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“J’irai tuer pour vous” de Henri Lœvenbruck

J’irai tuer pour vous
de Henri Lœvenbruck
Broché – 24 octobre 2018
aux Éditions, Flammarion.

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

2018_94_Henri Loevenbruck - J'irai tuer pour vous

Bonjour à toutes et à tous…

Roman “coup de poing“ !!!

La 4e de couverture, n’était que la partie visible de cet iceberg percutant. Je sais d’ores et déjà que « J’irai tuer pour vous » va continuer a résonner encore longtemps dans mon esprit.

Henri Loevenbruck nous livre un magnifique pavé, au sens propre comme au sens figuré, basé sur des faits réels. Il nous plonge au cœur des services de renseignements dans la France du milieu des années 80. Les attentats à Paris, les journalistes français kidnappés, un monde politique en pleine effervescence à la veille de nouvelles élections présidentielles, des secrets d’état et autres magouilles politiques.
Récit choc, très intense, plein de suspense et de rebondissements dont l’écriture hypnotisante alterne entre phrases courtes, dialogues très denses, entrecoupés d’extraits du carnet du héros.
Et malgré tout, en parallèle, Henri Loevenbruck arrive à nous offrir aussi une très belle histoire d’amour, dans ce récit qui malgré tout, comme à son habitude reste un condensé d’émotions assez incroyable.
Le parcours tortueux de celui qui va devenir “Hadès” ne vous laissera insensible…

Ce roman est un véritable hommage pour ces hommes de l’ombre, qui au delà de leur vie, font passer leurs devoirs avant tout, n’hésitant pas à se mettre en danger au quotidien !
Henri n’a pas fini de m’étonner… Excellent moment de lecture.

Je remercie Masse critique et Babelio pour m’avoir transmis ce roman quelques jours avant sa sortie et aussi pour leur confiance !

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Extrait :
“Très jeune, j’ai été déçu par le sens que le monde moderne a donné à la politique. Et par ceux qui la font. J’ai le sentiment que, comme va le monde, les gens s’intéressent trop à la politique et pas assez à la philosophie. La norme semble non plus d’avoir une pensée, mais un avis. Un avis politique. Au lieu de se forger chaque jour une philosophie de vie propre, on se sent obligé de choisir un camp, on devient un partisan, dès lors on cesse de penser.
…/…
Les gens qui font de la politique et ceux qui les élisent ne le font plus pour des raisons philosophiques, mais partisanes. Ils ne pensent plus à l’humanité, à leur portefeuille.
J’ai toujours pensé que l’homme ne devrait se battre que pour protéger les faibles, jamais pour les assouvir. L’homme ne devrait pas être dirigé par l’homme, mais pas ses idées, ou ses idéaux, il faut s’instruire, apprendre, écouter, chercher questionner, remettre tout en question à chaque instant, y compris ses propres convictions.”

 

Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. A 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général. Il est l’auteur de nombreux polars qui ont rencontré un vif succès, dont Le Syndrome Copernic, L’Apothicaire et Le Mystère Fulcanelli (Flammarion, 2007, 2011, 2013).
En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

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“La délicatesse” de David Foenkinos

La délicatesse
de David Foenkinos (Auteur)
Poche – 27 mai 2014
aux Éditions, Gallimard.

« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

La délicatesse a obtenu dix prix littéraires et a été traduit dans plus de quinze langues.

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Bonjour à toutes et à tous…

Encore un roman dévoré en quelques heures !
L’histoire est très agréable, légère, qui m’a porté dans une histoire sentimentale qui ne sombre à aucun moment dans la niaiserie.
Un vrai plaisir !
J’ai été surpris par ce style si particulier (je ne connaissais pas l’auteur…) un mélange de légèreté, de fantaisie et d’humour très décalé !
Le rythme est soutenu tout au long du livre, sans essoufflement, et encore une fois des personnages très attachants.
J’ai beaucoup ri au vu de certaines trouvailles d’écriture, avec aussi des propos très poétiques par moment, qui m’ont fait relire certaines phrases plusieurs fois et même à voix haute à ma femme…

Un très bel univers que j’ai hâte de retrouver dans d’autres œuvres de l’auteur !

Extrait :
“Elle les embrassa, et les remercia. Elle était soulagée d’être seule. D’autres n’auraient pas supporté la solitude à ce moment-là. Nathalie en avait rêvé. Et pourtant, la situation ajoutait de l’insoutenable à l’insoutenable. Elle avançait dans le salon, et tout était là. À l’identique. Rien n’avait bougé. La couverture toujours sur le canapé. La théière aussi sur la table basse, avec le livre qu’elle était en train de lire. Elle fut saisie tout particulièrement par la vision du marque-pages. Le livre était coupé en deux ; la première partie avait été lue du vivant de François. Et à la page 321, il était mort. Que fallait-il faire ? Peut-on poursuivre la lecture d’un livre interrompu par la mort de son mari ?”

Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Auteur de treize romans traduits en quarante langues, il a notamment publié aux Éditions Gallimard, Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse, Les souvenirs et Je vais mieux. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

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“Poste restante à Locmaria” de Lorraine Fouchet

Poste restante à Locmaria
de Lorraine Fouchet (Auteur)
Broché – 5 avril 2018
aux Éditions, Héloïse d’Ormesson.

Élevée dans le culte d’un père mort par accident, Chiara, 25 ans, apprend fortuitement que son père biologique vit à Groix en Bretagne. Chamboulée par cette révélation, Chiara part à sa recherche sur l’île aux grenats. Elle remplace la factrice pour s’intégrer à la communauté groisillonne et mener son enquête. Mais tout se complique lorsque la jeune femme apprend que deux frères Tonnerre étaient sur l’île en même temps que sa mère vingt-cinq ans plus tôt.
Sur place, Chiara se lie d’amitié avec Urielle, une jeune groisillonne, qui ne supporte plus le stress de Paris, et Perig, un vieux correspondant de presse dont le fils a disparu en mer. Alors que l’île l’envoûte et l’invite à rester, elle rencontre Gabin, un écrivain Corse qui prête sa plume à des romanciers célèbres. Cette histoire d’amour inattendue s’épanouira-t-elle ?

Un roman breton où la tendresse ne reste pas poste restante, où les liens du sang n’accusent pas réception, où le bateau du courrier est porteur de bien des surprises, où les boites aux lettres recèlent de lourds secrets.

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Bonjour à toutes et à tous…

C’est le premier roman de Lorraine Fouchet que je lis.

Comme il est agréable de tomber sur une écriture sensible, douce et vraiment humaine.
Il se dégage de cette jolie histoire, malgré le sujet, une infinie tendresse, beaucoup de nostalgie, qui m’ont emporté avec douceur.
Je suis passé par une palette de sentiments et de ressentis très large.
Du sourire aux lèvres, aux larmes dans les yeux puis des émotions plein le cœur.

Certains « détails » qui n’en sont pas…
– des boîtes aux lettres colorées,
– des petites ritournelles, des chansonnettes qui nous suivent tout le long du roman,
– des objets qui pensent,
– des envies de voyage, L’Italie avec ses sublimes couleurs, l’île de Groix où tout le monde se connaît,
– des personnages emblématiques et plein de caractère, tout en restant forts attachants,
– des histoires qui se croisent et s’entrecroisent amenant l’amour là, où il n’était pas attendu !

Et en refermant ce livre, je me suis senti bien, léger, avec l’envie de vivre une autre vie.
Mais n’est-ce pas ce que l’on demande aux auteurs, de nous faire voyager avec leurs mots ?

Merci Lorraine, J’inscris d’ores et déjà une nouvelle destination à de prochaines vacances !
A très vite…

PS. Il me tarde d’essayer la recette du cake au romarin !

Extrait :
“Il l’aperçoit à la terrasse du caffe Rosati et c’est l’été bien qu’on soit en avril. Elle est seule devant un espresso. Il n’aime plus dormir depuis qu’ils sont ensemble, parce qu’ils sont séparés lorsqu’il rêve. Elle a littéralement kidnappé son cœur. Ce jour là, elle porte une robe orange, sa couleur favorite – il voit la vie en orange désormais. Elle entoure sa tasse de ses mains d’un geste si sensuel qu’il envie la porcelaine.
La terrasse est bondée, les autres clients deviennent flous, s’effacent devant sa beauté. Elle a croisé ses longues jambes, ses cheveux sont ébouriffés. Il a une chance inouïe : elle l’aime ! Il a eu l’audace de la demander en mariage, d’oser le bonheur avec elle. La semaine dernière, il l’a épousé, ils n’ont pas encore déballé les cadeaux. Ils devront remercier le zio Peppe pour l’horrible lampe et la zia Maria pour l’affreux tableau qu’il faudra accrocher quand elle viendra les voir. Désormais, il se réveillera tous les matins à côté d’elle. Comment aura-t-il la force de s’arracher à ses bras pour partir travailler ?”

 

Romancière, Lorraine Fouchet a fait ses études de médecine au CHU Necker-Enfants malades. Elle a été urgentiste pendant quinze ans, avant de se consacrer à l’écriture.
Elle est l’auteur de seize romans, dont L’Agence (prix des Maisons de la Presse),
Couleur Champagne et d’un récit, J’ai rendez-vous avec toi, publié chez EHO en 2014.
Entre ciel et Lou, paru chez EHO en 2016, a remporté le prix Bretagne et le prix Ouest.
Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.

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“VOSTFR – Version Originale Sous-Titrée Français” de Élodie Torrente

VOSTFR – Version Originale Sous-Titrée Français
de Élodie Torrente (Auteur)
Broché – 11 avril 2018
aux Éditions, Ndb Editions.

Nina est une jeune femme sourde ; elle l’a toujours été. Elle s’en accommode, vit même plutôt bien avec, ayant grandie dans un cocon familial tolérant et à l’écoute. Mais voilà, Nina, elle, ce qu’elle veut, c’est devenir actrice. Depuis toujours, elle ne peut pas comprendre ces films sur DVD en raison de l’absence des sous-titres pour les sourds. Au cinéma ? C’est pareil. Mais Nina est déterminée, ambitieuse. Surtout, elle ne conçoit pas ce clivage dans l’inconscient collectif. Pourquoi le fait d’être sourde l’empêcherait-elle de crever le grand écran ? Non, elle en a à revendre, elle a du talent. Quand un casting pointe le bout de son nez pour interpréter un rôle de figuration dans l’un des longs-métrages les plus prometteurs au côté de Sullivan Juhel, la jeune femme n’hésite pas une seconde.
Et il se pourrait bien que cette initiative bouleverse sa vie, celle de Sullivan, mais remette aussi en questions bon nombre de ce que l’on croit acquis.

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Bonjour à toutes et à tous…

Petit “break“ dans mes lectures « POLARS » qui ces derniers temps prennent beaucoup de place !
Ce n’est pas de ma faute si nous avons de très bons auteurs en France…

Mais j’ai une petite envie, les vacances peut-être, de passer à quelques romans qui étaient en attentes depuis un moment en espérant qu’ils vous plairont tout autant.

Ce récit aborde une thématique importante, sur laquelle nous devrions tous nous pencher pour y réfléchir : la surdité.

Lors de la sortie du film « La famille Bélier » j’avais été très surpris que seule les parties signées avaient été sous-titré, pour que les entendants comprennent. Pourquoi ?
L’idée du film était excellente. Enfin un film qui faisait un réel lien entre entendants, mal entendants et sourds.
Pourquoi ne pas avoir sous-titré le film complet pour aller jusqu’au bout de la démarche ?
C’est dommage…

J’ai eu la chance de rencontrer Élodie il y a quelques semaines avec laquelle j’ai pu discuter longuement de son roman et de plein d’autres choses. (qui ne vous regardes pas petits coquins !!!)
J’appréhendais un peu son roman car connaissant le sujet et l’implication directe d’Élodie, j’avais peur que cela soit dur émotionnellement.
Mais le roman est parfaitement construit et très frais, mais malgré les réalités de l’histoire j’ai conservé le sourire durant une bonne partie de la lecture, car c’est avec beaucoup d’humour qu’Élodie évoque ce sujet peu connu et encore tabou en France qui est celui du handicap des sourds et malentendants. Handicap peu considéré et méconnu car, silencieux et invisible.

Je suis entré dans un monde méconnu où le bruit n’existe pas. Les dialogues, la musique, un avion qui traverse le ciel, les oiseaux qui chantent… La difficulté qu’ont nos amis, familles ou proches à s’intégrer dans un monde très peu adapté à leurs quotidiens…
La sensibilité d’Élodie en fait une très belle histoire. Une histoire où les difficultés sont constantes, c’est vrai, mais aussi une très belle histoire d’amitié une histoire d’amour qui loin d’être linéaire met en place des chassé-croisés plein de suspenses jusqu’à une très belle fin

Merci Élodie pour ce très bon moment de lecture.
Un premier roman très prometteur, à suivre… à lire, à relire et à offrir.

Extrait :
“Je m’appelle Nina. J’ai vingt-deux ans. Je déteste qu’on me prenne pour une anglaise, une russe ou je-ne-sais-quoi et, par-dessus tout, qu’on ne me comprenne pas. Lorsque c’est le cas, j’ignore la personne. L’équilibre rétabli, la frustration est partagée. Je suis comme ça. J’aime redresser les torts et surtout les tordus.
Je vis à Paris, dans le XIIIe arrondissement, place Jeanne d’Arc, au numéro 10, métro Nationale, ligne 6. Ça fait plan de métro cette description, mais j’aime la précision des lieux.“

Après un premier recueil de nouvelles, Comment ça va, des nouvelles de nous, publié en 2008 aux Éditions La Voix au Chat Libre, Élodie TORRENTE a disséminé ses autres nouvelles dans des collectifs (Short ! Numéros 1, 2, 3, 5, 8, Shorts fashion stories, 2045, Quotidien du médecin.) après avoir été élue plusieurs fois lauréate par le comité éditorial Short Édition et primée par David Foenkinos lors de la Matinale 2012 (live d’écriture dans un bar parisien). D’autres nouvelles ont été éditées depuis septembre 2014 chez Ska Éditions et Éditions du 38. Son premier roman VOSTFR, Version Originale Sous-Titrée Français sortira en mai 2018 chez NDBéditions.
Élodie Torrente a la passion des mots et des autres. Elle anime des ateliers d’écriture chaque semaine, organise le Prix international de la Nouvelle humoristique francophone depuis 2014 en plus de son métier de conceptrice-rédactrice. Ses écrits sont disponibles sur http://www.elodietorrente.fr. Ses ateliers d’écriture et son Prix de la Nouvelle humoristique sur http://www.libresplumes.fr.

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“Je serai le dernier homme” de David Coulon

Je serai le dernier homme
de David Coulon (Auteur)
Broché – 9 mars 2018
aux Éditions, Lajouanie.

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s’en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

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Bonjour à toutes et à tous…

Très belle surprise dès le début de ce roman…
Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.
Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

La pression monte, monte…
La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?
On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !
Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

Extrait :
“Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens.
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.”

 

Né en 1974 à Toulon, David Coulon est psychologue et metteur en scène de théâtre.
Il vit en Normandie. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers qui les broie, ses écrits font le grand écart entre thriller, roman noir, et humour.
Il écrit également pour le théâtre.

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“Chorale” de Nick Gardel

Chorale
de Nick Gardel (Auteur)
Broché – 4 septembre 2017
aux Éditions, Independently published.

Un magasin qui explose, un mitraillage à la Kalashnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Édouard et Lorelei sont des habitués du chaos. Quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres. Mais jusqu’où peut conduire l’amitié ?

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Bonjour à toutes et à tous…

Je viens de lire la dernière ligne et j’ai fermé mon livre…
Encore une fois j’ai été complètement emballé par l’histoire.

Chorale est un florilège, une explosion où nous retrouvons tous les personnages rencontrés lors les tomes précédents, que du bonheur…
Ici la musique est moins présente au profit de la mise en avant des personnages et des situations qu’ils vont vivre.
L’histoire tourne autour de l’amitié et ce que nous sommes capable de faire pour aider ceux que nous aimons. L’intrigue est très bien construite, les mots sont systématiquement maitrisés à la perfection, et les phrases s’enchaînent avec une habileté rare tout en restant drôles et subtiles. Au fur et à mesure ou j’ai englouti ses romans, le talent de Nick Gardel est allé crescendo. J’ai été subjugué par son style affirmé, plein de caractère, et non content de cela, il rajoute des jeux de mots « à tire larigot“, et arrive même à glisser dans ses écrits, les noms de certains de ses collègues écrivains !

Je suis maintenant pris entre deux sentiments.
La peine de laisser Peter Raven et ses aventures incroyables et la joie d’avoir trouvé un vrai auteur : Nick Gardel.

Je vous conseille vraiment ses romans, et s’est sans hésitation que je lirai tous ceux à venir.
De très bons moments de lecture assurés.

Extrait :
“Quand il descendit du tramway devant l’immense temple érigé à la gloire de la consommation, il se fit la remarque de l’incroyable quantité grouillante de populace qui y stationnait. Les foules bêlantes qui viennent en masse pousser leur chariot, il connaissait. Mais il avait toujours associé la chose à la frénésie de la capitale. Ici persuadé qu’il était d’être dans une zone vierge, non encore défrichée par la civilisation, il s’étonnait des quantités d’indigènes qui glorifiaient le Dieu-estomac, pourvoyeur de saucisses au mètre à trois pour le prix de deux. Partout, c’était un chassé-croisé de caddies affamés ou repus, les uns s’en allant au gavage frénétique tandis que les autres régurgitaient les festins dans des coffres avides. On était en début de mois , tous les excès étaient permis, ce n’était pas l’heure des restrictions, celle des pâtes sans sauce et des tartines au pain. on pouvait encore pourrir de sucre et de graisses saturées les désirs geignards du petit dernier qui trônait dans son carrosse grillé en tendant ses doigts boudinés vers les têtes de gondole tonitruantes.”

 

Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale, rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire.

Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.

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“Mal placé” de Nick Gardel

Mal placé
de Nick Gardel (Auteur)
Broché – 26 juin 2018
aux Éditions, Independently published.

Quel est le point commun entre la mort d’un vieux musicien anglais, un libraire libidineux fatigué, un carton de disques de collection hors de prix et un institut pour jeunes en détresse ? Peter Raven voudrait bien le savoir. Le duo de policiers qui mène l’enquête aussi d’ailleurs. Mais, par les temps qui courent, il est peut-être dangereux de poser trop de questions. Peter est-il seulement prêt à assumer toutes les réponses ?

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Bonjour à toutes et à tous…

Mal placé est plus sombre que les deux autres tomes, plus travaillé et plus riche aussi.
On sent une réelle envie de la part de Nick de nous faire partager l’intimité de Peter.
Il en pleine période de trouble familial et se prend de plein fouet le fil de sa vie en se retrouvant de nouveau impliqué dans une histoire personnelle…
Malgré tout, le ton de l’écriture reste toujours léger et très bien maîtrisé.

On retrouve avec plaisir les personnages figurants dans les précédentes aventures, ronchons mais sympathiques…

J’ai adoré le fait de me retrouver dans mon ancien quartier.
Le 5e arrondissement, les petits bars, les disquaires de Jussieu avec lesquels j’ai passé des heures et des heures d’écoutes et d’échanges !
Nick sans le savoir et sans le vouloir m’a permis de voyager dans le temps par la musique encore une fois et par les ambiances des rues très bien décrites.

Je continu donc ma lecture avec le tome suivant « Chorale ». Que va-t-il arriver encore à mon corbeau préféré ?

Extrait :
“La dérive de Peter avait durée quatre jours. Quatre jours où ses instants de conscience tentèrent de tenir la dragée haute à l’ivresse et échouèrent. Il avait investi la librairie comme point fixe, mais passait le clair de son temps dehors. Il ne s’y traînait que lorsque les zincs des bars environnants tanguaient trop ou quand leurs barmans refusaient de savonner sa descente infernale. Il s’écroulait alors, à même le parquet, et se débattait dans les fastes de cauchemars toujours plus abscons. Quatre jours sans douche, sans rechange, à se nourrir d’expédients, se rinçant la bouche aux liqueurs anisées pour finir par déverser son trop-plein de tristesse dans le caniveau, le corps brisé entre deux voitures.
Quand il s’éveilla à l’orée d’un cinquième matin, la pupille torturée par un rayon qui traversait la vitrine, il eut un haut-le-cœur qui lui broya l’abdomen. Il ravala une remontée acide de honte et de chagrin et comprit qu’il était arrivé au bout de sa capacité à encaisser.”

 

Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale, rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire.

Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.