Émotion, Historique

À crier dans les ruines

de Alexandra Koszelyk (Auteur)
Broché – 23 août 2019
Éditeur : Aux Forges de Vulcain

Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans l’usine de leur ville, bouleverse leurs vies. Car l’usine en question, c’est la centrale de Tchernobyl. Et nous sommes en 1986. Les deux amoureux sont séparés. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena, quant à elle, grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Mais, un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver le pays qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

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Bonjour à toutes et à tous…

Wahou !!!

Quel roman… Je l’ai lu d’une seule traite. Impossible de le laisser sans connaître la fin.
Mais est-ce bien une fin ?

Léna et Ivan, deux adolescents sont séparés, suite à la terrible catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à Tchernobyl.
Voilà le point de départ du roman.
Léna est partie vivre en France avec ses parents et sa grand-mère, alors qu’Ivan a dû rester dans cette zone d’exclusion, où la nature reprend petit à petit ses droits en s’adaptant, mais les radiations sont encore là, pour des milliers d’années.

Alexandra Koszelik raconte, ou plutôt nous conte tout cela comme une histoire un peu “magique” avec beaucoup de sensibilité et d’émotion.
Je suis passé par plusieurs sentiments tout au long du récit. Il y a de la poésie cachée entre ses lignes, mais il y a aussi des événements chocs et marquants !

C’est à la fois un récit émouvant et réaliste, décrivant avec justesse une catastrophe humaine sans précédent, mais c’est aussi une histoire d’exil. Léna est déracinée. Elle ne peut en parler à ses parents, qui eux, désirent tout oublier. Seule sa grand-mère Zenka pourra l’aider. Mais le temps va faire son travail et petit à petit ses souvenirs d’Ivan et de son “ancienne” vie s’estompent…
Mais c’est surtout, une très belle histoire d’amour qui se déroule sur 20 ans.
En effet, Lena et Ivan étaient deux moitiés inséparables qui soudain se retrouvent cruellement éloignés.
Alors, Ivan, tous les ans, à date anniversaire, va écrire une lettre, tantôt bouleversante, tantôt terrible à “sa” Léna. Lettre qu’il ne pourra envoyer puisqu’il ne connait pas son adresse. Ce sera façon d’essayer de contrôler sa vie, son quotidien.

Tandis que Lena, elle, va…

Je vous laisse la possibilité de le découvrir par vous-même, en lisant ce roman plein de beauté, de mélancolie et de poésie.

Alexandra, avec beaucoup de finesse et de psychologie, va vous faire avancer le fil du temps de cette ode à la vie, à la liberté et à l’amour, jusqu’au dénouement final.
Dénouement certes un peu attendu, mais il ne pouvait en être autrement…

À crier dans les ruines”, roman qui explore un passé récent, est un très beau premier roman qui m’a touché et ne vous laissera sûrement pas indifférent…

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Extraits :

« Souvent, la dernière attention, un dernier geste ou regard, n’est pas prise au sérieux. On ne sait jamais quand elle arrive, personne n’y prend garde, l’instant glisse sur nous et s’échappe. Mais quand le dernier instant se fige, quand on sait qu’il portera le nom de « dernier », alors l’instant revient et perfore l’inconscient. Si j’avais su… »

« Léna entra dans son ancienne école avec effroi. Dans cette classe, le sol était jonché de cahiers ouverts et éventrés. Quelques jouets attendaient toujours que des paumes chaudes d’enfants les reprennent. Un peu plus loin, elle eut envie de mettre de l’ordre dans ces stylos poussiéreux, puis de remettre droite cette affiche Jaunie. Elle laissa ses gestes en suspens. Dans cette brocante à ciel ouvert, s’étalait sa vie d’antan. »

Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien. Elle vit et travaille en région parisienne.

C’est aussi une blogueuse littéraire.
Sur son blog “Bric à Book”, elle organise chaque semaine des ateliers d’écriture.

Émotion

Les Souliers Rouges

Pour la Saint-Valentin notre sortie était prévue depuis quelques jours, aller voir une pièce de théâtre…
Mais, au dernier moment, je ne sais pas pourquoi j’ai opté pour un spectacle musical !

“Les Souliers Rouges” de Marc Lavoine et Fabrice Aboulker qui se joue actuellement dans la célèbre salle de spectacles, des Folies Bergères.

Nous y étions allés il y a quelques semaines pour y voir le spectacle
“The Fashion Freak Show”, de Jean-Paul Gaultier.

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Mais ce n’est pas le sujet du jour…

 

“Les Souliers Rouges”

 

le rideau s’ouvre sur la scène.

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Ce qui m’a très vite frappé, ce sont les décors minimalistes, très beaux et astucieux.
Constitués de néons et de rideaux en tissus qui montent et descendent et en servant de support aux projections lumineuses.
C’est un spectacle très moderne par ses décors, qui repose beaucoup sur ses projections.
Le rendu visuel du spectacle m’a beaucoup séduit.

Les chorégraphies sont superbes…
Classiques, mais tendant aussi vers le contemporain, elles sont exécutées en duo, trio, corps de ballet…
On a pu ainsi admirer la maîtrise technique des danseurs qui sont aussi bien à l’aise dans des figures de danse classique que dans des figures de breakdance et ils se donnent à 100%.

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Certains tableaux sont résolument modernes, rythmés et dynamiques, comme celui où Benjamin Siksou, (l’interprète du journaliste Ben), entre en scène pour la première fois.
« Les Souliers Rouges » ont le mérite de mélanger de nombreux styles musicaux, certains tableaux en piano seul et d’autres très électro.

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De nouveaux morceaux ont été ajoutés par Fabrice Aboulker à l’album éponyme de ”Marc Lavoine, Arthur H et Cœur de pirate”, pour donner plus d’envergure au spectacle…
On en prend vraiment plein les yeux et plein les oreilles !

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J’ai aimé aussi la mise en scène et le rendu de la “malédiction” grâce aux lumières et à la musique plus sombre, les tutus devenus rouges et noirs au lieu des blancs habituel.
Le deuxième acte, est beaucoup plus dramatique que le premier.
Je ne me suis pas ennuyé une seconde et j’étais totalement plongé dans une ambiance hors du temps, très divertissante.

En revanche beaucoup moins convaincu par le déroulé de l’histoire et les chants en général. Beaucoup de faussetés. Mes oreilles ont “souffert” un peu !
Benjamin Siksou est plus dans la déclamation et le slam, Guilhem Valaye (qui joue le rôle de Victor) s’en sort mieux, mais quelques “bémols” subsistent, quant au chant pur de Loryn Nounay (qui joue le rôle d’Isabelle) avec quelques erreurs aussi du fait qu’elle chante en dansant, elle a tout d’une princesse “Disney”. Cela ravira les enfants mais c’est moins ma tasse de thé…
… À cela s’ajoute, régulièrement une qualité déplorable du son !

 

Au final, “Les Souliers Rouges” constituent un objet théâtral
cohérent, plaisant et bien construit.
Le corps de ballet fait des prouesses,
la mise en lumière est intéressante et surprenante !

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Mais les deux interprètes masculins, ne m’ont pas convaincu du tout !
Dommage…

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L’histoire :

“Les Souliers Rouges”, le spectacle musical écrit par Marc Lavoine est une adaptation libre du célèbre conte de Hans Christian Andersen.
Il raconte l’histoire d’Isabelle, une jeune fille au cœur pur, qui monte à Paris pour tenter d’accomplir son rêve : devenir danseuse Étoile.

Victor, chorégraphe réputé de l’Opéra, a décidé de se lancer dans un projet insensé : monter le ballet maudit « Les Souliers Rouges ».

La légende dit que le diable hante depuis toujours les couloirs de l’Opéra au sujet de ce ballet, et qu’il y aurait caché une paire de ballerines rouges. Ces chaussons magiques portent en eux un piège : « Celle qui les chaussera connaîtra la renommée mais devra renoncer à l’amour, sinon la malédiction sera terrible. »

Victor cherche sans relâche son héroïne et comme dans Cendrillon, les ballerines choisissent leur Étoile, la ravissante Isabelle…
Le ballet connaît la gloire. Pourtant, Victor sait que le diable ne le laissera pas vivre le succès aussi facilement.

Ben, un jeune et beau journaliste, tombe amoureux d’Isabelle et la met, malgré lui, à l’épreuve…

La note d’intention :

Il est toujours magique d’imaginer que sa vie peut être différente de celle des autres, surtout quand on est une jeune jolie fille et que l’on rêve de devenir une grande danseuse.
L’imaginaire prend le dessus sur la réalité.
Qu’est-ce qui compte le plus, la beauté, l’art, l’amour… ?
L’idéal nous console-t-il de la vie ?
Notre héroïne, veut tout vivre à la fois, sa liberté, sa jeunesse, être la meilleure, célèbre dans le monde entier.
Même si cette ambition et cette recherche d’absolu deviennent diaboliques, cela vaut-il la peine qu’on y sacrifie sa vie ?

Le monde de la danse classique a des codes bien précis, travail, discipline, rigueur, mais il engendre surtout le rêve chez beaucoup de jeunes filles, d’atteindre un jour le graal en devenant danseuse étoile !
Le mot « étoile », n’est pas étranger à cette appellation suprême qui permet de toucher le firmament dans le monde de la danse en devenant les Princesses de leurs rêves.
C’est ce rêve, cette poésie, cette force, que véhicule ce spectacle musical.

Toutes ces valeurs, cette féerie, ces attentes seront présentées dans le spectacle musical qui sera sur scène sous la baguette magique d’un grand chorégraphe de renom Victor Bosch.

Émotion, Histoire, Philosophique, Thriller historique

Pour un instant d’éternité

Pour un instant d’éternité
de Gilles Legardinier (Auteur)
Broché – (2 octobre 2019)
Éditeur : Flammarion

Vincent sait mieux que personne ce qu’est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c’est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s’aménager des issues indétectables. Alors que Paris célèbre l’Exposition universelle et sa phénoménale tour Eiffel, Vincent et son équipe deviennent soudain la cible de tentatives d’assassinat. La mort rôde désormais autour d’eux. Un de leurs clients cherche-t-il à effacer ce qu’ils savent de lui ? Sont-ils traqués par des pouvoirs occultes ? Quelle est cette ombre qui peut les frapper n’importe où, n’importe quand ? Dans une époque bouleversée, confronté à des mystères surgis d’un autre temps, Vincent va tout faire pour déjouer la menace et sauver les siens. Ce qu’il s’apprête à découvrir va faire voler en éclats tout ce qu’il croyait savoir du monde…

 

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Bonjour à toutes et à tous…

J’ai découvert Gilles Legardinier en 2009 avec ses tout premiers thrillers et j’ai très vite adhéré à son univers.
Lorsqu’il a commencé à écrire de la comédie, j’ai d’abord été surpris, puis j’ai alors découvert une autre facette de Gilles, son empathie et son regard sur les autres, la capacité aussi de changer complètement de style et de me faire rire dans les transports comme je n’avais encore jamais ris.

Le hasard de la vie a fait que ma femme connaissait depuis quelques années, Pascale, sa femme.
Nous nous sommes rencontré et j’ai pu découvrir ce personnage hors du commun. J’ai eut ensuite la chance de travailler pour lui et de réaliser plusieurs de ses couvertures. Alors si vous ne connaissez pas encore Gilles, n’hésitez plus, vous découvrirez l’un des auteurs les plus intéressants de sa génération…
Chacun de ses romans est différent, plein de vie, avec des personnages dans lesquels on se reconnaît tous, régulièrement.

Dans ce roman, dès les premières lignes, je me suis retrouvé dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Un Paris qui commence à peine à entrer dans l’ère moderne, l’ère industrielle. La mise en place de nouvelles rues, les premières automobiles. Un cadre superbement restitué avec des descriptions qui sont si justes que j’ai pu visualiser parfaitement les quartiers décrits avec un soin minutieux pour être au plus près de la réalité. Paris est un personnage à part entière du roman.

Mais parlons un peu des personnages, hauts en couleur, finement décrits auxquels je me suis attaché immédiatement.
Dans ce Paris qui s’emballe vers le modernisme, eux sont artistes, poètes, ouvriers ingénieux, au grand cœur, ils forment une véritable famille unie et soudée, même dans les moments les plus délicats.

Gilles a trouvé une intrigue vraiment travaillée qui réserve son lot de surprises et de rebondissements.
Aventures, sociétés secrètes, mystères, passages secrets, souterrains piégés, mais “Pour un instant d’éternité” est aussi une belle histoire d’amitié, d’amour et de solidarité.

Encore une fois Gilles est arrivé à me surprendre, à m’embarquer là, où je ne l’attendais pas, tout en conservant ce style qui lui va si bien. J’attends avec impatience son prochain roman.

Un grand bravo à Chloé, sa fille, pour le travail fantastique de recherche réalisée.
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Extrait :
« Documents, objets sacrés… La quintessence de ce qui a produit nos civilisations. Tout ceci est aujourd’hui menacé. Notre siècle a entrepris de remodeler Paris. On coupe les quartiers, on recompose les espaces. On ouvre sans cesse de nouvelles voies. Pour la première fois depuis que Lutèce a vu le jour, on ne se contente plus de s’étendre, on fait désormais table rase de ce qui a toujours existé pour bâtir du neuf. On chasse ceux qui sont là depuis des générations pour faire la place à d’autres, plus fortunés. On rase des milliers d’habitations, on efface les collines, on perce, on arrache, on restructure pour bâtir de nouveaux logements, des restaurants, des boutiques et des lieux de distraction. La ville dévore ses faubourgs pour y installer les usines capables de produire tout ce dont le nouveau peuple à si faim. Les métiers utiles disparaissent au profit de nouvelles professions qui ne comblent plus aucun besoin, mais des envies. Les géographies évoluent avec les mentalités. »

 

Né en 1965, Gilles Legardinier est abandonné à la naissance devant la porte d’une chapelle du 6ème arrondissement de Paris et est recueilli par une famille d’accueil, comme il le raconte dans Vaut-il mieux être toute petite ou abandonné à la naissance ? publié en 2017 avec Mimie Mathy. Il travaille sur les plateaux de cinéma américains et anglais, notamment comme pyrotechnicien. Il réalise également des films publicitaires, des bandes-annonces et des documentaires sur plusieurs blockbusters.

Il se consacre aujourd’hui à la communication pour le cinéma pour de grandes sociétés de production, ainsi qu’à l’écriture de scénarios de bandes dessinées et de romans. Alternant des genres très variés, il s’illustre en littérature d’enfance et de jeunesse avec, notamment, Le Sceau des Maîtres (2002), mais aussi dans le thriller avec L’Exil des Anges (Prix SNCF du polar 2010) et Nous étions les hommes (2011), et, plus récemment, dans le roman humoristique, ce qui lui vaut un succès international avec Demain j’arrête ! (2011), Complètement cramé ! (2012), Et soudain tout change (2013), ça peut pas rater ! (2014), Quelqu’un pour qui trembler (2015) , Le Premier Miracle (2016), Une fois dans ma vie (2017) et Pour un instant d’éternité (2019).

En quelques livres seulement, Gilles Legardinier s’est imposé comme un auteur majeur, à part, capable de nous faire éclater de rire avec des sujets graves ou de faire surgir l’extraordinaire d’un quotidien que son imagination débordante fait pétiller. Son succès phénoménal s’explique sans doute par son aptitude à parler intimement à chacun.

Émotion

Giselle

Dimanche 9 février, nous sommes allés, ma femme et moi-même, à l’Opéra Garnier pour une représentation de Giselle, ballet d’une grande richesse mélodique, signé par Adolphe Adam sur un livret de Théophile Gautier et Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges.

Après le ballet très moderne de Crystal Pite, il y a quelques semaines, nous avons voulu profiter de ce ballet “classique” universel et intemporel qui réunit trois ingrédients essentiels : la danse, l’amour et la mort. Les roles de Giselle et d’Albrecht sont tenus par les étoiles Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio. C’est un ballet du répertoire que l’on rêve de danser. C’est un Graal dans une carrière.

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Avant la diffusion du spectacle, la diffusion en voix off d’un texte évoquant la grève contre la réforme des retraites à l’Opéra national de Paris depuis le 5 décembre a soulevé la salle. Huées et applaudissements, on retentit ainsi durant quelques minutes. Si « ce mouvement social le plus long de l’histoire de l’Opéra » a évolué depuis fin janvier avec la reprise de certains spectacles, la maison reste en effet très « mobilisée ». Des annulations ont eu lieu le vendredi 31 janvier pour la première de Giselle, et le 6 février, en raison de la journée nationale d’action. Très vite les gens se sont calmés attendant comme nous le début du ballet…

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Quelle chance donc de voir les étoiles Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio ! Plus que parfaits dans leur technique et leur jeu d’acteur ciselé, ils emportent une troupe ardente et au cordeau dans le moindre mouvement d’ensemble. Ce ballet volte-face met en balance deux visages sur la musique d’Adolphe Adam. Giselle, une paysanne joyeuse et naïve, tombe amoureuse d’Albrecht, prince déguisé en villageois. Tromperie et mort subite de Giselle que l’on retrouve au cimetière au milieu des Wilis, fantômes de jeunes filles trompées par leur amant et décidées à se venger des hommes.

Instants fulgurants

Entre ces deux extrêmes, sourire fraîcheur d’un côté et pâleur cadavre de l’autre, Giselle décline des instants fulgurants avec des arrêts sur image somptueux comme au cinéma, des diagonales et des cercles hautement techniques, un style évanescent et un travail de la nuque et du buste légèrement en avant très particulier.

 

La quintessence du ballet romantique

Le premier acte se déroule à l’automne au moment de la fête des vendanges. Giselle, une jeune paysanne naïve, se laisse séduire par un homme dont elle ignore tout. Albrecht s’est déguisé en paysan pour pouvoir approcher la belle. Il lui promet le mariage. Giselle ignore les mises en garde de sa mère. Quand elle découvre qu’Albrecht est déjà fiancé à une noble princesse, la jeune fille, de santé fragile, bascule dans la folie et meurt.

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Le deuxième acte, surnaturel, se déroule dans la forêt près de la tombe de Giselle. Il nous plonge dans le monde des Willis, les esprits de jeunes filles trahies par un amant infidèle. Leur reine, la sévère Myrtha, décide qu’Albrecht doit suivre Giselle dans la tombe. Elle le condamne à danser jusqu’à mourir d’épuisement. Mais l’esprit de Giselle, en dansant avec lui jusqu’au lever du jour, parvient à le sauver. Les Willis disparaissent avec la nuit.

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Mention spéciale à la prouesse de Dorothée Gilbert qui, dans le second acte, semble décoller du sol, irréellement désossée, ectoplasme flottant dont la virtuosité, telle une seconde peau, l’habille comme par magie.

Une mer de tutus

Le deuxième acte de Giselle, appellé l’acte blanc, est particulièrement envoûtant. Les danseuses semblent flotter, en apesanteur, sur une mer de brouillard. L’atmosphère est irréelle, magique. Le décor magnifique. Il faut près de vingt mètres de tulle pour fabriquer les tutus vaporeux des Willis et donner l’illusion de l’immatérialité. Dorothée Gilbert a dansé sa première Giselle en 2008 lors d’une tournée officielle à Monaco. Les spécialistes s’accordent à dire qu’elle est l’une des plus grandes interprètes actuelles de ce ballet légendaire.

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Pourquoi c’est culte ?

Giselle ou les Willis, son titre originel, est de ces ballets que l’on veut voir et revoir, encore et encore. Il est né en 1841 sur la scène de l’ancien Opéra de la rue Le Peletier à Paris.

À l’origine de ce ballet, il y eut l’idée d’un poète, Théophile Gautier, rêvant de ballerines diaphanes et immatérielles. C’est chez Heinrich Heine, son frère d’outre-Rhin, qu’il trouva la légende des wilis, ces fiancées mortes à la veille de leurs noces. Giselle demeure la quintessence du ballet romantique, avec sa virtuosité mais aussi son mystère, sa douceur et sa mélancolie. Carlotta Grisi, inspiratrice et créatrice du rôle (Son visage figure encore en médaillon au plafond du foyer du Palais Garnier, là-même où s’échauffent les danseurs avant d’entrer en scène), portée par la musique d’Adolphe Adam, donna la première sa légèreté surnaturelle au mythe le jour de ses 22 ans. Chorégraphié pour le Ballet de l’Opéra par Jean Coralli et Jules Perrot, c’est cette même troupe qui aujourd’hui et bientôt deux siècles plus tard sait comme aucune autre s’en faire l’interprète.

Nous avons passé une excellente soirée…

À quand notre prochaine sortie !

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Émotion, Frisson horreur, Noir, Polar, Thriller

Avides

Avides
de Tom Clearlake (Auteur)
Broché – 14 décembre 2019
Éditeur : Moonlight

Paris. Au fond d’une cave d’un immeuble de Belleville, douze corps sont retrouvés morts, exsangues. Le 36 est sur la brèche. Ces faits rappellent à la capitaine Julie Delorme sa première scène de crime, treize ans plus tôt, celle d’un enfant apparemment atteint de démence qui avait tué ses parents pour se nourrir de leur sang. Convaincue qu’il existe un lien entre les deux affaires, Julie va affronter son plus vieux démon et se lancer dans une enquête à haut risque.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

D’abord il y a eu “L’essence des ténèbres” puis “Tréfonds” deux très bons romans, à lire si vous ne l’avez pas encore fait…

Avec “Avides”, cela peut paraitre impossible, mais Tom Clearlake est allé encore plus loin, encore plus fort !

Dès les premières lignes, j’ai été de nouveau aspiré par l’histoire. Quel suspense !
Les chapitres sont courts donnant beaucoup de rythme, sans aucun temps mort.
Plus j’avançais dans le récit plus la tension montait et les chapitres s’imbriquaient les uns aux autres.
Je l’ai lu d’un seul trait.

Cet excellent thriller flirte avec le fantastique, mais si peu, qu’il en reste crédible et c’est cela que j’ai trouvé vraiment excellent !
Polar, thriller, fantastique je ne savais plus où donner de la tête… Mais j’ai trouvé mon plaisir encore ailleurs…
Dans le style…

Tom excelle dans son écriture. Un style très particulier, addictif, fluide, un sens littéraire de toute beauté, avec des descriptions incroyables.
Beaucoup d’émotions dans certaines scènes. J’avais l’impression d’être devant mon écran, scotché à un film !
J’imagine assez difficilement le travail de recherche réalisé par Tom, tant l’intrigue est érudite, sans superflu, avec un sujet nouveau, original et très bien ficelé.

Je vous fait grâce des personnages, tous aussi intéressants les uns que les autres. Avec des personnalités qui sont incroyablement fines et justes.

Je ne peux malheureusement vous en dire plus, sans trahir la plume de l’auteur, mais… Pfff… Quel roman !
Inimaginable. Il faut le lire pour y croire…

2020 démarre sur les chapeaux de roues !!!

Merci Tom, pour ton récit qui m’a donné un énorme plaisir à la lecture !
Merci aussi, à la confiance que tu m’as accordée pour la réalisation de ta couverture.

 

Extrait :
« Je vous remercie du fond du cœur, ou de ce qu’il en reste, pour la bienveillance que vous avez eu pour moi lorsque j’étais enfant, et pour la compréhension dont vous avez fait preuve. Merci, Julie, d’avoir compris que je n’étais qu’un enfant… pas un monstre. Merci de vous être battue pour faire la lumière sur ce qui a fait de moi ce que je suis devenu… Merci pour cet amour que vous m’avez donné, indirectement. Je me rappellerai toujours vos larmes lorsque vous êtes venue me voir alors que j’étais encore enfermé dans cet hôpital sinistre. »

 

 

 

Thomas Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.
Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…
Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

Émotion, Histoire, Humour, Philosophique

Les jonquilles de Grenn Park

Les jonquilles de Grenn Park
de Jérôme Attal (Auteur)
Poche – 1 juin 2017
Éditeur : Pocket

Londres, 1940. Chez les Bradford, le Blitz n’empêche pas la vie de continuer. Ni le père d’inventer des choses les plus farfelues (un tatou géant !), ni la mère de pédaler jusqu’à son usine en chantant sous les bombes, ni la sœur de tomber amoureuse, encore et encore, de Clark Gable… Quant à Tommy, 13 ans, il ne vit que pour rigoler avec les copains, se gaver de comic books, et considérer Churchill comme une sorte de Superman-sur-Tamise.
Noël approche, les sirènes hurlent. Reverra-t-il un jour fleurir les jonquilles de Green Park et, surtout, les si jolis yeux de Mila Jacobson ?

“On retrouve avec bonheur l’univers fantaisiste et tendre de Jérôme Attal.”
Claire Julliard – L’Obs

“Ce joli conte initiatique pointe du doigt l’absurdité de la guerre,
avec un humour qui évoque à la fois Le Petit Nicolas et les Monty Python.”

Nicolas Auvinet, Librairie Richer à Angers – Le Parisien Magazine

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Une histoire douce et tendre, malgré la gravité de l’époque, servie par une écriture espiègle et pleine d’esprit.
Un petit roman bonheur avec des pages tristes aussi… avec une urgence à vivre et à croire en sa bonne étoile.
Un vrai bijou littéraire !

Lors de ma dernière lecture, “La petite sonneuse de cloches” de Jérôme Attal aussi, j’étais resté un peu mitigé. Le roman m’avait plu, mais il manquait un “petit” quelque chose…
Dans “Les jonquilles de Grenn Park” Jérôme nous montre à travers les yeux d’un enfant la réalité d’un monde en douleur.

Chronique plus douce qu’amère d’une adolescence sous les bombes de la Seconde Guerre mondiale, ce livre est une très jolie découverte.
Les personnages du récit “originaux et flamboyants” sont attachants et j’ai dévoré ce roman tout en sensibilité. Jérôme m’a donné l’envie de rester avec Tommy et sa famille, de savoir ce qu’il adviendrait d’Oscar ou de Mila.

Régulièrement, je suis sûr que je devais avoir le sourire aux lèvres lors de ma lecture. C’est là, où Jérôme fait très fort, il aurait pu facilement tomber dans le drame et dans la noirceur, mais, être drôle et spirituel sous les bombardements, est réel tour de force.

N’hésitez pas à découvrir le monde de Tommy, qui n’aspirait qu’à une chose… être encore vivants au printemps, quand fleuriraient les jonquilles de Green Park.

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Extrait :
« C’est quelque chose que vous avez dû expérimenter aussi. Vous vivez un moment vraiment excellent et vous voulez le répéter le lendemain, ou un mois, ou encore deux ans plus tard, et même si vous vous mettez dans un état d’esprit identique, si ce sont les mêmes circonstances et les mêmes personnes, ce n’est jamais le même état d’esprit, rarement les mêmes circonstances, et les gens aussi ont changé de leur côté, alors une autre façon d’occuper le temps surgit, et les choses heureuses ne se répètent pas deux fois pareil. C’est pour cette raison qu’il ne faut Pas rechercher trop vite la fin des instants heureux, vous comprenez ? »

 

 

Jérôme Attal est parolier et écrivain, et l’auteur d’une dizaine de romans. Chez Robert Laffont, il a publié Aide-moi si tu peux, Les Jonquilles de Green Park (prix du roman de l’Ile de Ré et prix Coup de cœur du salon Lire en Poche de Saint-Maur), L’Appel de Portobello Road et 37, étoiles filantes, (prix Livres en Vignes et prix de la rentrée  » les écrivains chez Gonzague Saint Bris »).

Émotion, Historique, Humour

La Petite Sonneuse de cloches

La Petite Sonneuse de cloches
de Jérôme Attal (Auteur)
Broché – 22 août 2019
Éditeur : Robert Laffont

Deux époques entrelacées, deux histoires d’amour qui se confondent en une chasse au trésor fiévreuse et romantique dans les rues de Londres.

1793. Le jeune Chateaubriand s’est exilé à Londres pour échapper à la Terreur. Sans argent, l’estomac vide, il tente de survivre tout en poursuivant son rêve de devenir écrivain. Un soir, tandis qu’il visite l’abbaye de Westminster, il se retrouve enfermé parmi les sépultures royales. Il y fera une rencontre inattendue : une jeune fille venue sonner les cloches de l’abbaye. Des décennies plus tard, dans ses Mémoires d’outre-tombe, il évoquera le tintement d’un baiser.
De nos jours, le vénérable professeur de littérature française Joe J. Stockholm travaille à l’écriture d’un livre sur les amours de l’écrivain. Quand il meurt, il laisse en friche un chapitre consacré à cette petite sonneuse de cloches. Joachim, son fils, décide alors de partir à Londres afin de poursuivre ses investigations.
Qui est la petite sonneuse de cloches ? A-t-elle laissé dans la vie du grand homme une empreinte plus profonde que les quelques lignes énigmatiques qu’il lui a consacrées ? Quelles amours plus fortes que tout se terrent dans les livres, qui brûlent d’un feu inextinguible le cœur de ceux qui les écrivent ?

 

2020_003_Jérôme Attal - La petite sonneuse de cloches

 

Bonjour à toutes et à tous…

J’aime beaucoup le genre de roman qui mêle habilement réalité historique et fiction. Jérôme Attal se penche sur un véritable élément de la vie de Chateaubriand avec délicatesse, humour et romantisme en mélangeant avec aisance, une histoire ancienne à une histoire contemporaine par un habile jeu de miroirs.

« J’entendis le bruit d’un baiser, et la cloche tinta le point du jour », est LA phrase tirée des “Mémoires d’Outre-tombe” qui va déclencher l’intrigue de ce récit. Une histoire d’amour méconnue De Chateaubriand, alors qu’il était en exil à Londres en 1793…

J’ai beaucoup aimé l’originalité et la crédibilité de l’immersion historique. Mais, après mon enthousiasme du début, lié à une idée de départ prometteuse, alors que tension et mystère disparaissaient pour céder la place à une intrigue romantique, peu à peu, j’ai décroché.
Il aura fallu que deux charmantes demoiselles, Mirabel et Violet viennent, par leur ton joyeux et déluré, me raccrocher au récit et susciter un nouvel intérêt.
Je garderai l’impression globale d’un bon livre, brillant, tant par son style d’écriture, que par la construction du récit, mais “La petite sonneuse de cloches” n’a pas pour moi, tenu toutes les promesses que son idée originale avait fait résonner en moi.

Néanmoins le récit de Jérôme reste un roman très agréable à lire.

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Extraits :
« En remontant les rues étroites de Soho, une puissante averse de grêle les surprend, tombe sur leurs épaules. Pour y échapper, ils courent en se tenant la main, insouciants, libres pour quelques heures. Comme elle est trempée, et qu’elle lui dit qu’elle ne peut pas rentrer chez elle dans cet état, il propose de la conduire chez lui pour se sécher, à deux pas, dans son grenier de Mary-le-Bone.
Elle accepte et reste à ses côtés bien après que la dernière flamme de la torche suspendue à la dernière maison du quartier ait rejoint l’enclos de la nuit. »

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« Une fille habillée en soubrette prit notre vestiaire. Mirabel lui confia son manteau et sa pochette en carton sans que je sache ce qui était le plus imprudent des deux. Mon trouble décupla face au spectacle délicieux de ses épaules nues dans sa robe en lamé et de ses cheveux aux reflets or brun qui ruisselaient sur ses clavicules sous les lustres du couloir. Je lui dis que la couleur de ses yeux me faisait penser à l’un des anges du diptyque de Wilton, ou à tous les anges à la fois, dès le moment où son regard se porte sur moi. »

 

 

Jérôme Attal est parolier et écrivain, et l’auteur d’une dizaine de romans. Chez Robert Laffont, il a publié Aide-moi si tu peux, Les Jonquilles de Green Park (prix du roman de l’Ile de Ré et prix Coup de cœur du salon Lire en Poche de Saint-Maur), L’Appel de Portobello Road et 37, étoiles filantes, (prix Livres en Vignes et prix de la rentrée  » les écrivains chez Gonzague Saint Bris »).