Adolescence, Émotion, Histoire vraie

Enfermé depuis tout petit

de Marry Yohson
Broché – 22 janvier 2021
Éditeur : Librinova

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Le plus beau cadeau dans la vie d’une femme est de devenir maman. La naissance d’un enfant reste un moment inoubliable. Mais Carole et son bébé vivent dans un cadre familial destructeur ; elle se promet alors de toujours protéger son petit Julien. Peu à peu, ce fils tant aimé va perdre pieds face à un monde hostile à ses yeux. Et malgré l’amour de sa mère, il se sent seul et incompris, meurtri par une vie qui ne veut pas de lui. Son existence aura été un combat de tous les jours contre cette société qu’il ne comprend pas et qui l’abandonne, lui qui est resté « enfermé depuis tout petit ». Cette histoire bouleversante est la sienne.

 

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Je viens de terminer à l’instant ce récit bouleversant, l’histoire de cette femme, le destin de cette maman… Et je suis en colère !

En colère, car malgré le combat qu’elle a mené pendant vingt-huit ans pour son enfant malade, elle n’a jamais trouvé l’appui médical dont elle avait besoin.
En colère, parce que malgré son courage, c’est l’incompétence des “autres” qui à chaque fois diriger sa vie vers un sens qui n’était malheureusement pas le bon.
En colère, car malgré tout le soutien familial (heureusement…) qui guidait Julien, rien n’a été fait pour l’écouter et le sauver…
J’ai dû retenir plusieurs fois mes larmes, mais j’ai craqué.
Une enquête reste à ce jour en cours. À suivre…

« Enfermé depuis tout petit » est le témoignage d’une maman “perdue” dans le monde des maladies psychologiques, que nous raconte Marry Yohson.
Avec des mots simples, directs, l’auteure décrit la vie de cette mère et  de son fils dans leur monde où la violence et l’amour n’ont de cesse de se confronter.
Un jour, Julien ne pourra plus faire de différences entre le bien et le mal !

Dès le début, j’ai été pris par le récit.
Celui d’une jeune femme qui épouse un homme violent, très violent. Elle tombe enceinte. Elle pense que le bébé permettra un changement dans sa vie, mais rien ni fera. Les coups continuent, même sur son ventre rond. Dès sa naissance le bébé devra se faire opérer, en effet, il est né avec une malformation au pied et devra subir de nombreuses opérations. Pendant ce temps, le père, lui, est toujours aussi violent. L’enfant affecté par les coups qui pleuvent sur sa mère et sur lui n’aura jamais “repère” familial.
Julien grandit et les chemins qu’il prendra ne lui correspondent plus…
Quels sont ces démons qui l’empêchent d’aller vers l’avant ?
D’où vient ce mal-être constant ?

“C’est quoi être gentil maman… ?”

C’est poignant, prenant, douloureux mais surtout rempli d’amour. D’un amour infini d’une mère envers son fils.
Je suis bouleversé par le destin de cette maman et de son enfant et je n’imagine que très difficilement, l’état de désespoir et de fatigue quotidienne pour eux et pour leurs proches.

Alors, comme indiqué plus haut…
Je suis en colère !

On ne peut pas passer à côté de cette lecture sans réactions.
En espérant… qu’une large diffusion puisse faire changer les choses !
Je recommande…

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Extraits :

« Comment accepter que certains naissent avec toutes les chances d’être heureux et d’autres avec tant de souffrances ? Une question à laquelle personne ne peut répondre. Est-ce une question d’argent, de santé ou de chance ?
La vie est un parcours, un concours de circonstances. Certains disent « c’est ma destinée, nous avons tous un chemin tracé ».
Si nous n’avions pas rencontré cette personne, si nous n’avions pas eu cette maladie, nous n’aurions pas eu toutes ces difficultés. On pense alors que, lorsque tout va mal, on a fait des erreurs de choix, d’éducation ou dans nos relations. Mais, est-ce bien là le réel problème ? »

« L’alcool et la violence psychologique sont de plus en plus présents au sein du foyer. Quelques assiettes volent comme des oiseaux aux ailes abîmées qui finissent leur parcours fracassées contre les murs. Cette petite antenne de télévision, pourtant si pratique pour capter les émissions dans ce froid pays, elle aussi voltige ; mais là, les murs ne sont pas abîmés, c’est son crâne meurtri, rougi par le sang, qui le sera. »

« – C’est quoi être gentil maman… ?
À force d’insister sur le fait que son fils a un problème, un juge accepte qu’une expertise psychiatrique soit faite. Elle est réalisée au sein même de la vieille maison d’arrêt.
Les conclusions du grand spécialiste resteront dans un dossier bien ficelé, à l’abri de tout regard pendant quelques temps, des années.
Certes, une première avancée, mais qui ne sert à rien sauf à faire preuve d’un peu de gratitude face à une maman qui crie son désarroi. »

 

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Auteure et spectatrice de sa propre vie, Marry Yohson est née en 1962 dans une très jolie ville située à l’ouest de la France.

Après des études universitaires en Administration Économique et Sociale, elle devient professeure. Elle est également passionnée d’art et a réalisé de nombreux tableaux.

Ce récit de vie est son premier livre. Un second est en cours d’écriture. Il dévoilera le secret de Julien et les lecteurs apprendront le dénouement judiciaire de cette terrible affaire.

Émotion, Drame

La ballade de John

de Martine Fève
Relié – 28 mai 2021
Éditeur : Nombre 7

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Dans une région perdue de l’Irlande rurale, au 19ème siècle, un homme médite devant la mer. Un refrain l’obsède que chantent les invisibles. Il est inquiet pour sa jument blanche mais c’est surtout le démon de la culpabilité qui le hante. Il va se lever et marcher la tête haute, malgré le fardeau qu’il porte en solitaire. John n’est pas seul, cependant. Sur son chemin, tissé de joies et de malheurs, des personnages l’accompagnent. La plupart bienveillants, s’il n’y avait le terrible Angus et son cousin Connor.

 

2021_081_Fève Martine - La ballade de John

 

Je découvre l’écriture riche et fluide de Martine Fève grâce, à “La Ballade de John”…

Comment vous décrire ce roman complètement hors du temps ?
Ce sont pour moi les ambiances qui se dégagent dans les différents chapitres qui m’ont cueilli. Beaucoup de douceur, de la beauté, c’est très cinématographique…
Je n’ai pu m’empêcher de lire d’une traite ce récit traitant de la culpabilité, mais pas que.
Loin de moi de vouloir le punir ou lui pardonner, mais l’esprit de John est perturbé. Il s’en veut pour ce qu’il a fait, et aucun jour ne passe sans qu’il n’y pense…
Il est allé voir le père Malone pour se faire absoudre, mais rien ni fait.
John est un poète, John est gentil et il voudrait savoir se repentir…

Et puis il y a Mary, la belle Mary, le père Malone, il y a Lord Henry aussi et son fils Angus, Ena, Connor et bien sûr Neil. Tous ces personnages très attachants m’ont fait sortir du récit pour pénétrer dans un “conte” où le temps soudain se ralenti, où il y a de la gentillesse, mais de la haine aussi, où il y a de l’amour et de la violence, où les gens se parlent et s’écoutent encore, certains qui ont peur, d’autres qui en profitent, il y a de la tristesse aussi, c’est envoûtant, très visuel…

Encore une fois un récit qui se déroule dans l’univers magique d’Irlande et qui ma touché le cœur.
Cette “expérience”, j’aurai voulu la prolonger davantage. J’ai malheureusement quitté trop vite cette ballade qui m’a mené loin, très loin dans ce monde à part…

Merci Martine, merci de m’avoir fait rêver avec cette histoire bouleversante.
Peut-être aurons nous une suite à cette ballade ?
En tout cas je l’espère…

À lire absolument devant un bon feu de cheminée !

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Extraits :

« Pourquoi ne pas t’arrêter un moment sur la route avec nous, la route ombragée où le soleil, à travers les arbres, tombe en flèches, comme la lumière d’un vitrail ? Au lieu de courir en soulevant des nuées de poussière. Pourquoi ne pas t’asseoir avec nous sur le fossé, ne rien dire, ne rien faire, rêver, apprendre le goût de la lenteur ? »

« Mary était fluette, petite et rousse, jolie d’un côté, étrange de l’autre. Son profil gauche, entamé par une tache brune dégoulinant du coin de l’œil sur sa joue, effrayait les enfants ou ceux qui la voyaient pour la première fois. C’était comme si elle avait pleuré des larmes de lave. Des éclaboussures étaient tombées sur ses avant-bras, déjà constellés, comme le reste de sa peau, de taches de rousseurs abondantes. Quand elle se présentait du côté droit, on avait envie de toucher ses joues limpides, du lait légèrement teinté de rose, mais, dès qu’on la voyait de face, Mary était d’une cruelle beauté. On disait que sa mère avait juré pendant sa grossesse, que la queue du diable en avait profité pour effleurer son visage. Une caresse sublime sur laquelle, y posant sa main, la mère de Mary avait appuyé jusqu’à teindre l’enfant au fond de son ventre. Une malédiction qui pouvait se transmettre. Croyance, à laquelle le père Malone n’accordait aucun crédit. »

« Le père Malone s’en alla, non sans un regard nostalgique vers un minuscule toit de chaume que l’on distinguait en bas de la lande. On sentait déjà dans l’air la jouissance de l’herbe prête à se dresser, un parfum de verdure qui serait lui aussi, bientôt, un éclat de rire. Il chatouilla Neil sous le menton, salua John, et, par habitude, leva ses doigts et les bénit. Il réaliserait plus tard combien son geste avait deux sens, ce jour d’été particulier. »

 

 

Martine Fève est née en Bretagne où elle a longtemps vécu, mais c’est au plus près de ses racines, en Irlande, qu’elle vit et travaille depuis plusieurs années. Auteure de deux recueils de nouvelles et d’un roman, Le chemisier blanc, La Ballade de John est son deuxième roman.

Émotion, Drame, Humour, Philosophique

Tout le bleu du ciel

de Mélissa Da Costa
Poche – 12 février 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

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Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Un livre aux dialogues impeccables et aux personnages touchants d’humanité. Psychologies magazine

Bouleversant.
Version femina

 

2021_070_da Costa Mélissa - tout le bleu du ciel

 

Je viens de passer mes quatre derniers jours entre rires et larmes…
Quel superbe roman…

C’est le second roman de Melissa que je lis en quelques temps et tous les deux m’ont bouleversés !

“Tout le bleu du ciel” est un roman magnifique, aussi triste que drôle et beau, malgré les sujets traités, la maladie, l’amour, l’autisme, la vieillesse et le deuil. C’est une histoire lumineuse pleine de vie.

Émile, a vingt-six ans lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une forme précoce de la maladie de Alzheimer.
On lui donne deux ans de vie au maximum avec tout ce que cela impliquera, sénilité précoce, il oubliera petit à petit tout ce qui le lie à sa famille à ses proches, les noms des choses et des personnes, ce qu’il faisait la veille, le risque de se perdre à chaque instant, bref, tout son vécu au fur et à mesure.
Il refuse de rester cloué sur un lit d’hôpital durant toutes ses journées à attendre la fin.
Sa famille par contre souhaiterait le remettre entre les mains d’un hôpital, en le faisant participer à un essai clinique.
Tout va trop vite pour lui désormais…

Alors, il décide de tout plaquer, pour voyager dans des endroits qu’il n’a encore jamais vu. Il publie une petite annonce, comme on lance une bouteille à la mer, à la recherche d’un compagnon de route pour la dernière ligne droite de sa vie à travers la France.
Surpris, c’est une femme qui répondra à son annonce, Joanne. On comprendra très vite qu’elle aussi a un passif qui lui pèse sur les épaules. Emile aura un peu de mal à la cerner, ses silences qui meubles des journées complètes, ses habits noirs et son chapeau !
Puis petit à petit… la découverte de l’inconnu, la Liberté, la mer, la forêt, les montagnes, ils vont en pendre plein les yeux et nous aussi. Ensemble ils vont rire, pleurer, oublier, se rappeler, et surtout se soutenir, pour finalement se débarrasser de tout ce qui pèse sur eux, afin d’aller à l’essentiel.

Mélissa m’a vraiment mené très loin dans ce parcours introspectif, elle a traité de sujets grave avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Evidement je me suis attaché à Émile et Joanne et j’aurai voulu poursuivre mon chemin avec eux, mais laissons-les maintenant vivre leur “vie”, raviver leurs souvenirs afin accepter l’inéluctable.

Vous ne me voyez pas, mais peut-être ressentirez-vous mes yeux rougis à travers ses quelques mots.
C’est une histoire prenante, belle où la nature prend une place qui grandit avec la lecture.

Et avec ça un final que je n’ai pas vu arriver, Magnifique !!!
Je ne regarderai plus le ciel, les montagnes et la mer de la même façon.

Un très beau coup de cœur…

Dites les auteurs !
Il va falloir vous calmer un peu… Si tous les romans qui me restent à lire sont dans cette esprit, moi aussi je vais finir par partir sur les routes, de villes en villes et profiter de la liberté…

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Extraits :

« Ils rient à n’en plus pouvoir pendant deux, trois minutes, peut-être quatre, sans s’arrêter, sans réussir à reprendre leur souffle. Ils rient à en avoir la gorge brûlée, les yeux remplis de larmes, ils rient à finir par terre, à genoux, parce qu’ils ne tiennent plus debout. Bon sang, songe Émile quand il parvient enfin à reprendre son souffle, ça, c’est la meilleure thérapie du monde. »

« Ils marchent avec une lenteur infinie. Leurs pas laissent des empreintes dans la neige fraiche. Ils avancent, avec l’impression de n’être pas plus réels que le paysage, de n’être que deux mirages. » « Il a de la chance de faire ce voyage. Quelque part, il a de la chance de savoir qu’il va mourir très bientôt. Sans ça il n’aurait jamais pris le temps de partir, de voyager au cœur de lui-même, de voir les choses avec de nouveaux yeux. »

« Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient. »

« Il faut prendre garde.
– À quoi ?
– À ne pas s’endormir dans sa vie. »

 

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.

Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

« Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade » (2017), sortie en librairie sous le titre « Tout le bleu du ciel » (2019), est son premier roman. Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.

page Facebook :
https://www.facebook.com/M%C3%A9lissa-Da-Costa-Auteure-494686537718514/

Émotion, Philosophique

Ma reine

de Jean-Baptiste Andrea
Poche – 7 février 2019
Éditeur : Folio

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« Grâce à Viviane j’étais devenu immense, j’avais touché le ciel d’une main et la terre de l’autre. Le monde avait retrouvé sa reine et c’était grâce à moi ».

Eté 1965. Shell s’enfuit de la station-service où il a grandi avec ses parents. Sur le plateau qui surplombe la vallée de l’Asse, seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Une fille, comme un souffle, vient à sa rencontre. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai. Dans l’univers fulgurant de Viviane, Shell ne se sent plus différent. Alors par jeu, par amour, il lui obéit, sans s’apercevoir que son dévouement le conduit bien au-delà de ce qu’il avait imaginé.

 

2021_068_Andrea Jean-Baptiste - Ma reine

 

Ce roman qui se lit à la première personne commence tout simplement. Il nous raconte la vie d’un jeune garçon, “Shell”, un enfant pas comme les autres enfants. Hésitant, naïf, maladroit et sincère, maîtrisant mal le langage, il est malmené par la vie, par les autres qui l’entourent à l’école et même par ses parents…

Dès lors, il s’adapte comme il peut à cette vie misérable. Alors, un jour, suite à une conversion avec ses parents, il décide de quitter l’école, de partir de chez lui, pour aller “à la guerre”, dans les Alpes de Haute-Provence.
Sur le chemin vers cette guerre, il fera la rencontre de Viviane, qu’il va tout de suite apprécier. Viviane, est aussi est différente, c’est une fée. Et surtout elle ne fait pas de différences avec lui, comme les autres le font habituellement. Avec elle il peut se sentir normal, même s’il est conscient de sa différence.
Entre eux, un “drôle” de jeu va se mettre en place, elle sera Sa Reine, Il devra lui Obéir. Sa rencontre va complètement changer sa vie, sa perception des choses et même le transformer.
C’est à ce moment-là que le roman a pris un envol différent et que je suis devenu captif du récit, jusqu’à ce qu’il me devienne impossible de m’en détacher.
Comme j’aurai aimer faire durer ces instants et protéger la candeur de Shell de l’inévitable retour à la réalité !

Avec ce premier roman, court et poétique, beau et cruel à la fois, Jean-Baptiste Andrea m’a entraîné avec beaucoup de sensibilité dans “un monde” où les difficultés du handicap mental sont omniprésents… Difficile de ne pas être séduit par Shell, ce jeune garçon candide qui porte un regard tendre et innocent sur le monde et les êtres qui l’entourent.

Un beau roman qui parle de différence, d’enfance, d’amitié et de jeux d’enfants bien sûr… Mais les jeux d’enfants peuvent être parfois bien dangereux…
Au travers de ces pages, la douceur fait place, la justesse aussi, et surtout la simplicité de cette belle histoire.

Un roman tout aussi léger que triste.
Touchant, sensible, poétique et intelligent…
Gros coup de cœur que je vous conseille vivement !

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Extraits :

« On ne se parlait pas chez nous, on s’était déjà tout dit. »

« Quand Viviane arrivait, je sentais bon le savon et j’étais prêt à faire ce qu’elle voulait. Elle inventait un nouveau jeu presque chaque jour. Je n’avais jamais joué avec quelqu’un avant… »

« Je n’arrivais pas à dire quelque chose parce que ça prenait trop de place dans ma tête et que ça ne passait pas par ma bouche. »

« Je tombais, je tombais et j’avais oublié pourquoi. C’était comme si j’étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m’y raccrocher mais je n’attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d’air mouillé.
Je brûlais de vitesse, le vent hurlait entre mes doigts; j’ai repensé à l’époque où on courait le cent mètres à l’école, les seules fois où les autres ne se moquaient pas de moi. Avec mes gardes jambes, je les battais tous. Sauf que là, mes grandes jambes ne servaient à rien. Elles tombaient elles aussi comme des imbéciles. »

« C’est un reflet qui a attiré mon attention. J’avais une mouche sur l’œil, je l’ai chassée et j’ai rampé pour aller voir. Derrière un éboulis, il y avait un sac à dos en toile avec des boucles en métal. Le métal était chaud. J’ai mis du temps à l’ouvrir avec mes doigts gonflés et quand j’ai vu ce qu’il y avait dedans, j’ai pleuré des larmes sèches, c’est pour ça que ça ne compte pas comme si j’avais vraiment pleuré.
Dedans il y avait une lettre, trois boîtes de lentilles et un ouvre-boîte. Sur la lettre il y avait mon nom, enfin il y avait Shell. La faim était loin derrière moi, alors j’ai d’abord ouvert la lettre. Viviane avait une belle écriture penchée qui fonçait dans ce qu’elle racontait. Mais c’était trop compliqué pour moi, surtout dans mon état, les mots sautaient, les lettres tournoyaient. »

 

 

Jean-Baptiste Andrea, né le 4 avril 1971 à Saint-Germain-en-Laye, est un écrivain, scénariste et réalisateur français.

Il grandit à Cannes, où il est élève de l’Institut Stanislas et fait ses premières expériences de scène, d’écriture et de réalisation.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’ESCP, il écrit ses premiers films en anglais et reçoit plusieurs prix pour son film Dead End réalisé avec Fabrice Canepa.

Son premier roman, “Ma reine”, reçoit entre autres le prix Femina des lycéens, le prix du premier roman, le prix Alain-Fournier, le prix de la Fondation Jacqueline de Romilly.

Son troisième roman, “Des diables et des saints” (éditions de l’Iconoclaste), reçoit en mars 2021 le Grand prix RTL-Lire, et en mai 2021 le prix Ouest-France/Étonnants Voyageurs.

Émotion, Roman

Celles qui se taisent

de Bénédicte Rousset
Broché – 19 mai 2021
Éditeur : La Trace

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Par une nuit de décembre, une macabre disparition est signalée à la maternité de l’hôpital. La direction demande à son personnel de ne rien dire : il en va de la réputation de l’établissement.
Les années passent, le secret est enterré.
Pourtant, dix-huit ans plus tard,
le destin s’en mêle quand, après une terrible découverte, Caroline fouille dans le passé… c’est incompréhensible…
ça ne « peut » pas être.

Caroline et Augusta, deux femmes que tout oppose. En apparence…
Que s’est-il passé qui disloque leur vie et ternisse leur bonheur ?
Jusqu’où peut-on aller dans le renoncement, par amour pour une mère, par amour pour un fils ?
Il est des rencontres qui bouleversent nos silences.
Peut-être courons-nous après l’amour sans en donner assez ?

 

2021_066_Rousset Bénédicte - Celles qui se taisent

 

“Celles qui se taisent” est le dernier roman de Bénédicte Rousset publié par les éditions La Trace !
Je sais ce qu’il me reste à faire maintenant !
Me procurer ses romans précédents…

Caroline et Augusta sont deux femmes très différentes.
Caroline est femme de ménage, maman de trois enfants. Un jour son mari l’a quitté sans aucune explication. Elle travaille pour Augusta, elle entretien sa maison. Le hasard fait que les deux femmes se retrouvent enceinte au même moment. Bénédiction, pour l’une, c’est un malheur pour l’autre.
Pourtant la vie, le hasard vont se charger de les réunir, pour le meilleur et surtout pour le pire…
Que leur est-il donc arrivé ?
Leurs destins vont définitivement se lier à la suite d’un terrible événement.

Maternités, romance, viol, séparation, maltraitance, sexe, Religion, mensonges, haine…
“Celles qui se taisent” est un condensé de vie, avec tous ses malheurs, tous les problèmes existant pour essayer de conserver un équilibre familial bien souvent précaire.

Un récit bouleversant, qui mérite que je me retire, que je ne vous dévoile rien de plus, afin que mots après mots, phrases après phrases vous soyez comme moi transporté dans des destinées mêlées.
Bénédicte, m’a touché le cœur, mais pas seulement.
Elle s’est immiscée dans certaines parties très sombres de l’esprit qui ne demandent qu’à rester dans l’oubli.
Mais, on ne choisi pas toujours son destin !

Récit de femmes, mais pas seulement…
Lent et envoutant, ce roman mérite une belle et longue vie.
Très beau et émouvant, je recommande vivement !

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Extraits :

« Le jour se lève à peine sur la ville. Une fine couche de givre recouvre le trottoir et de timides rayons éclaircissent la façade de l’hôpital.
Au deuxième étage, la ligne directe du directeur lui indique un appel. Il décroche sans quitter les yeux le formulaire qu’il est en train de remplir. Deux semaines auparavant, un de ses ambulanciers, ivre, a percuté en reculant une personne en fauteuil roulant, la blessant gravement, juste devant l’entrée de l’hôpital. La famille porte plainte et cet incident s’ajoute aux dysfonctionnements qui s’enchaînent dans son établissement ces derniers temps. La presse en fait ses gros titres, ridiculisant sa place et sa personne. Le coup de grâce tombe en page deux du journal La Provence, qui dévoile le palmarès des hôpitaux les plus performants, et où il occupe l’avant-dernière place. Il soupire. »
…/…
« Quelque chose de sa fierté vient de le traverser.
Dès lors, Jean sent dans tout ce qu’il fait le regard admiratif de sa mère. Il pointe les orteils vers le pied du lit et se sent grand.
À partir de ce moment, dans l’air, quelque chose a changé. L’odeur du chou brocoli devient agréable, celle du foie de veau, alléchante.
Il suffit qu’elle l’aime pour qu’il l’aime aussi. Le plus beau chef-d’œuvre de la vie est bien le cœur d’une mère et peu importent ses larges ou étroites barrières.
L’épaisseur de l’enfance se mesure à la place qu’une mère nous accorde dans son cœur. À une certaine période de la vie, on peut trouver grand ce qui est petit, comme la cour de récréations. Quand on est enfant, elle nous paraît immense et puis un jour, longtemps après, notre œil d’adulte la revoit et sa grandeur a disparu : l’âge adulte l’a balayée d’un simple revers de manche. »

 

 

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. L’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

Professeure certifiée de Lettres Modernes, Bénédicte est enseignante dans un collège du Vaucluse.
Après « Rue sombre » (2017), son premier roman policier, elle publie « Le Lis des teinturiers » en 2018.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

Émotion, Drame

Des diables et des saints

de Jean-baptiste Andrea
Broché – 14 janvier 2021
Éditeur : Iconoclaste

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Qui prête attention à Joe ? Ses doigts agiles courent sur le clavier des pianos publics dans les gares. Il joue divinement Beethoven. Les voyageurs passent. Lui reste.
Il attend quelqu’un, qui descendra d’un train, un jour peut-être.
C’est une longue histoire. Elle a commencé il y a cinquante ans dans un orphelinat lugubre.
On y croise des diables et des saints.
Et une rose.

 

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Joe, un vieux monsieur, pianiste talentueux, ne joue que sur des pianos dans des lieux publics, les gares et les aéroports…
C’est un véritable virtuose. Il joue pour les voyageurs, pour tous les voyageurs.
Ceux qui sont pressés qui ne l’entendent pas, ceux qui ralentissent et le voient soudain, ceux qui se figent ébahis l’oreille tendue…
Mais pourquoi s’applique-t-il à jouer ainsi, inlassablement, tous les jours sans relâche dans ces lieux de passages ?

Enfant, il avait appris le piano avec le meilleur des professeurs, mais la vie lui a très vite joué un sale tour. En 1969, suite à un accident, où il perd ses parents et sa sœur, Joe alors orphelin, se retrouve dans un orphelinat lugubre perdu dans les montagnes des Pyrénées, nommé “Les confins”, qui très vite lui fera penser à une prison. Il y fera la connaissance d’adolescents comme lui qui vont le marquer à vie dans sa tête et dans son cœur. La Fouine, Sinatra, Sousix et bien d’autres. Mais aussi Rose, la fille d’un bienfaiteur, aussi belle que méchante.

C’est avec beaucoup d’émotions, de justesse et de sensibilité que Jean-Baptiste Andrea nous raconte l’enfance de cet enfant “perdu”.
Un roman au thème sombre, mais tellement lumineux par son traitement, sa musicalité, sa tendresse et son humour. Le récit ne tombe jamais dans la noirceur.

Le séjour de Joe dans ces lieux, les rencontres qu’il y a faites, bonnes ou mauvaises, marqueront à jamais l’homme qu’il deviendra plus tard.
À travers ce récit poignant la musique résonne autant que la vie. Ce roman touchant, dès les premières notes, dès les premières mots, est aussi une histoire très émouvante…

Je me suis demandé au départ où l’histoire allait me mener.
Puis, petit à petit une structure s’est mise en place, puis finalement s’est accélérée jusqu’à ce que je ne puisse plus lâcher “Mon” roman.
Serez-vous touché vous-même, par ce roman d’aventures, d’amitié et d’amour aussi ?
En tous cas, pendant ma lecture, j’ai parfois retrouvé mon âme d’enfant…

Très bon moment de lecture !

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Extraits :

« Vous me connaissez. Un petit effort, souvenez-vous. Le vieux qui joue sur ces pianos publics, dans tous les lieux de passage. Le lundi je fais Orly, le vendredi, Roissy. Le reste de la semaine, les gares, d’autres aéroports, n’importe où, tant qu’il y a des pianos. On me trouve souvent gare de Lyon, j’habite tout près. Vous m’avez entendu plus d’une fois.
Un jour, enfin, vous m’approchez. Si vous êtes un homme, vous ne dites rien. Vous faites semblant de nouer votre lacet, pour m’écouter un peu sans en avoir l’air. Si vous êtes une femme, je sursaute. C’est que j’en attends une, justement. Ce n’est pas vous, ne vous vexez pas. Je l’attends depuis cinquante ans. »
…/…
« J’ai vu mes parents se disperser. Ma sœur flamber, rendre aux étoiles les atomes qu’elle avait empruntés pour devenir elle, Inès, pendant que je rester entier. Des dieux qui bénissent, des “un-seul-Dieu-créateur-du-ciel-et-de-la-terre”, des résurrections de la chair, des fils assis à la droite du père, des litanies des saints, j’en ai eu ma part, et plus que ça. La seule droite du père que je connaisse et celle que nous avons reçue, mes amis et moi, en pleine poire. J’ai vu mille hommes brisés par une vie en noir et blanc. Et des bonimenteurs leur promettre, au marché du dimanche, que s’ils y croyaient très fort et ne posaient pas trop de questions, un jour, ils auraient la couleur.
Mais quand Théas souffla : « Dieu te bénit », j’y cru pour l’unique fois de ma vie, parce que contrairement aux autres, il croyait aussi. »

 

 

Jean-Baptiste Andrea est un réalisateur, scénariste et écrivain français.

Il grandit à Cannes, où il est élève de l’Institut Stanislas et fait ses premières expériences de scène, d’écriture et de réalisation. Il est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris et de l’ESCP-Europe.

Il écrit ses premiers films en anglais. Il a écrit et réalisé « Dead End » (2003), coréalisé avec Fabrice Canepa, qui a obtenu plusieurs prix, « Big Nothing » (2006) avec David Schwimmer et Simon Pegg, et « La Confrérie des larmes » (2013), avec Jérémie Renier et Audrey Fleurot.

Son premier roman publié en 2017, intitulé « Ma Reine », remporte plusieurs prix dont le Prix Femina des lycéens 2017, le Prix du premier roman de la La Forêt des livres 2017, le Prix « Envoyé par La Poste » 2017 ou encore le Prix Alain-Fournier 2018.

Après « Cent millions d’années et un jour » (2019), il publie son troisième roman, en 2021, « Des diables et des saints », pour lequel il obtient le Grand Prix RTL-Lire Magazine Littéraire 2021 et le prix Ouest-France Étonnants voyageurs.

Émotion, Drame

Pour l’amour de mon petit bout

de Thierry Essengue
Broché – janvier 2020
Éditeur : Copymédia

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Paõlo grandit à Bahia do Brazil, le berceau de ses ancêtres. Il est bercé par le son du carioca et par la culture multicolore de l’esprit et du corps, hérité de son père. Il est avide de liberté, de voyage à la recherche de belles rencontres et aussi d’amours passionnels. Au hasard d’une soirée, il rencontre la future femme de sa vie et quelques années après, il réalise son rêve, être père. Pourtant la vie va rapidement perturber ce rêve et son chemin deviendra un enfer.
Des années après, car la foi et l’abnégation qui ont animé son combat, ne l’ont jamais quittées, il retrouve son petit bout qui est devenu une jeune femme.
C’est alors un message d’amour chargé de tendresse, d’émotion et de poésie pour sa fille.

 

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Rarement dans mes lectures je n’ai autant haï…

Le récit se divise en trois parties.

C’est d’abord l’histoire d’un baroudeur…
Paõlo est un amoureux. Un amoureux des femmes, un amoureux des voyages, de liberté et d’Histoire aussi. Il est né et a grandit à Bahia, terre de ses ancêtres.
Il nous raconte son passé, sa famille, les liens avec son frère João tous les voyages qu’il a réalisé, son amour de Paris et de son architecture.

Puis c’est la rencontre avec Renelle…
Lors d’un dîner chez son frère qui lui présente Sophie, sa petite amie. Alors qu’il sortait d’une rupture, Paõlo va rencontrer celle qui sera la femme de sa vie !
Ils vont vivre alors trois années d’amour fou, de fusions et d’émotions…

Un jour, Paõlo parle à Renelle de son envie de devenir père, qui serait pour lui la consécration de leur couple…
Renelle ne se sent pas prête et lui demande un peu de temps. Régulièrement il va lui en parler jusqu’à ce que finalement elle accepte. Ensemble ils auront une petite fille, Hilda.
Très vite c’est toute leur vie qui bascule… Leurs rôles de parents n’est pas vécu de la même façon pour l’un et l’autre, à tel point que finalement ils se perdent. Quand Paõlo parle à Renelle de son désir de la quitter, elle lui annonce qu’il peut faire ce qu’il veut mais qu’il le paiera cher !

Commence alors une “guerre” que vous ne pourrez jamais imaginer. Jusqu’où peut aller la folie, la rancœur et la méchanceté. Bien sûr je me suis mis à la place de ce papa et j’ai souffert avec lui de le voir emporté dans un tourbillon de violence et d’injustice qu’il ne gère plus du tout. Toute sa vie est remise en cause.

Malgré la dureté du sujet, c’est un très beau roman. Le début fait rêver, il y a de très bons passages avec beaucoup d’émotions. L’écriture est fluide avec beaucoup de poésie. L’amour que porte le papa à sa fille malgré tout ce qu’il lui arrive est incroyable… malgré la colère et la rage qui bouillonne en lui. Il souffre de ne pas avoir vu son enfant depuis plusieurs années. Mais il est sûr qu’un jour elle lui reviendra.
Très beau moment de lecture !

Soyez indulgent pour les coquilles que vous trouverez par-ci, par-là…
Une nouvelle édition est prévue, elle sera revue et corrigée aux Éditions Sydney Laurent début septembre.
Il serait dommage de passer à coté de cette histoire déchirante et belle à la fois.

À noter aussi que c’est Thierry Essengue qui a dessiné le visuel de la première de couverture, ainsi qu’un visuel dans le roman !

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Extraits :

« Le jour du départ est arrivé, je suis dans la file d’embarquement mon regard se disperse comme s’il cherchait quelque chose de précis. Non, je suis déjà dans l’envoûtement du départ. Me voilà dans l’avion et après trois heures trente de vol, nous sommes à Taormina. Je m’installe à l’hôtel et je m’aperçois avec bonheur que de la fenêtre de ma chambre, j’ai une vue imprenable sur le sommet de l’Etna. Le soir même, j’assiste à un fabuleux coucher de soleil que je mitraille avec mon appareil photo acheté pour l’occasion. Mes yeux suivent lentement cette clarté multicolore qui se perd derrière la montagne. J’ai envie de retenir cette chute vertigineuse pour qu’elle dure longtemps car je me délecte de ce spectacle si simple et pourtant extraordinaire. »
…/…
« Voilà quatre mois que je n’arrive pas à te voir, alors que j’ai respecté les exigences de ta mère, j’ai payé la pension alimentaire mais chaque fois, elle trouve une excuse pour m’empêcher de te voir. Je tente depuis des mois de t’avoir au téléphone en vain. Chaque fois que j’appelle, personne ne décroche. Je me déplace et je sonne à l’interphone, personne ne répond, alors que les volets sont ouverts et qu’il y a de la lumière dans la cuisine qui donne sur la façade, je suis certain que vous êtes là… Après plusieurs tentatives infructueuses, je repars chaque fois chez moi, le moral en berne. Ce rituel devient hélas habituel pour moi. Alors que j’étais prévenu, j’ai du mal à l’accepter et il est difficile pour moi de le vivre. Alors, je subis encore et encore. »

 

Thierry et Essengue responsable technique de la gestion du patrimoine réalise là son deuxième roman. Après « un long chemin depuis la rivière des crevettes » qui vous avait plongé dans l’histoire du Cameroun. Le voilà qui vous transporte à travers chaque page tournée, vers le monde de la pure émotion chargé de poésie, de Bahia à Paris.

Émotion

Je revenais des autres

de Mélissa Da Costa
Broché – 5 mai 2021
Éditeur : Albin Michel

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Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui.
Quand submergée par le vide de sa vie, elle essaie de mourir, Philippe l’envoie loin, dans un village de montagne, pour qu’elle se reconstruise, qu’elle apprenne à vivre sans lui. Pour sauver sa famille aussi.
Je revenais des autres est l’histoire d’un nouveau départ. Le feuilleton d’un hôtel où vit une bande de saisonniers tous un peu abîmés par la vie. Le récit de leurs amitiés, doutes, colères, rancoeurs, amours aussi.
Le roman des autres, ceux qu’on laisse entrer dans sa vie, ceux qui nous détruisent mais surtout ceux qui nous guérissent.

“On abandonne [les personnages] avec regret. Un panorama […] qui ravira les amoureux du cinéma de Cédric Klapish.” Lire-Le Magazine Littéraire

“Je revenais des autres est un très beau roman qui rappelle avec lucidité et intelligence que c’est toujours dans le regard et l’écoute des autres que l’être humain puise sa force et sa grandeur” L’Avenir

“Un livre touchant. Une ode à la résilience. À lire absolument” Le Progrès

 

2021_056- da Costa Mélissa - Je revenais des autres

 

Tout d’abord je tenais à remercier Caroline Vallat pour ce roman… Dès sa réception, je me suis douté que le livre que je tenais entre mes mains n’était pas banal et allait me marquer !

« Je revenais des autres » fait parti de ces romans que je n’ai pas pu lâcher, une fois commencé. De plus, je dois avouer que c’est le cœur triste, qu’à la dernière page tournée, j’ai quitté Ambre et tout ses amis… Quelques pages de plus n’auraient pas été pour me déplaire.

Ambre a vingt ans, elle la vie devant elle. Trop maquillée, trop alcoolisée, et triste de ne pas être aimée comme elle le souhaiterais, elle a tout quitté, ses études, sa famille, ses amis. Elle est la maîtresse de Philippe, un homme marié, qui l’entretient dans un petit studio qu’il a pris pour partager leurs ébats sexuels plus facilement. Elle ne se sent pas aimé suffisamment.
Un jour, il arrive ce qui devait arriver, elle n’en peut plus de cette situation et s’ouvre les veines…
Sauvée de justesse par Philippe, il décide de l’envoyer à Arvieux, un petit village des Hautes-Alpes, travailler dans un hôtel, afin qu’elle se reconstruise dans un autre milieu, afin qu’elle apprenne à revivre, parmi un groupe de saisonniers, en tant que serveuse. Ambre fera la connaissance de ceux qui partageront sa nouvelle vie et habiteront avec elle au 3e étage de cet hôtel. Tim, Andréa, Rosalie, Sophie… et bien d’autres…

« Je revenais des autres”, c’est l’histoire de ce nouveau départ, de cette reconstruction, d’une résurrection peut-être ? C’est un récit d’amitiés, d’amour aussi, de doutes, de colères et de pardons.
C’est fort, c’est puissant ! Doux et dur à la fois.
Ce n’est pas un “feel good” dans le vrai sens du terme, mais finalement n’est-ce pas ça la vie, un enchainement de hauts et de bas ?

Je découvre Mélissa Da Costa avec ce roman. Elle m’a touché, m’a captivé et m’a fait pleurer aussi. Mais en dépit de certains passages « tristes », c’est un véritable un hymne à la vie !
Je suis persuadé que ce roman pourra toucher une multitude de gens, tant les sujets abordés sont différents. Abandon familial, abandon sentimental, le silence, le besoin d’aimer, celui d’être aimé, l’amitié, le partage, le don de soit… Tout est là, caché entre les lignes. Il ne tient qu’a vous de suivre Ambre dans ce bel hôtel où l’humanité y est puissante et omniprésente… Ambre avait juste besoin qu’on lui tende la main.

Que d’émotions, nouveau coup de cœur pour moi !
J’ai bien l’intention de lire très vite les deux premiers romans de Mélissa…

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Extraits :

« Quand j’étais petite, je m’amusais un petit jeu. Je m’imaginais que j’avais le pouvoir d’arrêter le temps sur le moment de mon choix, pour pouvoir en profiter. Je me demandais sans cesse : « Est-ce maintenant ? Est-ce que j’aimerais appuyer sur pause ? » Et puis, je me disais qu’il y aurait d’autres moments plus heureux. Ce n’était jamais totalement parfait. Je n’avais droit qu’à une seule pause, pour toute ma vie, alors il fallait bien la choisir. J’ai arrêté ce petit jeu quand je suis entrée au lycée, je crois, plus ou moins.
Et puis l’autre jour, on rentrait d’un après-midi ski : Gabriel, Rosalie, Sophie dans le porte-bébé, Anton, Tim et moi. On est passés à l’appartement de Gabriel puisqu’on avait deux heures devant nous avant de reprendre le service. On avait tous pris des coups de soleil et on était affamés. Je donnais le biberon à Sophie, sur le canapé. Rosalie et Tim préparaient une salade de fruits dans la cuisine. Rosalie riait aux éclats, je l’entendais depuis le salon. Gabriel avait mis de la musique : il avait acheté un nouvel album qu’il voulait nous faire écouter. Anton était accroupi devant la chaînes hi-fi et ils discutaient d’un groupe de rock je crois. Et ça m’est revenu d’un coup, comme ça, sans prévenir, le petit jeu de la pause. Je me suis dit : “Ça, c’est un moment parfait”. »
…/…
« Longtemps j’ai cru qu’être heureux, c’était trouver une stabilité, vivre un bonheur sans tâche, jamais troublé, jamais questionné. Ne pas faire de vagues. Finalement, j’ai compris que être heureux, ça peut être au contraire choisir de faire table rase du passé, perdre des gens pour prendre le risque de rencontrer d’autres. Être heureux, c’est quelque chose qu’on obtient quand on a eu le courage de tout envoyer balader et qu’on a pris le risque de tout recommencer à zéro. Être heureux, ce n’est pas la sérénité, le calme et le bonheur sans vague. C’est au contraire être capable de tout faire voler en éclats, de tout remettre en question, toute sa vie si on le souhaite. »

 

 

Mélissa Da Costa, 30 ans, romancière française, a conquis son public avec son premier roman “Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade” (2017), sorti en librairie sous le titre “Tout le bleu du ciel” (2019). Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage. Elle s’est imposée très vite comme une auteure incontournable. Ses deux autres romans, “Les Lendemains” et “Je revenais des autres” sont des best-sellers.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.

Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

Émotion, Drame, Historique, Noir, Thriller

Personne n’a oublié

de Stéphanie Exbrayat
Broché – 13 juin 2019
Éditeur : Éditions De Borée

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Sam, huit ans, tombe du haut d’une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d’un autre homme, a été contrainte de l’épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s’engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s’échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir…

 

2021_055_Exbrayat Stéphanie - Personne n'a oublié

 

“Personne n’a oublié”, ou comment un livre qui m’attendait depuis plusieurs mois, m’a retourné le ventre et la tête…

C’est le premier roman de Stéphanie Exbrayat que je lis, et c’est son premier roman !
Je trouve que c’est une belle réussite !
Je me suis laissé emporter très vite au gré des chemins sinueux parcourus par Colette.

Ce livre m’a complètement dérouté. Je pensais que j’allais lire un polar ou un thriller, mais pas du tout. Il parle de la seconde guerre mondiale, de la place très difficile que les femmes avaient à la fin des années cinquante, de la mort d’un petit garçon, d’un mariage arrangé, des blessures et des tensions qui peuvent agiter les esprits des habitants d’un petit village du Morvan en une période bien difficile… Et malgré tout ça le récit est construit comme un thriller !

Beaucoup d’émotions et de mystère, dans ce roman, beaucoup d’amour et de haine aussi.

Sam, fils de Colette, âgé de 8 ans est retrouvé mort dans la cour de chez lui.
Est-il tombé de la grange accidentellement où quelqu’un l’a-t-il poussé ? Commence alors les doutes et les suspicions.
Une mort qui paraît suspecte à sa mère qui va, envers et contre tout rechercher ce qui s’est vraiment passé. Très vite elle va soupçonner François, son mari. Colette avait réussi jusque là, à lui cacher que Sam n’était pas son fils…
Pour réussir son objectif, elle n’aura d’autre choix que d’être forte, et de toute façon elle a promis à son fils de découvrir la vérité coûte que coûte.

L’écriture est très fluide et le récit montant en puissance au fur et à mesure contribue à une lecture plaisante et addictive, j’ai régulièrement eu l’impression d’être dans un huis clos. Il y a de nombreux rebondissements, je pense indéniablement que le fond historique du récit est pour beaucoup dans la mise en place de ce suspense, nous ramenant à une période où la condition féminine était quelque chose de complètement inconnue.

Cette histoire est dure et puissante, saura-t-elle trouver en vous, sensibilité et bienveillance ?
Personnellement une très belle surprise pour moi !

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Extraits :

« Avant, j’étais douée pour embrasser les beautés de ce monde, pour apprécier tous les détails infimes qui rendent la vie belle. J’étais douée pour le bonheur. Mais ma petite voix c’est tue. Elle avait résisté à la mort de ma mère, puis à celle de Guy mais Sam… C’est trop insupportable. Je me sens comme dans une boîte. Une boîte avec un couvercle bien fermé. Une geôle où je ne sais plus distinguer la terre du ciel. Sam est mort et l’azur s’est vidé. Les oiseaux ne chantent plus. Les fleurs n’ont plus d’odeur. Plus rien n’a de goût. La beauté de ce monde est sortie de mon champ de vision. Je suis dans un caisson étanche. Je n’entends plus. Je ne vois plus rien. Tout a disparu. Sam a tout emporté avec lui. Ma bonne étoile n’a pas su me protéger du pire mais elle me maintient survivante malgré le pire. Elle me porte sur un chemin tourmenté qu’il me faut continuer de parcourir.
Quand j’ai eu envie de mourir après le décès de Guy, le docteur Verdier m’a fait comprendre qu’il y avait toujours une raison de rester en vie. Aujourd’hui je dois trouver laquelle. »
…/…
« Elle sait qu’elle va devoir y passer. Alors elle monte. En silence elle se déshabille dans le noir, se vêt pour la nuit, et elle s’étend sur le matelas. Il remonte sa chemise de nuit. Sa grosse paluche rêche et calleuse malaxe un de ses seins. Il écarte ses cuisses d’un geste brutal et s’allonge sur elle de tout son poids. Son corps l’écrase. Le souffle de son haleine postprandiale fouette son visage. Elle a envie de le griffer, de lui donner des coups, de lui arracher les cheveux. Au lieu de ça, elle reste raide est défigurée par le dégoût. Comme d’habitude. Son sexe dur et pressé pénètre férocement en elle. Elle a mal. Il donne quelques coups de reins. Le sommier crie. Elle, ne peut pas. Le visage tourné sur le côté, la mâchoire crispée, elle mort son poing jusqu’au sang. Il pousse un grognement, puis un deuxième et enfin un dernier, plus long, plus profond. La tension dans son corps se relâche. Il retombe lourdement sur le côté. Le bourdonnement de son flux et reflux respiratoire s’installe dans la pièce, régulier et puissant, enflant jusqu’à faire vibrer les barreaux du lit.
Colette a envie de hurler. »

 

 

Stéphanie Exbrayat a exercé de très nombreux métiers avant de se consacrer à l’écriture. Personne n’a oublié, son premier roman a connu un très beau succès, tout comme son deuxième roman, Colère assassine. Cependant, désireuse de se sentir libre d’écrire ce dont elle a envie, Stéphanie Exbrayat choisit la comédie pour son troisième roman Et après tout ça, l’amour !

Émotion, Noir, Polar, Suspense

Les Ronds dans l’eau

de Hervé Commère
Poche – 13 février 2014
Éditeur : Pocket

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Un truand paranoïaque en cavale depuis quarante ans.
Un serveur dépressif qui voit son ancien amour se trémousser dans un jeu de téléréalité.
À priori, aucun lien entre ces deux hommes que tout semble opposer et qui ne se connaissent pas. Sauf peut-être une lueur dans le regard d’un vieil homme. Ou l’obsession d’un journaliste à réunir les pièce d’un vieux puzzle.
Sauf peut-être les ronds dans l’eau.
Car certains actes ont des répercutions inattendues, même très longtemps après avoir été commis…

“Un ovni littéraire, tantôt poétique ou violent. Toujours surprenant et parfaitement ciselé.” Ouest France

“Le thriller à la française a trouvé un de ses meilleurs ambassadeurs.” Direct Matin

 

2021_045_Commère Hervé - Des ronds dans l'eauDédicace

 

Impossible de résumer ce roman.
Je ne sais même pas par où commencer, il y a une telle richesse d’idées…
Tellement de personnages importants…

Et si je commençai par la fin ?
Par exemple le neuvième chapitre de l’épilogue ?
Rarement une fin ne m’aura autant bouleversé, et j’avoue avoir ressenti quelques picotements aux yeux avant de sentir une larme couler sur ma joue…

« Les ronds dans l’eau » est un polar et en même temps bien plus que cela !
Ce petit chef d’œuvre, avec deux intrigues qui ne cessent de se mêlées, pleines de suspense, est aussi une belle et triste histoire d’amour.

L’intrigue est bien menée et la construction du roman parfaitement fluide et maitrisée. Chaque chapitre est un rebondissement distillant de nouvelles informations, créant ainsi de nouvelles intrigues.

Fidèle à son thème de prédilection, à savoir l’importance du hasard dans la vie quotidienne, Hervé Commère nous livre un chassé-croisé dont il a le secret.
C’est un récit à deux voix :
Jacques, truand à la retraite. Son forfait le plus mémorable, la participation au vol d’un tableau de Manet quarante ans plus tôt…
Yvan, barman. Il découvre avec horreur à la télévision dans un jeu de télé-réalité son ex-petite amie, prête à tout pour remporter la victoire.
Deux vies différentes.
Deux destins qui n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant…

J’avais découvert et beaucoup apprécié le premier livre d’Hervé, la belle mécanique de précision qu’était “J’attraperai ta mort”, suivi très vite de “Sauf”, tout aussi agréable. Mais avec “Les Ronds dans l’eau”, Hervé a, pour moi, bousculé beaucoup de codes…

Une jolie couverture, des intrigues sinueuses, un peu d’humour, beaucoup d’amour et surtout, une écriture envoûtante, un coup de cœur tout simplement.

Je vous le conseille vivement !

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Extraits :

« Quand j’étais petit, on ne se demandait jamais si une fille avait de vrais seins ou non. À l’époque, ce qui était nouveau le restait quelques temps, sans risquer d’être dépassé le mois suivant. Être célèbre n’était pas un métier, on pouvait être heureux sans être riche et top model. Les vedettes de mon enfance avaient eu un parcours, de beaux films, de jolies chansons. On n’était pas là pour rien. Aujourd’hui, la télé me montrait des inconnus, des nouveaux chaque semaine, qui déclenchaient l’hystérie d’un simple battement de cils. On ne parlait plus de musique mais de nombre d’exemplaires vendus, on ne parlait plus du septième art mais de millions de recettes. Je n’y comprenais rien. »
…/…
« – C’est proprement rocambolesque, lâcha-t-il.
Proprement rocambolesque. Bouffonnerie. Je me demandai où ce type avait appris à parler. Il devait trouver les bons films « tout à fait jubilatoires ». Après la pipe du samedi soir, il devait flatter sa femme en lui disant qu’elle avait fait preuve d’une « réjouissante audace », je le voyais d’ici. »

J’attraperai ta mort :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/04/jattraperai-ta-mort-de-herve-commere/

Sauf :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/05/sauf-de-herve-commere/

 

 

Hervé Commère est né en 1974 à Rouen et vit aujourd’hui à Paris. Après J’attraperai ta mort (2009), il a publié Les Ronds dans l’eau (Fleuve Noir, 2011 – Prix marseillais du Polar et prix du roman de la ville de Villepreux), Le Deuxième Homme (Fleuve Noir, 2012), Imagine le reste (Fleuve Éditions, 2014 – prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège) –, Ce qu’il nous faut, c’est un mort (Fleuve Éditions, 2016 – Prix Polars Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire) dont les droits ont été optionnés pour une série télévisée, et Départs (Éditions In8, 2017). Son dernier livre, Sauf, paraît en 2018 chez Fleuve Éditions.
Hervé Commère est traduit en Chine et au Japon.