Folie, Frisson horreur, Noir

Pinocchio – Les contes interdits

de Maude Royer
Broché – 11 juin 2018
Éditeur : Ada

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Dans le conte original, Pinocchio était loin de l’adorable marionnette que Geppetto voulait créer. La fin de ses aventures, jugée trop violente, a dû être réécrite. Ce Conte Interdit rejette la censure et ose aller beaucoup plus loin… Vous pourriez regretter votre escapade aux pays des jouets. Une maison insalubre accumulant les jouets d’un vieux sculpteur alcoolique. Un manipulateur vicieux trouvant l’extase dans le mensonge et la torture. D’infâmes parents accusés d’un crime inimaginable, à qui on ne confierait même pas un chat. Un garçon ayant l’audace de croire qu’il peut servir de conscience à un être abject. Un voeu, celui de devenir un « vrai petit garçon », qu’une mystérieuse femme aux cheveux bleus aurait le pouvoir d’exaucer.

 

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“Les contes interdits”, est une collection que j’ai découvert il y a quelques semaines un peu par hasard. Ce sont surtout les couvertures qui m’ont intriguées et beaucoup plues. Alors je n’ai pas pu résister et j’en ai commandé…

Dès la réception de ma commande, pas déçu du tout par la qualité des livres.
Les couvertures sont vraiment magnifiques, et je me suis très vite lancé dans ma lecture.

L’histoire débute de façon très intrigante, sûrement voulu par l’auteure.
Patrick se réveille à l’hôpital après une tentative de suicide, il ne se souvient plus de rien. Ses parents étant emprisonnés pour des crimes dont il n’a aucun souvenir, il sera placé chez son grand-père, vieil homme alcoolique, plus intéressé par la sculpture de ses jouets en bois que de s’occuper de son petit-fils. La maison est insalubre, et afin de quitter son nouvel habitat, Patrick compte bien gagner de l’argent à tout prix. Seulement, trouver un travail honnête, ne fait pas du tout partie de ses plans.

Attention !

Autant j’ai beaucoup aimé cette version originale, très glauque et inventive de Pinocchio, autant je déconseille sa lecture aux personnes sensibles et à ceux qui aiment les animaux. C’est parfois très violent et adressé à un public averti.

Mais, je ne peux rien retirer à la très grande imagination de Maude Royer.
Arnaques sur les réseaux sociaux, troubles psychiatriques, déviance sexuelle, extorsion, combats illégaux, vente de drogues, viols, cruautés animales, etc…

De plus tous les ingrédients du conte original sont là, mais présentés de manière très différentes. Le personnage même de Pinocchio est odieux, perturbé et pervers.

Personnellement j’ai trouvé l’histoire intéressante et bien structurée, et j’ai aussi beaucoup aimé l’utilisation du québécois tout le long de ma lecture, même si certaines expressions m’ont obligée à demander l’aide de “Google” !

Pas déçu du tout de cet achat un “peu compulsif”, je resterai un curieux de toutes lectures jusqu’à la fin, je l’espère bien…

Qui va se laisser tenter ?

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Extraits :

« Figé dans l’entrée de la maison, Patrick n’en finissait pas de promener ses yeux autour de la grande pièce à aire ouverte. Ayant du mal à croire ce qu’il voyait, il entreprit de compter les jouets qui, installés un peu partout, le regardaient de leurs petits yeux fixes. Leur nombre était tel qu’il rendait l’exercice ardu. Chaque fois que Patrick avançait d’un pas en direction du salon, traversant la salle à manger en se prenant les pieds dans des objets disparates, d’autres marionnettes apparaissaient dans son champ de vision.
Ce n’est qu’une fois la surprise passée que l’odeur immonde imprégnant les lieux monta aux narines du jeune homme. »
…/…
« Dans la classe de français, la tête de monsieur Grégoire lui confirma son intuition. Le professeur, assis sur son bureau, les deux pieds posés sur une chaise d’étudiant, était un homme jeune et séduisant, ex-joueur de football. Il tentait de s’enlaidir en s’imposant le port de cols roulés et de lunettes aux verres en cul-de-bouteille. Efforts inutiles qui n’empêchaient nullement ses jeunes élèves féminines de ce pâmer devant lui.
Dès que le dernier élève de sa liste répondit présent, monsieur Grégoire prit une profonde inspiration, chargé qu’il était d’éclairer quelques lanternes.
– la plupart d’entre vous sont déjà au courant, commença-t-il. Pour les autres, j’ai l’immense regret de vous apprendre que deux de vos camarades, Bernard Leroux est Steve Pelchat, ont été retrouvés morts dans la nuit de vendredi à samedi. »

 

 

Maude Royer est une auteure québécoise. Graphiste de profession, sa plus grande passion a toujours été l’écriture. Après la publication de deux séries fantasy pour les adolescents et les adultes (Les Premiers Magiciens – Éditions Hurtubise – et Zodiak – Éditions ADA), elle travaille maintenant sur deux séries dans le style « dont vous êtes le héros » destinées aux enfants de 9 ans et plus. Les tomes 1 des séries Transforme-toi en loup-de-mer et Transforme-toi en demoiselle-fée (Éditions ADA) seront disponibles dès septembre 2015.

Folie, Noir, Thriller

La dissidence des cancrelats

de Romain-R Martin
Broché – 18 novembre 2020
Éditeur : LBS Sélection

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Le sombre Paris. Les profondeurs du métro.
Claude Sorensen et Werther, agents de maintenance autoproclamés de la RATP, finissent leur quotidienne et méthodique nuit de labeur.
Rentrés dans leur « terrier » situé sous le chemin de fer, les deux excentriques sont attaqués dans leur juste sommeil par un collègue travesti en sage-femme.
C’est l’incompréhension. L’agression nécessite légitime vengeance.
Démarre une course-poursuite contre l’assaillant, fuite en avant et sans retour pour les trois parias, au cœur d’un monde dément et hostile : le « dédale » et ses multiples ramifications. Les « boyaux”…

Thriller noir, saupoudré d’un humour grinçant redoutable d’efficacité, « La Dissidence des Cancrelats » de Romain R. Martin est, une nouvelle fois, une expérience marquante, hors des sentiers battus du genre littéraire.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Bienvenus dans l’univers sombre et glauque de Romain R. Martin, que je découvre grâce à Seve Clément Gilberti, avec “La dissidence des cancrelats”…

Dès le début, je me suis rendu compte que cette lecture allait m’interpeler !
Elle a fait plus que ça…

Véritable “Ovni” littéraire écrit à la première personne, où chaque phrase “ciselée” a son importance, Romain joue avec les mots autant qu’il se joue du lecteur, je dirai même que Romain a un style unique et très singulier.
Les choses ne semblent jamais être ce qu’elles sont.
La folie et les ambiances sombres pervertissent nos regards et nos émotions, dans les profondeurs du métro où tout semble hostile…
Les personnages atypiques et incroyablement vivants, passent malgré tout en arrière plan du décor implanté qui a aussi son rôle et de cette histoire unique et délirante.

Je pense qu’il faut être un minimum “barré” pour entrer dans cet univers clos. Heureusement pour moi, les phrases de Romain m’ont envoûtées, et emportées dans “son monde” sous-terrain.
Impossible de le lâcher avant la fin…

Merci Romain, d’avoir partagé ton univers, me permettant ainsi de découvrir un nouveau monde… Un monde tellement proche…

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Extrait :

« La plainte solitaire d’un vent mauvais s’engouffre pour hurler toute sa rage dans le hall. Les feuilles de la réception virevoltent violemment autour de nous et ne tardent pas à se mêler au renfort de celles du jardin jusqu’au milieu des sièges de l’immense pièce. Elles s’élèvent jusqu’au firmament des projecteurs, renvoyant la dominatrice et puissante lumière de façon stroboscopique. Évidemment, pour nous, simples mortels, c’est magnifique. »

 

Romain R. Martin est né à Vire en 1979 en Normandie. Il vit aujourd’hui à Paris.
Jeune adulte et passionné de musique metal, il quitte le lycée au premier trimestre de terminal pour devenir musicien et travailler avec un petit label spécialisé de la Drôme.

En 2007, il déménage sur la capitale pour se réorienter vers le montage vidéo et le graphisme. Puis en 2011, il s’engage pour cinq ans en tant que réserviste Police nationale.
Son contrat terminé, il se met à l’écriture de son premier roman: « Vermines » (Flamant Noir éditions, 2018). Après de nombreux salons littéraires sélections et porté par le succès critique, il écrit « La Dissidence des Cancrelats » (LBS éditions, 2020).

Outre le fait que sa mère l’ait toujours poussé à écrire, c’est l’accumulation de situations improbables, tristes, voire grotesques, rencontrées au sein de la police, mais plus généralement au fil de sa vie, qui lui donne le goût de l’écriture.

Amateur d’humour noir avec un intérêt prononcé pour le dérisoire et l’absurde, il trouve dans la rédaction de l’imaginaire un refuge et une parfaite scène de théâtre pour y faire vivre ses personnages excentriques.

Romans :
LA DISSIDENCE DES CANCRELATS (LBS éditions, 2020)
VERMINES (Flamant Noir éditions, 2018)
Finaliste du prix du jury Les Géants du Polar, Prix découverte du Balai d’OR et du prix du 1er roman du Rotary Club.