Émotion, Philosophique, Psychologie

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

de Stefan Zweig
Poche – 1 janvier 1992
Éditions : Le Livre de Poche

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée… Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Dans ce court mais intense roman, Stefan Zweig nous plonge au cœur des tourments de l’âme humaine à travers le récit bouleversant d’une femme aristocrate dont la vie bascule en l’espace d’une seule journée. Lors d’un séjour dans une pension de la Côte d’Azur, la narratrice, une femme respectable et bien établie, se laisse submerger par une attirance irrépressible envers un jeune homme tourmenté, accro aux jeux de hasard. En une nuit, poussée par un élan irrépressible, elle remet en question tout ce qui définissait son monde, cédant à un désir aussi fulgurant qu’incontrôlable.

Zweig, avec son talent inégalé pour disséquer l’âme humaine, dissèque avec une précision remarquable la lutte entre raison et pulsion, entre conventions sociales et élans du cœur. Son écriture fluide et vibrante saisit avec une justesse troublante les émotions qui traversent cette femme, partagée entre l’effroi et l’abandon, entre la culpabilité et l’exaltation. L’analyse psychologique, portée par une narration élégante et incisive, rend chaque sentiment palpable, chaque hésitation poignante.

Ce récit, d’une grande intensité, m’a interpellé sur la fragilité des certitudes et la force des passions inavouées. En quelques pages seulement, Zweig parvient à capturer toute la complexité de l’âme humaine et nous entraîne dans une réflexion vertigineuse sur la passion et ses conséquences.

Un chef-d’œuvre concis et envoûtant, à lire absolument !

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Extraits :

« En effet, au train de midi, exactement de midi vingt je dois indiquer l’heure avec précision parce que c’est important, aussi bien pour cet épisode que pour le sujet de notre conversation si animée), un jeune Français était arrivé et avait loué une chambre donnant sur la mer: cela seul annonçait déjà une certaine aisance pécuniaire. Il se faisait agréablement remarquer, non seulement par son élégance discrète, mais surtout par sa beauté très grande et tout à fait sympathique: au milieu d’un visage étroit de jeune fille, une moustache blonde et soyeuse caressait ses lèvres, d’une chaude sensualité; au-dessus de son front très blanc bouclaient des cheveux bruns et ondulés; chaque regard de ses yeux doux était une caresse; tout dans sa personne était tendre, flatteur, aimable, sans cependant rien d’artificiel ni de maniéré. De loin, à vrai dire, il rappelait d’abord un peu ces figures de cire de couleur rose et à la pose recherchée qui, une élégante canne à la main, dans les vitrines des grands magasins de mode, incarnent l’idéal de la beauté masculine. »

« Pendant la nuit, il pouvait être onze heures, j’étais assis dans ma chambre en train de finir la lecture d’un livre, lorsque j’entendis tout à coup par la fenêtre ouverte, des cris et des appels inquiets dans le jardin, qui témoignaient d’une agitation certaine dans l’hôtel d’à côté. Plutôt par inquiétude que par curio-sité, je descendis aussitôt, et en cinquante pas je m’y rendis, pour trouver les clients et le personnel dans un état de grand trouble et d’émotion. Mme Henriette, dont le mari, avec sa ponctualité coutumière, jouait aux dominos avec son ami de Namur, n’était pas rentrée de la promenade qu’elle faisait tous les soirs sur le front de mer, et l’on craignait un accident.
Comme un taureau, cet homme corpulent, d’habitude si pesant, se précipitait continuellement vers le littoral, et quand sa voix altérée par l’émotion criait dans la nuit: « Henriette!
Henriette!», ce son avait quelque chose d’aussi terrifiant et de primitif que le cri d’une bête gigantesque, frappée à mort. Les serveurs et les boys se démenaient, montant et descendant les escaliers; on réveilla tous les clients et l’on téléphona à la gendarmerie. Mais au milieu de ce tumulte, le gros homme, son gilet déboutonné, titubait et marchait pesamment en sanglotant et en criant sans cesse… »

« Vous avez parfaitement raison ; la vérité à demi ne vaut rien, il la faut toujours entière. Je rassemblerai toutes mes forces pour ne rien dissimuler vis-à-vis de moi-même ou de vous. Venez après diner dans ma chambre (à soixante-sept ans, je n’ai à craindre aucune fausse interprétation), car dans le jardin ou dans le voisinage des gens, je ne puis parler.
Croyez-moi, il ne m’a pas été facile de me décider. »

Né à Vienne en 1881, fils d’un industriel, Stefan Zweig a pu étudier en toute liberté l’histoire, les belles-lettres et la philosophie. Grand humaniste, ami de Romain Rolland, d’Émile Verhaeren et de Sigmund Freud, il a exercé son talent dans tous les genres (traductions, poèmes, romans, pièces de théâtre) mais a surtout excellé dans l’art de la nouvelle (La Confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme), l’essai et la biographie (Marie-Antoinette, Fouché, Magellan…).
Désespéré par la montée du nazisme, il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis.
En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.

Amour, Émotion, Drame, Humour, Philosophique

Tout le bonheur du monde (tient dans ta poche)

de Frédéric Mars
Broché – 15 mars 2018
Éditions : French Pulp éditions


Alors qu’il s’apprête à effectuer le grand saut, Fred est sauvé in-extremis
par deux petites mamies aussi muettes qu’adorables.
Chez elles, il va découvrir une communauté de suicidaires drôles et désabusés,
ne cherchant tous qu’une seule chose : retrouver le goût de vivre.

Certains récupèrent les chats, d’autres les suicidés. Alors qu’il s’apprête à effectuer le grand saut, Fred est sauvé in-extremis par deux petites mamies aussi muettes qu’adorables. Chez elles, il va découvrir une communauté de suicidaires drôles et désabusés, ne cherchant tous qu’une seule chose : retrouver le goût de vivre.

En injectant tendresse et légèreté pour parler d’un sujet aussi grave, Tout le bonheur du monde (tient dans ta poche) réussit un tour de force, celui de nous faire redécouvrir les petites merveilles de l’existence à travers les yeux de quelqu’un qui réapprend à vivre. Euphorie assurée.

Cotoyer des sucidaires, le meilleur moyen d’aimer la vie !

Avec Tout le bonheur du monde (tient dans ta poche), Frédéric Mars nous embarque dans une quête lumineuse et profondément humaine. Son roman s’articule autour d’une idée simple mais essentielle : et si notre bonheur tenait dans un objet du quotidien, à portée de main, mais que nous ne savions pas voir ? C’est ce que va découvrir son personnage principal, un homme englué dans la routine et les tracas du quotidien, jusqu’à ce qu’un élément inattendu vienne bouleverser son regard sur la vie.

L’auteur joue habilement avec la finesse psychologique et l’émotion, tissant un récit où introspection et poésie du quotidien se mêlent avec une justesse rare. On suit le cheminement intérieur du protagoniste, ses doutes, ses émerveillements, et surtout, cette prise de conscience progressive qui nous invite nous-mêmes à réfléchir à notre propre rapport au bonheur. Le style de Frédéric Mars, à la fois fluide et percutant, m’a enveloppé dans une bulle de douceur, comme une pause dans le tumulte du monde qui m’entoure.

Ce roman est une ode aux petits riens qui font tout. Il nous rappelle que le bonheur n’est pas forcément là où on l’attend, mais souvent niché dans ces détails que l’on oublie d’observer : un sourire échangé, un souvenir retrouvé, un instant volé au temps.

Frédéric Mars réussit à transmettre une belle leçon de vie sans jamais sombrer dans le moralisme ou la mièvrerie. Il pousse à la réflexion avec délicatesse et nous incite à redécouvrir la magie des choses simples. C’est une lecture réconfortante, parfaite pour ceux qui ont besoin d’un souffle d’optimisme. Il m’a fait du bien, je l’ai trouvé profondément apaisant et très inspirant.

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Extraits :

« Ce matin-là, j’allais mourir, et pourtant il y a longtemps que je ne m’étais pas senti si bien. Grâce au vent sans doute. Et à ces embruns qui fouettaient mon visage. J’avais froid, mais j’aimais plutôt l’idée de quitter ce monde vivifié. Remis à neuf par les éléments. »

« Je sentais bien que plus je parlais, plus je comblais les silences pour deux, et plus ma belle résolution de la nuit précédente s’évaporait. L’effet de l’alcool aussi. On devrait toujours se suicider au moment où notre malheur semble à son comble. Une telle qualité de désespoir, ça ne revient pas si facilement. Ça ne se gâche pas.
– C’est pas sympa, ce que vous faites… Si vous ne m’aidez pas à sauter tout de suite, je vais devoir revenir demain. Et peut-être encore le jour d’après… Vous savez, si on veut se tuer, c’est pour éviter l’agonie. Pas pour que ça dure des plombes et des plombes. »

« Je ne parvenais pas à déterminer si c’était de l’humour noir, ou si elle était sérieuse.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Tu sais combien il faut émincer d’oignons pour une tarte complète ?
– Non, combien ?
– Un kilo ! Dix oignons à éplucher. Au bas mot un quart d’heure à pleurer non-stop ! La tarte aux oignons, c’est le plat le plus triste au monde.
– Peut-être, mais moi c’est mon préféré ! s’est exclamée une voix dans mon dos. »

« Les gens qui n’ont jamais eu de pensées suicidaires imaginent toujours qu’on agit par trop-plein… La fameuse goutte de malheur qui ferait déborder le vase de notre endurance. Mais la vérité c’est qu’on ne se supprime pas par excès de malheur… On se tue par excès de rien. On crève d’absence.
– Une absence de quoi ? ai-je demandé d’un filet de voix étranglé, sans douter de sa réponse.
Le gouffre devant moi la connaissait, lui aussi. Il en avait déjà tant accueilli, qui cherchaient la paix en lui, qui avaient jeté leur vacuité dans un autre vide. Espérant tuer le rien par le néant.
– De tout ! On manque de tout ! D’amour, de tolérance, de fric, d’emploi, de santé, de patience, de sagesse, de compassion, de souffle, de tendresse… Je ne sais pas, moi, de tout ce que tu veux. De tifs sur la tête, de neurones encore valides… De sexe !
De tout ! »

Frédéric Mars, de son vrai nom Frédéric Ploton, est un auteur français de romans dans des genres très divers, et scénariste pour la télévision.

Ancien élève de Saint-Nicolas-Passy-Buzenval et du Lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine (classe préparatoire de lettres modernes, 1986-1988), il est titulaire d’une maîtrise en communication sociale et commerciale de l’École des hautes études en sciences de l’information et de la communication (CELSA) (1988-1991).

Après plusieurs années passées dans la presse magazine et diverses rédactions online, Frédéric Mars a quitté le journalisme et la photo pour ne se consacrer qu’à son travail d’auteur de livres.

Il vit entre Paris et Saint-Malo, en Bretagne, entre ses travaux de scénariste et son univers romanesque déjà ébauché avec « Son parfum » (2006), le récit d’un amour impossible rendu à la vie par la magie d’un parfum.

Outre ses romans, il a publié plus d’une quarantaine d’essais, documents et livres illustrés, sous diverses identités.

Il a également publié plusieurs romans érotiques sous divers pseudonymes :

  • Emma Mars, Hôtel – Chambre 1, 2 et 3, (2015),
  • Ania Oz, Femmes secrètes, (2012),
  • Mila Braam, Déshabille-moi, (2013).

Il est également auteur d’un essai humoristique, « Le cat code » (2017), écrit sous le nom de plume de Chat Malo.

Sous le pseudonyme de Mo Malø, il publie une série de polars se situant au Groenland : « Qaanaaq » (2018), « Diskø » (2019), « Nuuk » (2020), « Summit » (2022).

Ses thèmes de prédilection sont l’odorat, le sommeil, les rêves, la sexualité, les différentes facettes d’une même personnalité et les limites de notre conscience.

site officiel : http://www.fredericmars.com/index.html
page Facebook : http://www.fredericmars.com/
Twitter : https://twitter.com/fredericmars

Émotion, Philosophique, Poésie

Il y a quelque chose encore, devant

Je ne sais pas ce que c’est, mais nous devons y aller
de Alain Cadéo
Broché – 30 septembre 2024
Éditions : Les cahiers de l’Égaré

Je me demande bien où s’éparpilleront mes billets du matin lorsque depuis longtemps je ne serai plus là. Sans doute un rat câlin y aura fait son nid et un enfant ou deux en feront leur levain. Il y aura bien aussi quelques vieux centenaires mâchouillant leurs grumeaux qui, tout tremblants, bredouilleront trois phrases venues de leur mémoire en disant « ça, c’est y pas du Cadéo ? »

Alain Cadéo nous a laissés en juin 2024. Il fera définitivement partie des auteurs qui ont laissé une empreinte dans mon esprit et dans mon sang. Et grâce à ce qu’il aimait appeler “ses billets”, il demeurera proche de nous. Martine, son épouse, poursuivra leur édition aussi longtemps qu’elle le pourra…

J’ai eu la chance de découvrir la très belle plume d’Alain en février 2020 à travers son œuvre “Mayacumbra”.
Ensuite, il y eut “Confessions” (ou les spams d’une âme en peine), “Arsenic et Eczéma”, “L’Homme qui veille dans la pierre”, “M”, “Billets de contrebande” et “Le ciel au ventre”. Régulièrement, j’ai été touche et à chaque fois j’ai ressenti le plaisir de partager, de donner, de jouer avec les mots, de cet amoureux de l’écriture… Chacun de ses écrits est une œuvre qui mérite d’être lue et relue.

J’ai perçu “Il y a quelque chose encore, devant…” comme un cadeau précieux, un cadeau riche en poésie, en belles images et pleinénergie… Le rythme authentique de la vie.
Vingt-six billets qui m’ont offert une nouvelle opportunité de parcourir le monde à ses côtés, de déchiffrer ses lignes, d’explorer son univers, ses mots, sa famille aussi et ses amis. Quelques-uns de ses billets ont été rédigés alors qu’il était déjà malade, ils en sont d’autant plus brillants et captivants… en faisant un ouvrage qui incite à la réflexion au-delà des « simples » mots.

Merci Alain…
Merci d’avoir partagé avec nous ton univers chargé de poésie.

Je tiens aussi, bien entendu, à te remercier chaleureusement Martine, ainsi que les éditions “Les Cahiers de l’Égaré”

Extraits :

« Tant que j’aurai un brin de vie, je frapperai aux portes des secrets. C’est ma fonction bélier d’irréductible égaré. Si personne ne m’ouvre, j’enjamberai les douves, ferai cent fois le tour des hautes murailles de cette silencieuse forteresse, sans la moindre lueur et comme inhabitée. Faut-il être bête, têtu, halluciné, pour s’obstiner ainsi au pied d’un fantôme de pierres noyé dans les brouillards de la pensée. »

« Ma vie ne tient qu’au fil ténu des mots, timides ou fracassants, vibrants, fragiles, sincères et vivants. Ce sont les miens, les vôtres, écrits, parlés, sous-entendus, nourris à la douceur, à la colère aussi c’est bien, lorsqu’elle est nécessaire… et au baba au rhum des cœurs. »

« Les Mots ? Je leur dois tout. Ils ont forgé ma voie. Ils m’ont appris le Temps, l’espace et la patience. Ils m’ont appris à mettre un nom sur chaque situation. Aimant l’Humain de toutes mes forces convergentes, ils m’ont obligé à chercher et trouver ce que certains ne savaient dire mais qu’ils portaient au fond de leurs regards, étranges labyrinthes aux accès condamnés. »

« Éclairer, illuminer, ne pas être radin, chiche, avec toute espèce de clarté, c’est un don.
Assombrir, enténébrer, sépiatiser, noircir, je pense ici aux lavis et encres de Victor Hugo, est un autre don : celui d’envisager le terrible passage entre vie et trépas.
Dans tous les cas, ombre et lumière cohabitent et ne font qu’un pour tout humain tendant les mains, courbant la tête, envahi de questions. »

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Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont « Stanislas » (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Il est avant tout un passionné des autres, des humbles, ceux qui lisent les mots, les portent et les défendent… Ses textes sont toujours exigeants, en perpétuelle recherche de chemins différents, à l’image de l’homme, singulier, sincère et altruiste, mais aussi inclassable, comme sa littérature.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il vit à Évenos, en Provence.

Sa bibliographie complète est la suivante :

Émotion, Drame, Philosophique, Roman

Peindre la pluie en couleurs

de Aurélie Tramier
Poche – 2 février 2022
Éditions : Le Livre de Poche

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Morgane est une directrice de crèche solitaire et revêche qui ne supporte plus les enfants. À trente-cinq ans, elle vit dans le rêve de racheter une pension pour chiens. Tout vole en éclats lorsque sa sœur meurt dans un accident de voiture, lui laissant ses deux enfants en héritage. L’arrivée d’Eliott, dix ans, et de Léa, six ans, bouscule son quotidien maniaque et fait ressurgir un passé douloureusement enfoui.

Les voix de Morgane et d’Eliott alternent dans ce roman pour nous tracer la reconstruction d’une femme blessée qui découvre la force de l’amour maternel.

“Un roman attachant et touchant.”
Isabelle Theillet, Page des libraires.

“C’est un très joli livre, plein d’émotion, de tendresse.”
Gérard Collard, Le Magazine de la santé, France 5.

 

• Couv_2024-099_Tramier Aurélie - Peindre la pluie en couleur

 

“Peindre la pluie en couleurs” commence comme un tunnel sombre. Puis apparaît une petite étincelle…
L’étincelle se diffuse devient de plus en plus puissante, elle se rapproche, doucement tout doucement. Elle se nomme Eliott, Léa, elle se nomme aussi Linh, Viviane, Snoopy, Laura, Tiago, Jean-Michel, Alice et sa mère Valérie, et elle se nomme aussi Lancelot…

L’étincelle brille de plus en plus, puis se transforme en lumière, et finalement, le tunnel disparaît. Morgane aperçoit l’horizon, là, juste devant, devant aux yeux. Le soleil finira-t-il par briller enfin pour elle ?
Détrompez-vous ce n’est pas un conte de fées, c’est une simple histoire, une histoire de tous les jours, un peu la mienne, la vôtre aussi peut-être…

Aurélie, avec des mots tendres et beaucoup d’émotion, nous raconte les épreuves vécues par Morgane durant toute sa vie. Il aura fallu le décès de celle qu’elle aimait le plus au monde, sa “petite” sœur qui lui confiera ses deux enfants, avant son dernier souffle, pour qu’enfin l’envie de se battre émerge au fin fond d’elle-même…
Commencera alors pour elle, une nouvelle vie, pour laquelle elle ne s’était pas préparée du tout !

Un magnifique roman qui donne envie de lutter, pour vivre…

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Extraits :

« Je tombe.
C’est sans fin.
Comme Alice quand elle saute dans le terrier du lapin.
Léa est en train de décrocher la lune. Je touche le fond de la piscine, je vais me noyer, c’est sûr.
— Viens, Eliott ! Pourquoi tu te balances pas ?
crie Léa.
Je suffoque. Je jette par terre la médaille dont le cordon m’étrangle. Une main se pose sur mon épaule.
Je sursaute. C’est Morgane, sans son sourire. »

« C’est ici que je dis au revoir à ma petite sœur, mon amie, ma confidente. Celle qui me poussait, m’aimait sans condition. La seule à qui j’aurais pu tout dire et qui pourtant ignorait tout. Celle que j’aimais, qui savait se taire et simplement écouter.
Ma petite mère. Je ne m’en remettrai jamais. »

« Émilie, mais pourquoi es-tu partie ?
En vrai, je m’en fous de ces livres, mais toi, pourquoi m’as-tu abandonnée ? Je n’avais que toi… Et pourquoi m’as-tu choisie moi, bon sang ? Tu me voyais meilleure que je ne le suis… Tu as toujours cru en moi. En vrai, je suis nulle, je ne suis qu’une pauvre fille solitaire, je ne sais rien faire avec les enfants, je n’ai jamais réussi.
Il y a tant de choses que je ne t’ai pas dites… Mais j’avais si peur que tu t’éloignes… Je ne pouvais pas risquer de te perdre, tu comprends ? Pardonne-moi…
Pardonne-moi de ne pas t’avoir parlé… Mais jamais, jamais je n’aurais pensé que tout s’arrêterait d’un coup.
Comment aurais-je pu ? Après tout ce que j’ai fait…
Contre un arbre… Je l’aurais scié de mes mains si l’avais su. Un arbre… Même pas beau… »

« J’écrase sur mes joues une ou deux larmes qui auraient pu la réveiller en tombant sur elle. D’autres glissent dans mon cou. Mon cœur bat au rythme du sien qui s’apaise.
Ma petite nièce.
Ma toute petite nièce.
Ma petite fille.
Ma toute petite fille.
Tu me réveilles toutes les nuits depuis trois semaines. Je suis à bout, je n’arrive plus à travailler convenablement, j’ai trop de choses à penser toute la journée. À la crèche, je suis de plus en plus impatiente, les filles le remarquent… »

« Sur le parvis, un rayon sèche mes larmes. Le ciel n’a pas encore fini de pleurer, mais un arc-en-ciel vient peindre la pluie en couleurs. Je reprends lentement le chemin de la crèche. Au fond de ma poche, je trouve tout un tas de petits cailloux collectés par Léa au square le week-end dernier et fourrés dans mon manteau plutôt que dans le sien. J’égrène machinalement les petites pierres une à une jusqu’à la bouche de métro, sans cesser de penser à cette flammèche rouge qui brûle mon chagrin dans le cœur d’une église. »

 

Née à Aix-en-Provence en 1982, Aurélie Tramier a poursuivi des études littéraires à Paris avant de se reconvertir dans le marketing. Mère de trois garçons, elle habite Munich où elle partage son temps entre l’écriture et son métier d consultante. Elle est l’autrice de :
Vous reprendrez bien un petit chou ? (KDP 2017),
Peindre la pluie en couleurs (Belle Étoile 2020, Livre de Poche 2022)
La Flamme et le papillon (Belle Étoile 2022, Livre de Poche 2024)
Bien-Aimée (Belle Étoile 2024).

Chacun de ses romans explore un thème profondément différent, tout en gardant une signature commune : l’émotion.

Bien-Aimée a obtenu le Prix de l’Académie d’Aix en juin 2022 et a été en finale du Prix Maison de la Presse 2022. Il est en sélection pour le Grand Prix Littéraire de Provence et le Prix Mare Nostrum.

La Flamme et le papillon a obtenu le Prix du Roman des Amis de l’Académie d’Aix en juin 2022 et est en sélection du prix Choix des Libraires 2024 (Livre de Poche).

Peindre la pluie en couleurs a été en sélection du prix Choix des Libraires 2022 (Livre de poche) et du grand prix Audiolib 2024.

Ils en parlent:

Virginie Grimaldi : “J’ai adoré, j’y pense depuis que je l’ai lu”.

Gérard Collard : “Un roman historique, une histoire d’amour magnifique, une très très grande écrivaine”.

Isabelle Theillet : “Un roman attachant et touchant.”

Amour, Émotion, Humour, Philosophique, Poésie

Pensées Clandestines

de Lou Valérie Vernet
Broché – 27 avril 2018
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Tout laisser tomber.
Ce qu’on avait à faire, ce qu’on faisait.
Tout donner à l’autre,
Prendre le temps d’être avec lui.
Cinq minutes ou une heure,
Complétement là.
S’apercevoir que cet autre n’était que soi,
Qui attendait qu’on le prenne dans ses bras.

 

• Couv_2024-070_Vernet Lou Valérie - Pensées Clandestines

 

“Petite” lecture de chevet qui m’a accompagné partout pendant quelques semaines…

Très beau recueil de pensées et plus encore. Lou à l’art de me surprendre à chacun de ses livres. Pensées Clandestines n’échappe pas à la règle.
Sourires, larmes parfois, mais émotions surtout, ce petit livre m’a fait passer par tous les états. Chaque page, chaque ligne, chaque mot est une véritable surprise que l’on ne voit pas arriver.

Entre chansons, comptines et poésie, l’auteure nous démontre encore une fois la maîtrise de son art. C’est beau, c’est triste et tellement puissant.

Impossible de vous dire combien de fois, je l’ai relu, mais chaque passage était comme un baume sur mon esprit et dans mon cœur. Le matin au réveil, le soir avant de m’endormir, parfois juste une phrase à peine.
N’hésitez surtout pas à le conserver tout proche de vous et de revenir régulièrement piocher le mot qui vous permettra de vagabonder, de vous envoler loin, très loin devant…

Les pensées que Lou nous offre appartienne à la vie. Elle ne triche pas et c’est là son grand talent.

Coup de cœur !!!

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Extraits :

« Aux pires cauchemars, les grands remèdes.
Que vous soyez en plein burn-out, sous la pluie, coincé dans un embouteillage, tributaire d’une grève, le moral à zéro, désespéré d’avoir manqué une fois encore la chance de votre vie, ce florilège de pensées est pour vous. »

« Il y a des femmes qui font rêver à l’amour, à qui l’on pourrait tout concéder, chez qui on voudrait tout déposer.
Des femmes pour qui les mots doux, les fleurs et la passion ont été inventés.
Des femmes qui restent longtemps à hanter le cœur d’autres femmes. »

« Tant mieux. S’il meurt demain. Tant mieux.
Il n’avait qu’à m’écouter. Je ne voulais pas que ma dernière pensée soit pour ce que je n’ai pas fait.
J’ai pris l’arme et j’ai tiré. Une fois, il est tombé.
Deux fois, moi à côté. C’est bien. Si on meurt ensemble. C’est bien.
Au moins, on ne sera pas séparé. »

« Le matin s’est levé sur un ciel noir.
L’orage était là. En attente. Une chape de misère recouvrait Paris. Les immeubles étaient gris, les costumes noirs, les visages blêmes. Plus personne ne souriait dans les rues. Une sourde colère plombait l’atmosphère. Les gens étaient malheureux. Et moi, j’allais hagarde. Sans rien voir.
Je savais qu’il était trop tard. »

« Je déclame et j’écris des murmures de souffrance. Mes horizons sont noircis du feu de mes errances. J’ai perdu le sommeil, il dort mieux ailleurs.
L’amour m’a quitté, elle aime quelqu’un d’autre, autre part. »

Auteure multicartes, Lou Valérie Vernet a déjà publié trois thrillers, deux polars et sept autres livres passant du récit humoristique aux fragments de voyage, du Feel Good au spicilège poétique, du recueil de nouvelles au théâtre. Tous ses ouvrages confirment son talent à manier en virtuose l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Toucher l’instant : ou la trilogie du choix
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/17/toucher-linstant-ou-la-trilogie-du-choix-de-lou-vernet/

Surtout le pire
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/surtout-le-pire-de-lou-vernet/

Acouphanges
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/19/acouphanges/

La toile aux alouettes
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/01/la-toile-aux-alouettes/

Matricule 2022
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/27/matricule-2022/

Grand comme le monde
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/11/grand-comme-le-monde/

Anticipation, Émotion, Philosophique

L’étrange cohérence du sablier

de Tristan Marco
Broché – 2 mai 2018
Éditeur : Auto-édition

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Gabriel Caplain entre dans une quarantaine tumultueuse sur le plan sentimental, mais placée sous le signe de la réussite professionnelle. Par un heureux concours de circonstances, il vient d’obtenir un poste qui semble avoir été taillé sur mesure pour lui, au sein de la plus grosse multinationale de la place parisienne. Rapidement, son employeur, un richissime homme d’affaires américain dont la personnalité est drapée d’un épais voile de mystère, propose à Gabriel de participer à une expérience des plus étranges, visant à démontrer que l’âme humaine est soumise au cycle inéluctable des réincarnations.Appât du gain, besoin de donner un sens à sa vie, ou simplement quête d’aventure, Gabriel accepte de se lancer dans un voyage initiatique qui le mènera sur le chemin tortueux de l’exploration de son Histoire… de ses histoires.
Mais certains souvenirs doivent-ils vraiment quitter les abysses de l’oubli ?

 

• Couv_2024-068_Marco Tristan - L`étrange cohérence du sablier

 

Coup de cœur pour le premier roman de Tristan Marco !

Le sujet tel qu’il est abordé, la façon de le transcrire et les divers messages disséminés par-ci par-là… Je n’ai pas pu faire autrement… je l’ai lu d’une traite !
Régulièrement durant ma lecture, j’ai eu l’impression que l’auteur avait lui-même séjourné dans mon esprit, faisant ainsi raisonner de nombreux échos personnels, qui me touchent tout particulièrement, c’était assez surprenant !

Nous sommes en 2064.
Gabriel Caplain, jeune quarantenaire est chef de la sécurité dans l’un des plus grands groupes en France depuis un peu moins de trois mois.
Pierre Jouvenceau, est le PDG de celui-ci. Quand il le convoque pour une réunion confidentielle, Gabriel se demande bien ce qu’il peut en être…

Tristan Marco nous plonge dans une intrigue bien ficelée.
Trois chapitres, trois histoires à priori distinctes, qui vont fusionner avec un aboutissement des plus surprenant.
La plume de Tristan est fluide et très agréable, addictive même dû a sa construction labyrinthique… Mais c’est surtout le sujet qui m’a emporté pour le coup !
L’auteur joue avec le lecteur et instille dans l’esprit de celui-ci, des idées particulièrement intéressantes sur les vies antérieures et bien d’autres choses concernant la Religion.

Pierre Jouvenceau a mis au point un procédé permettant de retourner dans nos vies antérieures. Il souhaite connaître les trois dernières vies de Gabriel. Pourquoi ?
Malgré des indices habilement distillés, l’interrogation demeura jusqu’au dernier chapitre, véritable “explosion” finale…

À partir d’un sujet qui pourrait paraitre dérisoire pour certains, Tristan Marco nous plonge dans un univers qui touchera plus particulièrement les personnes sensibles au “karma” et à la spiritualité.

Un livre maîtrisé pour un auteur à suivre, bien évidemment !

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Extraits :

« Pourtant, tout paraissait si simple au départ. L’idée était même séduisante. Il suffisait de se mettre à poil et de tout déballer, sans aucune pudeur ni aucun faux-semblant.
J’avais accepté ce marché, convaincu que c’était une formidable opportunité de mieux me connaître. Explorer mon passé pour comprendre mon Histoire, mes histoires. »

« J’ai beau être au trente-sixième dessous, mes yeux ne peuvent se détacher de cette femme qui se trouve à deux tabourets de moi. Une jolie brune à la peau comme de la porcelaine. Elle porte un chemisier blanc suffisamment ouvert pour laisser apparaître une gorge rebondie, le tout admirablement cintré dans un tailleur bleu nuit. Et cet air sûr d’elle… Putain ! Tout ce qu’il faut pour que mon cerveau de clébard désinhibé démarre au quart de tour. C’est pavlovien, toutes sortes de pensées salaces s’invitent déjà. »

« Je ne veux plus d’homme dans ma vie. Plus de chaussettes sales par terre ni de vaisselle qui traîne dans l’évier. Plus de soirées chez ton pote, d’où tu rentres ivre mort en sentant au mieux la clope et le scotch, et au pire, le parfum d’une autre. Je ne veux plus être l’empêcheuse de tourner en rond quand toi, tu rêves d’évasion. Je ne veux plus, être l’épaule compatissante sur laquelle tu poses ta tête lorsque tu as des états d’âme. »

« Le dessin que j’ai sous les yeux représente un homme vu de face. Il est assis en tailleur dans une posture de méditation. Sept cercles à l’intérieur desquels figure un symbole sont alignés verticalement le long de la colonne vertébrale, du sacrum jusqu’au sommet du crâne. Un double serpent lumineux monte en spirale en passant par chacun des sept symboles. »

« – Il s’agit d’une preuve tangible que Jésus avait reçu pendant des années les enseignements bouddhistes des tout premiers maîtres indiens, et qu’il était le père fondateur de la pensée gnostique originelle !
– C’est absurde !
– Oh non ! Et j’affirme que c’est la raison pour laquelle la sainte Église catholique et romaine a délibérément caché ce qu’était la vie de Christ depuis son apparition au temple à Jérusalem à l’âge de douze ans jusqu’à son retour en Judée presque vingt ans après. »

 

 

Tristan Marco a exercé pendant plus de vingt années le métier de pilote d’hélicoptères, spécialisé dans le sauvetage en mer, comme en montagne. Il est à présent pilote Garde-côtes.

Son premier roman, L’étrange cohérence du sablier (2018), est témoin d’une urgence intérieure de faire partager ses ressentis et son univers, au travers d’un thriller métaphysique.

Vient ensuite Le onzième châtiment (2019), un thriller politique et d’aventures qui fait voyager le lecteur entre le Congo Belge juste avant son indépendance, et le Paris des années 80.

Le sang de la licorne (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/04/18/le-sang-de-la-licorne/
Un polar noir dans lequel deux officiers de gendarmerie se débattent dans une enquête sordide et une course contre la montre pour appréhender un mystérieux tueur en série qui laisse systématiquement sur le lieu du crime des huiles sur toiles aux accents bibliques.

Facebook :
https://www.facebook.com/tristanmarcoauteur/

Instagram :
https://www.instagram.com/tristan.marco.auth/

Émotion, Histoire vraie, Philosophique, Psychologie, Témoignage

Le Livre de seth

de Jane Roberts
Poche – 4 janvier 1999
Éditions : J’ai Lu

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Qui est Seth ? Un personnage biblique né d’Adam et d’Eve ? Un dieu égyptien ? Une entité supraterrestre ?
“Une personnalité d’essence énergétique” : c’est ainsi qu’il se définit lui-même. Pendant une quinzaine d’années, Jane Roberts, médium réputé aux Etats-Unis, a communiqué avec lui, recueillant un message d’une inestimable valeur.
Nous sommes maîtres de notre destin et créons notre propre réalité, nous dit Seth. La réincarnation n’est qu’une péripétie, une des formes de notre existence multidimensionnelle. Car nous sommes composés de personnalités “fragments”, qui sont autant de projections de nos pensées.
Le temps ne serait-il que rêve et Dieu notre conscience primaire, toujours en expansion. Une des grandes questions que pose Le livre de Seth.

 

• Couv_2024-056_Roberts Jane - Le livre de Seth.jpg

 

Ce livre-témoignage raconte le vécu de Jane Roberts, et la médiumnité.
Un livre est très intéressant à plusieurs niveaux, qui m’a pas mal impressionné, même s’il est parfois difficile à comprendre, tant certains concepts sont difficiles à appréhender.
Par exemple, la notion que le temps n’existerait pas est assez perturbante, il m’a fallu plusieurs chapitres, et quelques relectures pour commencer à l’assimiler. L’idée aussi que des “MOI” multiples – passés et futurs – puissent m’aider dans mes rêves et dans le temps présent est assez fabuleuse.

Que ce soit Seth, un esprit désincarné qui parle de l’au-delà ou le propre subconscient de Jane qui s’adresse à nous, ne rend ni plus ni moins crédible ce témoignage.
Personnellement, je pense qu’il s’agit de deux personnalités bien distinctes. Ce livre et tout ce qui tournait autour de Seth a marqué la génération New Age. Il a été très critiqué par l’Église et les scientifiques à l’époque qui y voient une mystification. Et pour cause, les messages retransmis par Jane, sont une remise en cause des croyances scientifiques et des religieuses établies. Je vais, pour vous rester neutre. Je pense que ce témoignage mérite qu’on s’y attarde, au même titre que n’importe quelle philosophie, religion ou théorie scientifique, du fait qu’il ait de nombreux recoupements entre eux.

Pour Seth, la réincarnation n’est pas une punition. L’âme qui repose dans le néant (ou nirvana chez les bouddhistes) choisit de revenir vivre une nouvelle existence pour se parfaire, dans le passé ou le futur. Ainsi, l’homme est totalement libre. Aucun dieu ne décide pour lui, ni ne le châtie, ni le récompense. Le processus serait donc cyclique et se perd dans l’infini.

Il a fallu que je m’accroche vraiment sur certains chapitres, mais “Le livre de Seth” est l’un des meilleurs livres sur le développement personnel que j’ai pu lire jusqu’à présent, même, si je trouve que les traductions des textes posent des soucis de compréhension, et sont régulièrement assez déconcertante, et je ne parle pas des fautes d’orthographes.

D’ailleurs, peut-être, y trouverez-vous la réponse à LA QUESTION que tout le monde se pose au moins une fois dans sa vie : Pourquoi suis-je ICI ?
La réponse est… EXTRAORDINAIRE et très enthousiasmante !
Depuis quelques années, ce sujet a fait de moi une personne beaucoup plus sereine face à l’idée de la mort.

Une très belle lecture pour ceux qui n’ont pas peur de se confronter à leurs propres idées, un livre qui même s’il n’est pas acceptés par tous, reste de toute façon très intéressants…

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Extraits :

« Bien que vous ne puissiez me trouver, vous savez que je suis présent. Vos parents semblent disparaître et s’évanouir dans le néant. Je peux vous assurer qu’ils continuent à vivre. La mort est un autre commencement qui ne réduit pas pour autant au silence. La voix que vous entendez maintenant est-elle silence ? La présence que vous sentez dans cette pièce n’est-elle pas réelle ? »

« Rob et moi étions à peine religieux même dans l’acception conventionnelle du terme. Nous n’étions pas allés à l’église pendant des années, sauf pour assister aux mariages et aux funérailles. j’avais été élavée dans la religion catholique, mais plus je vieillissais et plus il m’était difficile d’accepter le Dieu de mes ancêtres. Je Le soupçonnais même d’être aussi mort qu’eux. Le paradis qui m’avait soutenue pendant mon enfance me sembla, pendant l’adolescence, un simulacre sans consistance de la vraie vie. Qui pouvait avoir envie de s’asseoir en rond pour chanter des hymnes à Dieu le père, même s’il existait ? Et quelle sorte de Dieu intelligent pouvait avoir besoin d’une adoration constante ? De toute évidence, un Dieu terriblement humain, et pas très sûr de lui ! »

« D’autres voient l’univers comme une sorte de théâtre dans lequel nous sommes projetés à la naissance et d’où nous disparaissons pour toujours à la mort. Ceux qui ont une telle attitude voient se profiler une menace à l’aube de chaque jour nouveau. Même la joie sera tenue pour suspecte puisqu’elle doit, elle aussi, s’achever dans la certitude définitive de la mort du corps. »

 

Jane Roberts (1929-1984) est née et a vécu dans l’État de New York. Autrice d’une trentaine d’ouvrages (poèmes, nouvelles et essais), elle a, pendant vingt ans, reçu le “matériau” de Seth, ouvrant la voie au phénomène moderne du channeling. Elle a donc canalisé Seth, un sage enseignant. Mais pas un sage de la planète Terre. Un sage de l’univers. Et surtout, des univers… Multidimensionnel, concret, métaphysique et pratique à la fois, Seth peut changer notre histoire spirituelle comme notre vie quotidienne. Du channeling à une nouvelle spiritualité, de la psychologie à la philosophie, de la santé à l’alimentation, de la famille au travail, des végétaux aux animaux, ou encore du sexe à l’amour, Seth nous ouvre grand les portes de la perception et de sa compréhension, nous stimule et nous fait un bien rare, dont l’énergie subtile monte crescendo au fil de ses livres initiatiques.

Traduits en 20 langues pour plus de 20 millions de lecteurs, la pensée et les messages de Seth sont aujourd’hui repris de par le monde dans les plus grands scénarios de films, œuvres avant-gardistes, et méthodes de soin ou de mieux-être.

Anticipation, Drame, Fantastique, Philosophique, Suspense

Terrienne

de Jean-Claude Mourlevat
Poche – 12 septembre 2013
Éditions : Gallimard Jeunesse

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Tout commence sur une route de campagne…
Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et… passe de “l’autre côté”. Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d’humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa sœur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu’au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière…

PRIX ASTRID LINDGREN 2021

• Couv_2024-055_Mourlevat Jean-Claude - Terrienne

 

Cela faisait un moment que je ne lisais plus les quatrièmes de couverture.
Et là, je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de le lire… et j’ai tout de suite été interpellé. Je l’ai pris et j’ai chamboulé dans la foulée l’ordre de ma PAL ! Et quelle bonne idée. Au bout de deux, trois pages et j’étais parti dans un “autre monde”. Étienne Virgil, alors qu’il ne le fait jamais, prend en auto-stop une jeune fille, toute vêtue de noir, sûrement, car elle lui fait penser à sa petite-fille. La jeune fille est très bavarde, ce qui ne déplaît pas à Virgil, au bout de kilomètres elle demande à descendre, en voyant un panneau qui indique la ville de Campagne, elle est arrivée. Ce panneau-là, Virgil ne l’avait jamais vu… Et pour cause !

Un drôle de récit surprenant et atypique, qui m’a tenu en haleine durant toute ma lecture. Je ne m’attendais pas à ça du tout, mais quelle bonne surprise.
Des personnages surprenants, étranges, angoissants même. Anne part à la recherche de sa sœur Gabrielle, disparue depuis un an, dans un monde propre et silencieux qui pourrait inviter au rêve, en ce début d’automne… Un monde où personne ne pleure, ni ne rit, un monde où l’on ne respire, ni ne soupire, un monde où l’on ne fait jamais l’amour. Mais pourquoi ? Puisqu’il suffit d’enlever des Terriennes !
Dans ce monde aseptisé, contrôlé, où tout est programmé, et dépourvu de toute trace humaine, c’est le seul moyen de se reproduire…

Un bon rythme et du suspense.
Je vous recommande cette lecture fantastique, angoissante et pleine de tension, qui m’a beaucoup émue sur les dernières pages…

Merci Jean-Claude Mourlevat de m’avoir amené avec vous “de l’autre côté” !

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Extraits :

« J’ai tenté ma chance auprès de celui qui était le plus proche de moi en âge, un garçon vraiment mignon avec sa coiffure en pétard et sa chemise blanche ouverte sur le torse. Je me rappelle avoir été impressionnée par sa peau parfaite, une peau dorée et satinée, sans marque d’aucune sorte, ni cicatrices, ni taches. Je me rappelle aussi son sourire qui m’a semblé plus naturel que celui des autres, plus vrai. »

« – Je peux ?
Comme je ne savais pas ce qu’elle comptait faire, je n’ai pas réagi. Alors elle a appliqué la paume de sa main droite sur le haut de ma poitrine, le gras de son pouce s’est logé dans la petite cavité de mon cou.
– Allez-y… Respirez…
J’ai inspiré puis expiré quatre ou cinq fois, posément, profondément, comme on fait chez le médecin. Je sentais la pression de sa main sur moi, et mes poumons qui la repoussaient à chaque respiration.
– Encore un peu, s’il vous plaît… »

« – C’est comme… une dépression ?
– Je ne sais pas. Peut-être. Je crois plutôt que c’est l’ennui qui nous submerge.
– L’ennui ?
– Oui. Nous mourons d’ennui. Mais il est interdit d’en parler. C’est un sujet tabou. On dit simplement que telle ou telle personne s’est assise et tout le monde comprend.
– Que fait-on de ces personnes qui… qui s’assoient ?
– La brigade sanitaire vient les chercher et les emporte.
– Elle les emporte où ?
– Dans une autre ville, qui s’appelle Estrellas. »

Jean-Claude Mourlevat est né en 1952 à Ambert en Auvergne, de parents agriculteurs.

Il est le cinquième enfant de six. Il fait des études à Strasbourg, Toulouse, Bonn et Paris et exerce brièvement le métier de professeur d’allemand avant de devenir comédien et metteur en scène de théâtre. À partir de 1997, il se consacre à l’écriture, avec tout d’abord des contes, puis un premier roman, La Balafre.

Depuis, les livres se succèdent avec bonheur, plébiscités par les lecteurs, la critique et les prix littéraires : Le Combat d’hiver, Le Chagrin du roi mort, Terrienne.

Jean-Claude Mourlevat réside près de Saint-Étienne, avec sa femme et leurs deux enfants.

Amour, Émotion, Drame, Philosophique, Roman

La Souffleuse de cœur

de Aurélie Caruso
Broché – 29 novembre 2023
Éditions : Books on Demand

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Romane 40 ans est avocate à l’ONU. Passionnée par son travail à Genève, elle passe ses journées à soutenir la cause des femmes. Mais au cours d’une conférence, elle perd pied. Le diagnostic tombe : burn-out. Entre Genève et le Mexique, en passant par l’éco-village de la Drôme, elle va se laisser embarquer par Rachèle, son amie de toujours, yogi écolo légèrement excentrique, sur les chemins de la reconnexion à soi. Ses rencontres avec le peu conventionnel Dr Bichat et la thérapie assistée par psychédéliques viennent éveiller ses sens. Et si la vie était bien plus large que ce que lui laissait croire son esprit rationnel ? Et si son travail, qu’elle avait mis sur un piedestal, ne comblait plus ses manques ? Et si elle découvrait ses forces intérieures ? Au delà des limitations du mental, elle expérimente le voyage chamanique, bouscule ses croyances et découvre l’énergie du cœur dans des relations puissantes et profondes qui l’emmènent à la rencontre d’elle même.

• Couv_2024-049_Caruso Aurélie - La souffleuse de cœur.jpg

 

J’ai rencontré Aurélie Caruso, il y quelques jours, lors d’une soirée organisée par Babelio qui recevait Laurent Gounelle, pour son dernier roman “Un monde presque parfait”. Arrivés assez tôt, nous avons pu échanger un peu sur nos parcours respectifs, et plus encore. Nous avons bien sûr parlé littérature, et justement Aurélie était venu avec un roman, son premier roman qu’elle avait prévu d’offrir à Laurent Gounelle. J’ai passé une très belle soirée en sa compagnie.

“La Souffleuse de cœur”, est donc un premier roman qui intègre tout ce qui fait la force d’un premier livre. Le style est prenant et tous les personnages attachants dans ce sujet qui me touche tout particulièrement. Alors je me suis laissé emporter… Emporter par les mots, emporter par la force du récit… et je pèse mes mots ! J’ai eu l’impression parfois d’être avec les personnages. D’être là, de les voir et de pouvoir les écouter et ressentir ce tout ce qu’ils vivaient.

À 40 ans, passionnée et fière de son travail, Romane est avocate. Mais un jour va venir et bouleverser son rythme quotidien et ses habitudes de travail. Elle craque. C’est le burn-out dont elle a tant entendu parler ces dernières années. Mais elle refuse de se laisser emporter. Romane veut absolument reprendre le dessus. Elle décide de voyager et elle fera ainsi des rencontres inattendues qui vont l’aider à se reconstruire et à reprendre confiance en elle, qui vont lui permettre d’aller jusqu’au bout d’elle-même…

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement bienveillant, il a beaucoup résonné en moi grâce à une dimension spirituelle très présente amenant une certaine sagesse au récit.
Bravo et merci Aurélie !
Je le sentais très fort, tout au fond de moi, que tu allais m’emmener dans un très beau voyage. Tu es allé au-delà…

J’ai hâte de lire tes prochains récits…

PS. Aurélie, moi aussi, j’adore Ludovico Einaudi !

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Extraits :

« Le médecin se lève et s’assoit sur le bord du bureau. Il pose une main rassurante sur l’épaule de la jeune femme et la regarde avec compassion :
– Romane, au vu des symptômes que vous présentez et en tenant compte de votre situation professionnelle trop stressante, je me vois dans l’obligation de vous arrêter. Une quinzaine de jours dans un premier temps. C’est un minimum pour récupérer. Mais évidemment, nous ferons le point à ce moment-là et il est fort possible que je vous prolonge l’arrêt, si besoin est. Entre-temps, j’aimerais que vous vous reposiez. Je sais à quel point vous êtes attachée à votre travail, mais je vous assure que le repos physique et mental est essentiel. Je vais vous adresser à l’un de mes confrères, le Dr Bichat. Il est psychiatre. J’ai la conviction qu’il pourrait vraiment vous aider. »

« Arrivée à l’appartement, c’est une Romane épuisée qui s’écroule sur son canapé. Il est midi et elle passera toute l’après-midi là, Poustache à ses pieds, et Rachèle la surveillant du coin de l’œil. Elle a mis sa playlist favorite en fond, les ondes musicales réconfortent les cœurs meurtris. Bach, Vivaldi et Einaudi tenteront de consoler son âme blessée. »

« À cet instant précis, Romane prend conscience du décalage immense entre la réalité de Mathilde et la sienne. Un fossé gigantesque. Une montée de colère parcourt sa gorge et vient enserrer ses mâchoires. “À quoi sert la vie ?”, pense-t-elle. C’est une question à laquelle je ne peux répondre. J’ai eu tellement de mal à vivre cette dernière année… à quoi sert la vie ? Je n’en sais rien ! C’est un luxe de pouvoir se poser cette question…”. »

« Transforme tes peurs en confiance. »

 

Aurélie Caruso est thérapeute holistique à Genève et poursuit des études de psychologie. En 2019, après avoir donné des séances de yoga dans des classes de primaire, elle créé son « jeu de cartes de yoga et méditation » qui rencontre un succès auprès des enfants, des enseignants et professeurs de yoga.

En 2022, elle se met à l’écriture, un rêve qu’elle portait en elle depuis 10 ans.

La Souffleuse de cœur”, son premier roman, est édité fin 2023. Ce roman initiatique aborde les thématiques du burn-out, du droit des femmes, du chamanisme et des thérapies assistées par psychédéliques. L’histoire fait voyager le lecteur entre Genève, la Drôme et le Mexique.

Aurélie est passionnée par les recherches sur la Conscience, la psychologie et le vivant. Elle participe à plusieurs cercles littéraires, aime rencontrer les auteurs et ne rate pas une occasion de pousser la porte d’une librairie.

Émotion, Drame, Philosophique

Oscar et la dame rose

de Éric-Emmanuel Schmitt
Broché – 6 juin 2006
Éditions : Magnard

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Oscar a dix ans et il vit à l’hôpital. Même si personne n’ose le lui dire, il sait qu’il va mourir. La dame rose, qui le visite et « qui croit au ciel », lui propose d’écrire à Dieu pour qu’il se sente moins seul.

À travers cette correspondance originale, le récit aborde, du point de vue de l’enfance, des questions philosophiques et existentielles : la maladie, la souffrance et la mort, la rencontre avec l’autre et avec le mystère… Les nombreux passages de paroles rapportées permettront aux élèves de découvrir ou d’approfondir les techniques du dialogue argumentatif. L’appareil pédagogique est suivi d’une interview exclusive d’Éric-Emmanuel Schmitt.

 

• Couv_2024-040_Schmitt Eric-Emmanuel - Oscar et la dame rose.jpg

 

J’ai trouvé ce livre sur mon lieu de travail il y a quelques jours.
Je me rappelle aussi avoir vu le film et avoir été très ému. Le livre m’a appelé, je n’ai pas été déçu !

En quelques pages, Éric-Emmanuel Schmitt réussit à raconter l’inracontable. L’histoire d’un enfant qui va mourir d’un cancer et qui le sait.
L’auteur, à travers les yeux et les mots d’Oscar, s’adresse à Dieu, abordant des sujets qui le touche en toute simplicité, mais pour nous, elles se transforment en questions philosophiques et existentielles… et malgré tout, avec beaucoup de pudeur et de sobriété. L’histoire est triste, bien sûr, mais Éric-Emmanuel lui donne une dimension que je n’aurais pas imaginée, c’est très émouvant.
Grâce à la dame rose, Oscar va vivre une vie complète. Une vie où il tombera amoureux de Peggy Blue, une vie où chacune de ses journées sera remplie de poésie, d’humour et d’un sentiment de paix. Oscar deviendra un homme et décidera de ne plus aimer Dieu alors qu’il sera âgé de cent-dix ans…

C’est touchant, car finalement pour Oscar sa mort ne sera plus un drame, il a accompli ce qu’il souhaitait réaliser dans sa vie.

J’attendais quelque chose de ce roman, je ne suis pas déçu. Je l’ai obtenu. Oscar s’affranchit de tout, lui permettant ainsi de rejoindre les étoiles…
Un livre dense, un livre riche, qui ne peut faire que du bien !

Merci Éric-Emmanuel, parfois la simplicité est suffisante.

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Extraits :

« – Si tu écrivais à Dieu, Oscar ?
– Ah non, pas vous, Mamie-Rose !
– Quoi, pas moi ?
– Pas vous ! Je croyais que vous n’étiez pas menteuse.
– Mais je ne te mens pas.
– Alors pourquoi vous me parlez de Dieu ? On m’a déjà fait le coup du Père Noël. Une fois suffit ! »

« Cher Dieu,
Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps.
Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Écrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adultes. »

« – Je suis venu t’annoncer que, ce soir, et tous les soirs suivants, si tu veux bien, je monterai la garde devant ta chambre pour te protéger des fantômes.
Elle m’a regardé, elle a battu des cils et j’ai eu l’impression que le film passait au ralenti, que l’air devenait plus aérien, le silence plus silencieux, que je marchais comme dans de l’eau et que tout changeait lorsqu’on s’approchait de son lit éclairé par une lumière qui tombait de nulle part. »

« Mamie-Rose m’a tenu la main pour m’empêcher de m’énerver.
– Pourquoi ton Dieu, Mamie-Rose, il permet que ça soit possible, des gens comme Peggy et moi ?
– Heureusement qu’il vous fait, mon petit Oscar, parce que la vie serait moins belle sans vous. »

 

Éric-Emmanuel Schmitt est né à Lyon en 1960, de parents d’origine alsacienne.
Interrogé par un journaliste, il se peint comme un adolescent rebelle, ne supportant pas les idées reçues et parfois victime d’accès de violence. Mais la philosophie, pense-t-il, l’a sauvé en lui apprenant à être lui-même et à se sentir libre. Ses études l’ont mené à l’École normale supérieure, à l’agrégation et au professorat de philosophie, comme maître de conférence.

Sa carrière de dramaturge débute très tôt, vers l’âge de huit ans, lorsque sa mère l’emmène voir une représentation du Cyrano de Bergerac avec Jean Marais. L’enfant est bouleversé jusqu’aux larmes et le théâtre devient sa passion. Il se met à écrire : « À seize ans, j’avais compris – ou décidé – que j’étais écrivain, et j’ai composé, mis en scène et joué mes premières pièces au lycée. » Pour améliorer son style, il se livre avec fougue et ferveur à des exercices de réécriture et de pastiche, en particulier de Molière. La Nuit de Valognes (C&C n°61), œuvre écrite à 29 ans, témoigne encore de ce goût et des réminiscences culturelles emmagasinées par la mémoire. Grâce à l’actrice Edwige Feuillère qui la recommanda à plusieurs metteurs en scène, la pièce fut jouée à la Comédie des Champs-Élysées en 1991. C’est à ce moment-là, alors qu’il est encore professeur de philosophie en Normandie, que le succès de la pièce infléchit sa carrière. D’autres œuvres suivirent, parfois couronnées par des prix littéraires au pouvoir médiatique. Certaines entrèrent dans la carrière audiovisuelle ou cinématographique comme Le Visiteur (C&C n°42), créé en 1993, Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran (C&C n°57), créé en 1999 ou Oscar et la dame rose (C&C n°79), porté au cinéma par Schmitt lui-même en 2009.

En juillet 2001, venant récompenser de nombreuses et riches parutions, l’Académie française lui décerne le Grand Prix du Théâtre pour l’ensemble de son œuvre. En 2002 est joué sur la scène du théâtre des Champs-Elysées Oscar et la dame rose avec, dans le rôle principal, Danielle Darrieux, rôle ensuite repris par Anny Duperey en 2005-2006. L’auteur, mélomane passionné d’art lyrique, a également traduit deux livrets d’opéras de Mozart : Les Noces de Figaro en 1997 et Don Giovanni en 2001. Parallèlement, et de manière plus insistante, Eric-Emmanuel Schmitt s’exerce l’art romanesque. La Secte des égoïstes (1994) lui permet de renouer avec sa formation de philosophe spécialiste du XVIIIe siècle. Un essai, Diderot ou la Philosophie de la séduction, publié en 1997, reprend partiellement le sujet de sa thèse. L’Evangile selon Pilate (2000) et La Part de l’autre (2001) mettent en scène les deux figures les plus emblématiques de l’histoire de l’humanité, le Bien et le Mal absolus, Jésus et Hitler. Éric-Emmanuel Schmitt s’est taillé une belle figure d’écrivain contemporain grâce à une écriture fluide et directe mise au service de thèmes éternels. Comme Michel Tournier, autre écrivain philosophe, il sait donner présence aux figures mythiques les plus populaires: Don Juan, Freud, Dieu, le Christ, Hitler… et enrichir son propos littéraire d’une culture philosophique qui ne manifeste ni cuistrerie ni hermétisme.