Fantastique, Noir, Nouvelles, Psychologie, Suspense

La face cachée de l’arc-en-ciel

de David Ruiz Martin
Broché – 14 juillet 2018
Éditions : Independently published

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Sept couleurs. Sept histoires. Sept nuances aux pigments sombres, aux teintes douloureuses, parfois merveilleuses, où la peur côtoie la haine et où la haine, dans l’ombre, libère ce besoin viscéral de vengeance. Des histoires où le courage se montre en surface, où l’espoir évince la fatalité et où parfois, l’accablement et la honte poussent à la folie. Des récits qui souvent tutoient la mort, où les plus téméraires osent l’affronter, et où les plus couards préfèrent l’éviter. Certains tenteront de se jouer d’elle, mais elle finira, s’ils ne prennent pas garde, par les saisir… Et une fois dans ses serres, la mort ne relâche pas sa proie… Ne vous éloignez donc pas du chemin… Car la peur sème le doute… Et le doute finit toujours par vous perdre… Alors un conseil : restez prudents en tournant les pages de ce recueil de nouvelles.

 

Couv_052_Ruiz Martin David - La face cachée de l'arc-en-ciel

 

J’enchaîne avec un nouveau recueil de nouvelles “La face cachée de l’arc-en-ciel”…

La nouvelle est un support que j’affectionne tout particulièrement. Il oblige l’auteur à se dépasser, à synthétiser et faire abstraction de tout ce qui est futile, inutile et qui ne captera pas le lecteur dès le début de sa lecture… Une “bonne” nouvelle c’est un piège qui se referme sur vous sans que vous vous en rendiez compte et David Ruiz Martin y arrive horriblement bien !

Je vous en prie… N’hésitez surtout pas à me suivre, ouvrez la première page de ce “petit“ ouvrage qui vous mènera vers de nouveaux horizons…
Je sens votre tension palpable, des doutes qui s’immiscent dans votre cœur peut-être… Allez, plus que quelques centimètres… Prenez… C’est à vous maintenant.

“Les hommes.
Entre elle et eux, un conflit éternel subsistait.
Se sentant constamment observée, traquée, elle tentait tant bien que mal de les éviter, afin de s’écarter de tout danger. Mais aujourd’hui, le danger était bien présent…”

L’écriture de David est vraiment très efficace. Il nous balade d’un univers à l’autre au gré de ses envies, mais toujours avec des textes d’une excellente qualité.
Impossible de vous dire quelle est la nouvelle qui a eu ma préférence… Toutes ont une structure et des situations tellement différentes. Beaucoup de fluidité avec cette force de vouloir nous amener à lui systématiquement… Bravo David !
Je l’ai lu en un peu plus de deux heures, et j’avoue que quelques pages de plus, n’auraient été pour me déplaire.

Sept moments de lectures très différents, qui “grattent” là où ça fait du bien et parfois soumettent à rude épreuve.
Malgré les sept couleurs de l’arc-en-ciel, c’est surtout le noir qui domine. Un peu de fantastique, on ne coupe pas aux thrillers, une pointe de magie et un suspense moite qui plane le long de chaque récit. Vous souhaitiez des ambiances sombres, vous serez servis. Mais ce n’est pas que cela !
Que peut-il bien se cacher, dans l’ombre de “La face cachée de l’arc-en-ciel” ?

Êtes-vous vraiment prêt à en subir toutes les conséquences ?

Un livre que je vous conseille…
À savourer sans modération, si vous n’avez pas peur pour vos ongles !

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Extraits :

« Les médecins sont formels. La moelle épinière est touchée. Je ne marcherai plus. Je ne bougerai plus. Pas même le moindre doigt, le moindre cil, même le visage demeurera inerte. Plus aucun sourire possible. Je suis comme un enfant abandonné qui braille dans un corps ou la flamme a décliné. Qui hurle et qui pleure, mais que personne ne se risquer à contempler. »

« Le temps s’écoule différemment ici… tout est plus long… certaines choses se répètent… et en ce moment… ta peau brûle encore dans la carcasse de ta voiture… tu souffres tellement que tu n’as simplement plus la force de hurler… car tes poumons se sont collés sous la chaleur… »

« C’est en ouvrant ce livre que tout commença. Ma première réaction fut de sourire, évidemment. Puis, au fil des pages et de cette lecture insolite, ce sourire pourtant si sûr, si… assumé, se figea en une sorte de léthargie obscure, une inquiétude perverse et un profond mal-être. C’est alors que je me remémorai ses mots : « Ne prêtez pas attention à cette situation étrange, prenez le temps nécessaire pour lire les premières pages et, uniquement après cela, faites-vous votre propre opinion. »

« La tension est palpable au bout de mes doigts rongés par l’angoisse.
Car je connais mes faiblesses.
Sous l’effet de la peur, mes genoux tremblent, ma nuque frissonne et mes dents claquent, tandis qu’un sourire qui n’a rien de plaisant s’esquisse au bout de mes lèvres sèches.
Et dans le doute…
… une lettre après l’autre…
… à nouveau…
… s’inscrivent…
… hésitant…
… ces mots :
Chapitre sept »

 

 

David Ruiz Martin est né le 01.12.1978 à Madrid, Espagne. C’est à l’âge de quatre ans qu’il part vivre en Suisse.

Issu du domaine de la construction, David Ruiz Martin, menuisier de formation, n’a suivi aucun parcours littéraire.

Autodidacte et touche-à-tout, ce passionné de cinéma et de littérature débute, vers vingt ans, son parcours d’auteur, dans l’ombre et à l’insu de tous, avec quelques nouvelles qu’il garde pour lui encore à ce jour. Puis, durant près de dix ans, seule sa femme est mise dans la confidence de sa passion. C’est à l’âge de trente-deux ans qu’il se lance dans l’écriture de son premier roman, “Le syndrome du morveux”, thriller autoédité, qui surprend son entourage, suivi d’un second, “Que les murs nous gardent”, roman d’épouvante, l’année suivante. Fort d’un accueil enthousiaste, il prend plus de deux ans afin de peaufiner un troisième, “Je suis un des leurs”, une histoire le tenant particulièrement à cœur depuis de nombreuses années, prenant au dépourvu ses lecteurs tout en se dévoilant davantage, en leur offrant un roman personnel et qui colle à ses racines.

Depuis le succès de son premier roman, David Ruiz Martin se laisse du temps afin de mettre sur papier les histoires qui germent dans son esprit.

David Ruiz Martin est marié et vit à Cressier, en Suisse.

Anticipation, Dystopie, Nouvelles, Suspense

Digital Way of Life

de Estelle Tharreau
Kindle – 9 juin 2022
Éditions : Taurnada Éditions

Serons-nous l’esclave de notre assistante de vie connectée ?
Nos traces sur le Net constitueront-elles des preuves à charge ?
La parole et la pensée deviendront-elles pathologiques à l’heure de la communication concise et fonctionnelle ?
Qu’arrivera-t-il si les algorithmes des moteurs de recherche effaçaient des pans entiers de notre mémoire collective ?

Autant de questions parmi d’autres, qu’Estelle Tharreau soulève dans Digital Way of Life, ce nouvel « art » de vivre numérique qui place l’homme face au progrès et à ses dérives.

 

 

J’avais déjà eu l’occasion de lire certains thrillers d’Estelle Tharreau, et je n’ai jamais été déçu. Mais à travers de ce recueil de nouvelles, je suis vraiment resté complètement bouche bée !
Estelle nous entraîne dans plusieurs futurs plus terrifiants les uns que les autres, des futurs où tout est contrôlé, des futurs qui perdent toute leur humanité, qui se construisent d’ailleurs peut-être déjà malgré nous sans, que nous ne le sachions…
Toutes les nouvelles sont parfaitement maitrisées, et je serai incapable de vous dire celle qui m’a le plus inquiétée, mais une chose est sûre, plusieurs fois j’ai eu des frissons dans le dos en me demandant… Et si cela devait arriver !
Estelle, a-t-elle trouvé un chemin, une voie qui lui permettrait d’anticiper sur une réalité future ?
A-t-elle entr’aperçue des mondes où la réalité virtuelle serait notre quotidien, où l’humain deviendrait “sujet” d’études dans un monde entièrement dirigé par des machines. Les maisons seront-elles toutes connectées, nous rappelant à l’ordre au moindre écart de notre part de notre part ?
Est-ce le début de la fin ?

Dans tous les cas, ce ne sont pas des futurs que je souhaite pour mes enfants et petits-enfants… Mais j’ai vraiment été séduit par cette lecture. Beaucoup de rythme, un vrai travail de la part de l’auteure. Chaque nouvelle est poussée jusqu’au bout, c’est percutant, glaçant.
Personne ne pourra rester indifférent à ce livre. Les thématiques sont tellement proches de nous tous, de nos familles, de nos enfants…
Devons-nous continuer à rester dans ce “moule” qui nous endort par son “bien-être”, Internet, réseaux divers, monde connecté, wifi, fibre, G5 ? ou devons-nous réagir immédiatement ?

Estelle m’aurait-elle envoûtée…
Que dois-je faire ?
Seul, en aurai-je la force ?
Et vous, que ferez-vous ?

Et si vous commenciez par lire ce “petit bijou” ?

Coup de cœur pour ce recueil de nouvelles.
C’est prenant. J’en voulais plus encore. C’est superbe…
Un grand merci aux Éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée !

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Extraits :

« Sibelle ne pouvait détacher son regard de la petite croix rouge qui clignotait tel un avertissement. Une croix largement en dehors du long tunnel bleu de la normalité.
Sans plus de commentaires, la pédiatre afficha le carnet de santé numérique pour établir le bilan de cette visite. Elle créa une alarme simple dans la rubrique “nombre de caractères” tandis que les yeux de Sibelle restaient accrochés aux deux encarts rouges qu’elle connaissait par cœur tant ils étaient repris dans toutes les applications pour parents et enfants.
– Si on ne comprend pas bien votre enfant quand il parle ou si ses phrases sont trop longues ;
– Si l’école vous a signalé un problème ;
Parlez-en avec votre médecin.
L’enfant et les écrans connectés :
– familiarisez votre enfant le plus tôt possible à un environnement numérique ;
– utilisez toujours une tablette adaptée à son âge de type Genius ou Mama. »

« Tout avait lamentablement échoué, Désormais, il ne s’agissait plus de surdéveloppement de la parole ni même d’hypertexte. Il n’y avait plus de traitement. Plus d’espoir. Elle venait elle-même demander ce qu’elle avait toujours refusé d’envisager.
“Il délaisse même les mathématiques et les sciences programmatiques. Il n’écrit plus une seule ligne en français automatique. Il ne va plus sur aucun réseau social. Il ne veut plus aller en cours. Il est coupé du monde.
– Qu’est-ce qu’il fait de ses journées ?
– On a baissé les bras, fit Sibelle, amère. On lui a laissé le livre de son arrière-grand-mère.”
Trémo se raidit.
“On ne sait plus quoi faire… Il devient violent. Il nous insulte. Il nous traite d’abrutis, de dégénérés. Tant qu’il lit, au moins, il n’est pas dangereux pour lui-même et pour les autres.”
La voix de Sibelle se fit lasse et douloureuse.
“Il s’enferme dans sa chambre. Il passe ses journées là-dedans avec ses “bouquins” comme il dit. Il descend à peine pour manger. On a tout essayé. Orthopsychologue, addictologue. Rien… Rien. Il reste figé comme une statue. Des heures entières. Des jours entiers. Sans parler. Sans bouger. À part ses yeux”. »

« Tout est devenu virtuel et fonctionnel. Plus de vie. Plus de cris d’enfants dans les cours, plus d’odeurs de papier et de crayons dans vos salles de classes numériques. Plus de nom à inscrire sur son cahier à la rentrée. Plus rien, plus d’âmes »

 

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

Frisson horreur, Nouvelles, Suspense, Thriller

Storia

de Nicolas Beuglet, Roy Braverman, Ian Manook, Armelle Carbonel, Christophe Dubourg, Nicolas Duplessier, Damien Eleonori, Thomas Enger, Jacques Expert, Victor Guilbert, Johana Gustawsson, Vincent Hauuy, Lorraine Letournel laloue, Jerome Loubry, Mo Malo, Ludovic Miserole, Alice Morgane, Ivan Zinberg, Guy Alba
Poche – 15 octobre 2020
Éditeur : Hugo poche

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17 AUTEURS DE THRILLERS DÉTOURNENT LES CONTES POUR ENFANTS AU PROFIT DE L’ASSOCIATION ELA

Blanche-Neige à Amsterdam, Pinocchio à Los Angeles, le Petit Chaperon rouge à Paris, Boucles d’Or qui tombe en panne là où elle aurait mieux fait de ne jamais s’arrêter, le Petit Bonhomme de pain d’épices en proie à un serial killer trop gourmand… mais aussi Peau d’Âne, saint Nicolas, Poucet, Cendrillon et beaucoup d’autres : dix-sept auteurs de thrillers détournent les contes de fées, les légendes et les mythes de notre enfance au profit de l’association ELA.

 

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Une très belle initiative que ce recueil de nouvelles, “Storia”. Non seulement cet achat permet de faire une bonne action pour l’association ELA, tout comme le précédent opus “Phobia”, puisque les droits sont entièrement reversés pour les enfants atteints de leucodystrophie, mais de plus on passe un “agréable” moment de lecture.

17 auteurs de thrillers ont détourné pour notre plus grand plaisir des contes populaires pour les transformer en nouvelles terriblement noires.

Il était une fois…
Qui n’a jamais frissonné à ces quelques mots ?

Enfants, j’ai toujours adoré les contes. La plupart, je les ai découvert un peu tard, car mes parents ne maitrisaient pas le français. Mais, j’ai le souvenir d’une maitresse à la maternelle qui nous en lisait très régulièrement… Nous étions tous assis parterre en rond… Seule sa voix perturbait le silence.

Il est toujours un peu difficile de parler d’un recueil de nouvelles. Les textes trop courts ne permettant pas souvent un développement optimal.

Comme pour chaque ouvrage de ce type, certaines nouvelles m’ont beaucoup plues, certaines sont même excellentes et j’ai même eu un coup de cœur. Mais malheureusement, j’avoue avoir été un peu déçu par certaines… C’est dommage.
Mais qu’importe mon ressenti très inégal, ce qui compte avant tout, c’est la démarche accomplie par les auteurs à travers ce livre.
De plus cela m’a permis de découvrir certains auteurs que je ne connaissais pas encore !

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Extraits :

« “Madame, si l’on en croit le conte, elle aurait du se réveiller, la princesse…”
Le sang bouillonnant dans ses veines, Clara se mit à hurler, si fort que le tonnerre grondant sur les plaines n’osait rivaliser. Surpris par sa réaction, les enfants se mirent à pleurer abondamment. La femme étendue sur le lit humide paraissait sur le point de s’éveiller, mais la plaie dessinée autour de sa gorge attestait le contraire. Paralysée par l’horreur, Clara fixait un point imaginaire dans le décor anxiogène. Puis, réalisant que l’auteur de cette macabre mise en scène pourrait encore errer dans les parages, elle mobilisa toutes ses facultés pour conserver son sang-froid. Se détournant du cadavre, la jeune femme s’adressa calmement à ses petits protégés.
“Rentrons au campement”.
Puis elle ajouta :
“Maintenant !” »
…/…
« Mais j’étais surtout désabusé depuis un bail. Par ce que mes yeux avaient déjà pu constater auparavant : l’état du monde. Le fric et le pouvoir.
– L’éternelle lutte des classes, les nantis et les pauvres, approuve Ferguson, résigné.
– Oui, mais pas seulement. Vous avez vu ce qui se passe dans ce monde, justement ? Cette moralité à deux balles, cette police du rire, ce puritanisme de pacotille. À terme, on régulera l’amour, le droit d’aimer une personne et pas une autre, on te dira avec qui baiser ou avec qui ne pas le faire. Tu ne trouves pas ça paradoxal, toi, qu’à une époque où on glorifie les libertés individuelles, où l’on a accès à tous, le moralisme soit devenu une arme de destruction massive ? Et puis merde… Pourquoi suis-je ici parmi vous ? »

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Nouvelles, Suspense, Thriller

Toucher le noir

de Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Mickaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalèse, Danielle Thiéry, Franck Thilliez.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 3 juin 2021
Éditeur : Belfond

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Ces onze auteurs prestigieux, maîtres incontestés du frisson, nous entraînent dans une exploration sensorielle inédite autour du toucher. Avec eux, vous plongerez dans les plus sombres abysses, effleurerez la grâce et l’enfer d’un même geste, tutoierez l’horreur du bout des doigts…
Dix nouvelles inédites pour autant d’expériences tactiles, éclectiques, terrifiantes et toujours surprenantes.

Oserez-vous frôler le noir d’aussi près ?

 

2021_042_Fauth Yvan - Toucher le noir

 

On n’arrête pas un principe qui gagne !

Après « Écouter le Noir » et « Regardez le Noir », Yvan Fauth a de nouveau réuni des auteurs pour s’engager vers un nouveau “sens”. Le toucher.
Et, je vous avoue que je me demandais bien comment ils allaient s’en sortir, “le toucher” n’étant pas le sens le plus facile à exploiter !

Vous l’aurez vite compris encore une fois, un sans fautes pour moi, même si une ou deux nouvelles sont un peu moins performantes que les autres. J’ai de nouveau pris beaucoup de plaisir à ma lecture et retrouver “mes auteurs” dans leur univers bien particulier. De plus, c’est aussi l’occasion d’en découvrir certains que je ne connaissais pas encore.
Les intrigues sont surprenantes et diverses, les différentes écritures sont puissantes et agréables et les thèmes abordés variés avec beaucoup de surprises…

Certains de ces textes sont vraiment superbes !

Voilà, il va me falloir attendre encore un an de plus pour savoir quel sera le prochain sens que nous proposerons les auteurs…

Partagez sans réserve, il ne fait aucun doute que cette “Collection” est de très bonne qualité !

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Extraits :

« Voilà longtemps qu’ils n’avaient pas passé une aussi bonne soirée.
C’était l’amie d’une amie qui lui avait parlé de ce restaurant, un endroit vraiment incroyable, tu verras. Le principe était simple, mais surprenant : manger dans le noir absolu. Pas la moindre source de lumière, rien qui puisse vous permettre de vous repérer. Le service ? Assuré du début à la fin par des non-voyants. Histoire de se sensibiliser à leur cause, de se mettre à leur place le temps d’un repas… »
…/…
« La nuit froide et épaisse donne l’impression que les mouvements sont alourdis. Un vent vicieux parcourt les rues : son souffle est vorace et sa morsure est sèche sur chaque parcelle de peau qui n’est pas couverte. Même sous les vêtements, il semble parvenir à atteindre le corps, cherche à s’insinuer jusqu’aux os.
Pourtant, l’esprit du prédateur est chauffé à blanc au point d’ignorer ces maux. Ce ne sont guère plus que de légers désagréments que son énergie bouillonnante dissipe. Ses pulsions et ce besoin monstrueux qui le déchire de l’intérieur sont des moteurs que rien ne semble pouvoir arrêter. »

 

Émotion, Nouvelles, Suspense

Regarder le noir

de Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 11 juin 2020
Éditeur : Belfond

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Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

 

2021_041_Fault Yvan - Regarder le noir

 

Après le succès de “Écouter le noir” en 2019, Yvan Fauth a de nouveau réuni 12 auteurs talentueux pour jouer avec nos émotions. Après l’ouïe, c’est la vue qui sera disséquée.

Je le répète régulièrement, la nouvelle est un genre à part entière, tout en raffinement…
Alors, si vous aimez les nouvelles, vous adorerez celles-c
Un régal de sensations, beaucoup d’humanité, de la précision dans les dialogues et de la puissance dans les intrigues….

Ce second volet m’a autant séduit que le premier. Chaque auteur interprète à sa manière le thème du regard et de la vision. La lumière, les couleurs, les formes, mais aussi les images spirituelles, les handicaps, les maladies, les médias, l’apparence d’autrui… Les sujets qui sollicitent notre regard sont variés et les 11 nouvelles proposées par Yvan le sont tout autant. Même la lecture finale des remerciements m’a émue…

Merci aux auteurs, sans qui rien n’aurait été possible, mais aussi un grand bravo à Yvan, qui encore une fois, en vrai chef d’orchestre a mis toute l’énergie nécessaire pour réunir et diriger des talents qui n’ont plus rien à prouver.

Et si vous veniez tenter l’expérience ?

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Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

“Écouter le Noir” – 16 mai 2019
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/13/ecouter-le-noir/

Nouvelles

S.O.S. Armor

de Eric Calatraba, Catherine Simier, Lou Vernet, Sacha Erbel, Michel Dozsa, Silvana Le Bon, Céline Tanguy, Eric Dupuis, Yamina Mazzouz, Danü Danquigny, Marie Delabos
Broché – 30 novembre 2018
Éditeur : La Salamandre Liseuse

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Ce recueil regroupe onze nouvelles inédites se déroulant en Bretagne et pour la grande majorité en Côtes d’Armor. Vous voyagerez au lac de Guerlédan en compagnie de Silvana Le Bon, au château de la Roche-Jagu avec Michel Dozsa. Catherine Simier vous prendra par la main à Glomel, Yamina Mazzouz vous enverra respirer l’air frais de Perros-Guirec, quant à Danü Danquigny il vous fera une nouvelle fois découvrir Rennes sous un autre angle… L’association « La Salamandre Liseuse » remercie du fond du cœur tous les auteurs ayant participé à ce premier tome qui nous l’espérons est le premier d’une longue série.

 

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La Salamandre Liseuse, nous propose avec ce petit recueil, 11 nouvelles qui tournent autour de la Bretagne et plus particulièrement des Côtes d’Armor…

Pour ceux qui me connaissent un peu, j’adore la Bretagne, alors je ne pouvais pas passer à coté de cette compilation qui m’a permis de découvrir quelques auteurs que je ne connaissais pas encore.

Il y a de très bons textes !
Voire certains excellents, mais malheureusement, je ne cacherai pas que j’ai préféré certaines nouvelles à d’autres, c’est normal et tout à fait personnel. Petite déception sur deux/trois qui ne m’ont pas parues au niveau des autres (je ne nommerai personne).
Quelques coquilles par-ci, par-là, du coup c’est le recueil dans sa totalité qui en pâti un peu… C’est dommage…

Mais rassurez-vous j’ai quand même passé un bon moment de lecture !

Si vous aimez les nouvelles, ce livre devrait vous plaire.
Et si vous ne n’êtes pas encore fan du genre, vous le deviendrez peut-être en découvrant ce recueil !

À lire…

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Extraits :

« Après une énième et forte crise, ma mère dut se résoudre à m’emmener un médecin. Lequel lui conseilla un suivi psychologique.
Pauvre petite chose que j’étais devenue. Frappé d’aphasie.
Au bout de 3 séances à subir mon silence et mes refus de toute relation, il me conseilla d’écrire. L’homme sans le savoir venait d’ouvrir la boîte de Pandore.
Je mis plusieurs semaines avant de lui montrer mes brouillons. Plusieurs mois avant que nous en discutions. En moins un an avant qu’il ne demande mon placement en milieu protégé. Il suspectait un début de schizophrénie. »
…/…
« Un beau coup de filet ! Pour une fois que les gros pourris se font alpaguer, ça s’arrose ! se ravit Le Raou en distribuant des badges “Breizh Marshal” à toute son équipe. Histoire que vous arrêtiez de vous poser des questions et que vous sachiez au moins pourquoi j’arbore de badge. Il a été conçu pour promouvoir la première édition du festival Pôle Art qui se déroulera à l’Ascension dans mon village de Plaine Haute. Je vous invite tous ! »

 

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Nouvelles

Mourir, encore… (et plein d’autres choses)

de Nick Gardel
Broché – 21 août 2018
Éditeur : Independently published

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Le temps qui passe, l’écriture, l’amitié et la mort. Voici un quatuor imprévisible. Vingt nouvelles pour en faire le tour. Vingt textes pour en disséquer les recoins. Du polar, du thriller, du fantastique, de la dérision, mais toujours un seul but : raconter. Raconter combien il est difficile de sortir indemne de ce monde tumultueux. Raconter que, parfois, la seule solution est d’en mourir, encore…

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Celles et ceux qui me connaissent un peu savent que j’adore lire… Et je lis de tout !

Mais, temps en temps, je fait un petit “break”, et je lis des nouvelles. Ce format d’écriture souvent plus rythmé oblige les auteurs à aller droit au but, et dans le fond, et dans la forme. Ici, l’erreur ne pardonne pas !

Mon “Ressenti” forcément est différent. Il n’y a pas ici de “ligne de conduite”. L’auteur aborde dans ces 20 histoires courtes des thèmes tellement différents qui me serait impossible d’en développer un pour chaque intrigue…

Nick Gardel maitrise son sujet, et il le fait plutôt très bien.
Chaque nouvelle a son univers bien particulier. Folie, philosophie, violence, amour aussi… Je me suis régalé de passer ainsi d’une vie à l’autre, d’un sujet sombre à un autre plus léger. J’ai été ému, triste, mais j’ai ri aussi, tout seul dans mon fauteuil devant la cheminée avant de grincer des dents sur la nouvelle suivante.

Nick est un vrai écrivain. Un amoureux des mots. Je l’ai, plusieurs fois dans ma lecture, imaginé derrière son bureau se triturant l’esprit. Chaque idée, chaque mot trouve automatiquement sa place. Lorsqu’il écrit, il jongle, il jubile, il vie. Il vous emmènera à chaque fois là où il le voudra, et si vous êtes comme moi, alors, vous en redemanderez toujours plus… Mais, vous n’aurez plus qu’a vous laisser guider dans son monde à travers ses récits.

Encore Nick, Encore…

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Extraits :

« Moi j’aime les polars. Deux bouquins par semaine, c’est ma moyenne. Et puis, il y a tellement de livres, tellement d’histoires. C’est comme la vie, on n’en voit pas le bout. »
…/…
« Je n’écris que des nouvelles.
L’intensité de l’effet produit sur le lecteur, le fait de ne faire qu’effleurer sans pour autant diminuer les personnages, les richesses que l’on peut puiser à bouleverser un agencement en quelques phrases, tout cela semble fait pour moi. Je veux dire par là que je ressent intensément est profondément une adéquation avec la forme même de ce type de littérature. Je n’écris que des nouvelles, précisai-je. En fait, je ne sais écrire que des nouvelles. Ce qui rejoint la première partie de mon explication, car, malheureusement, les nouvelles sont parfaitement invendables de nos jours. »

 

 

Rattrapé par une quarantaine qui ne va en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.

Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.