Noir, Drame, Psychologie

Il était une fois la guerre

de Estelle Tharreau
Poche – 3 novembre 2022
Éditions : Taurnada Éditions

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Sébastien Braqui est soldat. Sa mission : assurer les convois logistiques. Au volant de son camion, il assiste aux mutations d’un pays et de sa guerre. Homme brisé par les horreurs vécues, il devra subir le rejet de ses compatriotes lorsque sonnera l’heure de la défaite. C’est sa descente aux enfers et celle de sa famille que décide de raconter un reporter de guerre devenu son frère d’âme après les tragédies traversées « là-bas ». Un thriller psychologique dur et bouleversant sur les traumatismes des soldats et les sacrifices de leurs familles, les grandes oubliées de la guerre. « Toutes les morts ne pèsent pas de la même manière sur une conscience. »

 

• Couv_093_Tharreau Estelle - Il était une fois la guerre

 

Attention !
Ce roman noir est une véritable bombe à retardement… Il m’a emporté avec son ton journalistique durant toute ma lecture, jusqu’au dernier chapitre, “véritable explosion”, jusqu’à sa dernière phrase, qui donne un espoir… jusqu’à son dernier mot, “Guerre”.

“Il était une fois la guerre”, dernier roman d’Estelle Tharreau, est un condensé de toutes les émotions ressenties par Sébastien Braqui, un soldat brisé par des dommages psychologiques qu’il a subit, brisé par les politiciens qui ne voient que leur intérêt à l’encontre de la vie de centaines, de milliers d’êtres humains. Je l’ai presque perçu le récit comme un documentaire sur la guerre, une intrusion dans un monde noir et terrifiant ou les soldats se soumettent à des ordres qui parfois font froid dans le dos…
Le récit n’est pas raconté par le héros, mais par un reporter de guerre qui témoignera de l’horreur vécu par Sébastien et tous les autres. Je suis devenu alors le témoin du basculement psychologique qui s’installe dans son esprit, des rapports compliqués qu’il vivra avec sa femme qui l’aime pourtant de tout son cœur, avec sa fille, avec qui il refuse tout dialogue, de sa transformation tant physique que mentale. Il se sent humilié, alors il se réfugie dans l’alcool pour “oublier”, et finira par perdre l’estime de lui-même.
Où s’arrête la fiction, où commence la réalité ?
Seule l’auteure le sait.

Estelle a construit son récit d’une main de maître. Pas de phrases inutiles, pas de mots perdus, ils sont percutants et nous forcent à la réflexion sur les aléas de la guerre et le pouvoir de certains. Elle plonge directement, sans épargner ses lecteurs, dans des scènes de conflits violentes, effroyables… Mais pour comprendre la perception du vécu et la déchéance de Sébastien, il nous fallait passer par là, entrer dans sa tête, comprendre sa perdition.

Avec ce quatrième roman lu, Estelle grimpe pour moi une nouvelle marche.
Un roman très visuel, une thématique plus que maîtrisée, un dénouement vertigineux, elle signe un roman qui risque de surprendre plus d’un homme et qui ne laissera de toute façon personne indifférent, qui marquera je l’espère les mémoires…

Je remercie Joël des Éditions Taurnada de m’avoir permis de découvrir une nouvelle facette à son talent !

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Extraits :

« Il était une fois un homme bon devenu une plaie à vif.
Il était une fois un homme et une femme ; un premier de cordée qui entraîne le second dans sa chute.
Il était une fois un soldat ayant dépassé le seuil d’horreur qu’il pouvait endurer et que la vie a transformé en une bombe à retardement que les Hommes ont lentement amorcée jusqu’à l’explosion.
Il faudrait peut-être commencer ce récit tout simplement par “il était une fois la guerre”. »

« Sous les yeux de Sébastien se déroulaient des scènes de vie étrange : des supermarchés d’où sortaient des chariots plein d’abondance, des rues où des gens ne fuyait pas, des enfants armés de cartable. Il se sentait étranger à ce monde qu’il avait pourtant connu toute sa vie. Accaparé par ce sentiment de décalage, il ne pensait plus directement au Shonga jusqu’à ce que cette lisière de bois apparaisse. »

« Nous aurions dû réfléchir à deux fois avant d’envoyer notre vieille armée incapable de rétablir la paix. Nous n’avons fait qu’aggraver les choses. À travers la défaite de notre armée, c’est l’échec de toute la politique du président qu’il faut voir. Nous pouvions sauver ce pays et nous n’avons fait qu’amener cette guerre sur notre propre sol et participer à l’effondrement du Shonga. Mon parti a déjà engagé des réflexions pour une refonte de nos forces armées. À cette occasion, nous allons convier des représentants de l’armée shongaise pour nous aider dans l’analyse de notre défaite militaire. »

« Évitez de mentionner que votre conjoint est militaire, évitez de porter toute marque pouvant le suggérer, appelez la police si vous êtes victime d’une agression, un numéro vert est à votre disposition. »

 

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

 

 

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