Histoire, Philosophique, Suspense, Violence

Le songe de Scipion

de Iain Pears
Poche – 16 septembre 2004
Éditeur : Pocket

En Provence, à trois époques décisives de l’histoire, la fin de l’Empire romain, la Grande Peste du XIVe siècle et la Seconde Guerre mondiale, trois hommes sont unis autour d’un texte, Le songe de Scipion, et de l’amour absolu porté à une femme d’exception. Que faire face aux hordes de barbares menés par le roi Euric, aux complots autour de la papauté, à la montée du nazisme tout-Puissant ? Au moment où la société dans laquelle ils vivent est au bord du chaos, Manlius Hippomanes, Olivier de Noyen et Julien Barneuve devront sacrifier une part d’eux-mêmes pour oser s’engager ou pactiser avec l’ennemi. À travers les récits subtilement entrelacés de leurs vies, l’auteur du Cercle de la croix pose de façon magistrale la question de l’engagement des Hommes dans leur siècle, des choix qui changent le cours d’une vie… et d’une civilisation.

Avec Le Songe de Scipion, Iain Pears m’a proposé une lecture différente de celles que j’attendais. Habitué à ses romans plus proches de l’enquête, je me suis d’abord laissé surprendre par cette œuvre ambitieuse, érudite et profondément philosophique.
Dès les premières pages, j’ai compris que je n’étais pas face à un simple roman historique, mais devant une réflexion immense sur l’homme, la civilisation et les choix qui façonnent notre destinée.

À travers trois personnages séparés par plusieurs siècles, Manlius Hippomanes, Olivier de Noyen et Julien Barneuve, l’auteur construit un fascinant jeu de correspondances entre trois périodes de crise. La chute de l’Empire romain, le Moyen Âge finissant et la Seconde Guerre mondiale. Trois époques différentes, mais finalement traversées par les mêmes interrogations. Comment rester humain lorsque le monde vacille ? Comment choisir entre le bien et le mal lorsque chaque décision semble imparfaite ?

J’avoue avoir eu besoin de temps pour entrer pleinement dans ce récit. J’attendais une intrigue plus classique, des indices, une enquête… mais je cherchais finalement au mauvais endroit. Car la véritable richesse du roman se trouve ailleurs, dans les réflexions qu’il fait naître, dans les dilemmes moraux auxquels sont confrontés ses personnages et dans cette question essentielle. Que sommes-nous prêts à sacrifier pour préserver ce que nous croyons être notre civilisation ?

Peu à peu, je me suis laissé emporter par cette construction magistrale, par le travail historique impressionnant de l’auteur et par son érudition qui rappelle parfois celle d’un Umberto Eco. Chaque époque devient le miroir de l’autre, révélant les mêmes peurs, les mêmes compromissions et les mêmes combats.
Pour sauver une civilisation, faut-il parfois accepter de renoncer à certains principes ? Peut-on réellement savoir si nos décisions sont justes lorsque l’Histoire nous place face au chaos ?

Iain Pears ne donne pas de réponse facile. Il nous oblige à réfléchir, à questionner nos certitudes et à accepter cette part d’incertitude qui accompagne toujours les grands choix humains. “Le Songe de Scipion” est un roman exigeant, parfois déroutant, mais d’une grande richesse. Une œuvre qui mêle histoire, philosophie, politique et émotions humaines avec une remarquable maîtrise.

Une lecture qui demande de la patience… Face aux bouleversements du monde, que choisirions-nous de défendre… et jusqu’où serions-nous prêts à aller ?

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Extraits :

« Julien Barneuve mourut le 18 août 1943 à trois heures vingt-huit de l’après-midi. Il avait mis exactement vingt-trois minutes à mourir, entre l’instant où l’incendie s’était déclaré et celui où ses poumons calcinés aspirèrent leur dernier souffle d’air. Il ne savait pas que sa vie se terminerait ce jour-là, même s’il se doutait que ce n’était pas impossible.
Le feu dévastateur prit tout de suite et se propagea rapidement. Dès le début Julien comprit qu’on ne pourrait jamais maîtriser l’incendie et qu’il serait consumé avec tout le reste. Il ne lutta pas, ne chercha pas à fuir. C’eût été inutile. »

« En un sens, le sort d’Olivier de Noyen fut scellé dès l’instant où il aperçut pour la première fois près de l’église Saint-Agricol, située à quelques centaines de mètres du nouveau palais du pape à Avignon, la femme qu’il devait immortaliser dans ses poèmes. Olivier avait vingt-six ans et le destin le fit naître et mourir durant le siècle le plus sombre peut-être de l’histoire de l’Europe, époque qualifiée par les hommes de maudite. Le courroux divin provoqué par leurs péchés en rendait beaucoup quasiment fous de désespoir. Olivier, disait-on, faisait partie de ces infortunés. »

« Le document fondamental était celui que Julien avait trouvé au Vatican. Le Songe de Scipion montrait que l’évêque connaissait parfaitement le néoplatonisme, philosophie extrêmement complexe. Parmi tous ceux encore capables d’agir ce fut un philosophe qui, grâce à son pragmatisme et à sa lucidité, passa à l’action de manière décisive. Quelqu’un comme Julien aurait-il pu résister à une telle interprétation ? »

« Or Ceccani était un homme plutôt cultivé et, bien qu’il ne devint jamais l’un des fascinants et érudits cardinaux-philosophes qui rachèteraient l’Église corrompue du siècle suivant, il lisait autant que faire se pouvait en ce temps-là et possédait un début de bibliothèque. »

« — La politique vous ennuie ? demanda Bronsen.
Julien sourit.
— En effet. Toutes mes excuses, monsieur. Ce n’est pas que je n’aie pas essayé de m’y intéresser, mais des recherches méticuleuses et approfondies m’ont permis d’émettre l’hypothèse que tous les hommes politiques sont des menteurs, des imbéciles ou des filous, et je n’ai encore rien trouvé qui me fasse changer d’avis.
Ils peuvent causer de grands dommages et ne font que rarement de bonnes choses. Le citoyen lucide a le devoir de protéger la civilisation de leurs déprédations. »

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Iain Pears est né en Angleterre en 1955 et vit à Oxford. Docteur en philosophie et historien de l’art, il a travaillé pour l’agence Reuter jusqu’en 1990. Conseiller de la BBC et de Channel 4 pour plusieurs programmes culturels, il est aujourd’hui journaliste. Auteur de plusieurs études sur l’art, il a également publié six romans courts, composés dans l’esprit des « mysteries anglais”, ces textes brefs qui, à la suite des Histoires extraordinaires d’Edgar Poe, perpétuent la littérature à énigmes imprégnée de fantastique et de morbide. Après la publication de L’affaire Bernini et de L’affaire Raphaël, Le cercle de la croix paraît en France en 1998. Salué à sa sortie comme un événement littéraire majeur, la critique a vu en lui une étape capitale dans le renouvellement de la littérature policière et historique.

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Conte, Philosophique, Poésie

L’Âme du monde II

Juste après la fin du monde
de Frédéric Lenoir
Poche – 5 janvier 2023
Éditeur : Pocket

La suite de L’Âme du monde.

Retrouvez dans ce nouveau conte initiatique la sagesse et l’émotion qui ont fait le succès de L’Âme du monde, vendu à plus d’un million d’exemplaires dans vingt pays.

Après un cataclysme planétaire, Natina, marche de village en village afin d’enseigner aux survivants ce qu’elle a appris des sages de l’ancien Monde : comment vivre en évitant les erreurs qui ont conduit à la catastrophe et apprendre à vivre en harmonie avec soi-même, avec les autres et dans le respect de la nature.
Au fil de cette quête, Natina retrouvera-t-elle celui à qui elle pense secrètement et qui vient parfois la visiter dans ses rêves ?

Il y a à peine 10 jours, je refermais L’Âme du monde avec le sentiment d’avoir vécu une lecture profondément transformatrice. En découvrant qu’il existait une suite, je n’ai pas hésité une seconde… Il me fallait poursuivre ce voyage.

Après un cataclysme qui a bouleversé notre planète, Natina parcourt un monde en reconstruction pour transmettre l’héritage des sages de l’Ancien Monde. Quelque part dans le monde, Tenzin poursuit lui aussi une quête intérieure où chaque rencontre devient une leçon de vie. Comment vont-ils faire pour se retrouver dans ce nouveau monde ?

J’ai retrouvé avec un immense bonheur tout ce qui m’avait bouleversé dans le premier tome. Frédéric Lenoir parle de l’amour, de la souffrance, de la joie, de la nature, de la mort et de l’espérance avec une douceur qui touche directement le cœur. Ce récit initiatique ne cherche jamais à imposer des réponses. Il invite simplement à ralentir, à observer, à méditer et à retrouver ce lien essentiel avec soi-même, avec les autres et avec le vivant.
J’ai été profondément ému par la bienveillance qui imprègne chaque page. Derrière l’apparente simplicité de ce conte se cache une véritable réflexion sur notre manière de vivre et sur le monde que nous souhaitons transmettre aux générations futures.

Natina et Tenzin deviennent peu à peu des passeurs de lumière, des personnages qui nous rappellent que la sagesse commence souvent par de petits gestes, une écoute sincère, le respect des autres et de la nature.

Une nouvelle fois, L’auteur réussit à rendre accessibles des réflexions philosophiques parfois complexes sans jamais me perdre. J’ai refermé ce livre avec le sentiment d’avoir grandi un peu.

C’est un roman lumineux, profondément humaniste, que je recommande à tous ceux qui éprouvent le besoin de redonner du sens à leur existence.
Une lecture qui apaise, nourrit l’esprit et, surtout, donne envie d’être meilleur.
Une lecture initiatique que tout le monde doit lire !

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Extraits :

« La petite fille posa sa cruche sur le bord de la route et courut jusqu’au village en criant de toutes ses forces : “La Vivante, la Vivante ! Elle arrive ! Elle vient nous visiter !” À ces mots, les visages des vieux comme des jeunes s’illuminèrent. Tous se pressèrent à l’entrée du village pour accueillir la jeune femme qui marchait d’un pas lent et gracieux. Bien qu’elle fût de type européen, elle était vêtue d’un sari indien blanc et avait pour seul bagage un petit sac qu’elle portait en bandoulière. »

« Il y a de nombreuses qualités à développer pour grandir en humanité. Mais la mère de toutes est sans doute l’émerveillement. Un homme ou une femme qui ne savent plus s’étonner et s’émerveiller perdent ce qu’il y a peut-être de plus essentiel dans leur humanité : la conscience de l’éclat du monde et du miracle de la vie. Comment ne pas s’émerveiller devant la beauté de la voûte céleste et l’harmonie du cosmos ? Devant l’apparition du soleil à la pointe de l’aube et son coucher rougeoyant au crépuscule du jour ? Comment ne pas s’émerveiller face à la majesté des cimes enneigées ? Face à l’infinité des horizons marins ? Devant un champ de coquelicots ou de blé ondulant sous la caresse du vent ? »

« Ô survivants, écoutez ceci : pour pouvoir subsister et nous développer, la loi de la vie nous impose de manger un autre vivant, qu’il appartienne au règne végétal ou animal. Les vaches broutent l’herbe ; les poissons se mangent entre eux, ou se nourrissent de plancton ou d’insectes; les loups dévorent les brebis et vous-mêmes, vous vous nourrissez de plantes, de fruits et parfois de chairs animales. Mais n’oubliez jamais que ce que nous mangeons est habité par le souffle sacré de la vie. Tous les êtres vivants – les arbres, les plantes, les animaux – ont une sensibilité et aspirent à vivre. Puisque nous savons cela et que nous devons néanmoins tuer un autre être vivant pour subsister, il est important d’avoir conscience de la gravité de cet acte et de le remercier de nous offrir sa vie. »

« — Vous savez, poursuivit Natina, en s’adressant à tous les enfants, il est très important d’accueillir les émotions qui surviennent dans notre cœur : que ce soit la joie, la peur, la colère ou la tristesse. Ce sont ces émotions qui nous rendent vraiment humains et capables de comprendre les autres et de ressentir ce qu’ils peuvent ressentir. Aucune émotion n’est négative. Toutes sont nécessaires et ont une grande utilité.
La peur nous avertit des dangers. La tristesse nous permet de traverser pleinement nos chagrins et de compatir à ceux des autres. La colère nous invite à ne pas accepter les injustices et à nous affirmer contre ceux qui ne nous respectent pas. La joie dilate notre cœur et nous permet de savourer la vie. Ce sont ces émotions qui nous rendent pleinement vivants et il convient de toujours les accueillir et les vivre lorsqu’elles se présentent. »

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue, historien des religions, conférencier et écrivain.

Fils de René Lenoir (1927-2017), ancien Secrétaire d’État à l’Action sociale de 1974 à 1978 sous Valéry Giscard d’Estaing, il grandit dans l’Essonne. Intéressé par la pensée de Jung et les questions religieuses, après son baccalauréat, il entreprend des études de philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse et a pour professeur Emmanuel Lévinas. Il mène ensuite une quête spirituelle en Inde, en Israël et dans des monastères en France. En 1986, il entame à l’EHESS une thèse de doctorat en sociologie sur la rencontre du bouddhisme et de l’Occident qu’il obtiendra avec les félicitations du jury à l’unanimité en 1999.
En 1986, il entre aux Éditions Fayard comme Directeur littéraire, poste dont il démissionnera en 1991 pour se consacrer à l’écriture et à la recherche. À partir de 1996, il collabore à « L’Express » et tient une chronique dans Psychologies magazine avant de prendre, en 2004, la direction du magazine « Le Monde des religions », un bimestriel qui dépend du quotidien « Le Monde », et qui aborde le fait religieux de manière distanciée. Il démissionne de son poste de directeur en octobre 2013.
De 2009 et jusqu’en 2014, il produit et anime avec Leili Anvar une émission hebdomadaire sur France Culture : « Les racines du ciel », consacrée à la spiritualité. Il est chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaire du Fait religieux (CEIFR).
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (essais, romans, contes, encyclopédies), traduits dans une vingtaine de langues et vendus à cinq millions d’exemplaires, il écrit aussi pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée. Sa pièce « Bonté divine », avec Roland Giraud, a été jouée à Paris en 2009. « La promesse de l’ange », écrit en collaboration avec Violette Cabesos, a obtenu le Prix des maisons de la presse 2004.
Co-fondateur de l’association « Environnement sans frontières », il est fortement engagé dans la cause écologique et a écrit avec l’astrophysicien Hubert Reeves « Mal de terre » (2003). Il est aussi le parrain de l’association pionnière dans le logement intergénérationnel Le Pari Solidaire depuis septembre 2011. Militant pour la cause animale, il rejoint en 2012 le jury du prix littéraire 30 Millions d’Amis. Il crée l’association Ensemble pour les Animaux en 2017.

Son site : https://www.fredericlenoir.com/

Petit traité d’histoire des religions (2008)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/16/petit-traite-dhistoire-des-religions/

Du Bonheur, un voyage philosophique (2015)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/du-bonheur-un-voyage-philosophique/

L’Âme du monde (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/06/20/lame-du-monde/

Plus fort que la nuit (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/12/plus-fort-que-la-nuit/

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Conte, Magique, Philosophique

L’Âme du monde

de Frédéric Lenoir
Poche – 21 août 2014
Éditeur : Pocket

Sept sages venus des quatres coins du monde se réunissent pour transmettre à deux jeunes adolescents les clés de la sagesse universelle.
Une fable initiatique étincelante qui touche le cœur autant que l’intelligence.

“Et l’alchimiste Lenoir de redescendre de sa montagne avec ce best-seller aussi philosophique que philosophal.”
Thomas MalherLe Point

“Captivant.”
Elsa Godart Psychologies

Il existe des livres qui se lisent comme des romans, et d’autres qui se savourent comme des compagnons de route. L’Âme du monde fait incontestablement partie de cette seconde catégorie. J’ai découvert ici un conte initiatique d’une grande simplicité apparente, mais dont la richesse se dévoile peu à peu au fil des pages. Frédéric Lenoir m’a entraîné dans un monastère tibétain où sept sages, venus des quatre coins du monde, se réunissent pour transmettre à deux adolescents un héritage précieux : les clés de la sagesse universelle.

L’intrigue sert avant tout de fil conducteur à une réflexion plus profonde sur le sens de la vie, le bonheur, l’amour, la vocation, la connaissance de soi et notre place dans le monde. Et c’est précisément ce que j’ai aimé. Derrière une histoire accessible se cache une véritable invitation à ralentir, à réfléchir et à s’interroger sur l’essentiel.

J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’auteur efface progressivement les différences entre les traditions religieuses et philosophiques pour ne conserver que ce qui les rassemble. Au fil des enseignements, il ne reste plus ni dogmes ni frontières, mais une parole universelle qui parlait directement à mon cœur. La plume de Frédéric est fluide, élégante et profondément bienveillante. Les contes, paraboles et petites histoires qui ponctuent le récit apportent une dimension poétique qui rend la lecture particulièrement agréable.

Bien sûr, ceux qui connaissent déjà la philosophie, les religions ou le développement personnel n’y trouveront peut-être pas de révélations majeures. Mais, j’y ai trouvé un rappel précieux de vérités simples que l’on oublie malheureusement parfois dans le tumulte du quotidien. Ce livre m’a fait du bien. Il m’a invité à prendre du recul, à me recentrer sur l’essentiel et à réfléchir à ce qui nourrit réellement l’âme humaine.

J’ai refermé ce roman avec le sentiment d’avoir reçu une leçon de vie empreinte d’humilité, de douceur et d’espérance. Un livre à lire lentement, à relire sans doute, et à garder à portée de main pour les moments où l’on perd un peu le nord.

Une magnifique découverte, lumineuse et inspirante, qui fut pour moi un véritable coup de cœur.
Les livres de Frédéric Lenoir ont ce pouvoir étrange. À chaque fois, ils m’obligent à ralentir, à faire le tri dans mes pensées et à repartir sur des bases plus saines.

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Extraits :

« Le vieux rabbin Salomon était assis dans sa cuisine quand il entendit une voix lui dire : « Va à Toulanka. » Il appela sa femme, Rachel, qui n’avait rien entendu. Il pensa avoir rêvé, mais la voix se fit de nouveau entendre : « Va à Toulanka, ne tarde pas. » Alors il se dit que Dieu lui avait peut-être parlé. Pourquoi lui ? »

« Le monastère de Toulanka, perché sur un éperon rocheux à près de quatre mille mètres d’altitude et adossé à une montagne entièrement recouverte de neige, était inaccessible en voiture. À une quinzaine de kilomètres se trouvait une petite bourgade. Il n’y avait qu’un seul hôtel, juste en face de la gare routière. C’est là que Rabbi Shlomo, la chamane Ansya, le père Pedro, Ma Ananda, Maître Kong, Cheik Youssuf, Gabrielle et sa fille Natina se retrouvèrent, moins d’une semaine après le début de ces événements. »

« — La question essentielle sur laquelle nous ne parviendrons jamais à nous accorder est celle de la définition de l’Absolu, confirma Gabrielle.
Moi, par exemple, je partage la vision panthéiste des sages stoïciens ou de Spinoza : Dieu se confond avec la Nature. Il n’est pas un être suprême, créateur du monde, qui parle aux hommes par la voix des prophètes, comme le pensent les juifs, les chrétiens et les musulmans, mais une force impersonnelle qui demeure en tout être et apporte son harmonie au monde.
— Ne parlons donc pas de Dieu ! s’exclama Cheik Youssuf dans un grand éclat de rire. Il y a bien d’autres croyances qui nous rassemblent. »

« Chacun parle de Dieu, du divin ou de l’Absolu selon la perception limitée qu’il en a. Et aucune religion ne peut prétendre posséder la totalité de la Vérité. Celle-ci s’est comme éclatée en morceaux en se manifestant dans le monde. »

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue, historien des religions, conférencier et écrivain.

Fils de René Lenoir (1927-2017), ancien Secrétaire d’État à l’Action sociale de 1974 à 1978 sous Valéry Giscard d’Estaing, il grandit dans l’Essonne. Intéressé par la pensée de Jung et les questions religieuses, après son baccalauréat, il entreprend des études de philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse et a pour professeur Emmanuel Lévinas. Il mène ensuite une quête spirituelle en Inde, en Israël et dans des monastères en France. En 1986, il entame à l’EHESS une thèse de doctorat en sociologie sur la rencontre du bouddhisme et de l’Occident qu’il obtiendra avec les félicitations du jury à l’unanimité en 1999.
En 1986, il entre aux Éditions Fayard comme Directeur littéraire, poste dont il démissionnera en 1991 pour se consacrer à l’écriture et à la recherche. À partir de 1996, il collabore à « L’Express » et tient une chronique dans Psychologies magazine avant de prendre, en 2004, la direction du magazine « Le Monde des religions », un bimestriel qui dépend du quotidien « Le Monde », et qui aborde le fait religieux de manière distanciée. Il démissionne de son poste de directeur en octobre 2013.
De 2009 et jusqu’en 2014, il produit et anime avec Leili Anvar une émission hebdomadaire sur France Culture : « Les racines du ciel », consacrée à la spiritualité. Il est chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaire du Fait religieux (CEIFR).
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (essais, romans, contes, encyclopédies), traduits dans une vingtaine de langues et vendus à cinq millions d’exemplaires, il écrit aussi pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée. Sa pièce « Bonté divine », avec Roland Giraud, a été jouée à Paris en 2009. « La promesse de l’ange », écrit en collaboration avec Violette Cabesos, a obtenu le Prix des maisons de la presse 2004.
Co-fondateur de l’association « Environnement sans frontières », il est fortement engagé dans la cause écologique et a écrit avec l’astrophysicien Hubert Reeves « Mal de terre » (2003). Il est aussi le parrain de l’association pionnière dans le logement intergénérationnel Le Pari Solidaire depuis septembre 2011. Militant pour la cause animale, il rejoint en 2012 le jury du prix littéraire 30 Millions d’Amis. Il crée l’association Ensemble pour les Animaux en 2017.

Son site : https://www.fredericlenoir.com/

Petit traité d’histoire des religions (2008)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/16/petit-traite-dhistoire-des-religions/

Du Bonheur, un voyage philosophique (2015)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/du-bonheur-un-voyage-philosophique/

Plus fort que la nuit (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/12/plus-fort-que-la-nuit/

Émotion, Biographie, Drame, Histoire vraie, Journalisme d'investigation, Philosophique, Psychologie

L’Homme sans fil

de Alissa Wenz
Broché – 5 janvier 2022
Éditeur : Denoël

“S’amarrer dans des villes inconnues, ne pas savoir où il va dormir, voilà ce qu’il aime. L’exaltation du nouveau. C’est exactement ce qu’il ressent quand il entre dans des réseaux informatiques. Oui, c’est la même chose, se dit-il, c’est un acte de foi. […] Les journaux l’appellent ainsi : le hacker sans abri.”

En 2010, le jeune soldat Bradley Manning est accusé d’avoir divulgué des documents classés secret-défense, révélant d’importantes bavures de l’armée américaine. Il risque alors la prison à perpétuité. Qui se souvient aujourd’hui d’Adrian Lamo, l’homme qui l’a dénoncé ? Hacker hors pair, Adrian Lamo est une légende dans son domaine. Mais le génie adulé, l’insolent vagabond, s’isole progressivement. Happé par les univers parallèles dont il se fait l’architecte, Adrian Lamo s’extrait peu à peu de la vie. Il perd dangereusement le fil du réel, entraînant dans sa chute ceux qui l’admiraient.

Avec une grande finesse, Alissa Wenz explore la part sombre de notre humanité et compose le portrait saisissant d’un antihéros 2.0.

Avec L’Homme sans fil, Alissa Wenz m’a entraîné dans une histoire aussi fascinante que troublante, à la frontière du roman, de l’enquête journalistique et du récit biographique. Une lecture singulière qui m’a permis de découvrir un personnage que j’ignorais. Adrian Lamo, hacker de génie devenu l’une des figures les plus controversées de son époque.

Dès les premières pages, j’ai été captivé par cet homme hors normes, vivant sans attaches, parcourant les États-Unis avec pour seuls compagnons un sac à dos, un ordinateur et une conception très personnelle de la liberté. Adrian ne cherchait ni la richesse ni la célébrité. Il piratait les systèmes informatiques des grandes entreprises pour en révéler les failles et les aider à les corriger. Une démarche paradoxale, à la fois illégale et profondément sincère.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la complexité de cet homme. Derrière le hacker adulé se cache un être fragile, solitaire, souvent incompris, en quête permanente de sens et de cohérence avec lui-même. Plus le récit avance, plus son parcours prend une dimension tragique.

Alissa Wenz choisit de raconter cette histoire à travers différents témoignages et une enquête qui reconstitue peu à peu le puzzle d’une existence hors du commun. Cette construction donne au roman une véritable force, tout en entretenant une part de mystère autour de son personnage principal.

J’ai également apprécié la réflexion que le livre propose sur la liberté, la vérité, la surveillance et les limites de l’engagement. L’affaire Bradley Manning et WikiLeaks sert ici de toile de fond à des questionnements particulièrement actuels. Où s’arrête le devoir moral ? Peut-on enfreindre la loi au nom d’une cause que l’on juge juste ? Qui sont les héros et qui sont les traîtres ?

Au-delà du hacker, j’ai découvert le portrait d’un homme profondément humain, généreux, tourmenté et vulnérable. Un homme qui rêvait peut-être simplement de rendre le monde meilleur, mais qui s’est retrouvé prisonnier de ses choix et de ses convictions.
Il m’aura fallu attendre plus de la moitié de ma lecture pour me rendre compte que ce récit était inspiré de faits réels qui se sont déroulés en 2010 aux États-Unis. Bradley Manning a vendu ou fourni des documents sécurisés à Wikileaks. Adrian Lamo est celui qui l’a dénoncé. L’Homme sans fil est une lecture originale, sensible et intelligente, qui mêle réalité et fiction pour dresser le portrait poignant d’un personnage aussi fascinant qu’insaisissable.

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Extraits :

« Vous vous en souvenez. Vous avez vu cette vidéo. C’était le 5 avril 2010. La vidéo s’appelait “Collateral murder”, meurtre collatéral. Elle apparaissait sur le site WikiLeaks.
Une vidéo en noir et blanc. Vous l’avez vue. Vous avez vu ces images prises d’un hélicoptère américain, à Bagdad, en 2007.
Des images en noir et blanc, dans le viseur. Une grande croix menaçante au milieu du cadre. Des voix américaines commentaient les individus qu’elles observaient. Leurs cibles. “C’est une arme, il est armé.” Une autre voix américaine renchérissait. “Lui aussi, lui aussi, il est armé.” L’hélicoptère se trompait. Ce n’étaient pas des armes. C’étaient des appareils photo. Les hommes dans le viseur étaient des journalistes. Une voix disait, “Je vais tirer, on va tirer”.
L’hélicoptère tournait autour des hommes. “On va tirer, il faut tirer.” Les hommes en noir et blanc ne se doutaient de rien. Ils parlaient, ils marchaient. »

« “Question hypothétique…”, risque alors Bradass87.
« Si tu avais la main sur des réseaux classifiés pendant… disons, huit, neuf mois… et que tu voyais des choses incroyables, des choses horribles… qui appartiennent au domaine public, et non pas à un serveur rangé dans une salle obscure de Washington… qu’est-ce que tu ferais ? »

« Adrian Lamo est aimé de ces hommes, mais il n’en tire aucune gloire personnelle. Puisqu’il sait y faire avec les ordinateurs, pourquoi ne mettrait-il pas ses talents au service de ceux qui en ont besoin ? »

« Il n’acceptait jamais d’argent de personne, assure Sullivan au téléphone, par-delà les centaines de kilomètres qui le séparent de Vera Keller. Il ne cherchait pas l’argent, il vivait sans dépenses, il ne possédait rien, il ne souhaitait rien posséder, vous comprenez. Il aurait pu demander de l’argent à Yahoo, à tous ces gens, il ne l’a jamais fait. Il ne cherchait pas à être riche, il cherchait seulement à être heureux, ou en cohérence avec lui-même, quelque chose comme cela. »

Après une formation de piano et de chant en conservatoire, des études de lettres à l’École normale supérieure, ainsi qu’une formation théâtrale, Alissa Wenz choisit de partager sa vie entre la chanson et l’écriture.

Autrice compositrice interprète, elle se produit dans de nombreuses salles à Paris et en région, soutenue par Contrepied Productions.

Elle a étudié à la Fémis, et poursuit des activités de scénariste et enseignante de cinéma.

Elle est également écrivaine.
Ses deux romans, À trop aimer (2020) et L’Homme sans fil (2022), sont publiés aux Éditions Denoël.
L’homme sans fil fait partie des finalistes du Prix Pampelonne-Ramatuelle, ainsi que du Prix Orange du Livre.

Son album Je, tu, elle paraît chez EPM / Universal le 9 septembre 2022.
Romain Didier en signe les arrangements.
Un nouveau spectacle accompagne cet album.

Le Désir dans la cage
https://leressentidejeanpaul.com/2026/03/28/le-desir-dans-la-cage/

À trop aimer
https://leressentidejeanpaul.com/2026/04/23/a-trop-aimer/

Amour, Émotion, Drame, Philosophique, Poésie

Le Visage de la nuit

Le Visage de la nuit
de Cécile Coulon
Broché – 8 janvier 2026
Éditeur : Iconoclaste

Depuis qu’il a survécu à une fièvre mortelle, personne n’a vu son visage. Chaque nuit, l’enfant quitte le presbytère où il a été recueilli et s’enfonce dans les bois. Sous la lune, la forêt devient son territoire. Cette vie clandestine le protège du regard des autres.

Alors qu’il entre dans l’adolescence, une jeune fille apparaît parmi les arbres. Elle ne ressemble en rien aux habitants de ce village perdu, hanté par des haines ancestrales. Mais elle aussi porte un secret et rêve d’échapper à l’avenir qui lui est promis.

Le Visage de la nuit est un roman éblouissant, traversé d’éclairs sur l’adolescence, la violence et le désir.

Avec Le Visage de la nuit, Cécile Coulon m’a entraîné dans un récit aussi étrange qu’hypnotique, un conte sombre où la poésie côtoie constamment le malaise. Dès les premières pages, j’ai eu la sensation d’entrer dans un univers à part, presque suspendu hors du temps, où chaque mot semble murmurer quelque chose d’inquiétant.
Ce roman possède une atmosphère rare, à la fois gothique, mystique et profondément humaine. L’autrice joue avec mes perceptions, avec la lumière et l’obscurité, avec la beauté et la monstruosité, jusqu’à brouiller complètement les frontières entre le bien et le mal.

Au cœur du récit, il y a un enfant revenu miraculeusement à la vie, mais dont le visage porte désormais les traces d’une métamorphose terrible. Rejeté, observé, craint, il grandit dans un monde où les regards blessent autant que les mots. À travers lui, l’auteure explore l’exclusion, la différence et cette violence silencieuse que la société impose à ceux qu’elle considère comme “hors norme”.

J’ai été fasciné par les personnages qui gravitent autour de lui. Une institutrice aveugle d’une grande sensibilité, un prêtre aussi troublant que protecteur, une jeune fille enfermée dans l’ombre de la beauté de son frère, devenue presque malédiction… Aucun d’eux ne semble réellement à sa place, et c’est précisément ce qui rend ce roman si puissant.

L’écriture de Cécile est d’une précision remarquable. Elle possède quelque chose de presque chirurgical dans la manière de disséquer les émotions humaines tout en conservant une infinie poésie. Certaines scènes m’ont profondément touché, d’autres bouleversé…
J’ai particulièrement aimé cette impression de conte intemporel, renforcée par l’absence de prénoms, de noms et de repères géographiques. Tout devient alors universel. Je ne lisais plus seulement une histoire, je traversais une sorte d’expérience sensorielle et émotionnelle.

Le Visage de la nuit est un roman fascinant, noir et lumineux à la fois, qui interroge notre rapport au regard, à la beauté, à la différence et aussi à l’amour. Une lecture troublante, magnétique et profondément marquante.

Merci Corinne Tartare pour cette belle découverte…

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Extraits :

« – Mon enfant, votre père est parti, mais n’ayez crainte, je suis là.
Alors l’enfant de sept ans tourna vers lui son visage pourri et le prêtre sentit déferler dans tout son être un flot de tristesse. Cette figure dévastée ne le répulsait pas: il était au-delà du dégoût.
– Avez-vous mal ? murmura-t-il en gardant la paume contre la poitrine de l’enfant.
Il discerna dans le visage du monstre une expression connue, celle des petits qui s’interrogent et dont la question affleure entre les yeux et la bouche, une moue d’habitude adorable. »

« Elle était maigre et droite, serrée dans une robe grise qui tombait jusqu’aux pieds. Des guêtres plus épaisses recouvraient ses pieds. Ses chaussons en cuir, usés mais impeccables, glissaient sur les dalles du presbytère comme la traîne d’un fantôme. Son ombre, aiguisée par la pierre grise, avançait promptement dans les couloirs. Son visage, dépourvu d’yeux, était fait d’une bouche pincée, de pommettes trop hautes et d’un front couvert de cheveux blancs, épais. Sur ses orbites jadis occupées par un regard bleu clair, un linge noir, croisé, noué à l’arrière sur la nuque, couvrait une large partie des tempes, au-dessus des sourcils et sous les cernes. »

« Gardez en tête que je ne fais pas cela contre vous, que je crois sincèrement qu’un enfant de votre âge doit vivre, grandir, jouer et apprendre aux côtés des autres enfants, mais je ne vous livrerai pas en pâture, car l’enfance est un lieu d’innocence autant que de cruauté et ils se déchaîneront, n’en doutez pas. Lorsque vous atteindrez votre majorité, si nous sommes encore de ce monde, vous pourrez choisir de quitter ces lieux, de me dénoncer, en ville, aux hommes de loi, vous pourrez choisir de maudire cet endroit, mais jusqu’à votre âge adulte Madame et moi ferons notre possible pour vous donner ce dont vous avez besoin pour vous épanouir. »

« Pendant plusieurs jours, il ne courut plus les collines. Le visage de la jeune fille le hantait. Le soir, il rêvait d’elle, il la voyait avancer, son manteau traînait sur les cailloux. Il essayait de la repousser mais aucun son ne sortait de sa bouche, et elle se rapprochait, les yeux fixés sur lui. Il se réveillait, le cœur battant, ses couvertures repoussées au fond du lit. Il ouvrait la fenêtre pour sentir l’air frais mais il refermait rapidement, craignant qu’elle ne soit là, en bas, devant la porte. »

« Ne demandez pas d’argent à ceux qui n’en ont pas. N’en demandez pas tant à ceux qui en ont trop. Et refusez celui qui vous est proposé quand il est accompagné de mensonges. »

Romancière et poète, Cécile Coulon est l’autrice de Une bête au Paradis (Prix littéraire du Monde), Seule en sa demeure et La Langue des choses cachées, parus à L’Iconoclaste, qui ont conquis plus de 400 000 lecteurs. Elle a un don pour faire surgir la beauté là où personne ne l’attend.

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Philosophique

Theo

de Allen Levi
Broché – 6 mai 2026
Éditeur : JC Lattès

Un matin de printemps, un étranger arrive dans la petite ville américaine de Golden. Personne ne sait d’où il vient. Ni pourquoi. Il s’appelle Theo. Et pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Il se rend au café du coin, où quatre-vingt-douze portraits sont accrochés aux murs – des dessins au crayon des habitants de Golden réalisés par un artiste local. Il les achète, un par un, afin de les remettre entre les mains de leurs « véritables propriétaires ». À chaque rencontre, une histoire est racontée, une amitié naît et une vie est transformée.

Ode au don et à la bienveillance, au regard porté sur l’autre, Theo est un roman sur le pouvoir de la générosité, l’importance de l’émerveillement pour mener une vie pleine de sens. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Aslanides

“Son récit rappelle ceux de Paulo Coelho,
il nous apprend à regarder avec respect les multiples bifurcations de la vie.”
The Washington Post

“Theo est un véritable miracle de bouche-à-oreille.”
The New York Times

“Poignant.”
Publishers Weekly

Theo de Allen Levi est arrivé dans ma vie au bon moment. À une période où je me posais beaucoup de questions, ce roman m’a offert une parenthèse de douceur, d’humanité et de lumière. Une lecture profondément bienveillante qui m’a touché bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Theo est un homme mystérieux qui vient s’installer dans la petite ville de Golden, en Géorgie. Solitaire en apparence, il va pourtant, jour après jour, aller à la rencontre des habitants. Chaque rencontre est une histoire. Il écoute, il observe, il aide, souvent avec une discrétion bouleversante. Dans un monde où chacun semble vivre pour soi-même, Theo choisit simplement d’être présent pour les autres.

Très vite, j’ai senti que sa venue dans cette ville n’avait rien d’un hasard. Quelque chose flottait entre les lignes, une émotion sourde, un secret silencieux que je n’arrivais pas à saisir. Et il m’a fallu attendre les dernières pages pour comprendre… et être profondément bouleversé.

Rarement un roman m’aura autant ému par sa délicatesse. J’avais l’impression de voir les lieux, d’entendre les voix, de ressentir chaque émotion avec une intensité presque intime. À plusieurs reprises, j’ai ralenti ma lecture pour savourer pleinement la beauté de certains passages. Ici, tout semble écrit avec le cœur. Allen Levi possède une sensibilité remarquable. Chaque chapitre avance doucement, presque comme une mélodie ou une peinture qui se construit touche après touche. La tristesse et la beauté s’entrelacent constamment, mais sans jamais écraser le lecteur. Au contraire, ce roman fait du bien. Il rappelle l’importance des gestes simples, de la gentillesse, de l’écoute et de l’amour.
J’ai également été très touché par les passages évoquant le Portugal, ses traditions et ses souvenirs, qui ont réveillé chez moi quelque chose de profondément personnel et nostalgique.

Au final, Theo est une lecture lumineuse, portée par une écriture élégante et des personnages profondément humains. Un roman qui parle d’art, de musique, de transmission et surtout de cette bonté devenue trop rare dans notre quotidien.
Je découvre un auteur d’une immense délicatesse, capable de transformer les émotions ordinaires en quelque chose d’universel.

Je remercie les Éditions JC Lattès, et Babelio pour l’envoi de ce sublime roman, il est magnifique et je peux même dire, que s’est un immense coup de cœur. Sans doute le roman qui m’aura le plus touché cette année.

À lire absolument.

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Extraits :

« Le premier jour de son année à Golden, Theo se réveilla tôt, ouvrit les rideaux de sa chambre d’hôtel et contempla l’aube, au sud. La veille, dans l’après-midi, il était arrivé de chez lui, à New York, où l’hiver, avec un mélange tardif de neige et de glace, battait encore son plein. Le vol pour Atlanta (en jet privé) et le trajet en voiture vers le sud jusqu’à Golden (dans une Lincoln Town avec chauffeur) l’avaient transporté dans un monde de chaleur, resplendissant d’une myriade de nuances de vert, de jaune, de lavande et de rose. »

« Quand j’étais petite, mes parents se sont séparés. J’étais trop jeune pour comprendre, mais on m’a dit que leur séparation avait été assez moche. Je descends d’une longue lignée de sang bleu. Vous connaissez ce terme ? Cela veut dire que nous sommes ici depuis longtemps, une famille respectée, des notables. Quand le conflit entre mes parents a pris fin, ma mère est partie s’installer en Europe et je ne l’ai presque jamais revue. »

« La vie des compositeurs, les contextes historiques dans lesquels ils écrivaient, la structure de leurs compositions, les instruments et les chefs d’orchestre qui faisaient vivre ces sons – Theo voulait tout connaître.
Pour lui, un concert n’était que la dernière étape d’un long processus qui incluait la graine et la forêt, le bûcheron et l’artisan, le musicien et le spectateur, l’esprit et le corps, le cœur et l’âme, le paradis et l’enfer. La musique était un microcosme. C’était l’art du portrait sonore. »

« Vivre avec la tristesse, l’accepter, c’est plus facile que d’essayer de faire comme si elle n’était pas là. C’est un autre des grands mystères de la vie : la tristesse et la joie peuvent coexister, elles sont incroyablement compatibles. Et je me demande d’ailleurs si, de ce côté du paradis, l’une peut exister pleinement sans l’autre. »

« Autrefois, certains des moments les plus heureux de Theo étaient ceux où il racontait des histoires à cette petite fille-là. Aujourd’hui, certains de ses moments les plus heureux sont ceux où il partage des histoires avec cette petite fille-ci. Lire avec l’une ou l’autre, c’était comme boire dans un calice d’or. »

Allen Levi a grandi en Géorgie aux Etats-Unis. Il a exercé longtemps en tant qu’avocat.
À 70 ans, il décide de voir s’il est capable d’écrire le roman qu’il aurait voulu lire. Theo est aujourd’hui un best-seller en cours de traduction dans plus de 26 pays.

Émotion, Bouffée d'oxygène, Drame, Philosophique

Trois lignes dans le journal

de Lyra Kiev
Poche – 11 juillet 2024
Éditeur : Éditions Baudelaire

Mariée, mère et grand-mère, Élise se sent seule et incomprise. Le monde va trop vite, elle ne comprend pas pourquoi les autres sont happés par leur propre vie sans penser à elle. Elle a ce sentiment amer d’avoir tout donné, et de n’avoir rien reçu en retour. Mais ses attentes sont-elles légitimes ? Il lui faudra faire face à bien des déceptions pour comprendre que la félicité est dans l’acceptation de la vie, et que c’est à elle d’agir si elle veut changer les choses. Cet ouvrage est un roman contemporain qui pose la question du sens qu’on peut donner au temps qu’il nous reste à vivre.

Trois lignes dans le journal de Lyra Kiev est un roman qui m’a profondément remué. Une lecture étrange, parfois inconfortable, presque douloureuse, au point où j’ai envisagé plusieurs fois de l’abandonner… et pourtant, il a fini par me faire un bien immense.

Élise est une femme d’une soixantaine d’années autour de qui tout semble graviter, ses enfants, sa petite-fille, sa maison, ses vêtements, son apparence. Mais très vite, derrière cette façade bien ordonnée, j’ai découvert une femme dure, égocentrique, souvent blessante. Je l’ai trouvée insupportable. Elle réveillait en moi des souvenirs, des émotions, des situations que j’avais moi-même connues. Certaines pages m’ont mis en colère. J’ai fermé le livre plus d’une fois avant de le reprendre, presque à contrecœur, en espérant malgré tout qu’un basculement finirait par arriver.

Et il est arrivé.
Je crois même avoir béni cette fameuse page 100, celle où quelque chose se fissure enfin dans la vie d’Élise. À partir de cet instant, le récit prend une autre dimension. Ce qui semblait secondaire devient essentiel. Les silences prennent du poids, les regards changent, les êtres existent enfin. Élise découvre peu à peu qu’elle a une famille, des voisins, des amies… des gens qu’elle côtoyait sans jamais réellement les voir ni les entendre.

Lyra Kiev m’a plongé alors dans des fragments de vie d’une grande justesse, sur près de deux années durant lesquelles Élise va lentement se transformer. Et j’ai suivi cette évolution avec émotion, parfois même avec tendresse. À travers elle, l’autrice m’a poussé à réfléchir sur le temps qui passe, sur notre manière d’aimer, de parler aux autres, de les écouter, ou pas. Elle interroge avec délicatesse la place que chacun occupe dans sa famille, dans son couple, dans sa propre existence. Ce roman m’a amené à me recentrer sur moi-même, à questionner ce qui compte vraiment au quotidien. Derrière cette histoire de famille apparemment ordinaire se cachent des thèmes universels, la solitude, la vieillesse, la fin de vie, les blessures invisibles, mais aussi notre rapport au vivant.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la fluidité avec laquelle Lyra Kiev fait vivre tous ses personnages, tissant peu à peu un récit profondément humain.
Il m’aura fallu 99 pages pour comprendre où l’autrice voulait m’emmener. 99 pages pour réaliser qu’Élise n’était peut-être pas seulement un personnage, mais aussi un reflet de certaines parts de nous-mêmes. Ces parts fatiguées, enfermées, qui ne demandent qu’à se réconcilier avec la vie.

Ce roman a agi sur moi comme un électrochoc doux et nécessaire. Une lecture troublante, philosophique, profondément humaine, arrivée exactement au bon moment.
Merci, Lyra, pour cette histoire qui m’a autant bousculé que réparé.

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Extraits :

« Le chat de la voisine la rappela à la réalité en filant entre ses jambes; il manqua de la faire tomber: il ne voulait pas rester enfermé. Elle poussa un cri de surprise et resta hébétée deux secondes. Puis elle referma la porte d’entrée (après avoir vérifié deux fois que le gaz était coupé et la porte-fenêtre verrouillée), mit soigneusement le trousseau de clés dans la poche intérieure de son sac à main et leva le nez au ciel: non, il ne pleuvait pas. Elle hésita un instant puis se ravisa et pendit le parapluie fermé à son bras en pensant “Dieu fasse que je n’aie pas besoin de toi”.
— Élise, tu viens ou quoi! s’impatienta François. Ça fait un quart d’heure que je t’attends ! »

« — Téléphone ! hurla François sans bouger de devant la télévision.
— Je prends ! répondit Élise en se précipitant, et manquant de tomber, trébuchant sur une de ses pantoufles marron.
François haussa les épaules; il ne décrochait jamais, de toute façon. Il se contentait de crier “téléphone” à chaque fois qu’il sonnait, mais assez fort pour couvrir la sonnerie, au volume maximum. Élise avait si peur de rater un appel… »

« Les chats ont des attirances naturelles pour les gens déprimés, répondit Caroline d’une voix blanche. Je l’ai lu dans une revue chez le docteur. Celui-ci est venu spontanément vers moi, alors que je ne peux généralement jamais l’approcher… soupira-t-elle. »

« — Cet argent qui est à moi n’est pas qu’à moi. Je fais partie de l’humanité, il appartient à l’humanité aussi. L’argent amassé qui pourrit dans les banques n’aide que les riches à s’enrichir. Mes enfants sont à l’abri du besoin, je peux, donc je dois aider d’autres enfants, même s’ils ne sont pas les miens. Il faut sortir de cette notion de famille, de clan, de caste. Nous sommes tous frères. Cet enfant est aussi important que l’un des miens. »

« Pourquoi ?
Pourquoi les gens ne se réveillaient pas comme elle, pourquoi tout le monde n’allait pas chercher un enfant, rien qu’un ? Un chacun.
Pourquoi vivaient-ils comme des automates, pare-chocs contre pare-chocs le soir en sortant du travail, le samedi pour faire les courses, l’été pour partir en vacances, dans leur cercueil de fer ?
Pourquoi ne voyaient-ils pas plus loin que le bout de leur capot, que la clôture de leur jardin, que la limite de leur cercle familial ? »

Originaire du sud-ouest de la France, Lyra Kiev est passionnée de poésie, de mythes, de contes et de littérature classique. Elle écrit depuis ses douze ans, des poèmes, des nouvelles et des romans empreints d’héroïsme, de lyrisme et d’espoir. Elle s’est distinguée en remportant en 2021 le 2e prix d’un concours de nouvelles, avec sa réécriture du mythe d’Apollon et Daphné, et aspire à emmener ses lecteurs dans le monde merveilleux qu’on peut trouver à travers les choses simples du quotidien.

Amour, Émotion, Philosophique

Terre de lumières***

de Joëlle Giraud-Buttez
Broché – 1 novembre 2025
Éditeur : Thot Éditions

Entre Paris et Levanto, Julia se cherche, se découvre, avance doucement dans les traces de ses ancêtres. Après avoir confié le grimoire familial à son impulsif ami parisien, elle reprend le chemin de l’Italie. L’ultime étape de sa quête l’y attend, la levée d’excommunication concernant sa grand-mère. Confrontée à la vraie nature de Fabien ainsi qu’à l’ampleur inattendue de sa mission, elle se verra une fois encore malmenée et ébranlée dans ses convictions, ses repères et ses acquis.
Parviendra-t-elle à libérer l’ensemble des femmes de sa lignée, prisonnières de l’injustice ? Arrivera-t-elle à les mener vers la lumière, à prendre la place qui est la sienne ?

Dans ce dernier volet de cette surprenante trilogie, Joëlle Giraud-Buttez emmène, tout en délicatesse, le lecteur aux confins de l’infini.

À travers Le Réveil des mémoires, L’Arche du passé et maintenant Terre de lumières, qui vient clore cette magnifique trilogie, Joëlle Giraud-Buttez m’a entraîné avec une virtuosité rare dans une saga envoûtante. J’y ai suivi, au fil des pages, une histoire familiale complexe qui traverse les siècles, dévoilant progressivement une réalité imperceptible, à la frontière du tangible et des croyances anciennes. Et dans cet entre-deux fascinant, j’ai vu Julia, l’héroïne, devoir affronter l’étrange héritage de sa lignée. Soutenue par Fabien, Camille, Flavio et son grand-père, elle avance envers et contre tout pour découvrir la vérité sur ses ancêtres, et notamment sur sa grand-mère injustement accusée de sorcellerie.

J’attendais cette suite depuis des années, sans même savoir si elle verrait le jour, mais je l’espérais de toutes mes forces… Et la magie a opéré.
Joëlle est, pour moi, une véritable magicienne. Elle puise son inspiration dans la simplicité des rencontres humaines et écrit des romans dont je redoute toujours la dernière page, tant j’aimerais que l’histoire continue encore et encore… À chaque chapitre, à chaque nouvelle page, elle crée un rebondissement, un souffle nouveau soutenu par les valeurs du cœur, l’amour, la filiation, la force des femmes.
Comment ne pas être bouleversé ?

Entre passé et présent, chaque tome m’a offert un voyage unique. Et dans ce troisième volet, le récit est tout simplement sublime.
L’écriture est d’une grande finesse. J’ai senti que chaque mot avait été soigneusement choisi, parfaitement placé. Joëlle m’a transporté dans un monde tantôt magique, tantôt historique, mais toujours traversé d’émotion.

La fin, quant à elle, est d’une beauté rare.
Une conclusion lumineuse, profondément émouvante. J’ai pleuré, pas de tristesse, mais d’un bonheur immense. Ce roman m’a touché au plus intime. C’est beau, tellement beau… et cela fait tellement de bien.

Un énorme coup de cœur pour le roman, bien sûr, mais aussi pour l’auteure, qui transmet avec franchise et douceur des messages de paix, de bienveillance et d’ouverture d’esprit dont beaucoup devraient s’inspirer.

Et dire que sans mon amie Yolande Legras, je serais passé à côté…

Terre de lumières est une histoire prenante, d’une beauté simple et profonde, qui mérite de toucher le cœur de nombreuses personnes.
À lire absolument !

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Extraits :

« Comment avait-elle pu se montrer à ce point aveugle, ne rien avoir vu venir, offrant ainsi, en toute légèreté, son chat aux affres de l’angoisse? Pauvre bête, assignée depuis la nuit des temps au rang de vigile énergétique! Éponge volontaire ou involontaire, elle hésitait encore entre les deux. Quoi qu’il en soit, un vrai baromètre sur pattes à la douloureuse fonction d’absorber tous les éléments résiduels malintentionnés flottant dans l’atmosphère. »

« Quoi qu’il en soit, il était de retour. Après un examen draconien, il regagna nonchalamment son rocking-chair. Le nez entre les pattes, les yeux mi-clos, il réintégra ce qui semblait un délice : la mémoire océanique de son ancienne vie fœtale. Le bonheur à l’état pur. Le jour et la nuit. Qu’avait-il vécu exactement, lui seul le savait. Le mystère resterait entier. Honnêtement, elle en resterait là. Quant à la sensibilité particulière des chats en présence de l’invisible, le fait, bien qu’inexplicable, était reconnu et validé dans l’univers du supra-sensible.
N’en déplaise aux détracteurs en tous genres. Après s’être renseignée sur le sujet, elle découvrit que certains animaux plus que d’autres percevaient, absorbaient, voyaient au-delà du ressenti humain. Un invisible qu’elle n’était pas encore en mesure d’appréhender dans son intégralité, encore trop novice en la matière. »

« Tout commença le jour où Julia lui fie part d’étranges malaises, d’intuitions spontanées, de rêves de plus en plus types, voire prémonitoires, Des pressentiments qui, pour l’avoir constaté, dépassaient le virtuel pour la matérialisation. Julia savait sans pouvoir se l’expliquer, Tant d’éléments déroutants, elle devait l’admettre. Troubles de la personnalité, suractivée émotionnelle féminine, d’où la distanciation relationnelle et la difficulté de la patiente à s’inscrire dans l’équilibre normé de la société, auraient diagnostiqué ses confrères. »

« L’ère technologique et scientifique des siècles derniers avait malheureusement modifié la relation de l’homme à son environnement. Certains allèrent jusqu’à reléguer toute pratique de soin en lien avec la nature au rang de charlatanisme. D’autres réussirent, en dépit de la pression exercée, à garder et à entretenir le lien avec celle qu’ils vénéraient et respectaient, Terre Mère. »

Joëlle Giraud-Buttez est une auteure discrète et spontanée qui affectionne la simplicité des rencontres humaines comme les voyages aux quatre coins du monde. Après des années de travail en milieu hospitalier, elle a désormais un regard plus holistique sur la santé et, au travers des soins énergétiques qu’elle dispense quotidiennement, elle considère chaque personne dans sa globalité. Au fil de ses romans, Joëlle Giraud-Buttez nous entraîne dans un univers hors des sentiers battus, un monde aux multiples facettes.

Le Réveil des mémoires
https://leressentidejeanpaul.com/2019/11/27/le-reveil-des-memoires/

L’arche du passé
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/04/larche-du-passe/

Amour, Émotion, Conte, Philosophique, Poésie

La boîte en fer rouillée

de Jean-Marc Dhainaut
Nouvelle gratuite – 2017

Un homme cabossé par la vie, une vieille chienne au seuil de son dernier souffle.
Une boîte en fer rouillée, exhumée d’un jardin…
Nicolas se retrouve dépositaire d’un secret trop grand pour lui, où certains messages, venus d’ailleurs, font renaître la promesse d’un Noël inattendu.

Avec La boîte en fer rouillée, Jean-Marc Dhainaut livre, une nouvelle fois, une nouvelle bouleversante, où le surnaturel se mêle à la mémoire, à la douleur et à l’amour inconditionnel.
Nicolas, est un homme meurtri par la vie, accompagné de sa vieille chienne Laya, il découvre dans son jardin une mystérieuse boîte contenant des lettres venues du passé. Ce qu’il croyait être au début une plaisanterie, se transforme en un voyage inattendu entre deux époques, deux destins, deux solitudes qui vont se répondre.

Jean-Marc a vraiment le don d’entrer directement dans mon cœur en quelques lignes. Il excelle à tisser une atmosphère à la fois intime et particulièrement poignante. Ici, la tendresse animale côtoie les fantômes de l’Histoire. L’émotion m’a serré la gorge, la dernière page m’a laissé à la fois meurtris et tellement apaisés… Une “petite” lecture que j’ai pris de plein fouet, dont vous ne sortirez pas indemne, mais comme moi, forcément grandi.

Une lecture gratuite, accessible sur le site de l’auteur :
https://www.jmdhainaut.com/la_boite_en_fer_rouillee.pdf

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Extraits :

« À quiconque trouvera cette lettre, je demande des nouvelles de mon fils, Salomon. Je suis sans nouvelles depuis que l’on nous a séparés. Avant de partir à mon tour, j’ai simplement le temps d’écrire ces quelques mots. Si vous la trouvez, si vous avez des nouvelles de lui, aussi incongrue vous semble cette boîte, écrivez-moi, et déposez-y votre lettre, et je saurai. »

« Laya, 14 ans qu’elle partageait sa vie. Elle était sa compagne de tous les instants, des bons et des mauvais. Toujours présente pour essuyer ses larmes, toujours là pour le réconforter, toujours là ces soirs où il craquait quand son ex-femme le poussait à bout. Souvent, il lui prenait la tête entre les mains en lui disant « Je voudrais que tu ne partes jamais, Laya, ne me laisse jamais ». Mais les jours de Laya étaient comptés, ils le savaient tous les deux. »

« Bonjour. J’ai trouvé votre lettre, mais je n’ai pas de nouvelles de votre fils, Salomon, et j’en suis désolé. J’espère que vous finirez par en avoir et je vous souhaite bonne chance. »

« Monsieur Nicolas. Merci de m’avoir répondu. Je vous supplie de m’aider à retrouver mon fils, ne m’abandonnez pas…
Hélène. »

……………………………

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Les prières de sang
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/22/les-prieres-de-sang/

Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Les Galeries hurlantes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/02/les-galeries-hurlantes/

Mémoire de feu
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/03/memoire-de-feu/

ALAN LAMBIN et l’esprit qui pleurait
https://leressentidejeanpaul.com/2024/12/27/alan-lambin-et-lesprit-qui-pleurait/

Les couloirs démoniaques
https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/09/les-couloirs-demoniaques/

ALAN LAMBIN et le fantôme au crayon
https://leressentidejeanpaul.com/2025/08/25/alan-lambin-et-le-fantome-au-crayon/

Comme une fleur sous un orage
https://leressentidejeanpaul.com/2025/08/27/comme-une-fleur-sous-un-orage/

ALAN
https://leressentidejeanpaul.com/2025/09/01/alan/

Dystopie, Philosophique

Gel

Aux confins des confinements
de Francis Denis
Broché – 12 janvier 2025
Éditions : La route de la soie – Éditions

Quand le quotidien se fige et que l’humanité vacille, il reste la force des mots pour capturer l’indicible. Dans ce recueil poignant et déroutant, Francis Denis explore les multiples facettes du confinement, miroir d’une époque troublée où le réel flirte avec l’absurde.
À travers des récits teintés d’ironie, de mélancolie et d’espoir, Francis Denis donne vie à une galerie de personnages, pris dans l’immobilité de leur monde intérieur et extérieur. Tour à tour poétique, satirique et profondément humain, Gel interroge nos fragilités, notre résilience et notre capacité à rêver malgré tout. Des dialogues intemporels aux images saisissantes, ce livre est une invitation à plonger dans l’univers singulier de Francis Denis, où l’ordinaire devient extraordinaire, et où chaque instant figé contient l’espoir d’un renouveau.

Francis Denis, artiste multidisciplinaire, signe ici une oeuvre à la fois littéraire et visuelle, ancrée dans la contemporanéité.

Après avoir été saisi par Jardin(s) – La Femme trouée et déstabilisé avec curiosité par BOB, je me demandais franchement dans quelle direction Francis Denis allait encore m’emmener. Et je dois dire que Gel – Aux confins des confinements m’a pris à revers. Rien à voir, ou presque, avec ses deux précédents romans. Et pourtant, j’y ai retrouvé ce que j’aime chez lui, une lucidité mordante, une écriture affûtée, et une manière bien à lui de saisir les failles de l’humain… Et oui, j’ai souri deux ou trois fois, devant l’intelligence tranquille de certains de ses propos.

Dans Gel, le froid n’est pas qu’un climat, c’est une atmosphère. Il s’infiltre dans les corps, dans les esprits, dans les silences. L’auteur propose une série de huis clos oppressants, comme autant de fragments d’un monde suspendu, abîmé. Chaque scène, chaque voix semble surgir d’un isolement différent, un vieillard qui se terre dans une armoire, un enfant qui écrit au Père Noël, une étrange parodie médiévale… Tout est étrange, presque irréel, surnaturel dirais-je, et pourtant tout sonne tellement juste.

Petit à petit, quelque chose bascule.
Et le confinement glisse vers une autre forme d’enfermement, plus radical, plus désespéré. Le gel devient total, et avec lui, un monde post-apocalyptique prend forme. Machines contre hommes, froid contre mémoire. J’ai été happé, désorienté parfois, mais fasciné.

Ce que j’ai aimé, c’est que ce roman ne se contente pas de rejouer la pandémie. Il la dépasse. Il m’a forcé à m’interroger sur mon rapport au réel, à la peur et à la solitude. Puis, met en lumière un besoin d’évasion et les efforts pour se réinventer, lorsque que tout semble figé.

Ma conclusion, Gel est et restera une œuvre étrange, fragmentaire, mais puissante. Elle m’a laissé un drôle de goût en bouche, comme un souffle givré dans le creux de la gorge. Et c’est précisément pour ça qu’elle m’a plu.
Qu’aurais-je fait à leur place ?
Que restera-t-il de nous ? De moi ?

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Extraits :

« – Ne prenez pas cet air d’inquisiteur chère damoiselle, nous sommes en confinement non pas pour oppresser le peuple mais bien pour nous protéger, pauvres humains que nous sommes tous, du fléau qui frappe à notre porte. »

« Alors la mère. I’ t’ont enfin relâchée !
T’aurais dû respecter les règles. Surtout à ton âge. C’est pas à quatre-vingt douze balais qu’on va se faire bronzer la couenne au bord de l’eau en pleine période de confinement !
J’t’avais dit d’prendre ça au sérieux. On n’est pas dans un roman photo ni entrain de jouer une saynète pour la Noël. Là, maintenant, c’est tout l’avenir de l’Humanité qui est en jeu et quand je dis l’Humanité, c’est l’Humanité avec un grand H !
Comment? Tu ne comprends pas ? Tu dis qu’à ton âge tu crains plus rien et que t’es immunisée ? Que t’en as vu d’autres pendant la dernière guerre et que c’qu’on vit maintenant c’est pas plus grave qu’un coup d’éponge sur un manche à balai ?
Mais tu sais pas qu’i’m’a fallu une autorisation spéciale pour venir te r’chercher aujourd’hui ! »

« 2020.
Nous glissons en douceur vers la fin novembre. C’est le temps du souvenir. Une époque de l’année où un certain vague à l’âme s’empare irrésistiblement de tout notre être et nous laisse pantois face à notre destinée commune.
Outre cette mélancolie de saison, nous voici conscients du nouveau péril qui nous menace. L’ignorance accroît notre angoisse. Nous sommes seuls. Des milliards d’individus seuls au monde. »

« Bien que nous ayons perdu la notion du temps, que le mot « saison » n’a plus de raison d’être, que nuit et jour se côtoient comme de sœurs jumelles, que « bientôt », « plus tard », « jamais » se ressemblent étrangement de plus en plus, nous gardons le rythme du sang qui bat dans nos veines, celui de notre respiration, celui de nos muscles qui peinent, de nos cils qui clignent pour nous protéger les yeux de cette glaçure assassine.
Nous gardons le rythme de l’espoir qui nous habite. »

Francis Denis est né en 1954. Auteur et artiste peintre autodidacte, il réside à Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, près de Saint-Omer, en France. Il a été éducateur de 1973 à 2014. Il fut le co-fondateur de la revue poétique Lieux-d’Être avec le poète Régis LOUCHAËRT puis co-organisateur du festival d’art sacré contemporain « Les Regardeurs de Lumière » en la cathédrale de Saint-Omer de 2008 à 2013.

La Route de la Soie – Éditions est une maison indépendante dont le but est de faire émerger des passerelles d’humanités, des résistances poétiques.