Historique, Noir

Mon cœur restera de glace

de Éric Cherrière
Poche – 11 mars 2021
Éditeur : Mon Poche

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Il existe au cœur du cœur de la forêt un endroit où vivent les sapins les plus anciens, protégés du vent comme de l’exposition au soleil, de la pluie, de la neige. Protégés aussi du regard des hommes. Une combe lointaine et tempérée qui fut un jour une frontière infranchissable devant laquelle l’enfant s’était dit  » Quand je serai grand, je vivrai là. »

Dans ces bois du fin fond de la Corrèze, un jeune garçon trouve refuge en 1918, en compagnie de son frère, une « gueule cassée ». Une guerre plus tard, des soldats allemands s’y enfoncent, sur les traces d’une de leurs unités disparues. Ces mêmes arbres que l’on retrouve en 2020, peints sur les murs de la chambre d’hôpital d’un vieillard allemand.

Aujourd’hui le vieil homme va parler. Révéler le secret de cette forêt qui ébranlera bien des existences, bien des certitudes. Bien des familles.

De 1918 et 1944 à 2020, Mon cœur restera de glace couvre un siècle de guerres fratricides. Ce roman noir, qui explore les destins d’individus ordinaires perdus aux carrefours de l’histoire, est aussi le roman de la beauté face à la violence. De ces fleurs qui poussent sur les champs de bataille.

 

2021_016_Cherrière Éric - mon cœur restera de glace

 

Bonjour à toutes et à tous,

Il m’arrive parfois de tomber sur des livres qui me laissent sans mots, sans un petit “tout début de phrase” pour entamer mon “Ressenti”. Ce roman, que je tiens encore entre mes mains, m’a complètement chamboulé… Le récit est poignant, sombre, fort, dramatique et très intense et ce en très peu de pages (228). Mais il y a aussi tellement de fraicheur…
Chaque page tournée, m’a offert un tel contraste entre une certaine poésie et la cruauté des hommes en temps de guerre…
Eric tisse sa toile et nous propose une superbe intrigue sur trois époques différentes mais étroitement liées, nous offrant ainsi un récit très dense.

1918
Lucien Faure, maire et boulanger d’un petit village en Corrèze, perd son fils et de ses petits-fils : le premier a été porté disparu au front, l’aîné de ses petits-enfants est revenu sans bras, une jambe en moins et l’autre coupée, le plus jeune, a disparu au plus profond de la forêt et n’a jamais été revu.
1944
Un convoi allemand traverse la même forêt et disparaît à son tour…
2020
Un ancien criminel de guerre allemand décide enfin de raconter son passé.
Va-t-il révéler les secrets de cette forêt ?

Quelle plume !
À la fois poétique, très visuelle, et parfois même cinématographique…

Ce roman lu d’une seule traite, se savoure, se lit avec attention et mais surtout beaucoup d’émotions…

À lire absolument

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Extraits :

« À observer et dessiner en silence, il voyageait entre ses souvenirs jusqu’à celui qui chassait tous les autres : son père s’en allant à la guerre, en août 1914. Où qu’il aille, quoi qu’il fasse, l’enfant emporterait toujours avec lui l’image de ce père qui se retournait sans cesse, sans les saluer, sans sourire, sans rien faire d’autre que partir en marchant à l’envers. L’enfant protège et chérit cette image autant qu’elle le meurtrit. Elle est un mal qui lui fait du bien. Il éprouve le sentiment que jamais rien d’autre ne lui appartiendra autant que ce souvenir. La dernière fois qu’il a vu son père. »
…/…
« C’est au cours de ses observations patientes que l’enfant a découvert que les arbres parlent entre eux, mais aussi avec les insectes et les étoiles. La poussière et le vent. La tourbe. Tout parle avec tout et lui, l’enfant, fait partie de ce tout. »

 

 

Éric Cherrière est réalisateur, scénariste et écrivain. Il est l’auteur de Je ne vous aime pas (Le Cherche Midi, 2010, prix du Polar de la prison de la Santé). Il a également écrit et réalisé deux longs-métrages, Cruel, Grand prix du polar de Cognac 2016, et Ni dieux ni maîtres en 2019.

Émotion, Histoire

La commode aux tiroirs de couleurs

de Olivia Ruiz
Broché – 3 juin 2020
Éditeur : JC Lattès

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À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

La commode aux tiroirs de couleurs signe l’entrée en littérature d’Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l’Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l’exil.

« Un magnifique roman sur l’exil. Un petit bijou. » Le Parisien
« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina
« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL
« Racé comme du Almodóvar. Un coup d’éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point
« Par la grâce d’un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l’Ouest
« Cette épopée ne s’oublie pas. » Le Figaro
« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres
« Un émouvant premier roman autour d’une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle
« Un superbe premier roman. » Europe 1
« Une réussite. » Causette

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Je viens de terminer ce roman très émouvant.
Merci Olivia, pour cette histoire à la plume légère, efficace et remplie de générosité à travers une histoire forte.

Avec une certaine profondeur et un style pétillant, Olivia nous montre qu’elle a une très belle plume. Très vite j’ai été emporté dans les tiroirs de cette commode renfermant des secrets de famille…
Joies, peines, vies intenses et riches d’amour.

Ce roman me faisait de l’œil depuis sa sortie.
Une pincée d’histoire, une pincée d’intrigues, ce roman d’amour engagé relate d’une très belle lignée de femmes fortes qui plient mais ne rompent pas ! Quatre générations de femmes qui luttent.
Le récit commence par la guerre civile espagnole et son régime franquiste qui pousse la population à la fuite… On découvrira la vie certains immigrés espagnols en France, et leurs relations pas toujours faciles avec les Français dans la région de Narbonne…

Ce roman a très vite résonné en moi, fils d’immigrés portugais qui ont quitté leur pays, aussi à cause d’un régime totalitaire ! Je me suis revu, enfant qui peinait à comprendre certains “Pourquoi” !
Une guerre qui détruit un peuple.
La fuite, les larmes, les morts, puis la France, terre d’accueil… Mais montrées du doigt, les communautés étrangères se réunissent dans les quartiers les plus défavorisés où ils tentent, tant bien que mal à s’intégrer.

Olivia nous raconte, comme si nous y étions, l’histoire de son Abuela, Rita.

Très beau premier roman, fluide, parfois humoristique, avec des mots pleins de mélancolie, qui ont touché mon cœur.
Je vous recommande vivement cette “petite” Histoire, car tout simplement, Olivia Ruiz a vrai un talent de conteuse…

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Extraits :

« J’ai tellement attendu ce moment que je risque de mourir après l’avoir vécu. Enfin, après tant d’années d’impatience domptée, je vais savoir pourquoi elle s’emballait à ce point pour cacher le secret que renfermait ces dix tiroirs. Ma grand-mère les nommaient ses renferme-mémoire. »
…/…
« Je me cache pour rougir quand il a de jolis mots à mon sujet que je ne suis pas censée comprendre. Et je ne comprends pas tout. Il dit parfois que je suis sa liberté, que je suis le poumon que Dieu lui envoie pour qu’il respire enfin, que je suis les yeux qui lui font voir que le monde n’est peut-être pas totalement foutu. Je crois que ce n’est pas mon cas. »

 

 

Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D’origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n’en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.

En tant qu’auteure, compositrice et interprète, pourquoi avez-vous eu envie de passer de l’écriture de chansons à celle d’un roman ?

Quand je raconte mes histoires en chanson je dois me restreindre en permanence pour que le fond s’adapte au format. Parfois c’est amusant, parfois c’est frustrant. Quand je pense un personnage, je le construis de bout en bout, je sais l’odeur de son parfum, ce qu’il prend au petit-déjeuner, les visages de ses amis, la marque des cigarettes qu’il fume… et je n’en garde que le détail le plus parlant. Le roman permet d’aller plus loin, de prendre le temps d’installer une situation, un état émotionnel. J’ai adoré l’exercice inverse aussi, celui de travailler à garder un rythme de bout en bout pour le livre, comme pour une chanson. Et ça pour le coup, c’est clairement plus difficile sur 200 pages que sur quatre minutes trente.

Quelles ont été vos inspirations pour écrire La commode aux tiroirs de couleurs ?

Les témoignages et les documentaires traitant de la guerre d’Espagne et de l’exode des républicains espagnols m’ont aidée. Mais ils sont peu nombreux et cet épisode est quasiment passé sous silence dans les livres d’histoire, alors… Les romans que j’ai tant aimés sur le sujet m’ont portée probablement. De Lydie Salvaire à Serge Pey. Le films qui ont forgé mon désir de comédienne et de réalisatrice aussi, d’Almodovar à Iñárritu. Et bien sûr les femmes de ma vie ! Ma mère, mes grand-mères, mes tantes, mes amies.

Que souhaiteriez-vous dire aux lecteurs avant qu’ils ne tournent la première page ?

Merci d’être venus jusqu’à moi d’abord ! Puis que nous sommes tous riches de nos trajectoires et de nos tragédies, et que les femmes de la commode vous prouveront j’espère que l’on peut faire quelque chose de beau en assassinant le silence. Même à une minuscule échelle.