de Agnès Martin-Lugand
Poche – 5 septembre 2019
Éditeur : Pocket

“Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.”
Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…
“Poignante, cette histoire de résilience se trouve servie par des phrases courtes, beaucoup de dialogues, et une écriture légère dans laquelle se glissent même quelques notes d’humour.”
Catherine Balle – Le Parisien / Aujourd’hui en France
“Une cascade d’émotions, un échantillon de bonheur.”
douceurlitteraire.com

Diane a décidé de partir vivre en Irlande contre l’avis de ses parents et de Félix, son meilleur ami. Elle a trouvé un petit cottage à Mulranny loin de tout. C’est tout ce dont elle aspire. Le calme, le silence et la solitude.
Déjà un an que sa vie a été complètement anéantie du jour au lendemain. Colin, son mari et Clara leur fillette de six ans sont décédés suite à un accident de voiture. Est-ce le besoin de faire son deuil, a-t-elle envie de faire le point sur sa vie ? Une chose est sûre trop de fantômes vivent encore, là où ils ont partagé rires et bonheur…
En quittant la France, elle quitte aussi son café littéraire “LES GENS HEUREUX LISENT ET BOIVENT DU CAFÉ”, qu’ils avaient “pensé” avec Colin, pour vivre leurs jours heureux. Depuis, c’est Félix qui s’en occupe en espérant que Diane passe un cap et redevienne la femme qu’elle était.
Le climat de l’Irlande lui convient très bien. Le vent, la pluie et une plage déserte deviendront son quotidien jusqu’à l’arrivée d’Edward, le fils des propriétaires de la maison qu’elle loue. Malgré son envie de rester seule, il vient habiter juste en face de chez elle.
Dès leur première rencontre le ton est donné. Autant, elle souhaiterait son départ pour sa tranquillité, autant Edward demande à ses parents de la “dégager” immédiatement de son horizon. Il ne veut personne autour de lui !
Commence alors un bras de fer entre les deux inconnus qui va aller de mal en pire…
“Feel good”, qu’elle est donc cette désignation absurde pour désigner ce roman, pour le coup pas feel good du tout. Diane a perdu son amour, a perdu sa fille, elle est au bord de la rupture physique, ne sait plus comment vivre et on parle de feel good ???
C’est au contraire une histoire attachante, avec beaucoup d’émotions. On a envie d’aider Diane, de la soutenir dans ses hauts et ses bas, afin qu’elle reprenne goût à la vie au plus vite, avant qu’elle n’aille trop loin.
La beauté des lieux et les habitants d’Irlande, grâce à une belle écriture de la part de l’auteure, vont lui permettre de se reconstruire petit à petit… Je découvre Agnès Martin-Lugand avec ce récit émouvant, bouleversant et captivant à la fois. 187 pages lues d’une seule traite. Elles le méritaient. Chaque page amène un petit plus au récit qui évolue tout doucement vers un horizon bienveillant, vers une fin qui n’en sera pas une, mais plutôt, un nouveau départ !
La vie est parfois un parcours houleux et difficile, certaines personnes méritent une seconde chance, Agnès l’a bien compris.
Un livre, un sujet qui m’a emporté, que je conseille sans aucune honte.
Oui, j’ai aimé “Les gens heureux lisent et boivent du café”, même si je n’ai pas besoin de café pour être heureux…
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Extraits :
« Aujourd’hui, comme depuis un an, le silence régnait, en maître dans notre appartement. Plus de musique, plus de rires, plus de conversation sans fin.
Mes pas me guidèrent automatiquement vers la chambre de Clara. Tout y était rose. Dès l’instant où j’avais su que nous aurions une fille, j’avais décrété que l’intégralité de la décoration serait de cette couleur. Colin avait utilisé un nombre phénoménal de subterfuges pour me faire changer d’avis. Je n’avais pas cédé. »
« Les yeux grands ouverts, je fixais le plafond. J’attendais que mon réveil sonne. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, et le fait d’avoir raccroché au nez de mes parents n’avait rien à voir avec mon insomnie. Dans quelques heures, j’embarquerai à bord d’un avion, direction l’Irlande. Je venais de vivre ma dernière nuit dans notre appartement, dans notre lit. »
« Écouter de la musique à m’en faire exploser les tympans, j’avais oublié les sensations que ça me procurait. J’avais longuement hésité avant de mettre en marche la chaîne hi-fi. Il fut pourtant une époque où c’était un réflexe. »
« Je m’allongeai, et il remonta l’édredon sur moi. Il repoussa les cheveux de mon front. Je sentis qu’il s’éloignait. Ma respiration se saccada, les pleurs redoublèrent. J’ouvris les yeux et, pour la première fois, je le regardai. Il se passa une main sur le visage est partit. Je ressortis mon alliance de la chemise pour la serrer dans ma main. Je me mise en position fœtale et enfonçai ma tête dans l’oreiller. Puis je finis par sombrer dans le Sommeil. »
Agnès Martin-Lugand est l’auteur de neufs romans, tous salués par le public et la critique : Les gens heureux lisent et boivent du café, Entre mes mains le bonheur se faufile, La vie est facile, ne t’inquiète pas, Désolée, je suis attendue, J’ai toujours cette musique dans la tête, À la lumière du petit matin, Une évidence, Nos résiliences et La Datcha.
Psychologue clinicienne qui n’a pas son pareil pour décrypter les émotions, elle a su imposer son univers délicat peuplé de personnages attachants auxquels il est difficile de ne pas s’identifier. Elle a vendu près de 3,5 millions de livres tous formats confondus à travers le monde et est traduite dans 35 pays.



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