Émotion, Témoignage

Toujours en chemin

de Michaël Delaporte
Poche – 12 novembre 2022
Éditions : TheBookEdition.com

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J’ai toujours la maladie du « temps qui passe », mais je sais que ce n’est pas grave désormais !
Presque deux ans sans parvenir à écrire. Besoin de vivre pour avoir des choses à dire. Et puis aller vers soi-même suppose un risque, alors j’ai osé souffler sur les braises d’un feu qui couvait, et l’aventure redémarre aujourd’hui en mode pissenlit.
J’ai douté, cherché, attendu, expérimenté. Puis c’est venu, au bon moment. Après deux années d’échanges avec les lecteurs, dont je me suis nourri, j’ai envie de partager avec toi ce qui fait le sel de ma vie, mes joies, mes peines, mes doutes et mes aspirations. Je t’offre ainsi un temps pour toi, ces pensées pouvant accompagner ton chemin.
Douze chapitres pour douze émotions différentes, douze façons différentes de voir le monde. Retournons ensemble en enfance, partons en voyage, acceptons le deuil, explorons notre côté sombre, demandons-nous comment pense l’autre, ayons de l’audace !
Un treizième chapitre… rien que pour toi !
Ce livre est dédié aux femmes. Parce qu’il n’y a pas de plus difficile et de plus belle situation au monde que d’en être une.
Puisse-t-il être une petite graine dans ton jardin. Ce n’est pas un livre que tu tiens entre tes mains, c’est une expérience !
« Parce qu’une histoire bien racontée ne suffit pas, à toi de jouer. »

 

• Couv_100_Delaporte Michaël - Toujours en chemin

 

Après avoir lu en juin 2021 Avant moi, j’étais un autre, qui avait fait remonter en moi de nombreuses sensations, je ne pouvais pas, ne pas suivre Michaël sur ce nouveau “Projet”… D’ailleurs comme toute la “Team Pissenlit”, et beaucoup d’autres personnes, je l’attendais.

Une lecture rapide soit, mais une lecture toute en profondeur. Michaël ne cherche pas à nous embobiner, il est direct et transmet son message en toute franchise, un message fort simple au demeurant… IL FAUT VIVRE !
Nous avons besoin d’amour, d’amitié, besoin d’être triste pour apprécier le bonheur lorsqu’il est là. Un message si simple pourtant, mais que tout le monde oublie, tête baissée, dans notre métro-boulot-réseaux-dodo, qui nous bouffe petit à petit, au point d’en oublier le principal… La vie.

Michaël nous propose alors de le suivre pendant un an. Un an qu’il divisera en autant de chapitres qui y a de mois dans l’année (avec une “p’tite” surprise à la fin…).
Douze mois qui s’enchaîneront, en toute simplicité… De nombreux messages qu’il dédie aux femmes, mais que j’ai pu apprécier de la même façon. J’ai pris cette lecture comme une nouvelle expérience et me suis laisser aller. C’est souvent drôle, mais, surtout vrai et authentique. Les mois défilent… Plus j’avançais, plus j’avais l’impression d’être concerné… Mais en arrivant au mois de décembre, je me suis pris une claque ! Michaël ne parlait plus des autres, il me parlait à moi, directement, il était dans ma tête, il était moi. J’ai eu alors un mélange de tristesse et de bonheur.
Tristesse, car tout ce dont il parle, je l’ai vécu, j’avais dix ans, et comme cela me manque parfois… Bonheur aussi, car il m’a permis de me souvenir de certains détails oubliés. Je suis allé chercher mes albums de photos, avec mon frère, ma famille, mes potes… “Patte d’eph”, cheveux longs, cols roulés à rayures de toutes les couleurs et visages hilares ! Il me suffisait simplement d’ouvrir les yeux !
Merci Michaël, ça fait du bien…

Une pose, un arrêt, dans cette vie ou tout va toujours trop vite aujourd’hui.
Dire STOP, et s’y tenir, voilà le merveilleux cadeau que nous fait Michaël.
Mais ce n’est pas tout… En plus du voyage qu’il nous propose, il y a un chapitre ”raconté”, aussi des graines de pissenlit, et quelques pages qui sont pour nous, où nous sommes libres de les utiliser pour aller, pourquoi pas vers un peu plus de liberté.

Michaël Delaporte, c’est un peu tout ça et plus encore. Je ne peux pas penser à lui sans voir apparaître son sourire et ses yeux lumineux !
Certains diront sûrement “Trop de sensibilité”, “trop de bla-bla”, à ceux-là, je leur dis : Restez dans votre monde (Pour rester poli !)
À tous les autres : Mais, qu’attendez-vous pour découvrir ses deux livres, qu’attendez-vous pour les offrir ?
En-tout-cas, mon cadeau de Noël… Je l’ai déjà eu !

http://www.michael-delaporte.com/le-projet.html

La démarche du « Pissenlit » reposant sur le partage, 10% des bénéfices seront reversés à l’une des associations ci-dessous :
BIBLIO SANS FRONTIERES
GAPEAU TRANSITION

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Extraits :
« Que chaque personne rencontre depuis deux ans, soit remerciée de ce qu’elle m’a apporté. Sans le lecteur, l’écrivain n’est rien d’autre qu’un penseur. C’est dans le partage du message qu’il enfile son costume de passeur de mots.
Et grâce à vous, mon message s’envole de plus en plus, tel un akène de pissenlits… »

« Tout dans ce matin, ressemble à un magazine de déco, et devrait pousser à la sérénité… Le feu crépite dans le poêle, la lueur apaisante des flammes enrobe la pièce d’une douce chaleur, le silence à peine troublé des murmures ménagers enveloppe l’espace, la maison est plutôt bien rangée, pour une fois. Derrière cette volupté apparente pointent pourtant une crainte sourde et une excitation latente. Je suis tellement en éveil que je ne sais plus quelle émotion doit l’emporter. »

« 5h45. Même pas besoin de réveil. Pas un bruit, il fait ce noir profond des matins de l’hiver, et pourtant, me voilà déjà avec les yeux grands ouverts. Comme tous les matins, je me lève trop tôt. Il paraît que l’avenir m’appartient, du coup. Ça me fait une belle jambe. Pour l’instant, j’ai juste des Samsonite© sous les yeux et l’énergie d’un poulpe échoué sur la plage. »

« La corde à sauter, l’élastique et la marelle ! Les parties de tennis dans la rue devant la maison avec une ficelle tendue entre le portail et l’arbre d’en face, avec la raquette en plastique noir et la balle en mousse jaune ? Et le Tang ! Putain, le Tang !! Tout ça, tu vois, tout ça, c’est notre enfance, et quelques fois, je la regrette un peu cette belle période, même si c’était pas rose tous les jours, même si on n’avait pas le choix entre mille films et deux-cents cinquante chaînes de télé, même si c’était moins confortable que maintenant. Au moins, on prenait le temps de faire, d’explorer, d’attendre, et parfois même, je sais que ça va te paraître incroyable, mais quelques fois, on s’ennuyait ! Chose inenvisageable maintenant, où la flemme et l’inactivité sont jugées comme des défauts rédhibitoires. »

 

 

Michaël Delaporte ou la démarche du pissenlit

S’il est né à La Londe, s’il habite Solliès-Pont, il a, depuis de nombreuses années, tissé des liens forts avec La Farlède, notamment grâce à sa belle-mère, Raymonde Marcel, institutrice emblématique du village, à ses filles qui suivent les cours de danse d’Audrey Lhote depuis 12 et 6 ans, ainsi qu’à de nombreux amis de sa génération avec lesquels il partage un goût prononcé pour l’amitié et la fidélité. « Après avoir pas mal roulé ma bosse sur tous les continents, je me suis posé dans mon département natal. Professeur agrégé d’Éducation physique et sportive, j’enseigne à l’université de Toulon. J’adore mon métier ».

Comme un défi qui s’est imposé à lui, le 17 juin 2020, Michaël Delaporte se lance dans l’écriture de son premier ouvrage « Avant moi, j’étais un autre ». Le 20 juillet, le manuscrit est bouclé. Il sélectionne un comité de lecture de 13 personnes, le 24 août, la décision est prise, on publie. Un marathon qui correspond parfaitement au personnage et un concept original car le quadragénaire ne veut rien faire comme les autres. « C’est un livre qui ne s’achète pas », non, il l’offre à 330 personnes de son choix, avec une dédicace, un geste que les lecteurs vont répéter autant de fois qu’ils le veulent. C’est la démarche du pissenlit. « Chacun est invité à lire ce livre, puis à imaginer la liste des personnes qui pourraient être assez sensibles pour comprendre… et il le passe comme un relais ». Une forme nouvelle de communication qui fonctionne à merveille, mais qui s’accompagne également d’une chaîne de transition. Le roman est en vente sur http://www.thebookedition.com car le but est aussi humanitaire. Une partie des bénéfices est reversée à trois associations : « Petits Princes », des enfants malades à l’hôpital de La Timone, Biblio sans frontière et la Vallée du Gapeau en transition.

Aujourd’hui, il frôle les 1 400 lecteurs et les retours sont autant « de doses d’énergie positive » comme il se plaît à le dire. Peut-être aussi des encouragements à récidiver : « Je me suis découvert un sens de l’observation que je ne me connaissais pas ». Avec un style simple et direct, qui touche au cœur, Michaël Delaporte raconte l’histoire d’un homme de 30 ans qui n’a pas de prénom (ou tous les prénoms à la fois). Un homme qui croque les fruits qui passent à sa portée, prend son destin en main, enchaîne les expériences, explore avec émotion l’amour, le couple, l’éducation des enfants. L’occasion pour lui d’y aborder la famille, celle qui lui a été imposée et celle qu’il s’est choisie. Chacun s’y reconnaîtra, avec ses failles, son enthousiasme, ses succès et surtout une maturité qui se construit au fil des pages, non sans écueil, avec pour seul questionnement, celui du temps qui passe.

Avant moi, j’étais un autre
Avant moi, j’étais un autre

Émotion, Drame, Philosophique

Avant que le monde ne se ferme

de Alain Mascaro
Broché – 18 août 2021
Éditions : Autrement

Anton Torvath est tzigane et dresseur de chevaux. Né au coeur de la steppe kirghize peu après la Première Guerre mondiale, il grandit au sein d’un cirque, entouré d’un clan bigarré de jongleurs, de trapézistes et de dompteurs. Ce “fils du vent” va traverser la première moitié du “siècle des génocides”, devenant à la fois témoin de la folie des hommes et mémoire d’un peuple sans mémoire. Accompagné de Jag, l’homme au violon, de Simon, le médecin philosophe, ou de la mystérieuse Yadia, ex-officier de l’Armée rouge, Anton va voyager dans une Europe où le bruit des bottes écrase tout. Sauf le souffle du vent.
À la fois épopée et récit intime, Avant que le monde ne se ferme est un premier roman à l’écriture ample et poétique. Alain Mascaro s’empare du folklore et de la sagesse tziganes comme pour mieux mettre à nu la barbarie du monde.

 

 

Je termine à l’instant “Avant que le monde ne se ferme”.
J’ai encore la gorge nouée… la larme à l’œil.

Quel magnifique premier roman !
Quel superbe cadeau nous offre Alain Mascaro avec ses quelques pages…

C’est tellement poétique… et même magique parfois.

Des mots qui vont et viennent, se tiennent les uns les autres, qui se répondent et s’enchaînent en toute beauté au rythme de la nature, des animaux, de ceux qui aiment la vie, qui donnent et qui partagent… un rythme différent, un rythme qui, comme le dit si bien l’auteur, permet de prendre la mesure du monde…
Un cirque Tzigane, des roulottes qui déambulent au gré des vents et des itinéraires aléatoires, le vent à travers les arbres, des musiciens, des magiciens, des trapézistes aussi, des lions, des paysages de toute beauté et au milieu de ce “petit monde”, Anton, l’enfant, le dresseur de chevaux. Il les aiment, il leur parle, ils le lui rendent bien…

Mais cette vie, belle et sereine, qui aurait du continuer dans sa simplicité, va soudain un jour se trouver percutée par la haine et la folie des hommes. Une guerre. Elle cherche à annihiler les différences, à supprimer certaines races. Dans ce combat, qui n’en est pas vraiment un, Tziganes, Juifs et simples d’esprit, sont devenus “personæ non gratæ”, sont devenus l’obsession des nazis.
Anton, personnage central du récit, va dès lors devenir malgré lui, au milieu de tout cet enfer, celui qui fédère, celui qui montre la voie… vers un avenir encore incertain.

Une écriture tout en contraste.
Après avoir évolué dans la lumière pendant tout le premier tiers de ma lecture, Alain Mascaro nous plonge soudain dans une obscurité étouffante et terrifiante. La guerre, les nazis, les camps de concentration, les meurtres…
J’ai appris beaucoup de choses sur le génocide tzigane. C’est très dur, violent, mais la poésie est toujours là, cachée, elle cherche à retrouver sa place et au fur et à mesure de ma lecture, la revoilà, plus forte, encore plus belle vers un final éblouissant !

Alors, oui, j’ai versé quelques larmes, mais plus que des larmes de tristesse, c’étaient des larmes d’émotions tellement la beauté des mots résonnait en moi…
Un énorme coup de cœur pour ce roman qui m’a emporté vers d’autres contrées. Je le relirai sûrement et assurément avec beaucoup de plaisir !
Un hommage exceptionnel au peuple tzigane et à son histoire.
Je quitte Anton et les siens avec regrets, un peu ému. J’aurais tellement aimé être là-bas, avec eux. Partager leur quotidien, leur bonheur, écouter les mélodies de Jag sur son violon le soir au coucher et au réveil marcher, avec comme seul “objectif“, d’avancer, d’aller de l’avant, d’ouvrir mes yeux et mon esprit, d’écouter le chant des oiseaux, le bruit du vent, regarder les nuages qui découvrent le soleil, les chevaux qui gambadent dans les champs à notre approche. Avancer ainsi vers l’inconnu, vers l’infini…
…vers la liberté !

Merci Alain…

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Extraits :

« Tout commença dans la steppe, dans le cercle des regards qui crépitaient avec le feu de camp. La voix du violon de Jag planait par-dessus l’hiver immobile qui parfois arrêtait le cœur des hommes. Ainsi le vieux Johann était-il mort trois jours plus tôt. Jamais il ne connaîtrait l’enfant à venir.
Ce jour-là, le jour où son père s’en était allé, Svetan avait appris que lui-même allait devenir père. Une vie pour une autre vie, tel était le tribut à payer depuis toujours. Dès qu’une âme s’envolait, une autre se posait dans le creuset d’une mère sous l’orbe d’un ventre rond comme le monde. C’était si étrange de connaître la douleur, la tristesse et la joie en même temps ! »

« Smirna n’était que douceur et poésie. Elle était de ces êtres rares qui enchantent la vie par leur seule présence. Svetan en était éperdument amoureux et sans doute un peu tous les hommes du clan. C’était une Lovara de la plus belle eau, fille de Bachanó le dresseur et de Zymme l’acrobate. La légende disait qu’elle était née sur la piste, parce que sa mère avait perdu les eaux sur son trapèze. »

« Dans la Kumpania, on se méfiait beaucoup de ceux qui savaient lire. Les livres étaient des prisons pour les mots, des prisons pour les hommes. Les premiers comme les seconds n’étaient libres qu’à virevolter dans l’air ; ils dépérissaient sitôt qu’on les fixait sur une page blanche ou un lopin de terre. »

« Ce monde-là n’est plus pour moi, dit-il d’un air las. Autrefois, avant la grande guerre, la terre était libre et ouverte. On voyageait d’une mer à l’autre sans demander à personne et personne ne vous demandait jamais rien. On comprenait qu’on avait passé une frontière quand soudain, on n’entendait plus parler la même langue. »

« Pleure, mon amour, pleure, et qu’avec tes larmes s’en aillent tous tes malheurs… »

« Oui mon garçon, voilà bien tout le drame des hommes : ils sont exactement comme les moutons. On leur fait croire à l’existence de loups et ceux qui sont censés les protéger sont en fait ceux qui les tondent et les tuent. »

 

Je suis né le 23 avril 1964 à Clermont-Ferrand.

Professeur de lettres.

En juillet 2019, ma compagne et moi avons largué les amarres pour un voyage sans date de retour. Après avoir parcouru le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Iran, le Népal, l’Inde, la Birmanie et le Cambodge, nous nous sommes retrouvés bloqués en Thaïlande par la pandémie. C’est en grande partie durant ce confinement thaïlandais que j’ai écrit mon premier roman Avant que le monde ne se ferme. Il a ensuite été retravaillé en Patagonie chilienne…

Cf mon blog de voyage : transhumances.eu

À ce jour, mon roman a reçu les distinctions suivantes :

  • Prix Première Plume 2021 – Furet du Nord – Decitre
  • Prix Talents Cultura 2021
  • Palmarès Livres Hebdo des Libraires (12ème place)

Autres œuvres :

  • Prix Pégase de la Nouvelle de Maisons-Laffitte (1990) pour une nouvelle intitulée Le Galop du Centaure qui est en quelque sorte l’ancêtre d’Avant que le monde ne se ferme.
  • Prix Club Internet Publibook (2001) pour la nouvelle La Sourate de la Répudiation
  • 2e prix (2006) et 3ème prix (2008) La fureur du Noir pour des nouvelles policières
  • Concours de nouvelles Mots Passants de l’Académie de Clermont-Ferrand.

– 2e prix en 2014.
– Finaliste 2020 (pas de classement cette année-là pour cause de Covid).
– 1er prix en 2016, 2018 et 2021.

Adolescence, Émotion, Drame

Un long chemin depuis la rivière des crevettes

de Thierry Essengue
Broché – 23 août 2018
Éditeur : Éditions de l’Onde

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Pascal, un jeune métis, abandonné par sa mère à sept ans va vivre un incroyable destin. D’abord un long combat engagé dans cette vie façonnée par deux cultures, depuis une enfance bercée par les moeurs de l’Afrique jusqu’à une maturité forgée par une forte résilience. Avec authenticité, poésie et émotion, l’auteur nous conte une histoire faite de rencontres extraordinaires, de situations cocasses, épiques ou dramatiques. Un magnifique voyage, par ailleurs enrichi de références historiques, culturelles et géographiques sur le Cameroun qui donnent un accent insolite à ce roman, en redistribuant la loi romanesque du genre et lui donnant une singularité profonde.

 

2021_083_Essengue Thierry - Un long chemin depuis la rivière des crevettes

 

Après la lecture de son premier roman “Pour l’amour de mon petit bout”, que m’avait envoyé Thierry Essengue, il me tardait de lire celui-ci…

C’est une très belle surprise !

“Un long chemin depuis la rivière des crevettes”, c’est la vie de Pascal, jeune métis très tôt abandonné par sa mère qui part avec son frère et sa sœur, obligé de vivre avec un père “qui ne le voit pas” et qui est très dur avec lui.
Réveils à coup de seau d’eau dans le lit, obligations de se débrouiller dans son quotidien, pour aller à l’école (20 km par jour), pour manger aussi. Pascal doit régulièrement cirer les chaussures de son père s’il veut un gagner un peu d’argent, laver tous les samedis la voiture familiale… Pascal à une vie triste et solitaire. Il a très peu d’amis. Très vite il se forge un caractère pour ne pas se faire avoir et va ainsi décider de sa propre vie, en prenant tous les risques.

Il veut savoir pourquoi sa mère l’a abandonné. Pourquoi elle ne lui écrit jamais. Pourquoi il n’a jamais de nouvelles de son frère ni de sa sœur. Pourquoi son père ne l’aime pas…
Quel est donc ce secret qui tourne autour de lui et l’empêche de vivre une vie sereine ?

Malgré la dureté du sujet, c’est un magnifique voyage que j’ai fait au Cameroun, pays que je connaissais fort peu.
La vie des gens, leurs cultures, la religion, la nature aussi, omniprésente. Un voyage extraordinaire avec une famille attachante, de plus en plus nombreuse avec tout un tas de rebondissements !

J’ai aussi beaucoup aimé les références historiques et culturelles disséminées tout le long de la lecture, qui m’ont appris énormément de choses.

Petit “bémol” par contre sur la forme.
Le texte est très beau et j’avais l’impression régulièrement d’avoir changé de pays, mais il y a beaucoup de “coquilles”, fautes d’orthographes, doubles espaces, etc… C’est dommage.
Peut-être qu’un nouvel éditeur pourrait travailler sur ce sujet ?

Un incroyable destin qui m’a fait passer par tout un tas d’émotions. C’est très poétique aussi. Un livre qui mérite vraiment d’être lu par tous ceux qui aime la vie, un message d’amour qui mérite d’avoir une nouvelle vie…

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Extraits :

« Je peux commencer cette lettre par cher père, mais non, ce sera Monsieur, car pour moi tu n’as jamais été autre chose qu’un étranger dont je porte le nom. À l’âge de 7 ans, je me retrouve seul avec un homme que j’appelle « mon père ». Pendant 12 ans, tu ne m’as jamais montré des signes qui m’auraient permis de confirmer cette filiation dans mon esprit et dans mon cœur. »

« – Maman, maman, t’es où ? J’ai quelque chose à te dire !
Aucune réponse, nous cherchons dans toutes les pièces, personne. Il n’y a vraiment personne, ni mon frère, ni ma sœur, ni mon père.
– Écoute, mon petit Pascal, va jouer dans ta chambre, je vais te préparer à manger. Ils vont peut-être arriver entre-temps.
Après le repas, je ne vois personne, je ne comprends pas. C’est alors que mon père arrive et tantine Sophie nous dit au revoir. Après son départ, mon père me prend dans ses bras et me dit :
– Tu sais mon fils, ta mère est partie avec ton frère et ta sœur, sans toi.
Cette explication simple ne veux rien me dire de concret dans l’immédiat, d’autant plus que mon père ne me donne pas d’autres explications. »

« Je vais comprendre que dans la vie, il n’y a pas que des méchants. Il y a aussi des gentils. Cette idée va me permettre au fil du temps, de développer un optimisme à toute épreuve est un espoir dans toutes les difficultés. Je crois aussi, qu’il y’a de la part de Samuel, un peu de pitié, de compassion et d’empathie. Cet homme souffre de ne pas avoir eu du fils et voilà que je suis près de lui, je prends ce rôle de façon involontaire. J’aurais donné ma vie pour retrouver ma mère et Samuel me donne l’impression d’être prêt à tout, pour atténuer ma peine. »

 

 

Thierry ESSENGUE est passionné de poésie et d’écriture depuis son adolescence. À travers les mots, il traduit sa sensibilité, aime faire ressortir les valeurs et les richesses de belles rencontres.
Aussi, celles des relations humaines du quotidien et la pudique expression de la sensualité. C’est pourquoi l’écriture – et surtout les mots, comme l’amour, l’amitié – fait partie des plus belles expressions de la vie qui ont cette magie. Cela nous aide à nous évader ou à nous transporter.
Il vit à Vaires-sur-Marne, et est responsable technique dans la maintenance du patrimoine des investisseurs.

Émotion, Drame

Pour l’amour de mon petit bout

de Thierry Essengue
Broché – janvier 2020
Éditeur : Copymédia

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Paõlo grandit à Bahia do Brazil, le berceau de ses ancêtres. Il est bercé par le son du carioca et par la culture multicolore de l’esprit et du corps, hérité de son père. Il est avide de liberté, de voyage à la recherche de belles rencontres et aussi d’amours passionnels. Au hasard d’une soirée, il rencontre la future femme de sa vie et quelques années après, il réalise son rêve, être père. Pourtant la vie va rapidement perturber ce rêve et son chemin deviendra un enfer.
Des années après, car la foi et l’abnégation qui ont animé son combat, ne l’ont jamais quittées, il retrouve son petit bout qui est devenu une jeune femme.
C’est alors un message d’amour chargé de tendresse, d’émotion et de poésie pour sa fille.

 

2021_059_Essengue Thierry - Pour l'amour de mon petit bout.jpg

 

Rarement dans mes lectures je n’ai autant haï…

Le récit se divise en trois parties.

C’est d’abord l’histoire d’un baroudeur…
Paõlo est un amoureux. Un amoureux des femmes, un amoureux des voyages, de liberté et d’Histoire aussi. Il est né et a grandit à Bahia, terre de ses ancêtres.
Il nous raconte son passé, sa famille, les liens avec son frère João tous les voyages qu’il a réalisé, son amour de Paris et de son architecture.

Puis c’est la rencontre avec Renelle…
Lors d’un dîner chez son frère qui lui présente Sophie, sa petite amie. Alors qu’il sortait d’une rupture, Paõlo va rencontrer celle qui sera la femme de sa vie !
Ils vont vivre alors trois années d’amour fou, de fusions et d’émotions…

Un jour, Paõlo parle à Renelle de son envie de devenir père, qui serait pour lui la consécration de leur couple…
Renelle ne se sent pas prête et lui demande un peu de temps. Régulièrement il va lui en parler jusqu’à ce que finalement elle accepte. Ensemble ils auront une petite fille, Hilda.
Très vite c’est toute leur vie qui bascule… Leurs rôles de parents n’est pas vécu de la même façon pour l’un et l’autre, à tel point que finalement ils se perdent. Quand Paõlo parle à Renelle de son désir de la quitter, elle lui annonce qu’il peut faire ce qu’il veut mais qu’il le paiera cher !

Commence alors une “guerre” que vous ne pourrez jamais imaginer. Jusqu’où peut aller la folie, la rancœur et la méchanceté. Bien sûr je me suis mis à la place de ce papa et j’ai souffert avec lui de le voir emporté dans un tourbillon de violence et d’injustice qu’il ne gère plus du tout. Toute sa vie est remise en cause.

Malgré la dureté du sujet, c’est un très beau roman. Le début fait rêver, il y a de très bons passages avec beaucoup d’émotions. L’écriture est fluide avec beaucoup de poésie. L’amour que porte le papa à sa fille malgré tout ce qu’il lui arrive est incroyable… malgré la colère et la rage qui bouillonne en lui. Il souffre de ne pas avoir vu son enfant depuis plusieurs années. Mais il est sûr qu’un jour elle lui reviendra.
Très beau moment de lecture !

Soyez indulgent pour les coquilles que vous trouverez par-ci, par-là…
Une nouvelle édition est prévue, elle sera revue et corrigée aux Éditions Sydney Laurent début septembre.
Il serait dommage de passer à coté de cette histoire déchirante et belle à la fois.

À noter aussi que c’est Thierry Essengue qui a dessiné le visuel de la première de couverture, ainsi qu’un visuel dans le roman !

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Extraits :

« Le jour du départ est arrivé, je suis dans la file d’embarquement mon regard se disperse comme s’il cherchait quelque chose de précis. Non, je suis déjà dans l’envoûtement du départ. Me voilà dans l’avion et après trois heures trente de vol, nous sommes à Taormina. Je m’installe à l’hôtel et je m’aperçois avec bonheur que de la fenêtre de ma chambre, j’ai une vue imprenable sur le sommet de l’Etna. Le soir même, j’assiste à un fabuleux coucher de soleil que je mitraille avec mon appareil photo acheté pour l’occasion. Mes yeux suivent lentement cette clarté multicolore qui se perd derrière la montagne. J’ai envie de retenir cette chute vertigineuse pour qu’elle dure longtemps car je me délecte de ce spectacle si simple et pourtant extraordinaire. »
…/…
« Voilà quatre mois que je n’arrive pas à te voir, alors que j’ai respecté les exigences de ta mère, j’ai payé la pension alimentaire mais chaque fois, elle trouve une excuse pour m’empêcher de te voir. Je tente depuis des mois de t’avoir au téléphone en vain. Chaque fois que j’appelle, personne ne décroche. Je me déplace et je sonne à l’interphone, personne ne répond, alors que les volets sont ouverts et qu’il y a de la lumière dans la cuisine qui donne sur la façade, je suis certain que vous êtes là… Après plusieurs tentatives infructueuses, je repars chaque fois chez moi, le moral en berne. Ce rituel devient hélas habituel pour moi. Alors que j’étais prévenu, j’ai du mal à l’accepter et il est difficile pour moi de le vivre. Alors, je subis encore et encore. »

 

Thierry et Essengue responsable technique de la gestion du patrimoine réalise là son deuxième roman. Après « un long chemin depuis la rivière des crevettes » qui vous avait plongé dans l’histoire du Cameroun. Le voilà qui vous transporte à travers chaque page tournée, vers le monde de la pure émotion chargé de poésie, de Bahia à Paris.

Émotion, Roman

Mamma Maria

de Serena Giuliano
Broché – 5 mars 2020
Éditeur : Cherche Midi

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“Ciao, Sofia, qu’est-ce que je te sers ? Comme d’habitude ? Et j’ajoute un cornetto, parce qu’il faut manger, ma fille !
– Oui, merci, Maria.”
Je m’installe en terrasse, face à la mer, comme chaque matin depuis que je suis de retour en Italie. J’aime bien travailler au son des tasses qui s’entrechoquent. Et, au Mamma Maria, j’ai toujours de la compagnie. Il y a ceux qui viennent tuer le temps. Il y a les enfants qui rêvent devant le comptoir à glaces. Il y a les ados qui sirotent un soda, monsieur le curé, et, surtout, mes partenaires de scopa.
Ici, on vient échanger quelques mots, partager un apéro, esquiver la solitude ou écouter Celentano. Moi, je viens pour me persuader que j’ai bien fait de quitter Paris… et l’autre abruti.
Il fait quand même meilleur ici.
Et puis, on cherche aussi à profiter de la bonne humeur (ou non) de Maria, qui mène, comme une mamma, tout ce petit monde à la baguette.
Bref, j’ai enfin retrouvé mon village paisible.
Enfin, paisible jusqu’au jour où…

PRIX BABELIO LITTERATURE FRANCAISE 2020

 

2021_020_ Giuliano Serena - Mamma Maria

 

Bonjour à toutes et à tous,

Benvenuti a “Mamma Maria” !
Le petit bistrot où tout le monde vient prendre un café le matin ou un apéritif un peu plus tard. Bienvenue sous le soleil italien qui, en ces temps un peu triste, m’a fait rêver et oublier un peu le présent. J’ai eu l’impression d’avoir passé quelques jours à tremper mes pieds dans les eaux turquoise de la côte Amalfitaine. Une belle bouffée d’air !

L’histoire de Serana parle d’amour, d’amitié, de deuil et bien sûr de la famille…
Un « court » roman fort généreux, comme un bon plat de pâtes à l’italienne !

Tout le long du récit, j’ai trouvé des personnages merveilleux, très hauts en couleurs, avec beaucoup de caractère pour certains, de la compassion pour d’autres… Sofia, Maria et tous les autres nous offrent des moments de vie passionnants et beaucoup d’amour.

Le thème principal, traité avec élégance et finesse, n’étant pas indiqué dans le résumé, je garderai le secret !
Mais, il est d’actualité et dans cette histoire, il fera réfléchir tous les lecteurs…

Dans ce roman, il n’y a pas beaucoup d’intrigue.
Pas de tueurs en série, ni de courses poursuites non plus !
C’est roman très agréable et doux.
Un roman vivant, qui parle parfois un peu fort et avec les mains !
Un roman dans lequel on passe un bon moment, si bon qu’on pourrait y rester des heures.
Certains chapitres sont même de véritables cartes postales, il vous sera impossible de rester de marbre face à ces descriptions grandioses.
Un roman qui aborde, avec justesse, le racisme, la solidarité, l’amitié, la perte d’un être cher et la tolérance aussi…

J’espère que, comme moi, vous aurez envie de faire la connaissance de Maria, de Sofia, de Gianna… Franco bien sûr, Souma, Ugo, Antonio et bien d’autres encore…
Ils sont tous là, derrière la porte du bar. Ils vous attendent. Et qui sait ! Peut-être pourrez-vous boire un apéritif avec eux ? Un Amalfitano bien frais !

Alors n’hésitez pas, quittez votre fauteuil le temps d’une lecture sur la côte italienne, et venez pousser la porte du “Mamma Maria”…

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Extraits :

« je ne t’ai pas vu à l’église, dimanche, me lance le prêtre.
– Avec tout le respect que je te dois, Don Aniello, je n’y suis pas les autres dimanches non plus !
– Oui mais c’était un jour particulier…
– Pas pour moi.
– Tout le monde était là. Même Pino.
– Tant mieux pour toi, ça t’a fait plus de sous pour la quête… Les mariés étaient beaux aujourd’hui.
– Très. Tu sais que j’avais baptisée cette petite. Comme le temps passe vite.
– C’est un beau métier que de célébrer la naissance et l’amour.
– Oui, c’est presque toujours une bénédiction de faire ce que je fais.
– Presque toujours ? Bah alors ! Dieu ne serait pas un patron irréprochable ?
– Parfois c’est un peu difficile, d’obéir à ses ordres…
– Quand ça ?
– Quand il me demande d’enterrer mes amis, par exemple. »
…/…
« “On a passé la journée derrière les fourneaux, m’a expliqué Franco. Moi, j’apprends sa cuisine, et elle, la mienne.”
Pendant le repas je me suis rendu compte qu’il était plus facile d’avoir de la colère pour des inconnus derrière un écran de télévision qu’en face et en réalité. Lorsque “ces gens là”, comme je les ai souvent appelés, plongent leurs yeux dans les vôtres, lorsqu’on se retrouve devant une femme qui a préféré risquer mourir en pleine mer plutôt que de laisser ses enfants grandir dans un pays où il ne seraient pas libres, on se sent tout petit.
Et très con, aussi. »

 

 

Serena Giuliano est italienne mais a aussi quelques défauts. Elle écrit – en français – sur les réseaux et sur papier.

Elle arrive en France, en 1994. Elle a alors 12 ans et ne parle pas un mot de français. En trois mois, elle maîtrise la langue et se hisse au niveau de ses camarades de classe.
Après un BTS dans le domaine bancaire, elle se lance comme conseillère en image et crée un blog mode et beauté.
Mère de deux fils, elle crée son blog autour de la maternité, « Wonder mum », en 2013.
Après trois ouvrages « Wonder mum » (2014-2016), succès littéraire de l’année 2014, elle signe avec « Ciao Bella » (2019) son premier roman.
« Mamma Maria » (2020) remporte le prix Babelio 2020, dans la catégorie littérature française.
Serena Giuliano vit à Metz.