Thriller, Noir, Émotion, Drame, Suspense

Requiem des ombres

de David Ruiz Martin
Poche – 12 mai 2022
Éditions : Taurnada

Hanté depuis l’enfance par la disparition de son frère, Donovan Lorrence, auteur à succès, revient sur les lieux du drame pour trouver des réponses et apaiser son âme. Aidé par une femme aux dons étranges, il tentera de ressusciter ses souvenirs. Mais déterrer le passé présente bien des dangers, car certaines blessures devraient parfois rester closes… au risque de vous entraîner dans l’abîme, là où le remords et la honte règnent en maîtres. Où le destin semble se jouer de vous. Et cette question, qui bousculera sa quête de vérité : peut-on aller à l’encontre de ce qui est déjà écrit ?

 

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C’est le second de David Ruiz Martin que je lis, et bêtement, je m’attendais à une lecture un peu identique. Huis clos psychologique à l’écriture directe et puissante comme dans son roman “Seule La haine”.
Et bien non !
Dans ce roman, la sensibilité et les émotions sont omniprésentes, malgré le fait que ce soit un « VRAI” thriller, sombre sur un fond de vengeance et teinté d’ésotérisme, obtenant ainsi plusieurs degrés de lectures.

Automne 1973.
Un brouillard très épais, rendant toute visibilité impossible dès quelques mètres, est resté suspendu au-dessus de Neuchâtel pendant près de neuf semaines…
C’est un soir de novembre, que Donovan Lorrence a été retrouvé blessé dans les bois et que son jeune frère Virgile, a disparu. Malgré les efforts déployés par la police, il n’a jamais été retrouvé…
Donovan reste persuadé que son frère a été enlevé, ou mieux, qu’il a fugué pour échaper à leur père violent, qui les maltraitait au quotidien, mais les années passent… et il n’a toujours aucune nouvelle de Virgile.

Après avoir vécu plusieurs années à Paris, la cinquantaine passée, Donovan décide de retourner en Suisse afin de régler la succession de son père récemment décédé. Entre temps, il est devenu un auteur “Banquable” qui profite d’une certaine notoriété, mais dernièrement en panne d’inspiration.

À son arrivée, il croise dans un bar, un ancien policier qui à l’époque s’était occupé de la disparition de son frère. Après une discussion un peu tendue, Donovan “plante” l’ex-flic en colère. Il refuse tous les arguments donnés par celui-ci sur la disparition de Virgile. Il décide d’aller dans sa maison familiale en espérant trouver une trace quelconque qui l’aiderait dans ses recherches…
Mais, en arrivant, la maison est en feu ! Malgré les efforts des pompiers, le feu détruit tout, et ne sera circonscrit qu’au bout de plusieurs heures. Donovan décide d’enquêter pour essayer de comprendre ce qui a bien pu arriver…
Dès lors, les menaces à son encontre commencent…

Et puis, il y a sa rencontre avec Iris, une jeune fille à l’air perdu, perturbée peut-être, qui va changer radicalement l’axe à ses recherches.
Mais qui est donc Iris ?
Amie, ennemie ?
Dans tous cas, la mort rode autour d’elle au quotidien…

Un très bon thriller ésotérique, plein de surprises et de rebondissements, le héros n’est pas vraiment sympathique, mais qu’importe, il veut la vérité et c’est bien compréhensible. L’intervention d’Iris est très originale et donne au fil rouge du récit une autre vision. David maîtrise parfaitement son sujet !

Je ne serai pas surpris qu’on entende parler de David Ruiz Martin de plus en plus régulièrement… “Requiem des ombres”, un roman que je vous conseille vivement !

Merci aux éditions Taurnada pour ce beau cadeau.

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Extraits :

« La brume est dense, poisseuse. Si palpable que je parviens à la sentir du bout de mes doigts engourdis. Elle m’enveloppe de ses bras monstrueux. M’empêche tout mouvement. Me garrotte et me rend aveugle. Un mur de vapeur froide me maintient hors du temps. Masse imperceptible où il est vain de me débattre. J’éprouve de la peur. Ainsi que cette folie contagieuse, en embuscade. Elle se faufile comme une mélodie exaspérante qu’il faut donne encore et encore. »

« Je me mis à revivre les jours précédant le drame. L’année de la grande brume, période cauchemardesque qui avait duré près de neuf semaines et que tous avaient fini par nommer ainsi. Dans toute la région, autour du lac dans ses hauteurs, un brouillard épais était apparu un matin. J’avais cru au départ à un événement naturel ; il était banal, durant les dernières semaines d’automne, d’observer une brume matinale se former lorsque l’air froid était emprisonné par de l’air chaud. Mais ce brouillard-là semblait différent des précédents ; habituellement cantonnée au pied des montagnes, elle s’était invitée jusqu’au sommet de Chaumont, après mille deux cents mètres d’altitude, avait recouvert toute la région est fait de nous ses prisonniers. Elle était épaisse, poisseuse et semblait l’œuvre du diable. »

« Iris ôta manteau et chapeau, les suspendit à une branche et demeura sans bouger quelques secondes. Elle était habillée comme la veille : longue robe blanche et étincelante, ondulant sur son corps et dissimulant ses pieds. Ses cheveux étaient parfaitement lissés. Iris s’écarta et s’approcha du bord du lac, face à moi, les mains toujours dissimulées dans des gants blancs. Elle semblait observer quelque chose au fond de l’eau. Le ciel gris sombre se reflétait dans le lac, tandis que son corps, d’un blanc éblouissant, contrastait au milieu de ces eaux limpide, ses ombres tranquilles qui ne semblaient nullement l’impressionner. »

« La période qui a suivi “l’absence” de Virgile reste un moment étrange. Je vivais avec le sentiment d’être de trop, comme si disparaître avec lui était mon seul espoir de sortir du tunnel.
Et s’il était mort, je l’étais aussi. Car je ne vivais plus vraiment. Je ne ressentais plus aucune émotion, plus aucune sensation. Tel un zombie errant au milieu d’inconnus qui me parlaient et cherchaient à me tirer à eux… ces êtres étranges qui ne ressemblaient plus à rien. »

« Dieu ? Il n’existe pas ! fulminai-je. Ou au mieux, c’est un incapable ! Sinon, il ne laisserai jamais des enfants sauter sur des mines en Afrique ou d’autres se faire embarquer à travers le monde dans des trafics d’êtres humains ! Dieu, c’est une idée inscrite dans les chairs, une information involontairement transmise par le génome humain, comme un legs absurde et sans fondement basé uniquement sur l’espoir, l’ignorance et la solitude ! Vous me parlez de Dieu comme s’il s’était présenté à vous un bon matin ! Moi, il ne m’a jamais aidé ! Pas même regardé ! »

 

 

David Ruiz Martin est né le 01.12.1978 à Madrid, Espagne. C’est à l’âge de quatre ans qu’il part vivre en Suisse.

Issu du domaine de la construction, et menuisier de formation, il n’a suivi aucun parcours littéraire.

Autodidacte et touche-à-tout, ce passionné de cinéma et de littérature débute, vers vingt ans, son parcours d’auteur, dans l’ombre et à l’insu de tous, avec quelques nouvelles qu’il garde pour lui encore à ce jour. Puis, durant près de dix ans, seule sa femme est mise dans la confidence de sa passion. C’est à l’âge de trente-deux ans qu’il se lance dans l’écriture de son premier roman, « Le syndrome du morveux », thriller autoédité, qui surprend son entourage, suivi d’un second, « Que les murs nous gardent », roman d’épouvante, l’année suivante. Fort d’un accueil enthousiaste, il prend plus de deux ans afin de peaufiner un troisième, « Je suis un des leurs », une histoire le tenant particulièrement à cœur depuis de nombreuses années, prenant au dépourvu ses lecteurs tout en se dévoilant davantage, en leur offrant un roman personnel et qui colle à ses racines.

Depuis le succès de son premier roman, David Ruiz Martin se laisse du temps afin de mettre sur papier les histoires qui germent dans son esprit.

Noir, Thriller

Le Tricycle rouge

de Vincent Hauuy
Poche – 28 mars 2018
Éditions : Le Livre de Poche

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Noah Wallace est un homme usé, l’ombre du brillant profileur qu’il était jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais un appel téléphonique va le contraindre à reprendre du service. Son ami et ex-coéquipier Steve Raymond a besoin de lui. Une carte postale trouvée sur le lieu d’un crime atroce au Canada l’implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Tout porte à croire qu’un tueur en série présumé mort, le Démon du Vermont, est de nouveau à l’œuvre.
Dans le même temps, à New York, la journaliste-blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix.
Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?

 

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“Le Tricycle rouge” démarre très vite et très fort.
Vincent Hauuy, en quelques lignes a su m’agripper…
Je suis arrivé à la fin de l’ouvrage.
Je suis estomaqué !

Et si tout cela existait vraiment…

Nous sommes au Canada, un environnement froid et triste.
Steve Raymond, lieutenant américain, fait appel à un ami, Noah Wallace, ancien profiler, devenu amnésique et infirme suite à un accident où il a perdu sa femme. Il n’est plus que l’ombre de celui qu’il était. En effet, une carte postale à son nom a été retrouvée sur le lieu d’un crime particulièrement horrible. Le mode opératoire correspond à celui du « Démon », que poursuivait Noah juste avant son accident.
S’agit-il du même homme ou d’un adorateur qui réplique son “modus operandi” ? Qu’est-ce qui peut bien lier le tueur à Noah ? Pourquoi cette vision d’un tricycle rouge lorsqu’il est arrivé sur la scène du crime ?

Pendant de temps, Sophie Lavallée, blogueuse et journaliste,0 cherche à résoudre la disparition de Edgar Trout, un reporter qui n’a jamais été retrouvé. Elle cherche, elle creuse et publie ses résultats sur son blog. Un jour, elle reçoit un mail anonyme qui très vite va la mettre en danger, et va la conduire à croiser l’enquête suivie par Noah, pendant qu’il part à la recherche de ses souvenirs, au travers de cette enquête sanglante et violente.

Vincent est un amoureux des mots.
Rarement dans mes lectures, je n’ai autant ressenti le plaisir d’un auteur à placer ses mots à bon escient. Vincent en joue. Il joue avec le lecteur, mais joue aussi bien sûr avec ses personnages. J’ai eu parfois l’impression de lire une partition musicale où les dialogues se répondaient, se faisant écho. Son utilisation “de mots”, que je n’ai lus ou entendus que très rarement m’a donné une impression toute particulière… Vincent me chuchotait son récit aux courts chapitres, plein de suspense et de retournements, directement dans mes oreilles…

Mais l’auteur ne s’arrête pas là !
En plus d’avoir développé la forme, tel un écrin protecteur, Vincent nous propose un fond qui est un véritable bijou !
J’ai imaginé la réflexion qui était sienne, à chaque fois qu’il donnait des titres à ses chapitres…
Un vrai thriller mâtiné d’énigmes, de sixième sens, effleurant délicatement le paranormal.

Attention ! “Le Tricycle rouge” est très addictif, sa construction parfaitement menée et maîtrisée avec des scènes particulièrement violentes. Pour son premier roman, Vincent fait une entrée très méritée pour moi, dans le monde de l’écriture !
Noah est à la recherche de ses souvenirs, au travers une enquête sanglante et violente.
Amateurs de thriller, surtout, n’hésitez pas !

Personnellement, je vais me pencher sur le “cas” Vincent Hauuy et ses autres romans…

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Extraits :

« Steve porte la main à sa bouche grande ouverte et ses yeux s’écarquillent, mais Noah ne le remarque pas. Autour de lui, les sons se tordent et s’étirent comme le ferait un enregistrement sur une vieille bande magnétique qui se serait coincée. Un bourdonnement pulsatile s’amplifie puis donne naissance à un acouphène qui siffle dans ses oreilles comme une théière sur le feu. Il décrispe sa mâchoire et fait jouer ses mandibules pour chasser les bruits qui envahissent sa boîte crânienne. En vain. »

« Pour comprendre ce puzzle, il va devoir plonger dans les abysses. Son regard devra porter au-delà des apparences pour espérer déceler l’ombre du tueur dans la mosaïque sanglante. L’autre envisageait toujours les scènes de crime comme des symphonies silencieuses, il en percevait le rythme, le tempo et les notes. Il pouvait deviner la rage ou la colère dans la forme des blessures, la méticulosité dans le découpage ou le placement, la vanité dans l’exposition.
Noah ne voit plus la partition, mais peut-être peut-il encore entendre la musique. »

« Bordel, j’aimerais savoir ce qu’il foutent dans tes médicaments. Putain de BigPharma ; on est tous des putains de cobayes. Ça me bouffe de savoir que ce monde est corrompu jusqu’à la moelle par ces gros porcs. »

« Le cadavre a été positionné nu sur un fauteuil roulant. Les morceaux de peau arrachée sur le cuir suggèrent qu’il a été collé dessus – super glue – et qu’il s’est débattu.
– Toutes les dents ont été ôtées. À mon avis avec une pince, déclare Clémence. Puis son sourire a été étiré façon Joker, au couteau. Belphégor est souvent représenté avec une grande bouche.
Noah ne relève pas. Ce n’est pas ce genre de détails qui l’intéresse. Pourquoi ne voit-il rien d’autre ? Pourquoi ce corps reste-t-il muet ? Où est passée la musique ?
– Je ne vais pas toucher le cadavre, mais je pense que le tueur à placé des clous à la base des cornes et a utilisé un marteau pour les enfoncer sur le crâne, poursuit Clémence. »

 

 

Né à Nancy en 1975, Vincent Hauuy vit au Portugal avec sa famille. Concepteur de jeux vidéo et fan incontesté de Stephen King, J. R. R. Tolkien et George R.R Martin, il construit un monde fictif fait de paranormal, de sang et de complexité qui donnent à ses romans des intrigues très riches.
Son premier roman, “Le Tricycle Rouge”, paru en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 100 000 lecteurs.
Depuis, il a écrit deux autres romans, “Le Brasier” et “Dans La Toile” aux Éditions Hugo Thriller.

Noir, Polar, Thriller

Idol

de Thierry Berlanda
Broché – 24 mars 2022
Édition : M Plus

 

À la sortie de son concert au Zénith de Paris, Pete Locust embarque une prostituée cubaine. La vie flamboyante de la Rockstar va alors dérailler… Sauvagement agressé dans l’appartement loué par son agent, Locust devra compter sur Dodeman, lieutenant de police lancé sur la piste d’un improbable suspect.

Dans ce thriller particulièrement sauvage, les chapitres défilent au rythme rapide d’une enquête déroutante, parmi les monstres qui peuplent les enfers de Locust et jettent une lumière aveuglante sur l’aspect le plus troublant de la nature humaine.

 

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La particularité des romans de Thierry Berlanda est d’aller systématiquement, là où on ne l’attend pas, et pour “Idol”, il ne déroge pas à sa règle…

Amoureux de Polar, de flics borderlines, de VRAI suspense et surtout de Rock’n’roll, le tout porté par des dialogues croustillants et des textes ciselés au couteau, ce roman est définitivement fait pour vous !
Attention, ça va vous déboucher les oreilles…

Dans ce récit archi rythmé, la musique et l’intrigue se mélangent continuellement, impossible pour moi, de ne pas rechercher les morceaux cités par l’auteur, et de ne pas les écouter à “donf” !
Rarement, je n’avais ressenti ce besoin d’une telle manière. Thierry est très fort à ce jeu-là !
L’histoire n’a rien de linéaire. J’ai suivi, comme Dodeman, cette enquête à plusieurs niveaux et ce n’était pas pour me déplaire. En effet, j’avais cru, honte à moi, dès le début du récit, que le coupable avait été trouvé, bien trop vite à mon goût.
Que nenni !
Soudain, Thierry tire de nouvelles ficelles et “boom-Patatra”, retour à la case départ… Je reste sur le cul. Trop fort l’auteur !

En sortant de son concert, joué à guichets fermés au Zénith de Paris, la “rock star” américaine Pete Locust, mondialement connue, a été retrouvée assassinée en compagnie d’une prostituée cubaine qui lui tient la main. C’est un coup de poignard dans le cœur pour des millions de fans inconditionnels.
Fan, lui-même de la rock star, Dodeman va se retrouver piégé dans une enquête qui va le hanter, tant qu’elle ne répondra pas à toutes les questions qu’il se pose… Mais impossible pour lui d’anticiper sur quoi que ce soit. Toutes les ouvertures éventuelles, se ferment au fur et à mesure de son avancement. Envie de me ronger les ongles !!!
Et… “Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité”, dixit, Arthur Conan Doyle.

Alors, oui, Dodeman est un peu un stéréotype de flic. Paumé, largué par sa femme, il ne voit que rarement sa fille, sa vie ne tient que par son travail et qui se “lève” seul contre tous, mais j’avoue avoir été touché… J’adore ce mec !

Musique, violence, rythme particulièrement soutenu, personnages troublants (mais attachants), tout est intimement lié dans ce récit gigogne que j’ai dévoré en quelques heures, il vous fera tourner la tête dans tous les sens, avant que vous ne puissiez reposer les pieds sur terre… Non pas les enfants !
Alors, les amis n’hésitez pas, venez lever le voile sur ce mystère musical… Et plus encore…

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Extraits :

« Dès que l’info avait fuité, le trafic SMS avait atteint un pic à mi-hauteur entre l’élection d’un pape et la mort de Lou Reed. Pete Locust débarquait à Paris pour la première fois depuis trente ans ! La légion de ses fans dispersés n’avait pas attendu le signal des rabatteurs d’Instagram pour jaillir de l’anonymat où elles barbotaient depuis trop longtemps. Le Locust arrivait ; il leur fallait illico savoir quand, pour combien de temps, et dans quelle salle il allait jeter ses éclairs. Vite submergé, le dispositif commercial des soi-disant sorciers du média planning n’avait pas tenu une journée sous la mitraille de ce genre de tweets capables de pourrir en quelques heures la réputation d’un label. Du coup, l’ouverture de la vente des billets avait été avancée, et tout le stock vendu dans la seconde après le clap. »

« Mercredi, 2h00 du matin.
La deuxième nuit de Tiago dans sa cellule est aussi la millième sans sommeil pour Dodeman. Les poignets croisés sous la nuque, son regard glisse sur les zébrures projetées au plafond par des phares à travers des volets gangrenés. Il y devine Manon, penchée sur ses camions de chantier, qui lève de temps en temps le nez pour lui sourire. Mais plus comme avant. Depuis quelques semaines, l’ingénuité s’est muée en une sorte d’indulgence cruelle. »

« 11h00.
Le panneau « Comparution en cours » à dissuadé Magloire de frapper à la porte de Deshayes. Elle s’assoit sur une chaise du couloir, et commence à faire ce qu’elle pratique avec art depuis l’enfance : attendre. Vingt minutes plus tard, Myriam Lombard apparaît sur le seuil. Pour la surprendre, il aurait fallu que l’avocate ait troqué son tailleur duveteux contre une combinaison d’homme grenouille :
– Bonjour maître.
– Puis-je voir Madame le juge entre deux, s’il vous plaît ?
– J’espère que ce sera possible. Je lui demande.
La greffière s’efface pour laisser sortir une panthère aux griffes bleues et son avocat, et elle se penche dans l’entrebâillure de la porte :
– Maître Magloire souhaiterait vous voir quelques instants. »

« Holly est morte avec sa main dans la tienne, Pete. Dans les dernières minutes de sa vie, cette fille t’a aimé comme elle n’avait jamais aimé personne. Pourquoi ? Qu’est-ce que tu lui avais donné ? Qu’est-ce qui s’est passé, cette nuit-là ? Qu’est-ce que le démon qui vous a tué a absolument voulu faire cesser ? Est-ce que c’était trop beau ? Il n’a pas pu le supporter, c’est ça ? Mais qu’est-ce qui a été si beau entre cette fille et toi ? »

 

Thierry Berlanda est l’auteur de vingt romans.

Après Naija (2017) et Jurong Island (2018), Cerro Rico (juin 2019), il clôt sa trilogie de techno-thrillers (Éditions du Rocher).
Ses autres romans récents sont L’Affaire Creutzwald (2018), un roman noir, et L’Orme aux Loups (2017), un suspense médiéval, parus aux Éditions De Borée. L’Insigne du Boiteux, un thriller pur jus, est ressorti en poche chez le même éditeur en 2019. Pour septembre 2020 sont annoncés la version poche de L’Affaire Creutzwald et un nouveau thriller en grand format, DÉVIATION NORD, dans la collection Marge Noire des Éditions De Borée.

Drame, Noir, Philosophique

Presque le silence

de Julie Estève
Broché – 12 janvier 2022
Éditeur : Stock

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« Les mots m’étranglent. J’ai mal : tête, ventre, tout le temps. Je suis un calvaire de treize ans, un mètre cinquante, quarante kilos qui se brisent. Je ne ressemble à rien sinon à une laideur bizarre. Ce n’est pas avec cette gueule-là que je vais pécho Camille Leygues. Il est dans ma classe cette année et il me déteste, comme tout le monde. »

Cassandre est rousse, frisée et haïe des autres enfants. On l’appelle le Caniche. Elle aime Camille, un garçon très beau et fou de chevaux. Un jour, elle se rend chez un voyant pour connaître son avenir. Mais la séance tourne mal. Le cartomancien lui révèle cinq prophéties terrifiantes qui ne cesseront, au cours de sa vie, de la hanter.

Presque le silence raconte la vie d’une femme en dix chapitres, de son enfance à sa mort. Une vie qui traverse dix grandes pertes, l’amour fou et les deuils. Une vie mêlée au sort des hommes, des animaux et des arbres où les tourments de l’âme sont les miroirs de l’effondrement du monde.

 

2022_011_Estève Julie - Presque le silence

 

J’ai entamé le roman ce matin dans les transports pour me rendre sur mon lieu de travail. Très vite, il a fallu que je m’arrête. Je ne comprenais rien à ce que je lisais… Ça me semblait brouillon, trop de tout, trop à la fois !
J’ai tout stoppé et j’ai repris le récit depuis le début, plus doucement, j’articulais alors, les phrases avec mon esprit, plutôt que de les lire dans la tête…

Et là, tout a changé.
Le livre s’est ouvert à moi comme par magie et j’y ai découvert une nouvelle Julie !

Comme je suis heureux d’avoir insisté. Il s’est passé quelque chose durant ma lecture. Ce style surprenant qui m’a bousculé au départ, finalement, je l’ai adoré et surtout, il se justifie pour cette histoire très forte en émotions… Julie a utilisé un style très atypique que je n’avais jamais eu l’occasion de lire, d’ailleurs peut-être, l’a-t-elle créé ?

À quel moment, un roman se transforme-t-il en œuvre ?
Voilà la question que je me suis posé finalement en cours de lecture !

Presque le silence, quel titre !
Dès que j’ai entendu parler de sa sortie, je savais que j’allais le lire, et c’est vraiment le titre qui m’a “appelé”.
Je m’attendais à un roman doux, un roman sage… Le silence…

Mais le “Presque” s’est glissé au début du roman. C’est lui qui dirigera, c’est lui qui déterminera le futur du récit, et quel récit !

Cassandre est rousse. Elle est frisée aussi, donc naturellement haïe par tous les autres enfants.
On se moque d’elle, on la bouscule dans la cour de récréation, dans les escaliers, elle subira le pire durant toute son enfance…
Elle consulte un cartomancien qui, lui révèle cinq prophéties terrifiantes qui ne cesseront, au cours de sa vie, de la hanter.
L’adolescence lui amènera d’autres problèmes avant d’appréhender ceux de sa vie d’adulte. Tout ne sera que doute et peur…

Comment Cassandre, un être si sensible peut-elle survivre à tout ça ?
Elle qui ne cherchait qu’à être aimée pour pouvoir aimer à son tour…

Elle ne cessera, mais en vain, d’essayer de dévier de cette malédiction qui pèse sur ses frêles épaules… et se battra ainsi seule contre tous, jusqu’au final du roman qui m’a pris les tripes et le cœur.
Chaque phrase est un frisson, chaque mot vous enlisera dans les tourments de votre âme, chaque point n’est là que pour mieux faire jaillir la phrase suivante, telle une boucle infernale choisie par l’auteure, qui va même jusqu’à réduire ses chapitres à la plus simple expression.
À certains moments, j’ai même imaginé Julie envoûtée, souffrant d’une tachypsychie “écrite” !
Mais il sera trop tard, vous ne pourrez plus poser votre roman, toutes les images seront dans votre esprit, et vous n’aurez que le choix d’aller jusqu’au bout, mais je vous aurez prévenu… “Presque” domine tout le récit !

Alors, plus j’avançais, plus j’avais envie de me boucher les oreilles. Julie se sert de sa puissance romanesque comme une symphonie qui va crescendo, jouant avec le monde entier, les animaux, la nature, tous les êtres humains…
Jusqu’au silence tellement attendu…

Et si Cassandre était simplement une “part” de chacun d’entre nous ?

ÉNORME COUP DE CŒUR pour ce roman très sombre, il est vrai.
Mais à travers toute cette noirceur, j’ai vu une lumière pleine d’amour et de tendresse…

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Extraits :

« Ça a commencé dans les forêts tropicales et les mangroves en Guyane. Des œufs. Des tas d’œufs. Ils étaient des millions, des montagnes. Les œufs sont devenus des chenilles moches qui ont mangé les feuilles des arbres dont les palétuviers des marais. Leur abdomen était gonflé, leurs poils épais, elles avaient trois paires de pattes.
Pendant des kilomètres, la forêt fut recouverte de ces choses. Elle fut dévorée. La forêt : des troncs et des branches vides.
Un jour, les chenilles se sont changées en papillon de nuit, trapus, triangulaires. Ils étaient jaune et marron. Au crépuscule, ils ont volé vers les villes. »

« Chaque matin depuis deux mois, je me réveille amnésique. Pendant quelques secondes magnifiques, ma mère n’est pas malade, puis tout se casse la gueule et je tombe dans un trou grand, profond et noir. L’angoisse colle au cul de ma raison. Je ressasse la phrase du voyant, ”ta mère va mourir“. Je suis coincée dans cette phrase. Je réfléchis à l’envers. Je me remets à prier les dieux. Je les supplie de sauver ma mère. De tromper le destin, de changer les cartes. J’en suis là, débile, noyée dans l’absurdité. »

« J’ai 35 ans, je suis enceinte. Je l’annonce à Camille un matin sans soleil. Un sourire dérègle son visage. Je ne reconnais pas ses traits. L’ensemble est dévoré par une joie qui a l’air de la peur. Il m’entoure de ses bras. Pose son front contre le mien. Quitte le lit et s’en va sur le dos de Zambia. Il revient cinq heures après, épuisé, la tête remplie de deuils et d’avenir.
De mon côté, je pleure avec un fœtus dans le ventre. Je déverse sur les draps des larmes inquiètes. Je suis à la fois un horizon et un clapier. Quelque chose meurt en moi pendant qu’un être devient. Je ne serai plus jamais une enfant, la vie qui loge en bas me retire ma couronne. Je laisse à ce fœtus toute la place. J’ai tant besoin de ma mère. Des mots, des mains de ma mère. »

« Je survis grâce à l’amour, aux lettres que Camille m’écrit chaque semaine. Elles me raniment. Je vous ai montré les cœurs de mon fils au bas des pages ? Dans l’enveloppe, ils mettent toujours un peu de ma terre rouge. Je la lèche, vous savez, ça me remplit. »

 

 

Titulaire d’un DEA d’Histoire de l’Art à l’Université Paris IV-Sorbonne (2004), Julie Estève est journaliste spécialiste d’art contemporain.

Elle est auteur de catalogues d’exposition, de contes pour enfants.

Presque le silence est le troisième roman de Julie Estève. Ses deux précédents livres, Moro-sphinx (Stock, 2016) et Simple (Stock, 2018), ont été très remarqués par la presse.

Facebook : https://www.facebook.com/esteve.julie

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

Les rois écarlates

de Tim Willocks
Broché – 1 juin 2001
Éditeur : L’Olivier

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Lenna Parillaud vit dans la haine et la souffrance depuis la perte de sa fille. Seul un abominable rituel donne un sens à son existence : une visite chaque mois depuis douze ans à son mari – drogué et enfermé dans une bâtisse isolée du delta du Mississippi – auquel elle inflige toutes sortes d’humiliations.

Cicero Grimes, lui, traverse une grave dépression. Reclus au milieu de ses propres détritus dans une caserne désaffectée à la Nouvelle-Orléans, il n’émerge de sa torpeur que pour prendre conscience du dégoût qu’il s’inspire à lui-même.

Lenna Parillaud et Cicero Grimes ne se sont jamais rencontrés. Jusqu’au jour où ils reçoivent chacun une lettre qui les entraîne dans un cataclysme de vengeances, de haines et de violences.

 

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Tim Willocks, pour ceux qui ne connaîtraient pas, fait partie des grands, des très grands même de la littérature Noire. Je l’ai découvert avec “La Religion” un superbe thriller historique qui m’avait complètement emporté…
Depuis, j’ai lu tous ses romans. Il est souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, mais j’affectionne tout particulièrement Tim.
J’ai l’impression qu’il a déjà vécu plusieurs vies ! Grand maître d’arts martiaux, chirurgien, psychiatre, producteur, écrivain, scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann.
Et tout ça pour notre plus grand plaisir…

“Les rois écarlates” est la suite de “Bad City Blues”, mais la construction du roman fait qu’il peut être lu indépendamment.
Vous l’aurez compris, c’est un roman sombre, noir, très dense… Tout le récit tourne autour d’une horrible vengeance.

La grande force de Tim est de distiller petit à petit les éléments qui constitueront une grande fresque au final. Dans le récit, il manie les mots et sait en jouer afin de maintenir un suspense constant jusqu’au bout d’une folle course-poursuite déclenchant un ouragan de violence dans le sud raciste des Etats-Unis.
Les personnages sont magnifiques, leurs psychologies travaillées en profondeur, l’intrigue est élaborée, il y a de l’action, de l’émotion, et beaucoup de réflexion aussi. J’avais l’impression d’être assis dans un fauteuil au cinéma.

Je ne dirai rien de plus, il vous faudra le lire pour comprendre…
“Les Rois écarlates” est un livre marquant.

Attention !
Faites-en sorte que “Gul” soit de votre côté, sinon… vous êtes mal barré !

Vous voulez du noir, du très noir ?
Tim Willocks, what else!

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Extraits :

« Si vous saviez depuis combien de temps personne ne m’a vu pleurer, Dr Grimes, vous auriez une petite idée de l’énorme perversité de cette farce.
Grimes en avait assez de cet endroit et de la nausée que lui causait son mauvais numéro. Il ne se savait pas capable de mentir de façon aussi experte, sans la moindre intégrité, et il avait usé de sa profession – l’avait salie – afin d’y parvenir. Il l’avait fait pour son père ? Georges ne lui avait rien demandé. Georges serait mort avant. »

« La rage le submergea à nouveau, étouffant sa honte. Qu’ils aillent se faire foutre. Voilà le monde entier se mettait à lui dire comment vivre. L’obèse avait raison au moins là-dessus : aussi loin qu’il s’en souvienne, depuis sa plus tendre enfance, être bousculé provoquait en lui une contrariété quasi-psychotique. Il ne voulait plus être bousculé. »

« Au grand étonnement the Grimes, et à sa grande satisfaction, Gul demeura immobile comme une souche tout le temps qui lui fallut pour injecter l’anesthésique. Grimes murmura et le caressa en attendant son effet, puis saisit une paire de ciseaux, retira la chair morte et posa huit points de suture. Gul se prêta aux soins sans broncher. »

« Elle n’avait pas seulement volé sa liberté, mais aussi sa réclusion : sa propre existence lui avait été inconnue pendant treize ans. Treize mois ou treize décennies, il n’aurait pas vu la différence. Dans cette indifférence sans limite, il se rappelait – par petits éclairs de honte et de rage – ses insultes et son mépris, son beau visage ou brillait le pur triomphe de la vengeance. Mais ces moments aussi glissaient dans le vide océanique de sa mémoire comme un banc d’anguilles voraces. Elle ne l’avait pas seulement dépouillé de son orgueil, des plaisirs et du pouvoir, elle l’avait dépouillé de la connaissance elle-même. Il avait perdu un quart de sa vie. »

 

 

Né en 1957, Tim Willocks, psychiatre à Londres, est spécialisé dans le traitement des toxicomanes. Scénariste, écrivain, il est l’auteur de plusieurs « polars » atypiques, à la frontière du gothique, dont Bad City Blues (L’Olivier, 1999). Comparé par la critique à Norman Mailer et James Ellroy, il affirme avec ce nouveau livre une écriture puissante, un réalisme grinçant et une intensité rarement atteints dans le roman noir.

Dystopie, Fantastique, Noir, Science Fiction, Suspense

Anatomik

De Serge Brussolo
Broché – 13 novembre 2019
Éditeur : ‎Bragelonne

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La guerre des mondes a déjà commencé, hélas, personne n’a jugé bon de vous en informer !

Kurt Angström est mort, cela ne l’empêche pas d’être employé comme espion par la redoutable firme ANATOMIK Biotech qui a découvert le moyen de transformer les fantômes en agents secrets invisibles capables de hacker les programmes informatiques les plus complexes ou de s’introduire dans les pensées des vivants pour leur dicter des idées de meurtre et de suicide.

Chuck Ozzborn, lui, est un ancien soldat d’élite à la retraite, mal embouché et misanthrope, qui va contre son gré se retrouver mêlé au plus formidable complot de tous les temps.

Dans une Amérique vaincue par la coalition des barons de la drogue, et qui a perdu la volonté de se battre, les deux hommes se voient confrontés à une menace dépassant tout ce qu’on avait pu imaginer, et dont le premier symptôme prendra l’aspect d’une possession générale de la population par l’âme des morts… avec la complicité des gouvernements !

À l’insu de tous, l’Apocalypse entre en phase 2.
Serrez les dents !

 

2021_100_Brussolo Serge - Anatomik

 

Serge Brussolo et moi, c’est un peu comme une histoire d’amour.
Je l’ai découvert en 1986, avec “Les mangeurs de murailles”, j’avais 19 ans… Depuis nous ne nous sommes jamais quitté et c’est vrai que j’attends régulièrement ses dernières “Folies” ! Il va régulièrement très loin au niveau de ses idées, du coup je plonge littéralement dans ses univers de temps en temps…

Effectivement, c’est grâce à sa faculté de créer des mondes si différents et tellement inventifs que j’adore entrer dans ses récits. Ils ne se déroulent jamais comme ils le devraient, Il y a toujours quelque chose qui ne tourne pas rond… Quelle que soit la thématique qu’il choisira. C’est ce que j’aime avec les récits de Serge, les surprises incroyables à chaque chapitre, le suspense omniprésent…

Avec “ANATOMIK”, on nage entre folie et désespoir !!!
Après une guerre contre des narcotrafiquants du Cartel, les Etats-Unis sont à genoux et ne s’en remettent que difficilement. Quelques années plus tard des Aliens qui observent la Terre de leur vaisseau stationnant au-dessus de nos têtes, ont décidé de nous envahir. Ils veulent anéantir tous les terriens et s’approprier notre planète. Pendant ce temps, une foudre étrange provenant d’orages secs, s’abat sur la plupart des cimetières, réveillant les morts… Se transformant en ectoplasmes ils n’ont d’autres choix que de posséder les Humains, de prendre leurs corps, sinon ils sont condamnés à disparaître à jamais !
Chuck Ozzborn, soldat américain à la retraite, qui voit son monde se déliter, va se retrouver entraîné par Kurt Angström, un fantôme, dans un “combat” qu’il n’aurait jamais pu imaginer…

Bienvenus dans l’imaginaire de Serge Brussolo !
Comme à son habitude le style narratif est très rapide, il va droit au but, créatif, jamais ennuyeux, saupoudré d’un humour noir qui convient parfaitement à l’ensemble du récit.
Les personnages principaux ne sont ni sympathiques, ni bienveillants, qu’importe !
C’est l’histoire qui prime.
Et ce n’est pas un gastéropode géant, utilisé comme moyen de transport pour traverser des flammes qui ne s’éteignent jamais, ni Kurt Angström, fantôme agent secret, qui vous diront le contraire…

Vous l’aurez compris.
Pour aimer Brussolo, il faut soit être un peu “barré”, soit ne pas avoir peur de l’inconnu, mais surtout être curieux et se laisser porter.
Alors, oserez-vous franchir vos limites ?
Attention, vous risqueriez de ne pas le regretter !

Un excellent roman que je conseille à tous les fans de fantastique et de science-fiction…

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Extraits :

« Juillet 2118. Golfe du Mexique. Zone de guerre. 217e jour d’engagement de la 8e division de Marines des États-Unis contre les forces des Cartels coalisés. Synthèse des opérations : fortes pertes humaines du côté américain. Désorganisation de la logistique. Armement obsolète. Malgré toutes les tentatives de reprise en main, l’ennemi reste maître du feu. Demande de repli stratégique refusée par le Quartier Général. Le mot d’ordre reste : Tenir coûte que coûte et défendre la frontière. »

« C’est comme ça que tout avait commencé. Les revenants. Ces enfoirés de fantômes. La foudre, en frappant les tombes, réactivait le macchabée. L’impulsion électrique, d’une puissance démentielle, permettait aux cadavres de développer un ectoplasme qui, dès lors, devenait autonome. L’enveloppe charnelle restait au fond du trou, réduite en morceaux, carbonisée par la décharge, mais l’ectoplasme, lui, s’en allait vagabonder dans la campagne, se matérialisant ici et là, flanquant une pétoche de tous les diables aux pauvres bougres qui croisaient son chemin. »

« Est-ce que tout était vivant ici ? Ignorait-on les matières mortes ou synthétiques ? Elle se résolut à enfiler le vêtement. Dès qu’elle l’eut passé, elle cessa de le sentir. Aucun frottement ne trahissait la présence du tissu, c’était comme si on venait de lui greffer un second épiderme.
– Salut à toi, Maîtresse, dit la robe. Je suis là pour te protéger. Désormais aucun projectile ne peut t’atteindre, je saignerai et je mourrai à ta place. Telle est ma fonction et ma fierté. »

 

 

Né à Paris en 1951, Serge Brussolo écrit depuis son plus jeune âge. Ses premières tentatives de publication ont lieu dès sa douzième année… A sa sortie de faculté, après des études de lettres et de psychologie, il se lance dans la bataille de l’écriture, vivant dans des conditions précaires pour avoir le temps d’écrire ses premiers textes. Commence alors pour lui une formation à la manière des auteurs américains : métiers incongrus, hétéroclites, qui lui fourniront matière à l’études des milieux les plus disparates. Il lui faudra attendre 1978 pour que sa première nouvelle paraisse, qui sera aussitôt saluée par la critique (notamment par Bernard Pivot alors animateur de l’émission Apostrophe). Funnyway (Editions Denoël) sera en effet couronnée par le Grand Prix de la science-fiction française devenu aujourd’hui le Grand Prix de l’imaginaire.

D’autres prix littéraires (onze ou douze à ce jour !) récompenseront ses nombreux romans fantastiques publiés dans les célèbres collections Présence du Futur et Anticipation, et qui conduiront la critique à voir en lui  » le Stephen King français « . Qualificatif réducteur, car, pour Brussolo, le fantastique ou la science-fiction ne sont que des prétextes, des clefs permettant d’accéder à un univers psychanalytique où règnent le trouble, l’obscur, l’inavoué. Il se souciera d’ailleurs peu d’observer les règles du genre et s’appliquera plutôt à les pervertir systématiquement au grand scandale des puristes.

Il donnera à Présence du Futur (Denoël) ses plus grands textes hallucinés, littérature visionnaire bourgeonnant au carrefour du baroque et du surréalisme. Ne s’interdisant rien, osant tout, Brussolo deviendra l’auteur qui fait scandale dans un milieu où robots et soucoupes volantes tiennent lieu de pantoufles. Pendant dix ans, il allumera les controverses, la haine et l’adulation la plus absolue. Tantôt voué au bûcher, tantôt hissé sur un piédestal.

A la fin des années 80 il se détourne momentanément du genre pour s’attaquer à la littérature générale et au roman historique. Quoi qu’il soit difficile d’appliquer des étiquettes à ses romans, chacune de ses oeuvres se déplaçant sur plusieurs genres à la fois. Auteur polyphonique, Brussolo est un mutant réconciliant les extrêmes, un maître expert en mélanges, à la manière des auteurs sud-américains toujours attentifs aux arrière-plans du réel, aux mythologies et au fantastique quotidien. Il est important de rappeler que par ses origines il est en partie Brésilien, et qu’il a baigné dans un univers folklorique issu de la selva.

Le prix RTL-LIRE lui est décerné en 1995 pour La Moisson d’hiver. Son entrée dans la collection FOLIO prouve qu’il est tout à fait à l’aise dans l’analyse psychologique et le roman d’atmosphère. Pour certains critiques, Brussolo se situe dans la grande tradition des auteurs populaires comme Simenon ou Frédéric Dard.

Conteur doué d’une imagination surprenante et d’un époustouflant sens de l’intrigue, il s’épanouit dans la littérature criminelle et trouve son inspiration dans les aberrations sociologiques de nos sociétés. Il a reçu le Prix du Roman d’Aventures en 1994 pour Le Chien de minuit paru au Masque et son roman Conan Lord, carnets secrets d’un cambrioleur a été élu Masque de l’année 1995. Ses thrillers explorent le suspense sous toutes ses formes, conciliant roman noir et énigme classique, thriller international et machinations savantes.

Aujourd’hui, de retour dans la collection FOLIO-SF pour laquelle il écrit désormais des textes inédits, il est revenu à ses premières amours.

La Société des Gens de Lettres lui a décerné le prix Paul Féval pour l’ensemble de son œuvre.

 

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Drame, Noir, Thriller psychologique

J’ai rêvé qu’on pouvait tuer

de Rime de Bervuy
Broché – 2 novembre 2021

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Sarah Dubois est une jeune mère célibataire qui voit sa vie bouleversée par plusieurs épreuves.
Quand une série de meurtres visant de jeunes enfants survient dans la région, elle s’inquiète pour les siens, comme beaucoup de familles.
Elle aurait pu considérer ces événements comme de simples faits divers, ne pas se sentir autant concernée et ne pas leur accorder d’importance.
Elle aurait pu oui, si elle n’en avait pas rêvé la nuit…

 

2021_098_de Bervuy Rime - J'ai révé qu'on pouvait tuer

 

Quelle est la maman qui, élevant seule ses trois enfants, ne passerait pas par des hauts et des bas ?
Ne passerait pas par des phases de stress ou de colère ?
Sarah a beau aimer ses enfants, son quotidien est compliqué et pesant. Heureusement dans son entourage, famille et voisins l’aideront dans son quotidien, prêts à tout pour donner un coup de main. Sarah est débordée, et elle essaie de s’en sortir au mieux.
Voilà à quoi ressemble sa vie, mais malgré tout, elle fait tout son possible pour continuer à briller dans les yeux de ses enfants.

C’est le premier roman de Rime de Bervuy que je lis, et très vite je suis rentré dans l’intrigue. Le récit est rythmé par des chapitres courts, et c’est très crédible.
Une “histoire banale” de la vie qui va être percutée soudain par les mains du mal.

Une nuit, elle fait un cauchemar, où elle voit un enfant se faire étrangler. Elle se réveille en sursaut, elle se sent mal, cette impression de “vécu” la rend folle… Et cela va se reproduire plusieurs nuits.
Dès lors elle commence à prendre peur.
Pourquoi est-elle impactée de la sorte ?
S’agit-il de rêves prémonitoires ?
Quel lien il y a-t-il entre elle et ces enfants étranglés, la nuit dans leurs lits ?

Voilà un roman très réaliste que nous propose Rime. Je me suis senti très vite proche de ses personnages. Le fait aussi et surtout que ce soient des enfants qui soient impactés m’a touché tout particulièrement… Le suspense est bien mené, une “petite” angoisse est montée au fur et à mesure de ma lecture créant une atmosphère particulière, et un final qui, même si j’avais un peu “deviné” la trame, m’a surpris car je n’arrivais pas à faire certains liens. L’histoire de Sarah n’est pas banale et on ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour elle.

Un bon roman psychologique, plein de sensibilité, qui m’aura fait passer un bon moment.

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Extraits :

« – Chut ! Il n’y a rien de dangereux ici. Je vais même te dire, on est plus tranquilles.
– Mais il fait noir ! Et puis j’ai froid et j’ai peur.
– Je sais, mais tu dois arrêter de pleurnicher, sinon ça va l’énerver encore plus. Tiens ! Mets mon pull, tu auras moins froid.
– Mais… Et toi ?
– Ça va aller. »

« Sarah eut du mal à contenir la colère qui l’assaillait. Elle eut soudain la vision de ses mains qui se plaçaient autour du cou d’un enfant et qui serraient, serraient… La jeune femme devint toute pâle. Elle sentit ses jambes trembler et s’appuya contre le mur du couloir. »

« Mathilde avait probablement raison. Elle y pensait, cela la touchait, donc elle en rêvait. Sarah était totalement abattue et triste alors qu’elle aurait dû être heureuse en cette veille de vacances. Elle ne voulait pas se résoudre à croire que ses cauchemars avaient du sens ou une raison d’être. Les séries et les films qui passent à la télévision détaillaient tellement bien les scènes de meurtre qu’une situation dramatique devenait le déclencheur des pires scénarios. Sarah avait toujours eu beaucoup d’imagination et elle visualisait facilement les décors et les personnages lorsqu’elle lisait un roman. »

« Alors que Sarah se posait toutes ces questions, elle compris que Madeline l’avait vue malgré l’obscurité qui régnait dans la maison. Les battements du cœur de la jeune femme s’accélérèrent. Elle se recula d’un pas et devina à travers le rideau la silhouette immobile qui regardait toujours vers elle avec insistance depuis le trottoir d’en face. »

 

 

Rime de Bervuy est auteure de littérature fantastique (mêlant le surnaturel, l’action, l’amour et le suspense).

Elle est née en 1978 en région parisienne où elle passe toute son enfance avec ses parents, sa sœur aînée et son petit frère. Enfant rêveuse et à l’imagination fertile, elle s’invente constamment des histoires pour passer le temps.

Elle étudie la littérature à l’Université de Nanterre Paris X et se plonge dans la lecture à travers laquelle elle découvre, entre autres, des univers fantaisistes et fantastiques variés qui la passionnent. Elle s’intéresse à des auteurs tels que Edgar Allan Poe, Théophile Gautier, J.R.R. Tolkien et d’autres plus contemporains comme Anne Rice, J.K. Rowling, LA Bailey ou Claire Panier-Alix.

En 1998, elle rencontre son futur mari qu’elle épouse cinq ans plus tard. Ils quittent Paris pour les Hauts de France où ils créent leur entreprise d’électricité générale et fondent une famille.

Des récits plein la tête, Rime de Bervuy se décide un jour à replonger dans les ébauches d’histoires qu’elle a inventé depuis son adolescence et Au Clair de la Louve se développe au fil de son clavier en 2018 sur plusieurs dizaines de pages alors qu’elle pensait n’écrire qu’une simple nouvelle. Finalement, cette histoire se déclinera en plusieurs tomes.

Passionnée par les animaux et en particulier par les chevaux, Rime de Bervuy choisit ce pseudo pour rendre hommage à son cheval, qu’elle a perdu après vingt ans de complicité, en faisant une anagramme de son nom.

Noir, Suspense, Thriller psychologique

Le passager sans visage

de Nicolas Beuglet
Broché – 16 septembre 2021
Éditeur : XO

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 » Tu n’es pas seule à chercher « 
Ce mot anonyme laissé sur son paillasson est plus qu’un appel : un électrochoc. Cette fois, l’inspectrice Grace Campbell le sait, elle n’a pas le choix. Elle doit ouvrir la porte blindée du cabinet situé au fond de son appartement. Et accepter de se confronter au secret qui la hante depuis tant d’années…

Des confins de la campagne écossaise aux profondeurs de la Forêt-noire où prend vie le conte le plus glaçant de notre enfance, jamais Grace n’aurait pu imaginer monter dans ce train surgi de nulle part et affronter le Passager sans visage…

Avec ce thriller au suspense angoissant, Nicolas Beuglet nous plonge dans les perversions les plus terribles de nos sociétés. Et, au passage, nous interroge : et si parmi les puissants qui régissent le monde se cachaient aussi des monstres sans visage ?

Un train, un passager sans visage, une organisation terrifiante

 » Nicolas Beuglet, le nouveau phénomène du polar français. « 
Sandrine Bajos, Le Parisien

Après le succès du Dernier Message, Nicolas Beuglet revient avec une nouvelle enquête de Grace Campbell.

 

2021_095_Nicolas Beuglet - Le passager sans visage 2

 

Comment ne pas avoir les poils du corps hérissés à la fin d’une telle lecture ?

J’avoue qu’il a fallu que je me retienne pour ne pas lire ce roman d’une traite… Mais, j’ai quand même une vie, quoi qu’en puisse penser certains…

En quelques romans, Nicolas Beuglet est définitivement devenu pour moi INCONTOURNABLE !
Il a su créer une ambiance, une tension même qui au fil de ses récits est montée à un point où je ne peux comparer ce roman à autre chose qu’à un “uppercut” dans l’idée de nous réveiller. Il met en avant ceux, (les 1%) qui tout en se cachant, cherchent quand même à contrôler le monde. Alors, où s’arrête la fiction, où commence le réel, je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même…
Attention, une fois entré dans cet engrenage, à moins de vous voiler la face, vous ne pourrez plus jamais faire marche arrière.

C’est pour ce genre d’écriture, qu’un jour j’ai décidé de faire de la lecture l’une de mes priorités de vie…
Ici, les codes du thriller, et c’est très personnel, sont maîtrisés à la perfection. L’intrigue est à couper le souffle, et en lisant, plus je faisais de recherches sur le sujet, plus la colère montait en moi.
Bien sûr, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle entre le roman et la vie “Coronavidiesque” que nous subissons actuellement.

Oui, je suis secoué.
Oui, je suis inquiet…

Ce “nouveau” monde n’est pas pour moi.
Il fait peur, il est abominable et fait froid dans le dos. Aujourd’hui, je crains plus pour mes enfants que pour moi-même…

Grace Campbell, l’inspectrice que j’avais déjà rencontré dans le roman précédent, nous revient avec toutes ses blessures personnelles, toutes ses cassures. Enlevée encore enfant, torturée, elle est devenue fragile et touchante à la fois, ce qui fera d’elle un personnage complexe à la vision très acérée. Enquêtant sur ce qui lui est arrivé durant cette période de sa vie, un passé qu’elle avait enfoui tout au fond de son esprit, elle découvre un mystérieux message qui lui indique qu’elle n’est plus seule désormais… Aidée de toutes les ressources dont elle dispose grâce à son travail, elle va se retrouver impliquée à un complot mondial, qu’elle n’aurait jamais pu imaginer même dans ses cauchemars les plus horribles. Son passé violent la rattrape remettant au premier plan les traumatismes qu’elle a vécus. Aujourd’hui Grace doit faire face à son destin et au futur de l’humanité !

Merci Nicolas.
Merci, pour cette grande claque qui j’espère atteindra son but…
Faire réfléchir, rechercher, comparer, corroborer… Et finalement peu-être comprendre.

Énorme coup de cœur, pour cet étrange mélange de légendes, de contes bien connus, et de faits historiques avérés. Aujourd’hui, mes doutes n’en sont plus…

Une suite est d’ores et déjà prévue !

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Extraits :

« Le félin arrondi son dos et entreprit de se frotter contre le bras de la jeune femme, qui recula.
– J’ai bien compris ce que tu voulais, mais j’ai décidé de vivre seule, vraiment seule, sans parents, sans amis, sans personne, rien qu’avec mes livres…, dit-elle en jetant un œil à l’anneau qu’elle portait au pouce. »

« Les journaux expliquaient que des traces de sévices avaient été constatées sur le corps de la fillette. Celle-ci restait prostrée face aux policiers, incapable de leur indiquer l’endroit où elle avait été enfermée ou de se rappeler quoi que ce soit de sa détention. Elle ne se souvenait que vaguement de sa fuite : elle était parvenue à se cacher dans le coffre d’une voiture et à en sortir au moment où celle-ci s’était arrêtée à une station service pour prendre de l’essence. »

« Vous pensez juste, inspectrice, devina-t-il. L’abêtissement des populations occidentales via la dépendance à la vacuité des réseaux sociaux, entraînant une chute mondiale du QI, fait bel et bien partie du Plan ; cela constitue les fondations de leur objectif final. Mais je sais qu’ils avancent masqués dans d’autres domaines afin que les gens soient désorientés et n’aient pas le temps de comprendre ce que l’on est en train de faire d’eux. »

« De la culture d’un peuple naît son identité, de son identité naît sa liberté. La liberté et notre obstacle, commençons donc par la culture, le reste tombera… »

« Si nous, les 1 %, nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières petits-enfants voulons continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait, c’est-à-dire sans compter et mieux que les autres, nous devons drastiquement diminuer la part qui revient au 99 % ! Notre classe des ultra-riches n’a cessé de s’accroître au cours de la dernière décennie. Il faut donc, dès aujourd’hui, dresser les peuples pour qu’ils apprennent à vivre avec beaucoup moins afin que nous ayons toujours autant, si ce n’est plus ! »

 

 

Après avoir écrit des scénarios pour la télévision, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer pleinement à l’écriture de romans. Salué par la presse, il est devenu en quelques années l’une des plus grandes plumes du thriller français. Il est l’auteur chez XO Editions de Le Cri, Complot, L’Île du Diable, Le Dernier Message et Le Passager sans visage. Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa famille.

Drame, Noir, Thriller psychologique

Je suis l’Abysse

de Donato Carrisi
Broché – 20 octobre 2021
Éditeur : Calmann-Lévy

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L’homme qui nettoie rôde autour de nous.
Parmi nos déchets, il cherche des indices sur nos vies.
En particulier sur celles des femmes seules.
Une femme lui a fait beaucoup de mal enfant : sa mère.

La chasseuse de mouches, elle,
tente de sauver les femmes en péril.
Et elles sont nombreuses…
Surtout quand l’homme qui nettoie
rôde autour d’elles.

UN NOUVEAU THRILLER D’UNE INTENSITÉ RARE
OÙ VIOLENCE ET ANGOISSE COHABITENT POUR
QUESTIONNER NOTRE ATTIRANCE POUR LE MAL,
ET LES TRACES INDÉLÉBILES QUE PEUVENT
LAISSER LES MALTRAITANCES DU PASSÉ.

 

2021_087_Carisi Donato - Je suis l'abysse

 

Je ne le dirai jamais assez, j’adore cet auteur…

Un petit garçon de 6 ans qui après avoir risqué de se noyer, alors que sa mère l’abandonne sans même un regard, tente envers et contre tous de survivre…
Une jeune fille à la mèche violette de 13 ans tente de fuir la vie…
Un homme “qui nettoie” qui cherche lui à fuir ses démons…
Des femmes battues, des femmes violées…
Et une “chasseuse de mouches” qui après le plus gros des malheurs, œuvre désormais pour la meilleure des causes !
Ils n’ont pas de noms, mais qu’importe. Ils sont là, parmi nous.
Mais, il sera aussi et surtout question de solitude, les démons ne sont jamais loin de nous…

Cette intrigue est une véritable bombe et je me suis demandé à quel moment elle allait exploser.
Comme à son habitude, Donato Carrisi ne cherche pas la peur absolue, et surtout pas l’horreur, il distille comme à son habitude insidieusement le malaise, la noirceur, l’auteur titille l’ombre noire qui se trouve en chacun de nous.

Il n’y a rien à jeter dans ce thriller. Les chapitres très courts m’ont transporté en un peu plus de quatre heures jusqu’au point final clôturant le récit par une chute inattendue et perturbante !
Que d’émotions…
Mais le pire n’est pas dans le livre. Le pire est dehors, dans la rue, derrière nos fenêtres où l’on se croit à l’abri.
En effet, ce thriller a été inspiré de faits qui se sont vraiment déroulés…

Alors ?
Allez-vous me suivre dans ce thriller psychologique, glaçant et magistral ?

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Extraits :

« L’air matinal était le meilleur, alors il essayait toujours de se faire assigner la première tournée. Cela comportait l’avantage, outre le fait de ne pas avoir à interagir avec ses collègues, de profiter de la quiétude du matin. Un privilège aussi intime ne pouvait être partagé avec personne. L’homme qui nettoyait était taciturne. Même quand il pensait, ses raisonnements étaient de longues réflexions où les images défilaient dans sa tête accompagnés de sensations très simple. »

« Elle empoigna plus solidement le tison et posa l’autre main sur la porte : elle allait la pousser, quand son portable sonna dans sa poche. Le réseau était revenu. Elle tenta de le faire taire mais le laissa tomber sur le sol. Elle eut le temps de lire numéro inconnu sur l’écran et de penser que, cette fois encore, le destin avait été formidablement ponctuel. Elle se pencha pour le ramasser, et c’est alors que quelque chose s’abattit avec force sur sa nuque et la projeta en avant. »

« Pendant des années, l’homme qui nettoyait s’était demandé pourquoi il était venu au monde.
Cette question le taraudait depuis l’enfance, même avant que sa mère essaie de le noyer dans une piscine crasseuse. Pourquoi suis-je ici puisque personne ne veut de moi ? Longtemps, il n’avait pas trouvé de réponse. Et il se demandait si les autres ressentaient le même trouble. Parfois, il lui semblait être le seul.
Il était né par erreur et il avait été jeté comme un déchet.
Les ordures étaient la preuve de l’imperfection de la création. Et comme les gens n’aimaient pas qu’on leur pointe leurs défauts, sa mission d’adulte était d’en faire disparaître toute trace. »

 

 

Né en 1973 à Martina Franca, Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le “Monstre de Foligno”, un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit pour se tourner vers l’écriture de scénarios.

Le Chuchoteur, son premier roman policier où apparaît l’experte dans les affaires d’enlèvement Mila Vasquez, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie et traduit en France, est édité dans douze pays et remporte quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteurs du Livre de poche 2011.

En 2017, il passe à la réalisation avec son premier film, “La Fille dans le brouillard” (La ragazza nella nebbia), une adaptation d’un de ses romans, qui lui vaut de remporter le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello.

Noir, Suspense, Thriller psychologique

Le Jeu du Chuchoteur

de Donato Carrisi
Broché – 2 octobre 2019
Éditeur : Calmann-Lévy

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En pleine nuit d’orage, l’appel au secours d’une famille. Autour de leur maison, un homme à capuche qui rôde. La police qui n’arrive qu’au petit matin. Le spectacle d’un carnage : du sang partout. Mais aucun corps. Ni parents. Ni enfants.
Mila, experte en enlèvements, ne voulait plus jamais enquêter. Mais tout porte à croire que le chuchoteur est de retour. Mila n’a pas le choix : il faut à tout prix l’empêcher de frapper à nouveau.

Donato Carrisi balade son héroïne entre jeu virtuel et réalité, innocents et assassins pervers, rebondissements et mystères.
Version Femina.

On retrouve le mélange envoûtant des thrillers de Carrisi : la science de la psychologie des tueurs, et un étrange ésotérisme chrétien.
Le Point.

Après l’inoubliable Chuchoteur et l’excellent L’Écorchée, un roman une fois encore très efficace.
Page des libraires.

 

2021_086_Carrisi Donato - Le jeu du chuchoteur

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que ce livre était dans ma PAL. J’avais hâte de le lire, mais il n’est pas toujours évident de s’organiser comme je le souhaiterai !

Donato Carrisi fait parti depuis son premier roman de mes auteurs “chouchous”. Lorsque j’ai lu le premier tome, je l’ai littéralement dévoré et c’est avec la même fébrilité que j’ai enchaîné avec les trois autres au fur et à mesure de leurs sorties.

J’étais heureux bien sûr de retrouver Mila avec qui j’avais vécu des aventures passionnantes, au fil des différents opus. Elle fait partie de ses héroïnes avec lesquelles je suis en parfaite empathie avec son passé et son mal être… Aujourd’hui, elle a quitté sa vie d’enquêtrice, elle a quitté ses “Limbes”, pour partir dans un endroit isolé, et élever sa fille Alice, pour laquelle ses sentiments peinent décidément à s’exprimer. Très vite tous les ingrédients pour un bon récit se mettent en place. Des chapitres très courts, un rythme incroyable et très fluide, des révélations constantes qui ne m’ont laissé au final que très peu de repos.

Une famille complète disparait en pleine nuit. Tout indique un massacre à venir : un appel au secours, du sang partout, mais aucun corps n’est retrouvé.
“Le chuchoteur” est-il revenu ?
Pour Mila commence alors une course contre la montre pour l’empêcher le tueur de frapper de nouveau. C’est efficace…

Mais, et oui, il y a un mais…
Je trouve que cet opus est moins travaillé que les autres.
Malgré la volonté (très intéressante) de l’auteur de se confronter au monde des réseaux et des jeux vidéo, il m’a manqué un “petit“ quelque chose. Un peu de réalisme, peut-être du à l’évolution régulière du récit dans le monde virtuel. Peut-être aussi à cause du manque de liens avec le précédant opus où il restait des “zones d’ombres” à la fin du récit ?

J’ai malgré tout, passé un bon moment de lecture !
Les rebondissements m’ont tenu en “alerte” jusqu’à la dernière ligne, et je ne peux que vous le conseiller, quoi qu’il en soit.

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Extraits :

« La lettre arriva, comme toujours, en février.
Son contenu ne différait pas des autres années : le tableau clinique était inchangé et, pour le moment rien ne laissait présager de la moindre évolution. L’auteur de la missive concluait par la même formule que d’habitude :
« L’état général du patient est irréversible. »
Cette phrase était une invitation subtile à décider soit de prolonger d’une année la respiration assistée et l’alimentation artificielle, soit de mettre fin une fois pour toute à cette vie de légumes. »

« Un psychopathe constitue déjà lui-même une prison, se rappela-t-elle. Il abrite en lui un démon cherchant par tous les moyens à sortir, toujours. Les assassins les plus féroces ont l’air dociles et gentils, quand on les observe de l’extérieur. Pourtant, leur violence peut se manifester n’importe quand. C’est par ce biais que le démon fait savoir au monde extérieur qu’il existe et qu’il contrôle totalement son hôte. »

« Mila se dit que beaucoup de gens, n’ayant pas une vie passionnante, cherchaient les likes et les Followers pour se racheter. Toutefois, au-delà de l’aspect illusoire de ce genre d’approbation et du danger que cela représentait de se rendre vulnérables à la curiosité des autres, on pouvait se demander combien de temps les gens souffrant d’une véritable dépendance pouvaient-ils passer sans Internet. »

« On nous a dit qu’Internet était une révolution indispensable. Mais personne n’avait prévu le prix que cela coûterait… D’abord, ce n’est pas aussi libre qu’on veut nous le faire croire : sinon, pourquoi utiliserions-nous tous le même moteur de recherche ? Ils veulent qu’on ait les mêmes informations, ils ont uniformisé notre pensée sans qu’on s’en aperçoive… Et puis, Internet n’est pas équitable : c’est tyrannique. Et ce n’est pas vrai que cela répare les injustices sociales : au contraire, ça n’oublie pas, ça ne pardonne pas. Si j’écris quelque chose sur toi, personne ne pourra l’effacer. Même si c’est un mensonge, ça restera en ligne pour toujours. N’importe qui peut utiliser le Web comme une arme en sachant qu’il restera impuni… »

 

 

Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien de thrillers le plus lu dans le monde. Son dernier roman publié chez Calmann-Lévy, La Fille dans le brouillard, a été adapté au cinéma avec Jean Reno.