Anticipation, Émotion, Drame, Thriller psychologique

Acouphanges

de Lou Valérie Vernet
Broché – 12 août 2021
Éditeur : M PLUS

Bandeau_Intro.jpg

Un homme meurt assassiné, d’un couteau en plein cœur, chez lui. Le seul témoin, Athéna, sa fille, 13 ans, échappe à la police. Innocente ou coupable ? Ingénue ou machiavélique ? Victime au bourreau ? Sensée ou démente ? Fuyant de Roussillon à Paris un éprouvant et noir passé, l’héroïne sème les enquêteurs et brouille les repères.
L’ambivalence de ce thriller psychologique qui prend, tantôt le point de vue des enquêteurs en chasse, et tantôt celui d’Athéna enfuit, tient le lecteur sous emprise jusqu’au dénouement.

 

2021_062_Vernet Lou Valérie - Acouphanges

 

Tout d’abord, je tenais à remercier mon amie Blandine Carron pour toutes les belles lectures qu’elle me fait découvrir…
Blandine, je t’envoie de gros bisous !!!

Une atmosphère étrange et sombre s’installe dès le début de ma lecture.

Quelle fut ma surprise, de me rendre compte que “Acouphanges” était la suite de “Surtout le pire” que j’avais déjà bien aimé. On retrouve du coup certains personnages en commun, mais ici le rythme de lecture et l’ambiance sont complètement différents.

Anne Manon Nathalie qui a décidé de se faire appeler Athéna, vient de fêter ses 13 ans. Elle est recroquevillée près du cadavre de son père. Il a un couteau planté dans le cœur. Que s’est-il passé ?
Elle seule a l’air de le savoir, mais elle refuse de parler à quiconque. Elle s’enfuit, emportant avec elle un cahier qui pourrait tout aussi bien la disculper que l’incriminer. Commence alors une longue traque à travers le pays qui va la mener jusqu’à Paris…

Comment vous donner envie de lire ce roman qui sort vraiment des entiers battus ?
Vous dire qu’il est étrange ?
Que vous ne devinerez jamais la chute ?
Qu’il en est parfois presque dérangeant ?

Avant tout c’est un roman inclassable, qui va évoluer au fur et à mesure de ma lecture.
Ce thriller glauque est plein de poésie aussi, on frise le fantastique, le mystique aussi, quand ce n’est pas carrément fantasmagorique. L’écriture est superbe, on se trouve constamment dans l’esprit d’Athéna. On subit la violence psychologique qu’elle vit dans son quotidien. Athéna donne l’impression d’être une fille perdue dans le monde qui l’entoure. C’est l’impression qu’elle veut donner, car elle sait…
Malgré ses attitudes bizarres, elle a été formée pour le combat, pour tout anticiper, pour la survie, car elle attend…
Papa Raph et PJ se sont occupés d’elle, l’ont formée en alternance depuis sont plus jeune âge. Ils n’acceptent pas la faiblesse. Elle se doit dès lors d’être la meilleure. Meilleur que les 2D et 3D, esclaves de la matrice, qu’elle croise au quotidien, car elle espère devenir une 5D… et pourquoi pas une 6D !

Une étrange traque que vous allez aimer adorer ou bien détester…
Ici pas de juste milieu. L’hésitation est pour les faibles, pour les lâches.

Désormais la Matrice vous attend.

Oserez-vous, vous confrontez à elle, en accompagnant Athéna dans sa quête impossible ?
Dans ces cas là, et uniquement dans ce cas, soyez les bienvenus !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La Terre est un lieu d’enseignement. Chaque jour que tu vis, tu apprends, tu grandis, tu t’améliores. Sinon c’est que tu renonces, que tu deviens lâche. Et la lâcheté, c’est l’apanage des faibles. N’oublie jamais ça. Fait honneur à ta mère. Toujours. »
…/…
« C’est une scène de crime comme on n’en voit plus. Et même jamais. Surtout ici, à Roussillon, dans cette enclave paradisiaque, fief du plus grand gisement ocrier de France. L’odeur vous saute à la gorge en même tant que l’image foudroie le regard. Toutes les synapses en sont immédiatement anarchisées et. L’information s’arrête net, incapable d’agencer de façon cohérente la pagaille qui agite les neurotransmetteurs.
Pour les témoins, liquéfiés sur le seuil de la pièce, il y a un mouvement de recul, une subite envie de faire demi-tour, une bile acide ravalée de justesse. On peut être gendarmes et ne pas savoir faire face pour autant. L’uniforme a des limites qui s’arrêtent à l’homme qui le porte. Il faut un temps pour voir, un autre pour encaisser et un dernier pour oser affronter ce qui peine à émerger d’un probable scénario de film d’horreur. »

 

 

Auteure, voyageuse, photographe, Lou Valérie Vernet est une autodidacte. Passionnée, libre, têtue et un peu barrée. Sa devise “Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant !” Quand on lui demande ce qui est essentiel pour elle, elle répond, sas coup férir : son âme : Aimer, Marcher, Écrire. Née à Paris, elle en fait souvent le personnage principal de ses romans. Elle vit actuellement dans le 95.

Émotion, Humour, Suspense

Les Couleurs de la vie

de Lorraine Fouchet
Poche – 4 avril 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

Bandeau_Intro.jpg

Fraîchement débarquée de son île bretonne à Antibes pour devenir la dame de compagnie de Gilonne, Kim est frappée par la complicité qui unit cette ancienne actrice à son fils unique. Aussi, quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle apprend que celui-ci aurait disparu des années plus tôt… Gilonne est-elle victime d’un imposteur ? Guidée par son désir de protéger celle qui pourrait être sa grand-mère, Kim va tenter de percer le secret de cette mystérieuse famille.
Des vagues de tendresse, un parfum de Bretagne, une pincée de suspense et de l’humour à foison… : Lorraine Fouchet déploie ici toute la magie de son écriture.

Un véritable hymne à la vie, bourré de charme et résolument optimiste.
Valérie Gans, Madame Figaro.

Un roman choral parfaitement mené et attachant.
Anne Michelet, Version Femina.

Un trio stimulant.
Philippe Vallet, « Le Livre du jour », France Info.

 

2021_054_Fouchet Lorraine - Les couleurs de la vie

 

Lorraine Fourchet fait partie de ces auteures qui nous permettent, non seulement de rêver mais aussi de sortir un peu de notre quotidien…
Avec “Les Couleurs de la vie”, elle nous offre un roman délicat sur l’enfance, la vie, l’amour et aussi la mort…
Beaucoup d’émotions se dégagent de ce roman. J’ai retrouvé l’île de Groix, comme dans beaucoup de ses romans, mais Lorraine nous fait aussi voyager dans le midi de la France, là où les cigales chantent avec un accent différent, là où se soleil est toujours au rendez-vous !

“Les Couleurs de la vie”, c’est l’histoire de Kim, une Bretonne qui vit dans l’île de Groix, elle est libraire. Elle vient de perdre sa grand-mère qui l’a élevée après à la mort de ses parents, et cherche à savoir pourquoi elle s’est suicidée. Finalement elle décidera de quitter son île, de quitter son amoureux, et partir pour Antibes…
Elle trouve un travail. Elle va s’occuper d’une vieille dame, Gilonne, qui commence à perdre la mémoire. C’est son fils Côme qui l’a voit une fois par semaine qui va l’embaucher. Mais très vite, Kim apprendra que le fils unique de Gilonne est décédé deux ans plus tôt !
Qui donc l’a engagé pour s’occuper de Gilone ?
Qui est cet homme qui se fait passer pour son fils ?
Kim va mener “Son enquête” afin de découvrir pourquoi est-il entré dans la vie de cette femme.

“Les Couleurs de la vie” est un très beau roman plein d’amour, de tendresse.
Tous les personnages qui gravitent autour de Kim ont une vraie importance, certain sont un peu fous, mais tous brillent à un moment ou un autre.

Lorraine Fouchet est une personne qui aime les gens, les animaux et la vie, et je m’en rends bien compte à travers ses mots. Non contente de nous faire vibrer avec ses personnages, elle donne dans ce récit encore une fois la parole à certains objets. Un réfrigérateur, un miroir, un piano…

Cela a été pour moi un très joli moment de lecture sur le refus de la vieillesse, sur l’amitié, sur l’amour.
La musique aussi a une part très importante dans ce récit. Je me suis composé ma “play-list” musicale et je l’ai écoutée tout le long de ma lecture…

Ce roman demande à s’ouvrir. Il faut le lire avec son cœur.
Merci Lorraine, pour cette histoire agréable, délicate, triste et belle à la fois !

Aimons-nous et profitons de la vie…
Kenavo d’an distro…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le ciel n’a pas le même bleu, les jardins n’ont pas le même parfum, les Méditerranéens pas les mêmes inflexions que les Groisillons. Les cigales chantent, je suis téléportée sur une autre planète. Même les oiseaux ont l’accent du Midi, leur pépiement fleure la lavande. La mer ici est plate, sereine, je n’arrive pas à m’habituer à l’absence de marées. On se baigne à toute heure, les bateaux sont amarrés court, aucun marin d’eau douce ne se retrouve pendu au quai à marée basse. Il est loin, le temps des clichés : coiffe bretonne et sabots chez moi, fichu et tablier provençal ici. Tout le monde s’habille pareil maintenant : jeans et tee-shirts. Le phrasé, l’atmosphère, les pins et les vagues, eux, diffèrent. Intensité versus joie. Cantilène versus cavatine. »
…/…
« Le blanc s’étend sur ma tête, comme lorsque la neige recouvre les champs de coquelicots en hiver Mais je demeure rousse pour la vie. Nous sommes une élite, Kim. La rousseur est lié à un gène sur le chromosome 16. Ramsès II était roux, le roi David et Judas aussi. Nous avons plus d’allergies, plus d’accidents d’anesthésies, plus de coups de soleil, plus d’intensité, plus de hargne, plus de passion. Nous subissons plus de moqueries à l’école, nous nous défendons tôt, nous aimons plus fort, nous vivons plus grand. »

 

 

Lorraine Fouchet a perdu son père à 17 ans, juste après son bac. Elle est devenue médecin urgentiste pour sauver les papas des autres. Elle a travaillé pendant quinze ans au SAMU et à SOS Médecins, avant de se consacrer à l’écriture. Elle est l’auteur de 22 romans, dont Les Couleurs de la vie, Poste restante à Locmaria et Tout ce que tu vas vivre. Entre ciel et Lou, paru chez EHO en 2016, a remporté le prix Bretagne/priz Breizh, le prix Ouest et le prix Système U. Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

Émotion, Noir, Polar, Suspense

Les Ronds dans l’eau

de Hervé Commère
Poche – 13 février 2014
Éditeur : Pocket

Bandeau_Intro.jpg

Un truand paranoïaque en cavale depuis quarante ans.
Un serveur dépressif qui voit son ancien amour se trémousser dans un jeu de téléréalité.
À priori, aucun lien entre ces deux hommes que tout semble opposer et qui ne se connaissent pas. Sauf peut-être une lueur dans le regard d’un vieil homme. Ou l’obsession d’un journaliste à réunir les pièce d’un vieux puzzle.
Sauf peut-être les ronds dans l’eau.
Car certains actes ont des répercutions inattendues, même très longtemps après avoir été commis…

“Un ovni littéraire, tantôt poétique ou violent. Toujours surprenant et parfaitement ciselé.” Ouest France

“Le thriller à la française a trouvé un de ses meilleurs ambassadeurs.” Direct Matin

 

2021_045_Commère Hervé - Des ronds dans l'eauDédicace

 

Impossible de résumer ce roman.
Je ne sais même pas par où commencer, il y a une telle richesse d’idées…
Tellement de personnages importants…

Et si je commençai par la fin ?
Par exemple le neuvième chapitre de l’épilogue ?
Rarement une fin ne m’aura autant bouleversé, et j’avoue avoir ressenti quelques picotements aux yeux avant de sentir une larme couler sur ma joue…

« Les ronds dans l’eau » est un polar et en même temps bien plus que cela !
Ce petit chef d’œuvre, avec deux intrigues qui ne cessent de se mêlées, pleines de suspense, est aussi une belle et triste histoire d’amour.

L’intrigue est bien menée et la construction du roman parfaitement fluide et maitrisée. Chaque chapitre est un rebondissement distillant de nouvelles informations, créant ainsi de nouvelles intrigues.

Fidèle à son thème de prédilection, à savoir l’importance du hasard dans la vie quotidienne, Hervé Commère nous livre un chassé-croisé dont il a le secret.
C’est un récit à deux voix :
Jacques, truand à la retraite. Son forfait le plus mémorable, la participation au vol d’un tableau de Manet quarante ans plus tôt…
Yvan, barman. Il découvre avec horreur à la télévision dans un jeu de télé-réalité son ex-petite amie, prête à tout pour remporter la victoire.
Deux vies différentes.
Deux destins qui n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant…

J’avais découvert et beaucoup apprécié le premier livre d’Hervé, la belle mécanique de précision qu’était “J’attraperai ta mort”, suivi très vite de “Sauf”, tout aussi agréable. Mais avec “Les Ronds dans l’eau”, Hervé a, pour moi, bousculé beaucoup de codes…

Une jolie couverture, des intrigues sinueuses, un peu d’humour, beaucoup d’amour et surtout, une écriture envoûtante, un coup de cœur tout simplement.

Je vous le conseille vivement !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Quand j’étais petit, on ne se demandait jamais si une fille avait de vrais seins ou non. À l’époque, ce qui était nouveau le restait quelques temps, sans risquer d’être dépassé le mois suivant. Être célèbre n’était pas un métier, on pouvait être heureux sans être riche et top model. Les vedettes de mon enfance avaient eu un parcours, de beaux films, de jolies chansons. On n’était pas là pour rien. Aujourd’hui, la télé me montrait des inconnus, des nouveaux chaque semaine, qui déclenchaient l’hystérie d’un simple battement de cils. On ne parlait plus de musique mais de nombre d’exemplaires vendus, on ne parlait plus du septième art mais de millions de recettes. Je n’y comprenais rien. »
…/…
« – C’est proprement rocambolesque, lâcha-t-il.
Proprement rocambolesque. Bouffonnerie. Je me demandai où ce type avait appris à parler. Il devait trouver les bons films « tout à fait jubilatoires ». Après la pipe du samedi soir, il devait flatter sa femme en lui disant qu’elle avait fait preuve d’une « réjouissante audace », je le voyais d’ici. »

J’attraperai ta mort :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/04/jattraperai-ta-mort-de-herve-commere/

Sauf :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/05/sauf-de-herve-commere/

 

 

Hervé Commère est né en 1974 à Rouen et vit aujourd’hui à Paris. Après J’attraperai ta mort (2009), il a publié Les Ronds dans l’eau (Fleuve Noir, 2011 – Prix marseillais du Polar et prix du roman de la ville de Villepreux), Le Deuxième Homme (Fleuve Noir, 2012), Imagine le reste (Fleuve Éditions, 2014 – prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège) –, Ce qu’il nous faut, c’est un mort (Fleuve Éditions, 2016 – Prix Polars Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire) dont les droits ont été optionnés pour une série télévisée, et Départs (Éditions In8, 2017). Son dernier livre, Sauf, paraît en 2018 chez Fleuve Éditions.
Hervé Commère est traduit en Chine et au Japon.

Nouvelles, Suspense, Thriller

Toucher le noir

de Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Mickaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalèse, Danielle Thiéry, Franck Thilliez.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 3 juin 2021
Éditeur : Belfond

Bandeau_Intro.jpg

Ces onze auteurs prestigieux, maîtres incontestés du frisson, nous entraînent dans une exploration sensorielle inédite autour du toucher. Avec eux, vous plongerez dans les plus sombres abysses, effleurerez la grâce et l’enfer d’un même geste, tutoierez l’horreur du bout des doigts…
Dix nouvelles inédites pour autant d’expériences tactiles, éclectiques, terrifiantes et toujours surprenantes.

Oserez-vous frôler le noir d’aussi près ?

 

2021_042_Fauth Yvan - Toucher le noir

 

On n’arrête pas un principe qui gagne !

Après « Écouter le Noir » et « Regardez le Noir », Yvan Fauth a de nouveau réuni des auteurs pour s’engager vers un nouveau “sens”. Le toucher.
Et, je vous avoue que je me demandais bien comment ils allaient s’en sortir, “le toucher” n’étant pas le sens le plus facile à exploiter !

Vous l’aurez vite compris encore une fois, un sans fautes pour moi, même si une ou deux nouvelles sont un peu moins performantes que les autres. J’ai de nouveau pris beaucoup de plaisir à ma lecture et retrouver “mes auteurs” dans leur univers bien particulier. De plus, c’est aussi l’occasion d’en découvrir certains que je ne connaissais pas encore.
Les intrigues sont surprenantes et diverses, les différentes écritures sont puissantes et agréables et les thèmes abordés variés avec beaucoup de surprises…

Certains de ces textes sont vraiment superbes !

Voilà, il va me falloir attendre encore un an de plus pour savoir quel sera le prochain sens que nous proposerons les auteurs…

Partagez sans réserve, il ne fait aucun doute que cette “Collection” est de très bonne qualité !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Voilà longtemps qu’ils n’avaient pas passé une aussi bonne soirée.
C’était l’amie d’une amie qui lui avait parlé de ce restaurant, un endroit vraiment incroyable, tu verras. Le principe était simple, mais surprenant : manger dans le noir absolu. Pas la moindre source de lumière, rien qui puisse vous permettre de vous repérer. Le service ? Assuré du début à la fin par des non-voyants. Histoire de se sensibiliser à leur cause, de se mettre à leur place le temps d’un repas… »
…/…
« La nuit froide et épaisse donne l’impression que les mouvements sont alourdis. Un vent vicieux parcourt les rues : son souffle est vorace et sa morsure est sèche sur chaque parcelle de peau qui n’est pas couverte. Même sous les vêtements, il semble parvenir à atteindre le corps, cherche à s’insinuer jusqu’aux os.
Pourtant, l’esprit du prédateur est chauffé à blanc au point d’ignorer ces maux. Ce ne sont guère plus que de légers désagréments que son énergie bouillonnante dissipe. Ses pulsions et ce besoin monstrueux qui le déchire de l’intérieur sont des moteurs que rien ne semble pouvoir arrêter. »

 

Émotion, Nouvelles, Suspense

Regarder le noir

de Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 11 juin 2020
Éditeur : Belfond

Bandeau_Intro.jpg

Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

 

2021_041_Fault Yvan - Regarder le noir

 

Après le succès de “Écouter le noir” en 2019, Yvan Fauth a de nouveau réuni 12 auteurs talentueux pour jouer avec nos émotions. Après l’ouïe, c’est la vue qui sera disséquée.

Je le répète régulièrement, la nouvelle est un genre à part entière, tout en raffinement…
Alors, si vous aimez les nouvelles, vous adorerez celles-c
Un régal de sensations, beaucoup d’humanité, de la précision dans les dialogues et de la puissance dans les intrigues….

Ce second volet m’a autant séduit que le premier. Chaque auteur interprète à sa manière le thème du regard et de la vision. La lumière, les couleurs, les formes, mais aussi les images spirituelles, les handicaps, les maladies, les médias, l’apparence d’autrui… Les sujets qui sollicitent notre regard sont variés et les 11 nouvelles proposées par Yvan le sont tout autant. Même la lecture finale des remerciements m’a émue…

Merci aux auteurs, sans qui rien n’aurait été possible, mais aussi un grand bravo à Yvan, qui encore une fois, en vrai chef d’orchestre a mis toute l’énergie nécessaire pour réunir et diriger des talents qui n’ont plus rien à prouver.

Et si vous veniez tenter l’expérience ?

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

“Écouter le Noir” – 16 mai 2019
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/13/ecouter-le-noir/

Noir, Polar

Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance

de Nick Gardel
Broché – 4 juin 2021
Éditeur : Independently published

Bandeau_Intro.jpg

D’abord il y a Thibaud, un éducateur spécialisé pour ados en marge, qui s’enfonce de plus en plus dans l’alcool.

Puis il y a Némo Mondragón, le policier flanqué d’un collègue trop bavard, qui enquête sur ces femmes qu’on retrouve massacrées chez elle. Violées, tabassées, elles ont expié leurs fautes dans la douleur et l’humiliation.

Tandis que le premier témoigne, à la première personne, du désespoir de sa chute irrémédiable entre pertes de mémoire et tragédie sociale, le second décortique les vies des victimes pour tenter d’y trouver un point commun.

Une histoire de trahison, de vérités de comptoir, de dérive sociétale et de bons mots éthyliques. Une histoire pour comprendre que l’oubli n’est pas une rédemption.

 

2021_040_Gardel Nick - Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d'avance

 

Qui est Nick Gardel ?
Qui est donc cet auteur qui a choisi résolument de frayer hors des sentiers battus ?

J’ai la chance, comme certains parmi vous peut-être, de l’avoir rencontré à plusieurs occasions et de le connaître un peu, je pense.
Mais peut-on connaître tout à fait un personnage tel que lui ?

Imaginez un “Michel Audiard” avec la gouaille d’un “Albert Simonin”, possédé par la démesure de Frédéric Dard, là, et seulement là, vous commencerez à avoir une petite idée de ce qui se passe dans la tête de Monsieur Gardel…

Je n’en suis pas à son premier roman, et il a le don de me surprendre à chaque fois, alors, je savais d’avance que je ne prenais aucun risque à cette nouvelle lecture.
Mais dans ce roman, il me semble que Nick est venu titiller un je ne sais quoi, qui lui a donné des ailes qui lui ont permis d’aller encore un peu plus haut, un peu plus loin… dans sa “magie” des mots.

Avec “Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance”, Nick a ciselé ses textes, ses dialogues haut de gamme surtout, donnent un rythme incroyable au récit, et la narration alternée est imparable !

L’humour noir est omniprésent dans ce roman, malgré un ton définitivement plus sombre qu’a son habitude.
Mais quel régal pour ceux qui aiment les mots…

Deux meurtres horribles causent des difficultés aux enquêteurs. L’enquête va ainsi avancer petit à petit dans une ambiance oppressante et sinistre qui ne se dévoilera qu’aux toutes dernières pages, que je n’ai pas vu arriver du tout. Tout est huilé à la perfection.

Par respect pour les futurs lecteurs, je préfère ne pas développer plus mon Ressenti…
Mais, lorsque vous aurez lu ce petit bijou, faites comme moi. Ne le rangez pas tout de suite dans votre bibliothèque. Je suis persuadé qu’une relecture fera apparaître des mots et des idées nouvelles qui nous aurons échappé de prime abord…

Je recommande vivement.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

Rattrapé par une quarantaine qui ne va en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.

Émotion, Suspense

On n’efface pas les souvenirs

de Sophie Renouard
Poche – juin 2021
Éditeur : Mon Poche

Bandeau_Intro.jpg

Annabelle a une vie merveilleuse. Un mari qui l’aime, deux petites filles adorables, une famille soudée.
Jusqu’à ce jour de septembre où elle est brutalement arrachée à ses proches, laissée pour morte au milieu de la forêt. Lorsqu’elle reprend conscience, sa mémoire s’est effacée. Plus de traces… Pour remonter le fil de sa vie, Annabelle va devoir affronter la face cachée d’un bonheur qu’elle croyait parfait.

Avec une extrême sensibilité, Sophie Renouard explore les zones d’ombre d’une existence ordinaire. Captivant.

Un roman inoubliable. Sophie Renouard m’a ensorcelée. Tatiana de Rosnay

Un joli premier roman sur la reconstruction de la mémoire et l’affection intergénérationnelle. Pleine vie

Un premier roman haletant, qui interroge les parts d’obscurité nichées dans les plus paisibles existences. Télé 7 jours

 

2021_021_Renouard Sophie - On n'efface pas les souvenirs

 

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai terminé la lecture de ce roman la larme à l’œil…

J’ai été très touché par cette histoire. Ce roman, est le premier roman de Sophie Renouard. Il est très bien écrit, le rythme, le suspense, la subtilité et les personnages sont sympathiques. On se sent bien dans la famille d’Annabelle, son mari, ses enfants, une famille aimante. Récit un peu trop court peut-être, je n’avais vraiment pas envie d’arriver à la fin0, mais j’ai passé un très bon moment.

Nous suivons la vie d’Annabelle, elle va basculer lorsqu’elle se fera kidnapper et laissée pour morte. Il y aurait-il des zones d’ombre dans sa vie ou est-ce juste une mauvaise rencontre ?
Annabelle perd la mémoire… elle va vivre une très lente reconstruction.

C’est là, que nous faisons la connaissance d’Émile et de son chien « Va t’en ». Émile est un sacré personnage. Solitaire, on ne sait pas trop s’il souffre d’Alzheimer ou pas. Il va tenter de la sauver et décide de la recueillir, de la cacher pour la protéger dans sa bergerie. Émile est un sage et sa manière d’exister m’a transmis une certaine sérénité, ce qui est une chose plutôt rare dans un thriller. Il a pour seule famille un neveu, Iban, qui vient lui rendre visite tous les week-ends.

Sophie Renouard réussit à maintenir le suspense jusqu’à la toute fin. La tension monte et elle maîtrise parfaitement l’art du page-turner jusqu’à la toute fin, où elle nous réserve quand même quelques surprises.

Comme vous pouvez le constater, j’ai énormément apprécié ce livre.
Il ne me reste plus qu’a garder un œil sur les futurs romans de Sophie…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« En rentrant du bureau, Gaspard repensait inlassablement à l’inconséquence avec laquelle on exécute les gestes du quotidien. Un baiser sur la joue de la femme que l’on aime, une étreinte rapide sur le perron de la maison, puis on fait démarrer sa voiture sans se retourner. Gestes anodins et misérables, mais essentiels. Que l’on fait sans réfléchir, et qui ne se reproduiraient peut-être jamais. Une rage intense le saisit. Gaspard s’en voulait tellement. Il se sentait responsable. Coupable de n’avoir pas su protéger Annabelle. Fragile, vulnérable, rien ne l’avait préparée à affronter la violence du monde. »
…/…
« – Ça va, petite ?
Qui est-ce ?
– Tu m’entends ?
Qui est ce vieil homme ?
– Ça fait trois jours que tu dors. Je suis drôlement content que tu ouvres enfin les yeux. Je commençais presque à me faire du souci. J’allais donner l’alerte au village. Tu m’entends ?
– Hummm.
– Qu’est-ce que tu as dit ?
– Hummmmoui.
Son visage était paisible, bienveillant, et son beau sourire d’une grande douceur. Sa peau, comme transparente, était creusé par des rides aussi profondes que des cicatrices. Il avait aussi une moustache épaisse de vieux Gaulois, complètement blanche, mais dont l’un des côtés était étrangement roux, des yeux bleu glacier au regard vif, un visage anguleux de caractère et un peu déformé car il se trouvait juste à quelques centimètres du sien.
– Je m’appelle Émile. Je t’ai trouvé dans la forêt dimanche matin. On t’a tiré une balle dans la tête et je t’ai soigné comme j’ai pu. »

 

 

Sophie Renouard est directrice de production et auteure.

Journaliste, elle a été chef de rubrique beauté à « Top Famille Magazine » (1997-2009).

En 2010 elle crée son agence événementielle, spécialisée sur l’offre Venise, « Venise sur-mesure », qui intègre l’agence d’événements et de tourisme d’affaire Exigences, puis s’approche de l’agence Arep (promotion tourisme d’affaire) en 2014.

Sophie Renouard développe sa clientèle au sein d’une équipe de 45 personnes, en tant que directrice de production.

En 2009, elle a publié un essai « 96 bonnes raisons de sauter sur votre homme ce soir ».

« On n’efface pas les souvenirs » (2019) est son premier roman.

Mère de quatre enfants, Sophie Renouard habite Paris.

Émotion, Drame, Noir, Polar

L’affaire Clara Miller

de Olivier Bal
Broché – 12 mars 2020
Éditeur : XO

Bandeau_Intro

Son cadavre est remonté, comme celui d’autres femmes, à la surface de l’eau. Six au total… Là-bas, dans les forêts du New Hampshire, le lieu maudit porte un nom : le lac aux suicidées.
Clara Miller était journaliste. Comme Paul Green, le reporter du Globe qui débarque sur l’affaire. Il avait connu Clara étudiante, et ne croit pas un instant à la thèse du suicide.
Un homme l’intrigue : Mike Stilth, l’immense rock star retranchée à quelques kilomètres de là, à Lost Lakes, dans un manoir transformé en forteresse.
L’artiste y vit entouré d’une poignée de fidèles, dont Joan Harlow, redoutable attachée de presse qui veille sur son intimité et se bat comme une lionne dès que l’empire Stilth est attaqué.
Mais Paul, lui, a tout son temps. Dans sa vieille Ford déglinguée, il tourne inlassablement autour du domaine. Avec cette question : et si, du manoir, la route menait directement au lac ?

Dans un roman choral vertigineux, Olivier Bal déroule le tapis rouge sang de la célébrité. Jusqu’à l’incroyable vérité.

 

2021_007_Bal Olivier - L'affaire Clara Miller.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Après ses deux premiers romans aux frontières du fantastique, « Les limbes » et « Le maître des limbes », j’étais vraiment curieux de lire Olivier Bal dans un tout autre registre…

Je ne suis pas déçu du tout.
Je n’ai pas pu lâcher ce roman que j’ai lu en quelques heures.

L’Affaire Clara Miller est un polar très atypique.
D’abord le choix pris par Olivier dans la structure de son roman. Il se déroule sur deux périodes bien distinctes et importantes “1995 et 2006”. Et avec tout ça, rien de linéaire. Jusqu’au bout du récit, Olivier nous “trimbale” avec ses allers-retours qui rythment le récit…
Son choix aussi, et c’est ce que j’ai préféré… l’écriture de tout son récit à la première personne, en utilisant six personnages clés qui alterneront à chaque chapitre… Six destins qui sont liés.

Mike Stilth est une immense star mondiale. Chanteur et acteur, il vit avec ses deux enfants, Noah et Eva, dans une véritable forteresse. Ses enfants n’ont pas le droit de sortir. Ils vivent 24h sur 24 retranchés dans leur manoir.
Pourquoi Mike les cache-t-il au monde entier ?
Pourquoi et qui sont ses jeunes filles que l’on retrouve mortes dans le lac proche du manoir ?
Meurtres ou suicides ?

Paul Green, journaliste va tout faire pour comprendre se qui se passe dans et autour de la demeure de la Rock star.

Le rythme donné au récit par Olivier est lent et hypnotique… Il distille petit à petit les secrets qui font de ce roman un grand livre…
Sexe, drogues et Rock n’ Roll !
Bienvenus à Lost Lakes

Beaucoup d’émotions ressenties le long de ma lecture.
Merci Olivier pour cet excellent livre.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Quand je tiens compagnie aux livres, je ne m’ennuie jamais. Un jour, Spencer m’a donné un exemplaire corné de Tom Sawyer, et m’a dit qu’ “il n’y a rien de plus triste qu’un livre qu’on oublie. Un bouquin, à chaque fois qu’on le lit, on lui redonne un peu vie”. »
…/…
« L’homme, méthodiquement, retire le silencieux de son pistolet et range son arme dans son holster. Il prend son temps. Il aime ça. Enfin, il s’allume une cigarette et s’éloigne comme si de rien n’était.
Je remarque l’allumette qu’il a laissée choir au sol, qui se consume lentement, à quelques centimètres de ma tête. À petit feu… comme la vie qui m’abandonne.
J’ai de plus en plus de mal à respirer. »

 

 

Olivier Bal a été journaliste pendant une quinzaine d’années. Après avoir travaillé dans différents titres de la presse généraliste et culturelle, et fréquemment voyagé pour ses reportages, il a animé un événement culturel emblématique : les Masterclass à la Cité des sciences et de l’industrie de Paris.
Aujourd’hui, Olivier Bal se consacre pleinement à l’écriture.
Les Limbes, un thriller fantastique, est son premier roman. Best-seller de l’auto-édition, Les Limbes a d’abord conquis des dizaines de milliers de lecteurs avant d’être édité en mars 2018. Le cycle des Limbes s’est achevé en 2019 avec le deuxième opus, Le Maître des Limbes.
En 2020, Olivier Bal sort un nouveau thriller aux éditions XO, L’affaire Clara Miller, qui entraîne le lecteur dans les ombres de la célébrité.
Les Limbes a reçu le Prix Méditerranée Polar 2018 du Premier Roman et Le Maître des Limbes, le prix Géants du Polar 2019.

Pour suivre l’actualité d’Olivier Bal :
– Sur Facebook : http://www.facebook.com/OlivierBalAuteur
– Sur Twitter : @Olivier_Bal
– Sur Instagram : @olivier_bal_auteur

Nouvelles

Mourir, encore… (et plein d’autres choses)

de Nick Gardel
Broché – 21 août 2018
Éditeur : Independently published

Bandeau_Intro

Le temps qui passe, l’écriture, l’amitié et la mort. Voici un quatuor imprévisible. Vingt nouvelles pour en faire le tour. Vingt textes pour en disséquer les recoins. Du polar, du thriller, du fantastique, de la dérision, mais toujours un seul but : raconter. Raconter combien il est difficile de sortir indemne de ce monde tumultueux. Raconter que, parfois, la seule solution est d’en mourir, encore…

 

2021_006_Gardel Nick - Mourir, encore….jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Celles et ceux qui me connaissent un peu savent que j’adore lire… Et je lis de tout !

Mais, temps en temps, je fait un petit “break”, et je lis des nouvelles. Ce format d’écriture souvent plus rythmé oblige les auteurs à aller droit au but, et dans le fond, et dans la forme. Ici, l’erreur ne pardonne pas !

Mon “Ressenti” forcément est différent. Il n’y a pas ici de “ligne de conduite”. L’auteur aborde dans ces 20 histoires courtes des thèmes tellement différents qui me serait impossible d’en développer un pour chaque intrigue…

Nick Gardel maitrise son sujet, et il le fait plutôt très bien.
Chaque nouvelle a son univers bien particulier. Folie, philosophie, violence, amour aussi… Je me suis régalé de passer ainsi d’une vie à l’autre, d’un sujet sombre à un autre plus léger. J’ai été ému, triste, mais j’ai ri aussi, tout seul dans mon fauteuil devant la cheminée avant de grincer des dents sur la nouvelle suivante.

Nick est un vrai écrivain. Un amoureux des mots. Je l’ai, plusieurs fois dans ma lecture, imaginé derrière son bureau se triturant l’esprit. Chaque idée, chaque mot trouve automatiquement sa place. Lorsqu’il écrit, il jongle, il jubile, il vie. Il vous emmènera à chaque fois là où il le voudra, et si vous êtes comme moi, alors, vous en redemanderez toujours plus… Mais, vous n’aurez plus qu’a vous laisser guider dans son monde à travers ses récits.

Encore Nick, Encore…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Moi j’aime les polars. Deux bouquins par semaine, c’est ma moyenne. Et puis, il y a tellement de livres, tellement d’histoires. C’est comme la vie, on n’en voit pas le bout. »
…/…
« Je n’écris que des nouvelles.
L’intensité de l’effet produit sur le lecteur, le fait de ne faire qu’effleurer sans pour autant diminuer les personnages, les richesses que l’on peut puiser à bouleverser un agencement en quelques phrases, tout cela semble fait pour moi. Je veux dire par là que je ressent intensément est profondément une adéquation avec la forme même de ce type de littérature. Je n’écris que des nouvelles, précisai-je. En fait, je ne sais écrire que des nouvelles. Ce qui rejoint la première partie de mon explication, car, malheureusement, les nouvelles sont parfaitement invendables de nos jours. »

 

 

Rattrapé par une quarantaine qui ne va en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.

Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.

Noir, Thriller

Animal

de Sandrine Collette
Broché – 13 octobre 2016
Éditeur : Denoël – Sueurs froides

Bandeau_Intro

Dans l’obscurité de la forêt népalaise, Mara découvre deux enfants ligotés à un arbre. Elle les délivre et fuit avec eux vers la grande ville où ils pourront se cacher. Vingt ans plus tard, au milieu des volcans du Kamtchatka, débarque un groupe de chasseurs. Parmi eux, Lior, une Française. Quand elle chasse, le regard de Lior tourne à l’étrange, son pas devient souple. Elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse. Elle a quelque chose d’animal. Guidés par un vieil homme à la parole rare, Lior et les autres vont sur les traces d’un ours. L’ours va entraîner Lior au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même. Humain, animal, les rôles se brouillent et les idées préconçues tombent dans ce grand roman où la nature tient toute la place.

 

Livre_2021_005_Colette Sandrine - Animal.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous,

Sandrine Collette a, pour moi, un talent incroyable, lorsqu’elle écrit.
Le sujet est maitrisé, les mots choisis, des phrases qui ont un vrai rythme. C’est cette écriture particulière, cette musicalité dans ses phrases qui en font (toujours pour moi !), une auteure parmi les plus originales et intéressantes au niveau de son style. À chacun de ses romans j’ai passé un excellent moment de lecture…

Animal est un roman qui m’a tenu en haleine jusqu’à la dernière ligne, un roman d’ambiance où règne une atmosphère oppressante.

Animal, c’est aussi un petit garçon et une petite fille, Nun et Nin, que Mara, une jeune veuve, va trouver attachés à un arbre… Elle les sauve d’une mort certaine et les élèvera malgré la précarité et la misère. Malheureusement par nécessité et par espoir d’une meilleure vie, Mara décide de se séparer de Nin en l’abandonnant devant l’hôpital de la ville.

Nin grandit, elle deviendra Lior des années plus tard… C’est une chasseuse hors pair…

Dans la seconde partie du récit, Sandrine nous offre une chasse à l’ours dans le Kamtchatka, comme si vous y étiez. L’ours est malin, intelligent, il se joue des Hommes qui cherchent à le tuer…

Puis s’enchaine la dernière partie.
Retour au Népal pour chasser le Tigre…
Qui est le chasseur, qui est la proie ?

Chut ! Je n’en dirai pas plus !

Les personnages sont très bien développés, avec une belle approche psychologique. Les décors, personnages du roman à part entière, sont magnifiques. Une immersion en pleine nature sauvage et féroce.

Dépaysement assuré, exotisme, poursuites et traques, voici une sombre histoire que je vous conseille…
Encore une fois impossible de lâcher le récit avant la fin.

Merci Sandrine

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Les mains moites, il prend le fusil à pleines mains, engage les balles de la façon que Vlad lui a montrée. Le claquement métallique de la culasse le saisit et le rassure, le verrouillage du loquet, l’arme est prête. D’un coup, il comprend le sentiment de puissance des hommes lorsqu’ils tiennent une de ces carabines avec l’intention de s’en servir, la certitude d’être à l’abri, intouchables, increvables. »
…/…
« En vérité, jamais elle n’avait eu aussi peur.
C’était d’ailleurs bien au-delà de la peur, là où il n’y a plus de mots. L’instant où les pensées s’effacent et où le cœur s’arrête. Une sorte de vide absolu, où l’on n’est plus tout à fait vivant et plus tout à fait un homme. Le moment où les gestes ne se font plus alors même qu’on les connaît depuis toujours, où les yeux voient sans qu’il se passe rien, parce que l’âme s’est mise en suspens. Un retrait de soi-même. »

 

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar « Une brume si légère », est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).

« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre« .

Son huitième roman, « Et toujours les forêts« , une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Sandrine Collette partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.