Polar, Thriller, Noir

Pour le pire

de E.G. Scott (Auteur) (Elizabeth Keenan et Greg Wands)
Broché – 5 février 2020
Éditeur : PYGMALION

Le couple que forment Paul et Rebecca ne reposerait-il que sur des illusions ? Lorsque deux policiers sonnent à leur porte un matin, à la recherche d’une femme disparue, Rebecca est loin de se douter que ce sera l’événement le moins dramatique de sa journée. Car son mari cache quelque chose. Et plus elle creuse, pire semble être l’objectif de celui qui partage sa vie depuis vingt ans. Alors que les mensonges de Paul se multiplient, confiance et fidélité semblent ne plus être que de lointains souvenirs et sa femme sombre dans la paranoïa. Progressivement, le couple se retrouve piégé dans une spirale infernale… au risque de tout détruire.

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Bonjour à toutes et à tous…

J’ai plongé, tête baissée dans cette histoire et je me suis laissé embarqué dans ses nombreuses ramifications, aussi sombres que surprenantes jusqu’au bout.

C’est un roman complexe, tortueux et assez intelligent qu’Elizabeth Keenan et Greg Wands, sous le pseudonyme d’E. G. Scott, ont écris. Ils ont réussi un tour de force. Aiguiser ma curiosité et de me malmener tout le long de la lecture en m’embrouillant habilement jusqu’à la fin.

Le rythme ne faibli jamais et, les deux auteurs sont aussi diaboliques qu’efficaces. Entre le passé, le présent, j’avoue m’être demandé où ils allaient m’emmener.

Il n’aurait pas fallu grand chose de plus pour que ce roman me touche vraiment.
Peut-être un couple un peu moins « hermétique » et des personnages un peu plus développés.
Paul, qui semble avoir constamment besoin de se prouver qu’il peut encore séduire, Rebecca, accro aux médicaments, Sheila qui… euh… ça je ne peux pas le dire sans dévoiler une grosse partie du suspense.
Quoi qu’il en soit, j’ai eut du mal à m’attacher ou à m’identifier aux personnages tant ils sont complètement déjantés.
Par contre, j’ai beaucoup aimé l’intervention des deux policiers, même si, pour eux, il leurs manquaient aussi un “petit” quelque chose…

Par contre le style d’écriture, l’alternance des personnages à chaque chapitre, ont donné un rythme effréné durant toute ma lecture… Et impossible d’essayer de deviner la fin, celle que nous livrent les auteurs, est tout à fait surprenante et cohérente avec le reste du roman !

“Pour le pire” reste une agréable et intéressante découverte.

À lire !

Je remercie Les éditions Pygmalion et Babelio pour l’envoi de ce thriller…

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Extraits :
« Paul était la première personne que je connaissais qui savait à quel point certains moments de la vie peuvent mal tourner, que certains ne s’effacent jamais et qu’ils détruisent des existences, surtout s’ils se produisent dans l’enfance. »

« J’ai soulevé la bâche enroulée pour la sortir de la voiture, mais je l’ai lâchée aussitôt sur le sol : mes bras étaient si fatigués que j’ai fini par devoir déplacer le rouleau de plastique à coups de pied jusque dans le trou. J’ai ensuite rebouché l’excavation et j’ai aplati la terre avec le plat de la pelle, puis j’ai rangé les outils à l’arrière de la Jeep et me suis installé au volant. J’ai allumé les phares en mettant le contact, et un flot de lumière s’est répandu sur un terrain apparemment intact. J’ai poussé un grand soupir et j’ai passé la première. »

 

 

Sous le pseudonyme d’E.G. Scott, Elizabeth Keenan et Greg Wands écrivent à deux. Amis depuis plus de vingt ans, «Pour le pire» marque leur première collaboration.

Noir, Polar, Thriller, Thriller psychologique

Le brouillard d’une vie

Le brouillard d’une vie
de Cécile Pellault (Auteure)
Broché – 10 mars 2016
Éditeur : Editions Le Manuscrit

Quand la famille de Lilly décide de s’installer dans la banlieue de Boston, cette famille d’expatriés français pense avoir trouvé le foyer qu’ils n’ont jamais connu. Cette vie rêvée vole en éclat le soir du bal de promo de Lilly. Comment faire son deuil quand ce en quoi on a cru jusqu’alors n’était qu’illusion ? Comment se reconstruire quand la traque continue ? 10 ans après, Lilly se pose toujours ces questions et espère trouver dans la fuite un peu de paix…

 

2019_061_Cécile Pellault - Le brouillard d'une vie

 

Bonjour à toutes et à tous…

C’est le premier roman de Cécile que je lis.

Le Brouillard d’une vie, est un thriller doublé un roman noir, une histoire de manipulation, un road trip à travers les États-Unis. Mais c’est surtout une histoire de famille très prenante.
Le suspense m’a tenu en haleine du début à la fin.

Comment se reconstruire lorsqu’on a vécut un drame familial ?
Tout le roman tourne autour de cette phrase. Lilly se sent coupable du drame qui est arrivé à sa famille.
Elle se met à douter de tout, de son entourage, de sa famille, même d’elle-même…
Elle perd tous ses repères et quand tout s’effondre autour d’elle, elle préfère fuir loin des siens.

J’ai suivi Lilly dans sa douleur, ses doutes, dans sa fuite vers l’impossible.
Jusqu’à la “surprise” finale.
Bravo Cécile, je me suis bien fait avoir.
Avec un style très agréable à lire, la toile de l’énigme est tellement bien ficelée qu’à aucun moment je ne suis parvenu à deviner qui était qui !

Un bon polar psychologique.
Il ne me reste plus qu’à te suivre sur tes autres romans !

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Extrait :
« Malgré ses tentatives désespérées, elle ne réussit pas à reprendre son souffle. Elle essaya d’ouvrir les yeux mais un voile imperméable lui bloquait la vue, elle entrapercevait des ombres et un murmure, peut-être son nom. Une main tentait de l’atteindre, ses longs doigts ressemblaient à ceux de sa mère. Dans l’esprit de Lilly, surgit l’image des mains impeccablement manucurées de sa mère qui préparait le repas dominical et le soleil qui se reflétait sur les tomettes de la cuisine, c’était peut-être cela mourir se laisser aller aux dernières images du bonheur et arrêter de courir. Sam se tenait aux côtés de sa mère, il fronçait les sourcils, il lui parlait, se faisait même menaçant, sa mère hochait la tête à chacun de ses propos mais Lilly ne les entendait pas. Un couteau, du sang, du sang partout, Lilly hurla à se déchirer les poumons. Haletante, elle eut du mal à savoir où elle était. Les chiffres rouges du réveil indiquaient “4 h”. »

 

 

Avec ce drame familial au rythme haletant Cécile Pellault signe son troisième roman après « Serial Belle-Fille » (qui vient de ressortir aux Editions du Loir) et « On ne choisit pas sa famille ». Également auteur de nouvelles et de poésie, elle a vu un de ses textes primés par le Musée du Luxembourg édité dans l’ebook collectif sur le peintre Fragonard.

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“Récidive” de Sonja Delzongle

Récidive
de Sonja Delzongle (Auteur)
Broché – 8 mars 2018
Éditeur : Folio

New York, printemps 2014. Hanah Baxter, profileuse française qui traque les tueurs en série, est de retour chez elle après un voyage en Californie. Elle a assisté à l’exécution de Jimmy Nash, un meurtrier sadique qu’elle avait aidé à capturer et qui voulait lui faire une dernière confession. Peu à peu, des événements étranges envahissent son quotidien. De mystérieux appels anonymes retentissent à toute heure. Des réminiscences inexplicables hantent ses nuits. Et la terreur s’empare d’elle… Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir. Le compte à rebours est enclenché, la confrontation sera inévitable. Mais la vérité n’est pas toujours celle qu’on imagine…

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Bonjour à toutes et à tous…

J’avais déjà été emporté par Dust, et Quand la neige danse, dans Récidive, Sonja élargit l’univers de Hanah Baxter, par rapport aux deux autres tomes. Ici, les enquêtes prennent moins d’importances au profit d’une profondeur dans les portraits psychologiques des personnages. Le fil rouge du roman tourne autour de la famille de Hanah, son père bien sûr, sa mère, son oncle, mais il y aura aussi bien d’autres surprises. Comme a son habitude, Sonja nous offre une très belle écriture, très différente des polars habituels. Une dose de poésie dans ses descriptions font aussi vivres les lieux. Ici les côtes sauvages de la Bretagne… C’est un univers très visuels. Sonja conçoit ses romans comme des scénarios. Les flash-backs récurants, les différentes histoires qui s’entrecroisent, chaque petit détail compte, ses descriptions sont pointues et méticuleuses. Les actions et les événements s’enchaînent les uns derrière les autres, ne laissant aucun répit aux lecteurs et ce jusqu’au final… J’ai trouvé ce tome plus puissant que les deux premiers. J’ai ressenti une implication de Sonja peut-être “plus personnelle”. J’ai eu l’impression qu’elle y a mis ses tripes. Hannah est malmenée tous le long de ce roman, Physiquement et psychologiquement, et de thriller… j’ai glissé petit à petit vers un univers noir, sans concessions… Bravo Sonja, c’est du grand art !!!

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Extrait :
“Le brouillard s’intensifie, les chutes de neige redoublent. Il est 22h53. Le capitaine a les yeux rivés sur le rocher où se trouve le phare. Ses paupières brûlent. Une fraction de seconde, il croit distinguer une lumière. Enfin ! Mais aussitôt, une nouvelle nappe de brouillard la voile. Puis elle réapparait. Un faisceau lumineux qui passe de rouge au vert. C’est lui, c’est le phare du Grand Jardin ! On est sauvé ! Exulte William Gregory. C’est le moment, la chance d’entrer dans la passe et d’arriver au port. Le capitaine donne ses ordres, la manœuvre délicate est amorcée. Et soudain, le choc, d’une violence inouïe, dans un fracas épouvantable. La coque du navire se déchire sur les arrêtes des récifs sombres émergeant des flots à tribord. Les passagers sont propulsés dans tous les sens comme des pantins. Des têtes heurtent le sol, les tables. Le sang jaillit déjà sur le Hilda. Des étagères se décrochent vont s’écraser les unes sur les autres, des piles d’assiettes valsent, des vitres explosent. Des pleurs, des cris de détresse emplissent l’intérieur du paquebot. On cherche ses proches, on tombe, on tente de se relever, tombe de nouveau pour, parfois, assommé ne plus se relever. Mary serre ses deux enfants contre elle, les battements de son cœur soulèvent sa poitrine. Elle sent les leurs sur son ventre. Elle sait qu’ils vont mourir. Tous les trois, ensemble.”

 

Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

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“Ne la réveillez pas” de Angelina Delcroix

Âmes sensibles, attention c’est du lourd.
Préparez-vous à entrer dans un “jeu”, vicieux et dangereux !

Ne la réveillez pas
de Angélina Delcroix (Auteur)
Broché – 14 juin 2018
Éditeur : Nouvelles plumes

Un thriller psychologique glaçant ! Entrez dans un jeu dont personne ne sort gagnant ! Maxime, jeune étudiant de 25 ans, se rend sur la tombe de sa mère. C’est lui qui, il y a un an, l’a retrouvée, égorgée. Un meurtre horrible, resté irrésolu, dont il ne réussit pas à se remettre. Cauchemars et flash-backs le hantent quotidiennement. Christelle, une amie venue le soutenir, remarque sur le côté de la plaque commémorative une étrange inscription : 00F14 – DEBUT DU JEU. Le même jour, un étudiant est retrouvé mort. Gravé sur sa cheville, un autre code : 02F01. Puis, c’est l’une des policières chargées de l’enquête qui reçoit glissé dans son courrier ce message :  » 02F01 : Le deux cherche les uns à travers l’origine. Affaibli. Disparu. Mort ? Le jeu a commencé, que le meilleur gagne, Joy !  » Qui se cache derrière ce jeu ? Quelles en sont les règles ? Et surtout, qui en réchappera ?

2019_007_angelina delcroix - ne la réveillez pas

Bonjour à toutes et à tous…

Wahou !!!

Quel récit…
J’ai été complètement baladé durant tout le roman.
Très belle écriture. Histoire complètement folle et les dernières pages sont à couper le souffle. Encore une nuit blanche au service de la lecture mais ce roman le méritait bien. Impossible de vous en dire plus sans spolier, mais la psychologie est omniprésente dans cette histoire de meurtres/vengeances aux ramifications plus que savamment dosées…

À chaque fois j’ai cette même surprise lorsque je lis des romans aussi prenant, glaçant même, au final éprouvant, écrit pas des femmes qui dans la vie sont toutes souriantes, lorsque je les croise dans des salons !!!
Devrions-nous nous méfier d’elles ???

En tous cas “Ne la réveillez pas” m’a bousculé, là où il faut !
Je risque de récidiver avec Angélina (… et en plus elle porte un prénom angélique !) assez rapidement…

Âmes sensibles, attention c’est du lourd.
Préparez-vous à entrer dans un “jeu”, vicieux et dangereux !

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Extrait :
« Il était fatigué, usé de ces crises qui duraient depuis deux longues années. Et quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il ne parvenait plus à le rassurer. Ce soir-là, il avait fini par s’endormir en la serrant dans ses bras, silencieusement. Au milieu de la nuit, il ne l’avait pas sentie se défaire doucement de son étreinte, s’extraire du lit et descendre les escaliers. Le bruit, il l’aurait reconnu entre mille. Celui qui venait de l’arracher à son profond sommeil et qui l’empêcherait à tout jamais de dormir. une détonation, une seule… Il était tombé du lit dans sa précipitation et avait dévalé les escaliers en ne touchant qu’une marche sur trois, mais il savait, il connaissait ce silence aussi bien qu’il connaissait le bruit de son arme. Ce silence, c’était celui de la mort, satisfaite de son travail. Isabelle était là, sur le carrelage blanc, allongée sur le coté, les jambes pliées comme un pantin, le visage caressant le solde coté gauche. Ses longs cheveux noirs dispersés en bataille peinaient à camoufler l’horreur de la sortie de la balle. Le sang se répandait à une vitesse impressionnante autour de sa tête. Philippe s’était jeté sur elle, un genou de chaque coté de son corps, il avait soulevé ce qui restait de sa tête pour la serrer contra lui, et il avait hurlé de toutes ses forces, mais les sons étaient restés bloqués dans sa gorge. »

 

Née en 1978, à Luçon. Après une licence de génétique et des études en psychothérapie, Angélina Delcroix est actuellement psycho-praticienne en Vendée. Mariée et mère de deux enfants, elle consacre son temps libre à sa passion, l’écriture.