Émotion, Témoignage

Toujours en chemin

de Michaël Delaporte
Poche – 12 novembre 2022
Éditions : TheBookEdition.com

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J’ai toujours la maladie du « temps qui passe », mais je sais que ce n’est pas grave désormais !
Presque deux ans sans parvenir à écrire. Besoin de vivre pour avoir des choses à dire. Et puis aller vers soi-même suppose un risque, alors j’ai osé souffler sur les braises d’un feu qui couvait, et l’aventure redémarre aujourd’hui en mode pissenlit.
J’ai douté, cherché, attendu, expérimenté. Puis c’est venu, au bon moment. Après deux années d’échanges avec les lecteurs, dont je me suis nourri, j’ai envie de partager avec toi ce qui fait le sel de ma vie, mes joies, mes peines, mes doutes et mes aspirations. Je t’offre ainsi un temps pour toi, ces pensées pouvant accompagner ton chemin.
Douze chapitres pour douze émotions différentes, douze façons différentes de voir le monde. Retournons ensemble en enfance, partons en voyage, acceptons le deuil, explorons notre côté sombre, demandons-nous comment pense l’autre, ayons de l’audace !
Un treizième chapitre… rien que pour toi !
Ce livre est dédié aux femmes. Parce qu’il n’y a pas de plus difficile et de plus belle situation au monde que d’en être une.
Puisse-t-il être une petite graine dans ton jardin. Ce n’est pas un livre que tu tiens entre tes mains, c’est une expérience !
« Parce qu’une histoire bien racontée ne suffit pas, à toi de jouer. »

 

• Couv_100_Delaporte Michaël - Toujours en chemin

 

Après avoir lu en juin 2021 Avant moi, j’étais un autre, qui avait fait remonter en moi de nombreuses sensations, je ne pouvais pas, ne pas suivre Michaël sur ce nouveau “Projet”… D’ailleurs comme toute la “Team Pissenlit”, et beaucoup d’autres personnes, je l’attendais.

Une lecture rapide soit, mais une lecture toute en profondeur. Michaël ne cherche pas à nous embobiner, il est direct et transmet son message en toute franchise, un message fort simple au demeurant… IL FAUT VIVRE !
Nous avons besoin d’amour, d’amitié, besoin d’être triste pour apprécier le bonheur lorsqu’il est là. Un message si simple pourtant, mais que tout le monde oublie, tête baissée, dans notre métro-boulot-réseaux-dodo, qui nous bouffe petit à petit, au point d’en oublier le principal… La vie.

Michaël nous propose alors de le suivre pendant un an. Un an qu’il divisera en autant de chapitres qui y a de mois dans l’année (avec une “p’tite” surprise à la fin…).
Douze mois qui s’enchaîneront, en toute simplicité… De nombreux messages qu’il dédie aux femmes, mais que j’ai pu apprécier de la même façon. J’ai pris cette lecture comme une nouvelle expérience et me suis laisser aller. C’est souvent drôle, mais, surtout vrai et authentique. Les mois défilent… Plus j’avançais, plus j’avais l’impression d’être concerné… Mais en arrivant au mois de décembre, je me suis pris une claque ! Michaël ne parlait plus des autres, il me parlait à moi, directement, il était dans ma tête, il était moi. J’ai eu alors un mélange de tristesse et de bonheur.
Tristesse, car tout ce dont il parle, je l’ai vécu, j’avais dix ans, et comme cela me manque parfois… Bonheur aussi, car il m’a permis de me souvenir de certains détails oubliés. Je suis allé chercher mes albums de photos, avec mon frère, ma famille, mes potes… “Patte d’eph”, cheveux longs, cols roulés à rayures de toutes les couleurs et visages hilares ! Il me suffisait simplement d’ouvrir les yeux !
Merci Michaël, ça fait du bien…

Une pose, un arrêt, dans cette vie ou tout va toujours trop vite aujourd’hui.
Dire STOP, et s’y tenir, voilà le merveilleux cadeau que nous fait Michaël.
Mais ce n’est pas tout… En plus du voyage qu’il nous propose, il y a un chapitre ”raconté”, aussi des graines de pissenlit, et quelques pages qui sont pour nous, où nous sommes libres de les utiliser pour aller, pourquoi pas vers un peu plus de liberté.

Michaël Delaporte, c’est un peu tout ça et plus encore. Je ne peux pas penser à lui sans voir apparaître son sourire et ses yeux lumineux !
Certains diront sûrement “Trop de sensibilité”, “trop de bla-bla”, à ceux-là, je leur dis : Restez dans votre monde (Pour rester poli !)
À tous les autres : Mais, qu’attendez-vous pour découvrir ses deux livres, qu’attendez-vous pour les offrir ?
En-tout-cas, mon cadeau de Noël… Je l’ai déjà eu !

http://www.michael-delaporte.com/le-projet.html

La démarche du « Pissenlit » reposant sur le partage, 10% des bénéfices seront reversés à l’une des associations ci-dessous :
BIBLIO SANS FRONTIERES
GAPEAU TRANSITION

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Extraits :
« Que chaque personne rencontre depuis deux ans, soit remerciée de ce qu’elle m’a apporté. Sans le lecteur, l’écrivain n’est rien d’autre qu’un penseur. C’est dans le partage du message qu’il enfile son costume de passeur de mots.
Et grâce à vous, mon message s’envole de plus en plus, tel un akène de pissenlits… »

« Tout dans ce matin, ressemble à un magazine de déco, et devrait pousser à la sérénité… Le feu crépite dans le poêle, la lueur apaisante des flammes enrobe la pièce d’une douce chaleur, le silence à peine troublé des murmures ménagers enveloppe l’espace, la maison est plutôt bien rangée, pour une fois. Derrière cette volupté apparente pointent pourtant une crainte sourde et une excitation latente. Je suis tellement en éveil que je ne sais plus quelle émotion doit l’emporter. »

« 5h45. Même pas besoin de réveil. Pas un bruit, il fait ce noir profond des matins de l’hiver, et pourtant, me voilà déjà avec les yeux grands ouverts. Comme tous les matins, je me lève trop tôt. Il paraît que l’avenir m’appartient, du coup. Ça me fait une belle jambe. Pour l’instant, j’ai juste des Samsonite© sous les yeux et l’énergie d’un poulpe échoué sur la plage. »

« La corde à sauter, l’élastique et la marelle ! Les parties de tennis dans la rue devant la maison avec une ficelle tendue entre le portail et l’arbre d’en face, avec la raquette en plastique noir et la balle en mousse jaune ? Et le Tang ! Putain, le Tang !! Tout ça, tu vois, tout ça, c’est notre enfance, et quelques fois, je la regrette un peu cette belle période, même si c’était pas rose tous les jours, même si on n’avait pas le choix entre mille films et deux-cents cinquante chaînes de télé, même si c’était moins confortable que maintenant. Au moins, on prenait le temps de faire, d’explorer, d’attendre, et parfois même, je sais que ça va te paraître incroyable, mais quelques fois, on s’ennuyait ! Chose inenvisageable maintenant, où la flemme et l’inactivité sont jugées comme des défauts rédhibitoires. »

 

 

Michaël Delaporte ou la démarche du pissenlit

S’il est né à La Londe, s’il habite Solliès-Pont, il a, depuis de nombreuses années, tissé des liens forts avec La Farlède, notamment grâce à sa belle-mère, Raymonde Marcel, institutrice emblématique du village, à ses filles qui suivent les cours de danse d’Audrey Lhote depuis 12 et 6 ans, ainsi qu’à de nombreux amis de sa génération avec lesquels il partage un goût prononcé pour l’amitié et la fidélité. « Après avoir pas mal roulé ma bosse sur tous les continents, je me suis posé dans mon département natal. Professeur agrégé d’Éducation physique et sportive, j’enseigne à l’université de Toulon. J’adore mon métier ».

Comme un défi qui s’est imposé à lui, le 17 juin 2020, Michaël Delaporte se lance dans l’écriture de son premier ouvrage « Avant moi, j’étais un autre ». Le 20 juillet, le manuscrit est bouclé. Il sélectionne un comité de lecture de 13 personnes, le 24 août, la décision est prise, on publie. Un marathon qui correspond parfaitement au personnage et un concept original car le quadragénaire ne veut rien faire comme les autres. « C’est un livre qui ne s’achète pas », non, il l’offre à 330 personnes de son choix, avec une dédicace, un geste que les lecteurs vont répéter autant de fois qu’ils le veulent. C’est la démarche du pissenlit. « Chacun est invité à lire ce livre, puis à imaginer la liste des personnes qui pourraient être assez sensibles pour comprendre… et il le passe comme un relais ». Une forme nouvelle de communication qui fonctionne à merveille, mais qui s’accompagne également d’une chaîne de transition. Le roman est en vente sur http://www.thebookedition.com car le but est aussi humanitaire. Une partie des bénéfices est reversée à trois associations : « Petits Princes », des enfants malades à l’hôpital de La Timone, Biblio sans frontière et la Vallée du Gapeau en transition.

Aujourd’hui, il frôle les 1 400 lecteurs et les retours sont autant « de doses d’énergie positive » comme il se plaît à le dire. Peut-être aussi des encouragements à récidiver : « Je me suis découvert un sens de l’observation que je ne me connaissais pas ». Avec un style simple et direct, qui touche au cœur, Michaël Delaporte raconte l’histoire d’un homme de 30 ans qui n’a pas de prénom (ou tous les prénoms à la fois). Un homme qui croque les fruits qui passent à sa portée, prend son destin en main, enchaîne les expériences, explore avec émotion l’amour, le couple, l’éducation des enfants. L’occasion pour lui d’y aborder la famille, celle qui lui a été imposée et celle qu’il s’est choisie. Chacun s’y reconnaîtra, avec ses failles, son enthousiasme, ses succès et surtout une maturité qui se construit au fil des pages, non sans écueil, avec pour seul questionnement, celui du temps qui passe.

Avant moi, j’étais un autre
Avant moi, j’étais un autre

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Michel berger

Une vie en chansons
de François Alquier
Broché – 16 juin 2022
Éditions : Hugo Document

“Pour me comprendre”, “Seras-tu là ?”, “Celui qui chante”, “La Groupie du pianiste”, “Quelques mots d’amour”, “Diego, libre dans sa tête”, “Mademoiselle Chang”, “Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux”, “Le Paradis blanc”, “Message personnel”, “La Déclaration d’amour”, “Si, maman si”, “Musique”, “Résiste”, “Il jouait du piano debout”, “Ella, elle l’a « , “Quelque chose de Tennessee”… : on ne compte plus les tubes de Michel Berger entrés au patrimoine de la chanson française. Alors qu’on célèbre les trente ans de la mort de Michel Berger le 2 août 2022, François Alquier dévoile les secrets de création de l’oeuvre de l’un des chanteurs et compositeurs préférés des Français et propose de découvrir, à l’aide de nombreuses anecdotes, l’histoire des chansons de Michel Berger, comme autant de repères qui jalonnent la vie de l’artiste.

 

 

Je lis assez rarement de documentaires, de reportages ou de livres “hommage à…”. Non pas que cela ne m’intéresse pas, mais le temps que j’alloue à la lecture est plus pour moi, un temps d’évasion, de plaisir, plus que de réflexion ! La vie nous en amène déjà suffisamment au quotidien pour ne pas en ajouter… Peut-être trop d’aprioris ?

Mais ce livre me faisait, et me donnait envie.
“Michel berger – Une vie en chansons”.

Michel Berger fait partie des chanteurs français que j’ai toujours aimé, avec même une particularité, je serai incapable de vous dire qu’elle est le morceau qu’il a écrit pour lui ou même un d’autre que je préfère !!!
Ma seule réponse… Toutes !

Michel avait, pour moi, ce petit quelque chose “sensibilité/tristesse/amour/émotion” qui me touchait systématiquement, avec cette impression qu’il chantait pour moi, qu’il me chuchotait à l’oreille…

C’est le premier livre de François Alquier que je lis. Il y a beaucoup de recherches nécessaires pour ce type d’ouvrages, et il le fait bien !
On sent même que son travail s’est étalé sur plusieurs années, sur de nombreux voyages et d’interviews qu’il a fallu disséquer, hiérarchiser afin de trouver un rythme qui porte le lecteur. Il veut aller jusqu’au bout…
J’avoue avoir pris énormément de plaisir à le lire. J’avais fait un pari avec moi-même. Je m’y suis tenu. Qu’est-ce j’ai bien fait !
Alors oui, rarement je n’ai mis autant de temps à lire un livre, et rarement je n’ai fait autant de poses entre chaque chapitre !
En effet, François a décidé de nous livrer des anecdotes, sur l’histoire de chacune de ses chansons (il en a choisi 46), moi, j’avais décidé de les écouter avant de lire chaque chapitre qui les concernerait !
J’en profite pour remercier “Youtube” et sa facilité d’accès à chacun des morceaux choisis.

Du coup, une lecture très différente pour moi. Profonde. Prenante. Triste parfois… Les yeux fermés, j’appréciais, je fredonnais quand je ne chantais pas. J’ai appris énormément sur le “personnage”, sur sa vie, sur ses femmes. Le livre de François est riche, très riche. Riche en informations, riche en “petits détails”. Il a cette particularité, que j’ai eue régulièrement, une impression que Michel et moi étions proches et pourquoi pas des amis. J’étais bien…

Vous voulez en savoir plus sur “l’homme” ?
Ses doutes, ses envies, ses combats ?

François Alquier a composé l’ouvrage indispensable…
Je n’ai plus qu’un mot à dire.
Excellent !

Merci François, pour cette analyse très originale et réussie de celui qui restera pour moi, à jamais, une référence…

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Extraits :

« Après le départ cruel de Véronique Sanson, Berger est meurtri et désemparé, mais cette rupture lui inspire le fameux album au cœur brisé. Si celui-ci ne reçoit qu’un succès d’estime en termes de vente, les critiques saluent la pudeur d’un discours simple, précis et percutant sur d’incontournables mélodies. Dans “Pour me comprendre”, l’ombre de sa belle absente et de son frère malade plane. Pour beaucoup, il s’agit de sa chanson la plus autobiographique. »

« Pour aller mieux, Michel Berger préconise d’écouter de la musique. Est-ce que parce qu’elle permet de produire les hormones du bonheur qui aident à surmonter n’importe quelle crise ? Le docteur Stéphane Guerin, musicothérapeute et fondateur de l’AMARC (association de musicothérapie applications de recherches cliniques), apporte une réponse : “On a observé pour certaines musiques spécifiques une action directe sur les composantes multidimensionnelles de la douleur, à la fois cognitivo-comportementale, sensorielle et émotionnelle”. »

« Malgré cette polémique, “seras-tu là ?” demeure avant tout une chanson d’amour magnifique. Jean-Jacques Goldman a expliqué en 1985, dans un “Grand Échiquier” consacré à Michel Berger, que c’était sa chanson française préférée, tous artistes confondus. Il regrette même de ne pas l’avoir écrite lui-même. Dans cette même émission, il la chante avec son auteur. C’est d’ailleurs le seul duo Goldgman-Berger. »

« Parce qu’il voyage de plus en plus, Michel Berger devient extrêmement sensible au monde qui l’entoure : “Je crois que c’est très difficile de ne pas être concerné, de ne pas se sentir agressé dans le monde dans lequel on vit actuellement. J’ai l’impression qu’on nous répète tout le temps à la télévision, à la radio, dans la presse : “L’homme est un salaud et ça ne s’arrangera jamais”. Et puis, en même temps, il y a une bonne composition à l’intérieur des hommes qui fait qu’ils reprennent le dessus et qu’ils décident d’agir pour embellir ce qui ne va pas. C’est certain que l’on vit une époque difficile à assumer. Tout le monde le ressent, mais j’ai l’impression que c’est encore plus pénible quand on a une expression artistique comme occupation. Émotionnellement, c’est très dur à assumer si on ne fait rien. »

 

 

François Alquier est journaliste. Depuis plus de 30 ans, il côtoie les artistes – musiciens et écrivains en particulier – pour les besoins de ses interviews pour la radio, la télé ou la presse écrite. Depuis 6 ans, il révèle les coulisses de ses rencontres sur son blog. D’abord caché derrière le pseudonyme de Mandor, il officie aujourd’hui à visage découvert. Il est l’auteur du livre officiel de Starmania et a écrit sur Balavoine, le meilleur ami de Berger. Il vit en région parisienne.

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Einstein, le sexe et moi

de Olivier Liron
Poche – 14 août 2019
Éditions : Points

Top ! Je suis un garçon fougueux, normalien et autiste Asperger. Mon enfance n’a pas toujours été rose à cause de ma différence. Je suis fasciné par les dates et calcule le produit de 247856 par 91 pour m’endormir. En 2012, j’ai participé à l’émission Questions pour un champion, une expérience libératrice. Entre deux épreuves, je trempe toujours une madeleine dans du coca… Je suis… Je suis… Olivier Liron ! Oui !

Né en 1987, Olivier Liron a étudié à l’École normale supérieure avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre.


ELLE

 

 

J’ai rencontré Olivier Liron, le 16 avril, à Valmondois, où nous avions pu discuter un peu (pas assez à mon goût…), pendant le Rock’n Books 2022.
Puis, j’ai lu l’excellent “Livre de Neige”, où il raconte l’histoire de sa mère et de sa famille…
Depuis, je voulais en savoir un peu plus sur lui, savoir ce qui pouvait bien se “passer” dans sa tête !

Et bien dans sa tête… Il y en a des choses !
Certaines qui lui ont permis de s’épanouir, d’autres qui malheureusement ont dû peser bien lourd sur ses épaules d’enfant.

Avec “Einstein, le sexe et moi”, il soulève un peu le rideau personnel de sa vie. Il dévoile et partage les embûches qui ont fait et font encore régulièrement parties de son quotidien, avec une grande question centrale.
Qu’est-ce que la normalité ?
Qui décide de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas ?
D’où vient la notion de « normalité », alors que nous sommes tous si différents ?
Grand, noir, petit, blanc, bègue, sourd… Gros, maigre… Atteint de cécité ou même autiste Asperger…

Il n’y aurait donc pas de normalité ?

Et non… Juste des différences, et qu’il faut apprendre à vivre avec…

C’est justement de toutes ses/ces différences dont nous parle Olivier.
Il est autiste Asperger ? Et alors… ce n’est pas une maladie !

“Einstein, le sexe et moi” est un roman coup de poing !
Avec des anecdotes, de l’émotion, beaucoup d’intelligence (c’est normal…), et de l’humour aussi (et oui…), des madeleines trempées dans du Coca, plein de question où j’ai pu aussi m’amuser à répondre au fur et à mesure de ma lecture… Olivier nous entraîne dans une farandole très personnelle, sa participation à “Questions pour un champion”, point de départ du début de son “autre” vie… En faisant des allers/retours vers son passé, sa famille, l’école (les profs… quelle galère !), les amis (les quoi ???) les filles (Heu… pas trop quand même…), ses silences, la honte qu’il ressent tout le temps, sa honte d’avoir honte et les préservatifs (comment ça marche ça encore ???…)…
Mais aussi une déclaration d’amour incroyable, de toute beauté, brute et vivante ! La plus belle que j’ai lue à ce jour…

J’ai été triste pour Olivier à certains moments, mais j’ai aussi ri avec lui, à la grande surprise des gens autour de moi dans les transports. Olivier ! Il y en a même un qui est venu me demander ce que je lisais et l’a noté ! Si, si je t’assure… Un futur nouveau lecteur…

Alors, STOP à la normalité !
Nos différences, nos révoltes peuvent faire de nous le meilleur de nous-même… Oui, on peut transformer la vie, notre vie.
Faites comme Olivier. Un pas devant l’autre… Un à la fois.
Le meilleur restera toujours à venir !

Une très belle lecture, sincère et toute en émotion qui passe par toutes les étapes d’une vie “normale”…

PS. OLivier, Face à la violencedu monde, je pense que la littérature peut beaucoup !

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Extraits :

« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je préfère réaliser des activités seul plutôt qu’avec d’autres personnes. J’aime faire les choses de la même manière. Je prépare toujours les croque-monsieur avec le même Leerdammer. Je suis fréquemment si absorbé par une chose que je perds tout le reste de vue. Mon attention est souvent attirée par les bruits discrets que les autres ne perçoivent pas. »

« J’ai dans mes tripes la mémoire de la différence qu’on m’a apprise, qu’on a tatouée dans ma chair. Mes oreilles trop grandes, objet de risée et qui subissaient tellement de pichenettes et de coups qui défonçaient leur cartilage, qu’elles saignaient à la fin de la journée, et que je devais coller ma tête chaque soir contre la vitre du bus scolaire pour apaiser la brûlure et leur faire sentir le froid… Je n’oublierai jamais la sensation de douleur dans mes oreilles, pas uniquement sur le lobe, mais à l’intérieur, une douleur sourde et perçante à l’intérieur, chaque fois plus insupportable. Elle est insignifiante et si forte que je la ressens encore aujourd’hui. »

« C’est marrant, je parle du corps, mais j’ai l’impression que les mots ont encore plus de pouvoir que les coups, que les mots sont les coups qui ne partent jamais, les plus indélébiles, les plus violents pour le corps, justement. Je pense que le mot que j’ai entendu le plus jusqu’à mes quatorze ans est “gogol”. J’ai dû entendre dix mille fois les gens m’appeler gogol. À l’école, et surtout au collège, les enfants différents souffrent le martyre. C’est déjà le pouvoir hideux et haineux de la norme. Aujourd’hui encore quand j’entends à la radio les “normaux” ceux qui ont le pouvoir de la norme, de dicter la norme, de faire la norme, les politiciens et les financiers, les humoristes pas drôles, les haineux de tous bords, j’ai envie de les déchiqueter avec les dents. Pour leur montrer de quel bois on se chauffe, nous les gogols. »

« Jusqu’au moment où je suis tombé amoureux comme on se fait écraser par un train, d’une fille qui s’appelait Barbara. Barbara était belle à en mourir, elle avait les yeux verts et un rire dont je pourrais parler pendant des heures. J’étais fou amoureux d’elle. Quand elle riait, j’étais amoureux. Quand elle chuchotait, j’étais amoureux. Lorsqu’elle pleurait ses amours mortes, j’étais amoureux ; quand elle se taisait, j’étais amoureux ; je la comprenais ; je l’écoutais ; à jamais je l’aimais. »

 

 

Olivier Liron est né en 1987, il vit à Paris. Normalien et agrégé d’espagnol, il enseigne la littérature comparée à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre. Il se forme en parallèle à l’interprétation et à la danse contemporaine à l’École du Jeu et au cours Cochet. Son premier roman, Danse d’atomes d’or, est publié en 2016 chez Alma Éditeur. Il est également l’auteur de pièces de théâtre, de scénarios pour le cinéma et de fictions sonores pour le Centre Pompidou.

Adolescence, Émotion, Drame, Histoire vraie, Témoignage

Et si je demandais à la mer ?*

Lever de brouillard
de Milaï S.
Broché – 17 décembre 2021
Éditions : Independently published

« — Ne lui dis pas, fais comme si tu ne le savais pas, ton père ne voulait pas que je te le dise avant tes 16 ans.
Désemparée par ces annonces brutales, je partis dans ma chambre avec LA réponse qui me bouleversait tant. […] Les questions se bousculaient en même temps que les émotions de tristesse et de colère m’envahissaient. »

Les parents sont des repères, des rocs sur lesquels s’appuyer, dit-on. Enfants, on y croit dur comme fer. Mais parfois le roc s’effrite et finit par tomber en poussière.
« Le choc ! Comment ça, Lisa le savait ? Comment ça tout le monde le savait ? »
Lever de brouillard est le premier opus d’une trilogie où se mêlent aventures, rebondissements et vérités cachées. Milaï S. nous livre une partie de sa vie avec émotion, humour et poésie dans un récit de vie aux allures de roman.

Milaï S. a voulu apporter une touche originale dans l’écriture, qui a également été un petit challenge, je vous laisse le découvrir mais surtout arriverez-vous à trouver de quoi s’agit-il avant la fin ?

 

 

“Et si je demandais à la mer ?”, est un roman très touchant qui raconte une enfance qui aurait due être banale, mais ce ne fut malheureusement pas le cas…
Le parcours difficile et semé d’embûches, d’une jeune fille en quête de ses racines… Ce récit fait de nouveau un écho à ma propre histoire. Celle d’un enfant qui malgré ses efforts n’a jamais vu que la main levée de son père. Jamais une main tendue, non. Jamais une oreille à l’écoute. Il fallait obéir, écouter, surtout se taire, sinon… !

Milaï nous raconte sa vie, bouleversante, sensible et très vivante à la fois… Elle se confie, évoque son histoire… Ses secrets de famille, les non-dits. C’est une véritable immersion dans son enfance, au sein de toutes ses interrogations et dans toutes les souffrances physiques et psychologiques qu’elle a subit. J’ai eu envie de la prendre plusieurs fois dans mes bras…
Mais c’est aussi une histoire pleine de douceur, sans haine, par moment même avec un ton de poétique.

“Et si je demandais à la mer ?”, est pour moi, un “Lever de brouillard”. Celui d’une femme libre, assumée, en paix avec elle-même qui regarde son passé… avec une certaine bienveillance, malgré tous les bouleversements qu’elle a vécus ! Nos parents, ne sont-ils pas censés être des repères pour pouvoir nous construire ? Que se passe-t-il quand le père est soit indifférent, soit violent et que la mère n’ose pas “affronter” son conjoint ? L’enfant sera forcément perdu et ne devra sa construction qu’à ses propres expériences, quelles qu’elles soient. Ou alors… espérer peut-être… une aide extérieure… venant d’ami(e)s, d’oncles, de tantes, de cousin(e)s ou des grands-parents…
Pour Milaï, c’est le grand-père qui petit à petit deviendra sa boussole, qui sera son grand-re-père, son roc…

“Lever de brouillard” est le premier tome d’une trilogie, captivant, avec des mots justes, qui prêtent à la réflexion. J’attends maintenant la suite avec impatience.
J’avoue avoir été très vite pris par le sujet, et l’ai lu d’une traite, ne pouvant pas m’arrêter.
C’est un livre qui a du être nécessaire à Milaï ! Un livre qui dès lors, mérite qu’on en parle, qui mérite de voyager de mains en mains… Le mien, a déjà commencé son voyage…

Juste et touchant, “Et si je demandais à la mer ?”, ne peut laisser, ne doit laisser personne indifférent !

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Extraits :

« Il y a une quinzaine d’années, des personnes de mon entourage me suggérèrent d’écrire un livre, au vu de cette aventure qu’était ma vie, où se mêlent vérités cachées et épisodes incongrus. Cette idée me paraissait inconcevable pour plusieurs raisons et l’est d’ailleurs toujours à l’heure où je commence ces premières lignes. »

« Mon excitation était à son comble, je sautais de la voiture et respirais à pleins poumons cet air pur qu’offrait cette campagne côte-d’orienne. Mon attention allait immédiatement à l’enclos des chiens, ils m’accueillaient en montant sur le petit muret en pierre et se collaient au grillage qui donnait sur la route. Parallèlement, j’avais besoin de savoir s’il y avait d’autres personnes en visite chez mes grands-parents, mon indice : les voitures garées le long de la route autre que la 2 CV orange de mon grand-père. Avant de pénétrer dans la cour, il était important que je sache ce qu’il en était, d’où cette petite enquête visuelle indispensable que j’effectuais tel un rituel d’entrée. »

« Cet endroit m’a permis de vivre une vie d’enfant, d’explorer la nature et les joies de la campagne. Il y avait un espace pour les animaux, un pour les humains, hors de question de déroger à cette règle, comme beaucoup d’autres. Elles étaient nombreuses et devaient être respectées à la lettre, mais en étaient exclus les violences physiques, les cris, les hurlements et les insultes. »

« Il était simple, loin de la société de consommation, il avait besoin de peu pour vivre et être actif et heureux. Alors que j’étais adolescente un jour, il me dit : “l’argent ça ne sert à rien…”, J’avais été surprise par ce discours, je compris par la suite qu’il était connecté à l’essentiel. »

 

Histoire vraie, Témoignage

Et si l’homme devait mourir…

de Jean Marie Fonrouge
Broché – 22 août 2003
Éditions : Autrement

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Tous les urgentistes connaissent le cas de cette jeune femme qui avait ingéré des médicaments pour le cœur et qu’une équipe de SAMU et d’un service d’urgence a réanimé grâce à un massage cardiaque externe effectué pendant six heures… en lui permettant, au bout, de recouvrer une vie sans séquelle. Alors se battre là, oui. Parfois même se battre de façon déraisonnable, repoussant de trente minutes l’arrêt de la réanimation d’un blessé de la route parce qu’il est jeune… puis voir ce confrère la poursuivre quinze minutes de plus parce qu’il a une alliance… Voir surtout que les médecins ont en eux cette volonté de réinventer la vie à venir parce que c’est trop tôt parce que c’est trop injuste, parce qu’il y a dehors assise et protégée du froid, la jeune femme de cet homme qui ne voudra pas croire que c’est déjà fini.

Un récit bouleversant. Par son style, son allant, la voix qui le porte. Et par la nature du récit : ni roman, ni essai, ce livre-témoignage parle d’une profession -« impensable », presque folle « folle »-, celle de médecin réanimateur, urgentiste qui plus est. Ré-inventer la vie lorsque tout espoir semble perdu. Ce métier, Jean Marie Fonrouge l’a exercé pendant plus de vingt ans en SAMU. Il en parle avec conviction, avec doute, avec colère, avec espérance. Les scènes qu’il décrit sont d’autant plus fortes qu’elles sont vécues. Elles questionnent la pratique de la médecine, nous interrogent sur notre propre rapport à la mort, nous rappellent l’essentiel nous disent de quoi la vie est faite. Ce livre est un cri, un message.

 

Couv_038_Fonrouge Jean Marie - Et si l'homme devait mourir….jpg

 

Je suis tombé, peu avant de me coucher hier soir, sur ce livre.
Je l’avais mis de côté, il y a fort longtemps. À l’époque où je l’ai eu, je m’étais dit que je le lirais “plus tard”…
Hier soir, le titre a résonné différemment… J’ai bouleversé l’ordre de ma PAL.
Je l’ai lu aujourd’hui pendant ma pause déjeuner.

C’est un témoignage très émouvant d’un médecin urgentiste dans son quotidien.
Je pense que l’on imagine difficilement leur vie. Les espoirs qu’ils portent sur leur dos, les regards des familles des personnes en soins, les déceptions qu’ils peuvent prendre de plein “fouet”. C’est ce vécu, que décide de nous faire partager Jean Marie Fonrouge, sans tricher, avec ses mots, simples, avec une envie de transmission, et justement derrière ses mots, j’ai senti un homme de cœur et les souffrances internes qu’il doit surmonter quotidiennement.

Mais c’est aussi, et c’est surtout le pourquoi je l’ai lu, une véritable réflexion philosophique sur la mort, sur le fait de prolonger ou pas la vie de certains patients à tout prix. Un urgentiste, doit-il “simplement” appliquer la loi, ou peut-il respecter les demandes de ses patients ?
Personnellement, j’espère qu’une fois “le moment” venu, si, je suis en paix avec les autres et avec moi-même, qu’on le laissera partir tranquillement, en respectant mon choix, sans s’acharner coûte que coûte, inutilement…

Des paroles écrites par un médecin réanimateur qui a du cœur, des paroles qui méritent le “détour”…

“En France, tout le monde veut aller au paradis et personne ne veut mourir.”
François Lefort, “Le Désert de l’homme fou”

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Extraits :

« Il y a de la beauté à avoir attendu autant. Il y a de la beauté à trembler pour la peine d’une mère qui ne pouvait supporter une si longue nuit.
Il y a de la beauté à savoir jusqu’où l’on peut cheminer avec dignité et savoir à quel moment la peine et la peur réunies peuvent nourrir la panique ou l’irrationnel. »

« Si je devais apprendre un « essentiel » à mon fils, je lui dirais cela : l’âme, c’est comme un parfum ; si le cristal est clos, il saura la retenir ; si le corps n’en peut plus, laisse-la partir, le corps ira la rejoindre bientôt.
Nous cherchons étrangement à retenir les corps déjà délaissés depuis longtemps par leur âme et, dans ces actes contre nature, nous oublions de l’entourage, les familles qui font passivement confiance, par impuissance. »

« Un réanimateur responsable doit admettre et faire admettre ses collaborateurs qu’il y a des situations dans lesquelles la réanimation devient de l’acharnement thérapeutique. (…) Il importe d’éviter le développement de l’attitude, bien répandue dans certains milieux hospitaliers, selon laquelle on ne meurt plus sans passer par l’unité de réanimation et sans y subir, comme une sorte d’ultime sacrement, la triade intubation – ventilation – massage cardiaque… Il est des accidents vasculaires cérébraux, des atteintes polyviscérales incurables (…), pour lesquelles il est urgent de ne rien faire sinon soulager le malade au besoin par l’utilisation de sédatifs. »

« Car il existe en France une multitude de petits services où on ne fait pas carrière, où les équipements sont insuffisants quand ils ne sont pas obsolètes.
Des hôpitaux où les médecins font une médecine « clinique » en auscultant, palpant, percutant le thorax des patients, car il n’y a pas d’échographie, ou seulement le jour où il n’y a bien sûr pas de scanner, et où l’on soigne en première ligne les mêmes blessés et malades que ceux qui habitent près d’un CHU. »

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Jean Marie Fonrouge est docteur en médecine et en droit, médecin anesthésiste réanimateur, spécialiste en médecine de catastrophe, et secrétaire général de l’Association française de droit de la santé et de « International association for humanitarian medecine » (en 2003).
Il est aussi, réalisateur et scénariste.

Adolescence, Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Le livre de Neige

de Olivier Liron
Broché – 10 février 2022
Éditions : Gallimard

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« J’ai voulu écrire ce livre comme un cadeau pour ma mère, Maria Nieves, dite Nieves, qui signifie neige en espagnol. Un livre pour elle, entre vérité et fiction. Un portrait romanesque par petites touches, comme des flocons. »

Neige a grandi sous la dictature franquiste, puis connu l’exil et la misère des bidonvilles de Saint-Denis. Humiliée, insoumise, elle s’est inventé en France un nouveau destin. Hommage espiègle d’Olivier Liron à sa mère, cette héroïne discrète qui lui a transmis l’amour de la vie et l’idée que les livres sont notre salut, Le livre de Neige raconte aussi, en creux, la naissance d’un écrivain.

 

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Quel hommage émouvant, que celui que nous offre Olivier Liron, dans ce roman, qui n’en est pas vraiment un…
L’auteur, nous raconte le déracinement de sa famille en 1939, qui a du quitté l’Espagne, le régime de Franco. L’histoire de sa maman… Sa vie, sa force et le courage qui l’a porté dans son quotidien dans un Saint-Denis en pleine effervescence, nous donnant la preuve que rien n’est acquis, que nous avons tous, qui que nous soyons, la possibilité de vivre la vie que nous voulons, et plus encore…

Mais, il nous raconte surtout, l’amour, les rencontres, l’école, les choix de vie et la nature aussi, avec beaucoup de poésie.

Dans la première partie du roman, de sa plume fine et délicate, Olivier m’a fait voyager dans le temps.
À cette époque, où, complètement perdu, je me suis retrouvé dans une classe où la plupart des élèves étaient des enfants “de l’immigration”. Portugais, espagnols, algériens, marocains ou africains, nous ne nous comprenions pas. Il a fallu se battre, souffrir, accepter, mais tenir, s’accrocher et ensuite parfois rêver… Seuls nos yeux et nos mains nous permettaient de nous comprendre, et de partager nos histoires avec les français, qui nous regardaient, eux, d’un peu trop haut. Pas mal de résonances donc, avec mon histoire et celle de ma famille. Des phrases qui m’ont émues aux larmes, qui m’ont touchées. Mes parents auraient dit “saudades !”
Nieves, quelques années avant moi, pas loin du lieu où j’habitais, a eu les mêmes ressentis, les mêmes envies que moi… Et tout comme elle, je ne regrette rien de mon vécu et des difficultés qui m’ont menés là où je suis aujourd’hui.
La seconde partie, va elle développer l’enfance d’Olivier, sa maman a grandit, elle s’est mariée et a vécu, une vie assez exceptionnelle, je dois le dire.
Le récit est très agréable, fluide, plein de délicatesse, très drôle aussi (les dialogues mi-français, mi-espagnol, comme le “parlé” de mes parents !), mélange d’émotions intenses… J’ai vraiment aimé me plonger dans la vie de Neige, bienveillante et pleine d’amour envers son fils, redécouvrir une autre Espagne, celle que craignaient mes grands-parents, celle que mes parents ont “osé” traverser à pied, bien plus tard…

Mais, presque plus que l’histoire, c’est surtout le style d’Olivier, sa façon très personnelle de nous raconter une partie de sa vie, qui m’a plu. Cette impression de redevenir un enfant à qui on conte une histoire, et quelle histoire… J’ai tout aimé !
Je suis certain qu’Olivier pourrait prendre n’importe support et le transformer en un texte magique, un texte émouvant où les mots ricocheraient les uns sur les autres, où les phrases attendraient bien alignées, et se mettant à trépigner dès leur lecture, un texte où les idées fuseraient en un éventail d’étoiles scintillantes !

Nouveau coup de cœur pour moi.
J’aime les romans généreux. Olivier va au-delà.
C’est un passeur de belles choses… Il m’a permis de vivre certains fragments de sa vie, et ce fut fort agréable…
Comment résister à un autre de ses ouvrages ?

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Extraits :

« Une nuit, alors que je commençais l’écriture de ce livre, j’ai vu ma mère en rêve.
Dans ce rêve, elle est à la fenêtre d’un train et elle sourit. La lumière est belle. Peut-être que, comme l’écrit Jean Giono, “le soleil n’est jamais si beau que les jours où l’on se met en route”. Nieves est en route pour un grand voyage. Pour une nouvelle vie. Elle regarde par la fenêtre, la lumière écrire son visage. Elle contemple le paysage et elle sourit.
Je sais que c’est un rêve. Un rêve, c’est une fiction qui dit la vérité. »

« Le sentiment dominant de Nieves à son arrivée en France, c’est la honte de ne pas parler le français. Sans accès à la parole, elle redevient une enfant. Du latin infans, “qui ne parle pas”. Ne pas parler, c’est être sans défense. Dans le rapport empêché à la parole se joue l’enfermement insidieux de la honte. Ici, Nieves à l’impression d’avoir moins de valeur que les autres. Elle sent qu’elle n’a pas sa place. »

« Pourquoi, en France, les jeunes générations n’ont pas davantage accès à l’histoire de l’immigration ? Pourquoi cette histoire commune, belle et nécessaire, n’est pas inscrite dans les programmes scolaires ? Pourquoi des phénomènes aussi massifs occupent-t-ils si peu de place dans la mémoire collective ? Quelle amnésie nous constitue ? »

« À ce propos, notre chienne Tina est morte. Elle était si malade et qu’elle ne mangeait plus les médicaments que je roulais dans le chorizo. Un jour, elle a fait un trou sous le grillage de la maison. Elle est partie mourir près du vieux lavoir. On a reçu un coup de fil des pompiers, qui l’ont retrouvée là-bas.
Elle est enterrée sous le tas de bois. Adieu Tina. Je n’aurai plus jamais la consolation de ton odeur de chien qui pue, quand on se roulait sous les bambous l’un contre l’autre. Plus jamais tu ne frétilleras de la queue à mon approche, puis jamais tes oreilles qui se dressent et remuent, plus jamais ta façon de tirer la langue avec un bruit de ventilateur à la puissance dix, plus jamais ta façon de boire de l’eau comme si tu n’avais pas bu depuis plusieurs générations de Tina, plus jamais ta façon de ramasser la vieille balle de tennis en mettant de la bave partout, plus jamais ton sourire d’ange égaré parmi les humains. Tu ne seras plus jamais là pour nous. La mort de Tina, c’est vraiment la fin de l’enfance. »

 

 

Olivier Liron, né en 1987 à Melun, est un écrivain, scénariste, acteur et personnage public français. Il obtient le Grand Prix des Blogueurs littéraires en 2018 avec son deuxième roman “Einstein, le sexe et moi”.

Il a une formation de pianiste en conservatoire. Après une hypokhâgne lettres et sciences sociales au lycée Jacques Amyot (Melun), puis une khâgne moderne au lycée Balzac (Paris), il est reçu au concours de l’École normale supérieure, option Lettres modernes. Il étudie ensuite l’espagnol et l’histoire de l’art à l’Université Complutense de Madrid puis est reçu à l’agrégation d’espagnol. Il enseigne la littérature à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle de 2011 à 2014. En 2015, il se forme à la danse contemporaine à l’École du Jeu et à l’interprétation dramatique au cours Cochet. En 2017, il fait partie des auteurs sélectionnés à la Femis pour l’adaptation cinématographique de son roman Danse d’atomes d’or.

Il est l’auteur de romans, de nouvelles, de scénarios, de pièces de théâtre et de fictions sonores. Son premier roman en 2016, “Danse d’atomes d’or” (Alma éditeur), est sélectionné pour une dizaine de prix littéraires et reçoit un excellent accueil du public. Son deuxième roman, “Einstein, le sexe et moi” (Alma éditeur), sort à la rentrée littéraire 2018 et reçoit rapidement un très grand succès de librairies et critique. Il est lauréat du Grand Prix des Blogueurs littéraires 2018 et finaliste la même année du Prix Femina et du Grand prix des lectrices de Elle. Un véritable phénomène de société apparaît autour de l’écrivain.

Il a également écrit des nouvelles pour la revue Décapage et l’Opéra de Paris, ainsi que des fictions sonores pour le Centre Pompidou.

Ses deux romans, “Danse d’atomes d’or” et “Einstein, le sexe et moi” ont fait l’objet de multiples adaptations théâtrales et sont également en cours d’adaptation pour le cinéma.

Pour le théâtre, il écrit la pièce “La Vraie Vie d’Olivier Liron”, dans laquelle il interprète son propre rôle. La pièce est créée en 2016 puis se joue en tournée en France et en Belgique. Sa deuxième pièce “Neige” est créée par le collectif Lyncéus et la metteuse en scène Fanny Sintès en 2018.

Olivier Liron se fait aussi connaître sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram par ses lectures de poésie et ses compositions au piano.

Émotion, Philosophique, Témoignage

Après…

Quand l’au-delà nous fait signe
de Stéphane Allix
Broché – 26 septembre 2018
Éditeur : Albin Michel

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« Plus d’un quart des personnes en deuil font l’expérience de formes diverses de communication spontanées après la mort d’un proche. Signes, messages, apparitions… il ne s’agit pas d’anecdotes rares ou suspectes, mais d’une réalité quotidienne et indiscutable vécue par plus de deux-cent mille personnes par an, rien qu’en France.

Il n’est pas possible de réduire une telle quantité de témoignages à de simples hallucinations. Après Le Test, ces récits constituent une nouvelle preuve que la vie se poursuit après la mort. Ce n’est pas une croyance mais une déduction scientifique. Je suis journaliste. Celles et ceux que l’on a aimé poursuivent leur existence dans l’au-delà. Ils sont vivants, et tentent de nous faire signe.

Écouter ces témoignages permet de comprendre quelle forme d’existence nous attend après notre décès. Où se trouvent nos proches défunts ? Que font-ils ? Ont-ils toutes les réponses ? Qu’advient-il au moment de la mort ? Peut-on s’y préparer ? À ces interrogations pressantes, il est désormais possible de répondre. À travers ces incroyables témoignages, je vous propose de découvrir ce qu’il advient après…

On demande des preuves, elles sont devant nos yeux. »

 

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Ce livre est chez moi depuis plusieurs années.
Qu’est-ce qui a fait que je ne l’ai pris qu’hier et pas avant ?

Je venais juste de terminer “Les étoiles d’Orion” de Brice Nadin, et m’apprêtais à commencer “Sœurs de sable” de Stéphane Heaume, pour notre dîner Littéraire mensuel, du Cercle de Maffliers, qui aura lieu vendredi prochain.

Alors, pourquoi avoir changé le livre prévu ?

Je travaillais seul dans mon bureau, quand soudain ! Boum !!!

J’entends un bruit dans mon dos… Je me retourne, et là, un livre, au milieu de la pièce, tombé “soudain” de ma bibliothèque !
Je pense d’abord à une blague. Je monte… ma femme discute dans le salon avec un ami. Personne d’autre à la maison ! Je redescends, et prends le livre entre mes mains, et lis la quatrième de couverture… Après le roman que je venais de terminer qui traite entre-autre de personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente, j’y ai alors vu comme un signe… J’ai décidé de le lire de suite.

Après… Quand l’au-delà nous fait signe”, n’est pas un roman, vous l’aurez compris. C’est un recueil de témoignages de diverses personnes qui ont vécu des démonstrations, après le décès d’un proche, l’âme du défunt tente de leur envoyer des signaux, d’entrer en contact avec eux.

Tout d’abord, ce livre n’est pas adressé aux septiques, ni a ceux qui n’ont pas un minimum de foi. Le livre repose sur des histoires de vie, des histoires du quotidien, qui pourront paraître incroyables parfois, mais tellement belles et captivantes… Alors oui, j’ai trouvé que c’était un beau livre. Je ne connaissais pas l’auteur, mais son discourt est clair et les témoignages qu’il a reçu, peuvent j’en suis, sûr aider les gens qui vivent des deuils compliqués.

J’ai appris beaucoup de choses venant de ces témoins qui sont des Madames et Monsieurs “tout le monde”. Ici, personne ne vient de milieux spirituels ou similaires, pas de magie, ni de gourou. La parole est donnée à nos voisins, nos amis, nos parents, à nos enfants aussi.

Merci Stéphane Allix, pour cette “ouverture” que vous nous proposez, votre volonté de chercher toujours l’aspect le plus rationnel est régulièrement présent. Vos mots d’ordre ? Confiance et simplicité.
J’ai été transporté par toutes les réflexions qui émanent de ce livre et je n’aborderai plus jamais le sujet de la même façon… Effectivement, difficile de réfuter en bloc l’existence d’un “au-delà” quelque part, après cette lecture émouvante et abordé toujours avec tact et délicatesse.

Je recommande à tout ceux qui sont curieux et qui se posent, “La question” de l’Après…

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Extraits :

« Car la loi Leonetti permet en effet notamment une prise en charge de la douleur et des autres symptômes de fin de vie, la mise en œuvre de soins palliatifs à l’hôpital ou à domicile. Elle condamne sans équivoque l’acharnement thérapeutique est accorde le droit au patient de refuser un traitement ou des examens complémentaires s’il les estimes inutiles. Elle offre enfin la possibilité d’une sédation profonde et continue, jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, dans le cas de souffrances insupportables, tant physiques que psychologiques. »

« Quelques semaines avant son décès, je rends visite à mon père. Je le trouve dans son atelier baigné dans un froid soleil de printemps. La forêt s’éveille, les oiseaux s’affairent avec enthousiasme et sillonnent le ciel, plein de projets. Le vent agite le cime des pins.
Il règne dans la pièce une chaleur étouffante. Chauffage poussé à fond le corps frêle de mon père est fragile. Occupé à écrire, il redresse la tête et me sourit. Les tableaux sont entreposés dans chaque coin de l’atelier. Tout autour de lui, dans ses yeux, ses paysages de l’esprit. Fruit d’une vie de peintre. Les étagères sont garnie de milliers de pages de centaines de livres. Sur sa table entre les petits papiers à noter de sa plume épaisse, les pinceaux et les objets qu’il prend plaisir à toucher, un volume de la Pleiades : Platon, œuvres complètes, volume 1. »

« La réalité de l’au-delà est semblable au monde des rêves. Les « nouveaux morts » traversent par moment des états dans lesquels il est difficile de s’accrocher à la moindre chose solide. Identité, lieu, situation… Tout a l’air de se dissoudre continuellement et les pensées s’évaporent les unes après les autres sans plus laisser aucune trace, comme dans un rêve. Mais à d’autres instants, et même très rapidement après leur décès, ils semblent tout aussi en mesure de se faire connaître en étant conscient de leur nouvel état, calme, lucide, heureux, à l’image d’un rêve, où l’on passe parfois par des états émotionnels très divers en une fraction de seconde… »

« Être père. Moi qui viens de perdre le mien. Chaque minute avec ma fille est source de bonheur et conforte la vision que j’ai de ce rôle. Guider plutôt que commander. Accompagner, écouter, faire confiance, toujours, sans jamais faillir. Éveillez la force, encourager l’autonomie, l’esprit d’indépendance. Apprendre, transmettre les valeurs essentielles, respect et espérance. »

 

 

Reporter de guerre pendant plus de quinze ans, Stéphane Allix a brusquement changé de voie après un événement bouleversant : la mort de son frère, au printemps 2001. Depuis, il explore les mystères de la conscience et de la mort.

Concepteur et animateur des documentaires Enquêtes extraordinaires sur M6, fondateur de l’INREES (Institut de Recherches sur les Expériences Extraordinaires), fondateur et directeur de la rédaction du magazine Inexploré, Stéphane Allix accompagne le développement de l’INREES tout en poursuivant sa carrière d’écrivain.

Reporter de guerre pendant plus de quinze ans, Stéphane Allix a brusquement changé de voie après un événement bouleversant : la mort de son frère, au printemps 2001. Depuis, il explore les mystères de la conscience et de la mort.

Concepteur et animateur des documentaires Enquêtes extraordinaires sur M6, fondateur de l’INREES (Institut de Recherches sur les Expériences Extraordinaires), fondateur et directeur de la rédaction du magazine Inexploré, Stéphane Allix accompagne le développement de l’INREES tout en poursuivant sa carrière d’écrivain.

Il, applique des méthodes d’enquête rigoureuses pour explorer avec sérieux des phénomènes inexpliqués. Son précédent livre, Le Test et Après…, parus aux éditions Albin Michel, ont été des best-sellers acclamés aussi bien par les lecteurs et les libraires que par la presse.

Drame, Histoire, Témoignage

Le Code d’Esther

de Bernard Benyamin, Yohan Perez (Auteurs)
Broché – 11 octobre 2012
Éditeur : ‎First

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16 octobre 1946.
À l’issue du procès de Nuremberg, le dignitaire nazi Julius Streicher monte à l’échafaud. Avant d’être pendu, il lance : “Ce sont les Juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !” Stupeur dans le monde. Qu’a-t-il voulu dire ? Il est établi que Streicher fait référence à une fête juive qui commémore les événements relatés dans un texte biblique vieux de deux mille ans : le “Livre d’Esther”. Mais sa déclaration n’en demeure pas moins énigmatique.

Ce fait historique avéré est le point de départ du Code d’Esther. Une aventure extraordinaire qui va conduire Bernard Benyamin et Yohan Perez de Nuremberg à Jérusalem, et des banques de Zurich à la prison de Landsberg, où Hitler rédigea Mein Kampf. De rencontres en révélations, ils découvriront que le Livre d’Esther recèle un message secret, et qu’il existe entre l’antique royaume perse et l’Allemagne du IIIe Reich des ressemblances défiant la raison.

Cet incroyable scénario, digne des Aventuriers de l’Arche perdue et de Dan Brown, n’a pourtant rien d’une fiction ; tous les faits relatés dans ce livre sont en effet rigoureusement authentiques. Pour percer “Le code d’Esther”, Bernard Benyamin et Yohan Perez ont mené une longue enquête, interrogé de nombreux érudits juifs et historiens. Au terme de leurs investigations, ils lèvent ici le voile sur la prophétie la plus troublante du XXe siècle.

 

2021_096_Benyamin Bernard, Yohan Perez - Le Code d'Esther

 

Depuis quelques années déjà, j’essaie de faire “vivre” les Boîtes à livres de mon quartier ainsi que celle de ma gare… C’est dans celle-ci, que j’ai trouvé “Le code d’Esther”, il y a quelques semaines…

Un livre passionnant…
On sent que les auteurs maîtrisent leur sujet.
Un grand merci à eux d’avoir mis en avant ces faits historiques et d’avoir soulevés certaines questions qui encore aujourd’hui demeurent sans réponse.

Procès de Nuremberg :
“ Ce sont les juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !“
C’est le point de départ du roman. Que signifient ces paroles, et pourquoi Joseph Streicher les a crié à l’issue de son procès ?

Bernard Benyamin et Yohan Perez vont mener une enquête incroyable à travers le monde, à la recherche de réponses. Jérusalem bien sûr, Zurich dans la prison de Landsberg, (là, où Hitler a écrivit Mein Kampf)… Ils feront des centaines de rencontres, interrogeront de nombreux érudits juifs, des rabbins, des historiens et iront de révélations en révélations. Ils vont découvrir que Le Livre d’Esther cache un message secret, et qu’il ya entre le royaume Perse antique et l’Allemagne du IIIe Reich des similitudes incroyables.
Leur enquête aboutie, ils nous livrent ici une “prophétie” des plus troublante…

Pourquoi cette haine viscérale envers le peuple juif ?
Harcelés, enfermés, exilés, brûlés, pendus, rejetés par toutes les nations…
“Le code d’Esther”, donnera certaines pistes à ceux qui se posent cette question à travers une aventure incroyable.

Préparez-vous à suivre cette enquête qui va forcément vous bousculer !
Excellent aussi cette idée pour obtenir plus d’informations le long des chapitres. En effet, les deux auteurs nous proposent des “Qr codes” qui vous permettront d’approfondir vos recherches si vous le souhaitez !
ATTENTION… Tous les faits qui sont relatés dans ce livre sont exacts et avérés…
Ma lecture n’en n’a été que plus instructive.

Merci Bernard et Yohan, pour ce “cadeau”.
Un livre riche en connaissance, plein de mystères et de suspense…

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Extraits :

« ”Sur le plan esthétique, ce n’est pas un modèle d’architecture, reconnait le Rav Chaya, mais depuis sa construction les attentats ont cessé…“ Et puis, juste en face de nous, à 500 mètres à vol d’oiseau, s’élève le dôme d’une mosquée. “Elle a été construite à l’emplacement exact du tombeau du prophète Samuel, que vénèrent, comme nous les musulmans. Le plus étonnant, c’est qu’au même endroit, cohabitant dans le même espace, il y a une Yeshivah ! Et après ça, on dira que Juifs et Arabes ne s’entendent pas !” »

« Le printemps s’est installé sur Paris. Depuis la fin de notre enquête, j’entre plus souvent en contemplation devant les nuages qui courent dans le ciel, comme lorsque j’étais enfant et que j’essayais de leur imaginer une ressemblance avec les objets de la vie quotidienne. »

« En classe de terminal, on nous avait appris que la philosophie se divisait en deux domaines : celui de la connaissance et celui de l’action. Et, de façon évidente, il m’avait toujours semblé qu’il fallait d’abord connaître avant d’agir »

« Cinq hommes restent pétrifiés devant ce qu’ils ne sauraient pas décrire, et le sixième prend ses jambes à son cou. Direction Landsberg, le centre de commandement. Vite, un officier ! Le sergent, un lieutenant ou même le général ! Il faut qu’ils viennent et voient ce qu’il a vu ! Il court à travers les bois, sur les sentiers, sur la route et dans les ruelles de la vieille ville. Il ne sait pas encore ce qu’il va dire ni comment expliquer ce que ses camarades et lui ont découvert. On ne l’a pas préparé à ça, on ne lui a pas dit que cela pouvait exister. Le souffle court, il ne peut que répéter : “C’est inimaginable.” Sur la Grand-Place, près du Q.G. des forces américaines, il repère un officier. Il s’accroche à son bras et lui hurle :
“Il faut venir ! Il faut voir !” »

 

 

Bernard Benyamin est journaliste, producteur et animateur de télévision. En 1990, il crée avec Paul Nahon le magazine hebdomadaire  » Envoyé spécial « , qu’ils coprésentent sur Antenne 2 puis France 2 jusqu’en 2001.

Yohan Perez est réalisateur de télévision et fondateur d’Appli2phone.

Témoignage

Échappée en Ulster

de Elsa Morienval
Broché – 24 septembre 2020
Éditeur : Nombre7 éditions

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1989, une jeune femme de 23 ans, étudiante en anglais, au passé familial difficile, part en Irlande du Nord pour occuper un poste d’assistante de français.

Elle découvre cette partie inconnue de l’Irlande, si peu estimée et encore en guerre civile. Elle y prend ses marques, s’y épanouit, jusqu’à décider de vouloir y vivre.

Un événement inattendu la fera rentrer en France en 1991 mais le lien avec ce pays a perduré jusqu’à l’annonce du Brexit en 2016, et bien au-delà.

Un voyage intime au cœur de l’Histoire irlandaise, au cœur de ses guerres, de ses hommes, de ses femmes, un voyage en plein cœur du passé.

« Une page de l’Histoire et de mon histoire se tourne et me retourne. »

 

2021_048_Morienval Elsa - Échapée en Ulster

 

Une balade très intéressante en Irlande du Nord dans les années 90, vécue par une jeune étudiante française.
À travers un récit poignant Elsa Morienval nous propose une histoire. Celle d’une jeune femme en trouble avec sa famille quittant la France pour découvrir une Irlande du Nord, en pleine guerre civile, mais tellement plus aussi…

Les hasards de la vie ont encore une fois œuvré dans mon sens…
Je rencontre régulièrement depuis plus de deux ans Elsa dans le cadre d’un Cercle Littéraire, et il y a quelques semaines, elle a mis sa timidité de coté et a laissé son livre “Échappée en Ulster” à une amie commune afin qu’elle me le transmette.
C’est donc avec curiosité et sans aucune appréhension que j’ai entamé ma lecture.

La première idée qui m’est venue très vite à l’esprit c’est : Authentique !

Que d’émotions à la lecture de ce récit, d’une époque que l’on aimerait révolue, pour tout ce sang versé, mais en même temps c’est la découverte d’une autre vie, une nouvelle vie où Elsa va se construire et y trouver ses meilleurs amis. Vous le comprendrez très vite, ce n’est pas une simple histoire qu’Elsa nous confie. C’est SON histoire… Sa passion pour les paysages irlandais, pour ses habitants et même pour la pluie de l’Ulster…

C’est un récit très agréable, une belle rencontre littéraire à travers son parcours sinueux, tiraillée entre ses parents définitivement indifférents à sa vie et ses nouvelles envies d’évasion qui l’aideront à se construire.
Vous allez vibrer au son des violons, cornemuses et autres instruments locaux, mais vous tremblerez aussi sous les coups de feux et les explosions. J’ai revu et appris beaucoup de choses sur un pays que l’on ne connait finalement que très peu.
Elsa a même réussi à me donner envie d’aller m’y promener.
J’ai passé depuis la fin de ma lecture plusieurs minutes sur divers sites et je dois avouer que “la chaussée des géants” me tente grandement.

Merci Elsa pour ta confiance, et de nous avoir “parlé” comme à des amis. 😊
Un témoignage authentique et sincère…

À lire

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Extraits :

« Ce n’est pas juste. Je n’ouvre pas l’enveloppe. Je la jette par terre et la piétine comme une gamine en colère. Je suis très en colère et n’accepte pas une fois de plus que mon dernier choix soit validé et pas le premier. Cela veut dire que mon dossier n’était pas bon et que personne ne postule pour l’Irlande du Nord, pays en guerre, région mésestimée. Qui veut partir en Irlande du Nord ? Personne. D’ailleurs, hormis les « troubles », on ne connait rien de l’Irlande du Nord. On pense que ça doit être moche et que les gens y sont antipathiques. C’est ce que disent les gens du sud de l’Irlande, ceux qui vivent en République d’Irlande. Et puis, leur accent est incompréhensible et leur anglais est mauvais. L’anglais le plus pur est celui de Dublin, tout le monde le sait… »
…/…
« Depuis que je vis chez le Mc Kendry, j’ai le droit de prendre une douche chaque jour, de laver mon linge quand je le souhaite. Je n’ai jamais connu cela avant. Chez mes parents, je ne pouvais me doucher et laver mon linge qu’une fois par semaine car l’eau est précieuse et ça coûte cher et de surcroît ça use le linge et la peau. Je peux également utiliser toute sente de serviettes ou draps de bain. Tout cela est nouveau pour moi. »

 

 

Elsa Morienval est née en Seine Saint-Denis, angliciste de formation, intéressée par le monde anglophone, elle est enseignante.

Elle a écrit des nouvelles et a publié dans une revue littéraire.

Roman, Témoignage

Le monde des fous est infini

Poli Gyronnase
Broché – 20 novembre 2019
Éditeur : Librinova

Pourquoi Poli, un Policier Bouches-Villois, entré très jeune dans cette institution, avec de grandes convictions et de fortes motivations, a-t-il démissionné au bout de 18 ans de bons et loyaux services ?
Comment a-t-il pu être aussi déçu de la Police nationale et de la société civile ? Pourquoi décidera-t-il de commettre l’irréparable en entraînant sa femme Ornella dans le braquage de la Bourges-Bank à Gones-Ville ?
L’écriture de nouvelles l’a sûrement mené à découvrir l’impasse de vie dans laquelle il s’enfermait. Ses allers-retours entre l’humour et le tragique, le bien et le mal, l’ont manifestement conduit insidieusement dans la folie. Ses histoires vécues dénonçant l’ingratitude, l’irrationalité et l’absurdité de son métier de flic, ont finalisé son esprit de rébellion, et ont causé son passage à l’acte.
Accusera-t-il le coup face au comportement déjanté de son épouse Ornella ?
Eux qui rêvaient d’un cadre de vie rassurant, leurs pérégrinations les embarqueront dans le monde des fous… et celui-ci, se révélera bel et bien infini.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Tout a commencé pendant une triste nuit, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva…

Oups !
Je me suis trompé d’Histoire !!!

Donc tout à commencé le 15 août 2020, Poli Gyronnase m’a contacté pour me proposer son roman “Le monde des fous est infini” et connaitre mon ressenti sur son livre.
Alors tout d’abord, merci Poli, pour ta confiance, mais surtout merci de m’avoir permis d’entrer dans “ton monde”

Je dois dire que le début du livre m’a un peu perdu… Mais j’ai compris très vite que j’étais le seul fautif… Je n’avais pas suffisamment porté attention au titre du roman, et j’étais passé complètement à côté de quelque chose.

J’ai donc stoppé ma lecture et suis allé à la recherche… d’un chapeau à grelots.
J’étais pourtant persuadé d’en avoir un dans le grenier mais impossible de le retrouver.
J’ai donc fait avec les moyens du bord !
J’ai utilisé une civette de carnaval que j’avais ramené d’un voyage à Venise.
J’ai repris ma lecture depuis le début… Et là, tout est devenu clair et limpide. Je n’étais tout simplement, pas du tout dans le bon état d’esprit quelques minutes plus tôt lors, de ma première tentative de lecture…
J’allais pouvoir me rattraper.

Je plonge dans le monde fou, qu’est devenue notre société.

Très vite, j’ai un premier choc.
Le choc de l’envers du décor…
J’ai beaucoup d’amis dans la Police. Ils ont beaux me dire, me raconter, me décrire, me le répéter, tous “les collègues” travaillent avec d’énormes difficultés. Régulièrement ils perdent leurs illusions, et c’est la lente descente psychologique. Ils ne sont jamais au bon endroit. Pris entre deux feux, sans aucun jeu de mots ce coup-ci !
Ils se font “allumer” quand ils n’en font pas assez. Mais dès qu’ils interviennent ils en font trop !!!

Pas facile dans ces conditions de défendre veuves et orphelins ainsi que tous les autres…

Poli a su admirablement, par le biais de “nouvelles” souvent très courtes, retranscrire son quotidien sous forme de tranches de vies autobiographiques mêlant humour et autodérision, pour accepter l’inacceptable et faire passer ses messages sur l’état lamentable des services de la police en France.

Après avoir passé 18 ans dans la police, Poli démissionne et entraîne sa femme Ornella dans un cambriolage, où celle-ci disjoncte complètement !!!
C’est la première partie. Le braquage.

Rythmé. Dur, très violent, mais je n’ai pu m’empêcher de sourire en imaginant les situations. J’ai donc suivi le parcours et l’incroyable histoire déjantée de Poli, en ayant hâte chaque fois, d’être au chapitre suivant.

Seconde partie. Sur la route.

Le ton est différent. On se pose plus de questions. Poli décrit son travail de policier, son quotidien… Vécu et roman se combinent à merveille.

Troisième partie. Le dénouement.

Il ne pouvait en être autrement. Je sais au combien le choix de tout arrêter n’est pas du tout facile. Le regard des autres, la famille, les amis, l’impression d’avoir loupé quelque chose, la perte petit à petit de nos illusions. Mais une vie sans pression constante n’a pas de prix.
Et pour terminer, une fin très bien ficelée, qui s’accorde parfaitement avec ce qui se dégage de l’ensemble du récit.

À lire absolument…
Mais… Surtout n’oubliez pas le chapeau et les grelots !

Un livre drôle, émouvant aussi et profondément humain…

Bravo l’artiste !!!

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Extrait :

« On sort enfin de cette cité pour regagner notre unité. Le lendemain les trois malfrats seront déférés devant le parquet, je ne connais pas la décision de justice les concernant. J’ai juste avisé mon groupe de ma volonté de ne plus jamais me rendre dans cette cité, ou bien, obligatoirement accompagné du GIPN et de l’armée. Les policiers ne sont pas tous le temps maître de leur espace-temps. Notre inconscient collectif nous trompe, les flics ne s’octroient pas le plaisir de pouvoir comme bon leur semble. Souvent, ils se battent pour que la loi soit simplement appliquée, au péril de leur vie. Ils s’activent tous les jours, sans forcément dominer les situations, et passent la plupart de leurs temps a tempérer… non pas à maîtriser ou à profiter. Ce jour-là, j’ai compris que nous n’étions plus dans un état de droit, j’ai perdu le peu de foi policière qui me restait. »

 

 

Poli GYRONNASE a 50 ans, il est marié et père de deux filles. Il a toujours démontré de l’enthousiasme et de l’humour avec ses collègues. Il en fallait d’ailleurs pour accepter l’envers du décor de la société civile et du monde policier, pendant 18 ans de service actif. Ne soupçonnant plus aucun avenir dans cette ingrate profession, sa démission coulait de source.
En se reconvertissant dans un univers plus feutré, plus calme et moins extraordinaire, celui de la banque-assurance, il peut assurer l’avenir de ses enfants, en toute sérénité. En réalité, Poli apprécie son nouveau métier d’assureur-conseiller-financier, mais il lui manque son côté fantasque. Ses écrits salvateurs ont réveillé en lui son sens de l’originalité et de l’abracadabrantesque. Il a pris goût à l’écriture au point d’en devenir addict. C’est au cours de cette nouvelle carrière de financier que Poli a tout compris. Il sait désormais une chose. « Il a perdu le sens de l’humour, depuis qu’il a le sens des affaires. Au fond, il n’a qu’un seul regret. Il ne fait pas ce qu’il aurait voulu faire. Il aurait aimé être un auteur, pour pouvoir inventer sa vie ». Poli GYRONNASE, ex flic reconverti dans la finance, aurait voulu être un artiste.

En 2019, Poli tombe par hasard sur le concours littéraire « les manuscrits oubliés ». Ce challenge lui permet de ressortir du tiroir l’ébauche de son livre « le monde des fous est infini », et de le finaliser. Il se lance dans la merveilleuse aventure de l’autopublication avec la maison d’auto édition Librinova.