Roman

Le Musée secret

Une aventure de Cassiopée Vitt
de Steve Berry, M.J. Rose
Broché – octobre 2022
Éditeur : Cherche Midi

Entrez dans les secrets les mieux gardés des vols d’œuvres d’art par les nazis.
Installée dans le Sud de la France, Cassiopée Vitt a décidé de se séparer d’une partie de son héritage : quinze tableaux de maîtres acquis par son père dans les plus respectables galeries d’art parisiennes après la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu’elle arrive dans sa maison de famille de Tossa de Mar, une surprise de taille l’attend : les prétendus chefs-d’œuvre se révèlent être des copies. C’est le début d’une aventure qui va la conduire en Andorre, dans un lieu ultrasecret, le  » Dépôt « , où sont réunis, cachés aux yeux du monde, des trésors réputés disparus depuis longtemps. Cassiopée comprend bientôt que la clé de toute cette étrange affaire se trouve au cœur des secrets les mieux gardés de l’occupation nazie.

Après Le Manuscrit cathare, cette nouvelle aventure passionnante de Cassiopée Vitt, qui s’achève au Mémorial de la Shoah à Paris, nous plonge dans les arcanes encore obscurs de la spoliation des œuvres d’art durant la Seconde Guerre mondiale.

Je viens de refermer Le Musée secret de Steve Berry. Le roman se lit vite, trop vite même. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette enquête haletante, mêlant histoire de l’art, secrets d’État et suspense politique. Suivre Cassiopée Vitt dans cette course contre la montre a été un vrai plaisir. Elle est forte, complexe, pleine de nuances.

Ce que j’ai trouvé fascinant, c’est la manière dont Berry tisse réalité historique et fiction. Le lien avec le Vatican, les œuvres d’art disparues, les coulisses du pouvoir… tout semble possible. À chaque chapitre, je me suis surpris à vouloir vérifier si tel ou tel fait était réel – et c’est là que réside la force du roman : il brouille habilement les frontières entre le vrai et l’inventé.

J’ai aussi été marqué par les thèmes de la mémoire, de la justice et de la manière dont l’Histoire peut être manipulée. L’intrigue ne m’a jamais lâché : j’étais embarqué du début à la fin, incapable de poser le livre.

Un roman intelligent, palpitant, et d’une actualité troublante. Je le recommande vivement à tous les amateurs de thrillers historiques.

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Extraits :

« “Il y a un problème ?” demandai-je à nouveau.
Miguel se tourna vers moi. Son visage avait changé de couleur, il se mordait la lèvre inférieure.
“Je ne sais pas comment te dire ça, mais… aucun de ces tableaux n’est authentique.” Il fit une pause.

“Tous, sans exception, sont des faux.” »

« – “Il y a une autre possibilité”, reprit Miguel.
Je l’avais déjà envisagée.
“Que les originaux aient été volés, après la mort de mon père. Beaucoup de temps a passé. Les occasions n’ont pas manqué.” Mais je ne pouvais pas oublier que la villa disposait d’un système de surveillance de pointe et que deux personnes s’en occupaient depuis plus de trente ans. “Paulo et Angelina sont irréprochables.
– Pardonne-moi, Cassiopée, mais la confiance est une chose singulière. Nous croyons connaître les gens. Pourtant, comme pour ces tableaux, parfois nous ne voyons pas ce qui est juste devant nos yeux.” »

« “La plupart de ces scénarios n’ont guère de sens, Cassiopée”, me dit Nicodème après que je lui eus expliqué au téléphone toutes les hypothèses de Miguel quant aux raisons pour lesquelles les tableaux n’étaient pas authentiques. Mais ce dont je suis sûr, s’est que ton père n’aurait jamais acheté des faux. »

« La guerre faisait rage, des millions de personnes étaient déportées, internées et assassinées, mais le marché de l’art était florissant. À partir de 1941, le gouvernement français de Vichy – avec la bénédiction des nazis – a volé tout ce qu’il pouvait aux Juifs. Ils se sont approprié leurs entreprises, leurs comptes bancaires, leurs maisons, leurs bijoux et leurs œuvres d’art. Ce pillage a permis à nombre de salles de ventes aux enchères et de galeries d’art de s’enrichir pendant que les Juifs dépérissaient dans des camps d’internement, affamés et mourant par milliers. On estime que plus de sept cent mille tableaux ont été dérobés aux Juifs pendant la guerre. Plus de cent mille d’entre eux manquent toujours à l’appel. »

Steve Berry étudie le droit à l’Université de Mercer à Macon. Il est ensuite avocat et plaide pendant une trentaine d’années avant d’occuper de hautes fonctions dans la magistrature pour 14 ans. Il est un membre fondateur de l’International Thriller Writers, une association de plus de 2600 auteurs de romans policiers de partout dans le monde, dont il est co-président pendant trois ans.

En 1990, il se lance dans l’écriture. En 2000 et 2001, il remporte le prix Georgia State Bar Fiction Writing Contest. En 2003, son premier roman, Le Musée perdu (The Amber Room), paraît chez l’éditeur Ballantine Books. Depuis, il a publié plusieurs thrillers, qui sont devenus autant de best-sellers.

À partir de 2006, il amorce la série des aventures de Cotton Malone.

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M.J. Rose, auteure figurant sur les listes des best-sellers du New York Times, USA Today et Wall Street Journal, a grandi à New York, principalement dans les galeries labyrinthiques du Metropolitan Museum, les tunnels sombres et les jardins luxuriants de Central Park, et en lisant les livres préférés de sa mère avant même d’y être autorisée. Elle croit que le mystère et la magie nous entourent, mais que nous sommes trop souvent trop occupés pour les remarquer… Les livres qui amplifient le mystère et la magie attirent l’attention sur eux et nous rappellent de les chercher et de nous en émerveiller.

Les écrits de Rose ont été publiés dans de nombreux magazines, dont Oprah Magazine et The Adventurine. Elle a également été mise en avant dans le New York Times, Newsweek, Wall Street Journal, Time, USA Today, ainsi que dans l’émission Today Show et à la radio NPR.

Diplômée de l’université de Syracuse, Rose a réalisé une publicité diffusée au Museum of Modern Art à New York. Depuis 2005, elle dirige la première entreprise de marketing dédiée aux auteurs – Authorbuzz.com. Elle est également cofondatrice de 1001DarkNights.com et TheBlueBoxPress.com.

La série télévisée PAST LIFE est inspirée des romans de Rose issus de sa série Reincarnationist.

– Le Manuscrit cathare (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/04/20/le-manuscrit-cathare/

Émotion, Cercle littéraire, Roman, Suspense

Les vérités parallèles

de Marie Mangez
Broché – 23 août 2024
Éditions : Finitude Éditions

Arnaud Daguerre est Grand Reporter au Miroir, un hebdo d’investigation. Ses reportages passionnants lui valent les éloges des lecteurs autant que de la profession, qui n’hésite pas à lui décerner le prestigieux prix Albert Londres. Et pourtant. Sa série sur les banlieues ? Il n’a osé interviewer personne. Son reportage en Grèce ? Il n’a pas quitté son hôtel. Son portrait de Julian Assange ? Il ne l’a jamais contacté. Bien trop timide. Et ce depuis toujours, depuis cette enfance rêveuse, quand il parcourait le monde sans quitter sa chambre.

Pour ficeler un bon reportage, eh bien c’est pareil : il suffit d’inventer, de broder avec quelques lambeaux de réel. C’est si facile.

Mais il y a un prix à payer : la peur d’être démasqué à chaque parution, chaque semaine, cette peur qui vous ronge les entrailles sans répit. D’autant qu’à la rédaction, on s’interroge sur la facilité avec laquelle ce jeune collègue trouve toujours le bon témoin, la bonne histoire…

Dans le cadre de l’un de nos dîners du Cercle littéraire du Château de l’Hermitage,
nous avons eu hier soir le très grand plaisir de recevoir Marie Mangez.
Un moment plaisant où les conversations ont pris un certain tournant,

où les discussions se sont un peu envolées…,
mais c’est aussi ça, une soirée de discussions !

Arnaud, âgé de sept ans, est un enfant timide et rêveur qui se laisse souvent emporter par son imagination. Un jour, lors d’un cours, suite à une erreur sur un contrôle, il mélange le nombre 69 avec 96. Malgré un raisonnement juste, sa maîtresse lui met la note de 1/10. Trouvant cela injuste, il imitera son écriture et transformera le 1 en 10. Ce n’était pas la première fois qu’il transformait la réalité, mais ce jour-là fut décisif.
Malgré l’opposition de ses parents distants et très stricts, Arnaud, qui a connu une enfance difficile et complexe, envisage sa carrière dans le journalisme. Décision a priori étonnante pour ce jeune homme timide et effacé. Son premier reportage en tant qu’adolescent se déroulera à La Courneuve. Une fois sur les lieux, c’est le désastre. Tout se brouille dans son esprit. Il est dans une impasse et n’ose pas poser des questions à gens qui l’entourent et pourraient le renseigner. Comment va-t-il s’y prendre ? Il est impératif qu’il restitue cet article comme prévu !
Heureusement, son imagination lui permettra de rapidement trouver une autre solution.

Ce sera une réussite !
Progressivement, les opportunités se présentent à lui et il obtient le poste de journaliste attitré au journal “Le Miroir”. Estimé par ses pairs et ses supérieurs, apprécié de son public, tous ses reportages se construiront uniquement dans sa tête sans sans qu’il ait à se déplacer. Commencera alors pour lui une vie pleine de gloire qui lui renvoie sans cesse un sentiment de culpabilité et la peur constante d’être découvert…

Dans son roman, Marie Mangez aborde un thème original et bien développé, malgré un début que j’ai trouvé un peu long et qui a failli me perdre. Mais, petit à petit, j’ai trouvé ça et là certains repères qui me parlaient résonnaient en moi, qui m’ont captivé, avec même parfois une certaine poésie qui m’a accompagné tout au long de ma lecture que j’ai finalement trouvée un peu ”trop brève“. Marie a réussi à trouver des mots justes, simples, qui m’ont permis d’entrer dans la tête, déjà surchargée de notre héros, dans ses pensées complexes qui débordent d’imaginations et résonnent de malhonnêteté où il s’enlisera chaque jour un peu plus.

Un récit intéressant et original qui incite à réfléchir sur l’univers du journalisme et ses divers aspects où la pression et l’aspiration à la réussite pourraient, compte tenu des ressources actuelles, influencer les idées, voire générer des “fakenews” en fonction des désirs des journalistes, qui pourraient ne plus être en quête de vérité.

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Extraits :

« Le jour où Arnaud est devenu faussaire, il avait sept ans. L’âge de raison. Affirmer, toutefois, qu’il s’agit de son premier fait d’armes serait mentir. En réalité, ce jour d’octobre 1988, le terrain est déjà préparé depuis longtemps. Mais à ce moment-là, Arnaud ne le sait pas, ou bien de façon confuse. Il ne sait pas qu’il pousse, depuis sa naissance, dans le terreau fertile des choses non dites, dans la poussière invisible des squelettes du placard. »

« Faire les choses bien. Ne pas se tromper, jamais.
Arnaud a appris, depuis sa plus tendre enfance. Appris à ne pas décevoir, à deviner les attentes pour s’y glisser comme dans un étui de protection. »

« C’est bien. Dans la bouche avare de son père, ces quelques mots ont le poids et l’éclat d’un lingot d’or. Jusqu’alors, les parents Daguerre ont suivi le parcours de leur rejeton d’un œil qui, sans être désapprobateur, ne rayonnait pas franchement d’enthousiasme. Ils auraient préféré qu’Arnaud, après Sciences Po, embrasse une carrière administrative : du stable, du solide, une valeur sûre. Mais le stable et le solide n’ont, hélas, jamais intéressé le rejeton en question, resté cramponné à sa lubie enfantine, attiré vers le mouvant, le changeant, l’éphémère, et vers une profession chaque jour plus précaire. »

« Arnaud ne s’ennuyait jamais, dans sa solitude peuplée de journaux, de livres et de rêveries. Mais il lui semblait, parfois, que son cœur sonnait vide; alors il redoublait d’efforts pour le remplir, tout seul, faute de mieux, le remplir de Léonards, de contrées lointaines et d’aventuriers sans peur. »

Doctorante en anthropologie à l’Université de Paris, Marie Mangez voyage régulièrement entre la France et la Turquie afin de conduire des recherches sur les minorités religieuses. À côté de sa thèse, elle publie en 2021 son premier roman, Le Parfum des cendres, dans lequel Sylvain, thanatopracteur, et Alice, étudiante en stage, devront essayer de cohabiter dans un climat inexpliqué de tension.

Marie Mangez découvre le sujet de la thanatopraxie par le biais de ses études et décide d’en faire le métier de son personnage principal, dans un roman qui mêlera mystère et sensibilité. Par le biais de ce roman, elle nous plonge dans un univers mélancolique et énigmatique, dans lequel nous devrons découvrir le secret bien gardé de l’impénétrable personnage principal, en décryptant les indices disséminés par l’autrice dès les premières pages. Finalement, entre le mystérieux embaumeur qui sent les morts, et la jeune étudiante déterminée, l’harmonie est difficile, mais pas impossible…

Émotion, Drame, Frisson horreur, Roman, Suspense

LUX

de Maud Mayeras
Poche – 12 octobre 2017
Éditions : Pocket

2016. Antoine Harelde débarque à Ceduna, une petite ville perdue au ciel rose et à la poussière collante, dans les terres arides du sud de l’Australie, pour des vacances chez sa mère. Vingt ans auparavant, il y a passé un été inoubliable, un été au cours duquel il a connu la joie, l’amitié, l’amour, mais aussi l’horreur.
Aujourd’hui, il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Son but ? Se venger. Mais Antoine est frappé de plein fouet par la dure réalité. La justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse…

“Avec Lux, Maud Mayeras s’empare de nos peurs les plus terribles,
comme celle de la fin du monde, propos au cœur du livre, et bien dans l’air du temps.”

Franck PetitFrance 3 Limousin

J’avais déjà lu ce livre en novembre 2018.
Il y a quelques jours, j’ai ressenti l’envie de le relire…
J’avais oublié à quel point il était puissant… À quel point je l’avais apprécié, il m’avait bouleversé… m’avait laissé une empreinte !

Lux est unique, tourmenté, je dirais même hors du commun par son aspect « sensoriel » et émotionnel. Maud nous guide à travers des régions isolées, inhospitalières et arides peuplées de personnages terrifiants et particulièrement troublants.

1996. Ceduna, en Australie.
Antoine, un jeune français, semble perdu dans ce pays éloigné. Mais ce n’est pas le cas, il y a déjà vécu. Il est revenu pour une bonne raison. Il attendait depuis 1996, mais aujourd’hui il est enfin prêt. Il est revenu pour se venger. Une vengeance qui se veut implacable, mais tout ne se déroulera pas comme escompté.

2016. Ceduna, en Australie.
Un ami, Hunter, garçon de son âge, et sa petite sœur Lark, un aborigène, géant, monstrueux qui l’effraie chaque jour lorsqu’il passe devant sa porte. Depuis qu’Antoine a emménagé avec sa mère au bout du monde, voilà ses uniques voisins. Progressivement, il s’adapte à ce nouveau style de vie. Solitude. Plus d’école, une liberté toute relative qui n’existe qu’autour de chez lui et uniquement en cachette. Puis un jour, Hunter est assassiné, bouleversant la vie d’Antoine à tout jamais…

Maud nous offre un récit enchanteur, sombre, impitoyable et admirablement orchestré, ponctué de chapitres très brefs alternant entre 2016 et 1996 jusqu’à la fin du livre. Le dénouement, époustouflant, m’a redonné les frissons que j’avais déjà eu à ma première lecture !

Maud Mayeras… Je suis un grand fan !!!

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Extraits :

« Florence Harelde avait décidé de quitter la France le jour des quatorze ans de son fils. En pleine nuit, elle avait éveillé le garçon d’un doux baiser sur son front chaud. Elle lui avait parlé en anglais. Elle ne lui parlait jamais qu’anglais, le français lui ayant toujours paru une langue difficile, ennuyeuse, superflue. Elle avait évoqué cette plage sur laquelle elle avait grandi mais, l’esprit encore embrumé de sommeil, Antoine n’avait rien compris. »

« Deux cadavres, c’est tout ce qui restera.
Il les emportera loin d’ici, au fond de ce terrain en friche, ce champ recouvert chaque jour de l’année par des tonnes de feuilles sèches, tremblantes sous la brise légère ou collant à vos semelles. Au fond de ce terrain, il y a un trou, un trou dans lequel il pourra entreposer les deux cadavres. Il cachera leurs chairs et leur puanteur à l’abri des regards. Il attendra patiemment que les corps pourrissent et, quand il ne restera plus que des os cassants, il y mettra le feu. »

« Hunter avait resserré son étreinte et Antoine avait grimacé. L’autre lui faisait mal, mais il éveillait aussi en lui cette chose inexplicable qui le rendait furieux et l’excitait férocement. Hunter s’en était rendu compte et n’avait pas reculé.
Antoine s’était laissé faire, il avait entendu Hunter soupirer, avait senti les lèvres effleurer sa nuque et sa peau prendre feu. Les yeux clos, malgré son cœur qui cognait, malgré le bruit du vent qui s’engouffrait dans la pièce, il avait distinctement entendu le ronronnement du moteur dans l’allée.
“Merde, Hunter, tes parents.”
La glace avait éteint le feu. Et tout s’était déroulé à une vitesse folle. »

Maud Mayeras est une autrice française de romans noirs et de thrillers psychologiques.

Sa plume sensitive et animale nous mène toujours plus loin vers l’indicible, et avec délicatesse et précision, elle écorche à chaque page les entrailles et le cœur du lecteur. Ses récits mettent souvent en lumière les violences faites aux femmes et aux enfants, mais ils abordent également la complexité des liens filiaux et leurs conséquences féroces. Bercée par les films d’horreur, par le rock, le punk, et les romans de Stephen King, Maud Mayeras écrit son premier roman à 23 ans.

  • Hématome, éditions Calmann-Lévy en 2006. Il a reçu le prix des Limbes Pourpres et a été finaliste du prix Polar SNCF en 2006.
  • Reflex (2013), traduit dans plusieurs pays.
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/06/reflex/
  • Lux (2016), tous deux parus aux éditions Anne Carrière, puis repris chez Pocket.
  • Les monstres (2020)

Elle vit aujourd’hui à Limoges avec sa famille.

Roman

Le Magicien d’Auschwitz

de José Rodrigues dos Santos
Poche – 25 mai 20220
Éditions : Pocket

Comment celui que l’on surnommait « le grand Nivelli » a survécu à l’enfer.

Prague, 1939. Les troupes du Reich entrent dans la ville. De sa fenêtre, Herbert Levin aimerait les faire disparaître comme, sur scène, un illusionniste escamote ses colombes. Lui-même magicien sous le nom du “Grand Nivelli”, l’homme espère trouver chez les SS, ces grands mystiques amateurs d’occulte, un public trop naïf pour percer son secret.
Car Levin est juif, comme toute sa famille…
Croire ou ne pas croire… C’est toute la tragédie de ces années barbares, où nul ne veut croire au mal absolu. Levin y sera bientôt confronté, là-bas, dans la boue de la Pologne, au cœur gris de l’enfer…

Traduction, Adelino Pereira.

« Le bruit cadencé des bottes sur le goudron donnait l’impression que la mer était arrivée à Prague. Et quelle mer ! Les pas faisaient penser à des vagues, insistantes et furieuses, se brisant sur des rochers.
Herbert Levin avait décidé de ne pas regarder. Il refusait d’accorder de l’importance à ce qui se passait dehors, n’acceptant pas la tournure que prenait l’histoire. Il voulait se persuader que, s’il ne voyait rien, le monde demeurerait tel qu’il avait toujours été, car ce en quoi il se transformait n’augurait rien de bon. Mais la réalité ne se pliait pas à ses désirs. »

Dès le premier paragraphe José Rodrigues dos Santos donne le ton de son roman !

Deux histoires, qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, terribles et effroyables, se croisent, alternent chapitre après chapitre, pour enfin se rejoindre à la fin du roman (qui n’en est pas une…) à Auschwitz.
Herbert Levin, un magicien, a fui avec sa famille les persécutions juives en Allemagne pour se réfugier à Prague. Il refuse d’imaginer l’inimaginable malgré de nombreuses mises en garde…
Francisco Latino, un soldat portugais, va s’enrôler dans la légion espagnole, il se bat aux côtés de Franco lors de la guerre civile, très vite il décide de se joindre aux Allemands pour combattre les communistes sur le front russe.

J’ai découvert J.R. dos Santos, en 2013, avec “La formule de Dieu”. Magnifique !
Ensuite, j’ai très vite enchainé avec, “L’Ultime secret du Christ”, “La Clé de Salomon”, “Codex 632 – Le Secret de Christophe Colomb”, “Furie Divine” et “Immortel”.
Avec « Le Magicien d’Auschwitz », il effectue un travail de recherche remarquable, nous offrant un récit poignant et horrible sur les horreurs passées.

Tout le monde sait ce qui s’est passé dans les camps de concentration, ou pense le savoir…
Comment est-il possible que les SS aient pu faire ça ?
Ce livre m’a retourné (âmes sensibles, s’abstenir). Mais il m’a permis aussi d’être au plus près de la réalité. J’ai appris de nombreuses choses incroyables, folles. Hitler, Himmler et de nombreux autres nazis, qui, entourés d’astrologues, d’occultistes et autres mystificateurs, croyaient que la race nordique était descendue directement des cieux !

J.R. dos Santos nous relate des destins brisés, pour que nous puissions les garder en mémoire… Surtout, ne jamais oublier…
Je conseille fortement !

Le film, Le Magicien d’Auschwitz est en cours de réalisation par Jaco Van Dormael, produit par Belga Films Group.

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Extrait :

« Les dieux s’expriment par sa bouche. Avec le Führer à la barre, l’Allemagne retrouvera tout son éclat, et notre peuple recouvrera son statut de race divine, guidant l’humanité vers un niveau d’évolution supérieur.
Levin se rappela avoir déjà entendu ces réflexions à Berlin, lors de la montée des nazis, et comprit qu’il ne pouvait plus les supporter. »

« – J’aimerais bien plaisanter, mais quand je vois les aberrations de la théosophie, ça me donne la chair de poule. Sans oublier les inanités de l’anthroposophie de Rudolf Steiner. Les Aryens, descendants des Atlantes, posséderaient l’étincelle divine, tandis que les races à la peau sombre seraient d’origine démoniaque et, par le métissage, détruiraient ce qu’il y a de divin chez les Aryens. Mais où diable est-il allé chercher tout ça ? Où sont les preuves ? »

« Les lampes s’éteignirent tout à coup et la salle plongea dans une complète obscurité. Le brouhaha distrait de la foule s’atténua, puis cessa. Une musique orientale, mélodieuse, au rythme indolent et répétitif, presque hypnotique, rompit agréablement le silence.
Un puissant projecteur éclaira la scène et dévoila un personnage enveloppé dans une cape ; on aurait dit un fantôme. Le Grand Nivelli. »

« Les officiers SS qui se tenaient dans le hall du premier étage buvaient en riant aux éclats. Certains sourirent quand le magicien passa à côté d’eux, le félicitant pour le spectacle, apparemment sans remarquer qu’il sentait le Juif, et le Grand Nivelli leur répondit par un sourire confiant et même énigmatique.
Les hommes d’Himmler voulaient du mystère, il allait leur en donner. »

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Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du journal de 20 h au Portugal, José Rodrigues dos Santos est l’un des plus grands auteurs européens de thrillers scientifiques.
La saga Tomás Noronha, traduite en 18 langues, s’est fait connaître en France avec La Formule de Dieu, vendue à près de 500 000 exemplaires (2 millions dans le monde) et dont les droits d’adaptation au cinéma ont été acquis par Belga Films.
Avec Immortel, il signe le 8e roman de la saga en France.
Les romans de J.R. dos Santos et de son héros Tomás Noronha rencontrent un grand succès à travers le monde.
Thrillers érudits, ils traitent des sujets de science, de religion ou d’histoire avec toujours un incroyable travail de recherche. Car le sujet central de tous les romans de J.R. dos Santos reste le même : la vérité.
En tant que journaliste-reporter de guerre et en tant qu’auteur, cette question ne l’a jamais quitté. Et ce qui rend la série des Tomás Noronha unique, c’est justement ce défi systématiquement relevé de remettre en cause une vérité pré-établie pour en rétablir une nouvelle, difficile à accepter peut-être, mais bien plus limpide.

Ses romans sont tous publiés aux Éditions Hervé Chopin :

  • La Formule de Dieu (2012), traduit dans plus de 17 langues,
  • L’Ultime Secret du Christ (2013),
  • La Clé de Salomon (2014) – suite de La Formule de Dieu –,
  • Codex 632 (2015),
  • Furie divine (2016),
  • Vaticanum (2017),
  • Signe de vie (2018),
  • Immortel (2020) – Le premier être humain immortel est déjà né
    https://leressentidejeanpaul.com/2021/03/24/immortel-le-premier-etre-humain-immortel-est-deja-ne/
  • Âmes animales (2022),
  • La Femme au dragon rouge (2023), un diptyque composé de L’Homme de Constantinople (2019) et Un millionnaire à Lisbonne (2020).
    L’année suivante il aborde l’un des secrets les plus douloureux de l’histoire contemporaine avec :
  • Le Magicien d’Auschwitz et
  • Le Manuscrit de Birkenau
    Suivront :
  • Spinoza : l’homme qui a tué Dieu (2023)
  • Oubliés (A Filha do Capitão, en portugais), son premier roman enfin traduit (2024).

José Rodrigues dos Santos vit à Lisbonne.

Roman

Le parfum des cendres

de Marie Mangez
Poche – 12 avril 2023
Éditions : J’ai lu

Les parfums sont toute la vie de Sylvain Bragonard. Il a le don de cerner les personnalités grâce à de simples senteurs, qu’elles soient vives ou délicates, subtiles ou entêtantes. Tout le monde y passe, même les morts dont il s’occupe chaque jour dans son métier d’embaumeur.Cette manière insolite de dresser des portraits stupéfie Alice, une jeune thésarde fascinée par son étrange profession. Pour elle, Sylvain est une énigme : bourru et taiseux, pourquoi semble-t-il plus à l’aise avec les défunts qu’avec les vivants ? Loin de se décourager, Alice va redoubler d’efforts pour percer le secret qui l’empêche de respirer depuis quinze ans…

Un roman qui éveille les sens, mais pas seulement…

Le parfum des cendres est un premier roman.
Que dis-je ?
C’est LE premier roman de Marie Mangez, et le premier d’une très longue liste, j’espère…

Sylvain Bragonard est devenu thanatopracteur alors qu’il rêvait de devenir parfumeur.
Il avait le nez délicat, finement délicat même. Cependant, la vie ne nous mène que là où elle le veut bien…
Sylvain est un homme silencieux, mystérieux, renfermé sur lui-même, plus à l’aise avec les morts qu’avec les vivants, et ce, depuis quinze ans. Alice, qui effectue sa thèse, va bousculer, percuter son monde linéaire que rien ne semblait pouvoir perturber. Une étrange relation va progressivement se développer entre la jeune fille pleine de vitalité et l’homme qui se voue au silence, quand ce n’est pas à certains souvenirs destructeurs. Alice l’observe, elle veut découvrir le mystère qu’il porte en lui et, qui sait, peut-être lui redonner le semblant de vie qui semble lui manquer, même s’il n’en est encore pas conscient.

En 1988, je découvrais Le parfum, de Patrick Süskind.
Je trouve que Marie Mangez lui rend, avec ce magnifique récit, un très bel hommage, mais elle va plus loin encore. Ses personnages abîmés sont attachants.
Sylvain, absent, taciturne, qui redonne vie au corps des morts, cherchant lui-même à disparaitre parfois, il est invisible lorsqu’il se regarde dans un miroir. Alice, jeune étudiante avec son air taquin, atypique, engagée, avec des yeux qui traînent partout et de la musique plein la tête, un peu maladroite peut-être, fébrile aussi, mais tellement vivante !
Cette histoire m’a captivée, avec son écriture fluide et empreinte de douceur sur les odeurs, la musique et, même si le sujet pourrait sembler sombre, la thanatopraxie, au final, ce qui en résulte, c’est bien la vie !

Une très belle découverte… originale, prenante et emplie d’émotions !
Merci Corinne !!!

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Extraits :

« Bernadette était allongée, paupières fermées, les bras sagement étendus le long du corps. Au cœur de ses joues sillonnées de rides, légèrement affaissées, on distinguait le creux des fossettes, centres névralgiques d’un visage encore animé par des années de sourire. Visage arborant désormais une expression sereine – Bernadette attendait que l’on s’occupe d’elle, remettant placidement son enveloppe charnelle aux soins d’autres mains que les siennes. »

« Elle se faisait donc la plus discrète possible, retranchée dans un coin de la pièce, évitant généralement d’ouvrir la bouche, histoire de ne pas perturber monsieur, Elle avait également remarqué que le bruit même de son crayon paraissait l’irriter; et, en conséquence, s’abstenait de prendre des notes, s’efforçant de garder en mémoire tout ce qui pouvait être utile, afin d’en noircir son carnet sitôt sortie du funérarium et libérée de cette compagnie légèrement taciturne. »

« Ses yeux parcoururent ce lieu qu’il qualifiait de chez-lui : blanc et vide comme une chambre funéraire, un espace neutre, impersonnel, dénué de tous ces souvenirs qui envahissaient la maison de son enfance, souvenirs flottant là, partout et pourtant inaccessibles, souvenirs parasites qui le narguaient douloureusement, de l’autre côté du mur de verre séparant Sylvain du monde des vivants.
Revenir chez ses parents, c’était affronter le reflet glacé de ce qu’il avait été et de ce qu’il avait perdu. Un coup de cutter dans ses plaies à vif. »

« Vous voyez quoi, vous, là-dedans ? Moi, j’y vois un truc genre sensuellement mystique… un hymne au sexe et à la musique, parce que c’est deux choses qui font le lien entre le charnel et le spirituel, vous voyez ? C’est imbriqué… le mystique, on peut pas y arriver sans nos sens, et nos sens sont rien si on n’y met pas une part de spirituel… enfin, moi je le comprends comme ça, en tout cas. Vous en pensez quoi ? »

Doctorante en anthropologie à l’Université de Paris, Marie Mangez voyage régulièrement entre la France et la Turquie afin de conduire des recherches sur les minorités religieuses. À côté de sa thèse, elle publie en 2021 son premier roman, Le Parfum des cendres, dans lequel Sylvain, thanatopracteur, et Alice, étudiante en stage, devront essayer de cohabiter dans un climat inexpliqué de tension.

Marie Mangez découvre le sujet de la thanatopraxie par le biais de ses études et décide d’en faire le métier de son personnage principal, dans un roman qui mêlera mystère et sensibilité. Par le biais de ce roman, elle nous plonge dans un univers mélancolique et énigmatique, dans lequel nous devrons découvrir le secret bien gardé de l’impénétrable personnage principal, en décryptant les indices disséminés par l’autrice dès les premières pages. Finalement, entre le mystérieux embaumeur qui sent les morts, et la jeune étudiante déterminée, l’harmonie est difficile, mais pas impossible…

Roman

Saules aveugles, femme endormie

de Haruki Murakami
Poche – 18 février 2010
Éditeur : 10 X 18

Une femme endormie sous l’emprise de saules aveugles. Un fantôme surpris par un gardien de nuit. Un écrivain possédé par le personnage qu’il vient de créer. Sur le fil secret qui enlace le rêve à la réalité, les êtres de Murakami passent en funambules d’une nouvelle à l’autre, et nous emportent avec fièvre dans les abîmes hypnotiques de notre conscience.

“Haruki Murakami confirme sa stature de géant nippon des lettres. […]
Ce recueil est un labyrinthe familier, un palais des glaces,

où le lecteur peut se perdre, et se reconnaître, avec délices.”
David Fontaine, Le Canard enchaîné

Traduit du japonais par Hélène Morita.

Un très agréable recueil de nouvelles…

À la fin de ma lecture, je me suis vraiment interrogé sur la manière dont je pourrais vous parler de ce recueil de nouvelles et surtout sur la façon dont je pourrais vous donner envie de le lire.

Commençons donc par le commencement…
Connaissez-vous Haruki Murakami ?

En septembre 2023, j’ai fait la découverte de l’excellent livre Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, qui m’a plongé dans un livre très enrichissant en philosophie de la vie basée sur l’effort, la volonté et la persévérance, mettant en lumière l’infini potentiel humain… Et comme il le souligne si bien, “le seul adversaire que l’on doit vaincre, c’est soi”.

Dans le livre « Saules aveugles, femme endormie », le narrateur nous plonge dans une sorte de solitude à travers 23 récits aussi variés que les personnages rencontrés au fil de ma lecture, mais toujours avec cette solitude. Toujours empreint de poésie, l’écrivain vous conduira dans son monde, oscillant entre la réalité et l’imaginaire. Haruki m’a interpelé par la musicalité de ses phrases, m’a envoûté en pénétrant régulièrement au plus profond de mon esprit grâce à de petits détails, par-ci par-là, un visage, un sourire, un regard qui brille, un verre de vin, une vague qui apparait au loin et qui roule sur le sable fin… Haruki est un excellent conteur, un grand observateur qui analyse et transmet de quoi ravir les adeptes de belles histoires variées, à l’écriture fine et délicate qui ne pourront vous laisser indifférents…
Prendre du temps et du plaisir…
Votre imaginaire fera le reste. Après tout, ne sommes-nous pas les héros de nos lectures ?
Haruki en est conscient et nous fait rêver…

Un grand bravo à Hélène Morita, traductrice qui a réussi à saisir et à exprimer toutes les émotions de l’écrivain !

Extraits :

« “— Tiens, voilà qui ferait un beau slogan !”
Les pare-chocs sont faits pour être cabossés.
J’observai sa bouche tandis qu’elle prononçait cette phrase.
“Ce que je voulais dire, reprit-elle doucement en grattant le lobe de son oreille – un lobe à la très jolie forme -, c’est que, quoi qu’on puisque souhaiter, aussi loin qu’on puisse aller, on reste ce que l’on est, voilà tout.
— Comme slogan, ça aussi, c’est pas mal !”
Quoi qu’on puisse souhaiter, aussi loin qu’on puisse aller, on reste ce que l’on est, voilà tout. »

« “— Tu regardes souvent la télévision ?”
Je secouai la tête. “Je n’ai pas de télé.
— Pourtant, reprit-il après un temps de réflexion, il y a au moins une très bonne chose avec la télévision.
Tu peux l’éteindre quand tu en as envie. Et personne ne se plaint.”
Il appuya sur le “off” de la télécommande. L’image disparut à la seconde. La pièce redevint silencieuse et paisible. Au-delà des fenêtres, des lumières commencèrent à briller.
Pendant environ cinq minutes, nous n’échangeâmes pas un mot, nous contentant de déguster nos whiskies. »

« Il me dit qu’il avait lu tous mes romans. “Nous avons des façons de penser tout à fait différentes, toi et moi, expliqua-t-il, et je crois aussi que nos buts sont différents. Mais j’estime que c’est magnifique de pouvoir raconter des histoires aux autres.”
Opinion parfaitement respectable. “À condition de savoir bien les raconter”, lui avais-je répondu. »

« “Je fais parfois ce rêve”, dit le jeune homme dans son fauteuil roulant. Sa voix était chargée d’étranges échos, comme si elle sortait d’une fosse profonde. “Il y a un couteau planté de travers dans la partie souple de ma tête, là où résident les souvenirs. Il est enfoncé profondément à l’intérieur. Cela ne me fait pas spécialement mal. Je n’en sens pas le poids non plus. Simplement, il est là, planté dans ma tête. Je me tiens à part, et j’observe la scène comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre. J’aimerais que quelqu’un retire ce couteau. Mais personne ne sait que j’ai un couteau fiché dans le cerveau.” »

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Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kōbe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda, avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974.
Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront : La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse et L’éléphant s’évapore.
Exilé en Grèce en 1988, en Italie puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l’oiseau à ressort et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kōbe, Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (livres 1,2 et 3). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication d’Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, ses deux premiers romans inédits. Le Meurtre du Commandeur (livres 1 et 2) est son dernier roman paru.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/22/autoportrait-de-lauteur-en-coureur-de-fond/

Roman

Game Over

de Isabelle Villain
Broché – 16 janvier 2025
Éditions : Taurnada Éditions

Une vieille dame meurt écrasée sous les roues d’un bus. Un nouveau fait divers dans les rues de Paris.
Cependant, d’autres « accidents » sont rapidement à déplorer, laissant présager que ces tragiques événements ne sont que les prémices d’un sombre dessein.
Le groupe de Lost se retrouve à la tête d’une affaire qui va bousculer toutes ses certitudes.
Frustration. Colère. Incompréhension. Impuissance…
Une course contre la montre au dénouement glaçant et inacceptable.

J’ai été complètement embarqué, que dis-je, subjugué de retrouver Rebecca dans cette sixième enquête qui semble être, on le dirait bien, le dernier volet d’une belle série. Et je suis obligé de vous dire que j’en suis triste. Isabelle explique “son” pourquoi dans ses remerciements, et je la respecte pour cela.
Pour autant, “Game Over”, qui peut se lire indépendamment des autres, est et restera pour moi le meilleur tome, pour de nombreuses bonnes raisons, même si c’est celui où la “cheffe” de Lost, nous quitte…

Paris.
Une femme âgée est tuée par un bus. Accident ou meurtre ?
Un voyageur est bousculé sur le quai du métro. Accident ou meurtre ?
Rapidement, de nouvelles victimes se succèdent sans liens entre elles… Accidents ou meurtres ?
Rebecca va s’investir pleinement dans cette enquête particulièrement terrible et complexe, qu’elle reprend après avoir été traitée jusqu’à présent de manière autonome par la gendarmerie et la police. La commandante à la Crim’ va être confrontée à une situation extrêmement difficile à gérer, car, en même temps, elle apprendra le décès de sa propre grand-mère et découvrira des informations sur son passé qui vont complètement la troubler.

Isabelle Villain nous présente deux enquêtes qui s’entremêlent à un rythme complètement fou, passant de l’une à l’autre, entre folie meurtrière extrêmement choquante, où les crimes ne sont que des détails pour les meurtriers et les émotions difficilement supportables vécues par Rebecca, sur un passé qu’elle ne maîtrise plus. La plume est très addictive, les idées sont superbes et totalement crédibles dans notre société actuelle.
Ma soif de comprendre, ma soif de savoir qui se cachait derrière ce qui semblait être un jeu pire que tout ce que l’on pouvait imaginer, a finalement été balayée par les émotions et la tristesse développées par Rebecca apprenant le vécu de sa famille.

Félicitations Isabelle !
J’ai bien Ressenti les obstacles que tu as rencontrés à la fin de ton roman… d’où un final ouvert qui pourrait laisser envisager… chuuuut…
Sache que mon coup de cœur n’en est que plus magnifique !
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers Joël de Taurnada Éditions de m’avoir proposé ce roman qui sort une nouvelle fois des sentiers battus.
Les éditions Taurnada en quelques années, ont vraiment ébloui mes lectures !
Longue vie à Taurnada !

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Extraits :

« Madeleine vit seule depuis vingt-deux ans. Depuis qu’un après-midi de juillet, elle a découvert le corps de son mari inanimé sur le parquet de la salle à manger. Que faire lorsqu’une des plus belles raisons qui vous fait sourire et vous lever le matin vient de disparaître ? Pas grand-chose. Elle a donc décidé de laisser les jours se succéder, en mode automate. De remplir son quotidien de petits moments agréables et surtout de ne pas penser, car le futur est une perspective bien trop effrayante. »

« Cette montée d’adrénaline incontrôlable, ce sentiment de toute-puissance sur un autre être humain. Ce besoin de détruire coûte que coûte, de faire mal. Alors, oui, il a dû apprendre à nier toute émotion, tout affect. Déshumaniser sa victime. »

« Un homme vient d’être arrêté pour avoir jeté sa fille de 10 ans dans le Rhône, pieds et mains attachés.
La petite est morte noyée. Le suspect a avoué avoir voulu se venger de son ex-femme…
»

« Le lendemain matin, dès l’aube, le groupe de Lost est sur le pont. Ressassant durant la nuit le peu d’informations en leur possession, aucun d’entre eux n’est parvenu à trouver le sommeil, le cerveau rongé par tout un tas de questions demeurées sans réponse. Incapables de comprendre les raisons qui poussent deux personnes à commettre de tels actes, ils émettent des hypothèses sur les futures victimes. En vain. »

« – Je vais te dire un truc : je me suis souvent posé la question de ce que j’aurais fait si j’avais vécu pendant la guerre. Est-ce que j’aurais travaillé avec les Allemands ? Est-ce que j’aurais collaboré d’une façon, disons plus étroite ? Est-ce que j’aurais été résistant ou pris le maquis ? Est-ce que j’aurais eu le courage de risquer ma vie pour sauver celle des autres ? Eh bien, j’en suis arrivé à la conclusion suivante : je n’en ai pas la moindre idée. Si j’avais eu des gosses à nourrir, franchement je ne sais pas du tout ce que j’aurais été capable de faire. C’est trop facile après coup de critiquer et de donner des leçons. »

Née au Maroc à Casablanca en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’évènementiel et l’organisation de salons professionnels.
Passionnée de romans policiers depuis l’enfance. Elle décide de se lancer dans l’écriture pour mettre par écrit les nombreuses histoires qui lui trottent dans la tête.

Son quatrième roman Peine Capitale, publié aux Editions Auteurs d’Aujourd’hui, a reçu le prix Maurice Bouvier en 2015.

Âmes battues, le second volet des enquêtes du commandant de Lost, découvert dans Peine capitale à reçu le prix du festival du polar de la ville d’Arcachon en 2016, et le prix polar du festival Jeter l’Encre.

Mauvais genre, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 15 novembre 2018.
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/23/mauvais-genre/

Blessures invisibles, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 9 janvier 2020.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/01/03/blessures-invisibles/

À pas de loup, son 7e roman, publié aussi aux Éditions Taurnada est sorti le 14 janvier 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/14/a-pas-de-loup/

De l’or et des larmes
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/13/de-lor-et-des-larmes/

vino veritas
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/04/in-vino-veritas/

Roman

Les couloirs démoniaques

Jean-Marc Dhainaut
Poche – 2 juillet 2020
Éditeur : Taurnada éditions

Le Foyer des Galibots, une maison de retraite paisible située dans le Nord de la France, ferma ses portes en 1992 après une effroyable série de morts mystérieuses. Des suicides, selon l’enquête. Détails troublants : certains pensionnaires avaient témoigné de présences effrayantes, et une aide-soignante avait affirmé avoir été attaquée par une force invisible.
Alan Lambin, enquêteur en paranormal, sent que cet endroit, construit sur les ruines d’un hôpital exploré quinze ans plus tôt, a besoin de lui.
A-t-il oublié la menace qui y rôde ?

L’hôpital qui avait été détruit par le grisou dans les années soixante-dix et qui avait laissé sa place à une maison de retraite en 1990 semble maudit, hanté peut-être, selon certains.
Plusieurs suicides inexpliqués vont se produire, des événements terribles vont se produire, et finalement, deux ans plus tard, la maison de retraite fermera officiellement ses portes et le bâtiment sera abandonné.

Alan Lambin a mis fin à sa carrière d’enquêteur paranormal commencée avec « La Maison Bleu Horizon », « Les Prières de Sang », puis « Les Galeries Hurlantes ». 15 ans se sont écoulées depuis sa dernière enquête. Alan mène maintenant une vie tranquille en couple avec sa fidèle collaboratrice Mina Arletti.
Cependant, à la demande insistante de son grand ami Paul et de Mina, il se verra contraint de revenir sur ce lieu qui avait définitivement mis fin à ses enquêtes, pensait-il.

La tension s’accroît, la menace est pesante, le danger omniprésent…
Que s’est-il vraiment déroulé dans cette maison de retraite ?
Qui est le Shadow Man ? Pourquoi poursuit-il Alan depuis son enfance ?

Une histoire captivante. Frissons assurés !
Mais plus encore que les frissons, ce sont encore une fois les émotions Ressenties qui m’ont complètement emportées…

Jean-Marc est vraiment remarquable, j’apprécie énormément cet écrivain qui sait réellement étonner ses lecteurs avec ses récits.
Quelle est l’importance de la vérité et de l’imagination dans ses écrits ?
Je vous laisserai seul juge…
Cependant, pour ma part, depuis que je l’ai découvert, je suis devenu « accro ». Son style, les émotions qu’il génère, la peur, la tristesse et… sa poésie également !
Ce livre est beau, il donne de l’espoir.

Je suis impatient de lire le prochain ? Le dernier ? Opus.

Merci une fois de plus, Jean-Marc…

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Extraits :

« “- Qui sont-ils ?
– Pardon ?
– Là ! Au bout du couloir. Qui sont ces enfants et cette petite fille ?”
Véronique n’avait vu personne. »

« Il était 6 heures du matin. Sous le choc, ils traversèrent la cour aux pavés humides. Lorsque Alan poussa la porte d’entrée, Paul était déjà debout et préparait le café. Il comprit en voyant leurs visages décomposés que quelque chose n’allait pas. Alan, qui n’avait pas dormi une seule minute, se laissa tomber sur le canapé pendant que Mina expliquait le phénomène dont ils venaient d’être témoins. »

« Je ne sais pas ce qui m’a pris de vieillir. Je crois que ça a été la plus mauvaise décision de ma vie, sourit Paul en bourrant sa pipe de tabac. Je suis content, Alan.
– Pourquoi ?
– De repartir à l’aventure avec toi. Mais je sens bien qu’il y a un truc qui te freine. Tu ne t’es jamais emballé pour la moindre enquête, tu as toujours été prudent, réservé, souvent même trop sceptique. Ton cerveau n’a fait que triturer sans cesse pour trouver des explications, mais là, il y a autre chose… »

« “C’est quoi, ces lettres, Mémé ?”
Sa grand-mère, vêtue de son tablier noir, son chignon de cheveux blancs, avait posé son rouet, s’était levée et s’était approchée de lui.
“Oh, ça, ce sont les initiales de ta maman : Jeanne Carvec. Elle avait d’ailleurs ton âge lorsqu’elle les a gravées. La petite chipie avait volé un tournevis dans le tiroir et avait gratté la pierre. Je l’ai surprise alors que je rentrais du bois pour le feu, Je revois encore son visage coupable.
– Tu l’as grondée ?
– Non, mon petit. Je l’ai aidée à terminer.
– Je peux, moi aussi ? Je peux graver les miennes à côté des siennes, Mémé ?”
Alan se souvenait du tendre sourire de sa mère lorsqu’il lui avait montré son œuvre, fier de lui, quelques jours plus tard. »

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Les prières de sang
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Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Les Galeries hurlantes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/02/les-galeries-hurlantes/

Mémoire de feu
https://leressentidejeanpaul.com/2024/07/03/memoire-de-feu/

Alan Lambin et l’esprit qui pleurait
https://leressentidejeanpaul.com/2024/12/27/alan-lambin-et-lesprit-qui-pleurait/

Roman

Dragon qui boite

de Gérard Papier-Wagner
Broché – 26 mai 2022
Éditeur : Autoédition

Peu après avoir perdu son meilleur ami, Camille apprend que l’entreprise, dont elle est PDG, a remporté le concours du réaménagement du Palais des Congrès de Brazzaville. Ce qui ne devait être qu’un chantier de conquête à l’export va la jeter dans d’insoupçonnables aventures. « Qu’apprenez-vous ici ? » se renseigna-t-elle auprès de son prospecteur qui l’avait invitée à dîner au restaurant-bar Les Copains au bord du Stanley Pool. « Des ragots de trafiquants, des infos de troisième main sur les politiques et leurs manigances avec les coups qui se préparent. J’aime cette ambiance glauque, où tout peut arriver. » « Ça me donne une furieuse envie de retourner à Montpellier. » répondit Camille qui fera preuve d’audace et de détermination, en dépit de sanglantes épreuves, pour atteindre son objectif avec l’appui d’amis de circonstances parfois singuliers, mais attachants.

Chaque livre de Gérard Papier-Wagner, est pour moi un véritable plaisir !

Avec Dragon qui boite, il nous offre une expérience de voyage à travers la France et l’Afrique, en mettant l’accent sur Brazzaville, nous transmettant sa passion pour sa culture si variée. ce quatrième volet, peut être lu séparément si vous le désirez.

Camille, qui a pour mission de réaménager le palais des congrès à Brazzaville, fait face à de nombreux défis. Cependant, c’est une battante, une femme forte et, bien qu’elle ait un caractère bien marqué, elle demeure tout de même très attachante. Bien que certains passages soient difficiles, voire douloureux et complexes, la plume poétique et très visuelle de Gérard m’a captivé tout au long de ma lecture, sans oublier ni la sensibilité ni la philosophique, et toujours cette petite pointe d’humour…
Encore une fois, Gérard nous convie et nous dévoile une part de son vécu, nous présente ses proches, auxquels on s’attache rapidement en suivant leurs destins croisés, car, en effet, dans cette suite, on retrouve la plupart des “acteurs” déjà rencontrés dans ses précédents romans.
Quelle excellente idée !

Mais qui est donc le dragon ?
Vous le devinerez au fur et à mesure de votre lecture captivante, passionnante et pleine de rebondissements faisant émerger de nombreux secrets dissimulés !
Après de nombreuses péripéties, où je ne me suis pas ennuyé un instant, tout se révèle enfin… mais tous les secrets ont-ils bien été dévoilés ?
L’avenir nous le dira !

Je te remercie énormément, Gérard, pour l’envoi de ton roman, qui reste un moment de lecture exceptionnel entre fiction et réalité !

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Extraits :

« Pris de court par sa mort, à soixante-huit ans seulement, dimanche matin 1er mai 2011 devant chez lui place Garibaldi, Charles Jodlère n’avait eu ni le loisir ni à vrai dire l’occasion de verrouiller son passé. Alors lui arriva ce qu’il aurait voulu éviter, en l’occurrence la divulgation d’une aventure, dont il s’était résigné à emporter le secret dans la tombe. »

« Son choix se porta sur Brazzaville 1880-1980 et Le rendez-vous de Tchimbamba, parce que le titre et la couverture lui plaisaient. Ensuite elle parcourut le quai jusqu’au pont Notre-Dame, traversa l’île de la Cité, marqua le pas devant la cathédrale, et prit le métro à la station Hôtel de Ville. Ce soir, elle dînerait chez Raoul et cette idée la réjouissait. Elle descendit à République pour finir le chemin à pied, afin de ne pas subir trop tôt les ratiocinations de Martine sur la double vie de Charles. »

« Le médecin serra, comme il put, autour de son torse, une bande sur un tampon vite saturé, puis Camille fit de même pour sa jambe pendant qu’il tenait le volant, parce que s’arrêter signifiait ne pas repartir. »

« – On ne peut jamais se dire adieu parce que le monde est petit et que Le Seigneur veille sur nos destins. Si le tien et le mien ont fait une partie du chemin ensemble, c’est que telle était sa volonté. Amen. »

« – Cela n’empêche pas de préférer Dieu au néant, Dieu étant le nom donné au mystère de la création, parce que nommer ce qui dépasse la compréhension est un moyen de se rassurer. »

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Le disparu de Monrovia
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

La double vie des Jodlere
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

Le rendez-vous de Tchimbamba
https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/21/le-rendez-vous-de-tchimbamba/

Le triptyque
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/05/le-triptyque/

Roman

La Chasse

de Gabriel Bergmoser
Poche – 9 mars 2023
Éditeur : Pocket

Une chasse à l’homme dans l’Outback australien.
Dans l’immensité sauvage d’une Australie écrasée sous un soleil de plomb, Frank s’occupe d’une petite station-service perdue au milieu de nulle part. Son quotidien solitaire n’est troublé que par le passage de quelques rares clients. Un jour, une voiture arrive en trombe. Une jeune femme en sort, fait quelques pas et s’écroule, après avoir murmuré  » Pas d’ambulance, pas de police.  » Alors que Frank, aidé par un couple de voyageurs, tente de soigner les blessures de l’inconnue, ses assaillants débarquent, fusils à la main, et cernent les lieux. Coupés du monde, les occupants de la station-service vont alors devoir faire face à un véritable siège.

“On tourne les pages avec effroi et fascination.”
L’Express

“Un thriller effrayant et diaboliquement efficace,
orchestré de manière quasi cinématographique.”
Le Figaro

“Bergmoser explore des territoires de plus en plus sombres jusqu’à atteindre
un final graphique, explosif, qui se lit dans une horreur jouissive.”
The Guardian

2024 a été une année entièrement consacrée aux auteur(e)s français.
2025 sera l’année des mélanges de genres.
Nouveaux horizons, nouvelles thématiques, une envie d’être chamboulé !
Je commence donc cette année avec le premier roman d’un jeune auteur néo-zélandais, chaudement recommandé par mon ami Pierre-Antoine, et il a eu bien raison d’insister !

Franck est un homme âgé et solitaire qui exploite une station-service, au milieu de l’immensité du désert australien, sur une route perdue.
Son quotidien est brusquement perturbé par l’arrivée de sa petite-fille Allie, qu’il n’avait jamais rencontrée, elle débarque chez lui pour une quinzaine de jours, le temps que ses parents règlent quelques problèmes familiaux !
Dans la foulée, une jeune femme couverte de sang déboule en voiture à la station et s’effondre devant l’entrée !
Pris au dépourvu, Frank essaie d’apporter son aide à la jeune femme, avec l’aide d’un couple de clients présents sur place. L’homme est infirmier. Mais Franck était très loin d’imaginer dans quel infernal guêpier,il venait de mettre ses pieds…

Le récit est bouleversant, avec une écriture nerveuse, parfois impatiente, mais toujours très poétique, avec un rythme toujours très halluciné, où j’ai eu l’impression de regarder un film tout au long de ma lecture.
Une double temporalité pleine de mystère est utilisée par l’écrivain, nous plongeant dans la chaleur écrasante du fond d’une Australie sauvage et violente, une double temporalité qui va se percuter et exploser littéralement… Les extrêmes s’entrechoquent, j’ai Ressenti comme si j’étais pris dans un étau qui ne me lâchait plus, et me serrait de plus en plus.

Huis-clos trépidant, roman sauvage dans tous les sens du terme, que j’ai trouvé malheureusement un peu trop court, “La chasse” m’a complètement emporté !
Âmes sensibles s’abstenir, certains passages sont particulièrement violents !
Gabriel Bergmoser, un écrivain très jeune qui met dès le début la barre très haut, même si sa fin est un peu trop « much », mais… Pour moi, c’est une révélation et un véritable coup de cœur !

Très bien accueilli par la critique, “La Chasse” est actuellement en train d’être adapté au cinéma, et c’est bien sûr Gabriel Bergmoser lui-même qui signe le scénario.
Si je vous disais que je ne suis pas curieux… je vous mentirai !

Extraits :

« Sur la route écrasée de soleil filait une voiture solitaire.
Au volant, la fille gardait les yeux braqués devant elle. Le ciel bleu transparent, le soleil brûlant, l’horizon au loin. Elle ne regardait pas en arrière.
Elle conduisait vite, frôlait la vitesse limite. Le paysage, sec, aride et immense, défilait des deux côtés. Elle le voyait du coin de l’œil mais elle n’y prêtait pas attention, pas plus qu’elle ne prêtait attention à la douleur dans sa jambe et aux battements furieux de son cœur. Elle roula sans s’arrêter, le temps que le soleil se lève puis se couche et que le bleu du ciel devienne à nouveau sanguin et que la terre alentour paraisse prendre feu.
C’est seulement alors qu’elle jeta un coup d’œil dans le rétroviseur. »

« En arrivant, elle avait sincèrement eu envie d’être gentille avec Frank, d’essayer de s’entendre avec lui – même si l’objectif principal était d’embêter sa mère. Mais il ne lui facilitait pas la tâche: il prononçait rarement plus de deux mots d’affilée, passait toutes ses journées à la station, et quand il rentrait c’était pour s’écrouler devant la télé neigeuse et regarder un vieux feuilleton qu’il n’aimait sûrement même pas. »

« – “Elle est complètement dans les vapes. Si elle est déshydratée et si elle a perdu du sang, elle ne doit pas avoir les idées claires. Elle a peut-être eu des hallucinations ou je sais pas quoi”.
Charlie tourna la tête vers elle. “Et son hallucination, c’est qu’elle ne voulait pas qu’on appelle des secours ou la police? Ça me paraît vachement précis, dis donc”. »

« C’étaient les plus récents, ceux qui avaient encore des bras et des jambes, qui lui soulevèrent l’estomac.
Il y avait six corps en tout. Quatre crochets libres tombaient jusqu’au sol. Suivant les chaînes du regard, Maggie vit qu’elles aboutissaient, à l’autre extrémité de la pièce, à des manivelles placées sur le sol en terre, une terre rouge teintée de sang. »

« Les étoiles scintillaient. Un brin de lumière s’était infiltré dans la nuit, le noir virait au bleu marine. Frank s’assit sur une pierre près de l’arbre. Son épaule le lançait, ce qui n’avait rien d’étonnant. Il se sentait extrêmement faible, et la tête lui tournait, mais il était en vie. À côté de lui, Allie surveillait la route, pistolet en main. Derrière eux, Maggie nettoyait dans la retenue d’eau la crasse et le sang qui la recouvraient. »

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Né en 1991 en Nouvelle-Zélande, Gabriel Bergmoser est un auteur et dramaturge australien qui vit à Melbourne. Après un master en écriture de scénarios au Victorian College of the Arts, il a cofondé la société de production indépendante Bitten By Productions. Il s’est également fait connaître de la scène artistique de Melbourne avec une série de pièces de théâtre, dont les très remarquées Heroes et The Trial of Dorian Gray. Lauréat du prix Sir Peter Ustinov, il est également l’auteur de la trilogie Boone Shepard. Mais c’est avec La Chasse, son premier roman publié en France, qu’il s’impose définitivement sur la scène littéraire australienne.”

Salué par la critique, La Chasse, publié au Royaume-Uni en 2020, et chez Sonatine en 2021, est en cours d’adaptation au cinéma, et c’est évidemment Gabriel Bergmoser lui-même qui écrit le scénario, tout en travaillant à son prochain roman.