Roman

Toxique

de Niko Tackian
Poche – 3 janvier 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N’ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas. Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.
À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

Avec Toxique, Niko Tackian m’a emporté dans un polar qui m’a profondément interpellé. Je pensais découvrir une enquête policière, mais j’ai trouvé bien davantage. Une plongée dans les profondeurs de l’âme humaine, là où les blessures du passé peuvent faire basculer une vie.

Tout commence par l’assassinat d’une directrice d’école de banlieue parisienne. Tomar se lance alors sur les traces d’un individu particulièrement toxique, dont l’influence malsaine s’insinue dans les existences, exploite les failles et détruit doucement ceux qu’il approche. Mais ce qui m’a le plus marqué, ce n’est pas tant de découvrir l’identité du tueur que de comprendre ce qui se cache derrière lui. Le mal s’installe insidieusement, la folie gagne du terrain et l’angoisse monte sans que je puisse véritablement en mesurer les limites.

Et puis, il y a Tomar ! Pour moi, il est incontestablement le pilier de ce roman. Derrière son allure de mastodonte, j’ai découvert un policier meurtri, rongé par un passé particulièrement violent. Il a commis des erreurs, parfois difficiles à accepter, mais je me suis attaché à lui au fil des pages. J’ai fini par lui pardonner beaucoup, parce que j’ai senti toute la souffrance qu’il portait en lui. Il m’a touché bien davantage que je ne l’aurais imaginé.

J’ai également été fasciné par le parallèle entre son existence et celle du tueur. Deux enfances marquées par la violence, deux êtres façonnés par des blessures profondes, mais des chemins qui finissent par diverger radicalement. Ces passages m’ont particulièrement remué. Ils m’ont amené à réfléchir à ce qui nous construit, à ce qui nous détruit et à cette frontière parfois si ténue entre survivre à son passé et sombrer avec lui. La peur, la folie et les mécanismes de la sociopathie rendent cette lecture aussi captivante que terrifiante.

L’écriture de Niko est vive, brutale, presque cinématographique. Je me suis laissé happer par cette histoire, ou plutôt par ces histoires qui s’entremêlent et dévoilent, chacune à leur manière, une facette de l’âme humaine.

Ce roman m’a aussi profondément interpellé sur les conséquences d’une enfance brisée et d’une éducation défaillante. Je ne peux m’empêcher de penser à ces enfants dont les blessures deviennent parfois, en grandissant, des fardeaux impossibles à déposer.

J’ai aimé ce polar pour sa noirceur, mais surtout pour son humanité. Je l’ai trouvé différent des récits habituels de tueurs en série, plus profond, plus dérangeant aussi.

Avec Toxique, Niko m’a surpris, bousculé et fait réfléchir. Une écriture magnifique, des personnages puissants et une histoire qui m’a tenu en haleine tout en me laissant face à des questions difficiles. Car derrière chaque histoire se cache une autre histoire… Et ce que j’ai découvert dans celle-ci m’a autant bouleversé que terrifié.

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Extraits :

« Il avait beau fermer les yeux, ça lui bouffait les entrailles depuis toujours. Le froid et la peur. Le garçon filait entre les murs gris, sa tignasse épaisse trempée de sueur. Il courait à en perdre haleine, les pieds nus meurtris par du gravier aux arêtes tranchantes. Il ne se souvenait plus quand ça avait commencé. Il devait avoir deux ou trois ans peut-être ? Il n’était même plus certain d’avoir connu un jour la chaleur du ventre maternel. Sa vie n’était que combat, un long et épuisant combat pour ne pas sombrer dans la folie, pour continuer à fuir entre les murs du labyrinthe sans se retourner. Derrière lui, la bête ne cesserait jamais de le traquer. Il pouvait sentir son souffle immonde dès qu’il réduisait l’allure. Et il savait que s’il abandonnait, son petit corps serait piétiné, roué de coups jusqu’à n’être plus que douleur. Alors il cou-rait, encore et encore. »

« Il opta donc pour la solution la plus sûre. Une fois qu’elle aurait reçu sept mille volts dans le dos, Charline lui tomberait dans les bras. Là, il faudrait être rapide, la porter jusqu’au coffre de sa voiture, lui entourer pieds et mains de ruban adhésif et bien lui couvrir la bouche. Si elle couinait trop, il la menacerait avec son couteau pour qu’elle la ferme, ça marchait toujours. Ensuite, il pourrait la ramener dans le coin tranquille qu’il avait repéré et commencer à s’amuser. Un bruit de porte interrompit ses pensées. Charline venait de quitter la cage d’escalier et se dirigeait d’un pas mal assuré vers sa Twingo. Vingt mètres, quinze, dix…
Bob poussa la portière et passa une jambe à l’extérieur. »

« Bob n’avait aucune idée d’où il se trouvait. Il s’était réveillé allongé, les jambes repliées contre son torse, pieds et poings liés, une cagoule sur le visage. Les yeux écarquillés, il tentait d’apercevoir quelque chose entre les mailles du tissu mais aucune source de lumière ne lui parvenait. Un puissant mal de crâne pulsait au niveau de sa tempe gauche, sans doute à l’endroit où on l’avait frappé. Il lui avait fallu de longues minutes pour rassembler ses souvenirs… »

« — Laura, Emilie, Charlotte, Zaïa… ça te dit quelque chose ?
Bob ne répondit pas.
— Éloïse, Sophia… je continue ?
— Je… je suis malade.
L’homme s’inclina très légèrement vers Bob. Il y eut comme un bruissement suivi d’un craquement sourd, celui des os de sa mâchoire qui venaient de se briser sous la force de l’impact.
— Tu n’es pas malade, connard. T’es juste une merde de prédateur qui viole des filles. Avec moi, tes excuses ne valent rien. »

Nicolas Tackian ou Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français.

De l’écriture à la réalisation, il s’exprime avec le même engouement au cinéma, en bande dessinée, à la télévision et dans les jeux vidéo.

Il a été journaliste et rédacteur en chef de différents magazines de presse avant de devenir scénariste. Il devient auteur de bande dessinée et signe son premier projet aux éditions Semic, avant de rejoindre l’équipe de Soleil Productions avec laquelle il va signer plus de 30 albums.

Thriller ésotérique, science fiction, dark fantasy, anticipation, polar, fantastique sont autant d’univers qu’il aime explorer en BD (« Kookaburra Universe », « Le Syndrome de Caïn », « L’Anatomiste », « Orks », « La Compagnie des Lames », « Corpus Hermeticum »…).

Il devient également scénariste pour la télévision et signe plusieurs dizaines de téléfilms avant de créer avec Franck Thilliez, en 2015, la série « Alex Hugo » pour France 2 dont il continue d’assurer une partie des scenario.

En 2008, il écrit et réalise son premier film « Azad », primé dans de nombreux festivals à travers le monde.

Après une minutieuse enquête sur le phénomène de la mort imminente,
il écrit « Quelque part avant l’enfer » (2015), son premier roman et obtient le prix des lecteurs au festival polar de Cognac 2015.
Suivra « La nuit n’est jamais complète » en 2016 (lauréat du prix du polar lycéen d’Aubusson 2018),
https://leressentidejeanpaul.com/2026/07/22/la-nuit-nest-jamais-complete/
puis il change d’éditeur et publie « Toxique » (2017),
puis « Fantazmë » (2018),
et « Celle qui pleurait sous l’eau (2020), une trilogie introduisant le personnage de Tomar Khan, commandant à la brigade criminelle parisienne.
En 2019 son thriller « Avalanche Hôtel » obtient de nombreux prix, dont le célèbre « prix de la ligue de l’imaginaire », qu’il intègre la même année rejoignant des auteurs à succès tels que Bernard Minier, Bernard Werber, Olivier Norek, Maxim Chattam et son camarade Franck Thilliez.
En 2021, il publie « Solitudes » aux éditions Calmann-Levy.

Page Facebook : https://www.facebook.com/niko.tackian.auteur/

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