Drame, Psychologie, Suspense

La Régulation

de Gaëlle Perrin-Guillet
Broché – 7 mai 2024
Éditions : OutreFleuve

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Il n’en restera qu’un.
2300, quelque part dans le monde.
Une enclave entourée de murs abrite les survivants d’un cataclysme. Coupés de tout, ils vivent en autarcie dans une société gérée par les DIX, de mystérieux dirigeants que personne ne voit en dehors des écrans tapissant les murs de la ville.
Dès que la surpopulation menace la cité, les DIX annoncent la Régulation : huit régulateurs reçoivent une liste de quatre noms. Quatre personnes à abattre sans se faire tuer à son tour. Car devenir régulateur, c’est savoir que son nom s’est affiché sur la liste d’un adversaire.
Une seule règle : tuer ou être tué.
Lorsque le jour de la Régulation arrive, la population sait que la chasse a débuté. Et la peur s’installe.

 

• Couv_2024-051_Perrin-Guillet Gaëlle - La régulation

 

Lorsque le livre “La Régulation” est sorti, et que j’ai su de quoi il parlait, j’ai été assez surpris. J’avais lu la trilogie de Gaëlle, qui se passe à Londres, au XVIIIe siècle, que j’avais adoré, j’avais lu “Haut le chœur” etaussi l’excellent “Temporis” et je me suis demandé ce qu’elle allait faire dans le futur !
La couverture est tellement belle, que c’est ma curiosité qui l’a emporté… Et puis une bonne dystopie, ce n’est jamais désagréable !

Le début du récit est un véritable tremblement de terre !
En quelques pages, Gaëlle nous dresse le destin de notre planète vivant seble-t-il, ses dernières heures suite à un réchauffement climatique très violent qui va emporter une grande partie de la population terrestre, en un peu mois de 25 ans. Tempêtes, montées des eaux, cyclones, canicules, krach boursier sans précédent, certains pays même coulent littéralement, puis… toutes les ondes radio disparaissent…

Soudain, on se retrouve en 2300, dans un lieu post-apocalyptique gouverné par les DIX. Les DIX ont instauré une liberté très relative, mais surtout, ils veillent drastiquement au nombre des habitants qui ne doivent surtout pas augmenter. Alors régulièrement, ils annoncent une Régulation, pour éviter une surpopulation…

Alors là, je dois bien reconnaître que Gaëlle m’a agréablement surpris dans ce récit où tout bascule d’un seul coup. D’une main de maître, avec son style fluide et un suspense très bien maîtrisé.
J’aurai aimé plus de pages, beaucoup plus de pages même, pour en apprendre plus sur ce “nouveau” monde empli de chaos. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Orwell, dans un style plus féminin bien sûr. Il y a une pression constante sur les épaules de tous les habitants, chacun d’eux est susceptible de “disparaître” du jour au lendemain suivant les décisions des DIX. Mais d’ailleurs qui sont les DIX ?

En arrivant à la fin du roman, qui est particulièrement réussie, je me dis qu’une suite serait la bienvenue… Alors, peut-être en apprendrai-je plus à ce moment-là, d’autant plus, que j’ai vraiment eu l’impression que Gaëlle avait pris énormément de plaisir à créer cet univers criblé d’interdits, de murs qui cachent l’horizon, de drones qui surveillent constamment la population, de couvre-feux… il pourrait dès lors s’ouvrir sur l’extérieur, la nature… le reste du monde !

Bravo, Gaëlle !
“TA” Régulation a été pour moi immersive dans tous les sens du terme, les forces et les faiblesses de chacun, des valeurs morales de ceux qui subissent et de ceux qui (nous) gouvernent, la tension constante. Est-il possible de reprendre le contrôle de sa vie ? Plusieurs fois, j’ai trouvé que ton roman (toujours trop court 😂) avait des résonances avec le cœur de notre actualité, vers un point de bascule… ou pas !!!

La Régulation.

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Extraits :

« 13 juin 2032. Ondes radio courtes.
“Il y a quelqu’un qui m’entend ? Allô ? S’il vous plaît ! Je suis coincé sur le toit d’un bâtiment, perdu au milieu de nulle part, y a de l’eau partout et ça continue de monter. Allô ! Répondez-moi, je vous en prie !” »

« La journée touchait à sa fin et Damian attendait avec impatience la fermeture de la bibliothèque. Ranger les livres n’était pas vraiment son activité favorite, mais il n’avait pas eu le choix, alors il serrait les dents et faisait ce qu’on lui demandait. Il caressa la tranche d’un roman du XIXe siècle, vestige d’un monde depuis longtemps enterré et se demanda ce que sa vie aurait pu être à cette époque. »

« Et qui me lira, à part vous ? Vous savez combien j’ai de personnes par jour, ici ? Trois. Et encore, les bons jours uniquement. Je crois que la lecture n’intéresse plus personne. Vous vous rendez compte que le dernier livre à avoir été publié date de plus de trois cents ans ? Et que la majorité des ouvrages tombent en miettes, malgré toutes mes précautions ? »

« Chaque chose en son temps. Nous devons déjà nous débarrasser de ces gens qui nous dirigent.
Et ce n’est pas gagné d’avance. »

 

Gaëlle Perrin-Guillet est née en 1975 à Lyon où elle vit toujours. Secrétaire de mairie le jour, elle se transforme en auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000 avec des nouvelles. Après deux romans auto-publiés, “Le sourire du diable”, en 2010 et “Au fil des morts” en 2011, elle participe à deux recueils des “Auteurs du noir face à la différence” (en 2012 aux Éditions Jigal puis en 2013 à L’Atelier Mosesu).

Haut le chœur” est son premier polar publié aux Éditions Rouge Sang en 2013, lauréat du « Prix du Polar-2014 Dora Suarez », réédité aux Éditions Taurnada en 2019. En 2015, paraît un roman pour jeunes adultes, “La nuit du chat noir” aux Éditions Rouge Safran.

En 2016, elle publie aux Éditions Fleur Sauvage, “Soul of London”, pour lequel elle reçoit le “Prix des Lecteurs du Salon du livre policier de Neuilly-Plaisance” et le “Prix du festival Les Polars du Chat du Creusot”; premier opus d’une série d’enquêtes situées dans le Londres de la fin du XIXe siècle dont les héros sont Henry Wilkes, ex-inspecteur de police, handicapé qui marche avec une canne, et Billy Bennett un gamin des rues qui l’assiste. Le livre est réédité aux Éditions Milady Poche en 2017, la même année que sort (ou devait ?) le second opus “Black past” aux Éditions Fleur sauvage, publié en grand format sous le titre Les fantômes du passé aux Éditions City en 2018. (Les titres originaux parus chez Fleur Sauvage semblent ne plus être disponibles…).

Les fantômes du passé
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/31/les-fantomes-du-passe/

Haut le chœur
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/11/haut-le-choeur/

Temporis
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/20/temporis/

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