Noir, Polar, Thriller psychologique

Si je serais grande

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Angélina Delcroix
Broché – 21 mars 2019
Éditeur : Nouvelles Plumes

Le nouveau roman d’Angélina DELCROIX, la révélation du thriller français !

2006. Deux petites filles disparaissent le même jour, sans laisser de traces. Elles sont voisines, mais n’étaient pas ensemble au moment de leur enlèvement.
Eleanor, bientôt six ans, vit dans la crainte de déplaire à ses parents. La tête pleine d’images et de souvenirs, est-elle la menteuse que décrit sa mère ?

2016. Des cadavres d’enfants viennent d’être découverts. Au milieu des corps, une survivante. Enceinte de quatre mois et toujours profondément marquée par sa précédente enquête, l’adjudante Joy Morel se retrouve à la tête d’une enquête éprouvante qui va l’entraîner aux frontières de l’inimaginable…

 

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2006, Charlie, 6 ans, disparaît.
Sa petite voisine, Manon, disparaît aussi le même jour sans laisser de trace.
Deux familles détruites.

Dix ans plus tard, un charnier est découvert. Se sont des corps d’enfants…

Wahou ! Quel roman…

“Si je serais grande” est la suite de “Ne la réveillez pas”.
Je vous recommande de lire les livres d’Angélina dans l’ordre de parution pour la psychologie et les personnalités de chacun des personnages.

Sujet difficile.
Quand on touche aux enfants dans les romans, j’ai tendance à me recroqueviller, je suis moins à l’aise… Je ne veux pas imaginer ce qu’ils peuvent subir.
Alors, je ne peux pas parler de plaisir de lecture, mais c’est diablement bien écrit.
Angélina a su me toucher pas son écriture qui est vraiment très belle, en douceur et en émotion.
J’ai trouvé incroyable sa capacité d’écrire avec la vision et le ressenti d’une enfant de six ans. D’ailleurs dans la construction de son roman, l’alternance des voix est très importante. Elle créée le rythme du récit, en utilisant par ailleurs une écriture nette, précise dans des chapitres très courts.

Véritable page-turner.
Attention âmes sensibles, ce roman est destiné aux lecteurs avertis.
Violences envers des enfants, kidnappings, humiliations, manipulations, rites sataniques, menaces, privations dès le plus jeune âge des victimes… Un monde où la violence n’a plus de limite.
Dans une actualité qui nous en apporte régulièrement la preuve, ce roman, m’a fait froid dans le dos.
C’est brut, c’est dur. C’est… vrai !

Du début à la fin, Angélina joue au chat et à la souris avec nous, lecteurs.
Elle distille ses informations au compte-gouttes. Juste ce qu’il faut, quand il le faut, elle transporte le lecteur dans des chapitres bien sombres, et elle appuie là où ça fait mal.

Avec “Si je serais grande”, Angélina Delcroix démontre pour moi, qu’elle fait partie des grands auteurs français à suivre…

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Extrait :

« Ma maman est là, près de moi, son regard est inquiet et plein d’amour. Mais j’en fais quoi de cet amour ? Personne ne m’a jamais appris. Je ne sais pas faire. Je suis habituée à autre chose. Mes doigts viennent agripper les bandages sur mes poignets pour tenter de les arracher. Maman m’en empêche.
– Non, Charlie ! Je t’en supplie, arrête !
C’est plus fort que moi, une force me pousse, je ne me contrôle plus. Je laboure les bandages comme un chien creuserait pour trouver un os. Au passage je me griffe la peau autour. Maman crie. Je l’entends, mais de loin. Je suis partie dans mon monde. Le seul que je connaisse. Celui de la souffrance. »

 

 

Angelina Delcroix est née en 1978, à Luçon. Elle envisage de faire l’École de Gendarmerie pour travailler dans la police scientifique, mais après une Licence de Génétique et des études en Psychothérapie, elle exerce comme psycho-praticienne en Vendée et consacre son temps libre à sa passion, l’écriture. Forte de ses diplômes, elle choisit le genre thriller psychologique, gardant toujours à l’idée la préparation d’un diplôme en Criminologie.

Un premier roman, “Ne la réveillez pas” paraît en 2017 aux Éditions Nouvelles Plumes, dans lequel l’auteure crée le personnage de Joy Morel, adjudante, suivi par “Si je serai grande” en 2018, deux romans qui rencontrent le succès. En 2019, sort son 3ème roman, “Un peu, beaucoup… jusqu’à la mort”.

Angelina Delcroix se consacre désormais entièrement à l’écriture.

Noir, Polar, Thriller

Reflex

de Maud Mayeras
Broché – 3 octobre 2013
Éditeur : Anne Carrière

 » À chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu’aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ?
Je suis toujours disponible. « 

Iris, photographe de l’Identité Judiciaire, shoote comme d’autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Henry Witkin, fruit d’une lignée chaotique de filles-mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées.

Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu’elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent. Ce n’est que lorsqu’il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines.
Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Âmes sensibles, attention !
Reflex n’est pas qu’un simple polar, même si Iris est photographe à l’identité judiciaire. Ce n’est pas non plus un simple thriller… C’est surtout un roman très NOIR original et captivant.

Par son rythme très lent, Maud Mayeras insuffle un sentiment d’étouffement, suffocant parfois.
Maud prend son temps. Elle joue avec son lecteur et elle le fait si bien qu’il m’a été très difficile de m’en détacher dès que je l’ai ouvert.

Le retour dans sa ville natale est difficile pour Iris, jeune femme bègue qui bute sur la vie comme elle bute sur les mots. Elle semble ne plus avoir de vie depuis que son fils a disparu tragiquement. Un tueur en série au mode opératoire qui lui est familier, exalte son objectif de visions cauchemardesques… Des images, des odeurs, des démons qui refont surface.
Maud nous décrit en parallèle le destin de Julie, jeune fille de bonne famille qui, après avoir été violée, se retrouvera enceinte.

Deux héroïnes. Deux histoires.
Évidemment, on se doute qu’un lien étroit unit ces deux histoires, mais là encore, Maud m’a tenu en haleine par sa construction narrative, alternant les deux époques dont l’une intitulée « Silence » débutant en 1919 et allant jusqu’en 2014 avec l’histoire de Julie. Où, on file ainsi d’époque en époque, donnant un rythme qui accroît la tension et titillera le lecteur qui sera plongé dans une atmosphère angoissante et étouffante. L’autre histoire, avec des chapitres très cours, parfois 3 ou 4 pages, dont de nombreux commencent par la même formule « je n’aime pas”. Le suspense augmente et je suis allé de surprises en surprises jusqu’au dénouement final et là, c’est une véritable claque !

Avec son écriture calculée, terriblement efficace, une fois la dernière page tournée, Maud nous montre que l’on ne doit se fier à personne…

Un récit comme il en existe peu, qui m’a pris aux tripes, et au cœur.
Un thriller moite avec des personnages qui ont tous une part d’ombre. Un véritable voyage au bout de l’enfer…
À lire absolument pour amateurs de thrillers noirs

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Extrait :
« Diane avait regardé son mari, ou plutôt les yeux de son mari, grand ouvert sur le vide, la peur coincée dans sa gorge et ses mains qui avaient empoigné le rien devant lui. Il avait articulé le nom de sa fille comme un dernier affront. Diane ne l’avait pas touché, elle ne l’ avait pas accompagné vers la grande lumière. Elle l’avait laissé entrer seul dans le tunnel. Va-t’en. Voilà ce qu’elle lui avait dit. Va-t’en maintenant. Deux souffles secs, et il n’avait plus respiré. Il s’en était allé, c’était la volonté de Dieu.
Diane n’avait pas pleuré cet homme. Elle n’avait pleuré ni ses escapades, ni ses ronflements, ni ses bulbes. Elle avait appelé le médecin pour faire place nette, et, lorsque Iris avait franchi le seuil, le corps avait déjà été emmené, ligaturé et rempli de fluides toxiques. Et la gosse avait chialé, elle ne savait faire que cela. Sangloter pour un oui, pour un non, pour un peut-être. Et voilà qu’elle s’était mise à bégayer, du jour au lendemain, n’importe quoi pour être remarquée. Iris n’avait toujours causé que du tracas, de toute façon. Cette gamine n’était bonne qu’à remuer ses misérables petites fesses et s’attirer des ennuis. Que la gamine tombât enceinte était l’évidence. »

 

 

Maud Mayeras a 31 ans. Reflex est son second roman.
Son premier roman Hématome est paru aux éditions Calmann Levy en 2004, prix des Limbes Pourpres, et finaliste du prix Polar SNCF en 2006.
Elle vit aujourd’hui à Limoges avec son mari, son fils, et un gros chat noir nommé BlackMamba.