Histoire, Polar historique, Suspense

Alexandre

TOME 3 : L’horizon d’Aton
de Annette Rossi
Broché – 30 août 2019
Éditeur : Les Sentiers du Livre

Bandeau_Intro_annette.jpg

Les pistes que suivent un archéologue-linguiste et un égyptologue de renom depuis la découverte d’un symbole référant à un pacte conclu à Babylone en 323 avant Jésus-Christ, année où disparaît Alexandre le Grand, les entraînent dans une descente irréversible vers le danger. La trinité, une alliance sans scrupule, met tout en oeuvre pour empêcher la découverte du tombeau du roi macédonien, mystérieusement disparu au début du IVe siècle, époque où fut érigé le Saint- Sépulcre à Jérusalem. Est-ce la Ville sainte qui détient la clé du mystère ? Et qui fut réellement Jésus-Christ ? Le Nemrud Da va-t-il livrer l’indice majeur permettant de percer à jour la vérité ? Est-ce le carré magique Sator qui révèlera le chemin vers la pyramide invisible dans la cité illuminée ? Sur fond de guerre en Palestine et tensions politiques des années soixante-dix, des villes mortes du Proche et Moyen-Orient à l’Égypte, en passant par Pompéi, la Provence et Israël, nos héros, faisant preuve d’une foi et d’une résolution inébranlables, poursuivent leur quête et dévoileront enfin le sens profond de alètheia musterion apocryphe ptoselper.

 

2022_016_Rossi Annette - Alexandre *** L'horizon d'Aton

 

Voilà, c’est fini…
C’est avec de la tristesse, je dois le dire, que je termine le dernier volet de cette trilogie incroyable !

Dans mes deux premiers “Ressentis”, j’avais déjà parlé de la qualité documentaire et historique, mise en place par Annette Rossi, et de la magie qu’il y a dans ses mots…. Ce troisième tome ne déroge pas à “sa” règle. Très bien construit et toujours aussi bien documenté. Mais attention, dans ce tome, le rythme s’intensifie au fur et à mesure… avec d’énormes surprises.
Alors, fiction ou pas ?
Tout est si bien construit que l’on voudrait presque y croire…
Et les derniers chapitres !!! Si inattendus qu’ils pourraient même dérouter certains lecteurs, chaque détail est important.

Tout le long de ses plus de 1200 pages, l’intrigue sera relativement complexe pour tout lecteur qui voudrait juste lire cette épopée comme n’importe quel autre roman.
Non !
Lire la trilogie d’Annette, se mérite presque… Il faudra se mettre à la place des héros, surmonter les différentes épreuves, souffrir aussi avec eux, s’accrocher pour ne pas tomber, et les perdre au détour d’un chapitre plus consistant, mais quel bonheur !

Depuis plus de 45 ans que je lis, et plus de 3000 romans lus, la trilogie “Alexandre” fait certainement partie des meilleurs romans historiques que j’ai lu.
Annette recherche la perfection… Elle obtient des lecteurs éblouis qui vont maintenant se retrouver “orphelins”…
Philippe, Didier, Sophia, Julia et tous les autres nous quittent, après quatre années de quête à travers le monde, après d’incroyables découvertes jusqu’à la fin.

Je recommande vivement la “Trilogie – ALEXANDRE” à tous les amoureux des mots et des intrigues bien ficelées…
Très gros coup de cœur pour cette magnifique Histoire…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La prière du soir, isha, résonne dans la ville. Depuis les nombreuses mosquées de Bursa, les chants des muezzins, comme des échos, s’enchaînent les uns après les autres. Il est presque minuit lorsque, pour la deuxième fois deux la journée, les deux hommes grimpent la ruelle escarpée qui mène au complexe de Bayezid Yildirim. La température est agréable. Un ciel constellé tend un voile d’argent au-dessus du site. Une faible brise balaie les hauts cyprès et fait frémir les feuilles des châtaigniers. Les pierres claires de la mosquée et de la médersa en ruine baignent dans la lumière blanchâtre de quelques lampadaires. »

« L’automne recouvre la Provence. Au pied de la montagne du Lubéron, ondule un paysage aux nuances subtiles enveloppé des senteurs de plantes parfumées. La lumière diaphane caresse les collines de calcaire blanc et adoucit les couleurs flamboyantes des falaises ocre et rouges. Les villages baignés par le soleil veillent au sommet des collines, blottis contre des châteaux. Ils sommeillent au milieu des garrigues et forêts ou dorment encerclés de houles de champ de blé. À l’époque de la floraison de la lavande, les prés sont sublimés par l’alternance de bande bleue caractéristiques du paysage provençal. »

« Hantés par ce qu’ils viennent de vivre et surtout, à quoi ils viennent de survivre, ils fument en silence. Les images de l’attaque ne cessent de les tourmenter. Il est près de minuit. Tous sont épuisés, meurtris. Ils sont déshydratés et le froid est en train de devenir inconfortable. Ils décident de se remettre en route au plus vite. Laila distribue les lampes frontales et les Uzis, chargeurs pleins, puis David, écrasant sa cigarette, propose :
– On y va ? »

« Alexandre, de son vivant, créa sa mort et de sa mort, il créa sa légende qui est le mystère de la vérité qui est le secret que protège la Trinité. »

 

 

Née aux Pays-Bas, passionnée de voyages, d’histoire et d’archéologie, très tôt Annette part à la découverte du monde et consigne ses expériences sur des carnets. Un jour, sur sa route, elle croise deux aventuriers avec lesquels elle se lie d’amitié et qui donneront naissance aux héros de son premier roman. Aujourd’hui, elle vit en France, au pied du mont Blanc dans la vallée de Chamonix.

« Le besoin de décrire ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens, existe depuis mon enfance. Mes voyages me donneront l’occasion d’exprimer cette passion et ces notes donnent naissance à des récits en néerlandais. Plus tard, je découvre le plaisir d’écrire en français. Une langue tellement riche, tellement raffinée, qu’elle permet de trouver toujours le mot juste, la parfaite nuance. Je publie un blog de voyages sur WordPress : Voyages au-delà de l’horizon et un blog d’images en trois langues ; français, néerlandais, anglais : Images au-delà de l’horizon. Puis, un jour, une intrigue traverse mon esprit… »

Annette Rossi

Alexandre – TOME 1 : Le pacte de Babylone
Alexandre * Le pacte de Babylone

Alexandre – TOME 2 : La malédiction de Tamerlan
Alexandre**

Émotion, Cercle littéraire, Polar, Romance

Sœurs de sable

de Stéphane Héaume
Broché – 7 avril 2021
Éditeur : Payot & Rivages

Bandeau_Intro.jpg

1958, une station balnéaire écrasée de chaleur. 2018, un surprenant huis clos au décor raffiné. Rose et Amelia, deux femmes malmenées par la vie et que soixante ans séparent n’ont, on pourrait le croire, rien en commun. Pourtant, un homme, un secret, un cadavre vont relier leurs existences et changer leur destin.
En donnant corps à deux turbulentes héroïnes dans un univers plein de mystère, Stéphane Héaume nous prouve, avec malice et fantaisie, qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort.

Stéphane Héaume est l’auteur de plusieurs romans dont «Le Clos Lothar» (Zulma, 2002, prix du jury Jean-Giono et prix Emmanuel-Roblès) et «Sheridan Square» (Seuil, 2012, prix de la Ville de Deauville).

 

2022_010_Héaume Stéphane - Sœurs de sable

 

Un roman très agréable, au charme désuet, qui m’a rappelé les films adaptés des romans d’Agatha Christie… On y retrouve cette ambiance balnéaire méditerranéenne bien particulière, les hommes en costumes, les femmes avec leurs belles robes et leurs chapeaux, les villas, les hôtels de luxe perchés au milieu des rochers entre les pins… Mais il n’y a pas que ça… Vous croiserez un nain magicien, un très beau Zippo en argent gravé de deux initiales, deux sœurs qui se détestent, des langoustes aussi ! et vous ferez même un voyage en première classe dans un Zeppelin en direction de Porfou… Toutes les descriptions sont méticuleuses et délicieuses.

Stéphane Héaume, m’a emporté, transporté même, dans son récit qui navigue au rythme des chapitres entre passé et présent, jusqu’à “LA” rencontre attendue, la fusion de deux époques qui ne demandaient qu’à se croiser…

Fa, mi.
Fa, mi, do dièse.
Fa, mi, do dièse.

La musique est très importante aussi, elle est partout. Entre les lignes, entre les mots…
Chaque phrase résonne telle une mélodie, s’enchaînant les unes aux autres. Donnant l’impression parfois d’une poésie. Stéphane est un musicien et cela s’entend !

Rose est écrivain, Amélia journaliste, deux femmes, deux époques différentes, 1958, 2018. Chacune vit un parcours difficile, paraissant au premier abord très différent… En réalité, leur destin est lié par un homme étrange, un homme qui pourrait bien changer leur destin.

Venez donc vous installer à la terrasse du Grand Café de la Plage. Observez-les… Ces hommes, ces femmes qui se croisent, qui se bousculent, qui s’ignorent ou qui se haïssent. Regardez bien ce ballet incessant, au rythme des marées, des vagues et du ressac…
Vous la voyez ?
Mais oui, c’est bien Rose qui est là, au milieu de la plage, dans sa robe blanche, un verre à la main. Que fait-elle ?
Non, vous ne rêvez pas… Elle danse.
Elle danse, car contrairement aux autres jours, aujourd’hui elle est heureuse… elle pense à l’homme aux yeux verts qu’elle vient de rencontrer… Sa voix douce et grave résonne encore dans son esprit.

Une lecture au rythme lancinant et addictif, une ambiance donnant un côté immersif au roman, un mystère qui nous tient en haleine, des personnages très marqués dans leurs personnalités, des situations originales. Le sable est doux au soleil, mais il cache bien des mystères…

“Sœurs de sables”, une histoire qui mériterait de compléter votre bibliothèque !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Ce matin, tout semblait immobile. Ce n’était pas normal. Il y avait bien, à demi dissimulées sous les tamaris et les cyprès de la promenade des Italiens, assises sur des bancs, deux ou trois silhouettes avec leurs chiens, mais Rose ne les reconnut pas. C’était trop éloigné, trop flou. Elle voyait mieux le croissant blond de la plage niché au pied du quai principale où s’alignait les boutiques encore fermées et les restaurants. Bientôt, d’autres silhouettes y viendraient pour se dévêtir, s’enduire de crème, s’allonger, se baigner – rituel avide en cette fin d’été. »

« … ce voyage à Porfou ne me fait pas grimacer, il libère des souvenirs protégés, des parfums que j’avais mis sous clef, un visage, un sourire, le sourire d’une femme qui hante mes nuits et mes désirs enfuis, ce visage que vous avez vu, cette femme dont je peux bien vous parler, maintenant, vous avez tout fait pour, cette femme s’appelait Rose – y a-t-il plus beau prénom ? … »

« Il opéra un rétablissement fulgurant dans une grande gerbe d’eau et s’assit sur le banc. Rose était toute mouillée. Elle riait nerveusement. Son châle détrempé, à présent transparent, laissait voir ses petits seins, sa peau fine, cachés au monde depuis si longtemps, enfermés, clos comme les volets de son hôtel, étrangers aux mouvements de la vie. Rose était un animal traqué. Un cœur traqué. Un corps craqué oublié dans les remises obscures de sa très vieille solitude. »

« Tous les deux seuls dans le théâtre vide. Ils ont marché longtemps. Ils ont partagé leurs blessures dans la fulgurance, l’évidence de la rencontre. Frère et sœur, voilà ce qu’ils seront. Sans jamais se le dire. Ils n’ont pas eu le courage de grimper jusqu’au cirque – ils iront demain. Rester dans le vent, se perdre dans le rivage lointain, se bercer du mouvement des vagues qui montent à l’assaut de la lame noir des roches. Avancer dans le parfum de la pinède et des aiguilles chauffées par le soleil. Se jeter vers l’horizon. Se liguer contre leurs fêlures. »

 

 

Stéphane Héaume, né à Paris en 1971, est un romancier français.

Il a été résident au Domaine de La Prée (Indre) entre 2000 et 2002 (résidence d’artistes parrainée par l’Académie des Beaux-Arts).
Après plusieurs années passées à New York et en Afrique, il vit aujourd’hui à Paris.

Il est l’auteur de plusieurs romans :
Le Clos Lothar (Zulma, 2002, Prix du jury Jean-Giono 2002 et Prix Emmanuel-Roblès 2003),
Orkhidos (Zulma, 2004),
Le Fou de Printzberg (Anne Carrière, 2006),
Le Contemplateur (Anne Carrière, 2007)
et La Nuit de Fort-Haggar (Seuil, 2009).

Il écrit également des textes pour la musique.
Avec le compositeur Thierry ESCAICH (né en 1965) :
Valse désarticulée (Théâtre du Lierre, 2007).
Avec le compositeur Richard DUBUGNON (né en 1968) :
Tryptique (Royal Academy of London, 1999 ; reprise à Radio France, 2008), Le Voyage écarlate (La Péniche Opéra, 2002 ; reprise au Festival d’Aix-en-Provence, 2005), Cantata Oscura (Espace Cardin, 2005 ; reprise à Radio France, 2005) et Le Songe Salinas, symphonie lyrique pour mezzo-soprano et orchestre (Théâtre des Champs-Elysées, 2009).

 

Suspense, Thriller historique

Alexandre**

La malédiction de Tamerlan
de Annette ROSSI
Broché – 30 août 2019
Éditeur : Les Sentiers du Livre

Bandeau_Intro_annette.jpg

Un insolite symbole va lancer un archéologue-linguiste et un égyptologue de renom sur les traces d’une alliance obscure qui voit le jour en 323 avant Jésus-Christ, année où disparaît Alexandre le Grand. Malgré des découvertes singulières, la formule alètheia musterion apocryphe ptoselper reste toujours aussi énigmatique. Quel lien entre Napoléon et Tamerlan, qui ont régné à quatre siècles d’écart ? Pourquoi l’empereur moghol Akbar a-t-il édifié une cité fantôme ? Quel rôle a joué l’ancienne capitale arménienne Ani ? Seul le mystère entourant la mort d’Alexandre semble pouvoir livrer les réponses. Mais comment réussir à situer l’emplacement de sa sépulture farouchement protégée par les membres de la trinité, héritiers des initiés à l’origine du pacte de Babylone ? Au coeur d’enjeux politiques et bouleversements de pouvoir des années soixante-dix, des villes mortes du Proche et Moyen-Orient à l’Égypte, en passant par l’Inde et les dômes turquoise de Samarcande, rien ne peut arrêter nos héros dans leur périlleuse quête pour la vérité.

 

2022_005_Rossi Annette - Alexandre ** La malédiction de Tamerlan

 

Après la découverte d’Annette Rossi, il y a quelques mois, avec “Alexandre, Le Pacte de Babylone”, un roman sublime et palpitant, j’ai “enfin” pu lire le second tome de sa trilogie…

Comment vais-je arriver à transmettre avec mes mots un “Ressenti” à la hauteur de ce second volet ?

Annette a de la magie dans ses mots…
Elle nous fait voyager historiquement et géographiquement… Attention, c’est du lourd !

Avec son style fluide et son écriture très pointue, me revoilà donc parti à la recherche du tombeau d’Alexandre le Grand.
L’intrigue va crescendo, agrémentée de descriptions très documentées, visuelles, olfactives… J’ai eu régulièrement l’impression d’être ailleurs, d’être là-bas dans toutes ces régions au cœur de l’Orient et d’ailleurs. Un voyage synonyme de découvertes, puisque je n’ai pu m’empêcher lors de ma lecture, d’aller sur Google afin de “fouiller” plus en avant sur les lieux que je ne connaissais pas, et de revoir différemment d’autres que j’avais déjà visités !
Je le répète, il y a vraiment de la magie dans ses mots…

J’ai pris aussi énormément de plaisir bien sûr à retrouver Philippe, Didier, Sophia, Julia et beaucoup d’autres personnages haut en couleurs et très attachants…
Nos héros ont évolué, leur rapport entre eux aussi. Il y a de la passion, beaucoup d’émotion, Annette a glissé ici et là, certains passages sensuels qui ne pouvaient plus, ne pas figurer dans son récit. Philippe et Didier, linguiste et égyptologue, sont aussi des séducteurs et ce ne sont pas Sophia et Julia qui vous diront le contraire. L’histoire prend du coup une autre dimension où les sentiments vont interférer dans leur quête complexe qui va devenir dangereuse.
Telle une araignée Annette tisse sa toile dans laquelle chaque détail a son importance.

Coup de cœur, encore une fois pour ce thriller magnifique, construit comme une fresque historique, politique et romanesque.
Un grand bravo à Annette Rossi pour son travail titanesque !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Didier et Sophia, arrivés au Caire la veille, abandonnent le taxi sur la place Salah ed-Din et traversent l’avenue encombrée d’un incroyable trafic de véhicules en tous genres brûlant allègrement les feux rouges. Ils se dirigent vers la rue qui longe le mur nord de la place-forte et bifurquent à droite empruntant l’escalier qui mène directement à la Bâb el-Gedid, « porte Neuve ». Une seconde porte, Bâb el-Ouastani, aboutit à la grande place de la citadelle. En son centre, s’élève la mosquée en albâtre élevée par Méhémet-Ali. Ses dômes et ses minarets élancés dominent le Caire. »

« Si, grâce à l’inconnu, une complicité vient de naître, peut-on être digne de la confiance de cet inconnu ?
Comment faire pour sacrer le mystère qui est la vérité, si ce n’est qu’honorer la mémoire du Grand ?
Si, grâce à l’ennemi, le futur devient soudain illuminé, peut-on frapper cet ennemi ?
Comment faire pour implorer le pardon, si ce n’est reposer à ses côtés dans la mort ?
Si, grâce à l’adversaire, le futur change de cours, peut-on négliger cette adversaire ?
Comment faire pour le remercier, si ce n’est lui accorder l’influence tant souhaitée ?
Si, grâce au fils d’Ammon, le conquérant, l’homme à deux cornes, le roi des rois, roi de Macédoine, la trinité existe, peut-on juger ses actes ?
Comment faire pour garder le tombeau appartenant à la terre des pyramides dans la ville signée du soleil éternel en dignité, si ce n’est de s’y rendre en pèlerinage ? »

« Les journées défilent au rythme de leurs envies. Les matinées sont consacrées aux visites. L’après-midi, quand le soleil est au zénith et les ombres inexistantes, ils lézardent sur le pont de la dahabeya jusqu’à ce que Didier l’invite, d’un simple regard, à le précéder dans la cabine où il réveille en elle des passions qu’elle ne soupçonnait pas. Les soirées, trop fraîches pour dîner sur le pont, se partagent dans le carré et finissent avec le retrait discret de Philippe. Puis vient la nuit, moments éternels pendant lesquels il explore son corps, la rend brûlante de désir et l’emporte dans une spirale de plaisir avant de la prendre dans ses bras pour qu’elle s’endorme sur son épaule. Julia, en quelques jours, est devenue une femme comblée. »

« Gisant à terre dans une position terriblement inconfortable, Julia en est arrivée au stade de l’indifférence. Les yeux fermés, elle tente de faire le vide, mais tout lui reste en mémoire. Les voitures, les agresseurs, Didier en train de se débattre, le revolver pointé sur elle, son bourreau, son regard pervers. Toutes ces images tourbillonnent dans sa tête. »

 

 

Née aux Pays-Bas, passionnée de voyages, d’histoire et d’archéologie, très tôt Annette part à la découverte du monde et consigne ses expériences sur des carnets. Un jour, sur sa route, elle croise deux aventuriers avec lesquels elle se lie d’amitié et qui donneront naissance aux héros de son premier roman. Aujourd’hui, elle vit en France, au pied du mont Blanc dans la vallée de Chamonix.

« Le besoin de décrire ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens, existe depuis mon enfance. Mes voyages me donneront l’occasion d’exprimer cette passion et ces notes donnent naissance à des récits en néerlandais. Plus tard, je découvre le plaisir d’écrire en français. Une langue tellement riche, tellement raffinée, qu’elle permet de trouver toujours le mot juste, la parfaite nuance. Je publie un blog de voyages sur WordPress : Voyages au-delà de l’horizon et un blog d’images en trois langues ; français, néerlandais, anglais : Images au-delà de l’horizon. Puis, un jour, une intrigue traverse mon esprit… »
Annette Rossi

Alexandre – TOME 1 : Le pacte de Babylone
Alexandre * Le pacte de Babylone

Drame, Noir, Thriller psychologique

Je suis l’Abysse

de Donato Carrisi
Broché – 20 octobre 2021
Éditeur : Calmann-Lévy

Bandeau_Intro.jpg

L’homme qui nettoie rôde autour de nous.
Parmi nos déchets, il cherche des indices sur nos vies.
En particulier sur celles des femmes seules.
Une femme lui a fait beaucoup de mal enfant : sa mère.

La chasseuse de mouches, elle,
tente de sauver les femmes en péril.
Et elles sont nombreuses…
Surtout quand l’homme qui nettoie
rôde autour d’elles.

UN NOUVEAU THRILLER D’UNE INTENSITÉ RARE
OÙ VIOLENCE ET ANGOISSE COHABITENT POUR
QUESTIONNER NOTRE ATTIRANCE POUR LE MAL,
ET LES TRACES INDÉLÉBILES QUE PEUVENT
LAISSER LES MALTRAITANCES DU PASSÉ.

 

2021_087_Carisi Donato - Je suis l'abysse

 

Je ne le dirai jamais assez, j’adore cet auteur…

Un petit garçon de 6 ans qui après avoir risqué de se noyer, alors que sa mère l’abandonne sans même un regard, tente envers et contre tous de survivre…
Une jeune fille à la mèche violette de 13 ans tente de fuir la vie…
Un homme “qui nettoie” qui cherche lui à fuir ses démons…
Des femmes battues, des femmes violées…
Et une “chasseuse de mouches” qui après le plus gros des malheurs, œuvre désormais pour la meilleure des causes !
Ils n’ont pas de noms, mais qu’importe. Ils sont là, parmi nous.
Mais, il sera aussi et surtout question de solitude, les démons ne sont jamais loin de nous…

Cette intrigue est une véritable bombe et je me suis demandé à quel moment elle allait exploser.
Comme à son habitude, Donato Carrisi ne cherche pas la peur absolue, et surtout pas l’horreur, il distille comme à son habitude insidieusement le malaise, la noirceur, l’auteur titille l’ombre noire qui se trouve en chacun de nous.

Il n’y a rien à jeter dans ce thriller. Les chapitres très courts m’ont transporté en un peu plus de quatre heures jusqu’au point final clôturant le récit par une chute inattendue et perturbante !
Que d’émotions…
Mais le pire n’est pas dans le livre. Le pire est dehors, dans la rue, derrière nos fenêtres où l’on se croit à l’abri.
En effet, ce thriller a été inspiré de faits qui se sont vraiment déroulés…

Alors ?
Allez-vous me suivre dans ce thriller psychologique, glaçant et magistral ?

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« L’air matinal était le meilleur, alors il essayait toujours de se faire assigner la première tournée. Cela comportait l’avantage, outre le fait de ne pas avoir à interagir avec ses collègues, de profiter de la quiétude du matin. Un privilège aussi intime ne pouvait être partagé avec personne. L’homme qui nettoyait était taciturne. Même quand il pensait, ses raisonnements étaient de longues réflexions où les images défilaient dans sa tête accompagnés de sensations très simple. »

« Elle empoigna plus solidement le tison et posa l’autre main sur la porte : elle allait la pousser, quand son portable sonna dans sa poche. Le réseau était revenu. Elle tenta de le faire taire mais le laissa tomber sur le sol. Elle eut le temps de lire numéro inconnu sur l’écran et de penser que, cette fois encore, le destin avait été formidablement ponctuel. Elle se pencha pour le ramasser, et c’est alors que quelque chose s’abattit avec force sur sa nuque et la projeta en avant. »

« Pendant des années, l’homme qui nettoyait s’était demandé pourquoi il était venu au monde.
Cette question le taraudait depuis l’enfance, même avant que sa mère essaie de le noyer dans une piscine crasseuse. Pourquoi suis-je ici puisque personne ne veut de moi ? Longtemps, il n’avait pas trouvé de réponse. Et il se demandait si les autres ressentaient le même trouble. Parfois, il lui semblait être le seul.
Il était né par erreur et il avait été jeté comme un déchet.
Les ordures étaient la preuve de l’imperfection de la création. Et comme les gens n’aimaient pas qu’on leur pointe leurs défauts, sa mission d’adulte était d’en faire disparaître toute trace. »

 

 

Né en 1973 à Martina Franca, Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le “Monstre de Foligno”, un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit pour se tourner vers l’écriture de scénarios.

Le Chuchoteur, son premier roman policier où apparaît l’experte dans les affaires d’enlèvement Mila Vasquez, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie et traduit en France, est édité dans douze pays et remporte quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteurs du Livre de poche 2011.

En 2017, il passe à la réalisation avec son premier film, “La Fille dans le brouillard” (La ragazza nella nebbia), une adaptation d’un de ses romans, qui lui vaut de remporter le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello.

Fantastique, Histoire, Suspense, Thriller

Le Manuscrit des Damnés

de Mathieu Bertrand
Broché – janvier 2020
Éditeur : Editions Eaux Troubles

Bandeau_Intro.jpg

Royaume des Francs, 1135 : L’Abbé Suger entreprend la rénovation d’une église Carolingienne qui deviendra l’Abbaye de Saint- Denis, nécropole des rois de France. France, juillet 2013 : À son retour de Jérusalem, où il a caché la couronne d’émeraudes, Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican et ancien Franc-maçon, est envoyé à Paris par le Saint-Siège. Il fait la connaissance d’un Cardinal et de deux chercheurs qui lui révèlent la présence d’un secret oublié depuis de nombreux siècles dans les cathédrales. Cette aventure le plongera dans les mystères de la Grande Pyramide et des lacs sacrés du Tabor. Il voyagera de l’histoire tragique de la nuit de la Saint-Barthélemy à celle plus secrète des recherches ésotériques du IIIe Reich. Assisté d’Elaheh, dernière descendante de la secte des Assassiyines, ils réaliseront ensemble que certains manuscrits devraient demeurer fermés à tout jamais… Une enquête qui mettra en péril bien des croyances et qui verra la mise en place d’une union inattendue afin de préserver l’humanité.

 

2021_071_Mathieu Bertrand - Le Manuscrit des Damnés

 

Encore un énorme merci pour Mathieu qui m’a envoyé la suite de “Les Émeraudes de Satan” !
Cette suite, “Le Manuscrit des Damnés” est la suite directe du premier volet, et quand Hervé Gagnon dit que le récit est palpitant je ne peux être que d’accord avec lui…
Maintenant il ne me reste plus qu’à attendre (impatiemment !!!) le troisième volet.

Dès les premiers chapitres, très vite j’ai de nouveau été plongé dans une enquête incroyable !
J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce mélange de mythologie, d’histoire, de religion, bien sûr et d’Ésotérisme, avec ce petit plus fantastique qui change vraiment la donne du récit. J’imagine assez difficilement le travail nécessaire pour la construction d’un tel scénario, mais, Whaou, ça le fait vraiment !!!
Je me suis retrouvé en immersions dans des lieux que je connaissais, mais aussi dans des endroits que je n’ai pas eu encore l’occasion de visiter et j’avais vraiment l’impression d’y être, jusqu’à ressentir l’atmosphères de certains lieux.
Mathieu a le souci des détails et ses descriptions sont parfaite, à mon sens, dans cet opus, il provoque l’interrogation sur la genèse des origines des religions.

C’est donc le retour de notre duo, le père Paul Kaminsky, prêtre catholique appartenant aux services spéciaux du Vatican et Elaheh, une musulmane iranienne, descendante de la secte des Assassiyines. Ils seront, dans cette nouvelle quête, assistés d’un enseignant à Oxford, David Jameson et de Lena Larsson, professeur du Centre d’études médiévales de Stockholm, tout les deux membres de l’Opus Dei. Mais nous apprendront très vite que Lena fait aussi partie des “Walkyries”, divinités nordiques et filles d’Odin, des guerrières vierges et pures dont la mission consistait à choisir les plus valeureux guerriers, tombés sur les champs de bataille, afin de les conduire à Asgard au Valhalla dans le palais d’Odin.

Après sa dernière enquête, le père Paul Kaminsky n’aspirait qu’à un peu de repos. Mais le Cardinal Ferron va lui confier une nouvelle mission, qu’il peut difficilement refuser.
Il en va peut-être de l’avenir de l’humanité !
Un voyage palpitant au cœur des constructeurs de pyramides, qui va les mener très vite de nouveau à travers le monde et l’Histoire de nos ancêtres, des maîtres-maçons constructeurs de cathédrales grâce aux découvertes incroyables que lui livreront les deux membres de l’Opus Dei. Il s’est dégagé énormément d’émotions pendant ma lecture, un vrai sentiment d’entraide, entre religions et idéologies diverses.

Quel est donc ce nouveau secret que le Vatican veut absolument garder caché une fois de plus ?

À partir de ses quelques mots, l’intrigue du récit appartient aux futurs lecteurs.
Une course contre la montre où chaque action aura une répercussion.
C’est très bien mené, surprenant et addictif. L’écriture est soutenue, rythmée et dynamique.
Vous serez embarqué dans leurs quêtes, dans leurs sentiments et dans leur vie.

Une plongée au fond des enfers… une quête “diabolique” que je recommande vivement.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le taxi venait de les déposer face a la crypte archéologique du parvis. Dès qu’il sortit du véhicule, ses yeux balayèrent avec plaisir, presque du réconfort, les arches gothiques de ce qui était pour lui la plus belle cathédrale du monde. Le soleil de ce début d’été qui filtrait à travers ses Ray-Ban noires inondait les façades de l’édifice dans les tours veillaient sur la scène depuis huit cents ans. Sur la droite, la statue du Charlemagne couverte de vert-de-gris paraissait être un jouet pour enfant, tant sa petitesse contrastait avec la grandeur de Notre-Dame de Paris. L’empereur, assis sur sa monture, était encadré de deux de ses chevaliers, qui menaçaient de leurs armes quiconque voudrait s’approcher de l’illustre souverain. Les deux côtés de la place étaient décorés d’arbres feuillus, de haies coupées avec une précision d’horloger et de lampadaires ridiculement petits pour un endroit si majestueux. »

« Je crois que je suis en train d’arriver au bout. Vous comme moi, nous œuvrons pour tenter de protéger le monde des maux qui le guettent. Mais qui le sait ? Vous rendez-vous compte de tout ce que nous cachons à l’humanité ? Je suis membre d’une Église qui a la prétention de porter la voix de Dieu alors que nous mentons perpétuellement. Je ne crois plus aux fait que pour protéger les hommes, nous devons les laisser vivre dans l’ignorance. »

 

Bertrand Mathieu, est né en 1969 en région parisienne et a grandi en Corse. Professeur à l’École de droit de la Sorbonne-Université Paris I, préside l’Association française de droit constitutionnel. Il est membre du Conseil supérieur de la magistrature et a été membre de la Commission Avril sur le statut pénal du chef de l’État (2002) et du Comité Balladur chargé de proposer une révision de la Constitution (2007). Il dirige la revue Constitutions.

Il est passionné par la visite des lieux chargés d’histoire et d’Histoire en général avec une attirance particulière pour le moyen âge.

En 2016, il publie son premier roman intitulé « Les émeraudes de Satan ». Son second roman « Je pleurerai plus tard » sort en 2017, puis « Le manuscrit des damnés » en 2020.
« La porte d’Abaddon », son dernier roman est sorti en juillet 2021.

Émotion, Drame, Historique, Noir, Thriller

Personne n’a oublié

de Stéphanie Exbrayat
Broché – 13 juin 2019
Éditeur : Éditions De Borée

Bandeau_Intro.jpg

Sam, huit ans, tombe du haut d’une grange et meurt le crâne fracassé. Pour sa mère Colette, impossible de croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violent et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d’un autre homme, a été contrainte de l’épouser. Dès lors, son mari a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer. Bravant la violence de cet homme, Colette s’engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ? Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s’échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir…

 

2021_055_Exbrayat Stéphanie - Personne n'a oublié

 

“Personne n’a oublié”, ou comment un livre qui m’attendait depuis plusieurs mois, m’a retourné le ventre et la tête…

C’est le premier roman de Stéphanie Exbrayat que je lis, et c’est son premier roman !
Je trouve que c’est une belle réussite !
Je me suis laissé emporter très vite au gré des chemins sinueux parcourus par Colette.

Ce livre m’a complètement dérouté. Je pensais que j’allais lire un polar ou un thriller, mais pas du tout. Il parle de la seconde guerre mondiale, de la place très difficile que les femmes avaient à la fin des années cinquante, de la mort d’un petit garçon, d’un mariage arrangé, des blessures et des tensions qui peuvent agiter les esprits des habitants d’un petit village du Morvan en une période bien difficile… Et malgré tout ça le récit est construit comme un thriller !

Beaucoup d’émotions et de mystère, dans ce roman, beaucoup d’amour et de haine aussi.

Sam, fils de Colette, âgé de 8 ans est retrouvé mort dans la cour de chez lui.
Est-il tombé de la grange accidentellement où quelqu’un l’a-t-il poussé ? Commence alors les doutes et les suspicions.
Une mort qui paraît suspecte à sa mère qui va, envers et contre tout rechercher ce qui s’est vraiment passé. Très vite elle va soupçonner François, son mari. Colette avait réussi jusque là, à lui cacher que Sam n’était pas son fils…
Pour réussir son objectif, elle n’aura d’autre choix que d’être forte, et de toute façon elle a promis à son fils de découvrir la vérité coûte que coûte.

L’écriture est très fluide et le récit montant en puissance au fur et à mesure contribue à une lecture plaisante et addictive, j’ai régulièrement eu l’impression d’être dans un huis clos. Il y a de nombreux rebondissements, je pense indéniablement que le fond historique du récit est pour beaucoup dans la mise en place de ce suspense, nous ramenant à une période où la condition féminine était quelque chose de complètement inconnue.

Cette histoire est dure et puissante, saura-t-elle trouver en vous, sensibilité et bienveillance ?
Personnellement une très belle surprise pour moi !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Avant, j’étais douée pour embrasser les beautés de ce monde, pour apprécier tous les détails infimes qui rendent la vie belle. J’étais douée pour le bonheur. Mais ma petite voix c’est tue. Elle avait résisté à la mort de ma mère, puis à celle de Guy mais Sam… C’est trop insupportable. Je me sens comme dans une boîte. Une boîte avec un couvercle bien fermé. Une geôle où je ne sais plus distinguer la terre du ciel. Sam est mort et l’azur s’est vidé. Les oiseaux ne chantent plus. Les fleurs n’ont plus d’odeur. Plus rien n’a de goût. La beauté de ce monde est sortie de mon champ de vision. Je suis dans un caisson étanche. Je n’entends plus. Je ne vois plus rien. Tout a disparu. Sam a tout emporté avec lui. Ma bonne étoile n’a pas su me protéger du pire mais elle me maintient survivante malgré le pire. Elle me porte sur un chemin tourmenté qu’il me faut continuer de parcourir.
Quand j’ai eu envie de mourir après le décès de Guy, le docteur Verdier m’a fait comprendre qu’il y avait toujours une raison de rester en vie. Aujourd’hui je dois trouver laquelle. »
…/…
« Elle sait qu’elle va devoir y passer. Alors elle monte. En silence elle se déshabille dans le noir, se vêt pour la nuit, et elle s’étend sur le matelas. Il remonte sa chemise de nuit. Sa grosse paluche rêche et calleuse malaxe un de ses seins. Il écarte ses cuisses d’un geste brutal et s’allonge sur elle de tout son poids. Son corps l’écrase. Le souffle de son haleine postprandiale fouette son visage. Elle a envie de le griffer, de lui donner des coups, de lui arracher les cheveux. Au lieu de ça, elle reste raide est défigurée par le dégoût. Comme d’habitude. Son sexe dur et pressé pénètre férocement en elle. Elle a mal. Il donne quelques coups de reins. Le sommier crie. Elle, ne peut pas. Le visage tourné sur le côté, la mâchoire crispée, elle mort son poing jusqu’au sang. Il pousse un grognement, puis un deuxième et enfin un dernier, plus long, plus profond. La tension dans son corps se relâche. Il retombe lourdement sur le côté. Le bourdonnement de son flux et reflux respiratoire s’installe dans la pièce, régulier et puissant, enflant jusqu’à faire vibrer les barreaux du lit.
Colette a envie de hurler. »

 

 

Stéphanie Exbrayat a exercé de très nombreux métiers avant de se consacrer à l’écriture. Personne n’a oublié, son premier roman a connu un très beau succès, tout comme son deuxième roman, Colère assassine. Cependant, désireuse de se sentir libre d’écrire ce dont elle a envie, Stéphanie Exbrayat choisit la comédie pour son troisième roman Et après tout ça, l’amour !

Nouvelles, Suspense, Thriller

Toucher le noir

de Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Mickaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalèse, Danielle Thiéry, Franck Thilliez.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 3 juin 2021
Éditeur : Belfond

Bandeau_Intro.jpg

Ces onze auteurs prestigieux, maîtres incontestés du frisson, nous entraînent dans une exploration sensorielle inédite autour du toucher. Avec eux, vous plongerez dans les plus sombres abysses, effleurerez la grâce et l’enfer d’un même geste, tutoierez l’horreur du bout des doigts…
Dix nouvelles inédites pour autant d’expériences tactiles, éclectiques, terrifiantes et toujours surprenantes.

Oserez-vous frôler le noir d’aussi près ?

 

2021_042_Fauth Yvan - Toucher le noir

 

On n’arrête pas un principe qui gagne !

Après « Écouter le Noir » et « Regardez le Noir », Yvan Fauth a de nouveau réuni des auteurs pour s’engager vers un nouveau “sens”. Le toucher.
Et, je vous avoue que je me demandais bien comment ils allaient s’en sortir, “le toucher” n’étant pas le sens le plus facile à exploiter !

Vous l’aurez vite compris encore une fois, un sans fautes pour moi, même si une ou deux nouvelles sont un peu moins performantes que les autres. J’ai de nouveau pris beaucoup de plaisir à ma lecture et retrouver “mes auteurs” dans leur univers bien particulier. De plus, c’est aussi l’occasion d’en découvrir certains que je ne connaissais pas encore.
Les intrigues sont surprenantes et diverses, les différentes écritures sont puissantes et agréables et les thèmes abordés variés avec beaucoup de surprises…

Certains de ces textes sont vraiment superbes !

Voilà, il va me falloir attendre encore un an de plus pour savoir quel sera le prochain sens que nous proposerons les auteurs…

Partagez sans réserve, il ne fait aucun doute que cette “Collection” est de très bonne qualité !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Voilà longtemps qu’ils n’avaient pas passé une aussi bonne soirée.
C’était l’amie d’une amie qui lui avait parlé de ce restaurant, un endroit vraiment incroyable, tu verras. Le principe était simple, mais surprenant : manger dans le noir absolu. Pas la moindre source de lumière, rien qui puisse vous permettre de vous repérer. Le service ? Assuré du début à la fin par des non-voyants. Histoire de se sensibiliser à leur cause, de se mettre à leur place le temps d’un repas… »
…/…
« La nuit froide et épaisse donne l’impression que les mouvements sont alourdis. Un vent vicieux parcourt les rues : son souffle est vorace et sa morsure est sèche sur chaque parcelle de peau qui n’est pas couverte. Même sous les vêtements, il semble parvenir à atteindre le corps, cherche à s’insinuer jusqu’aux os.
Pourtant, l’esprit du prédateur est chauffé à blanc au point d’ignorer ces maux. Ce ne sont guère plus que de légers désagréments que son énergie bouillonnante dissipe. Ses pulsions et ce besoin monstrueux qui le déchire de l’intérieur sont des moteurs que rien ne semble pouvoir arrêter. »

 

Émotion, Thriller

Sauve-la

de Sylvain Forge
Broché – 24 juin 2020
Éditeur : Fayard

Bandeau_Intro.jpg

Alexis Lepage, modeste employé d’assurances, est sur le point de se marier avec la fille de son patron lorsqu’il reçoit un message de Clara, son amour de jeunesse, qui refait surface après des années.
Alors qu’elle le supplie de l’aider à retrouver sa fille disparue, Alexis hésite. Que dissimule cette demande impromptue, si longtemps après leur séparation ? Et pourquoi Clara refuse-t-elle de le rencontrer ?

Replongé dans un passé dont il n’a jamais fait le deuil, Alexis va partir à la recherche d’une fille dont il ignore tout.
Son enquête le conduira droit en enfer.

Un thriller haletant sur l’intrusion du numérique dans nos vies,
son impact sur nos représentations du monde et de la mort.

 

2021_038_Forge Sylvain - Sauve la

 

Prix Cognac 2020 du meilleur roman francophone

C’est le second roman de Sylvain Forge que je lis.
En 2017, “Tension Extrême” m’avait déjà beaucoup plus. Mais avec “Sauve-la”, je trouve que l’auteur passe encore un cran au-dessus.

La thématique, la fluidité du texte, le rythme élevé, la narration, le style et le vocabulaire soigné, le développement des personnages, j’ai eu beaucoup de mal à lâcher le roman, comme si j’y étais !

Alexis, va bientôt se marier avec Clémence.
Quand Clara, son ancien amour refait surface. Alexis est perturbé. Elle lui demande de retrouver sa fille disparue dans un accident de car, dans le sud de la France, il y a plusieurs années.
Mais pourquoi Clara refuse de rencontrer Alexis ?

À partir de là, la quête d’Alexis fera resurgir multiples trafics plus scabreux les uns que les autres…

Bienvenue dans un univers plein de contrastes et d’émotions où la technologie “Chatbot” fait une entrée fracassante. En effet, Sylvain Forge met en scène de nouvelles technologies et ce pour notre plus grand plaisir, tout est très crédible.

Ne passez pas à coté de ce thriller palpitant, fascinant et très bien ficelé.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Pendant des années il avait voulu se libérer de cette histoire, sans jamais complètement y parvenir. Alors, il avait tenté de pactiser avec son passé afin qu’il ne le fasse plus souffrir. Il n’avait plus ouvert la malle qui contenait leur correspondance ni regardé les photos. Entêtant les premières années, le souvenir de Clara c’était progressivement estompé. La plaie c’était doucement refermée. Mais certaines fois, sous le coup d’une douleur, elle libérait les vieux souvenirs, comme la pluie réactive des bactéries fossiles qu’on croyait destinées à hiberner pour toujours. »
…/…
« La voix qui s’éleva dans le silence du dortoir était nette, presque cristalline. Le fichier audio était d’une qualité parfaite. Dès les premières syllabes, Alexis se figea, la gorge nouée. Même si le temps et la maladie en avaient légèrement altéré le timbre, le son de cette voix demeurait fidèle à sa mémoire. Il l’imaginait dans sa chambre médicalisée, courant après son dernier souffle. Ce message vocal avait dû lui coûter beaucoup d’énergie. »

 

 

Originaire d’Auvergne, Sylvain Forge a beaucoup voyagé avant de s’installer à Nantes, depuis plusieurs années. Spécialisé sur les questions de sécurité dans le monde de l’entreprise, c’est aussi un amateur de théâtre d’improvisation et de jeu de rôles, qui a depuis longtemps le goût de raconter des histoires. Pour lui, l’écriture est apparue comme une suite naturelle.

Il a obtenu le prix 2018 du Quai des Orfèvres pour « Tension extrême » (plus de 135 000 exemplaires vendus à ce jour).

En 2020 il obtient avec « SAUVE LA » (Fayard noir) le prix polar du meilleur roman francophone au festival de Cognac.

Également conférencier, Sylvain Forge présente dans les médiathèques et durant les salons littéraires une conférence en forme de « master class » intitulée :
« Les secrets de l’écriture cinématographique au secours du nouveau roman policier ».

Expert en cybersécurité, le magasine Usine Nouvelle l’a classé en janvier 2019 parmi les « 100 Français qui comptent dans la cybersécurité ».

Conférencier en dramaturgie, Sylvain Forge est notamment l’auteur de “Parasite” (Mazarine, 2019) et d’“Un parfum de soufre” (Prix Plume d’argent 2016 du thriller francophone). Il parvient à associer des recherches scientifiques fouillées à un sens aigu du suspense. Ses ouvrages ont déjà conquis plus de 200 000 lecteurs.

Son nouveau récit (jeunesse), « Le royaume du fleuve » est sorti en mai 2021 chez Michel Lafon.

Blog de l’auteur : sylvainforge.webnode.fr
Twitter : @sylvainforge
Facebook : sylvainforge – Auteur

Émotion, Historique, Humour

La Petite Sonneuse de cloches

La Petite Sonneuse de cloches
de Jérôme Attal (Auteur)
Broché – 22 août 2019
Éditeur : Robert Laffont

Deux époques entrelacées, deux histoires d’amour qui se confondent en une chasse au trésor fiévreuse et romantique dans les rues de Londres.

1793. Le jeune Chateaubriand s’est exilé à Londres pour échapper à la Terreur. Sans argent, l’estomac vide, il tente de survivre tout en poursuivant son rêve de devenir écrivain. Un soir, tandis qu’il visite l’abbaye de Westminster, il se retrouve enfermé parmi les sépultures royales. Il y fera une rencontre inattendue : une jeune fille venue sonner les cloches de l’abbaye. Des décennies plus tard, dans ses Mémoires d’outre-tombe, il évoquera le tintement d’un baiser.
De nos jours, le vénérable professeur de littérature française Joe J. Stockholm travaille à l’écriture d’un livre sur les amours de l’écrivain. Quand il meurt, il laisse en friche un chapitre consacré à cette petite sonneuse de cloches. Joachim, son fils, décide alors de partir à Londres afin de poursuivre ses investigations.
Qui est la petite sonneuse de cloches ? A-t-elle laissé dans la vie du grand homme une empreinte plus profonde que les quelques lignes énigmatiques qu’il lui a consacrées ? Quelles amours plus fortes que tout se terrent dans les livres, qui brûlent d’un feu inextinguible le cœur de ceux qui les écrivent ?

 

2020_003_Jérôme Attal - La petite sonneuse de cloches

 

Bonjour à toutes et à tous…

J’aime beaucoup le genre de roman qui mêle habilement réalité historique et fiction. Jérôme Attal se penche sur un véritable élément de la vie de Chateaubriand avec délicatesse, humour et romantisme en mélangeant avec aisance, une histoire ancienne à une histoire contemporaine par un habile jeu de miroirs.

« J’entendis le bruit d’un baiser, et la cloche tinta le point du jour », est LA phrase tirée des “Mémoires d’Outre-tombe” qui va déclencher l’intrigue de ce récit. Une histoire d’amour méconnue De Chateaubriand, alors qu’il était en exil à Londres en 1793…

J’ai beaucoup aimé l’originalité et la crédibilité de l’immersion historique. Mais, après mon enthousiasme du début, lié à une idée de départ prometteuse, alors que tension et mystère disparaissaient pour céder la place à une intrigue romantique, peu à peu, j’ai décroché.
Il aura fallu que deux charmantes demoiselles, Mirabel et Violet viennent, par leur ton joyeux et déluré, me raccrocher au récit et susciter un nouvel intérêt.
Je garderai l’impression globale d’un bon livre, brillant, tant par son style d’écriture, que par la construction du récit, mais “La petite sonneuse de cloches” n’a pas pour moi, tenu toutes les promesses que son idée originale avait fait résonner en moi.

Néanmoins le récit de Jérôme reste un roman très agréable à lire.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :
« En remontant les rues étroites de Soho, une puissante averse de grêle les surprend, tombe sur leurs épaules. Pour y échapper, ils courent en se tenant la main, insouciants, libres pour quelques heures. Comme elle est trempée, et qu’elle lui dit qu’elle ne peut pas rentrer chez elle dans cet état, il propose de la conduire chez lui pour se sécher, à deux pas, dans son grenier de Mary-le-Bone.
Elle accepte et reste à ses côtés bien après que la dernière flamme de la torche suspendue à la dernière maison du quartier ait rejoint l’enclos de la nuit. »

…/…

« Une fille habillée en soubrette prit notre vestiaire. Mirabel lui confia son manteau et sa pochette en carton sans que je sache ce qui était le plus imprudent des deux. Mon trouble décupla face au spectacle délicieux de ses épaules nues dans sa robe en lamé et de ses cheveux aux reflets or brun qui ruisselaient sur ses clavicules sous les lustres du couloir. Je lui dis que la couleur de ses yeux me faisait penser à l’un des anges du diptyque de Wilton, ou à tous les anges à la fois, dès le moment où son regard se porte sur moi. »

 

 

Jérôme Attal est parolier et écrivain, et l’auteur d’une dizaine de romans. Chez Robert Laffont, il a publié Aide-moi si tu peux, Les Jonquilles de Green Park (prix du roman de l’Ile de Ré et prix Coup de cœur du salon Lire en Poche de Saint-Maur), L’Appel de Portobello Road et 37, étoiles filantes, (prix Livres en Vignes et prix de la rentrée  » les écrivains chez Gonzague Saint Bris »).

Émotion, Philosophique, Roman

Tout ce que tu vas vivre

Tout ce que tu vas vivre
de Lorraine Fouchet (Auteur)
Poche – 7 mars 2019
Éditeur : Héloïse d’Ormesson

Le cœur du père de Dom cesse de battre dans les bras d’une femme qui s’éclipse après avoir ouvert aux secours. Orphelin à quinze ans, Dom tente de recoller les morceaux et se lance sur la piste de cette mystérieuse amoureuse.

Mais un nouveau coup de tonnerre éclate lorsqu’il reçoit les condoléances d’un inconnu qui aurait rencontré ses parents en Argentine, juste avant la naissance de leur fille. Seulement voilà, Dom est fils unique ! Cette révélation fracassante en entraîne d’autres qui le conduisent à quitter son île de Groix pour aller doubler le cap Horn, au pays des glaciers bleus, à la recherche de la vérité.

Porté par une écriture lumineuse et pleine de surprises, ”Tout ce que tu vas vivre” est un condensé d’optimisme où l’espoir triomphe face aux aléas de la vie. Un roman d’une savoureuse tendresse.

 

Livre_2019_2

 

Bonjour à toutes et à tous…

Ce livre, comme tous ceux de Lorraine, sont humains, touchants et attachants…
Ce livre frais, m’a fait du bien, il m’a plongé dans des paysages idylliques et magnifiques…
Ce livre, sans aucune prétention, donne à réfléchir…
Ce livre, est un condensé d’optimisme, plein de rebondissements…

Vous l’aurez compris, les romans de Lorraine Fouchet sortent régulièrement des sentiers battus, elle vous emportera dans son monde. Un monde où les boites aux lettres parlent, les vélos aussi d’ailleurs, du moins certains… Elle vous fera voyager dans des pays, dans des endroits magnifiques, avec des personnages aux grands cœurs.

Dom a 15 ans. Son père décède… Il apprend qu’il à peut-être une sœur quelque part au bout du monde.
Rien de l’arrêtera pour découvrir la vérité et les mystères qui planent autour de lui.

Une grande et belle histoire…

÷÷÷÷÷÷÷

Extrait :
« Ton fils regarde les gens droit dans les yeux, il ne les détourne pas sous le poids du malheur. Moi, je te l’avoue, je plie, je ploie. Je me transforme en roseau malmené par le vent. Je ne ferais plus jamais l’amour, l’idée d’un autre homme, d’autres étreintes, d’autres abandons, est impensable. Dom à toute la vie devant lui pour découvrir ce qui mène le monde, la passion, le désir, la jalousie, la soif de gloire. Qui lui apprendra les délicatesses et les fulgurances des corps ? Quel est le bon âge pour ça ? »

 

 

Avant de se consacrer à l’écriture, LORRAINE FOUCHET a été médecin urgentiste. Elle est l’auteur de dix-neuf romans, dont Poste restante à Locmaria et le best-seller Entre ciel et Lou (prix Ouest et prix Bretagne), ainsi que d’une lettre ouverte à son père, J’ai rendez-vous avec toi. Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

“Bonjour !
Fille unique, j’ai passé mon enfance le nez plongé dans un livre. Je voulais écrire mais mon père est mort un mois après mon bac, alors j’ai fait médecine pour réanimer les papas des autres. J’ai été médecin d’urgence au SAMU et à SOS Médecins pendant 15 ans, avant de reposer mon stéthoscope pour sauver des patients de papier. Avant c’était une question de vie ou de mort, maintenant c’est une question de vie et de mots. Mes romans les plus récents ont été publiés aux éditions Héloïse d’Ormesson et au Livre de Poche. Entre Ciel et Lou, publié en 2016, a obtenu le prix Ouest, le prix Bretagne – priz Breizh, et le prix Lecteurs U. C’est un roman breton dont l’action se situe sur l’île de Groix au large de Lorient dans le Morbihan. Une histoire qui donne envie d’océan, de crêpes, de solidarité, de pulls marins, de genêts, d’amour, d’amitié… et de jouer du saxophone.
Puis j’ai publié Les Couleurs de La vie, qui vous emmène de l’île de Groix à Antibes sur la Côte d’Azur pour vous assurer que la vie vaut son pesant de cacahuètes.
Et, en 2018, Poste restante à Locmaria, où une étrange factrice sillonne l’île de Groix pour retrouver son père.
En mars 2019, un nouveau roman sortira, avec des goélands bretons et des manchots patagons
J’aime vous embarquer pour Groix, une île unique et magnifique. Le bateau vous attend. La traversée est belle. Bienvenue !”