Folie, Noir, Thriller

La dissidence des cancrelats

de Romain-R Martin
Broché – 18 novembre 2020
Éditeur : LBS Sélection

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Le sombre Paris. Les profondeurs du métro.
Claude Sorensen et Werther, agents de maintenance autoproclamés de la RATP, finissent leur quotidienne et méthodique nuit de labeur.
Rentrés dans leur « terrier » situé sous le chemin de fer, les deux excentriques sont attaqués dans leur juste sommeil par un collègue travesti en sage-femme.
C’est l’incompréhension. L’agression nécessite légitime vengeance.
Démarre une course-poursuite contre l’assaillant, fuite en avant et sans retour pour les trois parias, au cœur d’un monde dément et hostile : le « dédale » et ses multiples ramifications. Les « boyaux”…

Thriller noir, saupoudré d’un humour grinçant redoutable d’efficacité, « La Dissidence des Cancrelats » de Romain R. Martin est, une nouvelle fois, une expérience marquante, hors des sentiers battus du genre littéraire.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Bienvenus dans l’univers sombre et glauque de Romain R. Martin, que je découvre grâce à Seve Clément Gilberti, avec “La dissidence des cancrelats”…

Dès le début, je me suis rendu compte que cette lecture allait m’interpeler !
Elle a fait plus que ça…

Véritable “Ovni” littéraire écrit à la première personne, où chaque phrase “ciselée” a son importance, Romain joue avec les mots autant qu’il se joue du lecteur, je dirai même que Romain a un style unique et très singulier.
Les choses ne semblent jamais être ce qu’elles sont.
La folie et les ambiances sombres pervertissent nos regards et nos émotions, dans les profondeurs du métro où tout semble hostile…
Les personnages atypiques et incroyablement vivants, passent malgré tout en arrière plan du décor implanté qui a aussi son rôle et de cette histoire unique et délirante.

Je pense qu’il faut être un minimum “barré” pour entrer dans cet univers clos. Heureusement pour moi, les phrases de Romain m’ont envoûtées, et emportées dans “son monde” sous-terrain.
Impossible de le lâcher avant la fin…

Merci Romain, d’avoir partagé ton univers, me permettant ainsi de découvrir un nouveau monde… Un monde tellement proche…

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Extrait :

« La plainte solitaire d’un vent mauvais s’engouffre pour hurler toute sa rage dans le hall. Les feuilles de la réception virevoltent violemment autour de nous et ne tardent pas à se mêler au renfort de celles du jardin jusqu’au milieu des sièges de l’immense pièce. Elles s’élèvent jusqu’au firmament des projecteurs, renvoyant la dominatrice et puissante lumière de façon stroboscopique. Évidemment, pour nous, simples mortels, c’est magnifique. »

 

Romain R. Martin est né à Vire en 1979 en Normandie. Il vit aujourd’hui à Paris.
Jeune adulte et passionné de musique metal, il quitte le lycée au premier trimestre de terminal pour devenir musicien et travailler avec un petit label spécialisé de la Drôme.

En 2007, il déménage sur la capitale pour se réorienter vers le montage vidéo et le graphisme. Puis en 2011, il s’engage pour cinq ans en tant que réserviste Police nationale.
Son contrat terminé, il se met à l’écriture de son premier roman: « Vermines » (Flamant Noir éditions, 2018). Après de nombreux salons littéraires sélections et porté par le succès critique, il écrit « La Dissidence des Cancrelats » (LBS éditions, 2020).

Outre le fait que sa mère l’ait toujours poussé à écrire, c’est l’accumulation de situations improbables, tristes, voire grotesques, rencontrées au sein de la police, mais plus généralement au fil de sa vie, qui lui donne le goût de l’écriture.

Amateur d’humour noir avec un intérêt prononcé pour le dérisoire et l’absurde, il trouve dans la rédaction de l’imaginaire un refuge et une parfaite scène de théâtre pour y faire vivre ses personnages excentriques.

Romans :
LA DISSIDENCE DES CANCRELATS (LBS éditions, 2020)
VERMINES (Flamant Noir éditions, 2018)
Finaliste du prix du jury Les Géants du Polar, Prix découverte du Balai d’OR et du prix du 1er roman du Rotary Club.

Émotion, Drame, Histoire, Roman

Le Bal des folles

de Victoria Mas
Broché – 21 août 2019
Éditeur : Albin Michel

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Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Prix Renaudot des Lycéens 2019.

Sélection Les 30 meilleurs livres de l’année 2019 du magazine Le Point.

Sélection Les 100 livres de l’année 2019 du magazine Lire.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes à hôpital de La Pitié-Salpétrière, à la fin du XIXe siècle, à une époque où les femmes ne sont qu’une décoration sur le bras d’un homme.
Plusieurs femmes sont enfermées dans cet hôpital qui rendrait folle n’importe quelle femme saine d’esprit. Il est dangereux d’être “différente”.
Victimes d’un traumatisme enfant, victimes de visions et de voix, pour peu qu’elles ne rentrent pas dans le contrat normalisé des leurs, elles sont envoyées à la Salpêtrière, sous le commandement du docteur Charcot, grand précepteur des maladies neurologiques.

Que de violence dans cette société du XIXe siècle, à l’égard des femmes. Eugénie Clery, jeune fille bourgeoise, éprise de liberté, a un don, elle voit et entend les morts. Elle se confie à sa grand-mère, quelle erreur… En quelques heures, Eugénie est rayée de la vie de sa famille et jetée aux oubliettes sans que plus personne ne se préoccupe de son sort.
Le père d’Eugénie en toute hypocrisie, va proposer une promenade à sa fille… vers cet hôpital psychiatrique, La Pitié-Salpétrière.

Les bourgeois viennent, comme s’il se rendaient au cirque, se faire peur devant les crises d’épilepsie de certaines patientes… Crises provoquées par Charcot lui-même… devant un public béat par ses miracles. Geneviève y soigne ces « malades mentaux”. Elle se rendra vite compte qu’Eugènie n’est nullement folle et décide de l’aider.

Un très bon roman, que je n’ai pas lâché jusqu’à la fin. Le style d’écriture de Victoria est presque poétique, malgré la peinture sordide de cette époque et particulièrement de cet établissement. Les conditions d’accueil et de « soin » des patientes, les salles communes, les chambres d’isolement… Des dizaines de femmes dormant dans une même pièce, attendant que la journée se passe… Seulement des femmes… Pas toutes folles, loin de là.
Il est si facile à l’époque pour un homme de faire interner son épouse ou sa fille !

Heureusement, le Bal des folles approche. Un bal que le Tout Paris bourgeois attends…
Une préparation qui va occuper ces femmes désœuvrées.
C’est si amusant d’y participer, d’approcher pour un soir ces folles qui ont choisi leur belle robe, si amusant de faire partie de cette élite parisienne, si amusant d’y être vu.

Le sujet du livre est basé sur des événements réels. Cet hôpital est à la fois un hôpital et une prison.

Tout le long de ma lecture, j’ai vraiment eu l’impression de vivre dans le passé, ou plutôt d’avoir pu voir à travers une petite fenêtre sur le passé, la vie de ces femmes confrontées à beaucoup de souffrance et de douleur.

Le bal des folles est un très bon roman, où Victoria Mas donne la voix a trois femmes fortes, alliant l’histoire de la psychiatrie à une réflexion profonde sur la condition des femmes déplorable à cette époque, et parfois encore aujourd’hui…

À découvrir…

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Extrait :

« En dehors des murs de la Salpêtrière, dans les salons et les cafés, on imagine ce à quoi peut bien ressembler le service de Charcot, dit le « service des hystériques ». On se représente des femmes nues qui courent dans les couloirs, se cognent le front contre le carrelage, écartent les jambes pour accueillir un amant imaginaire, hurlent à gorge déployée de l’aube au coucher. On décrit des corps de folles entrant en convulsion sous des draps blancs, des mines grimaçantes sous des cheveux hirsutes, des visages de vieilles femmes, de femmes obèses, de femmes laides, des femmes qu’on fait bien de maintenir à l’écart, même si on ne saurait dire pour quelle raison exactement, celles-ci n’ayant commis ni offense ni crime. Pour ces gens que la moindre excentricité affole, qu’ils soient bourgeois ou prolétaires, songer à ces aliénées excite leur désir et alimente leurs craintes. Les folles les fascinent et leur font horreur. Leur déception serait certaine s’ils venaient faire un tour dans le service en cette fin de matinée. »

 

 

Victoria Mas, née en 1987 au Chesnay dans les Yvelines, est une écrivaine française.
Elle est la fille de la chanteuse Jeanne Mas.

Elle a travaillé dans le cinéma comme assistante de production, scripte et photographe de plateau.

Elle étudie le cinéma et la littérature anglo-américaine aux Etats-Unis où elle a vécu 8 ans.
Elle y publie en 2014 un ouvrage dédié à la cuisine française, véritable guide pour les américains désireux de se familiariser avec les us et coutumes gastronomiques en vue d’un séjour en France : “The Farm to Table French Phrasebook: Master the Culture, Language and Savoir Faire of French Cuisine”.

De retour en France, elle obtient un master en littérature à la Sorbonne.

“Le bal des folles” (Albin Michel, 2019), son premier roman, a figuré dans la première sélection du prix Stanislas qui récompense chaque année un primo-romancier de la rentrée littéraire. Il a été récompensé, par l’obtention, du prix Renaudot des lycéens. Le roman a pour cadre l’hôpital de la Salpêtrière à la fin du XIXe siècle et les recherches du docteur Charcot sur l’hystérie et l’hypnose auprès de femmes internées. Pour Jérôme Garcin de L’Obs, « Dans une prose limpide, légère comme un pastel […] la jeune romancière stigmatise le machisme triomphant et fait entendre, bouleversante, la voix de celles qu’on a muselées, étouffées, hypnotisées ». Le roman va être adapté au cinéma par la réalisatrice Mélanie Laurent.

Émotion, Noir, Thriller

Les voix meurtries

de Cécile Pellault
Broché – 6 juin 2019
Éditeur : Les Éditions du Loir

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Quand LiNa, star de la pop américaine, qui a perdu sa voix, rencontre Nicolas, un Français expatrié en Floride et papa d’un petit Jay, cela aurait pu être le happy end de leur histoire. Pourtant, ce sera seulement le début d’une course contre la montre avec les ennuis : la réapparition de la femme de Nicolas, Cassandra et de son amant violent, les ambitions insatiables du producteur de LiNa qui ne souffrent aucune réponse négative de la star. La disparition de Jay, la violence du milieu de LiNa ne feront que les faire sombrer un peu plus. Auront-ils la force de tout surmonter, de puiser la force dans leur relation ou les blessures, la prison, l’alcool, l’enlèvement du petit garçon seront-ils fatales à l’image d’une plage de Floride à laquelle ils tentent de s’accrocher? Dans cette histoire haletante, nous suivons le destin contrarié d’une voix qui ne veut plus chanter, d’un père qui a peur de ne pas en être un, d’un enfant confronté à la cruauté et à l’inconstance du monde des adultes, et, celui de tout leur entourage qui va leur tendre la main comme leur enfoncer la tête dans un océan de douleur.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Après “Le brouillard d’une vie” (que je vous recommande), je retrouve avec plaisir Cécile Pellault dans un autre registre. J’ai reconnu dans ce “drame” la sensibilité de son écriture. C’est un beau récit, intense et riche en émotions, mais dur aussi. Un drame romantique sur fond de road trip, où l’amour et la haine se nichent entre chaque ligne…

LiNa est totalement perdue…
Star de la pop américaine, elle vit la pire chose qu’une chanteuse puisse vivre. Elle a perdu sa voix, suite à un enchainement d’excès.
Le hasard va la faire rencontrer Nicolas et son fils Jay. À deux, et à trois, pourquoi pas, ils forment la famille qu’elle n’a jamais connue. À partir de ce jour, tout va être bouleversé dans sa vie.

Dans ce roman noir, on ne s’ennuie pas une seconde, une écriture rythmée et aucun temps mort à travers les États-Unis. d’abord la Floride puis l’Alabama et la Louisiane, alors que le malheur semble suivre en permanence Lilly, Nicolas et Jay. Cécile nous raconte la vie de deux êtres marquée qui souhaitent une vie rangée sans strass ni paillettes.

Nicolas vit des évènements compliqués, Jay qui disparait, LiNa qui n’en peut plus de vivre sa vie. Ils vont devoir s’aider mutuellement dans une histoire mouvementée où rien ne se déroule comme cela devrait l’être.

Les personnages héros du roman sont très captivants, ils m’ont beaucoup touché.

“Les voix meurtries”, est un roman noir et lumineux à la fois, qui fonctionne très bien et que je vous recommande !

Le succès se paye au prix fort, mais la force de “sentiments purs” peut faire bien des miracles…

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Extrait :

« Rosa regardait droit devant elle, les phares qui venaient des voitures en sens inverse sur l’I10 la faisaient à peine battre des paupières. Elle était à Haïti avec son bébé, rongée par la culpabilité. Lilly songeait à l’arrivée de Jay dans sa vie et se rendait compte à quelle point l’arrivée d’un enfant était autant le plus grand des bonheurs comme la plus grande des anxiété. On se sentait irrémédiablement responsable de tout ce qui pouvait bien lui arriver de la plus petite égratignure comme à la plus grande des fatalités. Même si Rosamunde protestait, malheureusement une maladie, un accident aurait pu arriver partout chez eux comme en voyage. Malgré les tentatives de Lilly pour la dédouaner, cela ne changerait en rien au ressenti de Rosamunde. Lilly comprenait parfaitement, elle-même, se rongeait les sangs sur sa propre part de responsabilité dans ce qui arrivait à Jay. La réapparition de sa mère et de son père naturel ne pouvait être imputable qu’à la malédiction de sa propre notoriété. »

 

 

Auteure Seine et Marnaise, et maman active, très impliquée dans le milieu associatif, Cécile Pellault, a signé en 2016 son troisième roman aux Editions Le Manuscrit, Le Brouillard d’une vie, un thriller familial, un roman d’une facture totalement différente de Serial Belle Fille en 2005 et On ne choisit pas sa famille en 2007 qui exploraient le ressort comique et satirique des relations familiales. Le prix du rendez-vous littéraire lui a été décerné pour ce premier roman noir lors du salon 2016 de Moret sur Loing.
Elle est également auteure de nouvelles, dont Désespoir Fraternel publié aux Editions Souffle court, et de poésies, dont le secret des curieuses par le Musée du Luxembourg pour une exposition sur le peintre Fragonard et Le grésillement de la radio publié dans le numéro 12 de La Revue méninge.
Son deuxième thriller « Les voix meurtries », subtil et haletant, est sorti le 6 juin 2019 aux Éditions du Loir. Elle y aborde une nouvelle fois ses thèmes de prédilection : le voyage, l’exil, les liens familiaux subis ou choisis. « Les voix meurtries » est son quatrième roman.

Émotion, Fantastique, Suspense

Replay

de Ken Grimwood
Broché – 1 janvier 1998
Éditeur : Points

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À 43 ans, Jeff Winston meurt subitement d’une crise cardiaque, laissant derrière lui une vie médiocre et un mariage à la dérive. Quelle n’est pas sa stupeur lorsqu’il se réveille… dans sa chambre d’étudiant, âgé de 18 ans. Dans le passé, sa vie recommence comme avant. Sauf qu’il a gardé le souvenir de sa précédente existence…

Qui n’a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d’aujourd’hui ?

 

2020_080_Grimwood Ken - Replay

 

Bonjour à toutes et à tous,

“Replay” risque sans doute de ne jamais être considéré à sa juste valeur. Pourtant, c’est un grand roman, un véritable chef-d’œuvre.

Jeff une vie insignifiante, un mariage qui prend l’eau, un travail qui ne le passionne pas, à 43 ans, il meurt brusquement d’une crise cardiaque…

Puis…
Il se réveille dans sa chambre d’étudiant. Jeff a 18 ans et a conservé le souvenir de sa vie désastreuse et des événements qui se sont déroulés pendant toute cette période. Événements historiques, résultats sportifs, inventions diverses… Nouveaux espoirs, nouveaux rêves. Argent, sexe, famille, bonheur, peut-on tout avoir ? Peu importe, car le cycle est sans fin. Du moins c’est ce qu’il croit !
Est-ce réellement une opportunité que de revivre sa vie ?
Que ferions-nous à la place de nos héros ?
Qui ne rêverait pas de tout recommencer pour éviter ses erreurs ?

L’idée de départ est tout simplement géniale.
Un retour dans le temps, sans machine, ni technologie !

Dans un style très fluide et agréable à lire, l’auteur nous livre des tranches de vie au ton doux amer. Une écriture limpide et poétique nous transporte dans l’histoire. L’auteur décrit avec finesse l’ambiance américaine du début des années 60 jusqu’en 1988.
À chaque fois que le récit menaçait de se répéter et tourner en rond, l’auteur a eu l’intelligence de le relancer dans de nouvelles directions. Ces nouveaux développements à chaque fois sont amenés de façon pertinente et subtile, s’intégrant naturellement au récit, lui apportant même de nouveaux enjeux et de nouvelles perspectives.

J’ai été transporté par ce roman, qui a obtenu le prix World Fantasy en 1988.
C’est indéniablement de la science-fiction mais pas du tout dans le sens habituel. Pas de vaisseaux spatiaux, pas de technologie avancée, pas de futur non plus !
Je me suis pris au jeu et j’ai suivi avec grand intérêt le développement des protagonistes, leurs évolutions, leurs doutes et leurs espoirs déçus ou pas. J’ai partagé avec Jeff ses craintes, ses redécouvertes et ses nouveaux objectifs… surtout ne pas répéter les mêmes erreurs et améliorer cette vie par rapport à sa précédente existence.

Mais la grande réussite de ce roman réside dans le fait que l’auteur a choisi de nous conter une formidable histoire d’amour avec énormément de suspense, où l’émotion tient la place centrale. Grimwood, vise le cœur, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas manqué sa cible !

“Replay” offre aussi des passages qui m’ont beaucoup ému, des instants fugaces mais si intenses où les regards des personnages se croisent et se reconnaissent. Des passages poignants, bouleversants pour quiconque a, un jour, aimé.

Magnifique !

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Extrait :

La lumière changeante jouait étrangement sur la prairie inondée de pluie, les milliards de gouttelettes qui perlaient sur l’herbe coupée depuis peu scintillaient comme des joyaux venus d’un autre monde, sur un champ de feu vert. Jeff demeura silencieux derrière Paméla, ses bras entourant sa taille. Elle appuya ses cheveux contre sa joue. Juste avant que la lumière disparaisse, il lui murmura quelques mots à l’oreille, un vers de Blake :
— « Voir un monde dans un grain de sable et un paradis dans une fleur sauvage. »
Elle lui prit les mains et termina la citation à mi-voix :
— « Tenir l’infini dans la paume de sa main et l’éternité en une heure. »

 

Ken Grimwood est né en 1947 et est mort en 2003. Il a partagé sa vie entre le radio-journalisme, la psychologie et la littérature. Pour Replay, il a obtenu le World Fantasy Award en 1988.

Émotion, Humour, Philosophique, Romance

Nos silences ne sont pas des chansons d’amour

de Tom Noti
Broché – 9 novembre 2020
Éditeur : Éditions la Trace

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Si vous n’aviez qu’un ami,
mais qu’il était fan de karaoké…
Si vous n’aviez qu’un frère,
mais qu’il était parti vivre sa passion loin de vous…
Si vous n’aviez qu’une passion,
mais que la vie l’avait mise en sourdine…
Et si vous receviez des textos de votre mère,
mais qu’elle était pourtant morte depuis des années…

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Déjà bientôt un an, que j’ai découvert Tom Noti avec un roman qui m’a mis du baume au cœur, “Elles m’attendaient”…
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/12/elles-mattendaient/

 

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Nos silences ne sont pas des chansons d’amour…

Après une superbe préface de David Zaoui qui donne le ton, Tom Noti avec ses mots simples et fragiles m’a emporté dans son histoire.

Et pas n’importe quelle histoire…

C’est l’histoire d’un rétroviseur de tramway qui rencontre la pommette gauche d’Aldino il y a quelque temps, créant ainsi une cicatrice blanche, tandis que son nez saigne constamment,

C’est l’histoire d’Émilie qui rentre un soir du travail et voit le linge sale entassé sur le sol de la salle de bain,

C’est l’histoire d’un grand frère qui ramène depuis sa plus tendre enfance, des médailles qui scintillent, des fanions, des statuettes et coupes diverses… Primo, parti en Angleterre est un “très grand” footballeurs,

C’est l’histoire d’une famille italienne, où tous les membres ne vivent pas sur la même longueur d’ondes. D’une maman et d’un papa partis trop tôt… ou peut-être pas !

L’histoire d’une maman qui continue a envoyer des messages à son fils, l’histoire de Ludo furieux car Aldino embrasse Gabrielle, l’histoire aussi d’un premier appartement qui fait rentrer le soleil et la nature entre ses murs, d’une vieille coccinelle orange qui craque un peu et tombe trop souvent en panne, mais qui reste fidèle, d’une chanteuse lyrique, puis de deux chanteuses lyriques, de l’Épiphone de Noel Gallagher et des premiers albums d’INXS… (Tom, j’ai toujours les miens !)

C’est l’histoire de la vie…
Mais pas n’importe quelle vie !

La vie d’Aldino rebondit sur chaque idée, chaque mot durant les 244 pages du roman.

Sans oublier, le bonus-track en dernières pages…
Sans oublier, Charles Aznavour, Étienne Daho, Jean-Jacques Goldman, Julien Clerc, Michèle Torr… et tous les autres.

Bravo Tom, et merci pour ce roman qui est venu à moi, qui s’est inscrit comme une parenthèse dans mon quotidien. Qui m’a fait rire et sourire bien sûr (j’arrivais même parfois à entrevoir ton sourire et tes yeux malicieux à certains passages), mais l’histoire m’a aussi fait réfléchir sur certaines choses que je n’imaginais même pas !
Que d’émotions…

Le passé est passé, le futur est encore loin…
Je dois maintenant me fixer sur le jour, l’heure, le moment que je vis…
Lutter contre les silences anesthésiants qui pourrissent mon existence, faire disparaître mes bosses et mes cicatrices.

Merci Aldino

Coup de cœur !!!

PS. Une fois lu, n’hésitez pas à partager ce livre autour de vous, à vos proches, à vos amis… Ils vous en seront toujours reconnaissants.

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Extraits :

« Soudain, la voix de ma mère. Parce que crier, ça, elle savait bien le faire, ma mère ! Quand elle se taisait, ma mère, ce n’était pas bon signe… Par exemple lorsqu’à la fin d’un match, elle voyait une fille ou deux rôder autour de Primo, mon frère, à la sortie des vestiaires du stade municipal, et bien là, elle se taisait drôlement fort. Ce n’était même pas se taire. C’était se renfrogner, se fermer, se cadenasser, se bétonner. Et il était compact, le béton des armées de ses sentiments à elle, la mamma italienne. »

…/…

« Elle est ressortie de la chambre vêtue d’un vieux jeans et tee-shirt informe. Elle a pris la bouteille d’eau dans le frigo trop vide (toujours pas de remarque) et elle s’est installée sur le canapé. De tout son long. Les pieds sur l’accoudoir, du côté de la fenêtre. Pas une miette de place pour moi. Mes miettes étaient sur la table basse. Ça sentait mauvais cette bagarre qui couvait. Affrontements retardés. Je préférais les colères impulsives aux stratégies militaires, au tactique de combats. J’ai pensé à Ikea. J’ai pensé qu’elle avait eu raison, la dernière fois qu’on y était allé, qu’on aurait du acheter ce fauteuil en promo. Je rechignais toujours à sillonner les allées d’Ikea et encore plus à acheter des meubles, de manière générale. Il n’était pas si mal, ce fauteuil ! J’aurais su où me poser à présent. Parce que là, grand con debout, les bras ballants dans l’attente d’une salve de reproches, je perdais d’emblée le combat sur la dignité. »

 

 

Tom Noti, il vit au creux de montagnes majestueuses qui sont son oxygène. Ses histoires racontent les gens qui avancent, vaille que vaille, avec leurs sentiments en bandoulière et les casseroles qu’ils trimballent. Il est l’auteur de plusieurs romans dont “les naufragés de la salle d’attente” et “Elles m’attendaient”.

Noir, Polar, Thriller

Némésis

de Xavier Massé
Broché – 5 novembre 2020
Éditeur : Taurnada Editions

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« David… ? C’est moi, c’est Vincent ! Il faut que tu viennes ! Il faut que tu me rejoignes dans notre village d’enfance… il s’est passé quelque chose… c’est horrible, je n’ai jamais vu ça !… » Une disparition anormale, un meurtre sans précédent, un village divisé entre croyances et superstitions, une atmosphère étouffante… David et Vincent, deux gosses d’Assieu devenus flics, vont s’immerger dans cette enquête, et sans le savoir vont descendre aux portes de l’enfer…

 

2020_079_Massé Xavier - Némésis

 

Bonjour à toutes et à tous,

Tout d’abord, j’espère que tous mes amis libraires et mes amis auteurs vont vite trouver une solution avec ce qui ce passe…

La lecture a toujours eut une place très importante pour moi. Elle est même devenue vitale avec le temps… Elle me permet de vivre, de ressentir, de rire aussi, de pleurer parfois…
Mais, c’est la première fois que je ressentais de la colère !

Xavier, je t’ai haï dès la fin du prologue…
Comment avais-tu osé infliger autant de violence dans ton récit ?
J’ai eu beaucoup de mal à me fixer dans ma lecture et j’ai eu peur de ne pas pouvoir aller jusqu’au bout…

J’ai découvert Xavier Massé avec le très bon “Répercussions”, qui m’avait emporté, puis “l’inconnue de l’équation”. Avec “Némésis”, j’ai d’abord été heurté, puis finalement soufflé !

L’histoire est très rythmée, très intense avec des chapitres qui sont courts, aucun temps mort… Mais les première phrases m’ont vidé. J’ai eu peur d’avoir entre les mains un énième roman à la violence gratuite jusqu’au bout du récit.
J’ai donc tout d’abord stoppé ma lecture.
J’étais bien embêté !

Je ne reconnaissais pas l’esprit “Taurnada”
J’ai donc repris “l’inconnue de l’équation”, afin de me ré-imprégner de l’écriture de Xavier. Ce n’était pas possible. Xavier ne pouvait pas écrire un roman “gore” juste pour créer un malaise auprès des lecteurs…

J’ai donc repris “Némésis”, et je l’ai lu ce coup-ci d’une seule traite !

Vous l’aurez compris Xavier a frappé fort, très fort dans ce roman et ce, dès les premières lignes. Force est d’avouer que ma seconde lecture m’a complètement emportée.
Parfois la fin justifie les moyens !
Il m’est très difficile de parler de ce roman et de mon ressenti sans trahir l’excellent travail de l’auteur.
Que pourrais-je dire d’autre que : Lisez-le !
L’histoire regroupe ce qui ce fait de mieux à ce jour…
Morts violentes, tueur enragé, suspense à se ronger les ongles, une ambiance mystique un peu fantastique et surtout un “twist” final incroyable.

Ma première lecture à chaud a failli être fatale dès le premier chapitre. Cela confirme pour moi, qu’une lecture doit se faire sans à priori, et surtout qu’il vaut mieux finir un roman avant de pouvoir le juger.

Némesis, sera pour moi, la “grande claque” de cette fin d’année je pense.

Merci Joël pour cette “pépite” littéraire, que j’ai déjà commencé à conseiller autour de moi. Les Éditions Taurnada ont, en quelques romans et avec de jeunes auteurs, complètement renouveler “Les thrillers” et “Les polars” français…
Et enfin, merci Xavier, de m’avoir poussé à sortir de mes retranchements !

Gros coup de cœur, je vous recommande vivement Némésis.

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Extrait :

« La pluie tombait de nouveau, et nous étions trempés malgré nos parkas. L’eau dégoulinait sur mon corps. Les bras ballants, je sentais les gouttes glisser doucement le long de mes doigts jusqu’à former une petite flaque au sol.
Nous ne nous étions pas encore approchés. Nous laissions faire les équipes de la scientifique. De loin, nous regardions la scène comme des idiots, abasourdis. De la terreur… c’est tout ce qui m’habitait à cet instant. De ce que l’on nous avait relaté, nous allions devoir faire face à tout ce que l’humain pouvait faire d’inhumain. Car il n’y avait pas de mot pour décrire un tel meurtre. Et aucun de suffisamment violent pour exprimer ce que je ressentais. »

 

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 « Répercussions », qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec « L’Inconnue de l’équation », un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

Polar, Thriller psychologique

Robe de marié

de Pierre Lemaitre
Poche – 20 janvier 2010
Éditeur : Le Livre de Poche

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Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

Avec Robe de marié, dont on comprendra le titre dans les dernières pages, Pierre Lemaitre livre un polar parfaitement orchestré où le mal n’épargne personne. Allan Kaval, Marianne.

Une fable cruelle et amorale sur le harcèlement et la vengeance. Philippe Lemaire.

 

2020_078_Lemaitre Pierre - Robe de marié

 

Bonjour à toutes et à tous,

Un thriller psychologique parfaitement mené par l’auteur.

La première chose qui m’a surpris, c’est le titre “Robe de marié” sans e.
Il vous faudra attendre la toute fin du récit pour comprendre le pourquoi !

Nul n’est à l’abri de la folie.
Sophie a tout pour être heureusement, elle mène une existence paisible, gagne bien sa vie, son mari Vincent travaille dans une société de pétrochimie. Ils vivent à Paris dans un très bel appartement.
Pourquoi commence-t-elle à sombrer lentement dans la démence ?
Quel est le déclencheur qui la mène doucement dans la folie ?
Elle perd ses clés, ne trouve plus sa voiture, ne retrouve plus les objets de son quotidien dans son appartement. Mille petits signes inquiétants s’accumulent ainsi, et elle finit par perdre son travail…
Puis tout s’accélère, sa belle-mère décède, Vincent a un accident de voiture, il se suicide un mois plus tard…
Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres, dont curieusement, elle n’a aucun souvenir.
Sophie est devenue en quelques jours la femme la plus recherchée de France !
Elle va organiser sa fuite, va changer de nom, de vie, mais son passé douloureux va finir par la rattraper…

Quel roman… Du grand Pierre Lemaitre !!!

Le premier quart du roman est une transcription cauchemardesque du vécu de Sophie. Chaque petit détail compte, tout est archi important… Je n’ai pu m’empêcher de le relire une seconde fois dans la foulée pour comprendre à quel moment je m’étais fait abusé.

C’est excellent, superbe. Et même si tout n’est pas crédible, le roman est tellement bien ficelé que l’on plonge implacablement avec Sophie dans la folie.

Pourquoi accumule-t-elle les meurtres derrière elle ?
Qui est-elle vraiment ?

C’est diabolique…

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Extrait :

« J’ai peur. Tous les morts remontent. La nuit. Je peux les compter, un à un. La nuit, je les vois assis à une table, côte à côte. La nuit. En bout de table, Léo, avec son lacet autour du cou.
Il me regarde avec un air de reproche. Il demande : “Tu es folle, Sophie ? Pourquoi m’as-tu étranglé ? Tu es folle, c’est vrai ?” et son regard m’interroge et me transperce. Je connais son air dubitatif, il penche la tête un peu sur la droite avec l’air de réfléchir. “Oui, mais ce n’est pas nouveau, elle a toujours été folle”, dit la mère de Vincent.
Elle se veut rassurante. Je retrouve son air mauvais, ce regard de hyène, sa voix pointue.
“Avant de commencer à tuer tout le monde, à détruire tout ce qu’il y a autour d’elle, elle était déjà folle, je l’avais dit à Vincent, cette fille est folle…”
Pour dire ça, elle prend son air pénétré, elle ferme les yeux longuement en parlant, on se demande si elle va les rouvrir ou non quand elle parle, elle passe la moitié du temps les paupières fermées à regarder au dedans d’elle-même.
“Tu me hais, Sophie, tu m’as toujours haïe, mais maintenant que tu m’as tuée…”
Vincent ne dit rien. Il secoue sa tête décharnée comme s’il demandait pitié. Et tous me regardent fixement. Ils ne parlent plus.
Je me réveille en sursaut. Quand c’est comme ça, je ne veux plus me rendormir. Je vais à la fenêtre et je reste des heures à pleurer et à fumer des cigarettes.
J’ai même tué mon bébé. »

 

 

Né à Paris, Pierre Lemaitre a enseigné aux adultes pendant de nombreuses années, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Auteur de romans policiers et de romans noirs, Pierre Lemaitre est reconnu comme un des meilleurs écrivains du genre et récompensé par de très nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Au revoir là-haut a reçu le prix Goncourt 2013 et a été adapté au cinéma par Albert Dupontel. Ses romans sont traduits en trente langues et plusieurs sont en cours d’adaptation au cinéma et au théâtre.

Émotion, Roman

La part des anges

de Laurent Bénégui
Broché – 7 septembre 2017
Éditeur : Julliard

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À la mort de Muriel, sa mère, Maxime se rend au Pays basque pour les funérailles. Il assiste à la crémation en état de choc et, quand on lui donne les cendres, ne sait pas quoi en faire. Il dépose donc l’urne dans le panier à commissions de sa mère pour emmener celle-ci une dernière fois faire ses courses au marché. Une initiative en forme d’hommage épicurien qui devient embarrassante lorsque, entre les étals de fruits et de poissons, apparaît Maylis, la jolie infirmière qui s’est occupée de Muriel jusqu’à son dernier souffle… Comment lui avouer que celle-ci est au fond du cabas ?
Écrire sur le deuil avec humour et légèreté, sans pour autant négliger la profondeur des émotions, c’est le pari réussi de cette comédie qui encense la vie. Avec son esprit facétieux et son art de plonger ses protagonistes dans les situations les plus inextricables, Laurent Bénégui compose un émouvant éloge de la figure maternelle tout en célébrant les plaisirs de l’existence.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

J’ai découvert Laurent Bénégui avec “Le Mari de la harpiste”, un roman tout en finesse, en douceur et sincérité, en même temps drôle et vivifiant.

Avec “La part des anges”, Laurent récidive avec une comédie un peu surréaliste où j’y ai retrouvé encore la douceur et la sincérité.

Comment aborder le deuil de façon drôle et légère ?
C’est le défi que s’est lancé Laurent !

Maxime vient de perdre sa mère, Muriel.
Il décide de l’incinérer mais ne sait que faire des cendres.
On lui a dit : “interdiction de garder les cendres chez vous ou de les disperser bon gré bon vent”.
Maxime est complètement perdu.
Sa mère aimait tant aller au marché !
Alors, ce sera donc juste un tour au marché, bien au frais dans le sac à provisions, sous les carottes, le foie gras et le fromage.
Et nous voilà partis pour une balade dans le marché de Saint-Jean de Luz, où il croisera Maylis, l’infirmière qui s’occupait de sa mère…

Quand Maxime est allé dans le sud de la France pour rejoindre la rejoindre une dernière fois, il ne s’attendait pas à ce que sa vie prenne une nouvelle direction.
Et moi, je m’attendais à un “petit” roman agréable pour me détendre…

“La part des anges” est beaucoup plus que ça !
Malgré le fait que Muriel soit décédée, elle est toujours là… Elle surveille son fils, le conseille, lui fait remarquer que Maylis à l’air d’en “pincer” un peu pour lui ! Elle donne son avis sur tout…

Dans ce court récit pas de mélo. Au contraire il y a même des notes très optimistes.
Laurent nous offre une approche du deuil très originale. C’est une ode à la vie, une ode à l’amour mais aussi une émouvante célébration à toutes les mères…

Maxime va doucement se laisser porter par les événements.

Parler d’un sujet aussi douloureux que la mort d’un être cher avec autant d’humour et autant d’amour, ce n’était pas gagné.

Merci Laurent, pour cette belle histoire qui fait du bien !

À lire…

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Extrait :

« Rien ne put empêcher leurs mains de s’agripper, leurs bassins, leurs torses et leurs bouches de se rencontrer. Leurs premiers baisers s’échangèrent au milieu du souffle haletant des désirs exaltés. Qui avait pris l’initiative ? Plus tard ils se poseraient sans doute la question, mais la seule réponse valable serait qu’ils étaient arrivés, ensemble, à la fin du même trajet. »

 

Romancier, mais aussi scénariste et réalisateur, Laurent Bénégui poursuit de livre en livre sa conquête des lecteurs, de plus en plus nombreux à apprécier la fécondité de son imagination et la vivacité de son écriture. Chez Julliard, il est l’auteur de douze romans, dont : La Paresse de Dieu (1998), Grand prix de la littérature policière, Je ne veux pas être là (2006), Le jour où j’ai voté pour Chirac (2007), Le Tournevis infiniment petit (2008), SMS (2009), Mon Pire ennemi est sous mon chapeau (2010), prix Albert Bichot, La Part des anges (2017), prix de l’Académie Rabelais 2018 et Le Mari de la harpiste (2019). Son talent n’a pas échappé aux producteurs de cinéma puisque Au Petit Marguery et SMS ont été adaptés pour le grand écran.

Noir, Polar, Thriller psychologique

L’instinct maternel

Barbara Abel
Poche – 27 février 2013
Éditeur : Le Masque

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Richard et Jeanne Tavier jouent, depuis de nombreuses années, la comédie du bonheur parfait dans le milieu huppé qu’ils fréquentent. Leur agressivité et leur mépris sont renforcés par le fait qu’ils n’ont jamais pu avoir d’enfant. Edwige, la confidente de Jeanne, l’aide de son mieux en lui procurant conseils et tendresse. Un soir, celle-ci débarque chez elle et lui annonce que Richard s’est rompu le cou en tombant dans l’escalier. Edwige n’est pas dupe mais couvre son amie en l’assurant de son silence. À l’ouverture du testament, le notaire annonce à la veuve que Richard lègue sa fortune à une inconnue. Blessée et dépitée, Jeanne transforme son ressentiment en une boule de fiel qui lui fait perdre la raison. Décidée à retrouver la femme qui a hérité à sa place, elle a bien l’intention de la supprimer.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Dès le début de ma lecture, j’ai été un peu surpris de ne pas retrouver la “patte” de Barbara Abel. J’ai bien retrouvé certains thèmes qu’elle affectionne, pas son style. Mais, j’ai continué ma lecture, qui en soit reste agréable malgré le sujet traité, et je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Je ne savais jamais ce qui allait se passer à la page suivante !

Âmes sensibles, s’abstenir !

C’est un thriller sanglant qui se déroule quasiment en huis clos, avec un très bon suspense de la première à la dernière ligne. J’ai pensé à “Misery” de Stephen King, mais le roman de Barbara ne se limite pas à ça.

C’est surtout Jeanne, le personnage principal, qui tient le roman, qui m’a fait froid dans le dos. Comment une épouse arrive-t-elle à perdre d’un seul coup tous ses repères et sombre dans la folie, même si parfois je n’ai pu m’empêcher d’avoir un peu d’empathie pour elle. Avec ça, un portrait au vitriol de la bourgeoisie.
Un roman qui m’a marqué par la froideur de Jeanne qui s’enfonce à chaque chapitre un peu plus… Elle DOIT absolument accomplir son rêve !

La pauvre Suzanna elle, va vivre l’enfer, et on se demande bien comment elle va arriver à s’en sortir. Les rapports de force entre les personnages qui permutent régulièrement donne du rythme au récit. C’est l’instinct maternel qui les guide.

Mais jusqu’où ira le récit ?

Meurtres, plans machiavéliques et mutilations…
Oserez-vous le lire jusqu’au bout ?

Je me suis rendu compte en fin de lecture que “L’instinct maternel” était son premier roman. Alors, merci Barbara…
Tu m’as permis d’entrevoir une version différente de la femme qui VEUT un enfant.

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Extraits :

« Les deux jeunes femmes se regardèrent, longuement, puisant dans l’effroi de l’autre une sorte de force, celle de n’être pas seule, celle de lire la souffrance s’inscrire dans un regard étranger, comme si le malheur avait soudainement décidé de choisir une autre victime. »

…/…

« C’était fou le nombre de gens qui ressentaient le besoin de la toucher, comme si la proéminence de son ventre permettait une familiarité qu’ils ne se seraient jamais permise auparavant. »

 

 

Barbara Abel vit à Bruxelles où elle se consacre à l’écriture et à ses chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique. L’Instinct maternel a reçu le Prix Cognac 2002, et Un bel âge pour mourir a été sélectionné par le prix du Roman d’Aventures 2003 puis adapté à la télévision en 2008 par Serge Meynard avec Emilie Dequenne et Marie-France Pisier. Ses romans sont traduits en plusieurs langues.

Cercle littéraire

Maffliers – Tom Noti

Château de l’Hermitage, 24 octobre 2020

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Depuis quelques temps, nos rendez-vous à Maffliers sont pas mal bousculés !
Un incendie il y a quelques mois, et maintenant le Coronavirus… Mais, nous arrivons bon an, mal an à nous retrouver quand même autour d’un délicieux repas…
Aujourd’hui, couvre-feu oblige, notre “diner” du Cercle Littéraire de Maffliers a eu lieu à 13h, au Château de l’Hermitage à Ennery !!!

Dessins de Florence Jacodson

L’invité du jour, Tom Noti.
Malgré ce cadre différent pour la seconde fois et le respect des distanciations, nous avons quand même passé un excellent moment de partage… C’est la première fois que je rencontrais Tom, malgré nos divers échanges.
Il est vraiment tel que je me l’imaginais au téléphone, quelqu’un de posé, de doux et à l’écoute des gens.

Mais, j’avais envie de lui faire une surprise !
Dès que j’ai su que Corinne Tartare avait défini le jour et l’heure de notre repas, j’ai contacté David Zaoui, l’un de ses très bon amis, afin qu’il se joigne à nous pour le repas…
Ils n’ont pas pu s’embrasser lorsqu’ils se sont trouvés face à face mais le cœur y était !

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Le roman mis à l’honneur “Elles m’attendaient…” Édition La Trace, est un roman incroyable, fort et poignant…

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En plus de nos échanges habituels, nous avons lu énormément d’extraits de son roman. Chaque phrase sortie du contexte global du livre, a conservé malgré tout une “essence” et une puissance toute particulière… J’ai pu voir à quelques moments, l’émotion à travers le masque de Tom.

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Un roman à lire absolument !

Je vous parlerai très bientôt de son nouveau roman “Nos silences ne sont pas des chansons d’amour”, alors…

À très bientôt !

Merci Tom, merci David, un grand merci bien sûr à Corinne et Jean-Pierre, mais merci aussi à tous les autres pour ces “moments” inoubliables…

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Elles m’attendaient…

de Tom Noti (Auteur)
Broché – 18 février 2019
Editions : Editions la Trace

Deux personnes s’aiment et leur solitudes s’aimantent. Cela ressemble à une histoire d’amour simple et lumineuse, mais c’est sans compter sur les ombres que Max cache derrière ses silences…

 

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Bonjour à toutes et à tous…

J’ai adoré ce roman étonnant pour sa façon d’aborder son thème, l’amour !
Mais ici, l’amour est différent. Il est fort, puissant jusqu’à l’abnégation…

Max est un homme. Max est amoureux de Halley. Halley est la femme de sa vie.
Puis arrive Rosie. Petit à petit Max se perd. Max a peur…

Les chapitres se construisent et se répondent intelligemment les uns aux autres avec beaucoup d’émotion. Et c’est ainsi que l’écriture sensible de Tom Noti m’a entraînée avec finesse dans la vie de Halley, Rosie et surtout celle de Max. Trois personnages attachants qui ne vous laisseront pas indifférents.

Merci Tom, j’ai passé un très agréable moment de lecture.

Auteur à suivre…

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Extrait :
« Dans la salle où elle était étendue, on rangeait les dernières traces du champ de bataille qui s’était livré en silence.
Le corps a corps se poursuivait dans un halo de quiétude. Elle m’a souri, de ce sourire las d’après la guerre. Quand les âmes ne sont remplies que des peurs disparues et des honneurs arrachés en lambeaux.
Je n’ai pas osé m’approcher de la chaleur qui émanait de ses joues rosie et de sa poitrine gonflée à laquelle s’agrippait le petit être. J’avais l’air empoté. Elle attendait un père et j’étais un représentant de commerce peu convaincu de ce qu’il proposait.
– C’est ta fille, Max approche.
La petite fille qu’elle m’offrait, que la vie m’offrait, que le futur me désignait comme responsable, moi qui n’étais même pas responsable de moi-même. Cette petite fille offerte que je n’avais pas envisagée. »

 

 

Tom Noti, il vit au creux de montagnes majestueuses qui sont son oxygène. Ses histoires racontent les gens qui avancent, vaille que vaille, avec leurs sentiments en bandoulière et les casseroles qu’ils trimballent. Il est l’auteur de plusieurs romans dont « les naufragés de la salle d’attente ».