Émotion, Histoire, Noir, Thriller historique

Block 46

Johana Gustawsson (Auteur)
Broché – 21 octobre 2016
Éditeur : Bragelonne

Falkenberg. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.

Londres. Profileuse de renom, Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants. Les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.

Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…

En Suède, Emily retrouve Alexis Castells, une écrivaine spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, elles se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Entre grande Histoire et liens familiaux, Block 46, le premier roman de Johana Gustawsson, a conquis plus de dix pays. Petite-fille de déporté, elle plonge au cœur de la folie meurtrière et ravive la mémoire des crimes nazis.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Cela faisait un moment que ce livre me narguait dans ma PAL.

Ma première impression, le style de l’auteur est très fluide, les chapitres courts donnant du rythme, avec un va-et-vient passé/présent bien ficelé. Une histoire captivante menée avec beaucoup d’émotion de manière très habile. Je me suis laissé embarquer facilement malgré les nombreux personnages du récit.

J’ai beaucoup aimé aussi l’alternance entre l’enquête et la progression du « tueur » dans le temps.

Johana Gustawsson joue avec le lecteur. Elle fait monter la pression, en dévoilant au fur et à mesure les atrocités commises par les nazis à Buchenwald, et en parallèles les meurtres perpétrés par nos deux tueurs en série.
Au bout d’un moment, j’ai trouvé les deux coupables. Je me suis dit “C’est dommage, c’est bien écrit, mais le suspense est vite tombé”.  J’ai continué le roman bien sûr, appréciant le coté littéraire, mais surtout fier “pour une fois” d’avoir trouvé l’énigme assez vite !

Puis une nouvelle accélération dans l’enquête. Et…

… Je me suis rendu compte que je m’étais fourvoyé.
Bravo Johana, tu m’as bien eu !!!

Et, éclate encore la magie de l’écrivain, par petites doses régulièrement insufflées, tu nous as menée là où tu le voulais et ce n’en est que mieux !
Excellent final donc, que je n’ai pas vu venir du tout !
Johana tire les ficelles de son thriller n’hésitant pas à nous mener (avec joie sûrement) vers de nombreuses fausses pistes !

Un premier roman haletant que je conseille à tous les lecteurs de thrillers.
Avec ce genre de récit, une fois que je suis ferré, j’ai beaucoup de mal a décrocher.
Quel bonheur… Merci Johana.

Il ne me reste plus qu’à passer aux suivants !

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Extrait :

« Il pose des gazes autour des orbites et de l’ouverture qu’il a tracée dans le cou de l’enfant. Avec une lingette antiseptique, il lui nettoie le front, le nez et les joues marbrées de traces sombres. Puis les épaules, le buste et le nombril, où il dépose délicatement une boule de coton pour absorber le sang. Il jette le coton imbibé et termine le nettoyage avec une lingette propre enroulée au bout de son doigt, qu’il passe dans les méandres des oreilles, sur les ailes du nez et dans les plis du nombril strié.
Il hôte la combinaison blanche, le masque, les couvre-chaussures et la charlotte, et se faufile dans le petit coin-cuisine aménagé juste à côté de l’atelier. Il attrape une olive qui traîne dans un ramequin de terre cuite et, tout en la grignotant, tranche le citron vert qu’il laisse toujours sur l’évier. Il jette la rondelle dans son verre et la noie sous de l’eau pétillante. Il en avale une lampée en fermant les yeux. Les bulles frémissent sur sa langue et rebondissent sur son palais.
Bon sang, qu’il avait soif. »

 

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Johana Gustawsson participe à l’écriture d’une biographie de la comédienne Laetitia Milot, avec qui elle co-écrit le thriller “On se retrouvera”.

Elle publie chez l’éditrice Lilas Seewald en 2015, “Block 46”, son premier roman policier, qui mélange les genres policier et historique et a pour héroïnes Emily Roy et Alexis Castells, deux enquêtrices.

Elle est invitée en 2016 au 8e Festival international des littératures policières de Toulouse, et présente à la Foire du Livre de Bruxelles en mars 2017 et à la 21e édition de Polar Lens. Elle anime également la même année un café littéraire à l’occasion de la 3e édition du salon du livre d'(‘H)ivers à Louvigné-du-Désert.

Le deuxième titre des enquêtes de Emily Roy et Alexis Castells, “Mör”, est publié en mars 2017.

Après avoir vécu 7 ans à Paris, elle part vivre à Londres en 2009, et y vit avec son fils et son mari suédois.

Polar, Thriller psychologique

Des larmes sur River Falls

de Alexis Aubenque (Auteur)
Poche – 13 juin 2018
Éditeur : Bragelonne

Alors que l’été s’achève, le shérif Mike Logan savoure la tranquillité qui règne sur sa ville. Revenir à River Falls a été la meilleure décision de sa vie, se dit-il. Mais le destin le rattrape : à l’aube, on retrouve le cadavre d’un homme dans un champ, crucifié tel un épouvantail. Un mot est accroché à ses habits : « Là est ta place ! » Secondé par la lieutenante Lindsay Wyatt, amie de la fille de la victime, Logan enquête dans toutes les directions possibles, avec la terrible impression que d’autres meurtres vont suivre.
Plus méfiant que jamais à l’encontre de Logan, le journaliste Stephen Callahan et sa consœur Leslie Callwin, une spécialiste des tueurs en série, enquêtent en parallèle. Ils vont découvrir qu’à River Falls, l’horreur peut prendre de multiples visages…

Après le succès de Retour à River Falls, Alexis Aubenque revient avec un nouvel épisode inédit de sa série culte. Depuis le mois d’octobre 2018, les éditions Bragelonne ont republié également au format poche, tous les six mois, un titre de la première trilogie : 7 jours à River Falls, Un Automne à River Falls (Prix Polar de Cognac) et Noël à River Falls.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

J’avais hâte que ce tome, de ma saga fétiche, arrive sur le devant de ma PAL…

Et comme d’habitude, c’est un très bon thriller, rempli de suspens et de rebondissements, sans temps mort, avec une intrigue rondement menée dont le dénouement vous surprendra, car il faut savoir, pour ceux qui ne le connaissent pas encore (il y en a ???), c’est qu’avec Alexis Aubenque, impossible de savoir qui est le coupable avant la fin !
Et Dieu sait si j’ai essayé…

Un homme est retrouvé crucifié dans un champ, avec un panneau sur ses vêtements : « là est ta place ! ». Avec l’aide du lieutenant Lindsay Wyatt, Logan recherche dans toutes les directions sans se douter que cette nouvelle enquête risque de le mener vers le pire. Pendant ce temps là, les journalistes Leslie et Stephen vont mener leur enquête en parallèle.

Beaucoup plus sombre que le premier tome de la saison deux, on entre ici vraiment dans la psychologie des personnages. Dans le premier opus, Alexis nous permettait d’apprendre à connaître tous ceux que nous allions côtoyer, ici, il entre dans le vif du sujet, et ne ménage pas ses personnages, ni ses lecteurs non plus.
Ce second tome, je l’ai dévoré en quelques heures.

Lorsque je lis cette saga, j’ai vraiment l’impression de regarder une série sur mon écran !
Et de la même façon lorsqu’on arrive à l’épilogue, Alexis à le don “du dernier rebondissement”, sachant qu’il nous faudra attendre une année pour connaître la suite, et savoir ce qu’il va advenir de “nos” personnages…

Style toujours aussi addictif et fluide.
En résumé, un excellent roman dans une très bonne série…
Qu’“il faut Lire” !!!

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Extrait :

« Logan n’avait aucune nostalgie de Seattle ou de San Francisco. Bien au contraire. Il avait besoin d’être proche de la nature. Oubliées les villes tentaculaires et bouillonnantes. Trop de bruit, trop de monde, trop de hiérarchie. Même s’il était chef du département Homicides, il devait en référer en permanence à ses supérieurs. Il n’était qu’un engrenage dans le dispositif policier, alors que, ici, il était l’unique décisionnaire. Il avait été élu par les habitants de River Falls et n’avait à rendre de compte qu’à eux.
Jamais je n’aurais dû accepter de partir, se dit-il en pensant à toutes ces années passées loin de River Falls. Mais bon, le principal était d’y être revenu. Et la vie allait reprendre son cours pour le meilleur et pour… le meilleur ! »

 

 

Lauréat du prestigieux Prix Polar du festival de Cognac pour Un Automne à River Falls, le deuxième épisode de la série des enquêtes de Mike Logan, Alexis Aubenque est souvent dépeint comme le Harlan Coben français, pour son sens du suspens, la nervosité de son écriture et la force de ses personnages. Désormais, c’est chez Bragelonne Thriller que « le plus américain des auteurs français » publie sa série d’été.

Émotion, Noir, Thriller psychologique

Le Silence des Aveux

de Amélie De Lima (Auteur)
Broché – 13 mai 2017
Éditeur : Independently published

Lille, novembre 2010, le corps sans vie d’une adolescente est retrouvé près de la Deûle enneigée, dans d’étranges conditions. Cheveux scalpés, habillée mais sans sous-vêtements, un billet de vingt euros dans la main, tout prête à croire qu’il s’agit d’un crime sexuel. Véronique De Smet, commissaire chargée de l’affaire semble piétiner, les meurtres s’enchainent et l’enquête est au plus bas. Pourtant, un revirement de situation permettra à Véronique de mettre la main sur le présumé meurtrier, un trentenaire qui semble être le coupable idéal. Mais, l’est-il vraiment ? Aidée de l’inspecteur Bernier, Véronique réalisera un travail de fond, sur l’enquête et sur elle-même, pour démêler cette affaire, où rien ne semble être ce qu’il parait… Ce roman est une introspection sur la question de l’identité, de l’importance de la mémoire, du passé sur nos vies et les conséquences qui en découlent. Il nous balance en pleine figure, ce que les défaillances émotionnelles peuvent nous amener à faire, à détruire l’autre et à nous autodétruire dans un rythme effréné. Personne n’est à l’abri, le mal est partout, même là où l’on ne l’attend pas. Les trois personnages principaux sont analysés tour à tour, afin de découvrir leur rôle dans l’enquête, dans un style abrupte, écorché, où règnent des phrases courtes mais qui martèlent et résonnent dans nos têtes, comme le sifflement d’une étrange mélodie.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Un tueur en série s’attaque à des jeunes filles paumées.
Une enquête policière prenante et oppressante qui nous plonge au cœur de Lille.
Une histoire qui démarre au quart de tour, dès les premières lignes.
Des phrases courtes, des chapitres qui s’enchainent très vite.
Wahou !

Amélie De Lima a une plume très addictive, j’ai accroché dès le début !
Son style est franc, sec et direct, faisant ainsi un thriller fascinant et glaçant.
Attention certains passages sont très durs, personne n’est épargné, encore moins le lecteur !

Il m’a fallu quelques jours et prendre un peu de recul pour pouvoir écrire mon “Ressenti”… Amélie, m’a complètement bouleversé.
Ses personnages me paraissaient tellement vivants. Les crimes qu’ils subissaient, tellement violents. J’ai plongé en enfer en les suivants dans leur monde sombre et malsain. Certains passages ont même eu une résonance très personnelle et j’ai souffert avec eux… Rarement des personnages ne m’auront autant pris aux tripes.
Beaucoup d’émotions…

Plus que l’enquête en elle-même, qui fonctionne d’ailleurs très bien, c’est le côté psychologique qui m’a beaucoup plu dans ce livre. Le dénouement du récit m’a en plus complètement pris à contre pied. En revenant en arrière sur quelques pages, je me suis rendu compte que l’auteur m’avait emmené exactement là, où elle le voulait… Bravo !

Amélie a dirigé cette enquête sur des crimes sexuels d’une main de maître.
“Le Silence des aveux”, son premier roman, malgré quelques “petites imperfections” révèle déjà le talent d’une “vraie plume noire” !

Coup de cœur, pour ce roman qui aborde un sujet peu souvent exploité !

Pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu, je conseillerai aussi “Voix nocturnes”, toujours d’Amélie. C’est une nouvelle qui se lit très vite !

https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/11/voix-nocturnes/

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Extrait :

« Élise sent que cette fille a dû vivre le pire, c’est sûrement pour ça qu’elle s’est forgée une carapace qui la protège des autres. Elle envie presque sa désinvolture et aimerait lui ressembler. Jeune, avec un avenir devant elle. Mais ensuite, elle se rappelle les circonstances et comprend vite que sa vie n’est en rien enviable. Qu’a-t-il pu lui arriver pour qu’elle finisse dans la rue à mendier trois francs six sous ? Élise la regarde, l’observe, tente de percer ce mystère qu’elle ne résoudra peut-être jamais. Elle n’a pas le temps pour ça, elle a d’autre choses en tête, bien plus importantes. La sauver de cette vie minable. »

 

 

Amélie De Lima est originaire de Lille, actuellement expatriée à Barcelone. Elle est rédactrice web et formatrice en entreprise. Elle a toujours été passionnée par la lecture et l’écriture, raison pour laquelle, elle s’est plongée dans les études littéraires.

Elle écrit depuis l’âge de 10 ans, en commençant par des nouvelles policières, fantastiques et des poèmes. Fin 2015, elle a décidé de sauter le pas et d’écrire son premier roman en auto-édition.

VOIX NOCTURNES est une nouvelle assez longue, qui relate les liens mères / enfants sous un fond de thriller psychologique.

Noir, Polar, Thriller

Black Coffee

de Sophie Loubière (Auteur)
Broché – 14 février 2013
Éditeur : Fleuve éditions

Juillet 1966. Dans la petite ville perdue de Narcissa, Oklahoma, une maison isolée en bordure de la mythique route 66 est la cible d’un tueur sanguinaire. Une femme enceinte et une fillette sont assassinées, une mère et son fils Desmond grièvement blessés. Le jeune garçon va grandir à l’ombre de ce dossier jamais élucidé par la police, hanté par la figure du tueur, sous le regard d’une mère psychologiquement détruite et à des milliers de kilomètres d’un père absent le jour du drame, et qui n’a eu de cesse de raviver la culpabilité de son fils. Si seulement tu n’avais pas attaché le chien… 2011. Devenu journaliste puis professeur de criminologie à l’université, Desmond G. Blur décide de quitter Chicago pour s’installer en Arizona dans la maison de son père décédé. Une ultime tentative du fils pour se rapprocher de son père et s’en faire pardonner, sans savoir que celui-ci, d’outre-tombe, l’a peut-être mis sur la voie de la réconciliation avec leur passé. Car l’arrivée dans le secteur d’une femme vient bientôt réveiller les démons passés de Desmond : Lola, une femme au comportement étrange qui voyage seule avec ses deux enfants, visitant des villes fantômes. Une Française dont Desmond découvre vite que, sous couvert de jouer les touristes, elle recherche son mari littéralement volatilisé trois ans plus tôt sur la route 66. Ce dernier lui aurait fait parvenir un cahier, seul indice de la piste à suivre. Un cahier contenant un récit qui, s’il n’est pas l’œuvre d’un mythomane, est la preuve de l’existence d’un des plus ahurissant criminel que l’histoire des Etats-Unis ait connu… et dont le chemin sanglant traversait déjà la petite ville de Narcissa en Oklahoma l’été 1966.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Bienvenus sur la “Mother Road” !
4 000 km entre Chicago et Los Angeles.
La mythique Route 66, ses motels, ses stations services, son désert et ses bikers…

Sophie nous entraine dans un road-movie étouffant, sur la célèbre route, semée d’embûches, la mort ne cesse d’y rôder. La chaleur, des déserts à pertes de vue…

Suspense, péripéties, de nombreux rebondissements, rien ne manque dans ce roman. Cette route, je ne l’ai pas lâché, je l’ai suivit sur plusieurs générations. Malgré certaines longueurs qui peuvent se justifier par le climat et le sujet, j’ai aimé l’écriture fluide et le dynamisme des chapitres courts.

La route 66 était fière de ses Diner’s, de ses stations-services, de son asphalte lisse et roulant, mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Un tueur en série sévit régulièrement depuis plusieurs années.
Je me demandais, à quel moment sa cavale de plus de 40 ans, parsemée de cadavres, prendrait-elle fin.
Pas une minute de répit… Plus j’avançais dans ma lecture, plus les mailles se resserraient, mais… Je ne dévoilerai rien !
Un récit habilement mené, à la progression maîtrisée. Les personnages sont bien fouillés, à commencer par l’héroïne, Lola, une jeune femme, échappant à tous les clichés.

Sophie frappe fort et juste, elle est parvenue à me tenir en haleine tout au long de son récit. C’est le premier roman que je lis d’elle et sûrement pas le dernier.
Une suite est parue : “White Coffee”.

Vous voulez en savoir un peu plus sur Black coffee ?
Voici le site de Sophie. Il est bourré d’anecdotes sur la fabrication du roman, le voyage, les repérages sur place, etc.

Alors, vous me suivez ?
https://blackcoffee66.blogspot.com/?fbclid=IwAR0kdXK0QxKJUojZsYfeUh_X5Cr75U63O62E_31ix55RGogOslKtJv9-Y34

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Extrait :

« Ce récit n’est pas une fable. Depuis deux jours, nous accumulons des preuves. Si les crimes sont réels, alors le tueur l’est aussi, non ? Desmond se rapprocha. Le corps de Lola s’obstinait à épouser les formes du canapé, marquant la cambrure du dos. Seules les pointes de ses pieds étaient en contact avec le sol. Dans l’exaspération, Lola devenait plus attirante encore. Il enveloppa de ses doigts la main qui tenait le verre.
– Vous ne devriez pas, dit-il.
Face à face, dans cette même immobilité, chacun butait contre un obstacle, à la limite de ses convictions. L’alcool donnait à leurs lèvres de légers arômes de tabac et de miel.
– Le tueur n’est pas votre père, murmura-t-elle.
Le parfum de Lola qui montait vers lui était une caresse douloureuse.
Sa mâchoire se crispa, il ferma les yeux pour garder le contrôle. »

 

 

Journaliste et romancière, Sophie Loubière s’est longtemps partagée entre le micro (France Inter, France Info) et la plume. Auteur d’une dizaine de romans et de nouvelles policières, elle publie son premier polar dans la collection Le Poulpe en 1999. De Paris à San Francisco (« Dans l’œil noir du corbeau »), des forêts lorraines à la route 66 (« Black coffee » et « White Coffee »), elle plonge le lecteur dans un trouble profond. En 2011, le succès de « L’enfant aux cailloux » lui vaut une reconnaissance internationale. Traduit en langue anglaise, le livre remporte plusieurs prix littéraires. En 2015, elle aborde l’Histoire avec « A la mesure de nos silences » (Fleuve Editions), un hymne à la vie, entre ombre et lumière, inspiré d’un fait réel de la seconde Guerre Mondiale. « Cinq cartes brûlées » (Fleuve Noir), confirme l’intérêt de Sophie Loubière pour le fait divers, révélateur des carences et névroses de notre société.

Noir, Polar, Thriller

Reflex

de Maud Mayeras
Broché – 3 octobre 2013
Éditeur : Anne Carrière

 » À chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu’aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ?
Je suis toujours disponible. « 

Iris, photographe de l’Identité Judiciaire, shoote comme d’autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Henry Witkin, fruit d’une lignée chaotique de filles-mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées.

Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu’elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent. Ce n’est que lorsqu’il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines.
Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.

 

2020_020_Mayeras Maud - Reflex

 

Bonjour à toutes et à tous.

Âmes sensibles, attention !
Reflex n’est pas qu’un simple polar, même si Iris est photographe à l’identité judiciaire. Ce n’est pas non plus un simple thriller… C’est surtout un roman très NOIR original et captivant.

Par son rythme très lent, Maud Mayeras insuffle un sentiment d’étouffement, suffocant parfois.
Maud prend son temps. Elle joue avec son lecteur et elle le fait si bien qu’il m’a été très difficile de m’en détacher dès que je l’ai ouvert.

Le retour dans sa ville natale est difficile pour Iris, jeune femme bègue qui bute sur la vie comme elle bute sur les mots. Elle semble ne plus avoir de vie depuis que son fils a disparu tragiquement. Un tueur en série au mode opératoire qui lui est familier, exalte son objectif de visions cauchemardesques… Des images, des odeurs, des démons qui refont surface.
Maud nous décrit en parallèle le destin de Julie, jeune fille de bonne famille qui, après avoir été violée, se retrouvera enceinte.

Deux héroïnes. Deux histoires.
Évidemment, on se doute qu’un lien étroit unit ces deux histoires, mais là encore, Maud m’a tenu en haleine par sa construction narrative, alternant les deux époques dont l’une intitulée « Silence » débutant en 1919 et allant jusqu’en 2014 avec l’histoire de Julie. Où, on file ainsi d’époque en époque, donnant un rythme qui accroît la tension et titillera le lecteur qui sera plongé dans une atmosphère angoissante et étouffante. L’autre histoire, avec des chapitres très cours, parfois 3 ou 4 pages, dont de nombreux commencent par la même formule « je n’aime pas”. Le suspense augmente et je suis allé de surprises en surprises jusqu’au dénouement final et là, c’est une véritable claque !

Avec son écriture calculée, terriblement efficace, une fois la dernière page tournée, Maud nous montre que l’on ne doit se fier à personne…

Un récit comme il en existe peu, qui m’a pris aux tripes, et au cœur.
Un thriller moite avec des personnages qui ont tous une part d’ombre. Un véritable voyage au bout de l’enfer…
À lire absolument pour amateurs de thrillers noirs

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Extrait :
« Diane avait regardé son mari, ou plutôt les yeux de son mari, grand ouvert sur le vide, la peur coincée dans sa gorge et ses mains qui avaient empoigné le rien devant lui. Il avait articulé le nom de sa fille comme un dernier affront. Diane ne l’avait pas touché, elle ne l’ avait pas accompagné vers la grande lumière. Elle l’avait laissé entrer seul dans le tunnel. Va-t’en. Voilà ce qu’elle lui avait dit. Va-t’en maintenant. Deux souffles secs, et il n’avait plus respiré. Il s’en était allé, c’était la volonté de Dieu.
Diane n’avait pas pleuré cet homme. Elle n’avait pleuré ni ses escapades, ni ses ronflements, ni ses bulbes. Elle avait appelé le médecin pour faire place nette, et, lorsque Iris avait franchi le seuil, le corps avait déjà été emmené, ligaturé et rempli de fluides toxiques. Et la gosse avait chialé, elle ne savait faire que cela. Sangloter pour un oui, pour un non, pour un peut-être. Et voilà qu’elle s’était mise à bégayer, du jour au lendemain, n’importe quoi pour être remarquée. Iris n’avait toujours causé que du tracas, de toute façon. Cette gamine n’était bonne qu’à remuer ses misérables petites fesses et s’attirer des ennuis. Que la gamine tombât enceinte était l’évidence. »

 

 

Maud Mayeras a 31 ans. Reflex est son second roman.
Son premier roman Hématome est paru aux éditions Calmann Levy en 2004, prix des Limbes Pourpres, et finaliste du prix Polar SNCF en 2006.
Elle vit aujourd’hui à Limoges avec son mari, son fils, et un gros chat noir nommé BlackMamba.

Polar

MATT DUBOIS

Les citrouilles ne sourient jamais
de Ludovic Metzker
Broché – 26 novembre 2019
Éditeur : Independently published

Depuis quelques années, à la même période, des jeunes femmes sont retrouvées assassinées de manière étrange : leur tête est recouverte d’une citrouille.Pour résoudre cette enquête, le pilier de « La cage à poules », une unité dédiée aux crimes déviants, va devoir reprendre du service. « Vous aimez les secrets ? Lui aussi ! »

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Pour son dernier roman, Ludovic Metzker a décidé de s’exprimer dans un tout autre genre, le Polar. Après la Science-Fiction, le fantastique et les thrillers, son envie de touche à tout l’a mené naturellement vers le Polar et ce n’est pas pour me déplaire. Ludovic amène un sang neuf, son écriture est très fluide, addictive, et les pages se sont déroulées à toute vitesse !
Par contre, sûrement par choix, lors de la création des personnages aux tempéraments bien définis, je trouve qu’on y a un peu perdu en poésie.

L’intrigue créée par Ludovic est complètement dingue !
C’est là, que l’on retrouve bien l’auteur et son besoin de “se torturer” l’esprit.
Croyez-vous qu’il aurait pu trouver un scénario banal ?
Pas tu tout, il est allé directement vers des horizons nouveaux.
Et en prime, la fin du roman n’est pas une fin… Il y aura une suite !
Matt Dubois n’a pas fini de nous livrer ses secrets !

D’ailleurs, Matt Dubois, je ne l’aime pas.
Anti-héros, fascinant, intelligent avec une capacité d’analyse incroyable… Mais quel RUSTRE !
Il refuse tout ce qui est nouveau et surtout… Il a toujours raison !
Un dialogue avec lui, tourne vite au monologue, il se doit clore chaque débat. Quel caractère !
La galanterie, il ne connait pas. Juste la loi du “rentre dedans”.
Ludovic joue avec son personnage et j’ai pris du plaisir à le détester.

Quand je dis que je ne l’aime pas, que je le déteste, c’est que je ne le supporterai pas dans la vie.
Mais dans le roman, c’est lui qui tien la barre. Il gère, mène son monde, organise et dirige l’enquête à SA façon.

Tiens, il me semble reconnaître quelqu’un !!!

Les autres personnages ne sont pas en reste. Tous bien développés, aucun n’est bâclé, bien au contraire.
Ludovic les a rendu vivant et je me suis attaché volontiers à Joachim et à Melinda.

Cynisme, humour percutant, multiples rebondissements, enquête sordide qui sort des sentiers battus, j’espère très vite retrouver Matt Dubois, “beurk” !

Bravo Ludo, Tu as largement réussi ton pari !

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Extrait :
« – Le tueur romantique ! Il a du goût, il a de la classe et possède une sacrée tendresse vis-à-vis de ses victimes ! Il en serait presque touchant !
Joachim fut assez choqué par ces propos et ne se gêna pas pour le dire en expliquant que bon nombre de femmes éaient victime de ce genre de pratique quotidiennement. Le commandant Dubois tenta de développer son point de vue sur la question :
– John, je n’approuve aucunement cela ! Je dis juste que cet homme, notre tuteur, il sort de l’ordinaire ! Je suis fan de ce mec !
Mais Linda pris la parole :
– Quand vous dites : tu es un romantique… Un viol reste un viol et qu’importe la manière ! Ce n’est pas parce qu’il a utilisé un somnifère et qu’il y a été avec douceur que cela ne reste pas un viol… Vous en connaissez la définition, rassurez moi ? Lâcha-t-elle dans ton colérique. »

 

 

Ludovic Metzker voit le jour à Paris, le 28 juin 1974. Amateur d’histoire et de mythologie, l’auteur voue une passion pour la lecture grâce à des auteurs comme Boris Vian, Alexandre Dumas ou encore Bernard Cornwell et débute l’écriture d’un premier essai lors de ses 20 ans. Mais il commencera la création de son premier projet en 2013 avec la saga L’homme sans nom et la saga Et si demain n’existait plus ?

Commercial dans la bureautique, ancien responsable d’achat dans le prêt-à-porter féminin, passionné d’informatique, de cinéma, l’auteur imagine des mondes qui se veulent novateurs tout en mélangeant les genres.

Thriller historique

Code Salamandre

de Samuel Delage
Broché – 14 mars 2019
Éditeur : Mon poche

Lorsque son professeur de l’École du Louvre décède, Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, se retrouve légataire d’un secret prodigieux : le vieil homme était sur le point de déchiffrer un code menant à l’un des trésors les mieux gardés du règne de François Ier. Yvan n’a alors de cesse de résoudre l’énigme. Marion, jeune étudiante à la Sorbonne, entre dans son jeu, et le duo se lance avec une énergie farouche dans le décryptage des messages codés que recèlent les châteaux, statuaires et monuments édifiés par les architectes de l’époque, dont Léonard de Vinci. Puis ils explorent des itinéraires dont la cartographie occulte et étonnamment précise de la Renaissance a fixé le tracé. Tout à leur quête, les deux jeunes gens sont inconscients du danger qui les guette, tandis qu’un homme épie leurs moindres faits et gestes sous les ordres d’un mystérieux commanditaire. La recherche érudite et la résolution du code Salamandre pourraient bien déclencher une traque sanguinaire…

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Je découvre un nouvel auteur, avec lequel j’avais pu discuter un peu, lors du Salon Paris VII. J’ai toujours beaucoup aimé les romans qui parlent d’Histoire. Avec “Code Salamandre”, malgré un côté “thriller historique très bien documenté”, l’écriture est agréable et très fluide. J’ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture. J’imagine difficilement les recherches réalisées par l’auteur, mais vous pourrez vous rendre compte un peu, à la fin du roman, dans la postface où Samuel détaille certains éléments historiques.

François 1er est le pivot de ce roman avec sa célèbre Salamandre. Des messages à décoder, des carrés magiques, le tout entouré de plusieurs morts et de mystères. Samuel m’a transporté dans son univers historique et ésotérique. Une très belle quête qui va vous plonger dans les arcanes de la renaissance…

Samuel excelle aussi dans ses dialogues, il a une façon incroyable de gérer les “timings” donnant ainsi un effet “page-tuner” à son récit.
J’ai plongé régulièrement dans ses ambiances, sombres ou rafraichissantes, qui m’ont fait voyager à travers plusieurs régions de France…

Excellent thriller. On ne s’ennuie pas un instant. À lire !

Mais attention !
Un mystérieux tueur en série suit nos deux enquêteurs…

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Extrait :
« – On ne met pas en place un tel système pour distraire les érudits, dit Yvan.
– Combien d’œuvre, de trésors religieux, de reliques restent encore introuvables, comme l’Arche d’alliance !
– Il n’y a pas que cela, Marion. Les explications concernant certains travaux n’ont toujours pas de livré leur secret. Prends Léonard de Vinci. La plupart de ses inventions dont on a les croquis ou les maquettes ne fonctionnent pas ou ne sont pas abouties. Pourtant, elles fourmillent de détails étonnants d’ingéniosité. Aurait-il hérité de savoirs techniques oubliés ? Le mythe de l’Âge d’or a toujours hanté les peuples, sans parler de celui de l’Atlantide. Or de nombreuses Recherches géologiques et scientifiques tendent à prouver qu’il a bien existé un « avant ». Je ne sais pas vers quoi nous allons, mais ce qui est certain, c’est que ceux qui ont créé ce labyrinthe n’avait pas envie de laisser leur secret mourir avec eux.
– À nous de répondre à leur attente ! »

 

 

Né en 1978 à Angers, Samuel Delage est scénariste et auteur de romans à suspense. Il est également chroniqueur livres sur France 3 et a créé le site Internet Les Petits Mots des Libraires. Code Salamandre est le premier opus d’une série romanesque avec deux personnages récurrents – Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, et Marion Evans, historienne de l’art – que l’on retrouve dans Cabale Pyramidion (Albin Michel 2015) et Arcances Medicis (de Borée 2018).