Drame, Folie, Histoire vraie, Polar

Sale temps pour le pays

• Bandeau_Intro_4.jpg

1976. Des femmes, pour la plupart des prostituées, sont agressées ou tuées dans le nord de l’Angleterre. La police locale est sur les dents. Un homme dirige l’enquête : George Knox, avec sa gueule à la Richard Burton, ses éternelles Ray-Ban, ses états de service légendaires. Secondé par le détective Mark Burstyn, il se lance à corps perdu dans cette affaire, convaincu que tous les crimes sont liés. Mais le tueur récidive et semble brouiller les pistes à plaisir. Plus le temps passe, plus Knox s’enfonce dans l’abîme. Un abîme à l’image du chaos social et de la dépression qui gagnent le pays…
Fasciné par les possibilités romanesques de l’affaire de l’Éventreur du Yorkshire, Michaël Mention la revisite en passionné de la culture des seventies, entre hommage au roman noir et portrait d’une Angleterre déboussolée, à un moment charnière de son histoire.

 

• Couv_Mention Michaël - Sale temps pour le pays

 

Sale temps pour le pays nous plonge en Angleterre à la fin des années 70, dans un Polar inspiré d’un fait réel qui s’est déroulé de 1975 à 1981. Que ce soit un auteur français qui développe ainsi, les meurs, les tendances politiques de l’époque qui se font et se défont, les cheveux longs, les pattes d’éléphants et qui me remet en tête des musiques et des groupes presque oubliés, je dis “Chapeau” !
Mais comment ce jeune auteur pas encore né en 1975 s’y est-il pris ? 🤣 🤣 🤣
Je plaisante bien sûr. Mais je pense qu’il aura fallu, tout de même, un sacré travail de recherche à Mickaël pour aller jusqu’au bout de son projet.

Un tueur en série qui se prend pour Jack l’Éventreur, sème la panique durant plusieurs années s’attaquant à des prostituées isolées, et parfois même, à des femmes se trouvant au mauvais endroit, au mauvais moment. Pas de chance pour toutes ces jeunes femmes retrouvées nues face contre terre, leur crâne défoncé à coups de marteaux, un tournevis régulièrement planté dans de dos, sans parler des lacérations au ventre et à la poitrine, et des nombreux coups de couteaux reçus !
Les enquêteurs piétinent et tournent en rond, mais quelques flics obstinés, vont s’entêter années après années, obstinés, obsédés, parfois même borderline…

Attention, malgré ce côté polar violent très marqué, le roman de Michaël s’intéresse surtout à cette Angleterre des “seventies”, un pays qui va vivre un véritable tournant dans son histoire politique, économique et sociale. Le pouvoir de l’argent, une population complètement désorientée, un taux de chômage jamais aussi élevé et une “Madame Thatcher” qui arrive dans un pays se trouvant en pleine dépression. C’est tout ça qui m’a plu dans ce récit.
Malgré une période “Peace and Love”, la réalité est toute autre et le lecteur que je suis en à pris plein la tête face au réalisme de l’auteur !

J’ai vraiment adoré suivre ce polar original, hyper-réaliste, avec son écriture directe et créative, ses chapitres courts, sa descente aux enfers, mais non dénuée d’émotion.
Il y a quelques passages très émouvants, le tout, sur une très belle bande originale que j’ai conservé encore quelques jours après… On ne se refait pas !

Merci Michaël…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :
« George récupère le dossier et, sous l’article, découvre la fiche d’Emily Oldson : trente-deux ans, mariée, trois enfants, domiciliée à Churwell, sans profession, prostituée occasionnelle, découverte dans le quartier de Chapeltown, près du pub où elle a passé sa dernière soirée. Au rapport d’autopsie, sont agrafées trois photos de la scène de crime, où gît la victime. »

« Penchée au-dessus de la cuvette, Kathryn régurgite sous les yeux de George, désemparé. Elle crache et recommence, si violemment qu’elle perd le foulard qui dissimulait son crâne chauve. George le ramasse et, de l’autre main, lui caresse le dos. Essoufflée, Kathryn lui fait signe de quitter la salle de bains. Il sort, s’assoit sur le lit et attend. Là-bas, continuent les sons insoutenables. Il frémit à chacun d’eux, connecté viscéralement au supplice de celle qu’il aime. Chimio de merde. »

« Réputée être le plus vieux métier du monde, la prostitution a toujours été synonyme de peurs. Un pluriel subi au quotidien : la peur d’être agressée, volée, violée, arrêtée et tuée. Permanente, cette angoisse est devenue obsessionnelle depuis que sévit « L’Éventreur ». De Leeds à Bradford, en passant par Manchester, “les filles” du Nord se sont donc organisées : certaines ne consacrent qu’un temps imparti à chaque client, d’autres opèrent en duo ou notent les plaques d’immatriculation. »

« – Michaël Mention du Monde, Paris : est-il toujours membre du R.I.O. ? demande celui-ci dans un anglais catastrophique.
– Non.
– Dans ce cas, pourquoi…
– J’ai dit “une question par personne”. »

 

Michaël Mention, né le 13 novembre 1979 à Marseille. Après avoir dessiné des BD dans son adolescence, il publie son premier roman en 2008.
• Grand Prix du roman noir français en 2013 au Festival International du Film Policier de Beaune2 (Sale temps pour le pays)
• Prix du polar lycéen d’Aubusson en 2014 (Sale temps pour le pays).
• Prix Transfuge Meilleur Espoir Polar 2015 (… Et justice pour tous)

1 réflexion au sujet de “Sale temps pour le pays”

Laisser un commentaire