Émotion, Drame, Humour, Philosophique

Tout le bleu du ciel

de Mélissa Da Costa
Poche – 12 février 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

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Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Un livre aux dialogues impeccables et aux personnages touchants d’humanité. Psychologies magazine

Bouleversant.
Version femina

 

2021_070_da Costa Mélissa - tout le bleu du ciel

 

Je viens de passer mes quatre derniers jours entre rires et larmes…
Quel superbe roman…

C’est le second roman de Melissa que je lis en quelques temps et tous les deux m’ont bouleversés !

“Tout le bleu du ciel” est un roman magnifique, aussi triste que drôle et beau, malgré les sujets traités, la maladie, l’amour, l’autisme, la vieillesse et le deuil. C’est une histoire lumineuse pleine de vie.

Émile, a vingt-six ans lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une forme précoce de la maladie de Alzheimer.
On lui donne deux ans de vie au maximum avec tout ce que cela impliquera, sénilité précoce, il oubliera petit à petit tout ce qui le lie à sa famille à ses proches, les noms des choses et des personnes, ce qu’il faisait la veille, le risque de se perdre à chaque instant, bref, tout son vécu au fur et à mesure.
Il refuse de rester cloué sur un lit d’hôpital durant toutes ses journées à attendre la fin.
Sa famille par contre souhaiterait le remettre entre les mains d’un hôpital, en le faisant participer à un essai clinique.
Tout va trop vite pour lui désormais…

Alors, il décide de tout plaquer, pour voyager dans des endroits qu’il n’a encore jamais vu. Il publie une petite annonce, comme on lance une bouteille à la mer, à la recherche d’un compagnon de route pour la dernière ligne droite de sa vie à travers la France.
Surpris, c’est une femme qui répondra à son annonce, Joanne. On comprendra très vite qu’elle aussi a un passif qui lui pèse sur les épaules. Emile aura un peu de mal à la cerner, ses silences qui meubles des journées complètes, ses habits noirs et son chapeau !
Puis petit à petit… la découverte de l’inconnu, la Liberté, la mer, la forêt, les montagnes, ils vont en pendre plein les yeux et nous aussi. Ensemble ils vont rire, pleurer, oublier, se rappeler, et surtout se soutenir, pour finalement se débarrasser de tout ce qui pèse sur eux, afin d’aller à l’essentiel.

Mélissa m’a vraiment mené très loin dans ce parcours introspectif, elle a traité de sujets grave avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Evidement je me suis attaché à Émile et Joanne et j’aurai voulu poursuivre mon chemin avec eux, mais laissons-les maintenant vivre leur “vie”, raviver leurs souvenirs afin accepter l’inéluctable.

Vous ne me voyez pas, mais peut-être ressentirez-vous mes yeux rougis à travers ses quelques mots.
C’est une histoire prenante, belle où la nature prend une place qui grandit avec la lecture.

Et avec ça un final que je n’ai pas vu arriver, Magnifique !!!
Je ne regarderai plus le ciel, les montagnes et la mer de la même façon.

Un très beau coup de cœur…

Dites les auteurs !
Il va falloir vous calmer un peu… Si tous les romans qui me restent à lire sont dans cette esprit, moi aussi je vais finir par partir sur les routes, de villes en villes et profiter de la liberté…

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Extraits :

« Ils rient à n’en plus pouvoir pendant deux, trois minutes, peut-être quatre, sans s’arrêter, sans réussir à reprendre leur souffle. Ils rient à en avoir la gorge brûlée, les yeux remplis de larmes, ils rient à finir par terre, à genoux, parce qu’ils ne tiennent plus debout. Bon sang, songe Émile quand il parvient enfin à reprendre son souffle, ça, c’est la meilleure thérapie du monde. »

« Ils marchent avec une lenteur infinie. Leurs pas laissent des empreintes dans la neige fraiche. Ils avancent, avec l’impression de n’être pas plus réels que le paysage, de n’être que deux mirages. » « Il a de la chance de faire ce voyage. Quelque part, il a de la chance de savoir qu’il va mourir très bientôt. Sans ça il n’aurait jamais pris le temps de partir, de voyager au cœur de lui-même, de voir les choses avec de nouveaux yeux. »

« Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient. »

« Il faut prendre garde.
– À quoi ?
– À ne pas s’endormir dans sa vie. »

 

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.

Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

« Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade » (2017), sortie en librairie sous le titre « Tout le bleu du ciel » (2019), est son premier roman. Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.

page Facebook :
https://www.facebook.com/M%C3%A9lissa-Da-Costa-Auteure-494686537718514/

Émotion, Philosophique

Ma reine

de Jean-Baptiste Andrea
Poche – 7 février 2019
Éditeur : Folio

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« Grâce à Viviane j’étais devenu immense, j’avais touché le ciel d’une main et la terre de l’autre. Le monde avait retrouvé sa reine et c’était grâce à moi ».

Eté 1965. Shell s’enfuit de la station-service où il a grandi avec ses parents. Sur le plateau qui surplombe la vallée de l’Asse, seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Une fille, comme un souffle, vient à sa rencontre. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai. Dans l’univers fulgurant de Viviane, Shell ne se sent plus différent. Alors par jeu, par amour, il lui obéit, sans s’apercevoir que son dévouement le conduit bien au-delà de ce qu’il avait imaginé.

 

2021_068_Andrea Jean-Baptiste - Ma reine

 

Ce roman qui se lit à la première personne commence tout simplement. Il nous raconte la vie d’un jeune garçon, “Shell”, un enfant pas comme les autres enfants. Hésitant, naïf, maladroit et sincère, maîtrisant mal le langage, il est malmené par la vie, par les autres qui l’entourent à l’école et même par ses parents…

Dès lors, il s’adapte comme il peut à cette vie misérable. Alors, un jour, suite à une conversion avec ses parents, il décide de quitter l’école, de partir de chez lui, pour aller “à la guerre”, dans les Alpes de Haute-Provence.
Sur le chemin vers cette guerre, il fera la rencontre de Viviane, qu’il va tout de suite apprécier. Viviane, est aussi est différente, c’est une fée. Et surtout elle ne fait pas de différences avec lui, comme les autres le font habituellement. Avec elle il peut se sentir normal, même s’il est conscient de sa différence.
Entre eux, un “drôle” de jeu va se mettre en place, elle sera Sa Reine, Il devra lui Obéir. Sa rencontre va complètement changer sa vie, sa perception des choses et même le transformer.
C’est à ce moment-là que le roman a pris un envol différent et que je suis devenu captif du récit, jusqu’à ce qu’il me devienne impossible de m’en détacher.
Comme j’aurai aimer faire durer ces instants et protéger la candeur de Shell de l’inévitable retour à la réalité !

Avec ce premier roman, court et poétique, beau et cruel à la fois, Jean-Baptiste Andrea m’a entraîné avec beaucoup de sensibilité dans “un monde” où les difficultés du handicap mental sont omniprésents… Difficile de ne pas être séduit par Shell, ce jeune garçon candide qui porte un regard tendre et innocent sur le monde et les êtres qui l’entourent.

Un beau roman qui parle de différence, d’enfance, d’amitié et de jeux d’enfants bien sûr… Mais les jeux d’enfants peuvent être parfois bien dangereux…
Au travers de ces pages, la douceur fait place, la justesse aussi, et surtout la simplicité de cette belle histoire.

Un roman tout aussi léger que triste.
Touchant, sensible, poétique et intelligent…
Gros coup de cœur que je vous conseille vivement !

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Extraits :

« On ne se parlait pas chez nous, on s’était déjà tout dit. »

« Quand Viviane arrivait, je sentais bon le savon et j’étais prêt à faire ce qu’elle voulait. Elle inventait un nouveau jeu presque chaque jour. Je n’avais jamais joué avec quelqu’un avant… »

« Je n’arrivais pas à dire quelque chose parce que ça prenait trop de place dans ma tête et que ça ne passait pas par ma bouche. »

« Je tombais, je tombais et j’avais oublié pourquoi. C’était comme si j’étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m’y raccrocher mais je n’attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d’air mouillé.
Je brûlais de vitesse, le vent hurlait entre mes doigts; j’ai repensé à l’époque où on courait le cent mètres à l’école, les seules fois où les autres ne se moquaient pas de moi. Avec mes gardes jambes, je les battais tous. Sauf que là, mes grandes jambes ne servaient à rien. Elles tombaient elles aussi comme des imbéciles. »

« C’est un reflet qui a attiré mon attention. J’avais une mouche sur l’œil, je l’ai chassée et j’ai rampé pour aller voir. Derrière un éboulis, il y avait un sac à dos en toile avec des boucles en métal. Le métal était chaud. J’ai mis du temps à l’ouvrir avec mes doigts gonflés et quand j’ai vu ce qu’il y avait dedans, j’ai pleuré des larmes sèches, c’est pour ça que ça ne compte pas comme si j’avais vraiment pleuré.
Dedans il y avait une lettre, trois boîtes de lentilles et un ouvre-boîte. Sur la lettre il y avait mon nom, enfin il y avait Shell. La faim était loin derrière moi, alors j’ai d’abord ouvert la lettre. Viviane avait une belle écriture penchée qui fonçait dans ce qu’elle racontait. Mais c’était trop compliqué pour moi, surtout dans mon état, les mots sautaient, les lettres tournoyaient. »

 

 

Jean-Baptiste Andrea, né le 4 avril 1971 à Saint-Germain-en-Laye, est un écrivain, scénariste et réalisateur français.

Il grandit à Cannes, où il est élève de l’Institut Stanislas et fait ses premières expériences de scène, d’écriture et de réalisation.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’ESCP, il écrit ses premiers films en anglais et reçoit plusieurs prix pour son film Dead End réalisé avec Fabrice Canepa.

Son premier roman, “Ma reine”, reçoit entre autres le prix Femina des lycéens, le prix du premier roman, le prix Alain-Fournier, le prix de la Fondation Jacqueline de Romilly.

Son troisième roman, “Des diables et des saints” (éditions de l’Iconoclaste), reçoit en mars 2021 le Grand prix RTL-Lire, et en mai 2021 le prix Ouest-France/Étonnants Voyageurs.

Émotion, Roman

Avant la longue flamme rouge

Guillaume Sire
Broché – 2 janvier 2020
Éditeur : Calmann-Lévy

« Il essaye de courir en poussant sa famille devant lui, mais un hurlement ouvre le ciel et une mitraillette frappe des millions de coups de hache partout en même temps. Dans le Royaume, il y a des vrombissements lointains. »

1971 : le Cambodge est à feu et à sang. Saravouth a onze ans. Sa petite sœur Dara en a neuf. Leur mère enseigne la littérature au lycée français. Leur père travaille à la chambre d’agriculture. Dans Phnom Penh assiégée, le garçon s’est construit un pays imaginaire : le « Royaume Intérieur ».

Mais un jour, la guerre frappe à sa porte. Les fondations du Royaume vacillent. Séparé de ses parents et de sa sœur, réfugié dans la forêt sur les rives du Tonlé Sap, Saravouth devra survivre dans un pays en plein chaos, animé par une volonté farouche de retrouver sa famille.

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman restitue une épopée intérieure d’une rare puissance.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Un magnifique roman sur la guerre civile au Cambodge mais surtout un roman sur l’enfance de Saravouth…
Guillaume Sire raconte à sa façon, avec tendresse et intelligence un monde qui se perd et transforme les rêves en pires cauchemars.

Inspiré d’une histoire vraie, ce récit est très dur. C’est le récit d’une enfance meurtrie, d’un pays à l’agonie. D’un enfant qui par la force des choses deviendra “orphelin”, dans un paysage apocalyptique…

Nourri par les lectures de sa mère, Phusati, professeur de littérature, Saravouth, 11 ans, trouve son bonheur dans les livres, dans les histoires qui façonnent son imaginaire, son quotidien, au sein d’une famille aimante. Dans l’esprit du garçon, les personnages d’Homère vont côtoyer ceux de Peter Pan. Il embarque alors sa sœur Dara 9 ans, dans son monde fantastique où les deux enfants voyageront ainsi entre le réel et l’imaginaire.

1971, La guerre éclate, le Cambodge est à feu et à sang…
Sa mère, lui donnant le goût de la lecture, très vite, il se créé un royaume imaginaire : “Le Royaume Intérieur”, qui va lui donner la force de supporter son quotidien au milieu des atrocités de la guerre, “L’Empire extérieur”.
Les mots de René Char, l’auteur préféré sa mère, “Il faut trembler pour grandir”, vont résonner régulièrement dans son esprit.

Le périple que va alors vivre Saravouth, et qu’il devra affronter seul, est porté par l’auteur grâce à une écriture acérée mais délibérément poétique. Ce livre est un véritable Odyssée. On sent l’odeur de la violence et de la mort, de l’insondable folie humaine.

Ce livre est Beau. Ce livre est dur et puissant…
Écrit avec beaucoup d’humanité et de simplicité, il commence comme un rêve d’enfant, se poursuit dans un monde d’adultes sur la vision d’un pays déchiré, et s’achèvera au-delà des pages sur des blessures irréparables.

Livre à mettre entre toutes les mains et à consommer sans modération…

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Extrait :

« Ce n’est pas seulement pour y être moins seul que Saravouth ouvre ainsi à Dara les portes du Royaume, mais parce qu’un jour, en se demandant ce qu’il se passerait si tout à coup il perdait la mémoire, il en est venu à la conclusion que si le Royaume pouvait exister ailleurs que dans sa tête, s’il pouvait être partagé et transmis, cela le protégerait mieux que n’importe quel rempart. Si je l’oublie, elle pourra me le rendre. »

…/…

« Il était une fois, dans un château fort, une princesse enfermée dans la chambre du donjon, son père le roi n’est pas rentré des croisades…
Saravouth trouva la description du château insuffisante. Il décida de la compléter dans sa tête. En plus de l’église, du foin, des chevaux blancs et blonds, des tours en pierres polies, luisantes, des meurtrières et des douves vaseuses, il imagina un toit de verre semblable à celui du pavillon Napoléon-III, une esplanade gardée par des lions sculptés et un clocheton d’émeraude. À l’heure du dîner, le château était complet. Pour franchir les douves, où nageaient des requins et des gobies phosphorescents, il fallait passer un pont-levis en bois vermoulu. Pour compléter les tours crénelées, Saravouth avait ajouté des toits pointus, rouges et laqués. Et pour la princesse, une cheminée d’où s’exhalait un parfum de noisette. Le soir, il ne trouva pas le sommeil avant d’avoir ajouté encore plusieurs détails. Des canards morillons et des buffles dans la cour, des cerisiers, des nuages mousseux et vernissés, des chevaliers en armure, un boulanger et l’odeur du pain : les petits éclats tièdes, la farine envoûtante. Ça se mariait au parfum de noisette. »

 

 

Guillaume Sire est un auteur français, romancier, poète, né à Toulouse en 1985.
Il commence avec la poésie, et des prix remportés à l’Académie des jeux floraux pour L’amour est une impression (2005) et Nymphéas (2006).

Repéré par l’écrivain Denis Tillinac, il publie ensuite son premier roman, Les confessions d’un funambule, aux Éditions de la Table Ronde (janvier 2007). Puis d’autres romans remarqués, notamment Où la lumière s’effondre chez Plon (septembre 2016), Réelle aux éditions de L’Observatoire (septembre 2018) et Avant la longue flamme rouge chez Calmann-Lévy (janvier 2020).

Guillaume Sire tient un blog où il écrit régulièrement : Ce qu’il reste des brumes.

Émotion, Humour, Philosophique

Une bouche sans personne

de Gilles Marchand (Auteur)
Broché – 5 octobre 2017
Éditeur : Points

De sa lèvre inférieure au tréfonds de sa chemise, il a une cicatrice qu’il dissimule sous une écharpe. Le jour, il compte et recompte des colonnes de chiffres. La nuit, il retrouve Sam, Thomas et Lisa au café. Ses trois amis ne savent rien de lui. Un soir, il décide d’ôter le cadenas de son armoire à souvenirs. Et de raconter avec fantaisie l’empreinte que l’Histoire a laissée sur son corps…

“ On se laisse prendre au jeu de l’imaginaire délirant du narrateur qui cache un traumatisme douloureux, et on finit par rêver avec lui.  »
20 minutes

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Une bouche sans personne, est le premier roman de Gilles Marchand.
Pas le premier que je lis, mais l’un de ceux dont j’avais entendu beaucoup de bien…
Dès les premières lignes, je retrouve le style de Gilles, complètement farfelu, déjanté, mais très profond aussi, tout en étant émaillé d’inventions.

Un comptable se cache la journée au milieu de ses chiffres. Il ne vit qu’à travers ses chiffres, ses nombres qui ne l’ont jamais trahi. Il est plus facile de faire des additions que de parler à des personnes. Lorsque l’on compte, on n’est pas obligé de parler.
Mais, quand le bureau ferme, il est seul et cogite. Pas simple de passer inaperçu avec pareille cicatrice. Alors depuis dix ans, le soir venu, il va dans un bar retrouver ses amis, son visage protégé d’une écharpe qu’il n’hôte jamais. Personne ne sait rien de son passé.

Pourtant, un soir, il va de se dévoiler.
L’homme commence alors à raconter… Sa vie, son grand père Pierre-Jean…
Léger et aérien en apparence, le récit devient le roman d’un homme qui se souvient et survit aux traumatismes d’une vie.

Gilles nous offre ici un roman sur l’amitié, et la solitude. Il jongle admirablement bien avec les ingrédients de la vie créant un roman à la fois léger et profond, humain, et habilement construit, serti d’une écriture poétique, douce et pleine de fantaisie.

Nous ne connaîtrons jamais ni le nom, ni le prénom du narrateur traité à la première personne du singulier.
Mais est-ce bien indispensable ?
N’est-ce pas un outil supplémentaire que nous donne l’auteur afin de plonger avec lui dans son monde ?

Vous l’aurez compris j’ai beaucoup aimé ce livre !
Magique, fort, et puissant, l’âme de Boris Vian vient parfois se glisser entre certains mots entraînant un mélange de belle écriture et de métaphores justement dosées…

La fin du roman, m’a bluffé et donne à l’ensemble du récit tout son sens, qui sort des sentiers battus. Un premier roman attachant où vaincre l’horreur est une affaire de mots autant qu’une affaire de cœur.
Que c’est bon de lire un livre tout simplement bien écrit, précis et rempli d’humanité.
Je ne peux que vous recommander ce livre.

 

Hier,

Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loin
Aujourd’hui, on dirait qu’ils sont là dans le but de perdurer
Oh, je crois en hier

Soudainement, je ne suis pas la moitié de l’homme que j’étais
Il y a une ombre suspendue au-dessus de moi
Oh, hier est venu soudainement

Pourquoi devait-elle partir, je ne sais pas, elle ne l’a pas expliqué
J’ai dit quelque chose de mal, maintenant hier me manque

Hier, l’amour était un jeu tellement facile à jouer
Aujourd’hui j’ai besoin d’un lieu pour m’isoler
Oh, je crois en hier

 
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Extrait :

« Pourquoi n’enlèves-tu pas cette foutue écharpe ? »
Silence. Il continue à me regarder dans les yeux tandis que Sam s’efforce de prendre un air dégagé. Ce n’est pas la première fois qu’ils m’interrogent à ce sujet. Depuis le premier jour, ils me disent que je peux la retirer. « Il fait trop chaud dedans », « Tu auras froid en sortant », « On est entre amis, tu n’as rien à craindre »… Ils sont revenu plusieurs fois à la charge sans trop insister et finissant par s’excuser de se mêler de ce qui ne les regarde pas. Je n’ai jamais cédé. Il n’y a pas de négociation possible, parce que je n’ai rien à y gagner. Et on ne négocie pas avec les amis.
Pourtant, ce soir c’est différent. Il y a autre chose. Pas de la pitié, mais quelque chose qui flotte dans l’air, entre le comptoir, la réserve, notre table et la porte d’entrée. Quelque chose qui joue avec la fumée de nos cigarettes, qui voile leurs regards et fait vibrer leurs voix d’un timbre que je ne parviens pas à identifier. J’ai bien envie de leur demander ce qui se passe, optant pour la formule la plus efficace en ces circonstances :
« Qu’est-ce qui se passe ?
– Rien, pourquoi ?
– Mais si, je le sens bien. Il y a comme une odeur. Vous savez, ces odeurs décrites dans certains livres, ces odeurs indéfinissables dont on ne sait jamais si elles existent ou s’il s’agit de simples figures de style, comme celle de la peur de l’argent. Un truc qui passe et que je n’arrive pas saisir.
– Une odeur errante ? » Sam est mal à l’aise et commence à remuer sur sa chaise.
« Vu la description, je dirais plutôt rôdante, ajoute Thomas. »

 

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux.

Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent.
Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les « Talents à suivre » par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants « Libr’à Nous » en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

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“Un funambule sur le sable” de Gilles Marchand

Une écriture fluide et pleine de délicatesse…

Un funambule sur le sable
de Gilles Marchand (auteur)
Poche – 14 juin 2018
Éditeur : Points

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Naître avec un violon dans la tête, c’est impossible ? C’est pourtant ce qui est arrivé à Stradi. Depuis son enfance, il souffre de l’incompréhension, de la maladresse ou de l’ignorance de ceux qui partagent son quotidien. À ces souffrances, il oppose un optimisme invincible. De petites victoires en désillusions, il apprend à vivre dans un monde qui ne semble pas fait pour lui.
 » Il faut vraiment partir à la découverte de ces pages, il faut se laisser prendre au jeu de cette musique-là. Peut-être entendrez-vous alors, dans le silence de la lecture, la douce mélodie qui rythme la vie de Stradi.  »

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Une bouche sans personne, son premier roman, a connu un immense succès.

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Bonjour à toutes et à tous…

Une écriture fluide et pleine de délicatesse…
Comme dans son recueil de nouvelles, il y a tout un monde poétique dans ce récit et une belle histoire d’amour. Gilles m’a emporté de nouveau dans son univers onirique et magique à la manière d’un Boris Vian…
D’ailleurs très vite ce n’est plus une simple histoire, c’est un conte moderne plein de poésie.

Je suis passé par beaucoup d’émotions.
Gilles traite avec beaucoup de pudeur, de fantaisie aussi, de la différence et des handicaps visibles ou pas. Stradi le héros, attachant et sensible est différent, il a un violon dans la tête, de plus c’est un grand rêveur. Ses particularités le différencie, et l’isolent du reste des gens. Il est entouré par une galerie de personnages incroyablement atypiques, loufoques, charmants ou méchant, mais l’humour est toujours très présent. Stradi va vivre des aventures incroyables, mais son optimisme constant nous oblige à réfléchir sur nous-mêmes, sur notre vie mais aussi sur les handicaps quels qu’ils soient.

Vrai coup de cœur pour ce roman, pour cet univers rempli d’émotions…
Gilles Marchand est définitivement un auteur à suivre !

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Extrait :
“J’y avais bien réfléchi, ce n’était pas le monde qui n’était pas fait pour moi, mais la société, ce qui était totalement différent. Rien ne m’empêchait de vivre, d’être heureux et amoureux. Le système scolaire attendait de moi que je suive le même rythme que mes camarades, les parents de Lélie désiraient un jeune homme comme les autres pour leur fille, les médecins attendaient une tête sans instrument. La société dans son ensemble n’attendait et ne désirait qu’une seule chose de moi : que je soit comme tout le monde. Depuis des années, je me battais pour m’adapter à cette société qui m’avait toléré. Mais cette société faite par des hommes et des femmes n’était pas quelque chose de naturel. La société avait décidé que l’on pouvait manger des vaches et des veaux mais surtout pas de chats, elle avait décidé que les hommes pouvaient avoir plus de responsabilité que les femmes, qu’il était normal qu’il y ait des riches et des pauvres, que l’on devait vouvoyer un adulte mais que ces derniers n’étaient pas tenus de vouvoyer un enfant. La société avait établi tout un tas de règles mais n’avait rien prévu pour les gens qui n’étaient pas capable de les suivre pour des raisons indépendantes de leur volonté. Elle acceptait mais ne leur donnait pas une réelle chance, à part celle de rester bien sagement assis sans trop déranger et surtout, surtout, sans oublier de dire merci.”

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le roman de Bolano avec Eric Bonnargent. Il rencontre un immense succès avec son premier roman solo, Une bouche sans personne (prix Libr’à nous 2017). Son deuxième roman, Un funambule sur le sable, confirme la naissance d’un écrivain.

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“Des mirages plein les poches” de Gilles Marchand

Des mirages plein les poches
de Gilles Marchand (auteur)
Broché – 19 octobre 2018
Éditeur : Aux Forges de Vulcain

Un musicien de rue, un homme qui retrouve sa vie au fond d’une brocante, des chaussures qui courent vite, deux demi-truites, une petite lampe dans un couffin, le capitaine d’un bateau qui coule, la phobie d’un père pour les manèges, un matelas pneumatique… On ne sait jamais qui sont les héros des histoires de Gilles Marchand : objets et personnages se fondent, se confondent et se répondent chez cet auteur qui sait, comme nul autre, exprimer la magie du réel. Sous ses airs de fantaisiste, il raconte la profondeur de l’expérience humaine.

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Bonjour à toutes et à tous…

La nouvelle est un format qui à du mal à plaire aux gens…
Et pour cause, pas facile en quelques mots, d’arriver à capter et à mener le lecteur là, où le veut l’auteur !

Gilles est un orfèvre en la matière.
Pourquoi lui, plus que beaucoup d’autres ?

Je ne saurais vous le dire… Mais sont écriture rime avec plaisir !
14 nouvelles, toutes simples, banales presque. Des histoires du quotidien.
Qui font sourire, tantôt mélancoliques, pétillantes, émouvantes.
Mais elles ont toutes quelque chose en commun.

C’est leur poésie…
Les mots, tels des balles de ping-pong, rebondissent d’une phrase à l’autre et on se demande à chaque fois ce que l’auteur va encore nous donner…

Gilles est un poète.
Fantaisiste, oui ! Un peu fou ? peut-être…
Mais entre mirages et réalité son monde est beau, son monde est bon.
Certaines nouvelles sont très courtes, mais portent quand même cette mélodie, qui vous donnera le sourire aux lèvres.
Les plus longues vous feront toucher des mots et des images imprévisibles.
Et jamais au grand jamais n’essayez de deviner la chute de l’un de ses récits.
Vous perdriez votre temps, tellement l’esprit de Gilles se joue de toute normalité !

Un vrai petit bijou, à offrir, à partager, à lire à voix haute aussi.
Je l’ai fait !
Les phrases résonnaient différemment dans mon salon que dans ma tête…
Cheminée allumée, chien, chats qui dormaient sur le canapé. J’avais les choses bien en main… Le bonheur, vous connaissez ?

Une nouvelle m’a émue, plus que les autres à sa lecture…
J’avais l’impression d’y découvrir une partie de moi, une partie de ma vie,
“Deux demi-truites”.

Beaucoup de cœur dans tes récits, Merci Gilles…
Et à très bientôt !

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Extrait :
“Mon père était champion de boxe. Champion, je ne sais pas trop, mais boxeur, ma mère on était la preuve vivante et tuméfiée. Là d’où je viens, ça n’avait rien d’exceptionnel. Pas mal de copains à l’école vivaient des trucs similaires. Il suffisait de voir dans les vestiaires les coquarts, les bleus sur les bras ou le torse. Pas besoin d’en parler pour savoir. C’était comme ça. Personne pour s’en souciait vraiment, d’ailleurs. Il y en avait pour dire que c’était la faute de la misère. Mais c’était tout ce qu’on avait connu, alors la misère, on ne savait pas trop ce que c’était.”

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le roman de Bolano avec Eric Bonnargent. Il rencontre un immense succès avec son premier roman solo, Une bouche sans personne (prix Libr’à nous 2017). Son deuxième roman, Un funambule sur le sable, confirme la naissance d’un écrivain.

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“Cabossé” de Benoît Philippon

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée »… Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas… Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but. Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

Cabossé
de Benoît Philippon (Auteur)
Broché – 8 septembre 2016
Éditeur : Gallimard

2019_001_benoit philippon - cabossé

Bonjour à toutes et à tous…

Benoît Philippon est un menteur.
Benoît Philippon est un tricheur…

Sous couvert d’un premier roman “cabossé”, où il nous raconte la vie de Roy, un géant, un colosse au visage déformé, une sale gueule, quoi ! Benoît Philippon, nous entraîne dans un monde très sombre…
Malmené par la vie qui l’a détruit, mais il le lui rend bien, par ses colères,
ses destructions, coups, violences physiques et mentales.
Roy est une bête qui ne parle qu’avec ses poings…

Puis un jour Guillemette “tombe” dans sa vie.
Guillemette fragile, chétive face à ce géant.

C’est à partir de là, que le mensonge de Benoît échoue. Le “cabossé” à une âme, une sensibilité. À l’intérieur de la tête de Roy, bouleversements, chamboulements naissent à fleur de peau, jusqu’à exploser littéralement.

Je ne suis plus dans un Polar ou un roman noir… Je lis de la poésie !
Les mots sont différents certes, mais la musique est là, bien présente, bienveillante.

La bête et la belle se transforme en Juliette et Roméo.

Un roman formidable avec une écriture qui ne l’est pas moins. J’ai beaucoup ri aussi malgré le sombre scénario de l’histoire. Les mots font tache parfois, mais percutants à tous les coups !
Benoît n’écrit plus il grave son histoire d’une plume acérée, crue, brute de décoffrage, il tatoue directement ses idées sur la peau de Roy, en prenant un plaisir certain à jouer avec ses mots imagés.

C’est un hymne magnifique à l’amour, c’est une histoire formidable, que dis-je… C’est de la vraie littérature…
Difficile de sortir de ce Road movie désespéré, incroyablement émouvant.
Le petit clin d’œil à “Mamie Luger” me laisse augurer de belles surprise pour le second roman de Benoît !

Un auteur incroyable à découvrir sans perdre un instant !
Roy et Guillemette vont rester dans mon cœur un moment.

Par ailleurs ce matin j’ai regardé “Lullaby for Pi”, film écrit et réalisé par Benoît.
Amateurs de jazz, de blues et de belles histoires, vous savez désormais ce qui vous reste à faire !

2019 démarre sur les chapeaux de roues !!!

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Extrait :
“Roy a rencontré son premier employeur de cette façon. Sergueï. Un type charmant. Qui gagné à être connu. Surtout des forces de police. Sergeî a vu passer Roy dans la rue et l’a suivi. Il a d’abord vu le format exceptionnel de Roy : la machine de guerre. Puis il a vu s’agacer du prix prohibitif du demi sur le zinc dans un rade pourri de Belleville. Il a vu le gérant du bar voler à travers sa baie vitrée et finir dans la benne à ordures du chantier d’en face : la colère. Puis Sergeî a vu des clients se lever, les potes du gérant – quand on parle de quartier mal famé, on parle de ces gars-là-, cinq types ébréchés qu’on encerclé Roy pour lui souhaiter la bienvenue. Et là, Sergueï a vu Roy sourire : ce mec avait rien à perdre.
Sergueï avait trouvé une recrue exceptionnelle.”

 

Benoît Philippon, né en 1976, est un écrivain, un réalisateur et un scénariste français, auteur de roman noir.
Il réalise son premier film en 2009, Lullaby for Pi, qui réunit Clémence Poésy, remarquée, Forest Whitaker et Rupert Friend. En 2015, il co-réalise le long-métrage d’animation « Mune » qui remporte un important succès critique en France et à l’étranger (600 000 entrées).
En 2017, il signe son premier roman noir, Cabossé chez Gallimard.

Super Mimi est sa première BD.