de Sévag Torossian
Broché – 15 janvier 2012
Éditeur : Papier Libre

Dieu a un plan que même les religions ne connaissent pas.
Ararat, l’ultime bataille. L’échiquier avait bien évolué depuis les conquêtes successives et le démantèlement des empires. Et voilà qu’une vieille histoire de l’humanité allait gifler le vingt-et-unième siècle sur les restes d’une épave en bois retrouvée sur une montagne, qui faisait désormais trembler rationalistes et conseillers d’État.
Que pouvais-je y faire ? Qu’un avocat ait un contrat sur la tête n’était pas une première. Vu la gueule de ma clientèle, mon enterrement ne se ferait pas sans commérages du genre « Il l’a bien cherché ». Mais personne ne saurait la vérité. Que j’avais accepté de rentrer dans une histoire délirante où militaires, hommes de pouvoirs et fanatiques religieux jouaient une macabre partie
d’échecs avec l’humanité.
Pourquoi voulaient-ils me tuer ?
Thriller ésotérique, La prophétie d’Ararat retrace, sur fond de tensions apocalyptiques, la quête de Marc Aram, sulfureux avocat parisien, amené aux frontières de l’Arménie pour chapeauter une transaction proprement loufoque : acheter Ararat, la mythique montagne de Noé…

J’ai rencontré Sévag Torossian le 13 octobre 2012. Je garde le souvenir d’un très bel échange, malheureusement trop court à mon goût. Dix jours plus tard, je terminais La Prophétie d’Ararat, un roman qui, à l’époque, m’avait profondément déstabilisé tant il sortait de mes lectures habituelles. Passionné de littérature ésotérique et historique, je pensais pourtant être préparé. Mais l’auteur m’emmenait bien plus loin que je ne l’imaginais. Je m’étais promis de relire ce livre… et puis, le temps a passé.
Quelques mois après une inondation qui m’a obligé à déplacer toute ma bibliothèque, je suis retombé sur lui. En le prenant entre mes mains, j’ai ressenti comme une décharge électrique. Je ne l’avais jamais relu !
Aujourd’hui, je viens de refermer ce roman et quelle expérience ! J’ai compris combien j’étais passé à côté de certaines choses lors de ma première lecture. Peut-être n’étais-je tout simplement pas prêt. Mon regard, mon esprit et ma sensibilité avaient encore besoin de cheminer. Cette fois, j’ai reçu cette histoire de plein fouet. Une véritable révélation, qui a fait écho à de nombreuses interrogations présentes dans mon esprit depuis quelques années.
Je fais la connaissance de Marc Aram, avocat parisien, chargé de se rendre aux frontières de l’Arménie pour négocier une transaction pour le moins extraordinaire. L’acquisition de la montagne d’Ararat, où aurait été découverte une épave de bois susceptible d’être les vestiges de l’Arche de Noé. Une vente qui, si elle aboutissait, pourrait bien bouleverser l’histoire du monde !
Me voilà embarqué dans un thriller ésotérique absolument inclassable, où l’Histoire, la géopolitique, les mystères et la spiritualité se rencontrent. J’ai découvert quantité de faits méconnus sur l’Arménie, ses origines et son histoire. Une lecture passionnante qui m’a même donné envie de mener mes propres recherches au fil des pages. Mais ce roman ne se contente pas de nourrir ma curiosité. Il m’a également interpellé sur notre humanité, nos peurs et notre capacité à nous transformer. À travers le voyage de Marc, j’ai suivi un homme qui peu à peu s’ouvre au monde, se découvre et comprend ce qui l’empêchait véritablement de vivre.
J’ai particulièrement apprécié cette dimension presque initiatique, parfois lumineuse, qui contraste avec la gravité de certains sujets. Et puis, il y a cette peur, si justement décrite dès les premières pages, ce sentiment universel auquel nous sommes tous confrontés.
Entre suspense, mystères, Histoire et quelques touches d’humour, Sévag Torossian m’a offert une lecture d’une richesse incroyable. Une véritable rencontre entre le politique et le spirituel.
Je referme ce livre aujourd’hui avec une conviction, l’Arménie pourrait bien devenir l’une de mes prochaines destinations !
C’est un véritable coup de cœur pour cette seconde rencontre littéraire, bien plus profonde et bouleversante que la première.
Merci, Monsieur Torossian, pour ce voyage qui, quatorze ans plus tard, a trouvé en moi un tout autre écho !
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Extraits :
« Il avait tout planifié. L’assassinat des 153, la destruction coordonnée des trois Totems, le déploiement de l’armée de la Peur. Son objectif était obsessionnel: mettre à néant toute trace qui devait servir au dévoilement des événements annoncés depuis la nuit des temps. La bataille était inégale ; et pourtant. Le Prince était un fin stratège, sans doute le père de tous les autres. Pas une minute, un jour, un siècle ne passait sans son autorisation : il avait créé le Temps. »
« “Vaincre la Peur”. Quel tragique destin. Vaincre ma compagne de tous les jours. L’ennemie que j’avais invitée, sans savoir qu’elle ne me quitterait plus. Quand cela s’était-il produit ? Dieu seul le sait. Elle avait grandi dans mes rêves ; je l’avais ignorée bien souvent. Je l’avais snobée, croyant qu’elle m’oublierait pour un autre ; mais elle restait à mes côtés, comme pour me protéger de l’inconnu. Je l’avais laissée grandir à mes côtés, flirtant avec ses humeurs de jeune fille aguichante. Quarante années que je l’emmenais partout où j’allais. »
« Il observa mon bureau un long moment, ma collection d’échiquiers, mes livres. Il devait aimer les livres, à en croire le silence qui l’avait plongé dans la bibliothèque en bois d’acajou longeant le mur sur dix mètres. À droite des jurisclasseurs, De la guerre de Clausewitz et La Bible l’avaient apparemment interloqué, parmi d’autres ouvrages de géopolitique et de religion qui peuplaient la moitié des étagères. Les confrères et habitués marmonnaient que ma bibliothèque était trop éclectique pour un cabinet d’avocat, mais je m’en foutais. »
« — Le militaire ne tue-t-il pas pour défendre ? C’est l’essence de votre métier, il me semble.
— C’est l’essence de la stabilité d’un État. Je ne dis pas qu’il soit… “juste”.
Mais reprenons. Le moment décisif de l’évolution de l’humanité a été la Révélation chrétienne, c’est-à-dire… la révélation par Dieu aux hommes des mécanismes de leur violence. Deux guerres mondiales, l’invention de la bombe atomique, plusieurs génocides, une catastrophe écologique imminente, tout concourt à démontrer bientôt que les textes apocalyptiques concernent le désastre en cours. L’homme a le pouvoir de se détruire, de détruire la planète, de modifier génétiquement des plantes et des êtres, de cloner les êtres vivants, de modifier le climat. Les hommes sont aujourd’hui capables de détruire leur univers. La violence est aujourd’hui déchaînée au niveau de la planète entière, provoquant ce que les textes apocalyptiques annonçaient : une confusion entre les désastres naturels et les désastres causés par les hommes, du naturel et de l’artificiel.
— Bien. Vous êtes donc venu m’annoncer la fin du monde. Et quel rapport avec Ararat ? »
« Oui, pour créer la cohésion interne, les nationalismes créent des ennemis à haïr. C’est grâce à la peur du danger externe que nait la solidarité interne. C’est aussi grâce à la peur de l’enfer que les religions rassemblent, loin du message mystique des Anciens. Je comprends que tu as grandi dans une société de la peur. Elle a donc grandi avec toi, et ton rêve est une… carte au trésor. Elle va te permettre de t’en libérer. Toi et ceux pour qui tu es né. »


Né en 1973 à Paris, Sévag Torossian est avocat au Barreau de Paris et dirige le cabinet Torossian Avocats dédié au droit pénal depuis 2005.
Docteur en droit de l’Université Panthéon-Assas et membre du Comité scientifique de l’Institut de droit pénal du Barreau de Paris, il conseille de nombreux acteurs institutionnels et politiques.
En 2005, il publiait son premier essai géopolitique, Le Haut-Karabakh arménien : un Etat virtuel ?, consacré au processus d’étatisation des Républiques autoproclamées.
En 2012, il publiait un roman, La prophétie d’Ararat, thriller ésotérique dans lequel Marc Aram, sulfureux avocat parisien allait faire un voyage initiatique de l’Occident à l’Orient pour mettre en place un transaction proprement loufoque : acheter le mont Ararat, la mythique montagne de Noé.
En 2013, c’est un essai politique consacré au thème polémique du négationnisme qu’il publiait : Vous n’existez pas – Négationnisme et mensonges d’État.
