de Thomas Clearlake
Broché – 30 avril 2018
Éditeur : Moonlight éditions

La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d’enfants inexpliquées. Cinq au total, en l’espace de quatre mois. Bien qu’aucun indice formel n’ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu’il s’agit d’enlèvements. Le FBI est chargé du dossier.
L’agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter.
Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d’agent, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s’être emparé des forêts alentour de la ville… et ça n’est que le début de son enquête.

J’ai lu ce roman en octobre 2018, à une période où je n’avais pas encore mon blog.
J’ai eu envie de le relire, mais surtout de lui donner l’hommage qu’il méritait.
Et en ouvrant le livre… Surprise !!!
J’ai retrouvé les notes que j’avais écrites à l’époque en fin de lecture, soigneusement rangées à l’intérieur du livre…
Le temps passe décidément trop vite.
11 octobre 2018.
Je découvre un nouvel auteur, Thomas Clearlake. L’Essence des Ténèbres, est un SUPERBE thriller qui mêle policier, fantastique et horreur. Il va très loin, très loin vers l’obscurité.
Je n’ai pas pu le quitter, dès les premières pages !
L’écriture est excellente et évolue le long de ce récit psychologique où les héros attachants sont très vite dépassés par ce qui leur arrive. L’action est omniprésente, aucun temps mort. J’ai pensé à Stephen King, à Graham Masterton, à Dan Simmons, à Clive Barker, c’est vous dire le niveau, et je ne vous avais pas encore précisé, mais c’est le premier roman de Thomas !!!
Que du bonheur…
J’avoue que je ne m’attendais pas du tout à “ça” en commençant ma lecture.
L’imagination débordante et très fertile de l’auteur m’a complètement retourné. C’est surprenant bien sûr, mais aussi puissant, violent, angoissant. La plume de Thomas est fluide et agréable, avec un style très simple mais très pointu dans ce récit incroyablement riche par la diversité des divers sujets développés.
Un site sacré est profané, une puissance obscure va se réveiller… Il va falloir vaincre “le Mal absolu”.
Pour les vrais amateurs du genre, c’est du lourd !
Âmes sensibles s’abstenir.
Un très grand merci à Lau Re pour m’avoir fait partager cette excellente découverte et à Annie Soyer pour me l’avoir remise en tête…
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Extrait :
« Pour son retour vers le vallon où il avait repéré le brouillard suspect, il planifia un autre parcours, car il lui fallait déployer au maximum le dispositif de surveillance. Il emprunta un sentier qui filait vers l’est, même si ce trajet était plus long pour atteindre le vallon.
Le chemin suivait un cours d’eau encaissé qui serpentait au gré des reliefs. La végétation était ici plus dense que dans les bois et l’air plus froid. Après deux heures de marche, le jour commença à décliner. Il passa ses lunettes à vision nocturne. Dans les eaux de la rivière qu’il longeait, il n’observa, là encore, pas la moindre forme de vie. Il continua de progresser durant deux heures le long du cours d’eau. Une quinzaine de kilomètres avant d’arriver sur l’objectif, le sentier bifurqua au nord et remonta dans les bois. Il fit une pause et retira ses lunettes. La nuit était aussi noire que de l’encre, mais la lune n’allait pas tarder à se lever. Il constata qu’il s’était presque habitué au silence.
Et cela ne lui plaisait pas du tout.
Le jour s’était effacé pour laisser place au crépuscule. Ce silence mortuaire rendait peu à peu ce qui revenait de droit à la nuit souveraine. La nuit qui, chaque soir, revêtait lentement les bois de son habit somptueux de noirceur. Maintenant, toutes les choses obscures et grouillantes pouvaient errer librement, toutes les peurs pouvaient trouver leurs raisons d’être. Tous les hommes et toutes les bêtes pouvaient se tapir dans leur antre, se blottir les uns contre les autres, pour préserver fébrilement la pâle lueur de leur vie. À toute question, il n’y avait plus de réponse. L’obscur anéantissait la raison pour laisser dominer le doute et l’ignorance. Depuis l’aube des temps, au-tour des cheminées, l’on contait alors les histoires les plus terribles. Parfois, elles étaient vraies. Le mal était ainsi libéré et pouvait proliférer dans la nuit.
La lune se leva majestueusement au-dessus des bois.
Cooper apprécia l’instant.
Il resta un moment assis à contempler le croissant de lumière pâle. Il lui était arrivé, quelques fois, d’ex-primer le ressenti que lui inspiraient de tels instants par des mots. Il lui arrivait de griffonner des vers dans un carnet. Une prose simple et efficace, qui lui ressemblait. Au cours de ces moments, il ressentait toujours une profonde incohérence dans sa vie. Car, bien loin du poète, il n’était presque pas différent des bêtes qu’il traquait.
Il chassa ses rêveries et revint à sa mission. »


Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.
Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…
Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.
« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »
- L’Essence des ténèbres (2018)
- Tréfonds (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/03/19/trefonds-de-thomas-clearlake/ - Avides (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/01/avides/ - Sans retour (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/05/31/sans-retour/ - Signatures (2022)

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