de Jean-Marc Dhainaut
Nouvelle
Éditions : Taurnada

Région de Caen, novembre 1982. Brice, 16 ans, se réveille installé à son bureau, un crayon à la main. Perplexe, il observe son lit défait dans lequel il s’est pourtant couché la veille. Que fait-il assis là ? En posant soudain les yeux sur la couverture de son livre de mathématiques, il peut y lire : « Je m’appelle Rose Feibelman, et je suis morte dans cette maison. »
Un événement étrange qui vient s’ajouter à tous ceux qui frappent la famille Chanal depuis quelque temps.
En arrivant sur place, Alan Lambin, spécialiste en phénomènes de hantises, ignore encore le rendez-vous que l’Histoire lui a fixé depuis cette nuit d’été 1944.

Après avoir terminé la lecture de la nouvelle de Marc Dhainaut, intitulée « Alan Lambin et le fantôme au crayon », que je vous recommande, même si je l’ai trouvée un peu trop brève à mon goût… Ce matin, j’ai commencé « Alan Lambin et l’esprit qui pleurait »…
Grâce à deux ses lectures simultanées, j’ai pu me plonger dans l’univers paranormal de l’écrivain, mêlant suspense et terreur.
Contacté par Stéphane, qui lui raconte les déboires de sa sœur et de sa famille. En effet, depuis plusieurs années, Brice, âgé de 16 ans, le fils de la famille Chanal voit et perçoit des phénomènes étranges à la maison.
Une petite fille, Rose ? qui le visite la nuit en versant des larmes. Elle est fréquemment accompagnée d’une femme. Il les voit dans sa chambre, mais aussi dans le jardin… En se réveillant un matin, il découvre sur son bureau un message signé « Rose Feibelman ». Elle affirme être décédée dans la demeure où il réside avec sa famille.
Il est effrayé… Il partage son expérience avec ses parents, mais ils ne le croient pas.
Cependant, tout va changer lorsque un soir, c’est sa propre mère qui désormais voit également la femme et la fillette.
Arrivé sur place, Alan Lambin se retrouve rapidement impliqué dans cette enquête qui fait ressurgir un personnage sombre et étrange portant un chapeau noir, personnage aussi mystérieux qu’inquiétant, qu’il a croisé lui-même à plusieurs reprises, alors qu’il n’était qu’un enfant…
Tous les personnages sont très attachants, et les récits de Marc ont toujours quelque chose de sensible et unique. Cette nouvelle ne déroge pas à sa règle… Et même un peu davantage… Un peu de magie peut-être…
Une histoire extrêmement captivante qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout, avec une très belle émotion finale !
J’ai découvert Jean Marc Dhainaut grâce aux éditions Taurnada.
Je saisis cette occasion pour remercier Joël Maïssa qui m’a fait découvrir toutes ses histoires merveilleuses.
Vous pourrez trouver cette nouvelle et d’autres encore, sur le site de Taurnada Édition en téléchargement gratuit.
https://www.taurnada.fr/nouvelles/


Extraits :
« – J’ai su pour ton père. Je suis désolé. Je te présente mes plus sincères condoléances.
– Merci, Gaël.
– Ça va ? Tu tiens le coup ?
– Ça va, oui. Faut bien. Je te présente Stéphane. Gaël est passeur d’âmes. L’un des rares en qui j’ai confiance. »
Onze mois qu’André Lambin, le père d’Alan, s’en était allé. La rancœur qu’il allait développer pour Dieu et toute forme de croyance religieuse naquit en ce début d’année 1982, lorsque l’on referma la tombe familiale dans laquelle reposait déjà sa mère, Jeanne : une femme formidable que son père avait beaucoup pleurée, l’emportant dans la dépression, les excès de tabac et d’alcool. »
« La maison était vide. Elle pesta contre son fils qui avait certainement oublié d’éteindre, mais le temps d’un battement de cils, elle vit quelqu’un à la fenêtre. Les rideaux étaient ouverts et elle aperçut distinctement une femme et une petite fille aux longs cheveux qui la regardaient. Elle se précipita à l’intérieur, montant les marches quatre à quatre : personne.
La chambre était vide. »
« La description de ce phénomène lui rappelait un vieux souvenir d’enfance. Cette entité présumée, il l’avait déjà rencontrée. Il n’avait jamais oublié cette description que l’on venait de lui faire : cette ombre noire aux yeux rouges comme des braises, droite comme un piquet, avec un chapeau, et qui le 20 regardait dormir. Lorsqu’il en avait parlé à sa grand-mère, elle s’était signée, le regard effrayé. Elle lui avait dit “Ne t’en fais pas pour lui, je l’empêcherai de te faire du mal, mais ne dis rien à ton père et à ta mère”. »
« Alan était terrifié, comme si sa propre vie devenait hantée par un spectre dont il ignorait tout. Il se ressaisit après avoir arrêté ses appareils. Cette entité venait parasiter son enquête et il avait besoin de réfléchir, et pourquoi pas, de dormir un peu, si le café qu’il avait ingurgité et ses pensées tourmentées voulaient bien lui témoigner un peu d’indulgence. Mais avant cela, toujours assis sur le canapé, après avoir allumé la petite lampe, il se remit à écouter le dictaphone à partir de la voix ayant prononcé le prénom Rose. Il fronça soudain les sourcils et tendit l’oreille. D’abord, il perçut comme des murmures, puis deux voix bien distinctes. Il écouta le passage plusieurs fois avant d’en conclure qu’elles s’exprimaient en allemand : une langue dont il ne comprenait pas le moindre mot. Cela ne durait que six secondes. C’était très bref, mais parfaitement audible. Cela avait été capté au moment où quelque chose s’en était pris à Brice tout à l’heure, dans le salon. »
« – Alors ! Où est-elle ?
– On a tout fouillé, mon commandant, il ne reste plus personne. Sa mère nous dit qu’elle est morte.
– Tant pis, on n’a plus le temps, il faut filer. »
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Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.
Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.
Brocélia
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L’Œil du chaos
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La maison bleu horizon
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Les prières de sang
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Psylence
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Les Galeries hurlantes
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Mémoire de feu
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