Dystopie, Psychologie, Suspense, Thriller psychologique

Mourir deux fois

de Maxime Girardeau
Broché – 19 mars 2026
Éditeur : Robert Laffont

Il ne se contente pas de tuer.
Il programme une seconde mort.

Paris, juin 2026
14 h 17
Un homme meurt chez lui, asphyxié, son corps martyrisé, une horloge tailladée dans sa chair. Sur son torse, un smartphone s’allume et affiche un sablier accompagné d’un message : “Vous n’avez droit qu’à une question.” À l’intérieur se trouve capturée toute sa mémoire. La bonne question permettra de déverrouiller l’appareil, toute autre proposition provoquera un effacement total des données, une seconde mort. Paul Moreau est la cinquième victime ayant subi cette sordide mise en scène de son agonie, ce piège numérique.
Lorsque Bianca découvre son père, elle décide de s’enfuir avec le téléphone avant que la police n’arrive. Elle doit absolument trouver la bonne question, et préserver ce qu’il reste de la vie de son père. Le compte à rebours a commencé. Dans un Paris au bord de la rupture, les policiers, les scientifiques et la jeune fille vont s’affronter pour résoudre l’énigme posée par ce mystérieux serial killer que la presse a déjà surnommé le “Sablier noir”.

UNE EXPÉRIENCE DE LECTURE VERTIGINEUSE

J’ai découvert Maxime Girardeau en juillet dernier avec Je te mens, un thriller vertigineux qui m’avait littéralement happé.
Alors quand Nicolas Hecht de Babelio m’a proposé de découvrir Mourir deux fois, je n’ai pas hésité une seule seconde.

Et très vite, j’ai replongé.

Dans ce nouveau roman, l’intelligence artificielle est partout. Pas en toile de fond. Non. Elle est au cœur de tout. De chaque chapitre. De chaque réflexion. Et c’est précisément ce qui m’a troublé. Parce que cette IA, elle n’est pas qu’un concept de fiction.
Elle est déjà là, dans nos téléphones, nos ordinateurs… et même dans mon propre métier, puisque depuis quelques mois, elle a pris ma place dans les créations visuelles que je proposais à mes clients. Difficile alors de ne pas me sentir directement concerné.

Mais là où l’auteur frappe fort, c’est dans les questions qu’il soulève. Des questions éthiques, humaines, presque vertigineuses. Très vite, je me suis laissé entraîner dans une intrigue pourtant simple en apparence, mais qui m’a ouvert un véritable abîme intérieur.
Un récit profondément psychologique, qui m’a poussé à réfléchir… à mes souvenirs, à ceux que j’ai perdus, à ceux que j’aimerais retrouver.

Juin 2026, à Paris.
Cinq meurtres. Cinq jours. Un même rituel.
Un tueur insaisissable que l’on surnomme le “Sablier noir”. Les enquêteurs non aucun début de piste. Le compte à rebours est lancé pour les policiers, pour résoudre une mystérieuse énigme !
Et pendant ce temps le monde vacille. Les tensions montent. La colère gronde, les français sont révoltés par la crise économique et par l’incompétence des politiques. Dans cet équilibre fragile, tout semble prêt à basculer.

Dans ce roman choral, structuré autour des étapes de développement de l’IA : acquisition, alignement et évaluation, Maxime propose une idée aussi fascinante qu’effrayante, et si l’on pouvait faire survivre une personne après sa mort… à travers ses souvenirs, ses émotions, ses doutes ?
Avec un simple téléphone comme réceptacle d’une vie entière.

J’ai trouvé ça brillant, haletant, voire envoutant. Dérangeant aussi…

Une intrigue addictive parfaitement orchestrée, avec des thèmes forts et des personnages très atypiques, notamment Bianca et Mathilde, pour ne citer qu’elles, qui apportent une vraie densité au récit, renforçant encore cette tension qui ne m’a jamais quitté.

Comme pour son précédent roman, j’ai été complètement embarqué.
Un thriller intelligent, addictif, et profondément actuel. Et une chose est sûre, je suivrai désormais cet auteur de très près.

Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte.

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Extraits :

« MES PAUPIÈRES SE SOULÈVENT. Ma main droite reste crispée sur le manche du scalpel, mes articulations blanchies par la tension. Dans la pièce haussmannienne, Paul Moreau respire encore. Ses inspirations sifflent à travers le bâillon tandis que ses expirations projettent des gouttes de sang sur le parquet massif.
– Nous devons continuer, dis-je. »

« 14 h 17.
Le sablier se retourne sur l’écran. La voix synthétique résonne encore : « Vous n’avez droit qu’à une question. »
Je m’approche de la tête de Paul et lui ôte son bâillon.
Il ouvre la bouche, mais il est trop tard. Je plonge une seringue dans son cou d’un geste vif et précis. Ses muscles se tendent un instant sous la surprise, puis son corps entier se raidit. Je maintiens l’instrument enfoncé tandis que le pentobarbital se répand et libère son effet. Ses lèvres laissent échapper quelques mots à peine audibles :
— Ma petite étoile… »

« Douleur = 73 %. Terreur = 81 %. Fonction motrice = maintenue.
C’est comme ça que je vis depuis que Maman est partie. Je transforme l’insupportable en données. Je convertis le chaos en probabilités. Sinon, je me noie dans les couleurs de ma propre souffrance. Papa ne le comprenait pas. Il ne comprenait pas mes équations, mes bouées de sauvetage. Maintenant il ne comprendra plus jamais rien. Et moi, je dois protéger ses derniers octets, même si ça doit me détruire pixel par pixel. »

« LES STATIONS DÉFILENT. RÉPUBLIQUE. CHÂTELET. Les voyageurs montent, descendent, m’ignorent. Une adolescente qui pleure dans le métro, ça n’a rien d’extraordinaire. Mes poumons brûlent, ma gorge se serre. Les sanglots viennent par vagues, tsunami de douleur brute qui défie toute catégorisation.
Durée crise : 11 minutes 34 secondes. Déshydratation légère.
Fonction cognitive = restauration 67 %.

Peu à peu, les larmes se tarissent. Le damier mental se rallume, case par case. BitGrid recalibre ses paramètres. Je dois réfléchir. Analyser. Survivre. Le smartphone avec les restes de Papa contient peut-être des réponses. Mais quelle est la question ? Qui pourrait m’aider ? »

« La piqûre dans mon cou est professionnelle. L’aiguille trouve la veine jugulaire du premier coup. Le liquide brûle en entrant. Ma vue se trouble. Les lumières de Paris deviennent des traînées colorées. Ma bouche se tapisse d’un goût métallique. Abou ne saura pas. Personne ne saura. Le message était un piège et j’ai… »

Maxime Girardeau a passé plus de dix ans à travailler dans le marketing pour Microsoft.
Il partage aujourd’hui son temps entre l’écriture et la direction d’un incubateur de startups.
Il est l’auteur de PERSONA (Fayard, 2020) sélectionné pour le Prix des Nouvelles Voix du Polar et d’EGO (Fayard, 2022), finaliste du Prix Landerneau du Polar.
Les livres de Maxime ont été publiés au Japon, en République tchèque et en Russie.

Je te mens (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/07/29/je-te-mens/

Amour, Émotion, Biographie, Cercle littéraire, Histoire vraie, Historique, Magique

Le Désir dans la cage

de Alissa Wenz
Broché – 20 août 2025
Éditeur : Les Avrils

Paris, 1865. Dans l’appartement des Bonis, personne ne touche au piano. Pourtant à sept ans, Mélanie s’y aventure seule, tente, apprend. Bientôt elle entre au Conservatoire, côtoie Debussy, Satie, signe ses premières composition Mel – un prénom d’homme – et rencontre le chanteur Amédée-Louis Hettich. Ensemble, ils créent. Plus que tout, ils s’aiment. Mais les parents de Mélanie préfèrent pour elle un mariage avec un industriel fortuné. Un siècle nouveau recouvre l’ancien ; Mel se débat, court, ment, souffre, s’obstine entre raison et passion. Et jusqu’à son dernier souffle, invente sa musique.

Hier soir, au Cercle littéraire du Château de l’Hermitage nous avons eu le très grand plaisir de recevoir Alissa Wenz.
Une magnifique soirée,
Une femme au regard droit,
Une femme qui ose,
Lumineuse, souriante,
Un soirée inoubliable…

Il y a des romans qui racontent une histoire… et puis ceux qui viennent réveiller quelque chose que j’avais presque oublié…

Le Désir dans la cage n’est pas un livre que j’ai lu tranquillement. C’est d’abord une autrice que j’ai découvert, Alissa Wenz. Une femme passion, qui vibre, qui écrit et qui chante aussi. D’ailleurs je ne peux que vous conseiller de l’écouter. Doucement elle m’a approché avec sa voix où chacune de ses chansons m’a emporté et petit à petit, m’a enfermé tout doucement, alors et seulement à ce moment-là, j’ai pris et ouvert ce livre qui me regardait depuis quelques jours, il m’attendait, moi le lecteur. En quelques pages j’ai compris que la cage, ce n’était pas seulement celle de Mélanie Bonis, j’ai compris que je n’allais pas simplement lire une vie. J’allais ressentir un enfermement. Celui d’une femme à qui l’on a appris à se taire, à se contenir, à ne pas déranger.
Mais à l’intérieur… il y a la musique. Et il y a le désir. Un désir qui ne se laisse pas apprivoiser. Qui déborde. Qui fissure. Qui insiste.

Mel Bonis (1858–1937), compositrice longtemps restée dans l’ombre.
À une époque où la création musicale n’était pas une place accordée aux femmes, Mélanie choisit de masculiniser son prénom pour éviter le rejet. Sa vie oscille entre silences imposés, par la famille, par son rôle d’épouse et de mère et ses élans créateurs d’une grande intensité.
Reconnue de son vivant, elle tombe pourtant rapidement dans l’oubli, laissant derrière elle près de deux cents œuvres, principalement pour piano. Jusqu’à la fin, malgré la fatigue, elle composera encore, portée par une tension constante entre foi et désir. Ce qui m’a marqué profondément, au-delà de la découverte de cette musicienne, c’est une nouvelle fois le portrait d’une époque qui enfermait les femmes dans des rôles étroits.

Impossible d’entrer dans ce roman comme on entre dans une histoire. J’y suis entré comme on entre dans quelque chose de fragile. De brûlant. D’interdit presque. Et c’est là que le roman devient troublant. Parce qu’il ne parle pas seulement de la musicienne. Il parle d’amour, il parle de tout ce que l’on retient, mais aussi de tout ce que l’on étouffe pour rentrer dans les cases. De toutes ces parts de nous que l’on enferme, en espérant qu’elles finiront par se taire. Mais elles ne se taisent jamais vraiment. Elles vibrent autrement. Dans un regard. Dans un geste. Dans une note de musique. Dans ce manque que l’on ne sait pas toujours nommer.
Ce texte m’a touché pour ça. Pour cette tension constante entre ce que l’on montre… et ce que l’on brûle de vivre.

Il n’y a rien de spectaculaire ici. Et pourtant tout est intense. Une écriture qui murmure plus qu’elle ne crie. Mais ce murmure-là, il reste. Il s’accroche. Il insiste comme un feu qui refuse de s’éteindre.
Au point de ressentir une forme de vertige. Comme si le roman me posait une question sans jamais la formuler clairement. Qu’est-ce que tu es en train d’enfermer, toi ?

Et je crois que c’est pour ça que ce livre est important. Parce qu’il ouvre une faille. Une faille dans laquelle on aperçoit, ne serait-ce qu’un instant, la vie que l’on n’a pas encore osé vivre.
Et rien que pour ça… il mérite d’être entre vos mains, ouvert à la première page, et très vite, d’être lu.

Une fresque à la fois délicate et puissante, à l’image de cette femme discrète mais profondément habitée, que j’écoute presque en boucle depuis quelques jours.

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Extraits :

« Clémence est morte. Une main adulte lui a fermé les yeux. La bouche reste étrangement ouverte, comme une promesse qui n’aurait pas eu le temps d’être formulée.
C’est un matin de l’année 1864, à Paris.
Tu as six ans et tu aimais ta sœur, ta sœur Clémence, deux ans à peine, une toute petite fille, presque un bébé. Ta sœur tombée malade, oui, la maladie comme une chute, tant les choses sont allées vite, incompréhensibles, scandaleuses. Dans le lit, la vie qui s’en va, en quelques jours, la vie qui disparaît, qui a déjà disparu. »

« Tu laisses les mains s’amuser, explorer, parcourir l’ivoire, touches noires et blanches, résonances, douceurs. Tu apprends toute seule, tu persévères.
Tu apprends, en dépit de ta mère incommodée par ce tapage, ta mère qui jamais ne t’embrasse, jamais ne te câline, jamais ne te parle tendrement comme parlent tendrement les mères de tes amies. Ta mère qui réprimande souvent et ne félicite jamais, ta mère que tu n’entends jamais rire, ni chanter. Ta mère si dure et si distante, depuis quand ? Depuis toujours, depuis la mort de Clémence? Ta mère qui t’en voudrait, à toi, la grande, toi qui as insolemment survécu ? “On était plus tranquilles sans toi.” »

« Bientôt tu as joué Beethoven, Mozart, Mendelssohn, puis Liszt, Schumann, Chopin, et le piano t’était mieux qu’un ami, un corps. Au rythme des leçons et du travail, tu as eu quatorze ans, quinze ans, seize ans, dix-sept ans, dix-huit ans, une autre gamme, une autre montée. Tu as quitté l’enfance sans y prendre garde. Tu regardais ton piano. »

« Le ventre rond, entre toi et le piano, forme un rempart rassurant ; tu tends les bras pour ne pas l’écraser. Tu veux renouer avec la musique, tu n’as plus peur, et tu te plais à penser que le bébé, peut-être, entend et se balance avec toi – tu te plais à penser que ton piano lui fera du bien, et qu’il est de ton devoir de donner la musique avec la vie. »

« Le concert est terminé. Camille Saint-Saëns quitte la maison avec Jean Gounod et déclare, stupéfait : “Je n’aurais jamais cru qu’une femme soit capable d’écrire cela.”
On te le raconte.
Tu souris, car ta colère a désormais la forme du sourire. Tu es capable. Le monde pense que les femmes ne sont pas capables, mais le monde est un menteur. »

« Madeleine ne sait pas si ce monde l’intéresse.
Madeleine ne sait pas si elle souhaite devenir adulte. Un matin, les yeux de la mère s’ouvrent brièvement vers les oiseaux à la fenêtre. Il fait si beau aujourd’hui, dit-elle à Madeleine avant de les refermer pour toujours. »

Après une formation de piano et de chant en conservatoire, des études de lettres à l’École normale supérieure, ainsi qu’une formation théâtrale, Alissa Wenz choisit de partager sa vie entre la chanson et l’écriture.

Autrice compositrice interprète, elle se produit dans de nombreuses salles à Paris et en région, soutenue par Contrepied Productions.

Elle a étudié à la Fémis, et poursuit des activités de scénariste et enseignante de cinéma.

Elle est également écrivaine.
Ses deux romans, À trop aimer (2020) et L’Homme sans fil (2022), sont publiés aux Éditions Denoël.
L’homme sans fil fait partie des finalistes du Prix Pampelonne-Ramatuelle, ainsi que du Prix Orange du Livre.

Son album Je, tu, elle paraît chez EPM / Universal le 9 septembre 2022.
Romain Didier en signe les arrangements.
Un nouveau spectacle accompagne cet album.

Photographie

Rock is Dead – Amplified

de Carole Épinette
Grand Format – 23 mars 2026

Depuis trente ans, toutes sortes de rock stars plus ou moins brillantes, plus ou moins filantes sont passées devant l’objectif de Carole. Trente ans de contrastes, de noirs, de blancs et d’une infinité de nuances de gris, trente ans à éclairer les gueules, les attitudes, les lumières et les ombres de la meute d’enfants terribles qui font hurler les guitare et saturent les micros. Réussir ce tour de force nécessite une sacrée dose de travail et de talent, mais aussi d’audace, de liberté.
Et les plus prestigieux journaux ne s’y sont pas trompés : Rock & Folk, Libé en France ou Kerrang ! Comme Metal Hammer à l’étranger, tous lui ont confié leurs pages, leurs couv’. Avec ça, Carole aurait pu se réveiller un matin, la tête bien grosse, ivre d’elle-même, les chevilles enflées d’orgueil et de « moi je ».
Mais ce ce ne fut jamais le cas…
Au point même de toujours marcher à pas de louve, de rester si discrète, parfois trop peut-être dans cet univers tapageur de mâles alpha, de metal et de feu, qu’elle ne s’est jamais imposée au devant de la scène. Car il est question ici d’humilité. Parce que si être photographe c’est toujours s’effacer pour l’autre, Carole a offert son talent aux gueules du rock dans un geste sans retour. Alors, comment retourner les projecteurs et capturer le portrait de celle qui en a réalisé tant ?
Comment révéler les lumières de l’enfant espiègle de la photo rock ?
Par cette mini-biographie ?
Non. ce sont avant tout ses propres clichés qui tissent la trame de son portrait, car personne au monde ne photographie comme Carole. Cherchez vous-même qui elle est au fil des pages, car son cœur, sa passion, tout autant que son âme affleurent dans chacune des photos de ce livre.
Alors soyez attentifs, suivez les empreintes discrètes, mais indélébiles, de celle qui marche à pas de louve.

Benoit Deschodt, Auteur

Carole Épinette, ce n’est pas seulement une artiste que j’admire.
Carole Épinette, c’est ma copine.
On se connait depuis bientôt 40 ans ! Et oui déjà…
Alors lorsque qu’elle m’appelé il y a quelques mois pour me proposer de travailler avec elle, afin de gérer ensemble la conception graphique et la mise en page de son nouveau projet photo, Rock is Dead – Amplified, mon cœur a littéralement bondi. 🥹

Mais Ouiiiiiii Carole 😍 !!!

Rock is Dead – Amplified, ce n’est pas un roman, pas une biographie non plus, quoi que…
Rock is Dead – Amplified, c’est autre chose.

128 pages où la photographie prend toute sa place.
Des images fortes, vibrantes, presque vivantes. À chaque page, j’ai eu cette sensation étrange, celle que la photo suivante allait encore dépasser la précédente. Elles sont vivantes, tellement elles sont belles…

Carole, pour moi, c’est bien plus qu’une photographe de rock.
C’est quelqu’un qui capte l’instant… mais surtout ce qu’il y a derrière. Quand je regarde ses clichés, je ne vois pas seulement des artistes. Je les sens vivre. Chanter. Hurler. Rire.
Elle a ce don rare de révéler l’invisible.

Et puis il y a ses mots.
Parce qu’elle ne se contente pas de montrer, elle raconte aussi…
Chaque cliché porte une histoire, un souvenir, un moment vécu.
Et ça change tout.

Je suis passé du rêve au sourire, parfois même au rire.
Je me suis laissé surprendre, page après page au fur et à mesure de mon travaille de mise en page. Je crois que c’est ça, la force de son livre. Elle ne fige pas le rock, elle le rend vivant toujours plus vivant.

Alors oui, si vous aimez le rock, le noir et blanc, et surtout l’authenticité… n’hésitez pas à la suivre, à la contacter, vous verrez tous vos artistes préférés comme vous ne les aviez jamais imaginés…
https://caroleepinette.com

Pour passer votre commande :
https://caroleepinette.com/produit/rock-is-dead-amplified/
Vous devez absolument découvrir cet ouvrage.

Et moi, au milieu de tout ça, je suis simplement heureux.
Heureux d’avoir participé, à ma manière, à quelque chose d’aussi sincère, d’aussi beau.

Merci Carole pour ta confiance.
Et pour être restée celle que j’ai rencontrée un jour, alors que je n’étais qu’un adolescent…

Il y a des projets qui vous touchent… et puis il y a ceux qui vous traversent.

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Extraits :

JERRY ONLY
« Brooklyn, une ruelle… Jerry entre dans son personnage…
Le T.shirt tombe, le regard change, les poings se serrent, le corps se fige dans une posture menaçante…
Ma mère, quand elle voit cette photo dans un magazine, me dit « euh. ils sont gentils avec toi quand même ces gars là ? » Trop mignonne… »

IGGY POP
« Seul les gens qui gardent leur âme d’enfant peuvent réaliser leurs rêves. À le jour l’iguane a sorti plus de trente albums (avec les Stooges inclus) et son âme d’enfant à lui, semble toujours intacte. La mienne aussi je crois… je continue de sauter dans les flaques d’eau. »

CHRISTINA SCABBIA – LACUNA COIL
« “Est-ce que tu peux te mettre à quatre pattes ? » Vous vous doutez bien qu’avant de demander ça à quelqu’un et que, de surcroît, c’est à ne femme que vous vous adressez, il faut qu’elle ait sacrément confiance en vous, surtout lorsque c’est pour illustrer une couverture de magazine. »

KEZIAH JONES
« Tel un felin en approche, il s’est présenté à moi à pattes de velour…
J’ai sent beaucoup d’observation de sa part, et tranquillement, il s’est avancé. Et la séance photo a commencé. Sa force, sa finesse étaient perceptibles dans chacun des mouvements de son corps sous le tissu des habits. »

Carole Épinette Photographies, écrits et ROCK ! Photographe rock depuis plus de vingt ans, elle a saisi sur le vif, dans les coulisses des plus grandes légendes, AC/DC, Sex Pistols, Alain Bashung, Metallica, Arthur H, Motörhead, James Brown, The Cure, Pete Doherty, Louis Bertignac, et bien d’autres encore.

Un jour, le papa de Carole lui offre un Polaroid. « Je me suis bien amusée avec », sourit la Périgourdine d’adoption. Elle a alors 6 ans et vit en région parisienne. La photo ne la lâchera plus, même si elle envisage d’abord de devenir juge pour enfants, avant d’être rebutée par les kilos de textes à ingurgiter.

Une fois la fac de droit lâchée, elle prend un boulot alimentaire tout en s’entraînant à faire de la photo et en se formant dans les bouquins : « Je n’avais pas d’argent pour faire une école. Je testais des choses et je notais les réglages dans un cahier. »

Férue de rock, elle va aux concerts en planquant son matériel photo, scotché sous ses vêtements. Il faut dire que l’on était moins fouillé à l’époque. « Quand j’ai estimé que j’avais assez de bonnes photos, j’ai tapé à la porte d’un magazine spécialisé. »
“Hard’n Heavy” aime son travail et publie ses premiers clichés. Elle a 22 ans. Puis “Best” l’appelle. Et ainsi de suite, de “Rock and folk” aux revues anglo-saxonnes, en passant par “Le Monde” et “Libération”.

Pendant une vingtaine d’années, Carole Épinette vit entre deux avions pour aller photographier les rock stars dans le monde entier, entre concerts et studios.

Rock Fictions
(2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/28/rock-fictions-de-carole-epinette/

Amour, Émotion, Drame, Historique

Oubliés

de José Rodrigues dos Santos
Poche – 16 octobre 2025
Éditions : Pocket

Un jeune capitaine portugais, une histoire d’amour inattendue et la guerre des tranchées : un récit poignant sur le courage, l’espoir et les liens qui unissent les âmes en temps de guerre.

Avril 1917.
Alors qu’un régiment de soldats portugais affronte la mitraille dans les Flandres, le régime, à Lisbonne, change de main. Pour les hommes envoyés au front, pas de relève, pas de permission. Sans la solidarité de ses frères d’armes, Alfonso se serait senti abandonné. Lui, le fils de paysans, l’ancien séminariste qu’on surnomme “le Sérieux” retrouvera cependant la foi dans le regard d’Agnès, jeune baronne française croisée au hasard des déroutes. Ces deux êtres, que tout oppose, se sont reconnus. Mais déjà les Allemands concentrent leurs dernières forces…

“J.R. dos Santos signe un grand roman. Il s’attache à rendre ses personnages vivants, émouvants dans leur humanité.”
France Info

“Un puissant roman.”
L’Avenir

Avec Oubliés, je retrouve avec un immense plaisir l’univers de José Rodrigues dos Santos, un auteur que je considère comme l’un des plus grands dans son domaine. Lorsque j’ai appris que les éditions Pocket publiaient son tout premier roman, écrit en 2004 sous le titre “A filha do capitão” (La fille du capitaine), je n’ai pas hésité une seule seconde.

Une fois encore, il a su m’emporter. Ce que j’admire profondément chez lui, c’est sa capacité à bâtir ses récits sur une documentation impressionnante, mêlant sciences, politique et Histoire avec un grand H. Et ici, plus encore que dans ses autres romans, quelque chose de très personnel a résonné en moi, à travers les lieux évoqués, les villes du Portugal que je connais, où je suis allé, les mots portugais glissés au fil des pages, j’ai senti mes racines vibrer. Mais “Oubliés” est bien plus qu’un simple roman historique. C’est une plongée bouleversante dans le rôle du Portugal durant la Première Guerre mondiale, un pan d’histoire que je ne connaissais pas, que je découvre ici !

Afonso Brandão, fils de paysans, est un jeune homme promis à une vie religieuse, qui va gravir les échelons grâce à son éducation avant de devenir soldat, puis capitaine. Son histoire d’amour avec Carolina est brutalement interrompue par son départ pour les Flandres françaises, où il découvre l’horreur de la guerre. Comme pour beaucoup, c’est la première fois qu’il quitte son pays. Et ce qu’il va vivre dépasse tout ce qu’il aurait pu imaginer. Entre devoir, survie et rencontres inattendues, son destin bascule. Lorsqu’il croise le regard d’Agnès, une jeune baronne française, mystérieuse et érudite, le récit prend une nouvelle dimension, plus intime, presque suspendue.

J’ai été profondément touché par cette histoire d’amour entremêlée à la violence du conflit, mais aussi par les réflexions philosophiques et l’influence omniprésente de la religion catholique.
Ce roman m’a semblé différent des autres œuvres de l’auteur. Plus humain, plus poignant encore. Il rend hommage à ces soldats oubliés, abandonnés dans les tranchées, qui ne seront jamais relevés à partir du moment où ils prendront leur poste, laissés pour compte par leur propre pays. Une réalité révoltante, que je ne soupçonnais pas à ce point.

J’ai été impressionné par tout ce que j’ai appris, sur l’histoire du Portugal, ses tensions politiques, la condition de ses soldats, souvent pauvres et délaissés, mais aussi sur la guerre elle-même. Chaque détail compte, chaque page résonne. J’ai été happé du début à la fin, porté par une écriture vibrante et profondément incarnée.

Si vous aimez les romans historiques qui allient érudition et émotion, je ne peux que vous recommander cette lecture marquante.

Pour ma part, c’est un immense coup de cœur, aussi enrichissant qu’émouvant.

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Extrait :

« Dès son plus jeune âge, Afonso da Silva Brandão avait compris que la vie est un long fleuve incertain, parsemé de courbes, de bifurcations, de ponts, de tunnels et de méandres, et que chaque voie recèle d’innombrables mystères, des secrets à percer et des énigmes à décrypter. Animé d’une curiosité constante et stimulé par une intelligence vive et intuitive, il ne tarda pas à soupçonner que le monde est un lieu étrange, un immense théâtre d’illusions, perfide et dissimulé, un double jeu de miroirs où tout semble chaotique, mais s’avère en fait ordonné, où les choses ont une signification, mais pas nécessairement un sens. Il se rendit compte, d’ailleurs, que c’est précisément dans l’existence d’un sens que commence l’énigme du sens de l’existence. »

« Son père s’appelait Rafael Brandão Laureano, ce qui soulevait un autre mystère. En effet, si son nom de famille était Laureano, pourquoi avait-il donné à ses enfants le nom de Brandão ? Là encore, Afonso n’eut jamais de réponse satisfaisante, son père se contentant de hausser les épaules lorsqu’on l’interrogeait sur son choix. Rafael Laureano mesurait 1,75 m, une taille inhabituellement grande au Portugal, et c’était un homme profondément religieux. »

« Paul se rendit à la réception et demanda conseil ; la réponse fusa sans hésitation.
— Ils sont tous différents, dit l’homme. Mais plusieurs de nos clients sont allés voir le Cinématographe Lumière et en sont revenus émerveillés.
— Le Cinématographe Lumière? Où se trouve-t-il?
— À l’Exposition, m’sieur. Au pavillon des Machines.
Ils décidèrent de suivre cette suggestion et montèrent dans leurs chambres. Avant de se coucher, Agnès admira la silhouette colorée de la tour Eiffel, avec sa structure de fer recouverte d’ampoules. La lumière électrique baignait le Champ-de-Mars, la tour brillait de toute sa hauteur et émettait trois puissants projecteurs depuis son sommet vers différents points de la ville.
— Un jour, nous aurons l’électricité à la maison, tu verras, soupira Claudette, assise devant la fenêtre à côté de sa sœur. »

« — Ce n’est qu’un tissu de mensonges ! s’exclama Afonso. — Il leva une main, paume vers le haut. — L’Église dit qu’il faut croire en Dieu, qu’il faut avoir la foi, qu’il faut prier. Je vous le demande, pourquoi ? Cela voudrait dire que ceux qui ne croient pas en Lui vont en enfer, juste parce qu’ils ne croient pas en Lui ? Ainsi, si je suis une canaille et que je prie tous les jours comme un croyant, et que quelqu’un d’autre est un homme bon, droit et honnête, mais qu’il n’a pas la foi et ne prie pas, j’irai au paradis, et lui en enfer ? Moi, qui suis une canaille, et lui, un honnête homme ? Est-ce que ça a un sens ? Quel est ce Dieu qui est si égoïste qu’Il exige que les gens L’idolâtrent ? Qui place l’idolâtrie au-dessus de la bonté ? »

Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du journal de 20 h au Portugal, José Rodrigues dos Santos est l’un des plus grands auteurs européens de thrillers scientifiques.
La saga Tomás Noronha, traduite en 18 langues, s’est fait connaître en France avec « La Formule de Dieu », vendue à près de 500 000 exemplaires (2 millions dans le monde) et dont les droits d’adaptation au cinéma ont été acquis par Belga Films.
Avec « Immortel », il signe le 8e roman de la saga en France.
Les romans de J.R. dos Santos et de son héros Tomás Noronha rencontrent un grand succès à travers le monde.
Thrillers érudits, ils traitent des sujets de science, de religion ou d’histoire avec toujours un incroyable travail de recherche. Car le sujet central de tous les romans de J.R. dos Santos reste le même : la vérité.
En tant que journaliste-reporter de guerre et en tant qu’auteur, cette question ne l’a jamais quitté. Et ce qui rend la série des Tomás Noronha unique, c’est justement ce défi systématiquement relevé de remettre en cause une vérité pré-établie pour en rétablir une nouvelle, difficile à accepter peut-être, mais bien plus limpide.

Ses romans sont tous publiés aux Éditions Hervé Chopin :

José Rodrigues dos Santos vit à Lisbonne.

Émotion, Drame, Psychologie, Thriller, Violence

Indemne

de François Rabes
Broché – 26 mars 2026
Éditeur : TAURNADA

Et si votre vie basculait en quelques secondes ?

C’est ce que le destin réserve à Sofiane, médecin urgentiste, pris dans la tourmente d’un violent règlement de comptes.
Lui s’en sort indemne, mais Clara, l’amour de sa vie, tombe sous une balle perdue.
Rongé par le chagrin, consumé par le désir de vengeance, Sofiane s’engage dans une quête sans merci pour traquer les responsables en prenant tous les risques…

… Ainsi qu’un aller simple pour l’enfer.

Depuis quelques mois, chaque service de presse reçu des éditions Taurnada est pour moi une promesse de lecture intense. Avec Indemne de François Rabes, cette promesse est une nouvelle fois tenue… et même largement dépassée.

Dès les premières pages, je me suis retrouvé plongé dans un récit dense, profond, éprouvant aussi, mais terriblement addictif. Les 400 pages ont défilé à une vitesse folle. J’ai dévoré ce roman, happé par un univers où la peur, la manipulation, les intérêts et les compromis règnent en maîtres. Mais ici, c’est surtout la vengeance qui domine tout, qui écrase tout, qui guide chaque pas du récit.

Sofiane, un urgentiste passionné, est amoureux de Clara. Ce soir-là, ils célèbrent dix ans d’amour dans un bar. Un moment simple, heureux… jusqu’à ce que tout bascule, au moment où elle s’apprêtait à lui annoncer quelque chose d’à priori très important. Des coups de feu éclatent. Une fusillade. Et en quelques secondes, l’irréparable. Clara s’effondre, victime d’une balle perdue. Sofiane n’a rien pu faire.

À partir de là, je plonge avec lui dans une véritable descente aux enfers. Sa douleur devient palpable et devient presque mienne. Et lorsque la police classe l’affaire comme un banal fait divers, sans réelle volonté de trouver les responsables, quelque chose se brise définitivement en lui.

Alors, la vengeance prend le relais.
J’étais enfermé dans ses pensées, à me poser cette question dérangeante. Qu’aurais-je fait à sa place ? Comment réagir face à une telle injustice ? Sofiane n’a plus rien à perdre, et c’est précisément ce qui le rend dangereux… mais pour moi, terriblement humain aussi.

François Rabes maîtrise et explore avec justesse cette zone trouble où l’homme bascule. Où la douleur justifie l’inacceptable. Et je dois l’avouer, malgré mes craintes, j’espérais qu’il aille jusqu’au bout.

Le roman interroge profondément sur l’amour, la perte, la justice… et sur cette frontière invisible que l’on franchit parfois sans même s’en rendre compte. Où un homme ordinaire, passionné par son métier, qui aimait la vie va progressivement devenir aussi dangereux, sinon plus que ceux qu’il traque.
La plume est rythmée, visuelle, percutante. Les rebondissements s’enchaînent avec efficacité, jusqu’à un final explosif qui m’a laissé sans voix.

Une lecture marquante, intense, que je ne suis pas prêt d’oublier.
Superbe…

Un grand merci à Joël et aux éditions Taurnada pour cette claque, ce coup de cœur littéraire.

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Extraits :

« Il avait beau avancer sa montre de dix minutes pour gagner du temps, rien à faire, Sofiane passait ses journées ou ses nuits à courir après. C’est le métier qui voulait ça. Il portait d’ailleurs bien son nom :
URGENCES.
Huit lettres rouge sang alignées sur un panneau aveuglant de lumière, pilier central de tout établissement hospitalier. »

« Alors qu’il avançait vers Clara, le médecin aurait voulu figer cet instant, voler cette image. Mais sentant sa présence, la jeune femme brisa le charme en tournant légèrement la tête vers lui au moment où il atteignait « leur » table. Sofiane déchiffra aussitôt une lueur sombre dans ses yeux clairs.
« Pardon… j’ai vraiment fait au mieux pour partir à l’heure… »
Il embrassa Clara dans le cou, tout près du petit pli niché dans le creux de son oreille qui n’appartenait qu’à lui, chaviré par la douceur de sa peau et de son délicieux parfum aux effluves de fleur d’oranger et d’ambre blanc qu’elle portait depuis toujours, avant de prendre place de l’autre côté de la banquette.
« J’ai dû poser des points sur le bras d’un patient très agité, l’infirmière n’y arrivait pas… »

« Lui, ce soir, la mort n’en avait pas voulu.
Lui, le survivant, le miraculé comme l’avait qualifié la jeune policière avec un rictus aux allures de sourire raté, visiblement secouée par les événements et pressée de le laisser aux mains du médecin de garde, fuyant son malheur comme une maladie contagieuse.
Mais à quoi bon survivre lorsque vous êtes désormais seul, déjà oublié de tous. C’est bien la seule chose qu’il pouvait encore ressentir de manière aiguë au milieu de ce long couloir en sous-sol de l’hôpital, assis sur une chaise en plastique, en attente d’une ordonnance et d’un véhicule pour le ramener chez lui. »

Après des études littéraires et un passage éclair en fac de cinéma, François Rabes décroche un poste de stagiaire mise-en-scène sur « La cité des enfants perdus » (1995) de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro après avoir envoyé une demande sous forme de story-board.

La rencontre avec les nombreux talents qui composent l’équipe du film est déterminante. Cette expérience lui offre un apprentissage en accéléré et l’encourage à mettre sur pied, à l’âge de 20 ans, un premier court-métrage.

Alternant films courts, clips musicaux (Johnny Hallyday, Pascal Obispo, Dj Abdel, Mister You…) et autres publicités, François Rabes développe des projets de longs-métrages dont il signe les scénarios.

L’univers du groupe Apollo, créé par sa sœur Alice, s’inscrit dans cette démarche artistique. Volonté de proposer des minis histoires pour accompagner les chansons, identité visuelle forte, références cinématographiques… autant d’éléments pour nourrir sa passion de raconter en images.

Francois Rabes signe son premier roman avec « Les racines des ombres » (2022) et remporte le concours Les Lieux Noirs 2021, organisé par Fyctia et les éditions Hugo & Cie.

Amour, Émotion, Psychologie, Romance, Suspense

Et si un jour on se manque…

de Lucie Delacroix
Broché – 1 juin 2025
Éditeur : Auto-édition

Vous aimez la romance, mais également le suspense et les page-turners ? Ce roman va vous plaire !

Et si un jour on se manque, on s’appelle, mais pas avant dix ans.
Dix ans ont passé et Alice a tenu la promesse qu’elle avait faite à Axel, son amour de jeunesse. Mais lorsqu’elle décide de le recontacter, c’est trop tard, Axel a disparu dans des circonstances douteuses.
Entre Saint-Malo et San Francisco, elle doit alors défier le temps et se replonger dans ses souvenirs pour tenter de changer le cours des choses et sauver celui qu’elle n’a jamais cessé d’aimer.

Un roman chargé d’émotions et de sentiments, qui nous pousse à nous interroger sur la puissance des souvenirs, nos regrets et nos rendez-vous manqués.

Quelle claque… quelle merveilleuse surprise !

Dès les premières lignes de Et si un jour on se manque… de Lucie Delacroix, je me suis laissé emporter sans résistance. Pourtant, je pensais en deviner la structure après nos divers échanges autour de la préparation et de la réalisation de la couverture… mais je me trompais complètement.

Très vite, l’autrice m’a pris à contre-pied avec une idée aussi inattendue que brillante. Elle a glissé, au cœur de ce récit profondément humain, une touche de fantastique. Et là, tout a basculé. Chaque certitude que j’avais construite s’est fissurée. À partir de cet instant c’est la magie qui a opérée en plus de des émotions, du suspense et des frissons que je ressentais… Une impression troublante que tout pouvait s’effondrer ou renaître à tout moment. Le roman s’est alors transformé, sous mes yeux, en une romance psychologique d’une rare profondeur.

Je découvre Alice, installée à Saint-Malo, vivant une relation stable avec Marc. Mais une demande en mariage, à une date hautement symbolique, vient raviver un passé qu’elle n’a jamais vraiment laissé derrière elle. Dix ans plus tôt, il y avait Axel. Son premier amour. Un amour immense, inattendu, presque irréel pour la jeune femme timide qu’elle était. Puis, brutalement, Axel a choisi de partir. Pas par manque d’amour, mais par conviction. Ils étaient trop jeunes, n’avaient pas assez vécu, devaient expérimenter, grandir… et surtout laisser à Alice la liberté de choisir sa vie en toute conscience et non suite à un premier “béguin”. Son idée ? Se retrouver dix ans plus tard, jour pour jour afin de faire le point. Alice ne comprend pas, elle qui est tellement amoureuse, pense alors qu’Axel ne l’aime pas comme elle l’aime, elle est malheureuse.

Je me suis immédiatement projeté dans la douleur d’Alice, dans son incompréhension, dans ce cœur brisé qui ne cessera pourtant jamais de l’aimer. Les années passent, mais le souvenir reste intact. Et lorsque cette fameuse date arrive… tout vacille.
Chaque page m’entraînait plus loin dans une quête bouleversante, jusqu’à ce choc, la mort d’Axel, survenue dans des circonstances troublantes.

Et là… tout explose.
J’ai littéralement dévoré le roman, porté par une tension incroyable et des rebondissements qui dépassaient toutes mes attentes. Et cette fin… quelle fin !

Ce troisième roman que je lis de Lucie Delacroix confirme tout son talent. Elle m’a surpris, déstabilisé, poussé à réfléchir. Elle m’a amené à me questionner sur mes propres choix, sur mes regrets, sur ces chemins que je n’ai pas pris.
Qu’aurais-je fait à la place d’Alice si les mêmes portes ouvertes s’étaient présentées à moi ? Aurais-je osé tout recommencer ?
Entre rêve et réalité, Lucie Delacroix m’a tenu en haleine comme rarement. Son histoire, construite comme un véritable jeu de piste, m’a fait voyager de la Bretagne aux États-Unis avec une belle intensité.

Un roman magique, troublant, profondément humain… et inoubliable…

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Extraits :

« Je ferme les yeux. Il est là, près de moi. Ses yeux bleus me dévisagent tendrement, oscillant entre mon visage et le pare-brise. Sa fenêtre ouverte laisse dépasser son bras, au bout duquel une Camel se consume entre ses doigts. L’odeur de nicotine parvient jusqu’à mes narines. La voiture file à vive allure dans les rues angevines, après avoir quitté le parking du Gaumont Multiplexe où nous avons visionné
Bruce tout-puissant. »

« Ses yeux bleus me transpercent. Ma réaction est immédiate, je me liquéfie sur ma chaise. Je dois détourner le regard. Il faut que je sois forte, que je pense à mes nouvelles résolutions. C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à lâcher ces pupilles qui me fixent intensément.
J’suis foutue, premier jour de cours, j’suis amoureuse.
Eh merde. »

« Je beurre ma tartine de pain en pleurant. Je pleure encore et encore, mon esprit est obnubilé par Axel depuis l’appel de Thierry. Je ne parviens pas à réaliser. Je repense sans cesse à nos souvenirs, à tous les moments partagés ensemble. Je visionne en boucle nos photos et nos vidéos.
Entendre sa voix me fait terriblement mal, le voir rire me transperce le cœur. Une véritable douleur étreint ma poitrine, tant mon cœur est serré. Pourtant, je ne peux m’empêcher de tout regarder, plusieurs fois d’affilée.
Comme pour confirmer que tout ce qu’on a vécu était bien réel. J’écoute cette chanson qui reste dans ma tête. »

« Je passe Rennes et Ploërmel avant de parvenir enfin à Vannes. Je trouve facilement le salon funéraire avec l’aide de mon GPS. En me garant sur le parking, la boule qui me tord les boyaux s’intensifie. Je reconnais son frère et son parrain, parmi la dizaine de personnes qui patientent devant le bâtiment. Le salon doit être bondé. Je descends de ma voiture et m’approche de la porte. Je salue les visages que je croise et me reconnaissent. Revoir des personnes avec qui on a partagé de bons moments dans de telles circonstances est terrible. Je pénètre dans la chambre mortuaire et ferme la porte derrière moi. Je redoute le moment où je vais le voir.
Je m’intéresse d’abord à toutes les fleurs qui l’entourent, puis jette un coup d’œil rapide aux personnes assises à ses côtés. Certaines sont debout au fond de la salle comble. Le silence est complet. Seuls quelques sanglots se font entendre. Je remarque d’abord ses amis, que je salue brièvement d’un signe de tête. »

Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.

Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.

Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !
https://leressentidejeanpaul.com/2025/11/12/les-flammes-de-lautre-rive/

J’avais raison d’y croire (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/12/09/javais-raison-dy-croire/

Roman

L’Orfèvre de Central Park

de Nathalie Brunal
Broché – décembre 2024
Éditeur : Belles Feuilles

Une femme enceinte est découverte assassinée dans Central Park. Maria Ramirez et Bob Santini, chargés de l’enquête, peinent à la résoudre. Les prémices de l’investigation les mèneront dans un centre maternel dans lequel exerce Maxwell Hubson.

Il est marié depuis peu à Élise qui se rend compte qu’elle a épousé un inconnu possédant plusieurs facettes. Elle suivra les traces du passé de son mari afin de démêler le vrai du faux. Que découvrira-t-elle ?

Lorsque deux autres crimes s’ajoutent au premier, les enquêteurs savent que le temps joue contre eux. Le mystère sera-t-il résolu avant que le tueur récidive ?

Retrouver un roman de Nathalie Brunal est toujours pour moi un plaisir renouvelé.
J’aime sa capacité à changer d’univers avec aisance, feel-good, roman historique, romances de Noël… elle a déjà exploré bien des territoires. Mais avec L’Orfèvre de Central Park, je dois dire qu’elle m’a complètement surpris. Cette fois, elle pousse la porte du polar et du thriller… et quelle entrée !

Dès les premières pages, je fais la connaissance d’Élise, une jeune institutrice récemment mariée à Maxwell, médecin dans un hôpital. Leur histoire est née d’un véritable coup de foudre et tout semble les conduire vers un bonheur simple et évident. Pourtant, au fil du temps, quelques remarques maladroites, quelques silences étranges viennent fissurer cette harmonie. Élise se rend compte qu’elle connaît peut-être moins son mari qu’elle ne l’imaginait. Mais heureusement, ils s’aiment et arrivent à mettre de coté leurs disputes ou les rancœurs passées.

Pendant ce temps, l’horreur s’installe à New York. Un tueur s’attaque à des femmes enceintes, les étrangle puis leur ouvre le ventre afin d’extraire leur bébé avant d’abandonner les corps dans Central Park. L’atmosphère devient rapidement oppressante. Deux inspecteurs, Maria, elle-même enceinte, et Bob, se lancent dans une enquête haletante. Une véritable course contre la montre commence pour éviter de nouveaux crimes. Mais malgré la vigilance des futures mères et les efforts de la police, le meurtrier semble toujours avoir un coup d’avance. Les investigations mènent finalement les enquêteurs vers un centre maternel. Hasard ou coïncidence ? C’est celui où exerce Maxwell ! Troublée par de nouvelles réactions de son mari, Élise décide alors de fouiller dans son passé.

Très vite, Nathalie nous aiguille sur l’identité du meurtrier. Pourtant, ce n’est pas seulement l’identité du tueur qui fait la force du roman, mais la manière dont l’histoire est construite. Les “pourquoi ?” et les “comment en arrive-t-on là ?” affluent dans mon esprit, et je me retrouve plongé dans la psychologie du criminel. Les pièces du puzzle s’assemblent, les réponses apparaissent au fil des pages qui défilent à toute vitesse. Impossible pour moi de refermer le livre avant la fin.

L’écriture est addictive, fluide, nerveuse, oserai-je dire fascinante même ? En tous cas redoutablement efficace… Nathalie Brunal signe ici un véritable page-turner. Elle nous entraîne au plus près des tourments d’un esprit dérangé et explore la frontière trouble entre humanité et monstruosité. Les personnages sont solides, l’intrigue sort des sentiers battus et l’ensemble ne laisse pas indifférent. Un thriller sombre, dérangeant, parfois violent, âmes sensibles, soyez prévenues…

Pour ma part, je salue ce virage littéraire audacieux et parfaitement réussi.
Bravo Nathalie !

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Extraits :

« La vie nous dicte souvent notre conduite et nous réserve de nombreuses surprises, tantôt bonnes, tantôt mauvaises.
Nous nous soumettons et plions par faiblesse, cependant chacun demeure libre de ses choix. La fatalité n’existe pas et même si les rencontres se réalisent au hasard, les êtres ayant le même vécu s’attirent tels des aimants. Inconsciemment, ils se sentent investis d’une mission : celle de panser les plaies de celui ayant souffert. Entrer sur le chemin de l’autre se fait-il dans un but précis? Parfois, ces personnes ne font que passer, parfois elles s’attardent davantage et de précieux liens se créent. C’est ce qui se passe pour Élise et Maxwell lorsque leurs yeux s’attirent et que leur regard fusionne. Les âmes de ces deux êtres que la vie n’a pas épargnés se reconnaissent et laissent le destin les mener par le bout du nez. »

« Ils se croisèrent à plusieurs reprises dans une supérette de quartier. La première fois, ils s’étaient ignorés. Les fois suivantes, à force d’apercevoir le même visage, ils avaient esquissé un pâle sourire. Et puis, le destin, qui avait décidé qu’il fallait leur donner un petit coup de pouce, prit les choses en main. Un jour, perdue dans ses pensées, la main d’Élise frôla celle de Maxwell. Ayant envie d’un avocat pour le dîner, elle avait porté son choix sur le même que lui. Embarrassée, elle avait prestement ôté sa main en bégayant une excuse. Elle était suffisamment proche de lui pour se noyer dans le bleu de ses yeux. Les bruits alentour avaient disparu tandis qu’elle se perdait très loin dans ses songes. Une voix masculine l’avait abruptement ramenée sur terre. »

« – Nous n’avons pas encore identifié la victime. Elle a été étranglée et l’heure du décès se situe aux environs d’une heure du matin.
– La meilleure heure pour les crimes. Donc, étranglée ?
– Vous deviez vous en douter au vu de la couleur de sa peau. Les veines jugulaires ont été comprimées et la mort par asphyxie s’est ensuivie. L’incision sur le ventre de la jeune femme a été pratiquée post mortem et heureusement.
Le fœtus mort a été déposé près de sa mère. L’étranglement puis le décès ont provoqué l’arrêt du cœur qui ne faisait plus office de pompe. Il n’irriguait plus le cerveau ni le placenta. Quand l’enfant a été extrait de l’utérus, il avait déjà rejoint sa mère dans l’au-delà. »

« Son démon le réveilla alors que depuis dix jours, terré dans son antre, il l’avait laissé en paix. Ce soir, il réclamait son dû. La colère grondait en lui et la seule façon de l’apaiser était de le satisfaire. Il se leva, s’habilla à la hâte et quitta la chambre sur la pointe des pieds. Il longea le mur du couloir en évitant les lumières du hall et se retrouva dans les jardins de l’hôtel. La nuit était chaude et sentait les embruns. Alors qu’il arpentait une allée, il aperçut une jeune femme assise sur un banc, qui pleurait. Quand il s’approcha, il la reconnut immédiatement. C’était celle de la plage, celle qui affichait ignoblement son ventre rebondi et son bonheur de devenir prochainement mère. Elle était là, semblant l’attendre. La bête lui offrait sa victime sur un plateau d’argent. Dans quelques instants, elle le remercierait de faire couler la sève rouge et chaude. »

Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. “Dévoreuse” de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le “feel-good” tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017. “Une tragique fête des fraises” est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes “Le défile des glaces”, “Un bouquet sans mariée”, “L’Hydromel Hindou” et “D’une pierre… Deux coups”. Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.

Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “Vacances en terre inconnue”, sourire garanti en leur compagnie.

N’hésitez pas à vous procurer “Les tribulations d’Hortense”. Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata “brut de décoffrage”. D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans “Les Amours tourmentées d’Hortense” et “Le Noël explosif d’Hortense”. Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. « Le coup de théâtre d’Hortense » vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.

“Quand Cupidon s’en est mêlé…”, une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.

Un Noël saupoudré d’espoir (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/12/24/un-noel-saupoudre-despoir/

Le défi d’Apolline (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/06/09/le-defi-dapolline/

Apolline, un avenir incertain (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/20/apolline-un-avenir-incertain/

Les tribulations d’Hortense (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/28/les-tribulations-dhortense/

Les Amours tourmentées d’Hortense (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/30/les-amours-tourmentees-dhortense/

Lisbeth, au cœur du combat (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/02/09/lisbeth-au-coeur-du-combat/

Retrouvez toute l’actualité de Nathalie Brunal sur :
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Instagram : @nathaliebrunal
Twitter : @NathalieBrunal

Histoire, Psychologie

Les bandits

de Jorge Volpi
Broché – 5 mars 2015
Éditeur : Seuil

Le 17 septembre 2008, J. Volpi, fondateur et directeur du fonds d’investissement J.V. Capital Management et mécène du Metropolitan Opera, est accusé d’avoir détourné quinze milliards de dollars et prend la fuite. Quelque temps plus tard, d’un lieu tenu secret, il envoie à un agent littéraire un manuscrit autobiographique révélant comment les maîtres de Wall Street se sont enrichis sans limites pendant la bulle immobilière tandis que des experts financiers de tout poil orchestraient une des plus grandes catastrophes économiques mondiales.

Mais à la différence d’autres confessions, celle de J. Volpi est une passionnante histoire de famille aux accents de roman noir et la quête d’un fils dévoyé qui cherche à découvrir si son père disparu, employé au Département du Trésor pendant la Seconde Guerre mondiale, était vraiment un espion à la solde de Moscou. Afin de connaître la vérité, J. Volpi charge une jeune historienne de mener une enquête.

De mensonges en escroqueries, où s’entrecroisent personnages de fiction et personnages historiques, le lecteur plonge dans les méandres de la fragilité humaine, les coulisses de Wall Street et les passages secrets de la guerre froide.

Traduit de l’espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli

Avec Les bandits, je découvre l’univers de Jorge Volpi. Et quelle découverte ! Dès les premières pages, je me suis retrouvé face à une construction romanesque fascinante, d’une grande maîtrise. Le style est marqué, parfois dense, presque vertigineux. L’érudition de l’auteur est impressionnante et m’a obligé, je l’avoue, à faire plusieurs pauses pour digérer toutes les informations qui se bousculaient au fil des pages. On sent derrière ce roman un travail colossal de recherches. Les références historiques, économiques et politiques s’entrelacent dans un récit ambitieux qui demande une attention constante. Il m’est arrivé de me perdre un peu dans cette forêt de détails financiers et d’analyses, mais impossible de ne pas reconnaître le talent de l’auteur dans cette critique frontale d’un capitalisme débridé, cynique et profondément amoral.

Le personnage principal porte d’ailleurs le même nom que l’auteur, Jorge Volpi. Un choix aussi surprenant qu’audacieux. Dans ce roman, ce Volpi-là est un escroc qui raconte avec un aplomb presque désarmant comment il s’est enrichi sur le dos de la classe moyenne, notamment jusqu’à la crise des subprimes. À travers la création de sociétés d’investissement douteuses, il manipule, trompe et dépouille des milliers d’investisseurs pour accumuler des fortunes.

Mais l’intrigue ne s’arrête pas là. En parallèle de ses propres turpitudes, le narrateur part aussi à la recherche de la vérité sur son père, un homme qu’il n’a jamais connu et qui aurait été soupçonné de sympathies communistes en pleine guerre froide. Cette quête intime vient perturber le récit principal et ouvre de nouvelles ramifications, tout aussi passionnantes.

Je ne m’attendais pas à pénétrer dans une œuvre aussi foisonnante. Entre crises financières, escroqueries internationales, espionnage, guerre froide, URSS, 11 septembre ou encore la création du Fonds monétaire international, l’auteur explore de multiples facettes de notre monde contemporain. À travers cette fresque dense, se dessine une vision profondément cynique du pouvoir et de l’argent. Un monde où les mensonges, la manipulation et la duplicité semblent être les véritables moteurs de l’histoire. J’ai particulièrement apprécié cette narration atypique, qui entremêle habilement fiction et faits historiques. Les personnages évoluent dans un univers où rien ne semble vraiment normal, et c’est justement ce qui rend la lecture si captivante.

Une lecture exigeante, parfois déroutante, mais indéniablement stimulante et passionnante.

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Extraits :

« Tel est, à peu de chose près, le récit de la mort de mon père que me fit Judith, laquelle, comme on a pu s’en rendre compte, a la langue bien pendue. Je devais avoir cinq ou six ans quand elle a évoqué devant moi cet épisode et, plus que de la présence du pigeon, je me souviens de sa langue de serpent, de son ton venimeux que je ne puis reproduire, de son regard d’acier planté dans ma timidité, et des pirouettes que traçaient en l’air ses doigts aux ongles rouge vif, jusqu’au moment où ses paumes, à la hauteur de mon visage, claquaient l’une contre l’autre pour illustrer sans le moindre tact, sans la moindre pudeur, l’écrasement des os de mon père contre le ciment. »

« Avons-nous été les responsables ? Véritablement ? Ce n’est pas que la question m’obsède, ni que je redoute de craquer si ma supposition se confirme – au point où nous en sommes, vous devez savoir que j’ignore la culpabilité -, mais quand j’y songe, par exemple pendant une séance de massage thailandais ou tandis que j’écris ces lignes à l’ombre d’un cocotier, je ne manque pas d’être surpris par ce qui ressemble à une histoire fantastique ou, mieux encore, à de la science-fiction. »

« Parce que, quelques années plus tard, après leur union avec les prêts hypothécaires à risque, les crédits subprime, notre invention allait devenir une arme de destruction massive. Mais au moment dont je parle, nous n’y pensions même pas. »

« Notre virus n’a pas tardé à se répandre.
À la fin des années quatre-vingt-dix, les CDS, nos contrats de couverture de défaillance, assemblés selon le modèle BISTRO, avaient de par le monde été repris par des centaines de banques, toujours désireuses de libérer de grandes quantités de risques et de capitaux.
À la J.P. Morgan, nous avons concocté d’innombrables combinaisons pour des banques de crédit japonaises et américaines, et deux géants, Crédit Suisse et Paribas, n’ont pas tardé à proposer leurs propres produits dérivés de style BISTRO. Dès lors, l’épidémie est devenue incontrôlable. Nous n’en revenions pas : certes, nous avions compté sur les charmes de notre créature, mais nous n’avions pas prévu qu’elle se multiplierait à une telle vitesse. »

Né à Mexico en 1968, Jorge Volpi a d’abord étudié la littérature et le droit avant de devenir avocat. Il est l’auteur de romans et d’un essai sur l’histoire intellectuelle de 1968. Son roman, À la recherche de Klingsor, publié en 19 langues, a reçu le prestigieux prix Biblioteca Breve en 1999, attribué avant lui à Mario Vargas Llosa et Carlos Fuentes. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des écrivains les plus importants d’Amérique latine.

Adolescence, Émotion, Histoire, Suspense, Thriller historique

Papillon de nuit

de R. J. ELLORY
Poche – 1 février 2017
Éditeur : Le Livre de Poche

Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.

1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon ne nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rodent la folie et le complot.

    Récit qui entremêle présent et passé, émotions intimes
    et convulsions de la grande histoire, Papillon de nuit tient ses promesses
    dans un tourbillon de sensations et d’interrogations métaphysiques.
    François Lestavel, Paris Match.

    Un portrait saisissant, dur et troublant de l’Amérique.
    Emmanuel Romer, La Croix.

    Lorsque j’ai ouvert Papillon de nuit, de R. J. Ellory, je me doutais que j’entrais dans un roman intense, en effet, son roman “Seul le silence” m’avait beaucoup touché il y a quelques années. Mais je n’imaginais pas à quel point cette histoire allait me bouleverser.

    Daniel Ford attend dans le couloir de la mort. Il est accusé d’avoir tué son meilleur ami, Nathan Verney, douze ans plus tôt. Daniel est blanc, Nathan était afro-américain. Pourtant, depuis l’enfance, ils avaient traversé ensemble une Amérique tourmentée, affrontant le racisme, la violence et les fractures d’un pays en pleine mutation.

    Très vite, une question me hante. Daniel est-il vraiment coupable ?
    Et s’il ne l’est pas, comment en est-il arrivé là ?

    Au fil du récit, Daniel replonge dans ses souvenirs. Par petites touches, par fragments, il me raconte son histoire. Celle de deux enfants de six ans dans l’Amérique des années cinquante. Deux garçons liés par une amitié sincère et indestructible, du moins en apparence. Mais le temps passe, les illusions s’effritent, et la magie qui illuminait leurs regards d’enfants se fissure peu à peu face aux désillusions de l’âge adulte.

    À travers cette histoire intime, l’auteur m’immerge dans une période particulièrement agitée de l’histoire américaine. La guerre du Vietnam, les tensions raciales, les luttes politiques, le Watergate, les Kennedy, Martin Luther King, le Klu Klux Klan… autant d’événements qui forment la toile de fond de ce destin tragique. Mais au-delà de l’Histoire, c’est surtout dans le cœur de Daniel que je me suis retrouvé plongé. Et ce voyage est bouleversant. Page après page, j’ai ressenti la douleur, l’injustice et l’incompréhension.

    Impossible de rester insensible à cette histoire profondément humaine. Elle m’a littéralement serré la gorge. J’ai terminé ce roman le cœur lourd, les yeux humides, encore habité par cette amitié brisée et par cette tragédie.
    Le style de R. J. Ellory est d’une grande sensibilité. Par moments, il frôle même la poésie, contrastant avec la dureté du sujet. Le récit avance comme un long chemin vers la vérité, dévoilant peu à peu ses zones d’ombre et ses secrets.
    Une fois commencé, je n’ai plus réussi à lâcher ce livre. Pendant quelques heures, j’ai vécu dans l’esprit de Daniel, suspendu à son destin et dans l’attente de son exécution.

    Un roman dense, puissant et profondément émouvant, qui ne peut laisser indifférent, un excellent moment de lecture…

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    Extraits :

    « Quatre fois j’ai été trahi – deux fois par des femmes, une fois par le meilleur ami qu’un homme puisse désirer, et finalement par une nation. Et peut-être, à vrai dire, me suis-je trahi moi-même. Alors ça fait cinq.
    Mais malgré tout, malgré tout ce qui s’est passé à l’époque, et tout ce qui se passe maintenant, ça a tout de même été magique.
    Absolument magique. »

    « M. Timmons croit lui aussi que je n’ai pas tué Nathan Verney en Caroline du Sud par une nuit fraîche de 1970.
    Mais il ne le reconnaîtra jamais. Ce n’est pas à lui de remettre ces choses en question, car il y a la justice, les cours d’appel fédérales et d’État, et il y a de grands hommes graves armés de livres épais qui analysent ces choses en détail, qui font les lois, qui sont la loi, et qui est M. Timmons pour remettre tout ça en cause ?
    M. Timmons est gardien dans le couloir de la mort, il fait son boulot, il obéit aux règles, et il laisse ces questions d’innocence et de culpabilité au gouverneur et au petit Jésus. Il n’est pas censé prendre de telles décisions, il n’est pas payé pour ça. Alors il ne le fait pas.
    C’est plus simple ainsi. »

    « Certaines personnes affirment que la peine de mort est une solution trop facile, bien trop rapide. Ils disent que ceux qui ont commis un meurtre devraient souffrir autant que leur victime. Eh bien, croyez-moi, c’est le cas. Ils oublient les années que les gens comme moi passent ici, deux étages au-dessus de l’enfer. Ils n’ont jamais entendu parler des types comme M. West, et de son sentiment que le châtiment devrait être à la hauteur du crime, que vous soyez coupable ou non. Les gens n’ont vraiment aucune idée de ce que ça fait de savoir que vous allez mourir, et après les premières années ce jour peut arriver n’importe quand. »

    « Je nous revois maintenant, nous tenant tous là, le révérend, la sorcière qui avait mangé son mari, le gamin noir qui avait mis à terre Marty Hooper chez Benny’s, le Blanc emprunté, et le jeune dégingandé à la peau pâle qui portait cette minuscule fillette de couleur. Je nous revois maintenant comme si c’était une photo, et je pense à ce qui aurait dû être. Nous étions la famille universelle, il n’y avait pas de différence, nous parlions la même langue, nous respirions tous le même air, mangions la même nourriture et partagions le même chagrin. »

    Roger Jon Ellory est né à Birmingham. Sa mère, danseuse et actrice, l’élèvera seule jusqu’à ce qu’une pneumonie la terrasse au tout début des années 1970. À 16 ans, il rejoint sa grand-mère maternelle, qui décèdera en 1982. Après avoir connu la prison à l’âge de 17 ans, il se consacre à plusieurs activités artistiques – graphisme, photographie… et musique : il joue de la guitare dans un groupe de rock, les Manta Rays, qu’il quittera à la mort du batteur.

    Il se plonge alors dans la lecture, et sa passion pour la littérature de fiction ne fait que croître. Ses auteurs de prédilection: sir Arthur Conan Doyle, Michael Moorcock, Tolkien, Stephen King… Entre 1987 et 1993, RJ Ellory écrivit pas moins de vingt-deux romans, chacun lui valant systématiquement des refus éditoriaux, polis mais fermes, des deux côtés de l’Atlantique : en Angleterre, on refusait de publier des romans situés aux États-Unis qui étaient écrits par un citoyen anglais, et outre-Atlantique, on ne voulait pas de romans ayant les États-Unis pour cadre alors qu’ils étaient l’œuvre d’un Britannique…

    Découragé, RJ Ellory cesse d’écrire et occupe un emploi de bureau pour la première fois de sa vie. En 2001, il reprend la plume et écrit trois romans en moins de six mois. Le second, Candlemoth, sera publié par Orion ; nommé pour le Crime Writers’ Association Steel Dagger for Best Thriller 2003, il est traduit en plusieurs langues. Mais c’est avec Seul le silence, son cinquième roman publié en Angleterre que le public français le découvre. Suivrons, toujours chez Sonatine Editions, Vendetta en 2009 et Les Anonymes en 2010.

    Émotion, Psychologie, Suspense, Thriller psychologique

    Je suis un monstre

    de Christine Adamo
    Broché – 5 mars 2026
    Éditeur : TAURNADA

    Moi, c’est Tom. J’ai 7 ans, un cerveau trop fort, une maman trop horrible, un papa et un chien trop gentils que je veux rejoindre dans les Ardennes.
    Mais entre un double pas sympa dans ma tête et des gens qui sont morts partout sans prévenir, c’est pas gagné.

    Une histoire drôle, noire et bizarre, comme la vie. Mais en pire.

    Tom a sept ans.
    Tom est un enfant surdoué.
    Et très vite, je comprends qu’il n’est pas tout à fait seul dans sa tête.

    Dès les premières pages de “Je suis un monstre”, un mot s’impose à moi. Troublant. Puis viennent terrifiant, fascinant, déroutant… et même amusant. Une avalanche de mots en “ant”, comme un clin d’œil involontaire à cette lecture et à son style totalement… captivant.

    Tom pense vite. Trop vite. Ses idées s’entrechoquent, ses raisonnements fusent, ses émotions débordent. Et dans ce tourbillon mental, il y a “l’autre”. Le deuxième Tom. Celui qui murmure, qui pousse, qui dérange, prend de plus en plus de place. Celui qui n’est pas gentil du tout… Alors Tom lutte. Il tente de reprendre le contrôle, d’étouffer cette présence qui prend de plus en plus de place.

    Je me suis laissé happer par cette voix d’enfant à la fois drôle, lucide et terriblement inquiétante. Car sous ses remarques naïves se cache une noirceur déconcertante. Tom observe le monde avec une logique implacable, presque clinique. Et moi, lecteur, je me suis retrouvé enfermé dans sa tête, prisonnier de ses pensées, balloté entre sourire et malaise.

    Le récit est sombre, cynique, parfois cruel. Il bouscule les repères. Où est l’innocence ? Où commence le mal ? Et pourtant… j’ai ri. Oui, ri. Parce que Christine Adamo manie l’humour avec une audace folle, glissant de la légèreté là où je ne l’attendais pas.

    Rarement un style m’aura autant marqué. Du premier mot jusqu’au point final, l’auteure assume une écriture singulière, presque dérangeante. Un style qui aurait pu me fatiguer… mais qui m’a au contraire ébloui. Elle ne transige pas. Elle va au bout de son parti pris, et c’est précisément ce qui rend le roman si puissant.

    Je suis un monstre est un texte qui interroge profondément les notions de bien et de mal. Il dérange, il amuse, il inquiète. Et contre toute attente, je me suis attaché à ce petit monstre en culotte courte.
    Et si finalement Tom était tout seul dans sa tête ?

    Un roman audacieux, brillant, impossible à lâcher.

    Un immense merci à Joël et aux éditions Taurnada pour ce nouveau service de presse qui, une fois encore, frappe très fort.

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    Extraits :

    « Moi, c’est Tom. Et ça veut dire que Tom, c’est mon prénom. Et « c’est le plus important », que dit papa, surtout maintenant que maman a été divorcée, et qu’en plus de plus habiter avec lui, elle veut plus qu’on porte son nom, ni moi, ni elle. Donc, il faut que je trouve une solution pour aller le retrouver, et c’est pour ça que j’écris, vu que les virgules et les points, ça oblige mes idées à se mettre dans le bon ordre. »

    « Maman dit : « Ça ne sert à rien ! Tu deviendras un bavard inutile comme ton père ! » N’empêche que moi, papa, je le trouve méga-plus marrant qu’elle.
    Rien qu’à la regarder, maman, je m’ennuie. Elle est grande et maigre comme une jambe de girafe, ses cheveux sont noirs, courts et raides comme le poil d’un ours. La différence, c’est que sa figure est beaucoup moins gentille que celle d’une girafe ou d’un ours.
    Une girafe, ça fait pouet quand c’est une Sophie en jouet, un ours, ça console quand c’est un Paddington en peluche. Dans ma chambre à moi, il y a pas de peluches ni de jouets, vu que « on ne sait jamais, tu pourrais faire une allergie ». En plus que maman a aussi une petite bouche méga aplatie avec plein de poils dessus. »

    « Je me souviens qu’au début, quand je voyais maman gonfler du ventre, j’avais peur qu’elle éclate et en mette partout. En plus, comme elle était déjà super-maigre, ça faisait comme une grosse cloque sur le doigt quand on se brûle avec la poêle-à-pommes-de-terre-rôties.
    Le père-de-maman était méga-furieux. « Marie-Céline ! Tu es folle ! Comment vas-tu faire pour t’occuper de moi si tu as un autre enfant ? Je vais devoir prendre une infirmière à domicile et ça va me coûter une fortune ! De nos jours, les locataires sont de tels feignants que j’ai dû faire des travaux dans les appartements et je n’ai plus un sou devant moi ! Tu ne veux pas que je te déshérite, n’est-ce pas ? »

    « Le décorticage d’idées, c’est peut-être ce qui a fait qu’après l’enterrement du père-de-maman, j’ai fait un cauchemar. Sauf que, ce cauchemar, il en était pas vraiment un.
    J’explique.
    Un cauchemar, c’est juste un rêve qui fait peur. Ça se passe dans la tête pendant qu’on dort. Et ça donne l’impression du pour-de-vrai, même si ça peut pas l’être (à cause que, dedans, il y a quelque chose de bizarre, genre, un renard avec une brosse à dents).
    Le souci, c’est quand le cauchemar sort de la tête et vient dans la vraie vie. Comme ce soir-là, après l’enterrement. »

    Écrivain française, Christine Adamo est issue du monde de la recherche comme l’est aussi Fred Vargas.

    Enseignant-chercheur spécialisée dans l’information scientifique, sa passion pour la recherche environnementale et sa rencontre avec le cœlacanthe, l’ont amenées à participer à l’élaboration d’un parc naturel aux Comores pour la sauvegarde de ce fameux « chaînon manquant ».

    Ses diverses activités professionnelles lui ont permis de voyager de par le monde, pour enseigner, participer à des conférences ou des colloques et écrire des articles scientifiques, pour finalement se mettre au roman.