Noir, Polar, Thriller psychologique

Les Démoniaques

de Köping Mattias
Broché – 6 octobre 2016
Éditeur : RING

C’est l’histoire d’une vengeance.
L’histoire d’une fille qui affronte une bête.
Son proxénète, son violeur.
Son père.

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Dans un thriller à la densité paroxystique, Köping prend le lecteur à la gorge et connecte, page après page, les fils d’une bombe à retardement. Une onde de choc étourdissante qui fait figure d’événement dans la scène littéraire française.

 

2020_017_Köping Mattias - Les démoniaques

 

Bonjour à toutes et à tous.

La lecture a cette chose de magique qui nous permet en quelques pages de passer ainsi d’un univers à l’autre…

Mattias m’avait bien averti, il m’avait dit que c’était extrêmement noir, mais je ne m’attendais pas à un tel tsunami !

Aucun temps mort dans ce roman très sombre et très addictif.
J’ai régulièrement été mal à l’aise dans certains paragraphes et malgré l’horreur se déversant dans un flot incessant, je ne pouvais pas lâcher le livre…

Kimy et plusieurs autres filles enfermées dans des caves de son QG, subissent les viols réguliers de “l’Ours”, Jacky Mauchrétien, dont elles sont les victimes de toutes ses envies lubriques. Pour tous les autres, tous les pontes des alentours, policiers et cols blancs, tant qu’ils payent, ils sont libres aussi de faire ce qu’ils veulent. Kimy, cherche à tout pris à sortir de ce cercle infernal et veut se venger de l’Ours, son père, à la fois violeur, tueur, dealer, proxénète et pédophile. L’Ours domine, l’Ours fait peur…
Gare à celui ou à celle qui oserait s’opposer a lui !

Mais heureusement, au milieu de toute cette horreur, de toute cette folie, il y a une lueur de beauté qui s’allume soudain.

Le roman va au delà de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent.
Oui c’est cru, oui c’est dur, écœurant même, mais, j’ai l’impression qu’il suffit de regarder ce qui se passe actuellement autour de chez nous, de suivre les actualités, pour se rendre compte de la crédibilité du sujet abordé. Prostitution, esclavage sexuel, drogue et pédophilie.

Pour moi, un très, très bon roman, mais attention, âmes sensibles s’abstenir.

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Extrait :
« Elle s’était débattue quand le fourgon avait stoppé. Le Simplet lui avait asséné quelques bons coups de pieds dans le bide. Puis ils l’avaient traînée hors du véhicule. Elle ruait, soufflait, criait. Les arbres se dressaient en silence dans la brume froide, conspirateurs.

Ils l’emmenèrent en plein milieu de la forêt. Simplet marchait devant en la tirant par les cheveux. Elle suivait tant bien que mal, trébuchant et se démenant avec véhémence. Il parvinrent à une fosse. Une pelle et des sacs de chaux attendaient, prêts à l’emploi. Tout courage l’abandonna alors. Elle cessa de résister. Ils la mirent à genoux. Dany lui trancha la gorge comme à un goret. Elle écarquilla de grands yeux stupéfaits et tomba la tête la première dans le trou. Le Simplet déversa de la chaux sur le cadavre, reboucha l’excavation en sifflotant et s’octroya une bonne bière quand la besogne fut finie. Il urina ensuite sur la tombe et s’en fut de son pas chaloupé de troll. »

 

 

Mattias Köping est né au Havre en 1972, il vit en Normandie. Passionné de littérature nord-américaine et de boxe anglaise, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

« Les Démoniaques » (2016), son premier roman, a été salué unanimement par la critique et a reçu deux prix littéraires : le Grand Prix du Jury des Mines Noires (2018) et le Prix Découverte des Géants du Polar (2018).

« Le Manufacturier » son second thriller, est le polar le plus acclamé de l’année sur les blogs polars et les réseaux sociaux francophones. Netflix étudie la possibilité de son adaptation depuis novembre 2018.

Mattias Köping est, avec Boris Dokmak, Laurent Obertone et Marsault, membre du Ring Wall of fame.

Thriller psychologique

La Cave aux poupées

de Magali Collet (Auteur)
Broché – 19 mars 2020
Éditeur : Taurnada Éditions

Manon n’est pas une fille comme les autres, ça, elle le sait depuis son plus jeune âge. En effet, une fille normale ne passe pas ses journées à regarder la vraie vie à la télé. Une fille normale ne compte pas les jours qui la séparent de la prochaine raclée monumentale… Mais, par-dessus tout, une fille normale n’aide pas son père à garder une adolescente prisonnière dans la cave de la maison.

 

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Attention !
Livre à ne pas mettre entre toutes les mains…

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Chuuuuut…
Manon habite avec Le Père.
Elle a grandi dans la peur, les coups, l’humiliation…

Chuuuuut…
Le Père enlève de jeunes adolescentes pour “les monter”…

Chuuuuut…
Manon doit les laver, les surveiller, les préparer…

Chuuuuut…
Manon a peur, Le Père la surveille, Le Père ne pardonne pas…

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Bonjour à toutes et à tous…

Le premier roman de Magali Collet est vraiment incroyable. Sordide, malsain et addictif !
“Surtout, ne me prenez pas pour une psychopathe !” dit-elle lorsqu’elle parle d’elle et de son roman.
Magali m’a embarqué avec elle dans son histoire dès les premières lignes.

L’histoire m’a fait peur, elle est tellement violente et réaliste, j’en ai eu froid dans le dos durant une bonne partie de ma lecture, car j’avais tendance à me mettre à la place de ces jeunes filles à la merci de ce bourreau.
C’est un huis-clos écrit dans le langage “parlé” d’une adolescente complètement perdue. Elle n’est jamais sortie de chez elle. Elle n’a jamais vu d’autres personnes que son père et ses “poupées”. Elle ne sait ni lire ni écrire.

Rarement je n’ai eu dans un roman, un personnage aussi “déshumanisé”, aussi abject que ce père qui ne se sert uniquement de sa fille que lorsqu’il en a besoin.
Elle s’occupe de tout à la maison. Ménage, repas, tenue de la maison et surveillance des jeunes filles dans la cave. Et gare à Manon si tout n’est pas parfait comme il le souhaite. Alors Le Père se déchaine sur elle… Coups de poings, coups de pieds, il la “monte” avec violence jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse.

L’intrigue est parfaitement construite. Certaines scènes sont décrites avec un réalisme à la limite du supportable.

  • Qui est ce “père” violent, incestueux, pédophile et criminel ?
  • Comment Manon va-t-elle faire pour arriver à se construire dans “son monde” de souffrance et de perdition ?
  • Pourquoi ne réagit-elle pas plus face à tout ce qu’elle endure ?

J’ai eu beaucoup de mal à m’identifier aux personnages, vous vous en doutez, ce qui n’enlève en rien le côté addictif de la lecture.
Magali Collet frappe fort, frappe juste et propose un roman très bien construit que je ne suis pas prêt d’oublier.

Je vous conseille pour plein de bonnes raisons de découvrir le premier roman de Magali Collet. Il est effrayant !
Merci aux éditions Taurnada, merci à Joël pour cet “OVNI” littéraire.

PS. “Magali, je ne suis pas un psychopathe non plus !”

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Extrait :
« Et lui… lui, il l’a cognée une fois, deux fois, trois fois, des tas de fois et moi je comptais les coups parce que j’ai toujours aimé compter. Il a cogné quarante-sept fois. C’est long à compter quarante-sept coups. Il l’a cognée si fort qu’à la fin, elle a plus bougé… Il est sorti il n’est rentré que le lendemain. J’ai dit à Maman qu’elle pouvait se lever, qu’il était parti, mais elle a pas bougé. Même quand je me suis mise à la secouer. Alors je suis resté avec Ma Maman toute la nuit, à lui tenir la main. Je lui ai mis la couverture de mon lit pour qu’elle n’ait pas froid et je me suis mise dessous, avec elle. Elle avait bien le droit de dormir un peu et puis il fallait qu’elle reprenne des forces parce qu’on allait partir toutes les deux, elle l’avait dit. J’ai bien dormi à côté d’elle. J’ai toujours bien dormi avec Ma Maman. Au matin, Le Père il est revenu. Il l’a touchée, il m’a regardée et il l’a prise dans ses bras comme une princesse. Il l’a emmenée et je ne l’ai jamais revue. »

 

 

Née en 1972 à Colombes, Magali Collet est une passionnée des mots. Elle écrit des poèmes, des nouvelles et des chroniques depuis de nombreuses années. Sa sensibilité à la cause des femmes, celles qui souffrent de ne pouvoir échapper à leur condition, apparaît en filigrane dans tous ses textes. Avec son premier roman, La Cave aux poupées, elle plonge ses lecteurs dans les fosses ténébreuses des âmes, pleines de violences, d’angoisses, mais aussi d’un profond désir de rédemption.