Émotion, Noir, Suspense

Femmes en colère

de Mathieu Menegaux
Broché – 3 mars 20210
Éditeur : Grasset

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Cour d’assises de Rennes, juin 2020, fin des débats : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d’une femme, Mathilde Collignon. Elle est accusée d’un crime barbare, qu’elle a avoué, et pourtant c’est elle qui réclame justice. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?
Neuf hommes et femmes en colère doivent choisir entre punition et pardon.
Au cœur des questions de société contemporaines, un suspense haletant porté par une écriture au scalpel.

 

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C’est à chaque fois la même chose quand je lis un roman de Mathieu Ménégaux !
Impossible de le lâcher avant le mot fin. Alors, encore une fois je me suis fait avoir et je me suis retrouvé à veiller très tard…
Quel excellent page-turner !
J’avoue avoir terminé ma lecture “un peu” sonné, mais surtout bouleversé. Rarement je n’ai eu autant de facilité à me mettre dans la peau d’une femme, de comprendre sa colère et de vouloir me venger. Mathieu nous propose ici un roman vraiment efficace, et mon esprit n’a cessé depuis de me poser des questions sur le sujet.

Oui, j’ai haï les violeurs.
Oui, j’ai ressenti de la colère régulièrement au fur et à mesure de ma lecture.
Oui, j’ai été dégoûté suite à certaines réactions des jurés.

Mathilde Collignon a subit le pire, elle a été violé par deux hommes la même soirée, suite à un rendez-vous pris sur des réseaux sociaux…
Elle souffre, n’arrive pas à faire la paix avec elle-même. Alors quelques jours plus tard, elle décide alors de se venger.
Sa vengeance sera terrible !

“Femmes en colère” m’a entraîné dans les coulisses d’une Cour d’Assises.
Avec un jury, composé de trois magistrats et de six jurés, qui vie un véritable duel tous face à face.
En effet de femme violé, Mathilde est devenue la femme “barbare” qui doit être punie absolument, suite aux mutilations qu’elle a fait subir aux deux hommes qui ont abusé d’elle.
Elle a reconnu les faits, et a avoué s’être vengée. Malheureusement la justice ne reconnaitra pas le viol, faute de preuve. De plus Mathilde s’est rendue elle-même chez l’un de l’un des agresseurs !

Commence alors un jugement dont les délibérations vous nous mener très loin dans la réflexion.
Le ton de l’écriture est neutre et juste, et nous allons ainsi alterner entre les chapitres… Se sera tantôt le journal intime de Mathilde qu’elle écrit petit à petit en attendant le verdict, ou alors au sein même de la cour d’assise où nous assisterons au procès mais surtout aux délibérations, un domaine très peu connu. J’ai été captiver de suivre ainsi les arcanes du Code Pénal, les tenants et aboutissants qui mènent à une condamnation ou bien à un acquittement. Comment une majorité est acquise en fonction des questions posées.

Je me suis complètement laissé happer par le roman, et les délibérations m’ont régulièrement mis hors de moi…Comme Mathilde, j’attendais le verdict.
Peut-on se faire vengeance soi-même ?
Comment peut-on en arriver à une telle extrémité ?
Est-ce le résultat régulier d’inégalités de droits de la femme qui ne sont que rarement écoutées ?⁠

Qui de Mathilde ou de ses violeurs l’emportera ? Ce sera aux jurés de le déterminer !

Un très grand merci à l’auteur qui a su trouver les mots et qui est parvenu à trouver le bon équilibre entre la réflexion et l’émotion.
Je n’ai pas honte de dire qu’au dernier tiers, j’ai eu plusieurs fois les yeux qui piquaient.

Ce nouveau roman de Mathieu Menegaux ne déroge pas à la règle, il est aussi haletant et percutant que ses précédents.
Il est impressionnant et bien écrit. Il offre un suspense garanti, avec un final que je n’ai pas vu venir du tout !

Mathieu propose un très beau témoignage à toutes les femmes…
Coup de cœur, à lire absolument !

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Extraits :

« À présent je suis détruite. Je n’y arriverai pas. Je n’ai plus la force. La rage s’est éteinte en moi. Je savais que le combat était mal engagé, je ne suis pas idiote. Je n’attendais pas la couronne de lauriers ni les applaudissements de la foule. Il y a eu crime et je mérite un châtiment. Mais pas vingt ans. Pas ma vie. Pas une deuxième fois. Ils me l’ont prise, ma vie. Et eux ? Et mes agresseurs ? Ils jouent une parfaite partition. Ils ne jubilent pas, n’échangent pas un regard de connivence. Ils sont investis dans leur rôle de victime, avec un V. Victime de la barbare. Victime de celle qui mérite d’être condamnée à vingt ans de réclusion criminelle. Pourritures ! »
…/…
« Comme de bien entendu ! La démocratie, c’est bien commode dès lors que le petit peuple vote tout bien comme les élites lui on indiqué qu’il convenait, n’est-ce pas ? Mais si le résultat n’est pas dans la ligne, c’est que le peuple n’a pas compris, que le pouvoir n’a pas fait suffisamment de pédagogie et il convient pour les dominants de trouver d’urgence une entourloupe pour enfumer le peuple. Les femmes se rebellent, affirment qu’il ne s’agit ni de barbarie ni de vengeance mais bien de justice et toc, les hommes s’empressent de retirer le droit de vote aux femmes, c’est bien cela ? »

 

 

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris.

Il travaille dans un cabinet de conseil en management. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d’avoir 45 ans avant d’enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint.

Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset. Il a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet, et a reçu 5 autres prix littéraires.

Un fils parfait, son deuxième roman, a été publié le 1° février 2017. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir, et a été porté à l’écran sous le titre « Un homme parfait », diffusé sur France 2 en mars 2019.

« Est-ce ainsi que les hommes jugent ?« , son troisième roman, est sorti en mai 2018, et a reçu le prix Yourcenar. Il est en cours d’adaptation pour France 2, pour une diffusion en 2021

« Disparaître« , son quatrième roman a vu le jour en Janvier 2020, juste avant le Grand Confinement.

Son dernier roman, « Femmes en Colère » est sorti en mars 2021.

Émotion, Drame

Les petits bonheurs sont si grands…

de Murielle Toy
Broché – 17 novembre 2020
Éditeur : Max Milo

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C’est le combat rare d’une mère dans le milieu de l’armée pour que son fils victime d’un viol obtienne réparation. Elle combattra la justice pour qu’il y ait un procès. Murielle Toy s’accroche aux petits bonheurs simples de la vie pour ne pas s’effondrer ! Ce livre porte un message d’espoir, en particulier pour les familles, nombreuses à ne pas oser briser le mur du silence.

Une famille mène une vie ordinaire et paisible. Le père est gendarme, la mère alterne vie professionnelle et vie de femme au foyer. Leur quotidien va basculer dans l’horreur suite aux aveux de leur fils, victime de viol et d’abus sexuels au sein de la gendarmerie où ils ont vécu. Va suivre une succession d’obstacles afin de sauver Kévin du choc post-traumatique ignoré et négligé par nos institutions. Ils vont comprendre le sens de la solitude et du combat. Murielle la mère, mène un combat féroce pour maintenir Kévin dans une scolarité normale…
Cette mère mènera un combat contre l’armée et la justice, pour que le pédophile soit arrêté et qu’il y ait un procès. A cette douleur inqualifiable s’ajoutent la lenteur et le laxisme judiciaires qui dévastent davantage les victimes et leur famille. Kévin sera broyé par toute cette spirale judiciaire qui ravivera à chaque fois la violence de son traumatisme.

 

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Le gros inconvénient avec une PAL comme la mienne est de parfois “retrouver” et “redécouvrir” des livres que j’ai reçus il y a plusieurs années…
C’est le cas de celui-ci, qui m’a été offert et que j’avais de plus, prévu de lire dès sa réception !

Avant de vous livrer mon “Ressenti”, je voulais tout d’abord dire un très grand Merci à Murielle Toy.
Merci pour ce récit fort et bouleversant.
Merci pour les combats qu’elle a mené pour protéger son fils…
Merci pour ce partage émouvant qui je l’espère a été et sera “le pavé” qui fera bouger les choses, enfin !

Ce livre, je n’ai pas pu le lire d’un seul tenant.
Trop d’émotions dans chaque page… trop de peine, de larmes et trop de colère aussi…
Ce récit ma vraiment touché pour tout un tas de raison, et il m’a fallu prendre un peu de recul pour pouvoir écrire mon “Ressenti”.

Ce récit n’est pas une simple histoire.
C’est tout d’abord l’histoire vraie d’une mère qui un jour décide de faire TOUT ce qui sera en son pouvoir pour sauver son fils, la chair de sa chair, l’aider dans le drame qu’il a vécu et lui donner les moyens d’essayer de se reconstruire.
Elle affrontera la lenteur judiciaire et les injustices que subira son fils. Les petits bonheurs simples de la vie, eux, ne seront là uniquement que pour que sa famille ne s’effondre pas…

Ce livre, qui raconte toute l’horreur de la pédophilie, porte un message d’espoir pour toutes les familles qui aujourd’hui encore n’osent pas briser le silence !
Car malheureusement c’est encore pour beaucoup de personnes un sujet tabou. Les victimes se retrouvent régulièrement seules dans leur combat. Murielle nous raconte son histoire personnelle avec beaucoup de pudeur et d’authenticité, ses qualités et ses faiblesses…

L’écriture est fluide et rien ne sera caché au lecteur, même les échanges de courriers judiciaires et les lettres aux présidents y sont retranscrits. On ne peut que ressentir les émotions et la souffrance qu’a vécu l’auteure.

Je vous conseille vivement de lire ce livre pour mieux comprendre ce que subissent les victimes , ainsi que leur famille…
Mais aussi afin et surtout que tout le monde sache et puisse en parler librement.

Bravo Murielle pour votre courage…

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Extraits :

« Quelle impuissance insoutenable pour une mère ! Les mamans sont des magiciennes, elles consolent des petits bobos avec des bisous, comprennent leurs enfants mieux que quiconque… N’est-ce pas là le rôle fondamental de la mère ? Connaître son enfant, échanger, communiquer et partager avec lui ? Créer cette relation de confiance et de complicité ? Mais que faire quand l’amour d’une mère ne suffit pas pour apaiser l’enfant ? »
…/…
« De génération en génération ce tabou existe encore. Le viol est un crime grave, les séquelles sont graves et le gouvernement doit agir urgemment afin de prendre ce sujet en considération. J’admire les associations qui mènent une vraie sensibilisation dans les écoles, collèges, lycées. Et cela porte ses fruits, souvent ses actions permettent de libérer la parole. Et on sait combien pour une victime en parler est un progrès énorme. À quand une campagne menée par le gouvernement ? Une action massive qui casserait définitivement l’image de ce tabou pour véhiculer l’image d’un crime grave. Une campagne qui valoriserait les victimes, les aiderait à se sentir moins seules ? »

 

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Que mon livre puisse libérer la parole, aider les familles à comprendre les conséquences du stress post traumatique, aider à faire du bien quand tout va mal, et exposer cette réalité effrayante à tous ceux qui l’ignorent !

Il faut contribuer à libérer la parole des victimes, à stopper ce tabou, faire cesser la honte !
Il n’y a aucune honte à être victime, aucune honte d’en parler.
La honte revient aux coupables !

Que mon livre puisse vous éclairer !

Et n’oubliez pas, quelque soit ce que l’on vit il y a une multitude de petits bonheurs…
À nous de les percevoir et de les saisir…

Murielle Toy

Émotion, Drame, Noir

Le cinquième enfant

de Doris Lessing
Poche – 1 septembre 1993
Éditeur : Le livre de Poche

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Pour Harriet et David, couple modèle, qui a fondé une famille heureuse, l’arrivée du cinquième enfant inaugure le temps des épreuves. Fruit d’une grossesse difficile, anormalement grand, vorace et agressif, Ben suscite bientôt le rejet des autres enfants, tandis que les parents plongent dans la spirale de l’impuissance et de la culpabilité.

La romancière du Carnet d’or, prix Médicis étranger 1976, mêle ici de façon impressionnante réalisme et fantastique, dans une fable cruelle qui met à nu l’envers et le non-dit des relations familiales.

Un véritable tour d’écrou. Doris Lessing semble possédée d’une indignation, d’un humour ambigu, aussi forts, aussi libres qu’à ses débuts.
Jean-Maurice de Montrémy, Lire.

Une parabole, un traité pour notre temps, une histoire terrifiante.
The Times Literary Supplement.

Prix Nobel de littérature 2007.

 

2021_046_Lessing Doris - Le cinquième enfant

 

Ce roman court mais très riche ne fait pas vraiment dans le bon sentiment. Réaliste et sans fioritures, il se lit comme un thriller.
Ce roman fait partie de ceux que je n’oublierai pas… L’histoire d’une famille anglaise contemporaine, un couple qui rêve d’une grande et belle famille. Harriet et David étaient faits pour se trouver. Personnalités semblables, même conception de la vie. Ils rêvent de fonder la famille idéale, nombreuse, chaleureuse, un vrai foyer de convivialité.
Ils commencent par acheter une grande maison dans la banlieue de Londres, et très vite arrivent les enfants, quatre dans un premier temps.
C’est alors que, malgré les précautions, Harriet comprend qu’elle attend un cinquième enfant… La grossesse va très mal se passer, horriblement douloureuse et cauchemardesque. Le foetus fait preuve d’une force et d’une rage inouïe, torturant sa mère de l’intérieur comme s’il voulait se venger de ne pas avoir été désiré.
À sa naissance, le bébé étrange provoque le malaise, puis très vite, la peur dans son entourage.

Harriet sait qu’elle a mit au monde un enfant différent, froid, ne manifestant aucune émotion hormis des accès de rage. Sa mère voit en lui un monstre…
La réalité la rattrape. Dilemme d’une mère qu’on culpabilise d’avoir enfanté ce monstre, tiraillée entre un reste d’instinct maternel et une aversion pour son rejeton, entre cet enfant qui la phagocyte littéralement et le reste de la fratrie dorénavant délaissée.
Cette présence d’un enfant différent au sein de la famille jusque là sans histoire, va la faire exploser. La mère qui était affectueuse devient pleine d’angoisse et de haine, le père exemplaire va traiter son fils comme une bête sauvage, les autres enfants feront tout pour quitter la maison.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler la trame du récit, mais sachez que ce roman est brillant et glacial. Doris Lessing arrive à nous faire vivre en 186 pages, vingt ans de la vie de David, d’Harriet et de leurs enfants.
L’écriture subtile, incisive et poignante ne laisse que très peu d’instant de répit, tous les personnages ont leur place, et l’intrigue est captivante de bout en bout. Angoisse et malaise suintent à chacune des pages. Ce roman est saisissant, effrayant.

Durant toute ma lecture je suis resté fasciné par le destin de cette créature souffrante, qui ne trouve sa place nulle part. J’ai souffert aussi bien sûr avec Harriet qui va se retrouver toute seule face à un drôle de destin, alors que personne ne lui tendra la main…

C’est un livre incroyable, a ne pas manquer, d’une auteure que je découvre avec ce récit !
Je pense qu’il ne me faudra pas longtemps pour que je sois de nouveau tenté par un autre de ses romans.
À suivre…

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Extraits :

« Le temps passait. Il passait, bien qu’elle fût prisonnière d’une perception du temps différente de celle des êtres qui l’entouraient – et qui n’était pas non plus celle de la femme enceinte, lent, au rythme de la croissance de l’enfant niché en elle. Son temps à elle n’était qu’endurance, contenance de douleur. Des fantômes et des chimères lui habitaient l’esprit. Elle songeait : quand les savants tentent des expériences, quand ils accouplent ensemble deux espèces d’animaux, de tailles différentes, sans doute la pauvre mère ressent-elle la même chose. Elle l’imaginait de pathétiques créatures sabotées, horriblement réelles à ses yeux, provenant de l’union d’un grand danois ou d’un lévrier russe avec une petite chienne épagneule ; d’un lion avec une chienne ; d’un cheval de trait avec une ânesse ; d’un tigre avec une chèvre. Il lui semblait parfois que des sabots déchiraient sa chair intime, ou même des griffes. »
…/…
« Mais ils continuaient à venir de temps en temps. Comme s’ils n’étaient pas restés si longtemps absents, et sans jamais dire où ils étaient allés, ils envahissaient la salle de séjour, s’installaient devant la télévision, à quatre ou cinq, parfois même dix ou douze. Ils ne pillaient plus le réfrigérateur : on n’y trouvait plus grand-chose, désormais. Ils apportaient d’énormes quantités de nourritures originaires des pays les plus variés. Des pizzas et des quiches ; des plats chinois, et indiens ; des pitas remplies de salade ; des tacos, des tortillas, des samosas, du chili con carne ; des pâtés en croûte, des sandwiches. C’était là des Anglais conventionnels et rigides, non ? Refusant de manger autre chose que ce qu’avaient connu leurs parents ! Il ne s puissent éparpiller alentours miettes, croûtes et cartons, sans avoir rien à nettoyer. »

 

 

Née en 1919 de parents britanniques à Kermanshah (Iran), Doris Lessing passe son enfance en Rhodésie. En 1949, elle se rend pour la première fois en Angleterre avec, dans ses bagages, un premier roman, The Grass is singing, qui sera édité en 1950. Aujourd’hui mondialement connue, elle est l’auteur d’une œuvre considérable : plus de quarante titres, essentiellement des romans – parmi lesquels Le Carnet d’or (prix Médicis étranger 1976) et Les Enfants de la violence –, mais aussi des nouvelles, des pièces de théâtre, des poèmes, des témoignages et souvenirs. Elle a reçu le prix Nobel de littérature en 2007.

Émotion, Noir, Polar, Suspense

Les Ronds dans l’eau

de Hervé Commère
Poche – 13 février 2014
Éditeur : Pocket

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Un truand paranoïaque en cavale depuis quarante ans.
Un serveur dépressif qui voit son ancien amour se trémousser dans un jeu de téléréalité.
À priori, aucun lien entre ces deux hommes que tout semble opposer et qui ne se connaissent pas. Sauf peut-être une lueur dans le regard d’un vieil homme. Ou l’obsession d’un journaliste à réunir les pièce d’un vieux puzzle.
Sauf peut-être les ronds dans l’eau.
Car certains actes ont des répercutions inattendues, même très longtemps après avoir été commis…

“Un ovni littéraire, tantôt poétique ou violent. Toujours surprenant et parfaitement ciselé.” Ouest France

“Le thriller à la française a trouvé un de ses meilleurs ambassadeurs.” Direct Matin

 

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Impossible de résumer ce roman.
Je ne sais même pas par où commencer, il y a une telle richesse d’idées…
Tellement de personnages importants…

Et si je commençai par la fin ?
Par exemple le neuvième chapitre de l’épilogue ?
Rarement une fin ne m’aura autant bouleversé, et j’avoue avoir ressenti quelques picotements aux yeux avant de sentir une larme couler sur ma joue…

« Les ronds dans l’eau » est un polar et en même temps bien plus que cela !
Ce petit chef d’œuvre, avec deux intrigues qui ne cessent de se mêlées, pleines de suspense, est aussi une belle et triste histoire d’amour.

L’intrigue est bien menée et la construction du roman parfaitement fluide et maitrisée. Chaque chapitre est un rebondissement distillant de nouvelles informations, créant ainsi de nouvelles intrigues.

Fidèle à son thème de prédilection, à savoir l’importance du hasard dans la vie quotidienne, Hervé Commère nous livre un chassé-croisé dont il a le secret.
C’est un récit à deux voix :
Jacques, truand à la retraite. Son forfait le plus mémorable, la participation au vol d’un tableau de Manet quarante ans plus tôt…
Yvan, barman. Il découvre avec horreur à la télévision dans un jeu de télé-réalité son ex-petite amie, prête à tout pour remporter la victoire.
Deux vies différentes.
Deux destins qui n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant…

J’avais découvert et beaucoup apprécié le premier livre d’Hervé, la belle mécanique de précision qu’était “J’attraperai ta mort”, suivi très vite de “Sauf”, tout aussi agréable. Mais avec “Les Ronds dans l’eau”, Hervé a, pour moi, bousculé beaucoup de codes…

Une jolie couverture, des intrigues sinueuses, un peu d’humour, beaucoup d’amour et surtout, une écriture envoûtante, un coup de cœur tout simplement.

Je vous le conseille vivement !

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Extraits :

« Quand j’étais petit, on ne se demandait jamais si une fille avait de vrais seins ou non. À l’époque, ce qui était nouveau le restait quelques temps, sans risquer d’être dépassé le mois suivant. Être célèbre n’était pas un métier, on pouvait être heureux sans être riche et top model. Les vedettes de mon enfance avaient eu un parcours, de beaux films, de jolies chansons. On n’était pas là pour rien. Aujourd’hui, la télé me montrait des inconnus, des nouveaux chaque semaine, qui déclenchaient l’hystérie d’un simple battement de cils. On ne parlait plus de musique mais de nombre d’exemplaires vendus, on ne parlait plus du septième art mais de millions de recettes. Je n’y comprenais rien. »
…/…
« – C’est proprement rocambolesque, lâcha-t-il.
Proprement rocambolesque. Bouffonnerie. Je me demandai où ce type avait appris à parler. Il devait trouver les bons films « tout à fait jubilatoires ». Après la pipe du samedi soir, il devait flatter sa femme en lui disant qu’elle avait fait preuve d’une « réjouissante audace », je le voyais d’ici. »

J’attraperai ta mort :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/04/jattraperai-ta-mort-de-herve-commere/

Sauf :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/05/sauf-de-herve-commere/

 

 

Hervé Commère est né en 1974 à Rouen et vit aujourd’hui à Paris. Après J’attraperai ta mort (2009), il a publié Les Ronds dans l’eau (Fleuve Noir, 2011 – Prix marseillais du Polar et prix du roman de la ville de Villepreux), Le Deuxième Homme (Fleuve Noir, 2012), Imagine le reste (Fleuve Éditions, 2014 – prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège) –, Ce qu’il nous faut, c’est un mort (Fleuve Éditions, 2016 – Prix Polars Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire) dont les droits ont été optionnés pour une série télévisée, et Départs (Éditions In8, 2017). Son dernier livre, Sauf, paraît en 2018 chez Fleuve Éditions.
Hervé Commère est traduit en Chine et au Japon.

Émotion, Polar, Suspense

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?

de Mathieu Menegaux
Broché – 2 mai 2018
Éditeur : Grasset

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Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.

Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.

Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.

Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.

 

2021_043_Menegaux Mathieu - Est-ce ainsi que les hommes jugent

 

Après les lectures de « Je me suis tue » et « Un fils parfait » j’attendais depuis un moment de lire ce nouveau titre de Mathieu, n’y tenant plus j’ai craqué et l’ai fait passer plus tôt que prévu !

Wahou. Quelle plume !
Du suspense, beaucoup de pression et un épilogue que je n’ai pas vu du tout arriver…

Depuis la mort de sa mère, Claire n’a plus que son père… Suite à une tentative d’enlèvement, il intervient pour la sauver, quand il est percuté violemment par le véhicule du voyou sous les yeux de sa fille Claire…
Pas ou peu de témoins, l’enquête de police avance très difficilement.
Defils, le commandant qui va gérer l’enquête va promettre à Claire de retrouver coûte que coûte le meurtrier de son père.

Trois ans plus tard, au petit matin, l’irruption brutale de la police au petit matin chez Gustavo, va le plonger dans un vrai cauchemar. Il est dès lors accusé d’homicide volontaire.
La machine judiciaire est dorénavant en marche.

Ce roman, lu d’une traite, est une véritable plongée en enfer. J’ai assisté au mécanisme implacable de la Police, qui d’abord se met en place et qui ensuite petit à petit ressert son étau avec une absence totale de sentiments, seules les preuves feront foi, malgré les revendications de Gustavo qui très vite se trouve dos au mur, sans aucune parade pour se faire entendre. Mathieu Menegaux insiste sur la difficulté de conserver toute objectivité dans la justice quand elle est dominée par l’émotion que ce soit celle du commandant, suite à sa promesse ou celle de Claire qui veut absolument trouver le coupable… Heureusement la femme de Gustavo, Sophie va tenter de trouver les preuves de son innocence.

C’est glaçant, horrible…
L’intervention des médias, des réseaux sociaux et de la foule, en arrivant vers la fin du roman, quelle horreur, cela fait vraiment peur !

Le récit est superbement bien construit et mené comme les deux autres avec vraiment beaucoup de sensibilité.

Ce livre m’a sonné, c’est un véritable choc !
Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire, “Et si cela devait m’arriver, comment réagirai-je ? Que ferai-je ? Est-ce que je baisserai les bras ?” Cela m’a fait froid dans le dos.

À lire absolument

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Extraits :

« Depuis qu’elle s’en était allé, Bertrand et Claire n’avaient pas failli une seule fois à la promesse qu’ils s’étaient faite le jour de l’enterrement : la tombe de maman serait toujours fleurie. Chaque samedi matin c’était le même rituel. Après la corvée des courses au centre commercial de Plaisir, expédiée au plus vite, le père et la fille prenaient leur temps pour choisir un joli bouquet. Des couleurs vives, beaucoup de feuillage, et un papier brillant avec un ruban : c’est pour offrir. La fleuriste emballait le paquet avec soin avant de le tendre à Claire en souriant, non sans un pincement au cœur pour cette adorable petite fille, orpheline à douze ans. »
…/…
« Tout est en place. L’affrontement peut démarrer. Gustavo n’en est pas conscient, encore, mais c’est sa vie tout entière qui est en jeu. Il pense encore avec naïveté qu’il va être en mesure de faire valoir son innocence sur la base d’une conversation rationnelle, et que sa bonne foi finira par l’emporter sur des spéculations sans queue ni tête. Face à lui, les policiers sont comme une meute de hyènes, excitées par l’odeur du sang, attaquant sans relâche une proie blessée, diminuée, chancelante, dont elles savent d’instinct que la résistance ne sera plus que symbolique désormais. »

Je me suis tue :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/10/31/je-me-suis-tue-de-mathieu-menegaux/

Un fils parfait :
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/08/un-fils-parfait-de-mathieu-menegaux/

 

 

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris.

Il travaille dans un cabinet de conseil en management. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d’avoir 45 ans avant d’enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint.

Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset. Il a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet, et a reçu 5 autres prix littéraires.

Un fils parfait, son deuxième roman, a été publié le 1° février 2017. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir, et a été porté à l’écran sous le titre « Un homme parfait », diffusé sur France 2 en mars 2019.

« Est-ce ainsi que les hommes jugent ?« , son troisième roman, est sorti en mai 2018, et a reçu le prix Yourcenar. Il est en cours d’adaptation pour France 2, pour une diffusion en 2021

« Disparaître« , son quatrième roman a vu le jour en Janvier 2020, juste avant le Grand Confinement.

Son prochain roman, « Femmes en Colère » est prévu pour Mars 2021.

Émotion, Nouvelles, Suspense

Regarder le noir

de Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 11 juin 2020
Éditeur : Belfond

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Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

 

2021_041_Fault Yvan - Regarder le noir

 

Après le succès de “Écouter le noir” en 2019, Yvan Fauth a de nouveau réuni 12 auteurs talentueux pour jouer avec nos émotions. Après l’ouïe, c’est la vue qui sera disséquée.

Je le répète régulièrement, la nouvelle est un genre à part entière, tout en raffinement…
Alors, si vous aimez les nouvelles, vous adorerez celles-c
Un régal de sensations, beaucoup d’humanité, de la précision dans les dialogues et de la puissance dans les intrigues….

Ce second volet m’a autant séduit que le premier. Chaque auteur interprète à sa manière le thème du regard et de la vision. La lumière, les couleurs, les formes, mais aussi les images spirituelles, les handicaps, les maladies, les médias, l’apparence d’autrui… Les sujets qui sollicitent notre regard sont variés et les 11 nouvelles proposées par Yvan le sont tout autant. Même la lecture finale des remerciements m’a émue…

Merci aux auteurs, sans qui rien n’aurait été possible, mais aussi un grand bravo à Yvan, qui encore une fois, en vrai chef d’orchestre a mis toute l’énergie nécessaire pour réunir et diriger des talents qui n’ont plus rien à prouver.

Et si vous veniez tenter l’expérience ?

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Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

“Écouter le Noir” – 16 mai 2019
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/13/ecouter-le-noir/

Émotion

Avant moi, j’étais un autre

de Michaël Delaporte
Broché – novembre 2020

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Il avait attrapé le temps qui passe, la maladie des intestins insatisfait de la vie. Persuadé de pouvoir acheter le remède à cette maladie, il découvrira bientôt le pouvoir des choses immatérielles, la beauté enfouie en lui, la force du partage.

Il était comme nous tous, persuadé d’avoir raison, avant que tout ne bascule lors d’un accident. Ses rencontres, ses expériences et un regard nouveau sur la vie vont l’entraîner dans un parcours initiatique qui feront de lui un être imparfait, mais qui s’en fout.

lui, ça pourrait être toi, moi, elle. Il va vivre ce que nous vivons tous, à différents moments, découvrir intensément qu’il n’est qu’un singulier dans un pluriel, qu’il détient les clés de son bonheur, mais que tout ça a prix.

Les autres, proche ou de passage, seront les témoins de son évolution, les passeurs d’expériences, les accompagnants de cette mue, insuffisante mais nécessaire.

« Il n’y a pas de vérité, il n’y a que des histoires bien racontées. »

 

2021_039_Delaporte Michaël - Avant moi, J'étais un autre

 

Il y a plusieurs types de romans.
Ceux que vous avez cherché partout tellement vous aviez envie de les lire, ceux qui vous ont été conseillé, ceux que vous avez choisis, ceux qui se trouvent dans votre PAL depuis des mois, certains des années et ceux qui vous tombent dessus, ceux que vous n’attendiez pas et qui dès les premières lignes donnent l’impression qu’ils ont été écrit pour vous… Qu’ils racontent une partie votre vie…

“Avant moi, j’étais un autre”, c’est tout à fait cela !

C’est l’histoire d’un homme qui se tue à petit feu. Il est malade et ne supporte plus de subir son quotidien. C’est l’histoire d’un homme qui a tout réussit. C’est un loup. Il a réussit dans son travail, il a de l’argent, beaucoup d’argent, mais aujourd’hui il recherche partout le remède à sa maladie.
Mais d’ailleurs, de quoi souffre-t-il ?

Il a attrapé la maladie du temps qui passe…
Une maladie dont personne n’a jamais guéri. Il n’y a, ni médicaments, ni vaccin…

“- Mais je suis très riche docteur, je paierai ce qu’il faut !
– Non Monsieur, tout ne s’achète pas. Je dirais même que l’essentiel ne s’achète pas. Le respect. L’amour inconditionnel. Prendre son temps ou en donner.”

Un jour, il est victime d’un très grave accident de la route. Il sera immobilisé durant de longs mois et conservera une énorme cicatrice qui lui barre le visage en diagonale du front à la joue droite…

Sa vie bascule alors, et commence une sorte d’introspection. Il se met à réfléchir au sens de la vie et au pourquoi de son existence…
Ne fallait-il pas être le meilleur pour être heureux ?
Avoir tout et plus encore ?

Celui dont nous ne connaîtrons jamais le nom, va ainsi se découvrir imparfait, avec sa femme et ses enfants… Et vivre une nouvelle vie, une vie toute en simplicité qu’il n’avait jamais oser imaginer à ce jour.
Mais finalement, n’est-il pas là le vrai bonheur ?

Coup de cœur pour ce “petit” roman qui donne une superbe leçon de vie, qui dès le début, en quelques lignes, quelques mots seulement a fait remonter en moi des sensations vécues et assumées à l’époque… lorsque j’étais encore un autre…

Merci Michaël Delaporte, et merci à la vie.

Pour diffuser ce roman, L’auteur a imaginé une façon innovante de le faire…
C’est un livre qui s’offre, et s’il vous a plu vous pourrez l’offrir à ton tour et participer à sa diffusion !

Comment ?
En le commandant sur thebookedition.com,
et en expliquant la démarche à celles et ceux à qui tu vas l’offrir, afin qu’à leur tour, ils soufflent sur le pissenlit… et ainsi de suite !
Prenez le temps de dédicacer les livres que vous offrez…

Alors, comme Blandine Carron, je souffle à mon tour sur les anthères du pissenlit, afin que ce livre continue son voyage…

La démarche du « Pissenlit » reposant sur le partage, 10% des bénéfices seront reversés à l’une des associations ci-dessous :
BIBLIO SANS FRONTIERES
GAPEAU TRANSITION

http://www.michael-delaporte.com/le-projet.html

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Extraits :

« Le feu avait laissé la place au granit. Nous étions unis et solide, mais moins lumineux qu’autrefois. Devant la multitude de nos tâches, nous avions finalement mis de côté ce qui devrait rester premier dans tout projet de vie… Soi-même d’abord, parce qu’avant d’aimer les autres, il faut s’aimer soi, et nous ensuite, parce que le couple constitue le socle de tout ce qui en découle. »
…/…
« Cette mue qui m’avait conduit à abandonner ma peau d’hyperactif égocentrique était comme ces fardeaux dont on se libère, parfois malgré soi, ce qui nous permet de donner une autre direction ou une autre intensité à sa vie. Pour la première fois, j’avais l’impression de choisir, et non de suivre une route tracée d’avance, et de laquelle je ne pourrai plus m’écarter. Effrayé au départ par une épreuve que je pensais insurmontable, j’avais trouvé dans cette expérience le sens qu’il me manquait jusque-là. Je me rappelai alors les paroles du mec avec un bras en moins… »

 

 

Michaël Delaporte ou la démarche du pissenlit

S’il est né à La Londe, s’il habite Solliès-Pont, il a, depuis de nombreuses années, tissé des liens forts avec La Farlède, notamment grâce à sa belle-mère, Raymonde Marcel, institutrice emblématique du village, à ses filles qui suivent les cours de danse d’Audrey Lhote depuis 12 et 6 ans, ainsi qu’à de nombreux amis de sa génération avec lesquels il partage un goût prononcé pour l’amitié et la fidélité. « Après avoir pas mal roulé ma bosse sur tous les continents, je me suis posé dans mon département natal. Professeur agrégé d’Éducation physique et sportive, j’enseigne à l’université de Toulon. J’adore mon métier ».

Comme un défi qui s’est imposé à lui, le 17 juin 2020, Michaël Delaporte se lance dans l’écriture de son premier ouvrage « Avant moi, j’étais un autre ». Le 20 juillet, le manuscrit est bouclé. Il sélectionne un comité de lecture de 13 personnes, le 24 août, la décision est prise, on publie. Un marathon qui correspond parfaitement au personnage et un concept original car le quadragénaire ne veut rien faire comme les autres. « C’est un livre qui ne s’achète pas », non, il l’offre à 330 personnes de son choix, avec une dédicace, un geste que les lecteurs vont répéter autant de fois qu’ils le veulent. C’est la démarche du pissenlit. « Chacun est invité à lire ce livre, puis à imaginer la liste des personnes qui pourraient être assez sensibles pour comprendre… et il le passe comme un relais ». Une forme nouvelle de communication qui fonctionne à merveille, mais qui s’accompagne également d’une chaîne de transition. Le roman est en vente sur http://www.thebookedition.com car le but est aussi humanitaire. Une partie des bénéfices est reversée à trois associations : « Petits Princes », des enfants malades à l’hôpital de La Timone, Biblio sans frontière et la Vallée du Gapeau en transition.

Aujourd’hui, il frôle les 1 400 lecteurs et les retours sont autant « de doses d’énergie positive » comme il se plaît à le dire. Peut-être aussi des encouragements à récidiver : « Je me suis découvert un sens de l’observation que je ne me connaissais pas ». Avec un style simple et direct, qui touche au cœur, Michaël Delaporte raconte l’histoire d’un homme de 30 ans qui n’a pas de prénom (ou tous les prénoms à la fois). Un homme qui croque les fruits qui passent à sa portée, prend son destin en main, enchaîne les expériences, explore avec émotion l’amour, le couple, l’éducation des enfants. L’occasion pour lui d’y aborder la famille, celle qui lui a été imposée et celle qu’il s’est choisie. Chacun s’y reconnaîtra, avec ses failles, son enthousiasme, ses succès et surtout une maturité qui se construit au fil des pages, non sans écueil, avec pour seul questionnement, celui du temps qui passe.

Émotion, Thriller

Sauve-la

de Sylvain Forge
Broché – 24 juin 2020
Éditeur : Fayard

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Alexis Lepage, modeste employé d’assurances, est sur le point de se marier avec la fille de son patron lorsqu’il reçoit un message de Clara, son amour de jeunesse, qui refait surface après des années.
Alors qu’elle le supplie de l’aider à retrouver sa fille disparue, Alexis hésite. Que dissimule cette demande impromptue, si longtemps après leur séparation ? Et pourquoi Clara refuse-t-elle de le rencontrer ?

Replongé dans un passé dont il n’a jamais fait le deuil, Alexis va partir à la recherche d’une fille dont il ignore tout.
Son enquête le conduira droit en enfer.

Un thriller haletant sur l’intrusion du numérique dans nos vies,
son impact sur nos représentations du monde et de la mort.

 

2021_038_Forge Sylvain - Sauve la

 

Prix Cognac 2020 du meilleur roman francophone

C’est le second roman de Sylvain Forge que je lis.
En 2017, “Tension Extrême” m’avait déjà beaucoup plus. Mais avec “Sauve-la”, je trouve que l’auteur passe encore un cran au-dessus.

La thématique, la fluidité du texte, le rythme élevé, la narration, le style et le vocabulaire soigné, le développement des personnages, j’ai eu beaucoup de mal à lâcher le roman, comme si j’y étais !

Alexis, va bientôt se marier avec Clémence.
Quand Clara, son ancien amour refait surface. Alexis est perturbé. Elle lui demande de retrouver sa fille disparue dans un accident de car, dans le sud de la France, il y a plusieurs années.
Mais pourquoi Clara refuse de rencontrer Alexis ?

À partir de là, la quête d’Alexis fera resurgir multiples trafics plus scabreux les uns que les autres…

Bienvenue dans un univers plein de contrastes et d’émotions où la technologie “Chatbot” fait une entrée fracassante. En effet, Sylvain Forge met en scène de nouvelles technologies et ce pour notre plus grand plaisir, tout est très crédible.

Ne passez pas à coté de ce thriller palpitant, fascinant et très bien ficelé.

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Extraits :

« Pendant des années il avait voulu se libérer de cette histoire, sans jamais complètement y parvenir. Alors, il avait tenté de pactiser avec son passé afin qu’il ne le fasse plus souffrir. Il n’avait plus ouvert la malle qui contenait leur correspondance ni regardé les photos. Entêtant les premières années, le souvenir de Clara c’était progressivement estompé. La plaie c’était doucement refermée. Mais certaines fois, sous le coup d’une douleur, elle libérait les vieux souvenirs, comme la pluie réactive des bactéries fossiles qu’on croyait destinées à hiberner pour toujours. »
…/…
« La voix qui s’éleva dans le silence du dortoir était nette, presque cristalline. Le fichier audio était d’une qualité parfaite. Dès les premières syllabes, Alexis se figea, la gorge nouée. Même si le temps et la maladie en avaient légèrement altéré le timbre, le son de cette voix demeurait fidèle à sa mémoire. Il l’imaginait dans sa chambre médicalisée, courant après son dernier souffle. Ce message vocal avait dû lui coûter beaucoup d’énergie. »

 

 

Originaire d’Auvergne, Sylvain Forge a beaucoup voyagé avant de s’installer à Nantes, depuis plusieurs années. Spécialisé sur les questions de sécurité dans le monde de l’entreprise, c’est aussi un amateur de théâtre d’improvisation et de jeu de rôles, qui a depuis longtemps le goût de raconter des histoires. Pour lui, l’écriture est apparue comme une suite naturelle.

Il a obtenu le prix 2018 du Quai des Orfèvres pour « Tension extrême » (plus de 135 000 exemplaires vendus à ce jour).

En 2020 il obtient avec « SAUVE LA » (Fayard noir) le prix polar du meilleur roman francophone au festival de Cognac.

Également conférencier, Sylvain Forge présente dans les médiathèques et durant les salons littéraires une conférence en forme de « master class » intitulée :
« Les secrets de l’écriture cinématographique au secours du nouveau roman policier ».

Expert en cybersécurité, le magasine Usine Nouvelle l’a classé en janvier 2019 parmi les « 100 Français qui comptent dans la cybersécurité ».

Conférencier en dramaturgie, Sylvain Forge est notamment l’auteur de “Parasite” (Mazarine, 2019) et d’“Un parfum de soufre” (Prix Plume d’argent 2016 du thriller francophone). Il parvient à associer des recherches scientifiques fouillées à un sens aigu du suspense. Ses ouvrages ont déjà conquis plus de 200 000 lecteurs.

Son nouveau récit (jeunesse), « Le royaume du fleuve » est sorti en mai 2021 chez Michel Lafon.

Blog de l’auteur : sylvainforge.webnode.fr
Twitter : @sylvainforge
Facebook : sylvainforge – Auteur

Émotion, Drame, Humour

Et tu m’as offert ton soleil

de Virginie Sarah-Lou
Broché – 19 mai 2021
Éditeur : Ramsay Éditions

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Du plus loin qu’elle se souvienne, Clémence voulait devenir magicienne. Pas pour exécuter des tours de magie avec des cartes, des colombes ou des couteaux, mais afin d’obtenir le pouvoir de faire naître des sourires sur tous les visages qu’elle croisait. Cette obsession la poursuivait depuis son plus jeune âge. Son souhait le plus cher ? Rendre le sourire à sa mère et effacer tous ses tourments.
En 2020, alors qu’elle se considère comme « la chercheuse d’emploi de l’année », Clémence se voit proposer un poste de chargée de mission pour l’égalité femme/homme dans une entreprise de l’industrie de la parfumerie. Il lui faudra alors utiliser toute sa ténacité et son imagination afin de mettre en place des actions permettant de tisser du lien entre les individus.
Le hasard des rencontres lui permettra-t-il de changer la couleur de ses deux univers ? La bonne humeur de Clémence sera-t-elle suffisante pour réussir tous ces challenges ?

 

2021_036_Sarah-Lou Virginie - Et tu m'as offert ton soleil

 

Voilà, c’est fini…
Je viens de tourner la dernière page “de mon” roman, laissant résonner encore un peu les dernière lignes dans mon esprit…

Ma rencontre avec Virginie Sarah-Lou ne vient pas du hasard.
J’ai vraiment été attiré par sa couverture qui change énormément de ce que l’on a l’habitude de voir, et qui me faisait de l’œil de plus en plus régulièrement !

Oui Virginie, j’ai régulièrement souri tout le long de ma lecture.
Puisque tu écris pour nous faire du bien, tu peux bien évidement dormir tranquille !
Et sache que moi aussi enfant je voulais devenir magicien. Enfin, pompier-magicien plus exactement, avant d’être rattrapé par les Arts-Graphiques et par la vie…

Clémence est une fille gentille et courageuse, mais elle est aussi perdue et démunie. Elle perdue son frère, sa moitié…
Confrontée depuis sa naissance à la dépression de sa mère qui multiplie les tentatives de suicide, elle parvient malgré tout à devenir son soleil, et fera tout son possible pour la rendre heureuse.

Autant triste et poignant, que drôle et plaisant, ce roman énergique lu d’une traite m’a transporté. Les personnages sont amusants et intéressants et la thématique de l’histoire est très originale !
J’ai régulièrement peur lorsque l’on me parle de “feel-good”, car on peut y trouver un peu n’importe quoi ! Mais, ce roman est effectivement un roman qui peu faire du bien, et c’est comme cela que je l’ai pris.
C’est vraiment le type de lecture qui pourra très facilement vous extraire de votre quotidien. Vous ferez connaissance avec des personnages forts sympathiques, avec un médecin sans cœur, un patron qui “pétille”, une maman perdue, un dragon aussi, Philippe sur qui on peut toujours compter, bref, tout un tas de rencontres qui pourront vous surprendre…
Mais… aussi des expressions françaises et dictons que vous allez adorer redécouvrir !

Un beau roman qui aborde des sujets profonds, il vous fera rire ou sourire, pleurer peut-être, mais qui vous fera forcément réfléchir…
Si vous hésitiez encore un peu à la lecture de ce livre, laissez-vous aller puis hâtez-vous lentement de vous le procurer… Je ne peux que vous le conseiller.

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Extraits :

« Me voilà, je suis revenue. Je sais, j’ai été absente longtemps, mais je n’ai pas été absente qu’ici, vous savez. J’ai été défaillante de ma vie complète. Bien sûr que vous le savez. Vous êtes omniscient…
J’ai longtemps espéré un signe de vous, je vous en ai voulu de votre silence. Je me suis demandé, à de multiples reprises, si vous étiez réel ou la pure invention d’un humain fou manipulateur ayant simplement soif de dominer les hommes il y a plus de deux mille ans. Mais je n’arrive pas à admettre que vous ne pourriez n’être que cela… Malgré mes nombreux doutes, mon cœur veut croire en vous. »
…/…
« Sincèrement, vous croyez que l’on a que ça à faire, courir des entretiens pour des postes déjà occupés ? Vous ne pensez pas que c’est suffisamment anxiogène de devoir se battre pour avoir le droit de travailler ? Vous ne jugez pas que c’est déjà assez compliqué d’être toujours considéré soit comme “trop junior”, soit avec “trop d’expérience”, soit avec le mauvais sexe “ah, on chercher un homme”, Ah, et aussi d’avoir le privilège de devoir réagir à des questions hyper intelligentes du type “vous n’avez pas encore d’enfants ?” ou “vous aimez porter des mini-jupes ?”. »

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Outre sa passion pour l’écriture, Virginie Sarah-Lou est passionnée de lecture. Ses coups de cœur vont à Robin Hobb (toutes ses sagas sans exception car grande fan de Fantasy), Bernard Werber, Gilles Legardinier, Franck Thilliez, mais aussi Elena Ferrante, Sophie Jomain, Kate Morton, Lucas Di Fulvio, Virginie Grimaldi, Jonas Jonasson, Christian Guillerme, Alex Kin et tant d’autres…
Sa motivation première pour l’écriture ? Inventer des histoires toutes différentes les unes des autres. Faire rêver, rire, et s’interroger mes lecteurs… Partager des émotions, de la légèreté, faire pétiller leurs yeux et leurs cœurs… FAIRE DU BIEN !

Émotion

Les petits mots d’un pirate

de Ghislain SANCHEZ
Broché – 1 octobre 2020
Éditeur : Éditions Baudelaire

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Chaque jour, j’écris une nouvelle page de ma vie, chaque jour mon livre se remplit. J’y place mes joies, mes peines, mes espoirs et avec lui, j’évolue, je grandis et parfois, quand je doute de mes choix, je l’ouvre pour m’apercevoir que chaque page est nécessaire pour me conduire au présent et à envisager mon avenir sous ma plume, avec mes acquis, mes erreurs, mes réussites. Tout m’a mené jusqu’ici, jusqu’à toi, jusqu’à nous, jusqu’à vous, jusqu’à moi… C’est avec mon expérience que sous les traits de mes mots, je détermine qui je suis et mon livre est sans limite. J’accumule, j’ajoute, je transforme, je me nourris de tout et je laisse mon livre ouvert pour accueillir toute possibilité de naître à nouveau, sous l’ancre que dessine le navire de ma vie.

 

2021_034_les petits mots d'un pirate - Sanchez Ghislain

 

Je découvre grâce à “Nini Lachance”, avec ce très joli recueil “Les petits mots d’un pirate”, la très belle écriture de Ghislain Sanchez que je conseille vraiment à tous !!!

Ghislain est un magicien des mots, et pour le coup il m’a complètement emporté et mené là où je ne m’y attendais pas du tout !
En effet Ghislain est un “décortiqueur” de mots…

J’ai tout d’abord pris ce recueil comme une “récréation” et je me suis lancé très vite, dès que je l’ai reçu, et c’est là, que je me suis rendu compte que je m’étais complètement trompé… J’ai compris que le livre que je tenais entre les mains n’était pas banal du tout, alors, je l’ai repris tel qu’il le méritait.
Petit à petit…
Chapitre après chapitre, en laissant mon esprit vagabonder, analyser les messages différents que nous fait passer l’auteur à chaque page !
J’ai même fini par lire un seul chapitre au réveil et un autre juste avant de me coucher…
Comme les bonnes choses, toujours avec modération…

Ghislain, nous offre un peu un “dictionnaire”, son dictionnaire, où il a regroupé les mots qui lui tiennent à cœur et ceux qui ont guidés sa vie parfois.

Alors, un grand Merci, d’abord pour cette découverte et ensuite pour la “magie” qui transparait entre les mots, les phrases de cet ouvrage qui à déjà commencer un nouveau voyage autour de moi…

Chacun de ses mots a une résonance très particulière.
Alors, laissez-vous guider… et venez voyager…

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Extraits :

« Tendresse
C’est parfois tout ce dont on a besoin, pour avancer, pour se sentir bien, épaulé, soulagé… Aussi « solide » et « dur » que tu puisses paraître aux yeux des autres, toi aussi tu as besoin de tendresse, de ce refuge, de ces bras, de cette épaule sur laquelle te reposer et de ces mots qui te sont adressés, pour que tu saches que tu n’es pas seul…
Alors prends-les, prends ces quelques mots pour toi et dis-toi que tout ira bien, qu’il y a quelqu’un, à présent, qui est là, pour toi… »
…/…
« Écrire
Écrire est en soit un mot qui nous fait voyager, avant même de déposer la première lettre…
Il nous pousse à nous retirer du monde qui nous entoure pour en extraire un univers aux multiples dimensions…
Essayer de déposer tous ces mots qui virevoltent dans la tête…
Retranscrire des sentiments, des instants passés, des espoirs présents, des moments futurs… »

 

 

Né en 1973 à Poitiers, d’une mère infirmière et d’un père trop absent, Ghislain Sanchez navigue au large d’une existence brumeuse à la recherche de son identité. Il cumule divers emplois et parcourt de nombreux kilomètres de ce magnifique pays qu’est la France. Rencontrant de nombreux individus aux parcours divers, il réalise l’importance qu’ont les mots et leur impact sur nos vies, nos idées, nos sentiments. À 47 ans, il décide de prendre la plume pour coucher ses pensées sur le papier, afin d’extraire l’essence même d’une vie tournée vers le positif, pour donner du courage, aller de l’avant, en ayant toujours conscience de l’importance de notre temps d’existence.