Adolescence, Émotion, Drame

Un long chemin depuis la rivière des crevettes

de Thierry Essengue
Broché – 23 août 2018
Éditeur : Éditions de l’Onde

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Pascal, un jeune métis, abandonné par sa mère à sept ans va vivre un incroyable destin. D’abord un long combat engagé dans cette vie façonnée par deux cultures, depuis une enfance bercée par les moeurs de l’Afrique jusqu’à une maturité forgée par une forte résilience. Avec authenticité, poésie et émotion, l’auteur nous conte une histoire faite de rencontres extraordinaires, de situations cocasses, épiques ou dramatiques. Un magnifique voyage, par ailleurs enrichi de références historiques, culturelles et géographiques sur le Cameroun qui donnent un accent insolite à ce roman, en redistribuant la loi romanesque du genre et lui donnant une singularité profonde.

 

2021_083_Essengue Thierry - Un long chemin depuis la rivière des crevettes

 

Après la lecture de son premier roman “Pour l’amour de mon petit bout”, que m’avait envoyé Thierry Essengue, il me tardait de lire celui-ci…

C’est une très belle surprise !

“Un long chemin depuis la rivière des crevettes”, c’est la vie de Pascal, jeune métis très tôt abandonné par sa mère qui part avec son frère et sa sœur, obligé de vivre avec un père “qui ne le voit pas” et qui est très dur avec lui.
Réveils à coup de seau d’eau dans le lit, obligations de se débrouiller dans son quotidien, pour aller à l’école (20 km par jour), pour manger aussi. Pascal doit régulièrement cirer les chaussures de son père s’il veut un gagner un peu d’argent, laver tous les samedis la voiture familiale… Pascal à une vie triste et solitaire. Il a très peu d’amis. Très vite il se forge un caractère pour ne pas se faire avoir et va ainsi décider de sa propre vie, en prenant tous les risques.

Il veut savoir pourquoi sa mère l’a abandonné. Pourquoi elle ne lui écrit jamais. Pourquoi il n’a jamais de nouvelles de son frère ni de sa sœur. Pourquoi son père ne l’aime pas…
Quel est donc ce secret qui tourne autour de lui et l’empêche de vivre une vie sereine ?

Malgré la dureté du sujet, c’est un magnifique voyage que j’ai fait au Cameroun, pays que je connaissais fort peu.
La vie des gens, leurs cultures, la religion, la nature aussi, omniprésente. Un voyage extraordinaire avec une famille attachante, de plus en plus nombreuse avec tout un tas de rebondissements !

J’ai aussi beaucoup aimé les références historiques et culturelles disséminées tout le long de la lecture, qui m’ont appris énormément de choses.

Petit “bémol” par contre sur la forme.
Le texte est très beau et j’avais l’impression régulièrement d’avoir changé de pays, mais il y a beaucoup de “coquilles”, fautes d’orthographes, doubles espaces, etc… C’est dommage.
Peut-être qu’un nouvel éditeur pourrait travailler sur ce sujet ?

Un incroyable destin qui m’a fait passer par tout un tas d’émotions. C’est très poétique aussi. Un livre qui mérite vraiment d’être lu par tous ceux qui aime la vie, un message d’amour qui mérite d’avoir une nouvelle vie…

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Extraits :

« Je peux commencer cette lettre par cher père, mais non, ce sera Monsieur, car pour moi tu n’as jamais été autre chose qu’un étranger dont je porte le nom. À l’âge de 7 ans, je me retrouve seul avec un homme que j’appelle « mon père ». Pendant 12 ans, tu ne m’as jamais montré des signes qui m’auraient permis de confirmer cette filiation dans mon esprit et dans mon cœur. »

« – Maman, maman, t’es où ? J’ai quelque chose à te dire !
Aucune réponse, nous cherchons dans toutes les pièces, personne. Il n’y a vraiment personne, ni mon frère, ni ma sœur, ni mon père.
– Écoute, mon petit Pascal, va jouer dans ta chambre, je vais te préparer à manger. Ils vont peut-être arriver entre-temps.
Après le repas, je ne vois personne, je ne comprends pas. C’est alors que mon père arrive et tantine Sophie nous dit au revoir. Après son départ, mon père me prend dans ses bras et me dit :
– Tu sais mon fils, ta mère est partie avec ton frère et ta sœur, sans toi.
Cette explication simple ne veux rien me dire de concret dans l’immédiat, d’autant plus que mon père ne me donne pas d’autres explications. »

« Je vais comprendre que dans la vie, il n’y a pas que des méchants. Il y a aussi des gentils. Cette idée va me permettre au fil du temps, de développer un optimisme à toute épreuve est un espoir dans toutes les difficultés. Je crois aussi, qu’il y’a de la part de Samuel, un peu de pitié, de compassion et d’empathie. Cet homme souffre de ne pas avoir eu du fils et voilà que je suis près de lui, je prends ce rôle de façon involontaire. J’aurais donné ma vie pour retrouver ma mère et Samuel me donne l’impression d’être prêt à tout, pour atténuer ma peine. »

 

 

Thierry ESSENGUE est passionné de poésie et d’écriture depuis son adolescence. À travers les mots, il traduit sa sensibilité, aime faire ressortir les valeurs et les richesses de belles rencontres.
Aussi, celles des relations humaines du quotidien et la pudique expression de la sensualité. C’est pourquoi l’écriture – et surtout les mots, comme l’amour, l’amitié – fait partie des plus belles expressions de la vie qui ont cette magie. Cela nous aide à nous évader ou à nous transporter.
Il vit à Vaires-sur-Marne, et est responsable technique dans la maintenance du patrimoine des investisseurs.

Émotion, Drame

Pour l’amour de mon petit bout

de Thierry Essengue
Broché – janvier 2020
Éditeur : Copymédia

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Paõlo grandit à Bahia do Brazil, le berceau de ses ancêtres. Il est bercé par le son du carioca et par la culture multicolore de l’esprit et du corps, hérité de son père. Il est avide de liberté, de voyage à la recherche de belles rencontres et aussi d’amours passionnels. Au hasard d’une soirée, il rencontre la future femme de sa vie et quelques années après, il réalise son rêve, être père. Pourtant la vie va rapidement perturber ce rêve et son chemin deviendra un enfer.
Des années après, car la foi et l’abnégation qui ont animé son combat, ne l’ont jamais quittées, il retrouve son petit bout qui est devenu une jeune femme.
C’est alors un message d’amour chargé de tendresse, d’émotion et de poésie pour sa fille.

 

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Rarement dans mes lectures je n’ai autant haï…

Le récit se divise en trois parties.

C’est d’abord l’histoire d’un baroudeur…
Paõlo est un amoureux. Un amoureux des femmes, un amoureux des voyages, de liberté et d’Histoire aussi. Il est né et a grandit à Bahia, terre de ses ancêtres.
Il nous raconte son passé, sa famille, les liens avec son frère João tous les voyages qu’il a réalisé, son amour de Paris et de son architecture.

Puis c’est la rencontre avec Renelle…
Lors d’un dîner chez son frère qui lui présente Sophie, sa petite amie. Alors qu’il sortait d’une rupture, Paõlo va rencontrer celle qui sera la femme de sa vie !
Ils vont vivre alors trois années d’amour fou, de fusions et d’émotions…

Un jour, Paõlo parle à Renelle de son envie de devenir père, qui serait pour lui la consécration de leur couple…
Renelle ne se sent pas prête et lui demande un peu de temps. Régulièrement il va lui en parler jusqu’à ce que finalement elle accepte. Ensemble ils auront une petite fille, Hilda.
Très vite c’est toute leur vie qui bascule… Leurs rôles de parents n’est pas vécu de la même façon pour l’un et l’autre, à tel point que finalement ils se perdent. Quand Paõlo parle à Renelle de son désir de la quitter, elle lui annonce qu’il peut faire ce qu’il veut mais qu’il le paiera cher !

Commence alors une “guerre” que vous ne pourrez jamais imaginer. Jusqu’où peut aller la folie, la rancœur et la méchanceté. Bien sûr je me suis mis à la place de ce papa et j’ai souffert avec lui de le voir emporté dans un tourbillon de violence et d’injustice qu’il ne gère plus du tout. Toute sa vie est remise en cause.

Malgré la dureté du sujet, c’est un très beau roman. Le début fait rêver, il y a de très bons passages avec beaucoup d’émotions. L’écriture est fluide avec beaucoup de poésie. L’amour que porte le papa à sa fille malgré tout ce qu’il lui arrive est incroyable… malgré la colère et la rage qui bouillonne en lui. Il souffre de ne pas avoir vu son enfant depuis plusieurs années. Mais il est sûr qu’un jour elle lui reviendra.
Très beau moment de lecture !

Soyez indulgent pour les coquilles que vous trouverez par-ci, par-là…
Une nouvelle édition est prévue, elle sera revue et corrigée aux Éditions Sydney Laurent début septembre.
Il serait dommage de passer à coté de cette histoire déchirante et belle à la fois.

À noter aussi que c’est Thierry Essengue qui a dessiné le visuel de la première de couverture, ainsi qu’un visuel dans le roman !

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Extraits :

« Le jour du départ est arrivé, je suis dans la file d’embarquement mon regard se disperse comme s’il cherchait quelque chose de précis. Non, je suis déjà dans l’envoûtement du départ. Me voilà dans l’avion et après trois heures trente de vol, nous sommes à Taormina. Je m’installe à l’hôtel et je m’aperçois avec bonheur que de la fenêtre de ma chambre, j’ai une vue imprenable sur le sommet de l’Etna. Le soir même, j’assiste à un fabuleux coucher de soleil que je mitraille avec mon appareil photo acheté pour l’occasion. Mes yeux suivent lentement cette clarté multicolore qui se perd derrière la montagne. J’ai envie de retenir cette chute vertigineuse pour qu’elle dure longtemps car je me délecte de ce spectacle si simple et pourtant extraordinaire. »
…/…
« Voilà quatre mois que je n’arrive pas à te voir, alors que j’ai respecté les exigences de ta mère, j’ai payé la pension alimentaire mais chaque fois, elle trouve une excuse pour m’empêcher de te voir. Je tente depuis des mois de t’avoir au téléphone en vain. Chaque fois que j’appelle, personne ne décroche. Je me déplace et je sonne à l’interphone, personne ne répond, alors que les volets sont ouverts et qu’il y a de la lumière dans la cuisine qui donne sur la façade, je suis certain que vous êtes là… Après plusieurs tentatives infructueuses, je repars chaque fois chez moi, le moral en berne. Ce rituel devient hélas habituel pour moi. Alors que j’étais prévenu, j’ai du mal à l’accepter et il est difficile pour moi de le vivre. Alors, je subis encore et encore. »

 

Thierry et Essengue responsable technique de la gestion du patrimoine réalise là son deuxième roman. Après « un long chemin depuis la rivière des crevettes » qui vous avait plongé dans l’histoire du Cameroun. Le voilà qui vous transporte à travers chaque page tournée, vers le monde de la pure émotion chargé de poésie, de Bahia à Paris.

Émotion, Roman

Mamma Maria

de Serena Giuliano
Broché – 5 mars 2020
Éditeur : Cherche Midi

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“Ciao, Sofia, qu’est-ce que je te sers ? Comme d’habitude ? Et j’ajoute un cornetto, parce qu’il faut manger, ma fille !
– Oui, merci, Maria.”
Je m’installe en terrasse, face à la mer, comme chaque matin depuis que je suis de retour en Italie. J’aime bien travailler au son des tasses qui s’entrechoquent. Et, au Mamma Maria, j’ai toujours de la compagnie. Il y a ceux qui viennent tuer le temps. Il y a les enfants qui rêvent devant le comptoir à glaces. Il y a les ados qui sirotent un soda, monsieur le curé, et, surtout, mes partenaires de scopa.
Ici, on vient échanger quelques mots, partager un apéro, esquiver la solitude ou écouter Celentano. Moi, je viens pour me persuader que j’ai bien fait de quitter Paris… et l’autre abruti.
Il fait quand même meilleur ici.
Et puis, on cherche aussi à profiter de la bonne humeur (ou non) de Maria, qui mène, comme une mamma, tout ce petit monde à la baguette.
Bref, j’ai enfin retrouvé mon village paisible.
Enfin, paisible jusqu’au jour où…

PRIX BABELIO LITTERATURE FRANCAISE 2020

 

2021_020_ Giuliano Serena - Mamma Maria

 

Bonjour à toutes et à tous,

Benvenuti a “Mamma Maria” !
Le petit bistrot où tout le monde vient prendre un café le matin ou un apéritif un peu plus tard. Bienvenue sous le soleil italien qui, en ces temps un peu triste, m’a fait rêver et oublier un peu le présent. J’ai eu l’impression d’avoir passé quelques jours à tremper mes pieds dans les eaux turquoise de la côte Amalfitaine. Une belle bouffée d’air !

L’histoire de Serana parle d’amour, d’amitié, de deuil et bien sûr de la famille…
Un « court » roman fort généreux, comme un bon plat de pâtes à l’italienne !

Tout le long du récit, j’ai trouvé des personnages merveilleux, très hauts en couleurs, avec beaucoup de caractère pour certains, de la compassion pour d’autres… Sofia, Maria et tous les autres nous offrent des moments de vie passionnants et beaucoup d’amour.

Le thème principal, traité avec élégance et finesse, n’étant pas indiqué dans le résumé, je garderai le secret !
Mais, il est d’actualité et dans cette histoire, il fera réfléchir tous les lecteurs…

Dans ce roman, il n’y a pas beaucoup d’intrigue.
Pas de tueurs en série, ni de courses poursuites non plus !
C’est roman très agréable et doux.
Un roman vivant, qui parle parfois un peu fort et avec les mains !
Un roman dans lequel on passe un bon moment, si bon qu’on pourrait y rester des heures.
Certains chapitres sont même de véritables cartes postales, il vous sera impossible de rester de marbre face à ces descriptions grandioses.
Un roman qui aborde, avec justesse, le racisme, la solidarité, l’amitié, la perte d’un être cher et la tolérance aussi…

J’espère que, comme moi, vous aurez envie de faire la connaissance de Maria, de Sofia, de Gianna… Franco bien sûr, Souma, Ugo, Antonio et bien d’autres encore…
Ils sont tous là, derrière la porte du bar. Ils vous attendent. Et qui sait ! Peut-être pourrez-vous boire un apéritif avec eux ? Un Amalfitano bien frais !

Alors n’hésitez pas, quittez votre fauteuil le temps d’une lecture sur la côte italienne, et venez pousser la porte du “Mamma Maria”…

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Extraits :

« je ne t’ai pas vu à l’église, dimanche, me lance le prêtre.
– Avec tout le respect que je te dois, Don Aniello, je n’y suis pas les autres dimanches non plus !
– Oui mais c’était un jour particulier…
– Pas pour moi.
– Tout le monde était là. Même Pino.
– Tant mieux pour toi, ça t’a fait plus de sous pour la quête… Les mariés étaient beaux aujourd’hui.
– Très. Tu sais que j’avais baptisée cette petite. Comme le temps passe vite.
– C’est un beau métier que de célébrer la naissance et l’amour.
– Oui, c’est presque toujours une bénédiction de faire ce que je fais.
– Presque toujours ? Bah alors ! Dieu ne serait pas un patron irréprochable ?
– Parfois c’est un peu difficile, d’obéir à ses ordres…
– Quand ça ?
– Quand il me demande d’enterrer mes amis, par exemple. »
…/…
« “On a passé la journée derrière les fourneaux, m’a expliqué Franco. Moi, j’apprends sa cuisine, et elle, la mienne.”
Pendant le repas je me suis rendu compte qu’il était plus facile d’avoir de la colère pour des inconnus derrière un écran de télévision qu’en face et en réalité. Lorsque “ces gens là”, comme je les ai souvent appelés, plongent leurs yeux dans les vôtres, lorsqu’on se retrouve devant une femme qui a préféré risquer mourir en pleine mer plutôt que de laisser ses enfants grandir dans un pays où il ne seraient pas libres, on se sent tout petit.
Et très con, aussi. »

 

 

Serena Giuliano est italienne mais a aussi quelques défauts. Elle écrit – en français – sur les réseaux et sur papier.

Elle arrive en France, en 1994. Elle a alors 12 ans et ne parle pas un mot de français. En trois mois, elle maîtrise la langue et se hisse au niveau de ses camarades de classe.
Après un BTS dans le domaine bancaire, elle se lance comme conseillère en image et crée un blog mode et beauté.
Mère de deux fils, elle crée son blog autour de la maternité, « Wonder mum », en 2013.
Après trois ouvrages « Wonder mum » (2014-2016), succès littéraire de l’année 2014, elle signe avec « Ciao Bella » (2019) son premier roman.
« Mamma Maria » (2020) remporte le prix Babelio 2020, dans la catégorie littérature française.
Serena Giuliano vit à Metz.