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“Je me suis tue” de Mathieu Menegaux

 

2018-96_Mathieu Menegaux - Je me suis tue

Je me suis tue
de Mathieu Menegaux (Auteur)
Broché – 12 janvier 2017
Édition, Points

Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s’ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s’expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…
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Bonjour à toutes et à tous…

Je me suis tue est le premier roman de Mathieu Menegaux.
Lecture d’une seule traite… Pas le choix, l’auteur y a bien veillé, impossible de le lâcher.
Texte court, percutant, efficace, froid et glaçant, certaines phrases relèvent même de la poésie. Et la musique, cette musique qui nous poursuit tout le long du récit mettant en évidence la solitude de Claire.
Comment et pourquoi la vie d’une femme peut-elle basculer ainsi d’un instant à l’autre ?

Je me suis retrouvé dans la tête de Claire. J’étais Claire.
Dès le début on la sait coupable. Mais coupable de quoi ?
D’ailleurs finalement, l’est-elle vraiment ?

L’écriture sans concession de Mathieu nous raconte l’histoire très dure d’une femme perdue, d’une femme qui s’est perdue, elle qui ne voulait que le bonheur de son mari. L’utilisation de la première personne du singulier prends tout son sens au fur et à mesure du récit et comme Claire, j’ai subit ses doutes et ses angoisses. Un final inévitable mais qui fait quand même mal, car un jour ou l’autre, nous avons tous été comme Claire, à faire des choix qui auraient été différents avec un peu plus de réflexions…

Quelques notes et tous mes regrets,
Tous mes regrets de nous deux,
Sont au bout de mes doigts…

Il serait dommage de passer à coté de ce petit bijou.
A lire absolument.

Extrait :
“Toute ma vie pour cet instant ! Sa main sur la mienne posée, son sourire. Pouvoir le vivre, et le revivre, éternellement. Son émotion débordait. Il était intarissable, joyeux, excité, attentionné. Ses yeux pétillaient. Il redevenait un homme, enfin, et il en était fou de joie. Stérile disparaissait de son vocabulaire. Bouleversé. Tout a changé le jour où je t’ai donné la vie. Il était pris de vertige, perdu, ébahi devant cette perspective nouvelle. Je sentais son amour m’envahir et je jubilais au plus profond de moi : j’avais eu raison. J’avais raison. Quelle intuition, quel chef-d’œuvre, quel magnifique retournement de situation. Simple et limpide : cet enfant, c’était l’enfant d’Antoine, c’était notre bonheur, c’était la solution. Notre avenir prenait un tour enchanteur, et plus rien ne viendrait se mettre en travers de la belle histoire qui nous attendait. J’y croyais, dur comme fer. J’en étais persuadée, j’avais gagné. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Faire de chaque crise une opportunité, comme disent les manuels d’entreprise. Pauvre folle que j’étais. J’y croyais, ce soir-là, devant mon plat de pâtes. J’y ai cru, de toute mon âme.
C’est un beau roman c’est une belle histoire.”

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Mathieu Menegaux est né en 1967. Je me suis tue a reçu le Prix du premier roman de Sablet.
« Un premier roman bouleversant qui se lit d’une traite. » Biba
« Une tragédie moderne. » Philippe Vallet, France Info

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“Apocryphe” de René Manzor

2018_95_ René Manzor - Apocryphe

Apocryphe
de René Manzor (Auteur)
Broché – 3 octobre 2018
Edition, Calmann Lévy

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.

Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Un adolescent en quête de justice et de vérité,
Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle
Relecture stupéfiante de l’histoire officielle.
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Bonjour à toutes et à tous…

Il y a quelques jours je suis tombé sur un article, où figurait dans le même paragraphe les mots “René Manzor” et “Apocryphe”.
J’ai tout de suite su que l’ordre de ma PAL risquait d’être chamboulé très vite, mais ce que je ne savais pas encore à cet instant, c’est que, plus que ma PAL c’est moi qui allait l’être…
On qualifie d’apocryphe une œuvre « dont l’authenticité n’est pas établie.

J’ai rencontré René Manzor il y a quelques mois à la Fnac de Rosny (Merci Caroline Vallat).
J’ai tout de suite été touché par sa gentillesse, sa simplicité, et aussi sa voix… C’est un conteur né.
J’ai appris à le connaître un peu plus, en lisant plusieurs articles le concernant et aussi lors de nos différentes discutions.
On pourrait croire qu’il a eut plusieurs vie, tellement il a vécu et fait de choses incroyables !
Il aurait pu être lui même le héros de plusieurs romans.
À 24 ans il réalise « Le passage » film qui m’a marqué ainsi qu’une partie de ma génération, puis 3615 Père Noël, un autre ovni dans le cinéma.
Très vite il est parti au États Unis à Hollywood où il a travaillé avec les plus grands, Steven Spielberg, Georges Lucas, Rick McCallum, etc…
De retour en France, il réalise l’excellent “Dédales”. Puis à partir de 2012, c’est en tant qu’auteur avec un style qui lui est propre, affûté, très visuel, qu’il excelle dans les thrillers. “Apocryphe”, un thriller Noir ésotérique, est son quatrième roman.

“Apocryphe”, risque peut-être de gêner ou de surprendre par le choix littéraire de l’auteur, mais quel plaisir de lecture…
Dépaysement et suspense assuré, le travail de recherche réalisé par René, est incroyable !
Je n’étais pas en train de lire un roman, j’étais tout bonnement projeté dans le passé, dans une fabuleuse aventure pleine de suspense.
Dans la chaleur, la poussière, les odeurs, la vie rude pour ces juifs à qui on a volé leur pays, leurs droits et qui subissent l’oppression de « Rome » au quotidien avec une violence rare et gratuite par César, Caligula, Saül, autant de représentants du mal…
René s’est glissé dans les Évangiles, avec son regard affûté et par des déductions logiques et historiques, il nous donne « une version » très crédible de ce conte « magique » qui a bercé mon enfance.

Celle d’un garçon David, poursuivi par l’armée romaine, qui n’a que pour seule erreur, celle d’être le fils d’un juifs, Yeshua de Nazareth, crucifié sept ans plus tôt sous les ordres de Ponce Pilate, et qui pourrait à lui seul amener un soulèvement dans toute la Judée.
René Manzor est allé dans un univers où je l’attendais pas du tout, et signe avec « Apocryphe » un excellent roman noir, avec non seulement beaucoup d’actions, de violences, d’amour et d’émotions, mais aussi et surtout dans un total respect des croyants catholiques ainsi que des athées.
Quel est le point commun entre tous les ouvrages de René Manzor ?
Prendre des risques et ne jamais s’installer dans la routine, et il réussit encore ici son challenge, haut la main !
Un roman qui n’a rien à envier à Steve Berry, Catherine Neville, Raymond Khoury, Umberto Ecco, Dos Santos ou Dan Brown pour ne citer qu’eux ! Coup de cœur que je conseille vivement à tous les lecteurs un peu curieux qui voudraient s’évader, en sortant d’un confort de lecture habituel !


Extrait :
“Ta mère était un ouragan que personne ne pouvait dompter. Elle a toujours mené sa vie comme elle le désirait. Ton père l’admirait pour cela. Ils se sont aimés comme peu de couple s’aiment. L’un pour l’autre et l’autre pour l’un. Sans entrave, ni serment, avec pour seul but de rendre l’autre heureux. Et ils y sont parvenus.
– Jusqu’à ce que Dieu recrute mon père dans le désert, souligna l’adolescent avec amertume.
– Tu te trompes, David. C’était bien plus fort entre eux, après. Quand Yeshua a décidé de s’en aller prêcher sur les routes, Mariamne n’a posé aucune condition.
– Elle n’a pas essayé de l’en dissuader ?
– Non. Elle lui a juste demandé de lui raconter ce qu’il avait vécu dans le désert pour être transformé à ce point. Et il l’a fait. La mission rédemptrice de ton père est devenue la sienne. Elle a épousé sa cause et son destin comme elle l’avait épousé lui. Ils ont quitté famille, village et maison pour rendre leur rêve possible.
– Leur rêve ou son rêve ? Demanda David.
– Leur rêve. C’était ta mère qui dirigeait le mouvement des Nazaréens, David. Pas Yeshua ! Ton père la laissait décider de tout. L’organisation autour de douze apôtres représentant les douze tribus d’Israël, c’était elle ! Elle était la “disciple préférée”, celle que Yeshua aimait. et elle a continué à assumer cette fonction après le Golgotha, pendant les persécutions, afin que le message de ton père lui survive.
– Alors ses déplacements à Jérusalem, c’était ça ?
– C’était ça, sa vie de femme, David, pendant que la mère, elle, te protégeait.
– Elle savait que mon père risquait sa vie et elle n’a rien fait pour l’en dissuader ? s’offusqua l’adolescent.
– C’était son choix. Et elle l’a respecté. Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer c’est laissé choisir.”

Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux.

 

 

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Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien

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Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien
par Eric Oliva (Auteur)
Broché – 31 mars 2017
aux Éditions, Libres d’écrire.

Il existe une particularité dans le métier de flic : c’est que dans une même journée, vous pouvez traverser des instants de joie et de bonne humeur, pour vous retrouver aussi rapidement dans la souffrance, la douleur et la peine. Les nuits sont parfois courtes et agitées et amènent sur des matins d’autant plus difficiles. Si certains ressentis s’effacent avec le temps, les images, elles, ancrent leurs racines bien plus profondément.

Eric Oliva raconte son début de carrière en y contant quelques-unes des interventions qui ont marqué son chemin de jeune flic. Un roman profond et entier qui met en exergue les sentiments que tous les flics se doivent d’accumuler sans jamais y avoir été préparés. Il vient avec ses chroniques tenter de faire découvrir le métier de flic tel qu’il est vécu par les femmes et les hommes qui composent les rangs de la Police Nationale.
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Bonjour à toutes et à tous…

Je viens de tourner la dernière page, et “Ouf”…
Je prends un peu de temps sur la réflexion que m’a amené cette lecture…

J’entends déjà ou je devine votre question.
– Dis Jean-Paul ! Comment vas-tu chroniquer une chronique ???
– Et bien je ne vais pas le faire !
A-t-on besoin de raboter une planche parfaitement rectiligne ?
Je vais vous donner mon “ressenti »…
…………………

Qui n’a jamais eut à faire avec un “flic“ un jour ?
Et qu’est-ce qu’un “Flic” ?

J’ai eu la chance, (ou pas d’ailleurs, il faudrait que je leurs pose la question ! lol) d’avoir régulièrement des policiers de tous grades dans mon entourage. Dans ma famille, certains voisins, beaucoup d’amis…
Lorsque j’étais enfants, jamais je n’aurai osé appeler “flics“ les amis de mon père qui venaient régulièrement à la maison…
La lecture captivante et très réaliste, proposée par Eric m’a fait comprendre que le mot “flic” n’était pas forcément une insulte en fonction de la personne qui le prononçait et au contraire je pense qu’Eric l’accepte avec fierté.

Alors va pour le mot flic.
Flic, qui malheureusement de plus en plus est décrié, bafoué, insulté, caillassé…
Alors qu’il ne compte pas ses heures, en encaissant au quotidien les difficultés que l’on peut difficilement imaginer.

Avec beaucoup de pudeur Eric nous raconte sa vie, son quotidien, essentiel pour notre bien à tous, même si souvent nous avons tendance à l’oublier. Ce sont “les gardiens de notre paix” et sans eux où serions nous ?

Vous l’aurez compris “Chroniques d’une vie de flic : La police au quotidien” n’est pas un roman.
Mais une succession d’anecdotes vécues par l’auteur…
Attention, pas de héros sortis tout droit d’une série, ou d’un film, ici les flics, sont avant tout des êtres humains.

Eric nous raconte son récit, une vie de labeur, une vie d’émotions, de doute parfois, d’amour et d’entre-aide souvent, nous rappelant qu’il n’est pas une machine et que c’est avec ce quotidien pesant et souvent ingrat qu’il doit se construire au jour le jour… Certains passages m’ont retourné l’estomac alors que d’autres m’ont fait esquisser un sourire. Il égratigne aussi, sans méchanceté aucune, mais avec un réel constat la « bureaucratie » de certaines réflexions bien menées, qui leurs lie les mains et qui défait régulièrement ce que les policiers ont tant de mal à mettre en place.
Et malgré le vécu d’Eric j’ai senti, ou “ressenti” de la psychologie, de l’amour et beaucoup d’émotions envers toutes ces personnes qui gravitent autour de lui quelques soient leur conditions sociales…

Alors, merci Éric, j’ai aimé le rendu que tu nous donnes de la police, ta police de tous les jour.
J’ai aimé ton écriture simple et touchante où à aucun moment je ne me suis ennuyé, d’ailleurs le bêtisier final est une fin idéale pour ouvrir la soupape nécessaire suite à la lecture de certains passages particulièrement forts de ta vie.

Il me tarde de te rencontrer, il me tarde de pouvoir discuter avec toi.

Une très belle découverte !!!

Extrait :
“Peu de gens sont en mesure de comprendre ce qu’est véritablement la vie d’un flic. Ce qu’il côtoie à longueur de journée, ce qu’il ressent est ce à quoi il est confronté tout au long de sa carrière. Lorsque l’on n’a pas vécu certaines situations de l’intérieur, on ne peut que se contenter de les imaginer, se les figurer, mais sans ne jamais avoir aucune certitude. On ne connaît vraiment leurs vérités crues que si l’on touche chaque image du doigt.
Leur carrière pourrait, par certaines facettes, être assimilé à celle d’un pompier d’un médecin urgentiste. Ces hommes qui sont là pour porter secours, sauver des vies, parfois au péril de la leur. Pourtant rien n’y ressemble.
Une divergence, mais de taille, fait toute la différence. L’homme symbolise, par le biais de son uniforme, le revers de la médaille. Il est aussi celui qui sanctionne. Tout le monde en est conscient, un flic n’est apprécié que quand on a besoin de lui. Dans le cas contraire, lorsqu’il prévient le désordre, il devient, aux yeux d’une certaine caste de la population, un paria, l’empêcheur de tourner en rond, le connard de poulet. Ne vous y trompez pas, les lois ne sont pas faites par les flics, leur job est seulement de les faire appliquer, souvent avec discernement.”

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