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“Ne la réveillez pas” de Angelina Delcroix

Âmes sensibles, attention c’est du lourd.
Préparez-vous à entrer dans un “jeu”, vicieux et dangereux !

Ne la réveillez pas
de Angélina Delcroix (Auteur)
Broché – 14 juin 2018
Éditeur : Nouvelles plumes

Un thriller psychologique glaçant ! Entrez dans un jeu dont personne ne sort gagnant ! Maxime, jeune étudiant de 25 ans, se rend sur la tombe de sa mère. C’est lui qui, il y a un an, l’a retrouvée, égorgée. Un meurtre horrible, resté irrésolu, dont il ne réussit pas à se remettre. Cauchemars et flash-backs le hantent quotidiennement. Christelle, une amie venue le soutenir, remarque sur le côté de la plaque commémorative une étrange inscription : 00F14 – DEBUT DU JEU. Le même jour, un étudiant est retrouvé mort. Gravé sur sa cheville, un autre code : 02F01. Puis, c’est l’une des policières chargées de l’enquête qui reçoit glissé dans son courrier ce message :  » 02F01 : Le deux cherche les uns à travers l’origine. Affaibli. Disparu. Mort ? Le jeu a commencé, que le meilleur gagne, Joy !  » Qui se cache derrière ce jeu ? Quelles en sont les règles ? Et surtout, qui en réchappera ?

2019_007_angelina delcroix - ne la réveillez pas

Bonjour à toutes et à tous…

Wahou !!!

Quel récit…
J’ai été complètement baladé durant tout le roman.
Très belle écriture. Histoire complètement folle et les dernières pages sont à couper le souffle. Encore une nuit blanche au service de la lecture mais ce roman le méritait bien. Impossible de vous en dire plus sans spolier, mais la psychologie est omniprésente dans cette histoire de meurtres/vengeances aux ramifications plus que savamment dosées…

À chaque fois j’ai cette même surprise lorsque je lis des romans aussi prenant, glaçant même, au final éprouvant, écrit pas des femmes qui dans la vie sont toutes souriantes, lorsque je les croise dans des salons !!!
Devrions-nous nous méfier d’elles ???

En tous cas “Ne la réveillez pas” m’a bousculé, là où il faut !
Je risque de récidiver avec Angélina (… et en plus elle porte un prénom angélique !) assez rapidement…

Âmes sensibles, attention c’est du lourd.
Préparez-vous à entrer dans un “jeu”, vicieux et dangereux !

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Extrait :
« Il était fatigué, usé de ces crises qui duraient depuis deux longues années. Et quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il ne parvenait plus à le rassurer. Ce soir-là, il avait fini par s’endormir en la serrant dans ses bras, silencieusement. Au milieu de la nuit, il ne l’avait pas sentie se défaire doucement de son étreinte, s’extraire du lit et descendre les escaliers. Le bruit, il l’aurait reconnu entre mille. Celui qui venait de l’arracher à son profond sommeil et qui l’empêcherait à tout jamais de dormir. une détonation, une seule… Il était tombé du lit dans sa précipitation et avait dévalé les escaliers en ne touchant qu’une marche sur trois, mais il savait, il connaissait ce silence aussi bien qu’il connaissait le bruit de son arme. Ce silence, c’était celui de la mort, satisfaite de son travail. Isabelle était là, sur le carrelage blanc, allongée sur le coté, les jambes pliées comme un pantin, le visage caressant le solde coté gauche. Ses longs cheveux noirs dispersés en bataille peinaient à camoufler l’horreur de la sortie de la balle. Le sang se répandait à une vitesse impressionnante autour de sa tête. Philippe s’était jeté sur elle, un genou de chaque coté de son corps, il avait soulevé ce qui restait de sa tête pour la serrer contra lui, et il avait hurlé de toutes ses forces, mais les sons étaient restés bloqués dans sa gorge. »

 

Née en 1978, à Luçon. Après une licence de génétique et des études en psychothérapie, Angélina Delcroix est actuellement psycho-praticienne en Vendée. Mariée et mère de deux enfants, elle consacre son temps libre à sa passion, l’écriture.

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“Cabossé” de Benoît Philippon

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée »… Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas… Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but. Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

Cabossé
de Benoît Philippon (Auteur)
Broché – 8 septembre 2016
Éditeur : Gallimard

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Bonjour à toutes et à tous…

Benoît Philippon est un menteur.
Benoît Philippon est un tricheur…

Sous couvert d’un premier roman “cabossé”, où il nous raconte la vie de Roy, un géant, un colosse au visage déformé, une sale gueule, quoi ! Benoît Philippon, nous entraîne dans un monde très sombre…
Malmené par la vie qui l’a détruit, mais il le lui rend bien, par ses colères,
ses destructions, coups, violences physiques et mentales.
Roy est une bête qui ne parle qu’avec ses poings…

Puis un jour Guillemette “tombe” dans sa vie.
Guillemette fragile, chétive face à ce géant.

C’est à partir de là, que le mensonge de Benoît échoue. Le “cabossé” à une âme, une sensibilité. À l’intérieur de la tête de Roy, bouleversements, chamboulements naissent à fleur de peau, jusqu’à exploser littéralement.

Je ne suis plus dans un Polar ou un roman noir… Je lis de la poésie !
Les mots sont différents certes, mais la musique est là, bien présente, bienveillante.

La bête et la belle se transforme en Juliette et Roméo.

Un roman formidable avec une écriture qui ne l’est pas moins. J’ai beaucoup ri aussi malgré le sombre scénario de l’histoire. Les mots font tache parfois, mais percutants à tous les coups !
Benoît n’écrit plus il grave son histoire d’une plume acérée, crue, brute de décoffrage, il tatoue directement ses idées sur la peau de Roy, en prenant un plaisir certain à jouer avec ses mots imagés.

C’est un hymne magnifique à l’amour, c’est une histoire formidable, que dis-je… C’est de la vraie littérature…
Difficile de sortir de ce Road movie désespéré, incroyablement émouvant.
Le petit clin d’œil à “Mamie Luger” me laisse augurer de belles surprise pour le second roman de Benoît !

Un auteur incroyable à découvrir sans perdre un instant !
Roy et Guillemette vont rester dans mon cœur un moment.

Par ailleurs ce matin j’ai regardé “Lullaby for Pi”, film écrit et réalisé par Benoît.
Amateurs de jazz, de blues et de belles histoires, vous savez désormais ce qui vous reste à faire !

2019 démarre sur les chapeaux de roues !!!

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Extrait :
“Roy a rencontré son premier employeur de cette façon. Sergueï. Un type charmant. Qui gagné à être connu. Surtout des forces de police. Sergeî a vu passer Roy dans la rue et l’a suivi. Il a d’abord vu le format exceptionnel de Roy : la machine de guerre. Puis il a vu s’agacer du prix prohibitif du demi sur le zinc dans un rade pourri de Belleville. Il a vu le gérant du bar voler à travers sa baie vitrée et finir dans la benne à ordures du chantier d’en face : la colère. Puis Sergeî a vu des clients se lever, les potes du gérant – quand on parle de quartier mal famé, on parle de ces gars-là-, cinq types ébréchés qu’on encerclé Roy pour lui souhaiter la bienvenue. Et là, Sergueï a vu Roy sourire : ce mec avait rien à perdre.
Sergueï avait trouvé une recrue exceptionnelle.”

 

Benoît Philippon, né en 1976, est un écrivain, un réalisateur et un scénariste français, auteur de roman noir.
Il réalise son premier film en 2009, Lullaby for Pi, qui réunit Clémence Poésy, remarquée, Forest Whitaker et Rupert Friend. En 2015, il co-réalise le long-métrage d’animation « Mune » qui remporte un important succès critique en France et à l’étranger (600 000 entrées).
En 2017, il signe son premier roman noir, Cabossé chez Gallimard.

Super Mimi est sa première BD.