Cercle littéraire

Château de Maffliers 28 février 2020

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Hier soir, notre dîner aux chandelles au Château de Maffliers…
Corinne et Jean-Pierre Tartare reçoivent Alexandra Koszelyk.

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Est-ce, parce que nous avions changés exceptionnellement de salle ?
Est-ce, parce que nous étions plus nombreux que d’habitude ?
Est-ce, le sujet du roman qui s’y prêtait ?
Est-ce, parce qu’Alexandra dégage une paix intérieure ?
Ou bien les esprits de Léna et d’Ivan planaient-ils autour de nous ? …

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En tout cas, j’ai eu l’impression que cette soirée était plus intense, plus “Cosy”* que d’habitude…
Merci beaucoup Alexandra…

* Spéciale dédicace à Jean-Pierre !!!

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« Quand un auteur écrit, il déverse sur le papier un des mondes qu’il porte en lui, une sorte d’accouchement solitaire dont la gestation peut prendre des années.
Et puis, arrive ce miracle de la rencontre de l’autre, de ce lecteur avide d’un nouvel univers à explorer.
La magie de la littérature est là, dans ces ponts qu’elles créent entre deux imaginaires.
Hier soir, j’ai eu la chance phénoménale de rencontrer 29 personnes qui avaient lu mon roman. Dans leur regard brûlait la passion de la lecture.
Dans un silence de cathédrale, j’ai parlé de mon histoire. L’instant est royal. Mais bien plus fort encore fut ce moment où, grâce à la passion de ces lecteurs, j’ai compris que Léna et Ivan n’étaient plus seulement des êtres de papier, mais bien deux personnes qui peuplaient dorénavant l’univers de ces lecteurs. Et ça, c’est une offrande inestimable.»

Alexandra Koszelyk

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Photos © Dominique Sudre, Alexandra Lahcene et moi-même.

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À crier dans les ruines
de Alexandra Koszelyk (Auteur)
Broché – 23 août 2019
Éditeur : Aux Forges de Vulcain

Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans l’usine de leur ville, bouleverse leurs vies. Car l’usine en question, c’est la centrale de Tchernobyl. Et nous sommes en 1986. Les deux amoureux sont séparés. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena, quant à elle, grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Mais, un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver le pays qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

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Bonjour à toutes et à tous…

Wahou !!!

Quel roman… Je l’ai lu d’une seule traite. Impossible de le laisser sans connaître la fin.
Mais est-ce bien une fin ?

Léna et Ivan, deux adolescents sont séparés, suite à la terrible catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à Tchernobyl.
Voilà le point de départ du roman.
Léna est partie vivre en France avec ses parents et sa grand-mère, alors qu’Ivan a dû rester dans cette zone d’exclusion, où la nature reprend petit à petit ses droits en s’adaptant, mais les radiations sont encore là, pour des milliers d’années.

Alexandra Koszelik raconte, ou plutôt nous conte tout cela comme une histoire un peu “magique” avec beaucoup de sensibilité et d’émotion.
Je suis passé par plusieurs sentiments tout au long du récit. Il y a de la poésie cachée entre ses lignes, mais il y a aussi des événements chocs et marquants !

C’est à la fois un récit émouvant et réaliste, décrivant avec justesse une catastrophe humaine sans précédent, mais c’est aussi une histoire d’exil. Léna est déracinée. Elle ne peut en parler à ses parents, qui eux, désirent tout oublier. Seule sa grand-mère Zenka pourra l’aider. Mais le temps va faire son travail et petit à petit ses souvenirs d’Ivan et de son “ancienne” vie s’estompent…
Mais c’est surtout, une très belle histoire d’amour qui se déroule sur 20 ans.
En effet, Lena et Ivan étaient deux moitiés inséparables qui soudain se retrouvent cruellement éloignés.
Alors, Ivan, tous les ans, à date anniversaire, va écrire une lettre, tantôt bouleversante, tantôt terrible à “sa” Léna. Lettre qu’il ne pourra envoyer puisqu’il ne connait pas son adresse. Ce sera façon d’essayer de contrôler sa vie, son quotidien.

Tandis que Lena, elle, va…

Je vous laisse la possibilité de le découvrir par vous-même, en lisant ce roman plein de beauté, de mélancolie et de poésie.

Alexandra, avec beaucoup de finesse et de psychologie, va vous faire avancer le fil du temps de cette ode à la vie, à la liberté et à l’amour, jusqu’au dénouement final.
Dénouement certes un peu attendu, mais il ne pouvait en être autrement…

À crier dans les ruines”, roman qui explore un passé récent, est un très beau premier roman qui m’a touché et ne vous laissera sûrement pas indifférent…

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Extraits :

« Souvent, la dernière attention, un dernier geste ou regard, n’est pas prise au sérieux. On ne sait jamais quand elle arrive, personne n’y prend garde, l’instant glisse sur nous et s’échappe. Mais quand le dernier instant se fige, quand on sait qu’il portera le nom de « dernier », alors l’instant revient et perfore l’inconscient. Si j’avais su… »

« Léna entra dans son ancienne école avec effroi. Dans cette classe, le sol était jonché de cahiers ouverts et éventrés. Quelques jouets attendaient toujours que des paumes chaudes d’enfants les reprennent. Un peu plus loin, elle eut envie de mettre de l’ordre dans ces stylos poussiéreux, puis de remettre droite cette affiche Jaunie. Elle laissa ses gestes en suspens. Dans cette brocante à ciel ouvert, s’étalait sa vie d’antan. »

Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien. Elle vit et travaille en région parisienne.

C’est aussi une blogueuse littéraire.
Sur son blog “Bric à Book”, elle organise chaque semaine des ateliers d’écriture.

Cercle littéraire

Château de Maffliers 24 janvier 2020

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Ce soir, dîner aux chandelles au Château de Maffliers, Corinne et Jean-Pierre Tartare reçoivent Jérôme Attal.

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Je ne présente plus le Château, un magnifique domaine dont les jardins s’étendent à perte de vue.

Jérôme un brin fantaisiste qui est venu nous parler de son roman “La petite sonneuse de cloches”, nous a fait passer une excellente soirée.

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Tantôt conteur, tantôt guitariste, tantôt pianiste…

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Il nous a même poussé à la chansonnette sur un “Hey Jude” à plusieurs voix.
C’était très chaleureux… et émouvant.

Une soirée très intense à Maffliers…

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La Petite Sonneuse de cloches
de Jérôme Attal (Auteur)
Broché – 22 août 2019
Éditeur : Robert Laffont

Deux époques entrelacées, deux histoires d’amour qui se confondent en une chasse au trésor fiévreuse et romantique dans les rues de Londres.

1793. Le jeune Chateaubriand s’est exilé à Londres pour échapper à la Terreur. Sans argent, l’estomac vide, il tente de survivre tout en poursuivant son rêve de devenir écrivain. Un soir, tandis qu’il visite l’abbaye de Westminster, il se retrouve enfermé parmi les sépultures royales. Il y fera une rencontre inattendue : une jeune fille venue sonner les cloches de l’abbaye. Des décennies plus tard, dans ses Mémoires d’outre-tombe, il évoquera le tintement d’un baiser.
De nos jours, le vénérable professeur de littérature française Joe J. Stockholm travaille à l’écriture d’un livre sur les amours de l’écrivain. Quand il meurt, il laisse en friche un chapitre consacré à cette petite sonneuse de cloches. Joachim, son fils, décide alors de partir à Londres afin de poursuivre ses investigations.
Qui est la petite sonneuse de cloches ? A-t-elle laissé dans la vie du grand homme une empreinte plus profonde que les quelques lignes énigmatiques qu’il lui a consacrées ? Quelles amours plus fortes que tout se terrent dans les livres, qui brûlent d’un feu inextinguible le cœur de ceux qui les écrivent ?

 

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Bonjour à toutes et à tous…

J’aime beaucoup le genre de roman qui mêle habilement réalité historique et fiction. Jérôme Attal se penche sur un véritable élément de la vie de Chateaubriand avec délicatesse, humour et romantisme en mélangeant avec aisance, une histoire ancienne à une histoire contemporaine par un habile jeu de miroirs.

« J’entendis le bruit d’un baiser, et la cloche tinta le point du jour », est LA phrase tirée des “Mémoires d’Outre-tombe” qui va déclencher l’intrigue de ce récit. Une histoire d’amour méconnue De Chateaubriand, alors qu’il était en exil à Londres en 1793…

J’ai beaucoup aimé l’originalité et la crédibilité de l’immersion historique. Mais, après mon enthousiasme du début, lié à une idée de départ prometteuse, alors que tension et mystère disparaissaient pour céder la place à une intrigue romantique, peu à peu, j’ai décroché.
Il aura fallu que deux charmantes demoiselles, Mirabel et Violet viennent, par leur ton joyeux et déluré, me raccrocher au récit et susciter un nouvel intérêt.
Je garderai l’impression globale d’un bon livre, brillant, tant par son style d’écriture, que par la construction du récit, mais “La petite sonneuse de cloches” n’a pas pour moi, tenu toutes les promesses que son idée originale avait fait résonner en moi.

Néanmoins le récit de Jérôme reste un roman très agréable à lire.

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Extraits :
« En remontant les rues étroites de Soho, une puissante averse de grêle les surprend, tombe sur leurs épaules. Pour y échapper, ils courent en se tenant la main, insouciants, libres pour quelques heures. Comme elle est trempée, et qu’elle lui dit qu’elle ne peut pas rentrer chez elle dans cet état, il propose de la conduire chez lui pour se sécher, à deux pas, dans son grenier de Mary-le-Bone.
Elle accepte et reste à ses côtés bien après que la dernière flamme de la torche suspendue à la dernière maison du quartier ait rejoint l’enclos de la nuit. »

…/…

« Une fille habillée en soubrette prit notre vestiaire. Mirabel lui confia son manteau et sa pochette en carton sans que je sache ce qui était le plus imprudent des deux. Mon trouble décupla face au spectacle délicieux de ses épaules nues dans sa robe en lamé et de ses cheveux aux reflets or brun qui ruisselaient sur ses clavicules sous les lustres du couloir. Je lui dis que la couleur de ses yeux me faisait penser à l’un des anges du diptyque de Wilton, ou à tous les anges à la fois, dès le moment où son regard se porte sur moi. »

 

 

Jérôme Attal est parolier et écrivain, et l’auteur d’une dizaine de romans. Chez Robert Laffont, il a publié Aide-moi si tu peux, Les Jonquilles de Green Park (prix du roman de l’Ile de Ré et prix Coup de cœur du salon Lire en Poche de Saint-Maur), L’Appel de Portobello Road et 37, étoiles filantes, (prix Livres en Vignes et prix de la rentrée  » les écrivains chez Gonzague Saint Bris »).

Cercle littéraire

Château de Maffliers 20 décembre 2019

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Comme d’habitude un excellent moment de partage…

C’était hier soir au cercle littéraire de Maffliers, une superbe rencontre autour de l’excellent roman Maritima de Sigolène Vinson.

À la fois passionnant, convivial et émouvant.

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Merci Sigolène pour ta simplicité…

Merci Corinne et Jean-Pierre de nous faire partager ces superbes soirées.

 

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Maritima
de Sigolène Vinson (Auteur)
Broché – 6 mars 2019
Éditeur : L’OBSERVATOIRE

Les flammes des torchères de l’industrie pétrochimique brûlent dans les ciels immenses aux couleurs des peintres, les ocres de la Sainte-Victoire se distinguent au lointain. De la fenêtre de son immeuble surplombant l’étang de Berre, Jessica passe ses journées à guetter les poissons, prête à alerter son grand-père Joseph et son vieil acolyte Émile qui tendent leurs filets de pêcheurs d une rive à l’autre du chenal pour y prendre les bancs de muges. La jeune femme pourrait pourtant faire autre chose de ses journées, s’intéresser à Ahmed, son compagnon ingénieur dans les usines voisines, ou à Antoine et Dylan, les singuliers petits-fils d’Émile ; elle pourrait essayer d’aimer Sébastien, son fils de 5 ans, qui parle à peine et détourne rarement son attention de l’écran de son téléphone. Les habitants de ce territoire mêlé d’odeurs d’industrie, de mer et d’étang semblent ne vouloir être nulle part ailleurs. Jessica rêve-t-elle d’un autre destin, par-delà l’horizon bouché par les usines, là où s’étend le large ? Une année, tout bascule. Tragédie ou accident, rien ne sera plus comme avant.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

J’ai découvert Sigolène Vinson, elle a agrandi mon horizon.

J’avais déjà entendu parler de l’étang de Berre, il y a quelques années.
Ce lieu était pour moi synonyme d’usines, de pollution et de laideur.
Sigolène, nous en donne une autre version.
Par delà le viaduc autoroutier, il y a la mer, il y a aussi la beauté…

Dès que je me suis mis à lire ce roman, inconsciemment j’ai changé ma vitesse de lecture.
Chaque phrase, chaque mot est pensé, et a son importance… Je me suis laissé emporté par son souffle littéraire.
Sigolène prend son temps.
Celui d’installer ses personnages,
celui de nous faire visiter des lieux,
celui de nous raconter son histoire,
afin de nous faire comprendre la complexité de la vie, parfois…

Jessica vit dans un immeuble avec son fils de 5 ans. Elle surveille de la fenêtre les bancs de poissons et lorsqu’ils arrivent, elle alerte son grand-père, Joseph !
Voici le début de l’histoire… Le soleil, la chaleur, le vent, la mer…
Il va vous falloir patienter quelques pages (très bien écrites) avant de recevoir un électro-choc !
L’histoire aurait pu être simple, mais dans ce récit tous les personnages sont complexes, très attachants et cabossés par la vie, aussi bien les enfants que les adultes.

C’est un roman sensuel, beau et tragique à la fois, qui se vit autant qu’il se lit.
J’ai tourné la dernière page, à regret…

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Extrait :
« Jessica passa une main sous le pli trempé de ses genoux. Après l’avoir imprégnée de sueur, elle la porta à son nez. Ses narines gonflèrent sous l’inspiration, elle aimait quand le sel rehaussait son odeur, lui donnait une identité olfactive. Elle vivait son corps en marais salant d’où s’évaporait la Méditerranée. Dans ses veines, coulait la souffrance des gens d’étang, celle aussi plus lancinante des gens de la mer. La tête renversée en arrière, les paupières closes, elle se rappela ce matin où, enfants elle avait eu un espoir. Il devait être à peine six heures, elle trottinait derrière son arrière-grand-mère, Gabrielle, la mère de Joseph, chez qui elle avait dormi. Gabrielle pulvérisait un répulsif pour chien et chat sur toute la longueur de la ruelle où elle habitait, elle aimait passer ses journées sur le trottoir, installée sur une chaise qu’elle sortait de sa cuisine par la fenêtre. D’expérience, elle savait qu’au soleil, l’urine ce condensait en une vapeur d’ammoniaque qui lui grattait la gorge et lui piquait les yeux. Jessica était chargée de vérifier que personne ne la voyait, les voisins n’auraient pas compris qu’elle fasse fuir les animaux domestiques. »

 

 

Sigolène Vinson est journaliste et romancière. Elle est l’auteure de plusieurs romans dont Le Caillou, Courir après les ombres et Les Jouisseurs.

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À la ligne : Feuillets d’usine

À la ligne : Feuillets d’usine
Joseph Ponthus (Auteur)
Broché – 3 janvier 2019
Éditeur : La table ronde
À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer. Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.
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Bonjour à toutes et à tous…
C’est en regardant « La grande librairie » que j’ai découvert Joseph Ponthus qui présentait son premier roman quelques heures avant de le rencontrer le soir même au château de Maffliers
J’avais commencé à lire son livre quelques jours plus tôt
D’abord il y a le style
Son style
Le texte ne contient ni virgules
ni points
à mi-chemin entre prose et poésie découpé en 66 chapitres
La forme est imposé sûrement par le rythme de la ligne de production où travaille l’auteur
Pas le temps de réfléchir
accepter tous types de missions intérim
La ligne impose sa vitesse et son rythme
Il va faire connaissance avec le monde de l’usine
Le travail à la chaine avec ses gestes répétitifs ses cadences infernales
Alors pour tenir le coup l’auteur puise dans sa culture
Et le soir en rentrant retranscrit par écrit les sensations et les émotions ressenties durant ses longues journées de travail
J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire
Les longues phrases qui allaient ainsi de pages en pages parfois m’ont perdues à mon grand regret
Cela n’empêche pas qu’il y a de jolies trouvailles ici et là et que les références littéraires et citations diverses sont habilement incorporées au texte
Je suis toutefois resté sur ma fin
Le soir au dîner j’ai découvert un autre Joseph Ponthus que celui que j’avais entrevu à la lecture de son livre
Un homme calme serein loin de celui que j’avais imaginé
Je l’ai écouté toute la soirée et nous avons pu dialogué avec lui…
Il arrive que certains romans aient besoin d’une seconde lecture pour être apprécié
C’est peut-être le cas de “À la ligne”…
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Extraits :
« L’autre jour à la pause j’entends une ouvrière dire à un de ses collègues 
“Tu te rends compte aujourd’hui c’est tellement speed que j’ai même pas le temps de chanter”
Je crois que c’est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière
Ces moments où c’est tellement indicible que l’on a même pas le temps de chanter 
Juste voir la chaîne qui avance sans fin l’angoisse qui monte inéluctable de la machine et devoir continuer coûte que coûte la production alors que
Même pas le temps de chanter
Et diable qu’il y a de jours sans »

 

Joseph Ponthus est né en 1978. Après des études de littérature à Reims et de travail social à Nancy, il a exercé plus de dix ans comme éducateur spécialisé en banlieue parisienne où il a notamment dirigé et publié Nous… La Cité (Editions Zones, 2012). Il vit et travaille désormais en Bretagne.

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Château de Mafflier 05/04/2019

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Vendredi 5 avril 2019.
Ce soir, dîner aux chandelles au Château de Maffliers avec Corinne Tartare en maîtresse de cérémonie et, en invité d’honneur, l’écrivain Laurent Benegui entouré de Jean-Pierre Tartare et de 24 autres lecteurs qui s’apprêtent à passer une excellente soirée. Le lieu s’y prête à merveille. Le Château de Maffliers est un magnifique domaine dont les jardins s’étendent à perte de vue. La salle des fresques où nous dînons est, à l’image de la résidence, un espace empli d’Histoire.

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Bonjour à toutes et à tous,

Vendredi dernier, avait lieu au château de Maffliers, ma cinquième visite dans le cadre de notre cercle littéraire.

Corinne et Jean-Pierre Tartare recevaient Laurent Bénégui, pour nous parler de son dernier roman “Le mari de la Harpiste”.

Ce moment est vraiment un moment privilégié. Complètement hors du temps. Un groupe d’amis pour la plupart qui se découvrent ou se redécouvrent à chaque nouvelle réunion.

Les journées s’allongent et c’est à la lumière du jour que nous nous sommes retrouvés au Château pour ce nouveau dîner.

Nous avons passé une excellente soirée. Moment privilégié où nous pouvons échanger avec Laurent en toute simplicité.
Il nous parle de sa vie, de son vécu, du pourquoi de son roman. Nous passons un excellent moment de plus, Laurent est drôle ce qui ne gâche en rien la soirée, au contraire…

Comment concilier une vie de couple quand plusieurs harpes “s’invitent” dans votre quotidien. C’est ce qu’a essayé de nous transmettre Laurent, la simplicité de son quotidien dans une vie qui pourrait paraître impossible pour la plupart d’entre nous.

Si vous ne connaissez pas Laurent Bénégui, je vous engage à entrer dans son monde émouvant et drôle à la fois…
En tout cas, j’y retournerai dès que possible !

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Le Mari de la harpiste
de Laurent Bénégui (Auteur)
Broché – 7 février 2019
Éditeur : Julliard

Vous êtes-vous déjà approché d’une harpe ? L’instrument est magnifique, mélodieux, mais n’entre pas dans les ascenseurs, ne supporte ni le froid ni le chaud, coûte plus cher qu’une voiture, a plus de cordes qu’un régiment d’archers, plus de pédales qu’un peloton de cyclistes, et si vous n’en jouez pas tous les jours, vous perdez vos doigts. En toute franchise, une harpe, c’est le bazar dans votre vie. Mon problème, c’est que je suis tombé amoureux d’une harpiste…
Avec un humour irrésistible et une tendresse contagieuse, ce roman revisite l’éternelle situation du triangle amoureux, sauf que cette fois, le rival possède quarante-sept cordes et sept pédales…

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Bonjour à toutes et à tous…

Basile est amoureux de Charlie.
Comme il l’aime plus que tout, il est prêt à toutes les concessions pour lui plaire. Mais il ne sait pas dans quel monde il va mettre les pieds…

Laurent Bénégui avec ses mots nous fait vivre avec simplicité, humour, tendresse et beaucoup de poésie la réalité d’un couple “envahit“ par une harpe.

D’où est venu cette idée de “triangle amoureux” qui sort largement des sentiers battus ?
C’est un peu son histoire ? un peu sa vie ?

Qu’importe.
Le principal étant de lire un texte tout en finesse, en douceur et sincérité.
Le Mari de la harpiste. Une histoire drôle et vivifiante. Un roman qui devrait être obligatoire !!!

Je conseille vivement !

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Extrait :
« La jeune femme avança droit sur moi, le regard vague, et ne paru s’apercevoir de ma présence qu’au dernier moment, bifurquant et attrapant une bouteille d’eau sur le buffet. Elle approcha le boulot de ses lèvres et se campa devant la fenêtre pour ingurgiter un demi-litre sans reprendre son souffle. J’observais sa gorge onduler au passage du liquide, la silhouette qui vibrait dans le contre-jour de la lune, comme encore animée du souvenir de sa danse. j’avais séjourné à Rome sans qu’aucune une fontaine du Capitol ne m’ait offert d’approcher pareil nymphe. Lorsqu’elle reposa la bouteille, nos regards se croisèrent. Je peinais à distinguer la couleur de ses yeux, mais l’entêtement avec lequel j’essayais de discerner le gris du vert suscita chez elle un sourire. »

https://leressentidejeanpaul.com/2019/04/07/le-mari-de-la-harpiste-de-laurent-benegui/

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