Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Humour

Le Bonheur n’a pas de rides

de Anne-Gaëlle Huon
Poche – 3 avril 2019
Éditeur : Le Livre de Poche

Le plan de Paulette, quatre-vingt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part.
La nouvelle pensionnaire n’a qu’une idée en tête : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidants, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle. Que contiennent en effet les mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans la bibliothèque ?
Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

Pétillant ! Drôle ! Émouvant ! À lire sans attendre !
Sylvie, Fnac Nevers.

J’ai fait une sacrée rencontre avec Paulette. Quatre-vingt-cinq ans, un caractère de feu et une détermination à toute épreuve. Dès les premières pages, cette femme irascible et terriblement attachante m’a conquis. Bien décidée à ne pas se laisser dicter sa fin de vie, elle se retrouve pourtant dans une auberge de campagne où elle n’avait aucune envie de poser ses valises, suite aux manipulations de sa belle-fille.
Mais ce lieu, peuplé de personnages hauts en couleur, va peu à peu bouleverser ses certitudes. Entre Yvon le patron bourru, Nour la cuisinière au tempérament bien affirmé, Juliette et les autres pensionnaires, chacun porte des blessures, des secrets, mais aussi des espoirs. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir leurs histoires à tous, à voir les liens se tisser entre eux et les cœurs s’ouvrir.

Anne-Gaëlle Huon signe un roman profondément humain, où l’humour côtoie l’émotion avec une grande justesse. J’ai souvent souri devant les répliques savoureuses de Paulette, mais j’ai aussi été touché par la tendresse qui se dégage dans certaines pages. Plus l’histoire avançait, plus les masques tombaient, révélant des blessures anciennes et des motivations bouleversantes. Le dernier tiers du roman est particulièrement émouvant…

J’ai particulièrement aimé la manière dont l’autrice aborde la vieillesse, non comme une fin, mais comme une période encore pleine de possibles. Elle nous parle du vivre-ensemble, de l’amitié, de la solidarité et de ces rencontres inattendues capables de changer une existence.
L’écriture est fluide, chaleureuse et lumineuse. Les personnages semblent réels, si proches que j’ai eu l’impression de partager leur quotidien. Au fil des pages, je me suis laissé porter par cette histoire remplie de douceur, de souvenirs, de musique, d’amour et de petits bonheurs simples. la vie…

Le Bonheur n’a pas de rides est un roman qui fait du bien. Un récit tendre et sincère qui rappelle que le cœur, lui, ne vieillit jamais. Une lecture réconfortante que j’ai refermée avec le sourire et une belle émotion.

Merci Anne-Gaëlle pour toutes ces émotions ressenties !

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Extraits :

« Sylviane détestait être en retard les jours de marché. Après il faisait chaud et c’était impossible de se garer. Elle jeta un œil à l’horloge sur le tableau de bord et accéléra dans la descente. Dans le poste, un animateur enthousiaste annonçait le programme des festivités du 14 Juillet. Sylviane éteignit la radio. La cohue, les pétards et les odeurs de merguez lui donnaient déjà la migraine. Devant elle, une vieille Polo semblait profiter du paysage.
— Mais avance, bon Dieu ! s’égosilla Sylviane.
Elle passa la seconde brusquement et déboîta sur la file de gauche pour doubler. Arrivée au niveau du conducteur – un vieux monsieur aux verres épais, le nez collé sur le volant – elle klaxonna.
— C’est pas un sentier de randonnée ! cracha-t-elle à travers la fenêtre. »

« Elle s’apprêtait à ouvrir la portière quand Nour lui mit la main sur le bras.
Pas de ce petit jeu avec moi, madame Paulette. Avec votre fils et votre bru si ça vous amuse, mais pas avec moi. Nous savons très bien toutes les deux que vous avez toute votre tête. Donc évitez s’il vous plaît de vous payer la mienne.
Paulette resta interdite.
Et tant qu’on y est, arrêtez aussi vos enfantillages avec monsieur Yvon. Il a été suffisamment clair avec votre fils. Dans quelques jours vous serez partie. Restons-en là. En attendant, si j’étais vous, je profiterais du paysage.
Paulette lui jeta un regard noir et claqua la porte. »

« Léon repoussa le dos de saumon d’un coup de patte.
Assis comme à son habitude sur le bord de la fenêtre, il se dorait le museau dans un rayon de soleil.
Il se lécha les pattes avec application, réservant ses papilles pour quelque mets plus à son goût. Nour, les poings sur les hanches et le torchon sur l’épaule, soupira. »

Née en 1984 à Toulon, Anne-Gaëlle Huon fait des études de lettres en région parisienne. En 2014, son départ en famille à New-York lui donne l’occasion de se tourner vers l’écriture. Elle écrit Le Bonheur n’a pas de rides qui met en scène Paulette, une vieille dame au caractère bien trempé. Le succès est immédiat. Le roman rejoint la collection du Livre de Poche en 2018 au plus grand plaisir des lecteurs.​

En 2019, elle publie Même les méchants rêvent d’amour, aux éditions Albin Michel, un roman inspiré de l’histoire de sa grand-mère. En 2020, Les Demoiselles rend un hommage pétillant au Pays basque et aux couseuses d’espadrilles qui ont marqué l’Histoire. Ce roman reçoit le Prix des Lecteurs U, le Prix des lecteurs Culture Presse et le Grand Prix de l’Innerwheel.

En 2021, elle publie Ce que les étoiles doivent à la nuit, un spin off de son roman Les Demoiselles, une ode à l’espoir et à la résilience. L’intrigue, qui se déroule au Pays basque, nous invite à un voyage gastronomique dans l’univers des tables étoilées.

Plébiscités par plus d’un million de lecteurs, ses romans sont traduits dans de nombreux pays.

Bouffée d'oxygène, Humour, Polar, Psychologie, Suspense

Spritz, cadavres et chocolats

de Juliette Sachs
Poche – 21 mai 2026
Éditeur : Taurnada éditions

Un cocktail d’humour et de suspense, addictif et explosif.

Entre son incapacité chronique à garder un emploi plus de six mois et ses relations amoureuses catastrophiques, Emma, 30 ans, semble plus proche de l’adolescente rebelle que de l’adulte responsable.
Désespérée, sa mère multiplie les ruses pour lui présenter de potentiels soupirants. Tout dérape le jour où deux d’entre eux sont retrouvés morts dans de mystérieuses circonstances. Pour la police de ce petit coin de Normandie, le doute n’est pas permis, Emma est la suspecte numéro un.
Déterminée à prouver son innocence, la jeune femme se transforme en détective amateur. Mais avec un inspecteur Verdin aussi inflexible que psychorigide et une famille omniprésente, l’affaire s’annonce corsée… et sérieusement mouvementée.

Avec ce cosy mystery à la française, Juliette Sachs signe la première enquête d’Emma Cordier, une héroïne drôle et délicieusement imparfaite.

Lorsque les éditions Taurnada m’ont proposé Spritz, cadavres et chocolats de Juliette Sachs, un détail a immédiatement éveillé ma curiosité, ce fameux terme de “cosy mystery”. Je dois bien l’avouer, avant même d’ouvrir le livre, j’avais déjà un premier mystère à résoudre !

Dès les premières pages, je suis tombé sous le charme de la plume de Juliette Sachs. Drôle, lumineuse, vive, mais aussi pleine de sensibilité. Très vite, je me suis laissé embarquer dans cette histoire fraîche et pétillante portée par Emma, héroïne aussi attachante qu’exubérante. Le choix du récit à la première personne fonctionne parfaitement. J’ai eu l’impression d’entrer immédiatement dans la tête d’Emma, de partager ses pensées, ses maladresses, ses angoisses et surtout son humour. Impossible de ne pas sourire devant ses réactions souvent excessives, mais tellement humaines.
Emma est une trentenaire qui cherche encore sa place dans la vie. Elle enchaîne les petits boulots, refuse de rentrer dans les cases, et voit avec lassitude sa mère organiser pour elle des rendez-vous amoureux plus catastrophiques les uns que les autres.

Sa mère, justement… quel personnage !
Envahissante, autoritaire, persuadée que sa fille finira vieille fille si elle ne lui trouve pas rapidement un mari “convenable”. Entre elles, les étincelles sont constantes, et j’avoue avoir pris énormément de plaisir à assister à leurs échanges savoureux.

Mais lorsque deux hommes présentés par sa mère quelques jours plus tôt sont retrouvés morts, tout bascule brutalement. Emma devient rapidement la suspecte idéale.
Pour éviter la catastrophe, elle décide alors de mener sa propre enquête, souvent de manière totalement improvisée. Et bien sûr, les situations absurdes, les quiproquos et les catastrophes s’enchaînent avec un naturel désarmant.

Heureusement, l’inspecteur Verdin entre dans la danse. Sérieux, méthodique, parfois franchement agaçant, il apporte un contrepoint parfait à l’énergie débordante d’Emma. Leur duo fonctionne à merveille et donne au récit un rythme particulièrement dynamique.

J’ai adoré cette ambiance cosy où l’humour côtoie le mystère sans jamais tomber dans la caricature. L’intrigue reste légère mais suffisamment bien construite pour maintenir le suspense jusqu’au bout et quel suspense !

Les dialogues sont savoureux, les personnages hauts en couleur, et l’ensemble dégage une énergie communicative.
Spritz, cadavres et chocolats est exactement le genre de lecture qui fait du bien. Drôle, entraînante, pleine de charme et terriblement addictive.

Un vrai moment de plaisir que je n’ai pas vu passer, une belle découverte…
Un grand merci à Joël Maïssa de Taurnada éditions !

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Extraits :

« Qu’ai-je bien pu faire de mal dans une vie antérieure pour naître dans une famille aussi cinglée ? J’égorgeais des chatons les soirs de pleine lune ? Ou alors j’ai buté une licorne. Il y a forcément une explication. »

« En désespoir de cause, je me relève et arpente ma prison de long en large. Si le dictionnaire a besoin d’une illustration pour l’expression « tourner comme un lion en cage », on peut afficher ma photo. »

« – Je peux vous demander de m’expliquer ce que vous faites sur cette fenêtre ?
– Je rentre chez moi.
– Par la fenêtre ?
– Eh bien, oui, par la fenêtre. Depuis quand les portes sont-elles devenues le seul mode d’entrée autorisée ?
La tête du gars me chiffonne et il me fixe comme si je venais de lui expliquer que la terre était plate. »

« Décidément, ce type me plait. Je crois qu’il pourrait bien être mon prochain ex. »

Juliette Sachs habite en région parisienne, mais demeure très attachée à la Bretagne dont sa famille maternelle est originaire. Après des études de droit à Assas, elle exerce le métier de juriste dans une grande entreprise. Elle a également travaillé quelques années dans le domaine de l’innovation.

Depuis toute petite, elle dévore tous les livres qui lui passent sous la main, avec une préférence pour les romans à suspense et les comédies. C’est donc tout naturellement qu’elle a décidé en 2017 de se lancer dans l’écriture de son premier roman On n’attire pas les hirondelles avec du vinaigre (2019), une comédie romantique, mêlant l’humour et le suspense. Elle récidive ensuite avec plusieurs autres romans édités entre autre chez Harper Collins et City éditions. En 2023, elle publie aux éditions Eyrolles Petits mystères en campagne, un roman mêlant le genre feel-good et le cosy mystery.

Outre les livres, elle est également passionnée par les nouvelles technologies et la photographie.

Juliette Sachs partage son temps entre la région parisienne et la Normandie.

Page Facebook :
http://www.facebook.com/JulietteSachs.auteure

Humour, Polar, Psychologie, Suspense

Noir Poker Blanches Colombes

de Alain Tardits
Broché – 15 avril 2026
Éditeur : Phare et Lampions

Décembre 1983, de retour de Thaïlande, Frédéric Taquin se voit comme un miraculé : il a perdu vingt kilos au bas mot, sa santé et sa confiance, mais a sauvé sa peau. Mieux, il est revenu à Paris avec la jeune danseuse qui l’a tiré d’un sacré bourbier. Leur idylle lui permet de reprendre pied dans son agence de détectives. Il enchaîne les affaires courantes : adultères, soupçons d’arnaques, fraudes, etc.
Lorsqu’une dame « de la haute » frappe à sa porte, c’est pour un tout autre type de mission.
Son fils n’a plus donné signe de vie depuis plusieurs mois. Fuyant la justice française, il s’est réfugié là où le rêve américain commence pour certains et se termine pour beaucoup d’autres : Las Vegas.
Notre détective y débarque avec très peu d’atouts dans son jeu : de rares contacts qui s’en foutent, des pistes en forme d’impasses et une aversion pour les joueurs de poker. Dans cette ville de tous les contrastes, il croise une galerie de personnages dubitatifs qui comprendront à leurs dépens qu’il n’a pas fait le voyage pour rien.
Les States sont prévenus et n’ont qu’à bien se tenir : Frédy Taquin is back !

Retrouvez Frédy Taquin dans une nouvelle enquête aventureuse,
où embrouilles, dépaysement et humour sont de nouveau au rendez-vous !

J’ai découvert la plume de Alain Tardits en août dernier avec Un escroc dans les klongs, un polar qui m’avait surpris par son ton incisif, ses dialogues mordants et cet humour à contre-courant. Une vraie bouffée d’air dans un genre parfois trop balisé.

Alors forcément, quand Élias Achkar m’a proposé de découvrir la suite : Noir Poker Blanches Colombes, je n’ai pas hésité longtemps. J’avais envie de retrouver Frédéric Taquin, ce détective privé un peu cabossé, et de voir jusqu’où il pouvait encore aller.

Je le retrouve à Paris en décembre 1983, revenu de Thaïlande, marqué, fatigué, mais debout. À ses côtés, une danseuse qui semble vouloir lui offrir autre chose, une forme d’échappée. Lui, pourtant, reprend le fil de sa vie, bancal, presque résigné… jusqu’à ce qu’une nouvelle affaire le pousse à repartir.
Direction Las Vegas, là où tout lui paraît possible. Une disparition. Le fils d’un député. Peu d’indices. Et cette impression constante d’entrer dans une partie où tout le monde connaît déjà les règles… sauf lui.

Très vite, je sens que rien ne sera simple. À Las Vegas, chacun joue un rôle. Chacun bluffe. Et Taquin, lui, avance autrement. Il ne cherche pas à briller. Il encaisse, il doute, il s’accroche. Il avance à sa manière, lentement, parfois à contretemps. Et c’est précisément ce qui le rend profondément humain.
Ce qui me marque, c’est cette façon qu’a l’auteur de détourner les codes du polar. Oui, l’enquête est là, solide. Mais elle est traversée par une ironie sèche, quasi constante, presque désabusée. Les personnages sont troubles, jamais là où on les attend. Et moi, lecteur, je me laisse prendre dans ce jeu d’ombres où rien n’est totalement fiable. Frédéric Taquin n’est pas un héros. Il ne cherche pas à l’être. C’est un survivant. Et dans cet univers, ça change tout.

Certains lecteurs trouveront peut-être que le récit souffre de quelques longueurs. Pour ma part, je ne partage pas cet avis.
Au contraire, je pense que ces passages plus étirés, qu’ils soient intentionnels ou non de la part de l’auteur, insufflent un rythme particulier à l’intrigue. L’écriture frappe quand il le faut, ralentit quand c’est nécessaire, elle est précise, tendue et épouse parfaitement le rythme du récit, un rythme qui lui correspond parfaitement.
Je me laisse porter par cette ambiance noire et poisseuse, entre un Paris fatigué et un Las Vegas presque irréel. Je croise une galerie de personnages étranges, parfois dérangeants, mais qui restent crédibles. Et je reste accroché à ce fil, discret mais solide, qui ne cherche jamais l’esbroufe. Je referme ce roman avec le sentiment d’avoir vécu une enquête à hauteur d’homme. Une histoire qui mise sur l’atmosphère, sur les failles, sur la psychologie plus que sur le spectaculaire.
Je valide pleinement ce second opus, qui peut d’ailleurs se lire indépendamment du premier sans difficulté.

Un polar noir comme je les aime, rugueux, sincère, habité.

Merci à Élias Achkar pour cette lecture, et à Alain Tardits pour cette suite que je n’aurais vraiment pas voulu manquer.

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Extraits :

« À part mes os, comme je l’ai déjà dit, je n’ai rien sauvé de cette mission. Seulement la frousse me colle à la peau, en s’y incrustant. Au bout d’une quinzaine de minutes, des passagers attrapent leurs valises avec entrain. Coup d’œil circulaire, aucun espion en vue, on bouge. Naga a la moitié de mon âge et je sens qu’elle me trouve ridicule. Loin de partager son insouciance, moite de sueur, je m’approche de l’ultime barrière : un groupe de gendarmes stationnés devant la porte de sortie, occupés à reluquer les jolis petits culs et les grosses valises.
Qu’on ne s’y trompe pas, ils sont surtout spécialisés dans les grosses valises et repèrent rapidement un double fond. In-croyable, personne ne nous remarque. »

« Estelle a rempli son contrat, notre agence tourne.
Pendant mon absence, notre chiffre d’affaires a amorcé une remontée. Ce qui m’épate dans un premier temps, car Estelle est une excellente secrétaire, dotée d’un flair légendaire, mais elle n’a aucune formation de flic ni d’enquêteur. Elle ne connaît rien à l’art de la filature, de la prise de vues, du close-combat, elle n’a pas de licence de port d’armes, seulement un joli sourire désarmant et une ceinture noire en pâtisserie. Alors comment se fait-il qu’elle n’ait pas bu la tasse ? Quelque chose remplace son inexpérience: l’autorité naturelle. Pendant mon silence prolongé, elle a ouvert un annuaire professionnel et a découvert qu’il existe à Paris une université qui prépare aux métiers d’enquêteurs. Les universités ont des tas de filières bizarres. Elle y a fait un tour. »

« On se met au boulot et après une semaine d’enquête, il s’avère que l’industriel a une fortune d’un million de francs. Fils unique, veuf, sans enfants, mort complètement solitaire à l’âge de soixante-dix-huit ans. Tout est confirmé. Pas un chat à l’enterrement, bonjour les recherches. Estelle s’en empare, la généalogie est sa véritable passion, avec le jardinage, la pâtisserie sans sucre, les comédies de Molière, celles de Pirandello et le dressage de chiens. »

« Pas le temps de trouver une répartie, elle me prend la main comme on tire un chien par sa laisse et m’entraîne dans la file d’attente d’une disco. Loanie déboîte et dépasse tout le monde, souveraine. Les videurs nous dévisagent, ‘un d’eux leur fait un signe d’apaisement et nous ouvre la porte en adressant un clin d’œil à ma compagne. À l’intérieur on se marche dessus et cela ajoute à l’ambiance. Le nombre de décibels nous empêche de communiquer, aucune importance Loanie se rue sur la piste de danse, laisse tomber son sac à main entre ses jambes et se trémousse en mimant un orgasme; deux heures durant. Pendant de rares pauses, elle achève de se bourrer la gueule à la bière. »

Né à Paris, Alain Mendou Tardits a vécu une partie de son enfance au Cameroun, d’où il a rapporté des souvenirs et son deuxième prénom. En France, il a laborieusement obtenu une licence de littérature américaine, qui lui a ouvert les portes de nombreux métiers : moniteur de boxe, vendeur de fringues, joueur de poker, homme sandwich, conteur, organisateur de tournois d’échecs et de spectacles, etc.
Il alterne depuis entre sketches, scénarios, contes historiques, et maintenant, romans policiers.

Émotion, Bouffée d'oxygène, Humour

Les Amours tourmentées d’Hortense

de Nathalie Brunal
Broché – 19 août 2024
Éditeur : Auto-édition

Vous souvenez-vous d’Hortense, cette maman solo qui supportait au quotidien son ado en pleine crise, son jeune ouistiti âgé de quatre ans et les idées farfelues de sa tante ?
Nous l’avions quittée alors que le bonheur frappait à sa porte. Nous la retrouvons quelques années plus tard alors que sa vie est sans dessus-dessous. Amour, enfants, crise de la quarantaine… Hortense est confrontée à une nouvelle étape de son existence et y faire face ne se fera pas sans mal. Avec humour et passion, elle s’emploie à agir pour le mieux afin que chacun trouve sa place et s’épanouisse et ce, malgré quelques dérapages.
Et quand Martha, la tata brut de décoffrage ajoute son grain de sel, tout dérape une fois de plus…

En refermant ma précédente lecture, je savais déjà laquelle suivrait, Les amours tourmentées d’Hortense. Normalement, je laisse toujours respirer un peu mes émotions entre deux tomes… mais là, aucune discipline, j’ai replongé avec Hortense sans délai. Oui, j’assume, faiblesse littéraire totale.

Et quel bonheur de retrouver la plume pétillante de Nathalie Brunal !
Le roman est un véritable remontant sans ordonnance.

Quelques années ont passé et je retrouve Hortense promue maman d’une petite Lylia. Pour l’identité du père, motus et bouche cousue, il faudra lire. Oui, je sais, je suis cruel.

En revanche, j’apprends que Madame est divorcée. Encore. Oui, encore.
À ce stade, ce n’est plus une situation matrimoniale, c’est une collection.

Et comme si cela ne suffisait pas, Max, le fils aîné, annonce son mariage avec Margot. Je n’étais déjà pas prêt. Mais en plus, ils attendent un enfant ! J’ai vérifié, je n’avais pourtant rien bu !!!

Je me suis dit, ça y est, on atteint le calme après la tempête.
Grave erreur. Les tribulations continuent, et elles ont visiblement pris des vitamines.
Le mariage ? Une fresque du chaos. Un feu d’artifice de catastrophes. Une performance artistique du désastre. J’ai ri, mais ri, à voix haute. Le genre de rire qui fait lever les yeux de mes voisins dans le train. Tant pis pour eux !

On retrouve toute la joyeuse troupe, la tata toujours aussi déjantée, Bogoss, Joris, Margot, la petite Lylia, et Jocelyne, une belle-mère qui mérite à elle seule un spin-off horrifique.

Alors, ça se dispute, ça s’aime, ça se trompe, ça regrette, ça crie fort et ça mange toujours d’excellents gâteaux. L’équilibre nutritionnel est discutable, mais l’équilibre comique lui, est parfait.

J’ai encore une fois dévoré le roman.
C’est fou, tendre, absurde par moments, mais toujours terriblement humain.
Une véritable bouffée d’oxygène version montagnes russes.

Mon conseil. Commencez par Les Tribulations d’Hortense, sinon vous allez entrer dans la fête sans savoir qui a cassé la sono.

Merci Nathalie…

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Extraits :

« Ma fille se retourne vers moi et m’adresse un signe de la main. Je lui envoie un baiser du bout des doigts en retenant une larme. Marc la tient fermement et elle ne risque pas de s’échapper vers moi. En même temps, c’est la semaine où elle réside chez lui alors je n’ai pas mon mot à dire. Lylia a six ans. Les années ont filé sans nous demander l’autorisation. Joris a onze ans et saute à pieds joints dans la pré-adolescence. Je suppose vu l’éclatement de la cellule familiale qu’il va m’en faire ba-ver. D’ailleurs, il se matérialise à mes côtés en pestant. »

« – Bon, ben quand il faut y aller…
Il me donne l’impression de monter à l’échafaud alors que cette journée sera marquée à jamais dans son esprit. Mon cœur se serre à l’idée qu’il commette la plus grosse bêtise de son existence. Suis-je responsable de sa tristesse ? De toute façon, notre vie a volé en éclats et j’ai mis une sacrée pagaille. »

« Ah, flûte, j’ai encore oublié de me présenter. Certains me connaissent déjà. Mais si, rappelez-vous ! Hortense ! Celle peu douée pour l’amour qui a vécu le meilleur et surtout le pire lorsque sa tante s’est mise en tête de lui trouver le prince charmant. Cela vous revient en mémoire ?
Ah, cette chère Martha… Que ferais-je sans elle ? À l’évidence, ma vie serait un long fleuve tranquille, quoique à moi toute seule, j’ai mis sens dessus dessous ce qui avait été bâti avec amour. »

« Alors que la clochette tintait joyeusement et annonçait l’arrivée d’un client, je me retournai et restai sans voix devant l’homme qui se présentait à moi. Comment vous le décrire afin que vous vous fassiez une idée…? Il était telles les gourmandises que nous vendions c’est-à-dire à croquer et à tomber. Je m’offusquais immédiatement de penser cela. Ce n’était pas dans mes habitudes de reluquer la clientèle et j’étais une femme mariée et fidèle. Enfin, en apparence.
— Bonjour, belle demoiselle ! s’exclama-t-il en me souriant.
Je déglutis, incapable de prononcer le moindre mot. »

« Étienne court dernière les jumeaux qui zigzaguent entre les invités et s’en donnent à cœur joie. Ces vilains garnements n’ont pas changé et ils risquent de nous donner du fil à retordre. Ils t’ont reçu aucune éducation et n’en font qu’à leur tête.
Ce n’est pas leur faute s’ils sont ainsi. Un enfant a besoin d’interdits, de barrières et de règles pour bien granidr Les laisser libres de leur choix si jeunes ne peut que les pousser à commettre des bêtises pour attirer l’attention de leurs parents. D’ailleurs, c’est ce qu’ils font pour que leur greluche de mère s’intéresse à eux. Elle est en pleine conversation avec Jocelyne. Le regard noir qu’elle dirige vers moi me laisse à penser que je suis le sujet de leur conversation. »

Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. « Dévoreuse » de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le « feel-good » tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017. Une tragique fête des fraises est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes « Le défile des glaces » « Un bouquet sans mariée» « L’Hydromel Hindou » et « D’une pierre… Deux coups ». Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.

Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “vacances en terre inconnue« , sourire garanti en leur compagnie.

N’hésitez pas à vous procurer Les tribulations d’Hortense. Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata  » brut de décoffrage « . D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans Les Amours tourmentées d’Hortense et Le Noël explosif d’Hortense. Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. Le coup de théâtre d’Hortense vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.

« Quand Cupidon s’en est mêlé… » , une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.

Un Noël saupoudré d’espoir (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/12/24/un-noel-saupoudre-despoir/

Le défi d’Apolline (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/06/09/le-defi-dapolline/

Apolline, Un avenir incertain (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/20/apolline-un-avenir-incertain/

Les Tribulations d’Hortense (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/28/les-tribulations-dhortense/

Retrouvez toute l’actualité de Nathalie Brunal sur :
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Instagram : @nathaliebrunal
Twitter @NathalieBrunal

Adolescence, Émotion, Humour, Psychologie

Les tribulations d’Hortense

de Nathalie Brunal
Broché – 18 août 2024
Éditeur : Auto-édition

Quand le quotidien d’une maman solo vire au cauchemar…
Hortense, divorcée depuis plusieurs années approche de la quarantaine. Entre les « sautes d’humeur » de son adolescent, les bêtises du petit dernier et sa tante envahissante, elle n’a pas le temps de s’ennuyer !
Elle travaille avec Tata Martha dans le salon de thé que possède celle-ci et subit chaque jour les allusions sur sa vie sentimentale désertique. Assumant pleinement son statut de mère célibataire, elle ignore du mieux qu’elle peut ses propos. Mais quand sa tante prend  » le taureau par les cornes  » et décide de lui trouver le prince charmant, rien ne va plus !

La suite est disponible dans Les amours tourmentées d’Hortense. Retrouvez Hortense et sa tata, brut de décoffrage, quelques années plus tard pour de nouvelles péripéties.

J’ai découvert Nathalie Brunal en 2020 avec Le défi d’Apolline, un roman qui m’avait profondément marqué. Avec Les tribulations d’Hortense, je retrouve la même sensibilité, mais dans un registre totalement différent, plus léger, plus pétillant, et surtout délicieusement drôle.

Dès les premières pages, je me suis laissé embarquer par cette écriture fluide, naturelle, pleine de malice, où l’humour se glisse partout sans jamais forcer. Impossible de ne pas s’attacher à Hortense, maman célibataire de Max et Joris, qui fait de son mieux pour tenir la barre pendant que ses fils grandissent… et que l’adolescence vient gentiment compliquer l’équation. Les scènes du quotidien sont d’un réalisme savoureux, parfois hilarant, parfois très touchant. Je n’ai pas vu le temps passer.

Hortense travaille avec sa tante Martha dans un charmant salon de thé. Une tante aussi aimante qu’envahissante, bien décidée à sauver sa nièce de ce qu’elle juge être une vie sentimentale beaucoup trop calme. Résultat, les prétendants commencent à défiler, situations improbables et quiproquos en série. Marc arrive, puis Philippe… ce qui ne plaît évidemment pas à Marc. Puis l’ex-mari qui surgit avec sa nouvelle “belle” et ses enfants “Truc et Bidule”. Philippe réapparaît quand il ne faut pas (merci Tata), Marc distribue des coups de poing… et Hortense, au milieu de tout ça, qui tente de garder le cap et ne sait plus où donner de la tête.

Elle doute, hésite, se sent parfois seule, mais ne se sent pas prête à se faire remettre la bague au doigt. Surtout elle refuse de se laisser dicter sa vie. Quoique… Marc n’est pas mal après tout… Oui mais, Philippe est… Bref, rien n’est simple, surtout quand on est Hortense.

Sans m’en rendre compte, j’ai lu ce roman d’une traite. C’est frais, pétillant, il y a beaucoup de psychologie et c’est aussi coloré, à l’image des pâtisseries servies au salon de thé. Les passages sur la relation mère-fils, notamment avec Max sont durs, sonnent terriblement juste et sentent le vécu. Heureusement, Nathalie Brunal manie l’humour avec talent, et même en tant qu’homme, j’ai adoré suivre les tribulations de cette héroïne attachante qui ne rêvait que d’une vie calme.

Un roman qui fait un bien fou. Bravo Nathalie, et merci pour ce délicieux moment de lecture.

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Extraits :

« – Joris ! Max ! Allez, on va être en retard !
Je soupire en voyant mon petit dernier descendre l’escalier. Il est débraillé, pieds nus et ses cheveux sont dressés sur sa tête.
– Mais, qu’est-ce que tu as fait ? Pourquoi n’es-tu pas encore prêt ?
Devant son air boudeur, je soupçonne une facétie de son frère. Je monte à l’étage afin d’en savoir plus… Je découvre Max dans la salle de bains. Il m’observe dans le miroir et je remarque dans sa main le tube de gel pour les cheveux.
– Qu’est-ce qu’il y a ? me dit-il avec un air mal aimable. »

« Combien de temps dure l’adolescence ? Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, il fallait l’amener à sa classe en le tenant par la main. Après un « je t’aime ! » et des bisous, il entrait dans celle-ci attendant patiemment que j’aille le récupérer. Puis est venu le temps où je devais le laisser au coin de la rue et ne surtout pas l’embrasser devant ses camarades. J’en suis arrivée à le déposer presque une rue plus loin…
Quelle sera la prochaine étape ? Le scooter pour y aller seul ou accompagné de sa petite amie ! Mon sang se glace rien que d’y penser… Celle qui me prendra mon fils n’est pas encore née ! Oh, je sais ce que vous vous dites. Il faut bien que jeunesse se fasse… mais mon cœur de mère ne supportera pas de le voir amoureux ! Où est passé mon bébé ? »

« C’est vrai que je ne me suis pas encore présentée. Vous voyez, je n’ai pas une minute à moi. Je m’appelle Hortense et j’ai trente-huit ans. Je suis maman solo depuis cinq ans. Joris n’était encore qu’un bébé lorsque le papa s’est fait la malle. Il est parti, figurez-vous, avec une blonde plantureuse de treize ans ma cadette. Vous voyez le genre… Tout ce qu’il faut là où il faut alors que ma balance affichait quinze kilos de plus ! Je n’y suis pour rien si pendant mes grossesses, j’ai des envies de pâtisseries et de choses grasses pendant que certaines se contentent de fraises ! Ajoutez à tout cela un baby blues qui a engendré chez moi un laisser-aller quasi total ! Je comprends presque qu’il ait eu envie d’aller voir ail-leurs, après avoir trouvé beaucoup mieux que celle que j’étais devenue… Me retrouver seule avec un bébé et un jeune garçon de dix ans n’a rien arrangé à la situation. »

Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. « Dévoreuse » de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le « feel-good » tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017. Une tragique fête des fraises est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes « Le défile des glaces » « Un bouquet sans mariée» « L’Hydromel Hindou » et « D’une pierre… Deux coups ». Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.

Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “vacances en terre inconnue« , sourire garanti en leur compagnie.

N’hésitez pas à vous procurer Les tribulations d’Hortense. Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata  » brut de décoffrage « . D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans Les Amours tourmentées d’Hortense et Le Noël explosif d’Hortense. Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. Le coup de théâtre d’Hortense vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.

« Quand Cupidon s’en est mêlé… » , une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.

Un Noël saupoudré d’espoir (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/12/24/un-noel-saupoudre-despoir/

Le défi d’Apolline (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/06/09/le-defi-dapolline/

Apolline, Un avenir incertain (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/20/apolline-un-avenir-incertain/

Retrouvez toute l’actualité de Nathalie Brunal sur :
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Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Humour, Psychologie

Les flammes de l’autre rive

de Lucie Delacroix
Broché – 3 octobre 2025
Éditeur : Auto-édition

Et si la vérité vous attendait de l’autre côté de l’océan ?

Laura s’envole pour le Québec afin d’animer une colonie de vacances, le cœur lourd et les nerfs à vif. Chez elle, ses parents lui dissimulent un secret. Mais à peine arrivée sur le sol canadien, un courrier inattendu bouleverse ses repères : une lettre signée d’une personne liée à cette vérité qu’elle cherche depuis des mois.

Portée par les veillées au coin du feu, les confidences nocturnes et la complicité naissante entre les animateurs, Laura s’engage dans une quête aussi intime que lointaine. À travers les paysages grandioses de la Belle Province, c’est tout un pan de son histoire qui se révèle — et peut-être, au détour d’un regard ou d’une chanson, une rencontre qui changera tout.

Un roman lumineux sur la quête de soi, les secrets de famille
et l’amour qui naît là où on ne l’attend pas.

Dès les premières pages, j’ai été porté par la plume de Lucie Delacroix et par l’histoire de Laura. Entre les paysages grandioses, les expressions savoureuses et les soirées autour du feu de camp, je me suis laissé happer par ce roman vibrant d’émotions. On y parle d’amitié, de solitude, d’addiction, mais surtout de la quête des origines, ces racines invisibles qui nous façonnent et nous appellent, même à des milliers de kilomètres.

Laura est une jeune femme en colère, blessée par les secrets et les silences qui ont fissuré son enfance. Un jour, elle décide de tout quitter pour partir au Québec avec sa meilleure amie. Là-bas, au milieu des lacs et des forêts, elle espère souffler, se retrouver… Mais le destin lui réserve bien plus qu’une simple parenthèse. Une mystérieuse lettre déposée sur son oreiller dès son arrivée va tout bouleverser.
Qui lui écrit ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

J’ai suivi Laura dans ce voyage initiatique avec le cœur serré. Elle découvre l’amitié sincère, l’amour naissant, la bienveillance d’une équipe d’animateurs, et cette nature généreuse qui soigne mieux que bien des mots. J’ai aimé ces moments simples, la musique des Cowboys Fringants, le sirop d’érable, les accents à travers les expressions québécoises… toute une atmosphère qui sent bon la vie.

Lucie a cette faculté de faire vibrer chaque émotion. Sa plume, fluide et sensible, capte le moindre frémissement d’un regard ou d’un silence. On rit, on espère, on pleure aussi. Car ce roman est une véritable montagne russe émotionnelle. On s’y brûle, mais il réchauffe aussi, car l faut savoir pardonner.
Et derrière l’histoire de Laura, il y a un message fort. Parfois, pour avancer, il faut accepter de regarder la vérité en face, même si elle fait mal.

La fin m’a bouleversé, tout simplement.
J’ai refermé le livre le cœur serré, mais le sourire aux lèvres. Les flammes de l’autre rive est un roman qui touche l’âme, c’est une ode à la résilience, à l’amour et à la vie sous toutes ses formes.

Et comme un joli clin d’œil, je remercie Lucie aussi pour la bande-son de ma lecture et plus encore, depuis, les Cowboys Fringants m’accompagnent à chaque promenade en promenant mon chien, j’adore !
Pas après pas, j’ai la banane !!!
Une très belle découverte…

Ce roman m’a touché bien au-delà des mots… il m’a fait du bien.

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Extraits :

« “Toute l’équipe d’Air Canada vous souhaite une excellente année ! Qu’elle vous apporte une belle blonde ou un bon chum et une belle job’. Enjoy !”
Alors que s’entrechoquent les coupes de champagne offertes par la compagnie aérienne, Florence déambule dans les allées les bras chargés de bouteilles vides. Elle se nourrit des sourires qui éclairent les visages des passagers. L’ambiance qui règne dans l’avion est presque magique. Français, Canadiens et autres nationalités trinquent et rient de bon cœur, se souhaitant le meilleur pour cette nouvelle année à venir. »

« Blessée par leur attitude, mais aussi infiniment triste que leur soutien sans faille ait finalement des limites. J’aurais aimé que ma mère soit là ce soir, qu’elle me prenne la main et me raconte enfin tout ce que je cherche depuis des mois. Tout ce qu’elle n’a jamais voulu me dire. »

« Mes parents sont passionnés par votre pays, je commence, y compris de ses chanteurs. Maman ne loupe pas une occasion de nous faire écouter ses CD rapportés de leurs divers voyages ici. L’autoradio de sa voiture ne doit pas savoir jouer autre chose, d’ailleurs. Mon enfance a été bercée par les titres de Lynda Lemay. »

« À la nuit tombée, la foule s’agglutine devant la scène dès la fin du concert précédent. Le groupe suivant semble très attendu et c’est également pour eux que nous sommes venus. Johan trépigne d’impatience. Il nous fraie un chemin sur le côté afin de parvenir à deux rangs des barrières, au pied du décor. Ainsi, nous serons aux premières loges pour admirer ces artistes québécois.
Dès que les quatre pionniers du groupe débarquent sur scène, les festivaliers sont en transe. Ils sont accueillis par un tonnerre d’applaudissements, la foule crie leurs noms un à un. Je reconnais les premières notes, qui débutent un spectacle grandiose. Les titres s’enchaînent et la connexion avec le public est extraordinaire. Les chansons engagées se succèdent, défendant avec ferveur des valeurs fortes, telles que la solidarité et l’environnement. »

Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.

Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.

Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !

Humour, Noir, Polar, Suspense, Violence

Sans pitié ni remords

de Nicolas Lebel
Poche – 10 mai 2017
Éditeur : Le Livre de Poche

9 novembre. Le capitaine Mehrlicht assiste aux obsèques de son ami Jacques Morel. Quelques heures plus tard, un notaire parisien lui remet une enveloppe contenant un diamant brut : l’œil d’une statue dérobée au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie dix ans plus tôt.
De leur côté, les lieutenants Latour et Dossantos sont appelés pour constater un suicide, puis assistent à la défenestration d’une femme qui avait réclamé la protection de la police. Les deux victimes avaient un point commun : elles travaillaient ensemble au musée.
La chasse au trésor organisée par Jacques vire alors au cauchemar. Que cherchent ces anciens légionnaires, qui apportent la guerre à Paris dans un jeu de piste sanglant jalonné de cadavres ? Mehrlicht et son équipe ont quarante-huit heures pour boucler cette enquête sous haute tension, dans laquelle bouillonnent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIe siècle.

Retrouver le capitaine Mehrlicht dans Sans pitié ni remords de Nicolas Lebel, c’est comme retrouver un vieil ami qui parle cash, qui grogne, mais qui vous fait rire à chaque réplique. Ce flic atypique, cultivé et grinçant, me donne toujours l’impression de sortir d’un film d’Audiard. Et autour de lui, son équipe prend de l’épaisseur, s’affine, se bonifie au fil des enquêtes.

Ce que j’aime chez Nicolas Lebel, ce n’est pas seulement ses intrigues tordues et captivantes, mais surtout son style, cette plume pleine de verve et de malice, où chaque page réserve une phrase qui arrache un sourire. Derrière l’humour et les dialogues savoureux, il y a aussi une passion réelle pour la France, pour son Histoire, pour ses mots. Et ça, je le ressens à chaque lecture.

L’affaire qui nous entraîne ici démarre avec une statuette africaine volée, “Le Gardien des Esprits”. Une disparition vieille de plusieurs années qui resurgit quand Mehrlicht, tout juste endeuillé par la mort de son meilleur ami, hérite de ses biens… et découvre un diamant lié directement à ce vol. Très vite, le voilà suspecté, arrêté même, et au cœur d’une enquête qui croise suicides douteux, vols d’art, manipulations et mercenaires sans scrupules.

À côté de ce puzzle haletant, Nicolas s’amuse à glisser de la poésie, de la cryptographie, des références à Baudelaire, et même un message caché page 377, comme un clin d’œil complice à ses lecteurs attentifs. J’adore ces détails qui font toute la richesse de ses romans.

Lire Sans pitié ni remords, c’est plonger dans une intrigue palpitante, foisonnante, où l’intelligence du texte se mêle à un suspense implacable. C’est aussi retrouver un univers familier, des personnages attachants, et surtout un auteur qui, une fois de plus, me bluffe par son talent.

Nicolas Lebel est décidément trop fort. Et moi, je me suis régalé, sans pitié… mais avec beaucoup de plaisir.

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Extraits :

« Mehrlicht exhala la fumée de sa Gitane. Il la sentit filer sur sa joue et s’évanouir derrière lui. Son pouls battait fort dans sa gorge au rythme de ses pas sur l’allée de gravier. Son téléphone collé à l’oreille, il parvint enfin à l’arc de triomphe du Carrousel. Il examina l’ouvrage massif à la gloire de Napoléon Bonaparte, l’empereur qui avait mis l’Europe à genoux. Un monument de plus pour célébrer la guerre. Au-delà, le Louvre resplendissait sous la lumière crue d’un soleil pâle qui jouait avec les angles de la pyramide de verre.
Le capitaine s’arrêta et tourna sur lui-même ; l’automne avait dépouillé les arbres et les buissons du jardin des Tuileries ; rien ne bloquait véritablement la vue. »

« — Je lui annonce « Police nationale», elle me raccroche au nez… Police nationale ! Ça ne veut plus rien dire pour personne ! Aberrant ! Alors qu’on est là pour les aider ! se lamentait Dossantos en observant l’écran noir du téléphone de Ghislaini.
Cuvier l’approuva.
— Parce que tous les gens ont un truc à se reprocher, aujourd’hui. Ils sont pas clairs…
Carrel les ignora et rejoignit son assistant. Latour regarda Dossantos. Il semblait sincèrement dépité. »

« Émilie Monchant travaillait aujourd’hui dans une société française, Négoce-Afrique, dont la spécialité était l’import-export avec la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Gabon et le Sénégal. À quarante et un ans, la jeune femme blonde et élancée pouvait sincèrement affirmer qu’elle avait consacré toute sa vie à l’Afrique. Et une grande partie à l’art bakongo. »

Nicolas Lebel est un auteur français.

Il est également enseignant et traducteur.

Il a fait des études de Lettres et d’anglais puis il s’est orienté vers la traduction. Il est parti en Irlande quelque temps avant de devenir professeur d’anglais.

Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins : « Les Frères du serment« .

En 2013, il publie aux Éditions Marabout « L’Heure des fous » (Prix des lecteurs polar du Livre de Poche 2019), en 2014, « Le Jour des morts« , en 2015, « Sans pitié, ni remords » (Prix Anguille-sous-Roche), en 2017, « De cauchemar et de feu«  (Prix du Festival Sans Nom), puis, en 2019, « Dans la brume écarlate » (Prix Coquelicot Noir du Salon du Livre de Nemours), cinq romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent. Des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Ces cinq romans mettent en scène le capitaine Mehrlicht.

En 2021, il reçoit le Prix Griffe Noire du meilleur roman policier français de l’année pour « Le gibier ».
En 2023, il se met en disponibilité de l’Éducation nationale pour se consacrer à l’écriture de romans et de scénarios.

Facebook : https://www.facebook.com/pages/Nicolas-Lebel-Polars/485293481534883

Émotion, Humour, Philosophique, Poésie

BOB

de Francis Denis
Broché – 25 janvier 2023
Éditions : La Route de la Soie Éditions

BOB c’est une fiction qui nous entraîne dans la féérie et la contemplation lucide sur notre monde. Métaphore de l’œuf mais aussi de notre époque… Faut-il que tout soit identique ou bien pouvons-nous garder nos singularités ou nos aspérités ?
Francis Denis nous entraîne dans ses malices littéraires et poétiques… Suivons le guide…

Après avoir lu Jardin(s) – La Femme trouée, j’avais vraiment envie de retourner dans le monde de Francis Denis. Et bien c’est fait !
Et dès les premières lignes, de nouveau j’entrais dans son univers à part, un mélange audacieux de fantaisie, de satire sociale et d’humanité profonde.
La première nouvelle, avec ce poulet philosophe en quête de sens, m’a fait éclater de rire autant qu’elle m’a fait réfléchir. Ce n’est pas tous les jours qu’on lit une fable moderne aussi bien tournée, qui parvient à mêler humour absurde et critique mordante du monde contemporain.

Les deux autres récits ne sont pas en reste. J’ai été touché par Louis ou la fuite en avant, qui parle à tous ceux qui rêvent de recommencer ailleurs, autrement. Et puis il y a De l’autre côté de la ligne, un texte à la fois poignant et espiègle, où des pensionnaires d’EHPAD décident de reprendre leur destin en main. Un vrai coup de cœur pour cette bande de “vieux résistants” !

Ce que j’ai aimé avant tout, c’est la voix singulière de l’auteur, sa capacité à traiter de sujets graves sans jamais se départir d’un certain éclat de rire. Avec BOB, Francis Denis signe un recueil jubilatoire et profond, à lire comme une bouffée d’air frais dans un monde devenu bien souvent beaucoup trop gris.

Ce modeste ouvrage, d’une grande finesse, révèle une fois de plus que Francis est un véritable artiste. Il joue avec les mots avec une aisance remarquable et nous en offre toute la saveur.

Ce “petit” livre, tout en légèreté et en grâce, murmure que Francis est un artiste des mots. Il les fait danser, il joue avec, les fait vibrer, chanter, et j’en suis l’heureux témoin…

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Extraits :

« À peine sorti de l’œuf, Bob, encore tout innocent mais ne doutant pas un instant du danger qui représentait le monde extérieur pour une créature aussi petite et fragile qu’il était, se mit à courir derrière les jupes de sa mère. Des grands pans de plumes qui balayaient la terre en soulevant de gros nuages de poussière et ça lui piquait aux yeux. C’était le prix à payer pour assurer sa propre sécurité. Il savait instinctivement que son salut se trouvait là, entre les énormes pattes de la créature qui lui avait donné vie et qui, déjà, ne lui prêtait plus la moindre attention. »

« À peine blotti contre le plumage de Georgette, rencontre inopinée, cadeau du ciel, maman retrouvée, Bob n’en demande pas plus et plonge dans les bras de Morphée, abandonnant sa douce rencontre à ses rêves érotiques et la laissant, pauvresse, le bec dans l’eau, comme l’on dit par ailleurs et sans vilain jeu de mots.
Le lendemain, libido insatisfaite pour l’une et mal de crâne et langue pâteuse pour l’autre, les adieux sont bien frileux. »

« Sans en connaître la raison, Bob souffrait déjà.
Il comprit à cet instant que réfléchir n’avait pas que du bon et il se mit à envier tous les autres animaux de la basse-cour et du monde entier. Tous ceux-là qui ne se posaient pas de questions et n’avaient même pas les choses à prendre comme elles venaient puisque c’était les choses qui les prenaient.
Mais il n’avait pas le choix. Aller de l’avant, toujours de l’avant, contre vent et marée, c’était sa destinée. »

« — Les nouvelles du monde sont bien tristes ! Ici, au moins, nous sommes à l’abri pour un certain temps.
Ernest semble dépité.
— J’espère, ajoute-t-il d’un ton grave, que nous, les animaux, ne connaitrons jamais la haine ni la soif de pouvoir. »

Francis Denis est né en 1954. Auteur et artiste peintre autodidacte, il réside à Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, près de Saint-Omer, en France. Il a été éducateur de 1973 à 2014. Il fut le co-fondateur de la revue poétique Lieux-d’Être avec le poète Régis LOUCHAËRT puis co-organisateur du festival d’art sacré contemporain Les Regardeurs de Lumière en la cathédrale de Saint-Omer de 2008 à 2013.

La Route de la Soie – Éditions est une maison indépendante dont le but est de faire émerger des passerelles d’humanités, des résistances poétiques.

Émotion, Humour, Psychologie

Mais t’as-tout pour-être-heureuse !

de Nicole de Buron
Poche – 4 janvier 1999
Éditions : J’ai lu

Un matin, vous vous réveillez tellement fatiguée que vous vous recouchez sur-le-champ. Vous pleurez sans raison. Vous avez mal partout. Vous faites le tour des médecins. Rien. Vous n’avez rien. Si. Une jolie petite déprime. “Ce n’est rien ! Prends sur toi” ! s’exclament certaines de vos copines. “Tu n’as pas honte de te plaindre quand il y a tellement de gens plus malheureux !” Oui, vous avez honte. Vous traînez comme une zombie dans votre vieille robe de chambre en marmonnant : “Je suis nulle ! Je suis moche !”
Vous ne vous coiffez plus. Vous vous bourrez de chocolat. Encouragée par Petite Chérie, vous allez voir un psy. Il écoute vos propos incohérents et vous prescrit des médicaments que vous avalez en douce de l’Homme et contre l’avis de Fille Aînée. Après avoir failli divorcer, envisagé de tuer une dénommée Florence – grande amie de l’Homme -, songé à vous suicider, vous vous retrouvez un jour guérie. Si, si. Ouf ! Vive la vie !

Je ne m’attendais pas à rire autant en lisant un roman sur la dépression. Et pourtant…
Avec Mais t’as-tout pour-être-heureuse !, Nicole de Buron réussit l’exploit de traiter un sujet grave avec beaucoup d’humour. Le ton est léger, les situations souvent absurdes, mais elles sonnent relativement juste. J’ai suivi “Madame”, une femme déprimée qui ne veut surtout pas qu’on le sache, et surtout pas son mari, le ”spécimen” d’homme qui pense qu’un psy, c’est un type payé pour écouter des trucs qu’on pourrait très bien garder pour soi.

Même sans avoir connu de vraie dépression, je pense que de nombreuses personnes pourraient se reconnaître dans ce roman. Qui n’a jamais eu un coup de mou ? Qui n’a jamais cherché un peu de réconfort dans une tablette de chocolat ou un verre de vin rouge… avant de maudire la balance quelques jours plus tard ou la terrible migraine dans les heures qui ont suivies ? L’auteure croque ces moments avec une ironie irrésistible. Je me suis surpris à éclater de rire face à certaines scènes, parfois en grinçant un peu des dents quand l’auteure était proche de mes propres travers.

“Madame”, empêtrée dans ses états d’âme, ses relations familiales tendues, ses séances chez le psy et ses lubies de rajeunissement, ressemble à bien des femmes, mais aussi à bien des hommes, quand on veut bien gratter le vernis. Et même si parfois le décor sent un peu le confort bourgeois, le sujet reste universel. Parce que déprimer, c’est pas une question de niveau de vie. C’est une question de “météo intérieure”. Et ce roman, franchement, c’est du soleil quasiment à chaque page. J’ai trouvé fascinante aussi la manière dont Nicole tourne en dérision ces phrases “toutes faites” que l’on balance, presque sans réfléchir, à celles et ceux qui ne vont pas bien… On les a tous dites. Tous entendues.

Un roman à la fois drôle, tendre et mordant.
À lire pour rire, pour réfléchir aussi, ou tout simplement pour se sentir un peu moins seul face à ces ”petits” naufrages du quotidien.

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Extraits :

« Vous adorez vous réveiller à l’aube et, l’ardeur de vivre vous fouettant le sang, vous lever d’un bond, courir à la cuisine avaler une tasse de thé et deux biscottes, et hop! foncer dans votre bureau. Où vous vous jetez sur votre très vieille machine à écrire rouge… clac-clac-clac… »

« Il y a plus grave.
À la tombée de la nuit, Pieuvre Géante – jusque-là un peu engourdie – se réveille et resserre son étreinte autour de votre plexus. Vous suffoquez la bouche ouverte comme une carpe sortie de l’eau.
Angoisse intolérable.
Un seul remède : le vin rouge. »

« Mais il y a bien pire que l’allergie au bruit.
C’est l’INSOMNIE.
Et sa compagne Sœur Anxiété.

À peine êtes-vous couchée, la nuit, que Sœur Anxiété vient s’asseoir sur le bord de votre lit et engager la conversation.
Sœur Anxiété : Y a plus de beurre. Tu as oublié d’en faire acheter par Maria pour le petit déj demain matin.
Vous : Zut ! Tant pis. Sur la mangera du miel.
Sœur Anxiété : Et l’électricien ? Tu as téléphoné à l’électricien pour changer la prise du salon ?
Vous : Merde ! Ça m’est aussi sorti de la tête.
Sœur Anxiété : Ce n’est vraiment pas la peine d’écrire tous les matins la liste des choses que tu dois faire dans la journée !
Vous : Tu sais bien qu’ensuite je ne pense jamais à la relire ! Ou que je la perds.
Sœur Anxiété : Tu es vraiment une très mauvaise maîtresse de maison… la pire que j’aie jamais connue ! »

« ……..“Prends-toi !”
……..“Réagis, bon sang !”
……..“Cesse de t’écouter !”
……..“Un peu de courage, allons !”
……..“Tu n’as pas honte de te plaindre alors que t’as-tout pour-être-heureuse!”
……..“Pense qu’il ya plus malchanceux que toi !”
……..“La dépression, c’est un luxe de bourgeoise !”…

Hélas, trois fois hélas, l’Homme a été élevé dans le même principe. Pas question de lui avouer que vous êtes frappé de ce mal honteux (pire que la syphilis), révélateur à ses yeux d’une mollesse de caractère qui vous attirerait son mépris. Il n’aurait qu’un seul commentaire :
– Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? SECOUE-TOI, c’est tout. Est-ce que j’ai une dépression nerveuse, moi, avec tous les soucis que j’ai ? »

« 5e copine : Change-toi les idées, sors, vois du monde, joue au bridge.
Vous : Je déteste le bridge, les jeux de cartes, le Scrabble, et jouer en général.
5 copine : Tu fais quoi alors quand tu ne travailles pas ?
Vous : Je lis. Plus je vieillis, plus j’aime lire.
5€ copine : Et quand, à force de lire, tu auras perdu la vue, qu’est-ce que tu feras ? Moi, je te le dis : tu seras bien contente de jouer au bridge ! »

Nicole de Buron, parfois nommée également Nicole de Buron-Bruel, est une écrivaine et scénariste française née le 12 janvier 1929 à Tunis (protectorat français de Tunisie) et morte le 11 décembre 2019.

Elle a été journaliste avant de se tourner vers l’écriture romanesque. Mariée et mère de deux enfants, elle se partage entre Paris et le domaine agricole qu’elle exploite près de Limoux, pour lequel elle a obtenu la médaille du Mérite agricole.

Scénariste de films (Erotissimo, Elle court, elle court, la banlieue…) et des célèbres Saintes chéries, elle est aussi l’auteur de nombreux romans follement drôles, dans un inimitable style vif et alerte, entre humour et satire sociale (Dix-jours-de-rêve, Vas-y-maman, Mais t’as-tout-pour-être-heureuse !…)

Ses livres sont pour la plupart des récits humoristiques autobiographiques, dans lesquels, dans un style vif, elle raconte à la deuxième personne du pluriel les aventures d’une femme écrivain et de sa « tribu », qui ressemble fort à celle de Nicole de Buron elle-même : elle, son mari, ses filles et ses petits-enfants. L’autodérision et l’humour porté sur les situations les plus inattendues, parfois exagérées, sont ses caractéristiques principales.

Humour, Philosophique

Le C.V. de Dieu

de Jean-Louis Fournier
Broché – 29 octobre 2008
Éditions : Stock

Le ciel était fini, la terre était finie, les animaux étaient finis, l’homme était fini. Dieu pensa qu’il était fini aussi, et sombra dans une profonde mélancolie. Il ne savait à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le cœur n’y était plus. Il n’avait plus confiance en lui, il avait perdu la foi. Dieu ne croyait plus en Dieu. Il lui fallait d’urgence de l’activité, de nouveaux projets, de gros chantiers. Il décida alors de chercher du travail, et, comme tout un chacun, il rédigea son curriculum vitae…

Un vrai moment de détente, drôle et surprenant. Je n’ai pas simplement lu ce livre avec un sourire en coin, je l’ai englouti en à peine une heure, d’une traite tant l’humour y est savoureux. Jean-Louis Fournier inverse la perspective classique : ici, c’est Dieu qui ressemble à un homme, avec tous ses doutes, ses maladresses, et surtout ses erreurs… qu’il reconnaît (grâce à son auteur) avec une ironie décapante. Dieu y vient postuler pour un nouveau job : après avoir “créé le monde”, il cherche un poste plus calme. L’idée est aussi absurde qu’intelligente !

Dès les premières pages, j’ai ri. Pas d’un rire gras, mais de celui qui naît quand l’intelligence se glisse entre les mots. En effet, le récit est truffé de jeux de mots, de clins d’œil malicieux, mais aussi de réflexions profondes sur l’humanité, sur la foi et le sens des choses. Dieu, lassé de ses fonctions divines, descend sur Terre et tente de passer un entretien d’embauche. Résultat, une parodie réjouissante du monde du travail et une satire grinçante, mais jamais méchante autour de la religion.

Certains passages marquent plus encore par leur portée philosophique, les guerres, les religions, la souffrance… notamment quand Dieu assume un “casier judiciaire” ou qu’il s’amuse de tout, avec une froideur parfois désobligeante. En quelques pages bien affûtées, Jean-louis est arrivé à me transmettre ce que certains philosophes peinent à exprimer en plusieurs volumes entiers.

Vu le plaisir que j’ai ressenti durant toute ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au plaisir que Jean-Louis Fournier avait dù avoir en l’écrivant. C’est impertinent, parfois provocant, mais toujours drôle, même (et surtout) pour les croyants s’ils ont de l’autodérision. Ce roman m’a parlé parce qu’il ose poser des questions avec humour, avec finesse, mais surtout, il donne un visage faillible à l’infaillible. Un Dieu qui doute, qui bredouille…
Un livre à lire, puis à relire, pour savourer encore les meilleures piques tout en poussant la réflexion. Car si Dieu m’envoyait vraiment son CV, l’embaucherai-je ? Très honnêtement, j’hésite encore…

Je recommande chaudement Le C.V. de Dieu de Jean-Louis Fournier.

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Extraits :

« – Ici, c’est moi à côté de la Terre. Je venais de la finir, elle n’était pas entièrement sèche, mon pied s’enfonce encore dedans.
– Vous avez mis combien de temps ?
– Une journée.
Le directeur est absolument sidéré.
– Sidérant ! dit-il.
– Sans habillage bien sûr, la forme nue.
– C’est vous qui avez eu l’idée d’une sphère ?
– J’avais d’abord commencé par un cube, mais j’ai pensé à ceux qui allaient être assis sur les pièces. J’ai arrondi les angles, c’est devenu une boule.
– Quel est le mode de fixation ?
– Vous permettez que je ne réponde pas ? Brevet exclusif.
– C’est éclairé de l’intérieur ?
– Non, par l’extérieur, grâce au Soleil. Vous avez là une photo plus grande, avec le Soleil et la Terre.
– Efficacité. Alors, le Soleil, c’est vous aussi, bravo, quelle idée lumineuse ! Mais dites donc, vous devez toucher des droits d’auteur énormes ? »

« À 21 h 45 : Un groupe d’individus en robes noires est venu à la pension « Les Mimosas » et a demandé à voir Dieu. Le patron leur a déclaré que Dieu dormait et qu’ils devraient repasser demain matin. Ils ont décidé de l’attendre.
À 22 h 50 : Réveillé par le bruit, Dieu est descendu dans le hall en pyjama. Il a été violemment pris à partie par les prêtres, qui l’ont insulté en latin, lui reprochant de s’habiller en civil.
À 23 h 04 : Dieu s’est mis en rogne et a giflé le meneur du groupe, lui enjoignant d’aller se faire foutre. Puis il est remonté se coucher en maudissant ces cons d’intégristes. »

« – Pourquoi avez-vous fait une population multicolore ? demande le directeur à Dieu.
– Vous avez déjà regardé des nouveaux-nés blancs ?
– J’en ai fait deux, dit fièrement le directeur.
– Y a pas de quoi se vanter, c’est pas très beau, on dirait des endives. Des bébés noirs, ou jaunes, ou rouges, c’est plus gai.
– Est-ce qu’avec des hommes de toutes les couleurs vous n’alliez pas au-devant de gros problèmes ?
– J’aime le risque, la difficulté.
– Toujours votre fameux ad astra per aspera ?
– Tu l’as dit, bouffi ! De toute façon, il est trop tard maintenant pour les repeindre tous de la même couleur, ils ne seront jamais d’accord. »

« – Je peux vous offrir quelque chose ? demande le directeur du personnel à Dieu.
– Je veux bien, oui.
– Un whisky ou un jus de fruit ?
– Un petit whisky, s’il vous plaît.
– C’est vous qui avez inventé l’alcool ?
– Oui.
– C’est une grande responsabilité !
– Je sais, mais j’ai des circonstances atténuantes.
– C’est-à-dire ?
– Je l’avais caché, dans les fruits, dans les légumes, dans les plantes, mais ils ont réussi à le trouver.
– Vous l’aviez quand même inventé, pourquoi ?
– Quand ça va mal, j’aime être un peu pompette. Ça m’a bien aidé quand j’ai eu mes ennuis avec mon fils, sinon je ne sais pas ce que j’aurais fait. J’étais capable de tout, j’aurais pu commettre l’irréparable. »

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision, né le 19 décembre 1938 à Calais.

Il réalise régulièrement l’émission télévisée Italiques de Marc Gilbert entre 1971 et 1974.

Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d’Antivol, l’oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il a été le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986).

En 2008, Jean-Louis Fournier publie le roman Où on va, papa ? dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés. Le livre, qui reçoit le prix Femina, suscite un certain nombre de controverses et une réponse de la mère des deux garçons.

Depuis, il écrit un roman chaque année.
Poète et Paysan en 2010, Veuf en 2011. En 2013, il sort La servante du Seigneur dans laquelle il parle de sa fille. Celle-ci a exigé et obtenu un droit de réponse. À la fin du roman, elle signe 5 pages avec sa version des faits.
En 2020, il publie Merci qui ? Merci mon chien.

Jean-Louis Fournier a écrit et joué au Théâtre du Rond-Point deux pièces inspirées de ses écrits, Tout enfant abandonné sera détruit, donnée en novembre 2011 et Mon dernier cheveu noir, donnée en novembre 2012.

Je ne suis pas seul à être seul (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/08/je-ne-suis-pas-seul-a-etre-seul/