de Sejal Badani
Broché – 9 septembre 2021
Éditeur : CHARLESTON

De l’Inde qui a vu naître ses parents, Jaya ne sait rien, ou presque. Mais alors que son corps semble lui refuser la maternité à laquelle elle aspire, Jaya ressent le besoin d’aller à la rencontre de ses origines.
Au cœur de la province du Madhya Pradesh l’attend Ravi, fidèle serviteur de sa grand-mère disparue et dépositaire de ses plus intimes secrets. Mariage arrangé, drames et amours impossibles… Jaya découvre, bouleversée, le destin tragique et hors du commun des deux générations de femmes qui l’ont précédée. C’est dans leur courage et leur résilience qu’elle puisera la force de trouver sa propre place dans le monde.
Loin des clichés d’une Inde de carte postale, Sejal Badani parvient à insuffler beauté et délicatesse au sein des tragédies les plus sombres.
« Une célébration de la littérature qui offre une voix à ceux qui en sont privés. »
New York Journal of Books

Je viens de terminer ce superbe roman le cœur lourd et la larme à l’œil…
Sejal Badani avec La Passeuse d’histoires m’a emporté avec son récit dans tout ce que j’aime. Un récit prenant et magnifique malgré les sujets qui s’enchainent tous plus graves les uns que les autres, mais à la fin, la vie, l’amour, la famille sont toujours là…
Tout a commencé par une couverture et un titre qui m’ont irrésistiblement attiré. Dès la première page, j’ai été happé par un récit d’une délicatesse rare, où les drames les plus profonds côtoient sans cesse l’amour, la famille et l’espoir. J’ai été emporté jusqu’au dernier mot transformant ma lecture en gros coup de cœur !
J’ai fait la connaissance de Jaya, une journaliste new-yorkaise d’origine indienne, bouleversée par trois fausses couches et un mariage qui s’effondre. Lorsqu’elle apprend que son grand-père maternel est mourant, elle décide de partir en Inde, sur les traces d’un passé qu’elle ignore presque totalement. Là-bas, Ravi, ancien serviteur et fidèle ami de sa grand-mère Amisha, lui ouvre les portes d’une mémoire longtemps enfouie. À travers sa voix naît une seconde histoire, celle d’Amisha, jeune fille mariée à quinze ans selon les traditions d’une Inde encore sous domination britannique.
J’ai été profondément touché par cette construction à plusieurs voix, qui fait dialoguer trois générations de femmes unies par les mêmes blessures, les mêmes rêves et une incroyable force de résilience. Amisha devient rapidement le cœur du roman, une femme privée de liberté, mais jamais de son imaginaire, elle trouve dans l’écriture un refuge et une manière de préserver son âme. Mais le personnage de Ravi est tout aussi magnifique. Intouchable dans une société régie par les castes, il incarne la fidélité, la gratitude et cette amitié inconditionnelle qui transcende les barrières sociales. Sa relation avec Amisha est d’une beauté bouleversante.
Sejal Badani dresse également un portrait fascinant de l’Inde d’autrefois, entre traditions ancestrales, domination coloniale, émergence de Gandhi et quête d’indépendance. Ce contexte historique enrichit le récit sans jamais étouffer l’émotion. La plume de l’autrice est élégante, sensible et profondément immersive. Chaque page semble rappeler que les histoires possèdent un pouvoir immense, celui de réparer les silences, de transmettre les mémoires et parfois même de changer une destinée.
La Passeuse d’histoires est un roman historique, une magnifique histoire d’amour et d’amitié, mais surtout un vibrant hommage aux femmes qui, malgré les interdits, ont trouvé dans les mots la plus belle des libertés.
Si vous ne l’avez pas lu, laissez-vous porter par cette merveille.
Elle a touché mon cœur… et je suis convaincu qu’elle saura toucher le vôtre.
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Extraits :
« VINGT POUR CENT DES FEMMES font un jour une fausse couche. Parmi elles, quatre-vingts pour cent perdent leur bébé au cours du premier trimestre de grossesse. Les risques sont de douze pour cent à trente ans – une probabilité qui augmente avec l’âge.
Je peux réciter par cœur ces statistiques, et bien d’autres encore. J’ai lu tout ce qui était à ma portée, dès le jour où on a décidé d’avoir un enfant.
C’était il y a cinq ans. Depuis, j’ai passé un nombre incalculable d’heures à la bibliothèque et sur Internet, dans l’espoir de trouver une nouvelle étude, un nouveau médicament, qui multiplierait mes chances d’arriver à terme. Mais peu importent mes lectures, j’en viens toujours à la même conclusion : certains bébés naissent, d’autres pas. »
« J’AVAIS CINQ ANS QUAND J’AI SUPPLIÉ ma mère de m’offrir un chien. La race ou la taille n’avaient aucune importance : je voulais juste avoir un compagnon qui soit bien à moi, à aimer et à câliner. Trois jours après ma requête, ma mère m’a fait la surprise : un chiot en laisse m’attendait à la maison. C’était le bonheur. Je l’emmenais partout et il dormait dans mon lit. Quelques mois plus tard, il s’est enfui et nous ne l’avons pas retrouvé. Assise sur mon lit, j’ai pleuré pendant des heures sous les yeux de ma mère qui demeurait silencieuse, dans l’embrasure de ma chambre. Je me suis finalement endormie, épuisée de chagrin. Ce n’est qu’au matin que j’ai compris que pendant la nuit, elle avait tiré la couverture sur moi et avait éteint la lumière. Jamais elle ne m’a adressé un mot à propos de cette douloureuse perte. »
« QUAND J’AVAIS SEPT ANS, j’ai voulu apprendre à faire du vélo. Ma mère m’en a acheté un avec des roulettes, mais je les ai enlevées. Mes pieds
atteignaient à peine les pédales. Chaque jour, je montais dessus et chaque jour, je tombais. L’une de ces chutes a été particulièrement brutale, et j’ai récolté dix points de suture au front. Alors, Maman a enfermé mon vélo dans le garage. Quand nous en avons discuté, elle m’a laissé le choix entre abandonner ou attendre de grandir un peu pour réessayer. J’ai refusé de l’écouter et j’ai ressorti le vélo du garage en cachette. Le jour suivant, je me cassais le bras et m’ouvrais la lèvre en dévalant une pente. Elle a immédiatement offert mon vélo à l’un de nos voisins.
Quand j’ai exigé de savoir pourquoi, elle m’a répondu : “Jaya, parfois, c’est mieux de laisser tomber les choses qui nous font mal.” »
« — J’ai quinze ans. Mon mariage a déjà été arrangé.
Neema jeta un œil à l’horloge, puis à la porte, évitant le regard d’Amisha. Cette dernière, qui avait été mariée à quinze ans elle aussi, savait que les filles pouvaient être offertes à tout âge. Certaines familles pauvres échangeaient leur nouveau-né contre un sac de riz. Dans certains villages, on n’attendait pas que les filles aient quinze ans. Amisha se demanda si ces traditions changeraient au fil du temps. Mais personne, pas même les Britanniques, n’avait été capable de modifier les choses jusqu’à présent. »


Sejal Badani est une ancienne avocate qui écrit aujourd’hui à plein temps. Quand elle n’écrit pas, elle aime lire et voyager, avec Bruce Springsteen, Beyonce et Ed Sheeran en fond sonore. Elle vit actuellement sur la West Coast avec sa famille et leurs deux chiens.
Ses ouvrages font partie des listes bestsellers du USA Today, du Washington Post, du Wall Street Journal et d’Amazon Charts.
Son deuxième roman, La Passeuse d’histoires, a déjà conquis plus d’un million de lecteurs dans le monde.

































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