Émotion, Drame, Psychologie, Suspense, Thriller

La nuit n’est jamais complète

de Niko Tackian
Broché – 17 mai 2023
Éditeur : Calmann-Lévy

UN HUIS CLOS SUFFOCANT À CIEL OUVERT

Un désert de rocaille écrasé par le soleil. La route à perte de vue. Arielle et Jimmy parcourent le bitume de ce paysage hostile au volant de leur vieille Ford, vers une destination mystérieuse. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place, tout dérape…
Ils se réveillent abandonnés, naufragés de l’asphalte, avec trois autres rescapés. À quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps. Quelques maisons en tôle froissée se serrent pour se protéger du vent. Cette mine désaffectée sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar… Car sont-ils vraiment seuls ?

(Re)Découvrez La nuit n’est jamais complète, un thriller terrifiant et addictif !
Écriture visuelle, scénario ficelé à la perfection, final déstabilisant : tout ce qui fait la force de Niko Tackian est déjà présent dans ce texte enfin réédité et accompagné d’une préface inédite de l’auteur.

Une lecture en apnée dont vous ne sortirez pas indemnes !

J’ai eu l’occasion de rencontrer Niko Tackian, un sacré personnage au regard impressionnant ! Je voulais lire ce roman… En me le dédicaçant, il m’avait simplement écrit : « Bonne lecture… et bonne chance. » Sur le moment, j’avais souri. Une fois le livre refermé, j’ai compris toute la portée de ces mots.

Vous le savez, je suis particulièrement sensible aux ambiances, et La nuit n’est jamais complète m’a littéralement happé. Dès les premières pages, je me suis senti désorienté, perdu au milieu d’un désert brûlant où chaque certitude semblait s’effondrer. Et c’est précisément cette sensation que j’ai adorée. Tout commence comme un simple voyage qui tourne au cauchemar. Jimmy et sa fille Arielle se retrouvent bloqués avec trois inconnus sur une route coupée, avant de s’enfoncer dans un décor aussi fascinant qu’oppressant. Un village minier abandonné, un silence inquiétant, des papillons noirs dessinés sur les murs, des phénomènes inexplicables… Niko Tackian construit un véritable piège psychologique dont il devient impossible de s’échapper.

J’ai eu l’impression de voir un film tant les scènes défilaient avec une force visuelle incroyable. La chaleur écrasante, les nuits étouffantes, la peur omniprésente et cette impression constante d’être observé créent une tension qui ne retombe jamais. À plusieurs reprises, j’ai élaboré des théories, imaginé mille explications… pour finalement me tromper à chaque fois. Ce que j’aime profondément chez cet auteur, c’est sa capacité à nous faire croire au fantastique avant d’offrir une explication rationnelle, toujours intelligente et parfaitement amenée. Mais derrière ce thriller d’une redoutable efficacité se cache aussi une véritable réflexion sur les blessures humaines, la mémoire, les liens familiaux et la manière dont notre esprit affronte les traumatismes. La relation entre Jimmy et Arielle m’a particulièrement touché, apportant une belle dose d’émotion au cœur de cette descente dans l’inconnu.

La plume de Niko est à la fois incisive, immersive et profondément humaine. Même lorsqu’il nous entraîne dans les ténèbres, il laisse toujours filtrer une fragile lumière d’espoir.
J’ai refermé ce roman avec le sentiment d’avoir traversé une expérience autant psychologique qu’émotionnelle.

Un thriller brillant, oppressant, impossible à lâcher, qui prouve une nouvelle fois le talent de l’auteur pour manipuler nos certitudes sans jamais perdre de vue l’essentiel : l’humain.
Une lecture que je vous conseille… Faites comme moi, lisez-le de préférence en pleine nuit.

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Extraits :

« Ruta n° 33. C’est ce qu’Arielle eut le temps d’apercevoir sur le petit panneau à moitié dissimulé par la poussière de la piste. Jimmy conduisait depuis trois heures, sans interruption, au milieu de ce paysage quasi désertique. Le bitume, rongé par le soleil, lézardait entre d’immenses champs de pierres grises et noires, encadrés de montagnes ciselées comme des dents de requin. À peine apercevait-on çà et là quelques clôtures en schiste qui délimitaient d’improbables propriétés et formaient avec les moutons et les chèvres sauvages le seul signe de vie depuis leur départ. Arielle savait qu’ils devaient se rendre dans cette ville, même si elle n’avait pas compris l’urgence avec laquelle son père l’avait pressée de faire ses valises. Maintenant ils étaient embarqués tous les deux dans ce voyage et elle pouvait ressentir à quel point il semblait important pour Jimmy. Il avait les mains crispées sur le volant, le regard tendu vers l’horizon et sa jambe droite bougeait légèrement en signe de
nervosité.
— Tout va bien aller, papa, dit-elle, en lui posant une main sur l’épaule. »

« Le café avait un goût huileux et une amertume désagréable. Jimmy observait sa fille qui s’était éloignée de quelques pas pour jeter le contenu de sa tasse sur le sable. À dix-sept ans, elle était presque devenue une femme. Toute en jambes dans son short en jean, elle portait un débardeur jaune sur lequel on pouvait lire « Go Tigers Go ». Ses cheveux noirs coupés court et sa silhouette de danseuse lui rappelaient sa femme. Il n’arrivait pas à se résoudre à l’appeler ex-femme, même si la maladie l’avait emportée depuis près de dix ans. Jimmy ne croyait pas vraiment à la mort. Il pensait que les esprits continuaient à vivre quelque part, tant que leur âme n’avait pas réussi à trouver le repos. Ses parents avaient beau avoir lutté bec et ongles pour lui donner une bonne éducation catholique, il n’avait jamais usé les bancs de l’église. Et pourtant, très tôt dans sa vie, il avait développé une sorte de dialogue intérieur. Dialogue avec qui ? Dieu, son inconscient, il ne savait pas. »

« Une chose était sûre, ce flic les avait abandonnés à leur sort. Ils ne pouvaient plus compter que sur eux. Pourtant, Victor n’arrivait toujours pas à l’admettre.
— Peut-être qu’on devrait attendre ici. Le flic va revenir, c’est pas possible qu’il nous laisse seuls toute une journée.
Jimmy se retourna vers lui et prit ce ton paternaliste qu’il utilisait chaque fois qu’il fallait convaincre un auditoire. Ça rappelait à Arielle les fréquentes disputes entre ses parents dont elle avait été témoin. »

« Comment est-elle arrivée là ? fut la première question qui lui vint à l’esprit. C’est alors qu’il sentit une présence sur sa droite. Une grande femme aux longs cheveux bruns portant une robe blanche se tenait debout à quelques mètres de lui et fixait l’horizon. Elisabeth avait un visage allongé et légèrement ovale. Ses traits fins formaient une symétrie parfaite, mis à part la partie gauche de sa bouche qui remontait légèrement, lui donnant un petit air moqueur que Jimmy avait toujours adoré et qu’elle avait transmis à sa fille.
— Je rêve, dit-il à son intention. »

Nicolas Tackian ou Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français.

De l’écriture à la réalisation, il s’exprime avec le même engouement au cinéma, en bande dessinée, à la télévision et dans les jeux vidéo.

Il a été journaliste et rédacteur en chef de différents magazines de presse avant de devenir scénariste. Il devient auteur de bande dessinée et signe son premier projet aux éditions Semic, avant de rejoindre l’équipe de Soleil Productions avec laquelle il va signer plus de 30 albums.

Thriller ésotérique, science fiction, dark fantasy, anticipation, polar, fantastique sont autant d’univers qu’il aime explorer en BD (« Kookaburra Universe« , « Le Syndrome de Caïn« , « L’Anatomiste« , « Orks« , « La Compagnie des Lames« , « Corpus Hermeticum« …).

Il devient également scénariste pour la télévision et signe plusieurs dizaines de téléfilms avant de créer avec Franck Thilliez, en 2015, la série « Alex Hugo » pour France 2 dont il continue d’assurer une partie des scenario.

En 2008, il écrit et réalise son premier film « Azad« , primé dans de nombreux festivals à travers le monde.

Après une minutieuse enquête sur le phénomène de la mort imminente, il écrit « Quelque part avant l’enfer » (2015), son premier roman et obtient le prix des lecteurs au festival polar de Cognac 2015.
Suivra « La nuit n’est jamais complète » en 2016 (lauréat du prix du polar lycéen d’Aubusson 2018) puis il change d’éditeur et publie « Toxique » (2017), puis « Fantazmë » (2018) et « Celle qui pleurait sous l’eau (2020), une trilogie introduisant le personnage de Tomar Khan, commandant à la brigade criminelle parisienne.
En 2019 son thriller « Avalanche Hôtel » obtient de nombreux prix, dont le célèbre « prix de la ligue de l’imaginaire« , qu’il intègre la même année rejoignant des auteurs à succès tels que Bernard Minier, Bernard Werber, Olivier Norek, Maxim Chattam et son camarade Franck Thilliez.
En 2021, il publie « Solitudes » aux éditions Calmann-Levy.

Page Facebook : https://www.facebook.com/niko.tackian.auteur/

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