Noir, Polar, Thriller

Moorland

La triade irlandaise**
de Gérard Coquet
Broché – 25 avril 2024
Éditeur : M+

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1981, Albanie.
Connais-tu ce pays qui s’effondre ? Celui de l’aigle à deux têtes. Celui d’un monde cerné de murs dressés par l’arrogance des hommes. Celui des pierres lustrées du sang des révoltés.
Le Kanun, indifférent, regarde le rapace s’éteindre, persuadé que la folie ne meurt jamais.
Personne ne sait comment arracher le coeur du mal.

2015, Irlande.
Connais-tu ce pays de tourbe et de cailloux ? Des morceaux d’âme si lourds que tes bras ne pourront jamais les porter. C’est ici, sur cette terre brûlée de Moorland, que l’aigle fou est revenu se poser, assoiffé de vengeance.
Ciara McMurphy ne le connaissait pas, pourtant elle dansera avec lui la valse des morts.

 

• Couv_2024-072_Coquet Gérard - La triade Irlandaise** - Moorland

 

Dans ce second volet, qui fait suite à Aughrus point mais qui peut se lire indépendamment, Gérard Coquet commence son récit dans un pays que je connais finalement assez peu, l’Albanie.
Nous sommes en 1981.
Susan, journaliste irlandaise accompagnée de son fils Bobby, doivent fuir le pays à tout prix, elle représente un danger pour le dictateur et président, Envers Hoxha, qu’elle souhaitait approcher.
Bessia Bajrami chargé de la surveiller, par amour, va tout faire pour l’aider à quitter l’Albanie, pays où les clans se livrent à des guerres, à des massacres qui n’arrêtent jamais au nom du Kanun.

Puis l’auteur nous entraîne en 2015, de nouveau en Irlande, si chère à son cœur, où nous retrouverons Ciara McMurphy et son second, Bryan Doyle, mandatés par le MI6 et Interpol, afin de retrouver Bobby le Fou, un indépendantiste ayant de nombreux morts à son actif, arrivé dans son Irlande natale après 15 années en prison en Albanie. Ils devront déjouer de nombreux pièges et affronter des monstres créés par les différents conflits de clans irlandais et albanais, afin de remplir leur mission !
Mais je ne vous en dis pas plus… Juste encore un peu… Vous allez en prendre plein les yeux !!!

Une intrigue prenante, des personnages engagés, une plume particulièrement érudite et soignée.
Venez découvrir ce thriller violent et immersif, au suspense omniprésent, porté par un véritable conteur qui nous propose un final que je n’ai pas vu venir !

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Extraits :

« Depuis plusieurs semaines, foutre le camp est devenu une obsession, mais avec son gamin qui l’attend dans l’appartement étriqué de la rue du stade Qemal Stafa, c’est impossible. Quelle connerie d’avoir emmené son fils avec elle ! Dans ce pays de psychopathes qu’elle idolâtrait encore, il y a moins d’un an, Bobby est pire qu’un boulet à traîner. Le dernier maillon d’une chaîne invisible qu’un marionnettiste militarisé tire de temps en temps pour lui rappeler d’où viennent les consignes. Ici, au pays de l’aigle à deux têtes, on respecte les ordres. On obéit et on la ferme. Le peuple ne lève les yeux que pour regarder vers le Ciel du dieu Enver Hoxha.
À forte dose, c’est irrespirable. »

« L’homme qui la fixe n’a pas d’âme, un sourire condescendant et le regard plus incisif qu’un scalpel. Le découpage commence par le haut, à la racine des cheveux, glisse sur ses yeux, ses pommettes, le bas de son visage, son cou. Le froid s’éternise sur ses seins, soupèse les fantasmes qu’inspire sa poitrine, avant de descendre vers son ventre et de s’attarder sur ses hanches. »

« Assise dans la cuisine, Susan n’a pas voulu ôter la chaînette qu’elle porte autour de la cheville. Que Çarçani aille se faire foutre! Ce morceau de métal doré est le seul souvenir qui lui reste de son Irlande natale.
Un point d’ancrage. »

« Le récit de Bobby le Fou débute à son arrivée en Albanie. Toutes ses descriptions, celles des lieux, des événements ou des individus, ne sont pour lui que des mauvais souvenirs. De cette époque, il ne conserve surtout qu’une image viciée de sa mère. »

 

Gérard Coquet est né le jour anniversaire de la mort de Louis XVI… le 21 janvier 1956. Mais il jure encore qu’il n’y est pour rien. Issu d’une longue lignée de blanchisseurs, il passe son enfance avec sa jumelle à se cacher au milieu des draps séchés au vent. Puis dans un ordre aléatoire se succèdent le collège des Lazaristes, un diplôme d’expert-comptable, la guitare basse et la création de ses premières chansons. D’ailleurs, tout vient sans doute de là, l’écriture…
Après la reprise de l’entreprise familiale, il devient juge consulaire avant de créer récemment un cabinet d’archi. Ce qui ne l’a jamais empêché d’adorer la charcuterie, le gamey, le tablier de sapeur et la cervelle de canut ! Sauf bien sûr quand il se ressource en Irlande avec la pêche à la mouche et la Guinness.
Il est aussi le vrai nom du deuxième « clavier » de Page Comann avec Ian Manook. Souviens-toi de Sarah et OUTAOUAIS ont été signé sous ce pseudo.

Son pays de prédilection est l’Irlande où il a séjourné à de nombreuses reprises et dont il s’est imprégné de la culture.

Aughrus Point- La triade irlandaise*
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/08/aughrus-point/

Noir, Polar

ILS DOIVENT TOUS MOURIR

de Serge Bertrand
Broché – 18 mars 2024
Éditions : Les Presses du Midi

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Durant une nuit de novembre 2014, à Marseille, cinq policiers sont tués à l’hôtel de police, plus connu sous le nom de « l’Évêché » par les Marseillais.
Ange Magnifico, un détenu, a été libéré par un commando de quatre hommes.
Pourquoi toutes ces victimes ?
Qui sont ces hommes qui ont pris autant de risques ?
Qui dirige cette organisation criminelle ?
Le commissaire Patrick Blanchard, chargé de l’enquête, accompagné de son adjoint, le brigadier-chef Mélusine Merle, devra répondre à toutes ces questions et arrêter les assassins.
Un polar aux multiples rebondissements, mené tambour battant, va entraîner le lecteur dans plusieurs quartiers de Marseille.

 

• Couv_2024-034_Bertrand Serge - Ils doivent tous mourir

 

“Ils doivent tous mourir”, un vrai “tourne Pages” ! Et ça commence dès les premières pages…
Beaucoup d’actions, des rebondissements, des cadavres, en veux-tu en voilà, une trame addictive et très originale… Le tout maîtrisé par des mains de maître.

J’ai découvert les écrits de Serge Bertrand à travers ses deux autobiographies “Destination Rock” et ”Dans le feu du tempo”. Serge m’avait déjà embarqué dans son monde. Puis j’ai appris qu’il avait écrit un polar qui très vite est arrivé dans ma boîte aux lettres.

Serge a trouvé pour son nouveau récit un rythme soutenu et très agréable, avec des chapitres très courts et un petit texte, tantôt poème, tantôt traduction d’une chanson, parfois une simple réflexion ou le développement d’une idée, dans tous les cas, ayant toujours un rapport avec le chapitre lu. Et là, j’y ai vu la volonté de Serge, son envie de marquer le coup. Personnellement, je valide !

Tous les personnages, les bons comme les mauvais sont charismatiques, et superbement bien décrits et ce ne sont pas toutes les explosions durant tout le récit qui me contrediront ! 😂

Je vais tacher de rester sérieux, Le livre le mérite.

Nous sommes à Marseille.
Patrick Blanchard, responsable de l’enquête et son adjointe, le brigadier-chef Mélusine Merle vont se retrouver confrontés à un véritable tourbillon de folie du jour au lendemain, depuis l’enlèvement d’Ange Magnifico, à l’hôtel de police. Meurtres en série, organisation parfaite, le tout en quelques minutes seulement. C’est une équipe de professionnel terriblement bien organisée. Pas d’empreintes, aucun élément valable pour les forces de police qui ont fort à faire avec des adversaires aussi redoutables. Plusieurs équipes vont s’associer malgré les risques qu’ils encourent et des méthodes parfois pas très orthodoxes.
Nombreux morts, enlèvements, tortures, impossible pour moi de repousser ma lecture à plus tard… Je l’ai lu d’une traite !

Je ne dirai rien de plus, trop peur d’en dire trop…
Enfin si, une dernière chose…
Vous voulez lire un très bon polar, passer un excellent moment de lecture, foncez vite chez votre libraire préféré. Je suis sûr qu’après l’avoir lu, vous ferez comme moi, vous le conseillerez partout, autour de vous !

Bravo Serge, une nouvelle fois, tu es arrivé à me surprendre, et pour moi, à entrer dans le monde du polar directement par la grande porte !

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Extraits :
« Lorsqu’il se tourne pour fermer la porte, il reçoit un coup de matraque derrière la tête et s’effondre sur le parquet. Aussitôt, les hommes du commando le ligotent, le bâillonnent et le mettent dans un grand étui en nylon noir avec des poignées. »

« Devant une telle organisation mafieuse, un tel guet-apens, les policiers en danger ont dû battre en retraite. Sur ce coup, les effectifs et les moyens n’étaient pas à la hauteur de la situation. Le trafic génère une économie souterraine vertigineuse qui fait vivre des milliers de personnes, aussi chacun à son niveau défend farouchement sa place dans le trafic. Tu vois, Patrick, les choses se passent comme ça dans les quartiers nord. Il faut faire semblant de combattre le trafic par rapport à l’opinion publique et sauver à tout prix les apparences. Mais c’est une guerre perdue d’avance, les policiers restent seuls au front, abandonnés par les juges. Un énorme fossé s’est creusé entre la police et la justice. Notre société vole en éclats, tout le monde s’en fout. Le pouvoir politique reste inactif et la justice laxiste. »

« Mais, le pire, c’est qu’il n’est pas mort de ses blessures au couteau. Il a subi un supplice abominable, ses bourreaux l’ont posé sur un pieu planté dans le sol. Enfoncé dans son anus. Sous l’effet de la gravité, tous ses organes ont été transpercés, le pal est ressorti par le cou. Hémorragie interne, agonie extrême, son visage horrifié l’atteste. »

« – Mélusine, tu mets le feu à mon corps.
Tu déshabilles mon âme
Une flamme est née à ton contact
Et ne cesse de croître
Tu donnes un sens à ma vie.
Avec toi, je n’ai plus peur de la nuit.
Avec toi, je me sens fort
Tu es l’oasis dans mon désert
Tu es la source qui me désaltère
Tu es la sortie de mon labyrinthe
Dans lequel je m’étais perdu
Tu m’as guéri de mes blessures.
Tu m’as libéré de mes angoisses
Il y a des certitudes qui s’imposent
Et aujourd’hui pour toutes ces raisons
Je te dis :
Je t’aime. »

 

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires, Serge Bertrand trouve de la motivation pour écrire son premier livre. Destination Rock propose un voyage à Marseille sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/07/destination-rock/

Puis il donne suite aux aventures de Paul avec Dans le feu du Tempo – Un itinéraire d’Amour. Il embarque le lecteur dans un voyage palpitant, empli de rebondissements dans le milieu du rock marseillais. Pour lui, le rock est une façon de vivre et de penser.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/08/dans-le-feu-du-tempo/

Émotion, Drame, Folie, Noir

De neige et de vent

de Sébastien Vidal
Broché – 22 mars 2024
Éditeur : Le mot et le reste

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À la frontière des Alpes italiennes et françaises, le village de Tordinona est l’isolement incarné. Voyant la tempête qui se prépare là-haut, la patrouille de gendarmerie composée de Marcus et Nadia s’apprête à redescendre dans la vallée quand le garde champêtre du village découvre le corps de la fille du maire. Dès le lendemain, alors que le seul pont reliant le village au reste du monde a été détruit par une avalanche, le maire et une partie des villageois s’en prennent à un voyageur de passage qu’ils soupçonnent d’être l’assassin. Attachés à leur devoir, Nadia et Marcus s’opposent à leur haine et à leur désir de se faire justice ; dès lors ils s’apprêtent à lutter contre eux. Dans ce huis clos enserré par la violence des éléments, la tension ne cesse de monter, et avec elle, une question qui traverse les âges : que reste-t-il de notre humanité quand il n’y a (presque) plus personne pour faire respecter la loi ?

 

• Couv_2024-023_Vidal Sébastien - De neige et de vent

 

Avec De neige et de vent, je découvre Sébastien Vidal
Quelle belle surprise !

Une histoire de montagnes, de neige et de nature, mais pas seulement…
Un roman policier qui n’en est pas vraiment un…
Un superbe huis clos où le suspense m’a porté jusqu’à la fin du roman.
Où se situent le bien et le mal ?
Beaucoup de psychologie, de nombreuses blessures morales, de fautes à se faire pardonnées et de secrets bien cachés…

Avec une écriture riche et un style très fluide, l’auteur réussit une immersion totale dans un village isolé en pleine tempête de neige. Le souffle du vent m’a suivi durant toute ma lecture et j’imaginais très facilement les habitants livrés à eux-mêmes, sans électricité dans l’incapacité de partir et quitter cette situation oppressante, plus d’accès pour se sauver, impossibilité de contacter l’extérieur.
Lorsqu’il n’y a plus de règles et que le pouvoir est laissé aux “plus forts”, il n’arrive jamais rien de bon. Nadia et Marcus vont se trouver face à de très fortes personnalités qui ont décidé de punir avant de juger, d’imposer avant de laisser s’exprimer, utilisant la bêtise humaine portée par la haine et la peur dès que des groupes se forment. Comment vont-ils à deux seulement pouvoir s’opposer à ce soulèvement soudain ?

Je vais vous laisser découvrir la plume et l’intrigue de ce récit sombre et si plein de poésie, de violence injustifiée dans un village enveloppé d’un décor hivernal des plus pesants. La nature ainsi que les personnages du roman subissent des interactions ambiguës et déchaînées.

Un roman à lire au coin d’un bon feu de cheminée, mais je vous conseillerai quand même de regarder par la fenêtre de temps en temps… On ne sait jamais !

Bravo et merci Sébastien, je suis allé de surprises en surprises… toujours avec beaucoup d’émotions…

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Extraits :

« Le marcheur progresse d’un pas égal, il est concentré sur son rythme et focalisé sur le croustillant que produisent ses semelles dans l’épais tapis blanc. Un bruit délicieux à ses oreilles rougies. Ce craquement merveilleux, à la fois dense et presque mécanique, est à mi-chemin entre la biscotte broyée par des mâchoires et le feulement du cuir d’un fauteuil qui accueille un corps. Ce gémissement est un ravissement qui enchante son ouïe, un son particulier, dépourvu d’écho, un des seuls à ne jamais courir l’espace, débordant à peine des chaussures, puis s’éteignant dans le néant. »

« – Votre fille…
Deux mots, deux simples mots qui suffisent à faire vaciller le colosse. Sa tête tourne, une boule grossit dans ses tripes. Il se force à rester le plus calme possible, il a besoin de savoir pour ne pas devenir fou.
– Oui, Orazio, ma fille, quoi ?
– Elle… enfin, je… (l’homme reprend son souffle comme s’il remontait d’une interminable apnée), je l’ai trouvée sur le chemin qui mène au panorama sur la vallée… celui avant le tunnel, elle était juste entre le bosquet et le monolithe… elle… oh misère de misère, Monsieur Gay, j’ai trouvé votre fille morte, elle est morte, j’ai trouvé… elle est morte… misère… »

« Basile inspire une grande goulée d’air si froid qu’il peut suivre son trajet jusque dans ses alvéoles pulmonaires. Puis il éprouve le besoin intense de revoir sa fille chérie. Le voilà à genoux, encore, un mécréant dans la position du pénitent, dévasté par la souffrance. »

« Une fois le visiteur parti, ils retrouvent cette intimité qui flottait. Tous deux baissent la tête, se perdent dans les rainures du plancher, écoutent les pulsations du vent qui harcèle tout le vivant au-dehors. Marcus ressent une grande mélancolie, c’est une compagne qui vient souvent la nuit, aux heures creuses et lentes, quand les minutes comptent double. » 

 

Sébastien Vidal a partagé ses brèves études entre Cantal et Corrèze et vit à Saint Jal (Corrèze). Passionné d’histoire, il a entamé une saga romanesque en hommage à la Résistance avec un diptyque Les Fantômes rebelles puis Les clandestins de la liberté en 2011 et 2012.

Né en Corrèze, c’est un romancier qui sévit dans le polar. Il affectionne les ambiances dans lesquelles la nature prend toute sa place et installe ses histoires en milieu rural, territoire où il y a beaucoup de choses à dire et à montrer, tant du point de vue sociétal que social. Gros amateur de lecture, il avoue une préférence pour les auteurs d’Outre-Atlantique tels que Cormac Mc Carthy, Louise Erdrich, John Irving et Ron Rash, Stephen King ou encore Jim Harrison et Jack London. En France, ses goûts se portent sur Franck Bouysse, Antoine de Saint-Exupéry, Claude Michelet ou encore Laurent Gaudé, Sandrine Collette ou Hervé Le Corre.

Pour lui, un roman c’est d’abord des personnages et un style travaillés.

Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

L’Ombre du Prédateur

de Gérard Saryan
Broché – 14 mars 2024
Éditions : Taurnada Éditions

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Lorsqu’un adolescent est découvert crucifié sur une plateforme au milieu du lac de Lambecq, les villageois sont consternés. Qui a pu commettre un acte aussi odieux ?
La même nuit, la soeur de la victime disparaît. A-t-elle été enlevée par l’assassin de son frère ?
La capitaine de police Agnès Demare est envoyée sur place afin de prêter main-forte aux gendarmes. Ses faits et gestes sont relayés sur les réseaux sociaux par Jade, une célèbre influenceuse lilloise.
Pour ces deux femmes que tout oppose, une enquête tentaculaire commence.
La soif de vérité emporte Agnès et Jade dans un tourbillon où la proie n’est pas toujours celle que l’on croit. Méfiez-vous, la toile diabolique de Gérard Saryan va encore vous prendre au piège !

 

• Couv_2024-019_Saryan Gérard - L'Ombre du Prédateur

 

Avant toutes choses, je tenais vraiment à remercier Joël, des éditions Taurnada pour sa confiance régulièrement renouvelée !
L’Ombre du Prédateur, est la suite de Sur un arbre perché.
Il peut se lire seul, mais ne serait-ce que pour découvrir la très belle plume de Gérard, ce serait dommage de le manquer.
Afin de donner envie aux jeunes de s’engager, et mettre en avant la gendarmerie, la capitaine Agnès Demare est envoyée à Lambecq, dans l’Indre, avec une influenceuse, Jade, spécialiste des réseaux sociaux, suite à la découverte du corps d’un jeune homme de 19 ans crucifié sur une plateforme au milieu d’un lac, afin de coopérer avec les gendarmes.
Le jeune homme, venait de disparaître, ainsi que sa jeune sœur Betty, toujours portée disparue. Les gendarmes pensent qu’elle s’est sauvée après le massacre de son frère.
Mais une seconde intrigue vient interférer l’enquête en cours. Un tueur en série, “La Demoiselle”, arrêté par Agnès et un de ses collègues quelques années plus tôt a perdu la mémoire suite à une tentative de suicide où il restera plusieurs années dans le coma.
Commence alors une enquête mystérieuse, où les deux intrigues vont se croiser !
Gérard, comme dans son premier opus, nous propose un récit très réaliste, avec une écriture directe et incisive. Il nous entraîne entre passé et présent, par le biais de chapitres courts et attractifs. C’est sombre, dérangeant parfois, mais le rythme est tellement soutenu, que j’étais happé par ses mots !
Durant toute ma lecture, j’ai essayé de trouver la chute, mais en vain. Chaque chapitre amenait de nouveaux éléments qui bousculaient mes idées premières.
Et puis, arrive une autre petite fille enlevée, depuis plusieurs et jamais retrouvée ! Maeva Laffont. Nouvelles recherches, nouvelles preuves et tout est à reprendre depuis le début…
Avec ses deux romans Gérard, entre pour moi de plein pied, dans le monde du polar, mais pas que…
Il maîtrise parfaitement les ambiances sombres et menaçantes.
Avec un final “éblouissant”, et malgré tout d’une grande simplicité, je vous recommande vivement ce livre alternant entre tension, tristesse, angoisse et… soulagement ?
Faites-vous votre propre opinion, afin de comprendre pourquoi toutes ces disparitions et ces meurtres qui s’enchaînent !
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Extraits :
« Jugeant qu’elle était assez éloignée, elle se mit à courir dans l’obscurité de cette forêt. Maëva Laffont, 6 ans, fuyait aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes. Par deux fois, elle faillit tomber, mais récupéra in extremis son équilibre en s’appuyant contre des branches à sa portée. Au loin, elle entendit le loup se lancer à l’assaut de sa proie. Avec rage.
Soudain, d’autres bruissements.
Maëva les devinait. Chacune de ses foulées était étouffée par une autre, plus énergique, plus prononcée, et plus rapide aussi. Paniquée, affolée, elle sentit des larmes couler le long de ses joues. La collision était imminente et la terreur se jouait d’elle. »
« “C’est pas possible ! C’est pas possible !”
C’est pas possible !
La phrase tournait en boucle dans son esprit. Yann Vairelles était en passe de perdre pied. Sa détresse absolue ressemblait à celle d’un homme face à l’inimaginable. Il plongea dans l’eau glacée, ignorant le choc thermique et les quelques mètres encore à parcourir, accompagnant chaque mouvement de bras d’un cri strident.
Transi de froid, il posa enfin une main sur le plan-cher. Une forte odeur métallique lui donna envie de vomir. Des dizaines d’oiseaux affamés étaient agglutinés sur… un cadavre. »
« Face à elle, la beauté à ciel ouvert. Recouvert de cette brume du matin qui s’étalait tel un manteau neigeux, le paysage s’ouvrait devant ses yeux et ressemblait à une calanque. Elle retira son téléphone portable de son brassard afin d’immortaliser l’instant. La qualification “d’écrin de verdure” que l’on attribuait à Lambecq prenait ici tout son sens. Ensoleillé, nul doute que le lieu devenait l’un de ces merveilleux endroits que seule la nature pouvait offrir. »
Féru de musique, coureur invétéré, Gérard Saryan puise ses sources d’inspiration dans ses nombreux voyages et dans une enfance solitaire et introspective. Observateur averti, il est passé maitre dans l’art du thriller psychologique où l’imagination laisse place à nos pires angoisses.
Son précédent roman Sur un arbre perché a reçu en 2023 le Prix des lecteurs “Gouttes de Sang d’Encre”, et le Prix Noires Sœurs.
Sur un arbre perché
Adolescence, Émotion, Drame, Noir, Suspense

VICES

Épisode 02 : Zabulu
de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

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« Un hurlement explose dans sa poitrine quand la lumière jaillit et qu’elle se voit, les mains plongées dans le ventre ouvert de sa mère. Derrière elle, un filet de voix l’appelle. Affalé dans l’ombre, une machette en travers de la gorge, son père tend le bras »

Les 608. Une cité abandonnée, dernier refuge des laissés-pour-compte. Un jeune délinquant disparaît dans des conditions mystérieuses et une vieille dame y est brûlée vive. Bien que les deux affaires ne semblent pas liées, les mêmes ombres cernent les personnes impliquées.Grâce à la dernière enquête qu’elle a brillamment résolue, l’avenir de Marie à la BJV semble bien engagé. Sa confiance est renforcée par les sentiments toujours plus forts qui l’unissent à Zolan. Seule ombre au tableau : Sophie, sa rancunière collègue, qui ne se conforme pas à cette idylle. Si les destins tragiques des réfugiés la déstabilisent, ce sont les animosités qui bourgeonnent dans la brigade qui l’inquiètent. Zolan est lui aussi tiraillé par les fantômes issus de son adolescence tumultueuse. Chacun à leur manière, ils s’escriment à les contrer. Mais le destin ne frappe pas toujours là où on l’attend…

VICES est une série littéraire de 8 “épisodes” dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

 

• Couv_2024-012_Paladini Gipsy - Vices_02

 

Seconde enquête pour Marie Lafontaine à la BJV.
Chaque tome peut se lire indépendamment, mais c’est tellement fort, que je vous conseille de faire comme moi et d’apprécier chaque opus qui révèle l’évolution des personnages.

Comment Gipsy, parvient-elle à être aussi dure et douce à la fois ? D’avoir une plume violente dotée d’une sensibilité époustouflante !
Malheureusement, je n’ai pas pu enchaîner le premier volet “3 petits singes” avec celui-ci, à cause des SP que je reçois, mais je savais que je le glisserai dès que possible, j’avais hâte de retrouver les enquêtes de Marie et Zolan…

Le style de Gipsy bouscule, interpelle même, elle construit “son” polar en dehors des clous, à sa façon, avec un style tellement différent de ce à quoi je suis habitué. Profondément humaine, terriblement sensible, je pense que telle est l’auteure. Elle nous prend, nous enlace et nous emmène dans un univers sombre, fragile et fort à la fois… Et c’est en avançant dans le récit, en entrant dans les chapitres petit à petit, qu’une petite lumière au loin, une chaleur nous attend, dotée d’une galerie de personnages attachants, variée et très impressionnante…

Entre lumière et noirceur, Marie et Zolan se perdent-ils pour mieux se retrouver dans ces cités, où la misère du quotidien ne génère que la violence et le mal ?

Encore une fois, Gipsy m’a conquis par sa plume noire, acérée, piquante, mais tellement plus encore…
Si vous aviez aimé le premier volet, n’hésitez surtout pas !!!

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Extraits :
« – Je ne connais rien à la vie.
– Depuis quand est-ce un défaut ?
Avec sa bienveillance habituelle, l’instructeur s’était rapproché d’elle tandis que leur parvenaient les encouragements des apprentis policiers sur le terrain d’entraînement.
– Fais de ce désavantage un atout. Ton esprit est brut, dénué de préjugés, tu es plus apte à analyser les situations en toute impartialité. »

« Leurs cheveux sont filasse, leurs yeux cernés. Des croûtes en partie arrachées parsèment leurs bras. Deux grosses négligées qui vivent recluses dans leur appartement, c’est ainsi qu’elles sont considérées. Méprisées par les familles de leurs agresseurs, conspuées par leurs voisins, car elles réclament encore justice.
C’était arrivé cinq ans plus tôt. Leurs assaillants étaient des gosses au moment des faits. Maintenant, ils ont changé. Certains sont de bons pères de famille. Il faut oublier tout ça. L’obscurité poussiéreuse de la cave, les sexes qui les étouffent, le goût infect de ce qu’on les force à avaler… Oublier ça, non, elles ne le peuvent pas. »

« La scène débute en pleine action : quelqu’un au sol est roué de coups. On ne voit pas l’agresseur, seulement son pied qui s’abat avec une telle force que le corps décolle à chaque assaut. Prise depuis la cage d’escalier, en hauteur, à environ quatre mètres, la vidéo dévoile l’entrée d’un appartement que l’on aperçoit à travers la porte entrebâillée. Le mauvais cadrage de l’image trahit la nervosité de celui qui filme. Vraisemblablement avec un portable. »

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Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué « Sang pour sang » en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

VICES – Épisode 02 : 3 petits singes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/18/vices/

Noir, Polar, Psychologie, Suspense, Thriller

Je ne me souviens plus très bien…

de Yannick Provost
Broché – 8 septembre 2023
Éditions : Éditions Lajouanie

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Sur une aire de repos, un homme se réveille dans une Mercedes, criblée d’impacts de balles, sans le moindre souvenir… À la radio, on ne parle que d’un braquage récent particulièrement violent. L’amnésique est-il l’un des truands que la police recherche ou une victime collatérale ? Sa quête pour retrouver son identité va bousculer le quotidien d’un bourg de Normandie en pleine révolte sociale.

Un roman noir rural aussi dépaysant que surprenant, par l’auteur d’Il ne rentre pas ce soir… et de Tu joues, tu meurs ! La Normandie comme vous l’avez rarement lue !

 

• Couv_2024-002_Provost Yannick - Je ne me souviens plus très bien…

 

J’ai eu l’énorme plaisir de revoir Yannick Provost fin novembre à Polar’Osny !
Que le temps passe vite, cela faisait déjà près de cinq ans que nous ne nous étions pas croisés. J’étais par ailleurs passer à coté de ses deux premières parutions, mais cette fois-là pas question !

Très vite, son roman particulièrement noir et violent m’a embarqué dans la tête de celui qui ne sait plus qui il est. Notre héros est amnésique. Il cherche par tous les moyens de se retrouver. C’est une traque plus qu’une enquête qu’il décide de mener. Une traque où la peur n’est jamais loin, car à son réveil, il y avait du sang partout dans une Mercedes qu’il ne connaît pas, avec une arme de poing posé à ses côtés… Est-il un meurtrier, un criminel ? Dans le petit village où il se trouve en Normandie, dernièrement il y a eu un braquage terriblement sanglant.

Yannick a essayé de nous perdre avec des personnages particulièrement haut en couleur, de nombreux paysans, des agriculteurs, des vaches bien sûr, des tueurs polonais, là, c’est moins courant, mais tout s’imbrique particulièrement bien.
Il est fort ce Yannick !
C’est captivant et sans temps morts. Je serai incapable de vous dire combien il y a d’histoires dans son récit, une chose est sûre, vous n’êtes pas prêt de vous ennuyer.

Et pourquoi tous ces titres à chaque chapitre ?
Un mot. Un seul. Un verbe à l’infinitif, repris dès le début du chapitre dans la première phrase ! Un mot qui à chaque fois m’a pris la tête, me demandant le pourquoi, le lien ?

J’ai lu le roman entre lâcher-prise et tension extrême.

D’ailleurs, qui est cette jeune femme rousse qui va entrer dans la destinée de notre héros !

Un récit gigogne sous forme de tourne-pages, sans un instant de repos, adressé à tous ceux qui n’ont pas froid aux yeux et ont l’estomac accroché.
Je valide !!!

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Extraits :

« La jeune femme se composait d’un mètre soixante-six d’insouciance et de gaîté. Un fantasme celte perdu à la frontière de la forêt d’Écouves avec des yeux gourmands et verts, une tignasse rebelle de cheveux roux et une paire de seins ensorcelants. Derrière son comptoir, elle rêvait de flirts et d’évasions parisiennes, en carbonisant le moindre mâle gravitant aux alentours. »

« – Arrête ! Pardon. Je suis désolé. Ne fais pas ça.
– Arrêter ? Non, mais tu rigoles. Tu as arrêté toi quand tu m’as pénétrée ? Je t’ai supplié. J’ai hurlé.
Après, tu as filé comme le porc que tu es. Tu t’es barré faire le beau.
– Faire le beau ? Qu’est-ce que tu crois ? Je suis soldat. Mon métier, c’est la guerre. Et en ce moment, c’est loin, à l’Est.
– Et pas une seconde, le petit soldat que tu es, n’a pensé à revenir élever sa gamine ? »

« – Tu étais fier quand j’avais ton ventre contre moi. Regarde-toi, tu n’es plus rien. Rien qu’un amas de viande. Et cette viande ne mérite aucune pitié.
Prise de frénésie, elle ne s’aperçut de rien quand l’homme cessa de l’insulter. La folie avait gagné Sybille. Elle ne voyait plus le géniteur de sa fille, mais un boucher à punir. Chaque coup la libérerait d’un poids. À chaque impact, la lourde pince labourait ce corps qui l’avait souillé. Elle s’attaqua au visage de son violeur qui ne ressemblait plus à rien. »

« Bordel ! C’est quoi mon nom ? Comment je m’appelle ? beugla-t-il.
Un vertige absolu. Il frappa son front contre le volant avec pour résultat un nouveau signal à l’orchestre qui recommença à jouer. Une sérénade pour trolls frappant l’enclume qui lui servait de cerveau. Putain de mal de crâne. Soudain, il gravit un échelon sur l’échelle de l’effroi : Mais qu’est-ce que je fous là ?
Il n’avait plus aucun souvenir. Ni nom, ni adresse, ni proche. Il était dans une voiture sur un parking enneigé. D’ailleurs était-ce la sienne ? Il examina la boîte à gant. Rien. Aucun papier, ni dans l’habitacle ni sur lui. Rien que les clés sur le contact et un bonnet. Il l’enfila. Au moins, l’air gelé ne lui lécherait plus le crâne. Il fixa le rétroviseur. Ce visage était le sien. Ses doigts parcouraient ses pommettes, l’arête de son nez, sa mâchoire. Le contact physique. L’index et le pouce. Palpable. Il ne rêvait pas. T’es qui mec ? Putain, je suis qui ? Sa barbe devait avoir deux jours. Sa tempe portait un hématome. OK ! Au moins je sais d’où vient mon mal de crâne.
Il mit le contact. Le moteur démarra. »

 

Né pour voir Niel Armstrong poser le pied sur la lune et écouter Abbey Road, amateur de romans noirs et de musique et de whiskys, Yannick Provost aime partager ses penchants à travers ses écrits. Voyageur passionné, il oscille entre la région parisienne et la Sarthe. À ce jour, Yannick Provost est l’auteur de 3 romans parus aux éditions Lajouanie :
Tu joues tu meurs ! (2021),
Il ne rentre pas ce soir… (2022) et
Je ne me souviens plus très bien… (2023).

Yannick Provost est d’une génération pré-chatGPT, pour qui le papier est essentiel. Il a plongé dans la littérature noire pour y trouver des sources de réflexions mais aussi de plaisir. « Le roman noir, qu’il se fasse polar illustrant les revers et les maux de notre société, ou qu’il se fasse thriller filtrant la vision de notre présent, voire de notre futur, recueille nos travers et nos craintes en filigrane. »

Drame, Noir, Polar, Thriller

Mort sur le Tage

de Pedro Garcia rosado
Broché – 5 octobre 2017
Éditions : Chandeigne Éditions

• Bandeau_Intro_3.jpg

Dans ce roman noir où la ville de Lisbonne est un personnage à part entière, Pedro Garcia Rosado dresse un portrait au vitriol de la société lisboète où défilent la jet-set des beaux-quartiers et des environs chics avec son ancien capitaine d’industrie et ses deux rejetons tout puissants, des fonctionnaires municipaux corrompus et des policiers véreux (ou pas), des immigrés russes et des prostituées et, surgi des sous-sols inexplorés de la ville aux remugles fétides, un bien étrange être humain…

Dans ce roman noir où la ville de Lisbonne est un personnage à part entière, Pedro Garcia Rosado dresse un portrait au vitriol de la société lisboète où défilent la jet-set des beaux-quartiers et des environs chics avec son ancien capitaine d’industrie et ses deux rejetons tout puissants, des fonctionnaires municipaux corrompus et des policiers véreux (ou pas), des immigrés russes et des prostituées et, surgi des sous-sols inexplorés de la ville aux remugles fétides, un bien étrange être humain…

 

• Couv_2023-128_Garcia Rosado Pedro - Mort sur le Tage

 

Une histoire d’hommes, une histoire de meurtres, une histoire particulièrement violente…
Dans ce pays, assez peu connu pour ces meurtres, ce sont les hommes qui commandent. Les femmes se taisent et baissent leurs yeux, et les rares qui arrivent à s’affranchir dans ce roman, sont des actrices dans des films pornographiques ou des prostituées.

C’est la première fois que je lis un Polar se déroulant au Portugal. Plus qu’un polar, c’est même un thriller, je dois le reconnaître assez angoissant. Cela faisait plusieurs années que ce livre m’appelait régulièrement. Mais, j’en avais toujours un autre “plus urgent” à lire. La semaine dernière il est tombé tout seul de ma bibliothèque !
Un signe ?
C’est la seconde fois que cela m’arrive en moins de deux ans. Je vais finir par me poser des questions.

Dans ce livre l’un des personnages principaaux, si ce n’est le plus important, c’est la ville de Lisbonne avec son fleuve, le Tage. Mais c’est aussi l’âme du Portugal, avec la corruption de certaines grandes familles, les nombreux souterrains de la ville, qui datent d’un terrible tremblement de terre à Lisbonne en 1755. Mais là où l’auteur m’a véritablement surpris, c’est de faire intervenir la mafia russe dans son récit. C’est sombre, c’est noir et glauque. Les actions se déroulent souvent la nuit dans des coins perdus et isolés. La présence d’un SDF aussi à une réelle importance, on ne sait pas qui il est. Il vit seul dans une grotte souterraine qui se trouve le long du Tage. On ne connaîtra jamais son nom…
Lui, se fait appeler le Diable. Et si c’était vraiment lui ?

Une jeune fille Irina a disparu un soir sans laisser aucune trace. Une ombre plane aux alentours, une ombre qui l’emmène avec elle, dans un monde noir et perdu…
Sa disparition inquiète sa famille. Son fiancé Evgueni, ainsi que son frère, un ex-agent du KGB, Oulianov, et puisque que la police, en partie corrompue, ne fait pas son travail, après avoir trouvé des traces de sang sur la berge du Tage, Oulianov décide d’enquêter… Seul.
Au fur et à mesure des recherches effectuées, Oulianov va tomber sur les activités diverses et illicites de sa sœur. Petit à petit, se mettra en place “une vérité” qui va gêner et provoquer d’autres morts et une nouvelle vague de violence…

Des immigrés russes à Lisbonne, une misère omniprésente, pendant que chez les riches familles locales et pour les « fils à papa », la vie est un jeu où chacun se sert comme il veut.
Corruption, trafics en tout genre, violence et abus de pouvoir. Pedro Garcia Rosado s’en donne à cœur joie. Tous les personnages quels qu’ils soient avec leurs forces et leurs faiblesses sont parfaits dans leurs rôles.

Une ambiance lourde et mystérieuse plane autour de cette histoire et de ces personnages, accrue par la présence fantomatique de cette ombre qui rôde…

Pedro Garcia Rosado nous raconte ici une histoire surprenante sur une ville que je croyais connaître. J’ai mis plus de temps de d’habitude pour lire Mort sur le Tage.
Je ne l’ai que mieux apprécié…

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Extraits :

« Lourenço se regarde dans la glace et n’aime pas ce qu’il voit : un homme de petite taille, plus gonflé qu’obèse, pas vraiment blond, avec l’air d’un enfant pris en train de faire une bêtise. Qu’est-ce qu’on fait quand on a tué quelqu’un ? C’est la première fois : et donc, il ne sait que faire. »

« Un mort non identifié n’est pas chose étrange ni peu courante. Ils sont nombreux les morts et les mortes qui entrent à la Morgue de Lisbonne et qui y reste avec quelques notes circonstanciées en annexe, dans l’attente d’un meilleur sort, quand rien ne peut les identifier, quand personne ne les recherche ou quand on pense que l’identification n’en vaut pas la peine.
Ils restent entreposés là au cas où se présenterait une demande subite d’organes encore utilisables ou bien, lorsque les installations sont surpeuplées, ils sont évacués, sans que personne ne sache ni ne veuille savoir vers quelle destination. »

« – Comment tu sais tout ça, Oulianov ?
– J’étais flic, j’ai fait ce que font les flics : j’ai fait une enquête, inspecteur Moura.
« Je me serais bien passé d’entendre ça », se dit Moura.
Il se lève, les photos à la main et regarde Oulianov.
– Je vais chercher à savoir qui sont les trois hommes de la photo, dit-il. Tu m’attends, mais dans une autre pièce.
Oulianov se lève, sans rien dire, inquiet. Il a échappé à un piège, mais il a pu tomber dans un autre.
Moura l’a toujours traité avec respect, mais il est flic et obéit à qui commande. »

 

Pedro Garcia Rosado est un germaniste, écrivain, journaliste et traducteur portugais.

Il est diplômé à la Faculté des arts de l’Université de Lisbonne.

Il est l’auteur d’une dizaine de romans policiers dont les thèmes sont souvent inspirés des grandes affaires qui rythment l’actualité portugaise.

Facebook : https://www.facebook.com/pedro.garciarosado.3

Drame, Noir, Polar, Thriller

Un Dossier explosif

de Anne-Marie Bougret
Broché – 19 juin 2022
Éditions : Auto-édité

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Attachez votre ceinture ! Cette histoire démarre au quart de tour et vous entraîne de rebondissement en rebondissement dans une traque parfois terrifiante.

Un mari qui ne rentre pas chez lui, son associé suspecté de puiser dans la caisse. Deux événements qui, d’un instant à l’autre, vont faire basculer la vie de Vanessa Stephen dans l’horreur.
Une histoire palpitante où rien n’est jamais acquis, pas même la réalité, mêlant finance et écologie.

Un Dossier explosif vous embarque dans une course-poursuite mouvementée de New York à Finger Lakes en passant par le Massachusetts, une spirale infernale due à un suspense haletant et une intrigue parfaitement ficelée.

Le préquel, L’invitation, est de préférence à découvrir avant ce thriller, même si les deux peuvent se lire indépendamment.

Retournements de situations incroyables, sublimés par une plume percutante, vous empêcheront de fermer ce livre avant le dénouement.

 

• Couv_2023-123_Bougret Anne-Marie - Un dossier explosif.jpg

 

Lors de ma lecture de “L’Invitation”, je sentais bien qu’Anne-Marie Bougret nous cachait quelque chose… Je ne m’étais pas trompé !
Là où elle m’avait envoûté par un univers mystérieux et érotique, dans “Un dossier explosif”, elle excelle.
Je l’ai lu d’une traite, impossible de m’arrêter, ses courts chapitres m’incitaient à aller toujours plus loin. Pas un moment de répit (ou très peu, et tout en douceur… Miaou…), un très bon suspense jusqu’à la dernière ligne, qui je l’espère bien, ne sera pas la dernière !

Je défie quiconque de ne pas s’attacher à Vanessa, à sa petite fille et à tous ceux qui vont lutter, avec elle contre un pouvoir menaçant qui s’étend. Un pouvoir invisible mais pourtant déjà très présent dans le monde. Magouilles, malversations, désastres écologiques, croisons tous les doigts bien forts pour qu’elle arrive à s’en sortir, et à diffuser la vérité. Désormais, un ennemi non identifié est à sa poursuite…

Avant de commencer votre lecture, je vous conseille de prendre une grande inspiration. Je vous le dis, c’est presque en apnée que vous vous dirigerez jusqu’au point final.
Une tension qui monte, qui monte, et qui ne redescend jamais. Anne-Marie, maîtrise son univers et elle en joue, elle nous offre un vrai tourne-page*.

* Mot français que nous avons décidé d’utiliser dorénavant pour lutter contre les anglicismes de plus en plus fréquents en France (Olivier Norek, Jean-Pierre Tartare et moi-même).

Beaucoup de sensibilité, de l’émotion et multiples rebondissements, Anne-Marie Bougret, une autrice à suivre…

 

Extraits :

« John ferme les yeux pour évacuer ces visions d’horreur et tenter d’éclaircir ses idées, puis il enfouit son visage dans la chevelure de Vanessa, dont la couleur dorée ressemble à un champ de blé en plein été. Elle vient de se tourner sur le côté en chien de fusil. Il se colle un peu plus contre le corps de son épouse et passe son bras libre autour d’elle. Alors que quelques minutes auparavant, sa femme se faisait poignarder par ce malade, il la sent bien vivante contre lui avec sa peau chaude, ferme et veloutée ; ses formes rebondies au bon endroit, lui font depuis toujours un effet dingue. »

« En regardant Brandon se diriger vers la cuisine, suivi de Stessie, elle se demande soudain jusqu’à quel point la mort de John pourrait arranger son ami. Certes, depuis le début, elle sait qu’il est amoureux d’elle, mais heureusement, il n’a jamais osé lui déclarer sa flamme. »

« Elle roule, mais ne sait pas quelle direction choisir. Et si elle appelait le policier ? Il viendrait à son secours et tout ce cauchemar prendrait fin. Elle regarde dans son rétroviseur pour s’assurer que personne ne la suit et que sa fille s’est bien endormie. »


« De grosses larmes lui brouillent le regard. Elle est en train de s’essuyer les yeux avec un mouchoir qu’elle a trouvé dans son sac à main, lorsqu’un homme se dirige vers la voiture. La jeune femme s’accroupit à l’endroit où l’on place normalement ses jambes. Elle se recouvre avec le plaid en espérant que le bonhomme ne l’ait pas remarquée. Elle suspend son souffle. Le bruit de pas se rapproche. Puis, plus rien. Elle se redresse un peu, soulève légèrement la couverture pour voir ce qui se passe et sourit intérieurement lorsqu’elle aperçoit l’homme en train de promener son petit yorkshire »

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Anne-Marie Bougret est une ex-danseuse et une romancière.

Passionnée de danse, elle a suivi une formation à l’Institut d’Art Chorégraphique (IPAC) de Paris. Elle a ouvert son école de danse à Bourgoin-Jallieu qu’elle a dirigée pendant 22 ans. Suite à des immobilités forcées, conséquence de son métier de danseuse, elle s’est mise à lire beaucoup et à écrire.

Elle écrit aussi depuis plusieurs années et c’est en 2019 qu’elle a expérimenté l’auto-édition en publiant son premier roman, Intrigue chez Virginia Woolf.

Petite, elle se réfugiait dans ses rêves, aujourd’hui, elle imagine des histoires qui font rêver les autres.

De caractère indépendant, elle a trouvé dans l’auto-édition la liberté d’aborder divers genres littéraires et d’écrire les histoires qui lui plaisent. Passionnée par les comportements humains, elle écrit des romans qui traitent de sujets de société, parfois tabous, mais toujours avec empathie et bienveillance.

L’invitation : https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/22/linvitation/

Accro au thé vert au jasmin, il est un compagnon indispensable à ses sessions d’écriture.

Retrouvez-là sur son site : annemariebougret.fr
Suivez son actualité sur : https://www.facebook.com/annemarie.bougret/
et sur Instagram : https://www.instagram.com/anne.marie.bougret.autrice/

N’hésitez pas à la contacter !

Émotion, Fantastique, Frisson horreur, Noir, Roman, Suspense

La maison des innocents

de Martine Chifflot
Broché – 17 février 2022
Éditions : M +

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Une ténébreuse affaire…

Des disparitions inexpliquées déjouent le flair de l’inspectrice Hartmann tandis que le comté semble sombrer sous l’emprise d’une force polymorphe aux mystérieux tentacules.

Qu’est devenu Richard Elton, brutalement arraché à ses études et à Julia, son amour d’enfance ? Quelle menace pèse sur les quartiers septentrionaux de New Town ?

Le lecteur frémit au récit des innommables épreuves endurées, au gré d’un suspens qui convoque toutes les puissances du monde et de l’au-delà.

Un roman captivant, qui déploie les facettes bigarrées d’une histoire vertigineuse, portée par des personnages énigmatiques ou attachants.

Un thriller somptueux, dans l’ambiance gothique d’un beau quartier, qui renoue avec la tradition du réalisme fantastique aux multiples sens.

À lire…passionnément !

 

• Couv_2023-113_Chifflot Martine - La maison des innocents

 

Je découvre l’écriture de Martine Chifflot avec La maison des innocents, et…
Comment vous dire ?

Comme le dit très bien Martine avant d’entrer dans le vif du sujet : “Lecture déconseillée aux enfants de moins de 15 ans.” Et je dirai même “déconseillée aux personnes sensibles”, car il faut vraiment avoir le cœur bien accroché tout le long du récit.

J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises. Je crois n’avoir jamais lu à ce jour un roman, du genre, d’une telle qualité. Le choix des mots, la structure des phrases, les longs chapitres qui s’enchaînent sans savoir avant quelques lignes quel est le personnage impliqué. C’est très bien écrit, méticuleux, exigeant, très érudit, j’ai appris énormément de mots que je n’avais jamais ni lu ni entendu.
Quelle belle surprise !
Alors, oui, c’est violent, très violent même. Des meurtres, en veux-tu, en voilà, des viols d’adultes, d’enfants, c’est parfois une véritable boucherie, des scènes très intenses, mais le sujet du roman légitime tout ce qui pourrait paraître excessif. Nous sommes dans un roman mystérieux où les ombres règnent, au point d’être dérangeantes, oppressantes. Mais il y a la lumière, faible au début, à peine des points lumineux qui vont s’étendre, se multiplier, s’unir pour combattre le Mal, s’unir pour une descente aux enfers vertigineuse, parfois même une descente dans les méandres de la folie.

Impossible d’échapper à ce piège, je suis tombé dedans, tout au fond… Là, où le satanisme tient une part très importante.

Le récit se déroule dans un monde imaginaire, très proche du nôtre. Nous sommes à quelques kilomètres de New Town où régulièrement des personnes disparaissent mystérieusement, hommes, femmes et enfants.
La police est complètement perdue, pas assez de moyens, et des ordres venant de “plus haut” qui font bien comprendre que ce n’est pas une priorité. Lorsque Richard Elton, un jeune homme de bonne famille, disparaît, là, une enquête sérieuse est exigée. Dès lors, la police n’hésite pas à contacter des médiums pour résoudre leur affaire. Suzanne, est l’une d’entre elle et elle va très vite percevoir des vibrations négatives. Les plus fortes qu’elles ai subies à ce jour. Elle va déranger le monde des esprits, des fantômes et des démons, toutes les créatures qui peuplent ce monde, au plus fort de leur puissance se nourrissant des crimes, tortures et perversités diverses perpétuées en offrande pour eux…

La police aidée de plusieurs médiums arrivera-t-elle à mettre fin au mal omniprésent ?

Impossible de sortir indemne d’une telle lecture, j’ai fait de nombreux “aller/retour” dans ma lecture, mais j’étais en haleine du début jusqu’à la fin.
Original, machiavélique, et riche en rebondissements.
Bravo Martine Chifflot, j’ai dévoré un véritable “chef-d’œuvre” !

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Extraits :

« À maintes reprises, ils avaient dû refuser de défendre des clients abjects dont les manigances avaient causé des pertes ou des faillites irrémédiables. Ces escrocs avaient parfois gain de cause dans les procès car la vertu se défend souvent mal. Les cabinets concurrents étaient moins scrupuleux et le pays souffrait de cet amoralisme contagieux. »

« Madame Elton était arrivée en larmes et s’était effondrée dans le bureau. Elle avait sans doute trop attendu avant de signaler le fait. Mais sait-on jamais si quelqu’un reviendra et à quel moment ? C’est là le problème. Les gens attendent des heures, quelquefois plusieurs jours et quand l’enquête commence, certains indices précieux ont, eux aussi, disparu. La pluie, le vent, les balayeurs effacent les traces. Le temps recouvre le drame d’une sorte de manteau silencieux. »

« La médiumnité est plutôt une charge pour tous ceux qui l’éprouvent réellement, seuls les charlatans s’en réjouissent, et Suzanne s’efforçait de refouler ses prémonitions et de taire ses visions. Depuis quelques semaines, des cauchemars la troublaient pourtant et elle sentait qu’un gros nuage allait passer. Il conviendrait sans doute de se remettre en activité de réception car des innocents paraissaient pâtir dans des tréfonds obscurs. »

« William pleurait de douleur et de joie, il souffrait le martyr, mais il avait rencontré deux amis, un homme des bois extraordinaire et un loup déguisé en chien. Pourraient-ils l’accompagner à New Town pour effectuer leur déposition ? Il le leur demandait instamment. Pour Oswald, c’était soudain une bouffée d’espoir, il avait rencontré un vrai policier et son chien était heureux. Malgré sa haine de la civilisation, il irait à la grande ville. »

Écrivain, auteure et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe ici un roman percutant, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie hdr et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.

Drame, Noir, Polar, Suspense

Une bonne raison de mourir

de Arthur Caché
Broché – 5 octobre 2023
Éditeur : Taurnada

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Quand un ancien géologue disparaît mystérieusement près de Paris, Beryl, jeune chef de groupe à la Crim’, se saisit aussitôt de l’affaire. Assistée de Rudy, son adjoint au passé tourmenté, puis d’Ara, un ancien flic reconverti dans le trafic de contrefaçons, elle remonte la piste d’une compagnie pétrolière en Turquie. Mais tandis que les découvertes troublantes se multiplient et que les cadavres s’accumulent, des profondeurs de la mer Noire surgit un terrible secret… Beryl comprend alors que le plus effroyable des comptes à rebours a déjà commencé…

 

• Couv_2023-106_Caché Arthur - Une bonne raison de mourir

 

Un grand merci à Joël pour ce nouveau service de presse.

Je me demande vraiment comment Taurnada éditions arrive à trouver des auteurs proposant régulièrement des romans d’une telle qualité. Impossible de s’ennuyer une seule seconde.

Je découvre Arthur Caché avec cet excellent second roman et de plus, un sujet que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire.
Un polar qui gravite entre le monde de l’industrie pétrolière, les escroqueries à une échelle mondiale et des politiciens et des hommes d’affaires véreux. L’intrigue aurait pu être classique, mais l’auteur a su trouver le bon rythme. En effet, Arthur alterne son récit intelligemment entre la science, le domaine de la recherche pétrolifère sans jamais laisser de côté l’enquête policière qui, chapitre après chapitre gagne en puissance et en rebondissements !
Durant ma lecture, j’ai essayé de deviner le travail énorme de recherche nécessaire à Arthur, sur la complexité de la thématique abordée, et sa transposition, qui en fait un roman dynamique plein de suspense, fluide, très agréable, mais surtout accessible à tous, où rien n’est laissé au hasard !

Sur fond d’extraction de pétrole et de gaz, Arthur nous emmène à travers une enquête inquiétante, semée de cadavres qui suit la disparition d’un scientifique qui détenait des informations à priori d’une importance capitale, qu’il souhaitait transmettre à Beryl, cheffe de groupe de la Crim’, qui n’est autre que la fille de l’un de ses anciens amis reporters, aujourd’hui décédé.
La surprise passée, c’est l’implication de son père dans cette enquête, qui va la mener à l’étranger, qui lui donnera la force nécessaire malgré les risques et les périls encourus.
Une enquête sans temps morts, pour la jeune policière et son adjoint.

Une très belle surprise pour ma part. Impossible de lâcher ce roman avant le point final… qui n’en est peut-être pas un !
Un sujet passionnant que je ne peux que vous recommander…

Arthur Caché, un auteur à suivre !

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Extraits :

« Dire que Rudy Ferey revenait de loin était un euphémisme. L’intervention d’une psychologue plus armée que les autres (et aussi mieux entourée, son ami procureur de la République ayant accepté d’effacer le casier judiciaire de son patient) lui avait permis de s’extirper de cette situation désespérée et de retrouver le chemin du succès. Bac, licence, école d’officiers. »

« Elle vit son supérieur opiner d’un air grave – de circonstance par rapport à la situation -, mais devina à son regard brillant sa satisfaction de voir son équipe occupée sur cette nouvelle affaire. L’ADN de la brigade criminelle, ce sont les enquêtes ; pas les heures à jouer aux cartes en attendant que tombe un cadavre. »

« L’appel à l’aide était venu d’un ami de son père, voilà pourquoi elle se sentait obligée d’y répondre. Y renoncer serait revenu à trahir l’homme qu’elle admirait le plus sur cette planète. »

« “Au fait, pourquoi est-ce que vous nous aidez ?”
L’homme remonta la fermeture Éclair de son blouson et la considéra avec gravité.
“Pour la même raison pour laquelle j’ai quitté la police : l’envie d’être du bon côté”, lâcha-t-il.
Rien dans cette réponse ne sembla à Beryl de bon augure pour la suite. »

« “Le pétrole naît de la transformation, dans les profondeurs de la Terre, de la matière organique issue des restes de plantes ou d’animaux morts. Cette transformation s’effectue sur des dizaines de millions d’années, et voit à terme se créer une substance – du pétrole ou du gaz, selon la profondeur – qui va migrer naturellement vers la surface.” ! »

 

Arthur Caché est né à Reims en 1984. Après une première partie de carrière en tant qu’ingénieur en France et à l’étranger, il s’installe dans les Vosges avec sa famille et décide de se consacrer à l’écriture.
Il publie en mai 2020 son premier roman, Le Cercle des Hellébores Noirs, un ouvrage à mi-chemin entre thriller social et roman noir, dans lequel il dénonce le fléau des violences sexuelles contre les femmes.
Une bonne raison de mourir est son deuxième roman.