preston est né en 1956 à Cambridge, dans le Massachusetts. Avant de se consacrer pleinement à l’écriture, il travaille de nombreuses années au musée américain d’Histoire naturelle de New York. Ce décor, qu’il connaît intimement, deviendra le théâtre de certains des plus grands frissons de leur œuvre, à commencer par « Relic ».
Lincoln Child, né en 1957 dans le Connecticut, est d’abord éditeur chez St. Martin’s Press, où il lance notamment une collection dédiée à l’horreur. Il devient ensuite analyste, puis se consacre lui aussi à l’écriture. La rencontre entre les deux hommes débouche, au milieu des années 1990, sur un projet commun : un thriller se déroulant dans les coulisses d’un grand musée new-yorkais.
Ce sera « Relic », publié en 1995, et rapidement traduit en français. Avec ce premier roman, Preston & Child posent les bases de ce qui deviendra leur signature : un mélange de roman policier, de thriller scientifique et d’horreur, porté par un sens aigu du rythme et du suspense. C’est aussi la première apparition d’Aloysius Pendergast, agent du FBI au look de gentleman du Sud, qui deviendra le fil rouge d’un vaste cycle romanesque.
Depuis, le duo a publié plusieurs dizaines de titres, dont une majorité de thrillers centrés sur des crimes mystérieux, des expériences scientifiques qui dérapent et des secrets enfouis qui ressurgissent au pire moment.
La Saga de Newtown III de Martine Chifflot Broché – Broché – 12 mars 2026 Éditions : Éditions localement transcendantes
Ce roman fantastique nous transporte en Ouralie, un royaume pacifié que des disparitions en série désolent depuis quelque temps. Qui viendra à bout du mal qui s’est abattu sur l’Esternie et qui menace la paix des États Fédérés ? Les lecteurs rencontreront Helda, Franck, Gina, Wladimir Alevisky et tous les autres gardiens du sanctuaire dans des situations inextricables, confrontés aux manigances sophistiquées des pouvoirs occultes criminels. Des aventures extraordinaires et des personnages hors du commun attendent à chaque page, au gré d’un récit télescopique qui nous embarque dans toutes les dimensions. La littérature policière fantastique trouve ici son acmé en convoquant les figures les plus saisissantes de l’imaginaire, des tréfonds infernaux aux plus paradisiaques séjours. C’est un livre vertical qui déploie les plis et les replis de récits enchâssés et de secrètes résonances. Frissons et sensations fortes garanties.
À propos de La Maison des Innocents : « J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises. Je crois n’avoir jamais lu à ce jour, un roman du genre d’une telle qualité. » J-P Dos Santos
J’ai eu la très belle surprise d’être contacté il y a quelques jours par Cyril Soler-Bonnet des éditions localement transcendantes pour me proposer la lecture du troisième volet de la saga de New Town, de Martine Chifflot, “Le Voyage en Ouralie”. Mais la “belle” surprise ne s’est pas arrêtée là… En effet, j’avais déjà vu mon nom sur certaines couvertures de romans. Mais là, c’est une véritable émotion qui m’a emporté en le voyant figurer, non pas en tant que graphiste cette fois, mais en tant que lecteur !
Il y a des lectures qui marquent, et d’autres qui vous happent sans retour. Le Voyage en Ouralie, appartient clairement à la seconde catégorie. Après avoir découvert La maison des innocents puis Les Gardiens du Sanctuaire, je ne m’attendais pas à être de nouveau embarqué avec une telle intensité… ni à vivre une émotion aussi personnelle
Je dois l’avouer, depuis quelques années j’avais mis de coté les sagas fantastiques et horrifiques pour des romans plus contemporains. Pourtant, ici, tout m’a saisi. L’écriture est d’une précision remarquable, exigeante, presque ciselée. Les phrases s’étirent, les chapitres s’enchaînent, et je me suis souvent retrouvé à chercher, sur quelques lignes, à quel personnage j’étais en train de m’attacher. Cette construction singulière participe à l’immersion totale. J’ai même enrichi mon vocabulaire, découvrant des termes rares comme “anatopique”, qui désigne un monde analogue au nôtre.
Mais plus j’avance dans cette saga, plus je suis bousculé. Le récit est d’une violence extrême, sans concession. Certaines scènes sont difficiles, dérangeantes, parfois insoutenables. Pourtant, rien n’est gratuit. Tout s’inscrit dans une logique sombre et cohérente, où le fantastique se mêle au pire de l’humanité. Ici, les ombres dominent, pesantes, et les thématiques abordées, le cannibalisme, le trafic d’organes, satanisme, renforcent cette atmosphère oppressante.
En Ouralie, ce monde imaginaire si proche du nôtre, les disparitions se multiplient. Hommes, femmes, enfants… nul n’est épargné. Helda, inspectrice déterminée, accompagnée d’une équipe d’élite, poursuit un combat qui dépasse l’entendement. Il ne s’agit plus seulement d’enquêter, mais de lutter contre des forces obscures, contre des réseaux impensables mêlant trafic, rituels et perversions. C’est une guerre silencieuse entre ceux qui défendent l’humanité et ceux qui cherchent à la détruire.
Avec ce troisième volet, Martine m’entraîne encore plus loin, dans une descente presque hypnotique. J’ai été captivé, troublé, parfois même mal à l’aise. Et malgré le cadre imaginaire, certains noms, certaines résonances m’ont semblé étrangement familiers, comme un écho troublant à notre propre réalité.
Je referme ce livre encore sous le choc. Une lecture puissante, dérangeante, une œuvre noire, intense, qui confirme tout le talent d’une autrice qui maîtrise son univers avec une redoutable intelligence.
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Extraits :
« LE LENDEMAIN des verdicts, un terrible orage avait éclaté au cours de la nuit. La ville s’en était trouvée purifiée, lavée, mais aussi remuée de fond en comble. Les habitants avaient craint, pendant un moment, que l’apocalypse ne fût en cours, l’intempérie s’était révélée tempête et des toitures avaient été arrachées. Les plus gros dégâts s’étaient produits sur les rives de l’Hedson, où de nombreuses masures avaient été foudroyées. Le fleuve avait brutalement grossi et ses rives avaient été submergées, les flots emportant arbustes et terres au large, vers l’océan, qui, furieux, avait aussi menacé les abords lointains de la cité. De mémoire humaine, jamais pareille intempérie n’avait assailli la capitale et tous les New-Towniens avaient connu la peur qui s’empare des cours à l’approche de la fin des temps. »
« Elle partageait les inquiétudes du président Sunert à ce propos car, dès sa nomination ministérielle, ils s’étaient tous deux appliqués à démanteler le réseau des Manipulateurs du Temps, dont les attaques climatiques avaient dévasté plusieurs États et mis les populations en péril. Les opérations avaient été rapidement menées et, grâce à l’efficacité redoutable de Helda, les installations mortifères avaient été détruites tandis que leurs ingénieurs et leurs techniciens avaient été incarcérés dans la prison administrative, où ils connaîtraient une reprogrammation irréversible, à moins d’être condamnés pour haute trahison et sabotage. »
« Il lui semblait subir un arrachage général de tous les organes et celui de son cœur causait évidemment la plus mortelle souffrance, sa poitrine ouverte laissait passer le cœur palpitant et sanguinolent que des mains avides attrapaient, récupérant le sang au passage dans des réservoirs blanchâtres et transparents qui s’assombrissaient au fur et à mesure de leur remplissage. Les officiants murmuraient des formules incompréhensibles et un gigantesque affairement secouait tous ces lieux que les ricanements démoniaques emplissaient aussi d’une odieuse vague sonore. »
« Un homme avait jailli de l’arrière du véhicule et l’avait plaquée contre le côté gauche de l’engin. Le conducteur avait secondé son complice et, tous deux la soulevant, ils l’avaient enfournée dans le véhicule, basculée sur une couverture et bâillonnée avec un chiffon humide qui empestait le chloroforme. Elle avait alors glissé dans un sommeil opaque que des rêves effrayants traversaient par intermittences. »
« Mais où suis-je ? Où sont mes parents, mes amis, mon fiancé ? Vous m’avez kidnappée ! Comment puis-je les rejoindre ? Laissez-moi partir. »
Écrivaine, autrice et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe son troisième thriller romanesque “Le Voyage en Ouralie” de la saga de New Town, après “La Maison des Innocents” et “Les Gardiens du Sanctuaire”, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.
Docteure en philosophie (HDR) et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.
Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.
Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films. Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.
Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.
de Laure Bonnet Alain Decker Emmanuel Giampino Stéphanie Jore Rose Mallai Sylvie Marchal Sèverine Mazières Marco Pianelli Patrice Quélard Marc Schaub Boris Sciutto Christophe Tabard Sébastien Theveny Sébastien Vidal
Broché – 2 février 2026 Éditeur : auto édition
Quatorze auteurs se sont joints à l’aventure. Un projet collectif porté par le plaisir d’écrire, le goût des récits qui savent vous tenir en haleine pour un recueil qui ressemble exactement à ce qu’on aime : du noir, du suspense, de la passion… et surtout l’envie de partager. Alors installe toi bien. Tourne la page. On t’attend de l’autre côté car les histoires sont plus belles quand on les partage.
STOP !!! Posez ce café. Lâchez ce téléphone. Éteignez la télé. J’ai quelque chose de grave à vous dire.
Mais qu’est-ce que c’est que ce recueil de nouvelles ?! Et ils sont QUATORZE à s’être ligués pour écrire ça ?! Mais c’est quoi ce délire ???
Franchement, je ne comprends pas qu’on n’en parle pas davantage. Courtes peines, c’est un concentré de pépites. Des nouvelles qui claquent, qui giflent, qui chatouillent… parfois tout en même temps.
Écrire une nouvelle, c’est capturer un instant avant qu’il ne file en douce. C’est tendre un fil invisible entre le souffle et la chute. Aïe. C’est dire énormément avec presque rien… enfin si, quand même quelques mots, mais bien aiguisés, oui mais pas trop, sinon, ce n’est plus une nouvelle !
Et là, ils sont quatorze à jouer du scalpel.
J’en ai reconnus certains… les filous ! Les tordus magnifiques, les malins qui se glissent dans leurs propres textes pour égratigner les copains. Oui, je vous ai vus. Quel plaisir de lecture… C’est drôle, très drôle parfois même, mais pas tout le temps, c’est vrai. Il y a aussi la peur, le stress, de la noirceur, des envies de meurtre… pas moi hein ! Eux ! Enfin… leurs personnages. Je crois. Les auteurs, vous croyez ?
Résultat, ils m’ont retourné le cerveau. À tel point que j’ai loupé ma station de train. Demi-tour obligatoire. Et devinez quoi ? J’avais déjà fini le livre. Panique totale. Mais qu’est-ce que je vais faire ? Relire une seule nouvelle ? Impossible. Les treize autres vont me tomber dessus. Et vu tout ce qui se passe dans leurs têtes, je préfère éviter ! Surtout qu’elles sont toutes très bonnes. Mais si je les relis toutes, c’est le risque de louper une nouvelle fois ma station !!! Dilemme existentiel.
Mais qu’est-ce que j’ai ri ! Pas tout le temps, c’est vrai…
Quatorze voix. Quatorze univers. Quatorze ombres plus ou moins bienveillantes — plutôt moins que plus, d’ailleurs. Je ne sais pas ce que Géraldine leur a promis pour qu’ils excellent à ce point, mais si ce collectif ne remet pas ça l’an prochain… je rends mon badge de lecteur enthousiaste.
Euh, j’en étais où ? Alors, euh, j’ai ri… euh j’ai été emporté, euh… Ah oui !!!
STOP !!! Arrêtez immédiatement ce que vous êtes en train de faire et courez commander Courtes peines chez votre libraire préféré, ou le plus rapide, ce sera plus sûr.
Pas parce que je vous l’ordonne. Mais parce qu’ils le méritent. Vraiment.
Chapeau bas aux quatorze auteurs, que je ne nommerai plus, ça suffit maintenant !!! Mais bon, ils ont frappé très fort.
Mais qu’est-ce que j’ai ri…
Bon. D’accord. J’arrête. 😄
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Extraits :
LAURE BONNET « — C’est vrai. Laissez-moi m’expliquer et je m’en vais. Je n’ai pas beaucoup de temps devant moi, de toute façon. Jeff soupire profondément. Il est contrarié de cette intrusion qui va lui faire perdre du temps sur son travail, et le temps, c’est de l’argent. Mais la détermination dans l’œil de la jeune fille en rouge lui laisse deviner qu’elle n’abandonnera pas son idée folle. Autant régler cette histoire maintenant plutôt que de la retrouver tous quatre matins sur son seuil. Alors, il lâche la porte et la laisse entrer. »
ALAIN DECKER « Le but de cette inspection sur le terrain? Relever la localisation de l’espèce, mesurer son niveau de radiation et effectuer des prélèvements sanguins. Le résultat de ces analyses avait été édifiant : les chercheurs américains avaient identifié des régions spécifiques du génome du loup, capables de résister à un risque accru de cancer, en dépit de la forte dose de radiation subie (six fois supérieure au seuil normalement toléré). Autrement dit, une nouvelle race de loups mutants était apparue : plus forte, plus puissante, plus résiliente. »
EMMANUEL GIAMPINO « 9h00 ! Top départ! Merci la S.N.C.F. ! Enfin un train à l’heure. Du moins au départ. Altitude, 12 mètres… Hydrométrie? O… Température extérieure, 31 °C… “Mais ça ne va pas durer !” »
STÉPHANIE JORE « Elle. Elle grelotte. Le quai quasi désert revêt des allures inquiétantes dans la pénombre. Le jour se fait encore désirer et le vent résonne en lugubres sifflements à ses oreilles. Elle ne peut pas s’empêcher de se sentir vulnérable, en cet instant, et elle déteste ça. Elle consulte la grande horloge qui semble la narguer. 6 h 48. »
ROSE MALLAI « — Hello tu te souviens de moi ? Chloé relit pour la troisième fois le message. Évidemment qu’elle se souvient. Elle clique sur le profil et survole le compte Instagram associé. Peu de vidéos, quelques clichés et parmi eux, une photo de classe avec la mention: école Anne Franck-CE1- 2019 L’adolescente esquisse un sourire. Elle a la même, punaisée sur le mur de sa chambre. Elle observe attentivement la photo de profil pour essayer de reconnaître les traits de Charles, son ancien voisin, son ami, son amoureux. Son premier chagrin aussi, lorsqu’un camion de déménagement l’a emporté à des centaines de kilomètres. »
SYLVIE MARCHAL « – Tu es prêt? questionne le colosse. – Il faut que tu m’en dises plus. J’ai compris que tout ce que tu m’offres a un but spirituel. Mais jusqu’où irons-nous ? – Dans ma culture, fils, on ne s’affronte pas pour se battre, mais pour traverser jusqu’aux esprits. J’espère que tu donneras le meilleur de toi-même. Tu serais mon allié pour rejoindre ma famille. »
SÈVERINE MAZIÈRES « Il s’était réveillé trempé de sueur. Après deux mois de cauchemars sans nouvelles, il avait pris une décision : aller voir madame Lemoine en personne. C’était son nom sur les lettres. C’était elle qui gérait son dossier. Il l’imaginait : tailleur gris, lunettes, voix sèche. Il s’était dit qu’en face, peut-être, elle comprendrait. En face, il pourrait lui expliquer. En face, il redeviendrait un être humain. »
MARCO PIANELLI « Dès lors, j’abandonnai ma conscience lourdement sur le sol, pour me réveiller à l’arrière d’un van aux pieds de deux kidnappeurs cagoulés. Dans un virage serré, je me ramassai les semelles de mon poto dans le visage. Nous étions étendus tête-bêche, et j’espérais encore qu’il puisse s’agir d’une erreur. C’est ainsi quand on est génétiquement optimiste. »
PATRICE QUÉLARD « De fait, il était en piteux état. Le coin de la bouche tombante qui lui donnait un chuintement d’élocution caractéristique, un œil fermé du même côté, il ne pouvait marcher qu’appuyé sur une béquille et était engoncé dans des fringues constellées de taches de graisse et trop grandes pour lui. Michel se tenait debout à trois mètres de son hôte, pourtant son odeur de sueur rance lui picotait le nez. S’il l’avait rencontré dans la rue, il aurait pris ce type pour un mendiant. Il devait avoir quarante-cinq ans environ, mais il en paraissait quinze de plus. »
MARC SCHAUB « Je détournai les yeux, mal à l’aise. Je repensai à tous les livres que j’avais commencés sans jamais les finir. À ceux dont je n’avais jamais retenu le nom du héros. Et si… certains d’entre eux étaient là, coincés pour l’éternité dans cette ville suspendue, condamnés à errer sous des visages sans mémoire ? »
BORIS SCIUTTO « — Carla ? C’est moi, c’est papa. Le visage de la jeunette s’assombrit subitement, elle recule d’un pas et retire la main de Pierre d’un mouvement brusque de l’épaule. – Qui êtes-vous ? Je ne vous connais pas ! – Mais enfin ma chérie, c’est moi, Pierre. Papa ? Souviens-toi ? »
CHRISTOPHE TABARD « En observant son fils, concentré sur sa tâche, elle le trouva différent. Pas comme d’habitude. Un élément qu’elle mit quelques secondes à définir: sa moustache. Certes, à son âge, et la puberté aidant, il commençait à avoir une ombre qui se dessinait sous le nez. Mais là, c’était plus qu’une ombre. Son rejeton arborait une moustache finement taillée au poil conséquent. Rien à voir avec le fin duvet qu’il exhibait encore fièrement la veille et qui était l’objet des railleries de son géniteur. »
SÉBASTIEN THEVENY « Même le chat Pompon s’était fait la malle sous le conteneur destiné au recyclage des revues, magazines et autres livres destinés au pilon. C’était là sa place privilégiée en cas de pluie, de fortes chaleurs ou de fréquentation trop nombreuse. Le félin aimait sa tranquillité bien qu’il ne tarisse pas d’une certaine curiosité prudente inhérente à sa race. »
SÉBASTIEN VIDAL « – L’homme s’appelle Claude François. Il… — Claude François ? Sérieusement ? — Oui, il y a des parents qui ont de l’humour, hein, mais je ne suis pas sûr que demain on ait le lundi au soleil. Bref, soudeur au chômage en fin de droit, il ne paye plus les traites pour la maison. Il a plus ou moins sombré dans l’alcool, le truc classique, sa femme l’a quitté et a emmené leur gosse avec elle. Il est resté seul avec son chien. De ce qu’on a réussi à savoir, la situation s’est compliquée quand ses nouveaux voisins ont emménagé il y a cinq mois de cela. — Pourquoi ? — Disons que ce sont des gens tatillons qui n’aiment pas trop les étrangers. — Mais…Claude François c’est un nom tout ce qu’il y a… — Il a été adopté tout petit, il est cambodgien. »
Les auteur(e)s Laure Bonnet : Autrice au parcours éclectique, Laure Bonnet exerce aujourd’hui tour à tour et parfois en même temps dans les domaines du théâtre (particulièrement la dramaturgie) et de la santé. Elle est diplômée de l’Ecole du TNS (comédienne), de la Fémis (scénario) et plus récemment du DE d’Aide-Soignante, métier qu’elle pratique assidûment et avec passion, quand elle n’est pas en train d’écrire des histoires qu’elle espère que les lecteurs auront envie de mettre dans leur valise s’ils doivent aller à l’hôpital. Son premier roman, « Silver Scalpel » écrit avec sa sœur Colombe, a été édité aux Éditions du Gros Caillou. Ce thriller a été remarqué parmi des centaines de textes lors du 2eme concours du Gros Caillou, parrainé par Pétronille Rostagnat.
Alain Decker : est un photographe, globe-trotter, enseignant et auteur. Il a longtemps voyagé à l’étranger et vécu aux Etats-Unis et travaille aujourd’hui en Normandie, dans le domaine de l’enseignement supérieur. Son premier roman (auto-édité) « Derrière le brouillard » est aujourd’hui intitulé « Jours de ténèbres ». Publié dans la prestigieuse collection « La Bête Noire » (Robert Laffont), il a remporté le « Grand Prix des Enquêteurs » 2023.
Emmanuel Giampino : Emmanuel Giampino est un écrivain, auteur de polars et thrillers originaire du sud de la France. Aujourd’hui enquêteur dans la Police Nationale, anciennement de la brigade anti-criminalité, ses vingt années d’expérience lui offrent un vécu « inspirant » qu’il a mis à profit en l’associant à sa passion pour l’Histoire. Il en résulte un trilogie haletante parfaitement menée avec « Mnesik » (2021), « Gardien » (2022) et « Révélation » (2023). S’en suivent « Les légendes d’Alba » (2024), roman tout public dans lequel le lecteur devient voyageur et traverse l’Ecosse avec de jeunes héros. Enfin « Semper Amemus » (2024), premier polar de l’auteur qui a aussi été finaliste de plusieurs concours littéraires.
Stéphanie Jore : est depuis toujours passionnée par la lecture et l’écriture. En 2019, elle prend la plume pour son premier roman. Femme et maman comblée (traduire heureuse et épuisée) de deux enfants, Stéphanie se plaît à donner dans ses écrits la parole à des héroïnes du quotidien.
Rose Mallai : se découvre une passion pour l’écriture à l’occasion d’un atelier portant sur les courtes nouvelles. Son premier roman, « Et ensuite, le silence » (2024), pour lequel elle a reçu le prix Coquelicot Noir 2025, a rencontré un vif succès auprès des lecteurs et des bibliothécaires. En 2025, elle signe « Ne reste que la nuit », en sélection pour le prix Hors-Concours. Quand elle n’écrit pas des thrillers psychologiques, Rose s’adonne régulièrement à la pratique de l’escalade et vit en Normandie avec ses deux enfants.
Sylvie Marchal (Kara) : est une auteure française. Elle grandit en Franche-Comté. Après des études de droit à Strasbourg, elle devient professeur des écoles dans les Landes. Elle est aujourd’hui enseignante spécialisée et s’occupe d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers. Curieuse par nature, elle reprend en 2016 des études de psychologie à Toulouse en parallèle de son travail puis commence à écrire, sans penser à publier ses textes. En 2020, elle participe au concours littéraire proposé par le journal 20 minutes. Le manuscrit du roman « Le disparu de la corniche » sera retenu pour faire partie des 4 finalistes parmi plus de 500 romans. En 2021, l’auteure poursuit son travail et propose « Des pissenlits à travers le bitume » au concours Kobo Fnac des talents de demain. Il y trouvera ses mille premiers lecteurs puis il sera diffusé plus largement. En 2022, l’auteure propose Socoa, son roman le plus sombre. En 2023, « Marie » est finaliste sur Fyctia et sera édité en 2024 aux éditions Terres de l’ouest sous le titre « Dans les méandres du fleuve ». Un roman noir, social, engagé et percutant.
Sèverine Mazières : Périgourdine, Sèverine Mazières a le Sud-Ouest chevillé au corps. Autrice depuis qu’elle a appris à écrire, elle est devenue écrivain public biographe en 2013, après avoir œuvré 15 ans en tant que prof de français et de cinéma. « Mots Nés d’Échanges », c’est son entreprise – les échanges étant son moteur et la raison pour laquelle elle aime écrire. Pour elle, l’écriture n’est pas un acte solitaire, mais un partage. Après plusieurs participations à des concours de nouvelles, elle publie son premier recueil, Des Nouvelles d’ici, en 2016. Un deuxième, Entre gris clair et gris foncé, sort en 2023. Par ailleurs, elle participe à la publication de recueils collectifs : 11 Bruits de couloir (2021) et 12 Trains de vie (2023). Épigone, son premier roman, mûrit depuis le changement d’heure d’hiver d’octobre 2017. D’abord écrit sous la forme d’une nouvelle, elle s’est lancé le défi d’en faire tout un roman. Il sort aux Éditions Alter Real Suspense en juillet 2024. Épigone a remporté le prix du salon de Chasseneuil 2024 et il est finaliste du prix du polar de Mauves en Noir 2025. Il remporte le troisième prix du salon du polar de Miallet en 2025. Il est également sélectionné pour le prix Loiret Crimes 2025 et des Mordus de thrillers 2025, et sélectionné pour les salons de La Plume assassine et Cha’polars 2025.
Marco Pianelli : est un écrivain français. Il s’appelle Marco Pianelli en hommage à une grand-mère corse, probable inspiratrice de son goût de la lecture. Après des études littéraires, il part à l’étranger en Europe Centrale, où il devient enseignant. De cette période, il en a gardé une saveur fictionnelle d’être l’inconnu dans un milieu, suscitant le doute, l’intérêt, la méfiance, et parfois la menace. Depuis son retour il pratique avec assiduité les sports de combat et la littérature. « L’ombre de la nuit » (septembre 2021 Éditions Jigal) est son premier roman. Réédité en juillet 2023 aux Éditions du 38. « La mécanique du pire » (mai 2022 Éditions Jigal) est son deuxième roman. Réédité en septembre 2023 aux Éditions du 38. « Malovics » (novembre 2023 M+ Éditions) est son troisième roman. Le jeudi 14 mars 2024, dans le cadre prestigieux du Quartier des Célestins, état-major de la Garde républicaine, Marco Pianelli a reçu le Prix du roman de la gendarmerie nationale. Son thriller « Les entrailles de la nuit », désigné par le jury à une nette majorité, est désormais publié par les éditions Plon. « Zéro Karma » (novembre 2024 Éditions du 38), roman inédit, 3e volet des aventures de Paco Sabian. Avril 2025 ; sortie des Entrailles de la nuit, version poche aux Éditions Pocket. Septembre 2025, Marco Pianelli est le Lauréat du Prix Loiret Crimes 2025 avec son roman Les entrailles de la nuit.
Patrice Quélard : Diplômé de l’Institut universitaire de formation des maîtres d’Amiens (1995), Patrice Quélard a déjà consacré plus de la moitié de sa vie à l’enfance : d’abord animateur, puis directeur de centre de vacances, il est enseignant et directeur d’une école élémentaire. En 2010, il publie son premier album de jeunesse. En 2016, sa première pièce de théâtre est mise en scène. « Fratricide » (2013), son premier roman, a été finaliste du concours des lecteurs France Loisirs, et lauréat pour la catégorie « romans historiques » en 2013, puis Lauriers d’Or des auteurs indépendants en 2017, lors de sa réédition. En 2018, Patrice Quélard a écrit « Jeux de vilains », un roman graphique pour la jeunesse sur la première guerre mondiale, illustré par Eric Dodon. Patrice Quélard a également publié de nombreuses nouvelles chez plusieurs éditeurs, dont Arkuiris. En 2021, il est lauréat du premier prix du roman de la Gendarmerie nationale avec « Place aux immortels » (Plon). Il vit à Saint-Nazaire où il mène parallèlement une carrière dans l’éducation. Il continue à se documenter de façon approfondie sur les sujets évoqués dans ses livres.
Marc Schaub : Grand lecteur, photographe de charme, mais pas que, et joueur d’échecs. Chroniqueur pour « Le collectif polar », il aime lire, tout simplement, et en permanence.
Boris Sciutto : Fonctionnaire de police depuis 20 ans, Boris a travaillé en région parisienne où il puise une grande partie de son inspiration. Retranché dans son Var natal, il s’évade par l’écriture de romans policiers dans lesquels il essaie de rester au plus proche de la réalité des enquêtes et du terrain. Son premier roman policier, « Black out », trouve refuge auprès de la maison d’édition des Presses du midi qui lui voue une totale confiance pour la suite de ses projets. S’en suit « Noël au balcon », qui s’avère être la première enquête du commandant Archibald Letesquieux, flic à la vie tourmenté qui arpente les rues parisiennes à la recherche d’une ombre qu’il suspecte d’être responsable de meurtres maquillés en suicides. Son troisième opus, « Un fauteuil a la mer », poursuit les aventures d’Archibald qui a fini par muter au commissariat de Toulon et dont l’enquête sur le meurtre d’un bijoutier va l’orienter sur un suspect en fauteuil roulant. Ce roman finit finaliste du prix de l’Evêché 2021, prix récompensant le meilleur roman policier se déroulant dans la zone « Grand Sud ». L’histoire d’Archibald se poursuit avec « Mo(r)t compte double », qui terminera également finaliste du Prix de l’Évêché 2023. Son cinquième roman, « Clarisse », relate les tourments d’une enquête grenobloise au sein de laquelle Mike Vila, capitaine de police emblématique, sera suspecté de la mort d’une jeune fille et mettra tout en œuvre pour prouver son innocence. Dans « Les malaises d’Etretat », Boris met en œuvre Maguy, lieutenant de police parisienne à la vie personnelle et professionnelle fade et ennuyeuse. le corps d’une jeune fille au pied des falaises à Etretat va bouleverser son quotidien, la jeune victime ayant dans ses affaires la carte de visite de Maguy, alors que les deux femmes ne se connaissent pas. Avec l’accord de sa hiérarchie, Maguy va enquêter en terre normande aux côtés des gendarmes pour comprendre la vérité. Dans » le secret de l’ours », une femme va être découverte morte à son domicile dans des circonstances effroyables: déchiquetée par un ours. Les enquêteurs toulonnais vont alors se replonger dans un cold-case vieux de 13 ans impliquant un ancien flic surnommé le Grizzly, innocenté faute de preuve. Un terrible événement va survenir au sein du groupe et Archibald va être forcé d’écourter ses vacances en famille pour prêter main-forte à son équipe et résoudre ce double-meurtre.
Christophe Tabard : est un écrivain français. Après avoir fourbi ses premières armes dans la BD en qualité de scénariste, il se lance dans l’aventure solitaire de l’écriture. Des nouvelles, d’abord. Certaines primées, d’autres participant à des recueils. Puis, enfin, le grand saut vers l’écriture d’un roman et son édition, suivi d’un autre, de quelques recueils et d’un dictionnaire loufoque en autoédition. En 2022, il a intégré la maison d’édition Des livres et du Rêve pour son livre : « Miam ».
Sébastien Theveny : est aujourd’hui un auteur hybride : à la fois autoédité et au catalogue de plusieurs maisons d’édition. C’est en 2016 que débute pour lui la grande aventure de l’édition. Cette année-là, son premier roman Trouble Je paraît aux Editions Douin, le jour-même de ses 40 ans. Un anniversaire haut en couleurs qui allait augurer d’une suite inespérée.
Sébastien Vidal : Enfant de la Xaintrie, Sébastien Vidal a partagé ses brèves études entre Cantal et Corrèze et vit à Saint Jal (Corrèze). Passionné d’histoire, il a entamé une saga romanesque en hommage à la Résistance avec un diptyque « Les Fantômes rebelles » puis « Les clandestins de la liberté » en 2011 et 2012. En 2017, Sébastien Vidal se lance dans le monde du polar avec le premier volet de sa « trilogie des Sentiments Noirs » : Woorara. A suivi ensuite Carajuru fin 2017. La fin de cette trilogie s’annonce pour octobre 2018 avec Akowapa. L’écrivain retraité de la gendarmerie Sébastien Vidal a reçu le prix Landerneau du polar pour De neige et de vent (Le mot et le reste), un roman noir ayant pour décor les Alpes en hiver. C’est le cinquième roman de cet auteur originaire de Corrèze qui a passé 24 ans dans la gendarmerie.
de Cédric Cham Broché – 15 mai 2019 Éditeur : Jigal
Christo porte dans sa chair les stigmates d’une enfance extrêmement violente. Christo lutte pour contenir cette rage qui bouillonne en lui… Jusqu’au jour où son regard croise celui de Salomé, une jeune femme qui va l’accompagner au-delà des cicatrices. Christo va faire ce qu’il pensait impossible jusqu’alors. Lâcher prise ! Au risque de ne plus rien maîtriser… Mathias, enfant, fugue pour éviter les coups, espérant un monde meilleur. Mathias se réveille enfermé dans une cage. Abandonné, désespéré, la peur au ventre, seul ! Jusqu’à ce que son geôlier se dévoile, un homme qui lui annonce qu’il va le dresser. Pour survivre, pour vivre, Mathias va faire ce qu’il pensait impossible jusqu’alors ! Au risque de se perdre à tout jamais. Deux êtres. Deux vies. Peut-être pas si éloignées…
J’ai découvert l’écriture de Cédric Cham avec Le fruit de mes entrailles ! J’ai été bousculé et j’en ai pris plein yeux…
Avec Broyé, je suis ressorti de ma lecture complètement sonné. Dès les premières pages, j’ai su que ce roman allait me plonger dans quelque chose de viscéral, d’indicible. Broyé porte bien son nom, j’ai eu l’impression d’être happé dans une spirale de noirceur, sans répit, sans issue. Et pourtant, impossible de lâcher prise…
C’est une double trajectoire que nous offre Cédric. Celle de Mathias, adolescent en cavale, arraché brutalement à sa liberté pour se retrouver dans une cage, littéralement. Enfermé, humilié, brisé. Celle de Christo, homme meurtri, taiseux, marginal, hanté par une violence sourde. Deux êtres abîmés, que la vie n’a pas épargnés, deux parcours qui finiront forcément par se croiser.
J’ai été glacé par la précision de l’écriture, sans fioriture. Cédric n’enrobe rien, il livre la douleur telle qu’elle est, brute, nue. Chaque phrase m’a coupé le souffle. Chaque scène m’a confronté à ce que l’humanité peut avoir de plus sombre, mais aussi parfois de plus fragile. J’ai eu peur pour Mathias, mais j’ai surtout voulu tendre la main à Christo. Et j’ai serré les dents, longtemps, en voyant ce qu’ils enduraient. Ce roman, c’est une claque. Une immersion dans l’enfer d’une vie volée, d’une reconstruction incertaine. Un roman où la tension est constante, où le moindre silence résonne comme une menace. Un roman dur, mais nécessaire.
J’ai failli me perdre dans ce thriller… Et cette fin qui m’a cueilli en plein cœur. Je ne l’ai pas vue venir du tout, et elle m’a laissé muet, scotché. Broyé n’est vraiment pas un thriller comme les autres. C’est un cri, un hurlement, que dis-je, un vertige ! Cédric est allé beaucoup plus loin dans ce roman… je sais que je ne l’oublierai pas de sitôt.
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Extraits :
« Ses jambes peinaient au soutien. L’épuisement lui tétanisait les muscles. Son souffle était erratique. Presque une heure qu’il courait. Une heure qu’il avançait, persuadé qu’au moindre arrêt, il le rattraperait. Alors, il courait, il fonçait… »
« Tant qu’il se maîtrise, il reste en vie. Tant qu’il se maîtrise, il ne fait de mal à personne. La plupart des gens sont remplis de souvenirs d’instants heureux, avec papa ou maman. Un matin de Noël, un moment de complicité, des vacances, des éclats de rire… Christo n’a pratiquement aucun souvenir. Comme si sa vie se résumait à une succession de trous noirs. Même s’il a de plus en plus de mal à distinguer les bribes du passé des histoires qu’il se raconte, il y a un souvenir qui lui revient régulièrement en tête. La baignoire. »
« Oui, Christo préférait lorsque « Lui » était là. Même s’ils s’y mettaient à deux pour le castagner au-dessus de la baignoire. Au moins, il n’était pas obligé de prendre sa place au lit. Ça lui était tombé dessus comme une cocotte d’eau bouillante en pleine gueule. Et ce n’est pas qu’une façon de parler. Il suffit de jeter un coup d’œil à son épaule gauche et à la drôle de consistance qu’a conservée sa peau. Plus les mois ont passé, plus les simples caresses sont devenues des trucs dégoûtants. »
« Une migraine cognait fort dans sa tête. Son nez encombré le faisait suffoquer à moitié. Des pensées embrumées dissoutes sous son crâne. Il n’avait plus de prise sur rien. Mathias. Son prénom ? Oui… Son prénom… Oui… Il était Mathias. Cette simple certitude fut comme un coup d’aiguillon. Une victoire qui lui redonnait un peu d’espoir. Au prix d’un nouvel effort, il réussit à faire pivoter sa tête. Son nez frotta l’acier de la cage. Il referma ensuite sa main gauche sur un des barreaux, pour s’aider à se relever. »
« Pêche lui envoie un clin d’œil, à moins qu’elle ne chasse une poussière, et tourne les talons. Ringo se redresse, la suit du regard, comme s’il était déçu qu’elle s’en aille. Christo, lui, sourit. Un sourire. Fragile. Prêt à casser. Cela fait tellement longtemps que les muscles de son visage lui font mal. Malgré tout, ça fait du bien de sourire. »
Cédric Cham, né en 1978, est originaire de la région Rhône-Alpes. Le jour, il travaille au sein de l’Administration pénitentiaire française, la nuit, il écrit des polars. Dès son plus jeune âge, la lecture est devenue une “addiction”. Impossible de passer plus de vingt-quatre heures sans sentir le papier sous ses doigts… Et tout naturellement, à force de dévorer les romans des autres, il en est venu à écrire ses propres histoires. Cédric Cham aime les récits sombres et réalistes. Pourquoi ? Parce que d’après lui, le noir reflète parfaitement notre société actuelle… Ce qui se passe au coin d’une rue oubliée, derrière une porte close, de l’autre côté de la ligne blanche… Ces endroits où la réalité dépasse trop souvent la fiction !
de Cédric Sire Broché – 1 janvier 2010 Éditeur : Le Pré aux Clercs
Ils semblent se nourrir de sang. Leurs victimes sont retrouvées exsangues. Eva Svärta et le commandant Vauvert viennent enfin de mettre un terme aux agissements des frères Salaville. Mais les meurtres continuent, défiant toute logique. Les talents d’Eva, policière albinos dotée d’un instinct hors normes, vont la conduire aux frontières de la rationalité. Là où, à tout instant, les ténèbres menacent de s’ouvrir sous vos pieds, où votre propre reflet dans le miroir pourrait vous engloutir, où la part d’ombre qu’Eva porte en elle causera sa perte ou lui sauvera la vie…
Dès les premières pages, j’ai su que je ne refermerais pas ce livre avant d’en avoir arraché la dernière ligne. De fièvre et de sang m’a happé comme une bête dans l’ombre, m’a entraîné là où l’horreur côtoie le sacré, là où les monstres ont parfois un uniforme et les anges, un masque de porcelaine.
Tout commence dans une ferme isolée, au cœur de l’horreur. Une jeune fille, ligotée sur un matelas souillé, des miroirs brisés comme autant de reflets de folie, et deux frères dégénérés, plus fangeux que humains. Mais l’odeur de souffre va bien au-delà du simple fait divers, le surnaturel rôde. Et il a des crocs. Dans cette atmosphère saturée de peur et d’énigmes, deux figures se dressent, le commandant Vauvert, brute bourrue au cœur cabossé, et Eva Svärta, profileuse albinos, aussi fascinante qu’énigmatique, marquée dans sa chair et son esprit par un passé indicible. Le duo fonctionne à merveille, entre tension, ironie et complémentarité troublante.
Cédric Sire nous livre ici un thriller qui flirte avec le gothique et le fantastique (j’adore !!!), tout en gardant les pieds dans une enquête policière solide. L’écriture est vive, dense, parfois baroque, souvent cruelle. Elle convoque les ombres de Poe, des idées de Baudelaire, les cauchemars de Clive Barker. On sent les influences, mais la voix est bien celle de Cédric, brute, directe et très envoûtante.
Plus j’avançais, plus le roman m’entraînait vers l’abîme, un personnage étrange, un masque figé, des jeunes filles saignées, et cette question obsédante. “Et si la légende de la comtesse Erzsébet Báthory, n’en était pas une ?”
Le récit m’a glacé, et pourtant, j’en redemandais. Addictif, terrifiant, viscéral. C’est un roman qui vous attrape à la gorge, vous secoue, vous trouble, vous hypnotise… m’a hypnotisé… Et quand vient la chute, magistrale, brutale, inattendue… j’ai refermé le livre, le souffle court, désarçonné…
Cédric Sire signe ici un chef-d’œuvre de noirceur et de tension. Une pépite pour ceux qui aiment les histoires qui saignent et les vérités qui dérangent.
Extraits :
« Quand ils l’avaient traînée de force ici, sans qu’elle ne puisse rien faire pour se défendre, quand ils lui avaient arraché ses vêtements un par un, jusqu’à ce qu’elle soit entièrement nue, et qu’ils l’avaient attachée à des sangles, solidement serrées autour de ses poignets et de ses chevilles, sur un matelas poisseux, elle avait encore cru qu’ils ne voulaient que la violer – et cette pensée était déjà insupportable -, mais au fond d’elle, là où l’âme ne se ment pas, elle le savait. Ses tripes le savaient. Ce qu’ils allaient lui faire quand ils reviendraient serait bien pire qu’un viol. »
« Aucun des deux frères ne se releva de la table d’autopsie. Cela n’empêcha pas la presse de leur trouver le surnom de “vampires de la montagne Noire” et de diffuser toute une cascade de descriptions, plus ou moins discutables, au sujet de la folie meurtrière qui s’était emparée de ces deux hommes. Après tout, ils avaient tué plus de vingt jeunes femmes de manière particulièrement atroce, sur une période d’une année entière, et cela en toute impunité. Le mystère autour de ce qu’ils avaient bien pu faire de tout ce sang – et de la peau des visages, qu’on n’avait pas retrouvée – demeurait une source de spéculations quasi inépuisable. Une manne, pour les médias, de tous genres et de tous bords confondus. »
« Le soleil avait disparu depuis longtemps quand, derrière la baie vitrée, un éclair illumina le ciel. Les premières gouttes de pluie commencèrent à tinter contre les vitres, presque avec timidité. Puis le tintement devint rafale. La pluie se changea en orage, où il n’y avait plus aucune timidité. Juste la volonté de s’abattre, de frapper, avec une rage sans cesse accrue. »
« Le sang. Tout ce sang. Jailli de ce corps-là, désarticulé en travers de la table. Le sang a éclaboussé les murs, la moquette, les fauteuils en cuir. Les projections ont atteint jusqu’à la baie vitrée. À la lueur des éclairs, il s’écoule, douce-ment, imitant la pluie au-dehors. Tout ce sang merveilleux. Cette éternelle source de pouvoir. »
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Sire Cedric, né le 24 octobre 1974 à Saint-Gaudens, est un écrivain français auteur de thriller. Après des études d’anglais, il travaille quelques années dans le milieu de l’édition, du journalisme et de la traduction, tout en publiant dans les pages de magazines des nouvelles fantastiques et policières, fortement inspirées par des auteurs tels que Stephen King, Clive Barker ou encore Edgar Allan Poe.
Depuis 2005, il se consacre entièrement au métier d’écrivain, publiant des thrillers souvent teintés de surnaturel.
Il a reçu le prix Masterton pour son roman L’Enfant des cimetières et le prix Polar (festival de Cognac) pour son thriller De fièvre et de sang. En 2014, il reçoit le prix Littéraire Histoires de Romans pour son thriller fantastique, La Mort en tête.
Ses livres sont traduits en anglais, en polonais et en turc.
Il a également été vocaliste du groupe de death metal Angelizer.
de Nicolas Lebel Broché – Grand livre, 30 janvier 2013 Éditeur : Marabout (Hachette)
Mardi 9 septembre : le cadavre d’un SDF poignardé est retrouvé près de la gare de Lyon, sur une voie désaffectée. Tout semble indiqué qu’il s’agit d’un simple règlement de comptes. Mehrlicht, capitaine de police au commissariat du 12e arrondissement de Paris, est envoyé sur place pour expédier l’affaire mais, rapidement, certaines zones d’ombre apparaissent : pourquoi ne retrouve-t-on sur la victime le carnet de circulation qui permettrait de l’identifier ? Comment les trois assassins présumés ont-ils pu s’évaporer dans la nature et ne laisser aucune trace de sang sur les lieux du crime ? Pourquoi traînaient-ils leur victime le long des rails ? Où cherchaient-ils à l’emmener ? Après l’interrogatoire des clochards du quartier, les enquêteurs apprennent que la victime vivait dans la Jungle avant de découvrir que la victime, Marc Crémieux, n’était pas SDF mais journaliste et qu’il menait une enquête auprès de cette communauté de sans-abris installée au coeur du bois de Vincennes devenue une zone de non-droit. Que voulait à mettre au jour Marc Crémieux ? Pourquoi avait-il en sa possession un fusil de 1866, marqué du sceau de la manufacture impériale de Châtellerault ? Que cherchait-il à propos de Napoléon III ? Dans cette enquête qui la mènera des bancs de la Sorbonne jusqu’aux égouts de Paris, l’équipe du capitaine Mehrlicht découvrira que l’heure des fous a sans doute sonné. de la société actuelle et rend hommage au courage d’une famille en deuil. Un roman d’une construction parfaite, au style savoureux.
Il devient rare de tomber sur un polar qui évite les poncifs actuels, et c’est exactement ce que propose L’heure des fous de Nicolas Lebel. J’ai dévoré ce roman avec un plaisir immédiat. Dès les premières pages, j’ai été happé par l’univers, l’ambiance à la Audiard, les dialogues qui claquent, et surtout cette galerie de flics à la fois grotesques et profondément humains. Mehrlicht, le capitaine à la voix rauque et au portable qui gueule du Audiard, m’a tout de suite conquis. Il est grognon, cabossé, et terriblement attachant.
L’enquête, dense et bien construite, nous balade entre les catacombes sociales de Paris, du monde des SDF aux arcanes de la sécurité intérieure, sans oublier une Sorbonne inattendue et un marabout intrigant. C’est noir, mais drôle, jamais cynique. Les personnages secondaires sont eux aussi bien campés : la fliquette amoureuse, le culturiste fasciné par le Code pénal, ou encore le pauvre stagiaire paumé venu de Lyon. Ils frisent la caricature, certes, mais c’est ce qui fait leur charme.
Nicolas a une plume vive, rythmée, un vrai sens du tempo. L’humour affleure sans jamais désamorcer la tension. Et si l’intrigue tire un peu sur le fil, c’est surtout cette équipe de bras cassés qu’on a envie de retrouver. L’heure des fous m’a totalement embarqué. Je l’ai lu d’une traite, sans pouvoir m’arrêter, et j’ai refermé le livre avec un sourire, une claque et une envie pressante : retrouver très vite Mehrlicht et sa bande dans un prochain épisode.
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Extraits :
« – C’est quoi, ce… flash mob ? demanda-t-il tandis que le lieutenant Dossantos s’effondrait sur sa chaise qui sembla couiner pour la dernière fois. Mehrlicht l’ignora. – C’est un truc artistique, expliqua Dossantos. Des gens qui ne se connaissent pas s’inscrivent sur Internet pour participer. Ils reçoivent alors un mail qui leur fixe un rendez-vous à tous à une heure et à un endroit très précis. Le mail donne aussi la description d’un mystérieux contact habillé de vert… Il avait accentué chacun de ces derniers mots afin de leur donner une étrangeté ridicule, puis marqua une pause pour révéler sa dentition de carnassier, presque heureux de sa blague. »
« — On en aura fumé des clopes tous les deux, putain ! grinça Mehrlicht. – C’est clair! On a dû plus polluer que la révolution industrielle. – Ouaih ! Plus que la Chine, même. – Quand même pas, si ? – Si ! confirma Mehrlicht. – Ah ! Quand même ! Ils se turent pour emboucher de nouveau leurs cigarettes. La fumée s’élevait dans la chambre en fines volutes blanches, emplissant l’espace de sa présence, par lentes vagues, ondulant au gré de la brise qui s’invitait par la fenêtre. Quelqu’un frappa à la porte. Mehrlicht se leva d’un bond. »
« Il était 19 h 15. Il trouva rapidement le nom qu’il cherchait puis attendit. Le type ne tarda pas. Il était brun, plutôt grand, portait de fines lunettes et une veste de lin claire. La description était conforme. Dossantos faisait mine de relever son courrier de la main droite, l’autre main dans la poche gauche de sa veste bleue. L’homme lança un « bonsoir monsieur » assez doux en levant sa clé vers la boîte aux lettres repérée. Alors la main gauche de Dossantos, bardée d’un poing américain, sortit lentement de sa poche et fusa vers le visage du type. Son nez s’écrasa dans un craquement de miettes et un couinement de phoque. Il vacilla mais déjà la droite de Dossantos percutait son menton. Le type fit un demi-tour de ballerine avant d’embrasser la porte cochère de l’immeuble. Dossantos s’approcha et saisit le gars par les cheveux. Il colla sa bouche à son oreille : – Salut Julien ! Sylvie a un message pour toi. Elle ne veut plus te voir. Elle ne veut plus que tu l’emmerdes, que tu la menaces. Elle ne veut plus que tu l’appelles la nuit. Tu m’entends, Julien ? »
« – Rodolphe passait des heures devant la statue de Hugo, face à la chapelle. C’était un fanatique absolu. Je suis sûr qu’il connaissait Les Contemplations et La Légende des siècles par cœur. Tous les jeudis à seize heures, avant de rentrer chez lui, il se posait devant Hugo et restait là, à réfléchir. Je l’ai même vu discuter avec la statue, parfois, en ami. Ils restèrent un instant silencieux, à détailler les statues et l’horloge de la chapelle. »
« – Écoutez ça : “Tout l’art de la guerre est fondé sur la duperie. Toute campagne guerrière doit être fondée sur le faux-semblant ; feignez le désordre, ne manquez jamais d’offrir un appât à l’ennemi pour le leurrer, simulez l’infériorité pour encourager son arrogance, sachez attiser son courroux pour mieux le plonger dans la confusion : sa convoitise le lancera sur vous pour s’y briser.” Il tourna quelques pages sans ménagement. — Attendez, je vous en lis un autre : “Lorsque l’ennemi est uni, divisez-le ; et attaquez là où il n’est point préparé, en surgissant lorsqu’il ne s’y attend point. Telles sont les clés stratégiques de la victoire, mais prenez garde de ne point les engager par avance.” »
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Nicolas Lebel est un auteur français.
Il est également enseignant et traducteur.
Il a fait des études de Lettres et d’anglais puis il s’est orienté vers la traduction. Il est parti en Irlande quelque temps avant de devenir professeur d’anglais.
Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins : Les Frères du serment.
En 2013, il publie aux Éditions MaraboutL’Heure des fous« (Prix des lecteurs polar du Livre de Poche 2019), en 2014, Le Jour des morts, en 2015, Sans pitié, ni remords (Prix Anguille-sous-Roche), en 2017, De cauchemar et de feu(Prix du Festival Sans Nom), puis, en 2019, Dans la brume écarlate(Prix Coquelicot Noir du Salon du Livre de Nemours), cinq romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent. Des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Ces cinq romans mettent en scène le capitaine Mehrlicht.
En 2021, il reçoit le Prix Griffe Noire du meilleur roman policier français de l’année pour « Le gibier« . En 2023, il se met en disponibilité de l’Éducation nationale pour se consacrer à l’écriture de romans et de scénarios.
de Antoine Renand Broché – 12 octobre 2023 Éditeur : Robert Laffont
Plusieurs années après l’affaire Alpha, c’est dans une unité toujours traumatisée que Margot Tréabol rencontre le commandant Euvrard pour intégrer le 2e district de police judiciaire, la » brigade du viol « . Accompagnée de son collègue Théo, Margot mènera l’enquête dans le milieu des discothèques, où un prédateur pique des jeunes femmes avec des seringues remplies de GHB, avant d’abuser d’elles.
Parallèlement à cette traque, Serflex, un violeur en série qui sévissait par cycles depuis vingt-cinq ans, réapparaît. Son mode opératoire : écrire à ses futures victimes pour les prévenir qu’un jour il s’en prendra à elles. Dans un mois ? Un an ? Dix ? Afin de les plonger dans la terreur ; dans une torture psychologique, avant la potentielle torture physique. Pour les forces de police, ce monstre demeure un mystère. Y compris pour un ancien flic, ayant autrefois travaillé sur ce dossier : Anthony Rauch.
Après Alpha, place à Serflex, un prédateur qui harcèle ses victimes des années avant de frapper. Antoine Renand livre un thriller aussi noir que brillant, porté par des personnages puissants, une enquête haletante et une atmosphère oppressante. Une suite encore plus maîtrisée…
Avec ce deuxième tome de L’Empathie, l’auteur prouve qu’il ne se contente pas de réitérer une formule. Il l’enrichit, l’approfondit, et l’assombrit même. Si Alpha, incarnait un mal brut, Serflex est plus insidieux, plus pervers, instaurant une terreur psychologique aussi intense que la violence physique.
La brigade du viol reprend du service, cette fois sous la houlette d’un duo remanié : Théo, qu’on avait déjà rencontré, et Margot Tréabol, une recrue déterminée, sur une double enquête. Un prédateur utilisant du GHB pour neutraliser ses victimes, et le retour glaçant d’un violeur en série à l’identité troublante. On retrouve bien sûr Anthony Rauch, ancien flic hanté par ses démons, qui n’a pas dit son dernier mot, il revient dans le jeu, apportant profondeur et tension, rattrapé par l’ombre d’Alpha et la noirceur de Serflex.
La psychologie des personnages est toujours aussi fine, l’écriture incisive et acérée est presque cinématographique, les rebondissements nombreux et maîtrisés. L’auteur excelle à dresser des portraits psychologiques complexes, humains, marqués par la douleur. Le rythme est implacable, les scènes marquantes, et le malaise palpable.
Plus qu’un simple thriller, le tome 2 m’a interrogé les mécanismes du mal, la mémoire traumatique, et la frontière parfois floue entre la justice et la vengeance. Une suite plus forte, plus noire, et qui laisse espérer (ou redouter) une nouvelle plongée dans les ténèbres, dans un nouveau tome à venir…
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Extraits :
« Elle ne pouvait cacher que quelque chose chez lui la fascinait. Une intensité particulière ; la combinaison d’une aisance absolue et d’un accablement. Avec une détermination affûtée comme une lame, faisant fi du regard des autres et des dommages collatéraux… dans laquelle Margot, qui n’aimait pas les conventions et dédaignait les compromis, se retrouvait. Et puis, il y avait son mystère… »
« UN JOUR, JE M’EN PRENDRAI À TOI. JE PÉNÈTRERAI CHEZ TOI, TE VIOLERAI. TU NE SAURAS PAS QUAND. PEU IMPORTE OÙ TU IRAS VIVRE, JE TE RETROUVERAI. JE T’OBSERVE… Les espionner demeurait la plus délicieuse étape. Le miel. Les préliminaires. Capter leur réaction, de loin, être témoin de leur détresse. Voir lesquelles devenaient vigilantes ; lesquelles décidaient de vivre normalement, avant tout ! Ces deux profils avaient toujours existé. »
« Elle avait du plaisir à se trouver avec ses collègues masculins, à sentir qu’elle faisait partie de leur équipe. Non qu’elle s’estimât inférieure au contraire, et elle abhorrait le machisme ou qu’elle n’appréciât pas la compagnie des femmes… Mais depuis toujours, les activités considérées – à tort comme celles des mecs la séduisaient. Les sports de contact, de vitesse, le risque… Son père avait longtemps voulu la cantonner à des loisirs, puis à des professions jugés plus féminins. La police était un concentré de tout ce qui l’attirait. »
« Ce n’est que ma part de vérité mais… ce genre de gens sont comme schizophrènes : ils se voudraient altruistes, bienfaiteurs de causes nobles, mais leur espèce est celle des égoïstes, des individualistes… des prédateurs. Leur misanthropie n’est jamais cachée loin derrière leur philanthropie de surface. »
Antoine Renand est un écrivain, scénariste et réalisateur français. En 2019, il publie son premier roman, L’Empathie, aux éditions Robert Laffont. Très remarqué par la critique et par le public, le livre est lauréat du prix Nouvelles Voix du polar et finaliste du prix Maison de la presse. Ses romans suivants, Fermer les yeux (à nouveau finaliste du prix Maison de la presse) et S’adapter ou mourir, connaissent le même succès. L’Empathie tome 2. La Fille de Jonathan Becker sort aux éditions HarperCollins le 5 mars 2025.
de Sophie Blandinieres Broché – 27 août 2020 Éditeur : Plon
L’Histoire bouscule les âmes, la perversité de l’occupant nazi qui veut corrompre, voir ses victimes s’autodétruire et met en place un jeu ignoble dont l’objectif est de survivre, à n’importe quel prix : vendre son âme en dénonçant les siens ou ses voisins, abandonner ses enfants affamés, ou sauver son enfant, lui apprendre à ne plus être juif, céder son âme au catholicisme pour un temps ou pour toujours en échange de sa vie. Pour survivre, il faut sortir du ghetto. Par tous les moyens. Trois femmes, une Polonaise, Janina, et deux juives, Bela et Chana, vont les leur donner. Elles ont organisé un réseau clandestin qui fait passer le mur aux enfants et leur donne, pour se cacher en zone aryenne, une nouvelle identité, un nouveau foyer, une nouvelle foi. Parce qu’ils sont l’avenir, parce qu’ils seront les premiers à mourrir…
Dans ce récit poignant et lumineux, Sophie Blandinières m’a entraîné dans l’univers brisé du ghetto de Varsovie, en novembre 1940. À travers les destins croisés de deux familles juives, elle raconte l’impensable : l’étau qui se resserre jour après jour, l’humiliation, la faim, la peur omniprésente, jusqu’à l’effacement presque total de ce qui faisait leur vie, leur humanité.
Et pourtant, sous cette chape de désespoir, l’auteure fait jaillir une lumière fragile mais tenace : celle du courage et de l’espoir. Trois femmes d’exception, portées par une foi inébranlable en la vie, organisent l’évasion d’enfants condamnés. Elles défient l’horreur par leur détermination et leur amour, arrachant à la barbarie quelques âmes innocentes.
L’écriture est belle, dense, parfois presque poétique, ce qui rend la violence des faits encore plus saisissante. Encore une fois, une lecture dont je ne sors pas indemne. Ce livre marque, il bouscule, il rappelle combien il est vital et nécessaire de ne jamais oublier. C’est un hommage vibrant à ceux qui ont lutté, aimé, résisté, même quand tout semblait perdu. Un roman nécessaire, bouleversant, qui met des mots puissants sur une tragédie souvent tue ou mal connue.
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Extraits :
« L’homme était nu. La barbe en feu, les pieds dans la neige, il exécutait des mouvements de gymnastique ineptes, levant le bras gauche et la jambe droite ensemble, tournant sur lui-même de plus en plus vite pour tenter d’éteindre le brasier qu’était son menton. Dès qu’il ralentissait, épuisé par le vertige, les efforts, et ses blessures, il recevait un coup de gourdin, alors il se réanimait, il se remettait à danser, disgracieux et pathé-tique, sous les yeux noirs des bouleaux décharnés par l’hiver. Le désarticulé chantait aussi, puisqu’on le lui avait demandé, puisqu’il consentait à laisser l’humanité le quitter pour ne pas mourir. »
« Officiellement, elle était demeurée Maria, qu’elle devienne juive, en cette année 1968, n’était pas approprié: en mars, la Pologne avait renoué avec son vice, avec ses mauvais gestes, son vilain réflexe, sa vieille pulsion de déjudaïsation, odzydzanie. De nouveau, on refusait aux Juifs le droit d’être polonais et, pour être bien certains qu’ils s’en iraient, habilement, on les avait destitués, on les avait privés de leur métier, de leurs revenus. On comptait sur l’humiliation, l’appauvrissement et la terreur. Comme ils n’avaient eu d’autre choix, pour survivre, que d’avoir une mémoire, ils avaient eu peur, effroyablement peur, car ça commençait toujours par de petites et grandes vexations, par des restrictions sérieuses de la citoyenneté, plus le droit d’exercer sa profession, plus le droit d’entrer ici ou là, ni de sortir, plus le droit de se fondre dans la foule, plus le droit d’être la foule. »
« Encouragés par la politique antisémite de leurs chefs et incités concrètement à réquisitionner, c’est-à-dire à piller les biens juifs, les soldats allemands entraient de force pour voler les draps, les meubles, le nécessaire à leur installation, et les objets de valeur qu’ils soupçonnaient toujours leurs victimes d’avoir planqués. Parfois, voler les Juifs ne calmait pas leur appétit, alors ils violaient les Juives. »
« Les parents de Joachim avaient donné des consignes de prudence à leurs quatre enfants, et surtout aux deux aînés, plus autonomes, parce que, dans les rues, des scènes ignobles se déroulaient, une femme enceinte qui trébuche, tombe, qu’on empêche de se relever, qui reçoit une balle dans la tête et dans le ventre, trois enfants dégommés comme des bouteilles de bière devant un hôpital, il ne fallait pas tenter le hasard ; la roulette russe n’était pas un jeu acceptable pour un Juif. »
Sophie Blandinières a été professeur et journaliste avant de devenir nègre littéraire. Elle consacre maintenant sa vie à l’écriture.
Elle a prêté sa plume à des personnes aussi diverses que Patricia Kaas, Yves Rénier, Charles Berling, Roselyne Bachelot – et à d’autres encore, dont elle s’est engagée par contrat à ne jamais divulguer les noms.
Elle a obtenu le prix Françoise Sagan pour son premier livre Le sort tomba sur le plus jeune, paru chez Flammarion.
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