Roman

Le parfum des cendres

de Marie Mangez
Poche – 12 avril 2023
Éditions : J’ai lu

Les parfums sont toute la vie de Sylvain Bragonard. Il a le don de cerner les personnalités grâce à de simples senteurs, qu’elles soient vives ou délicates, subtiles ou entêtantes. Tout le monde y passe, même les morts dont il s’occupe chaque jour dans son métier d’embaumeur.Cette manière insolite de dresser des portraits stupéfie Alice, une jeune thésarde fascinée par son étrange profession. Pour elle, Sylvain est une énigme : bourru et taiseux, pourquoi semble-t-il plus à l’aise avec les défunts qu’avec les vivants ? Loin de se décourager, Alice va redoubler d’efforts pour percer le secret qui l’empêche de respirer depuis quinze ans…

Un roman qui éveille les sens, mais pas seulement…

Le parfum des cendres est un premier roman.
Que dis-je ?
C’est LE premier roman de Marie Mangez, et le premier d’une très longue liste, j’espère…

Sylvain Bragonard est devenu thanatopracteur alors qu’il rêvait de devenir parfumeur.
Il avait le nez délicat, finement délicat même. Cependant, la vie ne nous mène que là où elle le veut bien…
Sylvain est un homme silencieux, mystérieux, renfermé sur lui-même, plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants, et ce, depuis quinze ans. Alice, qui effectue sa thèse, va bousculer, percuter son monde linéaire que rien ne semblait pouvoir perturber. Une étrange relation va progressivement se développer entre la jeune fille pleine de vitalité et l’homme qui se voue au silence, quand ce n’est pas à certains souvenirs destructeurs. Alice l’observe, elle veut découvrir le mystère qu’il porte en lui et, qui sait, peut-être lui redonner le semblant de vie qui semble lui manquer, même s’il n’en est encore pas conscient.

En 1988, je découvrais Le parfum, de Patrick Süskind.
Je trouve que Marie Mangez lui rend, avec ce magnifique récit, un très bel hommage, mais elle va plus loin encore. Ses personnages abîmés sont attachants.
Sylvain, absent, taciturne, qui redonne vie au corps des morts, cherchant lui-même à disparaitre parfois, il est invisible lorsqu’il se regarde dans un miroir. Alice, jeune étudiante avec son air taquin, atypique, engagée, avec des yeux qui traînent partout et de la musique plein la tête, un peu maladroite peut-être, fébrile aussi, mais tellement vivante !
Cette histoire m’a captivée, avec son écriture fluide et empreinte de douceur sur les odeurs, la musique et, même si le sujet pourrait sembler sombre, la thanatopraxie, au final, ce qui en résulte, c’est bien la vie !

Une très belle découverte… originale, prenante et emplie d’émotions !
Merci Corinne !!!

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Extraits :

« Bernadette était allongée, paupières fermées, les bras sagement étendus le long du corps. Au cœur de ses joues sillonnées de rides, légèrement affaissées, on distinguait le creux des fossettes, centres névralgiques d’un visage encore animé par des années de sourire. Visage arborant désormais une expression sereine – Bernadette attendait que l’on s’occupe d’elle, remettant placidement son enveloppe charnelle aux soins d’autres mains que les siennes. »

« Elle se faisait donc la plus discrète possible, retranchée dans un coin de la pièce, évitant généralement d’ouvrir la bouche, histoire de ne pas perturber monsieur, Elle avait également remarqué que le bruit même de son crayon paraissait l’irriter; et, en conséquence, s’abstenait de prendre des notes, s’efforçant de garder en mémoire tout ce qui pouvait être utile, afin d’en noircir son carnet sitôt sortie du funérarium et libérée de cette compagnie légèrement taciturne. »

« Ses yeux parcoururent ce lieu qu’il qualifiait de chez-lui : blanc et vide comme une chambre funéraire, un espace neutre, impersonnel, dénué de tous ces souvenirs qui envahissaient la maison de son enfance, souvenirs flottant là, partout et pourtant inaccessibles, souvenirs parasites qui le narguaient douloureusement, de l’autre côté du mur de verre séparant Sylvain du monde des vivants.
Revenir chez ses parents, c’était affronter le reflet glacé de ce qu’il avait été et de ce qu’il avait perdu. Un coup de cutter dans ses plaies à vif. »

« Vous voyez quoi, vous, là-dedans ? Moi, j’y vois un truc genre sensuellement mystique… un hymne au sexe et à la musique, parce que c’est deux choses qui font le lien entre le charnel et le spirituel, vous voyez ? C’est imbriqué… le mystique, on peut pas y arriver sans nos sens, et nos sens sont rien si on n’y met pas une part de spirituel… enfin, moi je le comprends comme ça, en tout cas. Vous en pensez quoi ? »

Doctorante en anthropologie à l’Université de Paris, Marie Mangez voyage régulièrement entre la France et la Turquie afin de conduire des recherches sur les minorités religieuses. À côté de sa thèse, elle publie en 2021 son premier roman, Le Parfum des cendres, dans lequel Sylvain, thanatopracteur, et Alice, étudiante en stage, devront essayer de cohabiter dans un climat inexpliqué de tension.

Marie Mangez découvre le sujet de la thanatopraxie par le biais de ses études et décide d’en faire le métier de son personnage principal, dans un roman qui mêlera mystère et sensibilité. Par le biais de ce roman, elle nous plonge dans un univers mélancolique et énigmatique, dans lequel nous devrons découvrir le secret bien gardé de l’impénétrable personnage principal, en décryptant les indices disséminés par l’autrice dès les premières pages. Finalement, entre le mystérieux embaumeur qui sent les morts, et la jeune étudiante déterminée, l’harmonie est difficile, mais pas impossible…

Roman

Saules aveugles, femme endormie

de Haruki Murakami
Poche – 18 février 2010
Éditeur : 10 X 18

Une femme endormie sous l’emprise de saules aveugles. Un fantôme surpris par un gardien de nuit. Un écrivain possédé par le personnage qu’il vient de créer. Sur le fil secret qui enlace le rêve à la réalité, les êtres de Murakami passent en funambules d’une nouvelle à l’autre, et nous emportent avec fièvre dans les abîmes hypnotiques de notre conscience.

“Haruki Murakami confirme sa stature de géant nippon des lettres. […]
Ce recueil est un labyrinthe familier, un palais des glaces,

où le lecteur peut se perdre, et se reconnaître, avec délices.”
David Fontaine, Le Canard enchaîné

Traduit du japonais par Hélène Morita.

Un très agréable recueil de nouvelles…

À la fin de ma lecture, je me suis vraiment interrogé sur la manière dont je pourrais vous parler de ce recueil de nouvelles et surtout sur la façon dont je pourrais vous donner envie de le lire.

Commençons donc par le commencement…
Connaissez-vous Haruki Murakami ?

En septembre 2023, j’ai fait la découverte de l’excellent livre Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, qui m’a plongé dans un livre très enrichissant en philosophie de la vie basée sur l’effort, la volonté et la persévérance, mettant en lumière l’infini potentiel humain… Et comme il le souligne si bien, “le seul adversaire que l’on doit vaincre, c’est soi”.

Dans le livre « Saules aveugles, femme endormie », le narrateur nous plonge dans une sorte de solitude à travers 23 récits aussi variés que les personnages rencontrés au fil de ma lecture, mais toujours avec cette solitude. Toujours empreint de poésie, l’écrivain vous conduira dans son monde, oscillant entre la réalité et l’imaginaire. Haruki m’a interpelé par la musicalité de ses phrases, m’a envoûté en pénétrant régulièrement au plus profond de mon esprit grâce à de petits détails, par-ci par-là, un visage, un sourire, un regard qui brille, un verre de vin, une vague qui apparait au loin et qui roule sur le sable fin… Haruki est un excellent conteur, un grand observateur qui analyse et transmet de quoi ravir les adeptes de belles histoires variées, à l’écriture fine et délicate qui ne pourront vous laisser indifférents…
Prendre du temps et du plaisir…
Votre imaginaire fera le reste. Après tout, ne sommes-nous pas les héros de nos lectures ?
Haruki en est conscient et nous fait rêver…

Un grand bravo à Hélène Morita, traductrice qui a réussi à saisir et à exprimer toutes les émotions de l’écrivain !

Extraits :

« “— Tiens, voilà qui ferait un beau slogan !”
Les pare-chocs sont faits pour être cabossés.
J’observai sa bouche tandis qu’elle prononçait cette phrase.
“Ce que je voulais dire, reprit-elle doucement en grattant le lobe de son oreille – un lobe à la très jolie forme -, c’est que, quoi qu’on puisque souhaiter, aussi loin qu’on puisse aller, on reste ce que l’on est, voilà tout.
— Comme slogan, ça aussi, c’est pas mal !”
Quoi qu’on puisse souhaiter, aussi loin qu’on puisse aller, on reste ce que l’on est, voilà tout. »

« “— Tu regardes souvent la télévision ?”
Je secouai la tête. “Je n’ai pas de télé.
— Pourtant, reprit-il après un temps de réflexion, il y a au moins une très bonne chose avec la télévision.
Tu peux l’éteindre quand tu en as envie. Et personne ne se plaint.”
Il appuya sur le “off” de la télécommande. L’image disparut à la seconde. La pièce redevint silencieuse et paisible. Au-delà des fenêtres, des lumières commencèrent à briller.
Pendant environ cinq minutes, nous n’échangeâmes pas un mot, nous contentant de déguster nos whiskies. »

« Il me dit qu’il avait lu tous mes romans. “Nous avons des façons de penser tout à fait différentes, toi et moi, expliqua-t-il, et je crois aussi que nos buts sont différents. Mais j’estime que c’est magnifique de pouvoir raconter des histoires aux autres.”
Opinion parfaitement respectable. “À condition de savoir bien les raconter”, lui avais-je répondu. »

« “Je fais parfois ce rêve”, dit le jeune homme dans son fauteuil roulant. Sa voix était chargée d’étranges échos, comme si elle sortait d’une fosse profonde. “Il y a un couteau planté de travers dans la partie souple de ma tête, là où résident les souvenirs. Il est enfoncé profondément à l’intérieur. Cela ne me fait pas spécialement mal. Je n’en sens pas le poids non plus. Simplement, il est là, planté dans ma tête. Je me tiens à part, et j’observe la scène comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre. J’aimerais que quelqu’un retire ce couteau. Mais personne ne sait que j’ai un couteau fiché dans le cerveau.” »

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Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kōbe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda, avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974.
Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront : La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse et L’éléphant s’évapore.
Exilé en Grèce en 1988, en Italie puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l’oiseau à ressort et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kōbe, Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (livres 1,2 et 3). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication d’Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, ses deux premiers romans inédits. Le Meurtre du Commandeur (livres 1 et 2) est son dernier roman paru.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/22/autoportrait-de-lauteur-en-coureur-de-fond/

Roman

Game Over

de Isabelle Villain
Broché – 16 janvier 2025
Éditions : Taurnada Éditions

Une vieille dame meurt écrasée sous les roues d’un bus. Un nouveau fait divers dans les rues de Paris.
Cependant, d’autres « accidents » sont rapidement à déplorer, laissant présager que ces tragiques événements ne sont que les prémices d’un sombre dessein.
Le groupe de Lost se retrouve à la tête d’une affaire qui va bousculer toutes ses certitudes.
Frustration. Colère. Incompréhension. Impuissance…
Une course contre la montre au dénouement glaçant et inacceptable.

J’ai été complètement embarqué, que dis-je, subjugué de retrouver Rebecca dans cette sixième enquête qui semble être, on le dirait bien, le dernier volet d’une belle série. Et je suis obligé de vous dire que j’en suis triste. Isabelle explique “son” pourquoi dans ses remerciements, et je la respecte pour cela.
Pour autant, “Game Over”, qui peut se lire indépendamment des autres, est et restera pour moi le meilleur tome, pour de nombreuses bonnes raisons, même si c’est celui où la “cheffe” de Lost, nous quitte…

Paris.
Une femme âgée est tuée par un bus. Accident ou meurtre ?
Un voyageur est bousculé sur le quai du métro. Accident ou meurtre ?
Rapidement, de nouvelles victimes se succèdent sans liens entre elles… Accidents ou meurtres ?
Rebecca va s’investir pleinement dans cette enquête particulièrement terrible et complexe, qu’elle reprend après avoir été traitée jusqu’à présent de manière autonome par la gendarmerie et la police. La commandante à la Crim’ va être confrontée à une situation extrêmement difficile à gérer, car, en même temps, elle apprendra le décès de sa propre grand-mère et découvrira des informations sur son passé qui vont complètement la troubler.

Isabelle Villain nous présente deux enquêtes qui s’entremêlent à un rythme complètement fou, passant de l’une à l’autre, entre folie meurtrière extrêmement choquante, où les crimes ne sont que des détails pour les meurtriers et les émotions difficilement supportables vécues par Rebecca, sur un passé qu’elle ne maîtrise plus. La plume est très addictive, les idées sont superbes et totalement crédibles dans notre société actuelle.
Ma soif de comprendre, ma soif de savoir qui se cachait derrière ce qui semblait être un jeu pire que tout ce que l’on pouvait imaginer, a finalement été balayée par les émotions et la tristesse développées par Rebecca apprenant le vécu de sa famille.

Félicitations Isabelle !
J’ai bien Ressenti les obstacles que tu as rencontrés à la fin de ton roman… d’où un final ouvert qui pourrait laisser envisager… chuuuut…
Sache que mon coup de cœur n’en est que plus magnifique !
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers Joël de Taurnada Éditions de m’avoir proposé ce roman qui sort une nouvelle fois des sentiers battus.
Les éditions Taurnada en quelques années, ont vraiment ébloui mes lectures !
Longue vie à Taurnada !

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Extraits :

« Madeleine vit seule depuis vingt-deux ans. Depuis qu’un après-midi de juillet, elle a découvert le corps de son mari inanimé sur le parquet de la salle à manger. Que faire lorsqu’une des plus belles raisons qui vous fait sourire et vous lever le matin vient de disparaître ? Pas grand-chose. Elle a donc décidé de laisser les jours se succéder, en mode automate. De remplir son quotidien de petits moments agréables et surtout de ne pas penser, car le futur est une perspective bien trop effrayante. »

« Cette montée d’adrénaline incontrôlable, ce sentiment de toute-puissance sur un autre être humain. Ce besoin de détruire coûte que coûte, de faire mal. Alors, oui, il a dû apprendre à nier toute émotion, tout affect. Déshumaniser sa victime. »

« Un homme vient d’être arrêté pour avoir jeté sa fille de 10 ans dans le Rhône, pieds et mains attachés.
La petite est morte noyée. Le suspect a avoué avoir voulu se venger de son ex-femme…
»

« Le lendemain matin, dès l’aube, le groupe de Lost est sur le pont. Ressassant durant la nuit le peu d’informations en leur possession, aucun d’entre eux n’est parvenu à trouver le sommeil, le cerveau rongé par tout un tas de questions demeurées sans réponse. Incapables de comprendre les raisons qui poussent deux personnes à commettre de tels actes, ils émettent des hypothèses sur les futures victimes. En vain. »

« – Je vais te dire un truc : je me suis souvent posé la question de ce que j’aurais fait si j’avais vécu pendant la guerre. Est-ce que j’aurais travaillé avec les Allemands ? Est-ce que j’aurais collaboré d’une façon, disons plus étroite ? Est-ce que j’aurais été résistant ou pris le maquis ? Est-ce que j’aurais eu le courage de risquer ma vie pour sauver celle des autres ? Eh bien, j’en suis arrivé à la conclusion suivante : je n’en ai pas la moindre idée. Si j’avais eu des gosses à nourrir, franchement je ne sais pas du tout ce que j’aurais été capable de faire. C’est trop facile après coup de critiquer et de donner des leçons. »

Née au Maroc à Casablanca en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’évènementiel et l’organisation de salons professionnels.
Passionnée de romans policiers depuis l’enfance. Elle décide de se lancer dans l’écriture pour mettre par écrit les nombreuses histoires qui lui trottent dans la tête.

Son quatrième roman Peine Capitale, publié aux Editions Auteurs d’Aujourd’hui, a reçu le prix Maurice Bouvier en 2015.

Âmes battues, le second volet des enquêtes du commandant de Lost, découvert dans Peine capitale à reçu le prix du festival du polar de la ville d’Arcachon en 2016, et le prix polar du festival Jeter l’Encre.

Mauvais genre, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 15 novembre 2018.
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/23/mauvais-genre/

Blessures invisibles, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 9 janvier 2020.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/01/03/blessures-invisibles/

À pas de loup, son 7e roman, publié aussi aux Éditions Taurnada est sorti le 14 janvier 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/14/a-pas-de-loup/

De l’or et des larmes
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/13/de-lor-et-des-larmes/

vino veritas
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/04/in-vino-veritas/

Roman

Les couloirs démoniaques

Jean-Marc Dhainaut
Poche – 2 juillet 2020
Éditeur : Taurnada éditions

Le Foyer des Galibots, une maison de retraite paisible située dans le Nord de la France, ferma ses portes en 1992 après une effroyable série de morts mystérieuses. Des suicides, selon l’enquête. Détails troublants : certains pensionnaires avaient témoigné de présences effrayantes, et une aide-soignante avait affirmé avoir été attaquée par une force invisible.
Alan Lambin, enquêteur en paranormal, sent que cet endroit, construit sur les ruines d’un hôpital exploré quinze ans plus tôt, a besoin de lui.
A-t-il oublié la menace qui y rôde ?

L’hôpital qui avait été détruit par le grisou dans les années soixante-dix et qui avait laissé sa place à une maison de retraite en 1990 semble maudit, hanté peut-être, selon certains.
Plusieurs suicides inexpliqués vont se produire, des événements terribles vont se produire, et finalement, deux ans plus tard, la maison de retraite fermera officiellement ses portes et le bâtiment sera abandonné.

Alan Lambin a mis fin à sa carrière d’enquêteur paranormal commencée avec « La Maison Bleu Horizon », « Les Prières de Sang », puis « Les Galeries Hurlantes ». 15 ans se sont écoulées depuis sa dernière enquête. Alan mène maintenant une vie tranquille en couple avec sa fidèle collaboratrice Mina Arletti.
Cependant, à la demande insistante de son grand ami Paul et de Mina, il se verra contraint de revenir sur ce lieu qui avait définitivement mis fin à ses enquêtes, pensait-il.

La tension s’accroît, la menace est pesante, le danger omniprésent…
Que s’est-il vraiment déroulé dans cette maison de retraite ?
Qui est le Shadow Man ? Pourquoi poursuit-il Alan depuis son enfance ?

Une histoire captivante. Frissons assurés !
Mais plus encore que les frissons, ce sont encore une fois les émotions Ressenties qui m’ont complètement emportées…

Jean-Marc est vraiment remarquable, j’apprécie énormément cet écrivain qui sait réellement étonner ses lecteurs avec ses récits.
Quelle est l’importance de la vérité et de l’imagination dans ses écrits ?
Je vous laisserai seul juge…
Cependant, pour ma part, depuis que je l’ai découvert, je suis devenu « accro ». Son style, les émotions qu’il génère, la peur, la tristesse et… sa poésie également !
Ce livre est beau, il donne de l’espoir.

Je suis impatient de lire le prochain ? Le dernier ? Opus.

Merci une fois de plus, Jean-Marc…

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Extraits :

« “- Qui sont-ils ?
– Pardon ?
– Là ! Au bout du couloir. Qui sont ces enfants et cette petite fille ?”
Véronique n’avait vu personne. »

« Il était 6 heures du matin. Sous le choc, ils traversèrent la cour aux pavés humides. Lorsque Alan poussa la porte d’entrée, Paul était déjà debout et préparait le café. Il comprit en voyant leurs visages décomposés que quelque chose n’allait pas. Alan, qui n’avait pas dormi une seule minute, se laissa tomber sur le canapé pendant que Mina expliquait le phénomène dont ils venaient d’être témoins. »

« Je ne sais pas ce qui m’a pris de vieillir. Je crois que ça a été la plus mauvaise décision de ma vie, sourit Paul en bourrant sa pipe de tabac. Je suis content, Alan.
– Pourquoi ?
– De repartir à l’aventure avec toi. Mais je sens bien qu’il y a un truc qui te freine. Tu ne t’es jamais emballé pour la moindre enquête, tu as toujours été prudent, réservé, souvent même trop sceptique. Ton cerveau n’a fait que triturer sans cesse pour trouver des explications, mais là, il y a autre chose… »

« “C’est quoi, ces lettres, Mémé ?”
Sa grand-mère, vêtue de son tablier noir, son chignon de cheveux blancs, avait posé son rouet, s’était levée et s’était approchée de lui.
“Oh, ça, ce sont les initiales de ta maman : Jeanne Carvec. Elle avait d’ailleurs ton âge lorsqu’elle les a gravées. La petite chipie avait volé un tournevis dans le tiroir et avait gratté la pierre. Je l’ai surprise alors que je rentrais du bois pour le feu, Je revois encore son visage coupable.
– Tu l’as grondée ?
– Non, mon petit. Je l’ai aidée à terminer.
– Je peux, moi aussi ? Je peux graver les miennes à côté des siennes, Mémé ?”
Alan se souvenait du tendre sourire de sa mère lorsqu’il lui avait montré son œuvre, fier de lui, quelques jours plus tard. »

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Les prières de sang
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/22/les-prieres-de-sang/

Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Les Galeries hurlantes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/02/les-galeries-hurlantes/

Mémoire de feu
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/03/memoire-de-feu/

Alan Lambin et l’esprit qui pleurait
https://leressentidejeanpaul.com/2024/12/27/alan-lambin-et-lesprit-qui-pleurait/

Roman

Dragon qui boite

de Gérard Papier-Wagner
Broché – 26 mai 2022
Éditeur : Autoédition

Peu après avoir perdu son meilleur ami, Camille apprend que l’entreprise, dont elle est PDG, a remporté le concours du réaménagement du Palais des Congrès de Brazzaville. Ce qui ne devait être qu’un chantier de conquête à l’export va la jeter dans d’insoupçonnables aventures. « Qu’apprenez-vous ici ? » se renseigna-t-elle auprès de son prospecteur qui l’avait invitée à dîner au restaurant-bar Les Copains au bord du Stanley Pool. « Des ragots de trafiquants, des infos de troisième main sur les politiques et leurs manigances avec les coups qui se préparent. J’aime cette ambiance glauque, où tout peut arriver. » « Ça me donne une furieuse envie de retourner à Montpellier. » répondit Camille qui fera preuve d’audace et de détermination, en dépit de sanglantes épreuves, pour atteindre son objectif avec l’appui d’amis de circonstances parfois singuliers, mais attachants.

Chaque livre de Gérard Papier-Wagner, est pour moi un véritable plaisir !

Avec Dragon qui boite, il nous offre une expérience de voyage à travers la France et l’Afrique, en mettant l’accent sur Brazzaville, nous transmettant sa passion pour sa culture si variée. ce quatrième volet, peut être lu séparément si vous le désirez.

Camille, qui a pour mission de réaménager le palais des congrès à Brazzaville, fait face à de nombreux défis. Cependant, c’est une battante, une femme forte et, bien qu’elle ait un caractère bien marqué, elle demeure tout de même très attachante. Bien que certains passages soient difficiles, voire douloureux et complexes, la plume poétique et très visuelle de Gérard m’a captivé tout au long de ma lecture, sans oublier ni la sensibilité ni la philosophique, et toujours cette petite pointe d’humour…
Encore une fois, Gérard nous convie et nous dévoile une part de son vécu, nous présente ses proches, auxquels on s’attache rapidement en suivant leurs destins croisés, car, en effet, dans cette suite, on retrouve la plupart des “acteurs” déjà rencontrés dans ses précédents romans.
Quelle excellente idée !

Mais qui est donc le dragon ?
Vous le devinerez au fur et à mesure de votre lecture captivante, passionnante et pleine de rebondissements faisant émerger de nombreux secrets dissimulés !
Après de nombreuses péripéties, où je ne me suis pas ennuyé un instant, tout se révèle enfin… mais tous les secrets ont-ils bien été dévoilés ?
L’avenir nous le dira !

Je te remercie énormément, Gérard, pour l’envoi de ton roman, qui reste un moment de lecture exceptionnel entre fiction et réalité !

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Extraits :

« Pris de court par sa mort, à soixante-huit ans seulement, dimanche matin 1er mai 2011 devant chez lui place Garibaldi, Charles Jodlère n’avait eu ni le loisir ni à vrai dire l’occasion de verrouiller son passé. Alors lui arriva ce qu’il aurait voulu éviter, en l’occurrence la divulgation d’une aventure, dont il s’était résigné à emporter le secret dans la tombe. »

« Son choix se porta sur Brazzaville 1880-1980 et Le rendez-vous de Tchimbamba, parce que le titre et la couverture lui plaisaient. Ensuite elle parcourut le quai jusqu’au pont Notre-Dame, traversa l’île de la Cité, marqua le pas devant la cathédrale, et prit le métro à la station Hôtel de Ville. Ce soir, elle dînerait chez Raoul et cette idée la réjouissait. Elle descendit à République pour finir le chemin à pied, afin de ne pas subir trop tôt les ratiocinations de Martine sur la double vie de Charles. »

« Le médecin serra, comme il put, autour de son torse, une bande sur un tampon vite saturé, puis Camille fit de même pour sa jambe pendant qu’il tenait le volant, parce que s’arrêter signifiait ne pas repartir. »

« – On ne peut jamais se dire adieu parce que le monde est petit et que Le Seigneur veille sur nos destins. Si le tien et le mien ont fait une partie du chemin ensemble, c’est que telle était sa volonté. Amen. »

« – Cela n’empêche pas de préférer Dieu au néant, Dieu étant le nom donné au mystère de la création, parce que nommer ce qui dépasse la compréhension est un moyen de se rassurer. »

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Le disparu de Monrovia
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

La double vie des Jodlere
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

Le rendez-vous de Tchimbamba
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/21/le-rendez-vous-de-tchimbamba/

Le triptyque
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/05/le-triptyque/

Roman

La Chasse

de Gabriel Bergmoser
Poche – 9 mars 2023
Éditeur : Pocket

Une chasse à l’homme dans l’Outback australien.
Dans l’immensité sauvage d’une Australie écrasée sous un soleil de plomb, Frank s’occupe d’une petite station-service perdue au milieu de nulle part. Son quotidien solitaire n’est troublé que par le passage de quelques rares clients. Un jour, une voiture arrive en trombe. Une jeune femme en sort, fait quelques pas et s’écroule, après avoir murmuré  » Pas d’ambulance, pas de police.  » Alors que Frank, aidé par un couple de voyageurs, tente de soigner les blessures de l’inconnue, ses assaillants débarquent, fusils à la main, et cernent les lieux. Coupés du monde, les occupants de la station-service vont alors devoir faire face à un véritable siège.

“On tourne les pages avec effroi et fascination.”
L’Express

“Un thriller effrayant et diaboliquement efficace,
orchestré de manière quasi cinématographique.”
Le Figaro

“Bergmoser explore des territoires de plus en plus sombres jusqu’à atteindre
un final graphique, explosif, qui se lit dans une horreur jouissive.”
The Guardian

2024 a été une année entièrement consacrée aux auteur(e)s français.
2025 sera l’année des mélanges de genres.
Nouveaux horizons, nouvelles thématiques, une envie d’être chamboulé !
Je commence donc cette année avec le premier roman d’un jeune auteur néo-zélandais, chaudement recommandé par mon ami Pierre-Antoine, et il a eu bien raison d’insister !

Franck est un homme âgé et solitaire qui exploite une station-service, au milieu de l’immensité du désert australien, sur une route perdue.
Son quotidien est brusquement perturbé par l’arrivée de sa petite-fille Allie, qu’il n’avait jamais rencontrée, elle débarque chez lui pour une quinzaine de jours, le temps que ses parents règlent quelques problèmes familiaux !
Dans la foulée, une jeune femme couverte de sang déboule en voiture à la station et s’effondre devant l’entrée !
Pris au dépourvu, Frank essaie d’apporter son aide à la jeune femme, avec l’aide d’un couple de clients présents sur place. L’homme est infirmier. Mais Franck était très loin d’imaginer dans quel infernal guêpier,il venait de mettre ses pieds…

Le récit est bouleversant, avec une écriture nerveuse, parfois impatiente, mais toujours très poétique, avec un rythme toujours très halluciné, où j’ai eu l’impression de regarder un film tout au long de ma lecture.
Une double temporalité pleine de mystère est utilisée par l’écrivain, nous plongeant dans la chaleur écrasante du fond d’une Australie sauvage et violente, une double temporalité qui va se percuter et exploser littéralement… Les extrêmes s’entrechoquent, j’ai Ressenti comme si j’étais pris dans un étau qui ne me lâchait plus, et me serrait de plus en plus.

Huis-clos trépidant, roman sauvage dans tous les sens du terme, que j’ai trouvé malheureusement un peu trop court, “La chasse” m’a complètement emporté !
Âmes sensibles s’abstenir, certains passages sont particulièrement violents !
Gabriel Bergmoser, un écrivain très jeune qui met dès le début la barre très haut, même si sa fin est un peu trop « much », mais… Pour moi, c’est une révélation et un véritable coup de cœur !

Très bien accueilli par la critique, “La Chasse” est actuellement en train d’être adapté au cinéma, et c’est bien sûr Gabriel Bergmoser lui-même qui signe le scénario.
Si je vous disais que je ne suis pas curieux… je vous mentirai !

Extraits :

« Sur la route écrasée de soleil filait une voiture solitaire.
Au volant, la fille gardait les yeux braqués devant elle. Le ciel bleu transparent, le soleil brûlant, l’horizon au loin. Elle ne regardait pas en arrière.
Elle conduisait vite, frôlait la vitesse limite. Le paysage, sec, aride et immense, défilait des deux côtés. Elle le voyait du coin de l’œil mais elle n’y prêtait pas attention, pas plus qu’elle ne prêtait attention à la douleur dans sa jambe et aux battements furieux de son cœur. Elle roula sans s’arrêter, le temps que le soleil se lève puis se couche et que le bleu du ciel devienne à nouveau sanguin et que la terre alentour paraisse prendre feu.
C’est seulement alors qu’elle jeta un coup d’œil dans le rétroviseur. »

« En arrivant, elle avait sincèrement eu envie d’être gentille avec Frank, d’essayer de s’entendre avec lui – même si l’objectif principal était d’embêter sa mère. Mais il ne lui facilitait pas la tâche: il prononçait rarement plus de deux mots d’affilée, passait toutes ses journées à la station, et quand il rentrait c’était pour s’écrouler devant la télé neigeuse et regarder un vieux feuilleton qu’il n’aimait sûrement même pas. »

« – “Elle est complètement dans les vapes. Si elle est déshydratée et si elle a perdu du sang, elle ne doit pas avoir les idées claires. Elle a peut-être eu des hallucinations ou je sais pas quoi”.
Charlie tourna la tête vers elle. “Et son hallucination, c’est qu’elle ne voulait pas qu’on appelle des secours ou la police? Ça me paraît vachement précis, dis donc”. »

« C’étaient les plus récents, ceux qui avaient encore des bras et des jambes, qui lui soulevèrent l’estomac.
Il y avait six corps en tout. Quatre crochets libres tombaient jusqu’au sol. Suivant les chaînes du regard, Maggie vit qu’elles aboutissaient, à l’autre extrémité de la pièce, à des manivelles placées sur le sol en terre, une terre rouge teintée de sang. »

« Les étoiles scintillaient. Un brin de lumière s’était infiltré dans la nuit, le noir virait au bleu marine. Frank s’assit sur une pierre près de l’arbre. Son épaule le lançait, ce qui n’avait rien d’étonnant. Il se sentait extrêmement faible, et la tête lui tournait, mais il était en vie. À côté de lui, Allie surveillait la route, pistolet en main. Derrière eux, Maggie nettoyait dans la retenue d’eau la crasse et le sang qui la recouvraient. »

……………………………

Né en 1991 en Nouvelle-Zélande, Gabriel Bergmoser est un auteur et dramaturge australien qui vit à Melbourne. Après un master en écriture de scénarios au Victorian College of the Arts, il a cofondé la société de production indépendante Bitten By Productions. Il s’est également fait connaître de la scène artistique de Melbourne avec une série de pièces de théâtre, dont les très remarquées Heroes et The Trial of Dorian Gray. Lauréat du prix Sir Peter Ustinov, il est également l’auteur de la trilogie Boone Shepard. Mais c’est avec La Chasse, son premier roman publié en France, qu’il s’impose définitivement sur la scène littéraire australienne.”

Salué par la critique, La Chasse, publié au Royaume-Uni en 2020, et chez Sonatine en 2021, est en cours d’adaptation au cinéma, et c’est évidemment Gabriel Bergmoser lui-même qui écrit le scénario, tout en travaillant à son prochain roman.

Roman

Almah – Une jeunesse viennoise

de Catherine Bardon
Broché – 10 octobre 2024
Éditeur : Les escales éditions

Vienne, 1911. Almah Kahn naît au sein d’une famille de la grande bourgeoisie juive. Son père, chirurgien réputé et grand amateur d’art, est aussi un mécène qui côtoie les plus grands artistes de l’époque. Sa mère, pianiste de talent, soigne son spleen auprès du docteur Freud dont elle est l’une des premières patientes.
Au cœur de ce bouillonnement culturel, Almah chemine vers l’âge adulte. Elle grandit dans une Autriche terriblement meurtrie par la guerre et marquée par la chute de la maison Habsbourg, tandis que se profile le spectre du nazisme.
À travers l’enfance et la jeunesse privilégiées d’Almah, ses amitiés, ses doutes et les premières épreuves infligées par la vie, Catherine Bardon dresse le tableau d’une Vienne qui jette ses derniers feux dans une Autriche au bord du gouffre, livrée aux soubresauts de l’Histoire.
Almah est le portrait puissant et ciselé d’une enfant puis d’une jeune femme vive, effrontée, indépendante et habitée par une soif d’absolu qui ne la quittera jamais.

Plus de deux millions de lecteurs conquis par la saga
Les Déracinés. Découvrez la jeunesse de son inoubliable héroïne, Almah
.

Dernière lecture et dernier Ressenti de l’année 2024.
Il aurait vraiment été dommage de passer à côté !

J’ai fait la connaissance de Catherine Bardon en janvier 2017 lors de sa première séance de dédicaces. J’ai la chance et je ressens une grande fierté d’avoir été sa première dédicace.
Je conserve donc bien précieusement son premier roman, Les Déracinés, qui fut très vite rejoint par L’Américaine, Et la vie reprit son cours et Un invincible été, dernier volume de cette magnifique saga…
Almah – Une jeunesse viennoise, est un préquel. Je pense que Catherine ne souhaitait pas quitter son héroïne, et comme je la comprends…
Ce roman met en avant Almah, issue d’une famille bourgeoise juive, du jour de sa naissance à Vienne en 1911, en passant par une jeunesse aisée, qui nous montre une jeune-fille pleine de volonté, jusqu’à ses prémices de jeune femme et ses premiers émois.

Autant, j’avais été très triste de la perdre dans Un invincible été, autant, j’ai aimé la voir se dévoiler au fil des années, assister à l’évolution de l’intrépide, curieuse, déterminée et surtout pleine de vie, Almah. Fille unique, au caractère bien trempé, choyée par ses parents et ayant un lien très fort avec son père, dans la ville de Vienne, dans un contexte de guerre imminente.

Encore une fois que d’émotions, dans ce voyage à travers l’histoire, les splendeurs de Vienne et ses personnages emblématiques, la montée du nazisme, sa famille, les proches de la jeune-fille et les épreuves à venir…
Almah et sa famille vont devoir affronter un ennemi bien plus important que ce qu’ils imaginaient, mais ils ne le savent pas encore… Racisme et haine vont une nouvelle fois transformer le déroulement de l’Histoire.

Et que dire de cette page 177.
Les mots me manquent, là, où mes larmes coulent encore rien qu’à son souvenir…
Avec des références temporelles, très marquées, Catherine Bardon qui a su concevoir un roman historique et romanesque, qui s’est transformé en coups de cœur au cours des pages.
Almah, restera pour moi une héroïne “vivante”. Elle m’a troublé et laissé une empreinte profonde.
Bravo Catherine !

Je vous invite vraiment à lire ce roman et bien sûr cette saga extraordinaire !

Extrait :

« Le docteur Julius Kahn tournait en rond. Le rez-de-chaussée empestait la fumée âcre des cigares qu’il mâchonnait sans relâche depuis des heures. Hannah avait refusé son assistance. Il ne manquerait plus que ça. Que son mari qui l’adulait la voie, corps en sueur, cheveux collés aux tempes, joues rouges d’effort, visage crispé, bouche déformée par la douleur.
Pas question. C’était son combat. Et puis la présence du mari complique toujours les choses. »

« – Mazel Tov !, Monsieur, Mazel Tov ! C’est une petite fille ! Elle est magnifique !
Les cris de joie de Teofila résonnèrent dans l’escalier qu’elle dévalait. Toute la tension des dernières heures s’évapora dans l’instant. Sans retenue, la domestique se jeta dans les bras de Julius qui la serra contre lui avec émotion. Au diable les conventions ! Aujourd’hui était jour de fête. »

« Ce soir-là, des accords de piano accueillirent Julius. Dès la porte franchie, il reconnut le lied de Schubert. Le Pâtre sur le rocher. Ces notes gaies qu’Hannah jouait le projetèrent un vendredi soir du printemps 1895, dans le salon de Madame von Hellendorf où le gratin artistique de la capitale se retrouvait, musiciens, librettistes, écrivains, philosophes, poètes… Comme dans tant d’autres cercles privés, on y philosophait, on y parlait musique, littérature, peinture et politique, droits des femmes et socialisme, et surtout on y écoutait de la musique. Julius y avait croisé quelques célébrités. »

« Hannah, dont la solitude coulait dans ses veines comme un poison. Hannah, silencieuse, qui traversait les pièces de la maison, éthérée, comme une ombre inconsistante. Hannah hantée par le manque, par l’absence de Julius. Hannah que l’envie prenait parfois de saisir son cœur à pleines mains, son cœur meurtri, pour l’écraser en hurlant et déchirer le silence de ses nuits d’insomnie. Elle faisait en sorte que cette existence de recluses n’affectât pas Almah qui traversait les semaines et les mois avec entrain, sans conscience des restrictions. Son innocence d’enfant la protégeait des aléas du quotidien. Sa voix haut perchée, les grelots de son rire clair, ses pieds galopant dans l’escalier mettaient un peu de bonheur dans la maison. »

« Elle prit deux décisions.
Fini d’espérer en un dieu, elle en avait terminé avec une quelconque piété. Désormais, elle ne se soucierait plus de religion. »

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Après une carrière dans la communication, Catherine Bardon se consacre désormais à l’écriture et partage son temps entre la France et la République dominicaine. Elle est l’autrice de la saga Les Déracinés qui s’est vendue à plus de 600 000 exemplaires et qui a été distinguée à de nombreuses reprises, notamment par le Prix Wizo et par le Festival du premier roman de Chambéry en 2019. En 2024, elle a remporté le prix La Boétie pour La Fille de l’ogre.
Ses ouvrages ont été traduits dans plusieurs langues.

Roman

Alan Lambin et l’esprit qui pleurait

de Jean-Marc Dhainaut
Nouvelle
Éditions : Taurnada

Région de Caen, novembre 1982. Brice, 16 ans, se réveille installé à son bureau, un crayon à la main. Perplexe, il observe son lit défait dans lequel il s’est pourtant couché la veille. Que fait-il assis là ? En posant soudain les yeux sur la couverture de son livre de mathématiques, il peut y lire : « Je m’appelle Rose Feibelman, et je suis morte dans cette maison. »

Un événement étrange qui vient s’ajouter à tous ceux qui frappent la famille Chanal depuis quelque temps.

En arrivant sur place, Alan Lambin, spécialiste en phénomènes de hantises, ignore encore le rendez-vous que l’Histoire lui a fixé depuis cette nuit d’été 1944.

Après avoir terminé la lecture de la nouvelle de Marc Dhainaut, intitulée « Alan Lambin et le fantôme au crayon », que je vous recommande, même si je l’ai trouvée un peu trop brève à mon goût… Ce matin, j’ai commencé « Alan Lambin et l’esprit qui pleurait »…

Grâce à deux ses lectures simultanées, j’ai pu me plonger dans l’univers paranormal de l’écrivain, mêlant suspense et terreur.

Contacté par Stéphane, qui lui raconte les déboires de sa sœur et de sa famille. En effet, depuis plusieurs années, Brice, âgé de 16 ans, le fils de la famille Chanal voit et perçoit des phénomènes étranges à la maison.
Une petite fille, Rose ? qui le visite la nuit en versant des larmes. Elle est fréquemment accompagnée d’une femme. Il les voit dans sa chambre, mais aussi dans le jardin… En se réveillant un matin, il découvre sur son bureau un message signé « Rose Feibelman ». Elle affirme être décédée dans la demeure où il réside avec sa famille.
Il est effrayé… Il partage son expérience avec ses parents, mais ils ne le croient pas.
Cependant, tout va changer lorsque un soir, c’est sa propre mère qui désormais voit également la femme et la fillette.

Arrivé sur place, Alan Lambin se retrouve rapidement impliqué dans cette enquête qui fait ressurgir un personnage sombre et étrange portant un chapeau noir, personnage aussi mystérieux qu’inquiétant, qu’il a croisé lui-même à plusieurs reprises, alors qu’il n’était qu’un enfant…

Tous les personnages sont très attachants, et les récits de Marc ont toujours quelque chose de sensible et unique. Cette nouvelle ne déroge pas à sa règle… Et même un peu davantage… Un peu de magie peut-être…
Une histoire extrêmement captivante qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout, avec une très belle émotion finale !

J’ai découvert Jean Marc Dhainaut grâce aux éditions Taurnada.
Je saisis cette occasion pour remercier Joël Maïssa qui m’a fait découvrir toutes ses histoires merveilleuses.
Vous pourrez trouver cette nouvelle et d’autres encore, sur le site de Taurnada Édition en téléchargement gratuit.
https://www.taurnada.fr/nouvelles/

Extraits :

« – J’ai su pour ton père. Je suis désolé. Je te présente mes plus sincères condoléances.
– Merci, Gaël.
– Ça va ? Tu tiens le coup ?
– Ça va, oui. Faut bien. Je te présente Stéphane. Gaël est passeur d’âmes. L’un des rares en qui j’ai confiance. »
Onze mois qu’André Lambin, le père d’Alan, s’en était allé. La rancœur qu’il allait développer pour Dieu et toute forme de croyance religieuse naquit en ce début d’année 1982, lorsque l’on referma la tombe familiale dans laquelle reposait déjà sa mère, Jeanne : une femme formidable que son père avait beaucoup pleurée, l’emportant dans la dépression, les excès de tabac et d’alcool. »

« La maison était vide. Elle pesta contre son fils qui avait certainement oublié d’éteindre, mais le temps d’un battement de cils, elle vit quelqu’un à la fenêtre. Les rideaux étaient ouverts et elle aperçut distinctement une femme et une petite fille aux longs cheveux qui la regardaient. Elle se précipita à l’intérieur, montant les marches quatre à quatre : personne.
La chambre était vide. »

« La description de ce phénomène lui rappelait un vieux souvenir d’enfance. Cette entité présumée, il l’avait déjà rencontrée. Il n’avait jamais oublié cette description que l’on venait de lui faire : cette ombre noire aux yeux rouges comme des braises, droite comme un piquet, avec un chapeau, et qui le 20 regardait dormir. Lorsqu’il en avait parlé à sa grand-mère, elle s’était signée, le regard effrayé. Elle lui avait dit “Ne t’en fais pas pour lui, je l’empêcherai de te faire du mal, mais ne dis rien à ton père et à ta mère”. »

« Alan était terrifié, comme si sa propre vie devenait hantée par un spectre dont il ignorait tout. Il se ressaisit après avoir arrêté ses appareils. Cette entité venait parasiter son enquête et il avait besoin de réfléchir, et pourquoi pas, de dormir un peu, si le café qu’il avait ingurgité et ses pensées tourmentées voulaient bien lui témoigner un peu d’indulgence. Mais avant cela, toujours assis sur le canapé, après avoir allumé la petite lampe, il se remit à écouter le dictaphone à partir de la voix ayant prononcé le prénom Rose. Il fronça soudain les sourcils et tendit l’oreille. D’abord, il perçut comme des murmures, puis deux voix bien distinctes. Il écouta le passage plusieurs fois avant d’en conclure qu’elles s’exprimaient en allemand : une langue dont il ne comprenait pas le moindre mot. Cela ne durait que six secondes. C’était très bref, mais parfaitement audible. Cela avait été capté au moment où quelque chose s’en était pris à Brice tout à l’heure, dans le salon. »

« – Alors ! Où est-elle ?
– On a tout fouillé, mon commandant, il ne reste plus personne. Sa mère nous dit qu’elle est morte.
– Tant pis, on n’a plus le temps, il faut filer. »

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Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Les prières de sang
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/22/les-prieres-de-sang/

Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Les Galeries hurlantes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/02/les-galeries-hurlantes/

Mémoire de feu
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/03/memoire-de-feu/

Roman

La seconde lame

de Sébastien Jullian
Broché – 14 novembre 2024
Éditeur : L’oiseau Noir

Où se termine la justice et où commence la vengeance ? En pleine guerre des gangs en banlieue parisienne, les effectifs du commissariat de Créteil sont sur les dents. Pourtant le lieutenant Franck Atlan et ses collègues, Isabelle dont sa relation avec lui est plus qu’ambiguë, et Éric, le spécialiste du dark web, vont devoir composer avec ce climat sous haute tension pour résoudre une enquête qui défraie déjà la chronique. Des crimes à la mise en scène macabre, ceux d’un pédophile, d’un ex-homme d’affaire, d’un couple criminel et d’un imam décapité, fragilement liés entre eux par la présence d’un message énigmatique : « Je ne l’ai pas tuée ». Une enquête entre vendetta et justice dans laquelle mystères, tensions, et trahisons se mêlent dans une spirale infernale où chaque révélation rapproche les policiers de la vérité.

On ne change pas une équipe qui gagne !
Troisième roman de Sébastien Jullian lu en 2024, et encore une fois, une bombe !

Superbe !
Quel final, quel roman !
Encore une fois, un vrai plaisir de lecture…
Sébastien fait appel à certaines émotions rarement ressenties où le mal, le bien et la vengeance se mélangent avec violence, mais aussi avec tristesse, c’est troublant et déstabilisant.
On peut comprendre et pourtant…
L’histoire est machiavélique. Préparez-vous à vivre un thriller captivant au rythme rapide et rempli de nombreux rebondissements. Justice, injustice, mystères, enlèvements, viols, tortures, meurtres… tout est là, dans ce roman réservé à un public averti.

Le lieutenant Franck Atlan fait face à une série de meurtres extrêmement sanglants et perturbants, avec des similitudes évidentes.
Cette nouvelle enquête va lui donner du fil à tordre et à retordre dans tous les sens, jusqu’à sa conclusion qui m’a presque mis mal à l’aise… et m’a soutiré quelques larmes… En effet, j’ai presque apprécié côtoyer ce criminel…

Quelle est la place de la vengeance dans la justice?
C’est cette question qui m’a profondément marqué, posée par Sébastien de manière indirecte dans son roman à travers des thématiques profondément ancrées dans notre société actuelle, qui m’ont particulièrement marqué.
De nombreuses interrogations m’ont d’ailleurs hanté tout au long de ma lecture.

Décidément, Sébastien est très fort…
Coup de cœur que je recommande vivement à tous les passionnés de thrillers et de récits vraiment très intenses !

Extraits :

« Ces cris, semblables à ceux d’animaux enfermés dans un sac, émanent en réalité de bouches humaines tentant de refaire surface.
Enfouis sous une épaisse couche d’injustice, les corps ne se débattent plus, mais hurlent à qui veut bien tendre l’oreille :
“Ne m’avais-tu pas dit que tu m’aimais ? As-tu oublié ce qu’ils m’ont fait ?”
Tel un bourgeon arrivé à maturité, le désir de vengeance cherche à éclore. Je ressens alors comme une sorte de palpitation dans ma poitrine, l’envie soudaine de le déterrer. »

« – Pour votre secrétaire, une certaine Hélène, je cite : “qu’elle avait un beau cul pour une femme ménopausée, mais que vous n’en pouviez plus de ses absences pour s’occuper de son fils handicapé, que vous traitiez de résidu de capote.” Très classe ! Ou alors Christine, que vous menaciez de foutre à la porte car elle avait le “Q.I. d’une huître”, et à qui vous demandiez d’aller faire vos courses parce que soi-disant c’était la seule chose qu’elle faisait correctement.
– Dehors ! C’est clair ? Dehors ! hurle le retraité tout en se montrant menaçant, le doigt pointé vers Jaillant. »

« Walter est accoudé au comptoir d’un petit pub quasi désert dans lequel il aime se rendre en début de soirée pour ne pas broyer du noir dans son appartement. L’endroit est calme, apaisant. Un fond sonore de musique celte permet d’apprécier en douceur une bonne pinte de bière ambrée ou un prestigieux whisky écossais. Face à lui, le serveur lui adresse quelques sourires amicaux empreints de compassion, une manière de partager avec lui ce verre solitaire. »

« – Sur l’une des photos, qui n’est pas celle en possession des journalistes, on voit les quatre victimes, leur corps à moitié enlisé, entassés dans ce que l’on a appelé le “trou de l’enfer”. Toutes tiennent un papier dans leurs mains, mais impossible d’en lire le contenu. Les deux hommes masqués sont disposés face à face, idem pour l’autre homme et la femme. Le regard qu’ils s’adressent sur les photos est terrifiant : le bourreau leur a visiblement posé un écarteur de paupières pour les obliger à se regarder. La femme semble tétanisée par la peur, consciente qu’elle va finir enterrée vive, face à celui qui est visiblement son ex-compagnon. Une série de clichés pris tout au long de la soirée met clairement en évidence la monstruosité de cette mise en scène. Les photos sont horodatées, et à chaque fois que le temps avance, le niveau de la terre monte. Je n’ai jamais vu une mise en scène aussi inhumaine. Même si on se souvient tous des accusations contre ce couple, pas un seul individu sur Terre ne mérite pareil châtiment. »

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Informaticien de métier, entraîneur de football et père de famille, Sébastien s’adonne depuis quelques à sa nouvelle passion : l’écriture. Ses influences sont diverses. Des incontournables cinématographiques telles que Carrie, Fight Club, Le silence des Agneaux, Usual Suspects, pour ne citer que les principales.

Coté littérature, Sébastien aime beaucoup les univers respectifs de Cédric Sire, Jérôme Loubry et bien sûr, Stephen King.
Il est également un grand passionné de musique, notamment le Heavy metal, à laquelle il fait très souvent référence dans ses romans. Mais aussi l’humour (parfois noir, méchant ou gratuit) est aussi sa tasse de thé. Lire a toujours été une tâche compliquée car son imagination ne le laisse jamais en paix. Lorsqu’il lit une histoire, il en invente une autre. Il aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur.

Selon Sébastien, un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs et avec notre imaginaire…

On l’emportera dans la tombe
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/16/on-lemportera-dans-la-tombe/

Dualité
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/15/dualite/

Le berceau du Talion
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/23/le-berceau-du-talion/

Des profondeurs je crie vers toi
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/27/des-profondeurs-je-crie-vers-toi/

Roman

Mortelle tentation

de Christophe Ferré
Broché – 9 octobre 2019
Éditions : Mon Poche

Connaissez-vous vraiment la personne dont vous partagez la vie ?

“Hier après-midi, non loin du GR 10, un randonneur a repéré des vautours qui tournoyaient à basse altitude. Intrigué, il s’est approché et a découvert le cadavre d’une jeune femme entièrement nue.”

Depuis que le crime a fait la une des journaux, Alexia est sans nouvelles de son mari, parti quelques jours plus tôt marcher en solitaire dans ce coin sauvage des Pyrénées. D’abord inquiète à l’idée que Peter ait pu croiser la route de l’assassin, Alexia en vient peu à peu à suspecter l’homme qui partage sa vie depuis vingt ans. Les enquêteurs n’ont-ils pas recueilli sur place des indices qui l’accablent ? Comment se fait-il qu’il connaissait la victime ? Et pourquoi ne décroche-t-il pas lorsqu’elle tente de le joindre ? Quand l’homme que vous aimez est accusé du pire, la confiance et la raison vacillent. Déchirée entre l’amour et le doute, Alexia veut découvrir la vérité. Mais est-elle prête à l’affronter ?

C’est le troisième roman de Christophe Ferré que je lis cette année et à chaque fois le même plaisir de lecture !

Le principal atout de ce livre réside dans un suspense continu et une tension qui s’accroît à chaque page, atteignant des moments rarement rencontrés lors de mes différentes lectures…
Très efficaces, les paragraphes sont très courts, les phrases directes, incisives, la fluidité de la narration extrêmement plaisante et addictive !
J’ai été obligé de sacrifier une partie de ma nuit afin de savoir où allait me mener Christophe… Et bien aucun regret, tant pis pour mon sommeil, le final était largement à la hauteur de mes espérances…

Alexia se trouve en pleine tourmente. Depuis plusieurs jours, elle n’a aucune nouvelle de son mari. Elle découvre qu’une jeune Russe nommée Natacha, a été assassinée non loin du lieu ou son mari, Peter est parti faire une randonnée en solitaire, comme il avait l’habitude de le faire régulièrement. L’enquête prouve très vite que non seulement Peter connaissait Natacha, mais qu’en plus, ils se sont rencontrés quelques heures avant sa mort. Alexia tente de dissimuler les informations à son fils, Kevin, qu’elle découvre progressivement. Cependant, elle est totalement désorientée et ne sait plus du tout comment réagir face à ce drame sans fin…
Heureusement, ses amis Chloé et Léo sont présents, et la soutiennent moralement. Mais…

Qu’auriez-vous fait, si votre mari avait disparu, qu’il était en plus, également soupçonné de meurtre ?
Imaginez la pression, le ressenti, les heures qui n’en finissent pas de passer et de salir, Peter, rugbyman adulé dans toute la France. Alexia se sent complètement abattue, complètement perdue…
Va-elle s’effondrer ?

Roman plus qu’efficace, thriller captivant, que j’ai très vite imaginé sur un grand écran !
Un roman où l’auteur parvient à vous interroger sur tout, jusqu’au final… Coup-de-poing !

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Extraits :

« QUELQUES MÈTRES après la bifurcation, l’homme commença à devenir bizarre. Le sentier était étroit, la pente s’accentuait, les cailloux roulaient sous les pieds. Elle était chaussée de sandales en cuir qui lui écorchaient la peau.
Elle s’arrêta et le regarda.
— Pourquoi tu m’emmènes ici ?
— Tu n’aimes pas la montagne ?
Il se colla contre elle. Ses yeux étaient froids comme la glace.
Elle sentit une menace. »

« Il avait peur qu’elle se mette à crier, qu’elle alerte des promeneurs. À cause de l’écho, la voix portait loin. Alors il s’approcha d’elle et la serra contre lui. Il plaça de nouveau sa paume sur la bouche de la jeune fille. Il ne voulait plus l’entendre.
Plus jamais.
C’était la première fois qu’elle ressentait une telle panique. Ce fut aussi la dernière.
Elle tomba sur le sol, les yeux révulsés par la mort. »

« Elle faisait comme si tout était normal. Comme si rien n’avait changé. Comme si aucun cadavre n’avait été découvert non loin du GR 10.
Elle regarda de nouveau l’écran, espérant que s’afficherait le nom de l’homme qu’elle aimait. Il allait rappeler. Oui, c’est ça, il allait rappeler dans quelques secondes, dans quelques minutes. Il l’envelopperait de sa belle voix puissante.
Il ne rappelait pas.
Que se passait-il ? »

« Alexia relut dix fois le texte. Elle voulait être sûre d’avoir bien compris. Elle espérait qu’elle avait eu une hallucination visuelle. Ce n’était pas une hallucination. Elle avait bien lu. On avait découvert dans la main de la suppliciée un ourson qui rappelait le porte-bonheur de Peter, le fétiche, celui que Kevin lui avait offert et dont le sportif ne se séparait jamais. »

Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a obtenu le Prix de la nouvelle de l’Académie française en 2010.
Il est l’auteur de :