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“Enfermé.e” de Jacques Saussey

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Enfermé.e
de Jacques Saussey (Auteur)
aux Éditions, French Pulp Éditions.

Les premiers papillons ont éclos derrière des paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignent de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait… Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface. Les papillons ont disparus, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…
……………………
Bonjour à toutes et à tous…
Jacques a eu la gentillesse de me proposer son roman il y a quelques jours en avant première…

Dès le premier chapitre le ton est donné. Je plonge.
Que dis-je, je plonge ? Je suis littéralement en apnée dès le second chapitre. Le roman est très différent de ce que Jacques Saussey écrit habituellement. Aussi bien sur le thème que sur son style, que l’on retrouvera quand même sur les derniers chapitres et cela se justifiera dans le roman…

Il va être très compliqué pour moi de vous parler de ce que j’ai ressenti sans dévoiler le sujet du roman…
Jacques m’a fait entrer avec une émotion incroyable dans un monde que je connaissais très peu voire pas du tout sur certains points.
C’est un roman bouleversant, violant aussi, jusqu’à l’insupportable parfois, mais aussi roman sur l’affirmation de soi, sur une quête de la personnalité et de la justice. Tous les personnages sont développés à la perfection, chacun s’inscrivant à l’image de ce qu’il dégage. Le rythme est donné très vite par des aller/retour incessants dans le temps sur les 2/3 du roman qui m’ont permis de pourvoir souffler un peu, dès que je revenais au “présent” de l’histoire…

Imaginez-vous emprisonné dans un corps qui n’est pas le votre, un corps que vous refusez… Vous êtes montré du doigt, toute votre vie. On se retourne sur vous, on chuchote, on vous insulte, on vous hait !

Pendant la lecture, j’ai eu peur, j’ai souffert, j’ai compatis, mais je me suis réjoui aussi… J’ai vu entre les lignes, le travail énorme réalisé par Jacques. Je pense que lui aussi a du souffrir à sa façon, dans l’écriture de ce superbe roman qui reste tout en respect et en amour pour le personnage principal.

Le désir de vengeance que je souhaitais tout le long de ma lecture est finalement arrivé… Mais là encore, j’ai été pris à contre pied, pas du tout comme je me l’attendais.

Un livre à lire absolument…

Incontestablement, l’un de mes meilleurs romans pour 2018 !!!

PS. Un grand bravo aussi pour la superbe couverture.
C’est gonflé, mais c’est excellent !

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Extrait :
« Virginie a hésité. Elle a tenté de tourner la tête vers le psychiatre, mais le traversin l’en a empêchée. Elle a fermé les yeux, est allée chercher la réponse tout au fond d’elle dans un souffle.
– Mon corps n’est pas le mien.
– Mm… Peux-tu préciser cela ? C’est la Nature qui te l’a donné, non ?”
– La Nature s’est trompée.
– Mm… Et comment le sais-tu ?
– Je le sens, c’est tout !
– Depuis combien de temps ?
– Depuis toujours…
– Tu veux dire que tu es enfermée dans un mauvais corps ?
– Non. Mon corps n’est pas mauvais en soi. Je ne suis pas bien dedans, c’est différent.
Le stylo a tracé quelques phrases sur le papier.
– Parle-moi de l’école. Comment ça se passe, là-bas ? Virginie a serré les dents. Brutus ne l’avait plus jamais frappée, mais elle avait lu tout ce qu’il avait pu écrire sur elle sur les murs des toilettes. Elle savait déjà qu’un jour ou l’autre ça recommencerait. Et ce serait encore pire.
– Bien Le stylo a tapoté les incisives du psychiatre.
– Ce n’est pas ce que j’entends au fond de toi. Elle s’est redressée, soudain rouge de colère.
– Et qu’est-ce que vous entendez, au fond de moi, hein ? Qu’est-ce que vous savez de moi ?
– Je sais que tu es malheureux. Je sais que tu cherches une porte de sortie à ce qui te ronge. Et je sais qu’il s’en est fallu de peu que tu t’en ailles par la mauvaise. C’est pour ça que tu es là avec moi, n’est-ce pas ? C’est pour ça que tes parents sont venus me voir…
Elle a baissé la tête. Sa main droite a effleuré la cicatrice sur son poignet gauche, là où les veines étaient bien visibles. La camionnette du SAMU, les hurlements de sa mère, la colère de son père… Deux ans déjà. Tout était resté intact dans sa mémoire. Rouge vif. Avec des éclairs bleus et blancs. »

Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, «La mante sauvage», achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre «Colère Noire». C’est le second, «De sinistre mémoire», écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011. Son domaine : l’histoire noire. Très noire…

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“Je suis un tueur humaniste” de David Zaoui

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Je suis un tueur humaniste
de David Zaoui (Auteur)
Broché – 25 novembre 2016
Edition, P&M-ROMANS

Babinsky a un don. Un don du ciel. Il vise et il tire comme personne. Repêché dans l’orphelinat où il a grandi par un professionnel du crime, il devient malgré lui tueur à gages.
Mais attention !
Un tueur à gages, certes, mais humaniste !
Et… qui a mis un point d’honneur à son job de liquidateur : rendre heureuse ses futures victimes avant de les tuer.
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Bonjour à toutes et à tous… J’ai “découvert” UN (nouvel) AUTEUR il y a quelques mois. Grace à toi David, j’ai ris et j’ai été très ému… Quand j’étais plus jeune (12/15 ans), j’avais un ami qui prenait un réel plaisir à renseigner les gens dans la rue, les touristes dans les transports… Il allait même au devant d’eux lorsqu’il les sentait perdus ou en difficultés, et systématiquement il les envoyait carrément à l’opposé de l’endroit désiré. Une fois sa bonne action faite il me regardait en haussant les épaules !!! Je n’ai jamais compris pourquoi il faisait ça… Peut-être juste pour voir le regard radieux de ces inconnus de savoir enfin vers où aller ? J’ai trouvé au début de ce roman “un peu” de cet esprit léger. La vie, de quelqu’un qui ne se pose pas trop de questions, et qui avance un peu comme ça, au hasard des choses, au hasard de ses possibilités et des évènements… Puis petit à petit, j’ai vu certains mots, qui se transformaient en phrases un peu différentes, qui menaient elles-mêmes vers des idées assez innovantes/intéressantes, qui s’immisçaient entre les lignes et je me suis rendu compte que j’étais loin de me douter de ce que je tenais entre mes mains. Plus qu’un tueur humaniste, c’est bien avec “un tueur philosophe” que je me suis retrouvé. Finesse d’analyse, sensibilité du texte ont même mis un doute sur le mode de fonctionnement, ma propre vie… Aucune prétention du tout, pas de morale, pas de jugement, juste des idées, des dialogues très vivant, très frais et aussi beaucoup d’humour… Et par bonheur, j’ai quelques symphonies et sonates de Brahms sur mon iPod alors, que demander de plus… Un premier roman “au top” qui laisse déjà entrevoir les possibilités d’un David Zaoui qui risque de surprendre plus d’un lecteur ! Venez vite dans le monde de Babinsky…

Extrait :
« Une nuit de plus sans sommeil. Une nuit lente et froide où le temps s’écoule avec paresse. Mes livres sont mes amis et Brahms veille sur moi. Mes nuits se ressemblent, elles sont comme un voile immobile, paisible et parfois inquiétant. Je médite pendant mes nuits sans sommeil, qui me portent conseil. »

 

David Zaoui né en 1977 en banlieue parisienne et a travaillé comme réalisateur et producteur dans le cinéma pendant plusieurs années aux USA. Il a beaucoup voyagé, suivi le cours Florent pendant 4 ans où il a découvert la mise en scène et le métier de comédien. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

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Château de Maffliers – 14/09/2018

 

Bonjour à toutes et à tous,

Hier soir, comme prévu depuis plusieurs semaines, nous étions impatients ma femme et moi-même de nous rendre à la Forêt Domaniale de l’Isle-Adam, au château de Maffliers, pour rencontrer Lorraine Fouchet dans le cadre d’un “Cercle Littéraire“ organisé par Corinne et Jean-Pierre Tartare…

Comment vous dire…
Tout d’abord le lieu est magnifique, des jardins qui s’étendent à perte de vue, un château incroyable et la salle où nous avons dîner “La salle des fresques” à l’image du lieu, emplie d’histoire.

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Les maitres de cérémonie, Corinne et Jean-Pierre, nous ont très vite mis à l’aise dans ce nouveau groupe pour nous, composé ce soir de vingt sept personnes. D’abord les présentations, petites discussions autour du bar et nous avons pris nos places autour d’une très belle table, où nous avons diné à la seule lueur des bougies, comme à l’époque.

Le dîner était vraiment excellent, les vins savoureux au palet, le dessert fondant à souhait…
Mais toute cette introduction pour vous dire que l’élément clé, celle que nous étions venus tous rencontrer, Lorraine Fouchet, est vraiment telle que je l’a percevais à travers son roman “Poste restante à Locmaria“. Elle s’est prêtée au jeux des questions/réponses bien sûr, mais a donné beaucoup d’elle-même en refaisant vivre les personnages de son roman avec une réelle intensité qui en a émue plus d’un.
Malgré quelques murmures épars, nous étions tous pendus aux lèvres de l’auteure…

Jean-Pierre à tenu son rôle de “trublion”, à bon escient pour se faire l’avocat du diable, emprunt de gentillesse envers une Lorraine qui s’est dévoilée au fur et à mesure de la soirée…

Vers la fin du dîner Jean-Pierre, une autre invitée et moi-même nous sommes prêté à la lecture de certains extraits que nous avions choisis.

Pour moi ce fut celui-ci :
“Il l’aperçoit à la terrasse du caffe Rosati et c’est l’été bien qu’on soit en avril. Elle est seule devant un espresso. Il n’aime plus dormir depuis qu’ils sont ensemble, parce qu’ils sont séparés lorsqu’il rêve. Elle a littéralement kidnappé son cœur. Ce jour là, elle porte une robe orange, sa couleur favorite – il voit la vie en orange désormais. Elle entoure sa tasse de ses mains d’un geste si sensuel qu’il envie la porcelaine.
La terrasse est bondée, les autres clients deviennent flous, s’effacent devant sa beauté. Elle a croisé ses longues jambes, ses cheveux sont ébouriffés. Il a une chance inouïe : elle l’aime ! Il a eu l’audace de la demander en mariage, d’oser le bonheur avec elle. La semaine dernière, il l’a épousé, ils n’ont pas encore déballé les cadeaux. Ils devront remercier le zio Peppe pour l’horrible lampe et la zia Maria pour l’affreux tableau qu’il faudra accrocher quand elle viendra les voir. Désormais, il se réveillera tous les matins à côté d’elle. Comment aura-t-il la force de s’arracher à ses bras pour partir travailler ?”

Gentillesse, bien être.
Sont les mots que je retiendrai et qui résument parfaitement la soirée j’ai vécu hier soir.

Si vous ne connaissez pas Lorraine Fouchet, je vous engage à entrer dans son monde merveilleux, où les personnes, les lieux mais les objets aussi ont une âmes…

… Et lorsque vous arriverez à la dernière ligne de son roman et sûrement de tous les autres qu’elle a écrit, vous aurez vécu des émotions, vous serez passés par certaines étapes parfois douloureuses, mais c’est serein que vous refermerez votre roman après le mot “fin“ et le rangerez précieusement dans votre bibliothèque.

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Poste restante à Locmaria
de Lorraine Fouchet (Auteur)
Broché – 5 avril 2018
aux Éditions, Héloïse d’Ormesson.

Élevée dans le culte d’un père mort par accident, Chiara, 25 ans, apprend fortuitement que son père biologique vit à Groix en Bretagne. Chamboulée par cette révélation, Chiara part à sa recherche sur l’île aux grenats. Elle remplace la factrice pour s’intégrer à la communauté groisillonne et mener son enquête. Mais tout se complique lorsque la jeune femme apprend que deux frères Tonnerre étaient sur l’île en même temps que sa mère vingt-cinq ans plus tôt.
Sur place, Chiara se lie d’amitié avec Urielle, une jeune groisillonne, qui ne supporte plus le stress de Paris, et Perig, un vieux correspondant de presse dont le fils a disparu en mer. Alors que l’île l’envoûte et l’invite à rester, elle rencontre Gabin, un écrivain Corse qui prête sa plume à des romanciers célèbres. Cette histoire d’amour inattendue s’épanouira-t-elle ?

Un roman breton où la tendresse ne reste pas poste restante, où les liens du sang n’accusent pas réception, où le bateau du courrier est porteur de bien des surprises, où les boites aux lettres recèlent de lourds secrets.
……………………

C’est le premier roman de Lorraine Fouchet que je lis.

Comme il est agréable de tomber sur une écriture sensible, douce et vraiment humaine.
Il se dégage de cette jolie histoire, malgré un sujet sérieux, une infinie tendresse, beaucoup de nostalgie, qui m’ont emporté avec douceur.
Je suis passé par une palette de sentiments et de ressentis très large.
Du sourire aux lèvres, aux larmes dans les yeux et enfin des émotions plein le cœur.

Certains « détails » qui n’en sont pas…
– des boîtes aux lettres colorées,
– des petites ritournelles, des chansonnettes qui nous suivent tout le long du roman,
– des objets qui pensent,
– des envies de voyage, L’Italie avec ses sublimes couleurs, l’île de Groix où tout le monde se connaît,
– des personnages emblématiques et plein de caractère, tout en restant forts attachants,
– des histoires qui se croisent et s’entrecroisent amenant l’amour là, où il n’était pas attendu !

Et en refermant ce livre, je me suis senti bien, léger, avec l’envie de vivre une autre vie.
Mais n’est-ce pas ce que l’on demande aux auteurs, de nous faire voyager avec leurs mots ?

Merci Lorraine, J’inscris une nouvelle destination à de prochaines vacances !
À très vite…

PS. Il me tarde d’essayer la recette du cake au romarin !

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Romancière, Lorraine Fouchet a fait ses études de médecine au CHU Necker-Enfants malades. Elle a été urgentiste pendant quinze ans, avant de se consacrer à l’écriture.
Elle est l’auteur de seize romans, dont L’Agence (prix des Maisons de la Presse), Couleur Champagne et d’un récit, J’ai rendez-vous avec toi, publié chez EHO en 2014.
Entre ciel et Lou, paru chez EHO en 2016, a remporté le prix Bretagne et le prix Ouest.
Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

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Château de Maffliers – 09/11/2018

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Vendredi 9 novembre 2018 nous nous sommes, ma femme et moi-même, de nouveaux retrouvés au château de Maffliers dans le cadre de notre cercle littéraire.

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Corinne et Jean-Pierre Tartare recevaient Laura El Makki, pour nous parler de sa biographie “Les soeurs Brontë – La force d’exister”.

Comme au XIXe siècle nous avons diner à la lueur des bougies amplifiant le coté magique de notre repas… Laura a joué son rôle à merveille.


D’abord elle nous a parlé de son travail pour son dernier livre. Plusieurs années de compilation de divers documents qui lui ont permis de construire, petit à petit plusieurs vies formant une biographie qui se lit comme un véritable roman. Ensuite elle s’est prêtée bien gentiment au jeu des questions/réponses en toute simplicité…

Entre passionnés de littérature nous avons passé une soirée excellente, et pendant ces quelques heures nous avons voyagé dans le temps, dans le Yorkshire du XIXe loin de notre vie, loin de notre quotidien…

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2018_99_Laura El Makki - Les soeurs Brontë - La force d'exister.jpgLes sœurs Brontë : La force d’exister
de Laura El Makki (Auteur)
Broché – 4 octobre 2017
Éditions Tallandier

Les sœurs Brontë sont un mystère. Isolées du monde, filles d’un pasteur de village, elles ont révolutionné l’histoire littéraire en publiant, sous pseudonymes masculins, des romans brûlants d’amour et de vie comme Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent. Haworth, 1836. Dans les landes du Yorkshire, Charlotte (20 ans), Emily (18 ans) et Anne (16 ans) écrivent à la lumière de la bougie. Comment ces jeunes femmes de condition modeste, sans relations ni entregent, vont-elles devenir des auteurs qui comptent ? Quel rôle tient leur frère Branwell, artiste raté, dans cette fratrie à la fois soudée et rongée par les non-dits ? Partie sur les traces des soeurs Brontë, Laura El Makki nous plonge dans leur intimité, leurs alliances, leurs déchirements, et nous raconte le destin de trois femmes aux prises avec l’adversité, qui ont su trouver en elles la force d’exister.

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Bonjour à toutes et à tous…

La famille Brontë quelle vaste sujet…
J’ai découvert une fratrie de six enfants qui sont nés quasiment coup sur coup. Un père strict. Deux filles aînées qui décédèrent rapidement. Un garçon, Branwell, arrogant, sûr de lui, mais qui sera malgré tout, très proche de ses trois sœurs Charlotte, Emily et Anne…
J’ai partagé le quotidien des ses enfants, le froid, la maladie, le décès de leur mère (Anne n’a que vingt mois lorsque sa mère meure), la mort omniprésente à cette période de l’histoire où l’espérance de vie n’était que de vingt-cinq ans, à cause de la tuberculose et de la mauvaise qualité de l’eau.

Voilà l’univers de cette famille rudement éprouvée…
Mais n’est-ce pas à cause de la dureté de leurs vies que les trois sœurs sont devenues de véritables génies de la littérature anglaise, où la place de la femme était inexistante au point qu’elles utilisèrent des pseudonymes pour pouvoir écrire ?

Laura El Makki a réalisé un travail incroyable basé sur une solide documentation, mais malgré tout cette triple biographie se lit vraiment comme un roman. J’ai beaucoup aimé le cheminement à travers les landes du Yorkshire et dans le presbytère d’Haworth, les décors toujours très bien décrit, à la “redécouverte” de ces trois femmes hors du commun et de leur frère !

Personnellement, j’ai trouvé dommage que toutes les notes se trouvent en fin d’ouvrage, obligeant des aller-retours constant. Très vite j’ai abandonné me concentrant sur la lecture uniquement…

Très belle couverture avec ses trois tulipes, roses comme le titre, symbolisant chacune des soeurs et leur pureté.
La qualité d’écriture est indéniable et la volonté de l’auteur de faire “revivre” les trois jeunes femmes trop tôt disparues est vraiment très intéressante à tel point que dès la fin cette lecture, je me suis replongé aussitôt dans la relecture du seul roman connu à ce jour d’Emily Brontë “Les Hauts de Hurle-Vent” afin de voir si ma perception serait différente…
Ce sera donc ma prochaine chronique !

Merci Laura, pour la passion qui transparait de cet ouvrage, qui s’adresse aussi bien à des étudiants, qui ravira forcément les lecteurs des sœurs Brontë, mais qui touchera aussi tout lecteur qui voudrait se replonger dans cette Angleterre si dure à vivre du XIXe siècle.

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Extrait :
“Ce qu’on lit reflète qui l’on est : les enfants Brontë ont très tôt conscience de cette idée qu’ils tiennent de Patrick et qu’ils érigent en vérité absolue. La lecture permet de savoir où l’on veut aller, qui l’on veut devenir. Elle peut révéler, aussi, ce que l’on ne voit pas de soi-même. Elle est une ‘bénédiction”, si seulement celui qui la pratique sait en faire bon usage, c’est-à-dire s’il sait choisir les mots qui éduqueront son esprit.”

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Laura El Makki, biographe, productrice à France Inter et collaboratrice de Guillaume Gallienne pour l’émission Ca peut pas faire de mal, a coordonné le collectif Un été avec Proust (2013, Equateurs /France Inter), est notamment lʼauteur de H.D. Thoreau (Gallimard, 2014), H.G. Wells (Gallimard, 2016), et a co-écrit Un été avec Victor Hugo, avec Guillaume Gallienne (Équateurs, 2016).

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2018/11/03

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Le Collectif Polar, vous commencez à connaître un peu maintenant.
Dirigé d’une main de fer, et d’un cœur en or, par Geneviève Van Landuyt,
c’est un collectif de passionnés de lecture. De polar bien sûr, mais pas que…
J’ai intégré ce groupe très dynamique au mois de mars dernier et depuis il n’y a pas
un jour que je regrette la proposition de Geneviève de venir rejoindre “les Flingueuses”.
Car depuis j’en suis devenu “une” moi-même, et ce avec le plus grand plaisir,
mais ça c’est une histoire sur laquelle je reviendrai très prochainement…

Alors, Apéro Polar, c’est quoi ?

C’est une sorte de table ronde, où Geneviève accompagnée d’une Flingueuse
(aujourd’hui Ophélie), reçoit sur son lieu de travail, la bibliothèque Parmentier,
un ou plusieurs auteurs, parfois des éditeurs, qui se prêtent gentiment aux jeux
des questions/réponses et nous parlent de leurs derniers ouvrages,
de leurs actualités à venir…
Tout le monde est invité, tout le monde à le droit à la parole durant ces moments d’échanges et vous pourrez si le cœur vous en dit repartir avec un roman dédicacé
par l’auteur qui vous aura le plus touché !
Vous pourrez venir avec vos exemplaires ou acheter directement aux auteurs
leurs propres titres. (dans ce cas pensez à prendre de la monnaie ou votre chéquier).

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Samedi étaient à l’honneur, Sacha Erbel, Lou Valérie Vernet et Marek Corbel, accompagnés par leur éditrice, Hélène Babouot, des éditions de l@ Liseuse !

Nous avons passé deux heures qui sont vraiment passées à toute vitesse, où les auteurs se sont dévoilés petit à petit, au gré de leurs envies. Il y a toujours de belles surprises
et souvent des moments de communion, du fait de la proximité des intervenants.
Des instants de partage, que je vous conseille vraiment si vous avez l’occasion de venir nous rejoindre… Vous serez toujours les bien venus.

Et comme tout Apéro Polar qui se respecte, nous terminons systématiquement autour d’un (ou plusieurs) verre(s) de l’amitié et grignotages divers qui vous permettrons d’échanger des avis ou des idées directement avec les auteurs.

 

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Marek Corbel est né en 1976, à Quimperlé dans le Finistère, département où il a grandi.

Diplômé de l’Institut d’ Etudes Politiques de Toulouse, juriste dans l’Education nationale, amoureux depuis l’adolescence du roman noir, du roman policier et du néo-polar,
sa préférence va plus particulièrement au genre noir inséré dans une époque
et ses réalités sociales.

………………

Écrivaine, voyageuse, photographe, Lou Vernet est une autodidacte. Passionnée.
Têtue. Et libre. Sa devise «Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous
n’en sortirez pas vivant.». B le Bovier de Fontenelle al : Un éditeur fou, enthousiaste, curieux et courageux.

………

Sous le pseudonyme de Sacha ERBEL, se cache une fonctionnaire de police,
depuis 24 ans. Elle a travaillé en commissariat, puis à la Brigade AntiCriminalité de Nuit de Paris, et depuis 14 ans, elle travaille au SDLP, en tant qu’Officier de Sécurité chargée de la protection rapprochée de personnalités civiles et politiques.

Depuis janvier 2016, elle est diplômée en Criminologie appliquée à l’Expertise Mentale,
à la Faculté de Médecine René Descartes de Paris. Elle a suivi ce cursus en parallèle
de son travail car l’étude du comportement des tueurs en série la passionne depuis
des années. Elle souhaitait aussi pouvoir approfondir la psychologie, voire l’aspect psychiatrique de certains de ses personnages.

………

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Le Prochain Apéro Polar aura lieu le 1er décembre 2018.
Je vous indiquerai très vite, les auteurs invités et les horaires.

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“Les Hauts de Hurle-Vent” de Emily Brontë

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Les Hauts de Hurle-Vent
de Emily Brontë (Auteur)
Broché – 1997
Éditions de Fallois

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste. Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses soeurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l’orgueilleux qui l’a tuée.

“Un des plus beaux livres de la littérature de tous les temps”
Georges Bataille

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Bonjour à toutes et à tous…

J’ai lu “Les Hauts de Hurle-Vent” j’avais une quinzaine d’années.
À l’époque l’histoire m’avait parue sombre et compliquée.
Je n’avais pas bien compris la teneur du roman que je tenais entre mes mains.

Après avoir lu il y a quelques jours “Les sœurs Brontë” de Laura El Makki, qui est vraiment entrée, avec son livre, dans le cœur de cette famille incroyable, j’ai tout de suite eu envie de me replonger dans l’univers du seul roman édité à ce jour d’Emily Brontë
et qui continue toujours à être lu dans le monde entier

Avec le recul de mes cinquante ans passé, je me suis rendu compte Emily Brontë avait écrit un véritable chef-d’œuvre, bouleversant et fascinant.
Le récit aux personnages cruels où la mort est obsédante et omniprésente est à la fois insolite et atroce, parfois même à la limite de la folie. L’auteur restitue vraiment bien cette atmosphère lourde et pesante, violente physiquement et moralement.
Un enfant recueilli par un père de famille, qui se retrouve détesté par son frère d’adoption, adoré par leur sœur. Au décès du père commence une réelle maltraitance qui en fera un être détruit…
Enfant du Yorkshire, Emily Brontë se fait à la fois peintre réaliste, romancière gothique et poète du surnaturel dans cet ouvrage qui retrace, sur deux générations, les conséquences désastreuses d’un amour contrarié, celui d’Heathcliff et de Catherine.
Un roman classique, de la très grande littérature, je ne l’oublierai pas de sitôt.

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Extrait :
“Vers minuit, alors que nous n’étions pas encore couché, l’orage vint s’abattre en pleine furie sur les Hauts. L’ouragan et le tonnerre faisaient rage et, sous l’effet du vent ou de la foudre, un arbre se fendit en deux à l’angle de la maison : une énorme branche fut précipitée en travers du toit et démolit une partie du corps de cheminées de l’est, en envoyant une pluie de pierres et de suie dans le foyer de la cuisine. Nous crûmes que la foudre était tombée au milieu de nous. Joseph s’affaissa sur les genoux, priant le Seigneur de se souvenir des patriarches Noé et Loth et, comme autrefois, d’épargner les bons tout en frappant les impies. J’eus, moi aussi, un peu le sentiment que ce devait être un jugement à notre adresse.”

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l’auteur : Cinquième enfant d’une famille de six, Emily Brontë passa quasiment toute sa courte vie dans un presbytère à Haworth, dans le Yorkshire, où son père, Patrick Brontë, était pasteur.

Pendant son enfance, après la mort de sa mère et de ses deux sœurs les plus âgées dans un pensionnat, son père, Patrick Brontë, et sa tante maternelle, Elizabeth Branwell, décident de laisser aux enfants une grande liberté. Un cadeau offert par leur père à Branwell (douze soldats de bois), en juin 1826, met en branle leur imagination :

À partir de décembre 1827, Charlotte, Emily, Anne et leur frère Branwell commencent à créer des mondes imaginaires, avec la « confédération de Glass Town », qu’ils mettent en scène dans des récits, des poèmes, des articles de journaux, des pièces de théâtre. Puis, en 1831, lorsque Charlotte les quitte pour poursuivre ses études, Emily et Anne font sécession et créent le pays de Gondal, plus rude et plus austère qu’Angria, et dirigé par une femme, Augusta Geraldine Almeda. C’est dans le cadre du cycle de Gondal qu’une grande partie des poèmes d’Emily sera écrite.

 

 

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“Les sœurs Brontë : La force d’exister” de Laura El Makki

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Les sœurs Brontë : La force d’exister
de Laura El Makki (Auteur)
Broché – 4 octobre 2017
Édition Tallandier

Les soeurs Brontë sont un mystère. Isolées du monde, filles d’un pasteur de village, elles ont révolutionné l’histoire littéraire en publiant, sous pseudonymes masculins, des romans brûlants d’amour et de vie comme Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent. Haworth, 1836. Dans les landes du Yorkshire, Charlotte (20 ans), Emily (18 ans) et Anne (16 ans) écrivent à la lumière de la bougie. Comment ces jeunes femmes de condition modeste, sans relations ni entregent, vont-elles devenir des auteurs qui comptent ? Quel rôle tient leur frère Branwell, artiste raté, dans cette fratrie à la fois soudée et rongée par les non-dits ? Partie sur les traces des soeurs Brontë, Laura El Makki nous plonge dans leur intimité, leurs alliances, leurs déchirements, et nous raconte le destin de trois femmes aux prises avec l’adversité, qui ont su trouver en elles la force d’exister.

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Bonjour à toutes et à tous…

La famille Brontë…
J’ai découvert une fratrie de six enfants qui sont nés quasiment coup sur coup. Un père strict.
Deux filles aînées qui décédèrent rapidement. Un garçon, Branwell, arrogant, sûr de lui, mais qui sera malgré tout très proche de ses trois sœurs Charlotte, Emily et Anne…
J’ai partagé le quotidien des ses enfants, le froid, la maladie, le décès de leur mère (Anne n’a que vingt mois lorsque sa mère meure), la mort omniprésente à cette période de l’histoire où l’espérance de vie n’était que de vingt-cinq ans, à cause de la tuberculose et de la mauvaise qualité de l’eau.

Voilà l’univers de cette famille rudement éprouvée…
Mais n’est-ce pas à cause de la dureté de leurs vies que les trois sœurs sont devenues de véritables génies de la littérature anglaise, où la place de la femme était inexistante au point qu’elles utilisèrent des pseudonymes pour pouvoir écrire ?

Laura El Makki a réalisé un travail incroyable basé sur une solide documentation, mais malgré tout cette triple biographie se lit vraiment comme un roman. J’ai beaucoup aimé le cheminement à travers les landes du Yorkshire et dans le presbytère d’Haworth, les décors toujours très bien décrit, à la “redécouverte” de ces trois femmes hors du commun et de leur frère !

Personnellement, j’ai trouvé dommage que toutes les notes se trouvent en fin d’ouvrage, obligeant des aller-retours constant. Très vite j’ai abandonné me concentrant sur la lecture uniquement…

Très belle couverture avec ses trois tulipes roses comme le titre, symbolisant chacune des soeurs et leur pureté.
La qualité d’écriture est indéniable et la volonté de l’auteur de faire “revivre” les trois jeunes femmes trop tôt disparues est vraiment très intéressante à tel point que dès la fin cette lecture, je me suis replongé aussitôt dans la relecture du seul roman connu à ce jour d’Emily Brontë “Les Hauts de Hurle-Vent” afin de voir si ma perception serait différente…
Ce sera donc ma prochaine chronique !

Merci Laura pour la passion qui transparait de cet ouvrage, qui s’adresse aussi bien à des étudiants, qui ravira forcément les lecteurs des soeurs Brontë, mais qui touchera aussi tout lecteurs qui voudraient se replonger dans cette Angleterre si dure à vivre du XIXe siècle.

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Extrait :
“Ce qu’on lit reflète qui l’on est : les enfants Brontë ont très tôt conscience de cette idée qu’ils tiennent de Patrick et qu’ils érigent en vérité absolue. La lecture permet de savoir où l’on veut aller, qui l’on veut devenir. Elle peut révéler, aussi, ce que l’on ne voit pas de soi-même. Elle est une ‘bénédiction”, si seulement celui qui la pratique sait en faire bon usage, c’est-à-dire s’il sait choisir les mots qui éduqueront son esprit.”

 

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“Jeudi Noir” de Michaël Mention

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Jeudi Noir
de Michaël Mention (Auteur)
Broché – 5 novembre 2014
Édition, J’ai Lu

France-R.F.A 82 : un match, une victime, une vengeance.

8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.
L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession: gagner sa place en finale.
Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. mais le pire s’invite: les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.

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Bonjour à toutes et à tous…

J’avais 15 ans lors de ce match épique.
Je m’en souviens encore très bien.
Mon père et ses amis étaient tous fous de rage suite à l’orientation violente que le match prenait.
A l’époque je n’avais retenu que ça, la violence, le choc incroyable entre le gardien allemand Schumacher et le français, Patrick Battiston.
Ce match a été un déclic pour moi.
Depuis je n’en ai vu que très peu, et uniquement lorsque j’étais accompagné d’amis qui venaient à la maison.
Le foot était devenu uniquement une excuse pour se réunir entre nous… J’avais vu de quoi certains joueurs étaient capable… pour gagner !

L’écriture et l’évolution de ce roman est vraiment superbe !
90 minutes de match, de prolongations, de tirs au but…
Je ne connaissais pas encore l’écriture de Michaël, mais c’est une vraie belle découverte. La musique est omniprésente durant tout le récit et pas n’importe laquelle, en plus d’une volonté de l’intégrer à l’histoire !

Attention ce n’est pas un Polar. C’est un vrai roman noir, psychologique et très prenant. Le personnage principal, un joueur de l’équipe de France (qui n’est jamais nommé), passe par toutes les étapes, physiques et psychologiques, mais c’est surtout la psychologie du roman qui m’a porté. Il nous fait vivre cette rencontre historique minute par minute comme si nous étions sur le terrain. Comment ce match est devenu dans sa tête, un règlement de compte, car finalement les français n’ont jamais vraiment pardonnés aux “nazis”, puis il glisse vers la haine raciale envers les joueurs de son équipe, jusqu’au désespoir du coup de sifflet final.
L’ambiance de cette demi-finale est si bien décrite, si bien détaillée que j’y étais vraiment !

Bien sûr, j’ai eut forcément envie de revoir certains extraits du match après ma lecture, tout était exactement comme dans mes souvenirs…

Merci Michaël, merci pour cette “retransmission” qui plaira forcément aux fans de foot, mais aussi à tous lecteurs un peu curieux.
Car pour ce match, grâce à ce roman, je pourrai vraiment dire : “J’y étais !!!”

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Extrait :
“C’est ce que je me répète, dans le vestiaire. Besoin de me rassurer. Les autres y croient, j’ignore comment ils font. Assis face à moi, Michel. Notre capitaine, le menton appuyé sur ses mains croisées.
Je me demande à quoi il pense. En fait, je sais. Pas au match, même s’il le fantasme depuis des jours et des nuits. Pas à son père, si fier de le savoir ici en cette heure mythique. Non, Michel ne pense pas à lui – il l’a déjà fait – et encore moins au petit club de l’AS Joeuf qui l’a vu naître. À cet instant précis, il pense à la Marlboro qu’il aurait aimé savourer avant le coup d’envoi.
Lui et la clope, beaucoup de gens l’ignorent. Il ne se cache pas, il tient juste à préserver le peu d’intimité que lui accorde son statut d’icône. «Drôle de sportif», c’est sans doute ce que dirait le pays s’il le voyait fumer entre deux entraînements. Non, Michel n’est pas qu’un joueur de génie, c’est aussi un anxieux doublé d’un déconneur. Pour ma part, j’aime autant le foot que Sherlock Holmes et la cuisine. On a tous plusieurs facettes, mais nos compatriotes s’en fichent. Ce qui les intéresse, ce qu’ils exigent de nous, c’est qu’on incarne leur rêve. Ça tombe bien, ils ne seront pas déçus.”

 

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“J’attraperai ta mort” de Hervé Commère

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J’attraperai ta mort
de Hervé Commère (Auteur)
Poche – 15 novembre 2012
Édition, Pocket

Paul Serinen est une sorte d’Arsène Lupin des temps modernes. Solitaire, discret et audacieux, il a réalisé un coup de maître. Il laisse derrière lui un diamantaire piqué au vif et un butin dissimulé avec son revolver sous sa véranda.
Depuis, sa belle demeure d’Étretat a changé de propriétaires.
Mais le passé n’est pas fait pour rester enterré…
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Bonjour à toutes et à tous…

C’est le/mon premier roman d’Hervé Commère, que j’ai rencontré à Mulhouse au Festival sans Nom.
Comme souvent, j’ai décidé de lire ses romans dans leurs ordres d’écriture, et pour un premier roman (un peu trop court à mon goût), j’ai senti très vite, une vraie maîtrise dans son style.
L’intrigue est implacable, très intelligente, bien ficelée, réglée comme une montre suisse !
Une belle écriture, très fluide, j’ai eu envie d’en savoir plus, très vite.

Plus Roman noir que Polar, il y a une réelle montée vers une histoire sombre, glauque et violente alors que la première partie est toute en finesse. L’évolution est très intéressante. Tout s’emboîte à merveille et il faudra attendre la fin du roman pour comprendre réellement la portée de toutes les ramifications de cette intrigue machiavélique…

Une belle surprise, que je vous conseille vivement !


Extrait :
“On a passé la frontière et je lui ai enlevé le bâillon qu’il avait sur la bouche. Ses yeux étaient toujours bandés. Il a toussé, il a respiré fort. Puis il m’a dit que je mourrais jeune.
Il devait avoir l’âge de mon père, pas loin de la retraite sans doute. Je le tenais ligoté au pied du siège passager depuis plus de trop heures, depuis le parking de la station-service où il avait pris sa pause. Au moment ou il remontait à bord, je lui avait mis mon révolver sur le front. Il avait aussitôt levé les bras en reculant, je l’avais fait grimper et je lui avais lié les chevilles aux poignets. Depuis on roulait vers le nord. Dans à peine une heure je serais dans une chambre d’hôtel en train de compter mes billets.”

 

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Apéro Polar

 

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Le Collectif Polar, vous commencez à connaître un peu maintenant.
Dirigé d’une main de fer, et d’un cœur en or, par Geneviève Van Landuyt,
c’est un collectif de passionnés de lecture. De polar bien sûr, mais pas que…
J’ai intégré ce groupe très dynamique au mois de mars dernier et depuis il n’y a pas
un jour que je regrette la proposition de Geneviève de venir rejoindre “les Flingueuses”.
Car depuis j’en suis devenu “une” moi-même, et ce avec le plus grand plaisir,
mais ça c’est une histoire sur laquelle je reviendrai très prochainement…

Alors, Apéro Polar, c’est quoi ?

C’est une sorte de table ronde, où Geneviève accompagnée d’une Flingueuse
(aujourd’hui Ophélie), reçoit sur son lieu de travail, la bibliothèque Parmentier,
un ou plusieurs auteurs, parfois des éditeurs, qui se prêtent gentiment aux jeux
des questions/réponses et nous parlent de leurs derniers ouvrages,
de leurs actualités à venir…
Tout le monde est invité, tout le monde à le droit à la parole durant ces moments d’échanges et vous pourrez si le cœur vous en dit repartir avec un roman dédicacé
par l’auteur qui vous aura le plus touché !
Vous pourrez venir avec vos exemplaires ou acheter directement aux auteurs
leurs propres titres. (dans ce cas pensez à prendre de la monnaie ou votre chéquier).

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Samedi étaient à l’honneur, Sacha Erbel, Lou Valérie Vernet et Marek Corbel, accompagnés par leur éditrice, Hélène Babouot, des éditions de l@ Liseuse !

Nous avons passé deux heures qui sont vraiment passées à toute vitesse, où les auteurs se sont dévoilés petit à petit, au gré de leurs envies. Il y a toujours de belles surprises
et souvent des moments de communion, du fait de la proximité des intervenants.
Des instants de partage, que je vous conseille vraiment si vous avez l’occasion de venir nous rejoindre… Vous serez toujours les bien venus.

Et comme tout Apéro Polar qui se respecte, nous terminons systématiquement autour d’un (ou plusieurs) verre(s) de l’amitié et grignotages divers qui vous permettrons d’échanger des avis ou des idées directement avec les auteurs.

 

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Marek Corbel est né en 1976, à Quimperlé dans le Finistère, département où il a grandi.

Diplômé de l’Institut d’ Etudes Politiques de Toulouse, juriste dans l’Education nationale, amoureux depuis l’adolescence du roman noir, du roman policier et du néo-polar,
sa préférence va plus particulièrement au genre noir inséré dans une époque
et ses réalités sociales.

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Écrivaine, voyageuse, photographe, Lou Vernet est une autodidacte. Passionnée.
Têtue. Et libre. Sa devise «Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous
n’en sortirez pas vivant.». B le Bovier de Fontenelle al : Un éditeur fou, enthousiaste, curieux et courageux.

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Sous le pseudonyme de Sacha ERBEL, se cache une fonctionnaire de police,
depuis 24 ans. Elle a travaillé en commissariat, puis à la Brigade AntiCriminalité de Nuit de Paris, et depuis 14 ans, elle travaille au SDLP, en tant qu’Officier de Sécurité chargée de la protection rapprochée de personnalités civiles et politiques.

Depuis janvier 2016, elle est diplômée en Criminologie appliquée à l’Expertise Mentale,
à la Faculté de Médecine René Descartes de Paris. Elle a suivi ce cursus en parallèle
de son travail car l’étude du comportement des tueurs en série la passionne depuis
des années. Elle souhaitait aussi pouvoir approfondir la psychologie, voire l’aspect psychiatrique de certains de ses personnages.

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Le Prochain Apéro Polar aura lieu le 1er décembre 2018.
Je vous indiquerai très vite, les auteurs invités et les horaires.