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“Récidive” de Sonja Delzongle

Récidive
de Sonja Delzongle (Auteur)
Broché – 8 mars 2018
Éditeur : Folio

New York, printemps 2014. Hanah Baxter, profileuse française qui traque les tueurs en série, est de retour chez elle après un voyage en Californie. Elle a assisté à l’exécution de Jimmy Nash, un meurtrier sadique qu’elle avait aidé à capturer et qui voulait lui faire une dernière confession. Peu à peu, des événements étranges envahissent son quotidien. De mystérieux appels anonymes retentissent à toute heure. Des réminiscences inexplicables hantent ses nuits. Et la terreur s’empare d’elle… Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir. Le compte à rebours est enclenché, la confrontation sera inévitable. Mais la vérité n’est pas toujours celle qu’on imagine…

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Bonjour à toutes et à tous…

J’avais déjà été emporté par Dust, et Quand la neige danse, dans Récidive, Sonja élargit l’univers de Hanah Baxter, par rapport aux deux autres tomes. Ici, les enquêtes prennent moins d’importances au profit d’une profondeur dans les portraits psychologiques des personnages. Le fil rouge du roman tourne autour de la famille de Hanah, son père bien sûr, sa mère, son oncle, mais il y aura aussi bien d’autres surprises. Comme a son habitude, Sonja nous offre une très belle écriture, très différente des polars habituels. Une dose de poésie dans ses descriptions font aussi vivres les lieux. Ici les côtes sauvages de la Bretagne… C’est un univers très visuels. Sonja conçoit ses romans comme des scénarios. Les flash-backs récurants, les différentes histoires qui s’entrecroisent, chaque petit détail compte, ses descriptions sont pointues et méticuleuses. Les actions et les événements s’enchaînent les uns derrière les autres, ne laissant aucun répit aux lecteurs et ce jusqu’au final… J’ai trouvé ce tome plus puissant que les deux premiers. J’ai ressenti une implication de Sonja peut-être “plus personnelle”. J’ai eu l’impression qu’elle y a mis ses tripes. Hannah est malmenée tous le long de ce roman, Physiquement et psychologiquement, et de thriller… j’ai glissé petit à petit vers un univers noir, sans concessions… Bravo Sonja, c’est du grand art !!!

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Extrait :
“Le brouillard s’intensifie, les chutes de neige redoublent. Il est 22h53. Le capitaine a les yeux rivés sur le rocher où se trouve le phare. Ses paupières brûlent. Une fraction de seconde, il croit distinguer une lumière. Enfin ! Mais aussitôt, une nouvelle nappe de brouillard la voile. Puis elle réapparait. Un faisceau lumineux qui passe de rouge au vert. C’est lui, c’est le phare du Grand Jardin ! On est sauvé ! Exulte William Gregory. C’est le moment, la chance d’entrer dans la passe et d’arriver au port. Le capitaine donne ses ordres, la manœuvre délicate est amorcée. Et soudain, le choc, d’une violence inouïe, dans un fracas épouvantable. La coque du navire se déchire sur les arrêtes des récifs sombres émergeant des flots à tribord. Les passagers sont propulsés dans tous les sens comme des pantins. Des têtes heurtent le sol, les tables. Le sang jaillit déjà sur le Hilda. Des étagères se décrochent vont s’écraser les unes sur les autres, des piles d’assiettes valsent, des vitres explosent. Des pleurs, des cris de détresse emplissent l’intérieur du paquebot. On cherche ses proches, on tombe, on tente de se relever, tombe de nouveau pour, parfois, assommé ne plus se relever. Mary serre ses deux enfants contre elle, les battements de son cœur soulèvent sa poitrine. Elle sent les leurs sur son ventre. Elle sait qu’ils vont mourir. Tous les trois, ensemble.”

 

Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

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“Ne la réveillez pas” de Angelina Delcroix

Âmes sensibles, attention c’est du lourd.
Préparez-vous à entrer dans un “jeu”, vicieux et dangereux !

Ne la réveillez pas
de Angélina Delcroix (Auteur)
Broché – 14 juin 2018
Éditeur : Nouvelles plumes

Un thriller psychologique glaçant ! Entrez dans un jeu dont personne ne sort gagnant ! Maxime, jeune étudiant de 25 ans, se rend sur la tombe de sa mère. C’est lui qui, il y a un an, l’a retrouvée, égorgée. Un meurtre horrible, resté irrésolu, dont il ne réussit pas à se remettre. Cauchemars et flash-backs le hantent quotidiennement. Christelle, une amie venue le soutenir, remarque sur le côté de la plaque commémorative une étrange inscription : 00F14 – DEBUT DU JEU. Le même jour, un étudiant est retrouvé mort. Gravé sur sa cheville, un autre code : 02F01. Puis, c’est l’une des policières chargées de l’enquête qui reçoit glissé dans son courrier ce message :  » 02F01 : Le deux cherche les uns à travers l’origine. Affaibli. Disparu. Mort ? Le jeu a commencé, que le meilleur gagne, Joy !  » Qui se cache derrière ce jeu ? Quelles en sont les règles ? Et surtout, qui en réchappera ?

2019_007_angelina delcroix - ne la réveillez pas

Bonjour à toutes et à tous…

Wahou !!!

Quel récit…
J’ai été complètement baladé durant tout le roman.
Très belle écriture. Histoire complètement folle et les dernières pages sont à couper le souffle. Encore une nuit blanche au service de la lecture mais ce roman le méritait bien. Impossible de vous en dire plus sans spolier, mais la psychologie est omniprésente dans cette histoire de meurtres/vengeances aux ramifications plus que savamment dosées…

À chaque fois j’ai cette même surprise lorsque je lis des romans aussi prenant, glaçant même, au final éprouvant, écrit pas des femmes qui dans la vie sont toutes souriantes, lorsque je les croise dans des salons !!!
Devrions-nous nous méfier d’elles ???

En tous cas “Ne la réveillez pas” m’a bousculé, là où il faut !
Je risque de récidiver avec Angélina (… et en plus elle porte un prénom angélique !) assez rapidement…

Âmes sensibles, attention c’est du lourd.
Préparez-vous à entrer dans un “jeu”, vicieux et dangereux !

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Extrait :
« Il était fatigué, usé de ces crises qui duraient depuis deux longues années. Et quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il ne parvenait plus à le rassurer. Ce soir-là, il avait fini par s’endormir en la serrant dans ses bras, silencieusement. Au milieu de la nuit, il ne l’avait pas sentie se défaire doucement de son étreinte, s’extraire du lit et descendre les escaliers. Le bruit, il l’aurait reconnu entre mille. Celui qui venait de l’arracher à son profond sommeil et qui l’empêcherait à tout jamais de dormir. une détonation, une seule… Il était tombé du lit dans sa précipitation et avait dévalé les escaliers en ne touchant qu’une marche sur trois, mais il savait, il connaissait ce silence aussi bien qu’il connaissait le bruit de son arme. Ce silence, c’était celui de la mort, satisfaite de son travail. Isabelle était là, sur le carrelage blanc, allongée sur le coté, les jambes pliées comme un pantin, le visage caressant le solde coté gauche. Ses longs cheveux noirs dispersés en bataille peinaient à camoufler l’horreur de la sortie de la balle. Le sang se répandait à une vitesse impressionnante autour de sa tête. Philippe s’était jeté sur elle, un genou de chaque coté de son corps, il avait soulevé ce qui restait de sa tête pour la serrer contra lui, et il avait hurlé de toutes ses forces, mais les sons étaient restés bloqués dans sa gorge. »

 

Née en 1978, à Luçon. Après une licence de génétique et des études en psychothérapie, Angélina Delcroix est actuellement psycho-praticienne en Vendée. Mariée et mère de deux enfants, elle consacre son temps libre à sa passion, l’écriture.