de Alfred Lenglet
Broché – 3 septembre 2025
Éditeur : TAURNADA

Jean-Baptiste Meningi, chef de l’orchestre de Lyon, vient d’être assassiné au moyen d’un drone, alors qu’il faisait son footing dans le parc de la Tête-d’Or. Meurtre ciblé ou attaque terroriste ?
Sur place, le commandant de police Nolan Diethelm et son équipe d’enquêteurs sont sur le pied de guerre. Les autorités s’en mêlent et, lorsque l’expertise des débris de l’appareil révèle l’utilisation d’un logiciel de reconnaissance faciale, le doute n’est plus permis : la victime n’a pas été choisie par hasard.
Entre course judiciaire, faux-semblants et pression médiatique, la tension monte.
Très vite, les policiers se retrouvent confrontés à une vérité balayant les évidences.
Une vérité dont personne ne sortira indemne.
Comment se relever et survivre quand notre âme est fracassée ?

Mais non !!! Déjà fini ?
C’est la pensée qui m’a traversé l’esprit en refermant ce roman d’Alfred Lenglet, que je n’ai pas pu lâcher une fois commencé.
Les Âmes fracassées s’inscrit parfaitement dans la tradition du polar français, tout en la dynamisant de trouvailles modernes. Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont l’auteur conjugue l’héritage du roman noir avec des enjeux narratifs actuels. L’ancrage lyonnais ne réduit pas l’histoire à un cadre provincial, bien au contraire, il ouvre des perspectives passionnantes en montrant comment la criminalité contemporaine épouse les spécificités diverses en fonction des territoires.
Pour moi le “plus” de ce roman, c’est l’intégration des nouvelles technologies dans le crime… mais aussi dans l’enquête. Voir un meurtre commis grâce à un drone équipé de reconnaissance faciale m’a immédiatement plongé dans une réalité troublante, presque effrayante. Cette modernisation apporte une énergie nouvelle au polar, en confrontant les enquêteurs à des défis inédits. Et ce réalisme, on le doit aussi au métier de l’auteur, lui-même policier, qui distille une crédibilité à chaque page. J’ai aussi aimé que les personnages ne soient pas des caricatures. Ici, pas de flics désabusés noyés dans l’alcool, mais des hommes et des femmes intègres, sensibles, parfois cabossés par la vie… oui, mais profondément humains. On sent qu’ils font de leur mieux, avec les moyens dont ils disposent. J’avais l’impression qu’ils me racontaient leur enquête.
Jean-Baptiste Meningi, chef de l’orchestre à Lyon, vient d’être assassiné au moyen d’un drone équipé de la reconnaissance faciale, alors qu’il faisait son footing dans un parc.
Meurtre ciblé ou attaque terroriste ?
Une enquête troublante, où plusieurs personnes semblent avoir quelque chose à cacher.
Voici le point de départ de ce thriller particulièrement réussi !
L’histoire est rythmée, sans temps mort, et chaque révélation relance le suspense. Entre secrets bien gardés et vérités déformées, l’intrigue se déploie avec intelligence et efficacité.
Un polar attractif, sensible et moderne, une belle réussite.
Merci à Joël des éditions Tauranada pour cette découverte… J’attends déjà avec impatience le prochain projet d’Alfred Lenglet… et pourquoi pas une suite à ce roman si réussi !
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Extraits :
« Nolan ouvrit une application sur son téléphone portable pour compiler ces premiers éléments.
– Je vous donne son identité complète : Meningi est né le 6 février 1969 à Casablanca au Maroc. Il n’a pas d’enfant, est marié. Sa femme est musicienne dans la formation qu’il dirigeait depuis trois ans.
Le commandant nota ces nouvelles informations et releva la tête.
– Patron, vous m’avez intrigué en évoquant une sorte de première nationale…
– Justement, j’y viens. Meningi a été tué à l’aide d’un drone. Inutile de vous dire que cette précision est remontée en flèche jusqu’à Paris, à la Chancellerie place Vendôme et à l’Intérieur place Beauvau, sans doute à l’Élysée aussi. »
« Pétrifiée, Émilie demeura incapable de riposter. Mehdi roula en boule, se cogna la tête contre des bordures en jurant. Gérald Serpolet fit un pas en avant. Son crâne nu et blanc comme un œuf de cane brillait sous le soleil. Le regard fou, il tourna la tête vers la maison et se mit à courir en traînant la jambe. Émilie leva le poing pour tirer. Avant qu’elle ne commette l’irréparable, son partenaire posa une main sur son bras pour l’abaisser. »
« L’engin, fabriqué en Chine, n’avait rien de sophistiqué au niveau de son système de vol. On pouvait le piloter à distance, à plusieurs centaines de mètres de sa cible. Il pouvait également voler en toute autonomie, détecter un mouvement et attaquer si la reconnaissance faciale le lui commandait. Nolan repensa aux images de la vidéoprotection du parc. Jérôme Fuz, le directeur de la sécurité, n’avait décelé aucune ano-malie, rien de significatif dans les airs. Il avait promis de l’appeler s’il découvrait du neuf. »
« Nolan venait juste de stopper sa moto. Il enleva son casque à cause de la chaleur. Il mit ses lunettes de soleil pour ne pas se faire reconnaître. À ce moment-là, il perçut un bruit étrange, comme celui d’un essaim d’abeilles. Il faisait très beau, il y avait bien ici ou là des insectes, mais rien qui ressemble à une nuée de guêpes ou d’abeilles.
Machinalement, il leva les yeux.
Comme dans un film au ralenti, comme s’il avait également la tête sous l’eau, les sons autour de lui s’étouffèrent et les images défilèrent par saccades.
Nolan se mit à hurler, mais il était déjà trop tard : le drone venait de toucher et d’exploser au visage de Xxxxxx Xxxxxx. Son corps s’affaissa. »


Alfred Lenglet a écrit plusieurs romans de terroir à teneur historique avant des romans policiers. Il a ainsi créé le personnage de Léa Ribaucourt, jeune femme policière qu’il qualifie souvent de courageuse et de lumineuse. On s’attache d’ailleurs beaucoup à Léa et à son équipe d’enquêteurs.
Avec l’e-book J’irai pas voter, il aborde un autre domaine, celui de l’humour, tout en évoquant de façon émouvante, la vieillesse, la réalisation de ses rêves, à tout âge, l’amour, l’amitié, la solidarité, la différence et le regard des autres.
Originaire du Nord de la France, Alfred Lenglet est commissaire de police. Il a été en poste à Paris, Lyon, Clermont-Ferrand, Mâcon, le Puy-en-Velay, Thiers. De cet itinéraire, il conserve des amitiés dans de nombreuses régions et puise dans la découverte des cultures locales la matière à nourrir son imagination et ses écrits.
