Émotion, Fantastique, Frisson horreur, Noir, Roman, Suspense

La maison des innocents

de Martine Chifflot
Broché – 17 février 2022
Éditions : M +

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Une ténébreuse affaire…

Des disparitions inexpliquées déjouent le flair de l’inspectrice Hartmann tandis que le comté semble sombrer sous l’emprise d’une force polymorphe aux mystérieux tentacules.

Qu’est devenu Richard Elton, brutalement arraché à ses études et à Julia, son amour d’enfance ? Quelle menace pèse sur les quartiers septentrionaux de New Town ?

Le lecteur frémit au récit des innommables épreuves endurées, au gré d’un suspens qui convoque toutes les puissances du monde et de l’au-delà.

Un roman captivant, qui déploie les facettes bigarrées d’une histoire vertigineuse, portée par des personnages énigmatiques ou attachants.

Un thriller somptueux, dans l’ambiance gothique d’un beau quartier, qui renoue avec la tradition du réalisme fantastique aux multiples sens.

À lire…passionnément !

 

• Couv_2023-113_Chifflot Martine - La maison des innocents

 

Je découvre l’écriture de Martine Chifflot avec La maison des innocents, et…
Comment vous dire ?

Comme le dit très bien Martine avant d’entrer dans le vif du sujet : “Lecture déconseillée aux enfants de moins de 15 ans.” Et je dirai même “déconseillée aux personnes sensibles”, car il faut vraiment avoir le cœur bien accroché tout le long du récit.

J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises. Je crois n’avoir jamais lu à ce jour un roman, du genre, d’une telle qualité. Le choix des mots, la structure des phrases, les longs chapitres qui s’enchaînent sans savoir avant quelques lignes quel est le personnage impliqué. C’est très bien écrit, méticuleux, exigeant, très érudit, j’ai appris énormément de mots que je n’avais jamais ni lu ni entendu.
Quelle belle surprise !
Alors, oui, c’est violent, très violent même. Des meurtres, en veux-tu, en voilà, des viols d’adultes, d’enfants, c’est parfois une véritable boucherie, des scènes très intenses, mais le sujet du roman légitime tout ce qui pourrait paraître excessif. Nous sommes dans un roman mystérieux où les ombres règnent, au point d’être dérangeantes, oppressantes. Mais il y a la lumière, faible au début, à peine des points lumineux qui vont s’étendre, se multiplier, s’unir pour combattre le Mal, s’unir pour une descente aux enfers vertigineuse, parfois même une descente dans les méandres de la folie.

Impossible d’échapper à ce piège, je suis tombé dedans, tout au fond… Là, où le satanisme tient une part très importante.

Le récit se déroule dans un monde imaginaire, très proche du nôtre. Nous sommes à quelques kilomètres de New Town où régulièrement des personnes disparaissent mystérieusement, hommes, femmes et enfants.
La police est complètement perdue, pas assez de moyens, et des ordres venant de “plus haut” qui font bien comprendre que ce n’est pas une priorité. Lorsque Richard Elton, un jeune homme de bonne famille, disparaît, là, une enquête sérieuse est exigée. Dès lors, la police n’hésite pas à contacter des médiums pour résoudre leur affaire. Suzanne, est l’une d’entre elle et elle va très vite percevoir des vibrations négatives. Les plus fortes qu’elles ai subies à ce jour. Elle va déranger le monde des esprits, des fantômes et des démons, toutes les créatures qui peuplent ce monde, au plus fort de leur puissance se nourrissant des crimes, tortures et perversités diverses perpétuées en offrande pour eux…

La police aidée de plusieurs médiums arrivera-t-elle à mettre fin au mal omniprésent ?

Impossible de sortir indemne d’une telle lecture, j’ai fait de nombreux “aller/retour” dans ma lecture, mais j’étais en haleine du début jusqu’à la fin.
Original, machiavélique, et riche en rebondissements.
Bravo Martine Chifflot, j’ai dévoré un véritable “chef-d’œuvre” !

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Extraits :

« À maintes reprises, ils avaient dû refuser de défendre des clients abjects dont les manigances avaient causé des pertes ou des faillites irrémédiables. Ces escrocs avaient parfois gain de cause dans les procès car la vertu se défend souvent mal. Les cabinets concurrents étaient moins scrupuleux et le pays souffrait de cet amoralisme contagieux. »

« Madame Elton était arrivée en larmes et s’était effondrée dans le bureau. Elle avait sans doute trop attendu avant de signaler le fait. Mais sait-on jamais si quelqu’un reviendra et à quel moment ? C’est là le problème. Les gens attendent des heures, quelquefois plusieurs jours et quand l’enquête commence, certains indices précieux ont, eux aussi, disparu. La pluie, le vent, les balayeurs effacent les traces. Le temps recouvre le drame d’une sorte de manteau silencieux. »

« La médiumnité est plutôt une charge pour tous ceux qui l’éprouvent réellement, seuls les charlatans s’en réjouissent, et Suzanne s’efforçait de refouler ses prémonitions et de taire ses visions. Depuis quelques semaines, des cauchemars la troublaient pourtant et elle sentait qu’un gros nuage allait passer. Il conviendrait sans doute de se remettre en activité de réception car des innocents paraissaient pâtir dans des tréfonds obscurs. »

« William pleurait de douleur et de joie, il souffrait le martyr, mais il avait rencontré deux amis, un homme des bois extraordinaire et un loup déguisé en chien. Pourraient-ils l’accompagner à New Town pour effectuer leur déposition ? Il le leur demandait instamment. Pour Oswald, c’était soudain une bouffée d’espoir, il avait rencontré un vrai policier et son chien était heureux. Malgré sa haine de la civilisation, il irait à la grande ville. »

Écrivain, auteure et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe ici un roman percutant, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie hdr et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.

Drame, Noir, Polar, Suspense

Une bonne raison de mourir

de Arthur Caché
Broché – 5 octobre 2023
Éditeur : Taurnada

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Quand un ancien géologue disparaît mystérieusement près de Paris, Beryl, jeune chef de groupe à la Crim’, se saisit aussitôt de l’affaire. Assistée de Rudy, son adjoint au passé tourmenté, puis d’Ara, un ancien flic reconverti dans le trafic de contrefaçons, elle remonte la piste d’une compagnie pétrolière en Turquie. Mais tandis que les découvertes troublantes se multiplient et que les cadavres s’accumulent, des profondeurs de la mer Noire surgit un terrible secret… Beryl comprend alors que le plus effroyable des comptes à rebours a déjà commencé…

 

• Couv_2023-106_Caché Arthur - Une bonne raison de mourir

 

Un grand merci à Joël pour ce nouveau service de presse.

Je me demande vraiment comment Taurnada éditions arrive à trouver des auteurs proposant régulièrement des romans d’une telle qualité. Impossible de s’ennuyer une seule seconde.

Je découvre Arthur Caché avec cet excellent second roman et de plus, un sujet que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire.
Un polar qui gravite entre le monde de l’industrie pétrolière, les escroqueries à une échelle mondiale et des politiciens et des hommes d’affaires véreux. L’intrigue aurait pu être classique, mais l’auteur a su trouver le bon rythme. En effet, Arthur alterne son récit intelligemment entre la science, le domaine de la recherche pétrolifère sans jamais laisser de côté l’enquête policière qui, chapitre après chapitre gagne en puissance et en rebondissements !
Durant ma lecture, j’ai essayé de deviner le travail énorme de recherche nécessaire à Arthur, sur la complexité de la thématique abordée, et sa transposition, qui en fait un roman dynamique plein de suspense, fluide, très agréable, mais surtout accessible à tous, où rien n’est laissé au hasard !

Sur fond d’extraction de pétrole et de gaz, Arthur nous emmène à travers une enquête inquiétante, semée de cadavres qui suit la disparition d’un scientifique qui détenait des informations à priori d’une importance capitale, qu’il souhaitait transmettre à Beryl, cheffe de groupe de la Crim’, qui n’est autre que la fille de l’un de ses anciens amis reporters, aujourd’hui décédé.
La surprise passée, c’est l’implication de son père dans cette enquête, qui va la mener à l’étranger, qui lui donnera la force nécessaire malgré les risques et les périls encourus.
Une enquête sans temps morts, pour la jeune policière et son adjoint.

Une très belle surprise pour ma part. Impossible de lâcher ce roman avant le point final… qui n’en est peut-être pas un !
Un sujet passionnant que je ne peux que vous recommander…

Arthur Caché, un auteur à suivre !

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Extraits :

« Dire que Rudy Ferey revenait de loin était un euphémisme. L’intervention d’une psychologue plus armée que les autres (et aussi mieux entourée, son ami procureur de la République ayant accepté d’effacer le casier judiciaire de son patient) lui avait permis de s’extirper de cette situation désespérée et de retrouver le chemin du succès. Bac, licence, école d’officiers. »

« Elle vit son supérieur opiner d’un air grave – de circonstance par rapport à la situation -, mais devina à son regard brillant sa satisfaction de voir son équipe occupée sur cette nouvelle affaire. L’ADN de la brigade criminelle, ce sont les enquêtes ; pas les heures à jouer aux cartes en attendant que tombe un cadavre. »

« L’appel à l’aide était venu d’un ami de son père, voilà pourquoi elle se sentait obligée d’y répondre. Y renoncer serait revenu à trahir l’homme qu’elle admirait le plus sur cette planète. »

« “Au fait, pourquoi est-ce que vous nous aidez ?”
L’homme remonta la fermeture Éclair de son blouson et la considéra avec gravité.
“Pour la même raison pour laquelle j’ai quitté la police : l’envie d’être du bon côté”, lâcha-t-il.
Rien dans cette réponse ne sembla à Beryl de bon augure pour la suite. »

« “Le pétrole naît de la transformation, dans les profondeurs de la Terre, de la matière organique issue des restes de plantes ou d’animaux morts. Cette transformation s’effectue sur des dizaines de millions d’années, et voit à terme se créer une substance – du pétrole ou du gaz, selon la profondeur – qui va migrer naturellement vers la surface.” ! »

 

Arthur Caché est né à Reims en 1984. Après une première partie de carrière en tant qu’ingénieur en France et à l’étranger, il s’installe dans les Vosges avec sa famille et décide de se consacrer à l’écriture.
Il publie en mai 2020 son premier roman, Le Cercle des Hellébores Noirs, un ouvrage à mi-chemin entre thriller social et roman noir, dans lequel il dénonce le fléau des violences sexuelles contre les femmes.
Une bonne raison de mourir est son deuxième roman.

Émotion, Drame, Noir, Polar

Surface

de Olivier Norek
Broché – 4 avril 2019
Éditeur : Michel Lafon

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PRIX 2019 MAISON DE LA PRESSE

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

 

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Une histoire très prenante qui va au-delà d’une enquête policière !

Noémie Chastain n’est plus.
Désormais, il faudra l’appeler No…

Suite à une descente chez un dealer parisien qui tourne très mal, Noémie… euh pardon ! No, reçoit une balle dans le visage durant l’intervention.
Défigurée, blessée à l’extérieur comme à l’intérieur, elle est prise en charge par un psychiatre qui s’occupe des soldats de retour du Moyen-Orient. Après une longue période de convalescence et un traitement psychologique, certains collègues et sa hiérarchie du 36 voient d’un mauvais œil un retour à son service. Elle constatera d’ailleurs par elle-même, qu’elle n’est pas encore prête à reprendre ses fonctions. Très vite No, se retrouve parachutée, par une “mutation temporaire” dans un petit village du sud de la France en Aveyron.
Elle vit mal son exil et son rythme de travail parisien dérange très vite ses nouveaux collègues locaux. L’apparence tranquille du village et de ses habitants cache des secrets qui ne vont pas tarder à remonter à la surface.
Le cadavre d’un enfant est retrouvé en plein milieu d’un lac créé par un barrage, il y a quelques années, dans un fût qui flotte librement…

Le récit commence vite et fort.
Bien qu’il s’ouvre son récit avec une scène et un décor familiers de sa série Code 93, “Surface” a un style et un rythme très différents de ceux auxquels Olivier m’avait habitué, meurtres liés à la drogue, les banlieues parisiennes surexcitées. Ici nous avons des habitants d’un village semblant tous stéréotypés, des policiers un peu naïfs, avec aux commandes un maire très ambitieux, ouvertement raciste qui veut redresser la situation de la région et de son village, à tout prix… Mais tout ne sera pas tel qu’il le paraît…

Un récit bien structuré, intelligent, où j’ai aimé tout particulièrement le suivi du personnage principal Noémie, durant sa reconstruction mentale. Un récit où Olivier après avoir ferré ses lecteurs se permet de les “promener” dans tous les sens grâce à son intrigue intelligente et à son rythme de révélations, on voit bien qu’il sait de quoi il parle… Il y a aussi de nombreuses sensations fortes.

Un polar prenant, très agréable à lire, très pro !

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Extraits :

« Pendant cette tempête de douleur et de terreur, elle ne les avait pas quittés du regard. Paralysée, mais consciente. Son œil gauche était fixé sur eux, l’autre était aveuglé par le sang.
Le calme revint et les trois ambulanciers se concentrèrent de nouveau sur leur mission.
Sauver un flic. »

« Elle cligna de l’œil, une fois.
De l’autre côté du miroir, l’étrangère cligna aussi. Elle s’était préparée à voir son visage, même accidenté, mais ce n’était plus son visage. Elle ne s’identifia pas à l’écorchée d’anatomie qui la fixait.
“C’est mon moi mort que je regarde.” »

« Elle fut réveillée en sursaut vers minuit par un cri animal déchirant, une complainte douloureuse. Elle dressa l’oreille, mais n’entendit plus rien. Elle se glissa alors sous les draps et tourna sur elle-même à la recherche d’un sommeil qui se joua d’elle jusqu’au lever du soleil.
Noémie avait espéré laisser ses nuits blanches à Paris, mais elles lui étaient restées fidèles jusqu’ici. »

« Depuis les premières gouttes tombées la veille sur Avalone, la pluie n’avait pas cessé. On avait installé une table sur tréteaux entre deux allées du cimetière et planté un parasol en plastique au-dessus, afin de protéger les archives. Milk cochait sur le listing et écartait les copies des actes de décès au fur et à mesure que Bousquet et Valant criaient à voix haute les noms marqués sur les stèles.
– Claire Favan ?
– Ouais, confirma Milk. Favan, Claire, je l’ai.
– Jacques Saussey ?
– Saussey, Jacques, je l’ai. »

 

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Avec Surface, il nous entraîne dans une enquête aussi déroutante que dangereuse. Un retour aux sources du polar, brutal, terriblement humain, et un suspense à couper le souffle.

Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Suspense, Thriller psychologique

Labyrinthes

de Franck Thilliez
Broché – 4 mai 2023
Éditeur : Pocket

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L’oubli comme seul témoin… Une enquête en forme de labyrinthe.

Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie.
Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car, avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…

“Franck Thilliez nous entraîne avec Labyrinthes dans un formidable casse-tête, brillant exercice de style où plusieurs intrigues se déroulent de front, se superposent
puis fusionnent, pour dévoiler, en fin de compte, une stupéfiante vérité.”

Le Figaro magazine

“Le roi du polar a encore frappé !
Un incroyable dédale qui ne laisse pas une seconde de répit.”
Cosmopolitan

“Retrouvez le romancier, expert ès thriller, qui une fois encore
prend plaisir à explorer les dédales du cerveau humain.”
Femme actuelle

“Aussi déroutant qu’haletant.”
France Dimanche

 

• Couv_2023-102-Thilliez Franck - Labyrinthes

 

Comme le dit si bien Franck Thilliez lui-même : “Cette histoire de fous !”

Si Labyrinthes peut très bien se lire sans avoir lu Le Manuscrit inachevé et Il était deux fois, je vous les conseille quand même, afin d’apprécier pleinement ce dernier volet qui vient conclure cette superbe trilogie.

Dès les premières lignes, j’ai compris que j’allais passer un sacré moment, mais j’avoue que j’étais très loin d’imaginer tout ça…
Quel autre titre Franck aurait-il pu choisir pour clôturer cette trilogie ? Il résume à lui seul les nombreuses pistes qui paraissent très embrouillées tout le long du roman, pour, dans le dernier chapitre, boucler la boucle qui mène vers une fin… Mais est-ce vraiment une fin ?

Franck est un auteur que j’apprécie énormément, il n’hésite jamais à créer des ambiances particulières, imbibées de mystère et pleines de tension. J’ai trouvé son récit incroyable, d’autant plus qu’il est basé uniquement sur des faits avérés. Je vous conseille de bien vous installer au fond de votre fauteuil, et préparez-vous à en prendre plein la tête !

Dans ce roman choral, Franck a donné les rôles principaux à des femmes, leur consacrant systématiquement un chapitre chacune, à tour de rôle, pour mieux nous immerger, et surtout mieux nous perdre. Il y a un bon suspense, la tension va crescendo, c’est très addictif. Âmes sensibles s’abstenir, le sujet : “La violence dans l’Art”, combiné avec des passages particulièrement cruels, pourrais être dérangeant pour certains lecteurs…

Quant à la fin, comme d’habitude, parfaitement maîtrisée, que je n’ai pas vu venir du tout, elle relève du grand art, et m’a laissé complètement coi !

Prêt pour un grand bol d’adrénaline ?
Avec ce thriller, vous mettrez les pieds dans un univers où chacun essaiera de trouver ses propres repères. Mais attention, ne vous fiez jamais aux apparences…

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Extraits :

« Face à eux, la patiente dormait ; le bip lent de l’électrocardiogramme indiquait un sommeil paisible qu’il n’était pas question de perturber.
– D’après ses médecins, physiquement, il n’y a pas de risques. Les analyses biologiques révèlent des carences, mais rien de grave. Quant à ses engelures, même si certaines sont assez profondes, elles ne laisseront pas de séquelles. Psychologiquement, en revanche, c’est une autre histoire. Je vais faire au plus simple : tout a disparu de sa mémoire.
– Quand vous dites “tout”…
– L’intégralité de sa vie d’avant. Elle ne se souvient de rien. Une page blanche. »

« Quitter un cauchemar pour se réveiller dans un autre, pire encore… Tout tourbillonnait autour d’elle lorsque Julie tenta de se redresser. C’était comme dans un manège infernal, un bateau pirate de foire qui tournait autour d’un axe et vous maintenait la tête à l’envers durant d’interminables secondes. La nausée l’envahit, mais elle n’avait rien à régurgiter. Elle s’appuya de ses deux mains sur le sol, essaya de se lever. Le poids de son corps l’attira inexorablement vers le bas et elle se retrouva affalée sur une espèce de linoléum tendre. »

« Elle décida de profiter des heures qu’elle avait devant elle pour mener des recherches sur Internet autour de ses pertes de mémoire. Elle tapa des mots-clés comme « souvenirs erronés », « confusion, mélange souvenirs », « tumeur, cerveau, mémoire ». Et fut rapidement orientée vers la notion de « faux souvenirs ». Des spécialistes expliquaient que chaque individu avait des événements profondément transformés, voire inventés, ancrés dans sa mémoire. Le cerveau étant malléable, il se réorganisait en permanence, et un souvenir n’était pas une photo précise, comme on l’avait longtemps pensé : chaque fois qu’il remontait à la surface, il se reconstruisait avec de nouveaux éléments, mutait, et était réenregistré ainsi.
En définitive, plus on se remémorait un instant, plus celui-ci s’éloignait de la réalité du passé. »

« Vas-y, vas-y !
Véra encourageait la flamme alors qu’elle se propageait du papier au bois sec. La danse se transforma aussitôt en une grande valse rougeoyante. Et la survivante poussa un rugissement de joie. Au bout d’une minute, la chaleur vint heurter son corps. Elle s’approcha. Le feu rentrait en elle et entraînait une piqûre à la limite du supportable sur ses plaies, mais elle devait tenir. Son sang se fluidifiait, ses artères se dilataient enfin. La vie revenait, la chair rosissait, même si les ongles demeuraient, eux, d’un blanc presque bleu. »

 

Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans dont La Chambre des morts, adapté au cinéma en 2007, prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et prix SNCF du polar français 2007, Puzzle (2013), Rêver (2016), Le Manuscrit inachevé (2018) ou bien encore Il était deux fois (2020). Il est également connu pour avoir donné vie à deux personnages emblématiques, Franck Sharko et Lucie Henebelle. Ces derniers sont réunis pour la première fois dans Le Syndrome [E] (2010), qui a été adapté en BD et est actuellement en cours d’adaptation pour une mini-série qui sera diffusée sur TF1. De plus, ces deux personnages sont présents dans les récents Sharko (2017) et Luca (2019) chez Fleuve Éditions. Son recueil de nouvelles, Au-delà de l’horizon et autres nouvelles, a paru en 2020 chez Pocket. Franck Thilliez a publié 1991 chez Fleuve Éditions en 2021, ainsi que Labyrinthes chez le même éditeur, en 2022.
Ses titres ont été salués par la critique, traduits dans le monde entier et se sont classés à leur sortie en tête des meilleures ventes.

Franck Thilliez est aujourd’hui le 3e auteur de fiction moderne le plus lu en France.

Drame, Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Thriller

Dualité

de Sébastien Jullian
Broché – 16 juillet 2022
Éditeur : Atramenta

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Et si vous étiez prisonnier d’un crime qui ne porte pas de nom ? N’avez-vous jamais l’impression que certaines paroles ont été écrites pour vous ? N’y a-t-il pas un autre « vous » qui sommeille ? Que vous susurre-t-il à l’oreille ? Julien se réveille couvert de sang. Une arme à la main, sans victime apparente, et incapable de se rappeler du moindre souvenir. Pris au piège, cet homme au premier abord discret et sans histoire se retrouve rongé par l’angoisse et les émotions antonymes qui, du jour ou lendemain, paralysent son existence. Il part en quête de vérité, sans savoir qui il est réellement et en qui il peut avoir confiance. Cette épreuve semble révéler en lui un être sombre, au comportement impulsif et troublant. Un thriller glaçant sur le thème de la double personnalité qui nous plonge constamment dans le doute et les impressions contradictoires. Le récit est entrecoupé de discussions anonymes qui entretiennent l’incertitude et l’imagination.

 

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J’ai toujours un faible pour les premiers romans… Et encore une fois…
Ça frappe très fort !
Sébastien nous offre un thriller vraiment glaçant, très perturbant et captivant du début jusqu’à la dernière ligne !

Je retrouve déjà, dès ses premières pages, le potentiel de l’écriture surprenante qui tenait déjà toutes ses promesses, dans “On l’emportera dans la tombe”. Mais avec “Dualité”, son écriture est vraiment à fleur de peau !

L’intrigue est super bien menée, et rassurez-vous, je ne dévoilerai absolument aucune information, ce serait vraiment dommage pour les futurs lecteurs.
Un superbe récit très addictif lu d’une traite, une bande originale qui décoiffe et plus encore, Slipknot, Korn, Marilyn Manson, des personnages plus fous les uns que les autres, des policiers complètement perdus…
Mais que demander de plus ?

Sébastien m’a baladé comme un gamin dans cette atmosphère étrange. Il fallait une sacrée imagination et une bonne dose d’audace pour écrire un tel récit. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi torturé, machiavélique et aussi bien construit, dans une tentative de semer le lecteur, et la fin… Magistrale…

Un livre que je recommande à tous ceux qui n’auront pas peur de devenir fou, peut-être ?
Ou, qui voudront en savoir un peu plus sur ce nouvel auteur ?
Mais un conseil, accrochez-vous bien !
Soit Sébastien Jullian, est un excellent écrivain, soit c’est un véritable psychopathe 😂😂😂.
L’avenir nous le dira !

Sacré premier roman… Sébastien m’a mis la tête en vrac !

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Extraits :

« – C’est moi. Je ne peux pas passer te voir tout de suite.
– Pourquoi ? Où es-tu ?
– J’ai tout préparé. C’est au point. Ce sera pour ce soir.
– Non ! Tu vas trop vite. Nous ne sommes pas prêts, c’est trop risqué, ne fais pas ça !
– Ne crains rien, tout se passera bien, tu as ma parole. Tout est réglé comme du papier à musique.
– Si on nous prend ? Si on nous voit ?
– On ne nous prendra pas…
– J’ai peur… »

« À ce moment précis, je crois que je suis revenu à la vie.
Où suis-je ? Que m’est-il arrivé ? J’arrive à peine à bouger.
Je m’appelle Julien Servian. J’ai mal. Je pleure. Cette sensation de peur si angoissante… Les yeux gonflés et humides, fixés sur mes mains ensanglantées que je pointe devant mon visage. La panique me coupe la respiration. »

« Je suis arrivé chez mes parents vers 10 heures. À peine garé, Maman est venue à ma rencontre et m’a embrassé comme on embrasse son fils revenu du front, sain et sauf. Elle n’avait pas d’odeur. Nos deux corps semblaient si glacés. Dans la lueur de ses yeux pétillants, le bonheur de partager un peu de temps avec son seul enfant. On ne se rend jamais assez compte à quel point on fait du mal à nos mères en se cachant tout au long de l’année. Comment peut-on passer d’un état où l’on vit avec ses parents nuit et jour à seulement quelques visites par an ? »

« À peine le temps de saisir ma veste et je suis dehors, prêt à exploser. Il faut que je parte errer, m’oxygéner, sentir l’odeur de la rue. Perdu pour perdu, plutôt que d’attendre sagement la mort, le mieux est de partir en chasse. Il faut que j’aille me vider l’esprit.
Je monte dans la voiture et démarre. Mal à la tête, pas de ceinture, fatigué, névrosé. Je pars pour l’inconnu. Au cas où, le couteau est toujours là, dans le coffre. Malheur à celui qui croisera ma route. »

Informaticien de métier, entraineur de football et père de deux enfants, j’ai pris le gout de la lecture depuis 2016. Les trajets en train, la sieste des enfants, les insomnies nocturnes, sont autant de moments qui m’ont également permis de m’adonner à une nouvelle passion : l’écriture de thrillers.

J’aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur. Un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs…

Mon second roman « La Genèse du Talion » est disponible depuis septembre 2019. L’intrigue se situe en 2018, au cœur du commissariat de Grenoble mais également en Savoie et en Croatie. Il s’agit d’un thriller fluide et captivant croisant divers évènements comme l’assassinat d’un avocat, un suicide mystérieux, et un « cold case » au sujet du viol d’un jeune lycéen s’étant donné la mort il y a 14 ans. A l’époque, quatre de ses camarades avaient été accusés puis acquittés après un procès stérile.

L’enquête va peu à peu mettre au gout du jour une terrible vengeance, orchestrée de manière millimétrée et infaillible. Le roman aborde divers thèmes comme le harcèlement scolaire, le piratage informatique mais également l’influence exercée autour des personnalités de forte notoriété lorsqu’elles sont impliquées dans une affaire judiciaire de grande ampleur.

On l’emportera dans la tombe
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/16/on-lemportera-dans-la-tombe/

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

La joggeuse

Une enquête de Lola Duval
de Chris Loseus
Broché – 22 août 2023
Éditeur : Autoédition

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Deux meurtres le même jour à 1200 km de distance. L’un à Nice, l’autre au Mont-Saint-Michel. Deux joggeuses portant des stigmates identiques à ceux retrouvés sur une première victime trois ans plus tôt.
Qui est la prochaine victime ?
Qui est l’assassin ?
Lola dispose de quatre jours pour déjouer un plan machiavélique.

 

• Couv_2023-098_Loseus Chris - LA JOGGEUSE

 

Lola Duval, jeune maman et capitaine de police, s’apprête à fêter son dixième anniversaire de mariage. Malheureusement, sa soirée va être complètement bouleversée par une sonnerie de téléphone. Un appel de son supérieur, qui lui somme de le rejoindre sur le lieu d’un nouveau crime en forêt près de Nice. Le cadavre d’une joggeuse qui les ramène étrangement vers une enquête non élucidée datant de trois ans. Quelques heures plus tard, elle apprend qu’un crime absolument identique a eu lieu à quelques heures d’intervalle. C’est encore une joggeuse, à plus de mille deux cents kilomètres du premier meurtre, en Bretagne, avec les mêmes signatures très particulières… Le meurtrier se permet même de contacter la police, pour leur indiquer un nouveau meurtre qu’il a l’intention de commettre quatre jours plus tard, très exactement…

Commence alors, pour Lola et son équipe, une course contre la montre effroyable !

J’avais déjà lu des romans de Chris Loseus et à chaque fois, c’est pareil, c’est très rythmé, pas de temps mort, un bon suspense, et il arrive très vite à m’entraîner dans ses aventures palpitantes. Mais ce coup-ci le sujet est différent, l’émotion prime sur le récit en lui-même et ses personnages sont attachants quels qu’ils soient. D’ailleurs, même Lola est très différente de “La Femme Flic” à laquelle nous pourrions être habitué.

J’ai beaucoup aimé le sujet de l’intrigue, et la façon dont elle est menée, l’écriture est percutante et très visuelle… Et le bonus, c’est de savoir que nous allons retrouver Lola dans de nouvelles enquêtes !!!

Un excellent roman à vous procurer au plus vite…
Bravo Chris !

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Extraits :

« Soudain, elle entendit le souffle d’un joggeur évoluant dans la même draille du maquis. Une sente sinueuse tracée autrefois à travers un inextricable fouillis végétal.
Il sembla mettre ses pas dans les siens. Elle imagina qu’il s’agissait d’un coureur expérimenté. Un sportif aguerri, capable de canaliser son énergie pour optimiser ses mouvements et son allure. Cette pensée la troubla.
Il respirait rapidement, mais profondément, produisant une mélodie sourde qui montait jusqu’à Lucie, comme un leitmotiv lancinant. »

« Le martèlement des pas rapides gagnait en intensité derrière elle.
Une petite voix intérieure lui cria d’accélérer ! Elle allongea nerveusement sa foulée et parvint à distancer le Souffle. »

« C’était entre nous. Nous ne voulions pas subir de pression. Éviter les conseils… Plus vous en parlez autour de vous, plus vous stressez. C’est un cercle vicieux.
Lola tendait l’oreille. Des « suggestions » comme celles faites par ses parents lorsqu’ils essayaient, Pierre et elle, d’avoir leur premier bébé. Des remèdes à la poudre de perlimpinpin, des remarques sur l’environnement de travail de Pierre. Un bureau surchauffé. « Ce n’est pas bon pour la fertilité, tu sais ? Des études ont été faites… Tu devrais le lui dire ! » Ou encore : « Tu devrais perdre du poids. L’embonpoint ce n’est pas bon pour une grossesse…»
Elle voyait, oui. Les « il faudrait que… J’ai lu quelque part que… Si j’ai un conseil à te donner… »

« Lola catégorisait les hommes. Il y avait les insouciants, les irresponsables, les égoïstes (et ils étaient nombreux) et les piliers. Ces êtres capables de braver les tempêtes à vos côtés quoiqu’il arrive. »

« Lola détestait les hôpitaux. Le sol qui feutrait les pas et collait à vos semelles comme de la glue. Les odeurs de bouffe cuite à l’eau mélangées à celles des produits désinfectants. Les murmures dans les couloirs. Les yeux rougis par les larmes. »

« Les technologies modernes nous éloignent des vraies valeurs, du goût de l’effort, de la concentration, de la remise en question… Les médias, les réseaux sociaux… Devant les arrêts de bus, dans les salles d’attente… Les gens passent leur temps les yeux rivés sur un écran. »

 

Chris Loseus est un auteur français.

Amoureux des grands espaces il vit dans les Alpes avec sa femme et ses enfants. Il se rend régulièrement aux états-unis pour être au plus proche de ses intrigues.

Il est l’auteur, notamment, de :
– Nouvelle ère (2014),
– 3600 Prospect avenue (2015),
– Chatsworth Creek (2016),
– Résurrection (2017),
– Phobia (collectif 2018)
– Bill dangereuse innocence (2019)
– Le voyage de Madison (2019)
– Les parapluies noirs (2020)…

Dans son nouveau roman, il nous entraine au cœur d’une enquête aux côtés de Lola Duval, une jeune mère de famille capitaine de police.

Drame, Humour, Noir, Polar, Suspense, Thriller

Aughrus Point

La triade irlandaise*
de Gérard Coquet
Broché – 7 septembre 2023
Éditeur : M+

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L’Irlande est une île belle et sauvage.
Ses filles lui ressemblent.

Quand les circonstances obligent Ciara McMurphy à revenir sur ses terres natales, en tant que policière, elle replonge sans plaisir dans un monde qu’elle avait oublié.

Celui des luttes indépendantistes.
Celui de la violence et de la folie qui se danse.
Celui où la mythologie celtique explique tout.
Le silence de ceux qui détestent la Garda Síochána presque autant que les Anglais.
Le vieux Zac McCoy et les hommes de son clan sont toujours là, à veiller sur leurs fantômes.

La vengeance est-elle un hasard ?

 

• Couv_2023-100_Coquet Gérard - Aughrus Point

 

J’ai commencé ma lecture comme si j’avais entre les mains un roman “lambda”… Quelle erreur !

Au bout d’une cinquantaine de pages, je me suis rendu compte que si la “forme” était très agréable, sombre, pluvieuse et tourmentée, un meurtre pas-ci, un autre par-là, de la magie, des incantations, de belles descriptions des paysages, mais malgré une bonne dose d’humour, je me suis rendu compte que je n’avais pas saisi le “fond”, et que j’avais perdu l’intrigue du récit.

Stop, j’arrête tout.
Le mieux est peut-être de reprendre depuis le début, n’étant pas un spécialiste de l’histoire irlandaise ni des légendes celtes, surtout que les explications historiques et politiques sont assez présentes.

Oui, j’avais bien vite ressenti la passion de Gérard Coquet pour le pays (et pour la bière aussi… mais ça reste entre nous !), certains mots m’avaient perdu.
Je reprends donc ma lecture.
Il a même fallu que je prenne des notes pour m’y retrouver parmi tous les personnages tous les plus improbables les uns que les autres. Mais ça y est, j’ai définitivement mordu à l’hameçon… et pas besoin de Duck fly, de Connemara Black, ni de Rusty Rat, pour cela !

Difficile de ne pas s’attacher à certains personnages, notamment Ciara au caractère bien trempé, et tout en ambivalence, qui mène l’enquête au sein de la Garda Síochána, la police irlandaise, et se retrouve sur les traces de son passé qui l’a fortement marquée, lui faisant revivre de vieilles rancœurs.
Les légendes et le passé tumultueux de l’Irlande ont la peau dure, pas facile de tenir sa place pour une femme, malgré les drames et les meurtres qui la suivent de près. Mais elle n’a pas dit son dernier mot !

Un polar haletant, très noir, à travers les mythes et les légendes celtiques, et surtout la découverte de l’écriture de Gérard, soignée, érudite et poétique à la fois, avec ce roman violent entre polar et mystères…
Je recommande !

Je ne sais pas pour vous, mais une bonne bière serait la bienvenue… ou peut-être un Bushmills ?
Merci Gérard… pour ces bonnes idées !

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Extraits :

« La dernière phrase du curé résonne encore dans l’église. Zack McCoy, seul au premier rang, regarde ses souliers. Le gauche n’est pas très bien ciré. Aujourd’hui, les yeux rougis et la gorge nouée, il en veut au monde entier. Dans son dos, le raclement des pieds de chaises sur les dalles lui rappelle que la cruauté des hommes ne mérite pas l’apitoiement. »

« Ça n’a servi à rien. Jessica est morte d’une balle dans la tête, sur le parking du terminal d’embarquement de Ringaskiddy. Avant-hier, avec James O’Brien, il a creusé sa tombe. Aujourd’hui, le Connemara l’a enterrée. McCoy referme le registre et vide son verre de Jameson. L’alcool lui pique les yeux. Maintenant, il est seul et déjà vieux.

“Je ne me souviens plus au coin de quelle route
Ma vie a déposé le fardeau de l’espoir ;
Et j’ai tout vu mourir, la foi comme le doute
La tristesse du jour comme l’ennui du soir.”

Sa voix tremble quand il récite une nouvelle fois le poème de Jessica. Enfin, il pleure. Dieu lui laissera-t-il le temps de se venger ? »

« De toute façon, il n’a rien à craindre des pièges tendus par les flics, il suffira de brouiller les pistes sans apparaître au générique. Le grand, avec ses pompes râpées et sa dégaine de SDF, a le profil du con parfait. L’autre, la “chef” selon toute vraisemblance, semble plus difficile à tordre dans le bon sens. N’empêche, elle a un joli cul. Sur cette pensée, il se sert un Bushmills, le whiskey des protestants, et l’avale d’un coup de menton. De nouveau, il jette un coup d’œil par la fenêtre. En bas, les deux perdreaux montent enfin dans leur voiture.
“Elle a vraiment un joli cul !” »

« Lieutenant Ciara McMurphy, 39 ans, brune, cheveux mi-longs et légèrement frisés, des yeux bleus à hurler à la mort, le visage picoré des taches de rousseur réglementaires en Irlande. Belle comme un feu de la Saint-Jean et plus têtue qu’une ânesse. Tu sais qu’à un moment donné, j’étais amoureux d’elle ? Pas de bol, Fergus O’Brien, lui avait déjà foutu le grappin dessus. Aujourd’hui, on a enterré la hache de guerre, mais à l’époque, on s’est battu comme des chiens enragés. Si McCoy ne s’était pas interposé, tu parlerais avec un fantôme. »

 

 

Gérard Coquet est né le jour anniversaire de la mort de Louis XVI… le 21 janvier 1956. Mais il jure encore qu’il n’y est pour rien. Issu d’une longue lignée de blanchisseurs, il passe son enfance avec sa jumelle à se cacher au milieu des draps séchés au vent. Puis dans un ordre aléatoire se succèdent le collège des Lazaristes, un diplôme d’expert-comptable, la guitare basse et la création de ses premières chansons. D’ailleurs, tout vient sans doute de là, l’écriture…

Après la reprise de l’entreprise familiale, il devient juge consulaire avant de créer récemment un cabinet d’archi. Ce qui ne l’a jamais empêché d’adorer la charcuterie, le gamey, le tablier de sapeur et la cervelle de canut ! Sauf bien sûr quand il se ressource en Irlande avec la pêche à la mouche et la Guinness.
Il est aussi le vrai nom du deuxième « clavier » de Page Comann avec Ian Manook. Souviens-toi de Sarah et OUTAOUAIS ont été signé sous ce pseudo.

Son pays de prédilection est l’Irlande où il a séjourné à de nombreuses reprises et dont il s’est imprégné de la culture.

Adolescence, Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

La route du lac

de Xavier Massé
Poche – 7 septembre 2023
Éditeur : Taurnada Éditions

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Blaches est un charmant village réputé pour sa tranquillité… Jusqu’au jour où, au lendemain d’une soirée, trois étudiants sont portés disparus. Que s’est-il passé cette nuit-là ? Que s’est-il passé sur l’unique route qui mène au lac ? Amis, voisins, connaissances… pour les enquêteurs, tous sont suspects. Bienvenue à Blaches.

 

• Couv_2023-097_Massé Xavier - La route du lac

 

La Route du lac, a obligé Xavier Massé à sortir du cadre habituel de ses romans. Pas toujours évident pour un auteur, mais je pense que l’exercice est largement concluant.
Bravo Xavier !

21 avril 2018.
C’est l’anniversaire de Benjamin, le fils à papa du village. Il a décidé, d’inviter un maximum de ses amis vivant à Blaches, près de Lyon, dans un bar où ils ont l’habitude de se réunir les week-ends. Ce sera une méga fête… On chante, on rit, on boit et on danse jusqu’à pas d’heure. Après une dernière tournée avec quelques proches, Benjamin et les autres rentrent chez eux… Personne n’aurait pu imaginer la tragédie qui allait s’en suivre…

En effet, dès le lendemain, certains parents s’inquiètent, trois des jeunes gens ne sont pas rentrés de la nuit. Aussitôt la police contactée, les recherches commencent. Très vite, ils retrouvent le corps de la jeune fille disparue, Mylène, morte au pied d’une cascade alors que deux de ses camarades sont toujours portés disparus. Le capitaine de gendarmerie Michel Leroy accompagné du lieutenant Anthony Ramazzy sont chargés de l’enquête, quand l’un des garçons disparus, Thomas, est retrouvé errant en plein milieu de la forêt. Il ne se rappelle absolument de rien depuis qu’il a quitté le bar la veille au soir… Les enquêteurs décident alors d’axer les interrogatoires, sur la famille et les proches des disparus. Benjamin, lui reste introuvable. Commence alors une enquête minutieuse aux multiples rebondissements…

Xavier a fait très fort, il a l’air de s’amuser tout le long du récit, me perdant à la fin de chaque chapitre quand je pensais avoir trouvé “LE” fil conducteur. L’histoire est tout à fait crédible et le scénario lui, est diabolique. Le grand “plus” de son récit, ce sont vraiment les personnages tels que Xavier les a imaginés. Parmi tant d’autres, le personnage de Rémi est vraiment superbe et très émouvant !

Qu’est-il arrivé à Thomas, Mylène et Benjamin dans ce petit village paisible ?

Des personnages particulièrement réussit, des flash-back très ingénieux, un final avec une vraie surprise, l’imagination débordante de Xavier n’aurait-elle donc plus de limite ?
Personnellement, je ne serai pas contre une suite pour ce récit “puzzle”…

“La Route du lac”, n’a pas fini de parler d’elle !
Un excellent moment de lecture.

Un grand merci aux Éditions Taurnada.

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Extraits :

« Sa respiration était forte et brusque. À son passage, les feuilles virevoltaient et les branches se brisaient sous ses pas. Sa course était effrénée. Elle était effrayée et ne savait plus dans quelle direction aller. Elle ne voyait rien. Les arbres cachaient la lueur de la lune.
En panique totale, elle gémissait de terreur et n’arrêtait pas de se retourner. Elle ne l’entendait ni ne l’apercevait. Ce qui décuplait son stress. Les ronces écorchaient ses mollets, son sang perlait. Elle pleurait. La noirceur de cette forêt était devenue son ennemie. La peur l’engloutissait comme des sables mouvants. »

« Elle était si gentille. C’était une fille adorable, et si douce. Tout le monde l’aimait. Elle n’aurait jamais fait de mal à personne. Mylène riait tout le temps et avait toujours le sourire. C’était la joie de vivre incarnée. Elle avait tout juste 18 ans. Elle avait eu son bac l’été dernier et avait entamé à la faculté sa première année de biologie. Ma fille avait tout pour elle, capitaine. Elle avait la vie devant elle ! »

« “Accroche-toi, mon Rémi.”
Le tenant par les mains, les bras tendus, elle se pencha en arrière. Rémi la retenait de toutes ses forces pour qu’elle ne chavire pas. La musique battait son plein.
Mylène tournoyait. Se penchant de plus en plus en arrière, elle dessinait un cercle imaginaire tout autour de Rémi, et il se prit au jeu. Ils tournèrent tous les deux. Il la regardait sourire. Il se sentait ivre. Ivre de bonheur. Il était comme dans un tourbillon où tout disparaissait et plus rien n’avait d’importance. Pendant un instant, Rémi ne se sentit plus différent. »

« Tandis que cet autre, dans son garage, buvait une dernière bière. Il se frottait le bras comme pour raviver les plaies du passé et celles du présent. Il jeta sa canette dans la poubelle dédiée aux cadavres de verre, puis il commença à mettre des coups-de-poing dans son sac de frappe. Il espérait que l’exercice effacerait certains souvenirs. »

« Son agresseur verrouilla sa prise pour l’étrangler.
Malgré ses tentatives désespérées pour se libérer, le barman commençait à perdre pied, manquant cruellement d’oxygène.
Bataillant mollement, il suffoquait, ayant de moins en moins de force…
Son bourreau resserra un peu plus son emprise.
Franck était à l’agonie. Les bras inertes, il se sentait partir. Ses yeux se révulsèrent et il cessa de lutter.
L’homme maintint sa prise encore quelques secondes, puis lâcha le sac : le corps de sa proie chuta au sol comme une pierre.
“Eh ben… j’ai failli attendre ! ironisa Yannick Provost. Mets-le dans le coffre, maintenant !…” »

 

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 « Répercussions », qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec « L’Inconnue de l’équation », un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

L’inconnue de l’équation
https://leressentidejeanpaul.com/2019/06/05/linconnue-de-lequation-de-xavier-masse/

30 secondes…
https://leressentidejeanpaul.com/2022/02/16/30-secondes/

Némésis
https://leressentidejeanpaul.com/2020/11/04/nemesis/

Émotion, Drame, Fantastique, Noir, Poésie, Roman

BlackWater ******

Pluie
de Michael McDowell
Poche – 15 juin 2022
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

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Si le clan Caskey accuse le poids des ans, il est loin de s’être assagi : révélations écrasantes, unions insolites et réceptions fastueuses rythment leur vie dans une insouciance bienheureuse. Mais quelque chose surplombe Perdido, ses habitants et ses rivières. Le temps des prophéties est enfin venu.

« Je pense que c’est une erreur d’essayer d’écrire pour la postérité.
J’écris pour que des gens puissent lire mes livres avec plaisir,
qu’ils aient envie d’attraper un de mes romans
et qu’ils passent un bon moment sans avoir à lutter. »

Michael McDowell

 

• Couv_2023-087_Mc Dowell Michael - BlackWater ******

 

C’est un peu mélancolique, que je referme ce sixième et dernier tome qui offre un excellent recul sur l’ensemble… Pas moins de 1500 pages qui m’ont tenu en haleine. Extrêmement addictive, cette saga familiale sur plusieurs générations se lit vite, beaucoup trop vite.
Oui, je referme mon livre avec de nombreuses questions… mais la globalité du texte, tant par son suspense que par sa poésie en valait vraiment le détour.

De tome en tome, je me suis attaché, j’ai détesté, j’ai attendu parfois, j’ai été surpris souvent…
À Perdido, les femmes ont mené définitivement la danse dans ce récit follement romanesque et foncièrement populaire, historique aussi saupoudré de vengeance et de mystère et toujours ce brin de fantastique, remarquablement dosé, jamais gratuit, dans l’accompagnement des bouleversements émotionnels de la famille Caskey. Des incursions dans le monde des vivants qui sont, je le trouve, très réussies.

Coup de cœur pour ce roman dans son intégralité.
Coup de cœur pour ces éditions où chaque couverture est un chef-d’œuvre autant par les détails que par la qualité. Je ne me suis pas lassé de les regarder, de les décortiquer découvrant régulièrement de petits détails en lien avec le récit.
Et coup de cœur pour terminer, pour le concept du roman à épisodes, qui m’a fait retourner en enfance, lorsque j’attendais impatiemment les divers périodiques auxquels j’étais abonné !

Magnifique…

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Extraits :

« – Il est presque trop tard pour que vous ayez des enfants, soupira Queenie. J’espérais avoir un autre petit-fils. Mais peut-être que si vous vous y mettez rapidement…
– Queenie, je ne veux plus entendre un mot sur les enfants, coupa Miriam. Si je vois une de ces créatures chez moi, je me servirai de son crâne comme d’un pique-aiguilles. Malcolm, ne laisse pas ta mère te mettre des idées dans la tête à propos de petits-enfants, parce que je peux te garantir que personne ne me fera porter des vêtements de maternité. »

« Elle avait confiance en Lilah comme en elle-même. Ce que Lilah voulait était ce dont elle avait besoin ; ce qu’elle faisait était précisément ce que requérait la situation. En bref, la fillette devint rapidement insupportable. Or, Miriam ne s’apercevait de rien, ou peut-être choisissait-elle de ne rien voir. Elle la chérissait malgré son arrogance, et peut-être l’aimait-elle davantage à mesure que l’enfant devenait plus détestable avec les autres.
Oscar voyait tout ceci et s’en plaignait à sa femme et à son gendre. Selon lui, Elinor et Billy devaient intervenir avant que la petite fille ne soit irrémédiablement perdue. Mais ces derniers laissaient faire. »

« Tous ses rêves de jeune homme – ce qu’il obtiendrait, aurait et serait – n’étaient que des moyens pour parvenir à ses fins. Et cette finalité, c’était le bonheur.
Les choses ne s’étaient pas déroulées comme prévu, loin de là, pourtant il était raisonnablement heureux. Il craignait de se leurrer, de garder intentionnellement les yeux fermés pour clamer haut et fort que les barreaux de sa prison n’existaient pas. Peut-être existaient-ils bel et bien : c’était la maison, c’était Elinor, c’était le verger de pacaniers de l’autre côté de la route, c’étaient la digue et la rivière qui coulait derrière, Miriam et ses incessantes requêtes au téléphone d’un côté, et la forêt de pins sombres de l’autre. Mais si ces barreaux existaient bel et bien, il ne les voyait pas.
Sincèrement, il ne se sentait pas prisonnier ; et si c’était le cas, il faut croire que l’emprisonnement lui procurait un certain plaisir. »

« Il écouta, transporté de joie, avec stupeur ensuite lorsqu’une deuxième voix se joignit au chant, d’abord en cadence, puis à la façon d’un canon. Sa stupeur se fit émerveillement lorsqu’une troisième voix entra dans le chant. C’était celle d’Elinor. Elle chantait comme jamais Billy, ni personne à Perdido, ne l’avait encore entendue chanter. Les trois voix – « féminines, mais pas humaines », songea Billy – poursuivirent ainsi pendant plus d’une heure, aussi longtemps que dura la pluie. Quand celle-ci diminua, les voix aussi. Et quand l’eau ne tomba plus qu’une goutte après l’autre des avant-toits, le chant cessa tout à fait. Billy avait depuis longtemps perdu l’habitude de prier, mais là il implora les nuages de revenir, qu’ils s’abattent au-dessus de la maison dans l’espoir que les voix se remettent à chanter. Mais les nuages avaient dérivé loin de Perdido, et la maison demeurait silencieuse, à l’exception des plic ploc tombant du toit. »

 

Au-delà des manipulations et des coups de théâtre, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série populaire de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.

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Drame, Noir, Polar, Suspense

Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire

de Pascal Alliot
Broché – avril 2023
Éditions : Lazare et Capucine

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Itinéraire sanglant et halluciné d’un jeune homme, meurtrier en série, qui séduit puis assassine sordidement des jeunes femmes rencontrées au hasard de son chemin, laissant à dessein une trace sanglante et macabre bien identifiable.
Il va pourtant tenter de revenir sur son enfance tourmentée, essayer d’échapper à ses démons, refaire sa vie, mais l’amour appelle inexorablement le sang.
Un juge va se lancer à sa poursuite et le retrouvera, quinze ans après, alors qu’il vit reclus dans un phare.
L’heure du jugement sonne enfin.
Ce magistrat n’a rien non plus d’un homme ordinaire…
Pourtant, justice doit être rendue. La foule gronde et appelle le sang. Mais non, cet assassin pas ordinaire ne mérite pas une peine ordinaire…

 

• Couv_2023-076_Alliot Pascal - Journal ordinaire d'un assassin pas ordinaire.jpg

 

Pascal Alliot signe avec Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire un premier roman assez troublant, intéressant et bien écrit, mais qui pour moi a manqué d’un petit quelque chose pour l’apprécier au mieux.

Le récit se déroule en France au milieu du 19ème siècle. Un tueur en série sévit régulièrement le long du canal de Beaulauris, mettant à mal l’efficacité de la police et du “pauvre” juge Mourrisseau, qui en fera son “affaire personnelle” et ce, durant plusieurs années. Il ne s’arrêtera pas avant de trouver celui qui se livre à ces horribles meurtres.

Au début de ma lecture j’ai été agréablement surpris par le style de l’auteur, une écriture élégante que j’ai même trouvé drôle parfois… et oui ! La thématique du récit est intrigante, mais j’ai trouvé la première partie lassante, trop longue et répétitive, j’ai fini, bien malheureusement, par m’ennuyer de cette succession de meurtres, tous plus ou moins semblables. Ce sont ainsi, dix jeunes femmes qui vont être assassinées les unes après les autres, de manière horrible…

Puis enfin, à partir du second chapitre, on en apprend un peu plus sur le tueur. Ses origines. Pourquoi autant de sauvagerie dans son mode de fonctionnement ? et surtout pourquoi tuer toutes ses jeunes femmes systématiquement ?

La suite du récit, incluant suspense et rebondissements va rattraper mon impression ressentie lors du premier chapitre.
Un livre qui se lit très vite, avec de très bonnes idées. J’essayerai quoiqu’il en soit, avec plaisir un autre roman de Pascal pour ne pas rester seulement, sur cet assassin pas ordinaire !

Je reste malgré tout certain que ce livre trouvera son public !

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Extraits :

« Marianne marchait tranquillement lorsqu’elle croisa le regard que posait sur elle ce jeune homme qui semblait si doux. Pas un homme de par ici, pensa Marianne. Il était beau et se tenait à une bonne quinzaine de mètres. Le coup de foudre fut immédiat. Elle ne put y résister. Comme un appel vers l’infini désir. Jules, c’était superbe, mais pour les choses du sexe, un bel amant étranger vaut plus que tout. Donc, à sa totale surprise, elle se donna très vite à lui, dans les hautes herbes. Elle ne sentit nullement la lame du couteau qui l’égorgea ni les multiples coups qui lui furent portés au ventre. La police en comptera vingt-sept un peu plus tard, lorsqu’ils découvrirent, horrifiés et pâles, le corps inerte et sanglant de la belle Marianne. »

« On retrouva le corps nu d’Apolline le 26 juin 1867.
Le visage avait été écrasé par une grosse et lourde pierre lancée à la volée, réduisant en bouillie ce visage d’une beauté remarquable. Il y avait un atroce « F » taillé sur trois centimètres d’épaisseur sur le bas du ventre de la jeune femme et vingt-sept coups de couteau portés avec une sauvagerie extrême. Comble de l’horreur, les deux seins découpés, posés près des genoux. Aucune rose dessinée cette fois ou déposée sur le corps. »

« La délicieuse jeune femme avait été égorgée avec un couteau de belle dimension, très hâtivement, vu la large et horrible plaie ouvrant sa gorge. Elle porte aussi la trace de vingt-sept coups de couteau en de multiples endroits sur son ventre. Ses deux seins avaient été découpés et déposés sur les côtés au niveau des genoux. Il y avait également cet atroce « F » taillé sur le bas-ventre de la jeune femme. Et cette rose, naturelle, posée sur son abdomen. Et, nouveau détail, deux baisers de sang déposés sur son sexe et ses lèvres, marquées de morsures. »

 

Archéologue céramologue, Pascal Alliot vit en Espagne, près de Barcelone.
« Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire » est son premier roman avec lequel il nous entraîne dans un imaginaire brutal, onirique, riche et haletant, nous faisant visiter les tréfonds de l’âme tourmentée d’un meurtrier.