Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Poésie

La Dixième Muse

de Alexandra Koszelyk
Broché – 15 janvier 2021
Éditions : Aux Forges de Vulcain

Au cimetière du Père Lachaise, des racines ont engorgé les canalisations. Alors qu’il assiste aux travaux, Florent s’égare dans les allées silencieuses et découvre la tombe de Guillaume Apollinaire. En guise de souvenir, le jeune homme rapporte chez lui un mystérieux morceau de bois. Naît alors dans son cœur une passion dévorante pour le poète de la modernité. Entre rêveries, égarements et hallucinations vont défiler les muses du poète et les souvenirs d’une divinité oubliée : Florent doit-il accepter sa folie, ou croire en l’inconcevable ? Dans cet hommage à la poésie et à la nature, Alexandra Koszelyk nous entraîne dans une fable écologique, un conte gothique, une histoire d’amours. Et nous pose cette question : que reste-il de magique dans notre monde ?

La Dixième Muse est le troisième roman d’Alexandra Koszelyk que je découvre, et une fois encore, j’ai été profondément touché par la sensibilité de son écriture. À chaque lecture, je retrouve cette plume singulière, à la fois poétique, lumineuse et d’une remarquable finesse psychologique, elle manie la langue française avec une beaucoup d’élégance.

Tout commence lorsque Florent découvre par hasard la tombe de Guillaume Apollinaire. Cet instant fait basculer son existence. Des visions l’assaillent et le plongent dans la vie du poète, de ses amours, de ses amitiés et de ses blessures. Peu à peu, Florent se laisse envahir par cette présence mystérieuse, jusqu’à consacrer tout son temps à comprendre celui qu’il considèrera dès lors presque comme un frère d’âme.

J’ai aimé la construction du roman, qui multiplie les points de vue et fait revivre Apollinaire à travers ceux qui l’ont aimé, admiré ou accompagné, de Picasso à ses muses. Cette galerie de voix compose une fresque d’une grande richesse où la poésie dialogue régulièrement avec l’Histoire.
Mais Alexandra va beaucoup plus loin. Elle imagine une dixième muse, Gaia, incarnation de la nature, des arbres et du vivant. Cette présence discrète mais essentielle apporte une dimension presque mystique au récit et rappelle combien notre lien avec le monde naturel est précieux. J’ai été séduit par cette fiction audacieuse où le réel côtoie le rêve, où le fantastique s’invite avec délicatesse sans jamais rompre l’équilibre du récit. Chaque page semble flotter entre mémoire, imaginaire et contemplation.

L’autrice rend également un magnifique hommage à l’œuvre d’Apollinaire. Ses poèmes, ses amours, son parcours militaire et son amitié avec Pablo Picasso ou Henri Rousseau prennent ici une résonance nouvelle, portée par une écriture d’une rare musicalité.
L’épilogue m’a surpris autant qu’il m’a ému et il referme ce voyage avec une infinie douceur…

La Dixième Muse est bien plus qu’un roman. C’est une ode à la poésie, à l’amour, à la création et à la nature. Une lecture envoûtante qui invite à ralentir, à contempler et à accepter de se laisser porter par la beauté des mots. J’en ressors émerveillé, avec cette sensation d’avoir voyagé dans un monde où la littérature, la mémoire et le vivant ne ferait plus qu’un.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Alors seulement on la voit, on prend conscience de son éclat. Elle, la taiseuse qu’on délaisse ou abandonne, crie ses invisibles appeaux. C’est l’heure de sa revanche, de sa révélation. Il est des naissances qui mettent une vie à se réaliser, il lui aura fallu quelques millénaires pour appréhender qui elle était. Mais elle est bien là. La Nature vibre et apporte aux hommes son abondance. Chaque arbre de chaque rue de chaque pays sur chaque continent porte ses fruits, fier et triomphant, comme ces mères qui offrent leur sein à leur enfant. Ils attendent qu’on cueille leurs fruits juteux, et leurs branches, alourdies de ces réussites, tombent et forment au sol un tapis nourricier. Les hommes se penchent, acclament cette terre, mais maintiennent dans leurs yeux la surprise de ce spectacle en plein hiver. »

« L’année précédente, sans arrêter de travailler, j’avais obtenu mon agrégation d’allemand. Quand Louise et moi avions regardé les résultats, ma compagne avait été la première à exploser de joie, elle avait poussé un cri guttural, de soulagement, qui en disait long après cette année entre parenthèses.
C’était rare qu’elle manifeste ainsi ses émotions, elle était de ces personnes introverties qui mesurent chacune de leurs paroles. Au début de notre relation, cela m’avait interpellé – je pensais qu’il n’y avait que mon père pour être aussi fort à ce jeu-là, puis je m’y étais fait. »

« Au même moment, près de la cheminée, Pablo, en train de bourrer sa pipe, a relevé la tête. Henri a continué, en chuchotant presque :
« Il m’a fallu cinquante ans pour apprendre à dessiner comme un enfant. Crois-moi, un jour, notre talent sera compris. C’est pour cette raison que je veux vous immortaliser, Marie et toi. Le poète et sa muse, par-delà les temps. »
Pablo a plissé les yeux, Gui a soufflé, puis s’est mis
à rire.
« S’il n’y a que ça pour te faire plaisir ! Commençons demain ! »
Il m’a cherchée du regard, j’ai acquiescé d’un sourire. »

« Avant ton réveil, tu murmurais des paroles indistinctes. J’ai seulement compris “café de Flore”, répété plusieurs fois. Le garçon de café a dit aux pompiers que tu sortais de ce restaurant quand le vélo t’a percuté. Tu y as oublié quelque chose, tu veux que j’y aille ? »
Les idées s’entassaient dans ma tête sans réelle logique; dans mon esprit, je venais tout juste de quitter un atelier de peinture. À chaque inspiration, je sentais encore les effluves de gouache emplir mes narines, et dans mes oreilles résonnait la voix d’une Marie. »

« Un auteur n’est rien sans un texte, et un texte n’est rien sans un lecteur ; c’est lui qui le tire des abîmes, qui lui permet de métamorphoser l’encre noire et sèche en un univers luxuriant ; l’imaginaire du lecteur permet à ces êtres de papier de grandir, de prendre leur souffle, de faire leurs premiers pas balbutiants. C’est un nuancier-éventail qui tire ses couleurs de chaque page que le lecteur tourne, et plus il grandit, plus il prend de nouvelles teintes, propres à chacune des individualités qui le traversent. C’est le pouls du lecteur qui imprime aux personnages leurs battements de cœur, ce sont leurs yeux qui distillent dans l’iris des protagonistes la braise essentielle. »

Alexandra Koszelyk est née en 1976 à Caen. Ayant vécu dans son enfance dans une commune située près de Caen (Normandie), elle mène dans cette ville ses études secondaires et supérieures.
Aujourd’hui elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien, tout en se consacrant à l’écriture. Elle est lauréate de plusieurs prix comme le prix Vleel 2022, ou le Prix Totem des lycéens 2020.

Chez Alexandra Koszelyk, le surnaturel s’invite dans les grands et les petits drames de l’Histoire, avec des romans « sidérant de poésie et d’actualité ». Cette écrivaine a baigné dans la culture ukrainienne héritée de ses grands-parents, émigrés en France dans les années 1930 (venant de la région de Galicie).

C’est aussi une blogueuse littéraire.
Sur son blog “Bric à Book”, elle organise chaque semaine des ateliers d’écriture.

À crier dans les ruines, 2019.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/22/a-crier-dans-les-ruines/

La Dixième Muse, 2021

Le Sanctuaire d’Emona, 2022

L’Archiviste, 2022

Pages volées, 2024
https://leressentidejeanpaul.com/2024/08/03/pages-volees/

Adolescence, Émotion, Bouffée d'oxygène, Drame, Histoire

Le chant des bannis

Le destin d’un jeune cagot en aquitaine
de Jacquie Béal
Broché – 28 mai 2026
Éditions : Terres de l’Ouest

Dans la Chalosse du XVe siècle, au crépuscule de la guerre de Cent Ans, Mariette, treize ans, survit sous la coupe d’un oncle violent et de sa marâtre tout aussi cruelle.
Sa vie bascule le jour où elle sauve Jaufré, un chrestia* traqué et accusé à tort. Condamnés à se cacher, ils se retrouvent pourtant au cœur des intrigues d’un baron, puis des ambitions guerrières d’un seigneur prêt à tout pour la gloire.
Entre mensonges, musique et danger, leur complicité grandit. Et dans un monde ravagé par la peur et les préjugés, combien de temps pourront-ils échapper à leur destin ?
À Dax, puis en Chalosse et jusqu’à la bataille de Castillon, Mariette et Jaufré avancent ensemble au rythme des conflits et des chansons telles deux âmes rebelles qui n’ont qu’un rêve : fuir… et gagner leur liberté.

*Chrestia est le nom donné aux Cagots d’Aquitaine au XVe siècle.

Il y a des auteurs dont je sais, dès les premières pages, que je vais être emporté. Jacquie Béal fait incontestablement partie de ceux-là. À chacun de ses romans, je retrouve cette passion profonde pour l’Histoire, cette érudition impressionnante, mais surtout cette capacité rare à faire naître des émotions à travers les mots. Elle ne se contente pas de raconter une époque, elle lui redonne vie.

Avec Le chant des bannis, elle m’a une nouvelle fois transporté. En quelques lignes seulement, j’ai quitté notre époque pour rejoindre l’Aquitaine du XVe siècle, une terre marquée par les conflits, les injustices et les bouleversements d’un monde en pleine mutation.

J’ai découvert l’histoire de Mariette, une jeune fille de treize ans rejetée par sa propre famille, maltraitée par ceux qui auraient dû la protéger. Face à la violence et au mépris, elle trouve pourtant la force de partir, et son courage va changer le destin de Jaufré, un jeune homme accusé à tort d’un crime qu’il n’a pas commis. Jaufré est un personnage profondément attachant. Jeune homme juste et généreux, il refuse de se soumettre aux injustices de son époque. Menuisier, musicien, doté d’un esprit étonnamment moderne, il tente malgré tout de rester fidèle à ses valeurs dans un monde où la naissance et le pouvoir décident bien souvent de la place de chacun.

Mariette et Jaufré sont les deux grandes figures de ce récit, mais chaque personnage apporte sa pierre à cette fresque humaine. Au fil des pages, Mariette va découvrir une nouvelle existence, devenir la confidente d’une jeune noble mourante et révéler un talent insoupçonné pour le chant.

À travers leurs parcours, Jacquie Béal nous plonge dans une époque où la peur dominait les vies, où les plus faibles n’avaient souvent d’autre choix que d’accepter les règles imposées par les puissants. Elle décrit avec précision les mentalités, les coutumes, les croyances et les violences d’un Moyen Âge où la cruauté côtoyait pourtant une profonde humanité.

J’ai particulièrement apprécié cette manière qu’a l’auteure de mettre en lumière les injustices, la soif de pouvoir et les abus des hommes qui gouvernent, tout en racontant simplement celles et ceux qui cherchent seulement à survivre, aimer et espérer. Le chant des bannis est un roman historique passionnant, richement documenté, mais c’est aussi une belle histoire de rencontres, de résilience et d’amour. Une romance douce et sincère entre deux êtres que tout semblait opposer, mais que le destin a réunis.

Une fois encore, Jacquie Béal a réussi à m’ouvrir les portes d’un autre temps. Elle possède ce talent précieux de transformer l’Histoire en émotions, de faire résonner le passé dans notre présent.

Un magnifique voyage au cœur du XVe siècle, que je recommande aux passionnés d’Histoire… mais aussi à tous ceux qui aiment tout simplement… la vie.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Au milieu du XVe siècle, la bataille de Castillon va marquer la fin de la guerre de Cent Ans.
Depuis des décennies, en Aquitaine, une frange de la population est proscrite et persécutée. Il s’agit des « chrestias », appelés aussi “chrestians”, puis “gésitains” et, finalement, « cagots». On les accusait de transmettre une lèpre invisible.
…/…
À l’instar des lépreux qui vivaient dans des lieux d’isolement, ils devaient s’installer à l’extrémité des villages, avaient leur propre fontaine et un espace à l’écart dans les cimetières. On les obligeait, dans certaines régions, à arborer un signe en forme de patte d’oie sur leurs vêtements. »

« Durant l’été, je travaillais dehors, quand l’hiver venait, je filais la laine et la vie aurait pu continuer ainsi.
Je n’étais pas heureuse, mais j’étais devenue une experte pour éviter les coups et une experte, aussi, en chapardages de toutes sortes. Il fallait bien trouver de quoi manger et se réchauffer! Certains jours, même, il m’arrivait de m’amuser avec mon cousin Bernat et ses copains.
Bernat était, certes, une vraie brute. En cela, il marchait sur les traces de son père, mais une même haine pour la Berthilde nous avait rapprochés et il m’arrivait de courir la campagne avec sa bande de vauriens. »

« J’ignore d’où il venait et j’ai sursauté quand je l’ai vu surgir, grand et fier comme la première fois. Tout chrestia qu’il était, il toisa les garnements et les cris s’arrêtèrent.
Il releva le vieil homme et l’aida à marcher.
Jaufré! Le garçon qui m’avait fait penser à un ange blond aux yeux bleus !
Il n’avait pas eu besoin de parler. Un simple regard avait suffi. Sans plus s’intéresser à la horde de brutes qui commençaient à réagir, il était reparti sur le chemin en soutenant son compagnon blessé. »

« La veille, ils avaient été une demi-douzaine à molester le vieillard. Ils étaient, désormais, une quinzaine à écouter les “exploits” de leur chef et à boire le vin qu’il leur offrait. Il avait fallu peu de chose pour expliquer ce revirement de fortune. Le digne fils de mon oncle les avait conduits vers les masures des chrestias.
La bande avait tout mis à bas et s’était emparée des maigres biens qu’elle avait pu trouver.
Ces moins que rien s’étaient sentis plus riches et plus forts grâce à Bernat, ils s’étaient pris d’amour pour lui et pour son vin. Ajoutons à cela que ce sacripant avait été le premier à jeter de la merde sur Jaufré et que sa troupe de pendards avait trouvé ça à mourir de rire ! »

« J’ai souvent constaté que ceux qui ont le désir de diriger et de commander ne sont pas les plus talen-tueux, ni les plus courageux. On les voit partout, dans les tavernes, sur la place et dans les ateliers… Ils aiment qu’on les suive, qu’on les admire, mais ils ne sont pas capables de réaliser ce que d’autres font aisément. Ainsi va le monde depuis toujours et je gage qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps. Ceux qui donnent des ordres ne sont guère capables de faire autre chose. »

Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

Facebook: @jacquiebeal

Le temps de l’insoumise (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/12/07/le-temps-de-linsoumise/

De sang et d’encre (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/08/05/de-sang-et-dencre/

La dame d’Aquitaine (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/10/18/la-dame-daquitaine/

L’incroyable destin d’Aubeline de Lambersac (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/05/lincroyable-destin-daubeline-de-lambersac/

Sous le regard de l’aigle (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/01/11/sous-le-regard-de-laigle/

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Poésie

Stanislas

de Alain Cadéo
Broché – 18 juin 2026
Éditions : La Trace
Réédition.
Publié le 1er Janvier 1983 – Prix Marcel Pagnol

Stanislas est une longue méditation à travers les souvenirs d’un vieil homme à la fin de son existence, sur une île grecque et qui chante comme un adieu, un hymne à la vie, à ses amours d’antan, à ses joies comme à ses peines, avant de boire à la santé de la mort qu’il s’est choisie.

Il existe des livres qui arrivent jusqu’à nous avec une émotion particulière, comme s’ils avaient choisi leur moment. Stanislas est de ceux-là.

Je tiens d’abord à remercier très sincèrement Martine Cadéo pour cet envoi. À travers cette magnifique réédition, parue le 12 juin, date hautement symbolique du départ d’Alain Cadéo, les éditions La Trace poursuivent un travail admirable. Faire vivre une œuvre qui n’a rien perdu de sa lumière.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé cette écriture si singulière qui caractérise Alain Cadéo. Une langue qui ne cherche jamais à impressionner, mais qui respire, qui chante, qui caresse l’âme avec une infinie délicatesse. J’ai suivi Stanislas, soixante-quinze ans, retiré sur une île grecque, dans une maison blanche ouverte sur le vent, la mer et le silence. Là, loin du tumulte, il regarde sa vie défiler avec une lucidité désarmante. Les souvenirs reviennent sans nostalgie excessive, simplement parce qu’ils ont façonné l’homme qu’il est devenu. Les amours, les blessures, les absences, les joies… tout trouve naturellement sa place dans cette longue méditation où chaque mot semble pesé avec le cœur.

Au fil des pages, je ne lisais plus vraiment un roman. J’avais le sentiment d’écouter la confidence d’un homme arrivé au crépuscule de son existence, qui accepte le temps avec une sérénité bouleversante. La solitude n’y est jamais synonyme d’abandon. Elle devient un refuge, un espace de vérité où l’on apprend enfin à écouter le murmure du monde.
J’ai été profondément touché par la beauté de cette langue, par cette façon qu’avait Alain de transformer une simple pensée en émotion. Rien n’est démonstratif. Tout est suggestion, pudeur et humanité. Chaque phrase semble naître du souffle même de son personnage.

Puis il y a Carmino, ce jeune garçon qui lui apporte ses repas, les souvenirs de ses parents, de Maurice, Sophie, Blandine, Marika… Autant de présences qui composent une mosaïque de vie où chaque rencontre laisse une empreinte discrète mais essentielle. Alain ne raconte pas seulement une existence. Il peint des sensations, il sculpte le silence, il transforme les mots en lumière. Son écriture possède cette musicalité rare que je n’oublierai jamais.

Deux ans après sa disparition, sa voix demeure intacte. Car les écrivains capables de toucher aussi profondément le cœur de leurs lecteurs ne disparaissent jamais vraiment. Ils continuent de vivre dans chacune de leurs phrases. Stanislas est un roman d’une beauté paisible, profondément humain, qui invite à ralentir, à contempler et à remercier la vie pour ce qu’elle nous offre, même dans ses fragilités.

Merci Alain. Merci Martine, de faire vivre avec autant de fidélité l’œuvre d’Alain. Merci la vie…
Cette réédition est bien plus qu’une nouvelle publication, c’est un magnifique hommage à un écrivain qui, aujourd’hui encore, continue d’éclairer ses lecteurs de sa lumière si particulière.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La terre vibre comme à ses débuts, couverte de frissons, se préparant à quelque étrange soubresaut.
Les longues pierres blanches qui sortent de la mer montent en coulures lisses jusqu’aux premiers bosquets d’épineux. La maison est encore loin derrière, au-delà d’un quartier d’oliviers.
Sophie est la dernière femme qu’il m’a été donné de connaître. Depuis deux ans, et désormais jusqu’à la fin, je vis seul, dans cette demeure blanche dont les toits sont ronds… symbolique vivace, à six kilomètres du premier village. »

« Le Steinway est un long crocodile d’Afrique. C’est le seul instrument qu’ici je possède. Je le pousse au dehors sur la terrasse, certains soirs, face à la montagne, j’attaque sa paroi très abrupte, je la martèle d’accords. Elle se fige un moment dans une espèce d’attention puis elle se courbe ou se redresse; je lui imprime de secouantes caresses.
Ce piano fut probablement un des derniers grands plaisirs que nous nous sommes offerts. Il est venu, lorsque nous avons vendu notre maison au pays basque, remplacer l’orgue intransportable de grand-père Maurice. J’avais eu beaucoup de mal à me passer de musique, je voulais de plus que les enfants aient à leur disposition un moyen bien sonore de chanter leurs joies ou leurs chagrins. Ce piano fit office de dépotoir, nous y jetâmes toutes nos énergies et aussi nos colères. Il incitait nos plaintes. J’ai vu Thomas jouer des heures et j’ai entendu Cyprien, mon second fils, chanter la bouche près des cordes pour le mystère des harmoniques. Le soir, je leur racontais des histoires, accompagnant les mots de notes de musique et nous rêvions tous au milieu de la pièce, laissant la perfection d’étonnantes coïncidences faire glisser nos imaginations sur des paysages inconnus. »

« Le temps est une infâme tourbe. Les hommes le vivent comme une menace dont seule une fébrilité d’insecte peut freiner l’immanence ; ils en font un outil justificateur : agendas, plannings, horaires à respecter. »

« Dans la grande pièce sans meuble, mes imprécations résonnent et les sourires de ma fille me répondent doucement. Ce sont les seules photographies que je possède; je les ai fait développer, immenses : il y a sur le mur du fond des visages, des sourires, les siens à des âges différents : cinq ans, dix ans, vingt ans, quarante ans, quarante neuf ans. Cinq sourires. Dans chacun explose une douleur, douleur d’un demi-siècle… »

« Il est vrai que la vie est une infinité de détails s’imbriquant les uns les autres. Commencer à vieillir c’est peut-être simplement tendre un fil d’un événement à l’autre, c’est surtout renoncer à leur donner un sens. Seule la pauvreté d’esprit se cherche des justifications, on bourre sa misère d’explications infinies. »

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont « Stanislas » (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Il est avant tout un passionné des autres, des humbles, ceux qui lisent les mots, les portent et les défendent… Ses textes sont toujours exigeants, en perpétuelle recherche de chemins différents, à l’image de l’homme, singulier, sincère et altruiste, mais aussi inclassable, comme sa littérature.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il nous a quittés en juin 2024.

Sa bibliographie complète est la suivante :

Les Voix de Brume (1982, nouvelles)
Stanislas (1983, roman)
La Corne de Dieu (1983, roman)
L’Océan vertical (1983, roman)
Le Mangeur de Peur (1984, roman)
Macadam Epitaphe (1986, texte)
Le Ciel au ventre (1993, texte)
Les Anges disparaissent (1998, roman)
Fin (1999, texte)
Et votre éternité sera la somme de vos rêves (2008, roman)
L’Ombre d’un doute (2008, théâtre)
Les Réveillés de l’ombre (2013, théâtre)
Zoé (2013, roman)
Chaque seconde est un murmure (2016, roman)
Des Mots de contrebande (Aux inconnus qui comme moi…) (2018, texte)
Comme un enfant qui joue tout seul (2019, roman)

Mayacumbra (2019, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/26/mayacumbra/

Lettres en Vie (2020, texte illustré)

Confessions (ou les spams d’une âme en peine) (2021, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/06/03/confessions-ou-les-spams-dune-ame-en-peine/

Arsenic et Eczéma (2022, théâtre)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/06/arsenic-et-eczema/

L’Homme qui veille dans la pierre (2022, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/08/lhomme-qui-veille-dans-la-pierre/

M (2023, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/08/m/

Billets de contrebande (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/03/04/billets-de-contrebande-inedits/

Le ciel au ventre (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/15/le-ciel-au-ventre/

Il y a quelque chose encore devant (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/29/il-y-a-quelque-chose-encore-devant/

Contes des petits mondes d’à coté (2025)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/07/03/contes-des-petits-mondes-da-cote/

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Conte, Philosophique, Poésie

L’Âme du monde II

Juste après la fin du monde
de Frédéric Lenoir
Poche – 5 janvier 2023
Éditeur : Pocket

La suite de L’Âme du monde.

Retrouvez dans ce nouveau conte initiatique la sagesse et l’émotion qui ont fait le succès de L’Âme du monde, vendu à plus d’un million d’exemplaires dans vingt pays.

Après un cataclysme planétaire, Natina, marche de village en village afin d’enseigner aux survivants ce qu’elle a appris des sages de l’ancien Monde : comment vivre en évitant les erreurs qui ont conduit à la catastrophe et apprendre à vivre en harmonie avec soi-même, avec les autres et dans le respect de la nature.
Au fil de cette quête, Natina retrouvera-t-elle celui à qui elle pense secrètement et qui vient parfois la visiter dans ses rêves ?

Il y a à peine 10 jours, je refermais L’Âme du monde avec le sentiment d’avoir vécu une lecture profondément transformatrice. En découvrant qu’il existait une suite, je n’ai pas hésité une seconde… Il me fallait poursuivre ce voyage.

Après un cataclysme qui a bouleversé notre planète, Natina parcourt un monde en reconstruction pour transmettre l’héritage des sages de l’Ancien Monde. Quelque part dans le monde, Tenzin poursuit lui aussi une quête intérieure où chaque rencontre devient une leçon de vie. Comment vont-ils faire pour se retrouver dans ce nouveau monde ?

J’ai retrouvé avec un immense bonheur tout ce qui m’avait bouleversé dans le premier tome. Frédéric Lenoir parle de l’amour, de la souffrance, de la joie, de la nature, de la mort et de l’espérance avec une douceur qui touche directement le cœur. Ce récit initiatique ne cherche jamais à imposer des réponses. Il invite simplement à ralentir, à observer, à méditer et à retrouver ce lien essentiel avec soi-même, avec les autres et avec le vivant.
J’ai été profondément ému par la bienveillance qui imprègne chaque page. Derrière l’apparente simplicité de ce conte se cache une véritable réflexion sur notre manière de vivre et sur le monde que nous souhaitons transmettre aux générations futures.

Natina et Tenzin deviennent peu à peu des passeurs de lumière, des personnages qui nous rappellent que la sagesse commence souvent par de petits gestes, une écoute sincère, le respect des autres et de la nature.

Une nouvelle fois, L’auteur réussit à rendre accessibles des réflexions philosophiques parfois complexes sans jamais me perdre. J’ai refermé ce livre avec le sentiment d’avoir grandi un peu.

C’est un roman lumineux, profondément humaniste, que je recommande à tous ceux qui éprouvent le besoin de redonner du sens à leur existence.
Une lecture qui apaise, nourrit l’esprit et, surtout, donne envie d’être meilleur.
Une lecture initiatique que tout le monde doit lire !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La petite fille posa sa cruche sur le bord de la route et courut jusqu’au village en criant de toutes ses forces : “La Vivante, la Vivante ! Elle arrive ! Elle vient nous visiter !” À ces mots, les visages des vieux comme des jeunes s’illuminèrent. Tous se pressèrent à l’entrée du village pour accueillir la jeune femme qui marchait d’un pas lent et gracieux. Bien qu’elle fût de type européen, elle était vêtue d’un sari indien blanc et avait pour seul bagage un petit sac qu’elle portait en bandoulière. »

« Il y a de nombreuses qualités à développer pour grandir en humanité. Mais la mère de toutes est sans doute l’émerveillement. Un homme ou une femme qui ne savent plus s’étonner et s’émerveiller perdent ce qu’il y a peut-être de plus essentiel dans leur humanité : la conscience de l’éclat du monde et du miracle de la vie. Comment ne pas s’émerveiller devant la beauté de la voûte céleste et l’harmonie du cosmos ? Devant l’apparition du soleil à la pointe de l’aube et son coucher rougeoyant au crépuscule du jour ? Comment ne pas s’émerveiller face à la majesté des cimes enneigées ? Face à l’infinité des horizons marins ? Devant un champ de coquelicots ou de blé ondulant sous la caresse du vent ? »

« Ô survivants, écoutez ceci : pour pouvoir subsister et nous développer, la loi de la vie nous impose de manger un autre vivant, qu’il appartienne au règne végétal ou animal. Les vaches broutent l’herbe ; les poissons se mangent entre eux, ou se nourrissent de plancton ou d’insectes; les loups dévorent les brebis et vous-mêmes, vous vous nourrissez de plantes, de fruits et parfois de chairs animales. Mais n’oubliez jamais que ce que nous mangeons est habité par le souffle sacré de la vie. Tous les êtres vivants – les arbres, les plantes, les animaux – ont une sensibilité et aspirent à vivre. Puisque nous savons cela et que nous devons néanmoins tuer un autre être vivant pour subsister, il est important d’avoir conscience de la gravité de cet acte et de le remercier de nous offrir sa vie. »

« — Vous savez, poursuivit Natina, en s’adressant à tous les enfants, il est très important d’accueillir les émotions qui surviennent dans notre cœur : que ce soit la joie, la peur, la colère ou la tristesse. Ce sont ces émotions qui nous rendent vraiment humains et capables de comprendre les autres et de ressentir ce qu’ils peuvent ressentir. Aucune émotion n’est négative. Toutes sont nécessaires et ont une grande utilité.
La peur nous avertit des dangers. La tristesse nous permet de traverser pleinement nos chagrins et de compatir à ceux des autres. La colère nous invite à ne pas accepter les injustices et à nous affirmer contre ceux qui ne nous respectent pas. La joie dilate notre cœur et nous permet de savourer la vie. Ce sont ces émotions qui nous rendent pleinement vivants et il convient de toujours les accueillir et les vivre lorsqu’elles se présentent. »

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue, historien des religions, conférencier et écrivain.

Fils de René Lenoir (1927-2017), ancien Secrétaire d’État à l’Action sociale de 1974 à 1978 sous Valéry Giscard d’Estaing, il grandit dans l’Essonne. Intéressé par la pensée de Jung et les questions religieuses, après son baccalauréat, il entreprend des études de philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse et a pour professeur Emmanuel Lévinas. Il mène ensuite une quête spirituelle en Inde, en Israël et dans des monastères en France. En 1986, il entame à l’EHESS une thèse de doctorat en sociologie sur la rencontre du bouddhisme et de l’Occident qu’il obtiendra avec les félicitations du jury à l’unanimité en 1999.
En 1986, il entre aux Éditions Fayard comme Directeur littéraire, poste dont il démissionnera en 1991 pour se consacrer à l’écriture et à la recherche. À partir de 1996, il collabore à « L’Express » et tient une chronique dans Psychologies magazine avant de prendre, en 2004, la direction du magazine « Le Monde des religions », un bimestriel qui dépend du quotidien « Le Monde », et qui aborde le fait religieux de manière distanciée. Il démissionne de son poste de directeur en octobre 2013.
De 2009 et jusqu’en 2014, il produit et anime avec Leili Anvar une émission hebdomadaire sur France Culture : « Les racines du ciel », consacrée à la spiritualité. Il est chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaire du Fait religieux (CEIFR).
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (essais, romans, contes, encyclopédies), traduits dans une vingtaine de langues et vendus à cinq millions d’exemplaires, il écrit aussi pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée. Sa pièce « Bonté divine », avec Roland Giraud, a été jouée à Paris en 2009. « La promesse de l’ange », écrit en collaboration avec Violette Cabesos, a obtenu le Prix des maisons de la presse 2004.
Co-fondateur de l’association « Environnement sans frontières », il est fortement engagé dans la cause écologique et a écrit avec l’astrophysicien Hubert Reeves « Mal de terre » (2003). Il est aussi le parrain de l’association pionnière dans le logement intergénérationnel Le Pari Solidaire depuis septembre 2011. Militant pour la cause animale, il rejoint en 2012 le jury du prix littéraire 30 Millions d’Amis. Il crée l’association Ensemble pour les Animaux en 2017.

Son site : https://www.fredericlenoir.com/

Petit traité d’histoire des religions (2008)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/16/petit-traite-dhistoire-des-religions/

Du Bonheur, un voyage philosophique (2015)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/du-bonheur-un-voyage-philosophique/

L’Âme du monde (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2026/06/20/lame-du-monde/

Plus fort que la nuit (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/12/plus-fort-que-la-nuit/

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Conte, Magique, Philosophique

L’Âme du monde

de Frédéric Lenoir
Poche – 21 août 2014
Éditeur : Pocket

Sept sages venus des quatres coins du monde se réunissent pour transmettre à deux jeunes adolescents les clés de la sagesse universelle.
Une fable initiatique étincelante qui touche le cœur autant que l’intelligence.

“Et l’alchimiste Lenoir de redescendre de sa montagne avec ce best-seller aussi philosophique que philosophal.”
Thomas MalherLe Point

“Captivant.”
Elsa Godart Psychologies

Il existe des livres qui se lisent comme des romans, et d’autres qui se savourent comme des compagnons de route. L’Âme du monde fait incontestablement partie de cette seconde catégorie. J’ai découvert ici un conte initiatique d’une grande simplicité apparente, mais dont la richesse se dévoile peu à peu au fil des pages. Frédéric Lenoir m’a entraîné dans un monastère tibétain où sept sages, venus des quatre coins du monde, se réunissent pour transmettre à deux adolescents un héritage précieux : les clés de la sagesse universelle.

L’intrigue sert avant tout de fil conducteur à une réflexion plus profonde sur le sens de la vie, le bonheur, l’amour, la vocation, la connaissance de soi et notre place dans le monde. Et c’est précisément ce que j’ai aimé. Derrière une histoire accessible se cache une véritable invitation à ralentir, à réfléchir et à s’interroger sur l’essentiel.

J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’auteur efface progressivement les différences entre les traditions religieuses et philosophiques pour ne conserver que ce qui les rassemble. Au fil des enseignements, il ne reste plus ni dogmes ni frontières, mais une parole universelle qui parlait directement à mon cœur. La plume de Frédéric est fluide, élégante et profondément bienveillante. Les contes, paraboles et petites histoires qui ponctuent le récit apportent une dimension poétique qui rend la lecture particulièrement agréable.

Bien sûr, ceux qui connaissent déjà la philosophie, les religions ou le développement personnel n’y trouveront peut-être pas de révélations majeures. Mais, j’y ai trouvé un rappel précieux de vérités simples que l’on oublie malheureusement parfois dans le tumulte du quotidien. Ce livre m’a fait du bien. Il m’a invité à prendre du recul, à me recentrer sur l’essentiel et à réfléchir à ce qui nourrit réellement l’âme humaine.

J’ai refermé ce roman avec le sentiment d’avoir reçu une leçon de vie empreinte d’humilité, de douceur et d’espérance. Un livre à lire lentement, à relire sans doute, et à garder à portée de main pour les moments où l’on perd un peu le nord.

Une magnifique découverte, lumineuse et inspirante, qui fut pour moi un véritable coup de cœur.
Les livres de Frédéric Lenoir ont ce pouvoir étrange. À chaque fois, ils m’obligent à ralentir, à faire le tri dans mes pensées et à repartir sur des bases plus saines.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le vieux rabbin Salomon était assis dans sa cuisine quand il entendit une voix lui dire : « Va à Toulanka. » Il appela sa femme, Rachel, qui n’avait rien entendu. Il pensa avoir rêvé, mais la voix se fit de nouveau entendre : « Va à Toulanka, ne tarde pas. » Alors il se dit que Dieu lui avait peut-être parlé. Pourquoi lui ? »

« Le monastère de Toulanka, perché sur un éperon rocheux à près de quatre mille mètres d’altitude et adossé à une montagne entièrement recouverte de neige, était inaccessible en voiture. À une quinzaine de kilomètres se trouvait une petite bourgade. Il n’y avait qu’un seul hôtel, juste en face de la gare routière. C’est là que Rabbi Shlomo, la chamane Ansya, le père Pedro, Ma Ananda, Maître Kong, Cheik Youssuf, Gabrielle et sa fille Natina se retrouvèrent, moins d’une semaine après le début de ces événements. »

« — La question essentielle sur laquelle nous ne parviendrons jamais à nous accorder est celle de la définition de l’Absolu, confirma Gabrielle.
Moi, par exemple, je partage la vision panthéiste des sages stoïciens ou de Spinoza : Dieu se confond avec la Nature. Il n’est pas un être suprême, créateur du monde, qui parle aux hommes par la voix des prophètes, comme le pensent les juifs, les chrétiens et les musulmans, mais une force impersonnelle qui demeure en tout être et apporte son harmonie au monde.
— Ne parlons donc pas de Dieu ! s’exclama Cheik Youssuf dans un grand éclat de rire. Il y a bien d’autres croyances qui nous rassemblent. »

« Chacun parle de Dieu, du divin ou de l’Absolu selon la perception limitée qu’il en a. Et aucune religion ne peut prétendre posséder la totalité de la Vérité. Celle-ci s’est comme éclatée en morceaux en se manifestant dans le monde. »

Frédéric Lenoir est philosophe, sociologue, historien des religions, conférencier et écrivain.

Fils de René Lenoir (1927-2017), ancien Secrétaire d’État à l’Action sociale de 1974 à 1978 sous Valéry Giscard d’Estaing, il grandit dans l’Essonne. Intéressé par la pensée de Jung et les questions religieuses, après son baccalauréat, il entreprend des études de philosophie à l’Université de Fribourg, en Suisse et a pour professeur Emmanuel Lévinas. Il mène ensuite une quête spirituelle en Inde, en Israël et dans des monastères en France. En 1986, il entame à l’EHESS une thèse de doctorat en sociologie sur la rencontre du bouddhisme et de l’Occident qu’il obtiendra avec les félicitations du jury à l’unanimité en 1999.
En 1986, il entre aux Éditions Fayard comme Directeur littéraire, poste dont il démissionnera en 1991 pour se consacrer à l’écriture et à la recherche. À partir de 1996, il collabore à « L’Express » et tient une chronique dans Psychologies magazine avant de prendre, en 2004, la direction du magazine « Le Monde des religions », un bimestriel qui dépend du quotidien « Le Monde », et qui aborde le fait religieux de manière distanciée. Il démissionne de son poste de directeur en octobre 2013.
De 2009 et jusqu’en 2014, il produit et anime avec Leili Anvar une émission hebdomadaire sur France Culture : « Les racines du ciel », consacrée à la spiritualité. Il est chercheur associé au Centre d’études interdisciplinaire du Fait religieux (CEIFR).
Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (essais, romans, contes, encyclopédies), traduits dans une vingtaine de langues et vendus à cinq millions d’exemplaires, il écrit aussi pour le théâtre, le cinéma et la bande dessinée. Sa pièce « Bonté divine », avec Roland Giraud, a été jouée à Paris en 2009. « La promesse de l’ange », écrit en collaboration avec Violette Cabesos, a obtenu le Prix des maisons de la presse 2004.
Co-fondateur de l’association « Environnement sans frontières », il est fortement engagé dans la cause écologique et a écrit avec l’astrophysicien Hubert Reeves « Mal de terre » (2003). Il est aussi le parrain de l’association pionnière dans le logement intergénérationnel Le Pari Solidaire depuis septembre 2011. Militant pour la cause animale, il rejoint en 2012 le jury du prix littéraire 30 Millions d’Amis. Il crée l’association Ensemble pour les Animaux en 2017.

Son site : https://www.fredericlenoir.com/

Petit traité d’histoire des religions (2008)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/16/petit-traite-dhistoire-des-religions/

Du Bonheur, un voyage philosophique (2015)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/du-bonheur-un-voyage-philosophique/

Plus fort que la nuit (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/12/plus-fort-que-la-nuit/

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Drame, Histoire

L’Enfant sans étoile

de Raphaël Delpard
Poche – 22 septembre 2010
Éditeur : Calmann-Lévy

L’itinéraire tourmenté d’un enfant caché pendant l’Occupation.

Parigné-l’Evêque dans la Sarthe. En 1943, les persécutions nazies se déchaînent. Louise Leblanc a accepté d’héberger un orphelin d’environ six ans que lui a confié un réseau de sauvetage d’enfants. En état de choc, amnésique, le garçon ne se souvient pas même de son nom. Louise lui donne un prénom, Jean, et l’inscrit sous son propre patronyme à l’école.
Les habitants du bourg l’acceptent comme l’un des leurs. Jean retrouve par bribes la mémoire à mesure qu’il s’acclimate à son nouvel environnement.
Mais un jour, le facteur avise Louise qu’une dénonciation anonyme a été envoyée à la gendarmerie l’accusant de cacher un enfant juif. Entre les villageois solidaires et les complices de la barbarie, s’engage alors une course de vitesse à l’issue jusqu’au bout incertaine…

Lorsque j’ai ouvert L’Enfant sans étoile de Raphaël Delpard, je savais que j’allais plonger dans l’une des périodes les plus sombres de notre histoire. Pourtant, ce que j’y ai trouvé dépasse largement le simple récit de guerre. J’y ai découvert une magnifique histoire d’amour, de courage et d’humanité.

Nous sommes en 1943, dans la campagne sarthoise. Jean, un petit garçon juif rescapé du camp de Gurs, est confié à Louise Leblanc par un réseau de résistance. L’enfant est brisé, affaibli, presque absent au monde. Louise, elle, décide de tout faire pour lui rendre la vie, malgré les risques immenses que cela représente.

Très vite, je me suis attaché à ces deux personnages. Entre eux se noue un lien bouleversant, fait de tendresse, de protection et d’espoir. Dans un contexte où la peur, les dénonciations et la barbarie règnent, Raphaël Delpard choisit avant tout de mettre en lumière ce qu’il y a de plus beau chez l’être humain et c’est beau.
J’ai particulièrement aimé la façon dont l’auteur décrit la campagne française de cette époque. Ses paysages, ses moissons, ses villages semblent baignés d’une douceur presque irréelle, contrastant avec l’angoisse permanente de l’Occupation. Cette atmosphère donne au roman une force émotionnelle particulière.

L’écriture est simple, fluide et profondément sincère et j’ai senti derrière chaque page le travail de mémoire, mais aussi l’émotion personnelle d’un récit inspiré de faits vécus. Raphaël Delpard rend un hommage vibrant à ces femmes et ces hommes ordinaires qui ont risqué leur vie pour sauver celle des autres.

Au fil des chapitres, j’ai partagé les peurs de Jean, les souvenirs flous de ses parents, son désir de survivre et l’espoir de les retrouver un jour. Mais j’ai surtout été touché par cette formidable leçon d’humanité qui traverse tout le roman.

L’Enfant sans étoile est un livre tendre, émouvant et lumineux malgré l’ombre de la guerre. Une histoire qui rappelle que même dans les périodes les plus sombres, il y aura toujours des personnes qui choisiront la générosité plutôt que la peur. Cette lecture m’a profondément touché et je referme mon livre avec beaucoup d’émotion…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« L’histoire de l’enfant commença le 15 mai 1943 à l’aube. Une jeune femme dont la silhouette était encore proche de l’adolescence frappa à la porte de la maison de Louise Leblanc, rue Basse-de-Brette, à Parigné-l’Évêque, dans la Sarthe.
Elle entra dans la cuisine d’un pas pressé, sur son passage heurta une chaise qui était éloignée de la table, puis, faisant une halte au centre de la pièce, du regard chercha un endroit où poser l’enfant qu’elle tenait serré contre sa poitrine, enveloppé dans une couverture. »

« — Et si l’enfant a besoin d’un médecin ?
— Une infirmière est prévenue de l’arrivée de votre pensionnaire. Elle viendra demain ou après-demain au plus tard. Compte tenu de sa situation, un médecin ne tardera pas également à vous rendre visite. Vous ne paierez rien.
— Et s’il a besoin de médicaments ?
— On vous dira le moyen d’en obtenir.
— Qui me le dira ?
— La Sarthoise. Chaque fois qu’un besoin se fera sentir, vous trouverez la marche à suivre dans la boîte à lettres.
— Cette Sarthoise, l’avez-vous déjà rencontrée ?
— Jamais. Je ne fais que vous répéter ce que je lis. Je n’en sais pas plus. »

« Un jour nouveau commençait. Louise Leblanc était insensible au ciel tissé de bleu, à l’air alourdi, aux piaillements des oiseaux. Sur le pas de la porte de sa maison, elle essayait de chasser le bourdonnement qui emplissait sa tête et l’empêchait de réfléchir. Elle n’avait aucun regret d’avoir accepté de prendre un enfant chez elle. D’où venait alors le trouble qui l’accablait? De réaliser qu’elle était désormais membre d’un réseau de Résistance, sans l’avoir ni voulu ni demandé? Elle se sentait si petite, minuscule, dans la grandeur du monde. Le malaise ne venait-il pas en réalité de la crainte de ne pas se montrer à la hauteur de la tâche qu’on venait de lui confier ? Comment s’y prend-on pour redonner le goût de la vie à un enfant qui est au bord du précipice ? »

« Avez-vous compris que Serge nous a donné une leçon de civisme? Comment naît le racisme ? En désignant l’autre comme différent. Serge a une bosse dans le dos. Alors, la belle affaire! Lequel d’entre vous n’a-t-il pas un défaut? Un genou plus gros que l’autre, les oreilles décollées. La bosse de Serge le rend-elle moins capable que Didier de faire du foot ?
Il attendit la réponse. Voyant qu’elle ne venait pas, il frappa dans ses mains. Les élèves se levèrent comme un seul homme et sortirent de la classe, soulagés de se retrouver à l’extérieur. »

« Durant l’heure suivante, Jean fut ailleurs. La classe était devenue un monde flou, les explications de Françoise Marchand lui parvenaient comme au travers d’un mur de ouate. Comment répondre à un nom qui n’est pas le sien ? Comment habiter une identité étrangère ? C’est mettre un costume trop large ou trop étroit, porter un chapeau de travers. Tout le monde voit bien que cela ne vous va pas. Un nom, c’est en apparence peu de chose, mais cette addition de lettres forme une musique unique. Il est faux de croire qu’on peut en changer facilement, que n’importe quelle suite de lettres peut faire l’affaire. Un nom est un signe dans le ciel, un rendez-vous permanent avec soi-même, un miroir tendu qui ne vous quitte pas, une balise par temps de brouillard. »

Raphaël Delpard, cinéaste et romancier, est né le 26 janvier 1942 à Paris 11e.
Il est l’auteur d’un travail de mémoire sur l’Algérie : 20 ans pendant la guerre d’Algérie, L’Histoire des pieds-noirs d’Algérie, Les Oubliés de la guerre d’Algérie (Éditions Michel Lafon).

Il suit simultanément une formation de théâtre et de marionnettiste avec Jean-Loup Temporal, et réalise quelques tournées scolaires avec sa propre compagnie et un spectacle de sa création, Pierrot au pays des poissons. Il travaille ensuite comme scénariste pour des réalisateurs tels Jean-Pierre Mocky, Sam Peckinpah et Robert Enrico, puis réalisateur de sujets divers. L’une de ses premières réalisations, un film de commande s’inscrivant dans la tradition française du comique troupier Les Bidasses aux grandes manœuvres, lui apportera des ouvertures vers le genre qui lui tenait à cœur: le cinéma fantastique.

Également acteur en 1980, il tient le rôle du mari dans Un amour d’emmerdeuse, comédie sensible décrivant les péripéties d’un couple après l’arrivée d’un enfant. La même année il réalise La Nuit de la mort (ressorti en vidéo sous le titre Les Griffes de la Mort), l’une des rares incursions françaises dans le domaine du film gore. Peu remarqué par le public français (du fait de sa sortie au même moment que le Shining de Stanley Kubrick), il connaîtra un certain succès aux États-Unis, recevant, pour l’occasion, un télégramme d’encouragement de la part de Tobe Hooper. Il mettra en chantier un film fantastique, Clash, sélectionné en 1984 au Festival d’Avoriaz, puis une comédie en 1985, Vive le fric, avant de délaisser le cinéma pour se consacrer à l’Histoire.

Depuis 1993, il se consacre davantage à la littérature. Son premier livre-document, Les Enfants cachés choisi dès sa parution par Bernard Pivot pour son émission Apostrophes sur Antenne 2 en 1993, est un succès. Il écrit ensuite des livres-documents sur l’Occupation, la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie. Sa première incursion dans l’histoire romancée, sortie dans une collection « Le Roman d’Amour de… » en octobre 2016, réhabilite Lucrèce Borgia. Depuis, comme l’atteste la partie « Publications » ci-dessous, il est revenu au livre-document, parfois romancé tel « La Cavalcade des Enfants Rois« . Mais pas exclusivement: il a publié une biographie de Bourvil, sortie fin 2025, en hommage à l’artiste qu’il a bien connu.

Il est revenu au cinéma en réalisant trois films documentaires tirés de ses livres éponymes : Les Enfants Cachés (1998), Les Convois de la honte (mars 2010) et La Conférence de la Honte (2022). Inspiré par l’écriture cinématographique des documentaires britanniques, il incorpore des évocations entre les témoignages et les documents.

Il écrit également plusieurs romans, dont : Pour l’amour de ma terre, L’Enfant qui parlait avec les nuages, Le Courage de Louise qui se situent dans la Sarthe. La substance est celle de la paysannerie au siècle dernier.

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Humour

Le Bonheur n’a pas de rides

de Anne-Gaëlle Huon
Poche – 3 avril 2019
Éditeur : Le Livre de Poche

Le plan de Paulette, quatre-vingt-cinq ans, semblait parfait : jouer à la vieille bique qui perd la tête et se faire payer par son fils la maison de retraite de ses rêves dans le sud de la France. Manque de chance, elle échoue dans une auberge de campagne, au milieu de nulle part.
La nouvelle pensionnaire n’a qu’une idée en tête : quitter ce trou, le plus vite possible ! Mais c’est compter sans sa nature curieuse et la fascination que les autres résidants, et surtout leurs secrets, ne tardent pas à exercer sur elle. Que contiennent en effet les mystérieuses lettres trouvées dans la chambre de monsieur Georges ? Et qui est l’auteur de l’étrange carnet trouvé dans la bibliothèque ?
Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

Pétillant ! Drôle ! Émouvant ! À lire sans attendre !
Sylvie, Fnac Nevers.

J’ai fait une sacrée rencontre avec Paulette. Quatre-vingt-cinq ans, un caractère de feu et une détermination à toute épreuve. Dès les premières pages, cette femme irascible et terriblement attachante m’a conquis. Bien décidée à ne pas se laisser dicter sa fin de vie, elle se retrouve pourtant dans une auberge de campagne où elle n’avait aucune envie de poser ses valises, suite aux manipulations de sa belle-fille.
Mais ce lieu, peuplé de personnages hauts en couleur, va peu à peu bouleverser ses certitudes. Entre Yvon le patron bourru, Nour la cuisinière au tempérament bien affirmé, Juliette et les autres pensionnaires, chacun porte des blessures, des secrets, mais aussi des espoirs. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir leurs histoires à tous, à voir les liens se tisser entre eux et les cœurs s’ouvrir.

Anne-Gaëlle Huon signe un roman profondément humain, où l’humour côtoie l’émotion avec une grande justesse. J’ai souvent souri devant les répliques savoureuses de Paulette, mais j’ai aussi été touché par la tendresse qui se dégage dans certaines pages. Plus l’histoire avançait, plus les masques tombaient, révélant des blessures anciennes et des motivations bouleversantes. Le dernier tiers du roman est particulièrement émouvant…

J’ai particulièrement aimé la manière dont l’autrice aborde la vieillesse, non comme une fin, mais comme une période encore pleine de possibles. Elle nous parle du vivre-ensemble, de l’amitié, de la solidarité et de ces rencontres inattendues capables de changer une existence.
L’écriture est fluide, chaleureuse et lumineuse. Les personnages semblent réels, si proches que j’ai eu l’impression de partager leur quotidien. Au fil des pages, je me suis laissé porter par cette histoire remplie de douceur, de souvenirs, de musique, d’amour et de petits bonheurs simples. la vie…

Le Bonheur n’a pas de rides est un roman qui fait du bien. Un récit tendre et sincère qui rappelle que le cœur, lui, ne vieillit jamais. Une lecture réconfortante que j’ai refermée avec le sourire et une belle émotion.

Merci Anne-Gaëlle pour toutes ces émotions ressenties !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Sylviane détestait être en retard les jours de marché. Après il faisait chaud et c’était impossible de se garer. Elle jeta un œil à l’horloge sur le tableau de bord et accéléra dans la descente. Dans le poste, un animateur enthousiaste annonçait le programme des festivités du 14 Juillet. Sylviane éteignit la radio. La cohue, les pétards et les odeurs de merguez lui donnaient déjà la migraine. Devant elle, une vieille Polo semblait profiter du paysage.
— Mais avance, bon Dieu ! s’égosilla Sylviane.
Elle passa la seconde brusquement et déboîta sur la file de gauche pour doubler. Arrivée au niveau du conducteur – un vieux monsieur aux verres épais, le nez collé sur le volant – elle klaxonna.
— C’est pas un sentier de randonnée ! cracha-t-elle à travers la fenêtre. »

« Elle s’apprêtait à ouvrir la portière quand Nour lui mit la main sur le bras.
Pas de ce petit jeu avec moi, madame Paulette. Avec votre fils et votre bru si ça vous amuse, mais pas avec moi. Nous savons très bien toutes les deux que vous avez toute votre tête. Donc évitez s’il vous plaît de vous payer la mienne.
Paulette resta interdite.
Et tant qu’on y est, arrêtez aussi vos enfantillages avec monsieur Yvon. Il a été suffisamment clair avec votre fils. Dans quelques jours vous serez partie. Restons-en là. En attendant, si j’étais vous, je profiterais du paysage.
Paulette lui jeta un regard noir et claqua la porte. »

« Léon repoussa le dos de saumon d’un coup de patte.
Assis comme à son habitude sur le bord de la fenêtre, il se dorait le museau dans un rayon de soleil.
Il se lécha les pattes avec application, réservant ses papilles pour quelque mets plus à son goût. Nour, les poings sur les hanches et le torchon sur l’épaule, soupira. »

Née en 1984 à Toulon, Anne-Gaëlle Huon fait des études de lettres en région parisienne. En 2014, son départ en famille à New-York lui donne l’occasion de se tourner vers l’écriture. Elle écrit Le Bonheur n’a pas de rides qui met en scène Paulette, une vieille dame au caractère bien trempé. Le succès est immédiat. Le roman rejoint la collection du Livre de Poche en 2018 au plus grand plaisir des lecteurs.​

En 2019, elle publie Même les méchants rêvent d’amour, aux éditions Albin Michel, un roman inspiré de l’histoire de sa grand-mère. En 2020, Les Demoiselles rend un hommage pétillant au Pays basque et aux couseuses d’espadrilles qui ont marqué l’Histoire. Ce roman reçoit le Prix des Lecteurs U, le Prix des lecteurs Culture Presse et le Grand Prix de l’Innerwheel.

En 2021, elle publie Ce que les étoiles doivent à la nuit, un spin off de son roman Les Demoiselles, une ode à l’espoir et à la résilience. L’intrigue, qui se déroule au Pays basque, nous invite à un voyage gastronomique dans l’univers des tables étoilées.

Plébiscités par plus d’un million de lecteurs, ses romans sont traduits dans de nombreux pays.

Amour, Émotion, Bouffée d'oxygène, Philosophique

Theo

de Allen Levi
Broché – 6 mai 2026
Éditeur : JC Lattès

Un matin de printemps, un étranger arrive dans la petite ville américaine de Golden. Personne ne sait d’où il vient. Ni pourquoi. Il s’appelle Theo. Et pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Il se rend au café du coin, où quatre-vingt-douze portraits sont accrochés aux murs – des dessins au crayon des habitants de Golden réalisés par un artiste local. Il les achète, un par un, afin de les remettre entre les mains de leurs « véritables propriétaires ». À chaque rencontre, une histoire est racontée, une amitié naît et une vie est transformée.

Ode au don et à la bienveillance, au regard porté sur l’autre, Theo est un roman sur le pouvoir de la générosité, l’importance de l’émerveillement pour mener une vie pleine de sens. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Aslanides

“Son récit rappelle ceux de Paulo Coelho,
il nous apprend à regarder avec respect les multiples bifurcations de la vie.”
The Washington Post

“Theo est un véritable miracle de bouche-à-oreille.”
The New York Times

“Poignant.”
Publishers Weekly

Theo de Allen Levi est arrivé dans ma vie au bon moment. À une période où je me posais beaucoup de questions, ce roman m’a offert une parenthèse de douceur, d’humanité et de lumière. Une lecture profondément bienveillante qui m’a touché bien plus que je ne l’aurais imaginé.

Theo est un homme mystérieux qui vient s’installer dans la petite ville de Golden, en Géorgie. Solitaire en apparence, il va pourtant, jour après jour, aller à la rencontre des habitants. Chaque rencontre est une histoire. Il écoute, il observe, il aide, souvent avec une discrétion bouleversante. Dans un monde où chacun semble vivre pour soi-même, Theo choisit simplement d’être présent pour les autres.

Très vite, j’ai senti que sa venue dans cette ville n’avait rien d’un hasard. Quelque chose flottait entre les lignes, une émotion sourde, un secret silencieux que je n’arrivais pas à saisir. Et il m’a fallu attendre les dernières pages pour comprendre… et être profondément bouleversé.

Rarement un roman m’aura autant ému par sa délicatesse. J’avais l’impression de voir les lieux, d’entendre les voix, de ressentir chaque émotion avec une intensité presque intime. À plusieurs reprises, j’ai ralenti ma lecture pour savourer pleinement la beauté de certains passages. Ici, tout semble écrit avec le cœur. Allen Levi possède une sensibilité remarquable. Chaque chapitre avance doucement, presque comme une mélodie ou une peinture qui se construit touche après touche. La tristesse et la beauté s’entrelacent constamment, mais sans jamais écraser le lecteur. Au contraire, ce roman fait du bien. Il rappelle l’importance des gestes simples, de la gentillesse, de l’écoute et de l’amour.
J’ai également été très touché par les passages évoquant le Portugal, ses traditions et ses souvenirs, qui ont réveillé chez moi quelque chose de profondément personnel et nostalgique.

Au final, Theo est une lecture lumineuse, portée par une écriture élégante et des personnages profondément humains. Un roman qui parle d’art, de musique, de transmission et surtout de cette bonté devenue trop rare dans notre quotidien.
Je découvre un auteur d’une immense délicatesse, capable de transformer les émotions ordinaires en quelque chose d’universel.

Je remercie les Éditions JC Lattès, et Babelio pour l’envoi de ce sublime roman, il est magnifique et je peux même dire, que s’est un immense coup de cœur. Sans doute le roman qui m’aura le plus touché cette année.

À lire absolument.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le premier jour de son année à Golden, Theo se réveilla tôt, ouvrit les rideaux de sa chambre d’hôtel et contempla l’aube, au sud. La veille, dans l’après-midi, il était arrivé de chez lui, à New York, où l’hiver, avec un mélange tardif de neige et de glace, battait encore son plein. Le vol pour Atlanta (en jet privé) et le trajet en voiture vers le sud jusqu’à Golden (dans une Lincoln Town avec chauffeur) l’avaient transporté dans un monde de chaleur, resplendissant d’une myriade de nuances de vert, de jaune, de lavande et de rose. »

« Quand j’étais petite, mes parents se sont séparés. J’étais trop jeune pour comprendre, mais on m’a dit que leur séparation avait été assez moche. Je descends d’une longue lignée de sang bleu. Vous connaissez ce terme ? Cela veut dire que nous sommes ici depuis longtemps, une famille respectée, des notables. Quand le conflit entre mes parents a pris fin, ma mère est partie s’installer en Europe et je ne l’ai presque jamais revue. »

« La vie des compositeurs, les contextes historiques dans lesquels ils écrivaient, la structure de leurs compositions, les instruments et les chefs d’orchestre qui faisaient vivre ces sons – Theo voulait tout connaître.
Pour lui, un concert n’était que la dernière étape d’un long processus qui incluait la graine et la forêt, le bûcheron et l’artisan, le musicien et le spectateur, l’esprit et le corps, le cœur et l’âme, le paradis et l’enfer. La musique était un microcosme. C’était l’art du portrait sonore. »

« Vivre avec la tristesse, l’accepter, c’est plus facile que d’essayer de faire comme si elle n’était pas là. C’est un autre des grands mystères de la vie : la tristesse et la joie peuvent coexister, elles sont incroyablement compatibles. Et je me demande d’ailleurs si, de ce côté du paradis, l’une peut exister pleinement sans l’autre. »

« Autrefois, certains des moments les plus heureux de Theo étaient ceux où il racontait des histoires à cette petite fille-là. Aujourd’hui, certains de ses moments les plus heureux sont ceux où il partage des histoires avec cette petite fille-ci. Lire avec l’une ou l’autre, c’était comme boire dans un calice d’or. »

Allen Levi a grandi en Géorgie aux Etats-Unis. Il a exercé longtemps en tant qu’avocat.
À 70 ans, il décide de voir s’il est capable d’écrire le roman qu’il aurait voulu lire. Theo est aujourd’hui un best-seller en cours de traduction dans plus de 26 pays.

Émotion, Bouffée d'oxygène, Drame, Philosophique

Trois lignes dans le journal

de Lyra Kiev
Poche – 11 juillet 2024
Éditeur : Éditions Baudelaire

Mariée, mère et grand-mère, Élise se sent seule et incomprise. Le monde va trop vite, elle ne comprend pas pourquoi les autres sont happés par leur propre vie sans penser à elle. Elle a ce sentiment amer d’avoir tout donné, et de n’avoir rien reçu en retour. Mais ses attentes sont-elles légitimes ? Il lui faudra faire face à bien des déceptions pour comprendre que la félicité est dans l’acceptation de la vie, et que c’est à elle d’agir si elle veut changer les choses. Cet ouvrage est un roman contemporain qui pose la question du sens qu’on peut donner au temps qu’il nous reste à vivre.

Trois lignes dans le journal de Lyra Kiev est un roman qui m’a profondément remué. Une lecture étrange, parfois inconfortable, presque douloureuse, au point où j’ai envisagé plusieurs fois de l’abandonner… et pourtant, il a fini par me faire un bien immense.

Élise est une femme d’une soixantaine d’années autour de qui tout semble graviter, ses enfants, sa petite-fille, sa maison, ses vêtements, son apparence. Mais très vite, derrière cette façade bien ordonnée, j’ai découvert une femme dure, égocentrique, souvent blessante. Je l’ai trouvée insupportable. Elle réveillait en moi des souvenirs, des émotions, des situations que j’avais moi-même connues. Certaines pages m’ont mis en colère. J’ai fermé le livre plus d’une fois avant de le reprendre, presque à contrecœur, en espérant malgré tout qu’un basculement finirait par arriver.

Et il est arrivé.
Je crois même avoir béni cette fameuse page 100, celle où quelque chose se fissure enfin dans la vie d’Élise. À partir de cet instant, le récit prend une autre dimension. Ce qui semblait secondaire devient essentiel. Les silences prennent du poids, les regards changent, les êtres existent enfin. Élise découvre peu à peu qu’elle a une famille, des voisins, des amies… des gens qu’elle côtoyait sans jamais réellement les voir ni les entendre.

Lyra Kiev m’a plongé alors dans des fragments de vie d’une grande justesse, sur près de deux années durant lesquelles Élise va lentement se transformer. Et j’ai suivi cette évolution avec émotion, parfois même avec tendresse. À travers elle, l’autrice m’a poussé à réfléchir sur le temps qui passe, sur notre manière d’aimer, de parler aux autres, de les écouter, ou pas. Elle interroge avec délicatesse la place que chacun occupe dans sa famille, dans son couple, dans sa propre existence. Ce roman m’a amené à me recentrer sur moi-même, à questionner ce qui compte vraiment au quotidien. Derrière cette histoire de famille apparemment ordinaire se cachent des thèmes universels, la solitude, la vieillesse, la fin de vie, les blessures invisibles, mais aussi notre rapport au vivant.

Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la fluidité avec laquelle Lyra Kiev fait vivre tous ses personnages, tissant peu à peu un récit profondément humain.
Il m’aura fallu 99 pages pour comprendre où l’autrice voulait m’emmener. 99 pages pour réaliser qu’Élise n’était peut-être pas seulement un personnage, mais aussi un reflet de certaines parts de nous-mêmes. Ces parts fatiguées, enfermées, qui ne demandent qu’à se réconcilier avec la vie.

Ce roman a agi sur moi comme un électrochoc doux et nécessaire. Une lecture troublante, philosophique, profondément humaine, arrivée exactement au bon moment.
Merci, Lyra, pour cette histoire qui m’a autant bousculé que réparé.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Le chat de la voisine la rappela à la réalité en filant entre ses jambes; il manqua de la faire tomber: il ne voulait pas rester enfermé. Elle poussa un cri de surprise et resta hébétée deux secondes. Puis elle referma la porte d’entrée (après avoir vérifié deux fois que le gaz était coupé et la porte-fenêtre verrouillée), mit soigneusement le trousseau de clés dans la poche intérieure de son sac à main et leva le nez au ciel: non, il ne pleuvait pas. Elle hésita un instant puis se ravisa et pendit le parapluie fermé à son bras en pensant “Dieu fasse que je n’aie pas besoin de toi”.
— Élise, tu viens ou quoi! s’impatienta François. Ça fait un quart d’heure que je t’attends ! »

« — Téléphone ! hurla François sans bouger de devant la télévision.
— Je prends ! répondit Élise en se précipitant, et manquant de tomber, trébuchant sur une de ses pantoufles marron.
François haussa les épaules; il ne décrochait jamais, de toute façon. Il se contentait de crier “téléphone” à chaque fois qu’il sonnait, mais assez fort pour couvrir la sonnerie, au volume maximum. Élise avait si peur de rater un appel… »

« Les chats ont des attirances naturelles pour les gens déprimés, répondit Caroline d’une voix blanche. Je l’ai lu dans une revue chez le docteur. Celui-ci est venu spontanément vers moi, alors que je ne peux généralement jamais l’approcher… soupira-t-elle. »

« — Cet argent qui est à moi n’est pas qu’à moi. Je fais partie de l’humanité, il appartient à l’humanité aussi. L’argent amassé qui pourrit dans les banques n’aide que les riches à s’enrichir. Mes enfants sont à l’abri du besoin, je peux, donc je dois aider d’autres enfants, même s’ils ne sont pas les miens. Il faut sortir de cette notion de famille, de clan, de caste. Nous sommes tous frères. Cet enfant est aussi important que l’un des miens. »

« Pourquoi ?
Pourquoi les gens ne se réveillaient pas comme elle, pourquoi tout le monde n’allait pas chercher un enfant, rien qu’un ? Un chacun.
Pourquoi vivaient-ils comme des automates, pare-chocs contre pare-chocs le soir en sortant du travail, le samedi pour faire les courses, l’été pour partir en vacances, dans leur cercueil de fer ?
Pourquoi ne voyaient-ils pas plus loin que le bout de leur capot, que la clôture de leur jardin, que la limite de leur cercle familial ? »

Originaire du sud-ouest de la France, Lyra Kiev est passionnée de poésie, de mythes, de contes et de littérature classique. Elle écrit depuis ses douze ans, des poèmes, des nouvelles et des romans empreints d’héroïsme, de lyrisme et d’espoir. Elle s’est distinguée en remportant en 2021 le 2e prix d’un concours de nouvelles, avec sa réécriture du mythe d’Apollon et Daphné, et aspire à emmener ses lecteurs dans le monde merveilleux qu’on peut trouver à travers les choses simples du quotidien.

Bouffée d'oxygène, Humour, Polar, Psychologie, Suspense

Spritz, cadavres et chocolats

de Juliette Sachs
Poche – 21 mai 2026
Éditeur : Taurnada éditions

Un cocktail d’humour et de suspense, addictif et explosif.

Entre son incapacité chronique à garder un emploi plus de six mois et ses relations amoureuses catastrophiques, Emma, 30 ans, semble plus proche de l’adolescente rebelle que de l’adulte responsable.
Désespérée, sa mère multiplie les ruses pour lui présenter de potentiels soupirants. Tout dérape le jour où deux d’entre eux sont retrouvés morts dans de mystérieuses circonstances. Pour la police de ce petit coin de Normandie, le doute n’est pas permis, Emma est la suspecte numéro un.
Déterminée à prouver son innocence, la jeune femme se transforme en détective amateur. Mais avec un inspecteur Verdin aussi inflexible que psychorigide et une famille omniprésente, l’affaire s’annonce corsée… et sérieusement mouvementée.

Avec ce cosy mystery à la française, Juliette Sachs signe la première enquête d’Emma Cordier, une héroïne drôle et délicieusement imparfaite.

Lorsque les éditions Taurnada m’ont proposé Spritz, cadavres et chocolats de Juliette Sachs, un détail a immédiatement éveillé ma curiosité, ce fameux terme de “cosy mystery”. Je dois bien l’avouer, avant même d’ouvrir le livre, j’avais déjà un premier mystère à résoudre !

Dès les premières pages, je suis tombé sous le charme de la plume de Juliette Sachs. Drôle, lumineuse, vive, mais aussi pleine de sensibilité. Très vite, je me suis laissé embarquer dans cette histoire fraîche et pétillante portée par Emma, héroïne aussi attachante qu’exubérante. Le choix du récit à la première personne fonctionne parfaitement. J’ai eu l’impression d’entrer immédiatement dans la tête d’Emma, de partager ses pensées, ses maladresses, ses angoisses et surtout son humour. Impossible de ne pas sourire devant ses réactions souvent excessives, mais tellement humaines.
Emma est une trentenaire qui cherche encore sa place dans la vie. Elle enchaîne les petits boulots, refuse de rentrer dans les cases, et voit avec lassitude sa mère organiser pour elle des rendez-vous amoureux plus catastrophiques les uns que les autres.

Sa mère, justement… quel personnage !
Envahissante, autoritaire, persuadée que sa fille finira vieille fille si elle ne lui trouve pas rapidement un mari “convenable”. Entre elles, les étincelles sont constantes, et j’avoue avoir pris énormément de plaisir à assister à leurs échanges savoureux.

Mais lorsque deux hommes présentés par sa mère quelques jours plus tôt sont retrouvés morts, tout bascule brutalement. Emma devient rapidement la suspecte idéale.
Pour éviter la catastrophe, elle décide alors de mener sa propre enquête, souvent de manière totalement improvisée. Et bien sûr, les situations absurdes, les quiproquos et les catastrophes s’enchaînent avec un naturel désarmant.

Heureusement, l’inspecteur Verdin entre dans la danse. Sérieux, méthodique, parfois franchement agaçant, il apporte un contrepoint parfait à l’énergie débordante d’Emma. Leur duo fonctionne à merveille et donne au récit un rythme particulièrement dynamique.

J’ai adoré cette ambiance cosy où l’humour côtoie le mystère sans jamais tomber dans la caricature. L’intrigue reste légère mais suffisamment bien construite pour maintenir le suspense jusqu’au bout et quel suspense !

Les dialogues sont savoureux, les personnages hauts en couleur, et l’ensemble dégage une énergie communicative.
Spritz, cadavres et chocolats est exactement le genre de lecture qui fait du bien. Drôle, entraînante, pleine de charme et terriblement addictive.

Un vrai moment de plaisir que je n’ai pas vu passer, une belle découverte…
Un grand merci à Joël Maïssa de Taurnada éditions !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Qu’ai-je bien pu faire de mal dans une vie antérieure pour naître dans une famille aussi cinglée ? J’égorgeais des chatons les soirs de pleine lune ? Ou alors j’ai buté une licorne. Il y a forcément une explication. »

« En désespoir de cause, je me relève et arpente ma prison de long en large. Si le dictionnaire a besoin d’une illustration pour l’expression « tourner comme un lion en cage », on peut afficher ma photo. »

« – Je peux vous demander de m’expliquer ce que vous faites sur cette fenêtre ?
– Je rentre chez moi.
– Par la fenêtre ?
– Eh bien, oui, par la fenêtre. Depuis quand les portes sont-elles devenues le seul mode d’entrée autorisée ?
La tête du gars me chiffonne et il me fixe comme si je venais de lui expliquer que la terre était plate. »

« Décidément, ce type me plait. Je crois qu’il pourrait bien être mon prochain ex. »

Juliette Sachs habite en région parisienne, mais demeure très attachée à la Bretagne dont sa famille maternelle est originaire. Après des études de droit à Assas, elle exerce le métier de juriste dans une grande entreprise. Elle a également travaillé quelques années dans le domaine de l’innovation.

Depuis toute petite, elle dévore tous les livres qui lui passent sous la main, avec une préférence pour les romans à suspense et les comédies. C’est donc tout naturellement qu’elle a décidé en 2017 de se lancer dans l’écriture de son premier roman On n’attire pas les hirondelles avec du vinaigre (2019), une comédie romantique, mêlant l’humour et le suspense. Elle récidive ensuite avec plusieurs autres romans édités entre autre chez Harper Collins et City éditions. En 2023, elle publie aux éditions Eyrolles Petits mystères en campagne, un roman mêlant le genre feel-good et le cosy mystery.

Outre les livres, elle est également passionnée par les nouvelles technologies et la photographie.

Juliette Sachs partage son temps entre la région parisienne et la Normandie.

Page Facebook :
http://www.facebook.com/JulietteSachs.auteure