Émotion, Roman

Les Fureurs invisibles du cœur

John Boyne
Poche – 2 janvier 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

Cyril n’est pas « un vrai Avery » et il ne le sera jamais – du moins, c’est ce que lui répètent ses parents, Maude et Charles. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ? Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif des Avery, un couple dublinois aisé et excentrique, Cyril se forge une identité au gré d’improbables rencontres et apprend à lutter contre les préjugés d’une société irlandaise où la différence et la liberté de choix sont loin d’être acquises.

Une grande fresque sur l’histoire sociale de l’Irlande transformée en épopée existentielle. Florence Bouchy, Le Monde des livres.

John Boyne partage avec le chef-d’œuvre de John Irving, Le Monde selon Garp, un même souffle épique. Delphine Peras, L’Express.

Une éducation sentimentale et politique portée par l’art d’un romancier qui sait sonder les reins et les cœurs. Christophe Ono-dit-Biot, Le Point.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Ce majestueux et superbe roman raconte l’histoire fascinante de la quête d’un homme pour découvrir qui est-il et connaître sa vraie personnalité…

Ces trois dernières années, j’ai lu beaucoup plus d’auteurs français que ne le l’avais jamais fait. Une envie sûrement…
Un besoin aussi, de savoir où se plaçait la littérature française par rapport aux autres. J’ai ainsi découvert quelques centaines d’auteurs qui n’ont absolument rien a envier à leurs collègues étrangers !
D’ailleurs ma PAL est constituée de plus de 90% d’auteurs français !

Il y a quelques semaines Isabelle (une cousine) est venu à la maison et m’a conseillé ce roman de John Boyne, “Les Fureurs invisibles du cœur”.

Dès que j’ai lu la 4e de couverture j’ai su que ce livre risquait de m’emporter, mais ce que je ne savais pas encore, c’est que cela irait beaucoup plus loin…

C’est l’histoire attachante et émouvante d’un garçon adopté et mal aimé. Devenu adulte il est jugé, insulté à cause de son orientation sexuelle dans une société où le joug de l’église catholique, est pleine de préjugés et de violence.
Je ne sais qu’admirer le plus. La construction du récit, avec tous ses fils conducteurs reliant les événements les uns aux autres, la caractérisation et l’originalité des personnages ; la magnifique sensibilité du récit tout entier ; le style clair et beau ; le panorama historique irlandais de l’après-guerre à aujourd’hui.
Du début à la fin du récit, c’est une lecture passionnante. Parfois choquante et tragique, parfois poignante et drôle. Le récit habilement équilibré de Boyne vous amènera des larmes aux yeux, puis éclater de rire avant que celles-ci ne sèchent sur vos joues. Il restera dans mon esprit longtemps après avoir tourné la dernière page.

Cyril Avery, enfant illégitime et gay est le héros du roman. Il raconte ses luttes intérieures et extérieures avec une fluidité qui ne fait qu’accroître, la colère et la honte qui définissent son existence. Cyril est un personnage qui sans effort, attire naturellement l’affection et l’empathie, d’abord en tant que garçon, adopté et sans amour, grandissant dans une grande maison bourgeoise où il ne trouvera jamais sa place, puis en tant qu’homme, tourmenté par sa sexualité et en proie aux pires tragédies même quand enfin il trouve le bonheur.

Le récit m’a plusieurs fois fait penser à Dickens, avec des personnages fabuleusement excentriques et une série de coïncidences étranges et d’occasions manquées qui, dans tout autre contexte, seraient jugées “Too much”. Ici, alors que Boyne travaille sa magie et nous entraîne dans son histoire, la crédibilité passe au second plan pour le plaisir de la narration.

864 pages que je n’ai pas vu passer.
Je n’ai jamais ressenti le moindre fléchissement dans mon intérêt tout au long de ma lecture et c’est avec beaucoup d’émotions et une certaine tristesse que j’ai tourné la dernière page.

Un magnifique tour de force, une superbe réussite !
Coup de cœur…

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Extrait :

« J’ai parfois l’impression que je suis pas faite du tout pour vivre au milieu des gens. Que je serais plus heureuse sur une petite île quelque part, seule avec mes livres et de quoi écrire. Je pourrais faire pousser ma nourriture et ne pas être obligée de parler à quiconque. »

…/…

« Il y avait beaucoup d’hommes ici, qui s’étaient lassés de leur femme et cherchaient des sensations différentes. Ma grand-mère a compris. Un après-midi, elle est rentrée et a surpris un homme qui me violentait. J’étais un gamin à l’époque, et quand elle a vu ce qui se passait, elle a refermé la porte, elle est retournée à la cuisine, et elle s’est mise à faire du raffut avec ses casseroles. Voilà l’étendue de sa colère. Voilà ce qu’elle a fait pour me sauver. Après, elle m’a fouetté et m’a répété que j’étais dégoûtant, vraiment une pourriture sans nom.
Mais elle a vu ce que je pouvais lui rapporter. J’étais plutôt mignon. Elle m’a dit que si je laissais des hommes me faire ça, elle se chargerait d’organiser les choses. Et l’argent serait pour elle. »

 

 

Né à Dublin en 1971, John Boyne étudie la littérature anglaise au Trinity College de Dublin et l’écriture créative à l’université d’East Anglia, située à Norwich, où il reçoit le prix Curtis-Brown.

Il amorce une carrière d’écrivain et publie neuf romans pour adultes et cinq pour adolescents, notamment en 2006, Le Garçon en pyjama rayé, roman qui devient no 1 du New York Times Bestseller List et se vend à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde, avant d’être adapté au cinéma, sous le titre Le Garçon au pyjama rayé en 2008 par le réalisateur Mark Herman pour le compte de la société de production Miramax.

Il est un critique littéraire régulier pour The Irish Times et a été un des juges pour les deux prix littéraires Hennessy et le Prix International IMPAC Dublin Literary, outre le fait d’avoir assumé la présidence du jury du Prix 2015 de la Banque Scotia Giller.

En 2012, il reçoit le Hennessy littéraire Hall of Fame Award pour son œuvre. Il remporte aussi 3 Book Awards irlandais du livre pour enfants de l’année, le Choix du livre populaire de l’année et Short Story of the Year. Il a gagné plusieurs prix, y compris des prix littéraires internationaux, le Prix Qué Leer de l’année en Espagne et le Prix Gustav-Heinemann Paix en Allemagne.

En 2015, il reçoit un doctorat honorifique en Lettres de l’université d’East Anglia.

Ses romans sont publiés dans 51 langues. il signe avec “Les Fureurs invisibles du cœur” son roman le plus personnel et le plus ambitieux.

Émotion, Histoire, Roman, Roman de terroir

Le Secret de la forge

Isabelle Artiges
Broché – 13 août 2020
Éditeur : Éditions De Borée

Lyse grandit au cœur de la forge familiale, entourée de l’amour des siens. Lorsqu’elle rencontre Gaspard, elle en tombe immédiatement amoureuse. La famille de Gaspard possède du minerai de fer et des forêts de châtaigniers : les deux amoureux imaginent donc déjà une belle collaboration économique et pensent avoir trouvé là un argument imparable à leur mariage. Pourtant, les deux familles s’obstinent et refusent catégoriquement une union. Lyse et Gaspard vont devoir chercher l’origine de cette inimitié pour espérer vivre leur amour… et réconcilier les deux camps ?

 

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Je tenais avant tout à dire un grand merci aux les Editions De Borée pour cette agréable surprise !
Grace à eux, je découvre Isabelle Artigues avec ce très beau roman…

Lyse et Gaspard se sont rencontrés au cours d’un malheureux accident où le jeune homme a sauvé sa belle. Ce fut le coup de foudre immédiat entre eux…
Mais tout ne sera pas aussi simple entre la famille De Beauregard et la famille De Chaumeuil, à la tête de la plus grande forge de la région !
Quels sont les secrets que cachent ces deux familles pourtant voisines depuis plusieurs générations.

L’histoire se déroule au siècle dernier. Le monde de l’industrie commence à s’étendre dans beaucoup de régions de France. L’Angleterre, est déjà bien en avance. Les tarifs douaniers et le développement de la mécanisation encouragent les innovations, ouvrant ainsi les frontières du commerce.

Deux familles bourgeoises qui s’évitent, qui ne se parlent pas. Et lorsqu’elles le font s’est pour s’insulter… Voire se battre !

Mais quel est donc le terrible secret qui les lient ?

J’ai beaucoup aimé ce roman.
L’intrigue est agréable, mais c’est surtout le style de l’auteure qui m’a accroché.
Comme les personnages je me suis retrouvé en 1820, les belles phrases, les révérences, les déplacements à cheval, les duels, le rôle de la Femme à cette période. Tout y est très bien retranscrit !

La Femme n’a pas son mot à dire.
Lyse se mariera avec l’homme que sa famille aura choisi !

Mais qu’en est-il de l’amour, le vrai ?
Comment éviter cette union arrangée ?

Vous n’aurez d’autres choix que de plonger entre les lignes d’Isabelle, comme je l’ai fait moi-même, pour savoir qui de la raison ou de l’amour l’emportera !
Pour comprendre le pourquoi de toutes ces échauffourées !!!

À lire…

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Extrait :

« Il y avait, dans ce pays d’eau, une lande sèche, parsemée de morceaux de roche en granit, comme des fragments d’os sur une peau à nu. La terre était si pauvre qu’aucune herbe grasse n’y poussait. L’été, le soleil à la verticale y brûlait la moindre brindille. L’hiver, le gel y cassait les pierres, formant des creux dans lesquels une mousse verdâtre tentait de s’épanouir. Pas un souffle ne venait tempérer ni la chaleur ni le froid. De vieux saules baignant dans une rivière discrète barraient tout courant d’air à l’est, tandis que de grands chênes bordant de profondes forêts arrêtaient les vents d’ouest. Il existait, plus haut dans le pays, une terre semblable sur laquelle les hommes avaient livré bataille, longtemps nourrie du sang des morts. Ici, rien de tel. Cette lande sèche semblait posée là, pour mieux faire apprécier les prairies alentours, gorgées d’eaux, la vigueur des châtaigniers, l’abondance des champignons, la plénitude d’un chemin forestier ombragé, bordé de fougères odorantes, égayé par le chant des merles et des alouettes. »

 

 

Périgourdine d’origine, Isabelle Artiges est une esthète et une femme d’entreprise. Cosmétiques de luxe et mode sont ses choix professionnels ; piano et peinture, ses passions.

Mais c’est aussi une insatiable conteuse. Après une vie professionnelle bien remplie, elle se consacre désormais à sa passion : l’écriture. L’académie des Arts et des Lettres du Périgord, dont elle est aujourd’hui membre, a salué son talent et lui a attribué son prix de littérature en 2015 pour La Belle Créole.

Émotion

De la part d’Hannah

Laurent MALOT
Broché – 6 mars 2014
Éditeur : Robert Laffont

« Tu es en train de grandir, Hannah, ça n’est jamais facile.
– Ça fait bientôt onze ans que je grandis ! Je vois pas pourquoi ce serait plus difficile aujourd’hui.
– Ça l’est parce que tu arrives à un tournant.
Je voyais pas où elle voulait en venir, mais du coup ça m’intéressait. Je me suis allongée dans l’eau et j’ai attendu.
– Et parce que tu n’as pas une vie normale.
– Une vie normale, c’est si maman était pas morte ?
– C’est ça. Si tu avais vécu avec ta mère et si ton père avait su l’aider.
Elle a un peu pâli et je me suis demandé si elle regrettait pas d’en avoir trop dit. Comme elle disait plus rien, j’ai repassé dans ma tête ce qu’elle venait de dire.
– L’aider à quoi ? »

Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu’elle n’est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À La Chapelle-Meyniac, les cancans des mégères vont bon train. Hannah s’en méfie. En 1961, en pleine guerre d’Algérie, les blessures de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu’elles concernent votre mère…

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Avec “De la part d’Hannah”, Laurent Malot nous offre une histoire merveilleuse, toute en sensibilité et pleine d’humour. Avec ce premier roman, Laurent interpelle sur les gens aux visions étriqués, sur le racisme, la stupidité et la méchanceté. Mais venant d’une petite fille de dix ans, le message est perçu de façon très différente !

On est en 1961, Hannah vit dans un sanatorium dans les Pyrénées, depuis trois ans, car elle est atteinte de la tuberculose. Du jour au lendemain on lui dit que non seulement elle n’est plus malade, mais qu’à priori, elle ne l’a jamais été… Elle doit alors quitter le centre pour retourner dans son petit village en Dordogne et abandonner tous ses amis qui sont malades. Elle va vivre avec son père chez son grand-père. Sa mère est partie lorsqu’elle avait deux ans et n’a jamais redonné de nouvelles depuis. Au fur et à mesure de ses apprentissages, la vie lui fait découvrir la nature humaine. À travers ses yeux d’enfant et avec ses mots simples, elle nous parle de politique, de religion, de sexualité aussi. Comme dans tout village, les commérages vont bon train. Pas facile pour une petite fille de grandir dans une telle atmosphère, surtout quand les rumeurs que l’on entend concernent votre propre mère, une mère qu’elle n’a jamais connue.

Ce livre traite, de la douleur de cette enfant qui se sent perdue. Qui apprend qu’elle est juive, comme son amie Sarah, elle cherche d’où elle vient, qui elle est ?

Laurent, avec un style chaleureux et, par son écriture à la première personne du singulier nous intègre dans cet univers définitivement comme partie prenante des émotions exprimées. J’ai souvent souri au cours de ma lecture. Cela vient du style adopté par l’auteur, mais aussi grâce à la facilité qu’il a eut de rentrer dans la peau de cette enfant espiègle, attachante et qui est loin d’avoir la langue dans sa poche.

Avec une écriture fluide et vivante, ce livre est un vrai “petit” régal de lecture.
Des phrases toutes simples, des mots et des expressions enfantines ainsi que les pensées qui vont avec, font de ce récit une histoire belle et bouleversante.

“De la part d’Hannah”, a été sélectionné dans le cadre du Prix des Lecteurs 2020 du Livre de Poche. Il le mérite amplement !

À lire…

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Extrait :

« L’après-midi, j’ai aidé Jimino à remettre de l’ordre dans le jardin. Depuis que papa s’en occupait plus, il y avait plein de mauvaises herbes, les roses étaient pas coupées et les arbustes manquaient d’eau. Je me suis coltiné des tonnes de flotte, j’avais mal au dos et aux épaules, mais j’ai rien parce que j’aimais pas voir le jardin tout moche. Il y avait aussi des haricots et des tomates à cueillir, assez pour faire bouffer tout le quartier. Au moins, avec Jimino, non seulement il gueulait pas, mais on pouvait faire des pauses. C’était même lui qui les faisait, surtout quand il avait envie de causer. Seulement, je m’attendais pas à ce qu’il s’arrête pour me parler de ma mère. Il s’est approché de moi, s’est appuyé sur sa bêche et a attendu que je relève la tête. Quand il a vu que j’étais prête à écouter, il a commencé. »

 

 

« Dès 14 ans, je savais ce que je voulais faire : écrire des histoires. Je venais de voir E.T. au cinéma. Né dans une famille de cinéphiles, j’ai avalé tout ce qui se faisait de mieux, dans tous les genres. Cela m’a marqué et fait de moi un auteur éclectique, un auteur de genres.
Entre 18 et 25 ans, j’ai écrit romans, pièces et scénarios. Aucun n’a été publié, joué ou mis en scène. C’était mes écrits de jeunesse. Quelques années plus tard, j’ai commencé à écrire des fictions pour France-Inter, des comédies et des polars.
J’ai parallèlement continué à écrire des pièces et des romans, jusqu’au jour où j’ai publié De la part d’Hannah chez R. Laffont en 2014. Deux ans plus tard, j’ai signé chez Bragelonne pour mon polar L’abbaye Blanche, puis Sème la mort ; j’écris actuellement le dernier épisode de la trilogie, prévu pour fin 2018. J’ai aussi publié en janvier 2017, chez Albin Michel, une comédie sociale à l’anglaise, en cours d’adaptation au cinéma : Lucky Losers.
Ce début de notoriété permet de faire connaître mes pièces de théâtre, en particulier Tableau Noir avec Pierre Santini, prévu à Avignon en 2019.

L’auteur vit aujourd’hui à Étampes.

Site internet : https://laurentmalot.fr/

Émotion, Historique, Polar historique

Révolution, 2 : Le sang du roi

Arnaud Delalande
Broché – 10 mai 2017
Éditeur : Grasset

1789. Un Royaume au bord de l’implosion.
Une conspiration contre la République naissante.
Un espion laissé pour mort qui mène l’enquête…
FAITES LA REVOLUTION !
Les États généraux, la Bastille, la Déclaration des Droits de l’Homme, Varennes, la chute de la monarchie, Valmy, la mort de Louis XVI, le procès de Marie-Antoinette, la Terreur…

Revivez l’Histoire comme si vous y étiez, et les heures qui ont changé le monde.
La fin d’une époque… et la naissance d’une autre.

 

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Et voilà, la boucle est bouclée…
Après avoir aidé les puissants du monde, Viravolta “l’Orchidée Noire” doit maintenant s’occuper de sa famille. Mais comment y réussira-t-il alors que lui-même à été fait prisonnier par le pouvoir en place ?

Voilà les nouvelles aventures (peut-être les dernières ?) que nous fait vivre de nouveau Arnaud Delalande.

Ce roman historique et policier a encore une fois agit sur moi à la perfection. Un vrai divertissement de qualité…
Arnaud est un excellent conteur, il n’hésite jamais à nous mener par le bout du nez dans les méandres de la naissance de la démocratie française… Le procès, puis la mort du roi, ainsi que la mort de Marie-Antoinette sont un des plus grands moments de ce roman historique fort bien documenté.
Je vous mets au défit de trouver la moindre erreur chronologique !
On imagine très difficilement le travail de recherche réalisé. C’est un véritable régal pour les passionnés d’histoire qui aiment vibrer en même temps que leurs héros.

Pas de temps morts, le récit s’effeuille à toute vitesse…
L’Histoire, les rebondissements, les trahisons, le fantôme et la belle histoire d’amour que Virevolta voue à Anna Santamaria, sa femme, vont ainsi se croiser et se recroiser jusqu’au bout du récit.

Je tourne la dernière page…
Le dernier mot que je lis, emporte avec lui, le nœud à la gorge qui s’était mis en place, en voyant se réduire les pages qui me restaient à lire. Les derniers chapitres sont magnifiques, tout en sensibilité, que d’émotions…
Ainsi s’achève pour moi, cette superbe fresque commencée le 23 avril 2006, avec “Le piège de Dante”.
Oh, combien d’aventures ai-je vécu avec Viravolta ?
Poursuites, évasions spectaculaires, des combats et surtout “Le” duel à l’épée final, je ne saurais le dire.

Mais une chose est sûre, je serai toujours à l’affût du “prochain” Arnaud Delalande, qui fait définitivement partie de nos grands écrivains !!!

Gros, gros coup de cœur pour cette fresque magnifique que je conseille à tous…

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Extraits :

« Les médecins, assistés par l’officiant de circonstance, se pressaient autour du cadavre allongé sur le billot. Il y eut un sifflement, puis le chuchotement de la lame, qui tomba d’un coup sec.
Et hop ! La tête du cadavre roula dans le panier.
C’était propre et net.
– Et bien ? Ça marche ? S’enquit le Dr Guillotin, enthousiaste.
L’officiant se tourna vers lui et opina du chef.
– Oh, ben oui, Monsieur Guillotin.
Il eut un sourire, cracha par terre, et leur fit un clin d’œil :
– … On peut dire que ça fonctionne. »
…/…
« Il ne cessait de veiller sur elle, s’assoupissant par intermittence, au point de confondre la nuit et le jour. Il se réveillait parfois en sursaut il se précipitait pour l’écouter, la recouvrir de ce drap qui tombaient.
En cet instant, il lui semblait bien que c’était le couchant ; un rai de lumière orangée filtrait encore à travers les rideaux cramoisis et éclairait la pièce. Luttant contre l’engourdissement, Pietro lui prit la main et la contempla encore. À la seule idée de la perdre, il se sentait anéanti. Il ne pourrait faire face à ce nouveau gouffre. Il savait que plus rien n’aurait alors d’importance. Il s’abîmait en prières et en pensées ténébreuses. Puis, résigné, il finissait par dépasser la panique, pour s’échouer là, vers… vers cette lumière orangée. Vers cette solitude émouvante et pénétrée qui est le lot de la condition humaine. Vers l’espérance de Dieu, peut-être, le Dieu des espions et des aventuriers. Vers cet endroit, situé au-delà du tout, où il espérait la revoir. Il avait tout tenté et, maintenant, il ne savait plus que faire. Comment lutter pour sauver sa blanche orchidée… »

 

 

Après des études à Pontoise, une hypokhâgne et une khâgne aux lycées Chaptal et Victor Duruy (Paris), puis une licence d’histoire, Arnaud Delalande est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1994. Repéré par l’éditrice Françoise Verny, il publie son premier roman en 1998 à 26 ans, Notre-Dame sous la Terre (éditions Grasset).

Le roman va se vendre à environ 10 000 exemplaires et être traduit en différentes langues.

En mars 2011, il publie Le Jardin des larmes, récit contemporain relatant la destinée entrecroisée de deux humanitaires en quête de sens et confrontés au chaos : l’un se voit plongée dans les premiers jours du génocide rwandais, tandis que l’autre fait face aux conséquences du tsunami de 2004 sur les côtes du Sri Lanka. Le Piège de Lovecraft, en 2014, thriller inspiré de l’œuvre de H. P. Lovecraft où l’on suit la lente plongée d’un étudiant au cœur de la folie, reçoit le Prix Masterton du roman fantastique francophone 2015.

Mais c’est surtout la saga Viravolta, l’Orchidée Noire, publiée entre-temps, qui lui permet de se consacrer pleinement à l’écriture. Avec Le Piège de Dante (Grasset, 2006), commence en effet une série historique qui rencontre un réél succès, notamment à l’étranger. Dans le premier opus, Pietro Viravolta, dit l’Orchidée Noire, agent secret dans la Venise du XVIIIe siècle, enquête sur un tueur en série dont les meurtres s’inspirent des différents Cercles de L’Enfer de Dante. Dans Les Fables de sang en 2009, l’Orchidée Noire traque à Versailles un assassin qui signe ses meurtres de Fables de La Fontaine. Avec Notre espion en Amérique (2013), Viravolta part en compagnie de La Fayette conduire la guerre d’Indépendance américaine aux côtés de George Washington, avant de traverser la Révolution française dans les deux tomes Révolution 1 : Le Cœur du Roi et Révolution 2 : Le Sang du Roi, en 2017.

Parallèlement à son travail de romancier, de scénariste et scénariste de bandes dessinées, Arnaud Delalande participe au milieu des années 1990 au développement d’une école de cinéma pour les professionnels du film, le CEFPF, où il est professeur en scénario (ateliers d’écriture, cours en dramaturgie), directeur adjoint, puis consultant. Il continue son activité d’enseignement en scénario, dramaturgie ou « storytelling » en 2017 à l’école « Les Mots », fondée par Philosophie Magazine, rue Dante à Paris.

Membre de la SADN (Société des auteurs de Normandie), fondée par André Castelot et Michel de Decker, et juré pour le prix Spiritualités d’aujourd’hui remis chaque année par le Centre Méditerranéen de Littérature, il est depuis 2009 parrain et membre du conseil d’administration de l’ONG Bibliothèques Sans Frontières (BSF), dont la mission est le soutien au développement durable par la diffusion du livre, l’émergence de projets et de structures culturelles locales dans les pays en développement (Haïti, Cameroun, Niger, Rwanda, Rdémocratique du Congo).

Émotion, Histoire, Thriller

Complot

Nicolas Beuglet
Broché – 16 mai 2018
Éditeur : XO

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. À ses vérités les plus enfouies…

Étayé par les dernières découvertes de la science et de l’histoire, Complot explore les secrets premiers de l’humanité.

Un thriller époustouflant. Et une révélation bouleversante sur ce que fut, il y a fort longtemps, le pouvoir des femmes.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Vous êtes-vous déjà demandé comment faire un bon roman ?
Il y a-t-il des “trucs” qui permettraient d’écrire une belle histoire à tous les coups ?

Pour moi, un roman réussi, est un roman qui me fait oublier le temps, me fait oublier qui je suis. Un roman qui me donne, non pas l’impression d’avoir un livre entre les mains, mais le sentiment d’être la personne qui est intime avec les héros d’une belle histoire et parfois l’impression d’être moi-même, l’acteur d’une superproduction en 16/9e et en THX Ultra…

C’est exactement ce que j’ai ressenti à la lecture de “Complot” !

J’étais avec Sarah, avec Christopher, Simon et tous les autres… Mieux encore, j’aurais aimé ne plus sortir des lignes écrites par Nicolas et me rendre compte que tout ce qu’il avait écrit, était La Réalité…

Quel roman…
Je ne trouve pas mes mots.
Aujourd’hui je n’ai qu’un seul regret, c’est avoir attendu autant avant de le lire.
“Complot” réunit tout ce que j’aime.
Un polar époustouflant, mêlé d’un thriller addictif, une belle histoire d’amour sur fond de révélations bouleversantes concernant le pouvoir des femmes et de la place qu’elles ont tenu au berceau de l’humanité.

Cette histoire risque de vibrer en moi, pendant encore un bon moment je pense.
Le Rôle de la Femme dans le monde est quelque chose qui m’a toujours touché.
J’ai toujours eu cette impression que La Femme avait une place beaucoup plus importante dans l’Histoire que l’Homme. Elle enfante, elle organise, elle apaise, elle soigne, sa vision est tellement différente…
Et pourtant, jamais reconnue à sa juste valeur.

Au fur et à mesure, Nicolas m’a poussé vers plusieurs réflexions. J’ai pris pas mal de notes et je n’ai pu m’empêcher, à la fin de ma lecture, de faire des recherches sur certains faits qu’il mentionnait, qui étaient importants pour moi.
Incroyable !
De quoi être complètement chamboulé…
Puis-je vraiment parler de preuves, tantôt scientifiques, tantôt historiques ?
Où s’arrête la fiction ? Où commence le réel ?
Je vous laisserai seuls juges…

Lisez ce roman !

Une lecture passion pour moi, avec beaucoup de bienveillance et de tolérance, tout en conservant un suspense digne des meilleurs auteurs. J’étais dans une bulle hors du temps.

Malgré un coté un peu “too much” dans les scènes d’action, c’est un GRAND coup de cœur pour moi !!!

Dan Brown et bien d’autres n’ont plus qu’à bien se tenir…

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Extraits :

« C’est ainsi que, depuis presque cinq mille ans, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants sont nourris de récits religieux maquillés, de mythes réécrits, et d’une Histoire où la féminité est sans cesse rabaissée et diabolisée pour nous faire accepter l’inacceptable : la soumission de la femme à l’homme. »
…/…
« La femme en blouse blanche qui sourit à l’objectif est la microbiologiste Esther Lederberg. C’est à elle que l’on doit la réplication de la culture bactérienne qui a ouvert la voix au clonage. Mais comme son mari travaillait avec elle et qu’il était plus connu, c’est lui qui reçut le prix Nobel de médecine sans même un mot pour sa femme lors de son discours. Et enfin, la plus inconnue du plus connu : la mathématicienne et physicienne Mileva Maric Einstein. L’épouse d’Albert Einstein. Dans la plupart des lettres adressées à sa femme , Albert Einstein parle de LEURS travaux, de LEUR théorie sur le mouvement relatif. Ils travaillaient évidemment tous les deux. Mais qui connaît Mileva Einstein ? »

 

 

Nicolas Beuglet né en 1974, est un écrivain et journaliste français. Il est connu pour sa trilogie de romans policiers ayant pour héroïne l’inspectrice norvégienne Sarah Geringën, dont les deux premiers volets ont été vendus à plus de 540 000 exemplaires. Il est marié et père de deux filles.

Émotion, Histoire

Toutes les histoires d’amour du monde

Baptiste Beaulieu
Poche – 29 janvier 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

Lorsqu’il découvre dans une vieille malle trois carnets renfermant des lettres d’amour, le père de Jean sombre dans une profonde mélancolie.
Jean, lui, tombe des nues : Moïse, son grand-père, y raconte l’histoire de sa vie. Plus incroyable encore, Moïse adresse son récit à une inconnue : Anne-Lise Schmidt.
Qui est cette femme ? Et surtout qui était-elle pour Moïse ? Comment quelqu’un de si chaleureux et sensible dans ses lettres a-t-il pu devenir cet homme triste et distant que père et fils ont toujours connu ?
Naviguant entre les grands drames du XXe siècle et des histoires d’amour d’aujourd’hui glanées dans une tentative éperdue de faire passer un message à son père, Jean devra percer le lourd secret d’un homme et lever le voile sur un mystère qui va chambouler toute une famille…

Baptiste Beaulieu fait un patient travail de tissage de liens humains. Sandrine Cabut, Le Monde des livres.

Sacrément touchant. Christilla Pellé-Douël, Psychologies magazine.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

J’avais déjà lu du même auteur “Les 1001 vies des Urgences” qui m’avait beaucoup plu !

Aujourd’hui je vous parle d’un livre passionnant, touchant et poignant à la fois. D’un livre que m’a prêté une cousine pour les vacances. D’un livre qu’elle a elle-même aimé, afin que nous puissions en parler à son retour. D’un livre avec une écriture juste, qui va toujours droit au cœur. D’un livre sur une histoire d’amour pure, simple, sans mièvrerie.

Qui est Anne-Lise Schmidt qui semble occuper l’esprit de Moïse ?

Baptiste Beaulieu nous offre “son histoire” de famille, dans cet ouvrage magnifique et bouleversant. Il lance même un appel poignant qui ne pourra laisser personne indifférent…

Moïse, a écrit à Anne-Lise des lettres tous les 3 avril, pendant plus de 40 ans. Des lettres dont personne ne connaissaient l’existence jusqu’à sa mort.
Jean, son petit-fils va se jeter corps et âme dans une quête qui va chambouler toute sa famille.
Comment ne pas être perturbé à la lecture de ces lettres si chaleureuses, emplies d’amour, de la part d’un homme qui était si froid ?
C’est la recherche d’une histoire d’amour d’un grand-père qui rapproche le fils et le petit-fils, et qui montre que le manque d’amour qu’il soit paternel ou maternel laisse des cicatrices douloureuses et indélébiles.

Baptiste nous plonge dans une histoire absolument incroyable, avec beaucoup d’intensité et de sincérité.
Au fil des lettres, qu’il alterne avec un récit qui se déroule de nos jours, donnant du rythme au récit, on découvre le passé de Moïse. Son enfance, auprès d’une mère peu aimante et d’un père parti trop tôt au front. Ce roman autobiographique, dépeint une vision de la seconde guerre mondiale et le sort de nombreux prisonniers de guerre, mais c’est aussi et surtout une magnifique histoire d’Hommes…

On s’attache aux personnages avec une réelle intensité.
Une histoire addictive et merveilleuse qui m’a emporté.

À lire, et pourquoi pas à relire, mais surtout à offrir et à partager…

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Extraits :

« Sais-tu, ma petite Anne-Lise, que pour les hommes comme moi, qui ont connu un grand amour et l’ont perdu, quand on erre seul dans la rue les dimanches soir, les passants, un parfum, la bonne lumière au bon moment, tous ces minuscules éléments sont autant de clefs qui ouvrent des portes dans le temps ? »
…/…
« Dans l’Antiquité, les Grecs usaient de quatre termes différents pour désigner ce qu’on regroupe aujourd’hui sous le même mot « amour ».
Quatre termes, comme autant de façons de définir quatre sentiments distincts.
Il y avait l’Eros, la Philia, l’Agapé et la Storgé.
La légende raconte qu’il existait un cinquième terme, une cinquième manière d’aimer, mais que les Hommes, jaloux et cupides, finirent par l’oublier faute de l’utiliser. »

 

 

Médecin généraliste, Baptiste Beaulieu est l’auteur d’un premier livre remarqué, Alors voilà. Les 1001 vies des Urgences, qui a connu un très beau succès de librairie, a été traduit en 14 langues et a reçu le prix France Culture « Lire dans le noir ». Il a également fait l’objet d’adaptations sous forme de roman graphique et au théâtre. Son roman Alors vous ne serez plus jamais triste a reçu le prix Méditerranée des lycéens en 2016 et La Ballade de l’enfant gris le Grand Prix littéraire de l’Académie nationale de Pharmacie en 2017. Il est également chroniqueur depuis 2018 dans l’émission « Grand bien vous fasse » sur France Inter. Son blog « Alors voilà » compte plus de 8 millions de visiteurs.

Émotion, Roman

Avant la longue flamme rouge

Guillaume Sire
Broché – 2 janvier 2020
Éditeur : Calmann-Lévy

« Il essaye de courir en poussant sa famille devant lui, mais un hurlement ouvre le ciel et une mitraillette frappe des millions de coups de hache partout en même temps. Dans le Royaume, il y a des vrombissements lointains. »

1971 : le Cambodge est à feu et à sang. Saravouth a onze ans. Sa petite sœur Dara en a neuf. Leur mère enseigne la littérature au lycée français. Leur père travaille à la chambre d’agriculture. Dans Phnom Penh assiégée, le garçon s’est construit un pays imaginaire : le « Royaume Intérieur ».

Mais un jour, la guerre frappe à sa porte. Les fondations du Royaume vacillent. Séparé de ses parents et de sa sœur, réfugié dans la forêt sur les rives du Tonlé Sap, Saravouth devra survivre dans un pays en plein chaos, animé par une volonté farouche de retrouver sa famille.

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman restitue une épopée intérieure d’une rare puissance.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Un magnifique roman sur la guerre civile au Cambodge mais surtout un roman sur l’enfance de Saravouth…
Guillaume Sire raconte à sa façon, avec tendresse et intelligence un monde qui se perd et transforme les rêves en pires cauchemars.

Inspiré d’une histoire vraie, ce récit est très dur. C’est le récit d’une enfance meurtrie, d’un pays à l’agonie. D’un enfant qui par la force des choses deviendra “orphelin”, dans un paysage apocalyptique…

Nourri par les lectures de sa mère, Phusati, professeur de littérature, Saravouth, 11 ans, trouve son bonheur dans les livres, dans les histoires qui façonnent son imaginaire, son quotidien, au sein d’une famille aimante. Dans l’esprit du garçon, les personnages d’Homère vont côtoyer ceux de Peter Pan. Il embarque alors sa sœur Dara 9 ans, dans son monde fantastique où les deux enfants voyageront ainsi entre le réel et l’imaginaire.

1971, La guerre éclate, le Cambodge est à feu et à sang…
Sa mère, lui donnant le goût de la lecture, très vite, il se créé un royaume imaginaire : “Le Royaume Intérieur”, qui va lui donner la force de supporter son quotidien au milieu des atrocités de la guerre, “L’Empire extérieur”.
Les mots de René Char, l’auteur préféré sa mère, “Il faut trembler pour grandir”, vont résonner régulièrement dans son esprit.

Le périple que va alors vivre Saravouth, et qu’il devra affronter seul, est porté par l’auteur grâce à une écriture acérée mais délibérément poétique. Ce livre est un véritable Odyssée. On sent l’odeur de la violence et de la mort, de l’insondable folie humaine.

Ce livre est Beau. Ce livre est dur et puissant…
Écrit avec beaucoup d’humanité et de simplicité, il commence comme un rêve d’enfant, se poursuit dans un monde d’adultes sur la vision d’un pays déchiré, et s’achèvera au-delà des pages sur des blessures irréparables.

Livre à mettre entre toutes les mains et à consommer sans modération…

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Extrait :

« Ce n’est pas seulement pour y être moins seul que Saravouth ouvre ainsi à Dara les portes du Royaume, mais parce qu’un jour, en se demandant ce qu’il se passerait si tout à coup il perdait la mémoire, il en est venu à la conclusion que si le Royaume pouvait exister ailleurs que dans sa tête, s’il pouvait être partagé et transmis, cela le protégerait mieux que n’importe quel rempart. Si je l’oublie, elle pourra me le rendre. »

…/…

« Il était une fois, dans un château fort, une princesse enfermée dans la chambre du donjon, son père le roi n’est pas rentré des croisades…
Saravouth trouva la description du château insuffisante. Il décida de la compléter dans sa tête. En plus de l’église, du foin, des chevaux blancs et blonds, des tours en pierres polies, luisantes, des meurtrières et des douves vaseuses, il imagina un toit de verre semblable à celui du pavillon Napoléon-III, une esplanade gardée par des lions sculptés et un clocheton d’émeraude. À l’heure du dîner, le château était complet. Pour franchir les douves, où nageaient des requins et des gobies phosphorescents, il fallait passer un pont-levis en bois vermoulu. Pour compléter les tours crénelées, Saravouth avait ajouté des toits pointus, rouges et laqués. Et pour la princesse, une cheminée d’où s’exhalait un parfum de noisette. Le soir, il ne trouva pas le sommeil avant d’avoir ajouté encore plusieurs détails. Des canards morillons et des buffles dans la cour, des cerisiers, des nuages mousseux et vernissés, des chevaliers en armure, un boulanger et l’odeur du pain : les petits éclats tièdes, la farine envoûtante. Ça se mariait au parfum de noisette. »

 

 

Guillaume Sire est un auteur français, romancier, poète, né à Toulouse en 1985.
Il commence avec la poésie, et des prix remportés à l’Académie des jeux floraux pour L’amour est une impression (2005) et Nymphéas (2006).

Repéré par l’écrivain Denis Tillinac, il publie ensuite son premier roman, Les confessions d’un funambule, aux Éditions de la Table Ronde (janvier 2007). Puis d’autres romans remarqués, notamment Où la lumière s’effondre chez Plon (septembre 2016), Réelle aux éditions de L’Observatoire (septembre 2018) et Avant la longue flamme rouge chez Calmann-Lévy (janvier 2020).

Guillaume Sire tient un blog où il écrit régulièrement : Ce qu’il reste des brumes.

Émotion, Frisson horreur, Noir, Polar

Celui dont le nom n’est plus

René Manzor
Poche – 10 septembre 2015
Éditeur : POCKET

Et si les tueurs étaient en fait les victimes ?

 » Puissent ces sacrifices apaiser l’âme de Celui dont le nom n’est plus. « 
Pour la deuxième fois en deux jours, ce message énigmatique signe une scène de crime londonienne. Rien ne relie les victimes – pas même leurs assassins, qui ne se connaissaient pas, et qui ont chacun, lors de leur arrestation, avoué avoir tué la personne qu’ils aimaient le plus au monde. Pourtant les faits sont là : le rituel religieux, le message, le cadavre vidé de ses organes – ces meurtres sont commis selon le même mode opératoire.
Le commissaire McKenna, vieux routier de Scotland Yard, et le docteur Dahlia Rhymes, criminologue américaine, pressentent que la série n’en est qu’à ses débuts.
À moins de mettre, au plus vite, un nom sur l’horreur…

“Un polar dense. Une intrigue captivante.” L’Express

“Un thriller haletant… dont le lecteur n’oubliera pas le nom.” Ouest France

 

2020_049_Manzor René - Celui dont le nom n'est plus

 

Bonjour à toutes et à tous…

Après avoir lu “Dans les brumes du mal” et “Apocryphe” du même auteur, je n’ai pas été déçu du tout par Celui dont le nom n’est plus”.

Quel voyage !
Grâce à sa plume parfaitement maîtrisée, René Manzor signe un polar original avec une intrigue intense et prenante sur fond d’ésotérisme, aux frontières de l’amour et de la mort…

Dès les premières pages, le ton sanglant est donné.
J’ai adoré !
Pas de temps morts, du rythme, des chapitres courts, un scénario très bien construit. Le suspense est maintenu constamment. On plonge dans le domaine de l’hypnose, de l’égyptologie, de la greffe d’organes. Je me suis posé beaucoup de questions tout le long de ma lecture entre compassion, tristesse, impuissance, horreur et malaise. René ne nous ménage pas.
Un page turner, qui ferait un excellent film, grâce à son côté psychologique très bien dépeint.

Une enquête prenante, menée par un inspecteur de Scotland Yard et une profiler américaine. Un tueur insaisissable, même une fois interpellé.
Une quête haletante…

Je me suis laissé prendre jusqu’au bout par ce récit ne sachant pas du tout où l’auteur nous mènerait.
Une histoire émouvante, passionnante, des personnages attachants, dans une ambiance très sombre et un final qui m’a beaucoup marqué…
Je vous le conseille vraiment.

Retrouvez toute l’actualité de l’auteur sur :
http://www.renemanzor.com
ou
https://www.facebook.com/rmanzorlink

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Extrait :

« C’est fou comme l’esprit reste convaincu que le corps lui ment en permanence. On s’imagine avoir vingt ans à soixante, on s’offusque quand les jeunes vous appellent « monsieur » ou « madame » à cause de je ne sais quelle différence physique et, pendant ce temps, nos rêves et nos fantasmes ne prennent pas une ride. »

 

 

René Manzor est réalisateur et écrivain. Remarqué par Steven Spielberg après ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, il part pour Los Angeles où il devient scénariste, réalisateur et ghost writer pour les grandes productions. De retour en France, et parallèlement à ses diverses participations pour le cinéma – dont Dédales en 2003 – et la télévision, il publie son premier roman, Les Âmes rivales (2012), suivi de Celui dont le nom n’est plus (2014) – qui a reçu le prix Polar du meilleur roman francophone 2014 au Festival de Cognac. Ces deux titres ont paru aux Éditions Kero. Son troisième roman, Dans les brumes du mal, paraît en 2016 chez Calmann-Lévy.

Émotion, Humour

L’Amour, c’est…

Par 200 auteurs – textes illustrés par Jack Koch
Broché – 31 octobre 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

Illustrateur très actif sur les réseaux sociaux, Jack Koch a invité 200 auteurs, connus et moins connus, français et étrangers, issus de tous les genres littéraires, à offrir leur définition de l’amour, qu’il a ensuite illustrée.
Le résultat : 400 pages empreintes de poésie et d’humour.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Qu’est-ce que l’Amour, l’Amour avec un grand A ?

C’est la question “toute simple” que Jack Koch a posé à 200 auteurs…
Classés par ordre alphabétique, ils vous offrent leurs propres définitions !

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“L’amour c’est…”

– L’essentiel. Mais qu’est-ce que c’est compliqué !
– Comme un filtre Snapchat : embellissant !
– Se sentir comblé par un secret qu’on est deux à partager.
– Lever les yeux au même moment pour se chercher…
…/…

C’est un livre sublime.
Un livre magique, empreint de poésie, de rêves et d’humour aussi…
Un livre que j’ai savouré, que j’ai lu tranquillement, n’importe quand, n’importe où.

Chaque mot, chaque phrase, chaque dessin est un cadeau de bonté.
C’est ainsi, qu’étalée sur plusieurs mois, ma lecture m’a donnée l’occasion de lire et relire plusieurs fois tous ces très beaux textes. Je ressentais quelque chose d’intime parfois.
À aucun moment je ne me suis lassé d’admirer les illustrations de Jack.
Quelques gris, des filets noir en soutien, rehaussé de blanc pour le relief… et comme par magie tous les dessins prennent vie…
Un vrai régal pour mes yeux et pour mon cœur, que du bonheur !

Un grand merci à toi Jack !
À très bientôt…

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En achetant ce livre, non seulement vous vous ferez plaisir, mais vous pourrez aider des enfants malades. Une partie de son prix (2€) est systhématiquement reversée à l’association « Le rire médecin » qui grâce à vous pourra faire intervenir des comédiens, des clowns et autres professionnels dans les hôpitaux et permettre aux enfants, à travers le rire, de se sentir moins seuls, de mieux lutter contre la douleur et de se battre contre la maladie.

Dédicace

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Extrait :

« L’amour, c’est s’aimer entre la terre et le ciel,
c’est partager les étoiles d’été
et dormir l’un contre l’autre
dans notre univers »
Jack Koch

 

 

L’histoire de « L’amour, c’est », racontée par Jack Koch * :

Début novembre 2017, j’ai publié sur mes réseaux des dessins que j’ai appelés « L’amour c’est… ».
À gauche mon texte en caractères machine à écrire sur fond gris et à droite le dessin sur papier kraft. Chaque texte commençant par cette même phrase, parce que j’aime les séries déclinées.

J’ai réalisé 7 dessins avec mes mots.
Sans penser à plus j’ai demandé à un puis deux puis trois auteurs de m’écrire leur version de « L’Amour c’est… ». J’ai pris un plaisir immense à illustrer leurs mots qui emportaient mon crayon vers des zones où je ne serais pas allé tout seul.

J’ai contacté des gens que j’aime, amis, auteurs ou autres pour qu’ils me proposent leur vision de l’amour. Et porté par leur enthousiasme et leurs encouragements (merci Sophie, merci Laurent) j’ai continué, sans savoir du tout ce que ça pourrait donner. Arrivé à une trentaine de contributions l’histoire semblait terminée. Et je ne savais de toute manière pas quoi en faire. Ça n’était pas une BD, pas un album, pas un roman graphique. Pour moi c’était invendable.
C’est Sophie Loubière qui a trouvé la clé pour continuer, en me proposant un ami qui adorerait participer: Thomas Cook.
Pour moi c’était inconcevable que ce type, si « connu » et si loin en plus, me donne ses mots, à moi, comme ça, sans aucun projet éditorial, sans me connaître et sans rien en contrepartie.

J’ai accepté. Mais je trouvais ça dingue. Et j’ai fait, pour remercier, les portraits de tous (je ne pensais pas devoir en faire 200 !). Alors j’ai donc demandé à ma petite trentaine de contributeurs de proposer l’idée à quelqu’un qu’ils aiment.
Pas forcément des auteurs. Que le lien soit l’amour. Et là j’ai commencé à flipper (un peu) parce que le truc m’échappait complètement. Les noms et les contributions sont arrivés en rafale. Et quels noms… J’ai passé du temps sur Wikipédia pour découvrir les livres ou les métiers de toutes ces personnes !
Je pensais qu’après 50 versions de « L’Amour c’est… » on en aurait fait le tour, mais j’ai vite compris que ce sujet était inépuisable et d’une variété immense.

L’amour sous toutes ses formes. Le beau, le lumineux, mais aussi, la tristesse, la perte, la douleur, l’amour filial, l’amour d’enfance, l’amour au grand âge et l’amour entre deux femmes, deux hommes.
Samantha a suggéré l’idée d’en faire un éphéméride. Mais il fallait 365 contributions et c’est un objet qui ne se vend à priori qu’en fin d’année. Mais je me suis lancé dans cet objectif !

50, puis 75, puis 100 contributions sont arrivées à une vitesse insensée. Parce que chacun me proposait d’autres noms et surtout, surtout l’enthousiaste Caroline, libraire au top, qui m’a généreusement et plus que gentiment ouvert son carnet d’adresse immense. Grace à elle la fusée a décollé.

Vers l’infini et au-delà. Merci à toi Caroline.
Oui ça commençait à ressembler à quelque chose, mais à quoi ?

J’ai été débordé par l’enthousiasme de tous et on me répétait que ça allait forcément aboutir.
Littérature, polar, feel good, thriller tout est représenté. Auteur, illustrateur, scénariste, coloriste, traducteur, journaliste, blogueur, éditeur, libraires, bibliothécaires, attachés de presse, profs, acteurs, musiciens, parolier, réalisateur et bien d’autres autour du monde du livre ou pas. Et puis les frontières ont été franchies : Anglais, Irlandais, Italien, Belge, Québécois, Néo-Zélandais, Sud-Africain, Etats-unien, Russe et même Alsacien…

Puis 125… Mais quoi en faire ? Et comment arrêter cette chaîne qui pour certains était à la 5ème génération.

Comme un arbre généalogique.
C’est là que certains mauvais élèves, Virginie et Baptiste en tête ont publié leur dessin avec leur phrase sur Facebook. Sur le coup j’en ai été saisi parce que… parce que si ça se trouve on ne pourra jamais rien en faire si c’est déjà diffusé sur les réseaux !

C’est pourtant grâce à cette mise en lumière que j’ai reçu les mails que chaque illustrateur rêve de recevoir : « Avez-vous un éditeur pour ce projet ? » Le monde à l’envers quoi !

Un projet ? Quel projet ?
Et c’est bien ça le plus étrange dans cette aventure, ça n’a jamais été un projet. Les choses se sont faites, presque toutes seules. Le voyage vers Paris en TGV a été particulier, je me demandais un peu ce que j’allais faire là.

J’ai vu 4 éditeurs, et j’ai été ravi de leur gentillesse, leur accueil et leur franchise.
Il ne s’est pas écoulé 2 mois entre la première contribution dessinée et l’accord avec le Livre de Poche…

« L’amour c’est… » venait de trouver une maison. Et quelle belle maison.
Ce que j’ai gagné avec cette aventure est immense. En rencontres, en sourires, en encouragement, en fierté.

L’Amour c’est avoir illustré tous ces mots.

Le livre sort le 31 octobre 2018, moins d’un an avant le début et je me réveille chaque matin en me disant « c’est dingue… ».

Le livre de Poche – format 24 × 16 – 14€90 dont 2€ qui seront reversés à l’association Le Rire Médecin.

Et en plus on est presque à la parité homme femme !

Merci à tous les 200. Et à tous ceux qui achèteront ce livre.

Je vous embrasse.

Jack

………………………
* Texte récupéré sur le Blog littéraire, EmOtionS.
Yvan Fault, le 31 octobre 2018.
https://gruznamur.com/2018/10/31/lamour-cest-200-auteurs-textes-illustres-par-jack-koch/

Émotion, Histoire, Témoignage

L’Américaine

Catherine Bardon (Auteur)
Broché – 14 mars 2019
Éditeur : Les escales éditions

Alors que le pouls de New York bat au rythme des années 1960 et de la contre-culture, une jeune fille, Ruth, s’y installe pour y suivre ses études en rêvant de devenir journaliste. Elle y découvre l’amitié, le rock, l’amour… tout en se questionnant sur son identité. Pas évident d’avoir laissé derrière elle sa famille et sa terre natale, la République dominicaine…

Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l’université, un stage au Times. Une nouvelle vie… Elle n’en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l’était son père, Wilhelm.
Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l’amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l’assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre culture, l’opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam…
Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s’interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d’adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?
Entrelaçant petite et grande histoire, explorant la question de l’exil et de la quête des racines, Catherine Bardon nous livre une radiographie des États-Unis des années 1960, en poursuivant la formidable fresque romanesque inaugurée avec Les Déracinés.

“ Les Déracinés : la saga qui nous transporte. ” Olivia de Lamberterie – ELLE
“ Incontournable. Un grand roman, absolument extraordinaire ” Gérard Collard – Le magazine de la santé
“ Une fresque historique haletante ” – Lire
“ UN récit dense et captivant ” – Le Huffington Post

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Magnifique !

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en fermant, très ému, ce superbe roman…
Ruth, Almah, Arturo, Markus et tous les autres, décidément vont encore me manquer.

J’avais beaucoup aimé “Les Déracinés”, premier volet de cette belle saga.
Il a fallu que je me décide à ranger, à mettre un peu d’ordre dans ma PAL la semaine dernière pour retomber sur le second volet de Catherine Bardon “L’Américaine” que j’avais déjà cherché partout (presque !!!)

Quel immense plaisir de retrouver les personnages, décrit avec finesse, qui m’avaient embarqués avec eux sur l’ile de la République Dominicaine. Ce second volet est recentré sur Ruth, la fille de Wilhelm et Almah et son départ vers sa nouvelle vie.
Nous sommes en 1961, Ruth a vingt ans, elle décide de partir s’installer à New York, pour étudier le journalisme à l’université de Columbia. Pendant le trajet, elle fait la rencontre d’Arturo, un Dominicain de son âge, qui lui aussi se rend à New York pour ses études…
Mais seront-ils les bienvenus dans l’histoire américaine du début des années 60 ?

Très vite Ruth aura du mal à s’intégrer et à trouver sa place dans ce nouveau monde en pleine effervescence. Elle cherche son identité. D’origine juive et autrichienne, née en République Dominicaine, installée à New York, elle passe par le Mexique et ira même jusqu’à vivre dans un kibboutz en Israël, pour se trouver !

Catherine nous offre une synthèse très intéressante de la société américaine de cette époque. Les combats politiques qui émergent, Martin Luther King, Les Beatles, Les Kennedy,… Mais aussi et surtout la vie politique, très peu connue, en République Dominicaine, où s’enchainent chaos politiques et guerres civiles, et les américains qui ne veulent plus ce qui s’est déjà déroulé à Cuba !

Catherine est une vraie conteuse, j’ai retrouvé de nouveau tout son talent pour faire passer des émotions, faire vivre et aimer ses personnages. Le récit est fluide et agréable, les chapitres sont courts, rythmant un récit fort bien documenté, mais malgré l’aspect imposant du roman, j’aurai aimé qu’il y ai plus de pages encore pour ne pas, tous, les quitter aussi vite…

Lu d’une traite.

C’est un superbe portrait de nos héros, entrelacé entre la “petite” et la grande Histoire, que nous offre Catherine.
Un beau roman que je recommande à tous.
Mais, je vous conseille évidement de commencer par “Les déracinés”

Le troisième volet, “Et la vie reprit son cours”, est sorti le 16/04/2020 chez le même éditeur, Éditions les escales.

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Extrait :

« Les journées s’étiraient lentement dans un ennui confortable, les journées interminables de ciel et d’eau. Je n’avais rien à faire que méditer sur ma vie et mon avenir. Pour ne pas m’angoisser, je trouvais plus confortable de me replonger dans mon passé. Je passais des heures, alanguie dans une chaise longue, à regarder la mer en faisant défiler les séquences les plus réussies du film de mes jeunes années. C’était une manière de faire mes adieux à mon enfance à laquelle je tournais définitivement le dos. En fermant les yeux, je voyais une longue plage blonde où le bonheur n’en finissait pas de couler. Si j’avais peu de certitudes, une seule était totalement inébranlable : peu d’enfants avaient vécu une enfance aussi libre et heureuse que la nôtre, un long fleuve d’insouciance. Je gardais des années bénies de mon enfance le souvenir de la plus absolue félicité. Nous vivions hors du temps avec le sentiment que cela durerait toujours. »

 

 

Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine où elle a vécu de nombreuses années. Elle est l’auteure de guides de voyage et d’un livre de photographies sur ce pays. Son premier roman, Les Déracinés (Les Escales, 2018 ; Pocket, 2019), a rencontré un vif succès.