Polar, Suspense, Thriller

Naija

de Thierry Berlanda
Broché – 7 octobre 2021
Éditeur : M PLUS

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Paris. Demain.
Jacques Salmon et Justine Barcella, l’équipe de liquidateurs Titan prend directement ses ordres à l’Élysée et ne rapporte qu’à la présidence. Sa devise : aucun moyen, tout pouvoir.

À la suite de l’assassinat d’une brutalité inédite d’un dirigeant de l’agro-alimentaire, Titan est déclenché, en marge des procédures policières et judiciaires habituelles, pour remonter la piste de son instigateur. L’enquête de Titan les mène de Paris aux bas-fonds de Marseille puis aux quartiers futuristes de Lagos, capitale économique surpeuplée du Nigeria où le chaos politique permet le déploiement sans limite des appétits financiers d’industriels de rang mondial. Ainsi en est-il des dirigeants du géant HISTAL (Histology, Immunology, Surgery, Trading And Laboratory), mystérieux groupe pharmaceutique international aux activités troubles sous couvert de nanotechnologies ultra-performantes.

Confrontés à ce « nouveau monde », où la science s’affranchit de toute morale, les deux agents eux-mêmes pris entre devoir et séduction, devront se déterminer personnellement…

 

2021_079_Berlanda Thierry - Naija

 

Un excellent Polar qui sort des codes habituels !

Avec une ligne du temps délibérément futuriste, je me suis demandé à chaque instant de ma lecture ou s’arrêtait le réel, où commençait la fiction.
Une écriture fluide, rapide, stressante, des personnages émouvants, révoltants, un monde où le sens de la vie et la morale tend à disparaitre, des images chocs, des dialogues incisifs, Thierry Berlanda prend tous les raccourcis… et ce pour mon plus grand plaisir !

Jacques Salmon et Justine Barcella, membres d’une unité très spéciale, sont chargés d’une mission très particulière. Ils sont tout deux membres de l’unité Titan, et à ce titre ce placent au-dessus de tous les organismes d’État. Ils n’ont de compte à rendre qu’au Président.
Fabre Semard, riche propriétaire d’une firme agroalimentaire a été enlevé, puis tué. Il sera retrouvé à l’arrière d’une bétaillère pleine de génisses en partance pour les abattoirs. Cette enquête va mener nos héros dans un périple où rien n’ira comme ils l’entendaient.

Très vite je me suis rendu compte que le récit me mènerai vers une affaire sombre, sordide et malsaine, mais je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait arriver.
Petit à petit ce polar se transforme en un thriller saisissant où les questions de conscience, d’éthique, de morale et le sens de l’humanité vont perdre soudain toutes leurs valeurs.
Thierry nous bouscule et nous fait frémir parce qu’il va vraiment très loin, mais peut-être est-ce ça le monde de demain finalement…
Quelle sera l’évolution de notre humanité pour ce début du XXIème siècle ?
Quel sera le futur des progrès scientifiques ?

Notre duo, n’aura de choix que d’aller au bout d’eux-mêmes, s’ils ne veulent pas être broyer par une “machine” diabolique, qui veut étendre définitivement son contrôle sur le monde…
Mais ce récit est aussi une véritable réflexion sur la place des pays africains dans le monde, sur les relations qu’entretiennent les multinationales qui s’y installent et les populations autochtones qui se font envahir.
Un voyage abject et terrifiant qui m’a mené aux portes de l’enfer.

Je n’en dirais pas plus !
Je vous laisse la place au suspens et au plaisir la découverte.
Quel “P…” de bon roman !

Merci Thierry pour la surprise !!!

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Extraits :

« Salmon referme la porte de son appartement sur Justine sans faire mine de répondre au salut discret qu’elle vient de lui adresser d’un mouvement de tête. Elle le suit à l’intérieur en se disant que pour la dernière étape de son intégration, si elle n’avait pas espéré une garden-party du genre remise de diplôme sous les vivats, elle aurait pu s’attendre à autre chose qu’à cette réception dans une tanière ou le bruit d’un aspirateur n’avait pas dû raisonner depuis des mois. »

« – Tu prends un petit déjeuner ? – Non merci, je suis sur les nerfs. Complètement excitée, à vrai dire. Il sourit en replaçant sa vague tignasse. « Deux sourires en moins d’une heure : c’est plus qu’en dix ans, on dirait ! » – On s’assoit ? – D’accord. On saura comment qu’un vol nous attend ? – Tu verras. – Je n’en reviens pas, comme les gens se plient à tes ordres sans rien vérifier, sans protester, sans… – La plupart des humains adorent obéir. Il suffit de leur en fournir l’occasion. »

 

 

Thierry Berlanda est l’auteur de vingt romans.

Après Naija (2017) et Jurong Island (2018), Cerro Rico (juin 2019) clôt sa trilogie de techno-thrillers (Éditions du Rocher). Ses autres romans récents sont L’Affaire Creutzwald (2018), un roman noir, et L’Orme aux Loups (2017), un suspense médiéval, parus aux Éditions De Borée. L’Insigne du Boiteux, un thriller pur jus, est ressorti en poche chez le même éditeur en 2019. Pour septembre 2020 sont annoncés la version poche de L’Affaire Creutzwald et un nouveau thriller en grand format, DÉVIATION NORD, dans la collection Marge Noire des Éditions De Borée.

Polar, Suspense, Thriller psychologique

Les Eaux noires

de Estelle Tharreau
Poche – 7 octobre 2021
Éditeur : Éditions Taurnada

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Lorsque les eaux noires recrachent le corps de la fille de Joséfa, personne ne peut imaginer la descente aux enfers qui attend les habitants de la Baie des Naufragés. L’assassin restant introuvable, à l’abri des petits secrets et des grands vices, une mécanique de malheur va alors tout balayer sur son passage… Les révélations d’un corbeau, la détresse d’une mère et le cynisme d’un flic alimenteront l’engrenage de la rumeur, de la suspicion et de la haine. Joséfa réussira-t-elle à survivre à la vérité ?

 

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Les nouveautés des Éditions Taurnada sont régulièrement de belles surprises !
“Les eaux noires” d’Estelle Tharreau, n’ont pas échappé à la règle…

J’ai découvert Estelle en septembre 2020 avec “La peine du Bourreau”, que j’avais beaucoup aimé. Une écriture fluide, percutante et allant droit au but. Alors, lorsque Joël, que je remercie au passage, m’a proposé son dernier roman il y a quelques jours, je n’ai pas hésité du tout et j’avais vraiment hâte de le recevoir !

Comme pour ma précédente lecture, j’ai lu le roman d’une traite, impossible de le lâcher !
“Les eaux noires” est un vrai polar psychologique avec une atmosphère sombre et pesante, une descente aux enfers…

Suzy, la fille de Joséfa (Jo) est retrouvée morte, assassinée dans la petite ville d’Yprat à âge de dix-sept ans, recrachée par les eaux noires.
Très vite des rumeurs commencent à courir, et quelques voisins vont s’acharner sur Jo. Malgré une sacrée personnalité va se retrouver au centre de tous les regards.
– Mais comment une mère a-t-elle pu délaisser ainsi son enfant ?
– Elle a bien eu ce qu’elle mérite, au lieu de s’occuper de sa fille…

Seule maintenant et vivant un enfer au quotidien, elle demande justice, elle veut que la police retrouve l’assassin de son enfant.
Mais l’enquête piétine…
Personne n’a rien vu, personne n’a rien entendu.
Dès lors, pour cette maman qui a tout perdu, tous les coups seront permis. Elle décide de chercher elle-même le coupable !

Finalement, c’est un “corbeau” qui va balancer des révélations dévastatrices qui vont monter très vite les uns contre les autres les voisins de Jo et aussi les habitants de la Baie des Naufragés qui sont peut-être les derniers à avoir vu Suzy vivante.
Le climat est de plus en plus malsain, potentiellement tout le monde peut-être coupable et la haine qui s’installe au sein de la population n’aidera en rien l’enquête !

Personnellement, cette lecture m’a complètement chamboulé, le rythme, la méchanceté, le vice qui se dégage de certains personnages, la pression qui monte petit à petit et un final que je n’ai pas vu arriver du tout !

Bravo Estelle, tout est savamment distillé dans ce récit, c’est fin et très addictif, un vrai “bonheur” pour le lecteur que je suis.
Un roman surprenant et très efficace à lire absolument !

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Extraits :

« Doucement, il lui pris le bras et l’aida à sortir de la voiture. Elle le regardait toujours, comme pour faire abstraction du décor qui les entourait. Pour gagner du temps. Trouver une autre explication. Pour repousser le moment où Cédric allait parler.
La partie réfractaire de l’esprit de Jo tenta une ultime rébellion tandis que ses yeux pleuraient déjà.
« Tu me la ramenée ? Hein, Cédric ? Tu me l’as ramené ma Suzy ?
– Jo…
– Elle est à la maison ? S’étrangla-t-elle. Elle est pas blessée ?
– Jo… »
Cédric ne pouvait contenir ses larmes.
« Vous l’avez soignée ? Hein ? Ça va aller ?
– Jo… Suzy est morte. »
Puis, le hurlement d’un esprit qui vacille. D’une âme qui vole en éclats.
Jamais plus les humains présents dans la Baie n’entendraient un cri aussi déchirant.
Un cri qui couvrit le grondement des eaux noires. »

« En approchant de la cabine, Jo se représenta l’image qu’elle allait renvoyer : celle d’une bête en cage. C’était ça, sa punition pour avoir enterré sa fille dans l’intimité, pour avoir demandé des nouvelles de l’enquête, pour avoir rejeté les médias, pour n’avoir pas pu sourire, pour avoir refusé qu’on allume des bougies.
Malgré ça haine et sa rancœur, elle entra docilement dans sa prison. Suzy et elle n’avaient rien fait et pourtant, ils leur en voulaient tous. C’était elle qu’on enfermait alors que le meurtrier de sa fille était en liberté. »

 

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

Son précédent roman, « La Peine du bourreau », est sélectionné au prix 2021 du Roman Noir des Bibliothèques et des Médiathèques de Grand Cognac. Il est également nominé au prix Dora-Suarez 2021
Estelle a été finaliste au prix du Polar du Festival de Cognac 2019 avec son roman « Mon ombre assassine ».

Émotion, Histoire, Polar, Suspense

Devoir de mémoire

de Éric Dupuis
Broché – 12 juin 2017
Éditeur : Ravet-Anceau

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Durant la Seconde Guerre mondiale, Edith Cuvelier fut malgré elle la favorite d’un colonel SS. Une expérience qui la hante toujours. Aujourd’hui âgée et malade, elle décide de se cloîtrer, fusil à la main, dans sa résidence du bassin minier. Son but ? Se protéger des « hommes en noir ». Alertés par l’entourage de la vieille dame, le major Kaczmarek et l’agent à la retraite Constantini font chez elle une macabre découverte. Son mari, égorgé. Pour Constantini, les coïncidences n’existent pas : le mode opératoire lui rappelle une ancienne affaire menée par son père. Affaire sur laquelle Edith avait déjà été inquiétée… Kaczmarek, quant à lui, décide de n’écarter aucune piste et interroge les proches de la suspecte. La même question est sur toutes les lèvres : peut-on échapper au passé ?

 

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Dernièrement, j’ai plutôt été déçu par les derniers Polar que j’avais lu… Certains même, je ne les avais pas chroniqués, cela ne me semblait pas utile.

Avec “Devoir de mémoire”, Éric Dupuis me réconcilie avec le genre !

Édith Cuvelier est une jeune fille, durant la seconde guerre mondiale. Lorsque les allemands envahissent sa région, contre sa volonté elle va devenir la muse d’un colonel SS, elle subira alors tous les outrages. À la fin du conflit, lorsque les allemands sont partis, elle pense alors enfin souffler… On la traitera de “pute à Nazi”. Elle sera battue et on lui rasera la tête…
Aujourd’hui des années plus tard, elle est devenue une vieille dame, elle a 90 ans, elle est malade et vit avec son mari malade aussi. Un soir, elle prend une arme conservée par son mari après la guerre et se met à tirer dans tous les sens pour se protéger des « hommes en noir »…

La police arrive très vite et trouve une scène de crime horrible, son mari a été égorgé durant son sommeil.
Pour Constantini, policier à la retraite, le mode opératoire lui rappelle une ancienne affaire qui n’a jamais, à son grand malheur, jamais été résolue.
Le tueur en série est-il revenu 20 ans plus tard ?
Est-ce un Copycat ?

Une nouvelle enquête, et pas des moindres, pour nos enquêteurs de choc !

Étant passionné d’Histoire, j’ai beaucoup aimé ce roman. Les différents passages se déroulants à la fin de la seconde Guerre mondiale, l’intervention des Nazis qui à ce moment là, sont toujours dans l’espoir de régner durant mille ans, L’intrusion dans un monde que je connais assez peu, celui du troisième âge, de la maladie et de la perte de repères que nos anciens d’un seul coup subissent…
Mais, c’est surtout sa région natale que l’auteur à décidé de développer, la région du Nord-Pas-de-Calais, et parfois j’ai vraiment eu l’impression d’y être. “Devoir de mémoire”, se déroule après “Aussi noir que le charbon”, j’étais content de retrouver les mêmes enquêteurs qui sont attachants, mais ce récit est encore plus “fouillé” que le précédent je trouve. Il n’est d’ailleurs pas utile de l’avoir lu pour comprendre cette “suite”, mais pour une meilleure vision globale des personnages principaux et de leur vécu, personnellement je préfère. Dans ce nouvel opus il y aura encore beaucoup recherches historiques et régionales.
Le récit est fluide et très bien construit, les personnages vivants. La lecture est prenante, sans temps mort et très agréable…

Une intrigue très bien menée qui va vous plonger au cœur de la Seconde Guerre mondiale dans un premier temps, puis dans une enquêtes qui va de rebondissements en rebondissements, mais aussi aussi un récit très humains qui m’a forcé à réfléchir et me remettre en question sur beaucoup de choses.

Et quel final ahurissant…

Merci Éric et bravo, encore une fois tu m’as bien baladé, là, où vraiment tu le souhaitais…

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Extraits :

« – Je suis obligée de nous protéger. Ton père ne fait plus rien contre eux, il dort tout le temps ! Je n’ai pas envie qu’ils nous fassent du mal… Je ne veux plus souffrir…
– Qui oserait vous faire du mal ? Les gens qui s’occupent de vous ? Tu sais que je suis capable de les arrêter, alors donne-moi leurs noms !
– Oh, je ne sais plus… Je ne m’en souviens plus… Tout ce que je sais, c’est qu’ils sont plusieurs… L’autre jour, on m’a porté des coups et ton père a crié, tellement on lui faisait mal… Je ne veux plus voir personne. et j’ai trop souffert. Gamine, mon père me frapper. J’étais l’aiînée, donc je devais montrer l’exemple, en travaillant toujours bien à l’école et en étant un modèle pour mes frères et ma sœur. Mon père, André, ancien poilu de la guerre 14-18, aimait la discipline et l’ordre, raison pour laquelle il ne supportait pas le moindre écart de conduite. J’étais de suite giflée, sanctionnée et punie. Direction le cachot… le local à charbon. Tu imagines le nombre de fois où j’ai pleuré au cours de mon enfance ? C’est terminé, je ne veux plus qu’on me fasse du mal… »
…/…
« Une fois agrippée par les cheveux, j’ai été traînée jusqu’à la place publique d’Acheville. Tous les villageois qui ne me connaissaient même pas scandaient mon nom et crachaient toute leur haine sur moi, pendant qu’un résistant m’attachait à une chaise devant le monument aux morts de la guerre 14-18. J’entendais hurler « salope ! Putain ! Chienne de Boches ! » tandis que les touffes de mes cheveux dégringolaient inlassablement devant mes yeux, tailladés à coups de ciseaux, jusqu’à l’arrivée de la tondeuse qui acheva le carnage. J’étais forte et je savais que je n’avais rien à me reprocher. Outre le fait d’avoir été enrôlée de force dans ce manoir de malheur, bordel à Boches, j’avais réalisé des actes de résistance à l’ennemi. Les Américains l’avaient reconnu et dans quelques temps, je serai lavée de toutes ces atrocités. J’ai fait preuve de courage en leur montrant que la honte ne me gagnerait pas.
Une fois le crâne à nu, une femme lui avait peint une croix gammée sur la tête puis on l’avait attachée à une carriole tiré par un cheval de trait pour l’exhiber dans les rues. »

 

 

Né dans les années 1960 à Courrières dans le Pas-de-Calais, Éric Dupuis poursuit ses études secondaires à Lens avant d’incorporer le premier contingent de policiers auxiliaires en octobre 1986, puis de devenir gardien de la paix en 1987. Après plusieurs années sur la voie publique et trente ans de carrière dans la police nationale en région parisienne, il devient major-instructeur. En tant que formateur en sécurité intérieure, il enseigne aujourd’hui activités physiques et professionnelles : tir, auto-défense et techniques de sécurité en intervention. Il est également passionné par les arts martiaux et notamment par le krav maga, une discipline d’auto-défense qu’il pratique et enseigne en tant que 4e dan.

Dans le cadre de son travail d’acteur et de conseiller technique pour le cinéma et les séries télévisées, il se lance dans l’écriture et propose ses récits. Après Aussi noir que le charbon, il publie un autre polar se déroulant dans le bassin minier : Devoir de mémoire. Un retour aux sources, en quelque sorte…

Émotion, Noir, Polar, Suspense

Les Ronds dans l’eau

de Hervé Commère
Poche – 13 février 2014
Éditeur : Pocket

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Un truand paranoïaque en cavale depuis quarante ans.
Un serveur dépressif qui voit son ancien amour se trémousser dans un jeu de téléréalité.
À priori, aucun lien entre ces deux hommes que tout semble opposer et qui ne se connaissent pas. Sauf peut-être une lueur dans le regard d’un vieil homme. Ou l’obsession d’un journaliste à réunir les pièce d’un vieux puzzle.
Sauf peut-être les ronds dans l’eau.
Car certains actes ont des répercutions inattendues, même très longtemps après avoir été commis…

“Un ovni littéraire, tantôt poétique ou violent. Toujours surprenant et parfaitement ciselé.” Ouest France

“Le thriller à la française a trouvé un de ses meilleurs ambassadeurs.” Direct Matin

 

2021_045_Commère Hervé - Des ronds dans l'eauDédicace

 

Impossible de résumer ce roman.
Je ne sais même pas par où commencer, il y a une telle richesse d’idées…
Tellement de personnages importants…

Et si je commençai par la fin ?
Par exemple le neuvième chapitre de l’épilogue ?
Rarement une fin ne m’aura autant bouleversé, et j’avoue avoir ressenti quelques picotements aux yeux avant de sentir une larme couler sur ma joue…

« Les ronds dans l’eau » est un polar et en même temps bien plus que cela !
Ce petit chef d’œuvre, avec deux intrigues qui ne cessent de se mêlées, pleines de suspense, est aussi une belle et triste histoire d’amour.

L’intrigue est bien menée et la construction du roman parfaitement fluide et maitrisée. Chaque chapitre est un rebondissement distillant de nouvelles informations, créant ainsi de nouvelles intrigues.

Fidèle à son thème de prédilection, à savoir l’importance du hasard dans la vie quotidienne, Hervé Commère nous livre un chassé-croisé dont il a le secret.
C’est un récit à deux voix :
Jacques, truand à la retraite. Son forfait le plus mémorable, la participation au vol d’un tableau de Manet quarante ans plus tôt…
Yvan, barman. Il découvre avec horreur à la télévision dans un jeu de télé-réalité son ex-petite amie, prête à tout pour remporter la victoire.
Deux vies différentes.
Deux destins qui n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant…

J’avais découvert et beaucoup apprécié le premier livre d’Hervé, la belle mécanique de précision qu’était “J’attraperai ta mort”, suivi très vite de “Sauf”, tout aussi agréable. Mais avec “Les Ronds dans l’eau”, Hervé a, pour moi, bousculé beaucoup de codes…

Une jolie couverture, des intrigues sinueuses, un peu d’humour, beaucoup d’amour et surtout, une écriture envoûtante, un coup de cœur tout simplement.

Je vous le conseille vivement !

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Extraits :

« Quand j’étais petit, on ne se demandait jamais si une fille avait de vrais seins ou non. À l’époque, ce qui était nouveau le restait quelques temps, sans risquer d’être dépassé le mois suivant. Être célèbre n’était pas un métier, on pouvait être heureux sans être riche et top model. Les vedettes de mon enfance avaient eu un parcours, de beaux films, de jolies chansons. On n’était pas là pour rien. Aujourd’hui, la télé me montrait des inconnus, des nouveaux chaque semaine, qui déclenchaient l’hystérie d’un simple battement de cils. On ne parlait plus de musique mais de nombre d’exemplaires vendus, on ne parlait plus du septième art mais de millions de recettes. Je n’y comprenais rien. »
…/…
« – C’est proprement rocambolesque, lâcha-t-il.
Proprement rocambolesque. Bouffonnerie. Je me demandai où ce type avait appris à parler. Il devait trouver les bons films « tout à fait jubilatoires ». Après la pipe du samedi soir, il devait flatter sa femme en lui disant qu’elle avait fait preuve d’une « réjouissante audace », je le voyais d’ici. »

J’attraperai ta mort :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/04/jattraperai-ta-mort-de-herve-commere/

Sauf :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/05/sauf-de-herve-commere/

 

 

Hervé Commère est né en 1974 à Rouen et vit aujourd’hui à Paris. Après J’attraperai ta mort (2009), il a publié Les Ronds dans l’eau (Fleuve Noir, 2011 – Prix marseillais du Polar et prix du roman de la ville de Villepreux), Le Deuxième Homme (Fleuve Noir, 2012), Imagine le reste (Fleuve Éditions, 2014 – prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège) –, Ce qu’il nous faut, c’est un mort (Fleuve Éditions, 2016 – Prix Polars Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire) dont les droits ont été optionnés pour une série télévisée, et Départs (Éditions In8, 2017). Son dernier livre, Sauf, paraît en 2018 chez Fleuve Éditions.
Hervé Commère est traduit en Chine et au Japon.

Histoire, Polar, Suspense

Cabale Pyramidion

de Samuel Delage
Broché – 13 mai 2021
Éditeur : MON POCHE

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Les pyramides n’ont pas livré tous leurs secrets… : une folle course contre la montre au cœur de l’Egypte du printemps arabe. Marion Evans, jeune étudiante franco-américaine, est arrêtée à la sortie du Musée égyptien du Caire où elle travaille, une statuette dans son sac à main. Même si tout tendrait à prouver qu’il s’agit d’un coup monté, la police semble se satisfaire de cette coupable désignée. Mais pas ses amis, qui vont tout faire pour la sortir de ce mauvais pas et faire la lumière sur ce complot. Yvan Sauvage, expert en art, ancien professeur et amant occasionnel de la jeune femme, se lance tête baissée dans l’affaire, bientôt aidé de Daoud, un antiquaire roué, et du beau et ténébreux Hassan Tarek, un archéologue aux desseins ambigus…

 

2021_044_Delage Samuel - Cabale Pyramidion

 

J’ai reçu « Cabale Pyramidion » en service-presse il y a quelques jours par les éditions Centre Livre – Mon Poche. Un grand merci à Virginie…

Après les lectures de « Code Salamandre » et « Arcanes Médicis » j’ai de nouveau pris beaucoup de plaisir à retrouver Samuel Delage ! Son écriture simple et efficace a fait que je ne me suis pas ennuyé une seconde. Le duo Marion et Yvan fonctionne à merveille. Amateur d’Egypte ancienne et de romans ésotériques, je me doutais bien que j’allais accrocher…
Mais je ne m’attendais pas à l’être aussi vite !
En effet intrigues et rebondissements commencent dès les premières pages. Pas le temps de respirer et “boom” un retournement de situation. Accrochez-vous bien durant ce voyage en Égypte, car il en va de même jusqu’à la fin.

Dans son récit Samuel nous fait entrevoir l’envers du décor de l’Egypte telle qu’elle est vue par les touristes. Ici, la justice laisse la place à la corruption et aux chantages, aux magouilles politiques, aux trafics et recels d’antiquités.

Cabale Pyramidion est un roman qui sonne juste, certaines descriptions m’ont donné l’impression d’y être et de respirer l’air du Caire et de l’Égypte dans toute sa splendeur !
J’ai été ainsi transporté dans un roman où les recherches historiques se mêlent à une aventure qui m’a tenue en haleine et où tout s’accélère jusqu’à une fin qui dénouera l’essentiel de l’intrigue, mais malheureusement pas le grand mystère…

Une suite à venir Samuel ?

Un thriller saisissant qui m’a fait passer un bon moment et qui m’a fait repenser aux voyages et aux sites que j’ai visités là-bas.
Venez à votre tour voyager dans cette cabale, afin de découvrir les clés d’un Pyramidion aussi réel que mystique…

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Extraits :

« Une main vient d’agripper son bras. Marion Evans se fige. Quelqu’un a surgi derrière elle, et personne autour. Le musée s’apprête à fermer, les visiteurs ont déserté la salle où elle déambulait. La jeune femme se retourne : devant elle, un homme en uniforme de gardien, les yeux cachés par des lunettes sombres. Il retire sa main et désigne une porte de service.
– Avancez par là !
Pas une invitation, un ordre. Il la domine d’une courte tête, mais sa carrure fait peur. »
…/…
« J’ignore dans quoi tu t’embarques, mon cher Yvan, mais sache que j’ai toujours eu confiance en toi. On ne dit jamais assez aux gens qu’on estime combien ils comptent dans nos vies…
Ce dernier propos étonna Ivan et l’ébranla un peu. Qu’un homme aussi pudique livrât ce sentiment lui paru étrange. »
Code Salamandre :
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/19/code-salamandre/

Arcanes Médicis :
https://leressentidejeanpaul.com/2020/09/16/arcanes-medicis/

 

 

Né en 1978 à Angers, Samuel Delage est scénariste et auteur de romans à suspense. Il est également chroniqueur livres sur France 3 et a créé le site Internet Les Petits Mots des Libraires. Cabale Pyramidion est le deuxième opus d’une série romanesque avec deux personnages récurrents – Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, et Marion Evans, historienne de l’art – que l’on retrouve dans Code Salamandre (Belfond 2011- MonPoche 2019) et Arcances Medicis (De Borée 2018).

Facebook : facebook.com/delage.samuel
Instagram : @samueldelage
Twitter : @samueldelage
http://www.samueldelage.com

Émotion, Polar, Suspense

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?

de Mathieu Menegaux
Broché – 2 mai 2018
Éditeur : Grasset

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Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.

Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.

Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.

Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.

 

2021_043_Menegaux Mathieu - Est-ce ainsi que les hommes jugent

 

Après les lectures de « Je me suis tue » et « Un fils parfait » j’attendais depuis un moment de lire ce nouveau titre de Mathieu, n’y tenant plus j’ai craqué et l’ai fait passer plus tôt que prévu !

Wahou. Quelle plume !
Du suspense, beaucoup de pression et un épilogue que je n’ai pas vu du tout arriver…

Depuis la mort de sa mère, Claire n’a plus que son père… Suite à une tentative d’enlèvement, il intervient pour la sauver, quand il est percuté violemment par le véhicule du voyou sous les yeux de sa fille Claire…
Pas ou peu de témoins, l’enquête de police avance très difficilement.
Defils, le commandant qui va gérer l’enquête va promettre à Claire de retrouver coûte que coûte le meurtrier de son père.

Trois ans plus tard, au petit matin, l’irruption brutale de la police au petit matin chez Gustavo, va le plonger dans un vrai cauchemar. Il est dès lors accusé d’homicide volontaire.
La machine judiciaire est dorénavant en marche.

Ce roman, lu d’une traite, est une véritable plongée en enfer. J’ai assisté au mécanisme implacable de la Police, qui d’abord se met en place et qui ensuite petit à petit ressert son étau avec une absence totale de sentiments, seules les preuves feront foi, malgré les revendications de Gustavo qui très vite se trouve dos au mur, sans aucune parade pour se faire entendre. Mathieu Menegaux insiste sur la difficulté de conserver toute objectivité dans la justice quand elle est dominée par l’émotion que ce soit celle du commandant, suite à sa promesse ou celle de Claire qui veut absolument trouver le coupable… Heureusement la femme de Gustavo, Sophie va tenter de trouver les preuves de son innocence.

C’est glaçant, horrible…
L’intervention des médias, des réseaux sociaux et de la foule, en arrivant vers la fin du roman, quelle horreur, cela fait vraiment peur !

Le récit est superbement bien construit et mené comme les deux autres avec vraiment beaucoup de sensibilité.

Ce livre m’a sonné, c’est un véritable choc !
Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire, “Et si cela devait m’arriver, comment réagirai-je ? Que ferai-je ? Est-ce que je baisserai les bras ?” Cela m’a fait froid dans le dos.

À lire absolument

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Extraits :

« Depuis qu’elle s’en était allé, Bertrand et Claire n’avaient pas failli une seule fois à la promesse qu’ils s’étaient faite le jour de l’enterrement : la tombe de maman serait toujours fleurie. Chaque samedi matin c’était le même rituel. Après la corvée des courses au centre commercial de Plaisir, expédiée au plus vite, le père et la fille prenaient leur temps pour choisir un joli bouquet. Des couleurs vives, beaucoup de feuillage, et un papier brillant avec un ruban : c’est pour offrir. La fleuriste emballait le paquet avec soin avant de le tendre à Claire en souriant, non sans un pincement au cœur pour cette adorable petite fille, orpheline à douze ans. »
…/…
« Tout est en place. L’affrontement peut démarrer. Gustavo n’en est pas conscient, encore, mais c’est sa vie tout entière qui est en jeu. Il pense encore avec naïveté qu’il va être en mesure de faire valoir son innocence sur la base d’une conversation rationnelle, et que sa bonne foi finira par l’emporter sur des spéculations sans queue ni tête. Face à lui, les policiers sont comme une meute de hyènes, excitées par l’odeur du sang, attaquant sans relâche une proie blessée, diminuée, chancelante, dont elles savent d’instinct que la résistance ne sera plus que symbolique désormais. »

Je me suis tue :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/10/31/je-me-suis-tue-de-mathieu-menegaux/

Un fils parfait :
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/08/un-fils-parfait-de-mathieu-menegaux/

 

 

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris.

Il travaille dans un cabinet de conseil en management. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d’avoir 45 ans avant d’enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint.

Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset. Il a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet, et a reçu 5 autres prix littéraires.

Un fils parfait, son deuxième roman, a été publié le 1° février 2017. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir, et a été porté à l’écran sous le titre « Un homme parfait », diffusé sur France 2 en mars 2019.

« Est-ce ainsi que les hommes jugent ?« , son troisième roman, est sorti en mai 2018, et a reçu le prix Yourcenar. Il est en cours d’adaptation pour France 2, pour une diffusion en 2021

« Disparaître« , son quatrième roman a vu le jour en Janvier 2020, juste avant le Grand Confinement.

Son prochain roman, « Femmes en Colère » est prévu pour Mars 2021.

Noir, Polar

Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance

de Nick Gardel
Broché – 4 juin 2021
Éditeur : Independently published

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D’abord il y a Thibaud, un éducateur spécialisé pour ados en marge, qui s’enfonce de plus en plus dans l’alcool.

Puis il y a Némo Mondragón, le policier flanqué d’un collègue trop bavard, qui enquête sur ces femmes qu’on retrouve massacrées chez elle. Violées, tabassées, elles ont expié leurs fautes dans la douleur et l’humiliation.

Tandis que le premier témoigne, à la première personne, du désespoir de sa chute irrémédiable entre pertes de mémoire et tragédie sociale, le second décortique les vies des victimes pour tenter d’y trouver un point commun.

Une histoire de trahison, de vérités de comptoir, de dérive sociétale et de bons mots éthyliques. Une histoire pour comprendre que l’oubli n’est pas une rédemption.

 

2021_040_Gardel Nick - Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d'avance

 

Qui est Nick Gardel ?
Qui est donc cet auteur qui a choisi résolument de frayer hors des sentiers battus ?

J’ai la chance, comme certains parmi vous peut-être, de l’avoir rencontré à plusieurs occasions et de le connaître un peu, je pense.
Mais peut-on connaître tout à fait un personnage tel que lui ?

Imaginez un “Michel Audiard” avec la gouaille d’un “Albert Simonin”, possédé par la démesure de Frédéric Dard, là, et seulement là, vous commencerez à avoir une petite idée de ce qui se passe dans la tête de Monsieur Gardel…

Je n’en suis pas à son premier roman, et il a le don de me surprendre à chaque fois, alors, je savais d’avance que je ne prenais aucun risque à cette nouvelle lecture.
Mais dans ce roman, il me semble que Nick est venu titiller un je ne sais quoi, qui lui a donné des ailes qui lui ont permis d’aller encore un peu plus haut, un peu plus loin… dans sa “magie” des mots.

Avec “Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance”, Nick a ciselé ses textes, ses dialogues haut de gamme surtout, donnent un rythme incroyable au récit, et la narration alternée est imparable !

L’humour noir est omniprésent dans ce roman, malgré un ton définitivement plus sombre qu’a son habitude.
Mais quel régal pour ceux qui aiment les mots…

Deux meurtres horribles causent des difficultés aux enquêteurs. L’enquête va ainsi avancer petit à petit dans une ambiance oppressante et sinistre qui ne se dévoilera qu’aux toutes dernières pages, que je n’ai pas vu arriver du tout. Tout est huilé à la perfection.

Par respect pour les futurs lecteurs, je préfère ne pas développer plus mon Ressenti…
Mais, lorsque vous aurez lu ce petit bijou, faites comme moi. Ne le rangez pas tout de suite dans votre bibliothèque. Je suis persuadé qu’une relecture fera apparaître des mots et des idées nouvelles qui nous aurons échappé de prime abord…

Je recommande vivement.

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Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

Rattrapé par une quarantaine qui ne va en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.

Anticipation, Polar, Thriller

IMMORTEL – Le premier être humain immortel est déjà né

de Jose Rodrigues dos Santos
Broché – 24 septembre 2020
Éditeur : HC éditions

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Après avoir annoncé la naissance de deux bébés génétiquement modifiés, un scientifique chinois disparaît. La presse internationale commence à poser des questions, les services secrets tentent de trouver des réponses, un homme contacte Tomás Noronha à Lisbonne. Celui qui se présente comme un scientifique travaillant pour la DARPA, l’agence pour les projets de recherche avancée de la Défense américaine, est à la recherche du savant disparu. Tomás découvre alors les véritables enjeux du projet secret chinois…

Pour le grand retour de Tomás Noronha, le héros de La Formule de Dieu, J. R. dos Santos a choisi le sujet qui est dans toutes les têtes : l’intelligence artificielle. L’humanité touche-t-elle à sa fin ou fait-elle face à un nouveau départ ? Sur la base des recherches les plus avancées, J. R. dos Santos nous entraîne dans une aventure à couper le souffle et dévoile l’extraordinaire destin de l’humanité. Il nous démontre avec toujours autant de sérieux que la science est sur le point d’atteindre sa plus grande réalisation : la mort de la mort. Bientôt, nous pourrons vivre sans jamais mourir. Nous serons… Immortels.

 

2021_015_dos Santos Jose rodrigues - Immortel.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Attention !
Rarement un roman ne m’aura autant angoissé, autant mit mal à l’aise…

Je suis fan de José Rodrigues Dos Santos !
Pas seulement parce qu’il a un très beau nom de famille (!!!), mais parce que depuis son premier roman, il m’a systématiquement emporté dans son univers où se mêlent, Sciences, Religions, et Thrillers policiers.

Immortel est le moins “classique” de ses romans, je préfère vous prévenir.
Certains risquent peut-être de le trouver trop technique. En effet, l’intrigue intervient très vite dans le roman, mais il y a plus de 400 pages d’explications (qui restent toujours très intéressantes pour le lecteur que je suis), mais il vous faudra attendre plus de 30 chapitres pour revenir vraiment dans le thriller.

Le livre est passionnant, avec un travail de recherche extraordinaire, mais l’intrigue n’est finalement qu’un “prétexte” de sensibilisation de l’auteur sur certaines nouvelles technologies.

– Quel avenir nous réserve l’Intelligence Artificielle ?
– Qu’est-ce que l’Intelligence Artificielle Générale ?
– Les ordinateurs conscients de leur nouvelle intelligence, resteront-ils toujours à notre service ou se retourneront-ils un jour contre l’homme ?
– Le premier homme immortel est-il déjà né ?
– Quid de la génétique ?

Voici quelques sujets du roman parmi beaucoup d’autres…

Au fil des pages, j’ai pris conscience que la réalité risquait de dépasser très vite la fiction.
Le récit amène des questions qui vont se poser à nous très prochainement.
Quand la médecine et l’ingénierie génétique seront plus performantes, tous les Hommes voudront en bénéficier, alors…
Est-ce que ce sera la course vers l’Homme « parfait », puis très vite vers le « surhomme » ?
Et si l’homme devenait un jour immortel ?

Amélioration de la vie humaine et réflexions philosophiques sur fond de thriller. J.R. dos Santos ouvre les portes sur une nouvelle aventure à couper le souffle, et quel que soit votre avis, sur le plan scientifique, éthique ou religieux, qu’en est-il de l’avenir de l’Homme ?

Je recommande vivement…

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Extrait :

« – Si l’on considère les coûts d’embauche, qui incluent les salaires, les cotisations sociales et les impôts, ainsi que le développement de la technologie, sa sécurité et sa qualité, la logique voudrait que les entreprises de transport parient sur des véhicules autonomes. Et pas seulement pour les voitures de tourisme. Les routiers seront remplacés par des camions autonomes, qui pourront travailler vingt-quatre heures par jour, qui n’auront pas besoin de faire des pauses, ne seront pas syndiqués, et consommeront moins d’énergie ; d’après les calculs cela représentera un quart du coût actuel. Il en ira de même avec les trains et les bateaux. Dans quelques années, des navires fantômes sillonneront les mers, des cargos sans équipage où tout sera robotisé. De même, la compagnie des chemins de fer allemande mise sur des trains pilotés par des algorithmes. Du reste, dans la pratique, les avions sont déjà pilotés par ordinateur grâce aux commandes de vol électrique. Le pilote est là presque uniquement pour donner confiance aux passagers, alors que, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, les ordinateurs sont plus fiable que les humains pour conduire des voitures ou piloter des avions.
– Ce n’est peut-être pas par hasard que, chaque fois qu’il y a un accident, l’enquête conclut à une erreur humaine …/… Sans êtres humains, apparemment, il n’y aurait pas d’erreurs. »

 

 

Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du 20H au Portugal depuis plus de vingt-cinq ans, J. R. dos Santos est l’un des plus grands auteurs européens de thrillers.
La saga Tomás Noronha, traduite en 18 langues, s’est fait connaître en France avec La Formule de Dieu, vendue à près de 500 000 exemplaires (2 millions dans le monde) et dont les droits d’adaptation au cinéma ont été acquis par Belga Films.
Avec Immortel, il signe le 8e roman de la saga.

Les romans de J.R. dos Santos et de son héros Tomás Noronha rencontrent un grand succès à travers le monde.
Thrillers érudits, ils traitent des sujets de science, de religion ou d’histoire avec toujours un incroyable travail de recherche.
Car le sujet central de tous les romans de J.R. dos Santos reste le même : la vérité.
En tant que journaliste-reporter de guerre et en tant qu’auteur, cette question ne l’a jamais quitté. Et ce qui rend la série des Tomás Noronha unique,
c’est justement ce défi systématiquement relevé de remettre en cause une vérité pré-établie pour en rétablir une nouvelle, difficile à accepter peut-être, mais bien plus limpide.

Historique, Polar, Suspense

Une arête dans la gorge

de Christophe Royer
Poche – 11 mars 20211
Éditeur : Taurnada

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Mutée depuis peu à la Criminelle de Lyon, le commandant Nathalie Lesage, mise à l’écart par sa supérieure, va devoir se battre pour trouver sa place… Très vite, une série de meurtres atroces va la plonger dans les entrailles et les arcanes de la Ville des Lumières, lui réservant de bien sombres surprises… Un thriller haletant où vont s’entrechoquer assassinats violents, sociétés secrètes, Histoire et sciences dans un Lyon ésotérique…

 

2021_013_Royer Christophe - Une arête dans la gorge.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Avant de vous donner mon “ressenti”, je tenais à remercier Joël des Éditions Taurnada pour la confiance qu’il me témoigne régulièrement. Chaque roman édité chez eux est une belle découverte !

“Une arrête dans la gorge” est la deuxième enquête de Nathalie Lesage. N’ayant pas lu le livre précédent, j’avais un peu peur de m’y perdre, mais ce ne fut pas le cas du tout le cas, je n’ai eu aucun mal à suivre l’intrigue qui peut se lire indépendamment.

Le début du livre se déroule en Bolivie en 1985, où un médecin se fournit en cadavres de bébés pour mener à bien ses recherches. Ce seul prologue a suffi à me rendre accro à la lecture. Puis, en un clin d’œil, j’ai été transporté dans l’actuelle ville de Lyon. Bienvenus à travers cette “promenade” dans le vieux Lyon, dans la ville des Lumières avec sa franc-maçonnerie, ses symboles, ses codes, et le St-Graal, la quête ultime !

J’ai été fasciné par l’atmosphère sombre des catacombes, par l’enquête passionnante et excitante. Christophe Royer mène d’une main de maître son récit.
J’ai apprécié le tandem formé par Nathalie, qui vient à Lyon pour une nouvelle affectation, et son jeune coéquipier Cyrille. Ils forment un sacré duo de choc. Les personnages sont tous crédibles et attachants, mais attention !
L’auteur nous mène par le bout du nez du début à la fin, alternant entre suspense et frissons.
C’est le premier roman de Christophe que je lis et c’est une lecture agréable, mêlant habilement le passé et le présent. J’ai hâte de le relire sur d’autres sujets.

Envie de vous plonger dans le cœur du vieux Lyon, de lire un très bon thriller avec une enquête palpitante et rythmée ?
Alors, n’hésitez pas !

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Extrait :

« Comme je vous l’ai déjà dit. Je ne suis qu’un intermédiaire et je n’ai pas toutes les réponses. Du peu que j’en sais, plusieurs frères issus de loges différentes ont décidé de se réunir au sein d’une nouvelle loge qu’ils ont baptisée “La nouvelle Parfaite Amitié”.
– Qui ne serait donc pas officielle ? demanda Nathalie en mémorisant le nom.
– C’est ça. Pour qu’une loge soit créée, comme toute association classique, il y a une procédure administrative qui conduit au dépôt des statuts et qui demande l’aval de l’obédience. Dans leur cas, c’est plus une réunion de passionnés autour de thèmes particuliers.
– Lesquels ?
– Ces frères seraient des amoureux de la chevalerie. Les chevaliers sont très présents symboliquement en franc-maçonnerie, surtout dans les hauts grades.
– Les hauts grades ? »

 

 

Né en 1971, au Creusot, Christophe Royer est passionné par l’art sous toutes ses formes. En 2014, il décide d’explorer l’univers de l’écriture. Essais réussis avec sa duologie « Projet Sapience » mêlant aventure et réflexion humaine. En 2019, avec « Lésions intimes » il se tourne avec talent vers le genre thriller. « Une arrête dans la gorge » est son quatrième roman.

Émotion, Drame, Noir, Polar

L’affaire Clara Miller

de Olivier Bal
Broché – 12 mars 2020
Éditeur : XO

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Son cadavre est remonté, comme celui d’autres femmes, à la surface de l’eau. Six au total… Là-bas, dans les forêts du New Hampshire, le lieu maudit porte un nom : le lac aux suicidées.
Clara Miller était journaliste. Comme Paul Green, le reporter du Globe qui débarque sur l’affaire. Il avait connu Clara étudiante, et ne croit pas un instant à la thèse du suicide.
Un homme l’intrigue : Mike Stilth, l’immense rock star retranchée à quelques kilomètres de là, à Lost Lakes, dans un manoir transformé en forteresse.
L’artiste y vit entouré d’une poignée de fidèles, dont Joan Harlow, redoutable attachée de presse qui veille sur son intimité et se bat comme une lionne dès que l’empire Stilth est attaqué.
Mais Paul, lui, a tout son temps. Dans sa vieille Ford déglinguée, il tourne inlassablement autour du domaine. Avec cette question : et si, du manoir, la route menait directement au lac ?

Dans un roman choral vertigineux, Olivier Bal déroule le tapis rouge sang de la célébrité. Jusqu’à l’incroyable vérité.

 

2021_007_Bal Olivier - L'affaire Clara Miller.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Après ses deux premiers romans aux frontières du fantastique, « Les limbes » et « Le maître des limbes », j’étais vraiment curieux de lire Olivier Bal dans un tout autre registre…

Je ne suis pas déçu du tout.
Je n’ai pas pu lâcher ce roman que j’ai lu en quelques heures.

L’Affaire Clara Miller est un polar très atypique.
D’abord le choix pris par Olivier dans la structure de son roman. Il se déroule sur deux périodes bien distinctes et importantes “1995 et 2006”. Et avec tout ça, rien de linéaire. Jusqu’au bout du récit, Olivier nous “trimbale” avec ses allers-retours qui rythment le récit…
Son choix aussi, et c’est ce que j’ai préféré… l’écriture de tout son récit à la première personne, en utilisant six personnages clés qui alterneront à chaque chapitre… Six destins qui sont liés.

Mike Stilth est une immense star mondiale. Chanteur et acteur, il vit avec ses deux enfants, Noah et Eva, dans une véritable forteresse. Ses enfants n’ont pas le droit de sortir. Ils vivent 24h sur 24 retranchés dans leur manoir.
Pourquoi Mike les cache-t-il au monde entier ?
Pourquoi et qui sont ses jeunes filles que l’on retrouve mortes dans le lac proche du manoir ?
Meurtres ou suicides ?

Paul Green, journaliste va tout faire pour comprendre se qui se passe dans et autour de la demeure de la Rock star.

Le rythme donné au récit par Olivier est lent et hypnotique… Il distille petit à petit les secrets qui font de ce roman un grand livre…
Sexe, drogues et Rock n’ Roll !
Bienvenus à Lost Lakes

Beaucoup d’émotions ressenties le long de ma lecture.
Merci Olivier pour cet excellent livre.

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Extraits :

« Quand je tiens compagnie aux livres, je ne m’ennuie jamais. Un jour, Spencer m’a donné un exemplaire corné de Tom Sawyer, et m’a dit qu’ “il n’y a rien de plus triste qu’un livre qu’on oublie. Un bouquin, à chaque fois qu’on le lit, on lui redonne un peu vie”. »
…/…
« L’homme, méthodiquement, retire le silencieux de son pistolet et range son arme dans son holster. Il prend son temps. Il aime ça. Enfin, il s’allume une cigarette et s’éloigne comme si de rien n’était.
Je remarque l’allumette qu’il a laissée choir au sol, qui se consume lentement, à quelques centimètres de ma tête. À petit feu… comme la vie qui m’abandonne.
J’ai de plus en plus de mal à respirer. »

 

 

Olivier Bal a été journaliste pendant une quinzaine d’années. Après avoir travaillé dans différents titres de la presse généraliste et culturelle, et fréquemment voyagé pour ses reportages, il a animé un événement culturel emblématique : les Masterclass à la Cité des sciences et de l’industrie de Paris.
Aujourd’hui, Olivier Bal se consacre pleinement à l’écriture.
Les Limbes, un thriller fantastique, est son premier roman. Best-seller de l’auto-édition, Les Limbes a d’abord conquis des dizaines de milliers de lecteurs avant d’être édité en mars 2018. Le cycle des Limbes s’est achevé en 2019 avec le deuxième opus, Le Maître des Limbes.
En 2020, Olivier Bal sort un nouveau thriller aux éditions XO, L’affaire Clara Miller, qui entraîne le lecteur dans les ombres de la célébrité.
Les Limbes a reçu le Prix Méditerranée Polar 2018 du Premier Roman et Le Maître des Limbes, le prix Géants du Polar 2019.

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