Émotion

De la part d’Hannah

Laurent MALOT
Broché – 6 mars 2014
Éditeur : Robert Laffont

« Tu es en train de grandir, Hannah, ça n’est jamais facile.
– Ça fait bientôt onze ans que je grandis ! Je vois pas pourquoi ce serait plus difficile aujourd’hui.
– Ça l’est parce que tu arrives à un tournant.
Je voyais pas où elle voulait en venir, mais du coup ça m’intéressait. Je me suis allongée dans l’eau et j’ai attendu.
– Et parce que tu n’as pas une vie normale.
– Une vie normale, c’est si maman était pas morte ?
– C’est ça. Si tu avais vécu avec ta mère et si ton père avait su l’aider.
Elle a un peu pâli et je me suis demandé si elle regrettait pas d’en avoir trop dit. Comme elle disait plus rien, j’ai repassé dans ma tête ce qu’elle venait de dire.
– L’aider à quoi ? »

Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu’elle n’est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À La Chapelle-Meyniac, les cancans des mégères vont bon train. Hannah s’en méfie. En 1961, en pleine guerre d’Algérie, les blessures de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu’elles concernent votre mère…

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Avec “De la part d’Hannah”, Laurent Malot nous offre une histoire merveilleuse, toute en sensibilité et pleine d’humour. Avec ce premier roman, Laurent interpelle sur les gens aux visions étriqués, sur le racisme, la stupidité et la méchanceté. Mais venant d’une petite fille de dix ans, le message est perçu de façon très différente !

On est en 1961, Hannah vit dans un sanatorium dans les Pyrénées, depuis trois ans, car elle est atteinte de la tuberculose. Du jour au lendemain on lui dit que non seulement elle n’est plus malade, mais qu’à priori, elle ne l’a jamais été… Elle doit alors quitter le centre pour retourner dans son petit village en Dordogne et abandonner tous ses amis qui sont malades. Elle va vivre avec son père chez son grand-père. Sa mère est partie lorsqu’elle avait deux ans et n’a jamais redonné de nouvelles depuis. Au fur et à mesure de ses apprentissages, la vie lui fait découvrir la nature humaine. À travers ses yeux d’enfant et avec ses mots simples, elle nous parle de politique, de religion, de sexualité aussi. Comme dans tout village, les commérages vont bon train. Pas facile pour une petite fille de grandir dans une telle atmosphère, surtout quand les rumeurs que l’on entend concernent votre propre mère, une mère qu’elle n’a jamais connue.

Ce livre traite, de la douleur de cette enfant qui se sent perdue. Qui apprend qu’elle est juive, comme son amie Sarah, elle cherche d’où elle vient, qui elle est ?

Laurent, avec un style chaleureux et, par son écriture à la première personne du singulier nous intègre dans cet univers définitivement comme partie prenante des émotions exprimées. J’ai souvent souri au cours de ma lecture. Cela vient du style adopté par l’auteur, mais aussi grâce à la facilité qu’il a eut de rentrer dans la peau de cette enfant espiègle, attachante et qui est loin d’avoir la langue dans sa poche.

Avec une écriture fluide et vivante, ce livre est un vrai “petit” régal de lecture.
Des phrases toutes simples, des mots et des expressions enfantines ainsi que les pensées qui vont avec, font de ce récit une histoire belle et bouleversante.

“De la part d’Hannah”, a été sélectionné dans le cadre du Prix des Lecteurs 2020 du Livre de Poche. Il le mérite amplement !

À lire…

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Extrait :

« L’après-midi, j’ai aidé Jimino à remettre de l’ordre dans le jardin. Depuis que papa s’en occupait plus, il y avait plein de mauvaises herbes, les roses étaient pas coupées et les arbustes manquaient d’eau. Je me suis coltiné des tonnes de flotte, j’avais mal au dos et aux épaules, mais j’ai rien parce que j’aimais pas voir le jardin tout moche. Il y avait aussi des haricots et des tomates à cueillir, assez pour faire bouffer tout le quartier. Au moins, avec Jimino, non seulement il gueulait pas, mais on pouvait faire des pauses. C’était même lui qui les faisait, surtout quand il avait envie de causer. Seulement, je m’attendais pas à ce qu’il s’arrête pour me parler de ma mère. Il s’est approché de moi, s’est appuyé sur sa bêche et a attendu que je relève la tête. Quand il a vu que j’étais prête à écouter, il a commencé. »

 

 

« Dès 14 ans, je savais ce que je voulais faire : écrire des histoires. Je venais de voir E.T. au cinéma. Né dans une famille de cinéphiles, j’ai avalé tout ce qui se faisait de mieux, dans tous les genres. Cela m’a marqué et fait de moi un auteur éclectique, un auteur de genres.
Entre 18 et 25 ans, j’ai écrit romans, pièces et scénarios. Aucun n’a été publié, joué ou mis en scène. C’était mes écrits de jeunesse. Quelques années plus tard, j’ai commencé à écrire des fictions pour France-Inter, des comédies et des polars.
J’ai parallèlement continué à écrire des pièces et des romans, jusqu’au jour où j’ai publié De la part d’Hannah chez R. Laffont en 2014. Deux ans plus tard, j’ai signé chez Bragelonne pour mon polar L’abbaye Blanche, puis Sème la mort ; j’écris actuellement le dernier épisode de la trilogie, prévu pour fin 2018. J’ai aussi publié en janvier 2017, chez Albin Michel, une comédie sociale à l’anglaise, en cours d’adaptation au cinéma : Lucky Losers.
Ce début de notoriété permet de faire connaître mes pièces de théâtre, en particulier Tableau Noir avec Pierre Santini, prévu à Avignon en 2019.

L’auteur vit aujourd’hui à Étampes.

Site internet : https://laurentmalot.fr/

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