Polar, Thriller

Du fond des âges

de René Manzor
Broché – Livre grand format, 19 octobre 2022
Éditions : Calmann-Lévy

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Nouvelle-Zélande. Un petit garçon court à perdre haleine dans les rues de Christchurch, poursuivi par un homme armé. Des coups de feu éclatent. À l’hôpital, on découvre que l’enfant a été porté disparu il y a trois ans. Il s’appelle Nateo, c’est le fils du célèbre explorateur Marcus Taylor. Pourquoi le retrouve-t-on maintenant ? Était-il séquestré ? S’est-il enfui ? Et qui peut vouloir tuer un enfant de huit ans ?

Un an auparavant, le glaciologue Marcus Taylor dirige une mission de scientifiques envoyés dans une base implantée en plein milieu de l’Antarctique. Quand ils arrivent sur place, ils découvrent des bâtiments saccagés et déserts. L’équipe précédente a disparu sans laisser de trace.

Quel lien y a-t-il entre la réapparition de l’enfant et cette expédition qui tourne au cauchemar ?

Une chose est sûre. Il est trop tard pour avoir peur…

 

• Couv_096_Manzor René - Du fond des âges

 

Je termine à l’instant “Du fond des âges”.
J’ai profité d’une journée de repos pour ne pas être dérangé, pour pouvoir en profiter…

Tic, tac, tic, tac…
Le récit commence très fort, les chapitres courts avancent en deux temps s’alternant, tantôt de nos jours à Christchurch, tantôt un an plus tôt, perdus dans une base russe en perdition, au milieu de l’Antarctique !

Tic, tac, tic, tac…
Cela fait 732 jours que Nateo, le fils de Marcus et de Raïana, a disparu…
La vie de Marcus n’est plus que tristesse. 732 jours où il va le chercher partout.
Raïana elle, finira par craquer et le quitter ayant besoin de faire son deuil.

Tic, tac, tic, tac…
Dans les rues de Christchurch, après une course-poursuite dangereuse et infernale, un homme tire plusieurs fois à bout portant, afin de tuer un enfant de huit ans qui cherche à le distancer…
Cet enfant… c’est Nateo !

Tic, tac, tic, tac…
Un an plus tôt, Marcus avait accepté une mission en Antarctique avec des scientifiques.
Cette expédition va très vite se transformer en cauchemar. En cauchemar pour ceux qui participe à l’expédition, mais aussi en cauchemar pour le lecteur, en l’occurrence moi-même, lorsque je me suis rendu compte que tout se tenait parfaitement dans ce récit très visuel et que nous n’étions peut-être pas à l’abri d’un tel danger !

Tic, tac, tic, tac…
Je le voulais. Je m’étais préparé. Mais encore une fois René Manzor, m’a surpris, m’a fait vibrer par son intrigue et cette écriture cinématographique !
J’ai été transporté par ce thriller ésotérique, “fantastico-émouvant” et terrifiant.
Ceux qui n’ont jamais lu de romans de René, se diront peut-être “Oui, encore une énième chronique, pour un énième thriller qui ressemble à tous les autres” ! Mais ceux qui l’ont déjà lu, savent que René, en plus de sa passion pour les mots et pour les images, est un perfectionniste. Chaque détail est un point qu’il a dû vérifier des dizaines de fois avant qu’il n’apparaisse dans l’un de ses romans. René aime la vie, il aime les gens, ne triche pas.
Cette histoire, c’est pour nous, lecteurs qu’il l’a écrite… et comme un bon vin, chaque roman nouveau apporte un plus à la littérature…

Tic, tac, tic, tac…
Prendrez-vous le risque de le commencer, et ensuite de devenir addict ?

Gros coup de cœur !
Pour la thématique, pour l’écriture, et pour toutes les émotions ressenties…
Un excellent roman, qui en plus, m’a fait découvrir une maladie héréditaire, que je ne connaissais pas du tout, le syndrome d’Ehlers-Danlos.

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Extraits :
« L’enfant maori se retourna sous une pluie battante et aperçut le 4 x 4 Holden qui fonçait droit sur lui. L’innocence de ses huit ans se chargea soudain de panique ; celle qu’éprouvent les animaux traqués.
Le premier tir fit exploser le pare-brise d’une fourgonnette, à quelques centimètres de lui. Le petit garçon bondit en avant, jetant toutes ses forces dans une fuite désespérée. Le verre brisé taillada ses pieds nus, mais l’enfant ne sentit rien. Pas plus la douleur que le sang jaillissant de ses blessures. »

« Un trou minuscule apparut sur la surface glacée…
Des doigts en sortirent…
Puis une main, grattant, creusant fiévreusement…
Quelqu’un était enseveli sous la neige. Au prix de grands efforts, il parvint à dégager un bras et à exercer une traction désespérée pour se hisser dehors. »

« Les quatre silhouettes progressaient à présent à la lumière de leur torche dans la nuit australe. Plus pour ne pas mourir de froid que pour trouver un refuge auquel elles ne croyaient plus. La lenteur de leurs gestes attestait qu’ils étaient à bout de forces et d’oxygène, à demi gelé. Le vent glacial tentait d’arracher leurs mains gantées de la corde qui, seule, pouvait leur éviter l’errance à l’aveuglette dans des ténèbres quasi absolues. La glace s’accrochait aux cheveux, aux sourcils et aux barbes. Elle piquait les visages et gelait sur les lunettes de protection. Ils ressemblaient de plus en plus à des bonhommes de neige ambulants qui auraient récemment appris à marcher. »

« Les mains du vieil aveugle se mirent à trembler. Et ses lèvres eurent du mal à articuler ce qu’il voulait dire, comme si une force invisible tentait de l’en empêcher.
– Un Mal ancien a été libéré, docteur Murphy. Un Mal venu du fond des âges.
Le vent se leva soudain, créant un tourbillon de feuilles autour d’eux. Le chien du vieux Maori se mit à gémir et Abby en éprouva une crainte irrationnelle. »

 

Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français Dédales. En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux.

En cinq romans seulement, il s’est imposé comme une des références du thriller français. Pour Celui dont le nom n’est plus il a reçu le Prix Cognac du polar Francophone. Pour Apocryphe, le Prix Polar Les Petits Mots des Libraires. Et pour son dernier roman, À Vif, le Grand Prix Iris Noir Bruxelles 2021 et le Prix de l’Embouchure 2022.

Émotion, Drame, Polar, Psychologie

Mrs Meredith Brown

de Eric Oliva
Poche – 3 septembre 2022
Éditions : Des Livres et du Rêve

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Certaines familles cachent des secrets. Parfois, certains ressurgissent. C’est le cas pour Franck. Un secret qui le ronge jusqu’à commettre l’irréparable. Une quête de vengeance, la découverte d’une vérité dérangeante, prenez garde à ne pas déterrer le mauvais secret.

 

• Couv_091_Oliva Éric - Mrs Meredith Brown

 

J’ai découvert Éric Oliva en novembre 2018, avec le très bon “Chronique d’une vie de flic”. Un roman qui m’avait touché et j’ai depuis plaisir à le “suivre” régulièrement…

“Mrs Meredith Brown” est un roman très addictif, lu en quelques heures, dont la thématique principale est la VENGEANCE.
Franck perturbé par son passé a besoin de se venger, a un besoin impératif de retrouver un sens à sa vie.
De Londres jusqu’à Nice, en passant par Lima au Pérou, trois frères sont dorénavant sur la “sellette”. Franck va se poser en juge et partie. Il a pris une décision et ira jusqu’au bout en éliminant tous ceux qu’il estimera coupable !

Cette quête acharnée, on la vit, on la ressent dans ses tripes et dans notre esprit en entendant les pensées de Franck qui résonnent, pleines de douleurs. Dès lors, on sait tout de suite qui sera le meurtrier, mais cela n’enlève rien à la richesse du récit.

Qui est Mrs Mérédith Brown ?
Pourquoi Franck décide-t-il de s’attaquer à toute une fratrie ?
Qu’ont-ils donc fait pour mériter la mort ?

L’enquête policière, même si elle existe bel et bien, ne se situe pas pour moi au premier plan du récit. C’est très psychologique…
De nombreux personnages interviennent, donnent des pistes, des informations qui misent bout à bout forment une sorte de tableau. À nous lecteurs d’y trouver un sens, une direction pour essayer de comprendre et pourquoi pas, accepter… Je dis bien accepter, car au fur et à mesure de ma lecture, je suis arrivé à trouver Franck attachant voire même plutôt sympathique.
Mais… si la vérité avait un tout autre sens ?

Impossible de ne pas m’attacher non plus à l’équipe de policiers qui aura bien du mal tout le long de cette enquête.
Pas de temps mort, de l’émotion et pas mal de suspense, Éric Oliva m’a mené dans son histoire, m’a pris dans sa toile, une fois commencée, impossible de m’arrêter… jusqu’au dénouement final, mais ne devrais-je pas plutôt dire… Choc final ?

Un bon roman qui mérite qu’on s’y attarde !

Merci Angie Lollia pour cette très belle surprise…

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Extraits :

« Dire que ces deux compères se connaissaient depuis des lustres s’avérait être un euphémisme. Après avoir trop peu usé les bancs de l’école du quartier qui les avait vu grandir, Charly Galway est Allan Mc Callum s’étaient appliqués à réaliser les quatre cents coups – période d’adolescence ô combien compliqué pour ces deux garnements qui avaient accumulé les sottises au cours de ces années perturbées entre l’enfance et l’âge adulte. »

« “C’est dans les petits flacons qu’on trouve les meilleurs parfums” lui seyait à ravir. Plutôt petite avec son mètre cinquante-six, de grands yeux curieux d’un magnifique vert émeraude, Nathalie arborait immuablement un large sourire laissant apparaître une jolie dentition toujours éclatante. Un corps aux courbes agréables, ajouté à des goûts vestimentaires raffinés sans excès, couronnait le tout. Sans qu’elle y prête attention, les hommes se retournaient régulièrement sur son passage. »

« Franck était enfin parvenu à s’endormir.
Après avoir guetté un moment les allées et venues des voitures de police, puis observé une demi-douzaine de journalistes s’évertuant sans succès à passer entre le cordon de sécurité, il s’était allongé sur le lit de sa chambre d’hôtel. Agacé de constater combien de harpies, peuplant le quartier se tordaient le cou à leur balcon pour essayer de capturer la moindre image morbide, il avait fermé les yeux, totalement épuisé. Il pouvait enfin se laisser aller à rêver, comme au bon vieux temps où il était heureux comme tous les jeunes hommes de son âge, innocent et insouciant. Ce temps révolu où il croquait la vie à pleines dents sans se préoccuper du lendemain. Ce temps où il ne savait rien et dans lequel il existait comme s’il était lui. »

« Plus d’angoisse, plus de crainte, plus d’écueil dans sa vie. La présence de cette femme, jeune, jolie, attirante à souhait, le calmait et, malgré tout, le perturbait au plus haut point. Régulièrement, une minuscule ampoule s’allumait dans sa tête, venant ternir l’instant magique en lui rappelant que sa tâche n’était pas finie et que ses démons endormis allaient devoir reprendre du service. Mais chaque fois, ce petit rayon de soleil qui le dévisageait si tendrement parvenait à l’éteindre d’un simple regard, d’une simple parole. »

 

 

Je suis né à Casablanca en juillet 1967.

Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.

Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.

Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.

Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.

À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.

Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.

L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.

En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.

Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.

La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.

Fin février 2015, Chroniques d’une vie de flic voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.

Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)

Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.

Émotion, Drame, Polar, Thriller

La mort est parfois préférable

de Sacha Erbel
Poche – 8 septembre 2022
Éditions : Taurnada

Yan est flic à la police judiciaire de Lille. Depuis quelque temps, un “passager clandestin” s’est invité dans sa vie : “l’Araignée”, c’est le surnom qu’elle lui a donné. Alors que Yan traque l’auteur du meurtre d’un journaliste connu pour ses reportages à sensation, elle n’a pas d’autre choix que de composer avec son “invisible ennemie’ : insidieuse, omniprésente, l’Araignée tisse sa toile, cuisante morsure dans ses chairs survenant n’importe où, n’importe quand… En parallèle, Brath, son collègue, enquête sur la mort étrange d’un homme retrouvé décapité, assis au volant de sa voiture, la tête reposant sur la banquette arrière. En équilibre sur un fil, Yan ne baisse pas les bras, avance sur son chemin de douleurs au risque de se perdre… définitivement.

 

C’est le second roman de Sacha Erbel que je lis.
Dans son premier roman “L’Emprise des sens”, Sacha nous avait amenés du côté de la moiteur de la mystérieuse Nouvelle-Orléans, pleine de magie noire, de magie blanche et d’incantations diverses dans une enquête sur un tueur en série qui utilisait le Vaudou pour arriver à ses fins.

Pour “La mort est parfois préférable”, l’auteur nous emmène à Lille au sein de la police judiciaire, où une série de suicides intrigue la police.

Exceptionnellement, je vais commencer par mon Ressenti négatif, comme ça, nous serons débarrassé !

MAIS QU’EST-CE QUE TU AS FAIT SACHA ???
SI VOUS AVEZ PRÉVU UN ROMAN BARBANT, REDONDANT, SANS RYTHME ET ENNUYEUX, NE LISEZ SURTOUT PAS “La mort est parfois préférable” !
À PEINE ENTAMÉ… ET JE SUIS DÉJÀ À LA DERNIÈRE PAGE !!!
J’EN VOULAIS PLUS… ET ENCORE PLUS, PARTAGER ENCORE LA VIE DE YAN, DE SON ÉQUIPE, EN SAVOIR PLUS SUR EUX QUOI !!!

Alors, Sacha… Avoue que je t’ai bien eu là !

Encore une fois agréablement surpris, par ce polar qui très vite va “transformer” en véritable Thriller. Mais un thriller très humain, autant de la part de la Police, où Sacha développe des personnages avec de la sensibilité, de la sincérité dans leurs remarques et dans leurs pensées, mais aussi vis-à-vis du personnage qui ayant vécu le pire décide aujourd’hui de se venger après des années de souffrances.
Cela aurait pu être une histoire simple… Point final et on n’en parle plus !
Mais non. Sacha a décidé de nous embrouiller en nous embarquant avec une efficacité implacable dans une réalité, sa réalité, son quotidien. Chaque personnage est développé à la perfection avec sa propre psychologie, vers une thématique très originale et pleine de rebondissements.

“La mort est parfois préférable” ?
C’est une histoire d’araignée qui prend de plus en plus de place, une histoire où la mélancolie vous attrape au risque d’en perdre la tête, à moins que cela soit dû à un coup-de-poing américain…, où la dépendance aux médicaments et aux drogues prend un tout autre sens, où il sera aussi question de manipulation mentale, et d’un lointain voyage au Pakistan…
Grâce à cette lecture fluide et addictive, mon regard et ma perception ont forcément changé aujourd’hui.

Sacha, tu peux souffler maintenant.
Merci pour ce récit à plusieurs niveaux où j’ai appris plein de choses…
Merci aux Éditions Taurnada, pour leur confiance renouvelée…

“La mort est parfois préférable” ?
À lire absolument !

Roman disponible à partir du 8 septembre 2022

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Extraits :

« La porte de l’ascenseur coulisse sur une Yan aux yeux si rouges qu’on pourrait penser qu’elle n’a pas dormi depuis des jours. Elle lâche ses affaires sur son bureau. Son soupir en dit long sur sa lassitude et sa fatigue, mais comme d’habitude, elle fait comme si.
Elle reconnaît la voix grave et rassurante de Brath. Au passage devant la cafetière, elle se sert une tasse du breuvage fumant et se dirige vers le bureau de son ami.
Elle se laisse tomber lourdement sur un fauteuil à roulette et se met à tourner sur elle-même. Brath la scrute de son regard inquiet, sans toutefois éveiller les soupçons de Michel. »

« …dans le domaine de la psychiatrie, la mélancolie est une pathologie bien plus grave que la dépression. C’est-à-dire qu’une personne diagnostiquée comme telle par un psychiatre doit être surveillée comme le lait sur le feu, car elle va vraiment tenter de se suicider. Ce n’est plus un appel à l’aide, mais une certitude. C’est plus fort qu’elle. On, n’est pas face à un état d’âme. C’est une vraie maladie, comme la dépression. »

« Yan se perd dans ses réflexions. Toujours les mêmes remises en questions, qui la mettent un peu mal à l’aise. Elle ne réalise pas vraiment ce qu’est une fin de vie. La fin, c’est quoi ? Est-ce qu’on flotte au-dessus de son corps en se moquant de ces pauvres cons qui pleurent autour d’une enveloppe vide ? Est-ce que l’on part sans se retourner dans ce fameux tunnel, attiré par cette lumière douce et ardente à la fois ? Ou, est-ce qu’il n’y a rien ? Rien du tout ? Sans être portée sur la religion, n’y aurait-il rien d’autre que le néant ? Toute une vie construite de souvenirs pour que tout disparaisse aussi vite ? »

« 1… Vous commencez à ressentir une sensation énergisante parcourir tout votre corps…
2… Vous vous éveillez de plus en plus… votre respiration est calme, naturelle… vous vous sentez parfaitement énergisée et cette sensation d’énergie va demeurer tout au long de vos activités… Vous prenez une grande inspiration profonde…
3… À votre rythme, vous pouvez revenir tranquillement, pleinement ici et maintenant. »

 

 

Diplômée en Criminologie appliquée à l’expertise mentale, Sacha Erbel (un nom de plume) est fonctionnaire de police depuis plus de 20 ans. Elle travaille au Service de la protection (SDLP) où elle est en charge de la protection rapprochée de différentes personnalités politiques ou civiles.

“Mes passions ?
L’écriture, depuis mon premier roman,
l’Emprise des Sens, car avant ça, je n’avais rien écrit, à part quelques dissertations à l’école. J’aime aussi beaucoup le cinéma, et… les fringues ! Mdr !
En matière de musique, j’adore David Bowie que j’ai eu la chance de voir deux fois en concert, Indochine et aimons-nous vivant de François Valéry ! Lol ! Pour ceux qui en douteraient, ils auront la pièce à conviction sur ma page facebook !
Mes loisirs vont avec mes passions : je vais beaucoup au ciné, j’écris quand j’ai du temps libre, et je vais courir au stade pour réfléchir à mes histoires !”

L’Emprise des sens
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/29/lemprise-des-sens-de-sacha-erbel/

Noir, Polar, Thriller

Idol

de Thierry Berlanda
Broché – 24 mars 2022
Édition : M Plus

 

À la sortie de son concert au Zénith de Paris, Pete Locust embarque une prostituée cubaine. La vie flamboyante de la Rockstar va alors dérailler… Sauvagement agressé dans l’appartement loué par son agent, Locust devra compter sur Dodeman, lieutenant de police lancé sur la piste d’un improbable suspect.

Dans ce thriller particulièrement sauvage, les chapitres défilent au rythme rapide d’une enquête déroutante, parmi les monstres qui peuplent les enfers de Locust et jettent une lumière aveuglante sur l’aspect le plus troublant de la nature humaine.

 

031_Berlanda Thierry - Idol

 

La particularité des romans de Thierry Berlanda est d’aller systématiquement, là où on ne l’attend pas, et pour “Idol”, il ne déroge pas à sa règle…

Amoureux de Polar, de flics borderlines, de VRAI suspense et surtout de Rock’n’roll, le tout porté par des dialogues croustillants et des textes ciselés au couteau, ce roman est définitivement fait pour vous !
Attention, ça va vous déboucher les oreilles…

Dans ce récit archi rythmé, la musique et l’intrigue se mélangent continuellement, impossible pour moi, de ne pas rechercher les morceaux cités par l’auteur, et de ne pas les écouter à “donf” !
Rarement, je n’avais ressenti ce besoin d’une telle manière. Thierry est très fort à ce jeu-là !
L’histoire n’a rien de linéaire. J’ai suivi, comme Dodeman, cette enquête à plusieurs niveaux et ce n’était pas pour me déplaire. En effet, j’avais cru, honte à moi, dès le début du récit, que le coupable avait été trouvé, bien trop vite à mon goût.
Que nenni !
Soudain, Thierry tire de nouvelles ficelles et “boom-Patatra”, retour à la case départ… Je reste sur le cul. Trop fort l’auteur !

En sortant de son concert, joué à guichets fermés au Zénith de Paris, la “rock star” américaine Pete Locust, mondialement connue, a été retrouvée assassinée en compagnie d’une prostituée cubaine qui lui tient la main. C’est un coup de poignard dans le cœur pour des millions de fans inconditionnels.
Fan, lui-même de la rock star, Dodeman va se retrouver piégé dans une enquête qui va le hanter, tant qu’elle ne répondra pas à toutes les questions qu’il se pose… Mais impossible pour lui d’anticiper sur quoi que ce soit. Toutes les ouvertures éventuelles, se ferment au fur et à mesure de son avancement. Envie de me ronger les ongles !!!
Et… “Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité”, dixit, Arthur Conan Doyle.

Alors, oui, Dodeman est un peu un stéréotype de flic. Paumé, largué par sa femme, il ne voit que rarement sa fille, sa vie ne tient que par son travail et qui se “lève” seul contre tous, mais j’avoue avoir été touché… J’adore ce mec !

Musique, violence, rythme particulièrement soutenu, personnages troublants (mais attachants), tout est intimement lié dans ce récit gigogne que j’ai dévoré en quelques heures, il vous fera tourner la tête dans tous les sens, avant que vous ne puissiez reposer les pieds sur terre… Non pas les enfants !
Alors, les amis n’hésitez pas, venez lever le voile sur ce mystère musical… Et plus encore…

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Extraits :

« Dès que l’info avait fuité, le trafic SMS avait atteint un pic à mi-hauteur entre l’élection d’un pape et la mort de Lou Reed. Pete Locust débarquait à Paris pour la première fois depuis trente ans ! La légion de ses fans dispersés n’avait pas attendu le signal des rabatteurs d’Instagram pour jaillir de l’anonymat où elles barbotaient depuis trop longtemps. Le Locust arrivait ; il leur fallait illico savoir quand, pour combien de temps, et dans quelle salle il allait jeter ses éclairs. Vite submergé, le dispositif commercial des soi-disant sorciers du média planning n’avait pas tenu une journée sous la mitraille de ce genre de tweets capables de pourrir en quelques heures la réputation d’un label. Du coup, l’ouverture de la vente des billets avait été avancée, et tout le stock vendu dans la seconde après le clap. »

« Mercredi, 2h00 du matin.
La deuxième nuit de Tiago dans sa cellule est aussi la millième sans sommeil pour Dodeman. Les poignets croisés sous la nuque, son regard glisse sur les zébrures projetées au plafond par des phares à travers des volets gangrenés. Il y devine Manon, penchée sur ses camions de chantier, qui lève de temps en temps le nez pour lui sourire. Mais plus comme avant. Depuis quelques semaines, l’ingénuité s’est muée en une sorte d’indulgence cruelle. »

« 11h00.
Le panneau « Comparution en cours » à dissuadé Magloire de frapper à la porte de Deshayes. Elle s’assoit sur une chaise du couloir, et commence à faire ce qu’elle pratique avec art depuis l’enfance : attendre. Vingt minutes plus tard, Myriam Lombard apparaît sur le seuil. Pour la surprendre, il aurait fallu que l’avocate ait troqué son tailleur duveteux contre une combinaison d’homme grenouille :
– Bonjour maître.
– Puis-je voir Madame le juge entre deux, s’il vous plaît ?
– J’espère que ce sera possible. Je lui demande.
La greffière s’efface pour laisser sortir une panthère aux griffes bleues et son avocat, et elle se penche dans l’entrebâillure de la porte :
– Maître Magloire souhaiterait vous voir quelques instants. »

« Holly est morte avec sa main dans la tienne, Pete. Dans les dernières minutes de sa vie, cette fille t’a aimé comme elle n’avait jamais aimé personne. Pourquoi ? Qu’est-ce que tu lui avais donné ? Qu’est-ce qui s’est passé, cette nuit-là ? Qu’est-ce que le démon qui vous a tué a absolument voulu faire cesser ? Est-ce que c’était trop beau ? Il n’a pas pu le supporter, c’est ça ? Mais qu’est-ce qui a été si beau entre cette fille et toi ? »

 

Thierry Berlanda est l’auteur de vingt romans.

Après Naija (2017) et Jurong Island (2018), Cerro Rico (juin 2019), il clôt sa trilogie de techno-thrillers (Éditions du Rocher).
Ses autres romans récents sont L’Affaire Creutzwald (2018), un roman noir, et L’Orme aux Loups (2017), un suspense médiéval, parus aux Éditions De Borée. L’Insigne du Boiteux, un thriller pur jus, est ressorti en poche chez le même éditeur en 2019. Pour septembre 2020 sont annoncés la version poche de L’Affaire Creutzwald et un nouveau thriller en grand format, DÉVIATION NORD, dans la collection Marge Noire des Éditions De Borée.

Émotion, Drame, Polar, Suspense, Thriller

Du soleil vers l’enfer

de Éric Oliva
Broché – mars 2022
Éditeur : Des livres et du rêve

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Sous le soleil de la côte d’azur, Emma avait tout pour être heureuse. Jusqu’au jour où la mort accidentelle de son mari, peu de temps avant la perte de son emploi, va lentement la plonger dans le bain de la précarité.
Pour subvenir aux besoins de ses enfants, Emma va faire les mauvais choix qui vont l’entraîner vers les mauvaises rencontres.

Décisions que l’on croit salvatrices mais qui sont parfois lourdes de conséquences.
Commencera alors sa longue descente aux enfers…

À Nice, la police judiciaire va tout mettre en oeuvre pour la sortir de son cauchemar.

 

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Ça vous dirait un bon film ?
Alors, installez-vous sur votre meilleur fauteuil ou canapé, là, voilà…
Vous êtes bien assis ?
Tournez la première page… C’est parti !

« Emma, passablement essoufflée par la montée d’escalier avalée en trottinant, appuya sur la sonnette. Dans l’appartement, une voix lointaine lui signifia qu’elle arrivait.
– Bonjour Martine, lança-t-elle lorsque la nounou ouvrit.
– Bonjour, Emma.
– Désolée, mais ce matin, je suis très en retard. Je ne peux vraiment pas traînasser.
La femme jeta un œil à sa montre.
– Ah ben, oui ! Comme c’est parti, tu ne risques pas d’être à l’heure au bureau !
… »

J’avais déjà eu l’occasion de lire ce roman d’Éric Oliva, il y a quelques années, lors de sa première sortie, alors que le roman avait remporté le Prix “Fondcombe” en 2014…
Cela m’a fait très plaisir quand les Éditions “Des livres et du rêve” m’ont envoyé cette version inédite, encore plus poussée.

Dans ce polar que je définirai presque plus comme un thriller, tant l’angoisse et le suspense sont omniprésent, Éric m’a complètement emporté. Je n’ai pu que ressentir les souffrances physiques et psychologiques vécues par Emma, mais impossible de lâcher le roman tant j’ai souhaité un retournement de situation efficace et à la mesure de tout ce qu’elle avait supporté. Oui, il y a de nombreuses scènes difficiles. Oui, il y a une pression constante et qui augmente au fur et à mesure du récit. Oui l’écriture et froide et clinique, mais quelle efficacité, je l’ai quasiment lu d’une traite, et je peux vous assurer qu’à aucun moment il y a une faiblesse quelconque dans le style !
Les personnages ne pourront vous laissez indifférents, vous les aimerez où vous les détesterez.

Emma perd son mari dans un “banal” accident de voiture, puis elle est licenciée. N’arrivant plus à joindre les deux bouts avec ses deux enfants à charge, elle décide alors de prendre un travail où elle pense gagner facilement beaucoup d’argent…
Emma, une femme qui aurait pu être votre mère, votre sœur ou votre fille, va vivre l’invivable…

Certaines décisions sont parfois très lourdes de conséquences, ce travail “facile”, sera le premier pas de sa chute en enfer… Viols, tortures sur fond de trafic de stupéfiants !
Les enquêteurs de la police de Nice, parviendront-ils à la sauver avant une fin plus que tragique ?

C’est le troisième roman d’Éric que je lis, et je n’ai jamais été déçu !
Un livre que je vous conseille, même si parfois, dans cette tornade d’émotions, il vous faudra avoir le cœur bien accroché.

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Extraits :

« Bientôt sept mois qu’Emma avait été licenciée. Au début, les jours s’étaient écoulés à une vitesse déconcertante puis, au fil des semaines, une étrange inertie s’était installée. Aujourd’hui, plus le temps passait, plus il semblait ralentir.
Ses indemnités, bien que correctes, avaient fondu comme neige au soleil et les allocations chômages étaient loin de rivaliser avec son ancien salaire. Plus de primes de paniers, plus de treizième mois, finis ces petits bonus qui permettaient autant de petits extras. Un manque à gagner dont elle voulait à tout prix épargner les enfants. »

« Les larmes coulaient maintenant à flots et, derrière ce voile liquide, elle devinait avec pleine les escaliers qui défilaient sous ses pas. La panique s’était de nouveau emparée d’elle. Que voulait-il cette fois-ci ? qu’avait-il fait de ses enfants ? Était-il à ce point dépourvu d’humanité pour s’en prendre à eux ? »

« J’aurais dû partir avec lui, grogna Noël, un sentiment d’abandon au bord des lèvres. Mais comment je pouvais faire pour cracher mille deux cents balles comme ça ! Tu comprends ? C’est ça qui m’emmerde ! Risquer la vie d’un pote parce que l’administration n’est pas foutue de lâcher mille euros ! Dans quel monde on vit ? Celui des nantis d’un côté et des assistés de l’autre ! Pendant ce temps, nous, on se retrouve au milieu de ce panier de crabes et on n’en prend plein la gueule ! »

 

 

Né à Casablanca en 1967, Éric Oliva embrasse très tôt une carrière dans la Police nationale. Exerçant à Paris puis à Marseille, il travaille aujourd’hui à la PJ de Nice. Passionné par son métier et les fonds sous-marins, c’est après avoir lu les livres de Clive Cussler que se déclenche sa passion pour l’écriture.

Émotion, Cercle littéraire, Polar, Romance

Sœurs de sable

de Stéphane Héaume
Broché – 7 avril 2021
Éditeur : Payot & Rivages

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1958, une station balnéaire écrasée de chaleur. 2018, un surprenant huis clos au décor raffiné. Rose et Amelia, deux femmes malmenées par la vie et que soixante ans séparent n’ont, on pourrait le croire, rien en commun. Pourtant, un homme, un secret, un cadavre vont relier leurs existences et changer leur destin.
En donnant corps à deux turbulentes héroïnes dans un univers plein de mystère, Stéphane Héaume nous prouve, avec malice et fantaisie, qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort.

Stéphane Héaume est l’auteur de plusieurs romans dont «Le Clos Lothar» (Zulma, 2002, prix du jury Jean-Giono et prix Emmanuel-Roblès) et «Sheridan Square» (Seuil, 2012, prix de la Ville de Deauville).

 

2022_010_Héaume Stéphane - Sœurs de sable

 

Un roman très agréable, au charme désuet, qui m’a rappelé les films adaptés des romans d’Agatha Christie… On y retrouve cette ambiance balnéaire méditerranéenne bien particulière, les hommes en costumes, les femmes avec leurs belles robes et leurs chapeaux, les villas, les hôtels de luxe perchés au milieu des rochers entre les pins… Mais il n’y a pas que ça… Vous croiserez un nain magicien, un très beau Zippo en argent gravé de deux initiales, deux sœurs qui se détestent, des langoustes aussi ! et vous ferez même un voyage en première classe dans un Zeppelin en direction de Porfou… Toutes les descriptions sont méticuleuses et délicieuses.

Stéphane Héaume, m’a emporté, transporté même, dans son récit qui navigue au rythme des chapitres entre passé et présent, jusqu’à “LA” rencontre attendue, la fusion de deux époques qui ne demandaient qu’à se croiser…

Fa, mi.
Fa, mi, do dièse.
Fa, mi, do dièse.

La musique est très importante aussi, elle est partout. Entre les lignes, entre les mots…
Chaque phrase résonne telle une mélodie, s’enchaînant les unes aux autres. Donnant l’impression parfois d’une poésie. Stéphane est un musicien et cela s’entend !

Rose est écrivain, Amélia journaliste, deux femmes, deux époques différentes, 1958, 2018. Chacune vit un parcours difficile, paraissant au premier abord très différent… En réalité, leur destin est lié par un homme étrange, un homme qui pourrait bien changer leur destin.

Venez donc vous installer à la terrasse du Grand Café de la Plage. Observez-les… Ces hommes, ces femmes qui se croisent, qui se bousculent, qui s’ignorent ou qui se haïssent. Regardez bien ce ballet incessant, au rythme des marées, des vagues et du ressac…
Vous la voyez ?
Mais oui, c’est bien Rose qui est là, au milieu de la plage, dans sa robe blanche, un verre à la main. Que fait-elle ?
Non, vous ne rêvez pas… Elle danse.
Elle danse, car contrairement aux autres jours, aujourd’hui elle est heureuse… elle pense à l’homme aux yeux verts qu’elle vient de rencontrer… Sa voix douce et grave résonne encore dans son esprit.

Une lecture au rythme lancinant et addictif, une ambiance donnant un côté immersif au roman, un mystère qui nous tient en haleine, des personnages très marqués dans leurs personnalités, des situations originales. Le sable est doux au soleil, mais il cache bien des mystères…

“Sœurs de sables”, une histoire qui mériterait de compléter votre bibliothèque !

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Extraits :

« Ce matin, tout semblait immobile. Ce n’était pas normal. Il y avait bien, à demi dissimulées sous les tamaris et les cyprès de la promenade des Italiens, assises sur des bancs, deux ou trois silhouettes avec leurs chiens, mais Rose ne les reconnut pas. C’était trop éloigné, trop flou. Elle voyait mieux le croissant blond de la plage niché au pied du quai principale où s’alignait les boutiques encore fermées et les restaurants. Bientôt, d’autres silhouettes y viendraient pour se dévêtir, s’enduire de crème, s’allonger, se baigner – rituel avide en cette fin d’été. »

« … ce voyage à Porfou ne me fait pas grimacer, il libère des souvenirs protégés, des parfums que j’avais mis sous clef, un visage, un sourire, le sourire d’une femme qui hante mes nuits et mes désirs enfuis, ce visage que vous avez vu, cette femme dont je peux bien vous parler, maintenant, vous avez tout fait pour, cette femme s’appelait Rose – y a-t-il plus beau prénom ? … »

« Il opéra un rétablissement fulgurant dans une grande gerbe d’eau et s’assit sur le banc. Rose était toute mouillée. Elle riait nerveusement. Son châle détrempé, à présent transparent, laissait voir ses petits seins, sa peau fine, cachés au monde depuis si longtemps, enfermés, clos comme les volets de son hôtel, étrangers aux mouvements de la vie. Rose était un animal traqué. Un cœur traqué. Un corps craqué oublié dans les remises obscures de sa très vieille solitude. »

« Tous les deux seuls dans le théâtre vide. Ils ont marché longtemps. Ils ont partagé leurs blessures dans la fulgurance, l’évidence de la rencontre. Frère et sœur, voilà ce qu’ils seront. Sans jamais se le dire. Ils n’ont pas eu le courage de grimper jusqu’au cirque – ils iront demain. Rester dans le vent, se perdre dans le rivage lointain, se bercer du mouvement des vagues qui montent à l’assaut de la lame noir des roches. Avancer dans le parfum de la pinède et des aiguilles chauffées par le soleil. Se jeter vers l’horizon. Se liguer contre leurs fêlures. »

 

 

Stéphane Héaume, né à Paris en 1971, est un romancier français.

Il a été résident au Domaine de La Prée (Indre) entre 2000 et 2002 (résidence d’artistes parrainée par l’Académie des Beaux-Arts).
Après plusieurs années passées à New York et en Afrique, il vit aujourd’hui à Paris.

Il est l’auteur de plusieurs romans :
Le Clos Lothar (Zulma, 2002, Prix du jury Jean-Giono 2002 et Prix Emmanuel-Roblès 2003),
Orkhidos (Zulma, 2004),
Le Fou de Printzberg (Anne Carrière, 2006),
Le Contemplateur (Anne Carrière, 2007)
et La Nuit de Fort-Haggar (Seuil, 2009).

Il écrit également des textes pour la musique.
Avec le compositeur Thierry ESCAICH (né en 1965) :
Valse désarticulée (Théâtre du Lierre, 2007).
Avec le compositeur Richard DUBUGNON (né en 1968) :
Tryptique (Royal Academy of London, 1999 ; reprise à Radio France, 2008), Le Voyage écarlate (La Péniche Opéra, 2002 ; reprise au Festival d’Aix-en-Provence, 2005), Cantata Oscura (Espace Cardin, 2005 ; reprise à Radio France, 2005) et Le Songe Salinas, symphonie lyrique pour mezzo-soprano et orchestre (Théâtre des Champs-Elysées, 2009).

 

Polar, Suspense, Thriller

En apparence

de Myriam Giacometti
Broché – 20 octobre 2021
Éditeur : France Loisirs

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Rachel Clément, experte en objets d’art, est abattue chez elle, alors qu’elle était sur le point d’inaugurer une exposition consacrée à Marie-Antoinette, avec en pièce maîtresse le Cœur de la Reine, une bague d’une valeur historique inestimable. Son ex-mari Marc, célèbre acteur, est retrouvé devant chez elle, les mains ensanglantées. Même si le couple, séparé depuis longtemps, entretenait une relation très conflictuelle, leur fille Rose refuse de croire à la culpabilité de son père. Prête à tout pour découvrir la vérité, un seul choix s’offre à elle : mener l’enquête par elle-même, naviguer dans une mer de suspects, et tenter de prouver l’innocence de ce coupable trop parfait…

 

2022_007_Giacometti Myriam - En apparence

 

Je vous présente le second roman de Myriam Giacometti, le premier que je lis, et dès les premières pages, j’ai été séduit par sa plume !
La subtilité des descriptions pour chaque personnage les a rendus vivants pour moi, au point de m’attacher à plusieurs d’entre eux…
Je pense que nous n’avons pas fini d’entendre parler de Myriam…

Rachel Clément, experte en objets d’arts, est froidement assassinée, le jour où Marc, son mari et acteur célèbre qui ne vivait plus avec elle depuis plusieurs années, est venu signer les papiers du divorce. Ni une, ni deux, pour les policiers, l’affaire est bouclée, ils ont un meurtrier avec un mobile parfait. Il n’acceptait pas le divorce et a abattu sa femme. D’ailleurs, le suspect avait déjà été sujet à des crises de colère violentes…
Malgré les faits accablants, seule sa fille Rose, est persuadée que son père est innocent. Elle va dès lors mener sa propre enquête, sans entrevoir les divers dangers qui pourraient la menacer.

Myriam joue avec le lecteur. Elle dissèque les relations humaines, qu’elles soient familiales, professionnelles ou amicales. Tous ses personnages ont un rôle important et nombreux sont ceux qui avaient un intérêt à stopper la curiosité de Rachel.
Et… quel est donc le secret de cette bague ayant appartenu à Marie-Antoinette ? Un bijou, suscitant autant de passions que de convoitises. L’auteure, sème des embûches ici et là, des fausses pistes, cultive le doute, l’ambiguïté, et finalement le doute qui s’installe vient amplifier le suspense… Mais qui a bien pu tuer Rachel ? Et pourquoi ?

Un vrai pageturner qui m’a mené dans les coulisses du marché des œuvres d’art et de toutes les dérives possibles de ce milieu hermétique.
Nathalie et Rose, comme Rachel sa mère, sont des personnages à part, qui gravitent justement dans ce milieu. On voudrait les aider, les conseiller, mais autour d’elles tout le monde à l’air coupable. L’inspectrice Kenza, va petit à petit, malgré les ordres de sa direction, découvrir l’extrême complexité de ce meurtre… Mais tout ne sera pas aussi simple !

Un prix des Lecteurs 2021 BIEN mérité, pour un roman BIEN prenant et BIEN réaliste !
Auteure à suivre…

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Extraits :

« La tempête faisait rage depuis une heure. Le vent s’engouffrait dans les branches, qui virevoltaient dans la nuit. Le tonnerre grondait au loin, tandis que la pluie devenait de plus en plus forte. Les gouttes qui tambourinaient à la fenêtre produisaient un bruit concis, violent.
Pelotonnée sous les couvertures, Rose se répétait qu’elle n’était plus un bébé. Il était ridicule de penser que la branche dénudée du vieux hêtre agitée par le vent était le doigt osseux d’une sorcière maléfique qui se cachait derrière le mur et qui voulait entrer dans la maison. À six ans, elle était en âge de comprendre que les monstres et les sorcières n’existaient que dans son imagination. C’était sa maman qui lui avait dit cela quand elle se précipitait dans son lit après avoir fait des cauchemars, et sa maman avait toujours raison. »

« En effet, selon Marc, les problèmes de violence conjugale rencontrés durant son mariage étaient dus aux nombreux effets secondaires du Spelifor, un puissant antiépileptique qu’il prenait pour soigner les troubles compulsifs dont il souffrait depuis la naissance. La justice lui avait donné raison, mais Rachel ne croyait pas à ces inepties. Le médicament avait peut-être accru l’agressivité de son époux, mais la violence préexistait chez lui bien avant la prise des pilules incriminées. Le fond du cœur de Marc était mauvais, voilà tout. »

« Nicolas avait toujours su qu’il serait directeur de musée. Dès qu’il avait pu se plonger dans les livres, il avait été subjugué par les tableaux représentant les grands personnages historiques. Plus tard, en cours de dessin, quand il avait commencé à étudier l’art abstrait et que tous ses camarades demeuraient dubitatifs devant ces formes irrégulières, lui avait compris le sens caché des peintures, des sculptures et des objets d’art en général : ils étaient créés pour divertir les gens. Comme une star de la musique donnant le meilleur d’elle-même sur scène, comme un écrivain racontant l’histoire la plus captivante possible, l’artiste produisait une œuvre susceptible de faire réagir les personnes qui la regardaient, de les pousser à réfléchir, à rêver ou à s’interroger. »

« Choisissez un travail que vous aimez, et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

 

 

Myriam Giacometti est née en 1981 au coeur de la Lorraine. Elle se passionne très tôt pour l’écriture et la lecture.

Après un DUT en gestion, elle a exercé sa profession dans le domaine des Ressources Humaines. Rattrapée en 2007 par une leucémie, elle a décidé de se consacrer à l’écriture.

« L’enquête de Lisa » (2019), un thriller haletant, est son premier roman.

Forte du succès de son premier roman à suspense et encouragée par ses lecteurs, elle a publié son second ouvrage, « En apparence », qui a obtenu le Prix des lecteurs France Loisirs, Nouvelles Plumes, 2021.

Elle vit à Hayange, en Moselle.

son site : http://www.myriamgiacometti.com/
Twitter : https://twitter.com/myrloveswriting?lang=fr

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Myriam Giacometti, l’amour des livres…

Derrière un premier roman, il y a tous ceux que son auteur a lus, aimés, rêvés… Lauréate du prix des Lecteurs 2021, Myriam Giacometti nous dévoile les livres qui ont fait d’elle une lectrice passionnée avant de franchir le pas et de prendre la plume à son tour.

Le livre qui vous a transmis la passion de la lecture ?
À l’âge de six ans, mes parents m’ont acheté mon premier livre : les Nouveaux Contes de fées de la Comtesse de Ségur. Les aventures de cinq jeunes héros soumis à de terribles sortilèges. C’était la première fois que je prenais du plaisir à lire, à plonger dans un monde étrange et merveilleux. C’était aussi fascinant que de trouver un passage secret !

Celui qui vous a donné envie d’écrire ?
J’ai toujours été passionnée par les romans policiers. Le premier qui a réussi à me captiver est Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux. L’enquête de ce huis clos énigmatique est passionnante. J’ai retrouvé la même façon d’écrire des scénarios fertiles en aventures, rebondissements et ingéniosité chez Agatha Christie.

Celui que vous pourriez relire à l’infini ?
Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. C’est désuet, je sais. Mais je crois n’avoir jamais ressenti autant d’amour pour un personnage de roman ! L’héroïne de Margaret Mitchell, Scarlett, est intrépide, têtue, volontaire. Elle fait fi des conventions et n’en fait qu’à sa tête !

Votre Nouvelles Plumes préféré ?
Grâce à un groupe Facebook de partage de lecture, j’ai découvert récemment Synopsix, d’Angélina Delcroix. C’est une histoire de jeu qui vire au cauchemar pour les participants. C’est écrit avec efficacité, sans temps mort jusqu’au dénouement… J’ai adoré !

Votre plus beau souvenir (jusqu’à présent !) lié à En apparence ?
Même si le moment où j’ai appris qu’En apparence remportait le prix des Lecteurs restera à jamais gravé dans ma mémoire, je dois avouer qu’écrire pendant le confinement est un souvenir que je ne suis pas près d’oublier. En ces moments troubles, raconter les aventures de mon héroïne Rose a été une véritable bénédiction. L’écriture m’a sauvée !

Émotion, Polar, Thriller

De l’or et des larmes

de Isabelle Villain
Poche – 13 janvier 2022
Éditeur : Taurnada

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Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée. L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost. Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ? Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir. Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable…

 

2022_003_Villain Isabelle - De l'or et des larmes

 

Quel plaisir de retrouver la “commandante” Rebecca de Lost et toute son équipe que j’avais quitté après la lecture de “Mauvais Genre”… Ils ont un peu changé, mûri pour certain, évolué aussi.
Mais quel plaisir surtout, de retrouver Isabelle Villain le jour de la sortie de son dernier roman !
Que cette date du 13 janvier, et que les étoiles dans le ciel lui portent chance…

Isabelle fait partie des auteurs que j’affectionne tout particulièrement. Elle a l’art de mélanger le “brut” et l’émotion, elle me surprend à chacun de ses romans. Et c’est le cas encore une fois !

Qui m’aurait dit que je lirai bientôt un roman dont la thématique principale tournerait autour du sport ?
Et bien non seulement, je l’ai fait, mais je ne le regrette pas du tout.

Jean-Luc Provost, entraîneur très connu mondialement dans le milieu de la gymnastique, meurt dans un accident de voiture à seulement six mois des Jeux Olympiques de 2024.
Voilà le départ de cette nouvelle aventure qui ne sera pas que policière, malgré les nombreuses fausses pistes et rebondissements.
En effet Isabelle, m’a ouvert les yeux sur un monde que je n’imaginais pas de tout. Elle nous propose une véritable immersion dans l’univers “impitoyable” de la gymnastique. Je me doutais que cela devait être un milieu difficile. Mais, souffrance, abnégation, compétition permanente, sacrifice, obstination, larmes, fatigue, voilà le vrai quotidien de ces jeunes gymnastes que l’on vient piocher lorsqu’ils ont dix/douze ans. On les sépare de leur famille. On les formate à l’obéissance, au travail sans répit. On les bouscule. On les broie… Pour quelques secondes intenses qui les mèneront vers une médaille d’or de préférence, ou vers leur perte physique si ce n’est psychologique !
Je découvre un monde tyrannique sans limites.
Mais aussi, et c’est le plus important, un monde où le dépassement de soi se vit à chaque instant, pour atteindre la lumière.

Mais vous allez me dire, il est où le polar dans tout ça ?
Il est où le suspense ?

Il se trouve à chaque page. À chaque fin de phrase, chaque point d’interrogation, à chaque regard aussi, à chaque larme…
J’ai lu ce roman en un peu plus de quatre heures. J’en ai pris plein les yeux… Plein la tête.

Dans quel monde vivons-nous ?
Doit-on tout accepter pour réussir ?

N’ayez pas peur, je ne vous dévoilerai rien de plus, mais j’étais bien loin de me douter où me conduirait ce récit…
Merci Isabelle. Merci pour tes mots. Certaines choses doivent être dites et doivent exploser à la face du monde…
Je n’ai pu m’empêcher de verser une larme à la fin, pour moi, la récompense d’un beau récit !

Merci encore une fois aux Éditions Taurnada de m’avoir permis la lecture de cette histoire poignante, avec beaucoup de psychologie, racontée avec tellement de sensibilité.

Un livre à mettre entre toutes les mains !

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Extraits :

« Mercredi 7 août 2024, Nanterre.
Bonjour et bienvenue à tous, je suis très heureux de vous retrouver aujourd’hui dans cette magnifique Arena, l’antre du club de rugby du Racing 92, pour notre grand rendez-vous avec la gymnastique féminine. 17 500 supporters. Plus une seule place de libre dans les gradins. C’est la première fois depuis le début de ces olympiades que cette salle affiche complet. Je suis convaincu que vous êtes des millions devant vos écrans pour assister à cette finale du sol tant attendue par toute une nation. C’est un événement exceptionnel, et je pèse mes mots, qui pourrait bien se produire dans quelques minutes maintenant. Capucine Delahaye va peut-être réussir l’exploit de remporter l’or olympique. »

« Et moi, je fais partie de cette génération qui était devant la télévision en 76, aux jeux de Montréal, bouche bée face à la prestation de Nadia Comaneci. Je me souviens de mes parents scotchés à l’écran. On était tous subjugués par cette gosse de 14 ans. À la minute où elle a terminé son mouvement aux barres asymétriques, on sentait qu’il s’était passé un truc. Les juges n’avaient pas prévu la note parfaite de 10. Seuls trois chiffres étaient à leur disposition sur le tableau d’affichage et lorsque le résultat est tombé, on a tous vu apparaître le chiffre “1.00”. Pendant quelques secondes, c’était l’incompréhension. On se disait : “Mais ce n’est pas possible après une telle performance, ce 1 ne veut rien dire.” Et puis, le commentateur a annoncé : “Mesdames et Messieurs, première historique dans le sport : un 10 parfait !” »

« Et puis les années passent. Les entraînements s’intensifient. La pression aussi. Il faut que vous compreniez que la gym, ce n’est pas juste un sport. Avant les Compètes, on a peur. Peur de tomber. Peur de se blesser. Peur de rater un mouvement. Peur de décevoir son coach. On doit sans cesse repousser nos limites. On flirte constamment avec le danger. Quand vous êtes sur une poutre qui mesure dix centimètres de largeur à plus d’un mètre de hauteur, le moindre faux pas et c’est la fin. La barre asymétrique supérieure est quant à elle a deux mètres cinquante de haut. Inutile de vous dire que les chutes peuvent être dramatiques. Mais lorsque l’exercice est terminé et que ce dernier est bien exécuté, c’est le paradis. On se sent invincible. On sait qu’on est allé au bout du bout. On devine la fierté dans le regard du coach, de notre famille. Le public nous applaudit. C’est un moment magique. On est sur le toit du monde. »

 

 

Née au Maroc à Casablanca en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’évènementiel et l’organisation de salons professionnels.
Passionnée de romans policiers depuis l’enfance. Elle décide de se lancer dans l’écriture pour mettre par écrit les nombreuses histoires qui lui trottent dans la tête.
Son quatrième roman “Peine Capitale”, publié aux Editions Auteurs d’Aujourd’hui, a reçu le prix Maurice Bouvier en 2015.
“Âmes battues”, le second volet des enquêtes du commandant de Lost, découvert dans “Peine capitale” à reçu le prix du festival du polar de la ville d’Arcachon en 2016, et le prix polar du festival Jeter l’Encre.
“Mauvais genre”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 15 novembre 2018.
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/23/mauvais-genre/
“Blessures invisibles”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 9 janvier 2020.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/01/03/blessures-invisibles/
“À pas de loup”, son 7e roman, publié aussi aux Éditions Taurnada est sorti le 14 janvier 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/14/a-pas-de-loup/

 

Polar, Suspense

Les poupées diaboliques

de José Herbert
Broché – 12 novembre 2021
Éditeur : Mondes futuristes éditions

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Jérôme Navart, professeur, s’ennuie pendant cet été caniculaire. Passionné par les sorcières, il pense être l’un des descendants de Marie Navart, sorcière brûlée vive à Templeuve, ville de la banlieue lilloise, il y a environ 400 ans.

Cette “Sorceresse”, comme on disait à l’époque, serait-elle réincarnée en la personne de la jeune Wanda, fille d’un fabricant de poupée X ? Mais… Étrange et cocasse ! Une connaissance de Jérôme est découverte morte, percée de mille trous, chevauchée par l’une de ces poupées de plaisir. La ville de Cambrai est en émoi. Installé en centre-ville, la cloque, sorte de souk immense fréquenté par une faune hétéroclite, étouffe sous la chaleur. Il s’y passe des événements peu orthodoxes possiblement en relation avec ce crime. Jérôme est mêlé à l’enquête dirigée par le commissaire Dubois.

 

2022_001_Herbert José - Les poupées diaboliques

 

Un peu surpris par le style au début du roman, je suis entré petit à petit dans l’intrigue en me disant : “Et pourquoi pas !”, et j’ai bien fait…

Je découvre José Herbert avec ce roman. Je ne le connais pas (encore…!), mais j’imagine qu’il doit être un “drôle” de personnage, c’est un féru d’histoire et de vocabulaire aussi. Et dans son roman, il s’est lâché pour mon plus grand plaisir… Car même s’il y a un côté indéniablement loufoque dans la manière de traiter son sujet, c’est bien un polar avec du suspense que je tenais entre mes mains !

Alors, par où commencer ?
L’histoire… commence… dans le milieu des… poupées sexuelles !!!
D’où ma surprise en début de lecture !
J’abordais un “nouveau” monde, que je ne connaissais, mais alors pas du tout !
Si, si je vous jure ! Mais heureusement, Google est là !

Très vite arrive un premier meurtre.
Le corps est retrouvé chez lui, dans son lit. Il y a du sang partout. La meurtrière est encore installée à cheval sur le corps du défunt, percé de centaines de trous. Sa droite tient un couteau de cuisine, tandis que la gauche est à plat sur le corps qui gît allongé. La meurtrière ne bouge pas d’un cil. Et pour cause, c’est une poupée sexuelle. Commence alors une enquête qui va impliquer Jérôme Navart. En effet, le cadavre est l’un de ses compagnons de service militaire, ils s’étaient justement retrouvé peu de jours avant !

Un second meurtre à lieu, adoptant les mêmes principes, sang et poupée gonflable… Et Jérôme le connaissait aussi !
L’intrigue allant ainsi de rebondissements en rebondissement nous mènera à Templeuve, lieu historique où l’on chassait et brûlait les “sorceresses”, pendant très longtemps, dont Marie Navart, qui fût brûlée vive en 1656.

Qui sera la prochaine victime ?

José est un vrai conteur.
Il a le sens du verbe et des mots, il sait en jouer et s’en amuse même. Les phrases glissent toutes seules et ne sont interrompues, voire percutées que par des dialogues truculents quand ils ne sont pas complètement délirants ! Il sait aussi très bien entretenir, et l’intrique et le suspense, aime l’époque médiévale et cela se ressent tout le long du récit. J’ai passé un agréable moment de lecture, teinté régulièrement d’humour et de surprises. Un roman surprenant soit, différent, aussi, et qui mériterait vraiment d’avoir une plus large diffusion.

Par contre… Et c’est une remarque tout à fait personnelle, la couverture, à mon sens ne met pas du tout le récit en valeur… C’est dommage !

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Extraits :

« L’individu considère son double dans le miroir de la salle de bain. Il se trouve moche, trop gros. Son visage est peu soigné, mal rasé, sa dentition brune et inégale, ses cheveux trop longs. Mais il s’en fiche. Il s’accorde une promesse – nous sommes en janvier – qu’il prononce à voix haute, pour qu’elle ait plus de force, sachant pourtant qu’il aura du mal à la tenir car ce n’est pas la première fois qu’il la fait : je ne tuerai plus jamais ma compagne. »

« Marie Navart fut accusée d’hérésie. Par qui ? Essentiellement par des membres de sa belle-famille. Son beau-frère, qui prétend avoir été ensorcelé ; la femme dudit ; elle aurait été envoûtée alors qu’en train d’accoucher avec l’aide de Marie ; un autre déclarant avoir subi un sort à cause d’une pomme ; pour un autre encore, ce fut un fromage ; le beau-frère accuse un craquelin, sorte de petit pain au sucre, qui lui fut donnée par Marie, et qui serait porteur de sortilèges. Les accusations d’envoûtement pleuvent, associées, ou plutôt consécutives, à des problèmes d’héritage. Marie sent le danger et s’enfuit vers la Belgique. Le 10 novembre 1656 elle est arrêtée. »

« Le 16 décembre, elle fut soumise à la question extraordinaire, ou torture des brodequins. « J’avoue », hurla-t-elle alors que ses jambes éclataient dans d’atroces souffrances. Elle fut exposée sur la pierre aux sorcières, près de l’église puis conduite aux flammes du bûcher au lieu-dit les solières. Il faut savoir que, souvent, le condamné à être brûlé vif mourait, non pas à cause des ardeurs du feu, mais par l’impossibilité de respirer à cause de la fumée qui se dégageait de la paille enflammée et des fagots la plupart du temps humide. Le spectacle était apprécié par les manants qui jetaient à l’occasion sur le brasier un ou plusieurs chats noirs, symboles de Satan. »

« – Le monde aime le sordide, le bizarre, l’anormal, le crade, l’interdit, le surnaturel. J’en oublie. Plus c’est dégeu plus on jouit ! Excusez mon vocabulaire, dit le maire. La société hait les vomissures et pourtant s’en délecte. C’est pareil pour la politique d’ailleurs. On la déteste mais on l’encense sur les écrans. »

 

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José Herbert est né à Aniche en 1944, dans le département du Nord. Il fréquenta l’Ecole Normale de Douai pour devenir ensuite instituteur à Vred, puis Auberchicourt, enfin, à partir de 1975, directeur d’école et secrétaire de mairie à Wambaix, petit village du Cambrésis. Il est maintenant installé à Loos en Gohelle. C’est un amoureux des lettres, passionné d’histoire locale, il aime l’humour loufoque, les situations hors norme, les personnages burlesques.

Il publie aux Editions Atria un premier roman, l’instituteur impertinent, qui raconte avec humour, pittoresque et tendresse, une vie professionnelle exceptionnelle.
Son deuxième roman, signé la grande faucheuse, est une pure loufoquerie. Imaginons un couple singulier. Lui, c’est Viktor, enseignant à la retraite. Elle, c’est Samantha, la grande faucheuse, la Mort allégorique, trimballant sa faux au hasard des vies à faucher. Samantha se déplace en mobylette, possède un téléphone portable, se nourrit de salades. Nos deux héros se rencontrent fortuitement, s’aiment et décident de nouer une relation forte et durable qui va les entraîner dans l’espace et dans le temps.
Dans ce dixième roman (second roman policier), il vous fera découvrir la région de Cambrai comme vous ne l’avez jamais vue.

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

Les rois écarlates

de Tim Willocks
Broché – 1 juin 2001
Éditeur : L’Olivier

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Lenna Parillaud vit dans la haine et la souffrance depuis la perte de sa fille. Seul un abominable rituel donne un sens à son existence : une visite chaque mois depuis douze ans à son mari – drogué et enfermé dans une bâtisse isolée du delta du Mississippi – auquel elle inflige toutes sortes d’humiliations.

Cicero Grimes, lui, traverse une grave dépression. Reclus au milieu de ses propres détritus dans une caserne désaffectée à la Nouvelle-Orléans, il n’émerge de sa torpeur que pour prendre conscience du dégoût qu’il s’inspire à lui-même.

Lenna Parillaud et Cicero Grimes ne se sont jamais rencontrés. Jusqu’au jour où ils reçoivent chacun une lettre qui les entraîne dans un cataclysme de vengeances, de haines et de violences.

 

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Tim Willocks, pour ceux qui ne connaîtraient pas, fait partie des grands, des très grands même de la littérature Noire. Je l’ai découvert avec “La Religion” un superbe thriller historique qui m’avait complètement emporté…
Depuis, j’ai lu tous ses romans. Il est souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, mais j’affectionne tout particulièrement Tim.
J’ai l’impression qu’il a déjà vécu plusieurs vies ! Grand maître d’arts martiaux, chirurgien, psychiatre, producteur, écrivain, scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann.
Et tout ça pour notre plus grand plaisir…

“Les rois écarlates” est la suite de “Bad City Blues”, mais la construction du roman fait qu’il peut être lu indépendamment.
Vous l’aurez compris, c’est un roman sombre, noir, très dense… Tout le récit tourne autour d’une horrible vengeance.

La grande force de Tim est de distiller petit à petit les éléments qui constitueront une grande fresque au final. Dans le récit, il manie les mots et sait en jouer afin de maintenir un suspense constant jusqu’au bout d’une folle course-poursuite déclenchant un ouragan de violence dans le sud raciste des Etats-Unis.
Les personnages sont magnifiques, leurs psychologies travaillées en profondeur, l’intrigue est élaborée, il y a de l’action, de l’émotion, et beaucoup de réflexion aussi. J’avais l’impression d’être assis dans un fauteuil au cinéma.

Je ne dirai rien de plus, il vous faudra le lire pour comprendre…
“Les Rois écarlates” est un livre marquant.

Attention !
Faites-en sorte que “Gul” soit de votre côté, sinon… vous êtes mal barré !

Vous voulez du noir, du très noir ?
Tim Willocks, what else!

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Extraits :

« Si vous saviez depuis combien de temps personne ne m’a vu pleurer, Dr Grimes, vous auriez une petite idée de l’énorme perversité de cette farce.
Grimes en avait assez de cet endroit et de la nausée que lui causait son mauvais numéro. Il ne se savait pas capable de mentir de façon aussi experte, sans la moindre intégrité, et il avait usé de sa profession – l’avait salie – afin d’y parvenir. Il l’avait fait pour son père ? Georges ne lui avait rien demandé. Georges serait mort avant. »

« La rage le submergea à nouveau, étouffant sa honte. Qu’ils aillent se faire foutre. Voilà le monde entier se mettait à lui dire comment vivre. L’obèse avait raison au moins là-dessus : aussi loin qu’il s’en souvienne, depuis sa plus tendre enfance, être bousculé provoquait en lui une contrariété quasi-psychotique. Il ne voulait plus être bousculé. »

« Au grand étonnement the Grimes, et à sa grande satisfaction, Gul demeura immobile comme une souche tout le temps qui lui fallut pour injecter l’anesthésique. Grimes murmura et le caressa en attendant son effet, puis saisit une paire de ciseaux, retira la chair morte et posa huit points de suture. Gul se prêta aux soins sans broncher. »

« Elle n’avait pas seulement volé sa liberté, mais aussi sa réclusion : sa propre existence lui avait été inconnue pendant treize ans. Treize mois ou treize décennies, il n’aurait pas vu la différence. Dans cette indifférence sans limite, il se rappelait – par petits éclairs de honte et de rage – ses insultes et son mépris, son beau visage ou brillait le pur triomphe de la vengeance. Mais ces moments aussi glissaient dans le vide océanique de sa mémoire comme un banc d’anguilles voraces. Elle ne l’avait pas seulement dépouillé de son orgueil, des plaisirs et du pouvoir, elle l’avait dépouillé de la connaissance elle-même. Il avait perdu un quart de sa vie. »

 

 

Né en 1957, Tim Willocks, psychiatre à Londres, est spécialisé dans le traitement des toxicomanes. Scénariste, écrivain, il est l’auteur de plusieurs « polars » atypiques, à la frontière du gothique, dont Bad City Blues (L’Olivier, 1999). Comparé par la critique à Norman Mailer et James Ellroy, il affirme avec ce nouveau livre une écriture puissante, un réalisme grinçant et une intensité rarement atteints dans le roman noir.