Émotion, Noir, Polar, Violence

La mort selon Turner

de Tim Willocks
Broché – 11 octobre 2018
Éditeur : Sonatine

Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : « Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. »

La mort selon Turner de Tim Willocks est un polar noir comme je les aime, d’une violence brute, parfois dérangeante, mais traversé par de fulgurantes émotions. Un livre qui vous secoue comme peu savent le faire. Après La Religion, un thriller historique monumental, j’étais curieux de retrouver l’auteur dans un autre registre, et je n’ai pas été déçu.

Ici, il change de décor, mais pas d’exigence. Nous sommes en Afrique du Sud, dans une société toujours marquée par l’ombre de l’apartheid : les riches, arrogants et intouchables, ne vivent que pour le profit, les pauvres, invisibles et sacrifiables, et au milieu, ceux qui tentent de survivre. Au milieu de ce chaos, un homme : Turner.
Flic incorruptible, il va se heurter de plein fouet à cette hiérarchie implacable.

Droiture morale, principes intangibles, et une capacité à plonger dans la violence la plus extrême quand la justice l’exige. Turner est un personnage fascinant, presque mythique. Tim Willocks le place au cœur d’un récit implacable, rythmé, où chaque mort pèse lourd et où la vengeance se mêle à la survie.

Ce roman m’a happé par sa précision, son élégance, et cette écriture qui ne ménage jamais le lecteur. La traduction est impeccable, le rythme parfait, et l’histoire réserve une surprise de taille. C’est un coup de poing narratif autant qu’un bijou de construction.
la vie d’un jeune fortuné vaut-elle plus que celle d’une jeune fille noire sans-abri ? Turner, lui, n’hésite pas une seconde. Sa réponse est absolue, glaciale, implacable. Quitte à embrasser l’extrême violence pour la faire respecter. Très cinématographique, haletant, le récit ne vous lâche jamais. On avance dans une Afrique du Sud rongée par la corruption, où la brutalité est devenue une monnaie courante, presque banale. Tim ne juge pas, il montre. Et c’est glaçant.

La mort selon Turner est un roman hypnotique, épique, un drame haletant et dénonciation politique, porté par un souffle puissant et une tension constante.
Un grand roman noir, un énorme coup de cœur.

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Extraits :

« La vision de Turner était pleine de petits points, floue par moments, ses globes oculaires trop petits pour leurs orbites. Un battement sourd martelait son crâne, remplacé par une douleur soudaine quand les pneus rencontraient une bosse. Il avait l’impression que son cerveau remuait à l’intérieur, faisant pression sur chacun de ses vaisseaux sanguins. La douleur avait empiré. Tout comme dans le reste de son corps, ses reins, sa colonne vertébrale, ses chevilles. Peut-être qu’il récupérait et que ses nerfs, en se réveillant, évaluaient l’étendue des dégâts. Peut-être qu’il avait bu trop d’eau… »

« La fille semblait aussi morte que n’importe quel cadavre. Elle était noire, dans les quinze, seize ans, et allongée
face contre terre, sa joue gauche reposant sur la terre craquelée du parking. Des mouches rampaient sur ses yeux et ses lèvres desséchées. Un hématome s’épanouissait sur sa pommette. Apparemment, elle ne respirait plus. Mais de meilleurs diagnosticiens que lui avaient déjà emballé des vivants dans des housses mortuaires, et il était le premier sur le terrain. Il fallait qu’il soit sûr.
Il s’accroupit et, de ses doigts gantés, chercha une pulsation dans la carotide.
Au bout d’un moment, il retira sa main. »

« Turner conduisait sur la route déserte, revenant vers la ville. Ses yeux le piquaient. Son dos le lançait. Il ne s’était pas arrêté un instant depuis qu’il avait quitté le Cap. Il avait besoin d’un hôtel, d’une douche, d’un lit. Mais d’abord, il devait découvrir ce qu’Iminathi voulait et ce qu’elle était en mesure de lui fournir. »

« – Vous ne connaissez pas cet homme. Moi, si. Il hait la police.
Il méprise les flics. C’est pour ça qu’il en est devenu un.
– Qu’est-ce que vous entendez par là ?
– Son histoire n’a pas d’importance. En ce qui vous concerne, ce qui importe, c’est qu’il ne laissera personne enterrer cette affaire. Ni vous. Ni Mokoena. Ni moi. Plus maintenant.
– C’est un psychopathe.
– Un psychopathe n’a pas de conscience. Turner est tout le contraire. C’est sa conscience qui le mène. C’est bien là le problème. »

« Il vivait seul depuis la mort de sa femme, une décennie plus tôt, et il en était arrivé à aimer ça. Il éprouvait du soulagement à l’idée de ne pas avoir à ajuster ses émotions sur celles de quelqu’un d’autre. De manger ce qu’il voulait, quand il voulait. De ne pas être dérangé. Il avait enfin trouvé du temps pour la musique et la solitude qu’elle exigeait si on voulait la comprendre de façon vraiment intime. Les plaisirs partagés étaient bel et bien bons, mais il avait appris que d’autres esprits faisaient obstacle. Ces deux dernières années, il s’était mis au défi d’entrer en relation avec les sonates pour piano de Beethoven. Le travail d’une vie, avait-il vite réalisé, mais mieux valait tard que jamais. »

Tim Willocks est un romancier britannique né en 1957 à Stalybridge.
Chirurgien et psychiatre de formation, il est également ceinture noire de karaté et grand amateur de poker.
Son premier roman Bad City Blues, publié en 1991, est adapté au cinéma par Dennis Hopper. Il a, depuis, écrit plusieurs polars à succès dont Green River ou Les Rois écarlates, avant de se lancer dans une entreprise littéraire titanesque avec une série de romans historiques à la force romanesque époustouflante initiée avec La Religion puis Les Douze Enfants de Paris. Ces deux ouvrages mettent en scène le personnage inoubliable de Mathias Tannhauser, mercenaire lettré et apatride jeté au cœur des fracas du XVe siècle.
Il est également l’auteur d’un roman jeunesse publié chez Syros, Doglands. Son dernier roman, La Mort selon Turner (2018) a remporté le Prix Le Point du Polar Européen, remis lors de la 15ème édition de Quais du Polar. Producteur et scénariste, l’écrivain a également travaillé avec Michael Mann, rédigé une vingtaine de scénarios, et co-écrit un documentaire avec Spielberg, The Unfinished Journey.

Émotion, Drame, Folie, Noir, Polar

VICES Épisode 03 : Butterfly

de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

« Et la voiture n’a pas dérapé, elle a accéléré, ça aussi, elle le jurait. Et les hommes à l’intérieur… ils ont ri. Oui, quand les os de mon petit gars se sont brisés entre la tôle et le mur, elle est certaine de les avoir vus rigoler… »

A la BJV, on traite les affaires qui concernent les mineurs et jeunes adultes. Ces derniers temps pourtant, Zolan n’a pas la tête au travail. Fou amoureux, il n’a qu’une obsession : épouser sa collègue Marie. Or les plans carriéristes de celle-ci ne s’alignent pas sur cet objectif. D’autant qu’elle le soupçonne de lui mentir et de la surprotéger. Frustrée de ne pas être prise au sérieux, elle décide de faire bande à part, aussi quand une jeune fille est kidnappée et que les premiers indices impliquent des néo nazis, elle mène sa propre enquête. Or l’affaire s’avère avoir plusieurs visages… A la Brigade aussi les façades se craquèlent et les cicatrices apparaissent. Il semblerait que Marie ne soit pas la seule à couver un secret…

VICES est une série littéraire de 8 “épisodes” dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

Troisième tome des “aventures” de la BJV et une nouvelle enquête singulière pour Marie Lafontaine et ses collaborateurs.
Comme je l’avais déjà indiqué lors de mon précédent Ressenti, chaque tome met en scène les mêmes personnages, ce qui nous offre la possibilité d’observer leurs évolutions et les rapports qui les lient. Toutefois, chaque tome peut se lire indépendamment.

Ce que j’avais déjà trouvé captivant dans les ouvrages antérieurs et qui est également présent ici, ce sont les interrogations fondamentales entre la loi et l’humanité, les relations parfois tendues entre les collaborateurs de la BJV, mais surtout les mystères qui entourent chaque personnage au sein de chaque enquête.
Chaque opus gagne en intensité, et l’on observe de plus en plus l’apparition de fêlures et les problèmes quotidiens que chacun rencontre. La force de Marie qui, pourtant, semble traîner un passé mystérieux, Zolan personnage ambigu qui roule les nuits seul sur sa moto dans la nuit, Bia constamment “ailleurs”, le commandant Tala qui semble toujours en souffrance, etc… Gipsy Paladini nous entraîne dans leur vie, dans leurs pensées, ils paraissent tous si vulnérables et on a l’impression qu’ils pourraient imploser à tout moment, et pourtant… Chaque jour, ils demeurent présents et volontaires, en dépit d’une violence qui les entoure constamment. Tiendront-ils sans s’effondrer ? L’auteure réussit à susciter en nous des images percutantes qui m’ont parfois perturbé, me questionnant sur la façon dont j’aurais réagi, qu’aurais-je donc fait si j’étais à leur place ?

Au-delà d’un simple roman policier, Gipsy nous dévoile le drame humain de leur existence qui s’immisce au travers de chaque enquête, vers des territoires particulièrement dangereux psychologiquement. Les personnages deviennent d’autant plus attachants. Je les visualise, je les entends et les comprends même parfois…
Comment parviennent-ils à avancer sur cette ligne invisible qui oscille entre un sentiment de sanction et celui du devoir, qui frôle beaucoup trop souvent la folie, et qui risque de les conduire vers une chute irréversible ?

Le don de Gipsy est d’éviter la violence inutile et le voyeurisme. Elle révèle les blessures et les soucis de chaque individu, c’est à nous de les accueillir, de tenter de les saisir, voire même de les accepter…
J’apprécie ses phrases “crues”, tout en étant subtiles, riches en poésie, à la fois violentes et empreintes de tendresse. Une lecture qui ne s’adresse peut-être pas à tout le monde, mais où les émotions se glissent et sont présentes entre chaque mot.
Je ne regrette vraiment pas d’avoir fait sa découverte… Avec elle, les choses ne sont jamais aussi simples qu’elles le semblent !

À suivre…

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Extraits :

« Coincé dans la cabine, Marcus soupire avec un tel désespoir que toute sa carcasse en vibre. Il ne comprend pas cette nouvelle génération de flics qui s’imagine pouvoir nettoyer la lie de la société tout en gardant les mains propres. Avoir une vie familiale et sociable stable. Être confronté aux pires abominations de l’humanité, mais seulement durant les 35h contractuelles… »

« Marie sèche ses larmes, prend une profonde inspiration puis lisse la page de son cahier, déjà à moitié couverte d’annotations. En gros, elle écrit : RECONNAISSANCE.
D’après les témoignages de ses collègues dépressifs, c’est ce manque qui les fait dérailler, le dédain de la population, l’absence de soutien de leur hiérarchie, les trahisons de l’État…
au fil des ans, le gouffre ne fait que se creuser. »

« C’est beau une identité ! Mais un peuple identitaire est difficile à manipuler. C’est pour ça qu’on nous assomme à coup de pensée unique et de mondialisation. Ce qu’ils ne comprennent pas c’est qu’une identité est un repère, et un homme sans repère n’a plus de racines ; il devient une proie pour les extrémistes religieux. »

« — C’est dans la nature de l’homme de se chercher des ennemis. Vous vous débarrasserez des musulmans, vous trouverez de nouvelles entités à exécrer : les insulaires, les gens du Nord, les fonctionnaires, les femmes, les rouquins… l’absurdité de la condition humaine n’a aucune limite. »

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Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué « Sang pour sang » en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

Drame, Histoire, Noir, Roman, Thriller psychologique

Le onzième châtiment

de Tristan Marco
Broché – 11 septembre 2019
Éditeur : Auto-édition

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“Qui oserait envisager qu’une poignée d’individus arrogants et cupides puissent jouer avec le destin des peuples comme on joue à la dinette ?”

Cassius Belly est vivant.
La nouvelle suscite à ce point l’inquiétude qu’elle réunit en urgence dans un motel miteux du Nevada, le chef d’une importante agence du Renseignement américain, une éminente chercheuse en immunologie et un haut fonctionnaire suisse.
Vingt ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Vingt ans qu’ils le croyaient mort. Le doute qui se distille en eux comme un poison va les contraindre à revisiter un passé que tous s’étaient jurés de ne jamais déterrer.
Entre le Congo Belge de 1958 et le Paris des années 80, les pièces du puzzle s’assemblent, laissant entrevoir les contours d’une chimère.
Lorsque la vérité menace de sortir de l’ombre, lorsque les histoires d’amour sont à ce point contrariées, chacun doit faire face à ses démons, ses incohérences et ses faiblesses.

 

2024-105_Marco Tristan - Le onzième châtiment

 

La littérature à cela de magnifique… On ne sait jamais où elle nous emmènera !

Le onzième châtiment est un roman fort, dur et très actuel. La recherche d’influence, le pouvoir à tout prix, la position de l’Église et des États face au peuple, les mensonges et les dissimulations diverses.
Après Le sang de la licorne et L’étrange cohérence du sablier, je me doutais que ce troisième roman risquait de me plaire. Il est allé bien au-delà.

De nombreuses phrases m’ont marqué durant ma lecture, mais il en est une qui m’a saisie de par son évidence et qui résume assez bien là où veut nous mener l’auteur.
« Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir. »

Un roman très équilibré entre deux époques, le Congo Belge en 1958 et Paris, dans le quartier de Pigalle, en 1980. Tristan, dans son histoire très crédible et addictive, nous propose des personnages qui tiennent vraiment le roman. Ils sont tantôt complexes et profonds avec leurs côtés sombres, tantôt faillibles et blessés, mais toujours menés avec habileté, les différents indices de l’histoire eux se dévoilent petit à petit, faisant littéralement exploser le récit au moment où je m’y attendais le moins. Tout est parfaitement maîtrisé.

Il m’est impossible de développer plus, de peur de trop en dire sur l’intrigue globale et mondiale proposée par Tristan.
Ce que je peux encore ajouter, c’est que Tristan est un grand auteur. En plus de capter ses lecteurs avec des récits prenants, des sujets gravitent toujours entre les frontières ô combien complexes de la violence, de la maltraitance et de l’amour et la bienveillance… Il ose pénétrer dans les “malaises” de l’humanité, des hommes de pouvoir et de ses “décideurs”.

Merci Tristan pour ce beau roman !

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Extraits :

« Il entre dans le motel et se dirige vers le fond d’une salle tout en longueur aux grandes baies vitrées. Une femme blonde, la cinquantaine, est déjà installée à une table et l’attend devant un café fumant. Il s’avance jusqu’à elle et la gratifie d’un baisemain.
— Le temps n’exerce aucun effet sur vous, Merry. »

« Souvent, il m’est arrivé de m’interroger sur le sens de tout cela. Sur le sens de ce chaos qui a toujours sévi en moi. J’ai enduré maintes souffrances physiques, psychiques… infligé tant de blessures à mon âme.
C’est maintenant que je suis sur le plongeoir, prêt à faire le grand saut vers l’inconnu, que je ressens cette urgence de me poser un instant pour réfléchir à cette existence. À toi… à moi… à lui.
La vie est faite d’intervalles, ma toute belle.
Elle est un livre où s’intercalent des pages de petits bonheurs au milieu de chapitres de souffrances. »

« “Ils représentent l’avenir de l’humanité”, martèle sans cesse le docteur Kendal avec une obstination conférant au déni. Quel meilleur moyen de justifier les sévices répétés que l’on fait subir à des animaux que d’invoquer une grande cause. »

« Le silence n’est pas un luxe. Il s’avère parfois une absolue nécessité. Juste pour récupérer de ces coups de barre à mine qui viennent de briser Meredith à tout jamais… qui viennent de briser l’adulte… le médecin… la femme.
— Est-ce que je peux retourner jouer, à présent ?
interroge l’enfant.
Le temps suspend sa course. Le malaise d’un haut-le-cœur nauséeux s’empare de l’Américaine. Elle demeure immobile, ébranlée. Anéantie par ce récit morbide, insupportable. Bouleversée par cette aptitude à vivre, ou plutôt à survivre. L’absence totale d’émotions de Divine confine à l’irrationnel. »

 

Né le 27 mars 1971, Tristan Marco a exercé pendant plus de vingt années le métier de pilote d’hélicoptères, spécialisé dans le sauvetage en mer, comme en montagne. Il est à présent pilote Garde-côtes.

Son premier roman, L’étrange cohérence du sablier (2018), est témoin d’une urgence intérieure de faire partager ses ressentis et son univers, au travers d’un thriller métaphysique.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/06/letrange-coherence-du-sablier/

Vient ensuite Le onzième châtiment (2019), un thriller politique et d’aventures qui fait voyager le lecteur entre le Congo Belge juste avant son indépendance, et le Paris des années 80.

Le sang de la licorne (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/04/18/le-sang-de-la-licorne/
Un polar noir dans lequel deux officiers de gendarmerie se débattent dans une enquête sordide et une course contre la montre pour appréhender un mystérieux tueur en série qui laisse systématiquement sur le lieu du crime des huiles sur toiles aux accents bibliques.

Facebook :
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Instagram :
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Drame, Folie, Frisson horreur, Noir, Thriller

Enigma

de Armelle Carbonel
Broché – 18 septembre 2024
Éditeur : Le Livre de Poche

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Domaine de la Haute-Barde. Un énigmatique orphelinat, théâtre de terribles événements. Par une nuit d’orage, soixante-neuf ans plus tôt, des enfants ont mystérieusement disparu. Spécialiste des édifices à l’abandon, la journaliste et cinéaste Barbara Blair tente de comprendre ce qui leur est arrivé. Mais les habitants du petit village n’apprécient guère cette étrangère qui vient remuer ce passé trouble, d’autant qu’un nouveau drame ne tarde pas à les frapper. Entre légende et réalité, Barbara est confrontée à une énigme qui menace de réveiller les démons d’autrefois, mais aussi ses plus douloureux souvenirs. Certains secrets doivent être tus à tout jamais, au risque de vous hanter jusqu’à votre dernier souffle.

“Une plume glaçante.”
Sylvie Lecoules, Le Tarn libre.

 

• Couv_2024-101_Carbonel Armelle - Enigma

 

Après, les superbes Criminal loft et Majestic murder, je ne pouvais pas passer à coté d’Enigma la suite de Sinestra !
C’est un roman obscur et magistral, où Armelle nous emmène très loin…

Barbara, est une journaliste et cinéaste, elle s’est spécialisée dans les documentaires sur les lieux mystérieux et abandonnés où ont eu lieu des disparitions inexpliquées. Elle veut savoir pourquoi, dans un ancien orphelinat, situé dans le Domaine de la Haute-Barde, soixante-neuf ans plus tôt, plusieurs enfants ont disparu, durant une nuit d’orage, et jamais personne ne les a retrouvés. Accompagnée de ses deux collaborateurs, David et Warren, ils décident de mener l’enquête. Une affaire qui lui rappelle étrangement celle du Val Sinestra, en Suisse, où sa fille Emma a disparu quatre ans plus tôt. Sur place, une vieille habitante, Magda et Arnold, un ancien policier, vont tenter de les aider dans cette quête mystérieuse, contre les avis du reste des habitants, quand un nouveau drame survient.

Armelle nous a concocté un thriller avec une intrigue très sombre, machiavélique, dans une sorte de huis clos aux nombreux rebondissements, entre fantômes, légendes et réalité…
Encore une fois, c’est d’une main de maître que l’autrice m’a complètement surpris par cette suite superbe et très subtile.

Oserez-vous la suivre dans cette nouvelle aventure ?
C’est troublant, très angoissant, mais qu’est-ce que c’est bon !

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Extrait :

« Une chose hideuse s’est logée en moi.
Lutter ne servirait qu’à accroître la pourriture qui m’infecte.
C’est ainsi que débute le premier chapitre d’une épopée sous influence, et j’ai l’assurance que cette mise en bouche te plaira. Inutile de prétendre le contraire, tu ne recules jamais devant un bon festin.
Dès le premier regard, j’ai su qu’elle serait la prochaine. »

« En lisière de forêt, sommeille un étang au bord duquel une masure flamboie à la lueur d’un feu allumé pour la nuit. Une chaleur rassurante émane de la cheminée où les plus jeunes de la fratrie se pressent afin d’assister à la veillée. Les mains calées sous le menton, ils restent suspendus aux lèvres de leur mère, qu’une voix caverneuse transforme en véritable conteuse. L’histoire, tous la connaissent depuis le berceau, et les plus ingénieux ne sont pas sans savoir qu’elle constitue une mise en garde. Cette fable, plus triste qu’un saule en pleurs, ne les effraie pas pour autant. Les versions se succèdent, mais aucune ne ressemble aux autres, si bien que la réalité des faits se noie finalement sous un enrobage d’incertitudes. Ce soir, elle raconte que leur petit village de Beaumont-la-Ronce a connu son lot de souffrances et de perversions. »

« Disposée sur la literie douteuse, une poupée grimaçante forme un puzzle sectionné en six morceaux distincts. Fichées dans le plancher, les billes oculaires arrachées valident la théorie d’une mise en scène particulièrement démente. Non loin de la tête blonde décapitée, une nuée de mouches complète le panorama en survolant un dôme de matière fécale. »

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l’auteur : Armelle Carbonel, née le 16 juillet 1975 à Paris, est écrivain. En parallèle de son activité littéraire, elle travaille pour le Ministère de la défense.

Elle commence à écrire dès son plus jeune âge. À 8 ans, elle rédige des poèmes, puis à 11 ans, un roman fantastique. À 15 ans, elle se tourne vers le théâtre avec la composition de 3 pièces de théâtre, avant de revenir au roman à 20 ans. Elle remporte de nombreux prix Littéraires (Art et Lettre de France, Concours littéraire des Armées, concours de poésie de la ville de Rambouillet, Prix Calliope.) sous le pseudonyme de Rebecca Arque pour son roman Criminal Loft (publié en auto-édition en 2011) et devient membre du Collectif de la Plume Noire. Elle retravaille son thriller Criminal Loft dans une nouvelle version en 2015. Elle est également l’auteur de Les Marais funèbres et La Maison de l’ombre.

En 2013, elle participe au recueil de nouvelles Santé, au profit de la fondation Maladies Rares.

– Sinestra (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/05/20/sinestra/

Noir, Pièce de théâtre, Polar, Thriller

Onze Cahiers

de Pascal Marmet
Poche – 1 septembre 2024
Éditions : Des livres et du Rêve

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Un mystérieux héritage de onze cahiers va mener une journaliste de mode et un directeur de théâtre au cœur d’une enquête déroutante au nom de la vérité.

Quels liens les unissent ? Quelle machination se cache dans ces pages ?

Suspense et romance pour un thriller intense jusqu’à la délivrance finale.

 

• Couv_2024-076_Marmet Pascal - Onze cahiers

 

Pascal Langle, est propriétaire d’un théâtre à Nice. Il est contacté par un notaire afin de se faire remettre en héritage un cahier rédigé par Ludmilla, “l’amour de sa vie”, disparue depuis dix ans, disparue bien trop tôt.
Il apprend aussi que dix autres cahiers seront distribués à des proches de la défunte.
N’ayant jamais pu faire le deuil de Ludmilla, Pascal va tenter de mettre la main sur ces autres cahiers afin de découvrir qui elle était réellement. Il sent qu’un lourd secret tourne autour de ces cahiers…
Quelques jours plus tard, alors qu’il prend son café et deux croissants dans son café habituel, une jolie jeune journaliste “s’invite” à sa table pour lui proposer une interview. Elle se nomme Julia et a un très beau sourire… dès lors, c’est toute sa vie qui sera remise en cause.
Il est cambriolé, son théâtre incendié, et les tous les autres cahiers sont dérobés chez le notaire !

Commence alors une enquête qui nous mènera de Nice à Paris, Cassis puis en Corse.

Pascal Marmet nous mène dans une course effrénée à la recherche des cahiers disparus, mais surtout à la recherche du “pourquoi”.
Le début du récit m’a complètement emporté, par ses nombreux rebondissements, son humour et des personnages particulièrement réussis. Mais…
Il y a un mais !

Autant le début est complètement addictif, autant, j’ai eu l’impression en avançant dans le récit qu’il manquait quelques pages jusqu’à la fin, même si est particulièrement réussie. Pour moi, le dernier tiers du roman n’est pas au niveau de ce qu’il laissait entrevoir et j’aurai aimé peut-être un peu plus de pages pour un développement plus optimal !
C’est dommage, cela ne m’a pas ôté le plaisir “global” de ma lecture, mais je suis passé à côté d’un coup de cœur.

Un Polar noir et mystérieux marqué d’une certaine “folie”, à l’humour pétillant, qui nous propose une enquête à rebondissements allant de surprises en surprises !

Un grand merci aux Éditions “Des livres et du Rêve”, et à Pascal pour la confiance qu’ils m’ont témoignés lors de la réalisation de la couverture !

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Extraits :

« Ces mots m’avaient brisé ! Et aujourd’hui, d’autres questions se bousculent : que contenaient-ils ? Qui étaient les dix autres ? Que s’était-il passé avant moi ? Je veux savoir si d’autres cahiers comme le mien ont été « légués », ça tourne à l’obsession. Ludmilla, quelle a été ta vie avant moi ? As-tu souhaité que ces témoignages nous reviennent ? Difficile à croire, alors que tu es partie si subitement ! Tu n’as rien pu envisager, pas avec un départ si imprévisible. Je veux en avoir le cœur net et il n’y a qu’un homme pour me renseigner. »

« L’ascenseur s’élève et je commence à bien angoisser ! Je vais pénétrer dans l’enceinte de la rédaction de ELLE ! Et ça, c’est déjà incroyable ! Mais la cerise sur la forêt-noire, c’est que je rencontre d’ici quelques minutes Valérie Tonarian, LA directrice de la rédaction, et là, c’est plus que phénoménal ! »

« Après les obsèques, j’ai volé de mes propres ailes comme on dit et si quelques compagnes ont traversé cette période, ce n’était qu’étincelles dans ma noirceur. Elles ressemblaient à Ludmilla, avaient le goût d’elle, sa beauté parfois, mais elles n’étaient pas Ludmilla et ne me laissaient que l’absence. Ma vie se résume à peu. Je n’ai plus rien désiré, plus vécu. »

« Deux minutes plus tôt, tu étais encore en moi, mon amour. Je t’ai à peine aperçue petite fille, mon enfant, ton premier cri… et puis la sage-femme t’a ôtée de moi pendant que l’accoucheur curait mes entrailles. Les jambes dégoulinantes de sang, j’ai couru pour te rattraper dans le couloir, pour t’arracher à leurs bras de marbre et ils m’ont attachée, piquée comme une bête… Mon bébé à moi accouché sous X ! »

 

Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.

Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Commandant François Chanel
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/10/commandant-francois-chanel/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Noir, Polar, Thriller

Moorland

La triade irlandaise**
de Gérard Coquet
Broché – 25 avril 2024
Éditeur : M+

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1981, Albanie.
Connais-tu ce pays qui s’effondre ? Celui de l’aigle à deux têtes. Celui d’un monde cerné de murs dressés par l’arrogance des hommes. Celui des pierres lustrées du sang des révoltés.
Le Kanun, indifférent, regarde le rapace s’éteindre, persuadé que la folie ne meurt jamais.
Personne ne sait comment arracher le coeur du mal.

2015, Irlande.
Connais-tu ce pays de tourbe et de cailloux ? Des morceaux d’âme si lourds que tes bras ne pourront jamais les porter. C’est ici, sur cette terre brûlée de Moorland, que l’aigle fou est revenu se poser, assoiffé de vengeance.
Ciara McMurphy ne le connaissait pas, pourtant elle dansera avec lui la valse des morts.

 

• Couv_2024-072_Coquet Gérard - La triade Irlandaise** - Moorland

 

Dans ce second volet, qui fait suite à Aughrus point mais qui peut se lire indépendamment, Gérard Coquet commence son récit dans un pays que je connais finalement assez peu, l’Albanie.
Nous sommes en 1981.
Susan, journaliste irlandaise accompagnée de son fils Bobby, doivent fuir le pays à tout prix, elle représente un danger pour le dictateur et président, Envers Hoxha, qu’elle souhaitait approcher.
Bessia Bajrami chargé de la surveiller, par amour, va tout faire pour l’aider à quitter l’Albanie, pays où les clans se livrent à des guerres, à des massacres qui n’arrêtent jamais au nom du Kanun.

Puis l’auteur nous entraîne en 2015, de nouveau en Irlande, si chère à son cœur, où nous retrouverons Ciara McMurphy et son second, Bryan Doyle, mandatés par le MI6 et Interpol, afin de retrouver Bobby le Fou, un indépendantiste ayant de nombreux morts à son actif, arrivé dans son Irlande natale après 15 années en prison en Albanie. Ils devront déjouer de nombreux pièges et affronter des monstres créés par les différents conflits de clans irlandais et albanais, afin de remplir leur mission !
Mais je ne vous en dis pas plus… Juste encore un peu… Vous allez en prendre plein les yeux !!!

Une intrigue prenante, des personnages engagés, une plume particulièrement érudite et soignée.
Venez découvrir ce thriller violent et immersif, au suspense omniprésent, porté par un véritable conteur qui nous propose un final que je n’ai pas vu venir !

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Extraits :

« Depuis plusieurs semaines, foutre le camp est devenu une obsession, mais avec son gamin qui l’attend dans l’appartement étriqué de la rue du stade Qemal Stafa, c’est impossible. Quelle connerie d’avoir emmené son fils avec elle ! Dans ce pays de psychopathes qu’elle idolâtrait encore, il y a moins d’un an, Bobby est pire qu’un boulet à traîner. Le dernier maillon d’une chaîne invisible qu’un marionnettiste militarisé tire de temps en temps pour lui rappeler d’où viennent les consignes. Ici, au pays de l’aigle à deux têtes, on respecte les ordres. On obéit et on la ferme. Le peuple ne lève les yeux que pour regarder vers le Ciel du dieu Enver Hoxha.
À forte dose, c’est irrespirable. »

« L’homme qui la fixe n’a pas d’âme, un sourire condescendant et le regard plus incisif qu’un scalpel. Le découpage commence par le haut, à la racine des cheveux, glisse sur ses yeux, ses pommettes, le bas de son visage, son cou. Le froid s’éternise sur ses seins, soupèse les fantasmes qu’inspire sa poitrine, avant de descendre vers son ventre et de s’attarder sur ses hanches. »

« Assise dans la cuisine, Susan n’a pas voulu ôter la chaînette qu’elle porte autour de la cheville. Que Çarçani aille se faire foutre! Ce morceau de métal doré est le seul souvenir qui lui reste de son Irlande natale.
Un point d’ancrage. »

« Le récit de Bobby le Fou débute à son arrivée en Albanie. Toutes ses descriptions, celles des lieux, des événements ou des individus, ne sont pour lui que des mauvais souvenirs. De cette époque, il ne conserve surtout qu’une image viciée de sa mère. »

 

Gérard Coquet est né le jour anniversaire de la mort de Louis XVI… le 21 janvier 1956. Mais il jure encore qu’il n’y est pour rien. Issu d’une longue lignée de blanchisseurs, il passe son enfance avec sa jumelle à se cacher au milieu des draps séchés au vent. Puis dans un ordre aléatoire se succèdent le collège des Lazaristes, un diplôme d’expert-comptable, la guitare basse et la création de ses premières chansons. D’ailleurs, tout vient sans doute de là, l’écriture…
Après la reprise de l’entreprise familiale, il devient juge consulaire avant de créer récemment un cabinet d’archi. Ce qui ne l’a jamais empêché d’adorer la charcuterie, le gamey, le tablier de sapeur et la cervelle de canut ! Sauf bien sûr quand il se ressource en Irlande avec la pêche à la mouche et la Guinness.
Il est aussi le vrai nom du deuxième « clavier » de Page Comann avec Ian Manook. Souviens-toi de Sarah et OUTAOUAIS ont été signé sous ce pseudo.

Son pays de prédilection est l’Irlande où il a séjourné à de nombreuses reprises et dont il s’est imprégné de la culture.

Aughrus Point- La triade irlandaise*
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/08/aughrus-point/

Noir, Polar

ILS DOIVENT TOUS MOURIR

de Serge Bertrand
Broché – 18 mars 2024
Éditions : Les Presses du Midi

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Durant une nuit de novembre 2014, à Marseille, cinq policiers sont tués à l’hôtel de police, plus connu sous le nom de « l’Évêché » par les Marseillais.
Ange Magnifico, un détenu, a été libéré par un commando de quatre hommes.
Pourquoi toutes ces victimes ?
Qui sont ces hommes qui ont pris autant de risques ?
Qui dirige cette organisation criminelle ?
Le commissaire Patrick Blanchard, chargé de l’enquête, accompagné de son adjoint, le brigadier-chef Mélusine Merle, devra répondre à toutes ces questions et arrêter les assassins.
Un polar aux multiples rebondissements, mené tambour battant, va entraîner le lecteur dans plusieurs quartiers de Marseille.

 

• Couv_2024-034_Bertrand Serge - Ils doivent tous mourir

 

“Ils doivent tous mourir”, un vrai “tourne Pages” ! Et ça commence dès les premières pages…
Beaucoup d’actions, des rebondissements, des cadavres, en veux-tu en voilà, une trame addictive et très originale… Le tout maîtrisé par des mains de maître.

J’ai découvert les écrits de Serge Bertrand à travers ses deux autobiographies “Destination Rock” et ”Dans le feu du tempo”. Serge m’avait déjà embarqué dans son monde. Puis j’ai appris qu’il avait écrit un polar qui très vite est arrivé dans ma boîte aux lettres.

Serge a trouvé pour son nouveau récit un rythme soutenu et très agréable, avec des chapitres très courts et un petit texte, tantôt poème, tantôt traduction d’une chanson, parfois une simple réflexion ou le développement d’une idée, dans tous les cas, ayant toujours un rapport avec le chapitre lu. Et là, j’y ai vu la volonté de Serge, son envie de marquer le coup. Personnellement, je valide !

Tous les personnages, les bons comme les mauvais sont charismatiques, et superbement bien décrits et ce ne sont pas toutes les explosions durant tout le récit qui me contrediront ! 😂

Je vais tacher de rester sérieux, Le livre le mérite.

Nous sommes à Marseille.
Patrick Blanchard, responsable de l’enquête et son adjointe, le brigadier-chef Mélusine Merle vont se retrouver confrontés à un véritable tourbillon de folie du jour au lendemain, depuis l’enlèvement d’Ange Magnifico, à l’hôtel de police. Meurtres en série, organisation parfaite, le tout en quelques minutes seulement. C’est une équipe de professionnel terriblement bien organisée. Pas d’empreintes, aucun élément valable pour les forces de police qui ont fort à faire avec des adversaires aussi redoutables. Plusieurs équipes vont s’associer malgré les risques qu’ils encourent et des méthodes parfois pas très orthodoxes.
Nombreux morts, enlèvements, tortures, impossible pour moi de repousser ma lecture à plus tard… Je l’ai lu d’une traite !

Je ne dirai rien de plus, trop peur d’en dire trop…
Enfin si, une dernière chose…
Vous voulez lire un très bon polar, passer un excellent moment de lecture, foncez vite chez votre libraire préféré. Je suis sûr qu’après l’avoir lu, vous ferez comme moi, vous le conseillerez partout, autour de vous !

Bravo Serge, une nouvelle fois, tu es arrivé à me surprendre, et pour moi, à entrer dans le monde du polar directement par la grande porte !

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Extraits :
« Lorsqu’il se tourne pour fermer la porte, il reçoit un coup de matraque derrière la tête et s’effondre sur le parquet. Aussitôt, les hommes du commando le ligotent, le bâillonnent et le mettent dans un grand étui en nylon noir avec des poignées. »

« Devant une telle organisation mafieuse, un tel guet-apens, les policiers en danger ont dû battre en retraite. Sur ce coup, les effectifs et les moyens n’étaient pas à la hauteur de la situation. Le trafic génère une économie souterraine vertigineuse qui fait vivre des milliers de personnes, aussi chacun à son niveau défend farouchement sa place dans le trafic. Tu vois, Patrick, les choses se passent comme ça dans les quartiers nord. Il faut faire semblant de combattre le trafic par rapport à l’opinion publique et sauver à tout prix les apparences. Mais c’est une guerre perdue d’avance, les policiers restent seuls au front, abandonnés par les juges. Un énorme fossé s’est creusé entre la police et la justice. Notre société vole en éclats, tout le monde s’en fout. Le pouvoir politique reste inactif et la justice laxiste. »

« Mais, le pire, c’est qu’il n’est pas mort de ses blessures au couteau. Il a subi un supplice abominable, ses bourreaux l’ont posé sur un pieu planté dans le sol. Enfoncé dans son anus. Sous l’effet de la gravité, tous ses organes ont été transpercés, le pal est ressorti par le cou. Hémorragie interne, agonie extrême, son visage horrifié l’atteste. »

« – Mélusine, tu mets le feu à mon corps.
Tu déshabilles mon âme
Une flamme est née à ton contact
Et ne cesse de croître
Tu donnes un sens à ma vie.
Avec toi, je n’ai plus peur de la nuit.
Avec toi, je me sens fort
Tu es l’oasis dans mon désert
Tu es la source qui me désaltère
Tu es la sortie de mon labyrinthe
Dans lequel je m’étais perdu
Tu m’as guéri de mes blessures.
Tu m’as libéré de mes angoisses
Il y a des certitudes qui s’imposent
Et aujourd’hui pour toutes ces raisons
Je te dis :
Je t’aime. »

 

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires, Serge Bertrand trouve de la motivation pour écrire son premier livre. Destination Rock propose un voyage à Marseille sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/07/destination-rock/

Puis il donne suite aux aventures de Paul avec Dans le feu du Tempo – Un itinéraire d’Amour. Il embarque le lecteur dans un voyage palpitant, empli de rebondissements dans le milieu du rock marseillais. Pour lui, le rock est une façon de vivre et de penser.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/08/dans-le-feu-du-tempo/

Émotion, Drame, Folie, Noir

De neige et de vent

de Sébastien Vidal
Broché – 22 mars 2024
Éditeur : Le mot et le reste

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À la frontière des Alpes italiennes et françaises, le village de Tordinona est l’isolement incarné. Voyant la tempête qui se prépare là-haut, la patrouille de gendarmerie composée de Marcus et Nadia s’apprête à redescendre dans la vallée quand le garde champêtre du village découvre le corps de la fille du maire. Dès le lendemain, alors que le seul pont reliant le village au reste du monde a été détruit par une avalanche, le maire et une partie des villageois s’en prennent à un voyageur de passage qu’ils soupçonnent d’être l’assassin. Attachés à leur devoir, Nadia et Marcus s’opposent à leur haine et à leur désir de se faire justice ; dès lors ils s’apprêtent à lutter contre eux. Dans ce huis clos enserré par la violence des éléments, la tension ne cesse de monter, et avec elle, une question qui traverse les âges : que reste-t-il de notre humanité quand il n’y a (presque) plus personne pour faire respecter la loi ?

 

• Couv_2024-023_Vidal Sébastien - De neige et de vent

 

Avec De neige et de vent, je découvre Sébastien Vidal…
Quelle belle surprise !

Une histoire de montagnes, de neige et de nature, mais pas seulement…
Un roman policier qui n’en est pas vraiment un…
Un superbe huis clos où le suspense m’a porté jusqu’à la fin du roman.
Où se situent le bien et le mal ?
Beaucoup de psychologie, de nombreuses blessures morales, de fautes à se faire pardonnées et de secrets bien cachés…

Avec une écriture riche et un style très fluide, l’auteur réussit une immersion totale dans un village isolé en pleine tempête de neige. Le souffle du vent m’a suivi durant toute ma lecture et j’imaginais très facilement les habitants livrés à eux-mêmes, sans électricité dans l’incapacité de partir et quitter cette situation oppressante, plus d’accès pour se sauver, impossibilité de contacter l’extérieur.
Lorsqu’il n’y a plus de règles et que le pouvoir est laissé aux “plus forts”, il n’arrive jamais rien de bon. Nadia et Marcus vont se trouver face à de très fortes personnalités qui ont décidé de punir avant de juger, d’imposer avant de laisser s’exprimer, utilisant la bêtise humaine portée par la haine et la peur dès que des groupes se forment. Comment vont-ils à deux seulement pouvoir s’opposer à ce soulèvement soudain ?

Je vais vous laisser découvrir la plume et l’intrigue de ce récit sombre et si plein de poésie, de violence injustifiée dans un village enveloppé d’un décor hivernal des plus pesants. La nature ainsi que les personnages du roman subissent des interactions ambiguës et déchaînées.

Un roman à lire au coin d’un bon feu de cheminée, mais je vous conseillerai quand même de regarder par la fenêtre de temps en temps… On ne sait jamais !

Bravo et merci Sébastien, je suis allé de surprises en surprises… toujours avec beaucoup d’émotions…

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Extraits :

« Le marcheur progresse d’un pas égal, il est concentré sur son rythme et focalisé sur le croustillant que produisent ses semelles dans l’épais tapis blanc. Un bruit délicieux à ses oreilles rougies. Ce craquement merveilleux, à la fois dense et presque mécanique, est à mi-chemin entre la biscotte broyée par des mâchoires et le feulement du cuir d’un fauteuil qui accueille un corps. Ce gémissement est un ravissement qui enchante son ouïe, un son particulier, dépourvu d’écho, un des seuls à ne jamais courir l’espace, débordant à peine des chaussures, puis s’éteignant dans le néant. »

« – Votre fille…
Deux mots, deux simples mots qui suffisent à faire vaciller le colosse. Sa tête tourne, une boule grossit dans ses tripes. Il se force à rester le plus calme possible, il a besoin de savoir pour ne pas devenir fou.
– Oui, Orazio, ma fille, quoi ?
– Elle… enfin, je… (l’homme reprend son souffle comme s’il remontait d’une interminable apnée), je l’ai trouvée sur le chemin qui mène au panorama sur la vallée… celui avant le tunnel, elle était juste entre le bosquet et le monolithe… elle… oh misère de misère, Monsieur Gay, j’ai trouvé votre fille morte, elle est morte, j’ai trouvé… elle est morte… misère… »

« Basile inspire une grande goulée d’air si froid qu’il peut suivre son trajet jusque dans ses alvéoles pulmonaires. Puis il éprouve le besoin intense de revoir sa fille chérie. Le voilà à genoux, encore, un mécréant dans la position du pénitent, dévasté par la souffrance. »

« Une fois le visiteur parti, ils retrouvent cette intimité qui flottait. Tous deux baissent la tête, se perdent dans les rainures du plancher, écoutent les pulsations du vent qui harcèle tout le vivant au-dehors. Marcus ressent une grande mélancolie, c’est une compagne qui vient souvent la nuit, aux heures creuses et lentes, quand les minutes comptent double. » 

 

Sébastien Vidal a partagé ses brèves études entre Cantal et Corrèze et vit à Saint Jal (Corrèze). Passionné d’histoire, il a entamé une saga romanesque en hommage à la Résistance avec un diptyque Les Fantômes rebelles puis Les clandestins de la liberté en 2011 et 2012.

Né en Corrèze, c’est un romancier qui sévit dans le polar. Il affectionne les ambiances dans lesquelles la nature prend toute sa place et installe ses histoires en milieu rural, territoire où il y a beaucoup de choses à dire et à montrer, tant du point de vue sociétal que social. Gros amateur de lecture, il avoue une préférence pour les auteurs d’Outre-Atlantique tels que Cormac Mc Carthy, Louise Erdrich, John Irving et Ron Rash, Stephen King ou encore Jim Harrison et Jack London. En France, ses goûts se portent sur Franck Bouysse, Antoine de Saint-Exupéry, Claude Michelet ou encore Laurent Gaudé, Sandrine Collette ou Hervé Le Corre.

Pour lui, un roman c’est d’abord des personnages et un style travaillés.

Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

L’Ombre du Prédateur

de Gérard Saryan
Broché – 14 mars 2024
Éditions : Taurnada Éditions

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Lorsqu’un adolescent est découvert crucifié sur une plateforme au milieu du lac de Lambecq, les villageois sont consternés. Qui a pu commettre un acte aussi odieux ?
La même nuit, la soeur de la victime disparaît. A-t-elle été enlevée par l’assassin de son frère ?
La capitaine de police Agnès Demare est envoyée sur place afin de prêter main-forte aux gendarmes. Ses faits et gestes sont relayés sur les réseaux sociaux par Jade, une célèbre influenceuse lilloise.
Pour ces deux femmes que tout oppose, une enquête tentaculaire commence.
La soif de vérité emporte Agnès et Jade dans un tourbillon où la proie n’est pas toujours celle que l’on croit. Méfiez-vous, la toile diabolique de Gérard Saryan va encore vous prendre au piège !

 

• Couv_2024-019_Saryan Gérard - L'Ombre du Prédateur

 

Avant toutes choses, je tenais vraiment à remercier Joël, des éditions Taurnada pour sa confiance régulièrement renouvelée !
L’Ombre du Prédateur, est la suite de Sur un arbre perché.
Il peut se lire seul, mais ne serait-ce que pour découvrir la très belle plume de Gérard, ce serait dommage de le manquer.
Afin de donner envie aux jeunes de s’engager, et mettre en avant la gendarmerie, la capitaine Agnès Demare est envoyée à Lambecq, dans l’Indre, avec une influenceuse, Jade, spécialiste des réseaux sociaux, suite à la découverte du corps d’un jeune homme de 19 ans crucifié sur une plateforme au milieu d’un lac, afin de coopérer avec les gendarmes.
Le jeune homme, venait de disparaître, ainsi que sa jeune sœur Betty, toujours portée disparue. Les gendarmes pensent qu’elle s’est sauvée après le massacre de son frère.
Mais une seconde intrigue vient interférer l’enquête en cours. Un tueur en série, “La Demoiselle”, arrêté par Agnès et un de ses collègues quelques années plus tôt a perdu la mémoire suite à une tentative de suicide où il restera plusieurs années dans le coma.
Commence alors une enquête mystérieuse, où les deux intrigues vont se croiser !
Gérard, comme dans son premier opus, nous propose un récit très réaliste, avec une écriture directe et incisive. Il nous entraîne entre passé et présent, par le biais de chapitres courts et attractifs. C’est sombre, dérangeant parfois, mais le rythme est tellement soutenu, que j’étais happé par ses mots !
Durant toute ma lecture, j’ai essayé de trouver la chute, mais en vain. Chaque chapitre amenait de nouveaux éléments qui bousculaient mes idées premières.
Et puis, arrive une autre petite fille enlevée, depuis plusieurs et jamais retrouvée ! Maeva Laffont. Nouvelles recherches, nouvelles preuves et tout est à reprendre depuis le début…
Avec ses deux romans Gérard, entre pour moi de plein pied, dans le monde du polar, mais pas que…
Il maîtrise parfaitement les ambiances sombres et menaçantes.
Avec un final “éblouissant”, et malgré tout d’une grande simplicité, je vous recommande vivement ce livre alternant entre tension, tristesse, angoisse et… soulagement ?
Faites-vous votre propre opinion, afin de comprendre pourquoi toutes ces disparitions et ces meurtres qui s’enchaînent !
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Extraits :
« Jugeant qu’elle était assez éloignée, elle se mit à courir dans l’obscurité de cette forêt. Maëva Laffont, 6 ans, fuyait aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes. Par deux fois, elle faillit tomber, mais récupéra in extremis son équilibre en s’appuyant contre des branches à sa portée. Au loin, elle entendit le loup se lancer à l’assaut de sa proie. Avec rage.
Soudain, d’autres bruissements.
Maëva les devinait. Chacune de ses foulées était étouffée par une autre, plus énergique, plus prononcée, et plus rapide aussi. Paniquée, affolée, elle sentit des larmes couler le long de ses joues. La collision était imminente et la terreur se jouait d’elle. »
« “C’est pas possible ! C’est pas possible !”
C’est pas possible !
La phrase tournait en boucle dans son esprit. Yann Vairelles était en passe de perdre pied. Sa détresse absolue ressemblait à celle d’un homme face à l’inimaginable. Il plongea dans l’eau glacée, ignorant le choc thermique et les quelques mètres encore à parcourir, accompagnant chaque mouvement de bras d’un cri strident.
Transi de froid, il posa enfin une main sur le plan-cher. Une forte odeur métallique lui donna envie de vomir. Des dizaines d’oiseaux affamés étaient agglutinés sur… un cadavre. »
« Face à elle, la beauté à ciel ouvert. Recouvert de cette brume du matin qui s’étalait tel un manteau neigeux, le paysage s’ouvrait devant ses yeux et ressemblait à une calanque. Elle retira son téléphone portable de son brassard afin d’immortaliser l’instant. La qualification “d’écrin de verdure” que l’on attribuait à Lambecq prenait ici tout son sens. Ensoleillé, nul doute que le lieu devenait l’un de ces merveilleux endroits que seule la nature pouvait offrir. »

Féru de musique, coureur invétéré, Gérard Saryan puise ses sources d’inspiration dans ses nombreux voyages et dans une enfance solitaire et introspective. Observateur averti, il est passé maitre dans l’art du thriller psychologique où l’imagination laisse place à nos pires angoisses.
Son précédent roman Sur un arbre perché a reçu en 2023 le Prix des lecteurs “Gouttes de Sang d’Encre”, et le Prix Noires Sœurs.
Sur un arbre perché
Adolescence, Émotion, Drame, Noir, Suspense

VICES

Épisode 02 : Zabulu
de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

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« Un hurlement explose dans sa poitrine quand la lumière jaillit et qu’elle se voit, les mains plongées dans le ventre ouvert de sa mère. Derrière elle, un filet de voix l’appelle. Affalé dans l’ombre, une machette en travers de la gorge, son père tend le bras »

Les 608. Une cité abandonnée, dernier refuge des laissés-pour-compte. Un jeune délinquant disparaît dans des conditions mystérieuses et une vieille dame y est brûlée vive. Bien que les deux affaires ne semblent pas liées, les mêmes ombres cernent les personnes impliquées.Grâce à la dernière enquête qu’elle a brillamment résolue, l’avenir de Marie à la BJV semble bien engagé. Sa confiance est renforcée par les sentiments toujours plus forts qui l’unissent à Zolan. Seule ombre au tableau : Sophie, sa rancunière collègue, qui ne se conforme pas à cette idylle. Si les destins tragiques des réfugiés la déstabilisent, ce sont les animosités qui bourgeonnent dans la brigade qui l’inquiètent. Zolan est lui aussi tiraillé par les fantômes issus de son adolescence tumultueuse. Chacun à leur manière, ils s’escriment à les contrer. Mais le destin ne frappe pas toujours là où on l’attend…

VICES est une série littéraire de 8 “épisodes” dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

 

• Couv_2024-012_Paladini Gipsy - Vices_02

 

Seconde enquête pour Marie Lafontaine à la BJV.
Chaque tome peut se lire indépendamment, mais c’est tellement fort, que je vous conseille de faire comme moi et d’apprécier chaque opus qui révèle l’évolution des personnages.

Comment Gipsy, parvient-elle à être aussi dure et douce à la fois ? D’avoir une plume violente dotée d’une sensibilité époustouflante !
Malheureusement, je n’ai pas pu enchaîner le premier volet “3 petits singes” avec celui-ci, à cause des SP que je reçois, mais je savais que je le glisserai dès que possible, j’avais hâte de retrouver les enquêtes de Marie et Zolan…

Le style de Gipsy bouscule, interpelle même, elle construit “son” polar en dehors des clous, à sa façon, avec un style tellement différent de ce à quoi je suis habitué. Profondément humaine, terriblement sensible, je pense que telle est l’auteure. Elle nous prend, nous enlace et nous emmène dans un univers sombre, fragile et fort à la fois… Et c’est en avançant dans le récit, en entrant dans les chapitres petit à petit, qu’une petite lumière au loin, une chaleur nous attend, dotée d’une galerie de personnages attachants, variée et très impressionnante…

Entre lumière et noirceur, Marie et Zolan se perdent-ils pour mieux se retrouver dans ces cités, où la misère du quotidien ne génère que la violence et le mal ?

Encore une fois, Gipsy m’a conquis par sa plume noire, acérée, piquante, mais tellement plus encore…
Si vous aviez aimé le premier volet, n’hésitez surtout pas !!!

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Extraits :
« – Je ne connais rien à la vie.
– Depuis quand est-ce un défaut ?
Avec sa bienveillance habituelle, l’instructeur s’était rapproché d’elle tandis que leur parvenaient les encouragements des apprentis policiers sur le terrain d’entraînement.
– Fais de ce désavantage un atout. Ton esprit est brut, dénué de préjugés, tu es plus apte à analyser les situations en toute impartialité. »

« Leurs cheveux sont filasse, leurs yeux cernés. Des croûtes en partie arrachées parsèment leurs bras. Deux grosses négligées qui vivent recluses dans leur appartement, c’est ainsi qu’elles sont considérées. Méprisées par les familles de leurs agresseurs, conspuées par leurs voisins, car elles réclament encore justice.
C’était arrivé cinq ans plus tôt. Leurs assaillants étaient des gosses au moment des faits. Maintenant, ils ont changé. Certains sont de bons pères de famille. Il faut oublier tout ça. L’obscurité poussiéreuse de la cave, les sexes qui les étouffent, le goût infect de ce qu’on les force à avaler… Oublier ça, non, elles ne le peuvent pas. »

« La scène débute en pleine action : quelqu’un au sol est roué de coups. On ne voit pas l’agresseur, seulement son pied qui s’abat avec une telle force que le corps décolle à chaque assaut. Prise depuis la cage d’escalier, en hauteur, à environ quatre mètres, la vidéo dévoile l’entrée d’un appartement que l’on aperçoit à travers la porte entrebâillée. Le mauvais cadrage de l’image trahit la nervosité de celui qui filme. Vraisemblablement avec un portable. »

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Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué « Sang pour sang » en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

VICES – Épisode 02 : 3 petits singes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/18/vices/